… se dotaient d’une “app” pour compter les Varroa…

Björn Lagerman, initiateur du projet

Les fantastiques progrès réalisés récemment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) profitent désormais aussi aux apiculteurs et aux abeilles. On connaît depuis quelques années, les ruches connectées. Mais ce que nous propose le projet BeeScanning.com, animé par l’apiculteur suédois Björn Lagerman, est d’un autre calibre. En effet, ce groupe d’apiculteurs et de scientifiques proposent une application permettant d’évaluer l’état de santé de nos colonies à l’aide de photos prises à d’aide d’un téléphone portable. L’application est simple à utiliser, vous définissez vos paramètres (nom du rucher, souche, no de ruche) et c’est parti. Vous faites quelques photos de vos cadres couverts d’abeilles et vous cliquez sur  “scannez photos”. L’application les analyse en ligne et vous renvoie un diagnostic dans les secondes qui suivent. Ce diagnostic vous indique un niveau d’infestation avec un seuil d’alarme : dès 3% d’infestation, l’application vous conseille d’effectuer un traitement. Elle permet également d’identifier la reine, et dans le futur de détecter les abeilles aux ailes déformées, indice de contamination par le virus du même nom.

Le projet a débuté en 201 et est encore en développement. L’application et peut être téléchargée gratuitement (android 7.0 et iOS 8.0). Chacun peut participer à améliorer le système en envoyant ses photos, ses commentaires et remarques sur d’éventuelles erreurs. L’application (version Beta =développement) n’est actuellement disponible qu’en anglais et en suédois, mais des traductions sont prévues. Elle vous offre gratuitement un capital de 1000 “tokens” et vous en facture 10 pour chaque analyse.

Le projet a été récompensé par plusieurs prix à l’innovation et devrait être prochainement  soutenu par un financement européen.

Essayez vous-même et faites-moi part de vos remarques…

Page web : BeeScanning.com

…glyphosate… mourir pour mûrir… petite histoire d’une agriculture que l’on fait marcher sur la tête…

L’utilisation du glyphosate comme méthode de préparation des champs avant semis est l’une des aberrations les plus choquantes de l’agriculture moderne. Pensez-donc, plutôt que de labourer les terres selon la méthode traditionnelle, l’industrie agro-chimique a réussi à convaincre le monde agricole et ses techniciens de préparer les champs en éliminant chimiquement toute trace de végétation avant les semis à l’aide d’un herbicide total, le fameux glyphosate.

Traiter avec un herbicide total pour faire pousser des plantes, voilà (suite…)

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…15 miels sur 16 contaminés par le glyphosate en Suisse…

Disons le d’emblée, c’est un rapport décevant que nous a offert, ce 9 mai 2018, le Conseil fédéral*. Intitulé “Etude de l’impact du glyphosate en Suisse“, le rapport délivre, enfin, les conclusions de nos autorités en réponse au Postulat*** de la “Commission de la science, de l’éducation et de la culture” du Conseil national ** du 6.11.2015, soit un peu plus de 2 ans après l’avoir accepté le 27.01.2016. Rappelons que le dépôt de ce postulat est intervenu suite à la démonstration de présence de glyphosate dans les urines de près de la moitié de la population européenne, y compris en Suisse (cf émission RTS A bon entendeur (ABE) du 29.09.2015). Qu’apprend-on dans ces 15 pages? Qu’il n’y a aucun danger de santé humaine pour la population, car les doses sont infimes! Mais pour nous, apiculteurs, la très mauvaise nouvelle c’est que la plupart de nos miels sont contaminés.

(suite…)

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… modifiaient la constitution… chap. II

Il y a quelques semaines, j’évoquais ici (cfle billet  et si les abeilles modifiaient la constitution, Chap. I), l’initiative populaire de Future 3.0, “Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse”. C’était alors la dernière ligne droite pour récolter les 100’000 paraphes nécessaires. Vous trouvez ci-dessous le message de remerciement des initiants qui invitent toutes les personnes qui soutiennent le texte à une petite fête qui aura lieu vendredi 25 mai 2018 à 13h30 à Berne sur la Place fédérale (suite…)

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…garnissaient les rayons de nos super-marchés…

Le quotidien allemand “Frankfurter Allgemeine” rapportait hier 14 mai 2018 que la chaîne de supermarchés allemande “Penny” s’est livrée à l’intéressante expérience suivante:

“Penny retire de ses rayons tous les produits provenant des abeilles”

Le discounter découvre la pollinisation: une filiale a trié et retiré tous les produits qui n’existeraient pas sans la performance des insectes. Et soudain, le supermarché était vide…

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…vous parlaient d’Einstein et de fake news propagées par un prix Goncourt…

En nommant ce blog “et si les abeilles” et en publiant mon premier billet en 2015, j’avais bien évidemment en tête la fameuse citation soi-disant attribuée à Albert Einstein : “si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quatre ans à vivre“. En choisissant ce titre, que je trouvais séduisant et percutant, j’en suis naturellement venu à me poser la question de la véracité de la citation. Comme je ne savais qu’en penser, c’est en quelques clics, que la question fut résolue, croyais-je naïvement à l’époque. En effet, une page web intitulée “Einstein et les abeilles : sur la piste d’une intox” expliquait avec convaincantes citations et force arguments qu’Einstein n’aurait jamais prononcé une telle phrase. Pour moi la question était réglée, j’étais convaincu et je citais cette référence à l’appui de ma prise de position sur le sujet.

Mais  ne voilà-t-il pas qu’il y a quelques jours, qu’écoutant par hasard l’émission culturelle Vertigo du 5 avril 2018 diffusée sur notre chère “RTS la Première”, j’entends l’invité, Didier van Cauwelaert, (min 7-8 sur les 40 de l’interview) j’entends prononcer, entre autres élucubrations dans le domaine du surnaturel, les propos suivants : “On sait que le dernier combat d’Einstein, c’était le sauvetage des abeilles. C’était la prise de conscience. Et cela il l’a vraiment dit. Sur Internet, des gens qui sont liés à Monsanto et compagnie font croire que la fameuse phrase d’Einstein est une invention des écologistes. (suite…)

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…modifiaient la constitution …chap. I

La démocratie serait, nous disent les philosophes, née dans la Grèce antique. Non! rétorque le biologiste T. Seeley:  les abeilles ont inventé la démocratie bien avant l’apparition de l’Homo “sapiens” sur la planète Terre (cf Quand les abeilles s’assemblent en Landsgemeinde).

Et voici qu’en 2016, quelque défenseurs des abeilles (mais également défenseurs de notre santé et de notre qualité de vie) , lançaient sur les rives du Lac de Neuchâtel une initiative populaire visant à inscrire dans la Constitution helvétique l’interdiction de l’utilisation de pesticides de synthèse dans notre agriculture. Qualifiés d’idéalistes et de doux rêveurs par les instances officielles des organisations agricoles défendant l’idéologie dépassée d’une agronomie à la dérive et prônant le “tout chimique”, voici que ces doux rêveurs sont sur le point d’aboutir… En effet, à quelques semaines de l’échéance officielle, le nombre de paraphes nécessaires est atteint ou presque atteint.

Etonnament, l’initiative a été peu relayée par les organisations apicoles du pays. Présentée lors de diverses assemblées locales, elle fait actuellement un tabac, comme lors de l’assemblée annuelle de SAR (Société d’apiculture romande) à Lullier qui a réuni une centaine de personnes représentant les associations apicoles de Romandie. L’assemblée fut ponctuée par une conférence du Prof. Jean-Marc Bonmatin (dont les principaux éléments sont décrits ci-dessous) et une invitation à signer l’initiative, invitation soutenue par le comité de la SAR  que nous remercions.

Si vous ne l’avez pas encore signée, il est encore temps. Téléchargez-la sur la page “Future 3.0“), signez-la, faites-la signer par vos amis et renvoyez-la au comité d’initiative avant le 30 mars 2018, ou validée par votre commune de domicile avant le 31 mai.

Et s’il est encore besoin d’être convaincu, voici un compte-rendu succinct de la conférence de Jean-Marc Bonmatin du 17.03.2018 à Lullier, GE.

Sous une apparence décontractée (pull de montagne, sous lequel on devinait une stricte chemise/cravate),  J.-M. Bonmatin fut comme à son habitude, excellent: simple direct, pédagogique, vulgarisateur, mais sans concessions. Après un bref rappel de la nature chimique et du mode d’action des principaux néonicotinoïdes, il a fait une synthèse des connaissances scientifiques sur le domaine.

Mode d’action: Les néonicotinoïdes sont des molécules de synthèse reposant sur diverses combinaisons de deux molécules organiques naturelles de base, la nicotine (alcaloïde bien connu) et l’acétylcholine (un neuromédiateur de la transmission des influx nerveux entre les cellules). Ils entrent en compétition avec les médiateurs naturels et provoquent la paralysie et la mort des insectes.

Quelques chiffres sur la toxicité des néo-nicotinoïdes pour les abeilles:

Quantité répandue sur la planète par année 20’000 tonnes
Dose répandue en traitement classique (pulvérisation en plein champ) 0.5 kg /ha (=0.05 g/m2)
 Dose sous forme de graines (graines enrobées)  0.1 kg/ha (=0.01 g/m2)
Toxicité aigüe:  DL50 (dose provoquant une mortalité de 50% des abeilles en une seule exposition)  3-5 ng/abeille
 Toxicité subléthale à dose chronique (exposition répétée sur 10 jours) 0,1 ng / abeille (ng=nanogramme) c’est-à-dire 10-10g, ou encore 0,0000000001 g/abeille)
Nombre de molécules de néonicotinoides dans le système nerveux d’une abeille intoxiquée à 1 ng/g  2,3 millions
Nombre d’abeilles qui pourraient potentiellement être tuées par les 20’000 tonnes de néonicotinoïdes utilisés annuellement 5 milliards de milliards d’abeilles, c’est-à-dire 5 *109 * 109= 5 * 1018, ou 5’000’000’000’000’000’000 d’abeilles individuelles

 

Une toxicité aigüe 10’000 fois supérieure à celle du DDT: pour faire simple, la toxicité de ces molécules est grosso modo 10’000 fois plus grande que le DDT, insecticide des années 1950. C’est à dire qu’on obtient un effet équivalent avec une quantité de substance 10’000 fois moindre. Répandu à vau-l’eau dans le monde entier, le DDT a été banni depuis, mais reste néanmoins encore utilisé dans certains pays en développement dans la lutte contre le paludisme.

Une détection difficile: Comme ces molécules ont des effets à très, très basse concentration, il est nécessaire de développer des méthodes très raffinées, que Bonmatin compare à trouver une pièce de dix centimes dans la masse de la Tour Eiffel. C’est donc un exploit technique que les scientifiques de l’environnement ont dû réaliser pour mettre au point des techniques permettant d’identifier ces substances aux basses concentrations affectant les insectes.

Une action systémique: les néonicotinoïdes font partie des pesticides systémiques, c’est-à-dire qu’ils colonisent les tissus des plantes qu’ils sont censés protéger contre les insectes herbivores, des racines au sommet des plantes. Ainsi, on les retrouve aussi dans le nectar des fleurs et dans le pollen butiné par les abeilles.

Synergie entre les molécules ou effet “cocktail”: non seulement ces molécules sont efficaces à de très faibles doses, mais souvent on en détecte plusieurs présentes simultanément dans les mêmes échantillons, typiquement de 3 à 5. Les chercheurs ont démontré que dans ces conditions, les effets étaient nettement supérieurs à l’effet simplement additionné des molécules prises séparément. Ce qui signifie qu’en “cocktail”, des molécules sont efficaces à des doses nettement inférieures aux doses habituelles déjà très basses.

Une rémanence importante dans les sols: une part importante (jusqu’à 98%) se déposent et s’accumulent dans les sols, d’où ils s’écouleront dans les eaux de ruissellement. Leur durée de vie et d’action peut atteindre plusieurs années suivant les molécules considérées.

Une hécatombe pour les espèces non-cibles: du fait de leur mode d’action, les néonicotinoïdes affectent de manière indiscriminées de nombreuses espèces non-cibles d’insectes et d’arthropodes terrestres et aquatiques qui disparaissent dans la plus totale indifférence. Même les vers de terre sont affectés, car ils perdent leur capacité à creuser des tunnels dans la terre. Les oiseaux sont également touchés de manière directe, mais surtout indirecte, car la survie de leurs nichées dépend dans la plupart des cas de l’abondance en larves d’insectes dont ils nourrissent leurs petits.

Contamination généralisée dans l’environnement et dans les produits de la ruche: pour peu qu’on les recherche, on retrouve des néonicotinoïdes dans la plupart des écosystèmes agricoles, et bien entendu dans le nectar et le pollen des fleurs butinées par les abeilles, mais également dans les produits de la ruche, le miel en particulier, et parfois à des concentrations supérieures à la toxicité aigüe pour les abeilles.

Synergie avec le varroa: Bonmatin a également présenté des résultats démontrant que les colonies d’abeilles soumises aux néonicotinoïdes présentaient des populations de Varroas plus élevées que des colonies non exposées à ces pesticides.

Effets sur la santé humaine: Bonmatin a enfin énuméré quelques publications récentes faisant un lien entre ces insecticides et la santé humaine. On n’en est qu’aux balbutiements dans ce domaine, mais de premiers résultats indiquent que les nénonicotinoïdes affecteraient des fonctions essentielles du développement du système nerveux humain durant la grossesse. Un lien aurait aussi récemment été établi entre le Fipronil (un insecticide non-néocotinoïde, mais très utilisé) et la maladie d’Alzheimer. En 2014, au Japon, 90% des personnes présentaient aux moins 4 néonicotinoïdes détectables dans leurs urines.

Aucune utilité en agriculture et économiquement défavorables pour les producteurs: mais la plus énorme des découvertes récentes est celle de l’absence d’efficacité de ces produits en agriculture intensive. En effet, l’argument le plus répandu opposé à leur banissement est celui de l’effondrement de la productivité de l’agriculture, en l’absence de produit de traitement alternatif.

Des études sur le rendement agricole des récoltes où ces pesticides sont le plus utilisées (soja, maïs, riz) démontrent que les rendements sont peu différents avec ou sans usage de néonicotinoïdes, mais qu’en revanche, les revenus pour le producteur sont nettement plus élevés (jusqu’à 2 à 3 fois) en l’absence de pesticides et ceci pour deux raisons:

  1. l’agriculteur économise le prix du produit et de son application (machines et main d’oeuvre)
  2. l’agriculteur vend à bien meilleur prix des produits exempts de pesticides

Bonmatin cite également l’exemple d’un groupe d’agriculteurs du nord de l’Italie exploitant 53’000 ha de maïs et qui se sont associés en syndicat depuis quelques années. Ils ont créé une forme d’assurance mutuelle afin de dédommager les 4% de pertes de récoltes dues aux ravageurs des cultures en l’absence de pesticides. L’assurance leur coûte 3,5 Euro/ha, contre 40 Euros/ha pour les pesticides.

Ainsi, l’argument de l’effondrement de la productivité en l’absence de néonicotinoïdes est balayé et l’alternative est simple: renoncez aux traitements et vous vous en sortirez mieux, économiquement parlant. Mais également votre santé et celle des acheteurs de vos produits en bénéficiera.

Optimiste malgré tout: malgré ce panorama peu réjouissant, Jean-Marc Bonmatin reste optimiste et confiant dans l’avenir. Fier de son pays, Bonmatin note avec satisfaction que la France prend les devants et que l’usage de néonicotinoïdes y sera proscrit dès septembre 2018. La Chine, où l’on ne fait pas les choses à moitié, aurait également réduit de 96% l’utilisation de pesticides dans certaines régions entre 1992 et 2012. Bonmatin est enfin reconnaissant et confiant envers les apiculteurs qui on su attirer l’attention du public sur ces problématiques et qui, il en est persuadé, sauront rester vigilants dans les prochaines décennies.

Mais le vrai message d’espoir est surtout celui d’une alternative simple à l’utilisation des pesticides : y renoncer sera à la fois source de prospérité pour les agriculteurs et de meilleure santé pour l’ensemble de la population.

Pour en savoir plus :

…exigeaient l’abandon définitif des néonicotinoïdes…

Ce matin dans l’émission CQFD sur RSR1, le très réputé scientifique français, Jean-Marc Bonmatin, spécialiste de l’étude des effets des pesticides, en particulier des néonicotinoïdes sur la santé des abeilles, affirmait : “les néonicotinoïdes ne servent à rien”. Et d’ajouter, sur la base de l’analyse de l’ensemble des publicati

Photo:Thierry Cantalupo

ons dans le domaine, que l’usage de ces produits, en plus d’être toxiques pour une foule d’insectes non-cible, dont les abeilles, est une aberration économique. Selon Bonmatin, les méthodes traditionnelles ne recourant pas aux traitements à tout-va, mais à des systèmes de lutte biologique et d’assurance contre les pertes dues aux ravageurs sont de l’ordre de 10 fois moins chères que l’usage irréfléchi de pesticides, tel que pratiqué dans de nombreux pays dits “développés”.

Invité à l’assemblée annuelle de la SAR (Société d’apiculture romande), Jean-Marc Bonmatin donnera le 17 mars prochain à Lullier, une conférence à ne pas manquer sur les résultats les plus récents de ses travaux.

L’accent mis sur les insecticides est-il véritablement exagéré?

Dans un entretien accordé à Simon Bradley de swissinfo.ch, Jean-Daniel Charrière, directeur du Centre suisse de recherche sur les abeilles, Agroscope Liebefeld, exprime l’opinion que l’accent mis sur les insecticides est disproportionné en regard des risques encourus par les abeilles, alors que la cause première des pertes de colonies reste due à Varroa . Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue:

Premièrement, et c’est un problème sérieux, les chiffres concernant le nombre d’apiculteurs, les colonies d’abeilles et les pertes de colonies sont, au mieux, des estimations approximatives et peu fiables. En effet, depuis 1996, il n’existe plus pour la Suisse de statistiques solides sur l’apiculture, c’est à dire fondées sur des bases scientifiques (voir et si les Abeilles nous étaient comptées pour l’histoire de la destruction de nos statistiques officielles). Par exemple, dans le canton de Fribourg, où j’ai mes colonies d’abeilles, il est obligatoire pour chaque apiculteur de tenir une liste détaillée de ses ruches et de ses pertes. Aucune de ces données n’est utilisée pour les statistiques. Au lieu de cela, nous devons remplir un questionnaire à fin janvier, alors que les abeilles dorment encore! De plus, chaque canton a sa propre pratique.

Le deuxième point concerne les insecticides. Si je suis d’accord avec Charrière sur le diagnostic que l’acarien Varroa est notre problème principal, je suis en profond désaccord avec son appréciation que l’accent mis sur les insecticides est exagéré. Au contraire, les nouvelles molécules, connues sous le nom de néonicotinoïdes, ont des effets beaucoup plus forts que leurs prédécesseures, tels que le DDT. Elles sont actives à des doses ou des concentrations beaucoup plus faibles et ont même des effets plus forts dans des combinaisons qui sont ironiquement appelées effets «synergiques».

Troisièmement, je ne suis pas d’accord avec la politique développée pour la Suisse (voir si les abeilles prenaient leur destin en main pour une analyse détaillée). Si Varroa est le principal problème et si notre objectif est de produire des produits apicoles sans pesticides, alors l’État devrait aborder ces deux questions de manière cohérente. Au lieu de cela, la stratégie de l’État développe et soutient les pratiques agricoles dans lesquelles des bandes florales «naturelles» alternent avec des parcelles de cultures traitées aux pesticides, cultures toutes deux fortement subventionnées. Comment ces étroites bandes florales peuvent-elles soutenir les abeilles sauvages et domestiques, alors que ces dernières sont intoxiquées dans les cultures avoisinantes où les abeilles font la plupart de leur récolte?

Quatrièmement, l’argument selon lequel nous devrions être plus préoccupés par le sort des abeilles sauvages (sous prétexte que les abeilles domestique disposent de mécanismes de compensation au sein de leurs colonies) ne s’applique pas. Le succès reproducteur doit être comparé en termes de nombre de descendants, c’est-à-dire dans le cas des abeilles domestiques, du nombre de nouvelles colonies produites. Nous avons déjà des preuves alarmantes que la qualité de la reine est affectée par les insecticides. En outre, les abeilles domestiques sont une espèce emblématique dont le destin reflète ce qui arrive à des milliers d’espèces d’insectes qui passent le plus souvent inaperçues. Le test du «pare-brise de voiture» fournit des indications qualitatives sur le déclin massif de la diversité d’insectes au cours des dernières décennies.

Enfin, les apiculteurs ont offert pendant des décennies (voire des siècles) des services de pollinisation gratuits à l’agriculture suisse, dont la valeur a été estimée récemment à 350 millions de francs. Charrière mentionne que ces services de pollinisation pourraient déjà être compromis dans certaines régions (voir l’article de Bill Harby «Le mythe de l’apiculture bio en Suisse – et comment les abeilles en paient le prix»).

Dans une approche cohérente pour traiter le problème des pertes de colonies d’abeilles, il y a peu d’espoir de résoudre le problème de Varroa (identifié comme le problème majeur) si les abeilles continuent à être intoxiquées dans les cultures qu’elles pollinisent. Les deux problèmes devraient être considérés simultanément ou séparément. Le problème des insecticides est facile à gérer: soit cesser d’utiliser ces produits chimiques dans les cultures visitées par les abeilles, soit retirer les abeilles de ces régions. La question de Varroa est certainement plus compliquée. Cependant, il existe déjà plusieurs projets prometteurs de sélection de souches d’Apis mellifera capables de vivre avec l’acarien Varroa, comme les abeilles natives d’Asie se sont adaptées à ces parasites dans leur pays d’origine. Aucun de ces objectifs n’a été identifié comme une priorité dans les récents documents de stratégie nationale de soutien aux abeilles mellifères et de promotion d’une agriculture durable.

 

Is the focus on insecticides really exaggerated?

In an interview to swissinfo.ch, Simon Bradley reports the opinion of Jean-Daniel Charrière, Head of the Swiss Bee Research Center, Agroscope Liebefeld, that too much focus is given to insecticides, while it has become more difficult to get support to address the Varroa mite issue. I disagree with Charrière’s views and arguments:

Firstly, and it is a serious issue, the figures given for numbers of beekeepers, bee colonies and colony losses are, at the best, rough, but poor and unreliable, estimates. Unfortunately, since 1996 there are no more reliable statistics on beekeeping, i.e. based on scientific grounds, for Switzerland (cf… et si les abeilles nous étaient comptées for a history of the destruction of our official statistics). For instance, in canton of Fribourg where I keep my bee colonies, it is compulsory for every beekeeper to hold (suite…)

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…wenn die Bienen … ihr Schicksal in die Hand nahmen …

(Übersetzung von “et si les abeilles…prenaient leur destin en main…” mit Google Translate) 
(Verbesserungen willkommen)
Schweizer Imker haben seit etwa 20 Jahren den Bienensterben Alarm geschlagen … Diese Anrufe wurden gehört, in den Medien weit verbreitet und an die verschiedenen nationalen und regionalen Behörden weitergeleitet …    
Foto aus dem Blog “Les hommes libres”, Tribune de Genève

Maßnahmen wurden angekündigt, getroffen und werden umgesetzt. Aber erfüllen sie die Erwartungen der Imker? Auf die Bedürfnisse von Haus- oder Wildbienen? Dies ist meiner Meinung nach bei weitem nicht der Fall. Imker und ihre Bienen stehen vor zwei Hauptproblemen: 

  1. der Varroa-Parasit, der Kolonien dezimiert und viele Krankheiten verbreitet     
  2. Pestizide breiten sich in Kulturen aus, die Bienen vergiften und sich schleichend in Wachs, Honig und anderen Bienenprodukten ansiedeln
Nach all diesen Jahren hat die Eidgenossenschaft einen “Bienenplan” und einen “Pflanzenschutzplan” aufgestellt, die keine wirkliche Antwort auf diese beiden Probleme bieten. Im Gegenteil, zusätzliche Zwänge und Barrieren werden in Form von verstärkten Hygienekontrollen eingeführt, ohne wirkliche Perspektiven für die Bewältigung der Bienenkrise zu bieten. Eine kürzlich veröffentlichte Publikation hat bestätigt, dass Haus- und Wildbienen der Schweizer Landwirtschaft den Gegenwert von 350 Millionen Franken kostenlos bringen, und zwar ohne Rückgabe für Bienen und Imker. Im Gegenteil, der Bund führt zaghafte Maßnahmen zur Reduzierung von Pflanzenschutzmitteln ein, mit einem chimären Ziel von 30% in zehn Jahren, während die vorgesehenen Maßnahmen bestenfalls eine Reduzierung um 12% erreichen. Angesichts dieser bedauernswerten Situation ist es klar, dass Imker und Haus- und Wildbienen sich selbst überlassen bleiben.

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… vous parlaient de glyphosate et d’agriculture bio…

Dans un récent billet (et si les abeilles …. prenaient leur destin en main), j’en appelais les apicultrices et apiculteurs à assumer leurs responsabilités et à quitter les les zones agricoles où l’0n empoisonne nos abeilles pour s’installer dans des exploitations bio.

D’après une anecdote authentique de Roland Hammel, pastoraliste jurassien

Pas si simple évidemment. Nos déjà maigres récoltes de miel risquent de s’en trouver gravement compromises. De plus, il n’est guère facile de trouver des zones exploitée en bio qui soient suffisamment grandes pour éviter les pesticides de tous genres. Dans le même article, je relevais que le glyphosate, produit en voie d’interdiction dans l’Union européenne, n’était même pas mentionné dans le “plan national contre les pesticides”, ni comme substance active qu’il conviendrait bannir, ni parmi les herbicides dont il serait souhaitable de restreindre l’utilisation.

 

(suite…)

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..if the bees took their destiny in hand …

… too much is too much …

I take the step …and I invite all beekeepers to do the same…

(translation using Google translate of the post “prenaient leur destin en main“)

Swiss beekeepers have been warning about the death of bees in Switzerland for about 20 years…

These appeals were heard, widely relayed in the media and transmitted to the various national and regional authorities… Measures have been announced, taken and are being implemented. But do they meet the expectations of beekeepers? Do they meet the needs of domestic or wild bees? In our view, this is far from being the case. Beekeepers and their bees are confronted with two main problems: the Varroa parasite which decimates colonies and spreads many diseases pesticides spilled on crops that poison bees and deposit insidiously residues in wax and honey and other hive products.

After all these years, the Swiss Confederation has put in place a “bee plan” and a “phytosanitary products plan” which do not offer a true answer to these two problems. On the contrary, additional constraints are introduced in the form of reinforced sanitary controls, without offering real prospects for solving the crisis the bees are facing. A recent publication confirms that domestic and wild honey bees bring the equivalent of CHF 350 million to Swiss agriculture free of charge and without any return for bees and beekeepers. On the contrary, the Swiss Confederation is introducing timely measures to reduce pesticides on crops, with a chimeric objective of 30% reduction in ten years, while the measures envisaged will achieve at best a reduction of 12%.

Faced with this deplorable fact, it is clear that beekeepers and domestic and wild bees are left to their own devices. All that is left to the profession is to take control of its destiny. If the Varroa problem still requires important research to be curbed, the insidious poisoning of bees and hive products can be avoided today. For my part, my decision is taken, I remove my bees from the zones where they can be inxicated, to implant them in organic farms who will pledge not to poison them and to whom I am ready to offer my services and those of my bees for free, to concentrate on the issue of varroa. This leaves me with only a beekeeping problem, my products will be of better quality and the production of organic products will only be better. (suite…)

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…étaient aussi des invasives…

Ah que cela fait du bien! Voilà qu’enfin on s’éveille à ce qui crève les yeux…

Un article du Temps de ce lundi 9 octobre 2017 aborde à contre-courant et à rebrousse-poil la délicate question des espèces “invasives”. Cette approche revendiquée par Gabriele Carraro, ingénieur forestier, dans les forêts tessinoises, est soutenue par l’ouvrage récent de Chris Thomas “Inheritors of the earth” (Les héritiers de la terre) paru en juillet dernier.

Et si cette polémique autour des espèces dite “invasives” n’était rien d’autre qu’un écran de fumée, une version moderne des espèces “nuisibles” des siècles passés, plantes que l’on arrachait, gibier et prédateurs que l’on a pourchassé jusqu’à l’extinction, (suite…)

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…félicitaient Jacques Dubochet…

un prix Nobel à l’Université de Lausanne, ce n’est pas banal et pas tous les jours que l’on à le plaisir de savourer une telle distinction…

Félicitations donc à Jacques Dubochet…1er dyslexique diagnostiqué dans le canton de Vaud…

Je me souviens des heures passées à ses côtés dans les caves du bâtiment de biologie devant les premiers écrans en couleur des pauvres débutants en “Big Data” que nous étions à l’époque, lui Prof. de Biologie bien établi, moi jeune post-doc en écologie à l’avenir incertain, lui visionnant des modèles de protéines, en 3D déjà, avec des bleus, des jaunes, des rouges et des verts qui m’impressionnaient tellement, moi visionnant d’improbables cartes de distribution des mammifères du pays fondées sur quelques dizaines d’observations, en 2D seulement, de tristes cartes en 2 couleurs, ne variant que du jaune au rouge…

Je me souviens aussi des ricanements et des sarcasmes de ses (et de mes) collègues, déjà stars d’une éphémère biologie triomphante, vis-à-vis de ses chimériques molécules…

ainsi va la vie…

Bravo à ce bon génie des caves de béton et des premiers écrans scintillants…

PS: ne manquez pas sa conférence de presse : humour et humilité garantis

 

…prenaient leur destin en main…

…trop c’est trop… je franchis le pas… et j’invite tous les apiculteurs à en faire de même…

(english translation “if the bees… took their destiny in hand“)

(Übersetzung: “wenn die Bienen … ihr Schicksal in die Hand nahmen … “)

Cela fait environ 20 ans que les apiculteurs suisses ont tiré la sonnette d’alarme sur la mort des abeilles…

Ces appels ont été entendus, largement relayés dans les media et transmis aux diverses autorités nationales et régionales…

Photo tirée du blog “Les hommes libres”, Tribune de Genève

Des mesures ont été annoncées, prises et sont actuellement mises en oeuvre. Mais répondent-elles aux attentes des apiculteurs? Aux besoins des abeilles domestiques ou sauvages? C’est à notre avis très loin d’être le cas.

Les apiculteurs et leurs abeilles sont confrontés à deux problèmes principaux:

  1. le parasite Varroa qui décime les colonies et propage nombre de maladies
  2. les pesticides répandus dans les cultures qui empoisonnent les abeilles et se déposent insidieusement dans la cire et dans le miel et les autres produits de la ruche

Après toutes ces années, la Confédération a mis en place un “plan abeilles” et un “plan produits phytosanitaires” qui n’offrent pas de véritable réponse à ces deux problèmes. Bien au contraire, on introduit des contraintes et des entraves supplémentaires sous forme de contrôles sanitaires renforcés, sans offrir de véritables perspectives de résoudre la crise auxquelles les abeilles doivent faire face.

Une récente publication vient de confirmer que les abeilles domestiques et sauvages apportent gratuitement l‘équivalent de CHF 350 millions à l’agriculture helvétique, et cela sans retour aucun pour les abeilles et les apiculteurs. Au contraire, la Confédération instaure de timides mesures visant à réduire les pesticides répandus sur les cultures, avec un objectif chimérique de 30% en dix ans, alors que les mesures envisagées parviendront au mieux à une réduction de 12%.

Face à ce déplorable constat, force est de constater que les apiculteurs et les abeilles domestiques et sauvages sont livrés à eux-mêmes. Il ne reste plus à la profession que de prendre en mains son destin. Si le problème du Varroa requiert encore des travaux de recherche importants pour être jugulé, celui de l’empoisonnement insidieux des abeilles et des produits de la ruche peut être évité dès aujourd’hui.

Pour ma part,  ma décision est prise, je retire mes abeilles des zones où elles pourront s’intoxiquer, pour les implanter dans des exploitations bio qui s’engageront à ne pas les empoisonner et à qui je suis prêt à offrir mes services et ceux de mes abeilles gratuitement, pour me concentrer sur la question du varroa. Il ne me restera ainsi plus qu’un problème apicole à affronter, mes produits seront de meilleure qualité et la production des produits bio ne s’en portera que mieux.

Voici une revue critique des mesures prises en Suisse ces dernières années:

Comédie (ou tragédie?) en huit actes…

(suite…)

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… étaient contrôlées…

Journée spéciale que ce mercredi 30 août 2017…

Une semaine après mon retour d’un magnifique périple de 6 semaines dans les îles du  Pacifique (cf billet précédent) et alors que je rentrais de l’aéroport où j’étais allé cherché des amis canadiens rencontrés 30 ans plus tôt en Tasmanie, je reçois un téléphone m’annonçant une visite inopinée de mon “exploitation apicole” pour le mercredi suivant, intitulée “Contrôle primaire”…

Kesako? Jamais entendu parler de ce nouveau contrôle… On est habitué au contrôle de l’état sanitaire de nos colonies qui est réalisé périodiquement (tous les 3 ans dans ma région), aux directives cantonales rappelées en début de saison, à la tenue du registre annuel des colonies… et au recensement cantonal agricole (GELAN).

Il s’agit apparemment d’une conséquence immédiate de la nouvelle politique du Département fédéral de l’agriculture et des services vétérinaires cantonaux pour “soutenir” l’apiculture. En effet, depuis le 1er janvier de cette année ce nouveau contrôle est introduit dans le canton de Fribourg, selon une nouvelle loi, ordonnance ou directive, nouveauté qui à ma connaissance n’a pas été communiquée de manière claire aux apiculteurs fribourgeois (merci aux lecteurs de me corriger si ceci est incorrect…).

Au téléphone, l’inspectrice m’explique qu’il s’agit d’un contrôle général de l’ “exploitation”, du respect des normes d’hygiène du local et du matériel d’extraction du miel, de la qualité des bidons, du stockage du miel et du matériel apicole, en gros ce que les apiculteurs ont mis en place de manière spontanée dans le cahier de charges “Label d’or” pour la commercialisation de leur miel dans le cadre de la Société suisse d’apiculture (SAR).

Mon rucher à Onnens (FR) Merveilleuse récolte de miel de Tilleul

Pour ma part, avec 3 brebis et 20 colonies colonies d’abeilles, j’ai un numéro d’exploitant BDTA, un id GELAN, et une “entreprise” avec 8 (sic) “Etablissements” sans activité commerciale, avec autant de numéros d’identification, c’est-à-dire un UID, un ENTID, un RECHT-ID et huit BURNR dans le Registre des entreprises et des établissements de l’Office de la Statistique où je suis fier de travailler.

Je remplis en janvier le questionnaire (GELAN) qui dans le canton de Fribourg nous demande d’annoncer les pertes hivernales à fin janvier!!! quand les abeilles dorment encore…  de quoi produire des statistiques crédibles et fondées…, je remplis et mets à jour le registre de mes colonies d’abeilles, de leurs déplacements et le registre des médicaments. Toutes ces formalités sont assez mal organisées au niveau cantonal, les modifications annoncées ne sont généralement pas transmises d’un service à l’autre, les autorités sanitaires sont incapables de vous fournir des formulaires où vos données de base seraient préimprimées, tels que no BDTA, PID de l’apiculteur, commune, localité, lieu-dit et coordonnées GPS (au mètre près) de chaque emplacement de détention d’abeilles, qu’il faut entrer à nouveau chaque année, alors que rien n’a changé.

En plus, je paie les cotisations à la SANIMA, assurance qui rembourse misérablement les pertes de colonies dues aux maladies, dont la principale cause, la varroase est exclue. En gros, tondu comme mes brebis… à la différence qu’elles apprécient le traitement avant les grosses chaleurs de l’été… et que la laine se vend à 2 CHF/kilo.

Donc, rendez-vous est pris avec l’inspectrice, durant les heures de bureau, car en tant que “chef d’exploitation” sans activité commerciale, je prends naturellement un congé non-payé auprès de mon employeur pour satisfaire aux exigences de l’Etat. Non sans quelque appréhension, car malgré la volonté de faire au mieux et seulement 35 ans d’expérience apicole, je ne sais pas exactement à quelle sauce je vais être contrôlé. Rajoutons que deux jours plus tard, l’inspecteur de l’un de mes trois emplacements d’abeilles m’annonce qu’il souhaite également visiter mes colonies. J’essaie de combiner les deux inspections, en vain, car dans les services de l’Etat, on ne collabore pas forcément… L’inspectrice renoncera toutefois à une seconde visite de cet emplacement.

Dans l’ensemble tout s’est bien passé. Les locaux d’exploitation et de stockage du matériel sont conformes, de même que le matériel d’extraction du miel (extracteur et maturateur en inox, bidons en plastique alimentaire), les colonies sont saines, les reines sont marquées, les traitements varroa ont été effectués et l’apiculteur a “quelques notions” sur les maladies des abeilles. Le registre des colonies est à jour, de même que celui des médicaments.

L’inspectrice relève toutefois trois “manquements” qualifiés de “minimes”.

D’une part, l’apiculteur utilise encore du soufre pour la protection des cadres contre la fausse-teigne (un papillon nocturne dont les larves se nourrissent de cire). C’est pourtant, la méthode qui nous avait été recommandée après l’interdiction de la naphtaline (paradichlorobenzène), l’anti-mite de nos grands-parents. On me conseille plutôt l’acide formique, qui à ma connaissance se dépose facilement dans la cire et le miel, mais qui est tolérable car on en trouve, mais en quantités infimes, dans la ruche et le miel… A quand son interdiction? Et à quand l’interdiction du soufre en viticulture? … mais c’est une autre histoire … et les vignerons savent mieux se défendre que les apiculteurs…

Second manquement, l’étiquetage du miel est non conforme. Les étiquettes réalisées par mes soins avec des dessins de mes filles sont qualifiées de “jolies”. L’origine et la provenance du miel sont indiquées, mais il manque le poids, le no de lot et la date de péremption. Comme chacun sait, il n’y a pas de limite à la conservation du miel, mais “voyez-vous mettre une date vous protège”, “mais quelle date?”, “mettez deux ou trois ans, comme cela on ne pourra rien vous reprocher dans dix ans”. C’est pourtant un service que j’offre oralement, et sans étiquetage, aux amateurs de miel qui me font l’honneur d’apprécier ma production et à qui j’explique comment et combien de temps conserver un miel…

 

Le dernier manquement, me laisse sans voix. Il s’agit de l’ “acide oxalique dehydrate” acheté voici deux ans chez mon revendeur de matériel apicole, Bienen Meier. L’acide oxalique est un produit utilisé et recommandé par toutes les instances apicoles comme traitement d’hiver contre le varroa. Dans le cas présent, il s’agit d’un produit cristallisé, entièrement pur, et que vous pouvez vous procurer dans toutes les pharmacies ou drogueries du pays. Dans le cas présent, les flacons ne comportent pas le tampon D octroyé par Swissmedic. Donc il s’agit d’un produit désormais interdit! Pourquoi? Simplement, parce que Bienen Meier, n’a pas investi les quelques dizaines de milliers de francs en frais administratifs pour obtenir l’homologation d’un produit déjà testé et déjà reconnu. Du coup, seul BioVet Andermatt, a encore le droit d’en commercialiser en Suisse, la mafia ne fait pas mieux…

L’inspectrice fait encore quelques prélèvements. l’un de cire et des échantillons de miel. Dans quel but? Suite à des résultats inquiétants l’an dernier, le canton de Fribourg recherche la présence d’amitraze…. Pour faire court, l’amitraze est un produit acaricide utilisé dans le traitement des Varroa, interdit en Suisse, mais que vous pouvez aisément vous procurer en France voisine, lors de vos achats du week-end, au prix d’un léger détour chez votre fournisseur de produits apicoles. L’amitraze a été largement utilisée (et est peut-être encore utilisée) de manière illégale en Suisse, sous le nom de traitement au “furet”. En gros, lorsque en suivant scrupuleusement les recommandations de l’Agroscope nous perdions néanmoins nos abeilles en masse dans les pires années, les seuls qui n’avaient aucune perte avaient traité au furet et vendaient à prix d’or des colonies aux apiculteurs restés sans abeilles…

Soudain, comme une fulgurance, l’idée que ma cire ou mon miel puisse contenir des traces d’amitraze, me traverse l’esprit. L’inspectrice s’en rend compte et, dans son regard, je perçois clairement, qu’un doute traverse son esprit à elle. Et me voilà suspect “à l’insu de mon plein gré” comme un célèbre coureur cycliste. Et si ma cire contenait de l’amitraze? Comment me justifier? Comment convaincre les autorités de ma bonne foi? Simplement impossible… Quelle désillusion pour moi qui suis co-auteur d’un article sur la propreté de la cire dans un volume à paraître dans le BEEBOOK Tome 3, la nouvelle bible de la méthodologie en apiculture publié par le groupe de travail COLOSS et l’IBRA (International Bee Research Association).

Les résultats ne seront connus et  communiqués qu’en automne ou en fin d’année… affaire à suivre donc..

Quelques jours plus tard, je reçois la copie du rapport que je vous livre dans son intégralité…

Rapport de l’inspection primaire du 30 août 2017

J’ajoute également à toutes fin utiles le “Manuel de contrôle”

Manuel_KHB_Kontrollen_Primärproduktion_ohne_TW_fr_2017

et comme nul n’est censé ignoré la loi, voici un petit extrait de la législation à laquelle sont soumis les apiculteurs tirée (du “Manuel de contrôle”,10.2 Annexe 2, pp. 46-61)

Bonne lecture et à très bientôt

10.2 Annexe 2 :(pp. 46-61/106)

Manuel de contrôle relatif aux contrôles officiels dans la production primaire (hygiène dans la production primaire animale, médicaments vétérinaires, santé animale et trafic des animaux) pour les unités d’élevages détenant des abeilles Version 2017

  1. Les rayons à couvain et les rayons de miel vides sont propres à la consommation et sont stockés dans un endroit propre, inodore et exempt d’organismes nuisibles.
    OHyg, art. 1 à 3, Objet
    OPPr, art. 4, Obligations des exploitations
  2. Le miel est récolté et traité de façon réglementaire.
    OPPr, art. 4, Obligations des exploitations
    ODAOA art. 96 à 98, Miel
    ODAOA, art. 99 à 101, Gelée royale
    ODAOA, art. 102 et 103, Pollen
    OHyg, art. 6, Prescriptions générales s’appliquant aux établissements du secteur alimentaire
    OHyg, art. 13 et 14, Équipements et Présence d’animaux de compagnie
    OHyg, art. 16, al. 1 et 2, Alimentation en eau
  3. Le miel est stocké de façon règlementaire.
    OPPr, art. 4, Obligations des exploitations
    OHyg, art. 6, Prescriptions générales s’appliquant aux établissements du secteur alimentaire
    OHyg, art. 14, Présence d’animaux
    OHyg, art. 19, Conditionnement et emballage des denrées alimentaires
  4. Traçabilité
    OPPr, art. 5, L’exploitant doit être en mesure de fournir des renseignements sur la nature, la quantité et l’acquéreur des produits primaires.
    a) Documents à l’appui (bulletins de livraison/factures)
    b) Délai de conservation de 3 ans
    c) Cette exigence ne s’applique pas lorsque les produits sont vendus directement aux consommateurs ou à des commerces locaux pratiquant la vente au détail.
  5. La récolte hygiénique et irréprochable des produits apicoles est garantie.
    Remplie si: La récolte hygiénique et irréprochable des produits apicoles est garantie.
  6. Seuls des médicaments et des méthodes bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché sont utilisés dans les ruchers.
    LPTh, art. 9, al. 2, let. a à cbis,
  7. Autorisation de mise sur le marché OMédV, art. 7,
  8. Importation de médicaments vétérinaires par des personnes exerçant une profession médicale
    OMédV, art. 12, al. 4,
  9. Reconversion de médicaments autorisés OMédV, art. 14, al. 3,
  10. Médicaments selon l’art. 9, al. 2, let. a à a-cbis, LPTh OMédV, annexe 2, Liste des principes actifs en médecine vétérinaire qui, dans le respect des domaines d’application et des modes d’administration mentionnés, n’exigent pas de délai d’attente OMédV, annexe 4, Substances et préparations
  11. Autres bases
    www.tierarzneimittel.ch
    www.rpc.admin.ch
    https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home.html
    Swissmedic : Modification de la pratique concernant la classification de substances ou préparations végétales destinées à une administration par voie orale aux animaux et concernant les produits pour les abeilles
    Apiservice : Liste des préparations apicoles recommandées
  12. Les médicaments vétérinaires sont conservés correctement.
    OHyPPr, art. 2, al. 5 et 6, Exigences en matière de production animale
  13. OMédV art. 22, Devoir de diligence
  14. L’utilisation de médicaments vétérinaires est consignée dans un journal.
    LDAl, art. 26, Autocontrôle
    OPPr, art. 4, al. 1, Obligations des exploitations
    OMédV art. 26, Objet du registre OMédV art. 28, Détenteurs d’animaux de rente et vétérinaires OMédV art. 29, Durée d’archivage
  15. Les colonies d’abeilles sont saines.
    OFE, art. 59, al. 1,
    Les colonies d’abeilles saines
    a) sont actives et pleines de vie. Les effectifs doivent être conformes à la période de l’année
    b) doivent avoir du couvain à tous les stades, des larves ne présentant aucun symptôme de maladie et des rayons sans défaut dus à la maladie
    c) nettoient le sol des ruches
    d) ne présentent que quelques individus dont les ailes sont atrophiées
    e) disposent de réserves de nourriture.
  16. Les ruchers occupés et inoccupés sont suffisamment bien entretenus pour que tout risque d’épizootie soit exclu.
    OFE, art. 39, al. 1
  17. OFE, art. 59 al. 3,
  18. OFE, art. 61 al. 3, Obligation d’annoncer
  19. OFE, art. 62 al. 1, Premières mesures du détenteur et du vétérinaire
  20. Le parasite varroa est combattu de manière efficace et les infections font l’objet d’une surveillance.
    OFE, art.. 5, Épizooties à surveiller
  21. OFE, art. 59 OFE, art. 291
  22. OPPr, art. 4, al. 3, let. f, Obligations des exploitations
  23. Les ruchers font l’objet d’une surveillance régulière quant à la présence de symptômes cliniques des deux formes de loque des abeilles
    OFE, art. 4, Épizooties à combattre
  24. OFE, art. 61, Obligation d’annoncer
  25. OFE, art. 62, al. 1, Premières mesures du détenteur d’animaux et du vétérinaire
  26. OFE, art. 269 à 272, Loque américaine des abeilles
  27. OFE, art. 273, Loque européenne des abeilles
  28. Les dispositions nécessaires au maintien en bonne santé des colonies d’abeilles sont prises.
    Remplie si: Les dispositions nécessaires au maintien en bonne santé des colonies d’abeilles sont prises.
  29. L’élevage d’abeilles est enregistré dans les règles et le trafic des abeilles est vérifiable.
    L’apiculteur a enregistré correctement ses ruches et chaque ruche est identifiée dans les règles et de manière bien visible de l’extérieur.
    OFE, art. 18a, al. 2, 3 et 4, Enregistrement des unités d’élevage détenant des équidés ou de la volaille domestique, enregistrement des ruchers
    OFE, art. 19a, al. 1, Identification des ruchers et annonce d’un déplacement
  30. Le registre des effectifs est tenu conformément aux prescriptions en vigueur.
    OFE, art. 20,

…venaient des Galapagos…

Un voyage de rêve m’a récemment permis de visiter des sites magiques et mythiques, dont les îles Galapagos, berceau de la théorie de l’évolution et étape incontournable pour un naturaliste en voyage dans les îles de l’océan pacifique. En dehors des tortues géantes et des iguanes terrestres et marins, mon attention s’est naturellement aussi portée sur les abeilles présentes dans l’archipel.

Iguane marin

Ici pas de ruches. En effet, ces îles au taux d’endémisme élevé (c’est-à-dire d’espèces uniques que l’on ne trouve nulle part ailleurs) ont fort heureusement été préservées de toute introduction d’abeilles domestiques. Des efforts énormes sont mis en œuvre par le gouvernement équatorien et le parc national depuis la fin des années 1950 pour préserver ces fragiles vestiges d’une époque où l’homme n’avait pas encore conquis l’ensemble de la planète. Malheureusement, depuis la découverte des îles, et la description qu’en fit Darwin lors de son séjour en 1835, de nombreuses espèces étrangères à l’archipel y ont été introduites, tels que les rats qui accompagnent immanquablement l’arrivée des hommes, mais également d’animaux domestiques, chèvres en particulier, qui ont gravement perturbé la

Elevage de tortues

flore locale, sans compter de nombreuses espèces végétales introduites volontairement ou accidentellement.

Ainsi, les populations de tortues géantes ont été décimées par les marins, les pêcheurs hauturiers et les brigands des mers qui ont souvent trouvé refuge dans ces îles après avoir perpétré leurs méfaits. Décimées à un point que certaines espèces sont désormais éteintes et que d’autres ne survivent que grâce aux strictes mesures de protection et aux efforts de réintroduction du parc national. (suite…)

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… étaitent connectées…

…comme pour fêter le cap des 100’000 visites du blog … et si les abeilles…, le cadeau que je m’étais offert en octobre dernier au congrès UNAF de Clermont-Ferrand et dont je rêvais depuis plusieurs années vient enfin de m’être livré:

une ruche connectée

Il s’agit d’un modèle qui permet de suivre

  • l’évolution du poids de la ruche
  • la température  (à l’intérieur et à l’extérieur de la colonie)
  • l’hygrométrie (à l’intérieur et à l’extérieur de la colonie)
  • la pluviométrie

Je tiens dans cet article un  journal des observations faites à l’aide de cette station de mesure, avec les difficultés rencontrées et les succès enregistrés. Pour suivre le fil des événements la lecture se fait de bas en haut, de manière à ce que les observations les plus récentes se situent en début d’article.

Accès direct aux données online:   Station de mesure de Vuippens

(pour afficher les derniers résultats effectuer une sélection avec la souris sur la période souhaitée)

Exemple: résultats du 5 au 19 juillet 2017

Légende:

en jaune: évolution du poids de la ruche (ca 40-46 kg)

en rouge:

  • température extérieure (grandes fluctuations entre 20°C et 45°C)
  • température intérieure (faibles fluctuations entre 33 et 35°C)

en bleu:

  • hygrométrie extérieure (grandes fluctuations entre 15 et 100%
  • hygrométrie intérieure (faibles fluctuations autour de 50% d’humidité relative)

pluviométrie: pas de données

Voir ci-dessous le journal détaillé des observations :

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…étaient solidaires…

Cher Michel Danthe, chères et chers collaboratrices et collaborateurs des médias Le Temps et l’Hebdo,

on entend souvent dire que “si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre”.  On pourrait en remplaçant “abeilles” par “presse” et “humanité” par “démocratie” pasticher ce moto en “si la presse indépendante et de qualité venait à disparaître, la démocratie serait en grand danger”.

En tant que lecteur, collaborateur occasionnel, blogger invité au Temps.ch, je me sens profondément concerné, touché et choqué par ce qui vous arrive. Je me sens malheureusement également terriblement impuissant face à la tempête qui bouleverse les médias romands.

Au nom de “et si les abeilles”,  je ne peux qu’exprimer la solidarité de vos lecteurs face à votre situation et appeler d’autres à en faire de même en laissant un commentaire au bas de cet article.

Je tiens également à vous féliciter toutes et tous pour le travail de ces dernières, les multiples innovations réalisées pour faire évoluer vos journaux vers les nouvelles technologies.

Quant à vous, cher Michel Danthe, je vous félicite personnellement pour le courage, la dignité et la justesse de ton avec laquelle vous soutenez vos collègues et défendez l’oeuvre d’une vie. Je vous souhaite véritablement de pouvoir, comme mon beau-père décédé il y a quelques années, avoir le plaisir de lire Le Temps jusqu’à votre dernier jour.

 

 

…sabraient le champagne…

100’000!

200’000!

 

Cent mille, c’est approximativement le nombre d’ouvrières que contient une ruche au moment de la grande miellée. C’est aussi le nombre d’abeilles qu’il faut pour faire une récolte de miel. Sur ces 100’000 ouvrières, 15’000 environ sont des butineuses. Cent mille, c’est encore le nombre de vols que ces 15’000 butineuses réalisent chaque jour, ou le nombre de vols qu’elles doivent faire pour accumuler un kilo de miel. Pour ce même kilo elles auront parcouru près de 100’000 km, soit plus de deux fois le tour de la planète à l’équateur….

Cent mille, c’est également le nombre de pages visitées sur ce blog … et si les abeilles… depuis le début de l’aventure au mois d’août 2015. (suite…)

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…vous contaient le marché du miel…

cher Philippe Ligron! Vous posiez la semaine dernière dans l’émission “Bille en tête” la question du prix du miel, vous demandant comment il est possible de trouver à des prix si bas des produits de si haute qualité…

Voici quelques éléments de réponse collectées lors du 21ème Congrès de l’Union nationale d’apiculture française (UNAF) qui s’est déroulé du 27 au 30 octobre 2016 à Clermont-Ferrand.

Le marché du miel est grossièrement composé de trois acteurs majeurs:

  • les producteurs
  • les revendeurs
  • les fraudeurs

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… étaient en congrès…

unaf_2016_auditoire_shortLe 21ème Congrès de l’Union nationale d’apiculture française (UNAF) s’est déroulé du 27 au 30 octobre 2016 à Clermont-Ferrand. Ces grandes réunions sont l’occasion de faire un tour d’horizon des derniers développements des connaissances, d’une mise à niveau des techniques apicoles, de faire son marché en petit et gros matériel et, enfin, d’échanger expériences, anecdotes, joies et déboires avec les collègues des pays voisins. Parmi les plus de 6’000 visiteurs annoncés, on notait quelques représentants d’Helvétie, dont notre Rose, butineuse de la revue de la SAR (Société d’apiculture romande), quelques anciens présidents de ladite SAR et même quelques collègues de Gruyère.

Parmi les points forts :

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Ségolène Royal annonce l’interdiction totale des néo-nicotinoïdes en France

Lors de l’inauguration officielle du 21ème Congrès de l’UNAF (Union nationale d’apiculture française) qui se déroule du 27 au 30 octobre 2016 à Clermond-Ferrand, Ségolène Royal, ministre française de l’environnement, a fait ce matin un vibrant psegoleneroyal20161028laidoyer en faveur des abeilles, de l’apiculture et des pollinisateurs en général. Elle a non seulement apporté son soutien et ses encouragements aux plus de 6’000 apiculteurs et amis du monde apicole présents au congrès, mais elle a elle annoncé un train de mesures concrètes, à savoir:

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… servaient à quelque chose …

Originaire du Noirmont par mon grand-père maternel, je ne peux que me sentir interpelé par la réaction des piqués de ce quartier de mon village ancestral qui, selon Le Matin Dimanche d’hier, “ont déposé une pétition contre les moustiques” (sic). Diable, l’enjeu est de taille, et le danger menace! En effet, la journaliste évoque, sans rire, la possibilité “d’une nouvelle espèce mutante spécialement adaptée aux Franches-Montagnes et à son rude climat“.

descartes

Je me pince pour m’assurer que je suis bien éveillé: non, ce n’est pas un cauchemar… Je consulte mon agenda: nous nous ne sommes pas un premier avril. Nos amis Teignons, au verbe haut et prompts à (suite…)

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… profitaient des méga-fusions de l’agrochimie…

Oups! De prédateur affamé poursuivant de ses crocs acérés l’helvétique Syngenta dans les eaux bâloises, dépitée d’avoir dû céder la politesse à ChemChina,gros_poissons voici que Monsanto, après avoir annoncé une cure d’amaigrissement, s’est transformée en proie et vient a son tour d’être gobée par un autre mégaptère à l’appétit féroce.

L’annonce du récent rachat de Monsanto, géant américain des plantes OGM et des herbicides, dont le très décrié glyphosate, par l’allemand Bayer, autre géant de l’agrochimie, a en effet suscité beaucoup d’émotion dans les medias. La plupart des réactions sont négatives et pessimistes. Elles sont motivées par un sentiment de crainte devant le gigantisme de la nouvelle entité et l’instauration d’un oligopole mondial dominé par une poignée de multinationales.

Sur le mode “tous méchants”, la théorie du complot trouve un nouveau terrain où s’épanouir. On spécule sans nuance sur l’emprise du nouveau groupe sur un marché grainier déjà étouffé par les mêmes acteurs, l’empoisonnement de nos assiettes par des aliments dopés aux OGM et aux doses accrues de pesticides. Bref, on nous ressert sous une forme réchauffée, voire un brin chupiée, les arguments archi-connus des anti-mondialistes amplifiés à la puissance 10.

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…contribuaient à la prospérité du pays…

…après un très léger recul du PIB national au 1er trimestre 2015 (-0.2%, par rapport au trimestre précédent), tous les observateurs prédisaient un second trimestre négatif, synonyme d’entrée en récession de notre économie nationale. Ces prédictions pessimistes ont été  battues en brèche par des chiffres meilleurs qu’attendus au 2ème trimestre (+0.2%) et une nouvelle stagnation au 3ème trimestre (0.0%).

Quel serait l’impact de la disparition des abeilles sur l’économie nationale?

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…bénéficiaient à nouveau de la recherche helvétique…

… la semaine écoulée a vu la publication d’une importante étude sur la santé des abeilles. Résultant de travaux récents de la nouvelle équipe de chercheurs de l’Université de Berne, elle démontre pour la première fois un effet délétère de deux pesticides du groupe des néonicotinoïdes sur la fertilité des reines d’abeilles. Cela faisait bien longtemps que des résultats aussi importants n’avaient pas été produits par un groupe helvétique… (suite…)

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… venaient d’Islande…

WP_20150924_15_20_53_Pro[1]Pour beaucoup d’apiculteurs, un voyage à l’étranger est l’occasion de s’informer sur les abeilles  et les pratiques apicoles locales. On goûte les miels du crû, on s’arrête pour examiner les ruches et si par chance l’apiculteur est sur place, on engage la conversation avec le peu de mots que l’on connaît, les gestes et abondance de sourires.

… jamais je ne pourrais vivre sans abeilles...

(Torbjörn Andersen, apiculteur islandais)

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…inspiraient nos écrivains…

C’est un très bel ouvrage que ce roman de 127 pages de Slobodan Despot, intitulé “LeMielDespot2015Le Miel” et publié en 2014 aux éditions Gallimard. De nombreux livres, souvent un peu convenus, ont été écrits autour de la figure de « l’apiculteur », alliant l’image paternelle et rassurante de l’ami des mouches à miel et celle du vieux sage proche de la nature. Ce roman-ci est d’un tout autre calibre.

 

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69….célébraient la St-Valentin…69

Quelque soit votre âge, sexe et inclinations personnelles, vous n’avez sans doute pas échappé à l’incontournable rendez-vous commercial de février, au dîner en amoureux ou au bouquet offert avec tant de spontanéité, ce jour-là si précisément…

Chez nos voisins français, la journée était marquée par les aveux du meurtrier d’une petite fille disparue depuis plusieurs mois lors d’une fête de mariage. De leur côté, nos grands-frères américains enregistraient une nouvelle fusillade dans une école, la 18ème de l’année, soit 18 en 45 jours, ou près d’une tous les deux jours…

Quant à elles, les abeilles étaient de sortie au théâtre, à Vevey, pour savourer des “Zakouskis Erotiks”, hors-d’oeuvres proposés par le Tof Théâtre. Ambiance coquine, mais pas trop, public décontracté, mais un peu retenu. Répartis en trois groupes, nous étions invités à trois prestations “émoustillantes” sur un mode un peu “voyeur” par les marionnettistes belges. Malgré d’indéniables qualités, dont la géniale mise en scène de la chambre à coucher et la performance des acteurs/marionnettistes, le spectacle ne m’a guère emballé, car assez éloigné de mon imaginaire érotique personnel.

J’ai personnellement mieux goûté l’entrée en matière de Franciso Rey, apiculteur professionnel chilien lors des journées d’études de l’ANERCEA (Association Nationale des Eleveurs de Reines et des Centre d’Elevage Apicole) la semaine dernière à Valence dans la Drôme. Après nous avoir présenté, son épouse Luz, belle femme à la crinière léonesque, Francisco, a enchaîné par une photo de la maison dans laquelle ils vivent parmi les milliers de ruches de fécondation dont ils s’occupent quotidiennement.

Francisco Rey en conférence à Valence

Leur maison au nord de Santiago

Sur le fronton d’entrée trône une reine-abeille gigantesque,  décoration réalisée par Luz. Francisco a pris un coquin plaisir à attirer notre attention sur le no très particulier que porte cette reine-abeille et que je vous laisse découvrir sur leur page (www.pacificqueens.com).

Dans le même registre, j’ai également rencontré lors de ces journées des couples d’apiculteurs professionnels admirables, tant par leur complémentarité, leur complicité et leur solidarité face aux aléas de l’apiculture moderne (parasites, maladies, marché du miel), tous animés d’une force et d’un amour de leur métier et de leurs abeilles sans lesquels il n’est guère possible de réussir.

…nous apprenaient à voler…

C’est l’un des secrets le mieux gardé de la vie des animaux: nous comprenons mal comment volent les abeilles et les insectes en général. En effet, appliquant les lois de l’aéronautique, les scientifiques sont arrivés dans les années 1930 à l’étonnante conclusion que voler était  “en théorie impossible pour les insectes.

…et pourtant,ils volent ! ne peut-on pas s’empêcher de répondre en paraphrasant une citation attribuée à Galilée. (suite…)

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