…allaient au théâtre…

18 novembre dernier, quelle grande et belle soirée…

Allessandra Borin
Jean Winiger

Devant une salle pleine et comblée, Jean Winiger nous faisait le somptueux cadeau d’une magnifique mise en scène de la vie de François Huber et de son disciple Burnens aux Tréteaux de Chalamala à Bulle.

Inspiré des “Nouvelles observations sur les abeilles” de F. Huber et de “L’apiculteur et son disciple” de Sara George, Winiger, incarnant tour à tour Voltaire, Huber et Burnens, nous a régalés durant plus d’une heure d’une nouvelle oeuvre inédite de son crû… A son habitude, un spectacle total où la musique, grâce aux divines Patricia Siffert, pianiste, et Alessandra Borin, soprano, ne fut pas le moindre des plaisirs.

 

Patricia Siffert

Quelle splendide interprétation que celle des “badinages” de Burnens, de Voltaire tourné en bourrique par Jean Huber, peintre et père de François Huber, ou encore par le chien de de dernier rongeant un morceau de fromage à l’effigie du philosophe de Fernet. Winiger a également fait revivre le grand amour de Marie-Aimée Lullin et de F. Huber,  sans parler des envolées lyriques et de l’inoubliable interprétation de la danse des “abeilles” par deux “butineuses” de la grande musique. Fasciné par le destin de la reine-abeille et celui de son homologue à la cour de France, Winiger nous a entraîné dans les airs, poursuivis par les faux-bourdons, nous a fait revivre les affres et les horreurs de la guillotine, avant de s’extasier sur la sagesse de la ruche qui sait à dessein se débarrasser de ses mâles inutiles et nous a fait ressentir l’atmosphère de paix, de méditation et de contemplation qui régnait alors à Pregny au rucher des Huber.

Bravissimo è grazie a tutte è tutti

… vous parlaient de glyphosate et d’agriculture bio…

Dans un récent billet (et si les abeilles …. prenaient leur destin en main), j’en appelais les apicultrices et apiculteurs à assumer leurs responsabilités et à quitter les les zones agricoles où l’0n empoisonne nos abeilles pour s’installer dans des exploitations bio.

D’après une anecdote authentique de Roland Hammel, pastoraliste jurassien

Pas si simple évidemment. Nos déjà maigres récoltes de miel risquent de s’en trouver gravement compromises. De plus, il n’est guère facile de trouver des zones exploitée en bio qui soient suffisamment grandes pour éviter les pesticides de tous genres. Dans le même article, je relevais que le glyphosate, produit en voie d’interdiction dans l’Union européenne, n’était même pas mentionné dans le “plan national contre les pesticides”, ni comme substance active qu’il conviendrait bannir, ni parmi les herbicides dont il serait souhaitable de restreindre l’utilisation.

 

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…étaient solidaires…

Cher Michel Danthe, chères et chers collaboratrices et collaborateurs des médias Le Temps et l’Hebdo,

on entend souvent dire que “si les abeilles disparaissaient, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre”.  On pourrait en remplaçant “abeilles” par “presse” et “humanité” par “démocratie” pasticher ce moto en “si la presse indépendante et de qualité venait à disparaître, la démocratie serait en grand danger”.

En tant que lecteur, collaborateur occasionnel, blogger invité au Temps.ch, je me sens profondément concerné, touché et choqué par ce qui vous arrive. Je me sens malheureusement également terriblement impuissant face à la tempête qui bouleverse les médias romands.

Au nom de “et si les abeilles”,  je ne peux qu’exprimer la solidarité de vos lecteurs face à votre situation et appeler d’autres à en faire de même en laissant un commentaire au bas de cet article.

Je tiens également à vous féliciter toutes et tous pour le travail de ces dernières, les multiples innovations réalisées pour faire évoluer vos journaux vers les nouvelles technologies.

Quant à vous, cher Michel Danthe, je vous félicite personnellement pour le courage, la dignité et la justesse de ton avec laquelle vous soutenez vos collègues et défendez l’oeuvre d’une vie. Je vous souhaite véritablement de pouvoir, comme mon beau-père décédé il y a quelques années, avoir le plaisir de lire Le Temps jusqu’à votre dernier jour.

 

 

…vous parlaient de terreur…

Une fois n’est pas coutume, “et si les abeilles” vous propose en cette période de Noël chrétien un billet sans rapport avec l’apiculture, mais en résonance avec les actes terroristes et de violence religieuse de ces derniers temps, actes odieux qui se répètent de mois en mois.

“Not in gods’s name” de Jonathan Sacks, paru en 2015, n’est malheureusement pas encore traduit en français. Ecrit par une personnalité considérée comme l’un des penseurs majeurs de notre époque, aux convictions fortement revendiquées, l’ouvrage s’impose comme un essai philosophique, sans a priori religieux. Rédigé avec l’objectif de comprendre les racines de la violence humaine, c’est en un sens un texte scientifique. Il intègre des notions empruntées à la théorie des jeux, à la psychologie et à la biologie de l’évolution, intègre les découvertes sur la violence des philosophes du 20ème siècle et réinterprète certains mythes bibliques à leur lumière. Jusqu’à la géniale couverture de l’ouvrage ou la violence “éclipse” le nom de Dieu…

Il apporte surtout un point de vue original et des clés d’explications généralement absentes des commentaires qui nous sont quotidiennement servis dans les media. D’ailleurs, l’incessant martèlement de ces derniers autour des peurs que génèrent l’islamisme (chasse aux imams, aux fichés S, etc.) ne font que renforcer le sentiment de terreur au sein de la population. Ils servent en définitive les objectifs de ceux-là même qu’ils croient combattre. On attendrait des media qu’ils nous aident aussi à comprendre les origines de cette de haine, pour vivre avec ces peurs et pouvoir les surmonter.

C’est justement ce que l’ouvrage de Sacks propose. Il donne un nouvel éclairage des tensions entre les trois grandes religions monothéistes, que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, ces soeurs issues d’une même souche originelle, qui partagent le même Dieu et en partie les mêmes croyances, prophètes et textes fondateurs. Une lecture qui, comme une thérapie, m’a personnellement libéré. Depuis, les terroristes, quelles que soient leurs origines ou leurs motivations, n’ont plus de prise sur moi, parce que cet éclairage me permet d’en comprendre, en partie du moins, les causes, les raisons, les mécanismes et les ressorts.

En un mot, le terrorisme ne me terrorise plus.

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… servaient à quelque chose …

Originaire du Noirmont par mon grand-père maternel, je ne peux que me sentir interpelé par la réaction des piqués de ce quartier de mon village ancestral qui, selon Le Matin Dimanche d’hier, “ont déposé une pétition contre les moustiques” (sic). Diable, l’enjeu est de taille, et le danger menace! En effet, la journaliste évoque, sans rire, la possibilité “d’une nouvelle espèce mutante spécialement adaptée aux Franches-Montagnes et à son rude climat“.

descartes

Je me pince pour m’assurer que je suis bien éveillé: non, ce n’est pas un cauchemar… Je consulte mon agenda: nous nous ne sommes pas un premier avril. Nos amis Teignons, au verbe haut et prompts à (suite…)

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…inspiraient nos écrivains…

C’est un très bel ouvrage que ce roman de 127 pages de Slobodan Despot, intitulé “LeMielDespot2015Le Miel” et publié en 2014 aux éditions Gallimard. De nombreux livres, souvent un peu convenus, ont été écrits autour de la figure de « l’apiculteur », alliant l’image paternelle et rassurante de l’ami des mouches à miel et celle du vieux sage proche de la nature. Ce roman-ci est d’un tout autre calibre.

 

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