…scandale du pirimicarbe contaminé au fipronil: l’Union suisse des paysans réagit…

Sous le titre: SHARDA CROPCHEM LIMITED : aucun employé en Suisse, le journal “Bauerschweizer” réagit au cas d’intoxication d’abeilles en Argovie durant l’été. Il exige en particulier de l’Office fédéral de l’agriculture des mesures de surveillance plus sévères et l’interdiction d’octroi de licence de vente à des sociétés “boite-à-lettres”. A noter que le fipronil, interdit dans l’agriculture en Suisse et dans l’Union européenne, reste toujours autorisé dans les colliers acarides pour chiens et chats.

Voici une traduction de l’article de Susanne Meier du Bauerschweizer du 6 novembre 2019

SHARDA CROPCHEM LIMITED : Aucun employé en Suisse

Sharda Cropchem Limited est le fabricant de l’insecticide Pirimicarbe contaminé au fipronil. Il s’agit d’une entreprise « boîte-à-lettres »  qui n’a ni bureaux ni employés en Suisse. L’Union suisse des paysans veut changer cela.

Des centaines de milliers d’abeilles sont mortes dans le canton d’Argovie parce que des lots de pirimicarbe utilisés contre les pucerons étaient contaminés au fipronil. L’Office fédéral de l’agriculture et Fenaco, qui a vendu le produit, ont lancé une campagne de rappel.

Fenaco devait agir Il est maintenant établi que le détenteur de la licence pour la distribution du spray contaminé, Sharda Cropchem Limited, n’est qu’une entreprise « boîte-à-lettres ». Bien que la filiale du fabricant indien de pesticides soit responsable des rappels en cas d’urgence, elle n’a pas de bureaux ni d’employés pour s’occuper des dommages causés par cette matière active. Le pirimicarbe a été importé par la société Sintagro AG de Langenthal. En l’absence de personnes de contact au sein de l’entreprise “boîtes-à-lettres”, Fenaco, en tant que vendeur, a finalement dû assumer le scandale au nom de l’entreprise fantôme.

Fenaco avait déjà acheté du Pirimicarbe contaminé en mars 2017. Plusieurs des 1308 unités ont été utilisées depuis lors. Déjà en 2018 il y a eu un cas d’empoisonnement d’abeilles au fipronil, selon le service de santé apicole. Les recherches de la “Sonntags-Zeitung” montrent que de nombreux pesticides sont homologués pour l’utilisation par des entreprises « boîtes aux lettres ». En effet, la loi prescrit expressément qu’il faut une adresse en Suisse pour recevoir une autorisation pour les produits phytopharmaceutiques.

Mais l’Office fédéral de l’agriculture, en tant qu’autorité d’approbation, accepte les entreprises qui n’existent que sur le papier. L’Union suisse des paysans a décidé d’agir. Le président Markus Ritter déclarait dans la “Sonntags-Zeitung” : “Nous exigeons que les entreprises disposant d’un permis d’autorisation pour les produits phytosanitaires aient des personnes de contact sur place en Suisse”. Martin Rufer, membre du Directoire, en donne les détails : “si, pour des raisons de sécurité, vous devez agir rapidement en cas de problèmes avec un produit pulvérisé, il ne faudrait pas avoir d’abord à trouver un interlocuteur quelque part dans un pays étranger et lointain”.