…étaient enfin entendues…

Comme pour  faire écho à mon “trop, c’est trop” du 25 septembre dernier, voici une nouvelle très encourageante annoncée par les hebdomadaires “Agri” du 5 janvier (“Vaud, Jura et Jura bernois s’unissent pour les abeilles”) et “Terre et nature” de ce 11 janvier 2018 (“Paysans et abeilles se donnent un coup de pouce réciproque”). La nouvelle avait déjà été donnée le 22 décembre dernier sur les ondes de la RTS  et la veille par la Tribune de Genève.

De quoi s’agit-il?

Selon le site web de Prométerre (Association vaudoise de promotion des métiers de la terre), les cantons de Vaud, Berne et Jura lancent un projet “Agriculture et pollinisateurs” qui s’inscrit, selon l’art. 77a et 77b de la Loi fédérale sur l’Agriculture (LAgr), dans l'”Utilisation durable des ressources naturelles”. Il est proposé par le Service de l’agriculture et de la viticulture (SAVI) du canton de Vaud et par les cantons du Jura et de Berne, en collaboration avec Prométerre et la Fondation Rurale Interjurassienne (FRI), ainsi qu’avec le soutien de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).

Mais encore? (suite…)

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L’accent mis sur les insecticides est-il véritablement exagéré?

Dans un entretien accordé à Simon Bradley de swissinfo.ch, Jean-Daniel Charrière, directeur du Centre suisse de recherche sur les abeilles, Agroscope Liebefeld, exprime l’opinion que l’accent mis sur les insecticides est disproportionné en regard des risques encourus par les abeilles, alors que la cause première des pertes de colonies reste due à Varroa . Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue:

Premièrement, et c’est un problème sérieux, les chiffres concernant le nombre d’apiculteurs, les colonies d’abeilles et les pertes de colonies sont, au mieux, des estimations approximatives et peu fiables. En effet, depuis 1996, il n’existe plus pour la Suisse de statistiques solides sur l’apiculture, c’est à dire fondées sur des bases scientifiques (voir et si les Abeilles nous étaient comptées pour l’histoire de la destruction de nos statistiques officielles). Par exemple, dans le canton de Fribourg, où j’ai mes colonies d’abeilles, il est obligatoire pour chaque apiculteur de tenir une liste détaillée de ses ruches et de ses pertes. Aucune de ces données n’est utilisée pour les statistiques. Au lieu de cela, nous devons remplir un questionnaire à fin janvier, alors que les abeilles dorment encore! De plus, chaque canton a sa propre pratique.

Le deuxième point concerne les insecticides. Si je suis d’accord avec Charrière sur le diagnostic que l’acarien Varroa est notre problème principal, je suis en profond désaccord avec son appréciation que l’accent mis sur les insecticides est exagéré. Au contraire, les nouvelles molécules, connues sous le nom de néonicotinoïdes, ont des effets beaucoup plus forts que leurs prédécesseures, tels que le DDT. Elles sont actives à des doses ou des concentrations beaucoup plus faibles et ont même des effets plus forts dans des combinaisons qui sont ironiquement appelées effets «synergiques».

Troisièmement, je ne suis pas d’accord avec la politique développée pour la Suisse (voir si les abeilles prenaient leur destin en main pour une analyse détaillée). Si Varroa est le principal problème et si notre objectif est de produire des produits apicoles sans pesticides, alors l’État devrait aborder ces deux questions de manière cohérente. Au lieu de cela, la stratégie de l’État développe et soutient les pratiques agricoles dans lesquelles des bandes florales «naturelles» alternent avec des parcelles de cultures traitées aux pesticides, cultures toutes deux fortement subventionnées. Comment ces étroites bandes florales peuvent-elles soutenir les abeilles sauvages et domestiques, alors que ces dernières sont intoxiquées dans les cultures avoisinantes où les abeilles font la plupart de leur récolte?

Quatrièmement, l’argument selon lequel nous devrions être plus préoccupés par le sort des abeilles sauvages (sous prétexte que les abeilles domestique disposent de mécanismes de compensation au sein de leurs colonies) ne s’applique pas. Le succès reproducteur doit être comparé en termes de nombre de descendants, c’est-à-dire dans le cas des abeilles domestiques, du nombre de nouvelles colonies produites. Nous avons déjà des preuves alarmantes que la qualité de la reine est affectée par les insecticides. En outre, les abeilles domestiques sont une espèce emblématique dont le destin reflète ce qui arrive à des milliers d’espèces d’insectes qui passent le plus souvent inaperçues. Le test du «pare-brise de voiture» fournit des indications qualitatives sur le déclin massif de la diversité d’insectes au cours des dernières décennies.

Enfin, les apiculteurs ont offert pendant des décennies (voire des siècles) des services de pollinisation gratuits à l’agriculture suisse, dont la valeur a été estimée récemment à 350 millions de francs. Charrière mentionne que ces services de pollinisation pourraient déjà être compromis dans certaines régions (voir l’article de Bill Harby «Le mythe de l’apiculture bio en Suisse – et comment les abeilles en paient le prix»).

Dans une approche cohérente pour traiter le problème des pertes de colonies d’abeilles, il y a peu d’espoir de résoudre le problème de Varroa (identifié comme le problème majeur) si les abeilles continuent à être intoxiquées dans les cultures qu’elles pollinisent. Les deux problèmes devraient être considérés simultanément ou séparément. Le problème des insecticides est facile à gérer: soit cesser d’utiliser ces produits chimiques dans les cultures visitées par les abeilles, soit retirer les abeilles de ces régions. La question de Varroa est certainement plus compliquée. Cependant, il existe déjà plusieurs projets prometteurs de sélection de souches d’Apis mellifera capables de vivre avec l’acarien Varroa, comme les abeilles natives d’Asie se sont adaptées à ces parasites dans leur pays d’origine. Aucun de ces objectifs n’a été identifié comme une priorité dans les récents documents de stratégie nationale de soutien aux abeilles mellifères et de promotion d’une agriculture durable.

 

Is the focus on insecticides really exaggerated?

In an interview to swissinfo.ch, Simon Bradley reports the opinion of Jean-Daniel Charrière, Head of the Swiss Bee Research Center, Agroscope Liebefeld, that too much focus is given to insecticides, while it has become more difficult to get support to address the Varroa mite issue. I disagree with Charrière’s views and arguments:

Firstly, and it is a serious issue, the figures given for numbers of beekeepers, bee colonies and colony losses are, at the best, rough, but poor and unreliable, estimates. Unfortunately, since 1996 there are no more reliable statistics on beekeeping, i.e. based on scientific grounds, for Switzerland (cf… et si les abeilles nous étaient comptées for a history of the destruction of our official statistics). For instance, in canton of Fribourg where I keep my bee colonies, it is compulsory for every beekeeper to hold (suite…)

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…wenn die Bienen … ihr Schicksal in die Hand nahmen …

(Übersetzung von “et si les abeilles…prenaient leur destin en main…” mit Google Translate) 
(Verbesserungen willkommen)
Schweizer Imker haben seit etwa 20 Jahren den Bienensterben Alarm geschlagen … Diese Anrufe wurden gehört, in den Medien weit verbreitet und an die verschiedenen nationalen und regionalen Behörden weitergeleitet …    
Foto aus dem Blog “Les hommes libres”, Tribune de Genève

Maßnahmen wurden angekündigt, getroffen und werden umgesetzt. Aber erfüllen sie die Erwartungen der Imker? Auf die Bedürfnisse von Haus- oder Wildbienen? Dies ist meiner Meinung nach bei weitem nicht der Fall. Imker und ihre Bienen stehen vor zwei Hauptproblemen: 

  1. der Varroa-Parasit, der Kolonien dezimiert und viele Krankheiten verbreitet     
  2. Pestizide breiten sich in Kulturen aus, die Bienen vergiften und sich schleichend in Wachs, Honig und anderen Bienenprodukten ansiedeln
Nach all diesen Jahren hat die Eidgenossenschaft einen “Bienenplan” und einen “Pflanzenschutzplan” aufgestellt, die keine wirkliche Antwort auf diese beiden Probleme bieten. Im Gegenteil, zusätzliche Zwänge und Barrieren werden in Form von verstärkten Hygienekontrollen eingeführt, ohne wirkliche Perspektiven für die Bewältigung der Bienenkrise zu bieten. Eine kürzlich veröffentlichte Publikation hat bestätigt, dass Haus- und Wildbienen der Schweizer Landwirtschaft den Gegenwert von 350 Millionen Franken kostenlos bringen, und zwar ohne Rückgabe für Bienen und Imker. Im Gegenteil, der Bund führt zaghafte Maßnahmen zur Reduzierung von Pflanzenschutzmitteln ein, mit einem chimären Ziel von 30% in zehn Jahren, während die vorgesehenen Maßnahmen bestenfalls eine Reduzierung um 12% erreichen. Angesichts dieser bedauernswerten Situation ist es klar, dass Imker und Haus- und Wildbienen sich selbst überlassen bleiben.

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..if the bees took their destiny in hand …

… too much is too much …

I take the step …and I invite all beekeepers to do the same…

(translation using Google translate of the post “prenaient leur destin en main“)

Swiss beekeepers have been warning about the death of bees in Switzerland for about 20 years…

These appeals were heard, widely relayed in the media and transmitted to the various national and regional authorities… Measures have been announced, taken and are being implemented. But do they meet the expectations of beekeepers? Do they meet the needs of domestic or wild bees? In our view, this is far from being the case. Beekeepers and their bees are confronted with two main problems: the Varroa parasite which decimates colonies and spreads many diseases pesticides spilled on crops that poison bees and deposit insidiously residues in wax and honey and other hive products.

After all these years, the Swiss Confederation has put in place a “bee plan” and a “phytosanitary products plan” which do not offer a true answer to these two problems. On the contrary, additional constraints are introduced in the form of reinforced sanitary controls, without offering real prospects for solving the crisis the bees are facing. A recent publication confirms that domestic and wild honey bees bring the equivalent of CHF 350 million to Swiss agriculture free of charge and without any return for bees and beekeepers. On the contrary, the Swiss Confederation is introducing timely measures to reduce pesticides on crops, with a chimeric objective of 30% reduction in ten years, while the measures envisaged will achieve at best a reduction of 12%.

Faced with this deplorable fact, it is clear that beekeepers and domestic and wild bees are left to their own devices. All that is left to the profession is to take control of its destiny. If the Varroa problem still requires important research to be curbed, the insidious poisoning of bees and hive products can be avoided today. For my part, my decision is taken, I remove my bees from the zones where they can be inxicated, to implant them in organic farms who will pledge not to poison them and to whom I am ready to offer my services and those of my bees for free, to concentrate on the issue of varroa. This leaves me with only a beekeeping problem, my products will be of better quality and the production of organic products will only be better. (suite…)

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…inspiraient nos écrivains…

C’est un très bel ouvrage que ce roman de 127 pages de Slobodan Despot, intitulé “LeMielDespot2015Le Miel” et publié en 2014 aux éditions Gallimard. De nombreux livres, souvent un peu convenus, ont été écrits autour de la figure de « l’apiculteur », alliant l’image paternelle et rassurante de l’ami des mouches à miel et celle du vieux sage proche de la nature. Ce roman-ci est d’un tout autre calibre.

 

(suite…)

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