Pesticides dans les sols agricoles en Suisse: le constat est alarmant

Voici une publication qui arrive à point nommé. En effet, une étude très récente fait le point sur l’état de contamination des sols agricoles par les pesticides en Suisse. Et le constat n’est pas rose. En effet l’étude publiée récemment par une douzaine de scientifiques de la très officielle et fédérale institution de recherche agronomique suisse qu’est l’Agroscope, fait état de résultats très alarmants.

Intitulée “Présence généralisée de pesticides dans les sols agricoles en gestion biologique – reflet du passé de l’agriculture conventionnelle?” l’étude rapporte que la majorité des sols des exploitations re-converties à l’agriculture biologique montrent des teneurs inquiétantes en pesticides de tous genres, même des années encore après leur sortie de l’agriculture traditionnelle.

Les auteurs ont examiné 100 champs répartis sur 60 sites sur le territoire Suisse, eux-mêmes répartis à parts égales en 3 groupes, soit 20 en agriculture conventionnelle, 20 en gestion sans labour et 20 en agriculture biologique. Ils ont analysé 46 pesticides, dont des herbicides et leurs produits de dégradation, des fongicides, des insecticides, parmi lesquels les fameux néonicotinoïdes interdits en Suisse et dans l’Union européenne depuis la fin 2018.

Les sites reconvertis au bio restent contaminés à très long terme: Les sites en agriculture traditionnelle ou sans labours se sont révélés sans surprise les plus contaminés. 41 des 46 pesticides ont été retrouvés dans au moins un champ, avec des abondances variant entre 3 et 32 molécules par champ, la médiane étant à 18 pesticides par champ dans les cultures traditionnelles et à 8 en agriculture biologique. Les concentrations sont également extrêmement élevées avec un maximum à 1170μg/kg et, en gestion biologique, des médianes situées à 52 et 95 μg/kg, respectivement pour des terres en labour et en production végétale.

En résumé et selon les auteurs “le nombre de pesticides trouvés était environ 2 fois plus nombreux et les concentrations 10 fois supérieures dans les sites en agriculture traditionnelle que dans les sites convertis à l’agriculture bio. Mais dans ces derniers, jusqu’à 17 pesticides étaient encore identifiés en quantités significatives après 20 ans d’agriculture biologique”, y compris le fameux DDT, banni depuis des décennies! Rappelons que la période de reconversion n’est que de 3 ans pour obtenir le label “Bourgeon” de BioSuisse.

La vie du sol est également significativement affectée Les auteurs ont également étudié les organismes du sol et leurs conclusions sont sans appel: “La biomasse microbienne, et plus particulièrement l’abondance de certains champignons mycorhiziens (un groupe très répandu de champignons qui vivent en symbioses avec les racines des plantes et qui leur sont très bénéfiques), étaient significativement liés négativement à la quantité de résidus de pesticides dans le sol. Cela indique que les résidus de pesticides, en plus des facteurs abiotiques tels que le pH, sont un facteur clé déterminant la vie microbienne du sol dans les agro-écosystèmes. Cette étude à large spectre démontre que les pesticides sont une réalité cachée dans les sols agricoles, et nos résultats suggèrent qu’ils ont des effets néfastes sur la vie du sol”.

Pour terminer, les auteurs concluent que la rémanence des pesticides dans les sols agricoles a certainement été sous-estimée, pour ne pas dire négligée, et qu’il est nécessaire d’étendre de genre d’études aux conséquences de multiples contaminations, les fameux effets cocktail sur lesquels on ne sait encore que très peu de choses.

Il est également réjouissant de constater que l’Agroscope semble enfin prendre la mesure de ses responsabilités face à ces enjeux de société. Nous ne pouvons que saluer la publication de ces résultats à quelques mois des votations sur les deux initiatives visant les pesticides sur lesquelles nous aurons à voter en juin prochain.

Référence: Widespread Occurrence of Pesticides in Organically Managed Agricultural Soils—the Ghost of a Conventional Agricultural Past?,Judith Riedo, Felix E. Wettstein, Andrea Rösch, Chantal Herzog, Samiran Banerjee,
Lucie Büchi, Raphaël Charles, Daniel Wächter, Fabrice Martin-Laurent, Thomas D. Bucheli, Florian Walder & Marcel G. A. van der Heijde, Environmental Science & Technology, Janvier 2021, DOI: 10.1021/acs.est.0c06405

Informations détaillées sur l’articles: Riedo_et_al_2021_: tableaux et figures

 

 

 

Francis Saucy

Francis Saucy

Francis Saucy, Docteur ès sciences, biologiste, diplômé des universités de Genève et Neuchâtel, est spécialisé dans le domaine du comportement animal et de l'écologie des populations. Employé à l’Office fédéral de la statistique, Franci Saucy est également apiculteur amateur et passionné, et il contribue par ses recherches et ses écrits à l'approfondissement des connaissances sur les abeilles et à leur vulgarisation dans le monde apicole et le public en général. Franci Saucy fut également élu PS à l'exécutif de la Commune de Marsens, dans le canton de Fribourg de 2008 à 2011 et de 2016 à 2018. Depuis mars 2019, Franci Saucy est rédacteur de la Revue suisse d'apiculture et depuis le 15 septembre 2020 Président de la Société romande d'apiculture et membre du comité central d'apisuisse Blog privé: www.bee-api.net

23 réponses à “Pesticides dans les sols agricoles en Suisse: le constat est alarmant

  1. Bonjour
    J’ai lu avec intérêt votre article et il me semble comporté des manques de précisions.
    Vous parler de présence de pesticides dans les sols sans dire de quels types de pesticides il s’agit
    Il semble que vous parliez essentiellement des pesticides de synthèse mais alors quels sont les quantités de pesticides bio présente dans ceux ci?
    Vous parlez de quantité de résidus dans préciser la dangerosité de tels doses.
    En tout état de cause votre article ne semble pas donner dans l’état, d’informations nous permettant de conclure a un danger potentiel.
    N’hésitez donc pas à préciser ses point que je puisse (et les autres lecteurs) me faire une opinion sur le sujet.
    Cordialement
    Garl

    1. Bonjour Gael,
      Merci de votre commentaire et de vos questions.
      Mon billet est avant tout un article de vulgarisation qui vise à attirer l’attention du public en général sur ces questions. Je ne suis ni un des auteurs de l’étude, ni un spécialiste des pesticides dans l’agriculture, ni un écotoxicologue et je ne peux aller au-delà des conclusions des auteurs de l’étude. Mais je leur relaiera volontiers vos questions.
      Pour autant que je sache, les auteurs ne se sont intéressés qu’à des pesticides de synthèse. La liste se trouve dans le dossier “Info supplémentaires” à l’article (Table S6). Je l’ai rajouté avec le lien à la fin de l’article. Ils donnent également de nombreuses informations techniques (Table S7) et des résultats détaillés de leurs mesures (Table S8). Chaque molécule a ses particularités, ses seuils de dangerosité, qui peut varier en fonction des espèces. Quelles espèces faut-il considérer? les abeilles, les vers de terre, les champignons, les bactéries du sol?
      Documenter ce qu’il y a comme pesticides est déjà une contribution importante. Elle permet par exemple de savoir quels sont les mélanges (cocktail) les plus fréquents et donc pour lesquels il faudrait faire des études sur le long terme.

      1. Non votre article sert uniquement à faire peur au gens afin qu’il vote en juin …… et ainsi contribuer a la mort de l’agriculture suisse et ainsi importer encore plus de produit alimentaire du bout du monde ou les conditions de cultures sont bien pire que chez nous du grand n’importe quoi vous êtes sur le point de faire mourir un nombre incalculable de familles et sans parler de tout les métiers qui sont lier à l’agriculture. C’est bizarre ont parle pas souvent des résidus de produits cosmétiques ou même industriel. Tout n’est que complot de gens qui ne connaissant rien à rien.

      2. Donc est d’accord que ça n’informe en rien du danger réel de ses résultats.
        Ce n’est donc pas une étude mais une analyse des sols sans interprétation.
        De plus partielle car ne cherchant pas à savoir si il y a des traces de pesticides naturelles qui ne sont pas nécessairement moins toxique pour l’environnement.
        Il y a eu analyse des sols en culture bio mais en recherchant les pesticides de synthèses mais pas l’inverse C’est très partial et partiel comme position pour une étude scientifique ne trouvez vous pas?
        Il me semble qu’un éminent scientifique comme vous l’êtes aurais pu être un peu plus modéré dans la rédaction de votre article qui semble être un appel à la peur plutôt qu’une réalité scientifique.

      3. Monsieur saucy
        La narration de votre article est orientée, très clairement, exemple, vous comparez le maximum de résidu retrouvé dans l’agriculture conventionnel avec la médiane retrouvée dans l’agriculture biologique. Vous ne parlez pas du maximum retrouvé en culture biologique et surtout pas de la médiane en conventionnel, et bien entendu aucune information sur les résidus biologiques et tous les autres résidus hors de l’agriculture ( qui ne sont pas analysés dans cette étude mais qui se retrouvent dans les sols).

        C’est une récurrence de ces deux initiatives, ne pas parler de la dangerosité, ni de la proportion, ni des produits hors agriculture, dans les sols, dans l’eau et dans l’air. Focalisation sur certains points et omissions de tous les autres.

        Ma déception et d’autant plus grande que vous êtes docteur en sciences et vous travaillez à l’office de la statistique……

        1. Bonjour,
          Merci de vos remarques et désolé de vous décevoir. Orientée ou non ma narration ne relate en toute bonne conscience ce que j’ai lu dans l’article et qui a été mis en exergue par les auteurs. Vous me reprochez de ne pas parler de certaines valeurs comme le “maximum retrouvé en agriculture biologique” et de la “médiane en conventionnel”. Malheureusement, ces informations ne figurent pas de manière chiffrée dans le texte.Ce dernier dit que les “concentrations sont environ 10 fois plus élevées en conventionnel qu’en agriculture bio”. On peut donc en déduire que les médianes en agriculture conventionnelle sont de l’ordre de 500 à 1000, donc pas très éloignées de ce maximum de 1170 microgrammes/kg.
          La question des produits acceptés en agriculture biologique ne doit en effet pas être négligée. On peut me semble-t-il raisonnablement espérer qu’ils sont moins problématiques pour la santé humaine et la vie des sols…

          1. Merci de cette réponse.
            Vous admettez donc que l’analyse que vous citez n’est pas complète et pas rigoureuse
            Alors pourquoi la relayer comme une étude importante?
            Quand à la croyance que les produits naturels sont moins toxique que les synthétique NON pas de la part d’une biologique.
            Vous savez pertinemment que les substances naturelles peuvent être très dangereuses.
            On peut citer l’huile de neem très toxique pour les bourdon perturbateur androcinien : il pose donc les même problème que les insecticides synthétique ce qui est logique il fait le même boulot !!?
            On peut aussi se questionner sur la remanance du cuivre dans les sols?
            Vous ne pouvez ignorer ses informations en tant que biologistes intéressé au sujet

          2. Vous ne m’avez pas compris. Il s’agit d’une étude rigoureuse. Elle répond à la question suivante: quelle est la charge en pesticides de synthèse dans nos sols après des décennies d’utilisation de ces produits? Le travail qui est derrière est gigantesque, et personne n’avait eu le courge de l’entreprendre auparavant. C’est en ce sens qu’elle est importante. Vous ne pouvez reprocher à cette étude de ne pas répondre à toute une autre série de questions, même si elles sont légitimes. Les auteur en sont bien conscients et esquissent les pistes d’autres travaux. On ne sait par exemple pas exactement comment ces produits se comportent ensuite dans le sol. Sont-ils réabsorbés par les plantes et à quelles doses et avec quels effets, ou sont-ils lessivés dans les eaux? Hier le ciel et la neige avaient pris une teinte orangée: la cause un évènement unique et exceptionnel, un coup de scirocco sur les Alpes. L’effet était visible par tous, impossible de cacher la poussière sous le tapis. Avec les pesticides, rien n’est apparent et il est facile d’en balayer les effets d’un méprisant “rien à voir, continuez à sulfater”. Et ici on ne parle pas d’un évènement unique, mais de l’accumulation de traitements annuels (jusqu’à 30 ou 40 dans les vergers) appliqués sur des décennies. Par ailleurs, je partage votre souci concernant les produits de remplacement, il faudra s’y intéresser et ne pas attendre un demi-siècle pour en évaluer la potentielle toxicité. C’est une tâche importante aussi. Depuis longtemps, on dénonce les procédures d’homologation dont on sait qu’elles ne sont pas adaptées à l’évaluation des risques réels. Mais de grâce une chose après l’autre. C’est en fait tout un mode de pensée l’agriculture qui est à revoir. A commencer par cesser de considérer tout ce qui vit comme un ennemi à exterminer!

      4. Bonjour. Dès qu’il y a traces humaines, il y a pollution… bref article intéressant que l’on se doutait quand même. Comme les pilules ou autres que l’on prend pour se soigner et qui finissent dans l’eau….
        Moi j ai une remarque. On ne pourra bientôt plus traiter, donc baisse de rendement, alors pourquoi pas adapter le nombre d’habitant en suisse en fonction du taux d’auto approvisionnement suisse. Les gens qui ont , ben qu’ils partent…

    2. Bonjour Gael,

      Si l’article ne permet pas de conclure à la dangerosité des pesticides, voici 2 informations qui devraient vous permettre de comprendre la situation :
      – 40% des pesticides sont des perturbateurs endocriniens.
      – la notion de dose pour ce type de produit n’existe pas car des doses très très faibles peuvent avoir des effets bien plus importants que des doses plus élevées. Vous pouvez lire le livre “Intoxication” de S. Horel (1)pour bien comprendre leurs impacts sur la santé et comment la réglementation a échoué à les interdire. Pour la faire simple, ces produits représentent 60% du chiffre d’affaires de l’agrochimie et grâce à des politiques et des institutions complaisants, pour pas dire assassins, cette dernière a monté une véritable machination pour faire passer une réglementation qui ne mettait pas en danger son business en exigeant la mise en place de critères tellement exigeant pour le retrait de ces produits toxiques que finalement très peu seront concernés par un retrait .La société d’endocrinologie (18000 scientifiques qui travaillent sur le sujet) vient d’ailleurs de tacler(2) de nouveau l’agence sanitaire européenne qui a visiblement à d’autres priorités que de protéger la santé des populations. La Suisse n’est pas mieux lotie…
      (1)https://www.payot.ch/Detail/intoxication-horel_stephane-9782707186379
      (2)https://www.ehn.org/european-food-safety-authority-endocrine-disruptors-2650289466.html

      1. Je ne remets pas en cause le fait que parmi ses produits il y ai des perturbateurs endocriniens mais si c’est le danger il faut le citer et citer tous les pesticides qui sont PE
        Il y en a aussi en bio avec les mêmes danger à priori (Huile de Neem en plus d’être dangereux pour les abeilles)
        Par ailleurs d’autres traitements bio sont tout aussi problématique qu’en est il du cuivre du sel ?
        Bref oui il faut être très prudent quand à l’usage et la mise sur le marché de produits phyto mais il faut être aussi prudent en bio et ne pas parler seulement des danger en conventionnel ce ne serrait pas honnête.

  2. Merci de relayer cette information importante. A la fois réjouissante et inquiétante. Les prochaines votations vont peut être permettre de soutenir davantage le côté réjouissant.

  3. Bonjour Monsieur,
    De relayer un article ainsi rédigé est une agression vers les agriculteurs de Suisse
    en orientant l’effet de peur vers le consommateur ! Un peu dans le style du Covid.
    Qu’elle est votre opinion et position vers toutes les matières importé et cultivé à l’autre bout du monde produit sans contraintes ou boeufs aux hormones des Amériques et qui polluent aux transports? Notre terre est pollué par les retombées des fumées et ventilations de nos industries , de cela personnes en parlent! Malheureusement je reconnais des erreurs de notre part où de la géneration de mon père 1965 – 1995 . Je suis un agriculteur de montagne et là la terre est aussi souillé par les polluants et particules industries. Analysez une fois toutes les conditions que l’agriculture et que l’agriculteur pratique pour servir le consommateur. Mais jamais personnes contrôlent ce que nos grandes enseignes élaborent dans leurs fabriques et avec quelles produits importés et adjuvents et micro plastique des emballages qui empoisonnent lentement mais sûrement nos organismes humain des notre naissance! Merci de m’avoir lu.

    1. Cher Monsieur,
      Vous qui vous inquiétez des importations, et de la pollution lors des transports et de la viande aux hormones, que pensez du fait que, pendant que les représentants du monde agricole combattent les initiatives phytos avec la main gauche, ils défendent des accords de libre-échange avec l’Indonésie ou les pays du Mercosur avec la droite ? Après tout, s’il y a bien une chose qui encourage les importations et expose les agriculteurs suisses à une concurrence intenable sur les marchés des produits agricoles, ce sont de tels accords ! L’Indonésie ou les pays d’Amérique latine n’ont aucun intérêt à nous acheter notre production paysanne. Qu’achèteront-ils donc pendant que les producteurs suisses seront obligés de voir de la viande d’Argentine 4x moins chère sur nos étals ? Je vous le donne en mille : des produits pharmaceutiques et chimiques, à hauteur de 75%! Produit qui ne manqueront pas de causer les dégâts sur l’environnement que vous déplorez et semblez vouloir éviter. Vous ne me croyez pas ? C’est l’USP elle-même qui le dit :

      https://www.sbv-usp.ch/fr/mercosur-lenjeu-va-au-dela-des-steaks-argentins/

      Elle n’a d’ailleurs rien d’autre pour anticiper le problème que de naïfs “on y croit” et “quand on veut on peut”… J’invite les agriculteurs à se poser les bonnes questions et à ouvrir les yeux sur leurs lobbies qui sont très loin de ne servir que leurs intérêts. La droite agraire et les sympathiques agriculteurs n’ont pas à servir de vitrine idyllique pour une droite bancaire ultralibérale qui n’aura aucun scrupule à les trahir sous la pression des marchés. Il est d’ailleurs possible que les défenseurs des initiatives phytos ne soient pas les seuls à utiliser le levier de la peur… Réfléchissez-y…

      1. Bonjour Guillaume ! On y réflechi comment faire pour nous sortir du joug industriel et étatique. Ce qui me désole c’est notre comportement collectif . On est tous endetté et trop d’organisme ce grève autour de nous. Nos soit disant défenseurs et gérants d’interprofession ou labels qui gagnent des salaires mirobolants mais de prostituent devant les magnias de l’alimentaire encaissant des commissions . Tu fais une fois la remarque et ils te sabotent et te mener la vie dure. Quand un “”mee too agriculteur”” car comme on est menotté on est vite abusé et enculé . Mais ne nous mettez pas tous les problèmes ecologiques , maltraitance animale ect…ceux le dos. Pensez aux animaux de compagnie et aux jardiniers du dimanche et les propriétaires de maison au beau gazon et allée sans mauvaises herbes avec accès direct aux eaux claire .

    2. Bonjour,
      Je suis désolé que vous preniez mon billet comme une agression contre les agriculteurs. Ce n’était évidemment pas mon but, car je recherche plutôt la discussion que la confrontation. Je suis moi-même issu de familles d’agriculteurs et j’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour le monde paysan et pour sa noble mission de nourrir les gens des villes. Comme vous le dites des erreurs ont été commises. Mais contrairement à vous je ne pense pas qu’il faille en accuser le monde paysan, qui n’a fait que subir des décisions prises dans d’autres cercles, prétendument plus “éclairés”. L’avenir du monde paysan me tient véritablement très à coeur, car sans lui et ses produits que deviendrons-nous? Malheureusement, la politique agricole conduit inexorablement à la disparition du monde paysan. Comme je l’ai suggéré dans un autre billet (Forum des 100: repenser l’agriculture: https://wp.me/padebG-yl), si nous ne faisons rien pour inverser la tendance amorcée durant le 20ème siècle, la dernière exploitation agricole pourrait disparaître avant 2050. A mon avis ce n’est pas inéluctable, mais des constats doivent être faits (c’est ce que propose l’article d’agroscope sur l’état des sols), des mesures d’une autre ambition doivent être prises et je fais le pari que la population, par ses choix de consommation, saura suivre et récompenser ces courageuses initiatives.

      1. Monsieur,
        Vous êtes un scientifique, vous ne pouvez donc pas ignorer la démarche scientifique.
        Que vous soyez convaincu que l’avenir est à une autre forme d’agriculture me semble une bonne chose je suis plutôt de votre avis.
        Mais il y a une chose à prendre en compte avant de dire qu’un autre modèle est meilleur c’est de chercher à savoir si elle l’est réellement en comparant.
        Dans votre article vous ne comparez pas vous donnez des mesures et en faite des conclusions.
        Alors oui j’aimerais savoir si le modèle bio est meilleur pour ça j’ai (et je ne suis pas le seul je suppose) besoin de connaitre :
        Quels sont les pesticides utiliser dans un modèle bio
        Quels sont leur toxicités ?
        Quels sont leur rémanence?
        Car je me refuse à croire qu’un docteur en biologie puisse être vraiment convaincu par la croyance c’est naturel donc c’est pas dangereux.
        Ce genre d’argumentaire partial est déjà inacceptable de la part des journalistes mais de la part d’un scientifique ça pose des questions.

    3. Ce n’est pas une agression, bien au contraire, mais une information utile qui va me permettre de faire en sorte que le domaine de mon père se responsabilise sur cette problématique et le forcera à changer ses méthodes.
      Mon grand-père utilisait de la Simazine ultra cancérigène pour l’humain sans que personne de trouve à redire pendant des décennie en Valais et Vaud. Sauf moi qui gamin devait désherber certaines surfaces et qui à la fin de la journée me retrouvais souillé de BLEU de ce produit !
      Oui c’est une honte pour les agriculteurs et surtout les vignerons qui ne sauront pas s’adapter à une vie plus saine pour tous ! Et oui le consommateur a peur de ce qu’il mange.
      Nul doute qu’en Suisse nous avons fait de gros effort, mais quand vous parcourez les vignes vous vous rendrez compte des tonnes de désherbant etc qu’on balance encore aujourd’hui dans le sol on se doit de réagir. Le problème ce n’est pas l’agriculteur mais les méthodes qu’on le force à avoir à grand coup de marketing des lobbys de l’industrie chimique.
      Et l’autre problème est trés clairement la compromission de certains fonctionnaires pour ne pas dire le copinage avec ces lobbyistes qui leurs imposent leurs propres normes !

  4. Je me pose la question si le citoyen moyen est capable de se rendre compte que le nombre d’habitants sur notre planète ne fait que augmenter et que le but premier de l’agriculture est d’en nourrir le plus grand nombre possible de la meilleure manière possible. Eh oui l’être humain pollue, aucun secret, et l’agriculture ne représente qu’une infime partie de celle-ci. La flémardise des gens les a conduit en ville laissant le soucis de leur bien être en nourriture sur le dos des derniers valeureux agriculteurs. Les modes de productions agricoles ont été élaboré par nos plus grands savants pour être réprimez par les savants d’aujourd’hui.
    Mais finalement les citoyens ont-ils envie de manger ou attendrons-ils que la nourriture saine, devenue insuffisante dans nos contrées, nous provienne depuis les régions tropicales défôrestées de même que nous avons attendus masques et vaccins Coronavirus.

  5. Bonjour,
    Merci de relayer cette publication importante.
    Il faut espérer qu’un jour les procédures d’évaluation et d’homologation des pesticides tiendront enfin compte de la rémanence des toutes ces molécules toxiques pour la pédofaune, et pour les humains. Nous sommes encore loin du compte.
    Nous ne sommes pas condamnés à produire ainsi, voir les prospectives scientifiques comme celle-ci :
    https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements/billet-de-blog/une-europe-agroecologique-en-2050-un-scenario-credible-un
    Bien cordialement.

  6. Cher Monsieur Saucy

    J’ai moi aussi pris connaissance de l’intéressante étude d’Agroscope sur les résidus de produits phytosanitaires dans les sols, mais je n’en ai pas fait la même lecture que vous. Ce que j’ai compris c’est qu’on constate effectivement des résidus de produits phytosanitaires dans les sols suisses et qu’on trouve une corrélation entre leur nombre, leur concentration et une baisse des AMF (champignons mycorhiziens à arbuscules), ce qui dénoterait une baisse de la qualité des sols.

    Un premier constat enfonce des portes ouvertes ; si l’on met en œuvre à la surface, des produits pour protéger les plantes contre les ravageurs, il est évident qu’on va en retrouver des traces dans le sous-sol. Mais contrairement aux anciens produits (organochlorés p.ex), les matières actives modernes sont bien moins persistantes. Avec une demi-vie de 50 jours p.ex. et toutes choses restant constantes par ailleurs, on en retrouvera la moitié après 50 jours, le quart après 100 jours, le 1/8 après 150, le 1/16 après 200, etc. Avec les méthodes analytiques actuelles, on en trouveras des traces encore longtemps, mais avec le temps elle disparaîtront totalement.
    A ce propos, vous connaissez cette valeur d’alerte de 0.1 µg/l dans les eaux potables et qu’on utilise systématiquement pour faire peur à la population. Pour se faire une idée de ce que ce chiffre représente, si on rapporte le litre à la longueur de la traversée de la Suisse, ce 0.1 µg/l représente l’équivalent de l’épaisseur d’un cheveux (soit 40 microns sur 400 km).

    Vous faites l’apologie de la culture bio, qui serait selon vous la panacée et sauverait le pays de l’empoisonnement généralisé auquel l’agriculture traditionnelle nous expose. Sans jamais vouloir dénigrer cette pratique, même l’agriculture biologique ne peut cultiver sans traitement. Pour lutter contre les maladies fongiques en bio on utilise principalement du cuivre. Or le cuivre est non seulement un métal éternellement stable qui ne disparaîtra jamais de là où on l’as mis, contrairement à un pesticide de synthèse qui disparaît toujours avec le temps, mais année après année on en charge les sols dans lesquels il s’accumule. Que diront nos descendants qui, dans 100 ans, devront essayer de cultiver leur nourriture dans des sols stérilisés au cuivre? (Il y en a déjà aujourd’hui). Ce jour là les résidus de pesticides de synthèse seront certainement leur dernier souci.

    Le cuivre est un puissant algicide et fongicide (regardez la couleur des tuiles sous un Velux bordé de cuivre, elles sont roses, alors qu’à côté elles sont brun foncé) et c’est dans ce but qu’on le met en oeuvre. Curieusement l’étude n’aborde pas la question des effets de ce métal sur les AMF et se limite aux produits de synthèse, alors que cet élément présent en plus grandes quantités dans les cultures biologiques exerce certainement un effet fongicide significatif sur ces champignons et qu’il faudrait vérifier avant de tirer vos conclusions hâtives. A ce sujet l’étude a l’honnêteté de ne faire qu’un constat, sans chercher à établir une relation de cause à effet directe à ce stade et suggère que cette recherche devrait être poursuivie. Vous au contraire, vous utilisez des propos extraits du contexte général pour faire peur et justifier la pensée correcte obligatoire et dogmatique du moment.

    Le bio a absolument sa place dans l’agriculture Suisse; encore faudrait-il que cette question du cuivre dans nos sols puisse être réglée alors que pour le moment tout le monde se voile la face. L’avenir est sans conteste à une agriculture durable qui réduise, voire arrive à se passer un jour de ces produits, mais pour le moment ce n’est pas encore le cas. Les tenants des deux initiatives antiphytos, qui s’imaginent candidement qu’en les acceptant on vivra dans un pays béni des Dieux, alimenté par de la nourriture « saine », ces gens sont de doux rêveurs, qui auront d’abord réussi à détruire des milliers de familles paysannes à qui on aura cassé l’outil de travail, mis en péril notre capacité d’autoapprovisionnement et contraints le pays à s’approvisionner encore plus sur le marché mondial. Des aliments produits au Canada, au Brésil ou en Indonésie grâce à des techniques de production agricoles industrielles, assurément bien plus contaminées que celles produites par des familles d’agriculteurs suisses responsables et respectueux que vous aurez mis sur la paille.

    On pourra alors toujours essayer d’alimenter la population avec du bon miel suisse, de l’eau (prétendument) propre et de la gelée royale aux plus méritants…

    PS, j’aime bien le commentaire d’Ours (voir plus haut) : La flemmardise des gens les a conduit en ville, laissant le soucis de leur bien être en nourriture sur le dos des derniers valeureux agriculteurs.

  7. Excellente analyse de Zellweger… Tout est dit.
    Certains “Dr.” et autres feraient bien de s’en inspirer.
    Excellentes salutations du Jura

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