…forum des 100 : petit bestiaire de l’intelligence artificielle…

Sous des apparences peu accessibles au commun des mortels, la toile abrite un invraisemblable bestiaire, une sorte de zoo virtuel, un véritable champ de foire dont les geeks sont les dompteurs. Ils codent? je décode…

Nous sommes évidemment tous habitués depuis une trentaine d’années au moins à ces êtres familiers de l’informatique que sont les souris et les virus, l’une source de phobie si vous la rencontrez sur une étagère dans votre cuisine, mais que vous caresserez avec amour en rédigeant un message sur Tender (admirez au passage l’organe de cla souris filaire ci-contre qui évoque la sémantique de ses origines), l’autre creuset de maladies et d’infections que vous combattrez sans pitié aussi bien dans le réel que dans le virtuel.

Pour revenir à nos geeks, ils utilisent un vocabulaire abscons, un jargon incompréhensible. Lorsque vous dites “j’écris”,  ils disent “je code”. Annonçant ainsi la couleur, vous excluant d’emblée de leur cercle d’initiés pratiquant idiomes et dialectes impénétrables, où les gros mots comme “files”, XML, HTML, java”, se confrontent aux “directories” et autres “Error codes” ou “debugging”.

Le bal des serpents

Python et son logo
Guido van Blossum, inventeur de Python

Mais pourtant à l’occasion, quelques termes sembleront parfois familiers à votre ouie, tels que “je code en python“. Tiens! que viendrait donc faire un tel animal dans ce contexte? Que vous le prononciez “piton” à la française ou “pailleffonne” à l’américaine, vous aurez probablement en tête l’image d’un serpent, énorme, peut-être lové en cercles concentriques, vous jaugeant de son regard jaune et fixe, ou encore celle plus menaçante du boa du Petit Prince digérant un éléphant, généralement un animal plutôt inquiétant, voire repoussant ou phobique.

Il s’agit en fait de l’un de ces langages, le plus répandu des langages open source et le plus populaire dans le domaine de l’intelligence artificielle dont le logo ne laisse aucun doute sur son contenu sémantique, bien qu’il trouve son nom dans les sketches loufoques de la série ces Monty Python‘s Flying Circus dont s’est inspiré Guido van Rossum, l’inventeur du langage à la fin des années 80. Il sera ensuite décliné suivant les distributions en anaconda, conda ou encore mini-conda. Au gré de vos découvertes, vous rencontrez peut-être d’autres reptiles, comme le gecko-driver, la toile, ou web, ou encore des araignées  dont Spyder est l’un des grand-prêtres.

En amoureux(se) de la nature, vous ne manquerez pas la rencontre avec la famille des ours Pandas qui vous permettra de mettre en ordre et en valeur vos données.

Mais de loin ma préférée, c’est la tortue Turtle, l’animal fétiche qui permettra de dessiner tout ce qu’il vous plaira pour autant que vous sachiez lui sussurer dans l’oreille ce que vous souhaitez. A l’instar du Petit Prince je vais lui demander: “Turtle dessine-moi un rayon de cire d’abeilles” que je vous offre pour débuter l’année 2020 avec un clin d’oeil à votre intelligence naturelle.

 

 

Clicker pour voir la tortue
Cliquer sur l’image ci-dessus pour animer Turtle et dessiner les cellules hexagonales d’un rayon d’abeilles

 

Et si cela vous amuse, n’hésitez pas à télécharger le code, à modifier la couleur de la tortue, à la transformer en abeille ou en bourdon, a remplir les cellules de pollen et de miel. Le code est en open source, vous le trouvez ici : Python code allowing to draw hexagons using turtle (à peine 50 lignes codantes). De quoi s’occuper sans déprimer durant un long dimanche de pluie.

Parmi les outils incontournables on ne peut éviter de mentionner les notebooks, comme Jupyter (référence mythologique sans rapport avec un certain président français, mais dont le “y” nous renvoie à ce fameux reptile et aux comiques britanniques), mais aussi les plateformes de type Hadoop et surtout TheHive (la ruche) qui nous renvoie fort opportunément aux abeilles.

Pour revenir aux abeilles, l’intelligence artificielle est aussi à l’oeuvre dans divers projets déjà évoqués dans ce blog, à commencer par les ruches connectées, ou celui de l’apiculteur suédois Björn Lagerman qui propose un comptage des varroas sur des photos de rayons d’abeilles ou ceux plus futuristes de nos EPF récemment évoqués dans la NZZ. D’autres idées fleurissent un peu partout et les références aux abeilles sont omniprésentes.

 

Francis Saucy

Francis Saucy

Francis Saucy, Docteur ès sciences, biologiste, diplômé des universités de Genève et Neuchâtel, est spécialisé dans le domaine du comportement animal et de l'écologie des populations. Employé à l’Office fédéral de la statistique, Franci Saucy est également apiculteur amateur et passionné, et il contribue par ses recherches et ses écrits à l'approfondissement des connaissances sur les abeilles et à leur vulgarisation dans le monde apicole et le public en général. Franci Saucy fut également élu PS à l'exécutif de la Commune de Marsens, dans le canton de Fribourg de 2008 à 2011 et de 2016 à 2018. Depuis mars 2019, Franci Saucy est rédacteur de la Revue suisse d'apiculture. Blog privé: www.bee-api.net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *