Coronavirus : mauvaise nouvelle, le nombre d’infections diminue

En écrivant dans le titre « le nombre d’infections diminue », je ne parle pas des maladies dues au nouveau coronavirus mais de toutes les autres. Les innombrables restrictions qui nous sont imposées dans le cadre de cette pandémie provoquent une diminution de nombreuses infections. Pourquoi alors une « mauvaise nouvelle » ? Parce que cela nous oblige à réfléchir aux limitations que nous devrons peut-être garder une fois la pandémie terminée.

Moins d’infections

L’office fédéral de la santé publique a annoncé qu’il y avait eu un tiers d’infections HIV en moins en 2020 par rapport aux années précédentes. Même si l’on pourrait craindre que ce chiffre plus bas soit la conséquence d’un dépistage plus rare, la probabilité est grande qu’il s’agisse d’une réelle diminution des infections provoquée par la difficulté actuelle que nous avons à nous rencontrer. La grippe suit pour l’instant le même chemin, le graphique des malades reste plat. J’observe la même tendance dans mon cabinet, je vois beaucoup moins d’infections, en particulier des voies respiratoires, que les années passées. Il y a bien sûr des malades, la preuve en est le nombre de tests effectués chaque jour à la recherche du SARS-CoV-2, mais les situations graves, à l’exception du COVID-19, me semblent nettement moins fréquentes.

Il est interdit d’interdire

J’ai une certaine nostalgie, probablement un peu naïve, pour les années qui ont suivi mai 68. Depuis cette époque, les limitations ont été toujours plus nombreuses. Pour ce qui est des libertés sexuelles, le SIDA a marqué une étape importante. Les restrictions sont cependant devenues beaucoup plus sévères depuis mars 2020. Même si je pense que la plupart des limitations qui nous sont imposées se justifient afin de ne pas saturer nos hôpitaux, nous devons tout de même reconnaître qu’avant le SARS-CoV-2, nous les aurions plutôt imaginées pour une dictature : ne pas se rencontrer à plus de cinq personnes, garder ses distances, porter un masque et ne pas se serrer la main. Sans oublier, pas de restaurants, pas de cinémas, pas de théâtres, pas de musées. Tristesse suprême, même les librairies sont fermées.

Quelles mesures à la fin de la pandémie ?

Si suffisamment d’habitants de notre planète acceptent la vaccination, il est possible que nous arrivions une fois au bout de cette pandémie. Quelles mesures garderons-nous alors pour éviter à l’avenir les « autres » infections ? La question est d’importance puisque, pour ne prendre comme exemple que la saison froide, les hôpitaux sont habituellement à cette époque remplis de patients souffrant des complications d’infections hivernales.

Il y aurait bien sûr l’option, certes un peu radicale, de tout garder fermé. Cette solution extrême du « pas de restaurants – pas de cinéma – pas de festival – pas de rencontres » ne sera fort heureusement pas acceptée par la population. Il s’agit de toute façon d’une mauvaise solution puisque la baisse des infections serait compensée par des problèmes psychologiques et sociaux beaucoup plus nombreux.

Quelles restrictions ?

Sans en arriver à cette solution extrême, il est possible que la pandémie génère tout de même des restrictions qui s’inscriront dans le long terme. Où sera fixée la limite ? Une question importante sera de définir si les restrictions seront uniquement imposées aux malades ou aussi aux bien-portants. Formulé autrement, va-t-on comme les Asiatiques se saluer à distance et oublier les poignées de main et autres embrassades ? Ou demandera-t-on uniquement aux grippés de porter un masque ?  Pour le reste, espérons que nous retrouverons nos libertés.

 

PS : faites-vous vacciner.

 

 

 

Faut-il se faire vacciner, oui ou non ?

Deux questions : Que sait-on sur ce vaccin ? Devez-vous vous faire vacciner ?

Que sait-on ?

L’autorisation. L’institut suisse des produits pharmaceutiques SwissMedic a annoncé ce 19 décembre que le vaccin de Pfizer/BioNTech était désormais autorisé en Suisse. Les données disponibles font état d’une efficacité élevée, comparable dans tous les groupes d’âges étudiés. Il s’agit de la première autorisation mondiale de ce vaccin dans le cadre d’une procédure ordinaire et non urgente.

Combien de doses seront disponibles ? Les 100’000 premières doses seront livrées encore en décembre, Pfizer livrera ensuite 250’000 doses par mois à la Confédération.

Son nom. Ce vaccin à ARN messager dont le nom scientifique est BNT162b2 aura comme nom commercial Comirnaty.

Son efficacité. La protection vaccinale est supérieure à 90% sept jours après la seconde injection. Les résultats de la phase 3 ont été publiés le 10 décembre dans le New England Journal of Medicine (la phase 3 d’une étude représente une étape où le produit est testé chez un grand nombre d’individus, la moitié reçoit le vaccin, l’autre un placebo, sans que ni le patient, ni l’examinateur ne sachent qui a reçu quoi).

Son prix. La vaccination sera gratuite pour la population.

Qui pourra être vacciné ? La Commission fédérale pour les vaccinations et l’Office fédéral de la santé publique ont établi la liste des priorités :

  1. Les personnes vulnérables (hormis les femmes enceintes).
  2. Le personnel de santé en contact avec des patients et le personnel accompagnant les personnes vulnérables.
  3. Les contacts étroits (membres du ménage) des personnes vulnérables.
  4. Les personnes résidant dans une institution communautaire qui présente un risque d’infection et un potentiel de flambée (p. ex. institutions pour personnes handicapées) ainsi que le personnel.
  5. Tous les autres adultes qui voudraient se faire vacciner.

Le vaccin n’est pas recommandé pour les enfants de moins de 16 ans, les données d’efficacité pour cette tranche d’âge étant jugées insuffisantes. Pour les personnes ayant déjà été contaminées par le SARS-Cov-2, une vaccination sera probablement recommandée 3 mois après la maladie (puisque que l’on sait que la maladie offre une protection de 3 à 6 mois, voire plus).

Ses effets secondaires. Comme vous pourrez le lire dans un article d’Heidi.news publié ce 19 décembre, ce vaccin est globalement très bien toléré. Comme pour d’autres vaccins, les effets secondaires les plus fréquents sont de type inflammatoire, locaux (douleur et rougeur au point d’injection) ou généraux (fièvre, fatigue, maux de tête, courbatures, etc.). Leur durée est de 1 à 3 jours en moyenne.

La FDA, l’équivalent américain de Swissmedic, recommande de suivre la survenue de paralysies de Bell (une paralysie faciale qui dure plusieurs mois), certains cas ayant été relevés à une fréquence très faible (4 cas sur 18’000), ce qui ne permet pas de savoir s’ils sont liés ou non au vaccin. Comme un peut le lire dans cet article, le principal point de vigilance en matière de sécurité concerne le risque, rarissime mais attesté sur une poignée de personnes, de réaction allergiques sévère, de type choc anaphylactique.

Vous hésitez ?

Les vaccinations ont permis de contrôler des maladies qui étaient autrefois fréquentes en Suisse, comme le tétanos, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche, la rougeole, la rubéole, les oreillons, l’hépatite B et certaines formes graves de méningites. Les vaccins représentent donc un des outils les plus puissants de la médecine préventive.

Même si je ne demande pas à tout le monde de croire à l’innocuité des vaccins, je suis tout de même surpris de la crainte qu’ils inspirent. J’ai personnellement plus d’interrogations pour les pesticides et autres perturbateurs endocriniens que pour les vaccins, qui en fait ne font que provoquer au sein de l’organisme la production d’anticorps, un mécanisme somme toute naturel. Certains peuvent bien sûr craindre les effets secondaires, ceux-ci sont en réalité rares.

 

La balance entre les bénéfices et les effets secondaires des vaccins peut être illustrée avec cette image assez forte : ne pas vacciner un enfant contre une malade potentiellement grave en raison de la crainte des effets secondaires, c’est comme de ne pas attacher un enfant dans une voiture de peur qu’il ne se blesse avec la ceinture de sécurité.

 

Malgré cela, il est juste de s’interroger sur la balance bénéfices / risques de ce vaccin contre le coronavirus : il a été développé très rapidement, avec une technologie nouvelle, pour une maladie qui est pour les plus jeunes souvent bénigne.

Le Dr Alessandro Diana, pédiatre et expert en vaccinologie, a publié avec des collègues un article passionnant sur la « vaccino-hésitation ». Cette publication ne porte pas sur la vaccination contre le coronavirus mais sur les vaccins en général. On y apprend que 70 personnes sur 100 acceptent la vaccination. Parmi les 30 autres, 28 personnes sont indécises et 2 sont convaincues de leur position anti-vaccinale. On y découvre les facteurs qui renforcent la vaccino-hésitation et quelques pistes pour y répondre. Pour le dire de façon simplifiée, on ne convainc pas avec des données factuelles (efficacité du vaccin, innocuité, etc.) mais plutôt au travers d’une écoute et d’un échange avec le patient.

J’ai demandé à quelques-uns de mes patients s’ils avaient l’intention de se faire vacciner. Les seniors répondent le plus souvent positivement. Ils souhaitent même pouvoir se faire vacciner dès que possible. Ils ont peur d’être contaminés, ils craignent les conséquences potentiellement graves de l’infection et aimeraient pouvoir revivre « normalement ». Chez les plus jeunes, la réponse est beaucoup plus nuancée.

Devez-vous vous faire vacciner ?

Vous seul pouvez répondre à cette question. Vous devez vous informer mais en utilisant des sources d’information fiables (attentions aux réseaux sociaux…). Si vous êtes âgé ou faites partie des personnes vulnérables, je pense que la réponse devrait être oui. Si vous êtes en contact avec des patients et des personnes vulnérables, la réponse est certainement oui aussi. Pour les femmes enceintes et les moins de 16 ans, non (en tout cas avec ce vaccin en raison des données disponibles actuellement). Pour les plus jeunes ? La maladie est le plus souvent bénigne mais certains pourraient souhaiter le vaccin pour éviter la forme longue de la maladie.

Au-delà de ces considérations, il existe certainement une raison qui justifie que nous soyons nombreux à nous faire vacciner : on en a tous marre de ce virus.

 

Pour en savoir plus

Consultez le site Infovac, la plateforme d’informations sur les vaccins, qui propose une page consacrée au COVID-19, très complète et actualisée en permanence.

 

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Pandémie SARS-CoV-2: où trouver des informations de qualité ?

Pseudoscience et COVID-19 : stop !

Pour lutter contre la pandémie, intelligence artificielle ou intelligence humaine ?

 

Pandémie SARS-CoV-2: où trouver des informations de qualité ?

Dois-je me faire dépister ? Dois-je me placer en isolement ? Quels sont les traitements efficaces ? Disposera-t-on bientôt d’un vaccin ? Nous nous posons tous d’innombrables questions sur le coronavirus. Le but de cet article est de vous donner les noms de sites de qualité où vous devriez trouver les réponses aux questions que vous vous posez.

Les premiers sites sont destinés à tous, les derniers, souvent en anglais, sont plutôt destinés à ceux d’entre vous qui ont besoin d’informations plus pointues, je pense notamment aux professionnels de la santé.

Le site de l’OFSP

La première source d’information est la page Coronavirus du site de l’Office fédéral de la santé publique. Il faut un peu fouiller mais on y trouve de nombreuses informations : des chiffres sur la situation de la pandémie en Suisse, des informations sur les mesures à suivre pour se protéger mais aussi la procédure en cas de symptômes et d’éventuelle infection. C’est aussi sur cette page que vous verrez le numéro de téléphone de l’Infoline coronavirus : + 41 58 463 00 00, ouverte tous les jours de 6 à 23h.

L’OFSP propose aussi sur son site une page « maladie, symptômes, traitement » qui vous permettra de découvrir ce que l’on sait (et ce que l’on ne sait pas) sur ce nouveau coronavirus (transmission, symptômes, évolution, traitement).

L’OFSP propose aussi une page spécifique pour les professionnels de la santé.

Coronacheck

Créé en mars 2020, Coronacheck est le fruit de l’étroite collaboration des experts de la Policlinique de Médecine Tropicale, Voyages et Vaccinations et des ingénieurs de l’équipe Informatique d’Unisanté. L’objectif de cet outil disponible en ligne est de permettre à la population et aux professionnels de la santé de recevoir en quelques clics des recommandations sur l’attitude à suivre face une situation particulière. Dois-je me faire dépister ? Dois-je m’isoler ? Coronacheck vous donnera la réponse en une minute. Cet outil est particulièrement utile face à des recommandations de prise en charge qui évoluent sans cesse.

Sur les vaccins

Vous trouverez des informations très complètes sur le développement des vaccins contre le SARS-CoV-2 sur la plateforme d’informations sur les vaccins Infovac.

Les sites des cantons

Vous trouverez aussi des informations utiles sur le site de votre canton: BerneFribourgJuraNeuchâtelGenèveValais et Vaud.

Pour aller plus loin

Plusieurs sites donnent des informations sur la prise en charge de la COVID, des sources d’information qui intéresseront particulièrement les professionnels de la santé.

Pour ce qui est des sites suisses :

Au-delà de nos frontières :

La source d’information la plus intéressante est à mon avis le site UpToDate. Cette base de données américaine propose habituellement des contenus gratuits pour le grand public mais par abonnement aux professionnels de la santé. Les pages consacrées au COVID-19 sont exceptionnellement mises à disposition de tous en libre accès. Sur le site du British Medical Journal, la page « Coronavirus disease 2019 (COVID-19) » propose un contenu proche mais qui me parait moins complet. Troisième possibilité, la page COVID-19 du Centre for Evidence-Based Medicine d’Oxford.

Pour ce qui est de la prise en charge du coronavirus, les professionnels de la santé trouveront aussi des informations sur le site des Centers for Disease Control and Prevention ou en français sur le site de l’OMS ou sur celui du Gouvernement canadien.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. S’il manque une source d’information de qualité, merci de me le signaler.

Vous avez une question ?

Le Temps organise ce mardi 17 novembre de 14h à 15h un chat en ligne au cours duquel Valérie D’Acremont, infectiologue et cheffe du secteur santé numérique et globale à Unisanté, répondra à vos questions. Vous pouvez poster votre question sur la page consacrée à cet événement.

PS: Protégez-vous et protégez les autres.

 

Pseudoscience et COVID-19 : stop !

L’urine de vache, l’eau de javel et la cocaïne ont été recommandées comme traitements contre le COVID-19. La pandémie a été présentée comme une fuite d’armes biologiques, un sous-produit de la technologie sans fil 5G et un canular politique. Et d’innombrables gourous du bien-être et de praticiens de la médecine alternative ont proposé des potions, des pilules et des pratiques non prouvées comme des moyens de « stimuler » le système immunitaire.

Un article publié dans Nature

Ces déclarations ne sont pas les miennes, elles sont extraites d’un article récemment publié dans Nature et écrit par Timothy Caulfield, un scientifique qui étudie la propagation et l’impact de la désinformation sur la santé depuis des décennies. Même s’il se réjouit de la mobilisation du monde scientifique pour dénoncer les informations mensongères publiées sur le SARS-CoV-2, il demande que tous les scientifiques, et pas seulement quelques-uns, défendent les informations de qualité.

Agir au niveau des institutions

Pour combattre ce fléau de la désinformation médicale, il propose deux actions :

Premièrement, nous devons cesser de tolérer et de légitimer la pseudoscience de la santé, en particulier dans les universités et les établissements de santé. De nombreuses fausses thérapies COVID-19 ont été adoptées par les centres de santé intégrative des principales universités et hôpitaux. Si une institution respectée, comme la Cleveland Clinic dans l’Ohio, offre du reiki – une pratique sans fondement scientifique qui implique d’utiliser vos mains, sans même toucher le patient, pour équilibrer « l’énergie vitale qui traverse tous les êtres vivants » – est-il surprenant que certaines personnes pensent que cette technique pourrait renforcer leur système immunitaire et les rendre moins sensibles au virus ? Une question similaire peut être posée aux fournisseurs de santé au Canada et au Royaume-Uni : en proposant l’homéopathie, ils encouragent de facto l’idée que ce remède scientifiquement invraisemblable puisse agir contre le COVID-19. Ce ne sont là que quelques exemples.

Plus loin dans cet article, Timothy Caulfield écrit :

Il existe des preuves que les traitements alternatifs et les effets placebo peuvent soulager – une justification courante pour tolérer des traitements alternatifs non éprouvés. Mais il est inapproprié de tromper les gens (même à leur avantage) avec une pensée magique, et il est inapproprié pour les scientifiques de laisser une telle désinformation passer inaperçue.

Agir au niveau des individus

Pour ce qui est de la deuxième action, l’auteur de cet article en appelle à la mobilisation des scientifiques :

Deuxièmement, davantage de chercheurs devraient devenir des participants actifs dans la lutte contre la désinformation. « Twittez. Écrivez des commentaires pour la presse grand public. Donnez des conférences publiques. Répondez aux demandes des journalistes. Permettez à vos stagiaires de s’impliquer dans la communication scientifique. Partagez des informations précises que vous jugez utiles pour le public ».

L’experte en désinformation Claire Wardle, de l’université de Harvard à Cambridge, a déclaré : “La meilleure façon de lutter contre la désinformation est d’inonder le paysage d’informations précises, faciles à digérer, engageantes et faciles à partager sur les appareils mobiles”.

Lutter contre les fausses informations nécessite une action au niveau des institutions santé, hôpitaux, universités, sociétés de spécialistes, mais aussi au niveau individuel, chaque professionnel à un rôle à jouer.

Une plus grande implication des professionnels de la santé

Si je regarde ce qui s’est passé ces derniers mois avec cette pandémie, mon sentiment est que les journalistes ont fait leur boulot, avec le double objectif d’informer mais aussi de lutter contre les informations mensongères.

Les spécialistes de la santé sont restés plus discrets. Ils devraient pourtant prendre la place qui est la leur en dénonçant les informations mensongères diffusées sur le thème de la santé. Ils sont habitués à communiquer avec leurs patients, il faut les encourager à aussi défendre la santé publiquement, notamment sur les médias sociaux.

 

 

Coronavirus : encore 3 semaines, 3 mois ou 3 ans?

Même si le ralentissement général imposé par la pandémie de Covid – 19 n’a pas que des impacts négatifs, nous sommes nombreux à espérer un retour à la normale le plus tôt possible. Mais combien de temps cela va-t-il encore durer, 3 semaines, 3 mois ou 3 ans ? Quelles solutions existent, sérieuses et moins sérieuses ?

La solution du Dr Trump

Le nombre d’idioties dites par le président Trump est impressionnant. Il s’est cependant surpassé lors d’un récent point presse à la Maison-Blanche sur le SARS-CoV-2. Son administration venait de révéler que « la chaleur, les UV et l’humidité pourraient réduire la durée de vie du virus et que l’eau de javel pouvait tuer le virus en cinq minutes l’alcool isopropylique, en trente secondes ».  Comme raconté dans cet article de Valérie de Graffenried, correspondante du Temps aux Etats-Unis, le Dr Trump y est allé de ses propositions :

 « Imaginons qu’on traite le corps avec beaucoup d’ultraviolets, ou une lumière très puissante. Et supposons qu’on amène la lumière à l’intérieur du corps à travers la peau. Cela n’a pas été vérifié, mais vous allez le tester ». Et : « Je vois que le désinfectant neutralise ce virus en une minute. Une minute. Est-ce qu’on pourrait faire quelque chose comme une injection à l’intérieur, ou un nettoyage ? ».

Ce monsieur est président des Etats-Unis, très impressionnant.

L’immunité de la population

Ce serait la solution idéale, en partant de l’hypothèse que l’infection induit réellement une immunité. L’idée est simple, que suffisamment de personnes soient immunisées pour que la pandémie s’arrête d’elle-même. Si une personne malade ne peut plus transmettre le virus à d’autres car tous sont immunisés, la pandémie s’arrête. Les experts estiment que ce scénario est possible lorsque 60 % de la population est immunisée. Nous en sommes malheureusement loin, les estimations du 22 avril pour ce qui est de la prévalence d’anticorps dans la population genevoise est de 5.5 %. Nous sommes donc loin des 60 % espérés.

La problématique est bien résumée dans une chanson : « Maintenant tout est plus clair on sait ce qu’il faut faire. Pour pas se contaminer. il faut se confiner, pour se déconfiner il faut être immunisé, pour être immunisé il faut se faire contaminer, pour se faire contaminer il faut se déconfiner ».

La Suède qui elle n’a pas fermé ses écoles, sans pour autant perdre le contrôle de la pandémie, aura probablement des taux d’immunité plus élevés. La Suisse, comme de nombreux autres pays, a-t-elle fait une erreur ? Quoi qu’il en soit, l’immunité de la population est, à ce jour, très basse en Suisse.

Le vaccin

Il s’agit certainement de la voie la plus prometteuse. On peut lire dans un article du Temps du 23 avril : « parmi la centaine de travaux de recherches dans le monde pour trouver un vaccin – seule voie possible selon l’ONU pour un retour à la normalité – sept en sont pour l’heure au stade des essais cliniques sur l’homme, selon la London School of Hygiene and Tropical Medicine ».

Il existe donc une recherche intense au niveau mondial, un vaccin sera probablement créé plus rapidement que cela n’a jamais été le cas par le passé, mais pour cette solution, il faut au minimum patienter encore quelques mois.

Vivre comme avant

Face à la situation actuelle, il y a aussi ceux qui veulent nous faire croire que la pandémie est passée, que l’on peu revivre comme avant. Parmi les défenseurs de cette approche, les épidémiologues de l’UDC qui dans un article intitulé « L’UDC demande donc au Conseil fédéral » écrivent « de veiller qu’à partir du 11 mai au plus tard tous les commerces et exploitations gastronomiques puissent en principe ouvrir leurs portes » tout en ajoutant qu’il faut « maintenir les contrôles systématiques aux frontières ». J’imagine que pour ce dernier point, l’objectif est d’éviter que les personnes contaminées en Suisse n’aillent transmettre leurs virus à l’étranger.

La position de l’UDC est trompeuse et laisse penser que la pandémie est définitivement sous contrôle. L’UDC a cependant raison sur un point, il n faut pas sous-estimer les conséquences économiques des restrictions actuelles, qui elles-mêmes peuvent avoir des conséquences graves sur la santé de la population de ce pays.

Le nombre de cas de nouvelles infections pourrait nous faire penser que la vie peut reprendre comme avant. Il est vrai que le nombre de malades étant plus faible, le risque d’être contaminé l’est aussi. Mais attention, à l’image de ce qui se passe à Singapour, il faut peu de choses pour que la pandémie s’enflamme à nouveau. Comme l’immunité de la population reste basse, on peut facilement se retrouver dans la situation d’il y a un mois, ou pire dans la situation vécue dans le nord de l’Italie ou en Alsace.

Vivre avec

Je pense que nous devons intégrer ce message de l’OMS : « ce virus nous accompagnera pendant longtemps ». Puisque les solutions préconisées par le Dr Trump ne fonctionneront malheureusement pas, la solution à terme sera celle du développement d’un vaccin, mais cette solution ne sera pas prête tout de suite.

Il faut donc que nous apprenions à vivre avec cette nouvelle réalité que j’ai envie de résumer ainsi : vivre mais avec précautions. C’est pourquoi le message de « Rester à la maison » me parait dépassé. Les gens doivent sortir, y compris les seniors, mais avec précautions. Une fois sortis de leur logement, ils doivent se désinfecter les mains. S’ils rencontrent des amis, ils peuvent discuter, mais à distance. Puis retour à la maison où il faut à nouveau se laver les mains. Ceci pour autant bien sûr d’éviter les endroits très fréquentés.

Pour ce qui est de la vie professionnelle, nous devons nous réinventer, ce qui est bien sûr plus ou moins facile selon les professions. L’OFSP a publié des recommandations pour les milieux professionnels où sont listés les critères à respecter pour des conditions de travail sûres.

Je n’ai bien sûr pas les réponses à toutes les situations mais je suis convaincu que nous devons chercher cet équilibre fragile du « vivre avec ». Pour que l’ambiance générale ne soit plus un « non » mais un « oui », même timide.

Prenez soin de vous.

 

Coronavirus: applaudir le personnel soignant ?

Chaque soir à 21h

L’initiative venue d’Italie a été largement relayée sur les réseaux sociaux. La population suisse l’a reprise et se retrouve chaque soir à 21h, au balcon ou à la fenêtre, pour applaudir et remercier les professionnels de la santé qui se battent au quotidien contre ce virus qui porte ce nom étrange de SARS-CoV-2. Les professionnels de la santé, les hospitaliers en particulier, méritent cette reconnaissance.

Le personnel des hôpitaux

Pour combattre cette pandémie, qui ressemble  à un un épisode de la série Back Mirror, les hôpitaux se mobilisent.  Le personnel soignant mais aussi tout le reste du personnel, un hôpital ne fonctionne pas sans son administration, sans ses cuisiniers et sans son personnel de nettoyage. Ils méritent aussi d’être remerciés. 

Un inventaire à la Prévert

Le monde est au ralenti mais continue de fonctionner. Grâce à la police, aux douaniers, aux pharmaciens, aux vendeurs et vendeuses de supermarchés et autres magasins alimentaires, aux travailleurs des établissements médico-sociaux, aux conducteurs de train et de bus, aux enseignants qui réinventent leur profession à distance, aux journalistes qui continuent d’informer, aux transporteurs qui remplissent nos magasins et aux militaires mobilisés. Sans oublier les boulangers, mes préférés. Et à toux ceux que j’oublie et que vous m’aiderez à identifier en répondant à cet article. Eux aussi méritent d’être remerciés.

Une pensée

Cet hommage ne serait pas complet sans une pensée pour ceux qui souhaiteraient travailler mais en sont empêchés, avec à la clé de graves conséquences économiques.

 

Prenez soin de vous !

 

Coronavirus : un test en ligne pour connaître votre risque

CoronaCheck

Le centre universitaire de médecine générale et de santé publique Unisanté de Lausanne a lancé un site Internet qui permet à chacun d’entre nous d’évaluer son risque d’être contaminé par le coronavirus. Vous le trouverez à l’adresse coronavirus.unisante.ch. Ce site qui porte le nom de CoronaCheck propose en réalité un questionnaire pour la population et un autre pour les professionnels de la santé.

Pour la population

Le premier questionnaire permet à chaque citoyen, en répondant à quelques questions, de connaître son risque. Si vous souffrez par exemple d’une infection respiratoire avec fièvre mais que vous n’avez pas effectué un voyage dans une zone touchée par le coronavirus ni eu de contact étroit avec un cas confirmé par laboratoire, le système donnera comme résultat « Infection sans suspicion de coronavirus ». CoronaCheck vous donnera les conseils suivants :

Actuellement, le virus circule très faiblement dans le canton de Vaud. Le risque actuel que vous soyez infecté.e par le coronavirus est donc très faible.

Les symptômes du coronavirus sont similaires à ceux de la grippe saisonnière. En pleine saison de grippe il est donc beaucoup plus probable que vous ayez une grippe.

  • Restez à la maison, si votre état s’aggrave appelez votre médecin.
  • Évitez, dans la mesure du possible, de consulter un médecin ou un centre d’urgences sans prévenir.
  • Respectez les mesures d’hygiène.

Pour les professionnels de la santé

CoronaCheck propose aussi un outil pour les professionnels de la santé qui permettra aux médecins de savoir si leurs patients répondent aux critères de « cas suspects ».

Le citoyen 2020 est connecté

On ne peut que saluer l’initiative d’Unisanté qui, avec ce site, a transformé des recommandations peu digestes en un outil que tout un chacun peut utiliser depuis son ordinateur ou son smartphone. Le droit d’être informé implique aussi de proposer aux citoyens des outils facilement utilisables.

 

Autres articles de ce blog en lien avec le coronavirus:

 

Coronavirus, une preuve supplémentaire de la nécessité de développer la télémédecine?

Même si certains déclarent que le nouveau coronavirus n’est qu’une « grosse grippe », force est de constater que cette épidémie a des répercussions sur le quotidien de la plupart d’entre nous. De la simple désinfection pluriquotidienne des mains à l’annulation de voyages en passant par des complications professionnelles, rares sont ceux qui ne sont pas concernés, de près ou de loin, par le Covid-19. Dans une telle situation, le défi pour le système de santé est de pouvoir faire face à la surcharge provoquée par l’épidémie. Ne serait-ce pas l’occasion d’utiliser les potentialités de la télémédecine ?

Pour soigner les personnes infectées

La première utilité de la télémédecine, ou plus exactement de la téléconsultation, serait de permettre de soigner à distance les personnes infectées par le coronavirus et dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation. Les études montrent que les soins à distance, que ce soit par téléphone ou par vidéo, permettent de prendre en charge la grande majorité de ces situations.

Pour les personnes souffrant d’infections respiratoires

Au-delà des personnes souffrant du coronavirus, la téléconsultation permettrait de prendre en charge la majorité des personnes souffrant d’infections aériennes des voies supérieures, même provoquées par d’autres germes. Si un examen physique est parfois nécessaire, une étude publiée en 2016 montre que 63 % de ces cas peuvent être traités à distance. Faire voyager les informations plutôt que le malade a le double avantage de ne pas encombrer les services d’urgence mais aussi d’éviter le risque de contaminer d’autres patients, et les professionnels de la santé, sur les lieux de soins.

Pour de nombreuses autres situations

Pour éviter d’exposer inutilement les patients, plus particulièrement les malades chroniques, la téléconsultation peut être utilisée pour soigner un grand nombre de problèmes médicaux. C’est la voie choisie par un hôpital chinois dont les 157 médecins sont disponibles pour des consultations par Internet pour des patients souffrant de maladies respiratoires, cardiovasculaires, digestives, endocrines et autres.

Même si l’on a tendance à penser que les soins à distance ne sont possibles que pour un nombre limité de situations, la réalité est autre. Les bonnes pratiques de l’Association américaine de télémédecine montrent que les seules restrictions sont l’indispensable présence du patient (examen physique ou geste technique) ou l’existence de difficultés de communications (problèmes de langue ou personnes souffrant de déficits cognitifs). Ces recommandations précisent aussi que les professionnels de la santé doivent être formés à la télémédecine, une pratique qui nécessite des connaissances et compétences spécifiques.

A lire aussi sur ce sujet l’article La téléconsultation est-elle possible dans tous les cas ?

Pour la prévention

Au-delà des soins curatifs, la télémédecine pourrait aussi être utilisée pour faire de la prévention. Pour revenir au coronavirus, le simple courrier électronique permettrait par exemple aux médecins d’envoyer à leurs patients des informations utiles. On peut penser aux recommandations et informations officielles  mais cela permettrait aussi de leur rappeler qu’en cas d’infections des voies aériennes il est préférable de prendre contact avec un centre de soins (cabinet médical, clinique ou hôpital) par téléphone plutôt que de s’y rendre directement. Un conseil qui est d’ailleurs repris dans la dernière édition de l’affiche “Comment nous protéger” de l’Office fédéral de la santé publique.

 

 

La téléconsultation, supérieure ?

Même si, dans certaines situations, rien ne remplacera jamais la rencontre physique entre soignant et soigné, l’épidémie actuelle de coronavirus nous montre que la téléconsultation n’est pas une consultation de qualité inférieure. Elle peut même, au contraire, être supérieure à la consultation présentielle, en tout cas, pour ce qui est du coronavirus, en terme de sécurité.

 

NB : vous trouverez sur le site de l’Office fédéral de la santé publique une page consacrée au nouveau coronavirus : vous y trouverez les informations sur la situation actuelle pour la Suisse et l’étranger, les recommandations aux voyageurs et les réponses aux questions les plus fréquentes.

 

Autres articles  consacrés à la télémédecine sur ce blog :

  • Vous êtes malade et votre médecin est absent. Pourquoi ne pas essayer la télémédecine ? (lien).
  • Me faire soigner à distance ? Moi, jamais ! (lien).
  • Les mille visages de la télémédecine (lien).

 

Pour tout savoir sur le coronavirus (ou presque)

Vous souhaitez en savoir plus sur le coronavirus ? Vous trouverez la plupart des réponses aux questions que vous vous posez sur Internet. A condition de vous connecter sur des sites de qualité. Cette épidémie est en effet l’occasion de répéter qu’il faut s’informer auprès de sources d’informations sérieuses, les infox (fake news) sur le coronavirus semblant se diffuser plus rapidement que le virus lui-même.

Au moment d’écrire ces lignes, 24’541 cas confirmés, 493 décès, 28 pays touchés.

Les Hôpitaux universitaires de Genève

La palme de la communication revient aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ils ont en un temps record produit une série de vidéos d’informations sur le coronavirus 2019-CNOV. Vous y trouverez par exemple de courtes vidéos sur « Quels sont les symptômes de l’infection à coronavirus chez l’être humain » ou « Quel risque de transmission en cas de contact avec une personne infectée ? » ou encore « Quelles sont les recommandations pour le port du masque ».  Les HUG ont aussi publié le 28 janvier sur leur chaine YouTube une vidéo intitulée « Nouveau coronavirus: réalité et incertitudes ». Cette vidéo de 23 minutes qui est un exposé du Prof. Laurent Kaiser, chef du service des maladies infectieuses des HUG, a été visionnée plus de 132’000 fois. Si vous voulez mieux comprendre le coronavirus 2019-CNOV, vous devez regarder cette vidéo.

 

La vidéo des HUG “Nouveau coronavirus: réalités et incertitudes”

 

Le site de l’Office fédéral de la santé publique

Le site de l’Office fédéral de la santé publique propose naturellement un contenu plus classique, les informations sont mises à jour régulièrement: situation actuelle au plan international, situation actuelle en Suisse, recommandations pour les voyageurs, informations pour les médecins et réponses aux questions fréquemment posées. On y trouve aussi les numéros de téléphone des lignes infos Coronavirus pour la population (058 463 00 00) et pour les voyageurs (058 464 44 88), disponibles tous les jours de 8 à 18 heures.

Ce 5 février, vous pourrez lire sur ce site que « jusqu’à présent, aucun des échantillons analysés en Suisse n’a révélé d’infection au coronavirus ».

Le site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

L’OMS propose une page sur les Coronavirus et une autre sur le nouveau Coronavirus.  Vous pourrez y lire que « les recommandations standards pour prévenir la propagation de l’infection comprennent le lavage régulier des mains, le fait de se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse et éternue et une cuisson complète de la viande et des œufs ».

Les cartes

Plusieurs sites permettent de voir l’expansion du nouveau coronavirus à travers le monde. La carte établie à partir des chiffres compilés par l’université Johns-Hopkins montre le nombre total de cas, le nombre des personnes malades pays par pays et le nombre de morts. A partir de ces mêmes données, le Temps a aussi créé une carte très intéressante. On y voit deux graphes, le premier qui recense le nombre de cas en Chine, le second le nombre de cas « ailleurs dans le monde ».

Quel risque pour la Suisse ?

Vous vous demandez peut-être quel est votre risque de contracter ce nouveau coronavirus ? Dans la vidéo mentionnée plus haut dans ce texte et qui date du 28 janvier, le Prof. Kaiser déclare que “l’évolution du nombre de cas reste “modeste” à l’échelle de la Chine mais qu’une évolution exponentielle de l’épidémie n’est pas exclue”. Il dit encore qu’il nous manque des informations sur “les chaînes de transmissions du virus”, donc sur sa contagiosité. Le Prof. Kaiser précise encore que “si les cas de transmissions de la maladie hors de Chine devaient se multiplier, cela augmenterait significativement les risques d’une épidémie de plus grande ampleur”.

Que faire ? 

Pour l’heure, à moins que vous ne rentriez de Chine, il n’y à rien à faire. Vous pouvez cependant suivre ces quelques conseils:

  1. Vous laver les mains soit avec de l’eau chaude et du savon, soit, encore plus efficacement, avec une lotion hydroalcoolique.
  2. Tousser et éternuer en vous couvrant la bouche et le nez avec un mouchoir ou au creux de votre coude.
  3. Nettoyer régulièrement les surfaces de contact (poignées de portes, boutons, téléphone…).

Pour l’heure, ces conseils sont inutiles pour le nouveau coronavirus puisqu’il n’y a aucun cas en Suisse. Mais adopter ces mesures permettraient de diminuer la transmission d’autres virus, dont celui de la grippe, un virus qui provoque chaque année un millier d’hospitalisations et au minimum 400 décès.

Des informations importantes manquent sur cette page ? Merci de me les signaler. 

 

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