Apple Watch, la santé du futur, dès à présent

Le titre de cet article est le slogan utilisé par Apple pour promouvoir la dernière version de sa montre et ses nombreuses applications santé. Apple annonce sur son site « qu’une nouvelle vie s’offre à vous, toujours plus saine, plus active et plus connectée ». Au-delà du slogan, l’Apple Watch a-t-elle réellement un impact positif sur la santé ?

Les promesses

On peut lire sur le site d’Apple le texte suivant : « mesurez votre taux d’oxygène dans le sang grâce à un capteur et à une app révolutionnaires. Faites un électrocardiogramme n’importe où, n’importe quand. Surveillez votre forme et vos statistiques d’un coup d’œil sur l’écran Retina toujours activé, encore amélioré. Avec l’Apple Watch Series 6, une nouvelle vie s’offre à vous. Toujours plus saine, plus active et plus connectée ».

Un article récemment publié dans l’Agefi permet de voir que le marketing de la marque à la pomme fonction bien. Son titre est déjà une perle : « Comment Apple réinvente l’innovation ». On peut y lire : « en effet, Apple Watch ne sert plus tellement à indiquer l’heure, elle est conçue pour le futur de notre santé. C’est maintenant clair que la santé va remplacer l’heure. On revient à l’essentiel : sauver des vies ! ».

Mesurer le taux d’oxygène

C’est la dernière fonctionnalité santé proposée par Apple. Premier élément, Apple précise sur son site que « les mesures de l’app Oxygène sanguin ne sont pas destinées à un usage médical ». Deuxième élément, on peut lire dans un communiqué de presse publié le 15 septembre qu’Apple « s’est associé à des chercheurs pour mener trois études de santé impliquant l’utilisation de l’Apple Watch pour voir comment les niveaux d’oxygène dans le sang pourraient être utilisés dans de futures applications de santé ». Ces études portent sur l’asthme, sur l’insuffisance cardiaque et sur la détection du COVID-19 ». Si les 2 premières études semblent pertinentes, la troisième relève de l’opportunisme.

Formulé autrement, on développe une mesure, ici en l’occurrence la détermination du taux d’oxygène sanguin, et ce n’est que dans un deuxième temps que l’on se demande à quoi cette mesure peut servir. Pour l’heure, nous n’avons donc aucune évidence que cela soit utile.

L’électrocardiogramme

Même si obtenir un électrocardiogramme avec une montre est une prouesse technologique, la seule question intéressante est de savoir si cela a un impact positif sur la santé des porteurs d’Apple Watch. J’ai déjà dans un autre article de ce blog démontré que la réponse est négative, les arythmies détectées par la montre étant le plus souvent de fausses alertes. Pour que l’app ECG soit utile, il faut qu’elle soit portée par des personnes de plus de 80 ans, un âge où les arythmies cardiaques sont plus fréquentes.

Le sommeil

Je n’ai pas connaissance d’études qui montrent que l’app sommeil ait un impact positif sur la qualité des nuits des porteurs de l’Apple Watch. Une recherche dans la base de données médicales PubMed avec le mot clé « Apple Watch » retrouve 153 publications mais aucune ne porte sur le sommeil. La plupart des spécialistes du sommeil déclarent que de vouloir mesurer et contrôler son sommeil aboutit souvent à une aggravation des troubles.

La forme

Est-ce qu’il suffit de mesurer ses performances physiques pour être en meilleure santé ? Mesurer ses pas est-il suffisamment motivant pour transformer les sédentaires en actifs ? Une revue systématique des études publiées sur ce sujet montre qu’il n’existe qu’un effet à court terme, mais pas au-delà de trois mois. Idem pour la perte de poids, il n’existe actuellement pas d’évidence pour un lien entre la mesure de son activité physique et la perte pondérale. 

Mesurer n’est pas suffisant

J’ai décidé d’écrire cet article pour expliquer que de mesurer une valeur sur votre corps, même grâce à un bel outil, ne signifie pas que cela ait un impact positif sur votre santé. Il est important de combattre l’idée que la technologie se suffit à elle-seule. Vous peser tous les jours, même sur une balance connectée, ne vous fera pas automatiquement perdre du poids.

L’Apple Watch est une belle montre, qui donne l’heure.

 

A lire aussi :

Sur ce blog :

Sur le Temps :

 

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Vous n’avez pas téléchargé l’application SwissCovid? Pourquoi?

Votre téléphone est trop vieux. Acheter un nouveau téléphone pour télécharger cette application n’est ni financièrement, ni écologiquement défendable, cette excuse est acceptée.

Je ne sais pas comment la télécharger. Demandez de l’aide !

Cette App est inutile. Il est possible que ce soit vrai. Pour que SwissCovid fonctionne, il faut que plusieurs critères soient remplis :

  • Que le nombre de personnes qui téléchargent l’application soit élevé.
  • Que les règles utilisées par SwissCovid (une notification est déclenchée si, au cours d’une même journée, l’utilisateur s’est tenu, pendant au moins 15 minutes au total, à moins de 1,5 mètre de distance d’au moins une personne infectée) soient valides.
  • Il faut aussi que le virus soit présent dans la population, nous sommes pour ce dernier point en bon chemin.

Cette application sera peut-être inutile mais tant que l’on n’a pas fait l’expérience, on n’en sait rien. Excuse refusée.

Une pandémie, quelle pandémie ? Vous vivez de façon très isolée, vous n’avez aucun contact avec l’extérieur, vous avez entendu parler de la grippe espagnole mais vous savez qu’elle est terminée depuis longtemps. Excuse acceptée.

C’est un complot. Vous savez que cette pandémie n’existe pas, que c’est une invention des gouvernements, que l’objectif est de contrôler la population, que c’est une opération contre les pédophiles ou l’œuvre de Bill Gates (lequel il faut bien l’avouer a acquis une belle expérience en matière de virus avec les premières versions de Windows). Excuse refusée (mais c’est compliqué de vous expliquer pourquoi).

Que fera-ton de mes données?  C’est une préoccupation légitime. Je ne suis pas un spécialiste du sujet mais, même si Google et Apple sont liés au projet, il me semble que la Confédération et l’EPFL sont plutôt des gages de sécurité.

Dans un récent article, le rédacteur en chef du temps a écrit : « A tous ceux qui font des commentaires négatifs au sujet de SwissCovid et les partagent sur Facebook, Twitter, Linkedin, Instagram, chaînes WhatsApp et j’en passe, je ne donnerai qu’un seul conseil : le courrier postal existe toujours, n’hésitez pas y retourner ». Je partage cette position même si je me demande si nous ne devrions pas aussi nous méfier du courrier postal (la Poste, c’est plus comme avant).

Un référendum a été lancé « pour dire non à l’application de traçage », j’avoue ne pas comprendre ce projet : alors que les conséquences en terme sanitaire et économique sont pour certains majeurs (oui la mort est une conséquence majeure), l’idée de ce référendum pour s’opposer à une application dont le téléchargement est volontaire me dépasse. Le débat est toujours utile, la démocratie un bien précieux mais dans ce cas j’ai de la peine à comprendre. Excuse refusée.

Je ne comprends pas ce truc. Si comme Ueli Maurer, vous ne comprenez pas le fonctionnement et les objectifs de SwissCovid, informez vous sur le site de l’Office fédéral de la santé publique : nouveau coronavirus : questions fréquentes.

 

 

SwissCovid c’est comme le lavage des mains et le port du masque, c’est pour vous mais aussi pour les autres.

Merci.

 

 

Coronavirus, une preuve supplémentaire de la nécessité de développer la télémédecine?

Même si certains déclarent que le nouveau coronavirus n’est qu’une « grosse grippe », force est de constater que cette épidémie a des répercussions sur le quotidien de la plupart d’entre nous. De la simple désinfection pluriquotidienne des mains à l’annulation de voyages en passant par des complications professionnelles, rares sont ceux qui ne sont pas concernés, de près ou de loin, par le Covid-19. Dans une telle situation, le défi pour le système de santé est de pouvoir faire face à la surcharge provoquée par l’épidémie. Ne serait-ce pas l’occasion d’utiliser les potentialités de la télémédecine ?

Pour soigner les personnes infectées

La première utilité de la télémédecine, ou plus exactement de la téléconsultation, serait de permettre de soigner à distance les personnes infectées par le coronavirus et dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation. Les études montrent que les soins à distance, que ce soit par téléphone ou par vidéo, permettent de prendre en charge la grande majorité de ces situations.

Pour les personnes souffrant d’infections respiratoires

Au-delà des personnes souffrant du coronavirus, la téléconsultation permettrait de prendre en charge la majorité des personnes souffrant d’infections aériennes des voies supérieures, même provoquées par d’autres germes. Si un examen physique est parfois nécessaire, une étude publiée en 2016 montre que 63 % de ces cas peuvent être traités à distance. Faire voyager les informations plutôt que le malade a le double avantage de ne pas encombrer les services d’urgence mais aussi d’éviter le risque de contaminer d’autres patients, et les professionnels de la santé, sur les lieux de soins.

Pour de nombreuses autres situations

Pour éviter d’exposer inutilement les patients, plus particulièrement les malades chroniques, la téléconsultation peut être utilisée pour soigner un grand nombre de problèmes médicaux. C’est la voie choisie par un hôpital chinois dont les 157 médecins sont disponibles pour des consultations par Internet pour des patients souffrant de maladies respiratoires, cardiovasculaires, digestives, endocrines et autres.

Même si l’on a tendance à penser que les soins à distance ne sont possibles que pour un nombre limité de situations, la réalité est autre. Les bonnes pratiques de l’Association américaine de télémédecine montrent que les seules restrictions sont l’indispensable présence du patient (examen physique ou geste technique) ou l’existence de difficultés de communications (problèmes de langue ou personnes souffrant de déficits cognitifs). Ces recommandations précisent aussi que les professionnels de la santé doivent être formés à la télémédecine, une pratique qui nécessite des connaissances et compétences spécifiques.

A lire aussi sur ce sujet l’article La téléconsultation est-elle possible dans tous les cas ?

Pour la prévention

Au-delà des soins curatifs, la télémédecine pourrait aussi être utilisée pour faire de la prévention. Pour revenir au coronavirus, le simple courrier électronique permettrait par exemple aux médecins d’envoyer à leurs patients des informations utiles. On peut penser aux recommandations et informations officielles  mais cela permettrait aussi de leur rappeler qu’en cas d’infections des voies aériennes il est préférable de prendre contact avec un centre de soins (cabinet médical, clinique ou hôpital) par téléphone plutôt que de s’y rendre directement. Un conseil qui est d’ailleurs repris dans la dernière édition de l’affiche “Comment nous protéger” de l’Office fédéral de la santé publique.

 

 

La téléconsultation, supérieure ?

Même si, dans certaines situations, rien ne remplacera jamais la rencontre physique entre soignant et soigné, l’épidémie actuelle de coronavirus nous montre que la téléconsultation n’est pas une consultation de qualité inférieure. Elle peut même, au contraire, être supérieure à la consultation présentielle, en tout cas, pour ce qui est du coronavirus, en terme de sécurité.

 

NB : vous trouverez sur le site de l’Office fédéral de la santé publique une page consacrée au nouveau coronavirus : vous y trouverez les informations sur la situation actuelle pour la Suisse et l’étranger, les recommandations aux voyageurs et les réponses aux questions les plus fréquentes.

 

Autres articles  consacrés à la télémédecine sur ce blog :

  • Vous êtes malade et votre médecin est absent. Pourquoi ne pas essayer la télémédecine ? (lien).
  • Me faire soigner à distance ? Moi, jamais ! (lien).
  • Les mille visages de la télémédecine (lien).

 

Vous êtes malade et votre médecin est absent. Pourquoi ne pas essayer la télémédecine ?

Lorsque l’on tombe malade, l’idéal est de se faire soigner par son médecin. Il arrive malheureusement que cela ne soit pas possible. Cela peut être le cas si vous avez besoin de soins un soir, un week-end ou un jour férié. Ou que votre médecin est en vacances. Ou que son agenda est déjà plein. Ou que vous êtes en déplacement. Ou simplement parce que vous n’avez pas de médecin…

Dr Google ou votre pharmacien ?

Dans cette situation, que faire ? La première option est de prendre l’avis de Dr Google : vous introduisez vos symptômes et cherchez parmi les sites proposés les solutions à votre problème. Cette solution peut parfois être utile mais vous serez probablement souvent déçu, le défi est de trouver une information de qualité mais surtout qui corresponde vraiment à votre situation, à vos symptômes.

La deuxième option, pour les situations simples, est de prendre l’avis de votre pharmacien. Il ne fera pas de diagnostic mais pourra vous donner un conseil.

Je veux l’avis d’un médecin

Mais l’on peut parfois souhaiter avoir l’avis d’un médecin. Jusqu’à récemment, vous n’aviez comme option que de vous rendre dans un service d’urgence. Avec le risque de devoir attendre, de prendre la place de quelqu’un de plus malade que vous mais aussi de vous retrouver avec une facture élevée (surtout ennuyeux lorsque l’on n’a pas atteint sa franchise).

Il existe depuis quelques semaines une autre option : se faire soigner à distance. C’est l’idée de la plateforme Soignez-moi.ch qui propose des consultations médicales pour la somme de 39 francs (remboursés par les caisse-maladies). Certains assurés peuvent bien sûr depuis longtemps contacter la centrale téléphonique de leur caisse-maladie, mais l’offre de Soignez-moi s’en distingue par plusieurs aspects.

Soignez-moi.ch = Internet + médecin

Vous verrez à la fin de cet article que j’ai un lien avec Soignez-moi.ch. Je n’y travaille pas mais j’ai participé à la rédaction des fiches d’information qui sont envoyées aux patients une fois un diagnostic posé. Malgré ce conflit d’intérêts, j’assume de dire que Soignez-moi.ch est actuellement en Suisse le meilleur moyen de se faire soigner à distance pour les problèmes de santé de base:

  • Vous devez tout d’abord remplir un questionnaire en commençant par sélectionner le symptôme qui vous dérange le plus. Pour des maux de gorge, vous choisirez par exemple « Tête et cou ». Si nécessaire, par exemple pour un problème de peau, vous pourrez aussi envoyer une photo.
  • Un médecin prend en charge votre demande dans l’heure et, une fois le diagnostic posé, envoie si nécessaire une ordonnance dans votre pharmacie (par voie électronique).
  • Un suivi médical est assuré les jours suivants.

Une prise en charge par des médecins installés 

Soignez-moi.ch se différencie des autres solutions de télémédecine par un certain nombre de caractéristiques :

  • Si les informations que vous avez transmises ne sont pas suffisantes, le médecin vous contactera par téléphone.
  • Si le questionnaire montre que vous ne pouvez pas être soigné à distance, vous ne payerez rien.
  • A moins que vous ne vous y opposiez, un rapport sera, à la fin de la consultation, envoyé à votre médecin.
  • Soignez-moi.ch peut être utilisé depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur.
  • La plateforme collabore avec des médecins expérimentés qui travaillent en cabinet en Suisse.

La force de Soignez-moi.ch est aussi de se concentrer sur les problèmes de santé qui peuvent être soignés à distance. On peut lire sur le site de la plateforme :

Nous ne prenons en charge que des cas simples qui peuvent être traités par télémédecine. A titre d’exemple, nous ne traitons pas de cas chroniques ou qui existent depuis plusieurs mois, une visite médicale est nécessaire pour ce genre de symptômes. Pour les maux de dos de plus d’un mois ou maux de tête liés avec une vision trouble, le questionnaire médical vous conseillera gratuitement de consulter un médecin.

Malgré cette réserve, les problèmes qui peuvent être pris en charge sont nombreux.

Pour les patients 

Je suis élogieux face à cette solution car cette plateforme a réussi le bon mariage entre la technologie (questionnaire en ligne, ordonnance électronique, etc.) et l’humain : derrière les algorithmes de la plateforme se trouvent des médecins. Un projet qui donne l’impression d’avoir été développé en pensant aux besoins des patients. Ce n’est pas toujours le cas.

 

PS: intéressé(e) par une formation en télémédecine (sur deux demi-journées) ? Vous trouverez le programme ici.

 

Conflit d’intérêts : je ne travaille pas comme médecin pour Soignez-moi.ch mais je collabore avec la plateforme pour différents travaux (rédaction de fiches d’information, organisation de formations, etc.).

 

 

Accéder à ses données médicales, depuis n’importe où, n’importe quand ?

Pourquoi peut-on accéder à nos données bancaires en ligne et pas à nos données médicales ?

Actuellement, vos données médicales sont stockées chez les différents professionnels de la santé qui vous ont soigné mais vous n’y avez vous pas accès. Ne devrait-on pas pouvoir accéder à nos informations médicales en ligne, comme on le fait pour nos comptes bancaires ?

Si votre médecin est absent

Il parait tout de même assez évident qu’il serait utile de pouvoir accéder à votre dossier médical si vous avez besoin de soins et que votre médecin est absent.  Votre médecin traitant ne travaille pas 24 heures sur 24, son cabinet est fermé le week-end et, en plus, il prend parfois des vacances. Si vous devez durant ces moments-là consulter en urgence, le professionnel de la santé qui vous prendra en charge ne connaitra pas vos problèmes de santé, vos traitements et vos résultats d’analyses. Est-ce encore acceptable en 2019 ?

Mieux soignés

Les études nous montrent aussi que les patients qui accèdent à leurs données médicales, par exemple à la liste de leurs diagnostics et aux rapports des spécialistes consultés, comprennent mieux leurs maladies, suivent mieux leurs traitements et sont mieux soignés. Accéder à ses données permet au citoyen d’être plus actif dans la prise en charge de sa santé.

Au-delà des données, les services

Si l’on s’inspire de ce que proposent de nombreux établissements de santé à l’étranger, aux Etats-Unis en particulier, les dossiers médicaux en ligne ne donnent pas seulement accès à vos données médicales, ils proposent en plus toute une série de services: la possibilité de prendre rendez-vous chez les professionnels de la santé qui vous soignent, un système de rappel qui vous alerte lorsque le prochain rendez-vous approche, la possibilité de faire renouveler vos ordonnances mais aussi de contacter votre médecin par courrier électronique.

Un dossier “médical” ou un dossier “santé” 

Le réel objectif ne devrait en réalité pas être un dossier médical mais un dossier santé. Formulé autrement, votre dossier ne devrait pas se limiter à lister vos diagnostics, vos traitements et vos allergies, il devrait vous aider à rester en forme. Cela pourrait prendre la forme d’un simple courriel qui vous rappelle qu’il est temps d’effectuer un examen de dépistage ou, autre exemple, de vous permettre de trouver dans votre région la liste des spécialistes qui pourront vous aider à stopper votre tabagisme. L’idée est somme toute simple, transformer un dossier médical orienté « maladies » vers un dossier « santé » qui vous aide à rester en forme.

De nouveaux métiers

Actuellement, les données médicales sont dispersées, certaines chez votre médecin traitant, d’autres à l’hôpital, d’autres encore dans votre pharmacie et à mille autres endroits. Ces données ne sont le plus souvent pas structurées, elles ne sont constituées que de textes et de chiffres. Un travail humain est donc nécessaire pour récupérer ces données médicales et les présenter dans un dossier médical que chaque citoyen pourra consulter en ligne. Il faut confier ce travail de récupération et de valorisation de vos données à des spécialistes de la gestion des données de santé, de nouveaux métiers doivent être créés.

Patient acteur

Vous pourriez ainsi, en quelques clics seulement, accéder à vos données médicales, à des conseils santé et à différents services : un tableau de bord qui vous permettrait, de « piloter » votre santé. Cet outil serait évidemment aussi bien utile aux professionnels de la santé qui vous soignent, ils auraient accès en permanence à vos données médicales complètes, mises à jour en permanence.

Intéressé(e) ?

 

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L’électrocardiogramme de l’Apple Watch: une app utile ou uniquement angoissante ?

L’histoire de la dernière série de l’Apple Watch et de son app ECG est passionnante.

Vous pourrez lire sur le site Apple: “L’Apple Watch Series 4 vous encourage à mener une vie plus saine en vous aidant à contrôler tous les aspects de votre quotidien, du stress aux calories dépensées. En parallèle, elle surveille votre rythme cardiaque et vous alerte si elle détecte quelque chose d’anormal”. 

L’objectif de cette application “électrocardiogramme” est de détecter des arythmies, en particulier une irrégularité du rythme cardiaque qui porte le nom de fibrillation auriculaire. L’objectif est louable puisque cette anomalie peut passer inaperçue et avoir d’importantes conséquences, les plus graves étant une insuffisance cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

Cette application a reçu aux Etats-Unis l’autorisation de la FDA pour sa mise sur le marché et en Europe le marquage CE, une reconnaissance qui démontre qu’il s’agit bien d’un dispositif médical.

Une nouvelle façon de pratiquer la médecine

Apple a obtenu la reconnaissance de son app ECG en un temps record, trente jours, alors qu’il faut habituellement plusieurs mois pour obtenir une telle certification de la FDA. Cet accord est tombé comme par magie la veille de l’annonce mondiale de l’Apple Watch Série 4. Le Dr Ivor Benjamin, président de la Société américaine de cardiologie, présent lors du show Apple, a déclaré « enregistrer en temps réel des données sur le cœur d’un patient change la façon dont nous pratiquons la médecine ».

La reconnaissance de la FDA américaine et en Europe l’obtention du marquage CE nous laissent penser que cette application est un dispositif médical fiable et utile. La réalité est un peu plus compliquée.

 

Vidéo. Apple Watch Series 4. Comment faire un ECG (vidéo de 36 secondes).

 

Ce qui disent les études

Deux études ont évalué la performance de l’Apple Watch pour la détection de la fibrillation auriculaire (FA). La première a porté sur 588 personnes dont la moitié souffrait d’une FA, la recherche a comparé le tracé de la montre Apple avec un électrocardiogramme classique composé de 12 pistes, le même que vous pourriez avoir chez votre médecin. L’application ECG n’a pas réussi à interpréter 10 % des tracés, ce qui est ennuyeux. Sur les 90 % restants, la sensibilité de l’app ECG a montré de très bons résultats avec une détection d’arythmie de plus de 98%.

Il y a malheureusement un problème : les possesseurs actuels de l’Apple Watch ont entre 30 et 50 ans, un âge où la fibrillation est rare. Cette faible prévalence de la maladie péjore grandement la performance de l’app ECG : dans cette tranche d’âge, près de la moitié des alertes ne correspondent à aucune arythmie.

Une deuxième étude a porté sur les enregistrements de 226 personnes classées par l’application comme ayant un rythme cardiaque irrégulier. Les résultats vont dans la même direction que ceux de la première étude : dans un article publié dans la Revue médicale suisse, le Dr Patrick Meyers, médecin au sein du service de chirurgie cardiaque du CHUV écrit « le taux de faux positif serait de 95 %, 19 personnes sur 20 avec un tracé pathologique sur l’Apple Watch n’auraient pas d’anomalie ».

Au vu de ces résultats, savoir que cette app a reçu la reconnaissance de la FDA et le marquage CE font planer de grands doutes sur la signification de ces reconnaissances officielles.

Une app utile ou uniquement angoissante ?

Si l’on veut que la détection d’une anomalie par l’Apple Watch corresponde vraiment à une arythmie, il faut donc que la montre soit portée par une population chez qui la fibrillation auriculaire est fréquente, c’est-à-dire au-delà de 80 ans. Chez les plus jeunes, les fausses détections d’arythmie risquent de provoquer passablement d’inquiétudes mais aussi de générer d’importants coûts pour des contrôles cardiologiques inutiles.

La technologie au service des professionnels de la santé et des patients ?

La technologie de l’Apple Watch et de son app ECG est impressionnante et il est possible que la montre de Cupertino devienne à l’avenir un dispositif médical utile. Cette merveille technologique est cependant représentative d’un grand nombre d’outils de la santé numérique actuelle, peut-être fiables mais pas forcément utiles: la validité de l’application est un pré-requis nécessaire mais insuffisant. Les technologies n’existent que dans l’usage : si innovation il y a, elle ne provient pas tant de la technologie en elle-même que de son utilité.

 

A lire sur ce blog :

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Maladies chroniques : quel est l’impact du numérique sur la vie des patients ?

Quel est l’impact des technologies numériques sur la vie des patients atteints de maladie chronique ? C’est la question à laquelle a voulu répondre le collectif d’associations de patients ICA, en partenariat avec des chercheurs de la chaire réseaux sociaux et objets connectés de l’Institut français Mines-Télécom.

L’objectif de cette étude était de mieux comprendre comment les personnes vivant avec une maladie chronique utilisent les technologies numériques mais aussi de connaître l’impact de ces technologies sur leur qualité de vie et leurs comportements santé. Plus de 1000 patients ont répondu de manière complète au questionnaire établi par les chercheurs.

Maladie chronique et numérique

Quels usages pour quelles technologies ? Premier enseignement, Internet est une source d’informations fortement sollicitée par les personnes vivant avec une maladie chronique, plus particulièrement lors des premiers temps qui suivent le diagnostic. Internet est utilisé par une majorité de patients, seuls 2,4% d’entre eux déclarent ne jamais y avoir recours dans ce cadre.

Les chiffres montrent néanmoins une hétérogénéité dans la régularité de l’utilisation d’internet : 59,4% des répondants se décrivent comme des utilisateurs réguliers (au moins une fois par semaine) tandis que 38,1% ont une utilisation plus rare (moins d’une fois par semaine) voire très exceptionnelle (moins d’une fois par mois).

Les réseaux sociaux sont le premier type de sites visité, les malades chroniques utilisent donc davantage le web 2.0 que les sites web ou les forums. Les recherches des malades chroniques sur Internet sont donc caractérisées par une approche communautaire, les contenus privilégiés sont ceux élaborés par d’autres personnes malades chroniques. Intéressant.

Cette étude confirme aussi que l’utilisation d’applications de santé et d’objets connectés reste encore aujourd’hui minoritaire voire marginale dans le cadre de la maladie chronique.

Nouvelles technologies et empowerment : vers un nouveau patient plus autonome ?

Les réponses des malades chroniques montrent que plus la fréquence d’utilisation d’Internet augmente, plus ils se sentent autonomes et s’autorisent à s’impliquer et à prendre part aux décisions concernant leur santé et la prise en charge de leur maladie.

Les auteurs de cette étude insistent sur un point qui est pour moi essentiel : les technologies numériques opèrent une transformation effective des patients vers une autonomisation qui se révèle être un allié pour le renforcement de la relation patient – médecin. Ils insistent aussi sur la nécessité pour le patient de relever les défis et dangers de l’Internet santé : la qualité variable des informations retrouvées, les risques d’erreur d’auto-diagnostic et l’équilibre émotionnel face au rappel de la maladie.

Alors, utile ?

Les résultats de cette recherche mettent en avant deux éléments du point de vue des malades. D’une part, que l’usage des technologies numériques dans le cadre de la gestion et du suivi de la maladie chronique n’est pas délétère à leurs motivations et leurs comportements liés à la santé, ni à la confiance qu’ils peuvent avoir envers leur médecin. D’autre part, qu’il permet d’augmenter l’empowerment, ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de la relation et des échanges avec le médecin, notamment au sentiment d’être plus engagé et de vouloir maintenir cette relation, déterminante pour la qualité de vie des malades chroniques.

Bravo à eux

Au-delà de ces résultats, ce qui me réjouit le plus est de voir que ce sont désormais les patients eux-mêmes qui mènent des recherches sur les sujets qui les concernent. Bravo à eux.

 

NB: si vous n’avez vraiment plus de livres à lire et que la santé numérique vous intéresse, vous trouverez la totalité des articles publiées sur ce blog sur cette page.

 

Santé numérique : et si la vraie révolution était celle des patients ?

Le numérique est-il utile en médecine et si oui, pour faire quoi ? Poser la question pourrait passer pour de l’idiotie tant le discours ambiant est que le numérique va tout révolutionner, y compris la santé. Pourtant, lorsque l’on se rend chez le médecin ou à l’hôpital, l’utilité du numérique ne saute pas aux yeux. Mon avis ? La révolution actuelle est plus celle du patient que celle de la technologie.

Le numérique santé ?

Le premier point à éclaircir est de savoir ce qui se cache derrière cette notion de « santé numérique ». La réalité est multiple puisque cela concerne tout ce qui touche à l’utilisation des technologies de la communication et de l’information dans le monde de la santé : le web, les Apps santé, le dossier médical informatisé, le dossier électronique du patient, la communication électronique, la télémédecine, les médias sociaux, les objets connectés, l’intelligence artificielle, le big data et mille autres innovations.

Le web

Même si elle n’est plus vraiment nouvelle, la plus grande innovation numérique reste à mes yeux le web. Ce réseau informatique a permis l’apparition de nouveaux services. On peut penser à la possibilité pour le patient de prendre rendez-vous chez son médecin par Internet, mais la grande révolution est surtout l’accès facilité, pour les patients, à l’information santé. Avant le web, seuls les professionnels de la santé avaient accès au savoir, désormais les citoyens peuvent aussi s’informer. Avec la disparition de cette asymétrie d’accès à l’information, la relation soignant – soigné peut évoluer vers une relation de partenariat, plus riche pour le patient mais aussi pour le professionnel de la santé.

 

A lire aussi sur ce blog : Comment trouver une information médicale de qualité sur Internet ?

 

Même si l’accès aux sites web santé est naturellement aussi utile aux professionnels de la santé, c’est l’utilisation faite par les patients qui représente un vrai changement, simplement car l’accès au savoir a permis aux patients d’être plus actifs dans la prise en charge de leur santé.

Les Apps santé

Quant aux applications santé pour smartphone, le résultat est le même, les applications qui se sont révélées les plus utiles sont celles qui renforcent le rôle du patient. Même si de très nombreuses applications dites de santé n’ont en réalité aucune validité, une minorité d’applications ont prouvé leur utilité. Elles portent sur la promotion des changements d’habitude de vie1, sur la gestion de la douleur2 et sur la réhabilitation cardiaque3.

Les Apps santé les plus utiles sont celles qui favorisent l’accès aux soins ou qui rapprochent patients et professionnels de la santé. Quelques exemples ? L’application « Urgence Lausanne » qui aide les Vaudois à trouver le centre d’urgences médicales le plus proche et le plus disponible dans tout Lausanne, InfoKids développé par les Hôpitaux universitaires de Genève et destinée aux parents dont les enfants nécessitent une consultation médicale urgente ou encore l’App Moovcare qui réduit la fréquence des récidives du cancer du poumon par une meilleure communication patient – médecin.

Les soins à distance

Ceux qui me font le plaisir de lire régulièrement ce blog savent l’importance que j’accorde aux soins à distance, par exemple à l’utilisation du courrier électronique entre le patient et son médecin ou à la téléconsultation, la prochaine grande innovation qui va bouleverser le monde de la santé.

On retrouve dans ces deux exemples les mêmes ingrédients, un meilleur accès aux soins et un renforcement de la relation patient professionnel de la santé.

Le patient augmenté

Il est bien sûr possible d’argumenter qu’il est logique que ces innovations concernent les patients, qui restent de toute évidence les principaux concernés. Il n’en demeure pas moins que les services et dispositifs numériquement utiles sont ceux qui renforcent le patient, en faisant de lui un « patient augmenté ».

Un des grands défis de ce 21ème siècle sera de réussir le mariage entre la médecine clinique et le numérique. Ce virage numérique ne sera couronné de succès que s’il est centré sur les réels besoins des patients.

Et si la révolution actuelle était surtout celle des patients?

 

  1. P Lunde BB Nilsson A Bergland KJ Kvaerner A. Bye The effectiveness of smartphone apps for lifestyle improvement in noncommunicable diseases : systematic review and meta-analyses. J Med Internet Res 2018 (20)
  2. SE Thurnheer I Gravestock G Pichierri J Steurer JM. Burgstaller Benefits of mobile apps in pain management : systematic review. JMIR mHealth uHealth 2018 (6)
  3. SJ Hamilton B Mills EM Birch SC. Thompson Smartphones in the secondary prevention of cardiovascular disease : a systematic review. BMC Cardiovasc Disord 2018(18)

 

A lire aussi sur ce blog à propos des patients acteurs de leur santé :

 

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Les milles visages de la télémédecine

Faire voyager les informations plutôt que le malade ?  Il sera à l’avenir toujours plus facile de se faire soigner à distance, mais quelles réalités se cachent derrière ce terme de « télémédecine » ?

La télémédecine est actuellement plus développée aux Etats-Unis qu’en Europe, en 2016 déjà l’organisation américaine Kaiser Permanente, dont les 21’000 médecins soignent plus de 11 millions de patients, déclaraient que plus de la moitié de leurs consultations étaient effectuées à distance.

En Europe la situation varie fortement d’un pays à l’autre mais, probablement sous la pression des patients, les services de télémédecine sont toujours plus nombreux. La télémédecine est très développée en Suisse, la France voit les projets se multiplier depuis le 15 septembre, les actes de téléconsultation sont ouverts à l’ensemble de la population depuis cette date. La Belgique n’a elle pas encore pris de décision.

La télémédecine ?

La télémédecine correspond a « de la médecine à distance », quel que soit le moyen de communication utilisée. Ce terme englobe en réalité plusieurs pratiques. La plus fréquente, la téléconsultation, qui relie un professionnel de la santé et un patient, nous concerne tous, cet article y sera consacré.

Le téléconseil est une variante de la téléconsultation, il s’agit d’un service sans diagnostic ni prescription. La télésurveillance permet elle de suivre un patient à distance, par l’envoi automatique chez son médecin de valeurs mesurées au domicile du patient, sa tension artérielle ou sa fréquence cardiaque par exemple. La dernière variante est la téléexpertise, lorsqu’un professionnel de la santé sollicite à distance l’avis d’un autre professionnel de la santé, un spécialiste par exemple.

Il est à ce stade important de souligner que les deux premières variantes de la télémédecine, la téléconsultation et le téléconseil, permettent de soigner à distance mais assurent aussi une fonction de triage : votre situation ne nécessite pas un contact avec un professionnel de la santé, vous devez voir un médecin sans urgence ou au contraire consulter sans attendre. Face aux carences des systèmes de santé actuels pour cette étape essentielle de tri, la télémédecine a un rôle important à jouer.

Deux mondes différents

La téléconsultation englobe deux mondes complètement différents. Dans le premier cas, il s’agit d’un échange entre un professionnel de la santé et un patient qui se connaissent, cela peut être un simple téléphone entre un médecin et son patient. Dans l’autre cas, les soins sont donnés à un patient que le professionnel ne connait pas, un exercice plus difficile.

Téléphone, courrier électronique ou vidéoconférence ?

Pour la téléconsultation, les différents moyens de communication ne se valent pas. Une première distinction doit être faite entre les communications asynchrones et synchrones. Un exemple de communication asynchrone ? Le courrier électronique, vous écrivez à votre médecin, vous ne devez pas vous attendre à une réponse instantanée. Le téléphone et la vidéoconsultation sont eux synchrones, ils permettent un échange immédiat.

Le courrier électronique est un moyen de communication puissant, il peut être envoyé et lu à n’importe quel moment, il peut être envoyé à plusieurs destinataires, des pièces jointes peuvent venir facilement enrichir son contenu.

Les moyens de communication synchrones sont cependant les plus utiles pour soigner à distance : le téléphone, la messagerie instantanée ou la vidéoconférence. La vidéoconférence doit être considérée comme la solution la plus complète, tant la vision du patient est un élément important en médecine.

Pour quels problèmes ?

Certains services sont généralistes, vous pouvez vous y adresser pour n’importe quel problème de santé. D’autres, à l’image du service en ligne de dermatologie de l’hôpital de l’Ile, sont consacrés à une spécialité bien précise. D’autres enfin sont prévus pour des situations particulières, les urgences notamment (la Rega en est un exemple).

Par quel professionnel ?

Le soignant sera souvent un médecin mais cela ne sera pas toujours le cas. Cela peut être un autre professionnel de la santé, un infirmier par exemple. Chez Doudoucare, les téléconsultations sont faites pas des spécialistes de l’enfance, chez SafeZone.ch, un service destiné aux personnes souffrant de dépendance, par des professionnels des addictions.

Les défis actuels ?

Ils sont nombreux. Deux me paraissent particulièrement importants. Le premier est celui de la qualité des soins : la qualité des téléconsultations devra être au minimum équivalente aux consultations traditionnelles. Pour le prouver, il ne suffira pas de l’affirmer, il faudra le mesurer. Le deuxième défi sera d’intégrer ces nouveaux services dans le système de santé actuel, car isolés, leur utilité sera moindre.

 

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Ce que les patients attendent de leurs médecins (pendant et en dehors des consultations)

Les patients sont-ils satisfaits des professionnels de la santé qui les soignent ? Comment souhaitent-ils communiquer avec eux ? Formulé autrement, quelles améliorations mettre en place pour favoriser la relation soignant – soigné ?

Une enquête réalisée aux Etats-Unis apporte un certain nombre de réponses. Même si ces chiffres américains ne peuvent certainement pas être automatiquement transposés à notre pays, ils doivent nous permette de nous interroger sur les attentes des patients en ce début de 21ème siècle.

Temps et communication

Première réponse, les patients souhaitent avoir plus de temps lorsqu’ils voient leur médecin en consultation. En ces temps de développement technologique, ce rappel nous parait d’une grande importance.

Le second élément qui ressort de cette enquête est le désir de pouvoir communiquer plus facilement avec les professionnels de la santé en dehors des consultations. L’objectif est de pouvoir avoir des contacts par téléphone, par courrier électronique ou par SMS mais aussi de pouvoir utiliser de nouveaux services numériques, par exemple pour prendre un rendez-vous chez son médecin simplement par Internet.

Des différences entre les générations

Même si une meilleure communication est souhaitée par tous les répondants, les chercheurs ont constaté d’importantes différences selon l’appartenance à la génération des Millennials (21 à 34 ans), à la génération X (35 à 51 ans) ou à celle des baby-boomers (52 à 70 ans).

Parmi les trois générations, les Millennials sont les moins satisfaits de leur suivi médical, ils sont 42 % à répondre qu’ils souhaiteraient changer de médecin. Ces 21 à 34 ans sont ouverts à échanger par différents canaux, plus de 70 % d’entre eux déclarant qu’il est intéressant de pouvoir prendre des rendez-vous ou recevoir des rappels de consultation par téléphone, par courriel ou par SMS.

Pour les 35 à 51 ans de la génération X, le téléphone demeure le canal de communication privilégié, ils sont cependant plus de 60% à dire qu’ils souhaitent recevoir des alertes par e-mail ou par SMS. Pour la génération des baby-boomers, le moyen de communication préféré reste le téléphone.

Les nouvelles attentes des patients

Premier enseignement, le temps, donc la disponibilité du médecin, reste un élément essentiel. Ce point était déjà ressorti dans un ancien article de ce blog consacré à la médecine « centrée sur le patient ». A l’heure où les politiques limitent la durée des consultations, l’importance pour les patients de la durée du contact avec le professionnel doit être rappelé.

Deuxième élément à retenir, les patients souhaitent pouvoir communiquer plus facilement avec les professionnels de la santé, le téléphone n’étant, pour les plus jeunes en tout cas, plus suffisant, le courrier électronique et les solutions de messagerie sont aussi sollicités.

Troisième élément, les services souhaités ne se limitent pas à des échanges avec les professionnels de la santé, les systèmes de rappel de rendez-vous sont par exemple aussi plébiscités.

Les résultats de cette enquête montrent que les attentes des patients évoluent et ne se limitent plus au moment de la consultation elle-même. Les professionnels de la santé peuvent-ils et doivent-ils suivre ce mouvement ?