L’arythmie cardiaque signée Donald Trump

 

Je vais être honnête, au-delà de ses outrances répétées, je ne connais pas dans le détail le programme politique de Donald Trump. Et pourtant, j’éprouve une puissante répulsion pour le personnage et ce qu’il véhicule. Il y a bien sûr ses idées, que ce soit le mur entre les Etats-Unis et le Mexique ou son décret anti-immigration, pour ne citer que deux exemples. Mais il y a surtout la manière, cette espèce d’insupportable arrogance.

 

La preuve par Twitter

Je suis bien sûr un peu jaloux du nombre de ses followers, beaucoup plus nombreux que les miens (abonnez-vous à mon compte @jgjeannot pour rééquilibrer un peu nos comptes, merci 😉 ). Pour ce qui est du contenu, je préfère mes tweets aux siens. Deux exemples :

  • Lors de la remise des Golden Globes, Meryl Strep a, sans jamais le nommer, vivement critiqué Donald Trump. L’homme qui deviendra onze jours plus tard le 45ème président des Etats-Unis s’abaisse à lui répondre, qui plus est dans un langage qui ne me semble pas digne d’un futur président américain: « Meryl Streep, l’une des actrices les plus surestimées à Hollywood, ne me connaît pas mais elle m’a attaqué hier soir aux Golden Globes. Elle est une… ».
  • Le deuxième tweet est encore plus inquiétant. @realDonaldTrump a publié un Tweet en majuscules, ce qui équivaut à un hurlement, à l’intention des juges qui l’empêchent de fermer les frontières aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, au mépris de la séparation des pouvoirs : « RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL. LA SECURITE DE NOTRE NATION EST EN JEU ».

Cet homme est-il bien le président des Etats-Unis ?

 

Un arrêt cardiaque ?

J’ai découvert la ressemblance entre la signature de Donald Trump et une gravissime arythmie cardiaque par un Tweet de Pascal Meier, un cardiologue très actif sur son compte @pascalmeier74. Cette arythmie est une fibrillation ventriculaire, un dysfonctionnement du cœur qui peut être mortel. Malgré la ressemblance entre ces deux images, il existe certainement des moyens plus doux de faire taire le nouveau président des Etats-Unis que de diagnostiquer sa mort subite.

 

 

Ecrire à Jack Dorsey, le patron de Twitter ?

Twitter a récemment annoncé vouloir prendre des mesures contre les auteurs de messages haineux. Cette décision a réjoui le zürichois Andreas Freimüller (@rasgariwat) qui a décidé de lancer une campagne pour demander à Jack Dorsey, le CEO de Twitter, d’expulser @realDonaldTrump de son réseau. Grâce à un formulaire prêt à l’emploi, chacun peut donc envoyer en quelques secondes un mail au patron de Twitter pour lui demander de fermer le compte du président des USA.

 

Une banalisation des propos haineux

Cette initiative représente bien sûr une goutte d’eau dans un océan. Elle a cependant deux avantages : le premier est qu’elle permet à tout un chacun de s’exprimer ; le second, qui est pour moi essentiel, est de dire au travers de ce geste notre refus des propos haineux, pour éviter de les voir se banaliser.

 

Vous êtes mal soignés

 

Vos données santé sont mal gérées

Vous seriez mieux soignés si vos données santé étaient mieux gérées. Vous seriez encore mieux soignés si vous y aviez accès.  Le monde de la santé s’accélère et se complexifie, la gestion  des données santé doit être réinventée, notamment en plaçant  le patient au centre du système.

Pour illustrer ce que devrait être une médecine centrée sur le patient, l’histoire de deux patientes.

 

Angelina Jolie et Iris

Angelina Jolie, vous connaissez. Iris, c’est une de mes patientes, ou plus exactement c’était. L’histoire de deux patientes, la première vit dans un monde connecté, l’autre non.

Angelina Jolie

Angelina Jolie a subi en 2013 à l’âge de 37 ans une double mastectomie, en 2015 une double ovariectomie. Pourquoi ? Parce qu’elle est porteuse d’une mutation génétique, BRCA1, qui représentait pour elle  un risque de 87 % de développer un cancer du sein, de 50 % de développer un cancer de l’ovaire.

Sa mère est décédée à 56 ans d’un cancer, sa grand-mère est décédée d’un cancer, sa tante est décédée d’un cancer. Pourquoi son histoire est-elle intéressante ? C’est l’histoire d’une médecine moderne, connectée, où le patient est informé, où les informations circulent entre les différents partenaires concernés.

Face aux nombreux cancers existants dans sa famille, Angelina Jolie a su qu’il pouvait y avoir un risque génétique, elle en a parlé à son médecin, elle a fait un test sanguin et a appris qu’elle était porteuse de cette mutation génétique BRCA1.

Cette histoire est aussi intéressante car Angelina Jolie a décidé de rendre sa maladie publique, la première fois dans un article du New-York Times en 2013 intitulé « My Medical Choice ». Son objectif était bien sûr de sensibiliser d’autres femmes à ce risque génétique. Un article publié dans l’Hebdo en juin 2015 nous apprend que les demandes de dépistages génétiques ont « depuis 2 ans » explosé à l’échelle mondiale, y compris en Suisse.  Même s’il est difficile de mesurer le rôle qu’a joué l’histoire d’Angelina Jolie dans cette augmentation des demandes, elle y a certainement contribué.

 

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“Je peux désormais dire à mes enfants qu’ils n’ont pas à avoir peur de perdre leur mère d’un cancer du sein»

 

 

Iris

L’histoire d’iris est beaucoup plus banale. Iris avait 81 ans, elle vivait à domicile avec son mari malade et un fils adulte handicapé. Elle a commencé à souffrir de douleurs abdominales en février 2016, les examens radiologiques ont montré « un cancer du pancréas avec probable carcinose péritonéale ». Quelques semaines plus tard, elle se sentait moins bien, elle souffrait en particulier d’importantes douleurs abdominales et de nausées. Iris « n’était pas très médicament », elle a tout de même, après de longues discussions, accepté de prendre de petites doses de morphine. J’ai dû ensuite passer plusieurs fois en urgence à son domicile. Début avril, la prise en charge médicale n’était, à mes yeux, plus satisfaisante et j’ai réussi à convaincre Iris d’être admise  dans un hôpital de Suisse romande. J’ai envoyé un courrier à mes collègues hospitaliers pour leur expliquer que l’objectif principal était de mettre en place des soins palliatifs de qualité.

Iris m’a téléphoné huit jours plus tard, elle était sortie de l’hôpital depuis 3 jours. Je n’avais reçu aucune information de l’hôpital, ni téléphone, ni courrier. Iris se plaignait que « tout son traitement avait été changé », qu’elle ne savait plus que prendre. Je suis retourné la voir à domicile mais n’ai trouvé aucun document. Les infirmières à domicile n’avaient rien reçu non plus. Le lendemain, je n’ai pas réussi à joindre le médecin assistant qui s’était occupé d’elle à l’hôpital, ni son chef de clinique. J’ai fini par envoyer un fax, je n’ai pas reçu de réponse. Puis le week-end est arrivé, j’ai reçu le lundi un téléphone m’annonçant le décès d’Iris.

Je ne dis pas qu’Iris est décédée à cause de ce manque de communication, je dis simplement que le système de santé suisse 2016 n’a pas été capable d’offrir à Iris une fin de vie digne.

 

Un système à réinventer

Les problèmes sont multiples. Des changements sont nécessaires. Un hôpital où des professionnels de la santé qui font un travail de qualité oublient leurs patients dès qu’ils quittent leurs murs devrait peut-être réfléchir à évoluer vers une médecine centrée sur le patient. Il s’agit d’un problème culturel, les mentalités doivent changer.

Mais il y a aussi la quantité grandissante de nos données santé, que personne ne gère vraiment. Oui, votre médecin, un peu, pour peu qu’il ait un dossier médical informatisé, mais même lui n’a que rarement accès à l’ensemble de vos données santé.

On nous annonce un dossier électronique patient. Parviendra-t-on avec ce système à offrir aux citoyens et aux professionnels de la santé un système capable de gérer nos données santé ? Je l’espère mais cela reste à prouver. En attendant, comme évoqué dans un autre article de ce blog, conservez-vous-même, dans un lieu sûr, une copie des pièces importantes de votre dossier médical.

 

Suivre l’Euro 2016 à la télévision est-il dangereux pour votre santé?

 

Football + Télévision

Le monde est pour un mois divisé en deux, ceux qui suivent l’Euro et ceux qui en souffrent. Même si je comprends ceux qui se plaignent, le Championnat d’Europe de foot permet au moins aux médias de nous parler d’autres choses que de guerres, de conflits politiques et autres informations désespérantes.

Le foot nous permet de vivre des moments magiques. J’espère que vous avez vu la transmission en direct sur une chaîne de télévision française du trajet en car des Bleus entre leur hôtel et le stade pour le match d’ouverture de l’Euro. Un grand moment de télévision. Un journaliste devant l’hôtel commentait l’entrée de chaque joueur dans le car, un deuxième journaliste suivait  la procession à moto, sur le plateau de la télévision un troisième journaliste entouré d’invités commentait la progression du car français pendant qu’un hélicoptère filmait l’avancée des Bleus sur le périphérique parisien… Ce n’est plus de la télévision, c’est de la poésie.

 

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Alors, le foot, dangereux ?

Comme nous le rappelait un récent article dans Le Temps (Les accidents de football causent 500 000 jours d’absence du travail), jouer au foot est dangereux.  Mais regarder le foot à la télévision met-il aussi votre santé en danger ? La base de données médicale PubMed nous donne un début de réponse. Sur les 26 millions d’articles indexés, une recherche avec le mot-clé « soccer » permet de retrouver 7528 articles. Comme on peut s’y attendre, seule une minorité de ces publications portent sur les dangers du football pour les téléspectateurs.

 

Foot, télévision et problèmes cardiovasculaires

L’article “ Is it safe to watch football? “  publié en 2010 dans l’International Journal of Epidemiology présente les études qui se sont penchées sur cette question. Un travail publié en 2008 dans le New England Journal of Medicine  a analysé les événements cardiovasculaires survenus en Allemagne durant le championnat du monde de football, en comparant les jours où l’équipe nationale jouait et ceux où elle ne jouait pas. Résultat ? 2.66 % plus de risques de problèmes cardiovasculaires les jours de match…

Une étude italienne  publiée en 2010 a porté sur les accidents cardiovasculaires durant les Championnats du monde de 2002, de 2006 et durant le Championnat d’Europe de 2004. Aucune augmentation du risque n’a cette fois été mise en évidence en comparant les jours où la Squadra azzura jouait et ceux où elle ne jouait pas.

L’auteur de Is it safe to watch football ?  croit lui plutôt aux résultats de l’étude italienne, expliquant qu’elle correspond aux conclusions des travaux plus anciens. Sa conclusion ? Lorsque l’on regarde un match de football à la télévision, les bénéfices dépassent très probablement les risques…

 

Faites tout de même attention

Avant que les fans de canapé ne se réjouissent trop, deux réserves doivent être mentionnées. Premièrement, il est possible que la période analysée ne soit pas suffisante pour mettre en évidence un risque cardiovasculaire : le risque de survenue d’un événement cardiaque étant heureusement assez faible, il est possible que la durée somme toute courte des matchs ne permette  pas de mettre en évidence une possible augmentation du risque.

Deuxième réserve, ces études ne portent que sur les problèmes cardiovasculaires, pas sur les excès de boissons alcoolisés ou les étouffements par cacahuète. Faites donc tout de même attention.