Vite, une économie durable sans émissions de carbone

De nombreux pays ferment leurs frontières, leurs entreprises et leurs lieux de villégiature pour éviter la transmission de l’épidémie de coronavirus.

Dimanche un article de journal annonçait qu’aucune compagnie aérienne ne résistera à la crise. C’est à priori une merveilleuse nouvelle,  car elles constituent actuellement un grand danger pour notre existence.

Les vols de plus en plus nombreux consomment énormément d’essence, émettent du CO2, et augmentent l’effet de serre.  Des graves catastrophes climatiques en découlent. Ces dernières années, nous avons connu des records de chaleur, des sécheresses, des inondations (Lausanne, Genève, Sion, Nyon, des milliers d’autres partout ailleurs) et des nombreux glissements de terrain.

Un jour prochain, nous verrons probablement des vagues de chaleur à 45°C, des rivières d’eau dans les rues, des tornades, et la mort de nos forêts ( décrits dans mes blogs précédents).
J’espère que ce jour-là l’épidémie sera passée et que nous pourrons nous réfugier dans des abris communs sans nous fuir les uns les autres et sans risque de contagion.  J’espère que ce jour-là, il y aura encore de la nourriture.

Nous devons agir rapidement pour  éviter ce Futur catastrophique.  Il est essentiel de réduire rapidement les émissions de carbone de l’aviation pour notre sécurité.

Dans ces circonstances, le directeur de Swiss demande à l’Etat Suisse d’entretenir cette compagnie nocive. C’est un réel scandale.  Les activités destructrices de l’aviation sont encore autorisées au nom de la liberté du consommateur. C’est  à mon avis une faille de notre législation, et les activités polluantes devraient être réglementées beaucoup plus sévèrement.

Aujourd’hui, partout sur Terre, les habitants sont confrontés à un danger, et leurs choix s’orientent vers l’achat de nourriture plutôt que vers  l’avion. L’humain a réellement besoin d’aliments plus que de vols long courrier, et aujourd’hui il en prend conscience. Et ce jour-là, on nous demande d’aider artificiellement à maintenir en vie une entreprise dangereuse pour nous. Non!

L’aviation doit être complètement reformée et ne devrait être soutenue que si elle permet une vie durable sur la Terre. Il y a plusieurs façons d’aborder ce problème. Des prototypes d’avions plus écologiques sont en développement. Les vols pour Madrid ne devraient pas inclure de changement à Londres; l’aviation pourrait être limitée aux vols sans escale, les vols ridicules Genève-Paris ou Genève -Zurich, devraient disparaître, remplacés par des trains ultra-rapides, et la compensation des dommages causés à la Planète devrait être inclue dans le prix du billet d’avion. Si le développement actuel de l’aviation continuait, nos enfants prendraient l’avion à 5 frs pour aller faire leurs courses chez Aldi Allemagne. Le vrai coût de ce trajet serait probablement la destruction de leur maison, ou des champs qui les nourrissent pendant un an.  Mais le changement climatique rendrait cela impossible avant, il est prévisible et prévu.

De nombreux domaines de l’économie devraient d’ailleurs être restructurés afin de permettre à la vie sur Terre de continuer. Les transports, la construction, la production de la viande et du plastique doivent diminuer. Le système ne pourrait pas continuer longtemps sans provoquer sa propre destruction catastrophique. Nous devons le dépoussiérer et le rendre viable et raisonnable.

Des branches entières de l’économie sont absurdes et devraient disparaître. De nombreuses personnes travaillent dans la publicité pour nous donner envie d’acheter des objets inutiles que d’autres produisent, transportent, pour lesquels sont construits des nombreux bâtiments.

Je propose que l’Etat n’aide que les entreprises à basses émissions de carbone, en privilégiant celles qui sont les plus utiles pour les citoyens. De nombreuses compagnies trouveront un moyen de s’adapter à ces exigences si elles y sont confrontées.

L’Etat devrait créer des emplois dans les secteurs cruciaux pour notre survie, l’alimentation, la médecine, l’énergie, la capture de carbone. dans le sol et dans la végétation.

Le temps de travail pourrait être sérieusement réduit, à une époque je proposais un temps de travail de base à environ vingt heures par semaine, avec éventuellement la possibilité d’en avoir deux d’abord.

Un revenu de base inconditionnel pourrait libérer certains de contrats précaires, de déménagements fréquents, de garde d’enfant compliquée, et repeupler des villages et des petites villes qui se vident faute de travail.

Il est bien possible que’à notre sortie de cette grippe nous trouvions le monde un peu différent. J’espère qu’il sera meilleur, organisé d’une façon plus durable. Nous devons maintenant mettre en place une nouvelle économie qui permettra notre survie sur la Planète.

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

21 réponses à “Vite, une économie durable sans émissions de carbone

  1. C’est exactement ce que je pense. Il suffit, dans mon cas, de remplacer les noms d’entreprises par celles de mon pays. Dans son intervention télévisé, notre président a dit qur cette crise remettait tout en cause.
    Depuis des années, je n’ai de cesse de demander la sortie de l’ultra-libéralisme et la prise en compte des changements climatiques anthropiques, notamment. L’heure est venue d’atterrir, littéralement. Vous avez raison.

  2. De tous les scénarios possibles et rationnellement envisageables , c.est celui de l.effrondrement de la civilisation qui est le plus problable , faute à l.hypercolonialisme humain , à la réduction drastique des espaces de vie et à la praxeologie productiviste irrationnelle de la civilisation humaine.

  3. Qu’est ce qu’il ne faut pas lire comme sottise.

    Les gauchistes et assimilés sont de sortie décidément.

    “…aucune compagnie aérienne ne résistera à la crise. C’est à priori une merveilleuse nouvelle, car elles constituent actuellement un grand danger pour notre existence”.

    Non, juste pour votre idéologie.

    1. Quel rapport avec les “gauchistes” ? Il suffit de voir les chiffres :
      – l’aviation c’est 6% du CO2 mondial, alors qu’il s’agit principalement des loisirs touristiques de 5% de la population (environ 95% des humains n’utilisent pas l’avion). Beaucoup de pollution pour le plaisir de très peu de privilégiés.
      – l’aviation est un facteur de propagation majeur et très efficace de pandémie, avec ses 170.000 vols par jour.
      – l’aviation se montre incapable de se décarboner, ce qui est logique car elle est assimilable à un sous-produit du pétrole. Petrole rendu abandon par les quelques régimes autoritaires qui en ont encore à offrir.
      Un secteur condamné à fortement se contracter, et le plus tôt sera le mieux pour tous.

  4. Une conséquence positive de cette crise serait que l’on commence sérieusement à discuter des scénarios économiques différents, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent.

    Si je ne conteste pas le diagnostique, toutes les “mesures” énoncées dans cet article ne sont, à mes yeux, au mieux des voeux pieux et au pire des affabulations.
    Le système actuel, avec tout ses excès et dangers pour le future de l’humanité, permet également le niveau de vie élevé que nous avons aujourd’hui (en fonction de où l’on habite, évidemmen). Même s’il est souhaitable de le remettre en question, nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion sur la manière réaliste d’assurer un niveau de vie correct pour tout le monde, non pas en théorie mais de manière concrête. Cela comprends, entre autre et si je fais exception de l’emploi, l’alimentation de 8-10 milliard de personnes (pas juste les quelques chanceux – dont je fais partie – pouvant se permettre de manger local et bio), les assurances sociales, les retraites, les loisirs (culture et autres) les tâches régaliennes etc…

    Je souhaiterai que l’on commence sérieusement à discuter ces sujets de manière ouverte et non dogmatique, quantitativement non plus qualitativement comme c’est le cas jusqu’à présent. Il nous faut réaliser que tout notre système repose sur le modèle productif. S’il on touche au modèle, ce n’est pas seulement les bénéfices des vilains actionnaires qui seront touchés mais absolument tout le monde. Le “il suffit de” et tout ira bien est une approche dangereuse pour tout le monde.

    PS le premier pas serait peut-être de cesser de voir le monde avec les yeux du passé. Qualifier notre monde avec des concepts creux tel que “ultra libéral”, néo libéral”, “capitaliste” ou, à l’inverse “socialiste” n’est d’aucune utilité.

    1. Ce niveau de vie élevé nous assure-t-il une qualité de vie élevée? Nous ne dormons pas assez, nous avons cinq minutes par jour pour les personnes que nous aimons le plus, nous faisons trois heures de trajets par jour, nous travaillons avec la grippe, nous vivons dans la pollution qui provoque le cancer… Je n’aimais pas ce style de vie. Aujourd’hui, je vois des familles à leur terrasse, des personnes occupées à travailler leur jardin, les oiseaux chantent. La vie devrait être comme ça.

      1. Vous avez raison, d’ailleurs mes enfants sont ravis de me voir toute la journée et mon jardin est en parfait état!
        Plus sérieusement, ce niveau de vie nous a également amené une espérance de vie inégalée, des assurances à tout va (chomage, maladie, accident, retraite, etc…) dont nos grand-parents ne pouvaient que rêver, un accès privilégié à la connaissance, la culture, etc….

        En bref, le système économique dans lequel nous vivons nous a apporté son lot de choses positives ET négatives. Finalement, la seule chose que je dit ici c’est qu’il est illusoire de croire que nous pouvons corriger les désavantages sans renoncer aux avantages.

        Ce serait trop facile, non?

        1. C’est Alis au pays des merveilles, les trente glorieuses, comme un disque rayé,yé,yé,yé.
          Son tit jardin, comme un nain,
          Et ses salades aux fosphates ?

        2. illusoire ? non, mais çà suppose que le peuple ait la parole, et pas seulement les lobbies. peut-etre un espoir chez vous en Suisse, mais hélas sans doute pas en france (sans F) .

  5. Je pense que nous assistons en direct à la “chute du mur” du libéralisme économique.
    A tout le moins dans sa version mondialiste.

    L’avenir nous dira si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle …

    1. Franchement, nous avons la mémoire courte. J’ai lu et entendu cette phrase tellement de fois il y a quelques années, en 2008-2009 je crois. A l’époque aussi, c’était la fin du libéralisme économique etc…

      Le monde et les gens sont très résilients. Il y a un temps pour tout, ce n’est pas au milieu d’un crise que nous (moi y compris) sommes les plus intelligent et inspirés…

      1. La chute de mur n’a pas mis à bas le communisme. Après moultes convulsions il a pris d’autres formes dont la plus spectaculaire est la Chine moderne.
        Beaucoup ce sont transformés en démocraties illibérales à tendances autoritaires.
        Bref,il a muté.

        Je pense que le libéralisme économique en fera autant ces prochaines années suite à ce « grounding » mondial qui est sans commune mesure avec 2008-2009 qui n’était « que » une crise financière.

  6. J’apprécie toujours votre énergie et votre foi à passer le message de la durabilité, chère Dorota.

    Si vous lisez l’excellent blog de Laurent Horvath (juste ci-dessous), vous vous apercevez que la dépendance au pétrole n’est malheureusement de loin pas terminée, sans parler des babines alléchées à l’idée d’exploiter les gisements fossiles qui s’ouvrent avec la fonte des Pôles, jusqu’à la BNS qui prétend que ce n’est pas son rôle d’agir en fonction de l’environnement…et qui investit dans le pire, le gaz de schiste!

    Courage néanmoins 🙂

  7. Chère Madame,
    Je vous laisse le soin de défendre votre thèse devant les centaines de milliers de travailleurs qui vont peut-être perdre leur emploi et devant les entrepreneurs qui vont devoir fermer boutique, avant de faire faillite.
    Profiter avec opportunisme de la situation exceptionnelle que nous vivons à l’heure actuelle pour mettre des utopies en avant est aussi inadmissible et irresponsable que de développer des thèses complotistes comme le font certains conspirationnistes!
    Il aurait mieux valu que vous vous taisiez. Vraiment.

    1. Nous sommes exposés à une information biaisée qui dit que l’important c’est la croissance qui crée des emplois. L’important, c’est d’assurer nos conditions de vie et de ne pas mettre nos populations en grave danger. Le réchauffement climatique est une grave menace. Le gouvernement peut créer des emplois.

    2. En d’autres termes, il vaut mieux avoir un emploi, un masque, mais plus d’eau potable?

      Vous n’êtes ni complotiste, sans doute, ni réaliste, vous vivez seulement dans un monde dépassé par les événements, vous êtes sûrement des trente glorieuses, me trompé-je?

  8. “Dimanche un article de journal annonçait qu’aucune compagnie aérienne ne résistera à la crise. C’est à priori UNE MERVEILLEUSE NOUVELLE, car elles constituent actuellement un grand danger pour notre existence.”

    Some men (and women) just want to watch the world burn.

  9. ” Appondre [v. tr.]
    Ajouter bout à bout, joindre. Patois apondre, « ajouter, attacher, allonger » [Constantin]. Du latin apponere, adponere, « placer auprès, ajouter ».
    La même manière d´appondre les lignes a été employée pour la production de séquences aléatoires (…) (Sur la Toile).
    Sens figuré : relancer une dispute.
    Proverbe : Qui répond appond, on n´en finit plus.”

    (TERMES REGIONAUX DE SUISSE ROMANDE ET DE SAVOIE)

    Apondre est du patois – sans doute aussi antidaté que certaines cervelles fripées de Nueva Helvecia, aux neurones – ou ce qu’il en reste – rissolés dans l’huile de palme.

  10. plutot que d’ OPPOSER liberalisme et je ne sais quoi d’autre, il vaudrait mieux parler de RE-ORIENTATION . Une société est affaire de choix : en france ( sans F..) on a pas de masques, mais on a un nouveau sous-marin nucléaire, inauguré en grande pompe par notre président (sans P) .
    on peut effectivement décider de mettre au chomage des gens qui travaillent à Airbus (c’est un exemple) et leur payer une reconversion vers d’autres emplois, si on ne dilapide pas l’argent dans la fabrication de chars Leclerc (Avec un L) .

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