Végétarienne

Moins de viande pour le climat

Le GIEC a publié la semaine passée un rapport sur l’effet du réchauffement sur les terres. Le changement climatique augmente les sécheresses, l’érosion des sols, les feux de forêts, et diminue le rendement des cultures dans les tropiques. S’il continue, il créera des conditions climatiques sans précédent dans les tropiques avec des conséquences graves pour les habitants. Les émissions de l’élevage intensif du bétail aggravent le réchauffement, alors que la restauration des sols et des forêts, et une réduction de la consommation de viande, auraient des conséquences bénéfiques.

Ce rapport ne s’étend pas sur les événements météo nouveaux qui touchent l’Europe cette année. Des grêles de quinze centimètres de diamètre ont frappé à plusieurs reprises, une tornade a détruit soixante maisons au Luxembourg cette semaine. Ces événements progressent rapidement et pourraient dépasser les prévisions.  Nous ne pouvons nous permettre une aggravation du réchauffement, elle signifierait la destruction de nos villes par les catastrophes climatiques. C’est une question de vie ou de mort.

Le GIEC recommande de réduire la consommation de viande de moitié dans les pays développés.

Sans viande?

Personnellement j’ai refusé la viande lorsque j’avais environ quatre ans.  Mon parrain m’a appris qu’il s’agissait de la chair d’animaux.  J’ai regardé mon propre bras et j’ai compris que la viande provenait d’un être vivant. Le rejet a duré vingt ans. J’acceptais bien le poulet et le poisson, mais la viande me dégoûtait. Certains végétariens pensent que cette réaction est normale et serait en fait celle de la plupart d’enfants.

Techniquement, on peut forcer physiquement un enfant à manger de la viande, le menacer de punitions, lui donner des récompenses, lui servir seulement de la viande sans lui donner le choix, ou lui apprendre que c’est ce qu’il y a de meilleur. Il ne faudrait rien faire de cela.  Mes parents étaient, eux, convaincus que je dois manger de la viande pour vivre, ou au moins du poulet.  Dès l’enfance,  j’accepte facilement un régime pauvre en viande, je demandais à manger des céréales, j’aimais beaucoup les champignons qui souvent accompagnaient la viande chez nous, les noix aussi. Récemment, j’ai appris que les moines du Moyen-âge ne mangeaient pas d’animaux à quatre pattes pour ne pas tuer, ce qui suggère que la religion chrétienne condamne aussi la mise à mort d’animaux, pour des raisons morales ou diététiques. Et bien sûr, en Europe, mes ancêtres étaient essentiellement végétariens, mangeant des céréales, des légumes et des lentilles. De nombreux théoriciens de l’alimentation suggèrent que ce régime nous convient le mieux.

J’accepte facilement un régime végétarien, car toute ma vie, je  préférais des céréales,  du fromage, et des champignons quand c’était possible. Ensuite, j’ai quand même eu un peu de cholestérol, puis j’ai vraiment limité le fromage, la crème et le beurre. Le cholestérol a disparu. Depuis des années, nous mangeons du tofu, des haricots, des lentilles, des noix, des algues, des préparations végétariennes au tofu, au quorn, au seitan.  J’ai des suppléments de fer et de B12, le lait est généralement du lait de soja. J’essaie de composer un menu bio, local, accepté par les diététiciens suisses, avec assez de vitamines, de fruits et légumes, qui ne contienne qu’une portion de protéines animales par jour. Là, j’essaie d’être végane, mais je trouve vraiment difficile d’éviter  complètement le beurre, le lait et les oeufs omniprésents, en quantités excessives, dans les préparations du commerce et les apéros traditionnels.

Les avantages du régime végétarien

Les végétariens et végétaliens expérimentent une alimentation équilibrée sans viande. Le régime végétarien et surtout végétalien réduisent le risque du cholestérol et  du cancer. Heureusement qu’ils sont là, sinon il y aurait déjà de la viande dans tous les plats disponibles dans la restauration, alors que personne ne devrait en manger constamment. Les végétariens créent une demande pour des aliments  végétaux qui apparaissent, peu à peu, dans les rayons des supermarchés.

Ces dernières années, je suis frappée par la multiplication des stands de nourriture, des food festivals. Un festival de musique inclut maintenant des dizaines de stands de nourriture simple. Je remarque qu’il y a de plus en plus de plats tout préparés, et l’obésité progresse. Il serait très facile et généralement bénéfique de remplacer la viande dans les plats tout prêts, les burgers, tacos, rouleaux de printemps, par des substituts de viande ou contenant des légumes.  Je crois que ce qui s’y trouve actuellement n’est pas de très bonne qualité.

Donnez-nous les moyens d’être végétarien

Les préparations végétales devraient en fait être beaucoup moins chères que la viande. Le prix de la culture des céréales est plus bas.

Il faut les subventionner ou lancer une production efficace en grande quantité, et offrir partout un plat végétarien/durable/One Planet moins cher que le plat carné.

L’offre devrait en fait consister en plusieurs plats végétariens et un plat carné,  ce  qui serait alors représentatif d’un régime équilibré.

Nous devrions aussi subventionner les légumes au lieu du fromage et du lait, dont notre société abuse actuellement. La viande doit rester un choix conscient, que le consommateur ferait s’il en ressent le besoin, et non pas un aliment universel. Aujourd’hui, alors que l’obésité et les cancers progressent, nous avons tout intérêt à y faire attention. Et  ainsi nous nous éviterons peut-être les dangers du climat qui se multiplient d’année en année.

 

 

Réduisons rapidement l’effet de serre: d’immenses forêts et des villes en carbone

La transformation naturelle du carbone par les plantes et les animaux

Le réchauffement climatique cause des vagues de chaleur croissantes, des orages violents et des inondations. Ces événements s’aggraveront et menaceront nos constructions et nos vies.  Toute augmentation de l’effet de serre accroît le danger, et nous avons tout intérêt à le limiter au plus vite. En réalité, le plus intelligent serait d’éviter toute augmentation de l’effet de serre à partir de maintenant. Malheureusement, nous déjà perturbé la Nature, et la végétation, les sols et le permafrost émettent des gaz à effet de serre qui accélèrent le réchauffement (Climate Institute, Russian Academy of Science).

La capture du carbone doit devenir une priorité pour le monde entier. L’idéal est de l’accumuler dans les forêts et les sols, où il devrait être et où il aurait des effets bénéfiques sur les écosystèmes, le climat et la pollution. Nous devrons probablement chercher aussi d’autres solutions.

Des prototypes d’usines de capture de carbone apparaissent actuellement à plusieurs endroits, par exemple celle de Climeworks en Suisse. Ils capturent directement le carbone de l’air et le concentrent.

Paille (cellulose)

Bois (cellulose -lignine)

Les plantes et les animaux transforment depuis longtemps le carbone en tiges et feuilles de cellulose, en  bois, en récifs coralliens et en falaises de craie, composées de fossiles microscopiques de carbonate de calcium. Certains arbres sécrètent dans le sol des cristaux d’oxalate de calcium. Très lentement,  au cours de centaines de millions d’années, les plantes sont converties en pétrole, en gaz et en charbon.

La majeure partie du carbone capté par les végétaux forme les tiges et les feuilles des plantes cultivées.  Selon la FAO, ces parties inutiles pour nous servent à l’alimentation de bétail.  Il est bien sûr souhaitable qu’elles soient utilisées efficacement et non pas brûlés, mais les animaux qui les digèrent relâchent ensuite leur carbone dans l’atmosphère. Cependant, le bétail ne se contente pas de ces restes; la part des champs entièrement dévolus à la culture d’aliments pour bétail augmente vite. Il faudrait s’assurer qu’aucune feuille, qu’aucun brin de paille ne soit brûlé, qu’ils soient compostés, couvrent le sol, ou transformés en réserve de carbone. 

Il vaudrait  mieux accumuler durablement le carbone produit par les végétaux pour réduire l’effet de serre.

La matière végétale peut être stabilisée par combustion partielle, en biochar, une sorte de charbon de bois, que certains proposent d’enfouir ensuite dans les sols.

 

Produits de la biotechnologie

Actuellement, la biotechnologie utilise des plantes, des algues ou des bactéries et produit entre autres du méthane, des acides gras, des biocarburants (alcool ou substitut de pétrole), et des plastiques biodégradables.  Les composés naturels tels que la cellulose, le bois, le carbonate de calcium ou ces produits de la biotechnologie pourraient être le point de départ pour obtenir des formes de carbones stables que nous pourrions entreposer pour des longues périodes, ou utiliser à grande échelle, par exemple dans la construction. Celle -ci utilise des milliards de tonnes de béton, et émet actuellement énormément de carbone.

Construction écologique

Construction en bois

Maison à colombages, bois et paille/argile

La construction devrait utiliser autant de bois que possible, les architectes inventent actuellement des immeubles en bois. La paille peut être utilisée directement dans la construction sous forme de torchis, mélangée à l’argile, et forme un matériau facile à produire mais pas très résistant aux inondations. Des maisons écologiques en matériaux similaires peuvent être construites facilement sans matériaux industriels.

Inventer des matériaux carbonés?

On pourrait probablement produire par biotechnologie des briques de carbonate de calcium ou une variante un peu plus solide qui remplaceraient le béton actuel.  Il devrait être possible, de cloner les enzymes synthétisant le carbonate de calcium dans les algues ou les crustacés et le faire produire dans des algues dans des bioréacteurs ou d’immenses bassins.

Les animaux produisent aussi d’autres matériaux solides tels que des os, des dents, des perles grâce à des enzymes spécifiques. Mais en fait je n’ai pas très envie de voir une usine d’os poussant à l’infini.

Falaise de craie

Briques de craie naturelle

On pourrait aussi lancer des projets de recherche en chimie pour transformer les produits végétaux actuels en fibres de carbone, en  diamant ou en une autre molécule extraordinaire. Ce n’est bien sûr pas réalisable actuellement, mais une technologie nouvelle pourrait voir un développement analogue à celui des panneaux solaires et nos enfants ou petits-enfants pourraient vivre dans des villes en diamant.

Forme solide de carbone à inventer

Construction en carbone du Futur?

A long terme, bien sûr, la construction doit avoir des limites,  la Terre ne pourra être entièrement recouverte de bâtiments, il faudra s’assurer qu’une partie suffisante de la Planète respire grâce aux forêts et au sol. A moyen terme, au 21ème siècle, nous devrons réduire l’effet de serre, gérer le carbone que nous émettons, et probablement celui relâché par des systèmes naturels perturbés.

 

 

 

Orage sur le Léman le 15 juin – un avant-goût des prochaines décennies

Un grand orage sur la région Lémanique

Un fort orage a touché samedi la région Lémanique, la Suisse Romande et les Alpes françaises. Sur la photo, le rideau de pluie tombe justement sur Genève (photo Rolf Dubs). Lausanne a essuyé 32.1 mm de pluie, et près de Saint-Gall les précipitations se sont élevées à 56.2 mm (Association suisse des risques naturels).  L’écoulement des flots a provoqué des inondations à plusieurs endroits, entre autres à Genève, à Lausanne et à Nyon. La gare de Lausanne a de nouveau été balayée par un torrent.

Lausanne, le 15 juin 2019. Photo Antoine Wegmüller

 

 

D’immenses orages

Cette semaine, des grandes et violentes tempêtes se sont produites sur l’Europe centrale. Elles ont touché la Suisse, l’Allemagne, la Slovénie, la Pologne, le Nord de l’Italie. Elles ont amené des pluies abondantes, des inondations et des grêlons énormes de près de dix centimètres de diamètre.

Tout le printemps, les Etats-Unis sont martelés de forts orages qui causent des nombreuses inondations et nuisent à l’agriculture. La production mondiale de maïs en sera réduite cette année (Bloomberg).  Le lac de Côme et d’Ontario débordent à la suite de précipitations abondantes. L’Iran a aussi subi des graves inondations, la quasi-totalité du pays a été recouverte par les flots.

L’année passée, au début du mois de juin, des violents orages ont provoqué des pluies tropicales en France et une inondation à Lausanne.

Ces dernières années,  des grands systèmes orageux, s’étendant à plusieurs pays, ont fait leur apparition, des millions d’éclairs explosent dans le ciel, et des pluies diluviennes inondent nos villes, l’une après l’autre.

Lien sur l’inondation à Nyon: vidéo Living in Nyon.com (Facebook):

https://www.facebook.com/livinginnyon/videos/412929716221322/

 

Des pluies plus intenses sont prévues

Le GIEC (groupement international d’experts du climat), qui compile les informations scientifiques sur le climat, a prévu un accroissement de pluies intenses dû au réchauffement climatique.  Elles augmentaient déjà en 2012, et se multiplient depuis (Organisation Météorologique Mondiale, Papalexiou et Montanari, Water Ressources Research, 19 mai 2019).

Dans son dernier rapport, le GIEC prévoit que les inondations vont fortement augmenter à chaque demi-degré de réchauffement, et qu’à +2°C plus de 90% d’européens, donc presque tous, seraient exposés aux inondations.  Elles deviendraient aussi de plus en plus sévères, le niveau d’eau plus élevé et le flux rapide et important les rendraient dangereuses. Et le réchauffement pourrait  se révéler plus rapide que le GIEC ne le prévoyait.

Les données géologiques indiquent que quand il faisait 30-40°C en moyenne sur la Terre, la planète était parcourue d’immenses rivières, et les pluies cataclysmiques avaient érodé, décapé le sol jusqu’à la roche.

Aujourd’hui aussi, le réchauffement apporte des pluies intenses.

De plus, les intempéries s’accompagnent déjà de grosse grêle, tornade, et de vents déracinant les arbres. Elles deviendront certainement plus dangereuses.

Selon toute vraisemblance, les précipitations et les tempêtes augmenteront encore, et changeront nos vies et nos économies. Elles sont très coûteuses,  nuisent à la production agricole, détruisent des stocks alimentaires, interrompent les transports et causeront des graves problèmes économiques.

Il faudrait creuser de nouveaux lits de rivières pour les immenses pluies à venir, mais surtout essayer de limiter les émissions de CO2 et planter un trillion d’arbres (Tom Crowther, ETHZ) pour limiter l’aggravation.

 

Si vous voulez en savoir plus:

Association suisse des risques naturels:

https://scilogs.spektrum.de/klimalounge/warum-die-globale-erwaermung-mehr-extremregen-bringt

https://saskatoon.ctvnews.ca/mobile/global-warming-causing-more-torrential-rains-threatening-agriculture-u-of-s-study-finds-1.4449551

 

 

 

 

 

Records de chaleur au Vietnam : danger pour la population et pour la récolte de riz

Le Vietnam vit actuellement des records de chaleur, avec des températures au dessus-de 43°C. L’humidité rend cela difficile à  supporter, particulièrement pour les enfants et les personnes âgées. Pendant cette canicule, des milliers d’enfants, environ 5’500 par jour,  sont hospitalisés à Ho Chi Minh Ville pour des problèmes digestifs et respiratoires. Habituellement, avril est un mois modéré et les thermomètres montent en été.  La fournaise pourrait-elle encore augmenter?

La chaleur et la sécheresse ont fait diminuer le niveau des rivières, et l’eau salée de la mer remonte les estuaires sur 40 km, menaçant les rizières du delta du Mékong.

Lors du dernier El Nino, en 2015-2016, les cours d’eau ont baissé ce qui a provoqué des infiltrations d’eau salée. La production de riz du Vietnam, 3ième producteur mondial, a alors chuté d’environ 16%.

Aujourd’hui, la surface des océans est de 0,2°C plus chaude qu’en 2016. Elle n’a jamais atteint ces températures, à chaque El Nino elles sont plus hautes qu’au précédent. Les conséquences pourraient être plus importantes qu’en 2016. La récolte de riz de cette année pourrait être réduite. Sur toute la Terre, cette année pourrait apporter des événements très graves.

https://mobile.twitter.com/Climatologist49/status/1107746865166966784

Le niveau de la mer monte inexorablement, et les infiltrations d’eau salée augmenteront à mesure que les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent. Un jour ou l’autre, la mer envahira le delta du Mékong et l’Humanité le perdra.

On peut aussi imaginer que lors du prochain El Nino, des dizaines de milliers de  personnes seront hospitalisées par jour, et la récolte de riz sera anéantie. Puis nous rayerons le Vietnam et plusieurs autres pays des cartes et des rapports… Ils mourront par notre faute et nous le savons aujourd’hui. Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement.

http://www.esa.int/Our_Activities/Observing_the_Earth/Copernicus/Sentinel-1/Sentinel-1_sees_rice_paddy_drop_in_the_Mekong_Delta

 

Inondations et sécheresses plus fortes à +2°C

Les pluies intenses provoquent déjà d’impressionnantes inondations. Selon l’OMM, ces catastrophes ont abondé en 2018. Cette année, des événements très graves se sont déjà produit, d’immenses inondations au Queensland en Australie, dans le Midwest américain, le cyclone Idaï en Afrique, l’inondation d’Iran qui a touché une grande partie de ce pays.

D’après l’Agence Européenne de l’Environnement, les catastrophes climatiques, inondations, vagues de chaleurs et sécheresses ont causé 453 milliards d’euros de dommages entre 1980 et 2017 en Europe, ainsi que plus de 115’000 décès.  Les années 2018 et 2019 alourdiront déjà ce bilan, qui croîtra rapidement.
L’intensification de précipitations avait été prévue en partie au moins et les experts préviennent qu’elles augmenteront encore.
LE GIEC2018 prévoit qu’à 1,5°C, les trois quarts d’Européens seront exposés aux inondations tous les 5 ans, et à 2°C, ces débordements deviendront bien plus importants.
Une étude s’est penchée sur ce risque d’inondation et prévoit qu’il va s’accroître fortement entre 1,5°C et 2°C.
Le réchauffement climatique va renforcer le cycle hydrologique de pluie et d’évaporation d’eau du sol et des océans.

Une équipe de scientifiques a créé un indice pouvant indiquer les catastrophes climatiques, inondation et sécheresse, tenant compte à la fois du volume des pluies et de la durée des sécheresses. Ils prévoient que la quantité d’eau totale par année augmentera un peu avec la température, mais les pluies intenses et les sécheresses croîtront bien plus.

Dans leur modèle, à +2°C, les précipitations diminuent en Amazonie et en Amérique centrale, ce qui fait peser une menace sur les forêts vierges qui couvrent ces régions.
Le région méditerranéenne subirait plus de sécheresses, ce qui pourrait causer sa désertification,  alors que le Sud-Est de l’Afrique de l’Ouest bénéficierait peut-être de pluies plus régulières.
L’Asie du Nord et d’Est pourrait subir des pluies très abondantes, l’Ouest et l’Est de l’Amérique du Nord aussi.

Pluies totales par épisode de pluie: dans les zones en bleu, il pleuvra moins, dans les zones en rouge, il pleuvra plus (Madakumbura,et al, Nature 2019). Les événements extrêmes semblent augmenter plus que cette moyenne.

Des événements tels que les sécheresses extrêmes suivies de pluies intenses, provoquant alors des inondations et l’érosion, vont fortément augmenter et leur conséquences aussi.

Il faudrait établir rapidement quels seront les risques de déferlements et de glissement de terrain pour la Suisse aux pluies prévues pour 1,5°C et 2°C et voir ce qui est sûr et quel niveau d’inondation provoque l’effondrement des bâtiments. Selon ce graphique, on dirait que les précipitations pour la Suisse diminueront au-dessus de 1,5°C, ce qui affecterait la végétation suisse. Ces événements pourraient encore augmenter dangereusement avant d’atteindre 1,5°C.

Lors des récentes inondations de Crète,  20 cm de pluie se sont accumulés et ont  atteint 3 mètres d’eau dans certaines rues. Les ingénieurs de l’EPFL savent probablement calculer ce qu’une pluie deux ou dix  fois plus abondante peut provoquer, et cela peut être très impressionnant. Une double quantité d’eau pourrait mener à des inondations de l’ordre de dix fois plus importantes et les destructions et leurs coûts augmenteront d’autant.  L’économie mondiale sera fortement touchée.

Ce serait super de disposer d’un bon outil de visualisation des effets de précipitations sur chaque ville, qui permettrait de voir où s’écouleront les rivières soudaines. On pourrait peut-être gérer les pluies par des généreux canaux d’évacuation et des réservoirs, les glissements de terrain pourraient être plus difficiles à maîtriser.

Selon les auteurs de l’étude, une augmentation de température à 2°C pourrait causer des catastrophes bien plus graves et il vaudrait bien mieux les éviter en limitant le réchauffement à 1,5°C.

Aujourd’hui, déjà, des zones de plus en plus étendues, des pays entiers se retrouvent touchés par des catastrophes, en Iran par exemple la plupart des provinces et une grande partie des routes a été touchée, et les récoltes détruites. La gravité de ces épisodes augmente vite, les vies humaines seront de plus en plus menacées ,  les torrents d’eau de plus en plus impressionnants.

https://www.nature.com/articles/s41598-019-39936-2 et Supplementary Information

Plus chaud, plus vite? Que signifie l’état du climat en 2018?

Le rapport ‘L’Etat du Climat en 2018’ de l’Organisation Météorologique Mondiale fait le point sur les changements climatiques en 2018. Il relève des nombreuses catastrophes, et une accélération des conséquences du réchauffement.

Les 4 dernières années, 2015 à 2018, ont été les années les plus chaudes sur Terre depuis le début des mesures.

L’année dernière était une année La Nina. Ce phénomène cyclique amène de l’eau froide à la surface du Pacifique. Il se produit tous les 4 à 5 ans. Les années La Nina sont généralement froides et sèches. Cependant, en 2018 les températures n’ont que peu baissé. Ce fut l’année la plus chaude pour la France , la Suisse et l’Allemagne, et des nombreuses inondations se sont produites en Californie, en Afghanistan,  en Afrique, sur la péninsule arabique, en Asie centrale et du Sud-Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Sud de l’Europe, et en Amérique du Sud (OMM).

La légère baisse de températures qui s’est produite en 2018 s’explique probablement par la Nina qui amène de l’eau froide à la surface des océans.
Cependant, les températures n’ont pas baissé autant qu’elles le font habituellement lors de ce courant froid. James Hansen, un des grands experts mondiaux du climat, considère que les températures lors de la Nina sont très prévisibles, et que les valeurs de 2018 prouvent que le réchauffement climatique s’est accéléré.

Dans ce cas, les températures pourraient monter plus vite que les prévisions du GIEC (qui supposent 1,5°C de réchauffement dès 2030). L’Organisation Météorologique Mondiale parle actuellement d’une accélération des conséquences.

Depuis, la surface des océans s’est très vite réchauffée, sa température monte très vite, dépasse tous les records. Je crois que cela présage des catastrophes météorologiques sans précédent en 2019. Par exemple, la moitié des Etats-Unis est menacée d’inondation (NOAA), ce qui causera certainement la catastrophe la plus coûteuse jusqu’à présent. Et le déluge déferle bien actuellement sur les Etats-Unis.

Une accélération du réchauffement signifierait que cette année ne sera pas une exception. Le climat changera quasiment chaque année, et apportera des catastrophes toujours plus graves. Nos vies sont en danger, et nous avons besoin d’une réponse mondiale sans précédent.

https://gallery.mailchimp.com/daf3c1527c528609c379f3c08/files/82234023-0318-408a-9905-5f84bbb04eee/Climate_Statement_2018.pdf

Le carbone dans le sol

Le sol

Pouvons-nous encore capter le carbone dans la terre? Dans mon blog précédent, je suggérais de capter le carbone en recréant du sol fertile. Est-ce encore possible? Celui-ci constitue le plus grand réservoir de carbone de la Planète, le premier mètre en renferme  plus que l’atmosphère et la végétation réunies (env. 1500 Pg C).

Le sol contient du sable, des fragments de roche, des débris de plantes, et de nombreux organismes vivants. Il fourmille de bactéries, champignons, insectes, et de racines des plantes. Des nouvelles études suggèrent que le carbone du sol  est en grande partie inclus dans des organismes vivants, les bactéries et les champignons. Ce serait une sorte de yoghourt noir vivant. Le carbone peut rester dans le sol des décennies ou des milliers d’années, pour finalement être rejeté dans l’atmosphère par la respiration d’organismes du sol, ou érodé et élué dans les rivières et les océans.

Le réchauffement attaque les sols

Lors des sécheresses, les organismes du sol meurent, et leur carbone est perdu. Les plantes croissent moins, et souvent consomment les réserves des racines, qui se réduisent lors des sécheresses.

Les records de chaleur de 2016 ont provoqué une sécheresse en Amazonie et les sols qui ont séché ont perdu passablement de carbone.  Cela pourrait s’aggraver, plus il fera chaud, plus de CO2 sera émis.

Les inondations et la désertification ainsi que des pluies très fortes provoquent l’érosion, le sol s’effrite est emporté par le vent et les eaux et perdu. L’érosion pourrait encore augmenter beaucoup. Le sol, le plus grand stock de carbone de la Planète, pourrait devenir le principal émetteur, et accroître l’effet de serre de plusieurs degrés. Nous devons nous en préoccuper, le sol aussi est fragile.

Des arbres !

L’agriculture et la déforestation causent la perte de carbone du sol. Les sols des régions boréales contiennent plus de carbone, ceux des tropiques sont souvent une couche très mince, couverte d’une végétation luxuriante. Aux températures tropicales, le carbone du sol est très vite consommé,  les pluies intenses provoquent l’érosion.

La forêt est un système merveilleux de fabrication de sol, les racines des arbres retiennent le sol, solubilisent les roches,  les feuilles mortes gardent l’humidité, et créent des conditions parfaites pour des nombreux organismes du sol. Le sol des forêts contient les 70% du carbone du sol de la Planète.

En règle générale, un couvert végétal, des plantes qui poussent, protège le sol de l’érosion, les racines l’agglomèrent, les feuilles l’abritent du vent. Le maintien d’un couvert végétal accroît le carbone du sol.

 

Des pratiques agricoles restaurant le sol

L’agriculture doit absolument prendre en compte le sol, inclure la restauration du carbone dans ses objectifs.

La FAO estime que le sol peut capter 20 PgC en 20 ans, une autre étude (Abdullahi et al, Carbon sequestration in Soils) estime que minéraliser les 10% des sols capterait 30% d’émissions.

Il existe des nombreuses façons de restaurer le carbone des sols.

A l’association Terre et Humanisme en Ardèche, j’ai découvert une technique de fertilisation basée sur le lombricompostage de déchets végétaux. Ils sauvegardent chaque gramme de sol en arrachant les mauvaises herbes et en les posant sur le sol, autour des plants de légumes,  où ils compostent lentement. Le sol est ensuite couvert d’environ 10 cm de paille, qui conserve l’humidité, empêche bien sûr l’érosion, et s’intègre lentement au sol.

Une autre technique décrite dans Advances in Agronomy 2013 consiste à couvrir le sol par du plastique sur les bosses, froides et exposées au vent, et par de la paille dans les creux, humides et protégés.

La FAO conseille plusieurs techniques de restauration du sol, par l’agriculture sans labour, l’utilisation de fumier, de couvert végétal, parfois du bétail, ou une rotation bétail-cultures, la rotation de cultures, des légumineuses, ou des cultures pérennes.

Cette organisation estime aussi que la biodiversité du sol est importante pour maintenir les stocks de carbone du sol.  Le carbone du sol est contribue à maintenir l’humidité, à la fertilité et donc à la production d’aliments.

En simplifiant à l’extrême, je dirais que chaque coin de sol devrait être couvert d’une végétation touffue, variée, sans pollution, et les feuilles mortes et autres déchets végétaux devraient rester sur place, pour protéger et enrichir le sol.

Toute atteinte au sol qui provoque une perte de carbone met nos vies en danger et devrait être jugée de façon similaire à une attaque à main armée.

En récréant des sols fertiles, nous pouvons résoudre le problème du réchauffement. Si, au contraire, nous malmenons les sols, leurs émissions de carbone pourraient devenir dangereuses.

Est-il encore temps? Pouvons-nous encore arrêter le réchauffement climatique?

J’ai présenté dans mon blog une étude récente qui estime qu’un arrêt immédiat d’émissions de carbone maintiendrait le réchauffement en dessous d’1,5°C.

Si plusieurs gouvernements décrètent l’état d’urgence climatique, si les vols, les transports, la production des usines sont limités, et que nos émissions de carbone tombent à zéro, les températures de la Planète resteront peut-être en dessous de 1,5°C.

La Terre bascule-elle déjà vers un climat inconnu?

D’autres études estiment au contraire que nous avons déjà émis trop de carbone, et que l’effet de serre actuel entraînerait déjà un réchauffement plus important, dangereux, parce que les écosystèmes naturels subissent les effets du climat. Les sécheresses causent une émission de carbone de la végétation et du sol, et la fonte de la glace Arctique amplifie  le phénomène.

Evidemment, si nous tardons encore, si nous n’arrêtons pas les émissions de carbone maintenant mais les laissons continuer, l’effet de serre se renforce et un réchauffement plus important en résultera. Chaque catastrophe actuelle, le typhon Hayian, l’ouragan Michael, les vagues de chaleur et inondations d’Australie, celles d’un quart de capitales européennes en 2018, annoncent plusieurs catastrophes de même type, ou plus importantes, au cours des prochaines dizaines d’années.  Plus il y aura de carbone dans l’atmosphère, plus les conséquences seront graves.

Cela ne veut pas dire qu’il est trop tard, mais que nous devrons déployer plus de solutions face au réchauffement pour le juguler.

Récréer la végétation et les sols naturels de la Terre

Une étude prometteuse de la NASA montre que nous pouvons planter un trillion d’arbres sur la Planète, dans les forêts ou sur les terrains abandonnés existants et absorber les émissions de carbone équivalentes à 10 ans.

Si l’alimentation végétalienne se généralise, la moitié des champs cultivés au moins pourrait être convertie en forêts, et bien plus d’arbres pourraient être plantés.

L’initiative 4p1000 proposait de capter le carbone excessif en recréant un mètre de terre fertile sur les sols qui se désertifient. Ceux-ci constituent un réservoir de carbone plus important que la végétation, et tout le CO2 dangereux dans l’atmosphère pourrait y être capté. Ces moyens naturels d’absorber le CO2 prennent le temps, des dizaines d’années, mais ils sont réalisables tout de suite, à peu de frais. Nous avons vraiment tout intérêt à les mettre en place maintenant, pour limiter l’effet de serre des prochaines dizaines d’années.

Inventions technologiques

De nombreuses solutions technologiques sont à l’étude, telles que carboniser des plantes,  c’est à dire les transformer en biochar,  et d’enfouir celui-ci sous terre ou de l’entreposer.

Une autre idée est de fertiliser les océans avec des composés azotés pour stimuler la croissance des algues, qui capteraient le gaz carbonique,  mais cela pourrait avoir des effets imprévisibles sur les océans, et j’espère que cela n’aboutirait pas, au contraire, à la création de zones mortes.

D’autres auteurs suggèrent de regeler la mer arctique en pompant de l’eau sur la glace pour l’épaissir, ou de créer des nuages artificiels au dessus de la mer arctique. Un premier essai de ce type de geoengeneering sera mené par l’Université de Harvard cette année. Ces solutions sont cependant hasardeuses et dangereuses, nous ne savons pas du tout si elles fonctionneront correctement, et pourraient provoquer la désertification, la mort d’écosystèmes ou des cancers à cause des produits utilisés.

Des prototypes d’usines de capture de carbone de l’air sont actuellement construits, ce carbone peut ensuite être transformé en concombres dans une serre, en diamants ou en pétrole.

On devrait aussi étudier des technologies de capture de méthane, qui pourrait provoquer un réchauffement abrupt et fort de la Planète.

Non, il n’est pas trop tard! Il suffit de prendre conscience du danger et de diriger nos activités vers les solutions. Cependant, chaque année d’émissions nous rapproche de catastrophes dangereuses, chaque année d’émissions alourdit le bilan de morts futurs, chaque année d’émissions  augmente l’effort gigantesque que nous devrons faire pour maîtriser le climat une fois déchaîné. Si nous tardons trop, les choix cornéliens du Futur pourraient être de produire de la nourriture, de plutôt se réfugier dans des abris pour survivre aux catastrophes climatiques, ou d’envoyer les dernières personnes valides travailler au captage de carbone pour sauver le climat.

Face au climat: gérons le changement!

Aujourd’hui, une couche de neige exceptionnelle couvre le Nord des Alpes et cause un danger d’avalanche maximal sur l’échelle de mesures que nous avons utilisé jusqu’à présent. En juin, Lausanne subissait une pluie hors normes, cet été la Suisse et le Nord de l’Europe ont connu des sécheresses importantes. De nombreux autres événements hors du commun se produisent partout sur la Planète.
Ces phénomènes dus au réchauffement climatique vont s’aggraver, il est même possible, comme je l’ai expliqué précédemment, que l’aggravation soit rapide et spectaculaire.
Nous devons faire face à ce problème grave, nouveau, auquel seuls les films de science-fiction nous ont préparé. Le climat est le plus grand danger du 21ième siècle et doit être traité comme tel. Toute la société devrait être réorganisée pour réduire ce danger et pour y faire face correctement. Dès aujourd’hui, nous avons besoin de suivre, et de prévoir les changements climatiques et leur conséquences.

Météorologie Climatique

Nous avons besoin d’un office de météorologie climatique qui sera à jour sur les événements climatiques exceptionnels, sans précédent, inconnus de l’Homme, qui se sont produits sur toute la Planète au cours de ces dernières années. Un mètre de pluie en Afrique peut nous donner une indication sur les événements météo chez nous. Nous pourrions baser les prévisions sur le constat qu’il s’agit d’une augmentation de 5 fois de la pluviométrie normale. Il faudrait ensuite savoir si une augmentation semblable se produit partout, y compris dans nos régions. Les pluies ici ont- elles aussi augmenté de 5 fois? Cette augmentation avec la température est -elle linéaire, ou exponentielle? Les prévisions pourraient aussi se baser sur celles du GIEC, sur des modèles de circulation atmosphérique qui tentent de calculer quelles tempêtes ou canicules pourraient bien nous arriver à 1,5°C ou 2°C . Bien que ce soit très difficile de nos jours, ce service pourrait émettre des prévisions de risques sur 5 ans et alerter les bureaux concernés des catastrophes climatiques possibles.

Agriculture Climatique

Nous avons besoin d’un office d’agriculture climatique, qui étudiera les effets sur l’agriculture des changements climatiques constants, auxquels nous sommes désormais exposés. Cet organisme devrait recouper les conditions de croissance des plantes cultivées, ou de survie des animaux, et les prédictions météorologiques et pouvoir informer les agriculteurs quelle production sera possible et fructueuse. Il devra adapter souvent, par exemple tous les 5 ans, ou même chaque année, les recommandations sur l’agriculture en Suisse, et informer quels aliments pousseront ici.

 

 

Sécurité des infrastructures

Les pluies intenses, neiges abondantes, et glissements de terrain augmenteront avec le réchauffement (GIEC) et ces changements sont déjà perceptibles. Nous avons besoin d’un office de la sécurité des infrastructures qui vérifiera à quel niveau de catastrophe climatique les bâtiments et transports sont menacés. Il pourrait y avoir un petit problème. Le danger pourrait être quasiment omniprésent. Le rapport du GIEC d’octobre 2018 prévoit qu’à 1,5°C de réchauffement, qui nous menacent bientôt, 74% d’européens sont exposés aux inondations, et ils n’ont pas prévu tous les dangers. Des nouvelles normes de sécurité s’imposent pour l’ère du climat. Nous pourrions ainsi éviter de construire de nouveaux bâtiments sensibles aux intempéries futures, et dans un deuxième temps tenter de sécuriser ce qui peut l’être.

 

Capture de carbone

Un office de capture naturelle de carbone est indispensable pour planifier et gérer la capture du carbone atmosphérique dans le sol, la végétation, les tourbières et les arbres.

Si nous recréons un mètre supplémentaire de sol fertile, nous aurons résolu le problème du climat, car ce mètre de sol capterait le carbone responsable de l’effet de serre. Une végétation touffue, et particulièrement les arbres, captent aussi beaucoup de gaz carbonique responsable de l’effet de serre. Nous avons besoin d’un bureau qui étudiera les possibilités de capture de carbone dans le sol, la végétation, les cultures agricoles, les forêts et les arbres isolés, et, s’occupera de la réalisation de ces projets. A mon avis, nous devons nous lancer immédiatement dans la capture du carbone naturelle, par la végétation, parallèlement aux réductions d’émissions. Cela limitera l’aggravation des phénomènes climatiques auxquels nous serons exposés au cours de ces 50 prochaines années. D’ici quelques décennies, ces solutions naturelles pourront être complétés par des technologies nouvelles de capture de carbone qui sont en développement actuellement.

Réduction d’émissions

Nous avons besoin d’un office de contrôle qui répertoriera toutes les émissions de carbone, et les plans de réductions. Il vérifiera si les rejets des entreprises diminuent comme prévu, et adaptera les buts, en fonction des décisions politiques et des nécessités futures. Il s’assurerait que les nouvelles industries ne nuisent pas à l’environnement et au climat, elles pourraient être soumises à autorisation conditionnelle, qui attesterait qu’elles ne causent pas d’émissions de carbone dangereuses pour l’Humanité . Un office de contrôle pourrait décider de fermetures d’urgence, en cas de besoin et limiterait fortement les dangers futurs.

Créons des réserves alimentaires planétaires!

Les dernières années de chaleur record ont apporté des sécheresses, des inondations, et des vagues de chaleur partout sur la Terre.

L’année la plus chaude, 2016, a causé une immense famine dans le Sud de l’Afrique, et les sécheresses ont détruit les récoltes du Brésil, de la Bolivie, et du Paraguay. La production de toute l’Amérique du Sud a diminué.

Ces catastrophes vont s’intensifier, et le cycle des saisons changera. Des vagues de chaleur inhabituelles, de plus en plus fortes, apparaîtront au printemps, en été ou en automne. Elles pourraient perturber gravement les cultures alimentaires.

L’agriculture dépend du cycle des saisons. De nombreuses conditions doivent être réunies pour que les plantes arrivent à maturité.

Les récoltes de blé sont compromises si les températures dépassent 30°C au printemps. Les arbres fruitiers ne donnent pas de fruits s’ils fleurissent en automne ou en hiver, et qu’une gelée survient après. De nombreuses autres perturbations peuvent interrompre le cycle vital des végétaux.

En 2018, le rendement de blé russe et canadien était réduit par la chaleur et la sécheresse dans ces pays habituellement froids (Bloomberg), l’Australie frappée par la sécheresse a perdu 15% de ses récoltes (FAO).

Les catastrophes climatiques vont s’amplifier, et pourraient faire échouer les cultures alimentaires dans des vastes territoires. La mer monte et s’infiltre dans  les terres fertiles du delta du Nil et du Mékong, si bien que l’agriculture pourrait bientôt devenir difficile dans ces régions.

Le Futur pourrait apporter des pénuries alimentaires qui ont des conséquences très graves. Elles causent la malnutrition, des migrations, la spéculation, des émeutes, des guerres.
Elles iront en s’aggravant, et des populations de plus en plus importantes, des pays entiers, pourraient être exposées à des famines.

La production alimentaire mondiale est assez proche de la consommation annuelle. L’année prochaine, l’Humanité disposera probablement de trois mois de réserves alimentaires. C’est très insuffisant.  Si la moitié de cultures sur la Planète avorte cette année, si en été 2025 il n’y a pas de récolte de blé dans l’hémisphère Nord, il y aura moins de nourriture que l’année passée.

Nous vivons dans une précarité alimentaire étonnante, alors que les réserves planétaires de T-shirts bleus suffiraient probablement pour plusieurs années, et que nous pouvons facilement porter une autre couleur. Cette insécurité engendre la spéculation alimentaire, les prix des denrées de base augmentent lors des mauvaises récoltes, et provoquent des émeutes de la faim.

Nous devons nous préparer à l’aggravation du réchauffement en augmentant les réserves alimentaires.

Nous pourrions augmenter progressivement les stocks. Pour être le plus cohérent possible, nos dirigeants pourraient commander aux paysans locaux une quantité suffisante d’aliments de base, des céréales, des lentilles, du soja, de noix à la condition qu’ils soient produits de façon écologique, qu’ils entraînent peu d’émissions de CO2, ou en agriculture CO2-, ie en captant du carbone.

J’ignore sciemment le fait que les cultures alimentaires émettent actuellement du CO2, essentiellement à cause de l’usage d’engrais de synthèse et du transport. Elles ne devraient pas émettre du CO2, mais en capter.

Les céréales et les lentilles contiennent beaucoup de carbone, nous pourrions idéalement capter le carbone atmosphérique et l’entreposer en réserves alimentaires. Des stocks d’aliments pour dix ans capteraient en fait une proportion du carbone atmosphérique, de l’ordre d’un centième peut-être, et contribueraient aussi à stabiliser le climat. On pourrait multiplier cet effet en sauvegardant les autres parties des plantes cultivées. Surtout, nous éviterions des graves pénuries et des famines.

Si le changement climatique s’accélère, nous pourrons sûrement cultiver ici des aliments exotiques, comme les pêches, les bananes ou les ananas, et nos aliments actuels appartiendront au passé.  L’avenir sera hasardeux, difficile à planifier. Nous pouvons nous y préparer au moins partiellement.

Nos dirigeants pourraient commander aux agriculteurs l’équivalent des besoins annuels de céréales et de lentilles si bien qu’en dix ans, si tout va bien, les réserves représenteront dix ans de nourriture. Si nous économisons 50% de la consommation annuelle, alors nous atteindrons dix ans de réserves alimentaires en vingt ans.  Une partie de ces récoltes est peut-être déjà produite et gaspillée, la surproduction d’années exceptionnelles, comme les tomates de l’été passée, pourrait être rachetée, séchée, et entreposée. Ainsi, en cas d’aggravation soudaine du climat, nous pourrons réagir et nourrir la population.

En cas de problèmes d’approvisionnement local ou de catastrophe planétaire, ces réserves pourraient être écoulées sous forme de nuggets ou saucisses végétariennes, shakes de protéines, cordon-bleu, ou autres préparations populaires.

En cas de famine lointaine, elles pourraient peut-être être données aux populations qui en ont besoin. A tout le moins, elles limiteraient la spéculation qui fait flamber les prix des aliments, avec des conséquences dramatiques et éviteraient des nombreux drames humains, tels des enfants handicapés de malnutrition.

Il faudrait bien sûr veiller à ce que ces cultures ne provoquent pas d’émissions de carbone, et à ne pas déboiser, et à continuer à reforester et à récreer le sol fertile qui constitue la plus grande réserve terrestre de carbone.

Nous entrons dans une période de turbulences, à plusieurs inconnues. Nous devons nous y préparer et prévoir l’essentiel pour cette période troublée. Si nous faisons preuve d’ouverture, nous trouverons de nombreuses solutions.