La géo-ingénierie, la couleur de la lumière et la croissance des plantes

OBSCURCIR LE SOLEIL

Les climatologues savent depuis longtemps que les éruptions volcaniques provoquent un certain refroidissement de l’atmosphère, ou en tout cas un ralentissement du réchauffement. Les cendres volcaniques en suspension réfléchissent une partie des rayons du soleil avant qu’ils n’atteignent la Terre.  L’éruption actuelle du volcan de la Souffrière pourrait d’ailleurs provoquer une baisse ou une stabilisation des températures cette année, ce serait une bonne nouvelle.

Les scientifiques ont donc eu l’idée de reproduire cet effet en dispersant des petites particules dans l’atmosphère pour filtrer la lumière du soleil. Cette technique de géo-ingénierie s’appelle en anglais SRM (solar radiation management).

Les scientifiques américains appellent à l’étude de cette technologie (lien Nature). Après des tests préliminaires, elle a été délaissée par crainte de conséquences sur le climat et du laxisme au niveau des émissions. Pour le moment, des études tentent de mieux définir les aérosols déjà présents dans l’atmosphère.  L’Université d’Harvard avait prévu de lancer des essais SCoPEx de dispersion de particules mais ceux-ci ont été bloqués par les Samis suédois la semaine passée (lien Reuters), car la réduction des émissions de carbone leur paraît une bien meilleure solution.

Nuage de cendres d’une éruption volcanique naturelle

Je relaye ici un article qui est un appel pressant aux écologistes d’évaluer les conséquences de cette technologie avant de l’utiliser. Selon les auteurs, elle pourrait avoir plusieurs conséquences imprévues sur le climat et sur les écosystèmes terrestres (article).

Les aérosols dispersés dans l’atmosphère diminueraient la quantité de lumière solaire qui atteint la Terre, et par là la température de l’air, sans diminuer le CO2 atmosphérique, la température ni l’acidification des océans.  Les ‘effets secondaires’ pourraient inclure une augmentation ou plutôt la destruction de la couche d’ozone, des sécheresses, et la perte de la mousson asiatique. Cela dit, il me semble que cette dernière s’accroît très vite et cause des inondations de plus en plus graves, ce qui est aussi un problème (lien).  L’intervention pourrait provoquer aussi une déposition de sulfate et changer le spectre de la lumière atteignant la terre.

Un risque inhérent à cette géo-ingénierie est qu’elle devrait continuer tant que la concentration de CO2 ne redescendra pas, un arrêt qui pourrait subvenir lors d’une guerre, une défaillance, ou encore la destruction du centre d’émission provoquerait un saut de température avec des conséquences météorologiques à côté desquelles les intempéries actuelles seraient des bébés.

Si l’intervention est appliquée tôt, elle pourrait être beaucoup plus modérée. Par contre, si plus tard nous devons rapidement faire descendre la température de deux ou trois degrés, la dose d’aérosols serait beaucoup plus massive et ses conséquences pourraient être plus graves.

L’article appelle les écologistes à étudier ses conséquences éventuelles d’urgence. Il existe bien sûr d’autres solutions, la réduction d’émissions, la capture du carbone par des méthodes naturelles ou artificielles, ou encore la reconstitution artificielle de la glace Arctique, ou la fertilisation des océans.

Lien sur l’article et sur le communiqué

Jeunes plantules dont le développement (direction, hauteur, branches, feuilles), dépendra de la lumière

Une feuille à l’ombre d’une autre plante reçoit une lumière filtrée (et le sait).

PLANTES ET ALGUES MARINES

Les plantes utilisent l’énergie du soleil pour fixer le carbone de l’atmosphère.  Elles en sont totalement dépendantes et se sont développées en fonction de la lumière solaire. De nombreux récepteurs à des longueurs d’onde spécifiques influencent leur développement. Chaque étape de sa vie, la germination, l’élongation, la croissance, la formation de bourgeons, la croissance des feuilles, la capture du carbone, la floraison dépendent d’un dosage précis de lumière à différentes longueur d’ondes.

La petite plantule décode le spectre de la lumière. Sa composition provoquera une croissance accrue vers le haut, ou la formation des branches, ou l’agrandissement des feuilles, ou déclenchera la floraison (Huché-Thellier,  Leduc).

La photosynthèse, qui aboutit à la fixation de carbone et à la formation de biomasse, est une réaction chimique alimentée par la lumière. Elle en dépend absolument. Les pigments chlorophylles impliqués, absorbent surtout la lumière rouge (autour de 650 nm) et bleue (env 450 nm).

Les végétaux disposent de nombreux photorécepteurs qui réagissent à la lumière allant de l’UVB au rouge lointain, un spectre plus large que la vision humaine.  Il s’agit de protéines qui reconnaissent un stimulus spécifique et transmettent le signal de sa présence dans la plante. Ils détectent des longueurs d’onde comprises 280 et 780 nm. Ils se trouvent partout dans la plante, il y en a même dans les racines. Ils permettent de réagir à des changements du spectre lumineux, de la direction et de la photopériode.

Les UVB sont généralement nocifs pour les plantes comme pour les humains, et dans certains cas freinent la croissance des végétaux qui investissent leur énergie dans la production de composés de protection anti-UV.  Les plantes qui ont poussé dans un appartement sont très sensibles aux UVs, mais quand elles détectent les UVs à l’extérieur,  elles s’y acclimatent et deviennent plus résistantes.

Les UVA et la lumière bleue sont importants pour la croissance des plantes, pour la photomorphogenèse, et pour l’ouverture des stomates. Ces petites ouvertures à la surface des feuilles permettent au CO2 d’entrer dans la plante, donc la fixation du carbone ainsi que les échanges gazeux en général.

Une molécule spécifique, le phytochrome, reconnait la lumière filtrée par les feuilles des autres plantes, à 730 nm. Elle permet à la plante de savoir si elle est à l’ombre d’autres végétaux ou en plein soleil. Lorsque la lumière qui arrive est tamisée par des feuilles vertes, le récepteur est inactivé, ce qui favorise la croissance rapide d’une plante étiolée vers le haut. Elle investit alors toute son énergie pour pousser  et pour se faire une place au soleil. Quand elle parvient en pleine lumière, le récepteur réagit aux rayons rouges, et la plante forme alors plus de feuilles et s’étale en largeur.

Les océans sont habités par des algues vertes, mais aussi bleues et rouges, déférentes des plantes terrestres. Elles possèdent aussi plusieurs photorécepteurs qui orientent leur développement selon le spectre de la lumière. Pendant la plus grande partie de l’histoire de la terre, la photosynthèse, la fixation de carbone et la libération d’oxygène ont été faites par les algues bleues (les cyanobactéries). Les algues rouges, plus évoluées, se sont répandues au Jurassique. Leur succès pourrait être dû aux périodes d’anoxie des océans. Le phytoplancton a des nombreux pigments qui lui permettent d’absorber la lumière sur une grande partie du spectre visible (revue). 

Bref, un changement du spectre de la lumière pourrait avoir des effets variés, différents selon les latitudes et les espèces de végétaux photosynthétiques. Par exemple, une expérience artistique aux Pays-Bas illumine les plantes la nuit avec de la lumière rouge, bleue, ce qui les fait pousser plus vite et avec des UVs bien dosés qui activent leurs défenses contre les maladies, et permettent une réduction des pesticides (vidéo, page internet).

 

L’effet d’un changement du spectre de la lumière solaire devrait être testé pour toute la vie d’une plante, la germination, la croissance, la floraison et la formation de graines fertiles. Il n’y aura peut-être pas d’effets négatifs. Par exemple, l’éruption du Pinatubo qui a réduit la lumière du soleil a apparemment provoqué une croissance accrue d’environ un quart d’une forêt en Afrique du Nord, elle semble donc avoir eu des effets positifs sur cette forêt, même s’il faudrait vérifier les effets sur une période plus longue.

Le professeur Fankhauser de l’Université de Lausanne, spécialiste des photorécepteurs, m’a fourni une partie de ces renseignements. Je lui ai demandé quelles seraient les conséquences pour les végétaux de la destruction de la couche d’ozone ou d’un changement du spectre de la lumière. Selon lui, la destruction de la couche d’ozone serait catastrophique, car les UVs diminuent la productivité des plantes.

Quant au changement du spectre de la lumière, il estime qu’il pourrait aussi créer des problèmes, car les plantes utilisent une information qui est un équilibre entre les différentes longueurs d’onde, la plante mesure le rapport entre les différents rayons pour orienter son développement.

Les nuages réduisent toutes les longueurs d’onde, et la nature s’est adaptée au spectre existant depuis des millions d’années. Il considère qu’il vaudrait mieux ne pas filtrer une longueur d’onde spécifique,  pour éviter de perturber l’écosystème.

Image de couverture Gerd Altmann

L’extinction humaine est-elle proche? L’apocalypse selon Guy McPherson

Guy McPherson est un ancien professeur d’université d’écologie. Il a quitté le monde de la recherche universitaire, et la vie dans la société américaine pour exploiter, conformément à ses valeurs,  une ferme écologique, changement  qu’il a décrit dans un livre, ‘Walk away from the Empire‘ et dans son blog.  Le livre ‘Going dark’ expose ses inquiétudes pour la Planète. Aujourd’hui, il expérimente personnellement un mode de vie écologique. Il élève des chèvres et  cultive son jardin.

Ses recherches l’ont mené à prendre très au sérieux la vitesse à laquelle les espèces vivantes disparaissent aujourd’hui et le changement climatique. Dans une publication récente, qu’il présente dans cette vidéo, il déclare que l’espèce humaine risque l’extinction à court terme. Il cite plusieurs changements inquiétants qui surviennent actuellement sur la Terre, et qui constituent des graves risques pour l’Humanité. Je le trouve un peu réducteur à clamer constamment ‘la fin est proche’- Michael Mann, un climatologue, dont le travail récent suggère que les températures se stabiliseraient si nous diminuons les émissions,  a même dit récemment que Guy McPherson devait être payé par les industries fossiles pour saper l’action climatique, ce qui est certainement aussi exagéré. Guy McPherson fait allusion à des faits et des risques réels de son point de vue d’écologiste.

Selon lui, les conditions de vie nécessaires pour l’humain pourraient être détruites sur Terre, l’Humanité pourrait disparaître, comme l’immense majorité d’espèces s’est éteinte au cours de notre passé géologique. Il remarque que la plupart des vertébrés terrestres disparait à vue d’oeil, alors il pourrait en être de même pour l’Homme.  D’autres écologistes s’alarment aussi du rythme effréné de disparition d’espèces sur Terre, (Paul Ehrlich par exemple, lien), et estiment qu’elle signale un bouleversement majeur du système Terre et y voient un immense danger.

J’objecte que pour le moment, nous annexons tous les écosystèmes sauvages pour produire des aliments pour les humains. Mais il est vrai nous ne le faisons pas intelligemment ni de manière durable.

Méthane dans la mer Arctique et dans le permafrost

GuyMcPherson cite par exemple le méthane dans la mer Arctique ou dans le permafrost terrestre que le réchauffement pourrait libérer, et le gaz émis démultiplierait le réchauffement climatique, avec des très dangereux bouleversements météorologiques.  Cet événement hypothétique est généralement considéré comme possible pour le 22ième siècle, certains craignent une augmentation du réchauffement par le méthane vers 2050 déjà. D’autres, comme Peter Wadhams, pensent qu’elle pourrait se produire à tout moment. Le permafrost semble dégeler plus vite que prévu, les émissions de méthane ont augmenté (traduction d’un discours ONU) ces dernières années et c’est inquiétant.  Les quantités sont encore infimes, mais un processus redouté a commencé. Il pourrait mener à des événements d’une échelle réellement apocalyptique, mais ils devraient nous laisser encore au minimum quelques décennies.  Certains scientifiques pensent que la Nature, a par le passé, éliminé le méthane d’une manière ou d’une autre. Il faudrait cependant rechercher des solutions aux émissions de méthane (blog).

Le nouveau climat terrestre

Ensuite, il fait allusion au travail de Burke qui compare le réchauffement aux climats passés (lien), et calcule que  si nous restons à 2°C du réchauffement, le climat résultant des prochaines centaines d’années sera probablement celui du Pliocène, 2-3°C plus chaud qu’aujourd’hui, avec des hivers froids et des étés caniculaires sous nos latitudes.  Les conditions de culture agricole pourraient alors beaucoup changer.  Si par contre nous suivons la trajectoire de réchauffement rapide sans maîtrise des émissions humaines, jusqu’à 4°C de réchauffement, le climat de la Terre pourrait basculer vers celui de l’Eocène, 13°C plus chaud, au cours du 22ième siècle.  Une température de 4°C ferait probablement fondre les glaces et pourrait provoquer les émissions de méthane qui réchaufferaient la Terre de plusieurs degrés supplémentaires. Ces changements vers un nouvel équilibre climatique se produiraient à l’échelle d’un ou deux siècles.

Aérosols

Actuellement, la combustion du charbon libère des aérosols qui refroidissent l’atmosphère.  L’arrêt immédiat de toutes les industries diminuerait la quantité d’aérosols dans l’atmosphère et réchaufferait la Planète. Si tout s’arrêtait demain, il ferait un peu, peut-être 0,5°C plus chaud pendant quelques années. Une nouvelle étude au moins suggère que l’effet des aérosols est moins fort que prévu par les modèles climatiques (lien ), une autre estime même que les aérosols réchauffent la Planète (lien).   Et tant que le charbon est utilisé, l’effet de serre augmente. En 2020, la Chine a réduit l’activité de ses usines pendant le confinement. Il semble qu’il n’y a pas eu de réduction d’aérosols au niveau planétaire, car d’immenses feux de forêts en Australie et surtout en Amazonie en ont produit beaucoup.

Guy McPherson s’inquiète de l’effet de réchauffement que l’arrêt des usines et de leurs aérosols aurait sur la Planète, mais si les usines étaient mises hors service ou changeaient de source d’énergie progressivement, sur une dizaine d’année, ça devrait aller.  Cela semble la meilleure solution, proche de celle préconisée par le programme des Nations Unies pour l’Environnement (lien).

Approvisionnement alimentaire

Ensuite, il estime que notre approvisionnement alimentaire pourrait être rapidement désorganisé, soit à cause d’une perte de fertilité planétaire causée par la disparition des vers de terre, soit à cause de ruptures de la chaîne d’approvisionnement dans un système impliquant des nombreux transports intercontinentaux.

Les vers de terre dégradent des restes de plantes dans le sol et contribuent à les transformer en humus. Ils aèrent le sol et le rendent perméables à l’eau (brochure FIBL EN) . Le travail cité par Guy McPherson estime que 83% des vers de terre ont aujourd’hui disparu.  L’usage de pesticides chimiques et de lourdes machines agricoles rend leur survie dans les champs difficile, et leur absence aggrave le tassement des sols et la perte d’humus, et pourrait contribuer à l’épuisement des sols.  L’absence des vers de terre est aussi indicative des changements des terres. Celles-ci contiennent, dans la nature, un écosystème riche de milliers de bactéries, de petits animaux et de champignons nécessaires au fonctionnement du sol vivant.  En 2018, puis de 75% des sols étaient dégradés par l’exploitation humaine. Il y a de plus en plus d’humains à nourrir, et nous détruisons les champs dont nous avions besoin. Nous sapons vraiment la Terre sous nos pieds.  Ces problèmes surviennent progressivement, s’aggravent depuis des décennies. Des solutions, telles que la reforestation, l’agroforesterie, l’agriculture biologique, les couverts végétaux, l’agriculture sans labour,  sont aussi développées, par exemple par le FIBL. L’association Terre et Humanisme travaille beaucoup avec les vers de terre et le lombricompostage.

La pandémie nous a donné l’exemple de la fragilité de notre système économique. Les engrais, les céréales qui nourrissent souvent des animaux et la viande sont produits sur des continents différents, et dépendent du commerce et du transport mondial.  Ce système est à bout de course, des perturbations sont prévues et se produisent. L’engrais chimique a provoqué une énorme explosion au Liban cette année, et cette semaine des moutons étaient bloqués dans le canal de Suez. Il faut le simplifier, le remplacer par des circuits locaux  et le rendre plus résiliant.

Fonte de la glace Arctique

Guy McPherson mentionne que la glace sur la mer Arctique fond plus vite que prévu. La surface blanche de la glace agit comme un couvercle et une surface réfléchissante.  L’absence de glace causera un réchauffement supplémentaire immédiat, et plusieurs scientifiques alertent sur les perturbations météorologiques qu’elle pourrait provoquer, des tempêtes, des vagues de froid et de chaleur. Une étude géologique suggère que l’absence de glace et l’arrivée d’eau plus chaude au contact de la surface a provoqué un réchauffement rapide de plusieurs degrés par le passé, mais ce danger n’est généralement pas pris en compte dans les modèles climatiques. L’océan pourrait aussi se réchauffer en profondeur et favoriser les émissions de méthane.  La fonte complète de la glace arctique en été ce produira certainement au cours de ce siècle, peut-être dans quelques années, nous en avons déjà perdu la moitié. Avant,  la mer Arctique était continuellement couverte de glace épaisse d’environ un mètre et âgée de quelques années, maintenant elle est plus fine, fragmentée et semble bien compromise.

Les avions

Ensuite, il cite un travail de Gunther Pauli qui propose que les tourbillons formés par le passage des avions changent la circulation de l’atmosphère. Je n’ai jamais entendu ça avant. Je ne dispose pas de calculs prouvant que c’est faux, je ne peux pas vraiment invalider ses dires, mais ça me paraît douteux. Si c’était vrai,  on pourrait peut-être faire voler des avions dans l’autre sens pour changer la circulation atmosphérique.

El Nino

Ce phénomène se produit tous les 3 à 7 ans, des eaux chaudes affleurent à la surface du Pacifique et réchauffement l’atmosphère (lien). La dernière année El Nino, 2016, a battu les records de chaleur, et causé des graves sécheresses, particulièrement en Afrique, qui ont touché 60 millions de personnes (lien).  Les années El Nino extrêmes deviennent plus probables d’après le GIEC:. La Planète se réchauffe, et El Nino apportera probablement  une année de vagues de chaleur plus élevées.  Les habitants des pays chauds, par exemple d’Afrique de l’Est, pourraient en souffrir sérieusement, vivre des famines ou des vagues de chaleur mortelles.  La production alimentaire sur Terre serait réduite, et nous pourrions vivre en Suisse des vagues de chaleur de quelques degrés plus élevées que la précédente.

Si je reprends les dangers énumérés par Guy McPherson,   le prochain événement  sera probablement une année El Nino,  qui se produira  dans un an, dans deux ans ou au plus dans cinq ans. Ce sera une année plus chaude que toutes celles que l’Humanité a vécu, qui pourrait être accompagnée d’événements météo nouveaux ou plus intenses.

Pourrait-elle mettre en branle un processus de fonte de glace Arctique, de sécheresses, de réchauffement rapide, de  fonte du permafrost, et de réchauffement abrupt apocalyptique?  Ces changements dangereux pour la survie de l’Humanité ne sont généralement pas prévus pour le 21ème siècle, mais le climat pourrait nous surprendre.

L’Humanité compromet de plusieurs façons ses conditions de vie sur Terre et doit immédiatement modifier son mode de vie pour sa sécurité.

 

 

Blog: créons des réserves alimentaires planétaires

Mes souvenirs de la Pologne communiste dans les années 1970-1980

Je suis née en Pologne, à Varsovie, dans les années 1970. C’était un des pays les plus libres du bloc communiste, ce qui signifie que des nombreuses personnes critiquaient le système entre amis sans avoir trop de problèmes, qu’ils n’étaient pas persécutés pour la fréquentation de l’église, et qu’ils pouvaient posséder une maison familiale ou une épicerie. Le gouvernement était assuré par le parti unique communiste, dont il fallait être membre pour se présenter aux élections et pour bénéficier de divers avantages. Les partis capitalistes étaient interdits. Les voyages à l’étranger étaient limités.

Presque le monde avait un travail, de 8h à 16h. Je dirais que le travail, ainsi que les recherches de travail, étaient moins stressants et créaient une certaine sécurité. Les femmes avaient le droit de vote, de travailler, de divorcer, et d’avorter. Personne ne m’a jamais dit que les hommes étaient meilleurs à l’école. Les salaires étaient assez égalitaires, mais le système était corrompu. Les fortunes personnelles, les biens, les châteaux, avaient été confisqués vers 1945. Les propriétaires privés ont pu garder une petite maison familiale. Il n’y avait aucun sens à avoir des économies en banque, car elles étaient très lourdement taxées. La population vivait essentiellement du salaire mensuel. Le change international était tel que 10 dollars américains permettaient d’acheter de la nourriture pour un mois, ce qui contribuait à l’impression d’une immense richesse des pays capitalistes, mais l’alimentation était beaucoup moins chère. La carotte polonaise valait alors infiniment moins qu’une carotte suisse. La nourriture était essentiellement locale, les rares importations provenaient des autres pays du bloc communiste.

Les entreprises appartenaient à l’Etat, dont tous étaient les employés, et dépensaient dans les magasins d’état leur salaire mensuel, que l’état récupérait. Les salaires étaient à peu près égaux, certains ouvriers de métiers pénibles étaient particulièrement bien payés.  L’économie était planifiée, la production prévue d’avance. La corruption, le système D et l’entraide régnaient.

Dans les magasins, le choix était très limité. Le rayon de produits ménagers par exemple proposait un produit à vaisselle Ludwik et un produit de nettoyage du même nom. Le rayon vêtements offrait un choix aussi restreint.  En conséquences, les magasins couvraient ainsi une surface à peu près cent fois plus petite que dans les pays capitalistes aujourd’hui. Il n’y avait aucune publicité, sans enseignes ni néons. J’ai retrouvé des magasins un peu semblables au Danemark dans les années 2000.

Le système avait des bugs, des pénuries épisodiques provoquaient d’immenses files d’attente lors des livraisons de certains produits. Les gens disaient qu’il s’agissait d’erreurs d’un employé, mais cela pouvait être lié au choc pétrolier, au commerce international.  Les vendeuses des magasins et les serveurs engueulaient les clients.  Cela dit, tout le monde était disponible, avait du temps, les gens étaient beaucoup moins stressés, et cet aspect me plaisait beaucoup. La stabilité de l’emploi et l’absence de stress au travail était bénéfiques.

Après leur mariage, mon père et ma mère ont d’abord vécu dans la chambre de ma mère chez mes grands-parents, et un appartement de 64m2 leur a été attribué quand j’avais trois ou quatre ans, selon le critère d’une pièce par personne. Bien sûr, ils ne pouvaient choisir ni la vue, ni le quartier, ni l’étage.

Les vacances se passaient dans des centres de vacances d’entreprise, comme EDF par exemple en a en France, au camping, ou chez l’habitant à la campagne, dans des petites constructions entourées de Nature.  Les lieux de villégiatures n’étaient pas bétonnés à outrance comme les destinations populaires actuelles.

J’ai eu beaucoup de vaccins et d’antibiotiques, et quand nous étions malades, nous restions à la maison à partir d’une température de 37.2° sur l’ordre du médecin. Cela évitait la propagation des maladies aux autres et peut-être des accidents. Ma mère avait droit à des jours de congé pour maladie personnelle et pour s’occuper de ses enfants malades. Le congé maternité était probablement plus long aussi.

Les grenouilles qui coassaient jadis dans l’étang près de la maison de ma grand-mère avaient disparu, l’eau du robinet était polluée, le ciel à Varsovie n’était presque jamais bleu, un smog permanent couvrait la ville.  L’écosystème de la mer Baltique a aussi été endommagé par la pollution chimique. Nous ne savions pas quels polluants se trouvaient dans l’eau, il était interdit d’en parler.

A la fin des années soixante-dix, des nombreuses protestations se sont déroulées en Pologne qui furent réprimées par un Etat d’urgence. Celui-ci était accompagné d’un rationnement de certains produits: p.ex de viande, en quantité raisonnable, de beurre, d’essence et d’habits. Nous sommes partis alors. En 1989, à la fin du communisme, la Pologne a adopté le capitalisme à l’américaine, et a connu une forte croissance. Une des conséquences les plus terribles a été une grande inflation, où le prix des appartements a dépassé de plusieurs fois les retraites des personnes âgées, dont le budget est devenu réellement impossible.

Je n’ai pas vraiment de morale. Je me souviens que tout le monde avait le temps les uns pour les autres. Je crois que la liberté d’expression est primordiale, sans elle une pollution très dangereuse peut par exemple être cachée. Les gouvernements totalitaires savent-ils eux-mêmes ce qu’ils cachent?   Une information correcte aurait pu permettre de voir l’étendue des problème et de trouver des solutions.

Je trouve aussi qu’un salaire égal pour tous est une assez bonne idée. Il pourrait affecter le choix des métiers par les jeunes et les orienter plus vers leurs compétences ou leurs intérêts. Il est absolument injuste que certains fassent des travaux pénibles sans pouvoir boucler le mois. La planification des emplois peut orienter le travail des citoyens vers des tâches utiles à la société. Je ne veux pas d’un monde des cireurs de chaussures qui dorment dans la rue.

Un minimum de propriété privée me paraît souhaitable, souvent les propriétaires s’occupent mieux de leur propre maison, prennent des décisions plus durables, et elle donne un sentiment de sécurité pour l’avenir.   De nombreuses personnes ont réellement l’esprit d’entreprise, et ont déployé une activité beaucoup plus importante, dix fois plus importante pour leur entreprise privée que dans leur emploi d’Etat, mais cela a peut-être conduit à un remplacement de la production locale par l’importation. Alors il faudrait au moins des règles.

La consommation, la production industrielle et la destruction d’objets fabriqués par l’Homme devraient être limitées. Une certaine planification de la production est souhaitable sur une Planète finie. Le climat va poser d’énormes problèmes. Il faudra de toute façon tout changer pour faire face au climat.

Le rapport ‘Faire la paix avec la Nature (PNUE)’ pourrait être trop modéré

Je résume ci-dessous le rapport ‘Faire la Paix avec la Nature’ du programme des Nations Unies pour l’Environnement.  Il relève les problèmes écologiques actuels, alerte sur leur aggravation prévisible, et propose des solutions.  Il pourrait être l’argument scientifique le plus convaincant pour nous décider à protéger la Planète maintenant. Le secrétaire-général de l’ONU, Antonio Gutierrez, résume les conclusions très simplement: ‘Notre guerre contre la Nature est suicidaire, et a laissé une Planète cassée. Nous devons presser l’interrupteur vert. Nous avons une chance non pas de changer l’économie, mais de la transformer’.  Personnellement, je propose de produire à peu près la quantité d’objets dont nous avons besoin, ou au maximum que nous achetons, en renonçant aux piles d’invendus voyageant de continent en continent inutilement.

Je remarque cependant que la trajectoire de solutions la plus sévère de ce rapport nous donne 50% de chances de rester en dessous de 1,5°C de réchauffement. 50-50? Jouons-nous à pile ou face ou à la roulette russe avec notre Planète? Peut-être y-a-t-il un fort risque que nous dépasserons de toute façon un peu ce seuil de sécurité, au-delà duquel le climat peut se révéler incontrôlable.  Nous pourrions entrer dans une zone de turbulences.

Pour des raisons liées à la progression du réchauffement, je suis un peu perplexe par rapport à leurs prévisions pour 3°C. Actuellement, les effets du changement climatique sont plus graves que prévu, et ils pourraient l’être aussi à l’avenir, et se produire plus tôt. J’y reviendrai la prochaine fois.

Lien sur les messages clés du rapport en français: Messages clés

Extraits du rapport PNUE ‘Faire la Paix avec la Nature’

La Terre est en danger

Au cours des 50 dernières années, l’économie mondiale a presque quintuplé, la population mondiale a doublé. Le réchauffement causé par l’Homme, qui atteint actuellement plus de 1 ° C,  a déjà entraîné des changements des zones climatiques, des changements des régimes de précipitations, la fonte des calottes glaciaires et des glaciers, l’accélération de l’élévation du niveau de la mer et des événements extrêmes plus fréquents et plus intenses, qui menacent les personnes et la Nature.

Aucun des objectifs mondiaux pour la protection de la vie sur Terre et pour enrayer la dégradation des terres et des océans n’a été pleinement atteint. Les trois quarts des terres et les deux tiers des océans sont désormais abimées par l’Humanité. 

La capacité de la Terre à répondre aux besoins croissants d’aliments nutritifs, d’eau et d’assainissement continuera de s’affaiblir face au déclin continu de l’environnement. 

Par exemple, la sécurité alimentaire est menacée par la perte de pollinisateurs et de sols fertiles. La perte de pollinisateurs menace la production annuelle mondiale de cultures, d’une valeur comprise entre 235 et 577 milliards de dollars EU.

Changements systémiques

Seule une transformation du système entier permettra le bien-être de tous dans les limites de la capacité de la Terre, et d’atteindre le zéro net d’ici 2050 pour mettre le monde sur la voie de 1,5 ° C avec une probabilité d’environ 50 par cent. 

Les gouvernements devraient intégrer la prise en compte du capital naturel dans leurs décisions et utiliser les politiques et les cadres réglementaires pour inciter les entreprises à faire de même.

Ils devraient abandonner les subventions nuisibles à l’environnement, investir dans des solutions et des technologies à faible émission de carbone et respectueuses de la nature, et internaliser systématiquement les coûts environnementaux et sociaux.  Ils devraient faire payer les services écosystémiques, et taxer l’extraction des ressources brutes.

Les gouvernements lancent et dirigent la coopération intergouvernementale, les politiques et la législation qui transforment la société et l’économie. Ces transformations permettent au secteur privé, aux institutions financières, aux organisations non gouvernementales, aux institutions scientifiques et éducatives et aux médias, ainsi qu’aux particuliers, aux ménages et aux groupes de la société civile, d’initier et de mener des transformations dans leurs domaines.

Le déplacement de la fiscalité de la production et du travail vers l’utilisation des ressources et les déchets favoriserait une économie circulaire.

Il faut transformer les systèmes économiques et financiers pour qu’ils mènent et alimentent la transition vers la durabilité.

Il faut créer des synergies: Financer la coopération internationale et intersectorielle, le renforcement des capacités et la coopération technologique qui abordent les défis environnementaux et le bien-être humain.

Il faut divulguer les risques financiers liés au climat, l’utilisation des ressources naturelles et l’impact de ces activités sur l’environnement.

Les opérations doivent être alignées sur l’objectif d’émissions de carbone nettes nulles et les principes de durabilité.

La réalisation des objectifs de développement durable exigera des changements et une augmentation massifs des flux financiers publics et privés et des modèles d’investissement, y compris dans les secteurs de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie. Les incitations doivent être modifiées pour que les investissements dans le développement durable soient financièrement attractifs.

Des changements dans les modes de consommation mondiaux sont essentiels pour transformer les systèmes alimentaires, hydriques et énergétiques. 

Dommages actuels au système Terre

Le réchauffement actuel, plus important sur la terre que sur l’océan et le plus élevé dans les régions polaires, a déjà conduit à la fonte des calottes glaciaires et des glaciers, à une accélération de l’élévation du niveau de la mer, à des événements extrêmes plus fréquents et plus intenses, à des modifications des régimes de précipitations, ainsi que les changements dans les zones climatiques, y compris l’expansion des zones arides et la contraction des zones polaires.

Un tiers des stocks de poissons marins sauvages ont été surexploités en 2015.

Les engrais qui pénètrent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 «zones mortes» totalisant plus de 245 000 km2 – une superficie plus grande que le Royaume-Uni

La pollution par les plastiques marins a décuplé depuis 1980.

Les déchets plastiques marins ont des impacts écologiques, notamment l’enchevêtrement et l’ingestion, et peuvent agir comme vecteur d’espèces envahissantes et d’autres polluants.

Risques du réchauffement futur

Le risque de perte irréversible des écosystèmes marins et côtiers, y compris les herbiers marins et les forêts de varech, augmente avec le réchauffement climatique. On prévoit qu’un réchauffement de 2°C entraînera une diminution de la biomasse des communautés animales marines et leur productivité. Les récifs coralliens sont particulièrement vulnérables au changement climatique. La perte de diversité biologique présente des risques pour la production alimentaire. La perte de pollinisateurs animaux, essentielle pour plus de 75% des cultures vivrières, y compris de nombreux fruits et légumes et cultures de rapport comme le café, le cacao et les amandes, menace la production annuelle mondiale de cultures d’une valeur comprise entre 235 et 577 milliards de dollars EU. L’érosion du sol à partir des champs agricoles est estimée à 10 à plus de 100 fois plus élevée que le taux de formation du sol, affectant les rendements agricoles en réduisant la rétention d’eau et en provoquant une perte de nutriments. On estime que 176 gigatonnes de carbone organique du sol ont été perdues dans le passé, principalement à cause du changement d’affectation des terres, et 27 gigatonnes supplémentaires devraient être perdues entre 2010 et 2050.

D’ici la fin du siècle, l’inaction face au changement climatique pourrait entraîner une réduction de 15 à 25% de la production par habitant pour 2,5 à 3° C de réchauffement planétaire, par rapport à un monde qui ne s’est pas réchauffé au-delà des niveaux de 2000-2010. Les estimations des dommages économiques associés à 2° C de réchauffement atteignent 69 billions de dollars US 26, tandis que 15 à 38 500 milliards de dollars US de dommages économiques pourraient être évités en limitant le réchauffement à 1,5° C. Les économies mondiales pour la santé grâce à la réduction de la pollution atmosphérique pourraient représenter plus du double des coûts de mise en œuvre de l’Accord de Paris entre 2020 et 2050.  Les estimations des coûts de réduction des émissions, bien que substantielles, sont bien inférieures aux estimations des dommages. Les estimations de coût pour limiter le réchauffement à moins de 2 ° C sont de 2 à 6% du PIB mondial en 2050 et de 3 à 11% en 2100.

Risques associés aux événements météorologiques extrêmes tels que les canicules, les fortes précipitations dans plusieurs régions et les sécheresses.

Dans certaines régions, ils deviennent déjà élevés entre 1° C et 1,5° C de réchauffement.  Des points de basculement pourraient exister pour les systèmes humains avec des températures élevées et peuvent survenir dans des endroits où la capacité d’adaptation humaine existe. Le réchauffement des températures ambiantes jusqu’à 3 ° C devrait entraîner une augmentation substantielle des vagues de chaleur provoquant un coup de chaleur et la mort. Les risques de mortalité et de morbidité liées à la chaleur deviennent élevés entre 1 ° C et 3 ° C d’augmentation de la température moyenne mondiale.

Les principaux risques pour les implantations dus au changement climatique comprennent le stress thermique, les fortes précipitations, les inondations intérieures et côtières, les glissements de terrain, la pollution de l’air, la sécheresse, la pénurie d’eau, l’élévation du niveau de la mer et les  tempêtes.

Un des grands risques provient du fait que la consommation mondiale devrait augmenter plus rapidement que la croissance démographique en raison d’un passage à des modes de vie plus gourmands en ressources, alimenté par l’augmentation du revenu par habitant.

Les émissions nettes de dioxyde de carbone devront être réduites de 45% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2010 et atteindre zéro d’ici 2050.

Domaines clés pour un changement transformateur:

1. Paradigmes et visions d’une bonne vie: évoluer vers des paradigmes qui mettent l’accent sur les relations avec les personnes et la nature plutôt que sur la consommation matérielle, y compris de nombreuses visions existantes de la bonne vie comme celles vécues selon les principes et les vertus de la responsabilité envers les personnes et la nature.

2. Consommation, population et déchets: réduire l’effet global négatif des besoins et de la demande humains – en fonction des taux de consommation et de production, de la taille de la population et des déchets – en réduisant la consommation et la production par habitant dans certaines régions et la croissance de la population humaine en autres.

3. Valeurs latentes de responsabilité: Libérer les capacités existantes et les valeurs relationnelles de responsabilité pour permettre une action humaine et organisationnelle généralisée.

4. Inégalités: réduire systématiquement les inégalités de revenus et d’autres formes, y compris entre les sexes, les races et les classes.

5. Participation à la gouvernance de l’action environnementale et de l’utilisation des ressources: Pratiquer la justice et l’inclusion dans la prise de décision de ceux qui en sont le plus touchés, en particulier les peuples autochtones et les communautés locales.

6. Externalités: comprendre et internaliser les effets négatifs distants, retardés et diffus des actions, y compris l’activité économique.

7. Technologie, innovation et investissement: transformer les régimes d’investissement et d’innovation technologique et sociale, de sorte que les technologies et leur utilisation produisent des effets positifs nets sur les personnes et la nature (par exemple, en passant à une économie circulaire et en éliminant les déchets).

8. Éducation et production et partage des connaissances:

Promouvoir la vaste base de connaissances et de capacités qui sont fondamentales pour des sociétés justes et fonctionnelles, et accroître et diffuser les connaissances spécifiques à la durabilité.

Solutions pour restaurer la biodiversité

L’expansion des zones protégées et des zones strictement interdites à la pêche dans les eaux territoriales et en haute mer peut conserver et reconstituer les stocks d’espèces commerciales et non commerciales et protéger les écosystèmes aquatiques.

Le secteur privé peut aider à protéger la biodiversité en veillant à ce que les produits qu’il commercialise proviennent de sources durables.

Les zones humides sont un exemple d’écosystème fonctionnel, hautement menacé et riche en biodiversité nécessitant une protection urgente.

Les actions pratiques comprennent une meilleure gestion des terres cultivées et des pâturages, des choix alimentaires qui minimisent les besoins en nouvelles terres cultivées et la réduction du gaspillage alimentaire

La restauration des écosystèmes peut simultanément atténuer le changement climatique, ralentir et inverser le déclin de la biodiversité et augmenter les avantages que les gens tirent de la Nature.

Éviter, réduire et inverser la dégradation des terres, y compris la désertification, améliorerait la fertilité des sols, augmenterait le stockage du carbone dans les sols et la biomasse, et augmenterait la productivité agricole et la sécurité alimentaire. 

La mise en œuvre de nouveaux modèles commerciaux (tels que le crédit-bail de produits chimiques) visant à réduire l’utilisation de produits chimiques préoccupants, l’intensification des efforts pour développer des alternatives de chimie verte et durable et des engagements à éliminer les produits chimiques préoccupants dans les produits de consommation peuvent tous contribuent à réduire la pollution chimique.

L’initiative dirigée par les Nations Unies sur le système de comptabilité économique environnementale s’emploie à élargir les règles comptables afin d’incorporer la valeur de la Nature. Le cadre intègre des données économiques et environnementales pour fournir une vue plus complète des interrelations entre l’économie et l’environnement et les stocks et les variations des stocks d’actifs environnementaux.

Agriculture durable

L’assistance technique et les programmes d’incitation économique peuvent encourager des pratiques agricoles durables et réduire les pertes de nourriture avant et après récolte.

Les petits agriculteurs, en particulier les agricultrices, doivent être habilités à adopter des pratiques durables. Les inégalités doivent être traitées à l’avance de manière durable.

Les instruments politiques pour parvenir à la durabilité du système d’eau comprennent la réallocation de l’eau à l’échelle du bassin et l’éducation et des incitations pour accroître l’efficacité de l’utilisation de l’eau dans l’agriculture.

Il est aussi essentiel de changer le comportement des consommateurs.

L’accès universel à une énergie propre nécessite une transition rapide vers des systèmes à faible émission de carbone tant pour la production que pour l’utilisation de l’énergie. Il est possible et essentiel de transformer le système énergétique.

Des améliorations substantielles de la santé et du bien-être humains dans le monde (ODD 3) peuvent être obtenues grâce à des changements transformateurs.

Villes durables

Les villes doivent être planifiées pour la durabilité. Il faut encourager la densification des communautés compactes, en particulier dans les villes tentaculaires;  intégrer la biodiversité, la nature et la restauration écologique; promouvoir une production et une consommation durables; promouvoir des solutions fondées sur la Nature; la promotion, le développement, la sauvegarde ou la modernisation d’infrastructures immatérielles pour la gestion de l’eau tout en améliorant les infrastructures matérielles pour répondre aux résultats de la biodiversité.

Il faut promouvoir l’adaptation fondée sur les écosystèmes au sein des communautés, maintenir et concevoir la connectivité écologique dans les espaces urbains, augmenter les espaces verts urbains et améliorer leur accès; accroître l’accès aux services urbains pour les communautés à faible revenu ainsi que promouvoir l’agriculture urbaine pour accroître l’approvisionnement alimentaire local.

Sauver la biodiversité: aliments végans et restaurants durables

Changer le système alimentaire

Une réforme de notre alimentation et de notre agriculture est appelée d’urgence pour la biodiversité et le climat. Les experts appellent à réduire les produits animaux dans l’alimentation humaine, ce qui libérerait la moitié des champs et pâturages actuels et permettrait d’y faire revivre des écosystèmes riches en vie et en carbone (Biodiversité. Reformer l’agriculture) .

L’usage des pesticides néonicotinoïdes pourrait décimer les insectes non seulement dans les champs, mais aussi à des dizaines de kilomètres autour de la culture traitée. Les forêts captent le carbone et stabilisent le climat, et sans elles, ils se déréglera. Si nous n’agissons pas vite, l’agriculture deviendra difficile dans un monde stérile et dévasté par les vagues de chaleur et les tempêtes climatiques.

Le risque de résistance humaine aux antibiotiques est aussi très réel. Ces médicaments sont utilisés pour limiter les épidémies dans l’élevage, et les bactéries résistantes sont de plus en plus souvent trouvées dans l’eau, ainsi que dans les hôpitaux. Les antibiotiques ont totalement changé la santé et l’espérance de vie humaine. Une partie conséquente de la population, succomberait aux maladies sans ces médicaments, le bilan serait infiniment plus lourd que celui du coronavirus, et même les opérations de chirurgie simple deviendraient hasardeuses à cause du risque d’infection.

Le think tank Chatham House insiste sur la nécessité de changer le système alimentaire, et de diminuer la proportion de protéines animales dans notre alimentation, à remplacer par des protéines végétales et des légumes.

 

Aliments végétaux

Les protéines végétales, tofu, lentilles, haricots ou noix, ont un coût beaucoup plus faible, nécessitent une surface beaucoup plus restreinte et permettraient de laisser des espaces étendus à la Nature. C’est nécessaire pour sauvegarder la vie animale sur Terre et pour le climat.  Il faut un effort sérieux pour que ces aliments soient proposés au public à bas prix. Après les magasins spécialisés en diététiques, les produits végans ont fait leur apparition dans les supermarchés, dans des tous petits emballages assez chers. Récemment, j’ai été enchantée de voir à la COOP un produit végétalien ‘Prix Garantie’, j’ai l’impression qu’il pourrait être un peu meilleur marché, mais en tout cas là le consommateur est face un choix qui correspond à la réalité agricole : du poulet à 5-7 frs ou des aliments végétaux qui devraient être autour de 2 frs. Il faut absolument que ces aliments sont produits à grande échelle et qu’ils remplacent la mauvaise viande. Les préparations aux légumes devraient aussi être généralisées.

Les snacks bon marché

J’ai l’impression qu’au cours du dernier quart de siècle, la part de plats tout prêts dans l’alimentation a beaucoup augmenté, surtout des plats tout prêts dans des snacks. Il y a là un paradoxe : une grande partie de la consommation alimentaire humaine est issue de cultures réalisées de la façon la moins chère possible, à l’aide de pesticides, d’engrais chimiques qui polluent les eaux, et de machines, à l’autre bout du monde, en quantités immenses. Ensuite, le client dépense 10 -15 frs pour son repas dans un kebab ou une pizzeria qui a acheté les ingrédients moins d’un franc. En réalité, le prix des ingrédients n’est pas limitant pour le consommateur, et ne dirige pas son choix.

Cette situation me laisse perplexe.

D’une part ces entreprises sont tributaires de l’aisance de la population et du plein emploi. A priori notre société pourrait fonctionner aussi bien si le patron du kebab et son client travaillaient tous les deux à mi-temps dans une entreprise utile, et s’ils cuisinaient eux-mêmes à la maison l’après-midi.

Notre mode de vie porte une part de responsabilité. Nous vivons une course permanente, ponctuée de longues heures de travail et de déplacements. A l’extrême, les cadres japonais travaillent jusqu’à minuit plus passent deux heures dans le train pour rentrer chez eux, avec un repas acheté au passage. Lex choix alimentaires sont alors dirigés par le manque de temps.

Cependant, l’abondance des restaurants est un pas en direction de l’économie de loisirs et du bien-être, une forme de développement préférable à des achats d’objets matériels ou aux voyages. Bien sûr, pour notre santé il faudrait au moins disposer de tables pour manger lentement et confortablement.

Il reste encore à affronter la qualité déplorable des produits, achetés le moins cher possible, qui alimentent la machine à alimentation bon marché. Les patrons sont peu informés sur la provenance des produits, leur situation est précaire, et les invendus sont gaspillés. Je ne crois pas que cette offre reflète vraiment la liberté du consommateur. Il y a peu de variété dans la vente à emporter, bien souvent des snacks voisins ont une offre identique. Le consommateur a peu de choix, et il n’a pas non plus d’information sur le produit acheté.

Image par yilmazfatih de Pixabay

 

Améliorer l’offre alimentaire

Une solution serait d’imposer légalement une alimentation saine et écologique, le prix des ingrédients passerait de par exemple d’un franc à un franc cinquante, alors le prix pour le consommateur du restaurant ou des plats prêts devrait logiquement rester très similaire.

L’interdiction des produits nocifs dans l’agriculture ou dans l’alimentation semble la mesure la plus simple à appliquer, et l’Allemagne prévoit actuellement cette solution pour sauver les insectes, ainsi que les oiseaux et toute la biodiversité en péril immense.

L’information du consommateur serait intéressante aussi : les restaurants pourraient afficher dans le menu la liste de tous les pesticides et de tous les additifs que le menu contient, en jaune ou en rouge pour les plus dangereux, ainsi que l’alimentation de l’animal servi dans le restaurant. Là ce serait plus compliqué, la liste serait extrêmement longue, car il y a aujourd’hui des dizaines de produits chimiques dans la farine des pâtes. Le danger de plusieurs produits s’accumule, le consommateur devrait pourvoir trouver la vraie composition et la qualité de ses aliments, et cela devient très difficile.

D’autre part, il faudrait favoriser l’ouverture de snacks bio, végan, d’alimentation locale, ou un label durable qui combinerait ces trois critères, et un score combinant suffisamment ces trois caractéristiques serait exigé d’un professionnel de l’alimentation.

L’ouverture des nouveaux restaurants, boulangeries et Tea-Rooms pourrait être limitée aux entreprises durables pour compenser l’étalage de malbouffe et la destruction de la Planète.

Une autre solution encore pourrait être de mieux organiser l’approvisionnement, et d’offrir, de concert avec une meilleure qualité, un système centralisé de livraison qui reprendrait les invendus. Le commerçant aurait probablement intérêt à y adhérer.

Quelle solution pouvons nous adopter pour reformer le système alimentaire cette année ? Le développement des aliments végétaux, l’interdiction des pesticides dans l’agriculture ou dans l’alimentation, l’information obligatoire du consommateur sur les polluants qu’on lui fait ingurgiter, la préférence aux entreprises durables ?

Image de couverture par Sabrina Ripke de Pixabay

Reformer l’agriculture en 2021 pour sauver la biodiversité et le climat

Perte de Biodiversité

Le think tank Chatham House alerte sur la perte de la biodiversité et appelle à un changement rapide du système alimentaire. Il pourrait être décidé cette année, plusieurs sommets internationaux sont organisés à ce sujet. Le secrétaire- général de l’ONU présidera le sommet UNFSS des systèmes alimentaires pour une meilleure sécurité alimentaire et une meilleure durabilité de l’approvisionnement mondial.

La perte de biodiversité devient extrêmement préoccupante. De nombreuses espèces d’animaux disparaissent rapidement, le rythme des extinctions s’accélère, et la raison principale en est le changement d’alimentation (perte de biodiversité).  Le think tank estime que la disparition des plantes et animaux sauvages est principalement due à la conversion des espaces de nature en champs et pâturages.

Nous avons créé un système pervers, une course excessive à une alimentation bon marché qui engendre le gaspillage alimentaire et menace nos conditions de vie sur Terre, en dégradant les sols et les écosystèmes.

L’agriculture actuelle dépend des pesticides, des engrais, de l’énergie extérieure et de l’eau, et des pratiques nocives telles que les monocultures et le labour. Malheureusement, elle détruit l’habitat de nombreux animaux, insectes et plantes, et provoque le réchauffement climatique. Sans réforme, la perte de biodiversité s’accélérera et menacera notre production alimentaire.

Les écosystèmes terrestres et marins éliminent plus de la moitié (60%) des émissions de carbone de l’atmosphère chaque année et jouent ainsi un rôle crucial dans la régulation de la température de surface de la terre.  Les écosystèmes aident à amortir les effets des conditions météorologiques défavorables et à fournir une résilience au changement climatique. Sans eux, les chocs climatiques seraient bien plus brutaux et handicaperaient fortement l’agriculture. Les systèmes de production alimentaire nécessitent une gamme diversifiée de plantes, d’animaux, de bactéries et de champignons, à la fois pour l’approvisionnement direct en nourriture et pour soutenir les processus écosystémiques sous-jacents qui rendent l’agriculture possible – de l’approvisionnement en eau à l’amélioration de la fertilité des sols, à la pollinisation et à la lutte naturelle contre les ravageurs.  Si la dégradation du Vivant se poursuit, elle nuira à l’agriculture. 

Trois axes de solutions: plantes, Nature et agriculture écologique

Chatham house suggère d’agir sur trois axes principaux:

Ils conseillent d’abord d’adopter une alimentation plus végétale, qui permettrait de libérer par exemple 42% des terres actuellement cultivées aux Etats-Unis, et aurait des effets bénéfiques sur la santé de cette population. Ils conseillent le régime EAT-lancet.

D’autre part,  ils suggèrent la protection de grands espaces de Nature qui seraient des réserves de biodiversité, et maintiendraient un cycle de carbone fonctionnel sur la Planète. 

Troisième, l’agriculture elle-même pourrait être moins nocive pour la biodiversité, préserver les insectes et les microorganismes du sol, éviter la pollution de nitrites et les émissions de gaz nocifs dans l’atmosphère. 

Les auteurs considèrent qu’avec un peu d’organisation, en réduisant le gaspillage alimentaire et l’alimentation carnée, l’agriculture biologique pourrait nourrir 9 milliards de personnes.

Ils citent aussi l’agroforesterie, très bénéfique pour l’environnement.  Les polycultures d’arbres sont utilisées pour produire du bois, des noix et des fruits – et permettent de combiner plusieurs cultures et des récoltes tout de  au long de l’année. L’agroforesterie et les pratiques agro-écologiques peuvent permettre la restauration des habitats tout en diversifiant les flux de revenus et l’approvisionnement alimentaire, augmentant ainsi la résilience des communautés locales et des habitats, améliorant la nutrition et renforçant la biodiversité.

Les décideurs internationaux doivent reconnaître l’interdépendance de l’action du côté de l’offre et de la demande.  

Les changements alimentaires et la réduction du gaspillage alimentaire sont essentiels pour briser les verrouillages du système qui ont conduit à l’intensification de l’agriculture et à la conversion continue des écosystèmes indigènes en cultures et pâturages.

Le sommet UNFSS promouvra une «approche des systèmes alimentaires» à travers d’autres processus internationaux clés, y compris les négociations de l’ONU sur le climat.

Chatham House demande maintenant des lignes directrices mondiales dans des domaines politiques tels que l’investissement responsable, le changement alimentaire et une gestion du changement climatique basée sur la Nature. 

Alouette qui supporte mal les grands espaces de monoculture, en couverture bruant jaune qui souffre du manque d’insectes

Publication Chatham House:

La pluie au Sahel

Climat du Sahel

Le Sahel, au Sud du Sahara, est une zone chaude et aride. Le réchauffement climatique provoque la désertificaton du Sahel et l’avancée du Sahara. Pourtant, il y pleut parfois et les pluies torrentielles ont triplé depuis 1982. L’intensité de ces pluies est telle qu’elles provoquent des inondations et des glissements de terrain, et causent des graves dommages aux habitants.

Si le réchauffement planétaire dépasse 1,5°C ou 2°C, le régime des pluies du Sahel pourrait changer rapidement, des précipitations abondantes le transformeraient en zone tropicale. Nous pourrions voir bientôt une nouvelle forêt tropicale. Le changement serait cependant brutal et pourrait apporter des nombreuses catastrophes (Levermann : article, étude).

Image par Olivier Bory de Pixabay

Irrigation au Sahel

L’irrigation pourrait apporter d’immenses avantages dans ces régions. Une nouvelle étude  s’est basé sur des photos satellites pour établir les progrès de l’irrigation et rapporte que les projets d’irrigations prévus n’ont pas abouti, ou ont été sérieusement réduits. Seuls 16% des zones prévues par les agences de développement sont actuellement irriguées.

L’auteur de l’étude estime que la responsabilité en incombe aux défaillances politiques et à la mauvaise gestion locale. Il écrit aussi que la viabilité des projets est plombée par les choix de cultures. Les autorités locales privilégieraient une agriculture à faible valeur ajoutée, destinée à alimenter leur population, qui n’est pas un choix viable. Je trouve cette phrase choquante et absurde. Nourrir sa population est le plus viable des projets, qui devrait être valorisé par les agences de développement. L’alimentation bio produite sur place est plus écologique. Un tel commentaire jette un doute sur la fiabilité de ce travail.

Image par SirWalterVanguard de Pixabay

L’irrigation pourrait réellement transformer ces régions, et avec la prodigieuse technologie dont nous disposons actuellement, je crois qu’elle peut fonctionner à plus grande échelle encore. Dans le climat de janvier 2021, alors que dans de nombreux cas l’équivalent des précipitations de l’année entière inonde le pays en un seul jour, je dirais qu’il faut dompter les pluies torrentielles, créer des réservoirs d’eau de pluie, des canaux d’irrigation qui pourraient simultanément évacuer l’excès d’eau des villages et leur éviter des inondations. Je dirais aussi que nous pourrions au moins leur offrir l’irrigation en contrepartie du réchauffement climatique.

Cette année, les précipitations en Afrique de l’Est ont été si importantes que le fleuve Niger a débordé et a provoqué des graves inondations au Nigeria, Vingt-cinq mille personnes ont été déplacées. http://floodlist.com/africa/nigeria-floods-october-2020. Si cela devait se reproduire fréquemment, il serait peut-être possible de creuser un canal amenant l’excès d’eau du fleuve Niger jusqu’à Tombouctou, dans le Sahel. Pourriez-vous demander une étude de ce projet à l’EPFL ?

Limitation des naissances

J’ai un peu réfléchi à la question de la surpopulation. Dans le dernier blog, je présentais l’étude récente sur la disparition de biodiversité, effectuée entre autres par Paul Ehrlich. La perte de biodiversité est gravissime, le changement climatique aussi, et les scientifiques incriminent entre autres l’augmentation de la population. Ils relèvent particulièrement qu’en Afrique sub-saharienne il y a encore en moyenne quatre enfants par femme. J’adore les enfants. J’ai eu un enfant, j’ai accouché à l’hôpital, j’ai été fatiguée l’année de la grossesse, l’année après l’accouchement, et l’enfant m’a bien occupé jusqu’à ses trois ans. L’idée d’accouchements incessants, non choisis, d’une nuée d’enfants affamés, m’apparaît comme absolument horrible. Elle est aussi très dangereuse pour la Planète. Actuellement, les populations des pays les plus pauvres, vivant en autarcie de façon traditionnelle, ont une empreinte carbone de cent fois inférieure à celle des pays les plus riches, mais les projets de développement d’une part, et les migrations vers la ville d’autre part, augmenteront leurs émissions carbone.

Je propose que les interventions au Sahel s’accompagnent de la distribution de contraceptifs gratuits à toutes les femmes. Une contraception gratuite, ainsi que le droit des femmes au consentement et une dissuasion des viols, devraient être une des bases du développement futur, et devraient être assurées dans le monde entier. Cette solution n’impose pas de limites strictes aux populations du Sahel, exactement comme en Europe, où nous choisissons librement le nombre de nos enfants, et en avons un ou deux par famille.

Commentaire d’un lecteur: ‘Les arguments utilisés dans cet article sont empreints de condescendance. Les problèmes climatiques en Afrique et aussi à d’autres endroits de la planète viennent principalement des pays industrialisés. La meilleure solution serait donc que ces mêmes pays réduisent leur bilan carbone. La natalité en Afrique est loin d’être le facteur dominant car si les femmes ont beaucoup d’enfants en Afrique, elles en perdent aussi encore beaucoup.’

Dorota: Il y a du vrai, mais il faudrait demander l’avis des femmes. Il est plus facile de bien d’occuper d’un ou deux  enfants que de huit, donc la mortalité enfantine pourrait baisser ; un autre blog sur ce sujet: les-femmes-ont-le-droit-davoir-moins-denfants-qui-seront-mieux-traites/

 

Les dommages infligés à la Terre par l’Humanité dépassent l’entendement

Etat de la Planète

Nous avons déjà détruit la moitié de la Planète. Nous avons déjà altéré plus de la moitié de la surface de la Terre, et des océans, de la végétation, des marécages, et des rivières.  Nous avons déjà éliminé plus de la moitié des grands poissons prédateurs, des coraux, des vertébrés, et des mammifères sauvages (voir figure ci-dessous).

Les écosystèmes affaiblis ne fonctionnent plus comme avant et n’accomplissent plus les services écosystémiques naturels. Ils n’absorbent plus aussi bien le carbone, la pollinisation par les insectes n’est plus assurée, et les sols se dégradent.

Nous élevons des quantités astronomiques de bétail. Si nous comptons en tonnes, le bétail représente 59% des tonnes d’animaux vivants sur Terre actuellement, les humains 36%, et les animaux sauvages 5% seulement. Nous avons éliminé la majorité d’animaux sauvages et les avons remplacé par le bétail que nous mangeons. Cette agriculture intensive massive est très destructrice pour la Planète, tout comme les énergies fossiles.

Proportion saccagée par l’Homme:

Les conséquences seront très graves

Un groupe de 18 scientifiques renommés a récemment publié un article, un manifeste pour attirer l’attention sur l’étendue des dégâts environnementaux. Ils font le catalogue des nombreux dommages que la Planète a déjà subi.  Selon eux, il est maintenant sûr que nous allons vers la  6ième extinction où les trois quarts d’espèces disparaîtront de la Planète.

Le changement climatique rend maintenant chaque journée différente de celles du passé (Beaucoup sont plus chaudes, d’autres très pluvieuses, etc. dr) Il se produit plus rapidement que prévu.

La population mondiale a doublé depuis 1970, dans certaines régions telles que l’Afrique Sub-saharienne, l’Afghanistan, le Yemen,  il y a encore en moyenne plus de 4 enfants par femme. L’Humanité avoisinera les 10 milliards de personnes en 2050. La moitié des habitants de la Planète font maintenant partie de la classe moyenne.

La surpopulation provoque des problèmes d’alimentation massifs. Un ou deux milliards d’humains sont sous-alimentés ou mal nourris au point de ne pas pouvoir fonctionner normalement.

Selon les auteurs, nous atteignons les limites de la capacité de la Terre, et l’Humanité verra s’accroître les problèmes de pollution, d’insécurité alimentaire, de conflits armés.  Une augmentation de la consommation dans le Futur proche semble inévitable. Comme je l’ai souvent écrit, changement climatique, lui, apporte des inondations, (inondations2) des tempêtes destructrices, (cyclones) et des vagues de chaleur.

Les auteurs de la publication considèrent que notre augmentation de qualité de vie est malheureusement porteuse de problèmes pour les générations futures.

Changements à apporter

Même le Forum Economique Mondial reconnait maintenant que la perte de biodiversité est un des pires problèmes pour l’économie globale, comme en témoigne la pandémie.

Aujourd’hui, le dilemme ne consiste pas à privilégier l’environnement  ou l’économie, il est entre la modération et le désastre planétaire, dont tous souffriraient. 

La gravité de la situation exige des changements fondamentaux au niveau du capitalisme mondial, de l’éducation, et de l’égalité, tels que:

  • l’abolition de la croissance économique perpétuelle
  • montrer le vrai coût des produits en forçant ceux qui détruisent l’environnement à payer la restauration
  • éliminer rapidement les énergies fossiles
  • réguler les marchés et éviter leur influence sur la gouvernance
  • éduquer et donner plus de pouvoir de décision aux femmes dans le monde, y compris le pouvoir de décision sur le planning familial.

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Version grand public dans The Conversation: https://theconversation.com/worried-about-earths-future-well-the-outlook-is-worse-than-even-scientists-can-grasp-153091

Article scientifique dans Frontiers in Conservation Science; ce journal sis à Lausanne publie des articles scientifiques en accès libre ce qui permet à tout le monde de consulter et de partager leur contenu, une belle initiative qui favorise l’information du public:

Article de Corey J. A. Bradshaw1,2*, Paul R. Ehrlich3*, Andrew Beattie4, Gerardo Ceballos5, Eileen Crist6, Joan Diamond7, Rodolfo Dirzo3, Anne H. Ehrlich3, John Harte8,9, Mary Ellen Harte9, Graham Pyke4, Peter H. Raven10, William J. Ripple11, Frédérik Saltré1,2, Christine Turnbull4, Mathis Wackernagel12 and Daniel T. Blumstein13,14*

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcosc.2020.615419/full

Image de la Terre par Colin Behrens de Pixabay

Addendum le 17 janvier: Une expérience a montré que les embryons de requin se développent moins bien dans de l’eau chaude (article)

Addendum le 17 mars: Une autre expérience montre que la chaîne alimentaire marine pourrait être vite compromise par le réchauffement (article)

 

Bonne nouvelle année végétale 2021

Mes efforts personnels pour le climat incluent une attention à l’alimentation. J’essaie de remplacer les produits animaux par des protéines végétales. C’est une des solutions les plus prometteuses à la crise climatique, j’espère qu’elle se répandra le plus possible. La reforestation à grande échelle sauverait le climat et la Nature, alors que la consommation de la viande provoque la déforestation dans les régions tropicales (voir blogs documentés en lien).

Hier j’ai été saisie d’un besoin soudain de faire un faux-gras, une terrine végétarienne qui imite le foie gras.

Je propose les ingrédients suivants:

100 gr de pois jaunes secs

50 gr de champignons de Paris (100 gr avec la déco)

50 gr de purée de marrons

50-100 gr de beurre de cajou ou d’amandes (que je ne l’avais pas)

J’ai fait revenir les champignons et cuit les pois jaunes.

J’ajoute:

une pincée de coriandre

une pincée de cannelle

une pincée de poivre blanc

une cuillère à soupe de vin blanc

une cuillère à soupe de sherry

une cuillère à soupe de sauce soja

et 2 minutes exactement avant la fin de la cuisson

1/2 cc agar – agar

Je mixe les pois jaunes, 50 gr de champignons, les marrons et

2 cs huile de noix. 

Je verse dans un moule et laisse prendre 2 heures.

 

Ma version était couverte de 30 gr de beurre,  et de poires sautées aux épices (coriandre et cannelle) et aux champignons.

Je trouve que ça donne un pâté tout à fait correct, mais sans le beurre de noix, c’est plus un pâté qu’un foie gras.

En dessert, j’ai préparé une ganache chocolat – crème de marrons parfumée au whisky.

Bonne année!

Ci-dessous lien sur un blog plus long sur l’alimentation, au début de l’article liens sur des blogs sur la déforestation.

Comment réduire immédiatement les émissions de carbone de 7.6% par année sans causer de famine

Le confinement a provoqué un réduction d’émissions de carbone

En février et mars 2020 la moitié des habitants de la Terre était confinée à la maison, pour limiter la propagation de l’épidémie de coronavirus (vidéo Paris désert). Cette décision a été prise en quelques semaines à l’échelle de la Planète, je suis encore impressionnée de ce qui s’est soudainement avéré possible. Elle a provoqué une diminution des émissions de carbone, des avions, des transports terrestres, ainsi que des usines même si certaines ont compensé par une activité accrue ensuite. De nombreux restaurants et entreprises étaient fermés, et leur chauffage ou leur climatisation ne fonctionnaient pas.

Il y a eu aussi des pertes, je me souviens des images des tulipes hollandaises jetées au sol, d’autres cultures d’exportation ont été perdues, d’autres sciemment détruites par manque d’organisation. Au niveau climatique, cependant, le confinement a peut-être évité des catastrophes plus graves.

La diminution d’émissions de carbone s’est avérée juste suffisante pour cette année. Sans cela, l’enfer se serait peut-être déchainé sur Terre, il aurait pu se présenter sous forme de tornades de feux, d’inondations furieuses, et de chaleur mortelle.

Le confinement s’est accompagné des problèmes économiques

Cependant, le confinement a aggravé la faim dans les pays pauvres. Il y a plusieurs raisons à cela, les sécheresses et les catastrophes climatiques sont aussi un facteur. Cette année est marquée par plusieurs désastres : sécheresse en Afrique, plaie des sauterelles, sécheresse et vagues de chaleur dans le delta du Mékong, mauvaise année pour le blé dans le Midwest américain suite au ‘bomb cyclone’ de l’année passée, mauvaise année dans l’Iowa dévasté par un vent inouï, mauvaise année par le blé en Europe, au Canada, en Australie à cause des vagues de chaleur et des sécheresses.

Les organisation humanitaires avertissaient qu’une grave famine se préparait en hiver, avant le début de l’épidémie.

Les restrictions ont aussi eu des conséquences graves. De nombreuses personnes se sont retrouvées sans revenu du jour au lendemain. En Europe, elles ont souvent un délai de congé de quelques mois, puis elles ont droit aux allocations chômage pendant une année environ. Ce système évite la plupart de drames humains. Seuls les plus précaires, comme les immigrants illégaux ou les femmes de ménage ont affronté un lendemain sans aucun revenu.

Aux Etats-Unis, un nombre important de citoyens a perdu leur travail du jour au lendemain. C’est aussi le cas dans les pays du Tiers-Monde, ou de nombreuses personnes ne gagnaient plus rien. Selon Action contre la Faim, cela a provoqué une augmentation inquiétante de la malnutrition. Dans certains pays, les citoyens ont reçu un versement unique qui leur a permis d’acheter à manger, parfois les loyers ont été annulés. Je me demande si dans le cas des plus démunis, le confinement sauve des vies, puisque la famine en emporte.

La solution suisse a été de continuer le travail, si possible en télétravail, tout en fermant les restaurants, les magasins non-essentiels et les lieux publics, et malheureusement les lieux de culture. L’Etat a aidé de nombreuses entreprises en difficulté.

Comment réduire les émissions de carbone sans causer la famine?

Pour sauver le climat, nous avons besoin de réduire les émissions de carbone, donc certains secteurs de l’activité économique, chaque année autant qu’en 2020. Une réduction immédiate de l’effet de serre serait une excellente idée. Il faudrait donc imposer chaque année des restrictions comparables, sans causer de famine ni de crise économique.

Je me demande à quel point les pays pauvres ont été touchés par l’arrêt de leur économie locale ou, au contraire par l’arrêt des exportations et du tourisme international.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si elle était immédiatement réduite aux biens indispensables? Les conséquences climatiques seraient très bénéfiques. Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ? Les villes devraient s’équiper de camions ou de bus pour s’approvisionner directement chez les paysans.

Peut-être les pays les plus pauvres se seraient -ils mieux portés s’ils avaient pu continuer leur économie locale, vendant des aliments, et se limitant aux bien indispensables, un peu comme la Suisse l’a fait. Ils auraient bien sûr mangé beaucoup de chocolat et de sucre, mais ils pourraient s’organiser pour fonctionner en mode local, indépendamment des pays développés. Ont-ils vraiment besoin du commerce international? J’ai l’impression que l’économie repose largement sur la consommation des pauvres et des classes moyennes, et que l’appauvrissement de ceux-ci, où la moitié de la population achèterait beaucoup moins, créerait un contre-coup important pour l’économie du pays. D’où l’intérêt d’un revenu minimum universel.

En Suisse, les compagnies aériennes, les magasins d’habits, les hôtels, les restaurants, la culture ont essuyé des grosses pertes. J’ai déjà relayé le fait que la quantité de vols et de vêtements est excessive pour la Planète (vols vêtements), et que  leur consommation augmentait très vite. Donc, une diminution de ces activités est une bonne nouvelle pour le climat et s’est immédiatement traduite par une diminution des émissions de carbone.

Alors, je crois qu’il faut trouver des solutions pour les personnes qui travaillent dans ces domaines sans sauver l’aviation par des vols gratuits ou des habits gratuits. La crise de ces secteurs a peut-être été précipitée par des prix déjà irréalistes.

Sauver les compagnies d’aviation constitue une fuite en avant. Il faudrait plutôt donner un revenu minimum ou inventer des emplois différents, écologiques pour les personnes qui étaient employées dans ces secteurs. Les hôtesses Easyjet ont par exemple été employées dans un hôpital d’urgence londonien.

Nous devons réinventer l’économie maintenant. Une des ces prochaines années, nous pourrions bien vivre un confinement d’urgence pour raisons climatiques.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si la réduisait immédiatement aux biens indispensables ? Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ?

Nous avons besoin d’un plan d’économie de base durable, où les émissions de carbone seraient immédiatement diminuées sans famine et en limitant les conséquences économiques. Il faudrait peut-être commencer par la reconversion immédiate de personnes employées actuellement dans les secteurs inutiles et nuisibles, réduire rapidement le temps de travail ou, troisième possibilité, adopter le revenu minimum universel.

Il faut un plan de réduction immédiate des émissions de carbone, qui assurerait la subsistance des plus pauvres, l’alimentation, les services de santé et le logement.

Lien sur ma courte présentation d’un plan pour le climat de The Climate Mobilization