Le réchauffement a-t-il dépassé le point de non-retour?

Que se passerait-il si les émissions de carbone s’arrêtaient?

Une nouvelle publication suggère que le réchauffement climatique a dépassé le point de non-retour. Si l’Humanité disparaissait demain, il continuerait et atteindrait  2,3°C en 2070. Après cette période, les températures baisseraient mais augmenteraient de nouveau  quelques dizaines d’années plus tard et atteindraient environ 4°C en 2500.

Le modèle ESCIMO de Jorgen Randers et Ulrich Goluke aboutit à la conclusion que nous avons atteint la température où le permafrost fond lentement, où sa fonte continuera et provoquera un léger dégagement de méthane qui alimentera le réchauffement au cours des prochaines centaines d’années.

Il modèle le réchauffement à court et moyen terme, sans entrer dans les grands cycles du climat terrestre.

Le modèle est simple, clairement décrit dans un article que je peux lire et critiquer. Cela me plaît beaucoup. Les modèles climatiques complexes sont publiés comme ‘modèle x qui utilise modèle y’ et finalement je ne vois pas quels phénomènes naturels ils incluent et lesquels ils omettent, je crains qu’ils n’oublient l’importance du carbone du Vivant, c’est à dire des plantes, des animaux, et des bactéries sur la Terre.

Je critiquerais le modèle ESCIMO car il considère uniquement que le réchauffement peut accroître l’absorption du CO2 par la Biosphère.  Celle-ci peut cependant aussi être réduite par les sécheresses, comme celles que nous avons observé dans le Nord de la France récemment, et provoquer une importante émission de carbone du sol. D’après moi, ce point pourrait être amélioré.

Le modèle est accessible sur le site http://www.2052.info/ESCIMO/. Il peut être installé sur un ordinateur personnel et utilisé pour visualiser immédiatement l’effet des différentes mesures politiques.  Le site contient toutes les données qui ont servi de base à l’excellent livre 2052 de Joergen Randers, divers articles et présentations.

Rôle de l’océan et du permafrost

Le professeur Michael Mann a fortement critiqué ce modèle (CleanTechnica, USA Today), plus simple et différent des modèles classiques du climat terrestre.  Il calcule quant à lui que si nous arrêtions les émissions de carbone aujourd’hui, le réchauffement s’arrêterait, à cause de la dynamique des océans, qu’il estime mieux décrite dans d’autres modèles.

Cependant, les conclusions du modèle ESCIMO sont basées sur la fonte du permafrost, que le professeur Michael Mann a sérieusement mis en doute récemment parce qu’elles ne sont pas publiées de manière rigoureuse. Le permafrost terrestre et sous-marin semble pourtant dégeler rapidement et à grande échelle. Les spécialistes du permafrost sous-marin, Natalia Shakova (blog blog), les expéditions récentes qui étudient le permafrost sous-marin International Shelf Study Expeditions 2020), observent qu’il dégèle plus vite et profondément que prévu par les modèles.  Ces conclusions ne sont pas encore acceptées par la communauté de climatologues et ne sont pas inclues dans les principaux modèles. Les prévisions d’ESCIMO pourraient mieux prendre en compte la situation actuelle, et moins les reconstructions géologiques des climats passés. Cela montre que l’évolution du permafrost doit être très attentivement surveillée.

Les émissions de carbone continuent

Les calculs de Michael Mann et de Joergen Randers aboutissent à des conclusions différentes sur un point très théorique, à savoir comment évoluerait le climat si les émissions humaines cessaient demain, si toutes les chauffages et les usines au charbon s’arrêtaient.

L’Humanité est toujours là, avec sa civilisation industrielle basée sur la croissance économique infinie.  Les émissions de carbone continuent, le réchauffement augmente, et si nous continuons nos émissions de carbone incontrôlées, nous dépasserons le point de non-retour, et nous provoquerons un réchauffement plus fort et plus rapide.

Michael Mann  est connu pour avoir attiré l’attention sur la gravité du changement climatique. Il a par exemple signé un appel qui demande de diminuer le carbone atmosphérique.  En complément d’une réduction d’émissions de carbone à zéro, il conseille d’extraire d’immenses quantités de carbone de l’atmosphère, pour éviter des siècles de catastrophes.  Malgré les différences des modèles, ces scientifiques s’accordent sur l’urgence à agir pour le climat.

Les américains doivent savoir la vérité sur le climat

La politique de Trump était désastreuse pour tous les Américains

Une carte des votes américains sur Facebook indiquait que les américains blancs auraient majoritairement voté pour Trump. J’espère que c’est faux. Si c’est vrai, c’est absolument dramatique, et dénote une très forte désinformation dans cette population. Trump était extrêmement dangereux pour la population américaine et le reste du monde. Son annulation du ‘Clean Water Act’ mettait toute la population des Etats-Unis en danger d’empoisonnement ou de cancer, son déni du changement climatique mettait leurs vies en danger. L’annonce de sa victoire aux élections résume bien toute sa politique et sa crédibilité.   Il n’a cessé de mentir tout le long de son mandat. Ses amis personnels ont été nommés à la tête de toutes les agences gouvernementales des Etats-Unis, j’étais déjà plus qualifiée pour deux agences gouvernementale des Etats-Unis, celle de l’environnement et de la Santé, au même titre que que tous les chercheurs en Sciences des Universités. Les Etats – Unis dérivaient vite vers une république bananière que l’oligarchie organisait pour elle-même, dans une totale indifférence au bien public.

Le climat a changé

J’ai regardé le téléjournal TSR annoncer que Joe Biden a gagné les élections aux Etats-Unis. En arrière-plan du reportage, des américains déambulaient, détendus en T-shirt et en petite robe dans les rues de Washington. J’ai perçu leur plaisir de la promenade dans une journée parfaite d’été, et je m’en suis étonnée.

L’hiver à Washington est habituellement plus froid qu’en Suisse, et il devrait actuellement y faire environ 10 degrés, un temps frais et pluvieux d’automne. Cette année, en Suisse nous avons un vrai début du mois de novembre d’antan, nuages sombres et lourds, vent frais et feuilles d’automne voletant dans les rues. Novembre a toujours été ainsi. Washington devrait être au moins cela, un peu plus froid que la Suisse. Or, la météo y signalait 26°C pour le samedi 7 novembre. Le temps qui y règne actuellement est totalement anormal. Une température de 26°C est exceptionnelle, et montre une fois de plus que le climat terrestre a vraiment changé.  Cette magnifique journée était l’endroit du changement climatique, mais l’envers est terrible.

Il faut une gouvernance pour les temps des catastrophes

Les temps ont changé, nous sommes entrés dans l’ère des catastrophes. Les Etats-Unis subissent déjà des nombreuses inondations et ouragans, des problèmes de cultures végétales et d’élevage dus au climat, des vagues de chaleur au dessus de 40°C accompagnées de coupures de courant pour un million de personnes. Ils ont besoin d’une vraie gouvernance pour les graves problèmes actuels. Le dilemme auquel ils sont confrontés est, très simplement, le suivant : soit ils acceptent que la moitié des bâtiments des Etats-Unis soit ravagée par des inondations, ce à quoi il faut ajouter les ouragans, les grêles et les chaleurs mortelles, soit ils limitent le réchauffement climatique.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Dans le premier cas les Américains pourront continuer à vendre des objets en plastique jetable, à prendre souvent l’avion, et à jeter la moitié de leur burger de viande à la poubelle, mais leurs maisons seront détruites par les éléments. Même là, une planification raisonnable pourrait limiter les dégâts des inondations et creuser des lits de rivières prêts à les évacuer. L’autre possibilité est de prendre des mesures sensées pour éviter ces catastrophes, ce qui exige aussi une planification responsable. Une idée est que le prix des produits inclut le coût des dégâts climatiques qu’ils provoquent, le coût de la destruction des infrastructures et des dommages à l’agriculture. Je préférerais personnellement l’interdiction pure et simple des produits les plus polluants, de même qu’il est interdit de vendre des aliments toxiques. Il faudrait reformer le système de l’emploi pour que la majorité soit dans des domaines utiles à la société, et non pas dans la vente et la pub d’objets polluants. Le Green New Deal va tout à fait dans la bonne direction.

 

Fin de la désinformation

J’ai exposé brièvement un des problèmes dont le gouvernement des Etats-Unis doit s’occuper. Trump a fait un énorme travail de désinformation à ce sujet, un vrai travail de sape, et de calomnie à l’égard des personnes compétentes et honnêtes. Occasio-Cortez par exemple a été taxée d’extrémisme pour avoir cité le plan consensuel de l’ONU. Il faut rétablir la vérité et faire un sérieux travail d’information aux Etats-Unis pour que la population intègre les risques auxquels elle devra faire face. Les Américains ont du bon sens, mais sont terriblement mal informés. Ils croient qu’il est dans leur intérêt de payer moins d’impôts et d’avoir moins de limites à leurs gains, avec lesquelles ils s’achèteront une maison et une deuxième voiture. Or tout ce qu’ils possèdent est à la merci des inondations, une vague de chaleur mortelle peut décimer leur ville dans quelques années, les assurances seront vite en faillite. Dans le futur, ils pourraient courir dans des abris avec un sac à dos d’évacuation pour tout bien. Il faut d’abord assurer leur sécurité, avant d’acheter la énième décoration pour leur maison. Cela marchera très bien s’ils sont conscients des risques et des enjeux. Il faut un vrai travail d’information aux Etats-Unis.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Un orage détruit une centaine d’arbres à Genève en août 2020

Le 13 août, un violent orage a touché Genève et Vaud. Il a provoqué des nombreux dégâts dans les parcs Genevois. Cette tempête a arraché ou gravement endommagé de nombreux arbres.

Une centaine de géants des parcs Genevois a été déracinée ou cassée.  Les vents semblaient provenir de tous les côtés. Selon M. Brunet, du service des parcs de Genève, les parcs présentaient un spectacle apocalyptique, des arbres étaient complètement déplantés, dévissés.

Photo de Jean Estoppex (ainsi que la photo de couverture)

Le vent semble être venu de tous les côtés, les dégâts donnent un sentiment de mini – tornade. Ces arbres étaient parfaitement sains, sans fragilité particulière.

Selon le service des parcs de la ville de Genève, les dégâts causés par cette tempête sont sans précédent depuis l’ouragan Lothar. Les spécialistes des parcs remarquent d’ailleurs que le changement climatique nuit aux arbres de Genève. Les érables et les pruniers vieillissent vite, on pourrait aujourd’hui planter des oliviers, ils ne geleraient probablement plus. Les arbres mourants sont actuellement remplacés par des espèces qui supportent la chaleur, la sécheresse et le vent fort. 

Faut-il anticiper le déracinement des arbres?

De nombreux endroits dans le monde ont été balayés par des bourrasques extrêmement fortes ces dernières années. Des vieux plants étaient extirpés du sol et des toits s’envolaient. La nuit du 19 au 20 septembre 2020,  quatre tornades ont touché le Var en France, et ont brisé des vieux arbres, qui sont tombés sur des terrasses remplies de clients. 

Je n’ai pas encore trouvé d’étude qui prouve que le réchauffement cause des vents plus forts, car le vent est très variable.  Il faut bien formuler cette question, la réponse est sûrement dans les données. J’ai pourtant vu plusieurs relations récentes de nombreuses tempêtes qui emportent des voitures ou qui brisent des arbres centenaires.   Plusieurs chercheurs ont montré qu’il y a plus d’ouragans très forts, destructeurs, ces dernières années (lien).  Des petits ouragans, appelés Médicans, se forment en Méditerranée, d’autres se condensent dans l’Atlantique et tournent parfois vers l’Europe. La tempête Alex formait une belle spirale au-dessus de la France.  Il faut compter avec le risque que les tempêtes grossissent. L’Etat d’Iowa aux Etats-Unis a été dévasté par un vent très fort. Le front tempêtueux qui a balayé l’Iowa a été provoqué par de l’air inhabituellement chaud (Iowa). Il faudrait des chercheurs dans ce domaine qui prévoient le renforcement des vents dû à un réchauffement planétaire, et qui étudient sérieusement cette hypothèse pour voir quels dangers elle nous réserve. Aurons-nous des tornades et des ouragans en Suisse dans 10 ans?  Les tempêtes menaceront-elles les toits de tôle ondulée et les grues, ou raseront-elles des bâtiments entiers comme le font les tornades aux Etats-Unis?  Il faudrait avoir une idée, une estimation du niveau de destruction auquel nous nous exposons,  et concevoir des plans de gestion de ce risque, adapter les constructions pour un monde d’ouragans.  

Nous entrons dans une époque très dangereuse. Nous n’avons pas tout prévu. Même si la relation entre vents et réchauffement n’est pas claire, il faut considérer dans l’urbanisme le risque d’une aggravation. Si nous en voyons maintenant les premiers indices, elle sera terrible.

 

Des arbres horizontaux? En tout cas des arbres

Nous avons absolument besoin d’arbres en ville. Ils apportent la fraîcheur et l’humidité, et améliorent l’air.  Ils pourraient limiter le réchauffement, et si nous les perdons, il deviendra insupportable. A certains endroits, il serait peut-être plus prudent de tailler des arbres pas trop haut, pour qu’ils résistent mieux au vent et ne s’écroulent pas sur les bâtiments.  Mais cela n’évitera pas les toits arrachés, les voitures volantes, et de nombreux autres problèmes.  Par contre, si nous prenons le problème dans l’autre sens, si nous arrêtons les émissions de CO2 et plantons de grandes forêts, nous pourrons éviter le déchaînement des éléments.

Laissez nous parler du climat! Nous devons assurer notre avenir!

J’ai découvert avec grande surprise un email d’Amnesty International concernant les droits de l’Homme en Suisse. Apparemment, parler du climat dans ce pays pourrait être qualifié de terrorisme.

Amnesty International répertorie les atteintes aux droits de l’Homme partout dans le monde, tente de défendre les prisonniers d’opinion, les victimes de torture et d’assassinat politique. Cette organisation est extrêmement fiable. Je signe parfois des lettres pour la défense de personnes enlevées, torturées, intimidées à des nombreuses reprises pour leurs opinions politiques ou pour avoir dénoncé des faits se produisant dans leur pays. De nombreux militants écologistes alertant sur la pollution sont menacés, certains assassinés. En Russie, des candidats politiques de l’opposition ont été assassinés, ainsi que les journalistes qui ont rapporté ces meurtres. En Chine, toute opposition politique est généralement étouffée par la prison (site d’Amnesty International).

J’ai donc eu un choc à découvrir un courrier d’Amnesty International qui alerte sur les droits de l’Homme des activistes du climat en Suisse. Aujourd’hui, moi, ici, je pourrais être menacée ? Parler du danger que représente le climat pour la vie humaine pourrait être qualifié de terrorisme en Suisse? Le droit d’expression disparaîtrait-il dans ce pays? Je crois au contraire qu’il  est trèst utile de parler du climat, que l’activisme a une place réelle dans la société.

Le changement climatique est extrêmement grave, il constitue le plus grand danger pour l’Humanité selon l’ONU. De milliers d’événements liés au changement climatique se produisent chaque année. Qui en rend compte? Je tente de les suivre à titre bénévole. L’ Organisation Météorologique Mondiale dispose probablement d’un scientifique, d’une formation et d’une capacité de travail similaire à la mienne,  pour la tenir à jour des catastrophes de l’année liées au climat, alors que des milliers d’événements arrivent chaque année.

Les journaux rapportent des faits liés au climat s’ils en ont connaissance. Cependant, ils dépendent fortement de leurs propriétaires, des contrats de publicité et des envies des lecteurs. Nous devrions récompenser une information de qualité, et nous abonner aux journaux informatifs.

Les chercheurs universitaires sont extrêmement spécialisés, et aussi très occupés. Leur travail inclut l’enseignement, les examens, la supervision des recherches menées par des doctorants, d’autres tâches bureaucratiques. Face au danger du climat, ils ont tenté d’alerter les autorités pendant des décennies. Ils se sont rendus compte que personne ne les écoutait, soit parce que leur discours était trop compliqué, trop orienté sur les détails, soit parce qu’il faut des professionnels de la communication pour faire passer un message et pour faire changer les habitudes. J’accuserai aussi une certaine incrédulité, avec laquelle je me réveillais certains matins, ne me croyant pas moi-même. Elle est désormais révolue car le climat dans lequel je vis aujourd’hui diffère vraiment de celui de ma jeunesse. Aujourd’hui, les gouvernements disposent de synthèses du travail détaillé de milliers de scientifiques.

 

Nous n’avons pas tout prévu. Les maladies actuelles des forêts n’ont pas été suffisamment anticipées, peut-être parce que les prévisions ont été basées sur un réchauffement plus modéré, sans vagues de chaleur au printemps.  Les conséquences du climat se produisent plus vite que prévu, certains événements seuil se déclenchent plus vite. Nous sommes à l’aube d’événements très graves.  Il faudrait une sérieuse surveillance du changement de la météo partout dans le monde, et des changements observés dans la Nature, l’agriculture, et la santé humaine.

Il a assez peu de chercheurs en climatologie, météorologie ou mitigation du changement climatique en Suisse.  A plusieurs reprises, des institutions officielles que je tentais d’interroger m’ont répondu qu’ils ne travaillent pas sur les sujets qui me paraissaient essentiels. Certains champs de connaissance restent ignorés car il n’y a personne à l’Université capable d’attirer l’attention sur l’importance de cette discipline.  Les professeurs sont d’ailleurs très spécialisés et ne sont ni formés ni engagés pour communiquer l’urgence du changement climatique. Pour cela, il faudrait peut-être un organe officiel de surveillance du climat d’au moins dix scientifiques qui surveilleraient le climat actuel et les risques annoncés. la moitié surveillerait la météo du présent, l’autre moitié se documenterait sur les diverses prévisions des climatologues.  Ils pourraient ainsi recouper les événements et les modèles.

Personnellement, ayant une formation de chercheuse en sciences et une expérience de recherche universitaire, je vois la nécessité d’au moins dix groupes de recherche différents qui étudieraient des aspects négligés du climat et des solutions naturelles aux réchauffement, d’enrichissement du sol en carbone (en plus de l’organe de surveillance).

Dans de nombreux pays, les recherches dont les conclusions déplaisent au gouvernement ne sont simplement pas financées, elles ne sont donc pas commencées.  A tout poste, il vaut mieux dire ce qui est approuvé par le supérieur, et cela occupe l’essentiel du temps de travail.

Une des conséquences est que les armées sont peu informées sur les risques climatiques,  l’armée chinoise par exemple semble les ignorer. Aux Etats-Unis, où, les responsables des agences spécialisées sont actuellement remplacés par des ‘climate deniers’, des professionnels de la désinformation climatique, l’ignorance pourrait se répandre rapidement (Desmog), et mener à des projets irréalisables.

D’immenses sommes ont été investies dans le déni climatique par les entreprises pétrolières. La compréhension du climat par le public est biaisée par cette propagande. Les personnes conscientes des risques doivent parler du climat pour permettre au public de réaliser à quel point notre avenir est menacé.  De nombreux scientifiques honnêtes et conscients s’engagent d’ailleurs pour le climat et pour faire comprendre l’urgence et la gravité du problème.

Les organisations écologiques fonctionnent parfois à l’échelle internationale, elles incluent des analystes et des professionnels de la communication qui leur permettent de comprendre l’importance et les implications du problème et de le transmettre au public.  Elles sont parfois mieux informées de l’ensemble du problème que le professeur qui étudie en détail le permafrost de haute montagne ou celui qui suit le lynx du Jura. Le travail très spécialisé des chercheurs gagne à être replacé dans le contexte général.

Dans une ambiance d’honnêteté et d’ouverture, notre société peut identifier les problèmes et mettre en place les solutions.  Les conséquences du changement climatique de produisent plus vite que prévu (Michael Mann).  Les alarmistes pourraient bien avoir raison sur le climat et leur contribution à la sécurité des populations pourrait se révéler essentielle.

 Image de couverture par Pawel Grzegorz de Pixabay

En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis

L’Iowa devasté

L’état de Iowa aux Etats-Unis a été balayé par un vent très fort les 10 et 11 août 2020. Sa vitesse dépassait les 100 km/h, parfois les 200 km/h

Plus d’un million de foyers a subi des coupures d’électricité. La tempête a cassé et déraciné des arbres, les projetant sur la route et sur des bâtiments, et arraché des pylônes et des toits de bâtiments.  Le vent a fait voler des camions, les routes étaient encombrées de débris divers et impraticables pour les secours.

Enseigne de fast-food tordue par le vent

Des milliers de personnes se sont retrouvés sans abri, à cause de la destruction de leurs maisons, et campaient au mieux de décombres, sans qu’aucune aide ne puisse leur parvenir par les routes bloquées par les décombres. L’Iowa a vécu quelques jours dans le monde d’après l’effondrement: pas d’électricité, pas de transports, pas d’approvisionnement et pas de secours de l’Etat.

Les récoltes ont subi d’importants dommages, 66% des cultures ont été perdues. La tempête a généré 17 petites tornades. Il ne s’agissant pas d’un ouragan, mais d’un souffle très fort, qui a traversé l’Etat en ligne droite, appelé ‘Derecho’.

Centre Commercial
Centre commercial

 

Le réchauffement favorise ces phénomènes

Cette très large ligne d’orages balaye une région étendue. Dans ce cas,  l’air arctique frais a rencontré de l’air subtropical venu du golfe du Mexique (exceptionnellement chaud cet année lien) ce qui a entraîné la formation de nuages épais et de très forts orages. Ces phénomènes deviennent plus fréquents, apparaissent par exemple à la suite d’une vague de chaleur. Les fronts chauds et humides responsables de cet événement surviennent  de plus en plus souvent (Michael Mann).

Arbres cassés et déracinés

Le réchauffement apporte des vents destructeurs

L’augmentation des températures forme les masses d’air extrêmement chaud et humide qui ont provoqué ce phénomène atmosphérique.  A mesure que les températures montent,  des courants brûlants, plus chargés de vapeur d’eau pourraient provoquer la formation de nuages plus épais et de tempêtes plus importantes. Cela arrivera-t-il souvent? Le vent va-t-il arracher nos arbres, nos bâtiments, et jusqu’au souvenir de notre existence de la surface de la Terre?

Nous avons absolument besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur et pour éviter l’aggravation du changement mais à certains endroits, il vaudrait peut-être mieux les tailler pour éviter qu’ils ne tombent sur les bâtiments.

Il faudrait  établir un modèle basé sur les événements graves comme celui-ci, explorer l’hypothèse que ces vents se multiplieront avec le réchauffement, et prévoir les dégâts qu’ils pourraient occasionner.  Un tel modèle pourrait être rapidement vérifié si des tempêtes semblables se produisent par la suite. Nous devons mieux connaître les risques auxquels le changement climatique nous expose. Combien d’arbres pourrait-il casser, combien de toits ou de pylônes seraient arrachés, combien de bâtiments seraient détruits?  Alors seulement, nous commencerons à réaliser ce que nous avons provoqué.

Images Jessika Steen, Facebook

Autres images et détails dans Wikipédia

Les semaines passées ont apporté des records de chaleur et des feux dans l’Ouest des Etats-Unis, des pluies torrentielles en Afrique, des vagues de chaleur étranges en Arctiques. ‘ Certains événements étaient quasiment impossibles sans réchauffement causé par l’Homme’ Sonia Seneviratne ETHZ. Le changement climatique a causé de nombreuses vagues de chaleur, des ouragans et des cyclones, et des pluies torrentielles cette année (article Reuters).

Plus d’une centaine de tornades aux Etats-Unis le dimanche de Pâques 2020

Les nuits tropicales nuisent aux plantes cultivées

Il y a un quart de siècle,  nous faisons souvent des grillades  les belles soirées d’été. A Lausanne, il fallait se munir au moins d’un pull, et en fait cela ne me suffisait absolument pas, la température devait descendre à environ 10 degrés et je regrettais ma veste d’hiver lors de ces longues soirées dehors.

J’y repensais en marchant à Lausanne un soir d’août, dans une touffeur tropicale, onirique. Je n’arrive pas à croire qu’il fasse si chaud ici, alors que je transpire constamment, que les arbres sèchent sur pied et que la saison de végétation des fruits et des légumes avance.

Les températures de toute la Planète augmentent, et la température de nuit s’accroît plus vite que celle des jours.

Les effets sur la végétation pourraient être plutôt négatifs  La lumière du soleil permet aux plantes de fixer le CO2 et de produire de la matière, par exemple des feuilles et des graines. La nuit par contre, les plantes respirent comme nous, et consomment leurs réserves. De plus, l’augmentation de la température pourrait augmenter la transpiration et accélérer le vieillissement des feuilles.

L’augmentation de la température de nuit d’un degré diminue d’environ 6% le rendement du blé et du riz. Les températures élevées au printemps sont même plus délétères pour le blé.

Les graines des céréales sont plus petites, le pollen de certaines plantes est moins bien formé, alors certaines plantes sauvages pourraient disparaître, faute de pollen.

Je crois que les modèles actuels des effets du changement climatique n’incluent pas le réchauffement nocturne. Les  récoltes pourraient diminuer plus vite que prévu.

 

 

La restauration des forêts défrichées sauve le climat et la biodiversité

Les forêts tropicales sont un immense réservoir de carbone et doivent le rester.  Elles subissent malheureusement des nombreuses atteintes de l’Homme.  Mais celles-ci ne sont pas irrémédiables.

Une étude établit que la reforestation est possible en Asie du Sud-Ouest à grande échelle. Ils estiment que 121 millions d’hectares  pourraient s’y prêter, et capter jusqu’à 3,4 gigatonnes de carbone par année dans cette région. Ils suggèrent de reforester les parcelles proches des forêts existantes, qui ensemenceraient naturellement les terres défrichées.

Certaines terres sont actuellement exploitées par des petits agriculteurs. Les scientifiques  suggèrent aussi de les intégrer à ces projets par l’agro-foresterie ou la plantation d’arbres payée (Zeng, phys.org).

La jungle tropicale peut devenir un puits de carbone important. Une étude internationale en Asie du sud-Ouest montre que la restauration des forêts tropicales abimées  leur permet de redevenir des puits de carbone et des havres de biodiversité.  Les terres dégradées où une forêt repousse spontanément accumulent jusqu’à 2,9 tonnes de carbone par hectare par année dans leur partie aérienne: dans leurs troncs, leurs branches et leurs feuilles.

La quantité réelle est plus élevée, je dirais que près de la moitié de l’arbre est composée de racines, ce qui pousserait à doubler le chiffre indiqué, et de plus la présence d’arbres, et de leur frondaison sans cesse renouvelée, évite la dégradation du sol et l’enrichit en carbone des feuilles et de leurs minuscules prédateurs.

La reforestation active, telle que la plantation d’arbres, et désherbage autour des jeunes plants accélèrent la repousse de la forêt, et augmentent le gain de carbone dans la partie aérienne de 2,9 à 4,4 tonnes de carbone par hectare par an. Une forêt peut ainsi s’élever en quarante ans (phys.org).

L’Asie du Sud-Est est très petite. La plupart des autres continents, l’Australie et l’Afrique, ont un potentiel de reforestation encore plus élevé.  L’Amérique du Nord pourrait aussi considérer la création de grandes forêts sur les terres dégradées par l’agriculture et asséchées par le changement climatique. C’est une priorité absolue. La reforestation doit être développée à grande échelle maintenant, avec toutes les aides et les encouragements existants, avant que les forêts existantes ne meurent et ne nous entraînent dans une spirale de réchauffement mortelle. Une végétation abondante  tempère le climat d’une région et aide à  la survie des forêts existantes.

Image par bere von awstburg de Pixabay

 

Les plantes de couverture enrichissent le sol en carbone

Les sols de la Planète perdent du gaz carbonique, qui s’échappe dans l’atmosphère et augmente l’effet de serre. Le sol est un important réservoir de carbone, qui peut augmenter ou résoudre l’effet de serre.

Certains agriculteurs sèment des plantes de couverture entre les cultures de blé, de soja et de maïs. Elles ajoutent du carbone et de l’azote au sol, le protègent et empêchent son érosion.

Jusqu’à maintenant, seule la partie visible de ces végétaux a été étudiée.

Une équipe scientifique a comparé les bienfaits de diverses plantes de couverture et de leur racines pour le sol. Elle a comparé divers mélanges de triticale, de colza et de trèfle incarnat (crimson clover). Ils étudient l’effet de ces plantations depuis 2011, prélèvent des échantillons du sol et observent l’évolution du carbone du sol au cours des années.  Ils ont découvert que l’utilisation de couverture végétale accroît le carbone du sol.  Après son utilisation, les cultures de maïs donnaient un meilleur rendement. Les scientifiques ont ont trouvé un mélange optimal de cinq plantes.

Certaines d’entre elles produisent beaucoup de racines, la triticale donne des racines latérales, et les légumineuses enrichissent le sol en azote.  Elles évitent aussi la prolifération des mauvaises herbes. Les scientifiques espèrent trouver d’autres mélanges, qui bénéficient aux cultures et à l’écosystème.

Il est absolument essentiel d’enrichir le sol en carbone, et les mélanges de plantes étudiés ici seront certainement utiles. Il faut y ajouter d’autres méthodes, d’autres outils pour ajouter du carbone au sol.

Racines: Image par ArtTower de Pixabay
Image 'Grow' Nasah Rwafa de Pixabay

Lien avec photos de l’étude: article phys.org 

 

 

L’Agriculture a réchauffé la Terre a empêché la prochaine glaciation

Il y a six ou ou sept mille ans, les populations humaines ont développé l’agriculture. Auparavant entourées d’immenses forêts, elles ont défriché, généralement par le feu, des grandes étendues de terre. Ce changement de mode de vie a causé la libération du carbone des arbres et du sol.  Le réchauffement qui en a résulté a évité l’arrivée du prochain âge glaciaire.

Les scientifiques ont observé une augmentation de CO2 depuis sept mille ans, et de méthane depuis 5000 ans  Dès cet époque, les humains défrichent les forêts par le feu. La culture de riz en rizières, qui émet du méthane dans l’atmosphère, permettrait d’expliquer la plupart du méthane s’ajoutant à l’atmosphère dès cette période. L’élevage des bovins contribue aussi aux émissions de méthane.

Les forêts primitives contenaient autant de vieilles souches de bois tombées au sol que d’arbres vivants (Erb), et  les sols surexploités perdent le carbone accumulé par les arbres (dr).

La déforestation à grande échelle de l’Europe a commencé il y a six mille ans, les grands villages d’agriculteurs en Chine datent de sept mille ans, et les rizières se sont répandues en Asie il y a cinq mille ans.

Sans les rizières, l’élevage, et avec des forêts à la place des champs la Terre serait bien plus froide, et une glaciation commencerait au Nord-Est de la Sibérie, dans le Nord-Ouest de l’Amérique et dans l’archipel Canadien, comme à l’époque géologique MIS19 (article).

Ruddiman et Vavrus estiment que notre climat n’est plus naturel depuis deux mille ans. Selon eux, l’agriculture humaine a provoqué la fonte des glaciers, en partie du moins. Nous avons modifié le climat dès cette période, et provoqué le dégel progressif. Comme les glaciers constituent la principale source d’eau douce,  nos ancêtres ont initié une fonte qui provoque des sécheresses dans d’importantes zones  (phys.org).   Il y a des milliers d’années, nous avons arrêté un immense cycle du climat terrestre et nous avons évité la prochaine glaciation. 

Les émissions de carbone fossile de ces dernières dizaines d’années ajoutent encore plus de gaz carbonique à l’atmosphère, beaucoup plus vite et provoquent le réchauffement climatique rapide, à l’échelle d’un siècle, que nous subissons aujourd’hui.

Nous devons récréer une partie de la biosphère primitive, des forêts, moins de bovins et d’émissions de méthane. Le CO2 de sources fossiles s’ajoutant à celui du sol et de la végétation, nous ne courrons pas de risques de glaciation mais nous pouvons limiter le réchauffement.

La reforestation de la Terre pourrait, en partie du moins,  inverser le cycle et diminuer le niveau de CO2 dans l’air.

Il faut 20 000 emplois dans le climat essentiels à notre survie

Je vois très peu d’offres d’emploi dans le domaine du climat. C’est le plus grave problème de notre siècle et il semble y avoir peu d’initiatives en cours  pour le gérer. C’est hallucinant!  La population travaille dans la communication commerciale, dans la vente de très nombreux produits nocifs, dans la construction,  mais personne n’est employé dans la sauvegarde de la Vie sur Terre. C’est peut-être la preuve du peu d’investissement réel dans ce domaine. Or  aujourd’hui, presque  tout le reste est subsidiaire, tout est menacé par le climat.

Je vois plusieurs domaines auquel il faut s’atteler d’extrême urgence:

Alimentation végétale: Vous avez le droit de choisir vos aliments. Cependant, de nos jours, les gens pressés attrapent souvent un burger ou un kebab tout prêt dans le snack le moins cher sur leur chemin. Il faut fournir une alternative végétale moins chère. Les lieux de restauration rapide doivent proposer un aliment vegan moins cher que la viande. Il sera généralement plus sain, et comporte moins de risques d’intoxication.

Des aliments végétaux devraient être produits à bas prix, grâce aux subventions ou même dans des entreprises créées à cet effet.

Il faut modifier l’agriculture, la foresterie et l’horticulture pour ramener du carbone dans le sol. Les plantes captent du CO2, en construisent leur corps et  en laissent les restes dans le sol qui s’enrichit ainsi en carbone. Il faut étudier les végétaux qui capturent efficacement du CO2 dans nos régions, les moyens d’ajouter du carbone au sol, des déchets végétaux, des feuilles mortes, du paillage, des vieilles souches, des copeaux de bois, éventuellement des produits de la technologie BECCS. Ces procédés devraient être développés par plusieurs groupes de recherche en agriculture, d’autres en horticulture, et en foresterie, en génie rural, en environnement. Chaque équipe de recherche étudierait une association végétale, une technique d’incorporation de carbone au sol, par exemple les plantes comme le noyer Maya, ou le compostage.

En foresterie,  plusieurs groupes de recherche étudieraient des forêts de composition différente, qui résisteraient au changement climatique et capteraient vite du carbone. J’ai écrit il y a peu sur mes inquiétudes que les forêts suisses ne succombent rapidement au changement climatique. Il faudrait tout faire pour prolonger leur existence au milieu du déferlement des catastrophes, des sécheresses et des vagues de chaleur, que nous verrons bientôt.

Plusieurs équipes devraient étudier les associations végétales optimales, les plantes captant rapidement du CO2, l’immobilisation du carbone dans le sol, des bactéries et champignons qui l’absorbent.

Matériaux de construction: plusieurs groupes de recherche pourraient mettre au point différents matériaux de construction écologique, et le recyclage des anciens. Les bâtiments devraient être adaptés pour supporter les ouragans et les vagues de chaleur.

Idéalement, après cinq ou dix ans, les meilleures solutions devraient être appliquées partout, un éco-biotope sur chaque rond-point, chaque maison en matériaux écologiques, trois solutions CO2- dans chaque exploitation agricole, par exemple à la fois des plantes absorbant rapidement le CO2, un paillage du sol, le compostage et des arbres. Certaines techniques sont déjà prêtes à mettre en place mais leur efficacité pourrait probablement  être décuplée.

Si la crise perdure, il serait peut-être bon de réaliser ces projets en créant une grande quantité d’emplois publics. Les autres pourraient être menacés.

Les changements sans précédent de la météo, de la végétation, du terrain même doivent être très précisément suivis et les risques inhérents devraient être étudiés. Quand les forêts mourront-elles? Quand y aura-t-il des ouragans? Quand fera-t-il trop chaud pour le blé et les vaches?. Il faudrait peut-être étudier des plantes qui supportent les températures extrêmes…

Le besoin des panneaux solaires ou de l’isolation des bâtiments a déjà été discuté et en partie compris. De nombreuses autres excellentes idées circulent aussi, mais Il faut y ajouter aussi cette liste, qui, si elle ne prétend pas être exhaustive, est en tout cas nécessaire.