Biosphère et interventions humaines à l’étude (rapport 6 du GIEC chap 5)

Je résume ici essentiellement la fin du chapitre 5 du 6ième rapport du GIEC, qui traite des interventions humaines possibles et de leurs effets sur la Biosphère.  Actuellement, les plantes terrestres captent à peu près un tiers de carbone émis, et les océans un tiers.  Le GIEC prévoit une diminution de l’absorption par les océans.

L’afforestation ou la reforestation pourraient capter du CO2 dans la biosphère.  Les effets seraient bénéfiques à des nombreux niveaux. La biodiversité, le cycle hydrologique, la stabilité et la composition des sols seraient améliorés.  Les forêts émettent aussi des composés qui favorisent la condensation des nuages et changent l’albédo de la Planète. Je passe un peu ici sur les bienfaits évidents de ces solutions simples, naturelles et porteuses de vie pour me présenter les autres techniques.

L’utilisation des terres pour l’agriculture humaine a provoqué la perte de 116 PgC dans les derniers 12’000 ans. Le sol s’est appauvri, le carbone qu’il contenait sous forme d’humus ou de bactéries, champignons et insectes est maintenant dans l’atmosphère.  Il est possible d’inverser cette perte et d’augmenter le carbone du sol en choisissant des variétés à grandes racines, en introduisant la rotation des cultures, en laissant des résidus végétaux sur place, et en utilisant des couverts. La fertilité du sol en serait améliorée.

Le sol peut aussi être enrichi en carbone par BECCS (bioénergie avec capture et stockage de carbone). Le Biochar est le produit de la combustion des matières végétales. Son ajout aux sols augmente les stocks de carbone et la fertilité. Le biochar améliore le rendement particulièrement des sols déjà dégradés.  Les risques de l’introduction de ces composés dans le sol ne sont pas bien compris (Lorenz et Lal, 2014). Je crains personnellement qu’il ne soient cancérigènes ou toxiques pour certains organismes du sol,  alors que d’autres auteurs  pensent que cela pourrait accroître la biodiversité du sol.

La restauration des tourbières et zones humides par l’arrosage compenserait et augmenterait la quantité de carbone perdue actuellement.

La capture de carbone dans les océans passerait par l’accroissement de la productivité des écosystèmes marins. L’idée est d’ajouter de l’azote dans les océans pour stimuler la productivité des algues, à la base de la chaîne alimentaire marine. Les algues utiliseraient plus de CO2 si elles disposaient de plus d’azote pour leurs molécules essentielles.  Le GIEC note que les conséquences d’un ajout d’azote dans l’océan sur cet écosystème sont incertaines. 

La restauration des écosystèmes côtiers, marais, mangroves, algues, pourrait capter le carbone.  La montée du niveau de la mer pourrait augmenter cet effet, mais les vagues de chaleur marines sont un risque.  Le potentiel global est de moins de 0.02 Pg C/y.

Magrovier et océan – Image par Pat Josse de Pixabay

Enhanced Weathering (EW): Les scientifiques étudient aussi la possibilité de décupler les réactions chimiques se produisant naturellement sur Terre. il s’agirait de répandre des roches moulues, par exemple de l’olivine, sur les plages ou les champs, les sols ou les océans. Elles fixeraient le CO2 par réaction chimique spontanée. Des essais sont en cours (lien).  Ces roches augmenteraient le pH des oceans, l’effet serait donc inverse de l’acidification causée par le CO2.  Cela pourrait améliorer la productivité des champs, mais aussi libérer des métaux toxiques, ce qui évidemment serait très nocif.  Ce risque devrait évidemment être contrôlé ou exclu.

DACCS: Capture de carbone de l’air avec stockage de carbone. Des usines de capture de carbone de l’air sont actuellement développées, notamment en Suisse (Installation suisse, Climeworks). Différents moyens chimiques sont utilisés pour capter le CO2.   Il serait ensuite stocké dans des réservoirs géologiques sous forme de gaz sous pression ou de carbonate.  Le GIEC relève que le gaz sous pression pourrait présenter des risques, et l’air qui sort de l’installation pourrait être trop pauvre en CO2 pour la végétation à proximité.

Des projets de capture de méthane apparaissent aussi.  Le processus pourrait être réalisé dans l’air,  par ” zeolite trapping ” et modification chimique. Le méthane du sol peut être dégradé naturellement par les bactéries du sol, et la présence de forêts facilite ce processus. Une étable pourrait diriger son aération à travers le sol où le méthane serait consommé par les bactéries naturellement présentes.  Il pourrait aussi être dégradé par des biopolymères qui incluraient des enzymes décomposant le méthane.  Ces technologies sont cependant encore dans l’enfance. 

Nuage Cirrus

SRM  La modification du rayonnement solaire par des molécules dans l’atmosphère diminuerait la proportion de lumière solaire qui atteint la Terre mais augmenterait la diffusion de la lumière.  L’effet de changement de lumière sur la croissance des plantes varie dans différents modèles.   La températures ne monteraient pas autant, ce qui pourrait limiter la croissance des plantes dans les régions boréales mais réduirait les risques des vagues de chaleur et de sécheresses. Cette intervention pourrait cependant modifier le cycle et la disponibilité de l’eau.  Les différents types de modification d’atmosphère auraient des effets un peu différents sur la productivité végétale et sur le cycle hydrologique.

L’injection d’aérosols dans la stratosphère (SAI) comporte le risque de d’une diminution d’ozone qui pourrait comporter des risques pour la végétation (voir blog  sur les risques, très exhaustif sur ces risques).

L’éclaircissement des nuages (MCB, marine cloud brightening) consiste à éclaircir les nuages en formant des gouttelettes plus petites, par la dispersion de sel marin par exemple.  A priori, cette technologie semble propre, peu polluante, mais pourrait augmenter  la durée de vie du méthane dans l’atmosphère et provoquer une pollution par l’ozone. 

Malheureusement, si stabilise le méthane, elle serait inutilisable en cas d’émissions de méthane du permafrost, et ce ce jour-là que nous pourrions avoir vraiment besoin de géo-ingénierie, car les températures monteraient haut et vite. Je suis très heureuse de voir apparaître des recherches sur la capture du méthane.  L’émission du méthane du permafrost est un des plus graves risques pour la vie sur Terre.  Le GIEC, qui se base sur les mesures datant de quelques années, la considère comme peu probable, mais des scientifiques alertent sur ce risque futur, et il est tout à fait souhaitable de nous en prémunir.

Enfin, le CCT (cirrus cloud thinning) vise à affiner les nuages affiner les nuages cirrus en créant des cristaux de glace plus gros. La nucléation des cristaux serait provoquée par du triiodide de bismuth ou de l’acide sulfurique ou nitrique.  Je dois me documenter plus cette technique. 

Les modèles montrent de façon convaincante que dans un monde à haute concentration de CO2, la géo-ingénierie augmenterait la masse des plantes vertes sur la Terre.  Cet effet serait positif.  Si nous les laissons pousser, des magnifiques forêts capteraient le carbone et assureraient un bon fonctionnement de la biosphère.

Par contre l’acidification des océans et ses dommages pour la vie marine se poursuivraient.  Il faut aussi noter que ces technologies de modification de lumière solaire devraient être appliquées sans interruption. Un arrêt soudain de cette géo-ingénierie, comme une fermeture de parasol, ferait monter brusquement les températures.

J’ajoute que nombreux pays appliquent actuellement une technologie qui n’est pas mentionnée dans le rapport, les pluies artificielles, provoquées par exemple par dispersion de l’iodure d’argent.  L’Indonésie s’en est servie pour éviter les feux de forêt, les pays du proche-Orient pour limiter les vagues de chaleur extrêmes, la Chine augmente maintenant la portée de leur dispositif jusqu’à toucher la moitié du pays.  Les effets sur la croissance des plantes et sur leur capture du carbone pourraient aussi être positifs, et devraient être étudiés.

 

La végétation absorbera-t-elle nos émissions de carbone?

La végétation absorbe près du tiers du carbone émis par l’Homme lors de la consommation des énergies fossiles. Le reste se retrouve dans les océans et dans l’atmosphère.  Le réchauffement diminuera probablement la solubilité du CO2 dans les océans.  La végétation aussi pourrait en pâtir. Le gaz carbonique, molécule à la base des structures de plantes, favorise leur croissance, mais l’effet de la température est plus incertain.

Je vois dans le rapport du GIEC (chap 5) que l’effet du réchauffement sur la végétation est extrême sous forme d’un feedback linéaire. Le carbone accumulé dans les plantes augmente avec la concentration de CO2 dans l’air, et la température le diminue.  

Les modèles CMIP6 calculent donc: dC (land)  = 0.89 dCO2   -33 dT

Je m’interroge un peu sur le côté linéaire, constant de ce changement.

L’effet de la température est différent dans l’Arctique, où la chaleur provoque une croissance accrue, et en Amazonie, où la sécheresse et les températures excessives ont arrêté la croissance des arbres.  De nombreuses forêts souffrent déjà des températures excessives. 

Les effets du changement climatique sur la végétation de la Planète sont difficiles à anticiper.  Une étude de  Hatfiled et Prueger du département américain d’agriculture examine les réponses possibles.

Tout d’abord, s’il fait plus chaud au printemps, les arbres fruitiers et d’autres plantes fleurissent plus tôt. Les abeilles seraient pas là à temps pour les polliniser et pour former les graines de la génération suivante. 

La formation de graines fertiles peut aussi être bloquée par la chaleur en été.

Les plantes pérennes ont aussi besoin d’une période de froid en hiver pour reconnaître la venue du printemps et recommencer un cycle de végétation.  La Californie, grand producteur de noix et de fruits, pourrait connaître des hivers trop doux  et devrait abandonner de nombreuses cultures. 

En Europe,  quand la chaleur du printemps arrive,  les plantes poussent soudainement beaucoup plus vite. Elles ont généralement une température optimale qui leur convient le mieux, et quand celle-ci est dépassée, la plante croît plus difficilement. 

Les  expériences ont montré qu’en faisant pousser du maïs à 5°C au dessus de la température idéale,  la croissance diminue de plus de la moitié, et le maïs produit la moitié des graines seulement.  Un arrosage supplémentaire ne sauve rien, et augmente même les dommages. 

L’augmentation de température pourrait causer des pertes de 2,5 à 10% au cours du 21ième siècle.  D’autres analyses prévoient une perte de rendement du blé, du maïs et du coton qui pourrait aller jusqu’à 70%. Les scientifiques tentent de sélectionner des plantes adaptées à plus haute température.

Le graphique ci-dessous montre que les plantes ont une température optimale, et que le froid ou la chaleur excessive diminuent  rapidement leur croissance.  Le maximum varie selon les plantes. 

Hatfield et Prueger

Dans les écosystèmes naturels, la chaleur s’accompagne de sécheresse, et le manque d’eau limite rapidement la croissance des végétaux. L’effet de chaleur est rapidement négatif, notamment s’il y a de nombreux jours de sécheresse consécutifs.

De plus, le changement climatique rapide provoque actuellement d’importants des feux de forêts et des nouvelles maladies.

Je crains que le rapport du GIEC ne soit trop optimiste au niveau de la capture du CO2 par les plantes. La réponse ne sera pas linéaire, les végétaux aussi subiront des catastrophes en série dont ils se remettront lentement, plus lentement qu’elles n’arriveront.  Nous perdrons des forêts protectrices, et les températures pourraient monter plus vite.

Une étude portant sur les écosystèmes naturels montre que la végétation a déjà dépassé la température optimale pour l’ensemble de la Planète et que sa croissance diminue (Duffy). Selon ses auteurs, la végétation pourrait capter moins de carbone à la fin du 21ième siècle. Nous pouvons, bien sûr, augmenter très sérieusement le nombre d’arbres sur la Planète, en en plantant dans tous les coins disponibles, et compenser ainsi l’effet de nos activités sur la végétation.  Il faut absolument le faire.

Le rapport du GIEC préconise aussi de sauver les zones humides. Pour cela, il faut prévoir des systèmes d’arrosage qui les sauveront. Elles auront rapidement à affronter des vagues de chaleur telles que celle qui a frappé le Canada cet été.

Les événements extrêmes annoncent un changement grave du climat

Je suis stupéfaite de voir que le vaccin et le certificat covid remplissent l’espace consacré à l’actualité à la télévision alors qu’en arrière-plan,  en dix secondes, nous voyons  d’immenses feux de forêts dévaster la Grèce et la Turquie, affligées d’une vague de chaleur exceptionnelle. Il y a un mois, le Canada a atteint 49°C.  Il y a deux semaines, les statisticiens livraient leurs conclusions: selon les modèles de réchauffement climatique,  une telle vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Si elle se produisait plus souvent, les estimations des experts devraient être revues. Or les événements exceptionnels se multiplient cette année.  Ce même été, le proche-Orient, et aujourd’hui la Grèce ont aussi connu des vagues de chaleur exceptionnelles.  Les températures en Alaska  dépassent les trente degrés cette semaine,  elles sont totalement hors norme comme celles de la Sibérie au début de l’été. Des dizaines de tempêtes de grêle ont balayé l’Europe, il y a aussi  des tornades.  Cet été apporte des centaines d’événements climatiques étranges, et visiblement le climat est complètement déstabilisé.  Plusieurs experts mondiaux, tels que Johan Rockström,  évoquent la possibilité qu’il ait passé un seuil au delà duquel la météo sera différente. 

L’évolution du climat pourrait alors être très différente des prévisions du GIEC. Le cycle naturel pourrait être rompu, et les éléments qui modèrent habituellement les températures ne joueraient plus leur rôle.  Le changement s’amplifierait. 

Une accélération est de toute façon prévisible. La banquise arctique se réduit presque chaque année et cette année elle a atteint une surface minimum.   Avant, cette mer était toujours couverte d’une couche de glace d’environ un mètre, âgée de plusieurs années. Maintenant, elle est plus fine, souvent brisée en fragments séparés, et la surface de mer ouverte, bleue, s’agrandit régulièrement.

A mesure que la surface de  la glace diminue, la Planète se réchauffe de plus en plus vite. De plus,  le permafrost Arctique fond et commence à émettre du méthane qui amplifiera encore l’effet de serre dans le futur.

Les forêts brûlent partout sur la Planète et perdent leur rôle de puits de carbone.

Il est bien possible que le réchauffement soit déjà plus rapide que prévu, ce qui nous vaut les inondations et les vagues de chaleur de cette année, et qu’il soit sur le point d’accélérer encore. 

Aujourd’hui, les prévisions d’évolution du climat officielles sont basées sur le dernier rapport du GIEC, et les schémas de réduction s’en inspirent. Mais les événements météorologiques de cet été indiquent que le changement pourrait être plus rapide ou plus grave.  Je ne sais pas si les experts livreront des nouvelles prévisions après cet été apocalyptique, s’ils comprennent maintenant bien l’évolution du climat. Il faudra peut-être un peu plus de temps, des nouveaux modèles basés sur la réalité dont la mise au point pourrait prendre quelques années.   Quelques scientifiques ont émis depuis longtemps des théories différentes sur le déroulement du réchauffement, et craignent une évolution très négative, un réchauffement abrupt et dévastateur. Ils étaient parfois taxés d’alarmistes mais les événements récents semblent leur donner raison. 

D’ici dix ans,  ou même à la prochaine année el Nino dans deux ou dans trois ans, nous aurons probablement d’immenses  inondations, des vagues de chaleur mortelles, des grêles géantes, enfin que sais-je… des événements graves qui mettront notre société en danger. 

Nous devons tout faire pour l’éviter. Ce sera difficile, une aggravation est inévitable, mais nous pouvons peut-être sauver les villes dans lesquelles nous vivons et une partie de nos écosystèmes.  Nous ne pouvons exclure qu’au cours de ces prochaines années, une vague de chaleur dépassant les 45°C touche la Suisse, que la forêt proche de ma maison prenne feu,  et que nous ayons à faire face à ce grave danger, comme les Grecs et les Turcs aujourd’hui.  C’est arrivé début juillet au Canada. Nous sommes déjà en danger, l’ère des catastrophes a commencé. Aujourd’hui, nous le savons. 

Nous entrons dans une course à la vie ou à la mort.  Il y a aura de nombreux dommages. Nous avons besoin de nouvelles prévisions basées sur les événements récents. Elles nous permettraient d’estimer ce qui pourra être sauvé et ce qui doit être évacué.

Article du Temps: Climat, l’été de tous les extrêmes

 

Les scientifiques espèrent que la vague de chaleur du Canada est un événement exceptionnel

Une étude sur la vague de chaleur qui a apporté 49.6°C au Canada conclut qu’au niveau actuel du réchauffement,  elle devrait être très rare et se produire tous les mille ans seulement.  Les chiffres ne sont pas définitifs, mais donnent déjà une bonne idée de l’événement.

Sans réchauffement climatique, cet événement serait hautement improbable et se produirait tous les cent mille ans.

Par contre, si nous laissons les températures monter à +2°C, une telle canicule pourrait survenir tous les dix ans.

Si les prévisions du GIEC sont correctes, cette fournaise ne devrait donc pas se reproduire avant mille ans.

Il y a deux autres possibilités: la première est que la moyenne du réchauffement suive les prévisions, mais qu’il y ait plus d’événements extrêmes.  Par exemple, on pourrait imaginer qu’il y ait des jours à la même température que précédemment, par exemple 25°C en été, et des jours beaucoup plus chauds.  Il faudrait alors s’adapter à ce danger.

Les experts n’excluent pas non plus que le climat ait passé un seuil, un point de bascule (voir mon blog d’hier) ou une phénomène inconnu amplifie le réchauffement climatique. Dans ce cas de nombreux événements pourraient se précipiter.

Je me réfère aux prévisions de Steffen, Rockstrom, Lenton, Barnosky Shellnhuber etc sur lesquelles j’ai écrit hier, ils notent que la survie de l’Humanité dépend de nombreux écosystèmes sauvages, forêts, deltas, marais qui sont justement en mauvais état. Je crois que leur modèle n’inclut pas Bolsonaro et la déforestation accrue ni les méga-feux de forêts qui ont touché entre autres l’Australie. Le modèle ESCIMO prévoit mieux les récents agissements humains, mais n’anticipe pas assez la sensibilité des écosystèmes naturels.

Nous savons que cette vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Ils pourraient peut-être aussi voir comment la vague de chaleur et les inondations d’Allemagne et de Belgique (ou toutes les températures et pluies de l’année) correspondent au modèle, logiquement la coïncidence de deux événements peu probables est encore moins probable.

Il faudrait  aussi trouver un ou plusieurs modèles de réchauffement abrupt et comparer plusieurs événements actuels, au modèle actuellement admis et à un modèle de réchauffement abrupt, pour savoir à quelle évolution ils correspondent le mieux.

Addendum le 24 juillet: Le dernier rapport du GIEC incluait les températures survenues jusqu’à l’année 2015, et pas l’année la plus chaude 2016.  Si nous tenons compte des 5 dernières années, les prévisions seront déjà plus élevées. Les températures sont probablement montées alors à cause de la réduction de la surface de la glace réfléchissant le soleil sur l’océan Austral et sur la mer Arctique. 

Si le climat est aujourd’hui déstabilisé par le mauvais état des écosystèmes, de la végétation et des sols, et par leurs émissions de carbone, nous pouvons peut-être y remédier. Nous pouvons replanter des forêts demain, des haies, des bosquets,  étendre les réserves naturelles, et appliquer plusieurs solutions d’afforestation et restauration des écosystèmes. Elles sont peu coûteuses et nécessitent peu de technologie. 

Article: https://climate.gov/news-features/event-tracker/preliminary-analysis-concludes-pacific-northwest-heat-wave-was-1000-year

Blog précédent incluant les points de bascule:

Nous avons besoin de toutes les forêts du monde pour éviter un basculement du climat vers une époque chaude : signez pour les forêts

Nous avons besoin de toutes les forêts du monde pour éviter un basculement du climat vers une époque chaude : signez pour les forêts

Une Terre à l’avenir incertain

Une étude importante (menée par des professeurs du Potsdam Climate Institute, du Stockholm Resilience Center, de l’université Catholique de Louvain, de l’Université d’Exeter, Cambridge, Stanford, de Wageningen, les meilleurs centres de recherche du monde), a interrogé le déroulement du réchauffement climatique (étude).  J’ai beaucoup aimé la vidéo ci-dessous , où un des auteurs très réputés (30 min en anglais) présente assez simplement ce travail et ses conclusions.

Le climat actuel est maintenu par plusieurs éléments que le réchauffement pourrait perturber.  La glace sur la mer arctique, les glaces du Groenland, la calotte glaciaire dl’Antarctique-Ouest,  les glaciers de l’Himalaya le permafrost de Sibérie et des océans, les forêts tropicales, les forêts boréales, la capture du carbone par les algues marines,  les récifs coralliens, et la circulation océanique stabilisent le climat terrestre.

Forêt Amazonienne- Australienne-de Bornéo- glace Arctique- forêt du Congo- Sibérienne- Permafrost- Glaciers de l’Himalaya-Canadienne- Groenland-Circulation océanique- Antarctique Ouest – Antarctique Est -etc

Certains de ces éléments devraient rester en place des centaines ou même des milliers d’années, d’autres sont déjà menacés aujourd’hui.  Par contre, quand un de ces événements se produit, il en entraîne d’autres, par exemple la fonte des glaces et la mort des forêts réchauffera encore la Planète.  Nous pouvons équilibrer le climat terrestre autour de 2°C par des mesures de mitigation, ou le précipiter dans un état de ‘HotHouse Earth’, terre serre.  La Planète subirait une série d’événements catastrophiques qui la rendraient plus chaude de plusieurs degrés en milliers d’années. Les glaces polaires, en particulier, fondraient lentement. 

Notre Terre est sortie de son cycle naturel (bleu). Nous pouvons la stabiliser à 2 °C ou la pousser dans un réchauffement fort (étude PNAS).

Cependant, le professeur Steffen explique que dans le modèle l’augmentation de température est régulière, car il ne fonctionne pas bien avec ces soudains sauts de température dûs aux points de basculement.

(23.07) Je n’avais pas très envie non plus de parler de la table de biomes importants pour la survie de l’Humanité (Table S4): récifs coralliens, forêts tropicales, deltas et côtes,  marais, glaciers de montagnes. La majorité de ces écosystèmes essentiels est déjà fragilisée ou en mauvais état.  Les deltas subissent déjà les infiltrations d’eau salée.  Il sera très difficile de sauver les écosystèmes côtiers (La table S5 propose une liste de solutions).

Cette année, après la vague de chaleur du Canada et l’inondation en Allemagne, il fut observé que les modèles climatiques ne prévoient pas bien les événements extrêmes ou des sauts brusques de température. Je crois qu’en réalité nous pourrions avoir devant nous des années de changement très violent et très dangereux.

Et si un de ces événements critiques pour le climat se produit plus vite qu’escompté par les scientifiques, les autres pourraient être précipités.

Le scientifique considère que zéro émissions en 2050 est une cible insuffisante, trop lointaine, et qu’il faudrait prendre des mesures plus rapides.

Les récifs coralliens, l’écosystème le plus riche des océans si ce n’est du monde, sont très sensibles au réchauffement et déjà très touchés.  La moitié est déjà perdue. Leur disparition pourrait perturber les océans entiers.

 Les glaces fondent vite.

Les forêts sont déjà menacées

L’événement qui se produit le plus vite est peut-être l’affaiblissement des forêts tropicales,  il advient plus vite que prévu à cause de l’activité humaine.

La forêt amazonienne émet maintenant du carbone, du fait des sécheresses persistantes. Certains arbres dépérissent, d’autres sont perdus partiellement du fait de l’Homme, de la déforestation (Nature, blog).

Les forêts boréales brûlent dans des méga-feux de forêts, elles subissent un énorme changement de température, des sécheresses sans précédent et des nouvelles maladies.

En Asie du Sud-Est, la déforestation touche les forêts de montagne, épargnées jusqu’à présent (phys.org). L’exploitation des ces zones et peut-être liée aux vagues de chaleur impressionnantes, qui touchent la région depuis quelques années (blog, blog), à un assèchement et à des infiltrations d’eau salée dans le delta du Mékong qui rendent la production alimentaire difficile dans ces régions.

De nombreuses forêts dans le monde sont menacées, certaines peinent déjà à faire face au réchauffement.

Dans les circonstances actuelles, la chose la plus délirante que j’ai vu récemment est une pulvérisation de glyphosate sur les forêts canadiennes.  Le glyphosate est un herbicide qui tue la plupart des monocotylédones et des dicotylédones, les plantes à fleurs, les myrtilles, les buissons, les arbres. Il atteint jusqu’aux racines, mais son action est d’assez courte durée. Il est donc utilisé  dans l’agriculture, avant les semis, et de façon plus hasardeuse pour le consommateur, sur des céréales pour les dessécher et pour pousser à la maturation des graines.

De nombreux articles scientifiques ont mis en évidence des effets néfastes sur l’environnement,  notamment sur certains insectes et de façon indirecte sur les oiseaux qui s’en nourrissent.

Je n’ai encore jamais entendu parler de l’utilisation du glyphosate sur un écosystème naturel. Il serait pulvérisé par hélicoptère sur des forêts entières.  Il tuerait la grande majorité de plantes, les arbres, les fleurs, les buissons, jusqu’à la racine. Tout l’écosystème qui s’en nourrit, les vers, les insectes, les oiseaux, les animaux serait dévasté.

Les ‘mauvaises herbes’, aulne, bouleau, chêne, érable, saule et autres plantes et arbustes à feuilles larges sont considérés comme ayant moins de valeur commerciale que les résineux à feuilles aiguilletées comme le pin tordu et le sapin de Douglas qui souffrent justement déjà du réchauffement.  Ces diverses espèces sont vitales pour la diversité biologique, constituent un capital nutritif pour le sol, ralentissent la propagation des incendies de forêt et sont supérieures aux conifères pour séquestrer et stocker le carbone – une aide forestière importante dans ce monde de changement climatique.

Actuellement les forêts du Canada subissent des sécheresses nouvelles,  et  des vagues de chaleur.  De nombreuses plantes dépériront naturellement, mais certaines s’adapteront au réchauffement et permettront aux animaux de survivre. La biodiversité assure une meilleure résistance face au changement climatique.

D’autre part, une forêt naturelle contient du carbone dans les arbres, dans le sol, dans l’humus, dans les animaux et aussi dans des vieilles souches et branches qui se dégradent lentement au sol. Il faut laisser le bois mort se décomposer naturellement.

Image d’ourson par David Mark de Pixabay

 Le président du Canada, Trudeau nous semblait honnête et bien informé. J’espère qu’il interdira rapidement ce procédé barbare et irresponsable. Greenpeace a lancé une pétition pour arrêter la bien nommée ‘ pluie de la mort’; signez-là :   greenpeace canada

C’est une amélioration très facile à faire et il y en a sûrement beaucoup d’autres.

Dans ce contexte, Avaaz lance un plan pour Glasgow (pétition). Ils demandent:

  • des réductions d’émissions rapides pour rester en dessous de 1,5°C;
  • 100 milliards pour le climat tout de suite, avant le sommet,
  • 50%  des investissements pour l’adaptation,
  • un soutien pour les pertes dues au changement climatiques, telles que les inondations
  • et la mise en place immédiate des engagements de l’accord de Paris.

J’ai signé. Je suis convaincue de la nécessité d’un engagement rapide et fort, je me demande cependant si 50% des fonds doivent être destinés à l’adaptation. Ne serviront-ils pas à des murs et des barrages vite dépassés? Il faudrait aussi investir plus  dans la mitigation, dans la plantation des forêts et dans la reconversion des entreprises polluantes.

Je demande un engagement mondial pour sauver les forêts, une protection générale des de tous les arbres du monde.

 

 

La destruction climatique a commencé et a frappé Zurich hier

Depuis quelques années je vois des articles sur des vents étonnement forts qui se produisent à plusieurs endroits du globe.  Dans une ville après l’autre, un vent très fort se lève et cause des dégâts  inouïs. 

J’ai près de cinquante ans, et je  n’avais  jamais vu d’arbre cassé par le vent,  de tornade ni de grêle.  Je n’ai même jamais entendu d’informations mentionnant des tornades en Europe.  Je considère donc ces événements comme exceptionnels.  Nous sommes d’accord, ils sont clairement rares, n’est-ce pas?  Ils se sont produits près de chez moi cet été.  La tempête a déraciné un arbre devant l’école de ma fille à un kilomètre, il y a eu des dizaines d’orages et des petits grêlons sont tombés sur ma vitre. Ils se multiplient énormément.  J’ai aussi remarqué la nouvelle érosion du sol dans les forêts de montagne, due certainement à une alternance de chaleur et de sécheresse et de pluies intenses de ces dernières années.

Depuis quelques années, les articles rapportant des vents très forts qui cassent des arbres dans les villes s’accumulent.  Ils semblent apparus  après le réchauffement rapide de 2015 et 2016.  La Terre a alors quitté le climat dans lesquelles  l’Humanité a toujours vécu, et l’Organisation Météorologique Mondiale a averti que des phénomènes climatiques nouveaux peuvent se produire. 

En 2016 ou 2017,  quelques tempêtes étonnamment fortes se sont abattues sur Varsovie en  Pologne et la Russie. En Pologne, en tout cas, il s’agissait d’événements exceptionnels, tout à fait étonnants et nouveaux pour les habitants.  Les arbres ont été déracinés, sont tombés sur des voitures, qui ont été soulevées.  

En 2018, la tempête David (Frederike) a frappé les Pays-Bas (vidéo).

Le début des jeux Olympiques de  Corée du Nord a aussi été bloqué par un souffle extrêmement fort (lien). 

Et cette même année des forts orages, appelées pluies tropicales,  ont provoqué une inondation à Lausanne et à plusieurs endroits en France.

Depuis, des articles de journaux mentionnant des vents forts et des arbres arrachés se multiplient sur internet.  Ce sont clairement des événements exceptionnels, qui arrivent dans une ville après l’autre.   D’autres images montraient des grues de chantier cassées et frappant les vitres d’un immeuble, au Canada et en Allemagne.

En 2019 il y a eu quelques tempêtes assez fortes en Suisse, au début de l’année, et une forte bourrasque a fait tomber le mur de Trump entre les Etats-Unis et le Mexique (lien).

En 2020, je relève la tempête Petra à Aigle (lien). En été, un fort orage a déraciné une cinquantaine d’arbres dans les parcs de Genève (lien,  blog).  C’était aussi un événement rare. A cette même période, le Iowa aux Etats-Unis a essuyé un vent violent, un Derecho, qui a cassé des milliers d’arbres, de poteaux électriques et a laissé les habitants d’une grande région sans électricité , sans route practicable et sans secours pour plusieurs jours dans la chaleur (blog).

Et cette année, la presse californienne a rapporté un vent étonnamment fort (lien),  la Chine a été impitoyablement balayée pendant plusieurs jours (vidéo).  J’ai vu  de toits d’immeubles arrachés à Manaos (vidéo), en Amazonie Brésilienne et en Russie (vidéo).

Nous avons aussi eu un ciel totalement orange, martien, quand le Sable du Sahara a été amené au-dessus de nos montagnes. Ce phénomène s’est produit plusieurs fois cette année à différents endroits du globe.    

La preuve de l’augmentation des vents n’est apparemment pas évidente techniquement. J’utilise personnellement le critère du nombre d’arbres cassés, subjectif, pour tenir le compte des fortes tempêtes qui apparaissent dans les médias.  Cela pourrait être une base de calcul pour un article scientifique,  mais le nombre d’arbres n’est pas fixe, et surtout l’année prochaine, ils pourraient ne plus être là, alors qu’ Eole reviendra.  Des statistiques pourraient aussi être effectuées sur le nombre de poteaux de feux de circulation pliés dans le monde par année, ou sur les toits arrachés. 

L’augmentation des pluies intenses est beaucoup plus visible  depuis que les précipitations sont comptabilisées par heure, et non pas par jour. Pour le vent, j’ai reçu la réponse que des épisodes très forts se sont toujours produits.  Un changement de critère est peut-être nécessaire pour mesurer correctement ces nouveaux phénomènes.  Il faut peut-être faire un calcul sur  l’intensité du souffle en plaine, sans tenir compte du sommet des montagne, ou mesurer la vitesse ou la puissance sur une certaine surface minimale. Ils pourraient placer 10’000 poteaux standardisés partout dans le monde et les remplacer s’ils se facturent.  Les instruments de mesure actuels sont peut-être trop sensibles.  Ecoutez, franchement, il se passe quelque chose! Les statisticiens ont en tout cas montré une aggravation des ouragans et des orages, et l’augmentation de la température devrait favoriser ces phénomènes. Selon l’expert Stefan Rahmstorf la météo actuelle est surtout étonnante par sa persistance, qui pourrait être due au réchauffement de l’Arctique et aux changements de vents qui en découlent (lien).

Regardez les vidéos catastrophique que je mets en lien. Je suis convaincue que nous verrons ces événements, plus intenses arriver ici. Je demande que nous ne construisions plus rien qui ne puisse résister aux ouragans.

Cet été a apporté des semaines d’orages violents sur l’Europe Centrale, plusieurs tornades, et des dizaines de chutes de grêle, grosse de plusieurs centimètre ou abondante, s’accumulant en congères sur le sol.  Les événements ont débouché sur des inondations, et des glissements de terrain en Suisse (article Temps). Les inondations sont bien plus fortes ailleurs, en ce moment en Chine et en Inde.

J’ai trouvé une étude concernant l’Est des Etats-Unis, qui fait état d’orages plus forts au cours des dernières décennies. Elle  estime que le réchauffement climatique va y causer  des orages encore plus intenses, propices aux tornades (avec une forte augmentation de jours à CAPE > 4’000 J/kg; Robust increases in severe thunderstorm environments in response to greenhouse forcing’).

De plus, il peut y avoir une différence importante entre ce que le consensus du GIEC prévoit et l’intensité de phénomènes réels, d’un phénomène qui sera très destructeur.

Hier, James Hansen ne m’a pas du tout rassuré. Il a appelé la période allant de 2016 à 2021 une pause du réchauffement (lien).  J’espère vivement que nous n’allons pas vivre encore une augmentation de température d’un demi-degré Celsius en un an, comme en 2015-2016. Je crois qu’alors l’intensité des phénomènes atmosphériques serait décuplée, qu’ils deviendraient vraiment dangereux. Nous devons nous y préparer des maintenant. 

Nous vivons maintenant le début de la destruction de l’Europe par les phénomènes climatiques.  

 

Addendum le 21 juillet: tempête étonnamment forte à Chihuahua au Mexique https://www.youtube.com/watch?v=pVfAHfUbMnM

La canicule du Canada en annonce d’autres

Le Canada a vécu plusieurs jours au-dessus de 45°C, avec un maximum à 49°C. Le Nord-Ouest des Etats-Unis, ainsi que l’Est des Etats-Unis subissent aussi des chaleurs record.  La Sibérie subit aussi des chaleurs record. 

Je me souviens que j’ai vécu une température de 44°C à Delhi. J’étais fatiguée, somnolente, vraiment diminuée physiquement et probablement mentalement aussi.   Je pensais que les conséquences pourraient être bien plus graves, mais les Canadiens semblent supporter assez bien cette vague de chaleur.  Des lieux climatisés ont été mis en place et certains se terrent apparemment dans leurs caves.  Cependant, des centaines de morts soudaines ont été rapportées, et la ville de Lytton a brûlé, envahie par un incendie de forêt,  peu de temps après l’évacuation de ses habitants.  Les policiers canadiens ont déclaré qu’ils ont été appelés pour plus de 50 décès subits en une journée, contre 2 ou 3 habituellement.  Selon les déclarations d’officiels canadiens, le nombre de 486 décès pourrait augmenter dans les jours suivants, et les secours sont débordés. 

Cette canicule extrême dépasse de plusieurs degrés les records de chaleur de ce pays assez froid, ainsi que les prévisions de températures du GIEC qui tiennent compte du réchauffement climatique.   Le climatologue Martin Beniston , ancien vice-président du GIEC, a déclaré à la télévision suisse  que la vague de chaleur se produisait bien plus vite que sa version du rapport ne le prévoyait et que des vagues de chaleur similaires et même plus importantes suivront (rts).

Un autre climatologue climatologue Canadien tire des conclusions similaires  (cbc.ca).   

Ce changement énorme du climat Canadien a aussi des nombreuses conséquences sur les écosystèmes, les glaces par exemple fondent extrêmement vite, les rivières débordent, et les forêts brûlent dans d’immenses incendies. Ceux-ci déclenchent des éclairs qui allument d’autres brasiers. 

La chaleur affecte aussi l’agriculture, les cultures de blé et de colza, dont les prix  dans le commerce international sont montés ces dernières semaines.  Ils étaient déjà élevés au printemps.  La récolte de blé américaine devrait atteindre seulement un cinquième des prévisions  et la situation est encore plus grave pour le colza (cbc.ca).

Nous ne savons pas où, ni si ce sera cette année, l’année prochaine ou dans deux ans mais des vagues de chaleur très importantes frapperont encore, et encore. Un jour, elles dépasseront les limites de résistance du corps humain. Diverses autres catastrophes s’aggraveront aussi, et la production alimentaire sera mise à mal. Nos vies devront de plus en plus hasardeuses. 

Nous devons tous nous préparer à ces éventualités, et prévoir des solutions pour éviter les grosses chaleurs, telles des abris. Dans l’urgence, les bureaux climatisés pourraient éventuellement être ouverts au public, à plus long terme il faut construire des abris, peut-être souterrains  et / ou installer  des climatiseurs.  Des tels appareils devraient être raisonnables et pas trop polluants. Ils  pourraient se mettre en marche  à partir d’un seuil de 30°C ou de 35°C,  pour éviter que leur utilisation n’aggrave le problème climatique. 

Il faudrait surtout prendre des mesures énergiques pour limiter le réchauffement climatique et ses dégâts.  Nous pouvons décroître les émissions rapidement, les études consécutives au confinement 2020 ont montré que l’arrêt immédiat des voitures et surtout des avions est une solution possible, sans trop d’effets secondaires négatifs.

Je conseille toujours d’arrêter la plupart des constructions, car les bâtiments prévus ne sont pas adaptés à l’avenir qu’ils devront affronter.

Enfin, cette vague de chaleur pose la question de la fiabilité des modèles du GIEC. Elle semble les dépasser, le réchauffement serait-il alors plus rapide que prévu? Les conséquences prévues pour 2100 arriveront-elles bientôt?  Atteindront-elles des niveaux plus graves, tels que des températures mortelles ou la destruction de nos villes? Le réchauffement est-il passé en mode abrupt? Sommes-nous en danger immédiat?  

Je crois que les climatologues doivent intégrer ces événements à leur modèles et leurs prévisions futures pourraient être plus alarmantes, mais plus réalistes. En tout cas, je crois qu’il nous faut des abris et des bâtiments solides, des murs anti-marée très hauts et des réserves de nourriture.

Addendum le 4 juillet: Cette étude de Sonia Seneviratne de l’ETHZ calcule une assez forte probabilité de vagues de chaleur dans le réchauffement tel que prévu par le GIEC , c’est peut-être dans les figures supplémentaires. Cela m’avait surpris à l’époque, des vagues de chaleur telles que celle de 2018 et même plus fortes apparaissaient comme tout à fait possibles. Publication:

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2019EF001189

Elles pourraient  modifier le cours du réchauffement, en faisant fondre les glaces, le permafrost et en provoquant des feux de forêt.

Je dois dire que je suis stupéfaite par des commentaires du style ‘inventions apocalyptiques’. Il a fait 49.5°C au Canada.  C’est incroyable, et c’est déjà apocalyptique.   Mes soi-disantes inventions sont généralement la liste d’événements récents. Ils sont si surprenants que j’ai de la peine à y croire moi-même, mais c’est la réalité. Les scientifiques nous disent que ces vagues de chaleur, et des plus importantes, se produiront encore.

 

Image de couverture Gerd Altmann; images de Pixabay

Anciens blogs:

Vague de chaleur Sibérie 2020

Vagues de chaleur Etats-Unis 2020 

Vague de chaleur 2019

Le climat pourrait changer très vite

Mesures d’urgence climatique

Biden lance un plan pour l’emploi et sécuriser les infrastructures contre le réchauffement. Le fera-t-il bien?

Biden face à la réalité climatique

Le président américain lance un grand plan pour l’emploi à hauteur de 2,3 billions de dollars. Ces investissements sont destinés au renforcement des infrastructures face au réchauffement. Ils déclarent que « chaque dollar dépensé pour la reconstruction des autoroutes, des aéroports, des systèmes d’eau etc sera utilisé ” prévenir, réduire et résister aux impacts de la crise climatique. “

Le nouveau président américain semble faire face à la réalité. Il serait très intéressant de savoir quelles mesures ont été prévues pour que les infrastructures résistent au changement climatique. Elles doivent être adaptées à l’urgence climatique.

Le changement climatique provoquera probablement des inondations croissantes, des ouragans plus forts  des glissements de terrain, des vagues de chaleur, des feux de forêt et la montée du niveau de la mer (GIEC).

Des vents plus forts, et des grands orages, s’étendant sur plusieurs pays semblent aussi se produire depuis quelques années. Ils pourraient apporter des grosses grêles, de tornades et des foudres très nombreuses ou intenses.

Inondations

De nombreux dégâts se produisent déjà: Le nombre et la gravité des inondations augmentent. Elles inondent les sous-sols, détruisent les possessions dans les appartements et les stocks dans les entrepôts. Ce danger est très répandu, un rapport américain estimait que la moitié des bâtiments des Etats -Unis sont en danger d’inondation.  La petite catastrophe de Lausanne de 2018, a déjà causé des dommages coûteux dans de nombreux sous-sols. En 2020, la Chine a été touchée par d’immenses inondations, qui ont couvert des villes entières.  Elles sapent et emportent des bâtiments entiers. Plus d’un million de personnes ont été évacuées, et un nombre comparable a été employé dans l’aide aux victimes.  Le danger d’inondation a été relativement bien annoncé par le GIEC, même si les précipitations sont parfois plus intenses que prévu. La fonte de la glace Arctique et le dérèglement du courant-jet pourraient créer des perturbations atmosphériques supplémentaires, et amener des fortes précipitations dans l’hémisphère Nord. 

Glissements de terrain

Des glissements de terrain inhabituels se produisent suite au dégel du permafrost boréal et de montagne. Les chutes de pierre dans le Massif du Mont-Blanc se sont surtout produit depuis 1990, et augmentent ces dernières années, dues au réchauffement (Lien preventionweb).  Les pluies intenses en provoquent aussi, les feux de forêt déstabilisent les pentes de montagne. D’autres glissements de terrain se produisent en bord de mer à cause de la montée du niveau de la mer  et en bord de rivière en crue, après des fortes pluies. En Californie, le Highway 1 est très vulnérable et a déjà subi des nombreux glissements de terrain (lien) , notamment après une grande tempête

Parfois, les glissements affectent des grandes étendues, quand un éboulement bloque une rivière. Après des pluies intenses en 2019, un tiers de la Colombie avait été coupé du monde par des glissements de terrain sur les routes (lien). 

Des glissements de terrain importants se sont produits récemment en Nouvelle Zélande, au Canada, en Turquie, en Equateur,

au Pérou , en Chine au Séchouan, à Hubei, ou à Chongking. Ils augmenteront probablement de concert avec les précipitations intenses. 

Orages plus importants et destructeurs

Les orages semblent plus grands et plus forts, les nuages s’étendent plus haut , l’humidité atmosphérique augmente, les courants polaires humides se heurtent à de l’air très chaud et pourraient des intempéries plus violentes.

Des grêles avec des projectiles de glace de près de 20 centimètres se sont produits récemment à plusieurs endroits des Etats -Unis (Oklahoma, Texas). Ces dernières années, les grêlons géants  ont tué en 2019 en Chalcidique, Grèce. Ils ont détruit des voitures et percé des toits en Italie, en Australie.  Un article rapportait que les fortes grêles avaient détruits quasiment tous les toits.  Un autre discute les événements de grêle géante en Europe.

Ces orages s’accompagnent parfois de tornades et de foudre. Des records du nombre d’éclairs ont été atteint ces dernières années, des foudres beaucoup plus fortes pourraient aussi se produire (blog, Reuters).  La Suisse est assez exposée à la foudre, et relativement moins au vent. 


Vent


Des vents étrangement forts se sont produits ces dernières années. Les statistiques sur la vitesse du vent semblent difficiles à faire. Cependant, jai l’impression que le nombre d’arbres cassés par les vents s’accroit.

Les jeux olympiques de Corée avaient été perturbés par des vents étonnants (lien).

En 2020, un vent fort a balayé  l’état de l’Iowa et a provoqué des dommages très étendu, a privé d’électricité et coupé du monde de nombreuses villes, qui ont été livrées à elles-mêmes dans une chaleur intense (mon blog). 

Le mois passé, en avril 2021 des vents violents ont ravagé au moins la Russie, le Brésil et la Chine. J’ai remarqué dans les vidéos que les toits des immeubles sont arrachés en entier, s’envolent en plaques immenses de dizaines de mètres. Les  arbres cassent, les tempêtes plient les grues de chantier , de nombreux poteaux sont arrachés, tout objet non fixé s’envole et peut causer des dommages, les trampolines en particulier volent très bien. 

L’article phys.org en lien cite plusieurs chercheurs en génie civil sur ce sujet. Ils confirment que l’infrastructure devra être adaptée à une gamme plus large de conditions climatiques.

Le professeur génie civil Baker de Stanford estime que les agences concernées devraient exiger que les projets d’infrastructure soient conçus en tenant compte des risques futurs liés au changement climatique. Le rétablissement de la norme fédérale de gestion des risques d’inondation de l’ère Obama serait un bon pas dans cette direction. Les entités privées devraient également être tenues d’évaluer et de déclarer leurs risques liés à l’exposition aux impacts du changement climatique – une transparence accrue sur ces risques profiterait à tous les décideurs.

Le professeur Billington de Stanford a déclaré que récemment des liens solides ont été trouvés entre les caractéristiques de conception de l’environnement bâti et les politiques de logement historiques qui peuvent être directement responsables de l’exposition disproportionnée des populations mal desservies aux événements de chaleur actuels. La lutte contre les effets des îlots de chaleur urbains en accordant une attention à la fois aux infrastructures bâties et naturelles dans les villes peut aider à remédier à ces inégalités.

 Une meilleure politique de construction pourrait limiter les vagues de chaleur en ville et dans les appartements. 

Solutions

Personnellement, au vu des événements catastrophiques dont j’ai connaissance et que je tente de porter à la connaissance du public, j’estime que: 

– L’aggravation de tous ces phénomènes, inondations, vents, foudres, tornades, glissements de terrain ainsi que des vagues de chaleur devrait être bien calculée pour chaque degré de réchauffement. 

– Il faut des toits résistants, et peut-être des volets obligatoires pour protéger les fenêtres. Les panneaux publicitaires doivent disparaître, les feux de circulation et les poteaux de l’électricité sont aussi fragiles.  Des arbres cassent aussi, ils devraient parfois être taillés ou remplacés par d’autres espèces.

– Il faut aussi estimer la probabilité que la maison entière s’écroule en cas de glissement de terrain, de violente inondation ou de tornade pour tout bâtiment existant et prévu.  Ces bâtiments ne doivent pas être construits.

– Les bords de mer et les zones proches des embouchures des rivières sont très exposées, et les nouvelles données sur la fonte des glaciers Antarctiques signifient que la montée du niveau de la mer atteindra, lentement et progressivement plusieurs mètres. A d’autres endroits,  les risques d’inondation pourraient être réduits en creusant des grands canaux, des vrais lits de rivières, pour évacuer l’excès de pluie. 

– J’espère qu’ils mettront en place des mesures pour sauver les forêts, essentielles pour le climat et la biodiversité.   Les forêts protègent contre les petits glissements de terrain, et conduisent l’eau de pluie en profondeur.  Il faudrait voir si les pentes de montagne pourraient aussi être drainées ou si les précipitations pourraient être dirigées dans des canaux. 

Si l’estimation des dégâts climatiques futurs à l‘infrastructure est faite correctement, elle sera énorme, tous les bâtiments sont à risque. Il faut peut-être sécuriser surtout l’infrastructure essentielle, créer des abris et transformer les hôpitaux en bunkers amphibies.

Et si on prend en compte tous les coûts, il deviendra clair qu’il sera moins cher, de réduire fortement les activités économiques que de transformer les centres commerciaux en bunker d’autant plus que nous vivrions en bouleversement climatique perpétuel.  De plus, il existe de sérieux risques d’aggravation rapide du changement climatique,  par exemple quand les températures battront des nouveaux records lors de la prochaine année El Nino. 

 

 

La géo-ingénierie, la couleur de la lumière et la croissance des plantes

OBSCURCIR LE SOLEIL

Les climatologues savent depuis longtemps que les éruptions volcaniques provoquent un certain refroidissement de l’atmosphère, ou en tout cas un ralentissement du réchauffement. Les cendres volcaniques en suspension réfléchissent une partie des rayons du soleil avant qu’ils n’atteignent la Terre.  L’éruption actuelle du volcan de la Souffrière pourrait d’ailleurs provoquer une baisse ou une stabilisation des températures cette année, ce serait une bonne nouvelle.

Les scientifiques ont donc eu l’idée de reproduire cet effet en dispersant des petites particules dans l’atmosphère pour filtrer la lumière du soleil. Cette technique de géo-ingénierie s’appelle en anglais SRM (solar radiation management).

Les scientifiques américains appellent à l’étude de cette technologie (lien Nature). Après des tests préliminaires, elle a été délaissée par crainte de conséquences sur le climat et du laxisme au niveau des émissions. Pour le moment, des études tentent de mieux définir les aérosols déjà présents dans l’atmosphère.  L’Université d’Harvard avait prévu de lancer des essais SCoPEx de dispersion de particules mais ceux-ci ont été bloqués par les Samis suédois la semaine passée (lien Reuters), car la réduction des émissions de carbone leur paraît une bien meilleure solution.

Nuage de cendres d’une éruption volcanique naturelle

Je relaye ici un article qui est un appel pressant aux écologistes d’évaluer les conséquences de cette technologie avant de l’utiliser. Selon les auteurs, elle pourrait avoir plusieurs conséquences imprévues sur le climat et sur les écosystèmes terrestres (article).

Les aérosols dispersés dans l’atmosphère diminueraient la quantité de lumière solaire qui atteint la Terre, et par là la température de l’air, sans diminuer le CO2 atmosphérique, la température ni l’acidification des océans.  Les ‘effets secondaires’ pourraient inclure une augmentation ou plutôt la destruction de la couche d’ozone, des sécheresses, et la perte de la mousson asiatique. Cela dit, il me semble que cette dernière s’accroît très vite et cause des inondations de plus en plus graves, ce qui est aussi un problème (lien).  L’intervention pourrait provoquer aussi une déposition de sulfate et changer le spectre de la lumière atteignant la terre.

Un risque inhérent à cette géo-ingénierie est qu’elle devrait continuer tant que la concentration de CO2 ne redescendra pas, un arrêt qui pourrait subvenir lors d’une guerre, une défaillance, ou encore la destruction du centre d’émission provoquerait un saut de température avec des conséquences météorologiques à côté desquelles les intempéries actuelles seraient des bébés.

Si l’intervention est appliquée tôt, elle pourrait être beaucoup plus modérée. Par contre, si plus tard nous devons rapidement faire descendre la température de deux ou trois degrés, la dose d’aérosols serait beaucoup plus massive et ses conséquences pourraient être plus graves.

L’article appelle les écologistes à étudier ses conséquences éventuelles d’urgence. Il existe bien sûr d’autres solutions, la réduction d’émissions, la capture du carbone par des méthodes naturelles ou artificielles, ou encore la reconstitution artificielle de la glace Arctique, ou la fertilisation des océans.

Lien sur l’article et sur le communiqué

Jeunes plantules dont le développement (direction, hauteur, branches, feuilles), dépendra de la lumière

Une feuille à l’ombre d’une autre plante reçoit une lumière filtrée (et le sait).

PLANTES ET ALGUES MARINES

Les plantes utilisent l’énergie du soleil pour fixer le carbone de l’atmosphère.  Elles en sont totalement dépendantes et se sont développées en fonction de la lumière solaire. De nombreux récepteurs à des longueurs d’onde spécifiques influencent leur développement. Chaque étape de sa vie, la germination, l’élongation, la croissance, la formation de bourgeons, la croissance des feuilles, la capture du carbone, la floraison dépendent d’un dosage précis de lumière à différentes longueur d’ondes.

La petite plantule décode le spectre de la lumière. Sa composition provoquera une croissance accrue vers le haut, ou la formation des branches, ou l’agrandissement des feuilles, ou déclenchera la floraison (Huché-Thellier,  Leduc).

La photosynthèse, qui aboutit à la fixation de carbone et à la formation de biomasse, est une réaction chimique alimentée par la lumière. Elle en dépend absolument. Les pigments chlorophylles impliqués, absorbent surtout la lumière rouge (autour de 650 nm) et bleue (env 450 nm).

Les végétaux disposent de nombreux photorécepteurs qui réagissent à la lumière allant de l’UVB au rouge lointain, un spectre plus large que la vision humaine.  Il s’agit de protéines qui reconnaissent un stimulus spécifique et transmettent le signal de sa présence dans la plante. Ils détectent des longueurs d’onde comprises 280 et 780 nm. Ils se trouvent partout dans la plante, il y en a même dans les racines. Ils permettent de réagir à des changements du spectre lumineux, de la direction et de la photopériode.

Les UVB sont généralement nocifs pour les plantes comme pour les humains, et dans certains cas freinent la croissance des végétaux qui investissent leur énergie dans la production de composés de protection anti-UV.  Les plantes qui ont poussé dans un appartement sont très sensibles aux UVs, mais quand elles détectent les UVs à l’extérieur,  elles s’y acclimatent et deviennent plus résistantes.

Les UVA et la lumière bleue sont importants pour la croissance des plantes, pour la photomorphogenèse, et pour l’ouverture des stomates. Ces petites ouvertures à la surface des feuilles permettent au CO2 d’entrer dans la plante, donc la fixation du carbone ainsi que les échanges gazeux en général.

Une molécule spécifique, le phytochrome, reconnait la lumière filtrée par les feuilles des autres plantes, à 730 nm. Elle permet à la plante de savoir si elle est à l’ombre d’autres végétaux ou en plein soleil. Lorsque la lumière qui arrive est tamisée par des feuilles vertes, le récepteur est inactivé, ce qui favorise la croissance rapide d’une plante étiolée vers le haut. Elle investit alors toute son énergie pour pousser  et pour se faire une place au soleil. Quand elle parvient en pleine lumière, le récepteur réagit aux rayons rouges, et la plante forme alors plus de feuilles et s’étale en largeur.

Les océans sont habités par des algues vertes, mais aussi bleues et rouges, déférentes des plantes terrestres. Elles possèdent aussi plusieurs photorécepteurs qui orientent leur développement selon le spectre de la lumière. Pendant la plus grande partie de l’histoire de la terre, la photosynthèse, la fixation de carbone et la libération d’oxygène ont été faites par les algues bleues (les cyanobactéries). Les algues rouges, plus évoluées, se sont répandues au Jurassique. Leur succès pourrait être dû aux périodes d’anoxie des océans. Le phytoplancton a des nombreux pigments qui lui permettent d’absorber la lumière sur une grande partie du spectre visible (revue). 

Bref, un changement du spectre de la lumière pourrait avoir des effets variés, différents selon les latitudes et les espèces de végétaux photosynthétiques. Par exemple, une expérience artistique aux Pays-Bas illumine les plantes la nuit avec de la lumière rouge, bleue, ce qui les fait pousser plus vite et avec des UVs bien dosés qui activent leurs défenses contre les maladies, et permettent une réduction des pesticides (vidéo, page internet).

 

L’effet d’un changement du spectre de la lumière solaire devrait être testé pour toute la vie d’une plante, la germination, la croissance, la floraison et la formation de graines fertiles. Il n’y aura peut-être pas d’effets négatifs. Par exemple, l’éruption du Pinatubo qui a réduit la lumière du soleil a apparemment provoqué une croissance accrue d’environ un quart d’une forêt en Afrique du Nord, elle semble donc avoir eu des effets positifs sur cette forêt, même s’il faudrait vérifier les effets sur une période plus longue.

Le professeur Fankhauser de l’Université de Lausanne, spécialiste des photorécepteurs, m’a fourni une partie de ces renseignements. Je lui ai demandé quelles seraient les conséquences pour les végétaux de la destruction de la couche d’ozone ou d’un changement du spectre de la lumière. Selon lui, la destruction de la couche d’ozone serait catastrophique, car les UVs diminuent la productivité des plantes.

Quant au changement du spectre de la lumière, il estime qu’il pourrait aussi créer des problèmes, car les plantes utilisent une information qui est un équilibre entre les différentes longueurs d’onde, la plante mesure le rapport entre les différents rayons pour orienter son développement.

Les nuages réduisent toutes les longueurs d’onde, et la nature s’est adaptée au spectre existant depuis des millions d’années. Il considère qu’il vaudrait mieux ne pas filtrer une longueur d’onde spécifique,  pour éviter de perturber l’écosystème.

Image de couverture Gerd Altmann

Addendum le 21 avril 2021: Une publication estime qu’une grande éruption volcanique, env. 50x le Pinatubo, libérerait des halogènes qui toucheraient rapidement la couche d’ozone, les UV augmenteraient de 60%, surtout dans la région de l’Antarctique. L’actuelle réduction de la couche d’ozone de 16% réduit la productivité du phytoplancton de 5%, et un peu plus la quantité de poisson. Des dégâts plus graves à la couche d’ozone diminueraient davantage la productivité des plantes, de l’agriculture, du phytoplancton, et donc la capture du carbone par les végétaux.

Une expérience a exposé des arbres, des pins aux UVs comparables à ceux provoqués par les immenses explosions volcaniques du permien. Les pins sont devenus tous devenus stériles, ils n’ont pas pu donner de prochaine génération d’arbres.

Vivre en Ecologie 1: des villes vertes sans stress

Des journées saines à tous les âges de la vie

Les petits enfants

La société devrait avant tout assurer le bien-être des enfants, car il détermine la santé et le déroulement de toute leur existence. On dit que les trois premières années de la vie sont les plus importantes. Les traumatismes ou les stress dans l’enfance influencent le développement du cerveau, le système immunitaire, le système hormonal, ont des conséquences sur la réussite scolaire, sur le comportement,  mais augmentent  aussi le risque de très nombreuses maladies plus tard au cours de l’existence: les personnes qui ont subi des traumatismes infantiles ont des problèmes de comportement, de santé mentale mais aussi. Dans le TED Talk que je cite, le médecin mentionne 2,5x plus de risques de maladie de poumon et d’hépatite, 4,5x plus de risques de dépression, ont trois fois plus de risques de maladie cardiaque et de cancer de poumon pour des personnes qui ont eu une enfance difficile (Ted Talk ). C’est très impressionnant.

Le bien-être des enfants contribue beaucoup à la santé de la société une ou deux générations plus tard, et les mauvais traitements dans l’enfance sont la cause la plus importante de problèmes de santé publique aux Etats-Unis.  Nous devons donc nous assurer que l’enfance se passe bien, et que les journées des enfants soient saines.

Garderie

L’enfant devrait vivre à la maison, entouré de ses parents. Il ne devrait pas passer des longues journées fatigantes dans la foule d’une crèche… J’ai cherché des  publications scientifiques sur l’effet des crèches sur les enfants, et je ne trouve pas ce qui me paraît évident, à savoir que la crèche est infiniment plus stressante, ou plus animée que la maison. Je dois dire que la plupart des études ne voient pas de différences entre une enfance en garderie et à la maison. Un étude australienne trouve que la garderie ou la maternelle améliorent les performances scolaires par la suite, mais c’est loin d^être universel.  Par contre, il a été montré que les enfants dans les crèches ont le taux de cortisol plus élevé, et que ceux qui y sont toute la journée ont un risque d’obésité plus élevé. Cela pourrait être lié, et dû peut-être au stress ou à l’excitation des journées de crèche.  Les enfants en crèche ont plus de maladies dans la petite enfance, mais cela pourrait les protéger des leucémies. Ce type d’études est compliqué par le fait que les familles sont toutes différentes. Une étude isolée suggère qu’une enfance en garderie pourrait perturber la relation avec la maman et empêcher de nouer des relations stables par la suite (lien).

Cela dit, dans mon expérience il est clair que la crèche, une bonne crèche avec plus d’une dizaine d’enfants, est un endroit où l’excitation est incomparablement plus forte que dans une maison calme, où les activités tranquilles sont plus difficiles. A la garderie, l’enfant peut rarement finir un jeu, il est souvent interrompu par d’autres. J’ai vu une garderie aux Etats-Unis, où chaque enfant était assis à son petit bureau. Ici, il me semble qu’ils se promènent et courent librement, et il y a pas mal d’animation, mais la liberté de mouvement semblent quand même importants.  Il a besoin de moments assez calmes aussi. Je trouve que les petits ne devraient pas y être beaucoup, au plus des demie-journées.  Vers deux ans, une journée où nous voyions d’autres enfants une heure ou deux était bien assez mouvementée, et quand ils sont fatigués, la foule devient pénible, ils ne peuvent plus interagir correctement.  Si les enfants sont dehors, dans la nature, le groupe est moins stressant. Les transports motorisés, même le vélo, sont stressants aussi, la télévision aussi.

Dans mon expérience, quand les journées étaient calmes et bien organisées, l’enfant était calme et facile, et les crises de colère de colère ou de larmes étaient souvent dues à un bruit excessif, à un autre stress excessif ou à une maladie infantile.

Bref, je pense que l’enfant devrait vivre essentiellement  à la maison, proche de sa maman. Idéalement, il pourrait avoir des activités en groupe une heure par jour, resterait à la maison et ferait des petits trajets à pied.  Je ne trouve même pas super de faire une journée avec papa et une avec maman, par contre des demies-journées régulières, le matin avec papa, et l’après-midi et le début de soirée avec maman me semblent acceptables. Le travail devrait ‘être adapté à la santé des enfants. La société devrait être organisée pour le faciliter, pour permettre à un parent d’arrêter de travailler et de reprendre son travail par la suite avec assurance de réengagement, d’être en télétravail, ou que les deux parents travaillent en alternance, ou en partage de travail.

Il devrait aussi avoir un large accès à des places de jeu entourées de verdure à proximité, et des maisons comme les maisons Vertes pourraient  accueillir les mamans avec les petits, avec des gentilles animatrices en langues différentes. Des recommandations pédiatriques pourraient figurer sur les murs en BD.  On y ferait des tisanes et on s’échangerait des objets utiles, des habits, des jouets, des mini-cours de français adaptés pourraient être donnés aux enfants de dix-huit mois ou deux ans.

Les adolescents

Les stress subis par un enfant avant l’âge dix ans semblent les plus nocifs, ils changent peut-être sa vision du monde pour la vie et l’empêchent d’organiser sa vie correctement.   Le stress chez les adolescents semble moins grave, mais selon un expert du domaine, le stress scolaire augmente le niveau général de stress des adolescents, l’anxiété et pourrait les rendre moins heureux, et donc les pousser vers la dépression.  Selon d’autres experts, le stress pourrait augmenter le risque de l’alcoolisme et de la dépendance aux drogues. J’ai l’impression que le stress de l’école est le vrai responsable de la dépression généralisée de notre société constatée cette année.

Je trouve que l’école met un stress sur les adolescents. Elle leur fixe parfois des tâches énormes qui leur causeraient des nuits blanches, leur demande trop de se dépêcher. Une des différences principales que je vois est qu’en une génération, les tests sont passés de 5 questions à 30. Nous avions quelques questions auxquels nous pouvions répondre tranquillement, en réfléchissant, aujourd’hui on en fait des machines à recracher des détails.  Il est bon que l’enfant prenne le temps de comprendre, de faire les choses correctement, ensuite la démarche correcte, découverte lentement, deviendra une habitude. Une autre différence est que les notes, les moyennes de classe sont plus basses, de nombreux enfants sont en échec scolaire, et à mon avis le problème provient de l’excès de perfectionnisme, où l’enfant doit savoir tous les détails, et en fait qu’on en oublie l’essentiel.  Les enseignants, de nombreux enseignants, sont trop négatifs envers les élèves, leur font des remarques négatives ce qui les déprime et finalement abaisse leur niveau scolaire de deux ans à peu près. L’école devrait faire une réflexion sur les stress qu’elle cause aux élèves, sur leur conséquences sur la santé des élèves, et d’abord veiller à ne pas mettre leur santé en danger, avant même de leur apprendre à lire. L’école n’est pas un hôpital où le personnel est parfois stressé pour sauver des vies, elle existe pour les élèves, les enfants et les adolescents, et doit y être bien adaptée.

Addendum: les devoirs et la matière pour les tests devraient être limités dans le temps et ne pas mener à des nuits blanches.  Les manuels, gris et ampoulés devraient être refaits pour les enfants, avec un language adapté, des exemples plus pratiques. L’enseignement du français semble concentré sur l’apprentissage par coeur de l’imparfait du subjonctif et d’autres éléments qui ne seront jamais utilisés, bien plus qu’il y a trente ans. Les langues pourraient être apprises de façon beaucoup plus pratique.

A aucun âge les enfants ne devraient rester en groupes de vingt ou trente personnes après 16h-16h30. Ils devraient avoir des ou trois heures pour se détendre et faire ce qu’ils veulent. S’ils restent en centre d’accueil malgré mes suggestions ce serait mieux qu’ils soient dehors , et qu’ils jouent assez librement,. S’il y a des consignes, qu’elles leur laissent de la liberté. Et s’ils ont envie de se parler et d’interagir en groupe, c’est merveilleux et à encourager.

Les adolescents ont encore besoin de jouer et de bouger, et ne sont pas encore responsables, les adultes doivent d’en souvenir. Dans l’ensemble, les ados n’ont pas un mode de vie très sain. Beaucoup ne dorment pas assez, ne mangent pas toute la journée, passent leur vie sur internet, dépriment.  Nous venons de voir une dizaine d’alerte à la bombe inventées par des élèves pour échapper à l’école dans le canton de Vaud. Un journal anglais alertait que des jeunes, des très jeunes regardent de la porno extrême (lien).  Dans une émission TSR sur les jeunes violents, une assistante sociale disait qu’ils ont un sentiment d’exclusion dès l’âge de dix ans. Qui a dit à ces enfants qu’ils ne sont pas assez bons? Il ne faut pas le faire.

Pour que les jeunes ne soient pas stressés, il faut d’abord que leurs besoins naturels soient remplis, qu’ils puissent manger régulièrement des repas sains, dormir assez, bouger assez, jouer assez avec leurs camarades, et aller dans la Nature. Ce mode de vie ne doit pas être interrompu au cours de toute l’enfance.  Certaines écoles proposent des cours de bonheur ou de résolution de problèmes. Une étude citée par le Forum économique dit que les jeunes qui pratiquent un sport ou des activités artistiques ont sont en meilleure santé, il faut leur offrir cela. Ils devraient pouvoir se reposer et aller dehors après l’école, s’ils doivent aller dans un centre d’accueil, il devrait être essentiellement dehors.  Le Panda Club du WWF organise des jeux dans la forêt le samedi, cela devrait être accessible à tous les enfants et les jeunes. Des bus d’excursion pourraient partir des quartiers,  Ils devrait y avoir des places de jeux pour les adolescents avec des activités adaptées, des cours de sport et et d’art. Il faudrait alors carrément un planning national des excursions nature parce que ça ferait beaucoup de monde, en même temps nous sommes trop habitués à nous déplacer mais des activités nature sont très souhaitables.

Partage de travail pour les adultes

J’ai l’impression que notre société actuelle met un grand stress sur les adolescents et les jeunes.  Beaucoup de devoirs pour les ados, un grand stress de travail pour le jeunes, ou il faut montrer qu’on est motivé en travaillant le weekend, en faisant des heures supplémentaires non payées, des stages et des cours du soir  qui augmentent les heures de travail totales. Une personne qui arrive au même diplôme avec un an de plus est jugée négativement, comme ayant raté son année.  Passé 40 ans, par contre, ils est beaucoup plus dur de trouver du travail, et fréquent de s’occuper, quelque soit notre profession de base,  deux ans à de lettres de postulations à plein temps. Evidemment, ça crée des emplois de secrétaires et de RH.

Les jeunes adultes de 20 ou 30 ans sont soumis au stress du travail, ils doivent se dépasser, travailler plus que leurs heures légales pour montrer leur motivation, accumuler des stages, changer de ville, etc.  Cela met leur santé en danger, et il faudrait l’éviter.

Ils devraient aussi bénéficier d’activités de bien-être, de recentrage, nature, art, musique à un prix très abordable. Il en va de la santé de la société, il faut mettre en place un système où les activités de bien-être ne sont pas une bizarrerie, mais sont normales pour chacun.

Les personnes de 30-40 ans ne devraient pas travailler 12 heures et se lever toutes les nuits parce que bébé est justement malade, le jeter à la crèche en vitesse et recommencer.

Les personnes entre 40 et 110 ans ne sont pas des déchets de la société. Elles en sont la moitié.   Au 19ième, les personnes de quarante ans étaient épuisées par un travail pénible et mourraient bien plus jeunes. Aujourd’hui, l’humain vit beaucoup plus longtemps en bonne santé. Nous ne devons pas voir les  voir comme avant.

Le travail devrait être mieux réparti au cours de la vie, avec moins de stress sur les jeunes, et l’integration des plus âgés. Les adolescents et les jeunes adultes jusqu’à 35-40 ans devraient avoir des activités de bien-être, sport, art, activités à l’extérieur.

Au Danemark l’âge était considéré différemment, les gens prenaient le temps de s’occuper d’eux-mêmes, le temps de faire autre chose, finissaient leurs études plus tard en moyenne.  Je ne sais pas exactement s’il y avait des encouragements légaux, mais il n’y avait pas ce stress énorme de trouver du travail tout de suite où jamais, ils étaient plus confiants d’avoir du travail, et recevaient un petit financement pour faire des études.

Ces réflexions ont été interrompues par l’appel d’un jeune homme qui me dit que j’ai gagné un conseil d’assurance gratuit, ‘c’est super, non ?’ Là, ce n’est plus de la vente, c’est de l’arnaque. Est-ce vraiment bien qu’il travaille? Bien sûr, il doit vivre, mais c’est un exemple d’emploi nuisible à la société qui devrait être remplacé par du travail utile.  J’espère que ce monde trumpien deviendra bientôt un monde bien organisé

Je crois qu’il faudrait que le bien-être soit assuré à l’école et au travail.  La population devrait travailler moins,  avec moins de stress sur les adolescents, sur les jeunes, et du travail à temps partiel tout au long de la vie. La réduction du temps de travail devrait assurer le succès du jardinage familial et des activités RRR.

Une des choses qui fait travailler les mamans est la peur de ne pas trouver de travail après une interruption. Il faut remédier à ce danger et créant des garanties de reengagement, des congés parentaux étendus et des adaptations du temps de travail. Il faudrait aussi assurer qu’il est interdit de prendre en compte l’âge du candidat à un travail, comme on interdit les autres discriminations, et augmenter la stabilité du travail, des contrats de travail.

Peut-être les personnes dans les emplois essentiels pourraient-elles exercer leur activité à mi-temps, et il y aurait deux employés pour un poste, avec la possibilité mentionnée d’office de les réquisitionner dans les situations d’urgence, et un salaire à 70%, ou  quelque chose de ce genre.

Ville verte

Nous utilisons trop de mètres carrés de constructions par personne. Où couper ? Je trouve qu’il n’est pas optimal qu’actuellement les familles achètent leur maison quand les enfants sont petits, 5-6 pièces, 200 m2, et y restent après le départ des enfants. Une étude américaine qui dit qu’actuellement, les familles sont souvent petites et préféreraient plus de contacts, par exemple des places de jeux communes, des piscines communes, plusieurs lieu qui seraient des lieux de rencontre et serviraient à 10 ou 20 familles. On pourrait imaginer des rangées de maisons mitoyennes convertibles, qui pourraient former un ou deux appartements, et au départ des enfants, les parents garderaient le bas et le haut accueillerait deux autres  autres personnes. Il faudrait créer des épargnes logement comme cela existe en France pour favoriser l’accès à la propriété.

Il faudrait des marchés de produits locaux, ou les objets d’occasions, très écologique, auraient leur place, privilégiée, à prix réduit.

En tout cas, les villes devraient offrir l’accès à des parcs, à des activités sportives et de bien-être à tous les habitants, à bas prix, pour assurer la santé de la population.