Le plan d’urgence climatique du Club de Rome

Le Club de Rome est un groupe de scientifiques et des penseurs de renom,  dont font partie Herbert Girardet,  Ugo Bardi, Gunther Pauli. Il est actuellement présidé par deux femmes, Sandrine Dixson-Declève et Mamphela Ramphele. Cette institution a prévu le réchauffement climatique dans les années 1970. Ses membres ont aussi rédigé le rapport Meadows, ‘Les limites de la Croissance’, qui anticipait l’épuisement des ressources naturelles auquel notre société se heurte.

Le dernier rapport du GIEC incluait l’estimation qu’à 1,5°C degrés de réchauffement, les trois quarts d’européens seront exposés à des inondations tous les 5 ans. L’année passée, au moins un quart de capitales européennes a subi ces catastrophes. La semaine passée, la ville de Sao Paulo au Brésil a subi une grave inondation et des glissements de terrain, le Midwest américain vit une inondation sans précédent,  ainsi par exemple que la Grande-Bretagne . Cela arrivera souvent, et à mesure que la température montera, elles seront plus graves, elles passeront par exemple de 20 cm dans la rue à un torrent furieux de deux mètres de profondeur. Les vagues de chaleurs aussi deviendront plus fréquentes et plus redoutables.

Pour éviter que les catastrophes climatiques ne dévastent la Planète, ou pour limiter autant que possible les dégâts, le Club de Rome a rédigé un plan d’urgence climatique, qui propose plusieurs étapes pour remplacer rapidement les énergies polluantes.

Ils suggèrent aussi de limiter la croissance de la population, notamment en favorisant l’éducation et l’accès à la santé des femmes, et de remplacer le GDP comme but de la société, par d’autres indicateurs de richesse et de bien-être.

A mon avis (en italique pour plus de clarté) la santé, physique et mentale, pourrait par exemple constituer un indicateur universel, elle augmente avec le GDP dans les pays pauvres, mais ensuite n’augmente plus. La pollution et l’obésité, et le surmenage ont des effets adverses, cet indicateur aiderait donc à remédier à ces problèmes. Je pense aussi que la viabilité de la population, les chances pour un jeune de 20 ans de vivre dans 50 ans, pourrait aussi constituer un indicateur, et là le changement climatique apparaît comme un facteur important pour notre vie dont il faut s’occuper en priorité.

Ils suggèrent aussi d’assurer la reconversion de toute la population concernée par les changements de technologie, d’assurer une transition juste et de tripler les investissements dans la reforestation.

Dans les détails, le plan d’urgence du Club de Rome propose:

– d’arrêter l’expansion et les subsides des énergies fossiles autour de 2020.
– de tripler les investissements annuels dans les énergies renouvelables , l’efficience énergétique et
les technologies bas-carbone avant 2025,
– de mettre un prix sur le carbone et d’introduire des prix plancher
– d’améliorer la gestion des réfrigérants
– d’assurer le développement exponentiel des technologies propres, accompagné d’interruption progressive des technologies les plus polluantes.

Ils recommandent aussi de réduire les émissions du ciment et de l’acier, de l’aluminium et plastique de plusieurs façons, par l’innovation, le remplacement de ces matériaux, l’efficience énergétique et l’économie circulaire. Ces innovations technologiques ne remettent pas en cause notre système économique, la globalisation, ni l’allocation de la force de travail dans notre société à la vente et au marketing, et permettent la continuité.

The Club of Rome Climate Emergency Plan

Un plan pour l’Urgence climatique – the Climate Mobilization

Le réchauffement climatique est de plus en plus dangereux, nous avons environ 12 ans, enfin maintenant 11 pour le maîtriser, si nous avons tout prévu et bien calculé.

Le plus sûr serait de réduire mes émissions de carbone vite, car si nous tardons trop le climat pourrait se déchaîner, et le catastrophes climatiques pourraient détruire nos villes, saccager notre agriculture et nous confiner à des abris.

Des mesures d’urgence climatique, sans sang ni larmes, pourraient nous permettre de stabiliser le climat rapidement et d’assurer la sécurité de la population. Elles sont justifiées par le péril climatique.

Un des plans pour y parvenir, celui de THE Climate Mobilization, dont certains éléments sont repris dans l’actuel projet de Green New Deal des démocrates américains, demande l’arrêt des émissions de carbone en 2025 -2030.

Il propose:

– la création d’un Ministère de l’alimentation, de la Santé et du Bien-être
– un rationnement des produits polluants, dont l’achat serait débité sur une carte de crédit. Les rations non utilisées pourraient être revendues à l’Etat qui les éliminerait.
– un passage rapide, prioritaire aux énergies renouvelables
– le développement des bus et des trains
– la réduction de la consommation de viande de moitié avant 2025
– la création de jardins urbains et le passage à l’agriculture biologique
– le plein emploi assuré par le gouvernement.
– la mobilisation de l’armée contre le changement climatique
– un effort d’urgence pour la gestion des forêts

Les auteurs proposent aussi de limiter l’épuisement des ressources (en arrêtant la croissance de la population, en éliminant le consumérisme et l’obsolescence programmée, en réduisant l’utilisation des ressources naturelles et en mettant de côté la moitié des terres et des océans).

Ils suggèrent de créer des parcs nationaux pour éviter la 6ème extinction qui menace les espèces vivantes et  d’adopter la ‘demie-Terre ‘conseillée par Wilson, où la moitié de la Planète deviendrait une réserve naturelle ou des corridors entre les réserves. Cela permettrait les migrations des espèces lors d’un bouleversement climatique.

 

Ce Plan pour la Victoire’, rédigé par Ezra Silk de Climate Mobilization, fait référence à plusieurs reprises aux efforts de rationnement de viande et d’essence, aux jardins de la victoire et aux mesures de plein emploi entrepris par les Etats-Unis pendant la Deuxième Mondiale et s’en inspire largement. Il prend la mesure de la gravité de la situation climatique, comparable à une guerre mondiale, et propose des solutions qui pourraient y remédier. Il propose aussi ‘de se poser calmement’ la question du geoengeneering.

Personnellement je pense que les aliments végan pourraient être très bon marché, et popularisés ainsi. Je leur ai suggéré de subventionner un burger végan moins cher à côté des traditionnels, les produits végan pourraient vraiment être fabriqués à très bon marché.

Chacun devrait obtenir un conseil personnalisé médical ou nutritionnel au sujet de l’alimentation végan ou mixte. En général nous mangeons trop de viande.

Les vendeuses de confection pourraient revendre des habits de 2ème main, les spécialistes du marketing seraient utilement occupés à communiquer les nouvelles mesures, des nombreux postes de travail seraient utiles dans le recyclage.

https://www.theclimatemobilization.org/

https://drive.google.com/file/d/0Bze7GXvI3ywrSGxYWDVXM3hVUm8/view

L’arrosage et de drainage pour que nos forêts supportent le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique atteint des nouveaux records et s’accélère. Il s’aggravera probablement pendant des dizaines d’années, le geoengeneering et la fin du monde sont moins probables. Nous aurons à supporter des vagues de chaleur de plus en plus importantes et anarchiques.

 

Nos forêts stockent une quantité importante de carbone, elles pourraient en contenir plus.  Elles stabilisent aussi les pentes de montagne mais le réchauffement comporte un risque de feux de forêts ou de méga-feux de forêts, immenses, qui sont  apparus ces dernières années.

 

Pourrions-nous sécuriser nos forêts en créant un réseau hydraulique forestier, qui permettrait de les arroser en cas de sécheresse dangereuse et d’éteindre rapidement les incendies?

On pourrait aussi prévoir un système de canaux de drainage pour évacuer un mètre de pluie intense, ou des réservoirs. L’eau des pluies ou de la fonte des neiges pourrait être conservée, et mobilisée lors d’une sécheresse ou d’un incendie.

 

 

Les forêts seront toujours exposées à des chaleurs intenses, des vents forts et à des nouvelles maladies, mais un système d’arrosage d’urgence / anti-incendie leur permettrait peut-être  résister aux changements proches. Un tel système devrait être mis en place rapidement, avant qu’il ne soit trop tard pour nos forêts.  Lisez mon blog précédent, où j’explique que le CO2 atmosphérique et l’effet de serre résultant augmente rapidement.

 

Plus vite, plus haut: le CO2 atmosphérique décolle

Le gaz carbonique s’accumule dans l’atmosphère. Nous brûlons du pétrole, du charbon et du gaz et le résultat de cette combustion, le gaz carbonique, est dégagé dans l’atmosphère.
Celui-ci est passé de 280 parts par million (ppm) environ autour de l’an 1850 à plus de 400 ppm au 21ième siècle. Un nouveau record vient de tomber, sa concentration atteint désormais 413 ppm.
Ce record a été battu plus tôt que l’année passée. Les émissions de CO2 se sont s’accélérées.

 Chaque année les émissions de CO2 augmentent un peu jusqu’en mai/ juin, et à ce moment-là, lorsque les plantes de l’hémisphère Nord développent des feuilles et que celles-ci absorbent du CO2, il diminue légèrement, puis, dès l’automne, il est rejeté dans l’atmosphère.

Cette vidéo montre le CO2 émis en jaune-orange, et à partir du mois de mai les émissions sont moins importantes, le gaz carbonique est absorbé par les plantes de l’hémisphère Nord.

Graphique: Scripps Institution of Oceanography

Ce nouveau graphique montre la concentration de CO2 dans l’atmosphère au fil des mois et des années.  L’augmentation régulière et les variations saisonnières sont clairement visibles. Cette année, le CO2 atmosphérique bat des nouveaux records, et plus tôt que l’année précédente. Il s’est accru plus vite.

 

Il continuera très probablement à augmenter jusqu’en mai ou juin, et atteindra des nouveaux records, qui feront monter la température de la Planète. Il devrait diminuer quand nos plantes et nos arbres auront des feuilles vertes.

 

Les scientifiques expliquent l’augmentation rapide de cette année par des fortes émissions de CO2 humaines et par un phénomène d’El Nino, qui provoque des années chaudes, et  des sécheresses.

Cette année a apporté de nouveaux, impressionnants records de température en Australie, des sécheresses et des feux de forêts, la végétation n’a probablement pas poussé aussi bien que d’habitude, alors le peu de CO2 absorbé pourrait provenir de là.

L’été 2018 en Europe contribue peut-être aussi à l’augmentation de CO2 atmosphérique, il y a eu des vagues de chaleur et des sécheresses en Europe du Nord, qui ont limité la croissance de la végétation. La Suisse a manqué de fourrage pour les vaches,  car l’herbe n’a pas poussé à cause de la sécheresse.

Ma grande inquiétude est qu’il ne fasse trop chaud pour la végétation, comme l’été passé, et qu’elle ne puisse plus remplir son rôle de capture de gaz carbonique. Cela ferait encore augmenter la température de la Planète, et ravagerait la végétation restante.

Ce problème semble commencer. Nous devons prendre ce danger au sérieux et réduire nos émissions rapidement.

Il faut aussi préparer nos cultures à résister à des sécheresses, et à capter du carbone dans la végétation ces prochaines années.

Le carbone dans le sol

Le sol

Pouvons-nous encore capter le carbone dans la terre? Dans mon blog précédent, je suggérais de capter le carbone en recréant du sol fertile. Est-ce encore possible? Celui-ci constitue le plus grand réservoir de carbone de la Planète, le premier mètre en renferme  plus que l’atmosphère et la végétation réunies (env. 1500 Pg C).

Le sol contient du sable, des fragments de roche, des débris de plantes, et de nombreux organismes vivants. Il fourmille de bactéries, champignons, insectes, et de racines des plantes. Des nouvelles études suggèrent que le carbone du sol  est en grande partie inclus dans des organismes vivants, les bactéries et les champignons. Ce serait une sorte de yoghourt noir vivant. Le carbone peut rester dans le sol des décennies ou des milliers d’années, pour finalement être rejeté dans l’atmosphère par la respiration d’organismes du sol, ou érodé et élué dans les rivières et les océans.

Le réchauffement attaque les sols

Lors des sécheresses, les organismes du sol meurent, et leur carbone est perdu. Les plantes croissent moins, et souvent consomment les réserves des racines, qui se réduisent lors des sécheresses.

Les records de chaleur de 2016 ont provoqué une sécheresse en Amazonie et les sols qui ont séché ont perdu passablement de carbone.  Cela pourrait s’aggraver, plus il fera chaud, plus de CO2 sera émis.

Les inondations et la désertification ainsi que des pluies très fortes provoquent l’érosion, le sol s’effrite est emporté par le vent et les eaux et perdu. L’érosion pourrait encore augmenter beaucoup. Le sol, le plus grand stock de carbone de la Planète, pourrait devenir le principal émetteur, et accroître l’effet de serre de plusieurs degrés. Nous devons nous en préoccuper, le sol aussi est fragile.

Des arbres !

L’agriculture et la déforestation causent la perte de carbone du sol. Les sols des régions boréales contiennent plus de carbone, ceux des tropiques sont souvent une couche très mince, couverte d’une végétation luxuriante. Aux températures tropicales, le carbone du sol est très vite consommé,  les pluies intenses provoquent l’érosion.

La forêt est un système merveilleux de fabrication de sol, les racines des arbres retiennent le sol, solubilisent les roches,  les feuilles mortes gardent l’humidité, et créent des conditions parfaites pour des nombreux organismes du sol. Le sol des forêts contient les 70% du carbone du sol de la Planète.

En règle générale, un couvert végétal, des plantes qui poussent, protège le sol de l’érosion, les racines l’agglomèrent, les feuilles l’abritent du vent. Le maintien d’un couvert végétal accroît le carbone du sol.

 

Des pratiques agricoles restaurant le sol

L’agriculture doit absolument prendre en compte le sol, inclure la restauration du carbone dans ses objectifs.

La FAO estime que le sol peut capter 20 PgC en 20 ans, une autre étude (Abdullahi et al, Carbon sequestration in Soils) estime que minéraliser les 10% des sols capterait 30% d’émissions.

Il existe des nombreuses façons de restaurer le carbone des sols.

A l’association Terre et Humanisme en Ardèche, j’ai découvert une technique de fertilisation basée sur le lombricompostage de déchets végétaux. Ils sauvegardent chaque gramme de sol en arrachant les mauvaises herbes et en les posant sur le sol, autour des plants de légumes,  où ils compostent lentement. Le sol est ensuite couvert d’environ 10 cm de paille, qui conserve l’humidité, empêche bien sûr l’érosion, et s’intègre lentement au sol.

Une autre technique décrite dans Advances in Agronomy 2013 consiste à couvrir le sol par du plastique sur les bosses, froides et exposées au vent, et par de la paille dans les creux, humides et protégés.

La FAO conseille plusieurs techniques de restauration du sol, par l’agriculture sans labour, l’utilisation de fumier, de couvert végétal, parfois du bétail, ou une rotation bétail-cultures, la rotation de cultures, des légumineuses, ou des cultures pérennes.

Cette organisation estime aussi que la biodiversité du sol est importante pour maintenir les stocks de carbone du sol.  Le carbone du sol est contribue à maintenir l’humidité, à la fertilité et donc à la production d’aliments.

En simplifiant à l’extrême, je dirais que chaque coin de sol devrait être couvert d’une végétation touffue, variée, sans pollution, et les feuilles mortes et autres déchets végétaux devraient rester sur place, pour protéger et enrichir le sol.

Toute atteinte au sol qui provoque une perte de carbone met nos vies en danger et devrait être jugée de façon similaire à une attaque à main armée.

En récréant des sols fertiles, nous pouvons résoudre le problème du réchauffement. Si, au contraire, nous malmenons les sols, leurs émissions de carbone pourraient devenir dangereuses.

Est-il encore temps? Pouvons-nous encore arrêter le réchauffement climatique?

J’ai présenté dans mon blog une étude récente qui estime qu’un arrêt immédiat d’émissions de carbone maintiendrait le réchauffement en dessous d’1,5°C.

Si plusieurs gouvernements décrètent l’état d’urgence climatique, si les vols, les transports, la production des usines sont limités, et que nos émissions de carbone tombent à zéro, les températures de la Planète resteront peut-être en dessous de 1,5°C.

La Terre bascule-elle déjà vers un climat inconnu?

D’autres études estiment au contraire que nous avons déjà émis trop de carbone, et que l’effet de serre actuel entraînerait déjà un réchauffement plus important, dangereux, parce que les écosystèmes naturels subissent les effets du climat. Les sécheresses causent une émission de carbone de la végétation et du sol, et la fonte de la glace Arctique amplifie  le phénomène.

Evidemment, si nous tardons encore, si nous n’arrêtons pas les émissions de carbone maintenant mais les laissons continuer, l’effet de serre se renforce et un réchauffement plus important en résultera. Chaque catastrophe actuelle, le typhon Hayian, l’ouragan Michael, les vagues de chaleur et inondations d’Australie, celles d’un quart de capitales européennes en 2018, annoncent plusieurs catastrophes de même type, ou plus importantes, au cours des prochaines dizaines d’années.  Plus il y aura de carbone dans l’atmosphère, plus les conséquences seront graves.

Cela ne veut pas dire qu’il est trop tard, mais que nous devrons déployer plus de solutions face au réchauffement pour le juguler.

Récréer la végétation et les sols naturels de la Terre

Une étude prometteuse de la NASA montre que nous pouvons planter un trillion d’arbres sur la Planète, dans les forêts ou sur les terrains abandonnés existants et absorber les émissions de carbone équivalentes à 10 ans.

Si l’alimentation végétalienne se généralise, la moitié des champs cultivés au moins pourrait être convertie en forêts, et bien plus d’arbres pourraient être plantés.

L’initiative 4p1000 proposait de capter le carbone excessif en recréant un mètre de terre fertile sur les sols qui se désertifient. Ceux-ci constituent un réservoir de carbone plus important que la végétation, et tout le CO2 dangereux dans l’atmosphère pourrait y être capté. Ces moyens naturels d’absorber le CO2 prennent le temps, des dizaines d’années, mais ils sont réalisables tout de suite, à peu de frais. Nous avons vraiment tout intérêt à les mettre en place maintenant, pour limiter l’effet de serre des prochaines dizaines d’années.

Inventions technologiques

De nombreuses solutions technologiques sont à l’étude, telles que carboniser des plantes,  c’est à dire les transformer en biochar,  et d’enfouir celui-ci sous terre ou de l’entreposer.

Une autre idée est de fertiliser les océans avec des composés azotés pour stimuler la croissance des algues, qui capteraient le gaz carbonique,  mais cela pourrait avoir des effets imprévisibles sur les océans, et j’espère que cela n’aboutirait pas, au contraire, à la création de zones mortes.

D’autres auteurs suggèrent de regeler la mer arctique en pompant de l’eau sur la glace pour l’épaissir, ou de créer des nuages artificiels au dessus de la mer arctique. Un premier essai de ce type de geoengeneering sera mené par l’Université de Harvard cette année. Ces solutions sont cependant hasardeuses et dangereuses, nous ne savons pas du tout si elles fonctionneront correctement, et pourraient provoquer la désertification, la mort d’écosystèmes ou des cancers à cause des produits utilisés.

Des prototypes d’usines de capture de carbone de l’air sont actuellement construits, ce carbone peut ensuite être transformé en concombres dans une serre, en diamants ou en pétrole.

On devrait aussi étudier des technologies de capture de méthane, qui pourrait provoquer un réchauffement abrupt et fort de la Planète.

Non, il n’est pas trop tard! Il suffit de prendre conscience du danger et de diriger nos activités vers les solutions. Cependant, chaque année d’émissions nous rapproche de catastrophes dangereuses, chaque année d’émissions alourdit le bilan de morts futurs, chaque année d’émissions  augmente l’effort gigantesque que nous devrons faire pour maîtriser le climat une fois déchaîné. Si nous tardons trop, les choix cornéliens du Futur pourraient être de produire de la nourriture, de plutôt se réfugier dans des abris pour survivre aux catastrophes climatiques, ou d’envoyer les dernières personnes valides travailler au captage de carbone pour sauver le climat.

Extinction Rebellion : la rébellion climatique

La crise climatique suscite actuellement de nombreuses réactions. La grève des écoliers pour le climat a attiré des dizaines de milliers de jeunes en Europe ces dernières semaines. Un autre groupe d’activistes, Extinction Rebellion s’est récemment formé en Angleterre. Ils donnent un sens nouveau au slogan ‘Rebel for Life’ car ils luttent pour sauvegarder la vie sur Terre. Le réchauffement climatique peut avoir de nombreux effets secondaires, tels la mort de l’Amazonie ou la fonte du Groenland. Ce groupe estime que chacun d’entre eux peut entraîner un réchauffement de 2°C. Ils craignent que cela ne cause l’extinction de nombreuses espèces vivantes, et même de l’Humanité.

Ils déclarent que nous vivons une époque très grave et très triste et que nous devons regarder cette réalité en face. D’après eux, la politique des gouvernements actuels mène à la mort de millions de personnes, à la désertification, à des migrations massives et ils ont décidé de s’y opposer par la désobéissance civile non violente.

Ils s’inspirent entre autres du mouvement qui a provoqué la fin de la discrimination des Noirs aux Etats-Unis, dans les années 50, lorsqu’une femme de couleur, Rosa Parks, a refusé de céder sa place dans le bus à un Blanc.

En novembre 2018, Extinction Rebellion a ainsi perturbé la circulation à Londres en bloquant les cinq ponts sur la Tamise. Une manifestante s’est collée, à la colle, à Buckingham Palace. Ils voulaient se faire massivement arrêter par la police pour montrer qu’une partie importante de la population s’oppose aux politiques actuelles. En réalité, il eut peu d’arrestations, ce qui illustre peut-être le désarroi des gouvernements face au changement climatique.

En Allemagne, Extinction Rebellion bloque des carrefours pendant quelques minutes pour alerter le public sur le crise climatique.

Le groupe demande zéro émissions de carbone en 2025, un rationnement de droits d’émissions de carbone, plus de transports publics, et des villes sans voitures.

Ils s’inspirent en partie de The Climate Mobilization, qui demande un plan similaire celui mis en place par le gouvernement britannique pendant le deuxième guerre mondiale, avec une création massive d’emplois utiles par l’Etat et le rationnement des biens polluants.

Extinction Rebellion,  qui a débuté en Angleterre il a quelques mois, essaime maintenant dans toute l’Europe, y compris en Suisse. Le mouvement semble s’étendre vite, alors même que les étudiants participent massivement aux grèves du climat.

The Climate Mobilization:

Zéro émissions de carbone en 2025

Eliminons les émissions de CO2 avant 40 ans

Une nouvelle étude a tenté d’établir s’il est encore temps de sauver le monde en réduisant progressivement les émissions de carbone. Elle analyse plusieurs voies et obtient des résultats positifs.

Zéro émissions

Leurs simulations suggèrent que la solution zéro émissions, où les émissions de carbone sont interrompues immédiatement, limiterait le réchauffement à 0,9°C au maximum. Il pourrait cependant y avoir une courte étape de réchauffement brusque, due à la disparition d’aérosols. Si nous arrêtons les énergies fossiles maintenant, la température monterait vite d’environ un dixième de degré, puis redescendrait plus bas que le niveau actuel. Cela suffirait probablement à assurer un climat viable et stable à la planète Terre. Cependant, de nombreux problèmes se poseraient, tels que le chauffage des bâtiments dans les régions où les températures hivernales sont inférieures à zéro degrés.

Changement d’infrastructure

La solution changement d’infrastructure, qui signifie que les centrales existantes ne sont pas arrêtées, mais remplacées par des solutions renouvelables à la fin de leur existence permettrait d’éliminer les émissions les gaz à effet de serre en plus ou moins 40 ans. Les simulations suggèrent que dans ce cas, les températures de la Planète monteraient d’encore trois dixièmes de degré environ, puis redescendraient lentement, et que la température de la Planète ne dépasserait pas le seuil fatidique de 1,5°C. Il est donc encore temps, en utilisant les infrastructures existantes et en construisant des variantes écologiques à partir de maintenant, nous pouvons encore sauver la Planète.

Incertitudes et commentaires

Ce n’est cependant pas une certitude. Une autre étude similaire (Matthews and Zickfeld, Nature Climate Change 2012) estimait que dans le cas d’un changement d’infrastructure progressif en 40 ans, les températures continueraient à monter. Les auteurs considéraient que la végétation souffrirait de ces quelques dixièmes de réchauffement et absorberait moins de carbone.
Et il est vrai que la Nature donne réellement des signes inquiétants. A 1,5°C de réchauffement, et déjà maintenant, la plupart des récifs coralliens et de poissons tropicaux disparaissent, trois quarts d’ européens sont exposés aux inondations, une grande partie d’insectes a aussi disparu. Pour ne pas menacer les écosystèmes, le mieux serait peut-être de combiner la solution zéro carbone et changement d’infrastructure, de remplacer les centrales vieillissantes au fur et à mesure, et aussi d’arrêter ou de limiter certaines émissions tout de suite, par exemple celles de l’aviation. Nous ne pouvons pas nous permettre une augmentation incontrôlée d’émissions aériennes.

L’étude récente de Pfeiffer et al (Environ. Res. Lett 2018) estime aussi que les centrales actuellement en construction amèneraient le réchauffement au dessus de 1,5°C. Le travail de Smith et al. ne discute pas non plus les effets secondaires possibles, les feux de forêts, sécheresses et le dégel du permafrost, qui pourraient aggraver le diagnostic de la Planète et accélérer le réchauffement. Il est bien plus sûr de réduire ces émissions de carbone rapidement, ou nous devrons mettre les bouchées doubles par la suite.

Arrêter les énergies fossiles

Une autre solution, CO2 constant, limiterait les émissions et maintiendrait la quantité de CO2 dans l’atmosphère aux niveaux actuels, sans changer de technologie. Elle impliquerait une régulation d’émissions, sans remplacement généralisé d’installations productrices d’électricité.
Les simulations montrent que dans ce cas, les températures continueraient à monter plus longtemps et atteindraient des niveaux plus haut, et plus dangereux pour la Planète. Il vaut donc bien mieux quitter les énergies fossiles et passer aux énergies renouvelables, pour assurer une baisse de l’effet de serre à long terme.

Energies renouvelables pour le monde entier

Le passage mondial aux énergies renouvelables est possible, nécessaire, et en cours. Ces nouvelles technologies sont souvent développées pour les pays industrialisés, qui pourraient servir de modèle de développement futur. Le jour où chacun du milliard d’Indiens et ou de Chinois achètera une voiture. Il faudra que ce soit une voiture non polluante, sous peine de fin du monde. Notre passage rapide aux énergies renouvelables assure le développement de technologies qui seront ensuite utilisées à plus grande échelle. Il vaut encore mieux organiser nos sociétés de façon efficace, en privilégiant les transports publics et une consommation modéré.

Réductions d’émissions

Les émissions de carbone proviennent essentiellement du pétrole, du charbon et du gaz. Un changement d’énergies semble nécessaire pour limiter durablement le réchauffement.

Lors de la conférence COP21, en 2015, la Suisse, comme la plupart des pays du monde, s’est engagée à réduire ses émissions de carbone pour limiter le réchauffement à 2°C ou même 1,5°C. En effet, au-delà de ce seuil, le climat de la Planète pourrait se dégrader irréversiblement. Les mesures promises en 2015 permettent de limiter le réchauffement à +3°C.

Ces résolutions initiales devront par la suite être complétées par d’autres projets qui permettront d’atteindre les buts de l’accord de Paris. Et c’est vraiment une course contre la montre. J’espère me tromper, mais comme je l’ai discuté avant, le réchauffement pourrait s’accélérer, et des réductions d’émissions encore plus importantes pourraient être nécessaires par la suite. Plus nous tardons, plus nous courrons le risque d’ arrêts d’urgence d’entreprises polluantes, ou d’interruptions de leur fonctionnement par les catastrophes climatiques.

Les mesures proposées dans la loi CO2 nous permettraient de garder notre style de vie en remplaçant graduellement les énergies fossiles par des ressources renouvelables. Parallèlement, en voyant les récentes manifestations d’étudiants pour le climat, et les millions de signatures d’une pétition française, j’ai l’impression qu’une prise de conscience et un changement de société semblent être à l’oeuvre, et pourraient créer une société plus écologique et plus durable.

https://www.nature.com/articles/s41467-018-07999-w

https://www.letemps.ch/monde/laffaire-siecle-un-reveil-ecologiste-francais

https://www.letemps.ch/suisse/milliers-jeunes-mobilises-rues-climat

Face au climat: gérons le changement!

Aujourd’hui, une couche de neige exceptionnelle couvre le Nord des Alpes et cause un danger d’avalanche maximal sur l’échelle de mesures que nous avons utilisé jusqu’à présent. En juin, Lausanne subissait une pluie hors normes, cet été la Suisse et le Nord de l’Europe ont connu des sécheresses importantes. De nombreux autres événements hors du commun se produisent partout sur la Planète.
Ces phénomènes dus au réchauffement climatique vont s’aggraver, il est même possible, comme je l’ai expliqué précédemment, que l’aggravation soit rapide et spectaculaire.
Nous devons faire face à ce problème grave, nouveau, auquel seuls les films de science-fiction nous ont préparé. Le climat est le plus grand danger du 21ième siècle et doit être traité comme tel. Toute la société devrait être réorganisée pour réduire ce danger et pour y faire face correctement. Dès aujourd’hui, nous avons besoin de suivre, et de prévoir les changements climatiques et leur conséquences.

Météorologie Climatique

Nous avons besoin d’un office de météorologie climatique qui sera à jour sur les événements climatiques exceptionnels, sans précédent, inconnus de l’Homme, qui se sont produits sur toute la Planète au cours de ces dernières années. Un mètre de pluie en Afrique peut nous donner une indication sur les événements météo chez nous. Nous pourrions baser les prévisions sur le constat qu’il s’agit d’une augmentation de 5 fois de la pluviométrie normale. Il faudrait ensuite savoir si une augmentation semblable se produit partout, y compris dans nos régions. Les pluies ici ont- elles aussi augmenté de 5 fois? Cette augmentation avec la température est -elle linéaire, ou exponentielle? Les prévisions pourraient aussi se baser sur celles du GIEC, sur des modèles de circulation atmosphérique qui tentent de calculer quelles tempêtes ou canicules pourraient bien nous arriver à 1,5°C ou 2°C . Bien que ce soit très difficile de nos jours, ce service pourrait émettre des prévisions de risques sur 5 ans et alerter les bureaux concernés des catastrophes climatiques possibles.

Agriculture Climatique

Nous avons besoin d’un office d’agriculture climatique, qui étudiera les effets sur l’agriculture des changements climatiques constants, auxquels nous sommes désormais exposés. Cet organisme devrait recouper les conditions de croissance des plantes cultivées, ou de survie des animaux, et les prédictions météorologiques et pouvoir informer les agriculteurs quelle production sera possible et fructueuse. Il devra adapter souvent, par exemple tous les 5 ans, ou même chaque année, les recommandations sur l’agriculture en Suisse, et informer quels aliments pousseront ici.

 

 

Sécurité des infrastructures

Les pluies intenses, neiges abondantes, et glissements de terrain augmenteront avec le réchauffement (GIEC) et ces changements sont déjà perceptibles. Nous avons besoin d’un office de la sécurité des infrastructures qui vérifiera à quel niveau de catastrophe climatique les bâtiments et transports sont menacés. Il pourrait y avoir un petit problème. Le danger pourrait être quasiment omniprésent. Le rapport du GIEC d’octobre 2018 prévoit qu’à 1,5°C de réchauffement, qui nous menacent bientôt, 74% d’européens sont exposés aux inondations, et ils n’ont pas prévu tous les dangers. Des nouvelles normes de sécurité s’imposent pour l’ère du climat. Nous pourrions ainsi éviter de construire de nouveaux bâtiments sensibles aux intempéries futures, et dans un deuxième temps tenter de sécuriser ce qui peut l’être.

 

Capture de carbone

Un office de capture naturelle de carbone est indispensable pour planifier et gérer la capture du carbone atmosphérique dans le sol, la végétation, les tourbières et les arbres.

Si nous recréons un mètre supplémentaire de sol fertile, nous aurons résolu le problème du climat, car ce mètre de sol capterait le carbone responsable de l’effet de serre. Une végétation touffue, et particulièrement les arbres, captent aussi beaucoup de gaz carbonique responsable de l’effet de serre. Nous avons besoin d’un bureau qui étudiera les possibilités de capture de carbone dans le sol, la végétation, les cultures agricoles, les forêts et les arbres isolés, et, s’occupera de la réalisation de ces projets. A mon avis, nous devons nous lancer immédiatement dans la capture du carbone naturelle, par la végétation, parallèlement aux réductions d’émissions. Cela limitera l’aggravation des phénomènes climatiques auxquels nous serons exposés au cours de ces 50 prochaines années. D’ici quelques décennies, ces solutions naturelles pourront être complétés par des technologies nouvelles de capture de carbone qui sont en développement actuellement.

Réduction d’émissions

Nous avons besoin d’un office de contrôle qui répertoriera toutes les émissions de carbone, et les plans de réductions. Il vérifiera si les rejets des entreprises diminuent comme prévu, et adaptera les buts, en fonction des décisions politiques et des nécessités futures. Il s’assurerait que les nouvelles industries ne nuisent pas à l’environnement et au climat, elles pourraient être soumises à autorisation conditionnelle, qui attesterait qu’elles ne causent pas d’émissions de carbone dangereuses pour l’Humanité . Un office de contrôle pourrait décider de fermetures d’urgence, en cas de besoin et limiterait fortement les dangers futurs.

Créons des réserves alimentaires planétaires!

Les dernières années de chaleur record ont apporté des sécheresses, des inondations, et des vagues de chaleur partout sur la Terre.

L’année la plus chaude, 2016, a causé une immense famine dans le Sud de l’Afrique, et les sécheresses ont détruit les récoltes du Brésil, de la Bolivie, et du Paraguay. La production de toute l’Amérique du Sud a diminué.

Ces catastrophes vont s’intensifier, et le cycle des saisons changera. Des vagues de chaleur inhabituelles, de plus en plus fortes, apparaîtront au printemps, en été ou en automne. Elles pourraient perturber gravement les cultures alimentaires.

L’agriculture dépend du cycle des saisons. De nombreuses conditions doivent être réunies pour que les plantes arrivent à maturité.

Les récoltes de blé sont compromises si les températures dépassent 30°C au printemps. Les arbres fruitiers ne donnent pas de fruits s’ils fleurissent en automne ou en hiver, et qu’une gelée survient après. De nombreuses autres perturbations peuvent interrompre le cycle vital des végétaux.

En 2018, le rendement de blé russe et canadien était réduit par la chaleur et la sécheresse dans ces pays habituellement froids (Bloomberg), l’Australie frappée par la sécheresse a perdu 15% de ses récoltes (FAO).

Les catastrophes climatiques vont s’amplifier, et pourraient faire échouer les cultures alimentaires dans des vastes territoires. La mer monte et s’infiltre dans  les terres fertiles du delta du Nil et du Mékong, si bien que l’agriculture pourrait bientôt devenir difficile dans ces régions.

Le Futur pourrait apporter des pénuries alimentaires qui ont des conséquences très graves. Elles causent la malnutrition, des migrations, la spéculation, des émeutes, des guerres.
Elles iront en s’aggravant, et des populations de plus en plus importantes, des pays entiers, pourraient être exposées à des famines.

La production alimentaire mondiale est assez proche de la consommation annuelle. L’année prochaine, l’Humanité disposera probablement de trois mois de réserves alimentaires. C’est très insuffisant.  Si la moitié de cultures sur la Planète avorte cette année, si en été 2025 il n’y a pas de récolte de blé dans l’hémisphère Nord, il y aura moins de nourriture que l’année passée.

Nous vivons dans une précarité alimentaire étonnante, alors que les réserves planétaires de T-shirts bleus suffiraient probablement pour plusieurs années, et que nous pouvons facilement porter une autre couleur. Cette insécurité engendre la spéculation alimentaire, les prix des denrées de base augmentent lors des mauvaises récoltes, et provoquent des émeutes de la faim.

Nous devons nous préparer à l’aggravation du réchauffement en augmentant les réserves alimentaires.

Nous pourrions augmenter progressivement les stocks. Pour être le plus cohérent possible, nos dirigeants pourraient commander aux paysans locaux une quantité suffisante d’aliments de base, des céréales, des lentilles, du soja, de noix à la condition qu’ils soient produits de façon écologique, qu’ils entraînent peu d’émissions de CO2, ou en agriculture CO2-, ie en captant du carbone.

J’ignore sciemment le fait que les cultures alimentaires émettent actuellement du CO2, essentiellement à cause de l’usage d’engrais de synthèse et du transport. Elles ne devraient pas émettre du CO2, mais en capter.

Les céréales et les lentilles contiennent beaucoup de carbone, nous pourrions idéalement capter le carbone atmosphérique et l’entreposer en réserves alimentaires. Des stocks d’aliments pour dix ans capteraient en fait une proportion du carbone atmosphérique, de l’ordre d’un centième peut-être, et contribueraient aussi à stabiliser le climat. On pourrait multiplier cet effet en sauvegardant les autres parties des plantes cultivées. Surtout, nous éviterions des graves pénuries et des famines.

Si le changement climatique s’accélère, nous pourrons sûrement cultiver ici des aliments exotiques, comme les pêches, les bananes ou les ananas, et nos aliments actuels appartiendront au passé.  L’avenir sera hasardeux, difficile à planifier. Nous pouvons nous y préparer au moins partiellement.

Nos dirigeants pourraient commander aux agriculteurs l’équivalent des besoins annuels de céréales et de lentilles si bien qu’en dix ans, si tout va bien, les réserves représenteront dix ans de nourriture. Si nous économisons 50% de la consommation annuelle, alors nous atteindrons dix ans de réserves alimentaires en vingt ans.  Une partie de ces récoltes est peut-être déjà produite et gaspillée, la surproduction d’années exceptionnelles, comme les tomates de l’été passée, pourrait être rachetée, séchée, et entreposée. Ainsi, en cas d’aggravation soudaine du climat, nous pourrons réagir et nourrir la population.

En cas de problèmes d’approvisionnement local ou de catastrophe planétaire, ces réserves pourraient être écoulées sous forme de nuggets ou saucisses végétariennes, shakes de protéines, cordon-bleu, ou autres préparations populaires.

En cas de famine lointaine, elles pourraient peut-être être données aux populations qui en ont besoin. A tout le moins, elles limiteraient la spéculation qui fait flamber les prix des aliments, avec des conséquences dramatiques et éviteraient des nombreux drames humains, tels des enfants handicapés de malnutrition.

Il faudrait bien sûr veiller à ce que ces cultures ne provoquent pas d’émissions de carbone, et à ne pas déboiser, et à continuer à reforester et à récreer le sol fertile qui constitue la plus grande réserve terrestre de carbone.

Nous entrons dans une période de turbulences, à plusieurs inconnues. Nous devons nous y préparer et prévoir l’essentiel pour cette période troublée. Si nous faisons preuve d’ouverture, nous trouverons de nombreuses solutions.