L’effet de serre peut devenir humus fertile

Matière organique du sol (MOS)

Le sol est constitué de minéraux et de matière organique. Celle-ci provient des feuilles, des racines, et des composés sécrétés par les plantes dans la terre. Des bactéries, des champignons du sol et d’autres petits êtres vivants s’en nourrissent et la transforment. Elle est constituée d’un mélange de diverses molécules organiques (à base de carbone C et d’oxygène O). Elle rend le sol fertile, et lui permet de garder l’humidité.

Les champs suisses perdent la matière organique du sol depuis des dizaines d’années. Si cette tendance se poursuit, la production alimentaire pourrait être compromise. Elle doit donc être jugulée ou inversée. D’autre part, le carbone perdu est rejeté dans l’atmosphère sous forme de CO2 et augmente l’effet de serre. Le sol en contient une énorme quantité, dont l’oxydation pourrait aggraver dangereusement le réchauffement climatique. Au contraire, une augmentation du carbone du sol de 4 pour 1000 par an absorberait nos émissions de carbone d’une façon inoffensive et bénéfique (initiative 4p1000 https://www.4p1000.org/fr).

Enrichir le sol en carbone: Forêts, bio, peu de labour, fumier, compost

En Suisse, les études ont montré que la perte de matière organique,  est la plus importante dans les exploitations sans bétail. Dans une ferme traditionnelle, les prairies et le fumier qui restitue la paille enrichit les champs en matière organique. Sur une ferme sans bétail, ces cycles sont rompus et les pailles souvent exportées sont perdues pour fertiliser naturellement les champs. Le compost végétal est aussi précieux. Selon une expérience du FIBL, il est parfois plus stable dans le sol que le fumier.

Le carbone est entre autres amené sous la surface par les racines des végétaux. Au cours des dernières décennies, les variétés des cultures ont été sélectionnées pour une production rapide de la partie aérienne. Cela pourrait mener à un déficit de matière organique dans le sol, alors que certaines plantes anciennes ou des durées de culture plus longues développent plus leur partie racinaire. Nous pourrions redécouvrir des cultures et des variétés importantes pour le sol.

La façon la plus simple d’enrichir les sols est d’étendre la surface des prairies et des forêts. Cependant, l’agriculture reste indispensable pour notre alimentation. Elle ne doit pas être synonyme d’épuisement des sols, et il y a des nombreuses techniques pour éviter la dégradation : l’agriculture sans labour, l’agriculture biologique ou encore l’implantation systématique de couverts végétaux. Le semis direct ou un travail superficiel du sol évitent également la perte de matière organique par une minéralisation accélérée.

L’agriculture biologique constitue aussi une bonne solution. Elle s’accompagne de plus d’entrées de carbone dans le sol (Gattinger, 2012), plus de rhizodéposition, plus de mycorhizes, qui stabilisent le carbone du sol (Dignac). Ces réseaux souterrains de champignons parfois millénaires, décrites dans les forêts, existent aussi dans les champs. Les minuscules filaments de champignon s’infiltrent dans les racines de plantes, en tirent des aliments, et la plante bénéficie de l’eau et des sels minéraux du sol apportés par les mycorhizes. Grâce à l’absence de pesticides, les racines des plantes sont plus colonisées ou, peut-être plus précisément, mieux connectées à l’écosystème.

Couverts végétaux

Dans la Nature, la matière organique abonde en forêt, et dans les prairies naturelles, mais elle est rapidement perdue lorsque les terres sont converties en cultures. Dans une prairie, les tiges et les feuilles tombent sur le sol, et y sont incorporées par des insectes et des vers de terre. Par contre, dans une culture de blé traditionnelle, la plante est récoltée, la paille est exportée, et le peu de débris végétaux dans le sol nu est rapidement consommé par une communauté d’organismes finalement réduite faute de nourriture.

Pour pallier à cette différence, l’agriculture de conservation et l’agriculture biologique développent des couverts végétaux, des plantes semées entre les cultures principales, qui maîtrisent les adventices, apportent du carbone au sol par la photosynthèse et l’enrichissent en azote fixé de l’air. L’institut de recherche sur l’agriculture biologique FIBL mène des travaux sur ce sujet. Des plantes de couverture, par exemple des pois, sont semées en été, puis l’agriculteur broie ce couvert à l’automne pour semer les céréales ou au printemps pour installer des cultures sarclées. La protection du sol qu’ils apportent est généralement liée à la biomasse, à la croissance des couverts. Certaines études ont montré qu’après quelques années de ce traitement, le sol retrouvait ses niveaux de carbone (vidéo FIBL , couvert Penn State).

Le réchauffement climatique provoque une déperdition de la matière organique, surtout dans les zones originellement pluvieuses. Nous allons vers une alternance intense de sécheresses et des pluies diluviennes, qui pourrait augmenter le lessivage du sol et l’érosion. Les couverts pourraient s’avérer très utiles. Un sol couvert et riche en matière organique résistera mieux aux intempéries.

La croissance souterraine, plantes pérennes et agroforesterie

Les prairies et les forêts accumulent plus de matière organique dans le sol. Les plantes pérennes de ces milieux ont davantage de racines notamment en profondeur.

Ajuga repens

Ameria Alpina

Amygdalus mongolica

Allysum Montanum

Une scientifique de l’université de Wageningen a étudié les racines des végétaux pendant des nombreuses années.  Elle a dessiné les schémas ci-dessus. Certaines plantes semblent développer des racines immenses, bien plus grandes que la partie aérienne. La partie souterraine, cachée, semble constituer l’essentiel de la plante. Je les trouve absolument extraordinaires. Le sous-sol des prairies est-il constitué d’un enchevêtrement d’immenses racines? Peut-être pourrions-nous combiner l’agriculture à des biomasses souterraines importantes dans champs, les prairies ou les systèmes agroforestiers pour contribuer à un bilan carbone favorable? Les associations de plantes annuelles et pérennes capteraient plus de CO2 en enrichissant d’avantage le sol.

L’agroforesterie permet d’obtenir des résultats semblables. Les agriculteurs suisses combinent désormais des cultures de céréales et des arbres de différents usages (fruitiers, bois de valeur, etc.) dans des exploitations d’agroforesterie (lien RTS). Cette technique a d’abord été utilisée dans les pays tropicaux, entre autres dans les exploitations de commerce équitable, mais elle s’implante aussi en Suisse.  Les arbres vont loin en profondeur, et ainsi préviennent l’érosion et le ruissellement. L’agroforesterie peut apporter un double gain à l’agriculteur, grâce à deux récoltes et constitue une sécurité en cas d’intempéries dévastatrices, rétablit l’équilibre écologique des sols.

L’agriculture a un grand potentiel de capture de carbone, il faut simplement un changement de paradigme, une prise de conscience et une valorisation financière du carbone du sol.

Les sols de toute la Planète absorberont le carbone

 

 

Sauver la biodiversité: aliments végans et restaurants durables

Changer le système alimentaire

Une réforme de notre alimentation et de notre agriculture est appelée d’urgence pour la biodiversité et le climat. Les experts appellent à réduire les produits animaux dans l’alimentation humaine, ce qui libérerait la moitié des champs et pâturages actuels et permettrait d’y faire revivre des écosystèmes riches en vie et en carbone (Biodiversité. Reformer l’agriculture) .

L’usage des pesticides néonicotinoïdes pourrait décimer les insectes non seulement dans les champs, mais aussi à des dizaines de kilomètres autour de la culture traitée. Les forêts captent le carbone et stabilisent le climat, et sans elles, ils se déréglera. Si nous n’agissons pas vite, l’agriculture deviendra difficile dans un monde stérile et dévasté par les vagues de chaleur et les tempêtes climatiques.

Le risque de résistance humaine aux antibiotiques est aussi très réel. Ces médicaments sont utilisés pour limiter les épidémies dans l’élevage, et les bactéries résistantes sont de plus en plus souvent trouvées dans l’eau, ainsi que dans les hôpitaux. Les antibiotiques ont totalement changé la santé et l’espérance de vie humaine. Une partie conséquente de la population, succomberait aux maladies sans ces médicaments, le bilan serait infiniment plus lourd que celui du coronavirus, et même les opérations de chirurgie simple deviendraient hasardeuses à cause du risque d’infection.

Le think tank Chatham House insiste sur la nécessité de changer le système alimentaire, et de diminuer la proportion de protéines animales dans notre alimentation, à remplacer par des protéines végétales et des légumes.

 

Aliments végétaux

Les protéines végétales, tofu, lentilles, haricots ou noix, ont un coût beaucoup plus faible, nécessitent une surface beaucoup plus restreinte et permettraient de laisser des espaces étendus à la Nature. C’est nécessaire pour sauvegarder la vie animale sur Terre et pour le climat.  Il faut un effort sérieux pour que ces aliments soient proposés au public à bas prix. Après les magasins spécialisés en diététiques, les produits végans ont fait leur apparition dans les supermarchés, dans des tous petits emballages assez chers. Récemment, j’ai été enchantée de voir à la COOP un produit végétalien ‘Prix Garantie’, j’ai l’impression qu’il pourrait être un peu meilleur marché, mais en tout cas là le consommateur est face un choix qui correspond à la réalité agricole : du poulet à 5-7 frs ou des aliments végétaux qui devraient être autour de 2 frs. Il faut absolument que ces aliments sont produits à grande échelle et qu’ils remplacent la mauvaise viande. Les préparations aux légumes devraient aussi être généralisées.

Les snacks bon marché

J’ai l’impression qu’au cours du dernier quart de siècle, la part de plats tout prêts dans l’alimentation a beaucoup augmenté, surtout des plats tout prêts dans des snacks. Il y a là un paradoxe : une grande partie de la consommation alimentaire humaine est issue de cultures réalisées de la façon la moins chère possible, à l’aide de pesticides, d’engrais chimiques qui polluent les eaux, et de machines, à l’autre bout du monde, en quantités immenses. Ensuite, le client dépense 10 -15 frs pour son repas dans un kebab ou une pizzeria qui a acheté les ingrédients moins d’un franc. En réalité, le prix des ingrédients n’est pas limitant pour le consommateur, et ne dirige pas son choix.

Cette situation me laisse perplexe.

D’une part ces entreprises sont tributaires de l’aisance de la population et du plein emploi. A priori notre société pourrait fonctionner aussi bien si le patron du kebab et son client travaillaient tous les deux à mi-temps dans une entreprise utile, et s’ils cuisinaient eux-mêmes à la maison l’après-midi.

Notre mode de vie porte une part de responsabilité. Nous vivons une course permanente, ponctuée de longues heures de travail et de déplacements. A l’extrême, les cadres japonais travaillent jusqu’à minuit plus passent deux heures dans le train pour rentrer chez eux, avec un repas acheté au passage. Lex choix alimentaires sont alors dirigés par le manque de temps.

Cependant, l’abondance des restaurants est un pas en direction de l’économie de loisirs et du bien-être, une forme de développement préférable à des achats d’objets matériels ou aux voyages. Bien sûr, pour notre santé il faudrait au moins disposer de tables pour manger lentement et confortablement.

Il reste encore à affronter la qualité déplorable des produits, achetés le moins cher possible, qui alimentent la machine à alimentation bon marché. Les patrons sont peu informés sur la provenance des produits, leur situation est précaire, et les invendus sont gaspillés. Je ne crois pas que cette offre reflète vraiment la liberté du consommateur. Il y a peu de variété dans la vente à emporter, bien souvent des snacks voisins ont une offre identique. Le consommateur a peu de choix, et il n’a pas non plus d’information sur le produit acheté.

Image par yilmazfatih de Pixabay

 

Améliorer l’offre alimentaire

Une solution serait d’imposer légalement une alimentation saine et écologique, le prix des ingrédients passerait de par exemple d’un franc à un franc cinquante, alors le prix pour le consommateur du restaurant ou des plats prêts devrait logiquement rester très similaire.

L’interdiction des produits nocifs dans l’agriculture ou dans l’alimentation semble la mesure la plus simple à appliquer, et l’Allemagne prévoit actuellement cette solution pour sauver les insectes, ainsi que les oiseaux et toute la biodiversité en péril immense.

L’information du consommateur serait intéressante aussi : les restaurants pourraient afficher dans le menu la liste de tous les pesticides et de tous les additifs que le menu contient, en jaune ou en rouge pour les plus dangereux, ainsi que l’alimentation de l’animal servi dans le restaurant. Là ce serait plus compliqué, la liste serait extrêmement longue, car il y a aujourd’hui des dizaines de produits chimiques dans la farine des pâtes. Le danger de plusieurs produits s’accumule, le consommateur devrait pourvoir trouver la vraie composition et la qualité de ses aliments, et cela devient très difficile.

D’autre part, il faudrait favoriser l’ouverture de snacks bio, végan, d’alimentation locale, ou un label durable qui combinerait ces trois critères, et un score combinant suffisamment ces trois caractéristiques serait exigé d’un professionnel de l’alimentation.

L’ouverture des nouveaux restaurants, boulangeries et Tea-Rooms pourrait être limitée aux entreprises durables pour compenser l’étalage de malbouffe et la destruction de la Planète.

Une autre solution encore pourrait être de mieux organiser l’approvisionnement, et d’offrir, de concert avec une meilleure qualité, un système centralisé de livraison qui reprendrait les invendus. Le commerçant aurait probablement intérêt à y adhérer.

Quelle solution pouvons nous adopter pour reformer le système alimentaire cette année ? Le développement des aliments végétaux, l’interdiction des pesticides dans l’agriculture ou dans l’alimentation, l’information obligatoire du consommateur sur les polluants qu’on lui fait ingurgiter, la préférence aux entreprises durables ?

Image de couverture par Sabrina Ripke de Pixabay

Reformer l’agriculture en 2021 pour sauver la biodiversité et le climat

Perte de Biodiversité

Le think tank Chatham House alerte sur la perte de la biodiversité et appelle à un changement rapide du système alimentaire. Il pourrait être décidé cette année, plusieurs sommets internationaux sont organisés à ce sujet. Le secrétaire- général de l’ONU présidera le sommet UNFSS des systèmes alimentaires pour une meilleure sécurité alimentaire et une meilleure durabilité de l’approvisionnement mondial.

La perte de biodiversité devient extrêmement préoccupante. De nombreuses espèces d’animaux disparaissent rapidement, le rythme des extinctions s’accélère, et la raison principale en est le changement d’alimentation (perte de biodiversité).  Le think tank estime que la disparition des plantes et animaux sauvages est principalement due à la conversion des espaces de nature en champs et pâturages.

Nous avons créé un système pervers, une course excessive à une alimentation bon marché qui engendre le gaspillage alimentaire et menace nos conditions de vie sur Terre, en dégradant les sols et les écosystèmes.

L’agriculture actuelle dépend des pesticides, des engrais, de l’énergie extérieure et de l’eau, et des pratiques nocives telles que les monocultures et le labour. Malheureusement, elle détruit l’habitat de nombreux animaux, insectes et plantes, et provoque le réchauffement climatique. Sans réforme, la perte de biodiversité s’accélérera et menacera notre production alimentaire.

Les écosystèmes terrestres et marins éliminent plus de la moitié (60%) des émissions de carbone de l’atmosphère chaque année et jouent ainsi un rôle crucial dans la régulation de la température de surface de la terre.  Les écosystèmes aident à amortir les effets des conditions météorologiques défavorables et à fournir une résilience au changement climatique. Sans eux, les chocs climatiques seraient bien plus brutaux et handicaperaient fortement l’agriculture. Les systèmes de production alimentaire nécessitent une gamme diversifiée de plantes, d’animaux, de bactéries et de champignons, à la fois pour l’approvisionnement direct en nourriture et pour soutenir les processus écosystémiques sous-jacents qui rendent l’agriculture possible – de l’approvisionnement en eau à l’amélioration de la fertilité des sols, à la pollinisation et à la lutte naturelle contre les ravageurs.  Si la dégradation du Vivant se poursuit, elle nuira à l’agriculture. 

Trois axes de solutions: plantes, Nature et agriculture écologique

Chatham house suggère d’agir sur trois axes principaux:

Ils conseillent d’abord d’adopter une alimentation plus végétale, qui permettrait de libérer par exemple 42% des terres actuellement cultivées aux Etats-Unis, et aurait des effets bénéfiques sur la santé de cette population. Ils conseillent le régime EAT-lancet.

D’autre part,  ils suggèrent la protection de grands espaces de Nature qui seraient des réserves de biodiversité, et maintiendraient un cycle de carbone fonctionnel sur la Planète. 

Troisième, l’agriculture elle-même pourrait être moins nocive pour la biodiversité, préserver les insectes et les microorganismes du sol, éviter la pollution de nitrites et les émissions de gaz nocifs dans l’atmosphère. 

Les auteurs considèrent qu’avec un peu d’organisation, en réduisant le gaspillage alimentaire et l’alimentation carnée, l’agriculture biologique pourrait nourrir 9 milliards de personnes.

Ils citent aussi l’agroforesterie, très bénéfique pour l’environnement.  Les polycultures d’arbres sont utilisées pour produire du bois, des noix et des fruits – et permettent de combiner plusieurs cultures et des récoltes tout de  au long de l’année. L’agroforesterie et les pratiques agro-écologiques peuvent permettre la restauration des habitats tout en diversifiant les flux de revenus et l’approvisionnement alimentaire, augmentant ainsi la résilience des communautés locales et des habitats, améliorant la nutrition et renforçant la biodiversité.

Les décideurs internationaux doivent reconnaître l’interdépendance de l’action du côté de l’offre et de la demande.  

Les changements alimentaires et la réduction du gaspillage alimentaire sont essentiels pour briser les verrouillages du système qui ont conduit à l’intensification de l’agriculture et à la conversion continue des écosystèmes indigènes en cultures et pâturages.

Le sommet UNFSS promouvra une «approche des systèmes alimentaires» à travers d’autres processus internationaux clés, y compris les négociations de l’ONU sur le climat.

Chatham House demande maintenant des lignes directrices mondiales dans des domaines politiques tels que l’investissement responsable, le changement alimentaire et une gestion du changement climatique basée sur la Nature. 

Alouette qui supporte mal les grands espaces de monoculture, en couverture bruant jaune qui souffre du manque d’insectes

Publication Chatham House:

J’estime à plus de 160 milliards les dommages climatiques de 2020

Dégâts climatiques record

En 2020 la Terre a subi de nombreuses catastrophes climatiques.  Plusieurs ont atteint une ampleur inégalée, et ont causé des dommages record. Il s’agit surtout de destructions provoquées par des fortes tempêtes,  les vents, les tornades et la grêle.

Aux Etats-Unis, un vent exceptionnellement fort a dévasté le Midwest (blog). Il a endommagé de nombreuses maisons, a déraciné des milliers d’arbres qui ont rendu les routes impraticables  et a détruit une grande partie des cultures.

En Chine des inondations d’une ampleur inégalée ont submergé des villes, et ont affecté deux millions de personnes. En Inde, les inondations ont fait près de deux mille morts, de nombreuses victimes ont perdu le peu qu’ils possédaient, mais cela reste peu visible dans l’analyse financière.

L’analyse des assureurs AON citée par Yale Climate Connections inclut aussi  les feux de forêt de Californie, du Brésil et du Paraguay,  et les dégâts du nombre record d’ouragans Atlantiques cette année. 2020 a aussi apporté le supertyphon Goni, le plus fort à avoir jamais touché terre, ainsi que les sécheresses qui ont réduit les récoltes du Brésil et d’Argentine (Yale climate estimations).

Feux de forêt en Australie

Cependant, toutes les catastrophes climatiques ne semblent pas être inclues dans cette analyse. Les feux de forêt d’Australie de janvier 2020  sont un des événements les plus dramatiques de l’année. Après un printemps exceptionnellement chaud, les feux ont touché des grandes étendues et le nombre d’animaux perdus est estimé à un demi-milliard. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacués, et les feux ont dévasté environ deux cent millions d’acres. Sydney, Melbourne et Brisbane étaient menacés, et ont heureusement évité l’embrasement.  Ces incendies ont suivi des records de chaleur survenus tôt dans la saison, au cours d’une des années les plus chaudes de l’histoire. La sécheresse était telle que les rivières ont séché et que les Australiens évacuaient les poissons pour les sauver.

Il y a peut-être un débat sur l’attribution de ces feux au changement climatique. Il est indéniable que les températures y étaient torrides et que ces conditions ont favorisé les feux. De plus, ces cinq dernières années chaudes se sont accompagnées de records de chaleur en Australie,  il doit être possible de montrer le lien entre en la température globale et celle en Australie, et le lien entre la canicule et les feux est assez évident.  D’autre part, les scientifiques estiment qu’il ne faut plus prouver qu’un événement particulier est dû au réchauffement, car toute la météo est changée par les conditions climatiques. Je ne suis pas sûre si le gouvernement Australien reconnaît l’existence du changement climatique ou s’il persiste à l’ignorer, il n’a peut-être pas déclaré les feux. Il serait intéressant de vérifier quels autres événements manquent.

Calculs de coûts de catastrophes

Accuweather estime le coût des feux en Australie de janvier 2020 à 110 milliards de dollars, selon une analyse de Myers (Accuweather).  Leur calcul est peut-être un peu différent, ils incluent les maisons qui ont brûlé, les voitures, les marchandises,  les pertes de gains, les dommages à l’infrastructure et les pertes des entreprises causés par les coupures de courant. Les routes bloquées, les évacuations et les augmentations de primes d’assurances sont aussi considérées dans cette analyse, ainsi que la perte de valeur des bâtiments dans la région,  l’extinction des feux, et les vols perturbés. L’analyse prend aussi en compte les frais médicaux supplémentaires que les personnes exposées à l’air pollué occasionneront à l’avenir.

Je crois que si l’analyse d’AON prenait en compte tous ces facteurs, l’appauvrissement des personnes dont la prime d’assurance augmente et la valeur de la maison diminue, le prix des autres catastrophes serait plus élevé aussi.  Ces coûts seront rapidement démultipliés.

 

La pluie au Sahel

Climat du Sahel

Le Sahel, au Sud du Sahara, est une zone chaude et aride. Le réchauffement climatique provoque la désertificaton du Sahel et l’avancée du Sahara. Pourtant, il y pleut parfois et les pluies torrentielles ont triplé depuis 1982. L’intensité de ces pluies est telle qu’elles provoquent des inondations et des glissements de terrain, et causent des graves dommages aux habitants.

Si le réchauffement planétaire dépasse 1,5°C ou 2°C, le régime des pluies du Sahel pourrait changer rapidement, des précipitations abondantes le transformeraient en zone tropicale. Nous pourrions voir bientôt une nouvelle forêt tropicale. Le changement serait cependant brutal et pourrait apporter des nombreuses catastrophes (Levermann : article, étude).

Image par Olivier Bory de Pixabay

Irrigation au Sahel

L’irrigation pourrait apporter d’immenses avantages dans ces régions. Une nouvelle étude  s’est basé sur des photos satellites pour établir les progrès de l’irrigation et rapporte que les projets d’irrigations prévus n’ont pas abouti, ou ont été sérieusement réduits. Seuls 16% des zones prévues par les agences de développement sont actuellement irriguées.

L’auteur de l’étude estime que la responsabilité en incombe aux défaillances politiques et à la mauvaise gestion locale. Il écrit aussi que la viabilité des projets est plombée par les choix de cultures. Les autorités locales privilégieraient une agriculture à faible valeur ajoutée, destinée à alimenter leur population, qui n’est pas un choix viable. Je trouve cette phrase choquante et absurde. Nourrir sa population est le plus viable des projets, qui devrait être valorisé par les agences de développement. L’alimentation bio produite sur place est plus écologique. Un tel commentaire jette un doute sur la fiabilité de ce travail.

Image par SirWalterVanguard de Pixabay

L’irrigation pourrait réellement transformer ces régions, et avec la prodigieuse technologie dont nous disposons actuellement, je crois qu’elle peut fonctionner à plus grande échelle encore. Dans le climat de janvier 2021, alors que dans de nombreux cas l’équivalent des précipitations de l’année entière inonde le pays en un seul jour, je dirais qu’il faut dompter les pluies torrentielles, créer des réservoirs d’eau de pluie, des canaux d’irrigation qui pourraient simultanément évacuer l’excès d’eau des villages et leur éviter des inondations. Je dirais aussi que nous pourrions au moins leur offrir l’irrigation en contrepartie du réchauffement climatique.

Cette année, les précipitations en Afrique de l’Est ont été si importantes que le fleuve Niger a débordé et a provoqué des graves inondations au Nigeria, Vingt-cinq mille personnes ont été déplacées. http://floodlist.com/africa/nigeria-floods-october-2020. Si cela devait se reproduire fréquemment, il serait peut-être possible de creuser un canal amenant l’excès d’eau du fleuve Niger jusqu’à Tombouctou, dans le Sahel. Pourriez-vous demander une étude de ce projet à l’EPFL ?

Limitation des naissances

J’ai un peu réfléchi à la question de la surpopulation. Dans le dernier blog, je présentais l’étude récente sur la disparition de biodiversité, effectuée entre autres par Paul Ehrlich. La perte de biodiversité est gravissime, le changement climatique aussi, et les scientifiques incriminent entre autres l’augmentation de la population. Ils relèvent particulièrement qu’en Afrique sub-saharienne il y a encore en moyenne quatre enfants par femme. J’adore les enfants. J’ai eu un enfant, j’ai accouché à l’hôpital, j’ai été fatiguée l’année de la grossesse, l’année après l’accouchement, et l’enfant m’a bien occupé jusqu’à ses trois ans. L’idée d’accouchements incessants, non choisis, d’une nuée d’enfants affamés, m’apparaît comme absolument horrible. Elle est aussi très dangereuse pour la Planète. Actuellement, les populations des pays les plus pauvres, vivant en autarcie de façon traditionnelle, ont une empreinte carbone de cent fois inférieure à celle des pays les plus riches, mais les projets de développement d’une part, et les migrations vers la ville d’autre part, augmenteront leurs émissions carbone.

Je propose que les interventions au Sahel s’accompagnent de la distribution de contraceptifs gratuits à toutes les femmes. Une contraception gratuite, ainsi que le droit des femmes au consentement et une dissuasion des viols, devraient être une des bases du développement futur, et devraient être assurées dans le monde entier. Cette solution n’impose pas de limites strictes aux populations du Sahel, exactement comme en Europe, où nous choisissons librement le nombre de nos enfants, et en avons un ou deux par famille.

Commentaire d’un lecteur: ‘Les arguments utilisés dans cet article sont empreints de condescendance. Les problèmes climatiques en Afrique et aussi à d’autres endroits de la planète viennent principalement des pays industrialisés. La meilleure solution serait donc que ces mêmes pays réduisent leur bilan carbone. La natalité en Afrique est loin d’être le facteur dominant car si les femmes ont beaucoup d’enfants en Afrique, elles en perdent aussi encore beaucoup.’

Dorota: Il y a du vrai, mais il faudrait demander l’avis des femmes. Il est plus facile de bien d’occuper d’un ou deux  enfants que de huit, donc la mortalité enfantine pourrait baisser ; un autre blog sur ce sujet: les-femmes-ont-le-droit-davoir-moins-denfants-qui-seront-mieux-traites/

 

Les dommages infligés à la Terre par l’Humanité dépassent l’entendement

Etat de la Planète

Nous avons déjà détruit la moitié de la Planète. Nous avons déjà altéré plus de la moitié de la surface de la Terre, et des océans, de la végétation, des marécages, et des rivières.  Nous avons déjà éliminé plus de la moitié des grands poissons prédateurs, des coraux, des vertébrés, et des mammifères sauvages (voir figure ci-dessous).

Les écosystèmes affaiblis ne fonctionnent plus comme avant et n’accomplissent plus les services écosystémiques naturels. Ils n’absorbent plus aussi bien le carbone, la pollinisation par les insectes n’est plus assurée, et les sols se dégradent.

Nous élevons des quantités astronomiques de bétail. Si nous comptons en tonnes, le bétail représente 59% des tonnes d’animaux vivants sur Terre actuellement, les humains 36%, et les animaux sauvages 5% seulement. Nous avons éliminé la majorité d’animaux sauvages et les avons remplacé par le bétail que nous mangeons. Cette agriculture intensive massive est très destructrice pour la Planète, tout comme les énergies fossiles.

Proportion saccagée par l’Homme:

Les conséquences seront très graves

Un groupe de 18 scientifiques renommés a récemment publié un article, un manifeste pour attirer l’attention sur l’étendue des dégâts environnementaux. Ils font le catalogue des nombreux dommages que la Planète a déjà subi.  Selon eux, il est maintenant sûr que nous allons vers la  6ième extinction où les trois quarts d’espèces disparaîtront de la Planète.

Le changement climatique rend maintenant chaque journée différente de celles du passé (Beaucoup sont plus chaudes, d’autres très pluvieuses, etc. dr) Il se produit plus rapidement que prévu.

La population mondiale a doublé depuis 1970, dans certaines régions telles que l’Afrique Sub-saharienne, l’Afghanistan, le Yemen,  il y a encore en moyenne plus de 4 enfants par femme. L’Humanité avoisinera les 10 milliards de personnes en 2050. La moitié des habitants de la Planète font maintenant partie de la classe moyenne.

La surpopulation provoque des problèmes d’alimentation massifs. Un ou deux milliards d’humains sont sous-alimentés ou mal nourris au point de ne pas pouvoir fonctionner normalement.

Selon les auteurs, nous atteignons les limites de la capacité de la Terre, et l’Humanité verra s’accroître les problèmes de pollution, d’insécurité alimentaire, de conflits armés.  Une augmentation de la consommation dans le Futur proche semble inévitable. Comme je l’ai souvent écrit, changement climatique, lui, apporte des inondations, (inondations2) des tempêtes destructrices, (cyclones) et des vagues de chaleur.

Les auteurs de la publication considèrent que notre augmentation de qualité de vie est malheureusement porteuse de problèmes pour les générations futures.

Changements à apporter

Même le Forum Economique Mondial reconnait maintenant que la perte de biodiversité est un des pires problèmes pour l’économie globale, comme en témoigne la pandémie.

Aujourd’hui, le dilemme ne consiste pas à privilégier l’environnement  ou l’économie, il est entre la modération et le désastre planétaire, dont tous souffriraient. 

La gravité de la situation exige des changements fondamentaux au niveau du capitalisme mondial, de l’éducation, et de l’égalité, tels que:

  • l’abolition de la croissance économique perpétuelle
  • montrer le vrai coût des produits en forçant ceux qui détruisent l’environnement à payer la restauration
  • éliminer rapidement les énergies fossiles
  • réguler les marchés et éviter leur influence sur la gouvernance
  • éduquer et donner plus de pouvoir de décision aux femmes dans le monde, y compris le pouvoir de décision sur le planning familial.

Version grand public dans The Conversation: https://theconversation.com/worried-about-earths-future-well-the-outlook-is-worse-than-even-scientists-can-grasp-153091

Article scientifique dans Frontiers in Conservation Science; ce journal sis à Lausanne publie des articles scientifiques en accès libre ce qui permet à tout le monde de consulter et de partager leur contenu, une belle initiative qui favorise l’information du public:

Article de Corey J. A. Bradshaw1,2*, Paul R. Ehrlich3*, Andrew Beattie4, Gerardo Ceballos5, Eileen Crist6, Joan Diamond7, Rodolfo Dirzo3, Anne H. Ehrlich3, John Harte8,9, Mary Ellen Harte9, Graham Pyke4, Peter H. Raven10, William J. Ripple11, Frédérik Saltré1,2, Christine Turnbull4, Mathis Wackernagel12 and Daniel T. Blumstein13,14*

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcosc.2020.615419/full

Image de la Terre par Colin Behrens de Pixabay

Addendum le 17 janvier: Une expérience a montré que les embryons de requin se développent moins bien dans de l’eau chaude (article)

 

L’espoir est dans les forêts – elles triplent la dégradation de méthane atmosphérique

Le sol produit et métabolise le méthane

Le réchauffement climatique provoque le dégel de terres gelées depuis des millénaires, dans les régions boréales ou dans les montagnes.  Les débris de plantes contenus dans ces sols  depuis la dernière glaciation fermentent immédiatement et produisent du méthane (CH4). Cette réaction semble dominer surtout lorsque le terrain est humide. Elle est accomplie par des bactéries du sol.  Actuellement, des larges étendues du permafrost dégèlent en Sibérie et Arctique, et les émissions de méthane ont déjà commencé. Elles pourraient atteindre des niveaux inquiétants et accélérer dangereusement le réchauffement climatique car ce gaz, peu abondant, provoque cependant 80 fois plus d’effet de serre par molécule que le gaz carbonique (permafrost, survivre).

La terre abrite aussi des bactéries capables d’utiliser le méthane.  Les forêts semblent absorber et éliminer ce gaz plus efficacement que les pâturages et les champs.

Le sol des forêts suisses dégrade le méthane

Certains pâturages des montagnes suisses utilisés dans les siècles passés ont été abandonnés. Des forêts d’épicéas y repoussent, depuis 25 ans, 45 ou 150 ans.

Les scientifiques ont voulu tester si la prairie alpine, non labourée, et les bois absorbent le méthane de la même façon. D’autres avaient déjà observé que le sol forestier dégradait ce gaz. Dès que les arbres disparaissaient, lorsque la parcelle était convertie en champ ou en prairie,  lea terre ne transformait plus aussi efficacement le gaz.

Le méthane est consommé par des bactéries méthanotrophes. Celles-ci sont capables de se nourrir de ce gaz si elles disposent de suffisamment d’oxygène. Ces microorganismes spécialisés pourraient disparaître des champs ou des prairies. Il est aussi possible que l’air circule mieux dans le sol forestier, et que les bactéries soient plus facilement en contact avec le gaz ou avec l’oxygène dont elles ont besoin pour le dégrader.

Les scientifiques du WSL ont montré que le sol forestier, en particulier s’il provient des futaies anciennes, dégrade trois fois plus de méthane que le sol des prairies.

Quand la forêt remplace les champs, la terre retrouve lentement la capacité d’oxyder le méthane. Ce processus rend plusieurs années.

Après une centaine d’années de présence d’arbres, le sol métabolise trois fois plus de méthane. Cette capacité s’accroît avec l’âge du bois, le sol des forêts anciennes en absorbe le plus.  La parcelle boisée depuis 120 ans atteint des niveaux observés dans d’autres bosquets tempérés.

Bactéries ou structure aérée du sol

Cette capacité de la glèbe pourrait provenir des bactéries spécialisées qui se multiplieraient lentement dans les pinèdes au cours de dizaines d’années.

Une expérience de Hiltbrunner et Hagedorn du WSL suggère cependant que  la structure aérée de la terre des forêts favoriserait la dégradation de ce gaz dangereux. La sylve, qui contient de nombreuses racines et animaux souterrains, pourrait améliorer la structure du sol, et permettre aux gaz d’y circuler plus efficacement.

Les bois pourraient limiter les émissions de méthane des régions où le permafrost dégèle.

De plus, dans les parcelles forestières il faisait en été 5°C plus frais que dans les prairies. Les forêts sont mieux drainées, et moins humides. La couverture de feuilles mortes limite encore les émissions du gaz dans l’atmosphère et favorise sa dégradation sur place.

Les émissions de méthane du permafrost sont considérées par certains comme un énorme danger pour la survie de l’Humanité. La repousse naturelle des taillis dans les régions boréales pourrait cependant limiter les dégâts.

Frank Hagedorn souligne aussi que la surface des forêts s’accroît en Suisse, en 30 ans elle a augmenté de 11% dans le pays et de 20% dans les montagnes, ce qui pourrait avoir des réelles conséquences sur la proportion de méthane atmosphérique, et aider à le limiter.

L’agriculture est devenue très efficace. Les terres dont nous n’avons plus besoin pour notre alimentation doivent redevenir des forêts. Celles-ci absorberont le carbone atmosphérique,  stabiliseront le terrain, permettront le retour de la biodiversité et amélioreront le climat et le cycle de l’eau.

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NB: Je m’efforce de documenter mes blogs le mieux possible, en y insérant des liens sur le GIEC, l’ONU, et toutes les références possibles. J’essaie de partager largement les informations sur le climat, entre autres parce que nous devons vite  communiquer et prendre conscience de ce sujet. Je vois que certains de mes liens ne sont plus actifs,  alors je donne aussi la référence complète de l’article cité:

Increasing soil methane sink along a 120‐year afforestation chronosequence is driven by soil moisture: David Hiltbrunner, Stephan Zimmermann, Saeed Karbin, Frank Hagedorn, Pascal A. Niklaus; Global Change Biology 2012, vol 18-12, pp 3664-3671.

Lisez aussi Laurent Horvath sur la géopolitique des énergies: https://blogs.letemps.ch/laurent-horvath/

Bonne nouvelle année végétale 2021

Mes efforts personnels pour le climat incluent une attention à l’alimentation. J’essaie de remplacer les produits animaux par des protéines végétales. C’est une des solutions les plus prometteuses à la crise climatique, j’espère qu’elle se répandra le plus possible. La reforestation à grande échelle sauverait le climat et la Nature, alors que la consommation de la viande provoque la déforestation dans les régions tropicales (voir blogs documentés en lien).

Hier j’ai été saisie d’un besoin soudain de faire un faux-gras, une terrine végétarienne qui imite le foie gras.

Je propose les ingrédients suivants:

100 gr de pois jaunes secs

50 gr de champignons de Paris (100 gr avec la déco)

50 gr de purée de marrons

50-100 gr de beurre de cajou ou d’amandes (que je ne l’avais pas)

J’ai fait revenir les champignons et cuit les pois jaunes.

J’ajoute:

une pincée de coriandre

une pincée de cannelle

une pincée de poivre blanc

une cuillère à soupe de vin blanc

une cuillère à soupe de sherry

une cuillère à soupe de sauce soja

et 2 minutes exactement avant la fin de la cuisson

1/2 cc agar – agar

Je mixe les pois jaunes, 50 gr de champignons, les marrons et

2 cs huile de noix. 

Je verse dans un moule et laisse prendre 2 heures.

 

Ma version était couverte de 30 gr de beurre,  et de poires sautées aux épices (coriandre et cannelle) et aux champignons.

Je trouve que ça donne un pâté tout à fait correct, mais sans le beurre de noix, c’est plus un pâté qu’un foie gras.

En dessert, j’ai préparé une ganache chocolat – crème de marrons parfumée au whisky.

Bonne année!

Ci-dessous lien sur un blog plus long sur l’alimentation, au début de l’article liens sur des blogs sur la déforestation.

La fonte de la glace Arctique pourrait causer un réchauffement d’un degré par décennie

La perte de la glace marine provoque un réchauffement rapide

L’histoire récente de la Terre inclut une série de rapides changements climatiques, appelés événements de Dansgaard-Oeschger (DO, Oeschger) au cours desquels la température de la Planète,  montait de plusieurs degrés en un siècle. Les traces dans les glaces du Groenland permettent de retrouver des phases de réchauffement de 8°C en 40 ans, de 2 degrés en une dizaine d’années, de 10 degrés en un siècle… Après cette phase de réchauffement rapide, la Terre refroidissait graduellement pendant un millier d’années et demi, puis un événement de réchauffement brusque se répétait.

Ces événements de réchauffement dans un climat froid ont provoqué un changement de climat et de la végétation en Europe, tels que l’apparition de grandes forêts en Europe de l’Ouest. S’ils se produisaient aujourd’hui, le désert pourrait remplacer la végétation tempérée.

Les scientifiques se sont interrogés sur la cause de ces périodes de réchauffement brusque.  Une nouvelle étude (Sadatzki, PNAS) indique que ces événements coïncident avec la disparition de la glace sur la mer du Nord. La perte de cette glace a pu causer un fort réchauffement planétaire.

Quand la mer du Nord a perdu sa couche de glace et que sa surface est entrée en contact avec l’atmosphère, l’énergie de l’océan plus chaud a été relâchée dans l’atmosphère froide,   à des dizaines de degrés en dessous de zéro, ce qui a pu provoquer un soudain réchauffement climatique.

Cela semble terriblement actuel.

 

L’Arctique en réchauffement rapide

En ce moment, comme au printemps passé, l’Arctique est à 20°C au-dessus des normales saisonnières (Moscow Times).

Le changement climatique en Arctique est au moins deux fois plus rapide que sur l’ensemble de la Planète, des vagues de chaleur atteignent 20 degrés Celsius au dessus de la normale, et les  moyennes en Arctique en 2020 étaient de 5°C trop élevées. La glace fond plus vite, sa surface en été est de plus en plus petite, ce qui permet un réchauffement plus rapide.  Il y a moins de neige sur la Sibérie et d’immenses feux de forêts se déclenchent, et contribuent au dégel du permafrost  (arctic card OMM  state of the climate) .

Les températures planétaires montent vite, et certains scientifiques, comme James Hansen, détectent une accélération imprévue.

L’eau tempérée de l’océan Atlantique se déverse depuis quelques années dans l’océan Arctique, amenant des températures de plusieurs degrés trop élevées.   Des vagues d’air chaud parviennent au-dessus du Groenland et du pôle Nord. Tout cela précipite le réchauffement de l’Arctique, la fonte de l’Arctique, et pourrait être le début d’une escalade des températures qui aurait des conséquences dramatiques sur la vie sur Terre.

Travaillez à notre survie 

Addendum le 14 décembre: Je ne suis absolument pas sûre si un de ces événements de réchauffement rapide se produit maintenant. C’est un immense risque pour l’Humanité, et il doit être vérifié. Il faut des modèles de réchauffement abrupt auxquels les événements météo seront confrontés pour surveiller ce risque.

J’aimerais savoir que des scientifiques compétents travaillent sur ce risque.  Nous avons besoin d’études sur les changements atmosphériques lors d’un réchauffement aussi abrupt, pour savoir si les toits seuls ou les bâtiments entiers seraient arrachés par les intempéries, ainsi qu’une estimation des précipitations, des inondations et des vagues de chaleur à venir. 

Il faut prévoir les effets dévastateurs d’un réchauffement abrupt sur la végétation et sur les cultures alimentaires.  Finirai-je ma vie dans des bunkers sous des collines désertiques et brûlantes? Les creuserez-vous assez vite?

La perte rapide de notre végétation et la libération du méthane du permafrost pourraient faire monter les températures très haut, au delà de la survie humaine.

Cependant, la fonte des glaces provoquée par le réchauffement pourrait, dans un deuxième temps, les tempérer.

Il serait utile d’étudier les technologies qui permettent de reformer la glace Arctique pour éviter ce changement abrupt. Elles devraient probablement être faisables au cours de prochaines années.

Il vaudrait la peine d’arrêter la majorité des usines et des avions qui seraient de toute façon détruites rapidement, et d’appliquer les techniques de reforestation et d’agro-écologie partout où c’est possible dès maintenant.

Je joins deux liens sur l’excellent magasine Futura- Sciences qui vous donne plus de détails:

Futura Glace DO

Futura Arctique

Et l’article Phys.org  sur le même sujet.

Des précipitations importantes au Sud des Alpes dues au bouleversement de l’atmosphère

Le Tessin, ainsi que la Croatie subit actuellement des fortes chutes de neige.  Des précipitations encore plus importantes sont prévues aujourd’hui.  Les météorologues alertent sur le risque de pluies abondantes et d’une accumulation de mètres de neige. Des inondations et des avalanches pourraient s’ensuivre. Actuellement, Tessin.ch rapporte 190 cm de neige à Airollo , plus de 80 cm de neige par endroits,  et un fort risque d’avalanches.

Plusieurs routes ont été fermées au Tessin.

En ce moment, des masses d’air différentes circulent au-dessus de l’Europe. Une masse d’air Arctique, frais,  s’est déversée sur l’Europe et descend assez loin au Sud. Un front froid s’étend vers l’Europe de l’Ouest.  D’autre part, une advection chaude monte sur l’Europe de l’Est, amenant de l’air chaud d’Afrique loin au Nord de l’Europe.  Plusieurs images présentent la situation en détail (Severe Weather EU). Sur cette carte en direct, je vois dimanche à 11h40 de l’air chaud monter vers les Alpes au dessus-de l’Adriatique (Lien Nullschool).

Avant, il faisait très froid en Arctique. Cette différence de température maintenait la circulation du courant-jet. Ce courant aérien tournait rapidement entre l’Arctique et les latitudes tempérées. Il maintenait une séparation entre les zones climatiques  et  l’air Arctique séparé du climat tempéré.  Actuellement,  le pôle se réchauffe vite et la séparation entre les zones climatiques s’affaiblit.

Depuis que l’Arctique se réchauffe, le courant-jet faiblit, ralentit, et forme des méandres. Ces vagues amènent de l’air froid au Sud ou de l’air chaud au Nord, jusqu’au Groenland et au pôle Nord.  Ainsi, de l’air froid de Sibérie et de l’air chaud d’Afrique se croisent au Tessin. Le refroidissement des masses chaudes et humides provoque des précipitations.  Dans l’avenir, les chutes de neige pourraient être plus fortes.