Le climat pourrait changer très vite

Le GIEC prévoit qu’à 1,5°C de réchauffement, la Terre subira plus de vagues de chaleur, d’ouragans et d’inondations. Les températures en Suisse seront alors d’à peu près 3°C plus élevées qu’au 19ème siècle, mais les vagues de chaleur pourraient être plus importantes. D’après le GIEC, cela pourrait se produire aux alentours de 2030. Cependant, plusieurs voix s’élèvent pour annoncer que le changement s’accélère, et que ce seuil pourrait être franchi plus tôt, ces prochaines années déjà.

Nous avons vraiment intérêt à prévoir la vitesse du réchauffement climatique. Cela nous dira quel climat régnera dans cent ans, et probablement même dans dix ans dans nos régions et sur toute la Planète.  Nous pourrons ainsi prévoir quelles cultures alimentaires seront possibles, ou devront être adaptées. Il est très utile aussi de prévoir les vagues de chaleur et les pluies dangereuses qui atteindront des niveaux de catastrophe naturelle, et lors desquelles nous devrons probablement éviter les déplacements, ou serons amenés à évacuer les habitants de villages ou de villes.

Les températures varient naturellement d’année en année. Les années El Nino, quand un courant chaud baigne l’Ouest de l’Amérique du Sud, sont généralement plus chaudes, et le courant froid la Nina entraîne des années plus froides.

La dernière estimation de la température terrestre par le GIEC portait sur les années 2006-2015. Elle n’incluait pas l’année 2016,  la plus chaude jusqu’à présent, dans le calcul du réchauffement. Cette année a peut-être été considérée comme une anomalie, et non pas comme un signe d’un changement sur la Planète. Je crois que c’était une mauvaise décision, et que le GIEC sous-estime ainsi le réchauffement climatique.

James Hansen, un des experts mondiaux du climat, considère que les années La Nina sont moins variables, et constituent un moyen fiable de mesurer le réchauffement terrestre. Ainsi, l’année 2017, aurait dû être plus fraîche. En réalité, les températures ont peu baissé, cette année La Nina était beaucoup plus chaude que la précédente. Pour cette raison, James Hansen estime que le réchauffement a accéléré. Le seuil d’1,5°C pourrait être atteint plus vite.

D’autres scientifiques s’attendent à une accélération du réchauffement pour des raisons différentes. La Planète subit des graves sécheresses. De nombreuses plantes et d’autres organismes meurent alors, ou grandissent beaucoup moins, et le carbone qui les constitue est perdu dans l’atmosphère. Le sol qui se dessèche perd aussi beaucoup de carbone et d’organismes vivants. Alors, l’effet de serre augmente et le réchauffement aussi. Dans un rapport à l’ONU au début de cette année, le Climate Institute prévoit un réchauffement rapide ces prochains dix ans et par la suite.

Troisièmement, l’essentiel de l’énergie de l’effet de serre chauffe l’eau des océans. Sa température est mesurée à plusieurs endroits de la Planète, à des profondeurs différentes. Les nouvelles mesures, montrent que les océans se sont réchauffé un peu plus que prévu, alors le réchauffement de la Planète est en réalité  plus fort.

Si l’accélération du réchauffement se confirme, nous pourrions être exposés à des vagues de chaleur de plusieurs degrés plus élevées, dangereuses, des inondations plus importantes, des tempêtes très fortes, des sécheresses, des avalanches de grêle, au cours des dix prochaines années déjà. Les jours de catastrophe naturelle, de couvre-feu ou d’évacuation, et les ruptures d’approvisionnement deviendront plus fréquents.

 

Si cela allait plus vite, chaque année pourrait apporter un climat nouveau, des nouveaux événements météorologiques, et nous devrions, nous devrons je crois, corriger en continu les pratiques agricoles en fonction du changement climatique.

Le réchauffement pourrait atteindre 1,5°C en 2030 ou même avant. Nous sommes par contre certains qu’il fera de plus en plus chaud sur la Planète, et que les tempêtes et catastrophes se produiront de plus en plus souvent, et seront de plus en plus graves. D’importantes mesures pour le climat doivent être prises pour éviter des morts de chaleur, de catastrophes, de sous-alimentation, et la destruction progressive de notre civilisation.  Les bouleversements climatiques ne s’arrêteront que lorsque nous aurons maîtrisé le CO2 dans l’atmosphère.

Ne construisons plus rien! Demain, le climat sapera nos villes, nos bâtiments, et nos infrastructures.

Le réchauffement climatique provoque déjà des catastrophes destructrices. Les pluies et neiges de l’hiver passé ont causé des nombreux glissements de terrain en Suisse, et en juin la ville de Lausanne a subi une inondation. Ces intempéries ont provoqué des dégâts coûteux. Tous les jours, des événements semblables ou plus graves frappent la Planète, et les coûts des catastrophes climatiques sont très élevés. Selon le dernier rapport du GIEC, les trois-quarts des Européens seront exposés aux inondations quand le réchauffement atteindra 1,5°C.
Cela pourrait se produire dès 2030, certains experts s’attendent à ce que ce seuil soit même franchi plus tôt.
Les pluies intenses, qui se renforcent très vite ces dernières années, augmenteront encore, et provoqueront des nombreuses inondations et des glissements de terrain, qui toucheront une grande partie de nos constructions.

Je suis saisie d’un sentiment d’irréalité quand je vois des nouveaux bâtiments s’élever partout, et des ouvriers apportant des améliorations cosmétiques aux routes qui n’ont pas encore subi de glissement de terrain, et qui seront probablement détériorées bientôt.

Nous devrions revoir tous les permis de construire à la lumière du rapport du GIEC, et du risque d’inondation généralisé qui nous menace.

Actuellement, celles-ci atteignent environ un mètre, s’infiltrent dans les caves et les métros, et causent des dégâts matériels importants et des interruptions de trafic. Lorsque le volume d’eau augmente, des torrents furieux dévalent les rues, emportent les voitures, deviennent très dangereux et sapent les bâtiments qui parfois s’écroulent.

Les glissements de terrain causent aussi des dégâts matériels importants, et sont difficilement prévisibles. Les plus grands glissements de terrain de l’Histoire de la Terre ont atteint des dizaines de kilomètres. Les changements que nous imposons à la Planète pourraient bien déstabiliser le terrain et favoriser ce type d’événements.

Nous devons adapter les normes de construction en prévision du changement climatique, interdire la construction de bâtiments vulnérables aux aléas climatiques et nous atteler à sécuriser l’énorme part du bâti mise en péril par le réchauffement.

Nous sommes entrés dans l’Anthropocène, époque géologique créée par l’Homme, différente de celle dans laquelle nous avons vécu la majorité de nos vies. Nous sommes quasiment sur une Planète inconnue, et désormais nous nous heurterons à des problèmes totalement différents du passé.

Même si nous définissons des critères de construction compatibles avec le changement climatique, il pourrait s’avérer inutile de planifier des nouveaux centres commerciaux alors que les chaînes de production des marchandises et les transports seront de plus en plus souvent perturbés. L’accumulation des désastres aura des conséquences très sérieuses pour l’économie mondiale.

Je propose plusieurs questions auxquelles il faut s’atteler de toute urgence. Il serait peut-être judicieux de considérer aussi les risques pour 2°C.

  • Quelle part du bâti est à l’abri des catastrophes?
  • Allons-nous naïvement reconstruire les infrastructures touchées ou allons-nous les abandonner sachant que de plus graves inondations viendront?
  • Pouvons-nous creuser de généreux canaux d’évacuation  pour permettre l’écoulement des pluies?
  • Y a-t-il a un moyen de sécuriser les montagnes contre les glissements de terrain?
  • Que pouvons -nous faire immédiatement pour limiter les catastrophes climatiques?

Le temps du Déluge

Les pluies intenses se multiplient sur toute la Planète. Il pleut énormément, des dizaines de centimètres d’eau tombent en quelques heures ou en quelques jours, provoquent des inondations, des ruissellements, des rivières qui débordent de leur lit, des torrents furieux qui parcourent les villes.

La ville de Lausanne a subi une inondation qui a fait d’importants dégâts matériels en juin, et tous les jours, une ville ou plusieurs sont touchées.

Pour avoir une idée à quel point ce phénomène est répandu, j’ai compté les capitales des pays européens qui ont subi des inondations: Athènes, Belgrade, Paris, Bratislava, Rome, Lviv, Londres, Istanbul, Minsk, Copenhague soit un quart de capitales européennes ont été touchées depuis le début de l’année.

Ces catastrophes sont maintenant très répandues en Europe et dans de nombreuses autres régions de la Planète. L’Italie a déjà été touchée par une trentaine d’inondations au moins, l’Espagne en a aussi subi plusieurs, et d’innombrables images de voitures partant à la dérive se succèdent de plusieurs villes d’Etats-Unis, d’Inde, du Brésil, d’ Amérique du Sud, d’Australie, d’Afrique.

Il est établi que le réchauffement climatique cause des pluies intenses. Les climatologues l’avaient prévu, et ils ont constaté une augmentation en 2012 (GIEC).

En 2017, l’Organisation Météorologique Mondiale constatait que les événements de pluies intenses sur la Planète s’accroissaient de plus en plus vite.
Les scientifiques comprennent assez bien ce changement, car le réchauffement climatique provoque l’évaporation de l’eau et augmente l’humidité atmosphérique. Cette eau redevient ensuite pluie.
Ces dernières années, nous avons aussi vu apparaître des tempêtes immenses, couvrant plusieurs pays, et plus d’ouragans forts. Les courants atmosphériques sont aussi perturbés, des vagues d’air Arctique descendent sur l’Europe et plus au Sud, provoquant des fortes précipitations.

Le plus inquiétant est que ces catastrophes vont augmenter. Le récent rapport du GIEC qui estime les conséquences d’un réchauffement d’1,5°C ou de 2°C prévoit que, respectivement, plus de 70% et plus de 90% d’Européens, soit la grande majorité, seront exposés aux inondations à ces températures.

Elles provoquent des dégâts matériels extrêmement importants, paralysent les villes, détruisent les stocks, et bien de matériel délicat et souvent onéreux. Des mois plus tard, Lausanne ne s’est pas remise de son petit déluge. En se promenant au centre-ville, on remarque les ascenseurs publics en panne, un grand magasin fermé depuis des mois. Les pluies -neiges de janvier passé ont aussi provoqué des nombreux glissements de terrain.  Il est à craindre que ces événements ne se répandent, mais aussi qu’ils s’aggravent, jusqu’à causer des dommages aux bâtiments et des victimes humaines.

La situation est extrêmement grave, les destructions possibles sont comparables à une guerre mondiale. Certains experts du climat pensent que le réchauffement accélère, et que les années prochaines n’apporteront pas seulement des catastrophes de plus en plus graves, mais que d’année en année, les changements seront plus rapides. Dès 2016, nous pouvons nous attendre à des événements météorologiques nouveaux, inconnus (OMM). Chaque phénomène nouveau nous en annonce d’autres, plus impressionnants, à venir.

Ils pourraient provoquer une paralysie progressive de notre civilisation et un effondrement économique.

Les phénomènes dus au réchauffement climatique iront en s’aggravant jusqu’à ce que ce que nous prenions des mesures importantes nécessaires pour le stabiliser.