Vivre avec les pluies intenses grâce à des canaux et des réservoirs

Pluies intenses

Des pluies torrentielles touchent de nombreux pays, en particulier le Maghreb. Les pluies les plus importantes dépassent un mètre d’eau par jour. L’eau s’écoule dans les creux, les vallons, en torrents furieux qui atteignent plusieurs mètres de profondeur. Les inondations se multiplient. Le GIEC prévoit une augmentation de pluies intenses dépendante de la température.  Ces catastrophes se multiplieront, le nombre et le volume des inondations seront  seront décuplés, bien qu’il soit difficile de prévoir exactement où et quand elles frapperont.

 Le cycle hydrologique s’accélère. Les pluies intenses garderont ce volume et augmenteront à chaque dixième de degré de réchauffement de la Planète.  Les précipitations sont tellement importantes que l’eau de pluie pourrait être stockée et utilisée par la population.

Le risque d’inondation est très grave aussi. La météo du Futur sera dangereuse. Les pluies pourraient être accompagnées d’autres phénomènes météorologiques graves, tels que des tornades ou des vagues de chaleur. Cependant, elles pourraient être intelligemment gérées, en prévoyant un mètre de précipitations en une journée, qui a déjà été dépassé dans certains endroits, et probablement bien plus à l’avenir.  De nombreuses régions pourraient y être préparées avec un système de canaux et de réservoirs, qui garderaient l’eau de pluie pour une  année d’utilisation.

 

Citerne

Oasis permise par la présence d’eau

Des réservoirs d’eau

Les Romains, déjà, construisaient des citernes d’eau. En Inde, en 2018, un village a creusé un réservoir à ciel ouvert qui lui a permis de survivre à la sécheresse. A une autre échelle, le Qatar construit actuellement cinq réservoirs immenses sous terre, qui contiendront chacun quatre-cent millions de litres d’eau. L’eau proviendra de la désalinisation, mais les pluies pourraient aussi être collectées pour les besoins de la population.

Pourriez-vous demander à l’EPFL des projets d’aménagement du territoire, qui pourraient se révéler paradisiaques,  de villes, champs et villages parcourus de canaux aboutissant à des grands réservoirs, et ombragées de grands arbres? Ils pourraient être magnifiques.  Il faut prévoir, avec le GIEC, que les pluies intenses seront plus fortes, et que les vagues de chaleur pourraient être mortelles. On pourrait prévoir des abris anti-chaleur sous terre, mais il faudrait éviter qu’ils ne soient inondés.

L’aménagement du territoire du nouveau monde pourrait certainement apporter des nombreuses améliorations.  Certaines zones arides pourraient disposer de réserves d’eau qui permettraient la vie et les cultures alimentaires.

Nous ne nous adapterons pas au réchauffement. Arrêtons – le!

Graves menaces pour les Etats insulaires

J’ai assisté à une conférence de l’ONU sur le climat,  le ‘UN Trade forum’ axé sur les objectifs de développement durable et au changement climatique.

Les représentants de nombreux états insulaires ont affirmé les dangers du climat.

Le weekend précédent, l’ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, et deux typhons ont touché le Japon et la Chine.
Le représentant de Wuanatu a déclaré que la Planète est en danger et a demandé un secrétaire spécial et un rapporteur spécial sur le changement climatique, ce qui semble une très bonne idée de nos jours.
Les représentants de Sainte-Lucie, des Maldives, des Bahamas ont évoqué les catastrophes actuelles et les dangers qui les menacent. Ils sont exposés à des ouragans, à la sécheresse et à la montée du niveau de la mer, les transports pourraient être interrompus et selon les diplomates concernées, les scénarios prédictifs sont terribles.

Image parWikiImages de Pixabay

Les représentants des Bahamas ont évoqué la possibilité que les ouragans actuels constituent leur nouvelle réalité. De nombreux Etats insulaires demandent des moyens financiers pour s’adapter au changement climatique.

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse de la situation climatique. Je crois que n’est pas la nouvelle norme, ce n’est qu’un début.

Tout le monde sous-estime le climat. Selon un nouveau rapport de la Commission Globale pour l’Adaptation (Ban Ki-Moon, Bill Gates, Banque Mondiale, divisions climat et environnement de l’ONU), la préparation aux catastrophes climatiques est gravement insuffisante.  Les actions les plus urgentes recommandées par cette commission incluent des systèmes d’avertissement rapides, et le développement de cultures alimentaires qui peuvent supporter les sécheresses (d’après Carrington, The Guardian).

Ouragans cent fois plus destructeurs

Les catastrophes augmentent quasiment chaque année, et elles pourraient s’aggraver au même rythme.

Le rapport du GIEC sur les océans qui sera publié le 25 septembre estime que les dégâts causés les ouragans augmenteront au centuple.

L’OMM a qualifié d’avertissement les ouragans terribles qui ont frappé le Mozambique. Les tempêtes destructrices sont de plus en plus nombreuses et des plus terribles pourraient survenir. Nous n’avons, de loin, pas tout prévu.

Actuellement, les tempêtes sont plus fortes, il semble y avoir plus de pluies intenses, d’inondations, de grêle, de tornades, de foudre, même en Europe. Ces phénomènes doivent déjà être surveillés, car si l’augmentation continue, la météo deviendra dangereuse partout.

Menaces pour la Terre entière

Les fortes tempêtes pourraient bien être la réalité avec laquelle nous devrons vivre en Europe et à laquelle nous devrons nous adapter. Je doute que nous puissions sauver les états insulaires de catastrophes répétées et croissantes. Les ouragans enflent, la fonte du Groenland atteint déjà des seuils attendus pour 2100, les vagues deviennent de plus en plus grandes.
Ils pourraient être frappés par des tempêtes plus fortes, puis par la montée du niveau de la mer.
Ces états ont maintenant besoin d’abris anti-catastrophe, de bateaux d’évacuation, et de lieux d’accueil.

C’est ici, en Europe, que nous devons nous concentrer sur l’adaptation aux graves catastrophes. Nous devons préparer des canaux pour évacuer les inondations,  rendre nos maisons résistantes aux tempêtes, vents, grêles et vagues de chaleur, isoler les bâtiments et passer aux énergies renouvelables. Nous pouvons encore nous calfeutrer pendant que d’autres pays seront rayés de la carte.

Mais nous ne devons pas faire cela! Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement, et éviter ce Futur de destruction de la Terre, et de vie dans des abris pour les plus chanceux.
Nous devons arrêter le réchauffement climatique au plus vite, avant qu’il n’inflige de dégâts irrémédiables.
Nous entrevoyons maintenant quels risques nous prenons en chauffant la Planète, ils pourraient bien nous heurter de plein fouet, sous forme de tornades, de grêles, de foudres ou de vents destructeurs.

Nous devons déclarer un Etat d’urgence planétaire, où seule la production et le transport de biens indispensables seront permis. Nous devons arrêter les usines sur la Planète Terre et employer une grande partie de la population à capter du carbone dans des forêts et les sols. Nous devons le faire vite,  pendant qu’il est encore temps de sauver nos villes et notre civilisation.

Alarme pour la Terre: urgence et nécessité d’une mobilisation mondiale

Le danger du climat

Le changement climatique est la question déterminante de notre époque – et nous sommes à un moment décisif.

Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe.

Le changement climatique évolue plus vite que nous – et sa rapidité a provoqué une vague mondiale de SOS.

Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le point où nous pouvons éviter un changement climatique insensé, avec des conséquences désastreuses pour les populations et tous les systèmes naturels qui nous entretiennent.

Crise climatique

Qu’il n’y ait pas de doute sur l’urgence de la crise.

Nous connaissons des températures record dans le monde entier.

Selon l’Organisation météorologique mondiale, les 18 dernières années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies.

Cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude.

Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies de forêt, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation.

Le mois dernier, l’État du Kerala en Inde a subi les pires inondations de la mousson de l’histoire récente, faisant 400 victimes et 1 million de personnes supplémentaires chassées de leurs maisons.

Nous savons que l’ouragan Maria a tué près de 3 000 personnes à Porto Rico l’année dernière, ce qui en fait l’une des catastrophes météorologiques les plus meurtrières de l’histoire des États-Unis.

Nombre de ces personnes sont mortes dans les mois qui ont suivi la tempête, faute d’accès à l’électricité, à de l’eau potable et à des soins de santé adéquats en raison de l’ouragan.

Ce qui rend tout cela encore plus troublant, c’est que nous avons été prévenus.

Les scientifiques nous le disent depuis des décennies. Encore et encore.

Beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter.

Beaucoup trop peu ont agi avec la vision exigée par la science.

Nous voyons les résultats.

Dans certaines situations, ils se rapprochent des pires scénarios de scientifiques.

La banquise arctique disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé. Cette année, pour la première fois, une épaisse glace de mer permanente au nord du Groenland a commencé à se briser. Ce réchauffement dramatique dans l’Arctique affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord.

Les feux de forêt durent plus longtemps et se propagent plus loin.

Certaines de ces flammes sont si grosses qu’elles envoient de la suie et des cendres dans le monde entier, noircissant les glaciers et les calottes glaciaires et les faisant fondre encore plus rapidement. Les océans deviennent de plus en plus acides, menaçant la base des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Les coraux meurent en quantités énormes, ce qui appauvrit encore davantage les pêcheries vitales. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes.   À mesure que le changement climatique s’intensifie, nous aurons de plus en plus de difficultés à nous nourrir.

Conséquences

Les taux d’extinction vont augmenter à mesure que les habitats vitaux déclinent.

De plus en plus de personnes seront obligées de quitter leur foyer, car les terres dont elles dépendent deviennent moins aptes à les faire vivre.

Cela entraîne déjà de nombreux conflits locaux liés à la diminution des ressources. En mai dernier, l’Organisation météorologique mondiale a annoncé que la planète franchissait une nouvelle étape sombre: la moyenne mensuelle la plus élevée jamais enregistrée pour les niveaux de dioxyde de carbone. Quatre cents parties par million ont longtemps été considérées comme un seuil critique. Mais nous avons maintenant dépassé 411 parties par million et les concentrations continuent à augmenter. C’est la plus forte concentration en 3 millions d’années. 

Nous savons ce qui se passe sur notre planète. Nous savons ce que nous devons faire. Et nous savons même comment le faire. Mais malheureusement, l’ambition de notre action n’est nulle part ailleurs. Lorsque les dirigeants mondiaux ont signé l’accord de Paris sur le changement climatique il y a trois ans, ils se sont engagés à empêcher les températures de monter de moins de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et à maintenir cette augmentation aussi proche que possible de 1,5 degré. Ces cibles étaient vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique. Mais les scientifiques nous disent que nous en sommes loin. Selon une étude des Nations Unies, les engagements pris jusqu’à présent par les parties à l’accord de Paris ne représentent qu’un tiers de ce qui est nécessaire. La montagne devant nous est très haute. Mais ce n’est pas insurmontable. Nous savons comment résoudre le problème.

Solutions

En termes simples, nous devons freiner les émissions mortelles de gaz à effet de serre et encourager les actions climatiques. Nous devons rapidement nous libérer de notre dépendance aux combustibles fossiles. Nous devons les remplacer par une énergie propre provenant de l’eau, du vent et du soleil. Nous devons mettre fin à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et changer notre façon de travailler. Nous devons embrasser l’économie circulaire et l’efficacité des ressources.

Nos villes et nos secteurs des transports devront être réaménagés. La manière dont nous chauffons, refroidissons et éclairons nos bâtiments devra être repensée afin de gaspiller moins d’énergie. Et c’est précisément là que cette conversation peut devenir passionnante. Parce que la plupart des discussions sur le changement climatique se concentrent sur la tristesse. Bien sûr, des avertissements sont nécessaires. Mais la peur ne fera pas le travail. Non, ce qui captive mon imagination, c’est la vaste opportunité offerte par l’action pour le climat. Chers amis, L’humanité bénéficiera d’énormes avantages si nous pouvons relever le défi climatique. Un grand nombre de ces avantages sont économiques.

Economie

J’ai entendu l’argument, généralement émanant d’intérêts particuliers, selon lequel la lutte contre le changement climatique coûte cher et pourrait nuire à la croissance économique. C’est de la foutaise. En fait, le contraire est vrai. Nous subissons des pertes économiques énormes dues au changement climatique. Au cours de la dernière décennie, les conditions météorologiques extrêmes et l’impact sur la santé de la combustion de combustibles fossiles ont coûté à l’économie américaine au moins 240 milliards de dollars par an. Ce coût va exploser de 50% au cours de la seule décennie à venir. D’ici 2030, la perte de productivité causée par un monde plus chaud pourrait coûter 2 billions de dollars à l’économie mondiale. De plus en plus d’études montrent également les énormes avantages de l’action pour le climat (…).

Elles montrent que l’action pour le climat et les progrès socio-économiques se renforcent mutuellement, avec des gains prévisibles de 26 000 milliards de dollars d’ici 2030 par rapport au statu quo. Si nous poursuivons sur la bonne voie. Par exemple, pour chaque dollar consacré à la restauration de forêts dégradées, 30 dollars peuvent être récupérés en avantages économiques et en réduction de la pauvreté. La restauration des terres dégradées se traduit par de meilleures vies et revenus pour les agriculteurs et les pasteurs, ainsi que par moins de pression pour migrer vers les villes. Un approvisionnement en eau et un assainissement résilients au climat pourraient sauver la vie de plus de 360 ​​000 nourrissons chaque année. Et l’air pur présente de nombreux avantages pour la santé publique. Selon l’Organisation internationale du travail, des politiques d’économie verte sensées pourraient créer 24 millions de nouveaux emplois dans le monde d’ici 2030.


Economie verte en action


En Chine et aux États-Unis, les nouveaux emplois dans les énergies renouvelables dépassent maintenant ceux créés dans les industries du pétrole et du gaz. Et, au Bangladesh, l’installation de plus de quatre millions de systèmes solaires domestiques a créé plus de 115 000 emplois et a permis aux ménages ruraux d’économiser plus de 400 millions de dollars en combustibles polluants. Ainsi, le passage aux énergies renouvelables permettrait non seulement d’économiser de l’argent, mais aussi de créer de nouveaux emplois, de gaspiller moins d’eau, de stimuler la production alimentaire et de nettoyer l’air pollué qui nous tue.

Il n’y a rien à perdre en agissant; il y a tout à gagner. Maintenant, nombreux sont ceux qui pensent que le défi est trop grand. Mais je suis profondément en désaccord. L’humanité a déjà affronté et surmonté d’immenses défis. défis qui nous ont obligés à travailler ensemble et à mettre de côté la division et la différence pour lutter contre une menace commune.   C’est ainsi que l’ONU est entrée en action. C’est ainsi que nous devons aider à mettre fin aux guerres, aux maladies, à la pauvreté dans le monde et à remédier au trou dans la couche d’ozone. Nous sommes maintenant à un carrefour existentiel. Si nous voulons prendre le bon chemin – le seul chemin raisonnable – nous devrons mobiliser toute la force de l’ingéniosité humaine. Mais cette ingéniosité existe et apporte déjà des solutions. Et si chers amis, Autre message central: la technologie est à nos côtés dans la lutte contre le changement climatique. La montée en puissance des énergies renouvelables a été formidable. Aujourd’hui, elles sont compétitives – voire même meilleur marché – que le charbon et le pétrole, surtout si l’on tient compte du coût de la pollution.

L’année dernière, la Chine a investi 126 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente. La Suède devrait atteindre son objectif de 2030 pour les énergies renouvelables cette année – 12 ans plus tôt. À l’horizon 2030, les énergies éolienne et solaire pourraient alimenter plus du tiers de l’Europe. Le Maroc est en train de construire un parc solaire de la taille de Paris qui alimentera plus d’un million de foyers d’ici 2020 avec une énergie propre et abordable. L’Écosse a ouvert le premier parc éolien flottant au monde. Il y a beaucoup d’autres signes d’espoir. Les pays riches en combustibles fossiles, comme les États du Golfe et la Norvège, explorent des moyens de diversifier leurs économies. L’Arabie saoudite investit massivement dans les énergies renouvelables pour passer d’une économie pétrolière à une économie énergétique. Le fonds souverain norvégien doté de 1 000 milliards de dollars, le plus important au monde, s’est écarté des investissements dans le charbon et a délaissé un certain nombre d’entreprises du secteur des pâtes et papiers à cause des forêts qu’elles détruisent.   Il y a également des signes prometteurs indiquant que les entreprises commencent à prendre conscience des avantages de l’action pour le climat. Plus de 130 entreprises parmi les plus importantes et les plus influentes au monde envisagent d’alimenter leurs opérations avec de l’énergie renouvelable à 100%. Dix-huit multinationales passeront aux flottes de véhicules électriques. Et plus de 400 entreprises développeront des objectifs basés sur les dernières connaissances scientifiques afin de gérer leurs émissions. Allianz, l’un des plus grands assureurs au monde, cessera d’assurer les centrales au charbon. Les investissements changent aussi. Plus de 250 investisseurs représentant des actifs de 28 000 milliards de dollars ont adhéré à l’initiative Climate Action 100+.

Ils se sont engagés à s’engager auprès des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde afin d’améliorer leurs performances climatiques et de garantir une divulgation transparente de leurs émissions. Nombre de ces exemples seront présentés cette semaine lors de l’important sommet mondial pour l’action pour le climat organisé par le gouverneur Brown en Californie. Tous les pionniers que j’ai mentionnés ont vu l’avenir. Ils misent sur le vert parce qu’ils comprennent que c’est la voie de la prospérité et de la paix sur une planète en bonne santé. L’alternative est un avenir sombre et dangereux. Ce sont toutes des avancées importantes. Mais ils ne suffisent pas.


Urgence

La transition vers un avenir plus propre et plus vert doit être accélérée.  Au cours des dix prochaines années environ, le monde investira environ 90 000 milliards de dollars dans les infrastructures. Nous devons donc veiller à ce que cette infrastructure soit durable, sinon nous nous enfermerons dans un avenir dangereux et très polluant. Et pour que cela se produise, les dirigeants du monde doivent intensifier leurs efforts. Bien entendu, le secteur privé est sur le point de bouger, et beaucoup le font. Cependant, le manque d’action décisive des gouvernements est source d’incertitude sur les marchés et de préoccupations pour l’avenir de l’Accord de Paris. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire. Les technologies existantes attendent d’être mises en ligne: carburants plus propres, matériaux de construction alternatifs, batteries de meilleure qualité et progrès dans l’agriculture et l’utilisation des sols. Ces innovations, parmi d’autres, peuvent jouer un rôle majeur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous pouvons donc atteindre les objectifs de Paris et concrétiser l’ambition dont nous avons tant besoin.

Les gouvernements doivent également mettre fin aux subventions néfastes sur les combustibles fossiles, instituer une tarification du carbone qui reflète le coût réel des émissions polluantes de gaz à effet de serre et encourage la transition vers une énergie propre. (…)

Il y a une autre raison d’agir – le devoir moral. Les pays les plus riches du monde sont les plus responsables de la crise climatique; pourtant, les pays les plus pauvres et les populations et les communautés les plus vulnérables en ressentent les effets les plus graves. Nous constatons déjà cette injustice dans le cycle incessant et croissant de sécheresses extrêmes et de tempêtes de plus en plus puissantes. Les femmes et les filles, en particulier, en paieront le prix – non seulement parce que leur vie va devenir plus difficile, mais aussi parce que, en cas de catastrophe, elles souffrent toujours de manière disproportionnée. Les pays plus riches doivent donc non seulement réduire leurs émissions, mais aussi faire davantage pour que les plus vulnérables puissent développer la résilience nécessaire pour survivre aux dommages causés par ces émissions. Il est important de noter que, du fait que le dioxyde de carbone perdure dans l’atmosphère, les changements climatiques déjà observés vont persister pendant des décennies. Il est nécessaire que toutes les nations s’adaptent et que les plus riches assistent les plus vulnérables. Chers amis, C’est le message que j’aimerais exprimer clairement en s’adressant aux dirigeants mondiaux ce mois-ci à l’Assemblée générale à New York. Je leur dirai que le changement climatique est le grand défi de notre époque. Que, grâce à la science, nous connaissons sa taille et sa nature. Nous avons l’ingéniosité, les ressources et les outils pour y faire face. Et que les dirigeants doivent mener. Nous avons les motivations morales et économiques pour agir. Ce qui manque toujours – même après Paris -, c’est le leadership, le sens de l’urgence et le véritable engagement en faveur d’une réponse multilatérale décisive. Les négociations en vue de la mise en place de directives pour la mise en œuvre de l’accord de Paris se sont achevées hier à Bangkok avec quelques progrès, mais loin d’être suffisant

(…) Le moment est venu pour nos dirigeants de montrer qu’ils se soucient des personnes dont ils tiennent le destin. Nous avons besoin qu’ils montrent qu’ils se soucient de l’avenir – et même du présent. C’est pourquoi je suis si heureux d’avoir une représentation aussi forte de la jeunesse dans l’auditoire aujourd’hui.

Appel à l’engagement des jeunes, scientifiques, églises, mouvements populaires

Il est impératif que la société civile – les jeunes, les groupes de femmes, le secteur privé, les communautés de foi, les scientifiques et les mouvements populaires du monde entier – appellent leurs dirigeants à rendre des comptes. 

J’appelle en particulier le leadership des femmes. Lorsque les femmes ont le pouvoir de diriger, elles sont le moteur des solutions. Rien de moins que notre avenir et le destin de l’humanité ne dépendent de la façon dont nous relevons le défi climatique. Cela concerne tous les aspects du travail des Nations Unies. Maintenir le réchauffement de notre planète bien en dessous de 2 degrés est essentiel pour la prospérité mondiale, le bien-être des populations et la sécurité des nations.

Sommet d’action climat

C’est pourquoi, en septembre prochain, je convoquerai un sommet sur le climat afin de placer l’action sur le climat au premier rang des priorités internationales. Aujourd’hui, j’annonce la nomination de Luis Alfonso de Alba, dirigeant respecté de la communauté climat, en tant qu’Envoyé spécial chargé de diriger ces préparatifs. Ses efforts viendront compléter ceux de mon Envoyé spécial pour l’action pour le climat, Michael Bloomberg, et de mon conseiller spécial, Bob Orr, qui aideront à mobiliser des financements privés et à catalyser des actions ascendantes.

L’année prochaine, le Sommet se tiendra un an exactement avant que les pays ne doivent renforcer leurs engagements nationaux en matière de climat dans le cadre de l’Accord de Paris. Seul un niveau d’ambition nettement plus élevé suffira. À cette fin, le sommet se concentrera sur les domaines qui sont au cœur du problème, à savoir les secteurs qui génèrent le plus d’émissions et les domaines où le renforcement de la résilience fera la plus grande différence. Le Sommet fournira aux dirigeants et aux partenaires l’occasion de démontrer une action concrète en faveur du climat et de montrer leur ambition. Nous réunirons des acteurs de l’économie réelle et de la politique réelle, notamment des représentants d’actifs de plusieurs milliards de dollars, publics et privés. Je veux savoir comment nous allons arrêter l’augmentation des émissions d’ici 2020 et réduire considérablement les émissions pour atteindre des émissions nettes nettes d’ici le milieu du siècle.

Actions nécessaires

Les villes et les États doivent passer du charbon au solaire et au vent, de l’énergie brune à l’énergie verte. Notre grande ville hôte, New York, prend des mesures importantes dans cette direction – et collabore avec d’autres municipalités pour stimuler le changement. Nous avons besoin d’investissements accrus et d’innovation dans les technologies d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables dans les bâtiments, les transports et l’industrie. Et nous avons besoin que les industries du pétrole et du gaz rendent leurs plans d’affaires compatibles avec l’accord de Paris et les objectifs de Paris. Je veux voir une forte expansion de la tarification du carbone. Je veux que le système alimentaire mondial soit correct en veillant à cultiver nos aliments sans abattre de vastes étendues de forêt. Nous avons besoin de chaînes d’approvisionnement alimentaire durables qui réduisent les pertes et le gaspillage. Et nous devons arrêter la déforestation et restaurer les terres dégradées. Je souhaite accélérer rapidement la tendance au financement vert des banques et des assureurs, et encourager l’innovation dans les instruments financiers et de dette afin de renforcer la résilience des nations vulnérables telles que les petits États insulaires et de renforcer leurs défenses contre le changement climatique. Et je souhaite voir les gouvernements honorer leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour des actions climatiques en faveur des pays en développement. Nous devons voir le Fonds vert pour le climat devenir pleinement opérationnel et disposer de toutes les ressources nécessaires. Mais pour tout cela, nous avons besoin que les gouvernements, l’industrie et la société civile lisent la même page – les gouvernements étant au centre des préoccupations du mouvement pour une action climatique.

J’appelle tous les dirigeants à venir au Sommet sur le climat de l’année prochaine, prêts à faire rapport non seulement sur ce qu’ils font, mais aussi sur ce qu’ils ont l’intention de faire de plus lorsqu’ils se réuniront en 2020 pour la conférence des Nations Unies sur le climat et que les engagements seront renouvelés et assurément ambitieux. augmenté. Et c’est pourquoi j’appelle la société civile, et plus particulièrement les jeunes, à faire campagne pour une action climatique.

Utilisons l’année prochaine pour prendre des décisions transformationnelles dans les salles de conseil, les suites exécutives et les parlements du monde entier. Levons les yeux, construisons des coalitions et écoutons nos dirigeants. Je m’engage, ainsi que l’ensemble des Nations Unies, dans cet effort. Nous soutiendrons tous les dirigeants qui relèvent le défi que j’ai décrit aujourd’hui. Chers amis, Il n’y a plus de temps à perdre. Comme le montre la férocité des incendies de forêt et des vagues de chaleur de cet été, le monde change sous nos yeux. Nous nous dirigeons vers le bord de l’abîme. Il n’est pas trop tard pour changer de cap, mais chaque jour qui passe signifie que le monde se réchauffe un peu plus et que le coût de notre inaction augmente. Chaque jour où nous échouons, est un jour où nous nous rapprochons un peu plus d’un destin dont personne ne veut, un destin qui résonnera de génération en génération dans les dommages causés à l’humanité et à la vie sur terre.   Notre destin est entre nos mains. Le monde compte sur nous tous pour relever le défi avant qu’il ne soit trop tard. Je compte sur vous tous. Je vous remercie.

Discours (un peu tronqué) du Secrétaire -Général de l’ONU, Antonio Guterres, le 10 septembre 2018, commençant par ‘je vous ai appelé ici pour donner l’alarme’ et annonçant le Sommet pour l’action climatique de septembre 2019

Vidéo en français

https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2018-09-10/secretary-generals-remarks-climate-change-delivered

 

L’Amazonie en feu: danger pour le Brésil et toute la Terre

Feux en Amazonie causés par le défrichage

L’Amazonie brûle. Des centaines de milliers de feux ravagent la forêt. Les fumées obscurcissent le ciel de Sao Paolo où il fait nuit en plein jour.

Les feux sont souvent allumés lors du défrichement de parcelles d’Amazonie. Cette année, les feux sont souvent causés par un surcroît d’exploitation de la forêt amazonienne. Un expert à l’institut de recherche environnementale sur l’Amazonie affirme que le nombre d’incendies en forte hausse en Amazonie brésilienne est surtout lié à la progression de la déforestation (France Inter).

Fumée au-dessus de l’Amérique du Sud le 20 août 2019:

print-gorax-blue-000-6fe5cac1a363ec1525f54343b6cc9fd8-MSjN1W

En 2019,  l’agence spatiale Brésilienne a dénombré 73000 brasiers dans la région amazonienne. Les feux sont souvent causés par l’Homme, récemment les Brésiliens ont même décrété un ‘jour du feu’ où ils en ont allumé un grand nombre. Malheureusement, la pluie ne les éteint pas et le réchauffement et la météo associée à El Nino leur permettent de continuer.

Cette année est aussi une année el Nino. Le courant chaud est proche de l’Amérique du Sud, et il s’accompagne habituellement de chaleur et de sécheresses, ce qui favorise les feux. Lors du précédent El Nino, en 2016, de nombreux incendies ont frappé l’Amazonie et ont provoqué un dégagement de carbone de la forêt.

La perte de l’Amazonie

Nous vivons probablement une décennie d’extinction massive. Le plus riche écosystème marin, la grande barrière de corail australienne, a beaucoup souffert lors des vagues de chaleur de 2016, 2017 et 2018. La forêt amazonienne abrite aussi une énorme richesse d’espèces uniques, qui est en grave danger. Allons -nous perdre ces deux écosystèmes exceptionnels au cours de cette décennie?

Plusieurs études scientifiques, qui souvent estiment l’état de la végétation d’après la quantité de vert détectée par satellite, alertent sur les dommages subi par les forêts tropicales. Elles sont déjà en danger, fragilisées par le changement climatique et par l’Homme.
Depuis l’an 2000, l’Amazonie souffre de sécheresses et croît moins. La saison sèche devient plus sèche, la saison humide plus humide et s’accompagne d’inondations catastrophiques.
Mais heureusement, des efforts de reforestation sont entrepris dans des nombreux pays.
Il est important de préserver les forêts vierges: l’Amazonie sans la jungle perdra rapidement le carbone et la fertilité du sol, subira des chaleurs plus importantes et moins de pluie, et pourrait devenir désertique, entraînant la Terre dans la spirale du réchauffement accéléré. Il y a quelques années, un expert disait que la perte des forêts vierges peut augmenter la température de la Planète de 2°C. Elles disparaissent progressivement et c’est extrêmement dangereux pour toute la Terre. Les arbres sont faits en grande partie de carbone, qui est émis dans l’atmosphère et augmente l’effet de serre.  Cependant, si les arbres sont remplacés par une savane claire, l’effet de la couleur limitera celui du carbone des arbres. Troisièmement, la déforestation dans les régions tropicales est souvent suivie par la perte du carbone du sol qui augmenterait encore le réchauffement.  Ces perturbations de la Biosphère ne sont pas totalement prévisibles, mais très dangereuses.

Les catastrophes climatiques au Brésil

Le Brésil souffrira directement de ces changements. Le réchauffement climatique provoque des pluies intenses et des inondations. Cette année, le Brésil, comme de nombreux autres pays, subit de nombreuses inondations.
Les principales villes du pays: Rio, Sao Paulo, Bahia, Recife, Franka, Ukeraba, Permambuco  ont subi des graves déferlements et des glissements de terrain, causant des centaines de morts. Un barrage dans le Minas Gerais a cédé sous l’accumulation d’eau et provoqué une grave inondation.

Les incendies de l’Amazonie accélèrent le réchauffement climatique et vont causer des inondations plus graves, très dangereuses pour les habitants du Brésil. Ils mettent leur vie en danger.  Ils sont aussi dangereux pour le climat terrestre. L’ancien ministre de l’Environnement du Brésil les appelle ‘un crime contre l’Humanité’.

Sauver l’Amazonie?

A mesure que le réchauffement progressera, les forêts vierges subiront plus de sécheresses et seront plus susceptibles au feu.
A long terme, il sera difficile de les sauver, et dangereux de les perdre. Après les forêts tropicales, des grosses catastrophes s’abattront sur nos régions. Nos forêts et nos vies seront en danger.

Ces forêts tropicales stabilisent notre climat et nous en avons tous besoin. Il faut absolument éviter les feux et faire le maximum pour la protéger.
Une grande étendue de forêt résiste mieux aux changements climatiques.  Elle limite la chaleur grâce à la transpiration des arbres, et attire des pluies. Une Amazonie réduite pourrait vite se transformer en désert brûlant, et au contraire, une forêt reconstituée, plus étendue, pourrait être plus résistante. De grands projets de reforestation doivent être immédiatement entrepris en Amérique du Sud.

Une pétition récente demande à l’Union Européenne de mettre fin à toute relation commerciale qui nuit à l’écosystème Amazonien. Je trouve que c’est une excellente idée, la perte de l’Amazonie accentue le danger climatique pour les Européens et la Terre entière, et nos gouvernements devraient investir dans sa survie, qui contribue à la sécurité des citoyens européens face au réchauffement climatique. L’Europe ou la Suisse devraient refuser d’acheter des produits brésiliens.

Nous pourrions boycotter les produits brésiliens à titre personnel ou officiellement, au niveau national. Nous pouvons renoncer au boeuf Brésilien, ou au boeuf nourri au soja issu de la déforestation. Nous pouvons exiger que la nourriture de notre bétail soit locale.

On pourrait imaginer d’éviter les feux et les sécheresses en Amazonie en arrosant la forêt de pluies provoquées artificiellement. Il est possible de provoquer la condensation de gouttes de pluie à l’aide de diverses molécules chimiques plus ou moins polluantes, ou de la glace carbonique, peu polluante. Les arbres favorisent la formation de gouttes par des molécules de terpènes naturels. Les efforts pour sauver la forêt pourraient inclure des pluies artificielles, mais il faudrait que les composés utilisés respectent l’écosystème. Evidemment, avant tout, il faut éviter de provoquer des feux et arrêter la déforestation.

Records de chaleur, plus de 45°C en France fin juin 2019

Cette semaine une vague de chaleur a balayé l’Europe. Elle a amené des nombreux records de chaleur et des températures supérieures à 45°C en France. Cette canicule est dangereuse pour la vie humaine. Ces chaleurs surviennent tout au début de l’été, en juin.

D’après l’Organisation Météorologique Mondiale, il est trop tôt pour attribuer cette vague de chaleur au réchauffement climatique, mais elle est tout à fait cohérente avec l’effet de serre causé par la quantité élevée de CO2 dans l’atmosphère.

Les études statistiques qui déterminent si une vague de chaleur aurait pu se produire en absence du réchauffement prennent un certain temps.  Celles qui traitent des vagues de chaleur de 2018 sont tout juste terminées.

Une étude publiée récemment a prouvé que la  vague de chaleur au Japon en juillet 2018 aurait été impossible sans réchauffement climatique. Elle paraissait alors que ce pays étouffait sous une nouvelle canicule,  très inhabituelle,  en mai 2019.

Une autre étude récente menée par des scientifiques de l’ETHZ (Martha Vogel, Sonia Seneviratne) montre que la vague de chaleur de mai-juillet 2018 qui a touché une grande partie de l’Europe simultanément, est, elle aussi, certainement due au réchauffement climatique.

Certains spécialistes des changements climatiques sont d’ores et déjà convaincus que cette canicule est inhabituelle et imputable aux émissions humaines de carbone. Jean Jauzel, l’ancien président du GIEC l’affirme clairement.

Prof. Martine Rebetez de l’UNINE déclare que l’accumulation des années chaudes, de vagues et de records de chaleur est clairement due au réchauffement climatique.

La Planète se réchauffe, alors les canicules deviennent plus fréquentes et plus fortes.

Plusieurs scientifiques estiment que le réchauffement climatique s’accélère et se produirait plus vite que les prévisions du GIEC (voir blogs précédents). Si le système Terre s’emballe, et que le réchauffement cause des émissions de carbone des écosystèmes naturels, nous pourrions bien voir des phénomènes encore plus spectaculaires et inquiétants se produire bientôt. Les températures pourraient être encore plus élevées, les saisons plus perturbées encore, et les inondations plus importantes et beaucoup plus graves. Combien de jours par année pourrons-nous sortir de la maison sans y être consignés par des catastrophes naturelles? Combien d’années ces maisons tiendront-elles? Qu’allons -nous manger? Ce sont les vraies questions à poser aujourd’hui et les décideurs doivent s’atteler à y répondre.

photo Michal Jarmoluk de Pixabay

 

 

 

Les forêts créent la fraîcheur autour d’elles – Reboisons la planète Terre maintenant!

Dans les forêts il fait plus frais

Une impression de fraîcheur nous saisit lorsque nous pénétrons dans la forêt. La chaleur s’estompe et la douceur règne à l’ombre des grands arbres.    La différence de température est tout à fait réelle:  dans les bois, il fait plus frais.   Les zones boisées abaissent aussi le température des champs environnants.  Et lorsqu’une forêt est réduite par la déforestation, il fait plus chaud la journée dans les parcelles déboisées. Toute la zone se réchauffe alors et la température s’élève aussi sous les arbres restants.

  Martine Rebetez de l’Université de Neuchâtel a montré il y a plusieurs années qu’il fait plus frais sous la canopée des forêts suisses. Une nouvelle étude le confirme à l’échelle de la Planète.  Les scientifiques ont comparé de nombreuses parcelles de forêts. Ils ont montré que dans les zones déboisées à moitié il fait un degré de plus, et dans les zones où la quantité d’arbres a doublé, un degré plus frais la journée, au soleil.

 Les forêts tempèrent aussi les températures la nuit.  A la chaleur, les arbres transpirent et rafraîchissent ainsi l’atmosphère autour d’eux.  Dans zones boréales, la neige sur les prairies reflète les rayons du soleil. Partout ailleurs, les forêts abaissent la température lors des journées ensoleillées.

Image par Jonas Zürcher de Pixabay 

Les forêts sont essentielles pour le climat et l’écosystème

Cette climatisation naturelle est particulièrement forte dans les tropiques, et elle est très importante aujourd’hui. De nombreuses parties des continents se sont déjà réchauffées de deux degrés. La déforestation augmente encore les températures locales la journée, et au sol la différence pourrait être de plusieurs degrés.  A Madagascar, le déboisement a provoqué une augmentation de température des forêts qui est responsable des disparitions rapide d’espèces de cette forêt, par exemple de certains lézards.

Les températures augmentant, tout l’écosystème des forêts pourrait s’effondrer et relâcher  son carbone dans l’atmosphère. Les parcelles déboisées pour l’agriculture pourraient voir  leur température augmenter rapidement. Le reboisement pourrait stabiliser les températures, assurer la survie des forêts existantes et des espèces qu’elles abritent, et rafraîchir l’air alentour, dans les champs et les zones habitées.  La forêt régénère des sols, les enrichit  en carbone,  provoque aussi des pluies. L’eau s’écoule facilement le long des racines vers les nappes phréatiques. En présence d’arbres, celles -ci se remplissent et les inondations sont imitées.

La reforestation limite le réchauffement de la Planète et rafraîchit les forêts existantes et les alentours

Il y a encore quelques centaines d’années, plus d’un tiers de la surface des terres était couvert de forêts.  La déforestation a été très importante et les sols ainsi conquis s’épuisent lentement et libèrent progressivement leur carbone dans l’atmosphère. Aujourd’hui, les conséquences du changement climatique s’aggravent et s’aggraveront encore très vite. Nous devons reboiser la Planète pour éviter des impacts énormes, et totalement incontrôlables.  Nous pouvons le faire.

Cet été, l’Ethiopie a prévu de planter quatre milliards d’arbres et de tripler sa couverture forestière actuelle. C’est primordial. Si ce type d’initiatives était réalisé dans la plupart des pays, et si en quelques années la Terre redevenait une planète couverte à 40% de forêts, nous pourrions sauver notre civilisation et vivre relativement en sécurité. Le projet Trillion Trees (voir Tom Crowther, EPFZ)  tente de faire planter mille milliards d’arbres sur la Planète, ce qui pourrait absorber dix ans d’émissions humaines. Nous pourrions en planter plus en y consacrant une partie des terres agricoles actuelles. Les plantations limiteraient aussi les températures locales pendant la journée (comme s’est produit dans la grande forêt artificielle plantée dans le Sinaï) et éviteraient des extinctions  d’espèces et des morts lors des grandes chaleurs.

Etude scientifique sur la déforestation et les températures locales

 

L’Europe cet été? Il pourrait faire plus chaud que jamais!

La chaîne météo Accuweather a publié ses prévisions pour cet été. Des vagues de chaleur  pourraient déferler sur l’Europe à partir de juin. L’Espagne et le Portugal seront touchés en premier, en juin, par des températures allant jusqu’à 43°C.

Cet été, les épisodes de canicule dureront longtemps,  reviendront après des brèves accalmies, il fera chaud même la nuit et peut-être plus que jamais auparavant. La vague de chaleur se déplacera progressivement de l’Ouest à l’Est de l’Europe.

Des températures de plus de 38 degrés pourraient atteindre le Nord de la France, la Belgique, la Hollande,  la Pologne et la Hongrie.  Des températures de 40°C pourraient frapper l’Est et le Sud de la France. Cette canicule atteindra le maximum fin juillet/ début août.  Les vagues de chaleur dureront longtemps et se succéderont. La Suisse subira probablement les mêmes phénomènes que l’Est de la France.

Les régions touchées par les vagues de chaleur pourraient vivre des sécheresses vers la fin de l’été même si elles sont actuellement gorgées d’eau.

Ces prévisions météorologiques sont incertaines, comme toujours, un  courant atmosphérique imprévu pourrait les modifier.  Ces dernières semaines ont été très froides en Suisse, et il est bien sûr normal que l’été arrive avec des jours chauds. Mais il pourrait apporter des chaleurs exceptionnelles, sans précédent,  dangereuses et porteuses de sécheresse.

Envisagez que la chaleur puisse dépasser tout ce que nous avons connu, prévoyez d’éviter de sortir, de boire beaucoup, d’adapter votre jardin,  ou un endroit plus frais, ou climatisé pour s’abriter en cas de besoin. Lors des vagues de chaleur, il vaut mieux réduire beaucoup l’alcool, et manger léger, par exemple des salades, des pastèques, des concombres.  Et je dois dire que personnellement, je n’ai plus envie de partir en vacances d’été dans un pays où la température pourrait dépasser 40°C ou 45°C.  Vérifiez avant de partir!

https://www.accuweather.com/en/weather-news/accuweather-2019-europe-summer-forecast/70008315

Plus chaud, plus vite? Que signifie l’état du climat en 2018?

Le rapport ‘L’Etat du Climat en 2018’ de l’Organisation Météorologique Mondiale fait le point sur les changements climatiques en 2018. Il relève des nombreuses catastrophes, et une accélération des conséquences du réchauffement.

Les 4 dernières années, 2015 à 2018, ont été les années les plus chaudes sur Terre depuis le début des mesures.

L’année dernière était une année La Nina. Ce phénomène cyclique amène de l’eau froide à la surface du Pacifique. Il se produit tous les 4 à 5 ans. Les années La Nina sont généralement froides et sèches. Cependant, en 2018 les températures n’ont que peu baissé. Ce fut l’année la plus chaude pour la France , la Suisse et l’Allemagne, et des nombreuses inondations se sont produites en Californie, en Afghanistan,  en Afrique, sur la péninsule arabique, en Asie centrale et du Sud-Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Sud de l’Europe, et en Amérique du Sud (OMM).

La légère baisse de températures qui s’est produite en 2018 s’explique probablement par la Nina qui amène de l’eau froide à la surface des océans.
Cependant, les températures n’ont pas baissé autant qu’elles le font habituellement lors de ce courant froid. James Hansen, un des grands experts mondiaux du climat, considère que les températures lors de la Nina sont très prévisibles, et que les valeurs de 2018 prouvent que le réchauffement climatique s’est accéléré.

Dans ce cas, les températures pourraient monter plus vite que les prévisions du GIEC (qui supposent 1,5°C de réchauffement dès 2030). L’Organisation Météorologique Mondiale parle actuellement d’une accélération des conséquences.

Depuis, la surface des océans s’est très vite réchauffée, sa température monte très vite, dépasse tous les records. Je crois que cela présage des catastrophes météorologiques sans précédent en 2019. Par exemple, la moitié des Etats-Unis est menacée d’inondation (NOAA), ce qui causera certainement la catastrophe la plus coûteuse jusqu’à présent. Et le déluge déferle bien actuellement sur les Etats-Unis.

Une accélération du réchauffement signifierait que cette année ne sera pas une exception. Le climat changera quasiment chaque année, et apportera des catastrophes toujours plus graves. Nos vies sont en danger, et nous avons besoin d’une réponse mondiale sans précédent.

https://gallery.mailchimp.com/daf3c1527c528609c379f3c08/files/82234023-0318-408a-9905-5f84bbb04eee/Climate_Statement_2018.pdf

L’arrosage et de drainage pour que nos forêts supportent le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique atteint des nouveaux records et s’accélère. Il s’aggravera probablement pendant des dizaines d’années, le geoengeneering et la fin du monde sont moins probables. Nous aurons à supporter des vagues de chaleur de plus en plus importantes et anarchiques.

 

Nos forêts stockent une quantité importante de carbone, elles pourraient en contenir plus.  Elles stabilisent aussi les pentes de montagne mais le réchauffement comporte un risque de feux de forêts ou de méga-feux de forêts, immenses, qui sont  apparus ces dernières années.

 

Pourrions-nous sécuriser nos forêts en créant un réseau hydraulique forestier, qui permettrait de les arroser en cas de sécheresse dangereuse et d’éteindre rapidement les incendies?

On pourrait aussi prévoir un système de canaux de drainage pour évacuer un mètre de pluie intense, ou des réservoirs. L’eau des pluies ou de la fonte des neiges pourrait être conservée, et mobilisée lors d’une sécheresse ou d’un incendie.

 

 

Les forêts seront toujours exposées à des chaleurs intenses, des vents forts et à des nouvelles maladies, mais un système d’arrosage d’urgence / anti-incendie leur permettrait peut-être  résister aux changements proches. Un tel système devrait être mis en place rapidement, avant qu’il ne soit trop tard pour nos forêts.  Lisez mon blog précédent, où j’explique que le CO2 atmosphérique et l’effet de serre résultant augmente rapidement.

 

Créons des réserves alimentaires planétaires!

Les dernières années de chaleur record ont apporté des sécheresses, des inondations, et des vagues de chaleur partout sur la Terre.

L’année la plus chaude, 2016, a causé une immense famine dans le Sud de l’Afrique, et les sécheresses ont détruit les récoltes du Brésil, de la Bolivie, et du Paraguay. La production de toute l’Amérique du Sud a diminué.

Ces catastrophes vont s’intensifier, et le cycle des saisons changera. Des vagues de chaleur inhabituelles, de plus en plus fortes, apparaîtront au printemps, en été ou en automne. Elles pourraient perturber gravement les cultures alimentaires.

L’agriculture dépend du cycle des saisons. De nombreuses conditions doivent être réunies pour que les plantes arrivent à maturité.

Les récoltes de blé sont compromises si les températures dépassent 30°C au printemps. Les arbres fruitiers ne donnent pas de fruits s’ils fleurissent en automne ou en hiver, et qu’une gelée survient après. De nombreuses autres perturbations peuvent interrompre le cycle vital des végétaux.

En 2018, le rendement de blé russe et canadien était réduit par la chaleur et la sécheresse dans ces pays habituellement froids (Bloomberg), l’Australie frappée par la sécheresse a perdu 15% de ses récoltes (FAO).

Les catastrophes climatiques vont s’amplifier, et pourraient faire échouer les cultures alimentaires dans des vastes territoires. La mer monte et s’infiltre dans  les terres fertiles du delta du Nil et du Mékong, si bien que l’agriculture pourrait bientôt devenir difficile dans ces régions.

Le Futur pourrait apporter des pénuries alimentaires qui ont des conséquences très graves. Elles causent la malnutrition, des migrations, la spéculation, des émeutes, des guerres.
Elles iront en s’aggravant, et des populations de plus en plus importantes, des pays entiers, pourraient être exposées à des famines.

La production alimentaire mondiale est assez proche de la consommation annuelle. L’année prochaine, l’Humanité disposera probablement de trois mois de réserves alimentaires. C’est très insuffisant.  Si la moitié de cultures sur la Planète avorte cette année, si en été 2025 il n’y a pas de récolte de blé dans l’hémisphère Nord, il y aura moins de nourriture que l’année passée.

Nous vivons dans une précarité alimentaire étonnante, alors que les réserves planétaires de T-shirts bleus suffiraient probablement pour plusieurs années, et que nous pouvons facilement porter une autre couleur. Cette insécurité engendre la spéculation alimentaire, les prix des denrées de base augmentent lors des mauvaises récoltes, et provoquent des émeutes de la faim.

Nous devons nous préparer à l’aggravation du réchauffement en augmentant les réserves alimentaires.

Nous pourrions augmenter progressivement les stocks. Pour être le plus cohérent possible, nos dirigeants pourraient commander aux paysans locaux une quantité suffisante d’aliments de base, des céréales, des lentilles, du soja, de noix à la condition qu’ils soient produits de façon écologique, qu’ils entraînent peu d’émissions de CO2, ou en agriculture CO2-, ie en captant du carbone.

J’ignore sciemment le fait que les cultures alimentaires émettent actuellement du CO2, essentiellement à cause de l’usage d’engrais de synthèse et du transport. Elles ne devraient pas émettre du CO2, mais en capter.

Les céréales et les lentilles contiennent beaucoup de carbone, nous pourrions idéalement capter le carbone atmosphérique et l’entreposer en réserves alimentaires. Des stocks d’aliments pour dix ans capteraient en fait une proportion du carbone atmosphérique, de l’ordre d’un centième peut-être, et contribueraient aussi à stabiliser le climat. On pourrait multiplier cet effet en sauvegardant les autres parties des plantes cultivées. Surtout, nous éviterions des graves pénuries et des famines.

Si le changement climatique s’accélère, nous pourrons sûrement cultiver ici des aliments exotiques, comme les pêches, les bananes ou les ananas, et nos aliments actuels appartiendront au passé.  L’avenir sera hasardeux, difficile à planifier. Nous pouvons nous y préparer au moins partiellement.

Nos dirigeants pourraient commander aux agriculteurs l’équivalent des besoins annuels de céréales et de lentilles si bien qu’en dix ans, si tout va bien, les réserves représenteront dix ans de nourriture. Si nous économisons 50% de la consommation annuelle, alors nous atteindrons dix ans de réserves alimentaires en vingt ans.  Une partie de ces récoltes est peut-être déjà produite et gaspillée, la surproduction d’années exceptionnelles, comme les tomates de l’été passée, pourrait être rachetée, séchée, et entreposée. Ainsi, en cas d’aggravation soudaine du climat, nous pourrons réagir et nourrir la population.

En cas de problèmes d’approvisionnement local ou de catastrophe planétaire, ces réserves pourraient être écoulées sous forme de nuggets ou saucisses végétariennes, shakes de protéines, cordon-bleu, ou autres préparations populaires.

En cas de famine lointaine, elles pourraient peut-être être données aux populations qui en ont besoin. A tout le moins, elles limiteraient la spéculation qui fait flamber les prix des aliments, avec des conséquences dramatiques et éviteraient des nombreux drames humains, tels des enfants handicapés de malnutrition.

Il faudrait bien sûr veiller à ce que ces cultures ne provoquent pas d’émissions de carbone, et à ne pas déboiser, et à continuer à reforester et à récreer le sol fertile qui constitue la plus grande réserve terrestre de carbone.

Nous entrons dans une période de turbulences, à plusieurs inconnues. Nous devons nous y préparer et prévoir l’essentiel pour cette période troublée. Si nous faisons preuve d’ouverture, nous trouverons de nombreuses solutions.