Le réchauffement climatique a causé une sécheresse historique et des orages violents

Sécheresse

L’Europe a vécu une sécheresse exceptionnelle.  Les prairies suisses de basse altitude ont pris la couleur du Sahara. Le sol de la forêt, extrêmement sec, s’envolait en nuage sous mes pas.   L’agriculture en a souffert, notamment les récoltes de foin et l’alimentation des vaches sont touchées. Le niveau des fleuves européens a baissé et les transports ont été perturbés   (image: https://twitter.com/dr_xeo/status/1559183437386452996/photo/1). La sécheresse est inégalée depuis 500 ans, et il est possible  que la Loire en France n’ait pas été aussi basse depuis 2000 ans, car aucune chronique ne mentionne une sécheresse semblable. (photos: https://fr.euronews.com/2022/08/10/la-secheresse-en-europe-en-10-photos) .

La Chine aussi a connu la pire sécheresse de ces dernières décennies. Il n’a pas plu dans la plaine chinoise depuis 64 jours, et la température reste extrême. Le fleuve Yangtze, le plus grand fleuve du pays, s’assèche. Certaines provinces ensemencent des nuages ​​avec des particules d’iodure d’argent pour amener la pluie. Depuis deux mois, la Chine vit à plus de 40 degrés. La chaleur perturbe la croissance des cultures, menace l’élevage et force la fermeture d’usines industrielles dans le sud-ouest du pays.
Début août, la moitié des Etats-Unis était également touchée.  La Californie et le Texas subissent la sécheresse depuis des mois, ainsi que des vagues de chaleur intenses. Certains considèrent qu’il  s’agit plutôt d’une aridification durable de l’Ouest américain. Cette région est en déficit d’eau depuis 22 ans et selon les prévisions du réchauffement climatique, cela continuera dans l’Ouest des Etats-Unis comme dans le Sud de l’Europe.
La catastrophe climatique affecte cet été une grande partie de l’hémisphère Nord.
La Loire En France réduite à un filet d’eau

Orages

Les canicules qui ont causé la sécheresse en Europe ont aussi réchauffé la Méditerranée à 4 à 6°C au-dessus de la moyenne saisonnière (Météosuisse31juillet). Les températures élevées de la Méditerranée ont provoqué une évaporation accrue. L’air contenait une grande quantité de vapeur d’eau qui s’est traduite par des forts orages cette semaine.

Dès le 16 août, des orages supercellulaires se sont formés et et amené la foudre, la grêle et des vents très forts, des rafales à plus de 200 km/h (Météosuisse19août). En Corse, il y a eu 5 morts, de nombreux blessés et d’énormes dégâts matériels. L’orage puissant a traversé l’île très vite, a arraché de nombreux arbres, qui ont écrasé des bungalows et des vacanciers, alors que d’autres ont péri en mer.  Les orages ont aussi causé des dégâts en Italie, et des morts en Autriche. Les précipitations sur la Suisse et l’Autriche  ont été intenses et localisées, à certains endroits elles ont dépassé 200 mm, ce qui avoisine les records.

Depuis quelques années, de nombreux orages forts provoquent des dégâts, cassent des arbres, amènent des inondations, la foudre est plus fréquente, parfois plus forte et plus meurtrière, l’été passée a apporté à l’Europe des grêles hors du commun.

Trombe marine sur le lac de Zoug le 5 août

De nombreuses trombes marines et tornades ont aussi observées en Méditerranée, en mer Baltique, dans l’Atlantique, sur un lac suisse,  cette semaine en Crimée (lien).  Ce phénomène doit être suivi, j’aimerais vraiment savoir comment il évoluera ces prochaines années et décennies, et quel niveau de destruction il amènera.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes se réjouissent de la pluie. Des passants enthousiastes ont partagé sur Facebook l’image d’une petite rivière qui reprend son cours après des semaines à sec  https://fb.watch/f0kIw2QB4G/. Les prairies suisses verdissent. Le Rhin a retrouvé un niveau normal.

Cependant, la semaine prochaine s’annonce de nouveau sèche et ensoleillée et les déficits hydriques ne seront pas compensés avant des semaines ou des mois.

Cette météo exceptionnelle et imprévisible, comme les forts orages de grêle de l’année passée, nous montre que le climat change vite. Certains reprochent à MétéoFrance de ne pas avoir prévu l’intensité de l’orage.  A leur décharge, les phénomènes actuels sont nouveaux, inconnus,  les programmes informatiques permettant de les prévoir n’existent pas, et nous ne savons pas ce que demain nous apportera. Nous devons nous préparer à prévoir intempéries bien plus graves et développer rapidement des outils dans ce but. Nous avons besoin de modèles d’orages gigantesques, de nuées de tornades, de pluies diluviennes qui nous permettront de faire face à un avenir incertain.

Image de couverture Sütő’s Photography

 

 

 

Forts orages et grosses grêles sur l’Europe

 Il y a deux semaines, j’avais commencé un blog sur les orages, qui inondaient les réseaux sociaux.   L’Inde avait connue une vague de chaleur exceptionnelle au printemps, qui a été suivie, le 19 mai, d’un fort orage. De nombreux arbres ont été déracinés, et les intempéries se sont accompagnées de nombreux éclairs et de grosse grêle. La tempête a été si violente qu’elle avait provoqué 19 morts. Simultanément, des posts Facebook des Etats-Unis rapportaient ‘ le pire orage que j’ai jamais vu’, et une tornade exceptionnelle au Michigan lors d’une forte tempête.
Il faisait 30°C en Suisse, 0°C en Pologne à environ 1000 km de là,  et entre deux des orages et des tornades balayaient l’Allemagne, probablement à cause de la forte de différence de températures.
Le mois de mai a constitué un record de chaleur en France et dans une partie de l’Europe.
Ce weekend, des forts orages se sont abattus, avec des grosses grêles et des inondations.  En France, les orages ont touché la surface la plus importante depuis une vingtaine d’année, couvrant 65 départements.  Des ponts ont été emportés, des routes inondées, et des grosses grêles ont fait d’importants dégâts ( vidéo).
Jeudi, des orages ont été plus intenses encore ont sévi en Autriche et en Croatie. Ils ont apporté une épaisse couche de grêle, qui a paralysé le traffic, provoqué des inondations et détruit des récoltes.  La compagne Autrichienne d’assurance contre la grêle s’attend à près de 3 millions de frais de dommages dans l’agricultures, sur un territoire de 12’000 hectares (vidéo).
En Croatie, le sol était couvert d’une épaisse couche de grêle (vidéo).
Les orages s’aggravent ces dernières années, le changement climatique nous apporte des phénomènes météorologiques que nous n’avons jamais vu auparavant. Il est tout à fait possible que les grêlons soient de plus en plus gros, les éclairs et les vents plus forts et les pluies plus abondantes.
La chaîne de Météo Accuweather annonce cette année un été semblable à l’été passé, chaud au Sud et des orages en Europe Centrale.. L’été 2021 nous avait apporté de nombreux et forts orages, des chutes de grêles exceptionnelles, des inondations en Belgique et en Allemagne, et des températures au dessus de 45°C dans le Sud de l’Europe (lien).

Dudley, Eunice, Franklin et le petit dernier décoiffent l’Europe

Le Nord de l’Europe est balayé par une série de tempêtes inhabituellement intenses. Eunice a notamment touché le Royaume-Uni, les vents ont avoisiné les 200 km/ h (196km/h) dans le Sud (Article temps) et  une onde de tempête violente a touché Hambourg.

L’Allemagne et la Pologne ont aussi subi la formation Dudley plus tôt cette semaine. Elle était poussée par un courant-jet puissant et une énergie CAPE forte pour la saison. Elle a traversé la Pologne sous la forme d’une ligne de grains caractérisée par des rafales de vent rectilignes destructrices (LEWP) et a probablement causé plusieurs tornades.  La situation était extrêmement dangereuse à cause d’un afflux d’air très chaud devant le front froid actif, ce qui permet souvent la formation de tornades.  La tempête Dudley s’est accompagnée de nombreux éclairs, des fortes rafales, ainsi que de forts courants descendants qui ont causé de  nombreux dégâts (Burza-Alert-IMGW). 

Conséquences de Dudley (aussi appelé Ylenia) en Pologne: https://fb.watch/bi3NPqCUf7/ et à Hambourg https://fb.watch/bi3-36MZdJ/

J’a trouvé des images ou des descriptions de plusieurs tornades, de pylônes pliés , coupures de courant, arbres tombant en miettes, toits arrachés, murs en miettes , et de  tornade en Pologne.

L’Allemagne subira encore la formation Antonia lundi, et deux nouvelles, Franklin et une autre, se dirigent sur la Grande- Bretagne. Le site de météorologie Severe Weather Europe alerte appelle Franklin la nouvelle tempête monstre, et la prochaine sera un cyclone bombe (lien).

Eunice, Dudley, et les deux nouvelles tempêtes Franklin et la suivante, se sont formées à cause d’un vortex polaire inhabituellement grand et puissant cet hiver.

Dans mon blog précédent, je mentionnais que l’Ecosse, par exemple, a subi de nombreuses tempêtes violentes cette année.  La Pologne a aussi vu les intempéries les plus impressionnantes de ces dernières décennies, et cela s’applique probablement à tout  le Nord de l’Europe.

Le GIEC est tout à fait certain que les pluies intenses et les vagues de chaleur augmentent avec le réchauffement climatique.   Pour les vents, leur rapport conclut que la vitesse des vents a diminué entre 1988 et 2017, alors que je vois de nombreux événements de vents forts. Le GIEC se base sur le travail d’ Azorin-Molino, ( Bulletin of American Meteorological Society 2019, pSi–S306 « State of the Climate in 2018 » lien). J’ai lu le travail de celui-ci pour en savoir plus. Lui interprète ses données différemment, et écrit que Les vents de surface ont poursuivi la reprise qui a commencé en 2013, après 30 à 50 ans de ralentissement”. (p. S43).

Dans le State of The Climate 2020 il montre que que les vents ont augmenté entre 2013-2020, et les vents forts, de plus de 10m/seconde ont augmenté en 2020, en particulier en Europe. (Fig 2.41 pS75, lien).

Il est possible que nous assistions à un renforcement des vents, et en particulier des plus forts, survenant lors des cyclones et des ouragans.   On pourrait extrapoler que la force des vents s’accroîtra à l’avenir comme au cours des huit dernières années. Jusqu’à quel point?

Le climat apportera-t-il d’immenses tornades ?

Une immense tornade a dévasté les Etats-Unis. Elle a traversé quatre Etats et causé de nombreuses destructions et une centaine de victimes. Un article du Temps relatait les dégâts hier (article). L’événement était aussi rapporté par le journal  télévisé TSR et TF1.

NBC News considère que cet événement est sans précédent. Il s’agit de la trajectoire de tornade la plus longue, le monstre a balayé le sol américain sur 250 miles, c’est à dire près de 400 km.  Il en reste une immense plaie, la plupart de bâtiments sur le passage de la tornade ont été rasés (vidéo).  Les débris des bâtiments étaient emportées en l’air à une hauteur d’environ 12 km.  La période de l’année, décembre, est aussi inhabituelle pour les tornades.

De nombreuses victimes étaient présentes la nuit dans un entrepôt Amazon et une fabrique de bougies lorsque ceux-ci se sont effondrés. Apparemment, la tornade était bien prévue et annoncée par les médias (article détaillé et modéré de Yale Climate connections). Pourtant, si l’événement était assez bien annoncé, les victimes auraient alors dû se trouver à la maison ou dans des abris, et non pas à leur lieu de travail nocturne.

Les intempéries violentes étaient dues à une remontée d’air très chaud du Golfe du Mexique, par la vallée du Mississipi, qui a rencontré de l’air sec et froid du Nord (Météomédia). Jaroslaw Turala sur Facebook parle d’une incroyable advection d’air tropical.

Le réchauffement climatique augmente la température des océans, d’autres explosions de tornades ces dernières années se sont produites parce que le Golfe du Mexique était extrêmement chaud, et a généré des masses d’air torride et humide (blog2020, blog2019). D’autre part, le changement climatique rend le courant jet sinueux, et crée des vagues d’air très différent. A des nombreuses reprises, les Etats-Unis semblaient coupés en deux par une ligne quasiment verticale, d’un côté de l’air froid descendait très au Sud, et de l’autre l’air chaud montait vers le Nord. La semaine passée, la Colombie Britannique a vécu son premier jour de décembre à 22,5°C, dix degrés de plus que le record précédent.

Carte météo récente de l’Amérique du Nord

Il se pourrait que ces contrastes violents, Golfe du Mexique chaud et  plongées d’air Arctique continuent et produisent de plus graves intempéries.  En tout cas, la température du Golfe du Mexique montera encore à l’avenir. Les nuages d’orages super-cellulaires semblent aussi plus hauts, ils s’étendent jusqu’à environ 15 km de hauteur, ce qui change toute la dynamique de l’atmosphère.  L’augmentation de pluies intenses est très rapide, plus que prévu, et ces précipitations proviennent de grands nuages dûs à des fortes perturbations de l’atmosphère.  Elles pourraient apporter des informations sur les perturbations atmosphériques et leur évolution. Il faut les étudier en détail de toute urgence.  Patrick McNulty sur Facebook suggère que la fonte de la glace Arctique favorisera ces événements.  Un scientifique a observé que l’augmentation du nombre de tornades dans les plus grands événements est très inquiétante (lien).

Je crains que le réchauffement climatique n’apporte des destructions de ce genre. J’ai l’impression que c’est exactement le Futur que nous craignons, et que nous verrons arriver à moins de très énergiques mesures de mitigation de changement climatique.

Addendum le 13 décembre:

 La directrice de la FEMA, agence américaine de gestion des catastrophes a déclaré que les orages de la force de celui-ci sont “la nouvelle normalité”. Selon elle, la sévérité, la durée et la magnitude des tempêtes de cette année sont sans précédent. Lien

Le grand climatologue Michael Mann explique les tornades meurtrières qui ont frappé les Etats-Unis par le fait que les températures étaient anormalement élevées et le Golfe du Mexique très chaud. Il implique aussi la Nina et le courant-jet. Il dit aussi que cette année de nombreuses catastrophes se sont produites, selon diverses estimations elles pourraient survenir tous les 1000 ou 20’000 ans, que les modèles climatiques sous-estiment les événements météo, qui sont amplifiés par le courant jet. Lien

Addendum 2: Un météorologue américain cite une publication d’après laquelle l’intensité des tornades augmente de 5.5% par année. Elle doublerait donc en moins de 20 ans. Les dégâts sont surtout dus aux tornades les plus fortes Lien

Addendum 3: TED Talk: le climat augmente peut-être le nombre de tornades: Lien CBSN

BBC reste prudente BBC

Washington Post et CNN remarquent que la météo américaine est déréglée, un effet du changement climatique probable  CNN

A quel point les inondations s’aggraveront-elles?

Les pluies intenses et les inondations ont énormément augmenté, partout dans le monde.  Cette semaine, la Colombie-Britannique, au Canada a essuyé des précipitations exceptionnelles. Elles ont déclenché des nombreux glissements de terrain qui ont coupé la ville de Vancouver du reste du Canada. Le ministre local de la sécurité publique a déclaré que ces intempéries étaient indubitablement liées au réchauffement climatique, qui a déjà exposé cette région à une vague de chaleur de 49.6°C cet été.

L’humidité atmosphérique s’accroît de 7% par degré de réchauffement, selon la relation de Clausius-Clapeyron (C-C).  Cependant, le rapport du GIEC relève que les pluies intenses augmentaient plus vite, de 7 à 14% par degré (en tenant compte des valeurs mesurées jusqu’en 2018; IPCC_AR6_WGI_Chapter_11).

Le chercheur Prein a étudié la formation des orages dans le climat présent et futur. Il s’est penché sur les grands orages (MCS) dans le centre des Etats-Unis. Ils sont déjà plus longs,  plus fréquents et plus graves .

Dans le Futur, toutes les régions du monde connaîtront probablement une augmentation de la fréquence de ces grandes tempêtes (lien).  Ces intempéries sont parfois accompagnées de grosse grêle et de tornades.

Les orages seront plus grands, si l’énergie potentielle convective augmente et leur permet de s’étendre.  Ce sera probablement le cas, car la couche limite sera plus chaude, et contiendra plus d’humidité (Prein et al).  L’auteur mentionne que ces résultats recoupent ceux d’études antérieures.

L’intensité des pluies augmentera particulièrement. Les événements horaires de précipitations extrêmes, tels que la pluie intense qui a inondé Lausanne en moins de 30 minutes en 2018,  devraient augmenter considérablement dans presque toutes les régions terrestres d’Amérique du Nord. Des augmentations des fréquences extrêmes allant jusqu’à 400 % sont prévues par cet auteur.

Les pluies très intenses et très rapides doivent être traitées par un aménagement adéquat des villes. Il faut savoir aussi si ces forts orages peuvent être accompagnés de tornades, de grêles, ou de vents très forts.

D’autres études suggèrent que le réchauffement climatique, et que la diminution d’aérosols aussi favoriseront la formation des rivières atmosphériques, porteuses de pluies abondantes (Beak and Lora, Nature Climate Change).

Des pluies très importantes se produisent ces dernières années à plusieurs endroits qui globe. Carbon Brief rapporte qu’en Australie, les pluies intenses ont augmenté trois fois plus vite que l’humidité atmosphérique en 2013 déjà (lien).

D’autre part, des précipitations très intenses semblent s’être produites dans le passé terrestre.  Un article que j’ai trouvé par Futura Sciences semble montrer que lors de la période de réchauffement PETM, la quantité de lithium dans les mers a baissé, ce que les auteurs expliquent par un grand afflux d’argiles dans les océans, une forte érosion et un fort flux de sédiments.  D’immenses pluies ont peut-être provoqué ces écoulements. Elles auraient ensuite permis la réaction du CO2 atmosphérique de réagir avec les roches mises à nu , et la stabilisation du climat (Science Advances; Futura Sciences). D’autres auteurs décrivent d’immenses rivières du passé (Mike Benton), ou d’immenses orages dans des périodes géologiques plus lointaines et plus chaudes (lien).

Excusez-moi de fournir ainsi des éléments épars. Le fait est que les pluies deviennent des déluges, et cette tendance pourrait continuer, les dégâts seraient alors décuplés. Je dois faire une analyse en détail, et proposer une estimation des événements futurs,  futures, mais cela nécessite plus de temps.

Ancien blog Etats-Unis: https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/05/02/biden-lance-un-plan-pour-lemploi-et-securiser-les-infrastructures-contre-le-rechauffement-le-fera-t-il-bien/

 

COP26: Les émissions de carbone doivent diminuer immédiatement

L’adaptation tiendra dix ans

La COP26 s’achève. Elle semble avoir atteint plusieurs objectifs qu’elle sétait fixée, de nombreux investissements, une déclaration sur les forêts, une sur l’aviation, et aussi sur l’élimination des énergies fossiles. Un magnifique événement de collecte de fonds qui ne remet pas notre économie en question. Je suis surprise de l’importance donnée à l’adaptation dans cette conférence. Nous devons limiter le réchauffement à 1.5°C et pour cela il est nécessaire de réduire les émissions de carbone de 7-8% chaque année, dès maintenant. Le taux de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas monter plus haut, au risque de dégâts irrémédiables à la biosphère. J’espère que les projets d’adaptation intelligente, dans l’agriculture biologique ou l’agroforesterie, stabiliseront aussi le climat. Le risque est que nous nous adaptions pour cinq ou dix ans, mais que le climat empire et devienne incontrôlable. Les investissements ne doivent pas être dirigés dans la recherche sur les avions à piles qui seraient développés pendant que la flotte actuelle pollue allègrement. Plus exactement, je suis d’accord pour la recherche, à condition que l’aviation diminue les émissions dès cette année. C’est aussi possible, en limitant simplement les vols de connection, les vols à courte distance et les avions vides. J’ai été surprise d’entendre un intervenant du WWF s’exprimer en faveur de l’adaptation. L’Amazonie ne s’adaptera pas. La croissance des arbres a diminué à cause des sécheresses de ces dernières années, et elle succomberait probablement aux températures trop élevées. Or, la Planète en a besoin. Il vaut bien mieux arrêter le réchauffement et la déforestation.

Construire moins et plus résistant

Il ne faut pas lancer d’énormes projets d’écoquartiers, et il faut arrêter les chantiers les moins écologiques. Les émissions de la construction, estimées dans la conférence à 37%-40% du total, doivent diminuer cette année. J’ai une excellente idée pour cela. Il faut vite établir et suivre des nouveaux standards de sécurité pour la construction, en sachant que les catastrophes s’aggraveront ces dix prochaines années. Si nous n’agissons pas sagement au cours de cette décennie, elles prendront encore de l’ampleur par la suite. Nous devons prendre en compte les risques apportés par la météo extrême dont nous avons eu un échantillon cet été en Europe avec des tornades et des grêlons géants, des inondations et des glissements de terrain. Ces événements sont bien plus dévastateurs en Chine et dans les régions tropicales. Les constructions mises en danger par le climat doivent être suspendues pour dix ans. Pendant ce temps, des études de risques beaucoup plus poussées permettraient de mieux prévoir la suite. La banque européenne d’investissement semble l’avoir compris, elle lance de nombreux investissements durables, et favorisera des infrastructures capables de résister aux intempéries.

Je remarque avec plaisir que de nombreux dirigeants soutiennent les solutions basées sur la Nature, qui permettront de régénérer les écosystèmes, les sols, éviteront la pollution et permettront l’alimentation saine des populations. Cette idée, essentielle, est maintenant largement comprise et soutenue.

Addendum: Je suis d’accord avec le commentaire qu’il faudrait limiter la surpopulation, le propose d’essayer la solution d’offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde, ce qui respecte les droits de l’Homme. Il faudrait aussi combattre les mariages d’enfants,  les mariages forcés et les viols.

Je ne suis pas d’accord sur l’influence des cycles solaires, le réchauffement est dû à nos émissions de carbone fossile et, je l’admets, aussi à la déforestation. Mais la végétation peut y remédier, et améliorer le cycle hydrique, c’est une excellente solution.

Architecture des catastrophes

Le Futur apportera de nombreux événements extrêmes

Le Forum des 100 du Temps présentait plusieurs beaux projets de villes durables et écologiques.. Les nouveaux quartiers auront des maisons à excellent bilan énergétique, des potagers, des commerces de proximité.  Certains de ces projets étaient en discussion depuis vingt ans, et se réaliseront maintenant, dans les années 2020 (articles du Temps).   

Or aujourd’hui, un déluge s’abat chaque jour sur une ville sur Terre. Le réchauffement climatique provoque des pluies de plus en plus intenses, souvent très localisées. La ville de Londres subit maintenant des inondations toutes les quelques semaines ou quelques mois.  Elles touchent souvent un seul quartier (lien BBC).  

Le climat apporte chaque jour de nouveaux événements: cet été de nombreuses chutes de grêle en Europe,   plusieurs tornades,  et un vent fort qui a causé des dégâts  à Zurich. 

Dans d’autres pays, des catastrophes météorologiques plus fortes se produisent. Comme le président du GIEC l’a confirmé en 2020, elles dépassent largement les prévisions, certains événements atteignent déjà le niveau prévu pour 2100.  Nous avons que le climat s’aggravera, alors ces événements  pourraient survenir chez nous dans les prochaines décennies. 

Les vents violents arrachent des toits d’immeubles en Russie. Ils se détachent par plaques entières de dizaines de mètres.  Des tornades ont touché cet été les mégapoles chinoises à quelques reprises au moins.  Les vents cassent les grues et les échauffaudages, les panneaux de signalisation, les arbres, et promènent les voitures comme des ballons.    Les inondations interrompent le traffic, détruisent les stocks et la machinerie en en sous-sol, et sapent les fondations de bâtiments.  Les glissements de terrain, en augmentation dans l’Himalaya, emportent les routes et les maisons.

L’année dernière, le vent de Derecho dans l’Iowa a brisé des milliers d’arbres et de poteaux électriques et bloqué des routes pendant plusieurs jours, laissant la population sans aide ni ravitaillement à 40 °C. Cet été, un vent fort a causé des dégâts à Zurich, il y a deux ans à Genève. En Chine, les vents ont rendu impossible la marche dans les rues à plusieurs reprises cet été. Si cela augmente, les dégâts deviendront importants. Plusieurs mégapoles ont essuyé des tornades. La grêle cause d’énormes dégâts et les tornades sont extrêmement destructrices.

La chaleur tue très vite, en un jour.

Ces problèmes restent largement ignorés même si certains écoquartiers comportent des grandes bouches d’évacuation d’eau.  

L’étendue et l’ampleur exactes dépendront de l’application des solutions et ne sont pas encore connues Il est difficile d’anticiper l’avenir entre le scénario du GIEC, les risques de réchauffement abrupt plus rapide, la possibilité de géo-ingénierie longuement évoquée dans le dernier rapport du GIEC, et l’intervention de plusieurs volcans, qui pourraient limiter le réchauffement en 2021 et 2022, mais n’entreront probablement pas en éruption chaque année. 

Des changements brusques et graves du climat sont vraiment possibles Les tempêtes pourraient devenir très différentes, en particulier s’il y a un saut soudain de la température de la Terre de 1°C par an, ce qui est possible  lors d’une année El Niño, au cours de cette décennie, ou un peu plus tard, à cause d’émissions explosives de méthane, de la mort de l’Amazonie, etc.

Will Stephen (auteur de cet article important sur les points de basculement) a déclaré dans une interview en mai : » Les trajectoires de températures sont lisses car les modèles ont des problèmes à gérer les discontinuités à grande échelle, les changements brusques. Ils (les points de bascule)  sont des risques extrêmement importants. Je dirais que vous ne pouvez pas les classer dans la catégorie des risques à faible probabilité d’impact élevé, je dirais qu’ils sont des risques à probabilité raisonnable d’impact élevé ». Il parle d’événements très graves, mais peut-être éloignés dans le temps. Cela dit, le Futur est très incertain.

Adaptation aux catastrophes

Aujourd’hui, j’habite dans une maison villageoise vieille de plusieurs siècles.  Face au climat, pouvons-nous encore espérer construire quelque chose qui tiendra aussi longtemps? Pouvons-nous construire des bâtiments qui tiendront cent ans?

Nous devons être très prudents dans les constructions et les infrastructures futures. Nous avons besoin d’une architecture et d’un urbanisme de catastrophes, pour un monde d’ouragans et de décombres.

Nos rues se transformeront de plus en plus souvent en rivières.  Faut- il créer des promenades au 2ième ou 3ième étage des immeubles pour les éviter? Les fondations sont sapées par les inondations, elles devraient être revues et planifiées dorénavant en vu de cet avenir. Un article récent appelle à repenser la résilience (phys). La durabilité doit aussi être considérée dans le sens premier du terme.   Je ne veux surtout pas remplacer les éco-quartiers par des bunkers, la qualité de vie est importante, et la verdure et la communication l’améliorent beaucoup. Cependant, je crois que  nous devons arrêter toutes les constructions fragiles, ou  prévues dans des zones à risque.

Les projets de constructions pourraient aussi être analysés pour leur résistance aux tornades, aux inondations d’un, deux ou cinq mètres, aux ouragans, aux grêles, et les plus résistants auraient la priorité. Ou une autre solution, plus judicieuse, serait peut-être un moratoire quasi-total sur les constructions, jusqu’à ce que des chiffres plus précis sur le événements extrêmes soient disponibles dans cinq ou dix ans.

L’EPFL  devrait  enseigner à tous les ingénieurs et architectes les événements météorologiques extrêmes, la météo du futur, des vingt ou de cent prochaines années.   C’est très difficile parce que les chiffres corrects n’existent pas encore. Il y a au moins trois façons de prévoir ces événements. Une consiste à analyser en détail les résultats de modèles climatiques et y relever les événements   extrêmes possibles. Les climatologues demandent un centre de la taille du CERN pour étudier les catastrophes possibles qui apparaissent dans les modèles climatiques. L’équipe de Sonia Seneviratne à l’ETHZ le fait peut-être.

Une deuxième façon est d’observer les changements actuels, les inondations, ouragans, tornades, à analyser leur rapide progression et à faire des projections pour le Futur.

Enfin, si une règle de progression d’événements climatiques peut être déduite des observations et d’expériences, il est possible de prévoir leur évolution future.

Bien sûr, si nous admettons que le Futur n’est pas encore écrit, les événements extrêmes dépendent de l’action climatique.

Alors d’un côté, il faut établir les valeurs qui définiraient les catastrophes futures.  Elles sont été largement sous-estimés.

A mon avis, nous avons besoin de deux ou même trois instituts de recherche: Un institut de recherche sur le risque climatique, qui étudiera au moins les événements déjà présents sur la Planète Terre: grêles géantes, inondations, tornades. Ils peuvent être enseignés sans probabilité exacte qui sera établie en parallèle.

Un institut de météorologie extrême devrait, en fait, étudier les phénomènes atmosphériques extrêmes et établir des modèles de méga-orages, super-ouragans, hyper-vagues de chaleur que l’atmosphère perturbée pourrait engendrer.  Certains phénomènes météorologiques, actuellement limités aux autres Planètes, pourraient être étudiés aussi.

Un autre institut devrait être consacré à l’adaptation, et prévoir des bâtiments, des matériaux, des routes qui résisteraient à un climat extrême et changeant.  Il devrait tout de suite considérer des événements très graves, et rechercher des solutions pour ceux-là.  Il y a sûrement des adaptations très simples, des canaux, des volets aux fenêtres, et elles doivent être prévues. 

Ainsi, nous regarderions le Futur en face.

 

Addendum le 25 octobre: Grêlon du 21ème siècle

Istamboul fin novembre 2021 : vidéo

Une véritable prévention des risques climatiques implique la divulgation des événements les plus graves

Cet été nous avons vu des événements climatiques inouïs, la vague de chaleur du Canada, de nombreuses inondations et en Europe Centrale, de nombreux forts orages avec grosses grêles et tornades.   J’ai demandé encore une fois à un climatologue si ces catastrophes indiquaient que le réchauffement climatique se produisait plus vite que prévu, et qu’il dépassait les prévisions du GIEC. Ce n’est pas certain. Comme d’autres l’ont dit avant lui,  Il relève que tels événements extrêmes sont présents dans les modèles officiels, mais si j’ai bien compris, ils apparaissent parfois,  leur probabilité est jugée assez faible et ils ne sont donc pas inclus dans l’évolution la plus probable du climat terrestre. Les modèles qui calculent l’évolution du climat sont des versions simplifiées de la réalité, qui incluent la compréhension et la description humaine, arbitraire, de la réalité. Ils varient un peu, les scientifiques sélectionnent les événements les plus vraisemblables. Les conclusions du rapport du GIEC portent sur l’évolution des moyennes de température et les catastrophes prédites de façon fiable par plusieurs modèles. Il présente les événements probables, à plus de 66%,  et donne des moyennes de températures.

Nous devons être conscients qu’en plus des événements présentes dans le rapport du GIEC; il y en aura d’autres. Certaines villes dans le monde seront frappées par des catastrophes exceptionnelles. Sur un million de villes dans le monde et quatre-vingt ans, il y aura de nombreux événements qui sont qualifiés  de  rares ou d’exceptionnels.

Nous avons besoin de connaître ces risques.  Je vis en Suisse, dans une société sûre, où les maisons ne s’effondrent pas, et les bus et les trains n’ont quasiment jamais d’accidents. Tout cela a été obtenu par des règles de sécurité rigoureuses.  Je ne vis pas dans une maison ‘likely to stand’, qui aurait deux chances sur trois de rester debout. Vous imaginez une ville ‘likely to stand’ où moins d’une maison sur trois, disons une maison sur quatre s’effondre?  Les normes de constructions sont bien plus stringentes. La probabilité d’accident de toutes les constructions est surveillée et réduite au minimum, à des fractions infimes de pour-cent. Jusqu’à maintenant.

Je  crois que les architectes et les ingénieurs doivent absolument connaître les risques d’événements extrêmes à probabilité estimée à 1% ou 0,1% et les intégrer dans leurs projets. Par exemple, nous pourrions construire seulement des bâtiments prévus pour résister à pour une période d’ouragans et d’inondations, avec des solutions pour 50°C.

Nous avons besoin d’un outil différent du rapport du GIEC pour la gestion du risque. Nous avons besoin d’un catalogue exhaustif d’événements extrêmes possibles, pas de moyennes de température, mais toutes les vagues de chaleur séparées, et toutes les pluies intenses.

Les climatologues pourraient prendre tous les modèles et faire un catalogue complet de tous les événements extrêmes,  ou de cataclysmes plus graves encore, qui pourraient par exemple causer la mort d’un million de personnes. Ou alors ils pourraient choisir les modèles qui collent le mieux à notre réalité actuelle, qui ont prévu les événements récents, et établir une liste de risques à partir de ceux-là. Certains modèles ont prédit les inondations, par exemple le  climatologue belge Fettweis, a prévu les événements de cet été et leur retour d’ici dix à vingt ans, en réalisant un développement détaillé des prévisions du GIEC. 

Les autorités nationales et l’organisation de préventions de risque de catastrophes de l’ONU (UNDRR) devraient disposer de cette liste de risques pour préparer des plans d’évacuation, ou des aménagements qui nous permettraient d’y faire face. Nous devons connaître les risques, au moins l’éventualité d’une pluie de plus d’un mètre d’eau, ou de plusieurs mètres d’eau, d’une vague de chaleur au dessus de 45 degrés mais peut-être de 55°C, de tornades, d’événements capables de détruire une ville entière.

Les scientifiques sont inquiets car les ordinateurs dont dispose le GIEC ne semblent pas suffisants pour prédire chaque catastrophe. Comme le rapporte BBC News, ils demandent un super centre de calcul, à l’échelle du CERN, pour calculer ces événements individuels (BBC). Mais d’autre part, des cataclysmes plus graves que les événements extrêmes actuels apparaissent déjà parfois dans le modèles existants, et il faut récupérer ces informations.  Enfin, ils pourraient choisir quelques bons modèles réalistes, et établir une liste de dangers possibles à partir de ceux-là.

Ensuite, il faut élaborer des plans pour une vague de chaleur de 50°C ou une grave inondation. Nous serons probablement prévenus par les météorologues deux jours avant. Des constructions adéquates pourraient être prévues et réalisées dès maintenant pour pallier aux événements graves, et des plans d’évacuation d’urgence ou des survie doivent exister pour tous ces événements extrêmes.

Une représentation géographique pourrait aussi montrer toutes les zones exposées aux catastrophes, une carte de la Terre couverte de points noirs qui indiquerait tout de même les zones les plus sûres, et servirait de base à la construction de nouvelles villes dans ces endroits sûrs.

Addendum le 20 septembre: Les modèles calculent parfois des catastrophes qui ne sont pas inclues dans les prévisions consensuelles. Une solution serait de faire la liste de tous les événements potentiels pour une l’année, p.ex 2030, en sachant bien sûr qu’ils sont peu probables mais que leurs  conséquences seraient graves.

Image de couverture par Pete Linforth de Pixabay

Ancien Blog : Climat et constructions

 

Les événements extrêmes annoncent un changement grave du climat

Je suis stupéfaite de voir que le vaccin et le certificat covid remplissent l’espace consacré à l’actualité à la télévision alors qu’en arrière-plan,  en dix secondes, nous voyons  d’immenses feux de forêts dévaster la Grèce et la Turquie, affligées d’une vague de chaleur exceptionnelle. Il y a un mois, le Canada a atteint 49°C.  Il y a deux semaines, les statisticiens livraient leurs conclusions: selon les modèles de réchauffement climatique,  une telle vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Si elle se produisait plus souvent, les estimations des experts devraient être revues. Or les événements exceptionnels se multiplient cette année.  Ce même été, le proche-Orient, et aujourd’hui la Grèce ont aussi connu des vagues de chaleur exceptionnelles.  Les températures en Alaska  dépassent les trente degrés cette semaine,  elles sont totalement hors norme comme celles de la Sibérie au début de l’été. Des dizaines de tempêtes de grêle ont balayé l’Europe, il y a aussi  des tornades.  Cet été apporte des centaines d’événements climatiques étranges, et visiblement le climat est complètement déstabilisé.  Plusieurs experts mondiaux, tels que Johan Rockström,  évoquent la possibilité qu’il ait passé un seuil au delà duquel la météo sera différente. 

L’évolution du climat pourrait alors être très différente des prévisions du GIEC. Le cycle naturel pourrait être rompu, et les éléments qui modèrent habituellement les températures ne joueraient plus leur rôle.  Le changement s’amplifierait. 

Une accélération est de toute façon prévisible. La banquise arctique se réduit presque chaque année et cette année elle a atteint une surface minimum.   Avant, cette mer était toujours couverte d’une couche de glace d’environ un mètre, âgée de plusieurs années. Maintenant, elle est plus fine, souvent brisée en fragments séparés, et la surface de mer ouverte, bleue, s’agrandit régulièrement.

A mesure que la surface de  la glace diminue, la Planète se réchauffe de plus en plus vite. De plus,  le permafrost Arctique fond et commence à émettre du méthane qui amplifiera encore l’effet de serre dans le futur.

Les forêts brûlent partout sur la Planète et perdent leur rôle de puits de carbone.

Il est bien possible que le réchauffement soit déjà plus rapide que prévu, ce qui nous vaut les inondations et les vagues de chaleur de cette année, et qu’il soit sur le point d’accélérer encore. 

Aujourd’hui, les prévisions d’évolution du climat officielles sont basées sur le dernier rapport du GIEC, et les schémas de réduction s’en inspirent. Mais les événements météorologiques de cet été indiquent que le changement pourrait être plus rapide ou plus grave.  Je ne sais pas si les experts livreront des nouvelles prévisions après cet été apocalyptique, s’ils comprennent maintenant bien l’évolution du climat. Il faudra peut-être un peu plus de temps, des nouveaux modèles basés sur la réalité dont la mise au point pourrait prendre quelques années.   Quelques scientifiques ont émis depuis longtemps des théories différentes sur le déroulement du réchauffement, et craignent une évolution très négative, un réchauffement abrupt et dévastateur. Ils étaient parfois taxés d’alarmistes mais les événements récents semblent leur donner raison. 

D’ici dix ans,  ou même à la prochaine année el Nino dans deux ou dans trois ans, nous aurons probablement d’immenses  inondations, des vagues de chaleur mortelles, des grêles géantes, enfin que sais-je… des événements graves qui mettront notre société en danger. 

Nous devons tout faire pour l’éviter. Ce sera difficile, une aggravation est inévitable, mais nous pouvons peut-être sauver les villes dans lesquelles nous vivons et une partie de nos écosystèmes.  Nous ne pouvons exclure qu’au cours de ces prochaines années, une vague de chaleur dépassant les 45°C touche la Suisse, que la forêt proche de ma maison prenne feu,  et que nous ayons à faire face à ce grave danger, comme les Grecs et les Turcs aujourd’hui.  C’est arrivé début juillet au Canada. Nous sommes déjà en danger, l’ère des catastrophes a commencé. Aujourd’hui, nous le savons. 

Nous entrons dans une course à la vie ou à la mort.  Il y a aura de nombreux dommages. Nous avons besoin de nouvelles prévisions basées sur les événements récents. Elles nous permettraient d’estimer ce qui pourra être sauvé et ce qui doit être évacué.

Article du Temps: Climat, l’été de tous les extrêmes

Addendum: Les scientifiques ont ensuite déclaré que les événements de 2021 étaient possibles si le réchauffement suit les modèles  du GIEC, les prévisions d’événements extrêmes doivent être améliorées https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/09/19/une-veritable-prevention-des-risques-climatiques-implique-la-divulgation-des-evenements-les-plus-graves/

La destruction climatique a commencé et a frappé Zurich hier

Depuis quelques années je vois des articles sur des vents étonnement forts qui se produisent à plusieurs endroits du globe.  Dans une ville après l’autre, un vent très fort se lève et cause des dégâts  inouïs. 

J’ai près de cinquante ans, et je  n’avais  jamais vu d’arbre cassé par le vent,  de tornade ni de grêle.  Je n’ai même jamais entendu d’informations mentionnant des tornades en Europe.  Je considère donc ces événements comme exceptionnels.  Nous sommes d’accord, ils sont clairement rares, n’est-ce pas?  Ils se sont produits près de chez moi cet été.  La tempête a déraciné un arbre devant l’école de ma fille à un kilomètre, il y a eu des dizaines d’orages et des petits grêlons sont tombés sur ma vitre. Ils se multiplient énormément.  J’ai aussi remarqué la nouvelle érosion du sol dans les forêts de montagne, due certainement à une alternance de chaleur et de sécheresse et de pluies intenses de ces dernières années.

Depuis quelques années, les articles rapportant des vents très forts qui cassent des arbres dans les villes s’accumulent.  Ils semblent apparus  après le réchauffement rapide de 2015 et 2016.  La Terre a alors quitté le climat dans lesquelles  l’Humanité a toujours vécu, et l’Organisation Météorologique Mondiale a averti que des phénomènes climatiques nouveaux peuvent se produire. 

En 2016 ou 2017,  quelques tempêtes étonnamment fortes se sont abattues sur Varsovie en  Pologne et la Russie. En Pologne, en tout cas, il s’agissait d’événements exceptionnels, tout à fait étonnants et nouveaux pour les habitants.  Les arbres ont été déracinés, sont tombés sur des voitures, qui ont été soulevées.  

En 2018, la tempête David (Frederike) a frappé les Pays-Bas (vidéo).

Le début des jeux Olympiques de  Corée du Nord a aussi été bloqué par un souffle extrêmement fort (lien). 

Et cette même année des forts orages, appelées pluies tropicales,  ont provoqué une inondation à Lausanne et à plusieurs endroits en France.

Depuis, des articles de journaux mentionnant des vents forts et des arbres arrachés se multiplient sur internet.  Ce sont clairement des événements exceptionnels, qui arrivent dans une ville après l’autre.   D’autres images montraient des grues de chantier cassées et frappant les vitres d’un immeuble, au Canada et en Allemagne.

En 2019 il y a eu quelques tempêtes assez fortes en Suisse, au début de l’année, et une forte bourrasque a fait tomber le mur de Trump entre les Etats-Unis et le Mexique (lien).

En 2020, je relève la tempête Petra à Aigle (lien). En été, un fort orage a déraciné une cinquantaine d’arbres dans les parcs de Genève (lien,  blog).  C’était aussi un événement rare. A cette même période, le Iowa aux Etats-Unis a essuyé un vent violent, un Derecho, qui a cassé des milliers d’arbres, de poteaux électriques et a laissé les habitants d’une grande région sans électricité , sans route practicable et sans secours pour plusieurs jours dans la chaleur (blog).

Et cette année, la presse californienne a rapporté un vent étonnamment fort (lien),  la Chine a été impitoyablement balayée pendant plusieurs jours (vidéo).  J’ai vu  de toits d’immeubles arrachés à Manaos (vidéo), en Amazonie Brésilienne et en Russie (vidéo).

Nous avons aussi eu un ciel totalement orange, martien, quand le Sable du Sahara a été amené au-dessus de nos montagnes. Ce phénomène s’est produit plusieurs fois cette année à différents endroits du globe.    

La preuve de l’augmentation des vents n’est apparemment pas évidente techniquement. J’utilise personnellement le critère du nombre d’arbres cassés, subjectif, pour tenir le compte des fortes tempêtes qui apparaissent dans les médias.  Cela pourrait être une base de calcul pour un article scientifique,  mais le nombre d’arbres n’est pas fixe, et surtout l’année prochaine, ils pourraient ne plus être là, alors qu’ Eole reviendra.  Des statistiques pourraient aussi être effectuées sur le nombre de poteaux de feux de circulation pliés dans le monde par année, ou sur les toits arrachés. 

L’augmentation des pluies intenses est beaucoup plus visible  depuis que les précipitations sont comptabilisées par heure, et non pas par jour. Pour le vent, j’ai reçu la réponse que des épisodes très forts se sont toujours produits.  Un changement de critère est peut-être nécessaire pour mesurer correctement ces nouveaux phénomènes.  Il faut peut-être faire un calcul sur  l’intensité du souffle en plaine, sans tenir compte du sommet des montagne, ou mesurer la vitesse ou la puissance sur une certaine surface minimale. Ils pourraient placer 10’000 poteaux standardisés partout dans le monde et les remplacer s’ils se facturent.  Les instruments de mesure actuels sont peut-être trop sensibles.  Ecoutez, franchement, il se passe quelque chose! Les statisticiens ont en tout cas montré une aggravation des ouragans et des orages, et l’augmentation de la température devrait favoriser ces phénomènes. Selon l’expert Stefan Rahmstorf la météo actuelle est surtout étonnante par sa persistance, qui pourrait être due au réchauffement de l’Arctique et aux changements de vents qui en découlent (lien).

Regardez les vidéos catastrophique que je mets en lien. Je suis convaincue que nous verrons ces événements, plus intenses arriver ici. Je demande que nous ne construisions plus rien qui ne puisse résister aux ouragans.

Cet été a apporté des semaines d’orages violents sur l’Europe Centrale, plusieurs tornades, et des dizaines de chutes de grêle, grosse de plusieurs centimètre ou abondante, s’accumulant en congères sur le sol.  Les événements ont débouché sur des inondations, et des glissements de terrain en Suisse (article Temps). Les inondations sont bien plus fortes ailleurs, en ce moment en Chine et en Inde.

J’ai trouvé une étude concernant l’Est des Etats-Unis, qui fait état d’orages plus forts au cours des dernières décennies. Elle  estime que le réchauffement climatique va y causer  des orages encore plus intenses, propices aux tornades (avec une forte augmentation de jours à CAPE > 4’000 J/kg; Robust increases in severe thunderstorm environments in response to greenhouse forcing’).

De plus, il peut y avoir une différence importante entre ce que le consensus du GIEC prévoit et l’intensité de phénomènes réels, d’un phénomène qui sera très destructeur.

Hier, James Hansen ne m’a pas du tout rassuré. Il a appelé la période allant de 2016 à 2021 une pause du réchauffement (lien).  J’espère vivement que nous n’allons pas vivre encore une augmentation de température d’un demi-degré Celsius en un an, comme en 2015-2016. Je crois qu’alors l’intensité des phénomènes atmosphériques serait décuplée, qu’ils deviendraient vraiment dangereux. Nous devons nous y préparer des maintenant. 

Nous vivons maintenant le début de la destruction de l’Europe par les phénomènes climatiques.  

 

Addendum le 21 juillet: tempête étonnamment forte à Chihuahua au Mexique https://www.youtube.com/watch?v=pVfAHfUbMnM