Nous ne nous adapterons pas au réchauffement. Arrêtons – le!

Graves menaces pour les Etats insulaires

J’ai assisté à une conférence de l’ONU sur le climat,  le ‘UN Trade forum’ axé sur les objectifs de développement durable et au changement climatique.

Les représentants de nombreux états insulaires ont affirmé les dangers du climat.

Le weekend précédent, l’ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, et deux typhons ont touché le Japon et la Chine.
Le représentant de Wuanatu a déclaré que la Planète est en danger et a demandé un secrétaire spécial et un rapporteur spécial sur le changement climatique, ce qui semble une très bonne idée de nos jours.
Les représentants de Sainte-Lucie, des Maldives, des Bahamas ont évoqué les catastrophes actuelles et les dangers qui les menacent. Ils sont exposés à des ouragans, à la sécheresse et à la montée du niveau de la mer, les transports pourraient être interrompus et selon les diplomates concernées, les scénarios prédictifs sont terribles.

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Les représentants des Bahamas ont évoqué la possibilité que les ouragans actuels constituent leur nouvelle réalité. De nombreux Etats insulaires demandent des moyens financiers pour s’adapter au changement climatique.

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse de la situation climatique. Je crois que n’est pas la nouvelle norme, ce n’est qu’un début.

Tout le monde sous-estime le climat. Selon un nouveau rapport de la Commission Globale pour l’Adaptation (Ban Ki-Moon, Bill Gates, Banque Mondiale, divisions climat et environnement de l’ONU), la préparation aux catastrophes climatiques est gravement insuffisante.  Les actions les plus urgentes recommandées par cette commission incluent des systèmes d’avertissement rapides, et le développement de cultures alimentaires qui peuvent supporter les sécheresses (d’après Carrington, The Guardian).

Ouragans cent fois plus destructeurs

Les catastrophes augmentent quasiment chaque année, et elles pourraient s’aggraver au même rythme.

Le rapport du GIEC sur les océans qui sera publié le 25 septembre estime que les dégâts causés les ouragans augmenteront au centuple.

L’OMM a qualifié d’avertissement les ouragans terribles qui ont frappé le Mozambique. Les tempêtes destructrices sont de plus en plus nombreuses et des plus terribles pourraient survenir. Nous n’avons, de loin, pas tout prévu.

Actuellement, les tempêtes sont plus fortes, il semble y avoir plus de pluies intenses, d’inondations, de grêle, de tornades, de foudre, même en Europe. Ces phénomènes doivent déjà être surveillés, car si l’augmentation continue, la météo deviendra dangereuse partout.

Menaces pour la Terre entière

Les fortes tempêtes pourraient bien être la réalité avec laquelle nous devrons vivre en Europe et à laquelle nous devrons nous adapter. Je doute que nous puissions sauver les états insulaires de catastrophes répétées et croissantes. Les ouragans enflent, la fonte du Groenland atteint déjà des seuils attendus pour 2100, les vagues deviennent de plus en plus grandes.
Ils pourraient être frappés par des tempêtes plus fortes, puis par la montée du niveau de la mer.
Ces états ont maintenant besoin d’abris anti-catastrophe, de bateaux d’évacuation, et de lieux d’accueil.

C’est ici, en Europe, que nous devons nous concentrer sur l’adaptation aux graves catastrophes. Nous devons préparer des canaux pour évacuer les inondations,  rendre nos maisons résistantes aux tempêtes, vents, grêles et vagues de chaleur, isoler les bâtiments et passer aux énergies renouvelables. Nous pouvons encore nous calfeutrer pendant que d’autres pays seront rayés de la carte.

Mais nous ne devons pas faire cela! Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement, et éviter ce Futur de destruction de la Terre, et de vie dans des abris pour les plus chanceux.
Nous devons arrêter le réchauffement climatique au plus vite, avant qu’il n’inflige de dégâts irrémédiables.
Nous entrevoyons maintenant quels risques nous prenons en chauffant la Planète, ils pourraient bien nous heurter de plein fouet, sous forme de tornades, de grêles, de foudres ou de vents destructeurs.

Nous devons déclarer un Etat d’urgence planétaire, où seule la production et le transport de biens indispensables seront permis. Nous devons arrêter les usines sur la Planète Terre et employer une grande partie de la population à capter du carbone dans des forêts et les sols. Nous devons le faire vite,  pendant qu’il est encore temps de sauver nos villes et notre civilisation.

Alarme pour la Terre: urgence et nécessité d’une mobilisation mondiale

Le danger du climat

Le changement climatique est la question déterminante de notre époque – et nous sommes à un moment décisif.

Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe.

Le changement climatique évolue plus vite que nous – et sa rapidité a provoqué une vague mondiale de SOS.

Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le point où nous pouvons éviter un changement climatique insensé, avec des conséquences désastreuses pour les populations et tous les systèmes naturels qui nous entretiennent.

Crise climatique

Qu’il n’y ait pas de doute sur l’urgence de la crise.

Nous connaissons des températures record dans le monde entier.

Selon l’Organisation météorologique mondiale, les 18 dernières années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées au cours des deux dernières décennies.

Cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude.

Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies de forêt, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation.

Le mois dernier, l’État du Kerala en Inde a subi les pires inondations de la mousson de l’histoire récente, faisant 400 victimes et 1 million de personnes supplémentaires chassées de leurs maisons.

Nous savons que l’ouragan Maria a tué près de 3 000 personnes à Porto Rico l’année dernière, ce qui en fait l’une des catastrophes météorologiques les plus meurtrières de l’histoire des États-Unis.

Nombre de ces personnes sont mortes dans les mois qui ont suivi la tempête, faute d’accès à l’électricité, à de l’eau potable et à des soins de santé adéquats en raison de l’ouragan.

Ce qui rend tout cela encore plus troublant, c’est que nous avons été prévenus.

Les scientifiques nous le disent depuis des décennies. Encore et encore.

Beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter.

Beaucoup trop peu ont agi avec la vision exigée par la science.

Nous voyons les résultats.

Dans certaines situations, ils se rapprochent des pires scénarios de scientifiques.

La banquise arctique disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé. Cette année, pour la première fois, une épaisse glace de mer permanente au nord du Groenland a commencé à se briser. Ce réchauffement dramatique dans l’Arctique affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord.

Les feux de forêt durent plus longtemps et se propagent plus loin.

Certaines de ces flammes sont si grosses qu’elles envoient de la suie et des cendres dans le monde entier, noircissant les glaciers et les calottes glaciaires et les faisant fondre encore plus rapidement. Les océans deviennent de plus en plus acides, menaçant la base des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Les coraux meurent en quantités énormes, ce qui appauvrit encore davantage les pêcheries vitales. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes.   À mesure que le changement climatique s’intensifie, nous aurons de plus en plus de difficultés à nous nourrir.

Conséquences

Les taux d’extinction vont augmenter à mesure que les habitats vitaux déclinent.

De plus en plus de personnes seront obligées de quitter leur foyer, car les terres dont elles dépendent deviennent moins aptes à les faire vivre.

Cela entraîne déjà de nombreux conflits locaux liés à la diminution des ressources. En mai dernier, l’Organisation météorologique mondiale a annoncé que la planète franchissait une nouvelle étape sombre: la moyenne mensuelle la plus élevée jamais enregistrée pour les niveaux de dioxyde de carbone. Quatre cents parties par million ont longtemps été considérées comme un seuil critique. Mais nous avons maintenant dépassé 411 parties par million et les concentrations continuent à augmenter. C’est la plus forte concentration en 3 millions d’années. 

Nous savons ce qui se passe sur notre planète. Nous savons ce que nous devons faire. Et nous savons même comment le faire. Mais malheureusement, l’ambition de notre action n’est nulle part ailleurs. Lorsque les dirigeants mondiaux ont signé l’accord de Paris sur le changement climatique il y a trois ans, ils se sont engagés à empêcher les températures de monter de moins de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et à maintenir cette augmentation aussi proche que possible de 1,5 degré. Ces cibles étaient vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique. Mais les scientifiques nous disent que nous en sommes loin. Selon une étude des Nations Unies, les engagements pris jusqu’à présent par les parties à l’accord de Paris ne représentent qu’un tiers de ce qui est nécessaire. La montagne devant nous est très haute. Mais ce n’est pas insurmontable. Nous savons comment résoudre le problème.

Solutions

En termes simples, nous devons freiner les émissions mortelles de gaz à effet de serre et encourager les actions climatiques. Nous devons rapidement nous libérer de notre dépendance aux combustibles fossiles. Nous devons les remplacer par une énergie propre provenant de l’eau, du vent et du soleil. Nous devons mettre fin à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et changer notre façon de travailler. Nous devons embrasser l’économie circulaire et l’efficacité des ressources.

Nos villes et nos secteurs des transports devront être réaménagés. La manière dont nous chauffons, refroidissons et éclairons nos bâtiments devra être repensée afin de gaspiller moins d’énergie. Et c’est précisément là que cette conversation peut devenir passionnante. Parce que la plupart des discussions sur le changement climatique se concentrent sur la tristesse. Bien sûr, des avertissements sont nécessaires. Mais la peur ne fera pas le travail. Non, ce qui captive mon imagination, c’est la vaste opportunité offerte par l’action pour le climat. Chers amis, L’humanité bénéficiera d’énormes avantages si nous pouvons relever le défi climatique. Un grand nombre de ces avantages sont économiques.

Economie

J’ai entendu l’argument, généralement émanant d’intérêts particuliers, selon lequel la lutte contre le changement climatique coûte cher et pourrait nuire à la croissance économique. C’est de la foutaise. En fait, le contraire est vrai. Nous subissons des pertes économiques énormes dues au changement climatique. Au cours de la dernière décennie, les conditions météorologiques extrêmes et l’impact sur la santé de la combustion de combustibles fossiles ont coûté à l’économie américaine au moins 240 milliards de dollars par an. Ce coût va exploser de 50% au cours de la seule décennie à venir. D’ici 2030, la perte de productivité causée par un monde plus chaud pourrait coûter 2 billions de dollars à l’économie mondiale. De plus en plus d’études montrent également les énormes avantages de l’action pour le climat (…).

Elles montrent que l’action pour le climat et les progrès socio-économiques se renforcent mutuellement, avec des gains prévisibles de 26 000 milliards de dollars d’ici 2030 par rapport au statu quo. Si nous poursuivons sur la bonne voie. Par exemple, pour chaque dollar consacré à la restauration de forêts dégradées, 30 dollars peuvent être récupérés en avantages économiques et en réduction de la pauvreté. La restauration des terres dégradées se traduit par de meilleures vies et revenus pour les agriculteurs et les pasteurs, ainsi que par moins de pression pour migrer vers les villes. Un approvisionnement en eau et un assainissement résilients au climat pourraient sauver la vie de plus de 360 ​​000 nourrissons chaque année. Et l’air pur présente de nombreux avantages pour la santé publique. Selon l’Organisation internationale du travail, des politiques d’économie verte sensées pourraient créer 24 millions de nouveaux emplois dans le monde d’ici 2030.


Economie verte en action


En Chine et aux États-Unis, les nouveaux emplois dans les énergies renouvelables dépassent maintenant ceux créés dans les industries du pétrole et du gaz. Et, au Bangladesh, l’installation de plus de quatre millions de systèmes solaires domestiques a créé plus de 115 000 emplois et a permis aux ménages ruraux d’économiser plus de 400 millions de dollars en combustibles polluants. Ainsi, le passage aux énergies renouvelables permettrait non seulement d’économiser de l’argent, mais aussi de créer de nouveaux emplois, de gaspiller moins d’eau, de stimuler la production alimentaire et de nettoyer l’air pollué qui nous tue.

Il n’y a rien à perdre en agissant; il y a tout à gagner. Maintenant, nombreux sont ceux qui pensent que le défi est trop grand. Mais je suis profondément en désaccord. L’humanité a déjà affronté et surmonté d’immenses défis. défis qui nous ont obligés à travailler ensemble et à mettre de côté la division et la différence pour lutter contre une menace commune.   C’est ainsi que l’ONU est entrée en action. C’est ainsi que nous devons aider à mettre fin aux guerres, aux maladies, à la pauvreté dans le monde et à remédier au trou dans la couche d’ozone. Nous sommes maintenant à un carrefour existentiel. Si nous voulons prendre le bon chemin – le seul chemin raisonnable – nous devrons mobiliser toute la force de l’ingéniosité humaine. Mais cette ingéniosité existe et apporte déjà des solutions. Et si chers amis, Autre message central: la technologie est à nos côtés dans la lutte contre le changement climatique. La montée en puissance des énergies renouvelables a été formidable. Aujourd’hui, elles sont compétitives – voire même meilleur marché – que le charbon et le pétrole, surtout si l’on tient compte du coût de la pollution.

L’année dernière, la Chine a investi 126 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente. La Suède devrait atteindre son objectif de 2030 pour les énergies renouvelables cette année – 12 ans plus tôt. À l’horizon 2030, les énergies éolienne et solaire pourraient alimenter plus du tiers de l’Europe. Le Maroc est en train de construire un parc solaire de la taille de Paris qui alimentera plus d’un million de foyers d’ici 2020 avec une énergie propre et abordable. L’Écosse a ouvert le premier parc éolien flottant au monde. Il y a beaucoup d’autres signes d’espoir. Les pays riches en combustibles fossiles, comme les États du Golfe et la Norvège, explorent des moyens de diversifier leurs économies. L’Arabie saoudite investit massivement dans les énergies renouvelables pour passer d’une économie pétrolière à une économie énergétique. Le fonds souverain norvégien doté de 1 000 milliards de dollars, le plus important au monde, s’est écarté des investissements dans le charbon et a délaissé un certain nombre d’entreprises du secteur des pâtes et papiers à cause des forêts qu’elles détruisent.   Il y a également des signes prometteurs indiquant que les entreprises commencent à prendre conscience des avantages de l’action pour le climat. Plus de 130 entreprises parmi les plus importantes et les plus influentes au monde envisagent d’alimenter leurs opérations avec de l’énergie renouvelable à 100%. Dix-huit multinationales passeront aux flottes de véhicules électriques. Et plus de 400 entreprises développeront des objectifs basés sur les dernières connaissances scientifiques afin de gérer leurs émissions. Allianz, l’un des plus grands assureurs au monde, cessera d’assurer les centrales au charbon. Les investissements changent aussi. Plus de 250 investisseurs représentant des actifs de 28 000 milliards de dollars ont adhéré à l’initiative Climate Action 100+.

Ils se sont engagés à s’engager auprès des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde afin d’améliorer leurs performances climatiques et de garantir une divulgation transparente de leurs émissions. Nombre de ces exemples seront présentés cette semaine lors de l’important sommet mondial pour l’action pour le climat organisé par le gouverneur Brown en Californie. Tous les pionniers que j’ai mentionnés ont vu l’avenir. Ils misent sur le vert parce qu’ils comprennent que c’est la voie de la prospérité et de la paix sur une planète en bonne santé. L’alternative est un avenir sombre et dangereux. Ce sont toutes des avancées importantes. Mais ils ne suffisent pas.


Urgence

La transition vers un avenir plus propre et plus vert doit être accélérée.  Au cours des dix prochaines années environ, le monde investira environ 90 000 milliards de dollars dans les infrastructures. Nous devons donc veiller à ce que cette infrastructure soit durable, sinon nous nous enfermerons dans un avenir dangereux et très polluant. Et pour que cela se produise, les dirigeants du monde doivent intensifier leurs efforts. Bien entendu, le secteur privé est sur le point de bouger, et beaucoup le font. Cependant, le manque d’action décisive des gouvernements est source d’incertitude sur les marchés et de préoccupations pour l’avenir de l’Accord de Paris. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire. Les technologies existantes attendent d’être mises en ligne: carburants plus propres, matériaux de construction alternatifs, batteries de meilleure qualité et progrès dans l’agriculture et l’utilisation des sols. Ces innovations, parmi d’autres, peuvent jouer un rôle majeur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous pouvons donc atteindre les objectifs de Paris et concrétiser l’ambition dont nous avons tant besoin.

Les gouvernements doivent également mettre fin aux subventions néfastes sur les combustibles fossiles, instituer une tarification du carbone qui reflète le coût réel des émissions polluantes de gaz à effet de serre et encourage la transition vers une énergie propre. (…)

Il y a une autre raison d’agir – le devoir moral. Les pays les plus riches du monde sont les plus responsables de la crise climatique; pourtant, les pays les plus pauvres et les populations et les communautés les plus vulnérables en ressentent les effets les plus graves. Nous constatons déjà cette injustice dans le cycle incessant et croissant de sécheresses extrêmes et de tempêtes de plus en plus puissantes. Les femmes et les filles, en particulier, en paieront le prix – non seulement parce que leur vie va devenir plus difficile, mais aussi parce que, en cas de catastrophe, elles souffrent toujours de manière disproportionnée. Les pays plus riches doivent donc non seulement réduire leurs émissions, mais aussi faire davantage pour que les plus vulnérables puissent développer la résilience nécessaire pour survivre aux dommages causés par ces émissions. Il est important de noter que, du fait que le dioxyde de carbone perdure dans l’atmosphère, les changements climatiques déjà observés vont persister pendant des décennies. Il est nécessaire que toutes les nations s’adaptent et que les plus riches assistent les plus vulnérables. Chers amis, C’est le message que j’aimerais exprimer clairement en s’adressant aux dirigeants mondiaux ce mois-ci à l’Assemblée générale à New York. Je leur dirai que le changement climatique est le grand défi de notre époque. Que, grâce à la science, nous connaissons sa taille et sa nature. Nous avons l’ingéniosité, les ressources et les outils pour y faire face. Et que les dirigeants doivent mener. Nous avons les motivations morales et économiques pour agir. Ce qui manque toujours – même après Paris -, c’est le leadership, le sens de l’urgence et le véritable engagement en faveur d’une réponse multilatérale décisive. Les négociations en vue de la mise en place de directives pour la mise en œuvre de l’accord de Paris se sont achevées hier à Bangkok avec quelques progrès, mais loin d’être suffisant

(…) Le moment est venu pour nos dirigeants de montrer qu’ils se soucient des personnes dont ils tiennent le destin. Nous avons besoin qu’ils montrent qu’ils se soucient de l’avenir – et même du présent. C’est pourquoi je suis si heureux d’avoir une représentation aussi forte de la jeunesse dans l’auditoire aujourd’hui.

Appel à l’engagement des jeunes, scientifiques, églises, mouvements populaires

Il est impératif que la société civile – les jeunes, les groupes de femmes, le secteur privé, les communautés de foi, les scientifiques et les mouvements populaires du monde entier – appellent leurs dirigeants à rendre des comptes. 

J’appelle en particulier le leadership des femmes. Lorsque les femmes ont le pouvoir de diriger, elles sont le moteur des solutions. Rien de moins que notre avenir et le destin de l’humanité ne dépendent de la façon dont nous relevons le défi climatique. Cela concerne tous les aspects du travail des Nations Unies. Maintenir le réchauffement de notre planète bien en dessous de 2 degrés est essentiel pour la prospérité mondiale, le bien-être des populations et la sécurité des nations.

Sommet d’action climat

C’est pourquoi, en septembre prochain, je convoquerai un sommet sur le climat afin de placer l’action sur le climat au premier rang des priorités internationales. Aujourd’hui, j’annonce la nomination de Luis Alfonso de Alba, dirigeant respecté de la communauté climat, en tant qu’Envoyé spécial chargé de diriger ces préparatifs. Ses efforts viendront compléter ceux de mon Envoyé spécial pour l’action pour le climat, Michael Bloomberg, et de mon conseiller spécial, Bob Orr, qui aideront à mobiliser des financements privés et à catalyser des actions ascendantes.

L’année prochaine, le Sommet se tiendra un an exactement avant que les pays ne doivent renforcer leurs engagements nationaux en matière de climat dans le cadre de l’Accord de Paris. Seul un niveau d’ambition nettement plus élevé suffira. À cette fin, le sommet se concentrera sur les domaines qui sont au cœur du problème, à savoir les secteurs qui génèrent le plus d’émissions et les domaines où le renforcement de la résilience fera la plus grande différence. Le Sommet fournira aux dirigeants et aux partenaires l’occasion de démontrer une action concrète en faveur du climat et de montrer leur ambition. Nous réunirons des acteurs de l’économie réelle et de la politique réelle, notamment des représentants d’actifs de plusieurs milliards de dollars, publics et privés. Je veux savoir comment nous allons arrêter l’augmentation des émissions d’ici 2020 et réduire considérablement les émissions pour atteindre des émissions nettes nettes d’ici le milieu du siècle.

Actions nécessaires

Les villes et les États doivent passer du charbon au solaire et au vent, de l’énergie brune à l’énergie verte. Notre grande ville hôte, New York, prend des mesures importantes dans cette direction – et collabore avec d’autres municipalités pour stimuler le changement. Nous avons besoin d’investissements accrus et d’innovation dans les technologies d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables dans les bâtiments, les transports et l’industrie. Et nous avons besoin que les industries du pétrole et du gaz rendent leurs plans d’affaires compatibles avec l’accord de Paris et les objectifs de Paris. Je veux voir une forte expansion de la tarification du carbone. Je veux que le système alimentaire mondial soit correct en veillant à cultiver nos aliments sans abattre de vastes étendues de forêt. Nous avons besoin de chaînes d’approvisionnement alimentaire durables qui réduisent les pertes et le gaspillage. Et nous devons arrêter la déforestation et restaurer les terres dégradées. Je souhaite accélérer rapidement la tendance au financement vert des banques et des assureurs, et encourager l’innovation dans les instruments financiers et de dette afin de renforcer la résilience des nations vulnérables telles que les petits États insulaires et de renforcer leurs défenses contre le changement climatique. Et je souhaite voir les gouvernements honorer leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour des actions climatiques en faveur des pays en développement. Nous devons voir le Fonds vert pour le climat devenir pleinement opérationnel et disposer de toutes les ressources nécessaires. Mais pour tout cela, nous avons besoin que les gouvernements, l’industrie et la société civile lisent la même page – les gouvernements étant au centre des préoccupations du mouvement pour une action climatique.

J’appelle tous les dirigeants à venir au Sommet sur le climat de l’année prochaine, prêts à faire rapport non seulement sur ce qu’ils font, mais aussi sur ce qu’ils ont l’intention de faire de plus lorsqu’ils se réuniront en 2020 pour la conférence des Nations Unies sur le climat et que les engagements seront renouvelés et assurément ambitieux. augmenté. Et c’est pourquoi j’appelle la société civile, et plus particulièrement les jeunes, à faire campagne pour une action climatique.

Utilisons l’année prochaine pour prendre des décisions transformationnelles dans les salles de conseil, les suites exécutives et les parlements du monde entier. Levons les yeux, construisons des coalitions et écoutons nos dirigeants. Je m’engage, ainsi que l’ensemble des Nations Unies, dans cet effort. Nous soutiendrons tous les dirigeants qui relèvent le défi que j’ai décrit aujourd’hui. Chers amis, Il n’y a plus de temps à perdre. Comme le montre la férocité des incendies de forêt et des vagues de chaleur de cet été, le monde change sous nos yeux. Nous nous dirigeons vers le bord de l’abîme. Il n’est pas trop tard pour changer de cap, mais chaque jour qui passe signifie que le monde se réchauffe un peu plus et que le coût de notre inaction augmente. Chaque jour où nous échouons, est un jour où nous nous rapprochons un peu plus d’un destin dont personne ne veut, un destin qui résonnera de génération en génération dans les dommages causés à l’humanité et à la vie sur terre.   Notre destin est entre nos mains. Le monde compte sur nous tous pour relever le défi avant qu’il ne soit trop tard. Je compte sur vous tous. Je vous remercie.

Discours (un peu tronqué) du Secrétaire -Général de l’ONU, Antonio Guterres, le 10 septembre 2018, commençant par ‘je vous ai appelé ici pour donner l’alarme’ et annonçant le Sommet pour l’action climatique de septembre 2019

Vidéo en français

https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2018-09-10/secretary-generals-remarks-climate-change-delivered

 

La foudre frappera mille millions de fois

La foudre est un événement assez imprévisible. Elle se produit lors d’orages, certains lieux, tels la Suisse, et le lac de Côme, y sont particulièrement propices.  Nous sommes assez bien protégés des foudres du vingtième siècle.  Pourtant, ces dernières années, des grands orages ont fait leur apparition. Ils s’étendent au-dessus de plusieurs pays.  Parfois, ils provoquent un nombre record d’éclairs. Des records de ‘coups de foudre’ ont ainsi été battus récemment dans plusieurs régions, en Europe, en Afrique et en Asie entre autres.  Ce phénomène pourrait aussi changer et véhiculer plus, ou beaucoup plus d’énergie. Il faudrait étudier si des  ‘super-foudres’ ou ‘méga-foudres’ font leur apparition.

Les scientifiques savent que l’eau s’évapore plus du sol et des océans quand il fait chaud. Cela se produit plus souvent à cause du réchauffement climatique. Il génère plus de nuages, de pluies et la possibilité d’orages accompagnés d’éclairs. L’humidité peut être précisément prévue en fonction de la température.

Une étude récente, publiée en décembre 2018, estime que le réchauffement climatique provoquera plus d’orages accompagnés d’éclairs, qu’ils augmenteront d’environ 20% par degré.

Certains spécialistes pensent que le réchauffement apportera des événements de foudre plus explosifs, plutôt qu’une augmentation continue (Reuters).

La semaine passée, en Pologne et en Slovaquie voisine, la foudre a frappé une croix en métal au sommet d’une montagne, et les chaînes permettant de gravir la montagne se sont chargées d’électricité, ce qui a empêché l’arrivée des secours. Il a eu des morts et des nombreux blessés ce jour-là. Les événements météo semblent devenir plus graves.

En cas d’orage accompagné de foudre, il faut s’éloigner des plans d’eau, des terrains de football, des arbres, des hautes montagnes, et rejoindre un bâtiment équipé d’un paratonnerre. Il ne faut pas toucher l’eau, et, dehors, s’éloigner de tout objet métallique, même ses clés, à trois mètres (tcs).

Cette année les orages ont aussi apporté d’immenses grêles dans plusieurs pays voisins, desquels il faut s’abriter sous un toit solide.  Et il serait bon d’étudier l’éventualité de méga-grêles, de méga-foudres et de méga-paratonnerres adaptés.

Trois jours après cet article, un éclair étonnamment fort frappait la Suisse, à proximité de Cossonay (Association suisse des risques naturels).

 

 

 

En Angleterre: démesure, inconscience, et anachronisme dans la construction

Constructions hasardeuses

Londres semble édifier une colonie de tours de Babel, une forêt de grues s’affaire autour de gratte-ciel étincelants de verre. La capitale britannique construit actuellement plus de cinq cent bâtiments hauts de plus de vingt étages.  C’est le nombre de gratte-ciel le plus élevé jamais construit dans cette ville.

Mais ils sont inconscients!  Les intempéries s’attaquent déjà aux premiers gratte-ciel. Cette année,  des ouragans et une tornade en Asie, et une forte tempête en Roumanie en ont endommagé plusieurs. Les tempêtes s’aggravent très vite. Il est possible que les ouragans et les tornades se généralisent sur la Planète. De nombreux pays sont martelés de grêles monstrueuses.  Les vitres devraient disposer aux moins de volets solides, l’électricité sera coupée, des inondations se produiront au sol, sans parler de l’avenir de l’économie qui règne sur ces sommets. Ces constructions devraient être arrêtées d’urgence.

Londres sous d’épais nuages. Des nouveaux types de nuages apparaissent ces dernières années et apportent des nouveaux événements météorologiques.

Actuellement, les prévisions du GIEC incluent le fait que 74% d’européens seront exposés à des inondations tous les 5 ans.  L’Angleterre est particulièrement à risque, et subit déjà des nombreux déferlements. A New York, les architectes s’adaptent outre-mesure et proposent des passerelles entre tours aux premiers étages pour circuler au dessus-des inondations.

Le réchauffement climatique pourrait être plus rapide que prévu par le GIEC, ses conséquences sont plus graves (Michael Mann, OMM). Ces nouveaux bâtiments seront exposés à des graves intempéries, je me demande si leur résistance  a même été correctement étudiée.

 

Les estimations de risque sont bien en dessous-de la réalité. Toutes les prévisions doivent être confrontées à la réalité, à la réalité de tornades, d’inondations, de vagues de chaleur et d’ouragans qui se produisent aujourd’hui.  Les prévisions doivent être corrigées rapidement selon les nouveaux événements réels.

Les constructions ont un fort coût écologique et aggravent le réchauffement et les catastrophes qui en découlent. Selon le Professeur Schellnhuber de Potsdam, la construction, si on y inclut l’extraction et la production des matériaux et leur transport, est l’activité économique la plus polluante au monde, qui génère la majorité de la pollution sur la Planète. De plus, la construction est allée trop loin dans bien de pays, d’immenses projets sont totalement inutiles, et de nombreuses bâtisses, comme de nombreux T-shirts, ne serviront jamais.

Londres construit-elle les derniers gratte-ciel du monde alors que la Planète sombre déjà dans le chaos climatique? Des graves inondations et tempêtes déferlent sur tous les pays, des routes sont de plus en plus souvent coupées, les villes déclarent l’état d’urgence climatique l’une après l’autre.  Aujourd’hui, il faut arrêter les constructions et diriger tous nos efforts dans la plantation d’arbres et la restauration du climat.

 

 

Orages violents et cinq cent tornades aux Etats-Unis

Les Etats -Unis subissent d’impressionnantes intempéries. Il y a deux mois, l’agence météo américaine NOAA avertissait que plus de la moitié du territoire de ce pays est menacée d’inondations. Depuis, les tempêtes se succèdent.

D’immenses orages frappent l’Amérique. Plusieurs orages super-cellulaires (photo David Mayhew ci-dessus) se sont déversés sur ce continent. Ils sont généralement très violents. Ils proviennent de nuages très épais qui dépassent parfois quinze kilomètres de hauteur. Plus le sommet du nuage est élevé, plus l’orage est grand et les phénomènes météo sont intenses.

Ces tempêtes amènent en général de la grêle et des tornades.

A des nombreux endroits, la grosse grêle, les vents forts, les tornades et les nombreuses inondations provoquent de graves dégâts: destructions de maisons, de routes, de récoltes, de stocks, des morts.


En un mois, du 27 avril au 27 mai, les Etats-Unis ont été frappés par 500 tornades. Les plus fortes ont détruit des pâtés de maisons.

Une telle épidémie de tornades c’est déjà produite, mais seulement au 21ème siècle, au cours de ces derniers quinze ans.

Les tornades sont des tourbillons de vents très violents qui se forment à la base de nuages d’orages. Certaines sont très petites, mais les plus fortes sont très destructrices, et peuvent réduire en miettes des bâtiments en pierre.

Elles surviennent surtout lorsque des masses d’air chaud et humide rencontrent l’air froid.

Le réchauffement climatique rend l’air plus chaud et plus humide, et l’affaiblissement du jet-stream amène des masses d’air arctique au Sud, au contact de cet air chaud et humide, alors que le Sud américain souffre d’une vague de chaleur sans précédent. Cela pourrait favoriser les tornades. Le changement climatique bouleverse les courants atmosphériques et pourrait causer un brassage plus intense et plus dramatique des masses d’air froid et chaud.

De nombreuses tornades se produisent ce mois-ci. J’ai entendu que six ont frappé la Pologne, d’autres la Roumanie, d’autres l’Italie. Elles semblent plus nombreuses que par le passé.

Il est très important d’avoir un compte exact de ces phénomènes météo au niveau mondial: grêles, tornades, pluies intenses et vents violents, et de suivre leur progression.

Les spécialistes doivent essayer d’établir rapidement s’ils vont encore augmenter, et à quel rythme.
Verrons-nous bientôt dix fois plus de tornades et d’inondations? Ou cent fois plus?

Le GIEC a prévu des très nombreuses inondations à 2°C de réchauffement. La quasi-totalité de l’Europe serait à risque d’inondation, et une augmentation d’événements météo extrêmes est prévue par les experts.

Ce printemps américain est-il un début du nouveau monde que nous avons créé sur Terre?

Il neige? C’est la faute du réchauffement climatique!

Nous avons vécu une vague de froid exceptionnelle en mai. Le froid s’est soudainement engouffré en Suisse, créant une différence de température de 15°C . Le weekend prochain sera probablement aussi inhabituellement froid.

Comme tous les phénomènes étranges et effrayants qui se produisent en ce moment, les immenses inondations, les ouragans dévastateurs, les vagues de chaleur, les grêles et les vents,  cette vague de froid est due au réchauffement climatique. Le Vietnam a subi des températures de 15 degrés trop élevées la semaine passée.

Avant, il faisait très froid en Arctique. Cette différence de température maintenait l’air Arctique séparé du climat tempéré.  Actuellement,  le pôle se réchauffe vite et la séparation entre les zones climatiques s’affaiblit.

Le courant-jet (jet-stream) est un courant aérien qui tournait rapidement entre l’Arctique et les latitudes tempérées. Il maintenait une séparation entre les zones climatiques.

Depuis que l’Arctique se réchauffe, le courant-jet faiblit, ralentit, et forme des méandres. Ces vagues amènent de l’air froid au Sud ou de l’air chaud au Nord, jusqu’au Groenland et au pôle Nord. Nous subissons actuellement une de ces vagues du jet-stream qui descend sur la Suisse et amène de l’air froid.  Ce type de méandres stagnants de l’atmosphère pourrait durer d’une semaine à un mois. Dans l’ensemble, le climat devient imprévisible.

Le professeur Jennifer Francis étudie ce phénomène depuis des années, elle y attribue les chutes de neige très abondantes qui ont touché la côté Est des Etats-Unis ces dernières années. Il a aussi amené des chutes de neige au Sahara, et des vagues de chaleur au Groenland et au Pôle Nord.

Cela me fait prendre conscience que la température pourrait tout autant monter de 15°C soudainement, nous exposant à des températures inhabituellement élevées.

Sources: Page Facebook de l’Association Suisse des risques naturels; Prof. Jennifer Francis, Woods Hole Research Center

Puis, une étude publiée le 28 mai 2019 a démontré que les vagues de froid causées par les déformations du jet-stream sont directement dues au réchauffement climatique:

https://phys.org/news/2019-05-arctic-weather-extremes-latitudes.html

 

Inondations et sécheresses plus fortes à +2°C

Les pluies intenses provoquent déjà d’impressionnantes inondations. Selon l’OMM, ces catastrophes ont abondé en 2018. Cette année, des événements très graves se sont déjà produit, d’immenses inondations au Queensland en Australie, dans le Midwest américain, le cyclone Idaï en Afrique, l’inondation d’Iran qui a touché une grande partie de ce pays.

D’après l’Agence Européenne de l’Environnement, les catastrophes climatiques, inondations, vagues de chaleurs et sécheresses ont causé 453 milliards d’euros de dommages entre 1980 et 2017 en Europe, ainsi que plus de 115’000 décès.  Les années 2018 et 2019 alourdiront déjà ce bilan, qui croîtra rapidement.
L’intensification de précipitations avait été prévue en partie au moins et les experts préviennent qu’elles augmenteront encore.
LE GIEC2018 prévoit qu’à 1,5°C, les trois quarts d’Européens seront exposés aux inondations tous les 5 ans, et à 2°C, ces débordements deviendront bien plus importants.
Une étude s’est penchée sur ce risque d’inondation et prévoit qu’il va s’accroître fortement entre 1,5°C et 2°C.
Le réchauffement climatique va renforcer le cycle hydrologique de pluie et d’évaporation d’eau du sol et des océans.

Une équipe de scientifiques a créé un indice pouvant indiquer les catastrophes climatiques, inondation et sécheresse, tenant compte à la fois du volume des pluies et de la durée des sécheresses. Ils prévoient que la quantité d’eau totale par année augmentera un peu avec la température, mais les pluies intenses et les sécheresses croîtront bien plus.

Dans leur modèle, à +2°C, les précipitations diminuent en Amazonie et en Amérique centrale, ce qui fait peser une menace sur les forêts vierges qui couvrent ces régions.
Le région méditerranéenne subirait plus de sécheresses, ce qui pourrait causer sa désertification,  alors que le Sud-Est de l’Afrique de l’Ouest bénéficierait peut-être de pluies plus régulières.
L’Asie du Nord et d’Est pourrait subir des pluies très abondantes, l’Ouest et l’Est de l’Amérique du Nord aussi.

Pluies totales par épisode de pluie: dans les zones en bleu, il pleuvra moins, dans les zones en rouge, il pleuvra plus (Madakumbura,et al, Nature 2019). Les événements extrêmes semblent augmenter plus que cette moyenne.

Des événements tels que les sécheresses extrêmes suivies de pluies intenses, provoquant alors des inondations et l’érosion, vont fortément augmenter et leur conséquences aussi.

Il faudrait établir rapidement quels seront les risques de déferlements et de glissement de terrain pour la Suisse aux pluies prévues pour 1,5°C et 2°C et voir ce qui est sûr et quel niveau d’inondation provoque l’effondrement des bâtiments. Selon ce graphique, on dirait que les précipitations pour la Suisse diminueront au-dessus de 1,5°C, ce qui affecterait la végétation suisse. Ces événements pourraient encore augmenter dangereusement avant d’atteindre 1,5°C.

Lors des récentes inondations de Crète,  20 cm de pluie se sont accumulés et ont  atteint 3 mètres d’eau dans certaines rues. Les ingénieurs de l’EPFL savent probablement calculer ce qu’une pluie deux ou dix  fois plus abondante peut provoquer, et cela peut être très impressionnant. Une double quantité d’eau pourrait mener à des inondations de l’ordre de dix fois plus importantes et les destructions et leurs coûts augmenteront d’autant.  L’économie mondiale sera fortement touchée.

Ce serait super de disposer d’un bon outil de visualisation des effets de précipitations sur chaque ville, qui permettrait de voir où s’écouleront les rivières soudaines. On pourrait peut-être gérer les pluies par des généreux canaux d’évacuation et des réservoirs, les glissements de terrain pourraient être plus difficiles à maîtriser.

Selon les auteurs de l’étude, une augmentation de température à 2°C pourrait causer des catastrophes bien plus graves et il vaudrait bien mieux les éviter en limitant le réchauffement à 1,5°C.

Aujourd’hui, déjà, des zones de plus en plus étendues, des pays entiers se retrouvent touchés par des catastrophes, en Iran par exemple la plupart des provinces et une grande partie des routes a été touchée, et les récoltes détruites. La gravité de ces épisodes augmente vite, les vies humaines seront de plus en plus menacées ,  les torrents d’eau de plus en plus impressionnants.

https://www.nature.com/articles/s41598-019-39936-2 et Supplementary Information

Plus chaud, plus vite? Que signifie l’état du climat en 2018?

Le rapport ‘L’Etat du Climat en 2018’ de l’Organisation Météorologique Mondiale fait le point sur les changements climatiques en 2018. Il relève des nombreuses catastrophes, et une accélération des conséquences du réchauffement.

Les 4 dernières années, 2015 à 2018, ont été les années les plus chaudes sur Terre depuis le début des mesures.

L’année dernière était une année La Nina. Ce phénomène cyclique amène de l’eau froide à la surface du Pacifique. Il se produit tous les 4 à 5 ans. Les années La Nina sont généralement froides et sèches. Cependant, en 2018 les températures n’ont que peu baissé. Ce fut l’année la plus chaude pour la France , la Suisse et l’Allemagne, et des nombreuses inondations se sont produites en Californie, en Afghanistan,  en Afrique, sur la péninsule arabique, en Asie centrale et du Sud-Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Sud de l’Europe, et en Amérique du Sud (OMM).

La légère baisse de températures qui s’est produite en 2018 s’explique probablement par la Nina qui amène de l’eau froide à la surface des océans.
Cependant, les températures n’ont pas baissé autant qu’elles le font habituellement lors de ce courant froid. James Hansen, un des grands experts mondiaux du climat, considère que les températures lors de la Nina sont très prévisibles, et que les valeurs de 2018 prouvent que le réchauffement climatique s’est accéléré.

Dans ce cas, les températures pourraient monter plus vite que les prévisions du GIEC (qui supposent 1,5°C de réchauffement dès 2030). L’Organisation Météorologique Mondiale parle actuellement d’une accélération des conséquences.

Depuis, la surface des océans s’est très vite réchauffée, sa température monte très vite, dépasse tous les records. Je crois que cela présage des catastrophes météorologiques sans précédent en 2019. Par exemple, la moitié des Etats-Unis est menacée d’inondation (NOAA), ce qui causera certainement la catastrophe la plus coûteuse jusqu’à présent. Et le déluge déferle bien actuellement sur les Etats-Unis.

Une accélération du réchauffement signifierait que cette année ne sera pas une exception. Le climat changera quasiment chaque année, et apportera des catastrophes toujours plus graves. Nos vies sont en danger, et nous avons besoin d’une réponse mondiale sans précédent.

https://gallery.mailchimp.com/daf3c1527c528609c379f3c08/files/82234023-0318-408a-9905-5f84bbb04eee/Climate_Statement_2018.pdf

Une véritable urgence alors que la moitié des Etats-Unis risque l’inondation bientôt

Le Temps des catastrophes

Le cyclone Idaï vient de semer la dévastation au Mozambique, des milliers d’Autraliens ont été évacués car les cyclones Trevor et Veronica frappent  l’Australie ce weekend, porteurs d’importantes inondations et la moitié des Etats -Unis pourrait se retrouver sous les eaux ces prochaines semaines.
Chaque dixième de degré de réchauffement rend les catastrophes plus importantes et plus destructrices.
Les inondations détruisent les routes, les infrastructures, les stocks, et limitent fortement la consommation. L’effet sur l’économie pourrait être important, et des faillites pourraient de toute façon survenir.

A mon avis, l’urgence climatique, rendue nécessaire, par le dérèglement par l’Homme du climat terrestre, sera mise en place dans ce contexte et doit l’anticiper.

Nous ne devons pas nous demander, comme le fait le Club de Rome (voir blog précédent) à quelle vitesse les entreprises peuvent s’adapter. Elles ont des forts risques de faillite ou de destruction physique. Demandons nous plutôt de quoi nous avons vraiment besoin: d’aliments, d’hôpitaux, d’un corps d’aide lors des évacuations ou l’approvisionnement dans les situations d’urgence. Ces services doivent être assurés à la population autant que possible, alors qu’ils seront de plus en plus perturbés, et que l’approvisionnement deviendra aléatoire. On devrait prévoir deux solutions de remplacement pour l’approvisionnement pour remplacer les personnes blessées ou bloquées sans possibilité de déplacement.

L’urgence des catastrophes

Les personnes qui ne sont pas impliquées dans ces services essentiels pourraient rester à la maison, et leurs entreprises pourraient fermer pour la plupart ou être mises au ralenti, fonctionner une fois par semaine ou une semaine par mois. Cela implique bien sûr d’un ralentissement considérable de l’économie, mais plus elle ralentira vite, moins nous essuierons de tempêtes meurtrières, ce qui justifie ce type de mesures exceptionnelles.

Les objets existants dans le pays seraient redistribués dans des circuits de deuxième-main, les vendeuses pourraient aider à les rendre attractifs.

Pour sauver les vies de nos enfants, ces décisions deviennent évidentes.

Un des plans d’urgence climatique, de THE Climate Mobilization (voir blog à ce sujet), s’inspire de l’organisation mise en place par l’Angleterre pendant la deuxième guerre mondiale.
A ce moment-là, on ne parlait pas de crise économique, il y avait des problèmes plus graves, et certains pays tels que l’Angleterre ou les Etats-Unis ont pu maintenir un fonctionnement organisé du pays. Il faudrait assurer l’alimentation, le logement, ajourner ou subventionner le paiement des loyers et des crédits immobiliers, le fonctionnement des services médicaux, l’agriculture. Dans cette situation, Les transports et la production d’énergie pourraient en fait être immédiatement réduits plusieurs fois par rapport à la situation actuelle.

Nous devons nous atteler à un revenu minimum ou à des distributions de nourriture, et à des solutions pour assurer le logement pour les périodes d’urgence climatique, nous ne voulons pas d’hordes de sans-abris dans les villes ni de boat-poeple intérieurs dérivant dans les inondations.
Pour la période de l’état d’urgence, on pourrait peut-être suspendre le paiement des loyers et des prêts immobiliers, ou assurer un chômage technique/ revenu minimum suffisant à le payer (Image par Leroy_Skalstad de Pixabay).

Le prix de l’immobilier pourrait aussi subir des variations importantes à mesure que les inondations se répanderont sur la Planète, les compagnies d’assurance n’arriveront peut-être pas à couvrir tous les dégâts, un rapport de l’ONU estimait que le compagnies d’assurance anglaises ne sont déjà plus solvables face aux catastrophes annoncées.

Après il faudrait surtout assurer une production agricole suffisante et la quantité d’énergie nécessaire à un fonctionnement réduit du pays, semblable au dimanche.

Nous n’avons pas besoin de construire de nouveaux bâtiments. Si nous construisons encore, les nouvelles constructions devraient alors être à l’épreuve du climat, et aujourd’hui quasiment rien ne remplit ces critères.
Nous pouvons nous satisfaire d’habits et de meubles d’occasion pendant quelques années, les organisations humanitaires se plaignent de quantités astronomiques d’habits qui s’amoncellent sur la planète. Après, comme vous serez de toute façon à la maison, invitez vos voisins à un souper végan.

C’est une journée magnifique aujourd’hui, et rien de ce que j’écris ne me semble réel en cette belle journée de printemps.
Pourtant, aujourd’hui, les Etats-Unis sont déjà  perturbés par les inondations.
La Suisse est un peu moins exposée, mais rien n’est vraiment à l’abri du climat, et nous devons nous préparer à l’avance.
Rappelons-nous que le vrai visage du réchauffement climatique, c’est celui de la ville de Beira, détruite à 80% la semaine passée.
Essayons d’éviter ça chez nous. C’est le combat de notre siècle.

http:://edition.cnn.com/2019/03/21/us/us-flooding-spring-noaa-outlook-wxc/index.html

Le climat pourrait changer très vite

Le GIEC prévoit qu’à 1,5°C de réchauffement, la Terre subira plus de vagues de chaleur, d’ouragans et d’inondations. Les températures en Suisse seront alors d’à peu près 3°C plus élevées qu’au 19ème siècle, mais les vagues de chaleur pourraient être plus importantes. D’après le GIEC, cela pourrait se produire aux alentours de 2030. Cependant, plusieurs voix s’élèvent pour annoncer que le changement s’accélère, et que ce seuil pourrait être franchi plus tôt, ces prochaines années déjà.

Nous avons vraiment intérêt à prévoir la vitesse du réchauffement climatique. Cela nous dira quel climat régnera dans cent ans, et probablement même dans dix ans dans nos régions et sur toute la Planète.  Nous pourrons ainsi prévoir quelles cultures alimentaires seront possibles, ou devront être adaptées. Il est très utile aussi de prévoir les vagues de chaleur et les pluies dangereuses qui atteindront des niveaux de catastrophe naturelle, et lors desquelles nous devrons probablement éviter les déplacements, ou serons amenés à évacuer les habitants de villages ou de villes.

Les températures varient naturellement d’année en année. Les années El Nino, quand un courant chaud baigne l’Ouest de l’Amérique du Sud, sont généralement plus chaudes, et le courant froid la Nina entraîne des années plus froides.

La dernière estimation de la température terrestre par le GIEC portait sur les années 2006-2015. Elle n’incluait pas l’année 2016,  la plus chaude jusqu’à présent, dans le calcul du réchauffement. Cette année a peut-être été considérée comme une anomalie, et non pas comme un signe d’un changement sur la Planète. Je crois que c’était une mauvaise décision, et que le GIEC sous-estime ainsi le réchauffement climatique.

James Hansen, un des experts mondiaux du climat, considère que les années La Nina sont moins variables, et constituent un moyen fiable de mesurer le réchauffement terrestre. Ainsi, l’année 2017, aurait dû être plus fraîche. En réalité, les températures ont peu baissé, cette année La Nina était beaucoup plus chaude que la précédente. Pour cette raison, James Hansen estime que le réchauffement a accéléré. Le seuil d’1,5°C pourrait être atteint plus vite.

D’autres scientifiques s’attendent à une accélération du réchauffement pour des raisons différentes. La Planète subit des graves sécheresses. De nombreuses plantes et d’autres organismes meurent alors, ou grandissent beaucoup moins, et le carbone qui les constitue est perdu dans l’atmosphère. Le sol qui se dessèche perd aussi beaucoup de carbone et d’organismes vivants. Alors, l’effet de serre augmente et le réchauffement aussi. Dans un rapport à l’ONU au début de cette année, le Climate Institute prévoit un réchauffement rapide ces prochains dix ans et par la suite.

Si l’accélération du réchauffement se confirme, nous pourrions être exposés à des vagues de chaleur de plusieurs degrés plus élevées, dangereuses, des inondations plus importantes, des tempêtes très fortes, des sécheresses, des avalanches de grêle, au cours des dix prochaines années déjà. Les jours de catastrophe naturelle, de couvre-feu ou d’évacuation, et les ruptures d’approvisionnement deviendront plus fréquents.

Si cela allait plus vite, chaque année pourrait apporter un climat nouveau, des nouveaux événements météorologiques, et nous devrions, nous devrons je crois, corriger en continu les pratiques agricoles en fonction du changement climatique.

Le réchauffement pourrait atteindre 1,5°C en 2030 ou même avant. Nous sommes par contre certains qu’il fera de plus en plus chaud sur la Planète, et que les tempêtes et catastrophes se produiront de plus en plus souvent, et seront de plus en plus graves. D’importantes mesures pour le climat doivent être prises pour éviter des morts de chaleur, de catastrophes, de sous-alimentation, et la destruction progressive de notre civilisation.  Les bouleversements climatiques ne s’arrêteront que lorsque nous aurons maîtrisé le CO2 dans l’atmosphère.