Mesures énergiques nécessaires pour éviter le basculement de la Terre vers un climat inconnu

L’équilibre du climat terrestre pourrait basculer soudainement vers un climat nouveau. Des changements tels que par exemple la mort des forêts tropicales pourraient accélérer le réchauffement. Si la chaleur ou la sécheresse ont raison des forêts, cela provoquerait la libération de carbone contenu dans les arbres et le sol et augmenterait instantanément l’effet de serre.

Les dominos climatiques par Spratt et Dunlop

Un récent rapport intitulé ‘Les dominos climatiques” de Spratt et Dunlop, basé sur les conclusions de dizaines d’éminents spécialistes, (lien) développe ces risques et tire un constat alarmiste. Il y a beaucoup de vrai dans ce rapport. Je le résume brièvement:

La fonte de la glace Arctique, et l’exposition de la surface sombre de l’océan aux rayons du soleil augmente le  réchauffement. La fonte du permafrost et la mort ou les feux de forêts ajoutent du gaz carbonique dans l’atmosphère.  L’effondrement de l’Antarctique-Ouest provoquerait une importante montée du niveau de la mer. Ces points de basculement pourraient se mettre en branle tels de dominos, se déclenchant à tour de rôle.

Par exemple, le réchauffement fera bientôt baisser l’efficacité de la photosynthèse et donc la quantité de CO2 absorbé par les plantes et les algues planctoniques. Cela accélérera le réchauffement, la fonte des glaces du Groenland, et l’ajout d’eau douce à l’océan ralentira le Gulf Stream. En conséquence, les pluies au dessus de l’Amazonie diminueront, ce qui nuira encore plus à la forêt.  Ces événements semblent souvent initiés par les changements des glaces polaires.

Zones où les glaciers antarctiques se décollent de leur socle ce qui constitue un sérieux risque

En Antarctique, Les satellites ont détecté des fractures sur la plateforme est du glacier Thwaites, large de 45 km.  Elle s’effondrera probablement dans 5 ou 10 ans, exposant les glaciers environnants  à la fonte.  Cela pourrait déboucher sur l’effondrement de l’Antarctique-Ouest et une montée du niveau de la mer de 3 à 5 mètres en 200 ans. A cela il faudrait ajouter les changements du Groenland et de l’Est de l’Antarctique.

Les changements de l’Arctique sont aussi sous-estimés par les modèles actuels. La moitié de l’océan Arctique est maintenant libre de glace en été. Par le passé, des tels changements ont été accompagnés par la fonte des glaces du Groenland. La destabilisation du courant-jet amène maintenant des vagues de chaleur dans l’Arctique et au Groenland. Un beau jour, au cours de la prochaine dizaine d’années (2020-2030), l’Arctique sera libre de glace en été une semaine, puis un mois, puis plusieurs mois.  Les conséquences seront graves, les écosystèmes en souffriront, les glaces du Groenland entreront dans une période de fonte incontrôlable, et modifieront la circulation océanique et le climat mondial. La différence de température entre l’Arctique et les tropiques se réduirait, avec d’importantes conséquences sur le climat mondial. Elles toucheraient l’Amazonie, l’Afrique de l’Ouest, l’Asie. Le phénomène El Nino, qui nous a apporté l’année record de chaleur 2016, augmenterait encore. Le méthane du permafrost pourrait libérer d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère.

Le Groenland, exposé à des températures plus élevées,  des vagues de chaleur et un océan plus chaud, a probablement passé le point de non-retour, et ses glaces fondront. Plusieurs événements peuvent accélérer cette fonte.

Calotte Arctique en été en 1980 et en 2012

Actuellement la végétation absorbe 30% des émissions de carbone. Mais les températures optimales pour la photosynthèse sont dépassées, et ce puits de carbone pourrait se réduire de moitié en 20 ans (Je dois  vérifier ce point en détail,  j’espère que c’est faux). La mort des forêts n’est pas inclue dans ce calcul.  L’Amazonie, qui contient 120 milliards de tonnes de carbone, est particulièrement menacée par la déforestation, la sécheresse et les feux de forêts. L’absorption du CO2 par l’Amazonie s’est réduite d’un tiers entre 2005 et 2015, et cet écosystème est menacé.  Ces changements sont en grande partie causés par l’Homme, et je dirais que la gouvernance de Bolsonaro pourrait être un point de basculement climatique à elle seule.

Le permafrost, les terres gelées du grand-Nord, contient de grandes quantités de carbone. Sa fonte le libérerait sous forme de gaz carbonique et de méthane. Le seuil de réchauffement de 1,5°C a été choisi pour éviter le dégel du permafrost, qui entraînerait le dégagement de méthane, un réchauffement fort et rapide, une fonte du permafrost plus importante, et ainsi de suite. Ces écosystèmes relâchent déjà 1,1 à 2.2 Milliards de tonnes de carbone. Les feux de forêt accélèrent la fonte, et le permafrost sous-marin subit des modifications sur une large surface de la plateforme de Sibérie de l’Est. Le permafrost fond plus vite que prévu, il n’est pas inclus dans les calculs, et le budget carbone restant disparaîtrait si nous en tenions compte.

Spratt et Dunlop citent aussi la mort des coraux, qui ne supportent pas l’eau trop chaude de ces dernières années. La Grande-barrière de corail a récemment perdu la moitié de ses coraux, et des vagues de chaleur rapprochées ne permettent pas la régénération.

Ils concluent que nous avons déjà passé le point de basculement pour des nombreux écosystèmes (NB pour certains d’entre eux, comme le Groenland, la disparition pourrait théoriquement s’étaler sur des milliers d’années) : les changements se produisent plus vite que prévu, ne sont pas tous inclus dans les modèles climatiques. Le système Terre subit un changement abrupt, qui pourrait déboucher un réchauffement très important. Les risques sont plus importants. Ces auteurs conseillent des solutions de géo-engénierie  pour sauver le climat.

Leur rapport repose sur des nombreux faits récents ainsi sur les déclarations de dizaines d’éminents scientifiques. Il brosse un tableau possible de l’évolution climatique, mais tout n’y est pas calculé précisément. Il est en tout cas à prendre au sérieux.

Lenton et Rockstrom

Dans une réunion européenne sur les points de basculement  le 7 juin, les éminents climatologues Tim Lenton et Johan Rockström ont alerté sur les dangers des points de basculement. Leurs demandes sont plus modérées.

Ils ont dit aux décideurs européens que avons besoin de nombreux changements. Il faut limiter les vols et d’abandonner les énergies fossiles dans de nombreux secteurs industriels.

Il y a maintenant des preuves d’instabilité de nombreux systèmes importants de la Planète Terre, tels que la forêt amazonienne, la glace d’été sur la mer arctique. Un réchauffement de 1,5°C comporte déjà le risque de dépasser le seuil de tolérance d’écosystèmes uniques et menacés (Johan Rockström).

Rockström explique la situation dans cette vidéo qui comporte des sous-titres en plusieurs langues. Les points de basculement pourraient entraîner une montée de niveau de la mer de deux mètres ou plus, la libération du méthane du permafrost créerait un cercle vicieux de réchauffement incontrôlable, et ces événements se déclenchent mutuellement.

Selon lui, ces prochaines années seront déterminantes pour le climat. Nous devons réduire les émissions de moitié en 2030 et atteindre le zéro net au plus tard en 2050, décarboner les grands systèmes, l’énergie, le transport, le bâtiment, transformer l’agriculture en puits de carbone et protéger les écosystèmes essentiels pour la terre, dont les forêts et les océans.

“Si nous voulons avoir le moindre espoir de limiter le réchauffement climatique à près de 1,5 degrés Celsius, nous devons accélérer la décarbonisation de l’économie mondiale d’au moins un facteur cinq”, a déclaré le conférencier principal Tim Lenton, directeur du Global Systems Institut et professeur de changement climatique et de science du système terrestre à l’Université d’Exeter.

Un moyen important de modifier des comportements profondément enracinés est de trouver des “points de basculement” sociaux et politiques, a-t-il déclaré. Il cite la grève de l’école de Greta Thunberg qui a entraîné une adhésion massive des jeunes et a accéléré le changement. Cependant, selon lui,   la majorité des gouvernements ne fait pas encore assez d’efforts.

Ils ne demandent pas la géoenginérie, de nombreux scientifiques ont déclaré qu’elle est très risquée et incertaine.

https://phys.org/news/2022-06-irreversible-shifts-climate-experts.html

 

 

COP26: Les émissions de carbone doivent diminuer immédiatement

L’adaptation tiendra dix ans

La COP26 s’achève. Elle semble avoir atteint plusieurs objectifs qu’elle sétait fixée, de nombreux investissements, une déclaration sur les forêts, une sur l’aviation, et aussi sur l’élimination des énergies fossiles. Un magnifique événement de collecte de fonds qui ne remet pas notre économie en question. Je suis surprise de l’importance donnée à l’adaptation dans cette conférence. Nous devons limiter le réchauffement à 1.5°C et pour cela il est nécessaire de réduire les émissions de carbone de 7-8% chaque année, dès maintenant. Le taux de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas monter plus haut, au risque de dégâts irrémédiables à la biosphère. J’espère que les projets d’adaptation intelligente, dans l’agriculture biologique ou l’agroforesterie, stabiliseront aussi le climat. Le risque est que nous nous adaptions pour cinq ou dix ans, mais que le climat empire et devienne incontrôlable. Les investissements ne doivent pas être dirigés dans la recherche sur les avions à piles qui seraient développés pendant que la flotte actuelle pollue allègrement. Plus exactement, je suis d’accord pour la recherche, à condition que l’aviation diminue les émissions dès cette année. C’est aussi possible, en limitant simplement les vols de connection, les vols à courte distance et les avions vides. J’ai été surprise d’entendre un intervenant du WWF s’exprimer en faveur de l’adaptation. L’Amazonie ne s’adaptera pas. La croissance des arbres a diminué à cause des sécheresses de ces dernières années, et elle succomberait probablement aux températures trop élevées. Or, la Planète en a besoin. Il vaut bien mieux arrêter le réchauffement et la déforestation.

Construire moins et plus résistant

Il ne faut pas lancer d’énormes projets d’écoquartiers, et il faut arrêter les chantiers les moins écologiques. Les émissions de la construction, estimées dans la conférence à 37%-40% du total, doivent diminuer cette année. J’ai une excellente idée pour cela. Il faut vite établir et suivre des nouveaux standards de sécurité pour la construction, en sachant que les catastrophes s’aggraveront ces dix prochaines années. Si nous n’agissons pas sagement au cours de cette décennie, elles prendront encore de l’ampleur par la suite. Nous devons prendre en compte les risques apportés par la météo extrême dont nous avons eu un échantillon cet été en Europe avec des tornades et des grêlons géants, des inondations et des glissements de terrain. Ces événements sont bien plus dévastateurs en Chine et dans les régions tropicales. Les constructions mises en danger par le climat doivent être suspendues pour dix ans. Pendant ce temps, des études de risques beaucoup plus poussées permettraient de mieux prévoir la suite. La banque européenne d’investissement semble l’avoir compris, elle lance de nombreux investissements durables, et favorisera des infrastructures capables de résister aux intempéries.

Je remarque avec plaisir que de nombreux dirigeants soutiennent les solutions basées sur la Nature, qui permettront de régénérer les écosystèmes, les sols, éviteront la pollution et permettront l’alimentation saine des populations. Cette idée, essentielle, est maintenant largement comprise et soutenue.

Addendum: Je suis d’accord avec le commentaire qu’il faudrait limiter la surpopulation, le propose d’essayer la solution d’offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde, ce qui respecte les droits de l’Homme. Il faudrait aussi combattre les mariages d’enfants,  les mariages forcés et les viols.

Je ne suis pas d’accord sur l’influence des cycles solaires, le réchauffement est dû à nos émissions de carbone fossile et, je l’admets, aussi à la déforestation. Mais la végétation peut y remédier, et améliorer le cycle hydrique, c’est une excellente solution.

L’arrêt des avions a limité le réchauffement

Les avions en vol rejettent des résidus du carburant consommé. Ces particules favorisent la condensation de  cirrus, fins nuages vaporeux, qui se forment dans certaines conditions atmosphériques.  Ils empêchent la chaleur de se dissiper et contribuent au réchauffement climatique.

En 2020, la circulation aérienne a été fortement limitée par les mesures de confinement.  Durant cette période, le ciel a été plus dégagé. En absence d’avions, le nombre de nuages cirrus a été réduit de 9%, et ceux qui se sont formés étaient un peu moins denses.

L’arrêt des avions a donc eu un effet bénéfique immédiat sur le réchauffement climatique. Sans ces nuages et leur effet chauffant,  la température de la Planète pourrait diminuer un peu (phys.org). Au contraire, un arrêt brusque de la consommation du charbon au sol a pu augmenter légèrement les températures (blog). A long terme bien sûr, l’arrêt de l’aviation actuelle, aussi bien que celui de la consommation du charbon limite l’effet de serre pour les années futures.

Nous pouvons donc limiter l’aviation quasi-immédiatement, enfin dès que les personnes en déplacement seront rentrées à la maison.  Des restrictions de vols pourraient constituer une solution valable de sauvetage d’urgence du climat. Au minimum, il faut mettre en place des améliorations telles que  des vols sans escale, et des connections en train.

Avant la crise covid, l’aviation connaissait un essor rapide.  Si cette évolution se poursuivait, les émissions de carbone des avions augmenteraient beaucoup le réchauffement climatique. De plus, ils provoqueraient la formation de plus de cirrus, et l’effet de serre provoqué par ceux-ci pourrait tripler vers 2050 (phys2). Il faut absolument le juguler avant, et en tenir compte dans conception de nouveaux carburants.  Des combustibles plus propres pourraient limiter la condensation des nuages, mais les émissions de CO2 aéronautiques devraient aussi aussi être sérieusement limitées.

Image par Kaoru Yamaoka de Pixabay

Image de couverture  par PublicDomainPictures de Pixabay

 

 

Wuhan en Chine paralysé par des tempêtes et par une tornade

La ville de Wuhan, foyer officiel de l’épidémie de coronavirus, touchée par une immense inondation l’été passé, a subi des fortes intempéries.

Reuters: Deux tornades ont ravagé la ville centrale de Wuhan et une ville de la province orientale du Jiangsu, tuant au moins 12 personnes et en blessant des centaines en détruisant des maisons et des biens, a annoncé samedi l’agence de presse officielle Xinhua.

Huit personnes auraient été tuées à Wuhan, dans la province du Hubei, avec 280 blessées après la tornade de vendredi qui a ravagé le district de Caidian à 20h39, heure locale, a indiqué l’agence.

La tornade a renversé 27 maisons et endommagé 130 autres, ainsi que deux grues à tour et des rangées après rangées de hangars sur les chantiers de construction, a-t-il ajouté.

«J’ai grandi à Wuhan et je n’ai jamais rien vu de tel», a déclaré un habitant de la ville sur l’application chinoise Weibo. “Il y a eu tellement de météo extrême récemment.”

Une autre tornade a frappé la ville de Shengze, dans la région de Suzhou, dans la province du Jiangsu, sujette aux tornades, tuant quatre personnes et en blessant 149, a déclaré Xinhua.

Les responsables des incendies ont déclaré que les vents avaient endommagé les installations électriques et renversé plusieurs bâtiments de l’usine.

Les tornades frappent souvent le Jiangsu à la fin du printemps et au début de l’été (Reuters traduction google). La ville touchée est à environ 50 km de Shanghai.

Quelques jours auparavant, Le 10 mai la ville de Wuhan a aussi subi une forte tempête, un vent très fort qui a endommagé les bâtiments, une inondation, de la très grosse grêle. Il y a eu au moins deux morts, des personnes qui nettoyaient les vitres d’un immeuble, et de nombreux dommages matériels.

Il était très difficile et risqué de s’aventurer dehors au cours de ces intempéries. La gare s’est transformée en piscine. Des toits en tôle ondulée ont été arrachés, des immeubles, des stands, des voitures détruits.

Les premières minutes de la vidéo ci-dessous résument les intempéries du 10 mai à Wuhan (vidéo informative en chinois,   autre vidéo du 10 mai).

Au mois de mai une tornade a aussi frappé Oman, plusieurs le Canada, et les dernières semaines de nombreuses tornades se sont produites aux Etats-Unis. Elles ont touché les villes d’Atlanta le 3 mai (lien) et la Nouvelle-Orléans mardi passé (lien).

La Suisse subit aussi des intempéries. Elle est un peu protégée des vents, qui sont bien plus destructeurs ailleurs, où intempéries causent des dégâts matériels,  endommagent les entrepôts et perturbent les transports. Une étude de 2017 montrait que la fréquence de tornades augmente aux Etats-Unis (lien). Elles semblaient très fréquentes en 2020, et surviennent lors de forts orages, qui s’aggravent.  L’économie mondiale pourrait être progressivement mise hors service par ce type d’événements.

Commentaire 1: Je crois que maintenant je dois lire l’article ‘Tornado outbreak variability follows Taylor’s power law of fluctuation scaling and increases dramatically with severity‘ et le résumer. Alors, l’article dit que le nombre de tornades par tempête augmente très vite, pour les tornades F1 et F2. Cela suggère que les tornades pourraient se multiplier énormément.  

Commentaire 2: Dans les jours suivants, une autre ville chinoise située à environ 100 km de Wuhan a été touchée par les intempéries et un vent très fort. Le vent a provoqué l’effondrement de bâtiments et de poteaux électriques.  Près de 300 pièces d’appartement ont été détruites, 3837 personnes ont été évacuées de bâtiments endommagés, et 100’000 ont été touchées par les intempéries (lien).

Commentaire 3, le 3 juin: Le 29 mai des vents extrêmement forts, les plus forts que j’ai jamais vu, ont frappé Fujian (vidéo, vers 7 min 50), et le 1 juin une forte tornade a touché Shangzi, Heilongjiang.

 

La diminution des émissions de 2020 a-t-elle réchauffé la Planète? 

Combustion de carburants fossiles et aérosols

L’épidémie de coronavirus et les mesures de confinement ont provoqué une réduction des émissions de carbone planétaires, particulièrement de celles des transports terrestres et aériens.

La réduction a atteint 26% à son apogée (blogArticle Le Quéré) et les émissions de carbone de l’année 2020 ont baissé d’environ 6% (Lien IEA). Une étude récente suggère que les Etats – Unis ont même vécu une baisse plus importante (lien).

La combustion de  charbon, de bois et de gaz dégage du gaz carbonique, dont la demie-vie dans l’atmosphère est d’environ cent ans.  Elle produit aussi des aérosols, qui ne subsistent que quelques jours dans l’air. Il s’agit de diverses molécules dont certaines absorbent la lumière solaire et d’autres la réfractent , et en protègent la Planète (Lien aerosols).

L’utilisation des énergies fossiles provoque la formation de ces molécules qui refroidissent la Planète. Un des grands dilemmes du climat est que l’arrêt soudain de toutes les usines provoquerait la disparition des aérosols, qui pourrait brusquement réchauffer la Planète d’environ un demi-degré Celsius. Ce serait dramatique, pourrait conduire à des violentes intempéries et à la mort des forêts. 

Pourtant, si nous continuons, l’effet de serre s’accroît et la température planétaire augmente. 

Certains considèrent qu’une dispersion artificielle de particules (geoengineering SRM) dans l’atmosphère est la seule solution pour sauver le climat terrestre. 

Effet du confinement

Image by Tumisu from Pixabay

La grande expérience planétaire de 2020 nous a apporté des renseignements sur ce sujet.  Les émissions de carbone ont été réduites de 6 ou 7%. Les aerosols ont diminué. Comment ce changement a-t-il influé sur la température de la Planète?  Les calculs basés sur plusieurs modèles indiquent que la quantité de rayonnement solaire touchant la Terre a augmenté pendant cette période, mais pas au point d’augmenter la température ou le rayonnement terrestre.  Même localement en Asie, où l’effet de réduction a été le plus fort,  l’augmentation de température n’a pas dépassé 0,1 degrés Celsius (communiqué, article).

Une autre publication rapportait que le printemps chaud que nous avons vécu en 2020 en Europe n’a pas été directement causé par l’arrêt des usines et l’absence de particules dans l’atmosphère, mais était un phénomène météorologique indépendant. 

Les calculs qui rapportent peu d’effet de la réduction des aérosols sur la température  se basent sur des chiffres estimés de l’effet des aérosols. J’aimerais voir ces calculs confirmés par des mesures directes de rayonnement solaire. 

Aérosols et réchauffement futur

L’effet de ces particules sur le climat a été sujet de débat. La combustion du bois, du pétrole, et du charbon produit différents mélanges. J’ai trouvé une publication qui estime que la combustion du charbon pourrait temporairement refroidir la Planète, alors que celle du pétrole et du bois la réchauffe plutôt (lien).

 Si c’est le cas, nous avons intérêt à arrêter au plus vite le traffic automobile et la déforestation, et à réduire la consommation du charbon plus lentement, de manière bien calculée. En 2020, la diminution des émissions du pétrole a été la plus forte. Il est donc possible que nous ayons réduit les aérosols absorbants (chauffants) plus que ceux qui refroidissent la Planète. Par contre, les feux de forêt ont été très importants et ils ont pu contribuer au réchauffement annuel.

Si les aérosols du pétrole ne refroidissent pas la Planète, l’arrêt rapide de son utilisation pourrait protéger notre civilisation.  Par contre, un arrêt immédiat et total de toutes les usines à charbon planétaires pourrait être dangereux pour le climat. Du reste, un arrêt progressif sur dix ou vingt ans nous permettrait d’organiser la transition vers un monde sans carbone fossile, et à l’économie locale.

Cette année l’activité volcanique semble intense,  notamment la Souffrière  a rejeté une grande quantité de particules qui pourraient tamiser le rayonnement solaire.  Elles remplacent les particules émises par les usines.

Il est aussi essentiel de protéger les forêts.  Les aérosols de combustion du bois pourraient contribuer immédiatement au réchauffement, Les feux de forêt émettent beaucoup de carbone,  de plus les forêts sont très importantes pour la Biosphère, une Terre déforestée ne serait peut-être pas habitable pour les humains.   Plantons et protégeons les arbres!

Image de couverture by Ralf Vetterle from Pixabay

 

Comment réduire immédiatement les émissions de carbone de 7.6% par année sans causer de famine

Le confinement a provoqué un réduction d’émissions de carbone

En février et mars 2020 la moitié des habitants de la Terre était confinée à la maison, pour limiter la propagation de l’épidémie de coronavirus (vidéo Paris désert). Cette décision a été prise en quelques semaines à l’échelle de la Planète, je suis encore impressionnée de ce qui s’est soudainement avéré possible. Elle a provoqué une diminution des émissions de carbone, des avions, des transports terrestres, ainsi que des usines même si certaines ont compensé par une activité accrue ensuite. De nombreux restaurants et entreprises étaient fermés, et leur chauffage ou leur climatisation ne fonctionnaient pas.

Il y a eu aussi des pertes, je me souviens des images des tulipes hollandaises jetées au sol, d’autres cultures d’exportation ont été perdues, d’autres sciemment détruites par manque d’organisation. Au niveau climatique, cependant, le confinement a peut-être évité des catastrophes plus graves.

La diminution d’émissions de carbone s’est avérée juste suffisante pour cette année. Sans cela, l’enfer se serait peut-être déchainé sur Terre, il aurait pu se présenter sous forme de tornades de feux, d’inondations furieuses, et de chaleur mortelle.

Le confinement s’est accompagné des problèmes économiques

Cependant, le confinement a aggravé la faim dans les pays pauvres. Il y a plusieurs raisons à cela, les sécheresses et les catastrophes climatiques sont aussi un facteur. Cette année est marquée par plusieurs désastres : sécheresse en Afrique, plaie des sauterelles, sécheresse et vagues de chaleur dans le delta du Mékong, mauvaise année pour le blé dans le Midwest américain suite au ‘bomb cyclone’ de l’année passée, mauvaise année dans l’Iowa dévasté par un vent inouï, mauvaise année par le blé en Europe, au Canada, en Australie à cause des vagues de chaleur et des sécheresses.

Les organisation humanitaires avertissaient qu’une grave famine se préparait en hiver, avant le début de l’épidémie.

Les restrictions ont aussi eu des conséquences graves. De nombreuses personnes se sont retrouvées sans revenu du jour au lendemain. En Europe, elles ont souvent un délai de congé de quelques mois, puis elles ont droit aux allocations chômage pendant une année environ. Ce système évite la plupart de drames humains. Seuls les plus précaires, comme les immigrants illégaux ou les femmes de ménage ont affronté un lendemain sans aucun revenu.

Aux Etats-Unis, un nombre important de citoyens a perdu leur travail du jour au lendemain. C’est aussi le cas dans les pays du Tiers-Monde, ou de nombreuses personnes ne gagnaient plus rien. Selon Action contre la Faim, cela a provoqué une augmentation inquiétante de la malnutrition. Dans certains pays, les citoyens ont reçu un versement unique qui leur a permis d’acheter à manger, parfois les loyers ont été annulés. Je me demande si dans le cas des plus démunis, le confinement sauve des vies, puisque la famine en emporte.

La solution suisse a été de continuer le travail, si possible en télétravail, tout en fermant les restaurants, les magasins non-essentiels et les lieux publics, et malheureusement les lieux de culture. L’Etat a aidé de nombreuses entreprises en difficulté.

Comment réduire les émissions de carbone sans causer la famine?

Pour sauver le climat, nous avons besoin de réduire les émissions de carbone, donc certains secteurs de l’activité économique, chaque année autant qu’en 2020. Une réduction immédiate de l’effet de serre serait une excellente idée. Il faudrait donc imposer chaque année des restrictions comparables, sans causer de famine ni de crise économique.

Je me demande à quel point les pays pauvres ont été touchés par l’arrêt de leur économie locale ou, au contraire par l’arrêt des exportations et du tourisme international.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si elle était immédiatement réduite aux biens indispensables? Les conséquences climatiques seraient très bénéfiques. Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ? Les villes devraient s’équiper de camions ou de bus pour s’approvisionner directement chez les paysans.

Peut-être les pays les plus pauvres se seraient -ils mieux portés s’ils avaient pu continuer leur économie locale, vendant des aliments, et se limitant aux bien indispensables, un peu comme la Suisse l’a fait. Ils auraient bien sûr mangé beaucoup de chocolat et de sucre, mais ils pourraient s’organiser pour fonctionner en mode local, indépendamment des pays développés. Ont-ils vraiment besoin du commerce international? J’ai l’impression que l’économie repose largement sur la consommation des pauvres et des classes moyennes, et que l’appauvrissement de ceux-ci, où la moitié de la population achèterait beaucoup moins, créerait un contre-coup important pour l’économie du pays. D’où l’intérêt d’un revenu minimum universel.

En Suisse, les compagnies aériennes, les magasins d’habits, les hôtels, les restaurants, la culture ont essuyé des grosses pertes. J’ai déjà relayé le fait que la quantité de vols et de vêtements est excessive pour la Planète (vols vêtements), et que  leur consommation augmentait très vite. Donc, une diminution de ces activités est une bonne nouvelle pour le climat et s’est immédiatement traduite par une diminution des émissions de carbone.

Alors, je crois qu’il faut trouver des solutions pour les personnes qui travaillent dans ces domaines sans sauver l’aviation par des vols gratuits ou des habits gratuits. La crise de ces secteurs a peut-être été précipitée par des prix déjà irréalistes.

Sauver les compagnies d’aviation constitue une fuite en avant. Il faudrait plutôt donner un revenu minimum ou inventer des emplois différents, écologiques pour les personnes qui étaient employées dans ces secteurs. Les hôtesses Easyjet ont par exemple été employées dans un hôpital d’urgence londonien.

Nous devons réinventer l’économie maintenant. Une des ces prochaines années, nous pourrions bien vivre un confinement d’urgence pour raisons climatiques.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si la réduisait immédiatement aux biens indispensables ? Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ?

Nous avons besoin d’un plan d’économie de base durable, où les émissions de carbone seraient immédiatement diminuées sans famine et en limitant les conséquences économiques. Il faudrait peut-être commencer par la reconversion immédiate de personnes employées actuellement dans les secteurs inutiles et nuisibles, réduire rapidement le temps de travail ou, troisième possibilité, adopter le revenu minimum universel.

Il faut un plan de réduction immédiate des émissions de carbone, qui assurerait la subsistance des plus pauvres, l’alimentation, les services de santé et le logement.

Lien sur ma courte présentation d’un plan pour le climat de The Climate Mobilization

La Chine peut-elle sauver le monde?

La Chine produit une grande partie de nos objets d’usage courant. Une énorme proportion, la quasi-totalité des marchandises vendues aux Etats-Unis y est fabriquée. Une grande partie des émissions carbone de la Chine est due à cette production exportée. Nous sommes terriblement dépendants. Lors du confinement, certains usines européennes ont immédiatement manqué de pièces fabriquées à l’étranger, nos Panadol étaient produits en Chine. Nous ne pouvons rien construire car les tournevis sont fabriqués en Chine.  La crise actuelle a démontré la fragilité de ce système. Actuellement, la Chine subit des graves inondations (vidéo) et les catastrophes climatiques iront en augmentant, les lieux de production et les transports seront touchés.

Je me demande si la Chine ne pourrait pas changer, seule, les émissions de CO2 mondiales. Elle pourrait produire uniquement des biens essentiels, solides et  durables, et fermer la plupart de ses usines. La production polluerait alors beaucoup moins, il n’y aurait plus besoin d’autant de transport, d’entrepôts, de magasins ni de destruction compliquée des objets excédentaires ou vite abîmés.   Nous sommes à l’aube d’événements climatiques très dangereux (article), dans une extinction de masse et dans une pollution inquiétante et nous pourrions, pour y remédier, vivre avec un choix et un nombre restreint d’objets durables et fonctionnels.

Un changement pareil est-il envisageable?

A l’extrême, pourraient-ils provoquer le passage de toute la Planète au col Mao et au vélo?

Est-ce une perspective affreuse? Le vélo contribue à la santé de la population au Danemark et nous serions peut-être plus heureux en gérant moins d’objets.

Quelles seraient les conséquences pour l’économie mondiale et comment l’y préparer?

Il serait peut-être plus doux de limiter dès 2021 le temps de travail. En 2020,  le confinement d’une grande partie de la Planète pendant à peu près deux mois a provoqué une réduction suffisante des émissions de carbone (article). Nous pourrions rendre cet effet durable, si possible sans virus, en réduisant les heures de travail dans la plupart des pays d’un jour par semaine, et en imposant des limites strictes aux vols en avion, trop dangereux pour la vie sur Terre. La forte diminution des voyages aériens a beaucoup contribué à la réduction des émissions de carbone, que nous devons absolument poursuivre. Il semble qu’en Angleterre, la moitié de la population soit décidée à voler moins (lien). Une prise de conscience a lieu et les comportements individuels pourraient bien changer spontanément.

La situation actuelle est un laboratoire de villes écologiques

L’épidémie de coronavirus a provoqué de nombreuses restrictions. Dans certaines villes, les restaurants, les lieux publics ainsi que des nombreux lieux de travail étaient à l’arrêt, de nombreux employés en télétravail. Les enfants n’allaient plus à l’école.  En Suisse, les commerces non-essentiels étaient fermés, et dans ceux qui restaient ouverts, les rayons de jouets, d’habits, de teinture à cheveux et de bricolage, je crois, étaient supprimés car non-essentiels. La Suisse a justement décidé de privilégier l’approvisionnement en biens essentiels.

Aux Etats-Unis, la situation a réduit la consommation d’essence par les voitures de 40% et la consommation du fuel par les avions de 60%. Les émissions de carbone planétaires en ont baissé de 5%, jusqu’à 15% si la situation continue toute l’année (lien).

En Chine, en Italie du Nord, à Paris, la pollution a diminué, ce qui a évité de nombreux morts.  Le bruit de la circulation s’est aussi allégé dans certaines villes. Aux Etats-Unis, un tiers de la population a perdu son travail et n’a pas payé son loyer.

Ces dernières semaines, les villes ont vu éclore des suspensions d’expulsions, des suppressions de loyers, des services nationalisés, le transport et les soins médicaux gratuits,  un revenu minimum temporaire par endroits.  De nombreuses solutions sociales rêvées sont soudainement devenues réalité,  elles se sont imposées face à la crise actuelle.

Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux changements sont possibles. Nous pouvons changer radicalement très vite. Nous pouvons aussi améliorer durablement l’organisation de nos villes grâce à cette expérience. Nous pouvons visiblement nous passer facilement de l’avion et de nombreux trajets individuels.  Nous voulons chauffer nos appartements, être approvisionnés en alimentation et en sécurité.

Les villes sans voiture, parcourues par des piétons et des vélos sont bien plus agréables. Nous pouvons optimiser durablement les transports. La réduction du trafic, jusqu’à 60%,  peut s’avérer essentielle pour réduire le réchauffement climatique. Nous devrions renoncer à la voiture au cours de cette décennie (Paul Chatterton). Le mieux, actuellement, est de réduire nos déplacements au maximum et d’adopter le vélo.

Nous pouvons aussi améliorer l’économie locale, développer des coopératives, une distribution locale, les jardins communautaires, l’énergie locale.

Nous pouvons gagner en bien-être en réduisant nos déplacements et la pollution, en dégageant du temps et des espaces de loisirs.

 

Paul Chatterton suggère les axes suivants pour améliorer durablement nos villes:

  1. Se réapproprier les routes pour l’exercice et les déplacements actifs
  2. Offrir des transports publics gratuits aux employés essentiels
  3. Créer des revenus minimum pour éviter les laissés pour compte
  4.  Introduire des subsides pour la production utile pour la société
  5.  Assurer des logements convenables lors des prochaines crises
  6. Destiner l’espace libre à l’exercice, aux loisirs, à la nature et à la biodiversité
  7. Augmenter la production locale d’aliments et les entreprises communautaires
  8.  Réduire la vitesse sur les routes pour réduire les accidents de circulation
  9. Soutenir les entreprises et les magasins locaux
  10. Créer des indicateurs pour prendre en compte les employés essentiels,  les soins nécessaires donnés gratuitement, la qualité de la vie, et la protection de l’environnement.

http://www.unlockingsustainablecities.org/

http://www.unlockingsustainablecities.org/climate-emergency.htm

Le monde change aujourd’hui

Certaines mesures actuelles pourraient sauver le climat

Les écoles sont fermées depuis deux semaines, et nous réduisons nos déplacements au minimum.

De nombreuses personnes ont modifié leur planning pour travailler de chez eux, les enfants sont à la maison toute la journée. Nous ne sortons pas le soir ou le weekend, et ne voyageons pas. De nombreux lieux de travail sont à l’arrêt. Les frontières sont fermées. L’Italie a interrompu l’activité de ses usines et seules les biens de premières nécessité sont y fabriqués actuellement. Ce pays produira moins de d’objets superflus pendant un certain temps.

L’épidémie est survenue au moment même où le président du GIEC annonçait en décembre 2019 que les conséquences du réchauffement sont plus sévères que prévu, et que nous pourrions bientôt voir des événements auxquels nous ne pourrons pas nous adapter.

Il conseillait de réduire immédiatement les émissions de carbone pour nous permettre de nous adapter au changement climatique de façon durable (traduction de son discours ).

Le Secrétaire-Général de l’ONU avertissait que nous étions en train de perdre la course. Nous allions droit à la fin de l’Humanité.

Certains changements actuels sont bénéfiques dans ce contexte et devraient être encouragés dans le Futur.

Le trafic aérien est un des secteurs les plus polluants. Il se développait depuis quelques années d’une façon incompatible avec la survie de l’Humanité.

Aujourd’hui, les avions se sont posés, la pollution diminue en Chine, en Lombardie, à Paris. Les mesures actuelles sauvent autant de vies par la diminution de la pollution que par la maîtrise de l’épidémie, et peut-être plus encore parce qu’elles évitent d’immenses catastrophes climatiques.

Le télétravail, une réduction des déplacements, des voyages, de l’activité industrielle et de la consommation constituent d’excellentes solutions. Le télétravail devrait être généralisé et les vols en avion fortement limités.

Pourquoi travailler?

Actuellement, plusieurs initiatives dans le monde demandent le versement d’un revenu minimum à la population plutôt que des investissements dans des entreprises polluantes et inutiles.

Il faut changer le système qui encourage les citoyens à ouvrir un magasin d’électronique ou de jouets pour chien et à les vendre à des personnes crédules en utilisant la psychologie, le mensonge, des publicités omniprésentes, bref des procédés nuisibles.

Une grande part de la population affirme vouloir du travail, est prête à faire des nombreux sacrifices (études, déménagement, invitation de son patron à dîner, etc, etc) pour y parvenir. En conséquence, nous nous conditionnons nous-mêmes à aimer l’économie, l’informatique, les graphiques excel.  Autant dire qu’un chien aime sa laisse. Sans la nécessité de trouver du travail et la l’existence de postes dans la banque ou la vente, nous aimerions moins le commerce, les partis de droite, les cravates…  Nous croyons à tort qu’ils nous sont bénéfiques.  J’essaie d’exprimer l’idée que les demandes mêmes d’une grande partie de la population sont issues du système existant et de son discours dominant. Si nous changeons les règles du jeu, les souhaits de la population évolueront aussi.

Vouloir travailler nous a été inculqué, et défini comme une vertu. Aujourd’hui, nous devons cesser de nous employer à la vente d’objets polluants. Nous pouvons avoir des activités bénéfiques et utiles dans le bénévolat, dans le jardinage, dans le bricolage, dans les relations humaines.

Le monde change aujourd’hui

La Terre a subi un bouleversement radical en mars 2020. La moitié de sa population a simultanément modifié son mode de vie.  Nous pouvons le faire, puisque nous l’avons fait hier. Nous devrons changer aussi pour le climat.

Un monde sans pollution mortelle dans les villes, où les citadins marchent dans les rues calmes, et où le nécessaire prime sur le superflu serait un monde meilleur.

Actuellement, de nombreuses frontières sont fermées, l’aviation et les voyages pourraient subir des restrictions pendant un an au moins.  Les activités industrielles sont aussi perturbées.  Le géant de la vente en ligne Amazon limite les entrées de ses entrepôts aux biens essentiels.

La consommation de pétrole et les investissements dans ce domaine ont été immédiatement réduits (blog). Aujourd’hui des nombreuses institutions très influentes, y compris Goldman-Sachs, supposent que certains changements comme le travail à domicile pourraient s’installer de façon permanente, que la consommation de pétrole baissera de façon permanente et que nous vivrons de façon plus écologique.

Le Forum Economique Mondial relève qu’il est possible de changer de modèle du jour au lendemain, qu’il n’y a plus aucune raison de subventionner le pétrole et que que nous devrions développer l’agriculture régénérative.

Plusieurs initiatives demandent le revenu minimum pour la population, soit pour la situation d’urgence actuelle, dans laquelle il est impossible de sortir pour chercher du travail,  et où de nombreuses entreprises sont fermées, soit de façon permanente (WeMove, les Jeunes Verts). Signez-les!

Le soutien de l’Etat devrait être réservé aux entreprises durables (pétition Greenpeace signez-là aussi).  La fermeture des compagnies les plus polluantes devrait être favorisée.

De nombreux emplois devraient être créés dans des domaines utiles à la population. Nous devrions mieux assurer une production locale de biens de première nécessité, tels que l’alimentation, le matériel médical et l’énergie. Tous ces changements sont à notre portée. Nous pouvons les accomplir bientôt et assurer un Futur durable.

 

Vite, une économie durable sans émissions de carbone

De nombreux pays ferment leurs frontières, leurs entreprises et leurs lieux de villégiature pour éviter la transmission de l’épidémie de coronavirus.

Dimanche un article de journal annonçait qu’aucune compagnie aérienne ne résistera à la crise. C’est à priori une merveilleuse nouvelle,  car elles constituent actuellement un grand danger pour notre existence.

Les vols de plus en plus nombreux consomment énormément d’essence, émettent du CO2, et augmentent l’effet de serre.  Des graves catastrophes climatiques en découlent. Ces dernières années, nous avons connu des records de chaleur, des sécheresses, des inondations (Lausanne, Genève, Sion, Nyon, des milliers d’autres partout ailleurs) et des nombreux glissements de terrain.

Un jour prochain, nous verrons probablement des vagues de chaleur à 45°C, des rivières d’eau dans les rues, des tornades, et la mort de nos forêts ( décrits dans mes blogs précédents).
J’espère que ce jour-là l’épidémie sera passée et que nous pourrons nous réfugier dans des abris communs sans nous fuir les uns les autres et sans risque de contagion.  J’espère que ce jour-là, il y aura encore de la nourriture.

Nous devons agir rapidement pour  éviter ce Futur catastrophique.  Il est essentiel de réduire rapidement les émissions de carbone de l’aviation pour notre sécurité.

Dans ces circonstances, le directeur de Swiss demande à l’Etat Suisse d’entretenir cette compagnie nocive. C’est un réel scandale.  Les activités destructrices de l’aviation sont encore autorisées au nom de la liberté du consommateur. C’est  à mon avis une faille de notre législation, et les activités polluantes devraient être réglementées beaucoup plus sévèrement.

Aujourd’hui, partout sur Terre, les habitants sont confrontés à un danger, et leurs choix s’orientent vers l’achat de nourriture plutôt que vers  l’avion. L’humain a réellement besoin d’aliments plus que de vols long courrier, et aujourd’hui il en prend conscience. Et ce jour-là, on nous demande d’aider artificiellement à maintenir en vie une entreprise dangereuse pour nous. Non!

L’aviation doit être complètement reformée et ne devrait être soutenue que si elle permet une vie durable sur la Terre. Il y a plusieurs façons d’aborder ce problème. Des prototypes d’avions plus écologiques sont en développement. Les vols pour Madrid ne devraient pas inclure de changement à Londres; l’aviation pourrait être limitée aux vols sans escale, les vols ridicules Genève-Paris ou Genève -Zurich, devraient disparaître, remplacés par des trains ultra-rapides, et la compensation des dommages causés à la Planète devrait être inclue dans le prix du billet d’avion. Si le développement actuel de l’aviation continuait, nos enfants prendraient l’avion à 5 frs pour aller faire leurs courses chez Aldi Allemagne. Le vrai coût de ce trajet serait probablement la destruction de leur maison, ou des champs qui les nourrissent pendant un an.  Mais le changement climatique rendrait cela impossible avant, il est prévisible et prévu.

De nombreux domaines de l’économie devraient d’ailleurs être restructurés afin de permettre à la vie sur Terre de continuer. Les transports, la construction, la production de la viande et du plastique doivent diminuer. Le système ne pourrait pas continuer longtemps sans provoquer sa propre destruction catastrophique. Nous devons le dépoussiérer et le rendre viable et raisonnable.

Des branches entières de l’économie sont absurdes et devraient disparaître. De nombreuses personnes travaillent dans la publicité pour nous donner envie d’acheter des objets inutiles que d’autres produisent, transportent, pour lesquels sont construits des nombreux bâtiments.

Je propose que l’Etat n’aide que les entreprises à basses émissions de carbone, en privilégiant celles qui sont les plus utiles pour les citoyens. De nombreuses compagnies trouveront un moyen de s’adapter à ces exigences si elles y sont confrontées.

L’Etat devrait créer des emplois dans les secteurs cruciaux pour notre survie, l’alimentation, la médecine, l’énergie, la capture de carbone. dans le sol et dans la végétation.

Le temps de travail pourrait être sérieusement réduit, à une époque je proposais un temps de travail de base à environ vingt heures par semaine, avec éventuellement la possibilité d’en avoir deux d’abord.

Un revenu de base inconditionnel pourrait libérer certains de contrats précaires, de déménagements fréquents, de garde d’enfant compliquée, et repeupler des villages et des petites villes qui se vident faute de travail.

Il est bien possible que’à notre sortie de cette grippe nous trouvions le monde un peu différent. J’espère qu’il sera meilleur, organisé d’une façon plus durable. Nous devons maintenant mettre en place une nouvelle économie qui permettra notre survie sur la Planète.