Les sols de toute la Planète absorberont le carbone

Le carbone peut être accumulé dans le sol et compenser l’aridification

Une nouvelle publication  émanant des instituts Crop Science and Resource Conservation et Bio-and Geosciences, en Allemagne suggère d’enterrer l’effet de serre et propose une marche à suivre.  Le sol de la Planète contient énormément de carbone, deux à trois fois plus que l’atmosphère. L’agriculture, a des nombreux endroits, a épuisé et appauvri ces sols.  Un enrichissement en carbone serait bénéfique pour les sols et pourrait limiter ou même éliminer l’effet de serre.

Les émissions humaines augmentent d’environ 5 Gigatonnes par année. D’après le GIEC, il est possible de capter dans le sol entre 0,79 et 1,5 Gigatonne de carbone par année.  Pour y arriver, il faut mettre en place des résolutions politiques et des encouragements économiques .

Trois projets internationaux se sont penchés sur ce thème: l’initiative française 4p1000, les Koronivia workshops, et le programme RECSOIL de la FAO. Le premier proposait d’absorber les émissions annuelles excessives en augmentant la teneur du sol en carbone de quatre pour mille, d’où son nom. Tous les trois soulignent que la terre peut contribuer à réduire l’effet de serre, et qu’elle bénéficierait de cet enrichissement en carbone.

La sequestration du carbone dans le sol permet de restaurer les sols appauvris et d’augmenter le rendement. Le potentiel, les techniques et la gouvernance varient selon les régions du globe. La gestion est très décentralisée, et souvent à charge des fermiers individuels.

Il faut cartographier les sols appauvris

Un tiers des sols de la Planète sont appauvris par l’agriculture humaine. Leur stabilité est réduite, l’érosion augmente, ils accumulent moins d’eau et de nutriments. C’est une menace pour la sécurité alimentaire. La perte de carbone se produit surtout lors de l’agriculture intensive sans ajout de carbone.  L’augmentation de carbone du sol améliorerait les rendements du maïs et du blé, et réduirait les besoins en engrais.  Elle éviterait le besoin de défricher de nouvelles terres au risque d’une perte de carbone supplémentaire. La priorité devrait être donnée aux régions aux sols très appauvris, l’Afrique Sub-Saharienne, et l’Asie du Sud et de l’Ouest.  Il faudrait tout d’abord restaurer les sols appauvris par l’exploitation humaine. Malheureusement la surface totale des sols dégradés n’est pas bien définie. La dégradation des sols est bien étudiée dans les pays développés. Dans certains pays en voie de développement par contre,  c’est une grande inconnue.

Les auteurs de ce papier suggèrent des recherches additionnelles pour pour évaluer le potentiel de capture des différents sols et des différentes fermes, en tenant compte de la gestion du sol passée et des expériences passées de séquestration de carbone dans le sol.

Selon eux, il faut rapidement mettre en place: (i) un système d’information global sur le statut du sol et son niveau de dégradation; (ii) des pratiques de gestion du sol correspondantes à chaque situation; (iii) arrêter la perte de carbone de certains sols qui pèseraient lourd dans la balance climatique. Actuellement, quelques pays seulement ont un système de surveillance suffisant. Le programme Global Soil Partnership de la FAO a initié l’harmonization de l’acquisition des données.

Les techniques sont connues

Les coûts d’une gestion des sols accroissant la teneur en carbone pourraient aller de 3$ à 130$ par tonne de CO2.   L’impact sur le rendement est variable, il dépend aussi d’autres facteurs tels que l’abondance d’eau.

Différentes techniques d’amélioration du sol peuvent être utilisées suivant le type de sol et dans différents pays.  table de l’article Elles incluent la gestion des engrais et des résidus organiques, le chaulage, le biochar, le paillage, les plantes de couverture,  l’agriculture en sillons, l’inversion du sol profond, le transfert d’argile, l’utilisation de plantes spécifiques, et des mélanges de plantes précis. Les encouragements pourraient inclure des subsides, des taxes, des payements basés sur le marché et le système ‘cap and trade’.

Les auteurs de l’article suggèrent de limiter la perte de carbone de certains sols riches en carbone, et de régénérer les tourbières.  Je crains que les tourbières et les marais ne soient  très menacés par le changement climatique, à  mon avis il faudrait prévoir des systèmes d’irrigation pour les protéger.

La capture du carbone dans le sol est certainement la meilleure solution, qui régénérerait les champs et réduirait la pollution.  Les coûts du changement climatique pourraient être très importants, ou notre civilisation serait détruite à un point irréparable.  Il faut absolument pousser à l’accumulation du carbone dans le sol. J’imagine que chaque agriculteur pourrait être assorti de dix techniciens occupés à la capture du carbone.  L’agriculture a un grand potentiel d’absorption de carbone, qui pourrait encore être développé, si les moyens investis sont plus importants.  Je crois qu’on pourrait aller plus loin, que l’élevage pourrait être remplacé par la culture de noyers et  par l’agroforesterie.

L’afforestation est une autre  excellente solution durable. La croissance des forêts et d’arbres épars accumule aussi du carbone dans le bois et dans le sol, et doit être développée au maximum.

La même publication présentée par  l’INRA

Le réchauffement a-t-il dépassé le point de non-retour?

Que se passerait-il si les émissions de carbone s’arrêtaient?

Une nouvelle publication suggère que le réchauffement climatique a dépassé le point de non-retour. Si l’Humanité disparaissait demain, il continuerait et atteindrait  2,3°C en 2070. Après cette période, les températures baisseraient mais augmenteraient de nouveau  quelques dizaines d’années plus tard et atteindraient environ 4°C en 2500.

Le modèle ESCIMO de Jorgen Randers et Ulrich Goluke aboutit à la conclusion que nous avons atteint la température où le permafrost fond lentement, où sa fonte continuera et provoquera un léger dégagement de méthane qui alimentera le réchauffement au cours des prochaines centaines d’années.

Il modèle le réchauffement à court et moyen terme, sans entrer dans les grands cycles du climat terrestre.

Le modèle est simple, clairement décrit dans un article que je peux lire et critiquer. Cela me plaît beaucoup. Les modèles climatiques complexes sont publiés comme ‘modèle x qui utilise modèle y’ et finalement je ne vois pas quels phénomènes naturels ils incluent et lesquels ils omettent, je crains qu’ils n’oublient l’importance du carbone du Vivant, c’est à dire des plantes, des animaux, et des bactéries sur la Terre.

Je critiquerais le modèle ESCIMO car il considère uniquement que le réchauffement peut accroître l’absorption du CO2 par la Biosphère.  Celle-ci peut cependant aussi être réduite par les sécheresses, comme celles que nous avons observé dans le Nord de la France récemment, et provoquer une importante émission de carbone du sol. D’après moi, ce point pourrait être amélioré.

Le modèle est accessible sur le site http://www.2052.info/ESCIMO/. Il peut être installé sur un ordinateur personnel et utilisé pour visualiser immédiatement l’effet des différentes mesures politiques.  Le site contient toutes les données qui ont servi de base à l’excellent livre 2052 de Joergen Randers, divers articles et présentations.

Rôle de l’océan et du permafrost

Le professeur Michael Mann a fortement critiqué ce modèle (CleanTechnica, USA Today), plus simple et différent des modèles classiques du climat terrestre.  Il calcule quant à lui que si nous arrêtions les émissions de carbone aujourd’hui, le réchauffement s’arrêterait, à cause de la dynamique des océans, qu’il estime mieux décrite dans d’autres modèles.

Cependant, les conclusions du modèle ESCIMO sont basées sur la fonte du permafrost, que le professeur Michael Mann a sérieusement mis en doute récemment parce qu’elles ne sont pas publiées de manière rigoureuse. Le permafrost terrestre et sous-marin semble pourtant dégeler rapidement et à grande échelle. Les spécialistes du permafrost sous-marin, Natalia Shakova (blog blog), les expéditions récentes qui étudient le permafrost sous-marin International Shelf Study Expeditions 2020), observent qu’il dégèle plus vite et profondément que prévu par les modèles.  Ces conclusions ne sont pas encore acceptées par la communauté de climatologues et ne sont pas inclues dans les principaux modèles. Les prévisions d’ESCIMO pourraient mieux prendre en compte la situation actuelle, et moins les reconstructions géologiques des climats passés. Cela montre que l’évolution du permafrost doit être très attentivement surveillée.

Les émissions de carbone continuent

Les calculs de Michael Mann et de Joergen Randers aboutissent à des conclusions différentes sur un point très théorique, à savoir comment évoluerait le climat si les émissions humaines cessaient demain, si toutes les chauffages et les usines au charbon s’arrêtaient.

L’Humanité est toujours là, avec sa civilisation industrielle basée sur la croissance économique infinie.  Les émissions de carbone continuent, le réchauffement augmente, et si nous continuons nos émissions de carbone incontrôlées, nous dépasserons le point de non-retour, et nous provoquerons un réchauffement plus fort et plus rapide.

Michael Mann  est connu pour avoir attiré l’attention sur la gravité du changement climatique. Il a par exemple signé un appel qui demande de diminuer le carbone atmosphérique.  En complément d’une réduction d’émissions de carbone à zéro, il conseille d’extraire d’immenses quantités de carbone de l’atmosphère, pour éviter des siècles de catastrophes.  Malgré les différences des modèles, ces scientifiques s’accordent sur l’urgence à agir pour le climat.

Les américains doivent savoir la vérité sur le climat

La politique de Trump était désastreuse pour tous les Américains

Une carte des votes américains sur Facebook indiquait que les américains blancs auraient majoritairement voté pour Trump. J’espère que c’est faux. Si c’est vrai, c’est absolument dramatique, et dénote une très forte désinformation dans cette population. Trump était extrêmement dangereux pour la population américaine et le reste du monde. Son annulation du ‘Clean Water Act’ mettait toute la population des Etats-Unis en danger d’empoisonnement ou de cancer, son déni du changement climatique mettait leurs vies en danger. L’annonce de sa victoire aux élections résume bien toute sa politique et sa crédibilité.   Il n’a cessé de mentir tout le long de son mandat. Ses amis personnels ont été nommés à la tête de toutes les agences gouvernementales des Etats-Unis, j’étais déjà plus qualifiée pour deux agences gouvernementale des Etats-Unis, celle de l’environnement et de la Santé, au même titre que que tous les chercheurs en Sciences des Universités. Les Etats – Unis dérivaient vite vers une république bananière que l’oligarchie organisait pour elle-même, dans une totale indifférence au bien public.

Le climat a changé

J’ai regardé le téléjournal TSR annoncer que Joe Biden a gagné les élections aux Etats-Unis. En arrière-plan du reportage, des américains déambulaient, détendus en T-shirt et en petite robe dans les rues de Washington. J’ai perçu leur plaisir de la promenade dans une journée parfaite d’été, et je m’en suis étonnée.

L’hiver à Washington est habituellement plus froid qu’en Suisse, et il devrait actuellement y faire environ 10 degrés, un temps frais et pluvieux d’automne. Cette année, en Suisse nous avons un vrai début du mois de novembre d’antan, nuages sombres et lourds, vent frais et feuilles d’automne voletant dans les rues. Novembre a toujours été ainsi. Washington devrait être au moins cela, un peu plus froid que la Suisse. Or, la météo y signalait 26°C pour le samedi 7 novembre. Le temps qui y règne actuellement est totalement anormal. Une température de 26°C est exceptionnelle, et montre une fois de plus que le climat terrestre a vraiment changé.  Cette magnifique journée était l’endroit du changement climatique, mais l’envers est terrible.

Il faut une gouvernance pour les temps des catastrophes

Les temps ont changé, nous sommes entrés dans l’ère des catastrophes. Les Etats-Unis subissent déjà des nombreuses inondations et ouragans, des problèmes de cultures végétales et d’élevage dus au climat, des vagues de chaleur au dessus de 40°C accompagnées de coupures de courant pour un million de personnes. Ils ont besoin d’une vraie gouvernance pour les graves problèmes actuels. Le dilemme auquel ils sont confrontés est, très simplement, le suivant : soit ils acceptent que la moitié des bâtiments des Etats-Unis soit ravagée par des inondations, ce à quoi il faut ajouter les ouragans, les grêles et les chaleurs mortelles, soit ils limitent le réchauffement climatique.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Dans le premier cas les Américains pourront continuer à vendre des objets en plastique jetable, à prendre souvent l’avion, et à jeter la moitié de leur burger de viande à la poubelle, mais leurs maisons seront détruites par les éléments. Même là, une planification raisonnable pourrait limiter les dégâts des inondations et creuser des lits de rivières prêts à les évacuer. L’autre possibilité est de prendre des mesures sensées pour éviter ces catastrophes, ce qui exige aussi une planification responsable. Une idée est que le prix des produits inclut le coût des dégâts climatiques qu’ils provoquent, le coût de la destruction des infrastructures et des dommages à l’agriculture. Je préférerais personnellement l’interdiction pure et simple des produits les plus polluants, de même qu’il est interdit de vendre des aliments toxiques. Il faudrait reformer le système de l’emploi pour que la majorité soit dans des domaines utiles à la société, et non pas dans la vente et la pub d’objets polluants. Le Green New Deal va tout à fait dans la bonne direction.

 

Fin de la désinformation

J’ai exposé brièvement un des problèmes dont le gouvernement des Etats-Unis doit s’occuper. Trump a fait un énorme travail de désinformation à ce sujet, un vrai travail de sape, et de calomnie à l’égard des personnes compétentes et honnêtes. Occasio-Cortez par exemple a été taxée d’extrémisme pour avoir cité le plan consensuel de l’ONU. Il faut rétablir la vérité et faire un sérieux travail d’information aux Etats-Unis pour que la population intègre les risques auxquels elle devra faire face. Les Américains ont du bon sens, mais sont terriblement mal informés. Ils croient qu’il est dans leur intérêt de payer moins d’impôts et d’avoir moins de limites à leurs gains, avec lesquelles ils s’achèteront une maison et une deuxième voiture. Or tout ce qu’ils possèdent est à la merci des inondations, une vague de chaleur mortelle peut décimer leur ville dans quelques années, les assurances seront vite en faillite. Dans le futur, ils pourraient courir dans des abris avec un sac à dos d’évacuation pour tout bien. Il faut d’abord assurer leur sécurité, avant d’acheter la énième décoration pour leur maison. Cela marchera très bien s’ils sont conscients des risques et des enjeux. Il faut un vrai travail d’information aux Etats-Unis.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Réchauffement à pas de géant

Ces dernières années, de nombreuses catastrophes se sont produites sur la Planète. Les températures ont fortement augmenté et sont restées élevées au cours des 5 ou 6 dernières années.

La croissance de la température globale était d’abord mesurée en comparaison avec le début du 19ième, ce qui donnait une mesure totale du réchauffement anthropique advenu depuis le début de l’ère industrielle.

Aujourd’hui, je vois sur le site de la NASA que les valeurs de réchauffement sont obtenues par comparaison avec la période 1951-1980. Soit. Le changement qui s’est produit au cours des cent premières années de l’ère industrielle n’apparaît pas clairement et nous sommes à 0.99°C de réchauffement pour l’année 2019, par rapport 1951-1980, depuis à peu près 50 ans.

Quel que soit l’étalon, il est clair que les températures globales ont fortement augmenté depuis quelques années, en 2014, 2015, et 2016, et restent élevées.

L’année 2016 a été une année El Nino, où des eaux chaudes affleurent à la surface de l’océan. Ces événements sont toujours accompagnés de températures particulièrement élevées, et de vagues de chaleur. 2017 était une année la Nina, où les eaux froides parviennent à la surface  du Pacifique, mais la température n’a pas beaucoup baissé en 2017. Elle est restée plutôt élevée  en 2018, en 2019, et en 2020.

James Hansen, l’ancien responsable  de l’Institut de recherche Goddard de la NASA avait alerté les Etats-Unis sur le changement climatique.  Il a d’abord estimé qu’une accélération du réchauffement était en cours en comparant les températures de 2017 aux événements la Nina précédents. Selon lui,  ces années sont particulièrement stables, et leurs valeurs de températures sont reproductibles. Il a observé que les températures ont augmenté plus en 2017 qu’entre les deux épisodes la Nina précédents.

Récemment, James Hansen a établi la moyenne des températures des cinq années précédentes (courbe rouge sur le premier graphique lien) et a calculé qu’elle est très élevée. Selon ses calculs, le réchauffement climatique a clairement accéléré ces dernières années. La température des océans et la quantité d’énergie excessive accumulée par la Planète ont aussi augmenté rapidement pendant cette période (de 0,6 W/m2 à 0,87 W/m2 en une décennie).

Il a vérifié si ce changement était corrélé avec un rayonnement plus fort du soleil, où avec une augmentation du CO2 atmosphérique. Il ne voit pas de changement important de ces deux facteurs, qui ne semblent donc pas être la cause de l’accélération des températures. J’ajouterai que les émissions de carbone de la végétation, des feux de forêts et de sécheresses, apparaitraient dans les mesures de CO2 atmosphérique. Il y doit y avoir autre chose, un autre changement du système Terre, qui provoque une élévation plus rapide des températures.

La glace marine qui entoure l’Antarctique et couvrait auparavant la mer Arctique reflète énormément de lumière du soleil en été pour l’Arctique, et lors de l’été Austral pour l’Antarctique. Au cours des quelques dernières années, elle s’était bien plus réduite autour de l’Antarctique. La surface sombre de l’océan était exposée au lieu de la glace, et absorbait bien plus de chaleur.  Ce changement aurait pu expliquer un réchauffement plus rapide au cours de ces dernières années, j’ai d’ailleurs essayé d’argumenter à ce sujet auprès de James Hansen. C’est un facteur important et il devrait être inclus dans les calculs, il le sera sûrement dans les calculs définitifs du GIEC. Ici, James Hansen a travaillé avec une moyenne de températures de cinq ans, alors que le GIEC évaluera, plus tard, l’évolution sur une période  de dix ans.

Cependant, James  Hansen rapporte que la glace entourant l’Antarctique, qui s’était réduite au cours des années précédentes, a récemment retrouvé sa surface d’avant.  Et l’année 2020 est aussi très chaude, septembre 2020 est le mois de septembre le plus chaud de l’Histoire.  James conclut donc que l’accélération du réchauffement doit être imputée à un autre facteur, et il incrimine les aérosols atmosphériques.

On pourrait encore supposer que l’accélération était due à la réduction de la glace Antarctique au cours des années passées, et que cette année, en 2020,  elle serait due à la diminution des aérosols atmosphériques. L’intérêt de ce débat vise à déterminer si le réchauffement progressera aussi vite par la suite, ou même accélérera encore, ou si au contraire il retrouvera le rythme prévu par le GIEC.  La glace entourant l’Antarctique s’est réduite de façon temporaire, à cause de courants marins changeants, et a déjà retrouvé sa surface passée.

D’autre part James écrit que les aérosols atmosphériques ne sont pas mesurés, et que cette omission est intentionnelle. En tout cas, ils devraient absolument être surveillés.

Ces dernières années, le changement s’est accéléré, et la Planète se transforme visiblement. Le réchauffement est déjà très grave, et le Futur est plein d’incertitudes. S’il progressait aussi rapidement par la suite, des événements graves, dangereux pour notre vie, pourraient se précipiter.

 

Image par Darwin Laganzon de Pixabay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un orage détruit une centaine d’arbres à Genève en août 2020

Le 13 août, un violent orage a touché Genève et Vaud. Il a provoqué des nombreux dégâts dans les parcs Genevois. Cette tempête a arraché ou gravement endommagé de nombreux arbres.

Une centaine de géants des parcs Genevois a été déracinée ou cassée.  Les vents semblaient provenir de tous les côtés. Selon M. Brunet, du service des parcs de Genève, les parcs présentaient un spectacle apocalyptique, des arbres étaient complètement déplantés, dévissés.

Photo de Jean Estoppex (ainsi que la photo de couverture)

Le vent semble être venu de tous les côtés, les dégâts donnent un sentiment de mini – tornade. Ces arbres étaient parfaitement sains, sans fragilité particulière.

Selon le service des parcs de la ville de Genève, les dégâts causés par cette tempête sont sans précédent depuis l’ouragan Lothar. Les spécialistes des parcs remarquent d’ailleurs que le changement climatique nuit aux arbres de Genève. Les érables et les pruniers vieillissent vite, on pourrait aujourd’hui planter des oliviers, ils ne geleraient probablement plus. Les arbres mourants sont actuellement remplacés par des espèces qui supportent la chaleur, la sécheresse et le vent fort. 

Faut-il anticiper le déracinement des arbres?

De nombreux endroits dans le monde ont été balayés par des bourrasques extrêmement fortes ces dernières années. Des vieux plants étaient extirpés du sol et des toits s’envolaient. La nuit du 19 au 20 septembre 2020,  quatre tornades ont touché le Var en France, et ont brisé des vieux arbres, qui sont tombés sur des terrasses remplies de clients. 

Je n’ai pas encore trouvé d’étude qui prouve que le réchauffement cause des vents plus forts, car le vent est très variable.  Il faut bien formuler cette question, la réponse est sûrement dans les données. J’ai pourtant vu plusieurs relations récentes de nombreuses tempêtes qui emportent des voitures ou qui brisent des arbres centenaires.   Plusieurs chercheurs ont montré qu’il y a plus d’ouragans très forts, destructeurs, ces dernières années (lien).  Des petits ouragans, appelés Médicans, se forment en Méditerranée, d’autres se condensent dans l’Atlantique et tournent parfois vers l’Europe. La tempête Alex formait une belle spirale au-dessus de la France.  Il faut compter avec le risque que les tempêtes grossissent. L’Etat d’Iowa aux Etats-Unis a été dévasté par un vent très fort. Le front tempêtueux qui a balayé l’Iowa a été provoqué par de l’air inhabituellement chaud (Iowa). Il faudrait des chercheurs dans ce domaine qui prévoient le renforcement des vents dû à un réchauffement planétaire, et qui étudient sérieusement cette hypothèse pour voir quels dangers elle nous réserve. Aurons-nous des tornades et des ouragans en Suisse dans 10 ans?  Les tempêtes menaceront-elles les toits de tôle ondulée et les grues, ou raseront-elles des bâtiments entiers comme le font les tornades aux Etats-Unis?  Il faudrait avoir une idée, une estimation du niveau de destruction auquel nous nous exposons,  et concevoir des plans de gestion de ce risque, adapter les constructions pour un monde d’ouragans.  

Nous entrons dans une époque très dangereuse. Nous n’avons pas tout prévu. Même si la relation entre vents et réchauffement n’est pas claire, il faut considérer dans l’urbanisme le risque d’une aggravation. Si nous en voyons maintenant les premiers indices, elle sera terrible.

 

Des arbres horizontaux? En tout cas des arbres

Nous avons absolument besoin d’arbres en ville. Ils apportent la fraîcheur et l’humidité, et améliorent l’air.  Ils pourraient limiter le réchauffement, et si nous les perdons, il deviendra insupportable. A certains endroits, il serait peut-être plus prudent de tailler des arbres pas trop haut, pour qu’ils résistent mieux au vent et ne s’écroulent pas sur les bâtiments.  Mais cela n’évitera pas les toits arrachés, les voitures volantes, et de nombreux autres problèmes.  Par contre, si nous prenons le problème dans l’autre sens, si nous arrêtons les émissions de CO2 et plantons de grandes forêts, nous pourrons éviter le déchaînement des éléments.

Comment réduire immédiatement les émissions de carbone de 7.6% par année sans causer de famine

Le confinement a provoqué un réduction d’émissions de carbone

En février et mars 2020 la moitié des habitants de la Terre était confinée à la maison, pour limiter la propagation de l’épidémie de coronavirus (vidéo Paris désert). Cette décision a été prise en quelques semaines à l’échelle de la Planète, je suis encore impressionnée de ce qui s’est soudainement avéré possible. Elle a provoqué une diminution des émissions de carbone, des avions, des transports terrestres, ainsi que des usines même si certaines ont compensé par une activité accrue ensuite. De nombreux restaurants et entreprises étaient fermés, et leur chauffage ou leur climatisation ne fonctionnaient pas.

Il y a eu aussi des pertes, je me souviens des images des tulipes hollandaises jetées au sol, d’autres cultures d’exportation ont été perdues, d’autres sciemment détruites par manque d’organisation. Au niveau climatique, cependant, le confinement a peut-être évité des catastrophes plus graves.

La diminution d’émissions de carbone s’est avérée juste suffisante pour cette année. Sans cela, l’enfer se serait peut-être déchainé sur Terre, il aurait pu se présenter sous forme de tornades de feux, d’inondations furieuses, et de chaleur mortelle.

Le confinement s’est accompagné des problèmes économiques

Cependant, le confinement a aggravé la faim dans les pays pauvres. Il y a plusieurs raisons à cela, les sécheresses et les catastrophes climatiques sont aussi un facteur. Cette année est marquée par plusieurs désastres : sécheresse en Afrique, plaie des sauterelles, sécheresse et vagues de chaleur dans le delta du Mékong, mauvaise année pour le blé dans le Midwest américain suite au ‘bomb cyclone’ de l’année passée, mauvaise année dans l’Iowa dévasté par un vent inouï, mauvaise année par le blé en Europe, au Canada, en Australie à cause des vagues de chaleur et des sécheresses.

Les organisation humanitaires avertissaient qu’une grave famine se préparait en hiver, avant le début de l’épidémie.

Les restrictions ont aussi eu des conséquences graves. De nombreuses personnes se sont retrouvées sans revenu du jour au lendemain. En Europe, elles ont souvent un délai de congé de quelques mois, puis elles ont droit aux allocations chômage pendant une année environ. Ce système évite la plupart de drames humains. Seuls les plus précaires, comme les immigrants illégaux ou les femmes de ménage ont affronté un lendemain sans aucun revenu.

Aux Etats-Unis, un nombre important de citoyens a perdu leur travail du jour au lendemain. C’est aussi le cas dans les pays du Tiers-Monde, ou de nombreuses personnes ne gagnaient plus rien. Selon Action contre la Faim, cela a provoqué une augmentation inquiétante de la malnutrition. Dans certains pays, les citoyens ont reçu un versement unique qui leur a permis d’acheter à manger, parfois les loyers ont été annulés. Je me demande si dans le cas des plus démunis, le confinement sauve des vies, puisque la famine en emporte.

La solution suisse a été de continuer le travail, si possible en télétravail, tout en fermant les restaurants, les magasins non-essentiels et les lieux publics, et malheureusement les lieux de culture. L’Etat a aidé de nombreuses entreprises en difficulté.

Comment réduire les émissions de carbone sans causer la famine?

Pour sauver le climat, nous avons besoin de réduire les émissions de carbone, donc certains secteurs de l’activité économique, chaque année autant qu’en 2020. Une réduction immédiate de l’effet de serre serait une excellente idée. Il faudrait donc imposer chaque année des restrictions comparables, sans causer de famine ni de crise économique.

Je me demande à quel point les pays pauvres ont été touchés par l’arrêt de leur économie locale ou, au contraire par l’arrêt des exportations et du tourisme international.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si elle était immédiatement réduite aux biens indispensables? Les conséquences climatiques seraient très bénéfiques. Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ? Les villes devraient s’équiper de camions ou de bus pour s’approvisionner directement chez les paysans.

Peut-être les pays les plus pauvres se seraient -ils mieux portés s’ils avaient pu continuer leur économie locale, vendant des aliments, et se limitant aux bien indispensables, un peu comme la Suisse l’a fait. Ils auraient bien sûr mangé beaucoup de chocolat et de sucre, mais ils pourraient s’organiser pour fonctionner en mode local, indépendamment des pays développés. Ont-ils vraiment besoin du commerce international? J’ai l’impression que l’économie repose largement sur la consommation des pauvres et des classes moyennes, et que l’appauvrissement de ceux-ci, où la moitié de la population achèterait beaucoup moins, créerait un contre-coup important pour l’économie du pays. D’où l’intérêt d’un revenu minimum universel.

En Suisse, les compagnies aériennes, les magasins d’habits, les hôtels, les restaurants, la culture ont essuyé des grosses pertes. J’ai déjà relayé le fait que la quantité de vols et de vêtements est excessive pour la Planète (vols vêtements), et que  leur consommation augmentait très vite. Donc, une diminution de ces activités est une bonne nouvelle pour le climat et s’est immédiatement traduite par une diminution des émissions de carbone.

Alors, je crois qu’il faut trouver des solutions pour les personnes qui travaillent dans ces domaines sans sauver l’aviation par des vols gratuits ou des habits gratuits. La crise de ces secteurs a peut-être été précipitée par des prix déjà irréalistes.

Sauver les compagnies d’aviation constitue une fuite en avant. Il faudrait plutôt donner un revenu minimum ou inventer des emplois différents, écologiques pour les personnes qui étaient employées dans ces secteurs. Les hôtesses Easyjet ont par exemple été employées dans un hôpital d’urgence londonien.

Nous devons réinventer l’économie maintenant. Une des ces prochaines années, nous pourrions bien vivre un confinement d’urgence pour raisons climatiques.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si la réduisait immédiatement aux biens indispensables ? Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ?

Nous avons besoin d’un plan d’économie de base durable, où les émissions de carbone seraient immédiatement diminuées sans famine et en limitant les conséquences économiques. Il faudrait peut-être commencer par la reconversion immédiate de personnes employées actuellement dans les secteurs inutiles et nuisibles, réduire rapidement le temps de travail ou, troisième possibilité, adopter le revenu minimum universel.

Il faut un plan de réduction immédiate des émissions de carbone, qui assurerait la subsistance des plus pauvres, l’alimentation, les services de santé et le logement.

Lien sur ma courte présentation d’un plan pour le climat de The Climate Mobilization

Habitez-vous en bord de rivière? Prévoyez des évacuations!

Le GIEC a depuis longtemps prévu qu’une augmentation des pluies intenses et d’ inondations accompagnerait le réchauffement climatique. Ce phénomène est flagrant depuis quelques années. Des débordements de plus en plus importants se produisent partout dans le monde, quasi quotidiennement. Les précipitations augmentent parce que la Planète se réchauffe. De plus, la circulation atmosphérique change, et des orages plus violents provoquent des précipitations très fortes.

Les géologues ont trouvé des traces d’immenses deltas anciens. A des périodes plus chaudes, des fleuves géants alimentés par d’énormes précipitations parcouraient probablement la Planète. Les sédiments existant à la surface de la Planète remontent  à la fin d’une période chaude. Il est bien possible que, lorsque la température moyenne de la Terre atteignait 30 ou 40°C, tout le sol à la surface de la Planète a été décapé par de gigantesques précipitations. Cela suggère que les pluies pourraient s’accroître énormément.

Le weekend passé, les Alpes maritimes ont été dévastées par des pluies intenses, des rivières ont emporté des maisons (article le Temps). Cet été, des pluies diluviennes ont touché la Chine, l’Afrique (vidéo CICR), et il y a quelques mois l’Inde. En Chine, les rivières ont emporté plus de 23 000 maisons, presque toutes les provinces chinoises sont touchées, un million de personnes a été évacué (vidéo) . Quand nous avons vu ces catastrophes dans des pays lointains, nous nous sommes dit que les précipitations sont plus intenses là-bas, et que les maisons dans les pays plus pauvres sont moins solides.

Mais ce weekend, nous avons vu des bâtiments solides emportés par la rivière en France avec le flanc de montagne sur lequel elles reposaient. La qualité de la construction n’a joué aucun rôle, elle n’a alors aucune importance.

Chaque ajout de CO2 dans l’atmosphère, chaque dixième de degré va aggraver les pluies intenses.

Lorsque plusieurs centimètres de pluie tombent sur un territoire, l’eau s’écoule vers la bas, dans les creux, et s’accumule vite en mètres de torrents. A Saint-Martin-Vésubie, la rivière s’est répandue fortement, elle est passée de 15 mètres à 150 mètres de largeur. Ce type d’événements sera plus fréquent et plus intense, les rivières déborderont plus loin avec plus de force.

Nous disposons aujourd’hui de cartographies précises et de mesures de niveau très détaillées. L’eau s’écoule toujours vers le bas. Il doit être possible de calculer précisément le trajet de l’eau suite à une pluie intense, en fonction de la quantité d’eau et de la topographie du terrain. Il pourrait y avoir quelques variantes si des barrières naturelles sont rompues par les flots, ou si le courant est fort. A ma connaissance, la pluie a déjà dépassé 1000 millimètres, un mètre, en un jour à peu près,  en Afrique et en Floride. Il faut prévoir des précipitations de ce type en Europe et calculer quelles zones sont inondables, pour les évacuer. Dans les régions les plus à risque, il faut calculer avec quelques mètres de précipitations.

La Chine, le Bangladesh et l’Inde évacuent efficacement un million de personnes à l’approche des catastrophes, cela doit aussi être fait en Europe. Je me demande si ces calculs de risques d’inondation ont été faits pour l’Europe. Je me souviens d’un chiffre. Aux Etats-Unis, la moitié des bâtiments existants dans le pays courent un risque d’inondation. Idéalement, il ne faudrait construire qu’en zones sûres. Je me demande cependant s’il y a assez de terres totalement à l’abri d’inondations. Il faut au moins prévoir des évacuations au cas par cas, des véhicules de transport, du personnel d’urgence et des abris. Des procédures adéquates peuvent sauver toutes les vies. Il faudrait aussi prévoir les coûts de ces inondations, qui deviendront vite astronomiques pour la société.

En Suisse, le Rhône n’a pas débordé en 2020. Pas cette année.

Article le Temps sur les dégâts en Suisse: https://www.letemps.ch/suisse/tessin-suisse-centrale-durement-touches-tempete-alex

Image par Simon Matzinger de Pixabay

 

Laissez nous parler du climat! Nous devons assurer notre avenir!

J’ai découvert avec grande surprise un email d’Amnesty International concernant les droits de l’Homme en Suisse. Apparemment, parler du climat dans ce pays pourrait être qualifié de terrorisme.

Amnesty International répertorie les atteintes aux droits de l’Homme partout dans le monde, tente de défendre les prisonniers d’opinion, les victimes de torture et d’assassinat politique. Cette organisation est extrêmement fiable. Je signe parfois des lettres pour la défense de personnes enlevées, torturées, intimidées à des nombreuses reprises pour leurs opinions politiques ou pour avoir dénoncé des faits se produisant dans leur pays. De nombreux militants écologistes alertant sur la pollution sont menacés, certains assassinés. En Russie, des candidats politiques de l’opposition ont été assassinés, ainsi que les journalistes qui ont rapporté ces meurtres. En Chine, toute opposition politique est généralement étouffée par la prison (site d’Amnesty International).

J’ai donc eu un choc à découvrir un courrier d’Amnesty International qui alerte sur les droits de l’Homme des activistes du climat en Suisse. Aujourd’hui, moi, ici, je pourrais être menacée ? Parler du danger que représente le climat pour la vie humaine pourrait être qualifié de terrorisme en Suisse? Le droit d’expression disparaîtrait-il dans ce pays? Je crois au contraire qu’il  est trèst utile de parler du climat, que l’activisme a une place réelle dans la société.

Le changement climatique est extrêmement grave, il constitue le plus grand danger pour l’Humanité selon l’ONU. De milliers d’événements liés au changement climatique se produisent chaque année. Qui en rend compte? Je tente de les suivre à titre bénévole. L’ Organisation Météorologique Mondiale dispose probablement d’un scientifique, d’une formation et d’une capacité de travail similaire à la mienne,  pour la tenir à jour des catastrophes de l’année liées au climat, alors que des milliers d’événements arrivent chaque année.

Les journaux rapportent des faits liés au climat s’ils en ont connaissance. Cependant, ils dépendent fortement de leurs propriétaires, des contrats de publicité et des envies des lecteurs. Nous devrions récompenser une information de qualité, et nous abonner aux journaux informatifs.

Les chercheurs universitaires sont extrêmement spécialisés, et aussi très occupés. Leur travail inclut l’enseignement, les examens, la supervision des recherches menées par des doctorants, d’autres tâches bureaucratiques. Face au danger du climat, ils ont tenté d’alerter les autorités pendant des décennies. Ils se sont rendus compte que personne ne les écoutait, soit parce que leur discours était trop compliqué, trop orienté sur les détails, soit parce qu’il faut des professionnels de la communication pour faire passer un message et pour faire changer les habitudes. J’accuserai aussi une certaine incrédulité, avec laquelle je me réveillais certains matins, ne me croyant pas moi-même. Elle est désormais révolue car le climat dans lequel je vis aujourd’hui diffère vraiment de celui de ma jeunesse. Aujourd’hui, les gouvernements disposent de synthèses du travail détaillé de milliers de scientifiques.

 

Nous n’avons pas tout prévu. Les maladies actuelles des forêts n’ont pas été suffisamment anticipées, peut-être parce que les prévisions ont été basées sur un réchauffement plus modéré, sans vagues de chaleur au printemps.  Les conséquences du climat se produisent plus vite que prévu, certains événements seuil se déclenchent plus vite. Nous sommes à l’aube d’événements très graves.  Il faudrait une sérieuse surveillance du changement de la météo partout dans le monde, et des changements observés dans la Nature, l’agriculture, et la santé humaine.

Il a assez peu de chercheurs en climatologie, météorologie ou mitigation du changement climatique en Suisse.  A plusieurs reprises, des institutions officielles que je tentais d’interroger m’ont répondu qu’ils ne travaillent pas sur les sujets qui me paraissaient essentiels. Certains champs de connaissance restent ignorés car il n’y a personne à l’Université capable d’attirer l’attention sur l’importance de cette discipline.  Les professeurs sont d’ailleurs très spécialisés et ne sont ni formés ni engagés pour communiquer l’urgence du changement climatique. Pour cela, il faudrait peut-être un organe officiel de surveillance du climat d’au moins dix scientifiques qui surveilleraient le climat actuel et les risques annoncés. la moitié surveillerait la météo du présent, l’autre moitié se documenterait sur les diverses prévisions des climatologues.  Ils pourraient ainsi recouper les événements et les modèles.

Personnellement, ayant une formation de chercheuse en sciences et une expérience de recherche universitaire, je vois la nécessité d’au moins dix groupes de recherche différents qui étudieraient des aspects négligés du climat et des solutions naturelles aux réchauffement, d’enrichissement du sol en carbone (en plus de l’organe de surveillance).

Dans de nombreux pays, les recherches dont les conclusions déplaisent au gouvernement ne sont simplement pas financées, elles ne sont donc pas commencées.  A tout poste, il vaut mieux dire ce qui est approuvé par le supérieur, et cela occupe l’essentiel du temps de travail.

Une des conséquences est que les armées sont peu informées sur les risques climatiques,  l’armée chinoise par exemple semble les ignorer. Aux Etats-Unis, où, les responsables des agences spécialisées sont actuellement remplacés par des ‘climate deniers’, des professionnels de la désinformation climatique, l’ignorance pourrait se répandre rapidement (Desmog), et mener à des projets irréalisables.

D’immenses sommes ont été investies dans le déni climatique par les entreprises pétrolières. La compréhension du climat par le public est biaisée par cette propagande. Les personnes conscientes des risques doivent parler du climat pour permettre au public de réaliser à quel point notre avenir est menacé.  De nombreux scientifiques honnêtes et conscients s’engagent d’ailleurs pour le climat et pour faire comprendre l’urgence et la gravité du problème.

Les organisations écologiques fonctionnent parfois à l’échelle internationale, elles incluent des analystes et des professionnels de la communication qui leur permettent de comprendre l’importance et les implications du problème et de le transmettre au public.  Elles sont parfois mieux informées de l’ensemble du problème que le professeur qui étudie en détail le permafrost de haute montagne ou celui qui suit le lynx du Jura. Le travail très spécialisé des chercheurs gagne à être replacé dans le contexte général.

Dans une ambiance d’honnêteté et d’ouverture, notre société peut identifier les problèmes et mettre en place les solutions.  Les conséquences du changement climatique de produisent plus vite que prévu (Michael Mann).  Les alarmistes pourraient bien avoir raison sur le climat et leur contribution à la sécurité des populations pourrait se révéler essentielle.

 Image de couverture par Pawel Grzegorz de Pixabay

En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis

L’Iowa devasté

L’état de Iowa aux Etats-Unis a été balayé par un vent très fort les 10 et 11 août 2020. Sa vitesse dépassait les 100 km/h, parfois les 200 km/h

Plus d’un million de foyers a subi des coupures d’électricité. La tempête a cassé et déraciné des arbres, les projetant sur la route et sur des bâtiments, et arraché des pylônes et des toits de bâtiments.  Le vent a fait voler des camions, les routes étaient encombrées de débris divers et impraticables pour les secours.

Enseigne de fast-food tordue par le vent

Des milliers de personnes se sont retrouvés sans abri, à cause de la destruction de leurs maisons, et campaient au mieux de décombres, sans qu’aucune aide ne puisse leur parvenir par les routes bloquées par les décombres. L’Iowa a vécu quelques jours dans le monde d’après l’effondrement: pas d’électricité, pas de transports, pas d’approvisionnement et pas de secours de l’Etat.

Les récoltes ont subi d’importants dommages, 66% des cultures ont été perdues. La tempête a généré 17 petites tornades. Il ne s’agissant pas d’un ouragan, mais d’un souffle très fort, qui a traversé l’Etat en ligne droite, appelé ‘Derecho’.

Centre Commercial
Centre commercial

 

Le réchauffement favorise ces phénomènes

Cette très large ligne d’orages balaye une région étendue. Dans ce cas,  l’air arctique frais a rencontré de l’air subtropical venu du golfe du Mexique (exceptionnellement chaud cet année lien) ce qui a entraîné la formation de nuages épais et de très forts orages. Ces phénomènes deviennent plus fréquents, apparaissent par exemple à la suite d’une vague de chaleur. Les fronts chauds et humides responsables de cet événement surviennent  de plus en plus souvent (Michael Mann).

Arbres cassés et déracinés

Le réchauffement apporte des vents destructeurs

L’augmentation des températures forme les masses d’air extrêmement chaud et humide qui ont provoqué ce phénomène atmosphérique.  A mesure que les températures montent,  des courants brûlants, plus chargés de vapeur d’eau pourraient provoquer la formation de nuages plus épais et de tempêtes plus importantes. Cela arrivera-t-il souvent? Le vent va-t-il arracher nos arbres, nos bâtiments, et jusqu’au souvenir de notre existence de la surface de la Terre?

Nous avons absolument besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur et pour éviter l’aggravation du changement mais à certains endroits, il vaudrait peut-être mieux les tailler pour éviter qu’ils ne tombent sur les bâtiments.

Il faudrait  établir un modèle basé sur les événements graves comme celui-ci, explorer l’hypothèse que ces vents se multiplieront avec le réchauffement, et prévoir les dégâts qu’ils pourraient occasionner.  Un tel modèle pourrait être rapidement vérifié si des tempêtes semblables se produisent par la suite. Nous devons mieux connaître les risques auxquels le changement climatique nous expose. Combien d’arbres pourrait-il casser, combien de toits ou de pylônes seraient arrachés, combien de bâtiments seraient détruits?  Alors seulement, nous commencerons à réaliser ce que nous avons provoqué.

Images Jessika Steen, Facebook

Autres images et détails dans Wikipédia

Les semaines passées ont apporté des records de chaleur et des feux dans l’Ouest des Etats-Unis, des pluies torrentielles en Afrique, des vagues de chaleur étranges en Arctiques. ‘ Certains événements étaient quasiment impossibles sans réchauffement causé par l’Homme’ Sonia Seneviratne ETHZ. Le changement climatique a causé de nombreuses vagues de chaleur, des ouragans et des cyclones, et des pluies torrentielles cette année (article Reuters).

Plus d’une centaine de tornades aux Etats-Unis le dimanche de Pâques 2020