La chaleur extrême et la sécheresse combinées toucheront 90 % de la population mondiale

Les vagues de chaleur sont de plus en plus fortes, les records sont sans cesse dépassés ces dernières années.  Des températures très élevées ont été atteintes en 2022, de Londres à Shanghai (OMM juillet, août, le Temps).  L’Europe a subi une canicule sans précédent depuis au moins 500 ans, environ 20’000 – 25’000 décès lui sont imputés. Les fleuves étaient à sec en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Le futur climatique apportera des canicules croissantes, qui comporteront un vrai risque pour la vie.

Simultanément, les  ressources d’eau sont puisées jusqu’à leurs limites, les aquifères sont vidés, et le risque de sécheresse augmente aussi pour cette raison.

Les canicules provoquent aussi des sécheresses, et combinées aux pénuries d’eau, elles   constituent un risque plus graves pour les populations et pour les écosystèmes. Les populations auto-suffisantes seront frappées de famine et la production alimentaire mondiale sera de plus en plus hasardeuse.

Une nouvelle étude d’Oxford inclut ces deux facteurs. Elle combine la dynamique atmosphérique et l’hydrologie, et explore la rôle des budgets de l’eau et de l’énergie dans l’apparition de chaleurs et de sécheresses extrêmes.

Lorsqu’elles sont évaluées ensemble, ces menaces  représentent un risque bien plus élevé pour la société et les écosystèmes.

Il apparaît que ces risques seront très importants. Plus de 90 % de la population mondiale devrait faire face à des risques accrus dus aux impacts combinés de la chaleur extrême et de la sécheresse. Ils pourraient aggraver les inégalités sociales.

Les impacts seraient les plus graves sur les populations les plus pauvres et les zones rurales.

Ils pourraient aussi compromettre la capacité du monde naturel à réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère.

 La disponibilité limitée de l’eau affectera la capacité des « puits de carbone » – régions naturelles riches en biodiversité – à absorber les émissions de carbone et à émettre de l’oxygène, et aggravera le réchauffement.

D’après les chercheurs, l’impact de ce risque composé sur le monde naturel et sur les économies internationales pourrait être dévastateur (communiqué).

La vague de chaleur  à 49.8°C au Canada en été 2021 (Lytton, blog 2022), et comme celle de Sibérie en 2020 ont été beaucoup plus violentes à cause de la sécheresse qui les a précédées.  Il en fut de même en été 2022 aux Etats-Unis (phys). Habituellement, l’évaporation de l’eau des terres et la transpiration des plantes tempèrent la chaleur.

La disponibilité de l’eau pourrait au contraire modérer les conséquences des vagues des canicules, les champs pourraient être irrigués et la production alimentaire préservée.

Un traitement à la chaux combat l’acidification de l’océan et capte le carbone

Le CO2 émis par l’Homme s’accumule dans l’atmosphère, et un quart se dissout dans les océans. Ceux-ci ont absorbé l’équivalent de 600 milliards tonnes de dioxyde de carbone entre 1750 et 2015 (NOAA).

L’eau devient un peu plus acide, comme l’eau gazeuse. Ce changement a des conséquences sur la vie des océans, notamment sur la formation des coquilles de crustacés.  Les coquilles sont formés plus difficilement dans une eau plus acide.  Cet effet a été étudié en laboratoire et dépend de la quantité de CO2 dans l’eau.

Le Programme International sur l’Etat des Océans a déjà observé de nombreux changements de grande ampleur, dont l’acidification et la diminution d’oxygène dans l’eau.

En 50 ans, le pH des océans est passé de 8.2 à 8.1. Il s’agit du changement le plus rapide de l’Histoire de la Terre, alors que les fossiles montrent que les changements plus graduels avaient déjà un effet visible sur les animaux marins.

Selon le GIEC, plusieurs seuils critiques pour la vie dans l’océan seront dépassés avant 2100: oxygène, acidification, azote, stratification des océans, etc. Si les émissions de CO2 se poursuivent, il y aura moins de vie dans les océans à la fin du siècle.

L’acidification a des conséquences directes sur la formation de coquilles de carbonate de calcium, et elle pourrait empêcher le développement des crustacés, des mollusques bivalves, de coraux, de gastéropodes et de certaines algues.

Une des algues les plus abondantes des océans, le coccolithe Emiliania h. souffre aussi de l’acidification. Dans le Golfe du Lion de la Méditerranée, une des zones marines les plus saturées en acide carbonique,  les coccolithes ont changé. Leur poids, passé de 5 à 3.5 picogrammes indique que leur coquille de calcite est beaucoup plus fine qu’avant, ils sont devenus plus petits et, à certains moments, on n’en trouvait quasiment plus. Dans des expériences de culture dans de l’eau acide ces algues développaient une coquille plus fragile. D’autres observations de coccolithes dans les mers actuelles et dans les sédiments ont montré que leurs coquilles s’affinaient avec l’acidification des océans. La perte des coccolithes des océans pourrait provoquer un ralentissement de la fixation de gaz carbonique, et une aggravation de l’effet de serre.

Les coraux sont déjà  en grave danger. Au Japon, les récifs du Sud ont connu un épisode de mortalité massive, à cause de la chaleur, et semblent avoir de la peine à se développer plus au Nord, probablement à cause de l’acidité de l’océan.

Les expériences ont montré que  les huîtres, les coquilles Saint-Jacques, le corail et les serpules construisent des coquilles plus fines et plus fragiles. L’acidification leur nuit visiblement. C’est encore plus visible chez la palourde, la conque, et l’oursin crayon. Les plus hautes acidités dissolvent les coquilles de ces animaux.

Image par Brigitte Werner de Pixabay

La production d’huîtres a baissé des dernières années. Au large de la Floride, elle chuté de façon dramatique.  Les récoltes ont baissé de 100 à 2 sacs (lien). Cela pourrait être dû à l’acidification de l’océan par le CO2 émis par l’Homme et dissous dans l’eau, même si l’eau subit d’autres changements aussi, le réchauffement, la salinité, et peut-être la pollution de l’eau. Cela dit, l’effet de l’acidité de l’eau est visible en laboratoire et dans des ptéropodes marins à d’autres endroits. Les changements dans les fermes donnent la mesure de ceux qui affectent la vie sauvage des océans.

Les scientifiques ont tenté de compenser l’acidité de l’eau en déversant de la soude près des récifs coralliens australiens. En  mai 2022, ils ont injecté de la chaux dans la baie d’Apalachicola. Ils ont versé 2000 litres d’eau enrichie en chaux (hydroxyde de calcium),  ingrédient de base du ciment.  L’expérience a réduit l’acidité et a complexé le CO2. La technique, appelée chaulage de l’océan, a été appliquée par Wade McGillis, ingénieur climatologue de l’Université Notre Dame (Science).

Malheureusement, la fabrication de la chaux à partir de la craie émet actuellement CO2, le gain n’est donc pas garanti. Ce bilan pourrait être amélioré, la fabrication pourrait par exemple être combinée avec des bio-réacteurs d’algues alimentaires ou combustibles.  Cet ingrédient est déjà produit en immenses quantités pour la fabrication du ciment, qui est très polluant et devrait être limité. L’utilisation du ciment devrait être fortement réduite et la chaux, déjà produite pour cette industrie aujourd’hui, servirait à sauver le climat. Il faut la racheter.

Les  scientifiques souhaitent que ce type d’expériences se poursuive, elle leur semble très utile.

Cette technologie pourrait peut-être pourrait améliorer les perspectives de la vie des océans, et limiter le réchauffement en réduisant le carbone.  La technique pourrait être appliquée dans les zones les plus touchées, et les plus riches en vie marine.  Au contraire, la géo-ingénierie solaire, qui répandrait des poudres dans l’atmosphère,  changerait l’ensoleillement, la météo, et la température, mais laisserait l’acidité des océans augmenter.  Je ne suis pas sûre que toutes les conséquences de celle-ci aient été prises en compte.

Il serait donc intéressant que la technique de chaulage des océans soit étudiée par les environnementalistes et les chimistes et qu’ils se prononcent à son sujet. La question de son utilisation à grande échelle se posera bientôt.

 

 

Vagues de chaleur plus fortes que prévu

La COP27 s’est conclue sur la création d’un fond de pertes et dommages pour les pays victimes du réchauffement climatique. Les parties gardent l’objectif de limiter le réchauffement de 1.5°C. Les émissions de carbone devaient être progressivement ralenties, atteindre un maximum en 2025 puis diminuer. Malheureusement,  la date butoir de 2025 et le rythme de réduction prévu ont disparu cette année.  Or si nous ne limitons pas les émissions au rythme voulu, si nous en rajoutons plus que prévu chaque année, l’accumulation de gaz carbonique dans l’atmosphère sera plus importante et les températures dépasseront probablement les 1.5°C.

Greta Thunberg dit que “sans engagements forts pour réduire les émissions immédiatement et rapidement, le monde n’a aucune chance de respecter la limite de 1,5°C”. [Nous courrons donc] “des grands risques de déraciner les systèmes vitaux de la Planète dont nous dépendons tous et de mettre en danger d’innombrables vies humaines”. Le secrétaire -général de l’ONU arrive à des conclusions similaires.

Je soutiens la création de ce fond, mais en réalité le résultat de la conférence n’est pas correct, nous n’allons pas dans la bonne direction. Les pays pauvres verront leurs maisons ou leurs récoltes détruites mais ils recevront une compensation financière. Il aurait bien sûr mieux valu de vivre en sécurité dans une maison intacte, sans insécurité, sans traumatismes, sans perdre des proches, sans migrations. Ils pourront cependant être indemnisés pour les dommages qui se produiront ces prochaines années, ce sera utile à court terme.  Et après nous, le déluge? Les risques pour la Planète entière augmentent chaque année.

En réalité,  la limite théorique de 1.5°C pourrait déjà être trop élevée, les changements qui mènent à une destabilisation du climat terrestre pourraient déjà commencer. Les forêts tropicales sont un facteur important, Des changements inquiétants ont été observés à ce niveau, mais le facteur humain est sous-estimé, et la bonne volonté peut encore sûrement les sauver.

Les conséquences du changement climatique sont déjà tangibles. Cet été, l’Europe a subi une canicule et une sécheresse sans précédent depuis 500 ans au moins.

Un nouveau rapport établit que les vagues de chaleur de cet été ont causé plus de 20’000 morts en Europe.  Ce chiffre a été obtenu en calculant l’excès de décès cet été par rapport aux années précédentes. Je vois d’ailleurs deux calculs, 20’000 décès dont 10’000 en France (Japan Times) et 15’000 sans compter la France (WHO).  De ces deux articles je conclus que 25’000 décès sont imputables à la vague de chaleur de cet été.

Nous savons que les canicules seront plus fortes et plus fréquentes à mesure que les températures planétaires monteront. Les climatologues ont cependant été surpris par la vague de chaleur à plus de 49°C qui est survenue en 2021 en Colombie Britannique, au Canada. Elle était vraiment exceptionnelle, et à priori, semblait impossible même en tenant compte du réchauffement global prévu par le GIEC.

Je m’étais posée la question si le réchauffement se déroulait bien comme prévu par le GIEC, ou d’une façon différente, plus rapide et plus dangereuse.

Une nouvelle étude s’est penchée sur ce problème. Il semble que les réchauffement global de 1,1°C inclut des effets locaux qui n’ont pas été assez prévus avant 2021.  Le courant-jet fait maintenant des profondes ondulations, emportant l’air tropical loin vers le Nord. Les masses d’air stagnent ce qui prolonge les vagues de chaleur jusqu’à environ un mois.  Un autre facteur amplificateur est la sécheresse. Il s’avère que la canicule a atteint des tels niveaux car le sol était très sec. L’évaporation aurait modéré les températures.   Ces deux caractéristiques pourraient bien se manifester souvent par la suite, les longues vagues de chaleur causeront des sécheresses qui les amplifieront, et le courant -jet pourrait amener des températures particulièrement étonnantes dans les régions tempérées. Cette canicule à 49.6°C semble pour le moment exceptionnelle, mais pourrait se produire tous les dix ans dans les zones tempérées si le réchauffement atteint 2°C (lien).

 

 

 

L’Alaska se couvre de lacs bouillonnants de méthane. Qu’allons -nous faire?

Lacs bouillonnants de méthane

Ces dernières années chaudes, les vagues de chaleurs s’aventurent jusqu’au pôle Nord. Elles ont apporté des températures excessives de plus de 20 degrés en Sibérie (blog). Les sécheresses inouïes dans ces régions et les foudres de plus en plus fortes provoquent des feux de forêts. Tout cela déclenche la fonte du permafrost, sol boréal gelé depuis des milliers d’années qui contient des debris de plantes anciennes, et d’animaux congelés.

Le permafrost (ou pergélisol) est en partie, à certains endroits à moitié composé d’eau gelée. Lorsqu’il dégèle, le sol glisse, s’effondre, et forme des lacs. Il y a des millions de lacs de ce type en Arctique, certains sont récents.

Deux choses se produisent lorsque la couche de pergélisol dégèle sous les lacs : l’activité microbienne augmente et des voies s’y forment . Au lac Big Trail et dans d’autres lacs thermokarstiques de l’Arctique, les microbes digèrent les plantes mortes et d’autres matières organiques du sol et produisent du dioxyde de carbone et du méthane.

Un scientifique explique « À Big Trail Lake, c’est comme ouvrir la porte de votre congélateur pour la première fois et donner toute la nourriture de votre congélateur aux microbes pour qu’ils se décomposent. En le décomposant, ils crachent du méthane ».

Plus rarement, le dégel du pergélisol peut former des « cheminées » sous les lacs qui permettent au méthane et à d’autres gaz – auparavant piégés profondément sous terre – de s’échapper. Dans tous les lacs thermokarstiques, les gaz bouillonnent à la surface du lac et s’élèvent dans l’atmosphère.

Lorsque le lac Big trail Lake gèle en hiver, les bulles peuvent empêcher la glace de se former et créer des poches d’eau libre qui continuent d’émettre du méthane tout au long de la saison. Dans d’autres régions, les bulles de méthane créent des dômes de glace gelés à la surface du lac.

 Les lacs les plus récents libèrent de grandes quantités de méthane. Il s’enflamme facilement au-dessus de l’eau. C’est un gaz à fort effet de serre qui pourrait accélérer fortement le réchauffement climatique. Les émissions de méthane en Alaska sont étudiées dans le projet ABoVE. Seule une petite fraction du permafrost ,environ 10% (article 2018), est dégelée en surface et peut encore dégeler plus en profondeur.

Méthane ou Géo-ingénierie?

Les émissions de méthane du permafrost terrestre et sous-marin pourraient augmenter et accroître l’effet de serre. La semaine passée, je présentais une étude qui a mis en évidence les émissions de méthane des fonds marins par le passé (blog). C’est un indice de plus qu’elles pourraient se reproduire dans la situation actuelle.  Bien que très incertaines, elles pourraient mener à des sauts de température de l’ordre d’un degré en quelques années, qui s’accompagneraient de catastrophes immenses et déclencheraient d’autres étapes d’une boucle de retroaction positive. C’est un énorme danger. Je mentionnais aussi une technique de géo-ingénierie, la dispersion de particules dans l’atmosphère polaire, qui pourrait regeler la glace Arctique et limiter le problème. Les auteurs de l’étude estiment que c’est possible à un prix relativement accessible. Je ne sais que penser de ces projets. Lundi passé, je me suis endormie avec l’idée que la géo-ingénierie est la seule solution pour éviter l’apocalypse, ou en tout cas un dérèglement du climat terrestre qui emporterait probablement la majorité de la population de la Planète. Je me suis réveillée avec l’idée qu’il ne faut pas s’y lancer. C’est probablement une mauvaise solution, bancale, qui apporterait de nombreux problèmes nouveaux.  L’arrêt des émissions et la reforestation semblent beaucoup plus sains pour notre milieu de vie mais la boucle fonte de la glace Arctique- fonte du permafrost semble maintenant engagée.

 

Si les émissions de méthane augmentent le réchauffement climatique, les conséquences seraient extrêmement dangereuses.  Il deviendrait difficile de tenir le compte des morts dans le chaos généralisé, des pays entiers seraient rayés de la carte.

La Suisse, qui semblait tout d’abord peu exposée, sera frappée par de fortes vagues de chaleur, des glissements de terrain, des foudres et des grêles inconnues jusqu’à peu.

Un réchauffement de 4°C causerait d’immenses tempêtes. Chaque ville subirait des destructions et compterait des morts et des blessés.  La survie à cette hécatombe serait hasardeuse, la civilisation s’effondrerait vite, et nos enfants ou nos petits-enfants se battraient pour l’existence entre crise économique et le déchaînement de la Nature, se cacheraient des vagues de chaleur dans les décombres, défendraient leur potager cultivé sur les décombres de l’école actuelle, fuiraient les inondations.

Certains estiment qu’il vaut mieux laisser la Nature se débarrasser du cancer humain et se reconstituer elle-même.  Là, je ne suis pas d’accord, il me paraît important est de sauver les vies humaines.

Géo-ingénierie

De nombreuses solutions de géoengénierie sont actuellement étudiées.  Plusieurs scientifiques recommandent de regeler la mer Arctique pour contenir le réchauffement direct et la fonte du permafrost sous-marin. Une étude récente estime que c’est tout à fait faisable. Ils proposent d’utiliser une flotte de 125 jets volant à haute altitude pour sprayer des particules aérosols de SO2 qui réduiraient l’ensoleillement des pôles en été (communiqué).

Le professeur Peter Wadhams demande depuis longtemps la géo-ingénierie et propose de répandre plutôt des gouttelettes d’eau de mer qui éclairciraient les nuages, de concert avec  la capture le gaz carbonique présent actuellement dans l’air (Interview Vidéo avec Steven Salter, qui développe cette technologie).

Le scientifique anglais David King proposait aussi à la COP26 de regeler l’Arctique par des techniques artificielles.

Une solution était de reformer directement une glace épaisse à la surface de la mer Arctique. Elle me paraît préférable à l’obscurcissement du soleil. La différence de luminosité aurait des conséquences sur les végétaux et les animaux et les produits utilisés pourraient être une nouvelle source de pollution. Je me suis livrée à une longue réflexion à ce sujet ici.  Je ne suis pas sûre si une technologie capable de fabriquer de la glace à l’échelle d’une mer existe déjà. Une mauvaise idée était de répandre des billes de verre ou de polystyrène à la surface de la glace, ce serait très nocif pour les poissons, les oiseaux et les autres animaux marins qui les avaleraient sûrement. J’ai aussi vu une proposition de miroirs flottants acclamée par le professeur Guy McPherson, et des bateaux congélateurs qui formeraient des blocs de glace. Idéalement ils devraient être alimentés par l’énergie solaire et/ou par la chaleur dégagée lors de la formation de la glace.

D’autres propositions suggèrent d’augmenter la capture du carbone par les algues. Shaun Fitzgerald du Cambridge Center for Climate Repair propose de cultiver des algues sur les plateformes flottantes en haute mer (lien). Cette solution pourrait être bénéfique pour les écosystèmes marins.

Si nous nous lançons dans la géo-ingénierie, nous devons absolument protéger les écosystèmes et leur capacité de capture de carbone naturelle, et éviter une pollution supplémentaire à l’Humanité.

Image du lac avec bulles de méthane par David Mark de Pixabay

Blog: Les dominos climatiques selon Dunlop et Spratt

Blog: Apocalypse selon Guy McPherson

 

God save the King! Texte de Charles sur le climat

L’accession au trône anglais de Charles pourrait être positive pour la protection du climat. Il s’est engagé pour le climat et a même écrit un livre à ce sujet.

Dans ce texte de janvier 2017, Charles a demandé que le réchauffement climatique soit présenté dans les prévisions météo à la télévision. Il a affirmé que les prévisions météorologiques devraient indiquer clairement que le réchauffement climatique est en partie responsable des inondations et des vagues de chaleur.
Il veut lutter contre le changement climatique avant que le monde ne soit confronté à la “destruction” et dit qu’il est vital de sensibiliser davantage de gens à la menace qui pèse sur la planète. Ce que Charles a dit :
“L’un des événements les plus terribles qui peuvent arriver à une maison ou à une communauté est une inondation. L’eau boueuse des rivières ravage des vies en quelques minutes. J’ai vu les effets de première main et je sais très bien que cela peut prendre des mois, voire des années, même aux plus résilients pour récupérer.
La dévastation causée par les inondations est déchirante et conduit naturellement à discuter de ce qui pourrait être à l’origine d’une telle augmentation de ces averses exceptionnellement intenses. Est-il vraiment vrai que les activités humaines modifient le climat de toute notre planète ? Et, s’ils le sont, pouvons-nous nous permettre d’essayer de résoudre les problèmes, quels qu’ils soient, surtout lorsqu’il y a tant d’autres sujets de préoccupation ?
Je sais que ces questions, et d’autres, sont dans l’esprit de nombreuses personnes chaque fois que le changement climatique est mentionné. Les photographies emblématiques de l’espace montrent notre planète bleue et verte si sereine qu’il est difficile d’imaginer que quelque chose de trop grave se passe. Il y a aussi une fatigue inévitable causée par des arguments techniques sans fin, pleins de jargon, qui suscite une tentation irrésistible de se déconnecter ou de détourner le regard.

Cependant, je pense que la situation est si grave que nous ne pouvons pas détourner le regard ou mettre la tête dans le sable. Il est maintenant essentiel pour ceux d’entre nous qui s’inquiètent du changement climatique d’exposer simplement et clairement la science de ce que nous voyons, pourquoi cela nous préoccupe tant et ce que nous pensons pouvoir faire à ce sujet.
Une science solide a toujours soutenu le progrès humain, fournissant les preuves qui ont transformé la médecine, les transports, les communications, la production alimentaire et la plupart des autres aspects de notre existence. Que nous aimions tous ces changements est une autre question, mais il est difficile de rejeter les faits, sur la base des preuves.
Ainsi, tout en continuant à poser des questions approfondies, qui sont au cœur de toutes les bonnes méthodes scientifiques, il semblerait judicieux d’adopter la même approche du changement climatique et de se concentrer sur l’examen approfondi des preuves accumulées, plutôt que de les considérer comme une question d’opinion. Les questions que les gens posent sur le changement climatique commencent souvent par « N’est-ce pas seulement la météo ? » et « Le climat n’a-t-il pas toujours changé ?
Eh bien, il est vrai que les facteurs naturels, y compris les modifications de la force du Soleil, l’impact des éruptions volcaniques et les cycles naturels, tels que les interactions El Nino entre l’océan Pacifique et l’atmosphère, peuvent tous influencer les fluctuations de température. Mais une évaluation minutieuse des preuves montre que la principale cause du réchauffement climatique enregistré au cours des dernières décennies est l’augmentation du dioxyde de carbone et d’autres polluants émis par les centrales électriques, l’industrie, les voitures, les avions, les fermes et le défrichement des forêts.
Depuis 1850, la consommation mondiale d’énergie a été multipliée par 20. La majeure partie provient de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, qui libère du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Cette augmentation est clairement enregistrée dans les échantillons d’air ancien emprisonnés dans la calotte glaciaire de l’Antarctique. Des échantillons de carottes de glace prélevés par le British Antarctic Survey et d’autres révèlent sans aucun doute que les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont augmenté de façon spectaculaire au cours des 150 dernières années et sont maintenant plus élevés qu’à tout moment depuis au moins 800 000 ans.
Cette augmentation du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, modifie notre climat et entraîne un nombre croissant de changements alarmants dans le monde naturel. Les enregistrements photographiques révèlent le recul des glaciers, menaçant sérieusement les futurs approvisionnements en eau d’une grande partie de l’Asie du Sud; les données des satellites montrent la disparition de la banquise arctique ; les récifs coralliens meurent dans des mers devenues trop chaudes ; et de nombreux records météorologiques sont battus dans le monde entier.
Le changement climatique a accru le risque d’inondation dans certaines régions du monde et de sécheresse dans d’autres. Il entraîne un déclin de certaines espèces sauvages, menace l’approvisionnement en nourriture et en eau et peut être un facteur contribuant à la migration des personnes. Ces effets peuvent à leur tour exacerber les tensions politiques et contribuer à alimenter les conflits.
Il y a bien sûr eu une prétendue “pause” dans le réchauffement. Pourquoi réduire la pollution alors que le réchauffement semble s’être arrêté, se demandent certains ? La réponse est assez simple : il n’y a pas de pause. La première décennie de ce siècle a été la plus chaude mesurée dans les records remontant à 1850. Cette décennie est en passe d’être encore plus chaude. L’année dernière, 2016, a été la plus chaude jamais enregistrée. La deuxième année la plus chaude a été 2015 et la troisième 2014.

“Adorable rencontre avec Greta Thunberg aujourd’hui à Davos. Nous  étions d’accord que le changement climatique, le réchauffement et Donald Trump sont les plus grandes menaces auxquelles l’humanité  ait jamais fait face ”  Prince Charles Janvier 2020

Même face à toutes les preuves, certains se demandent encore comment le dioxyde de carbone, un gaz que nous ne pouvons ni voir ni sentir et qui est essentiel à la vie sur Terre, pourrait causer autant de dégâts, surtout dans un ciel qui semble si illimité et énorme pour être à l’abri de tout ce que nous pourrions lui faire? En fait, l’atmosphère de notre planète n’est en termes relatifs pas plus épaisse que la peau d’une pomme et dans cette enveloppe fragile, nous chargeons de plus en plus de gaz piégeant la chaleur.
La confusion persistante sur ce que dit réellement la science du changement climatique et le fait que des solutions positives soient maintenant à portée de main, m’a amené à aider à écrire un petit livre en « anglais simple » sur le sujet, couvrant les faits scientifiques, pourquoi nous devons agir de toute urgence sur ceux-ci et pourquoi le faire serait en fait une très bonne chose. Il sera publié plus tard cette semaine par Ladybird Books dans leur nouvelle série Expert Guide et j’espère qu’il intéressera certaines des nombreuses personnes qui restent incertaines ou, en fait, inconscientes des faits incontournables. Dès 1970, par exemple, je me souviens d’avoir prononcé un discours sur la conservation dans lequel j’ai mentionné qu'”il peut y avoir peu de gens qui n’ont pas entendu parler de “conservation” ou de “pollution” ou d'”environnement”, ou de termes aussi horribles que « l’écologie » et « la biosphère ». Mais savent-ils toujours ce qu’ils veulent dire ? » De toute évidence, pas toujours, même maintenant. D’où ce petit livre !
Nous pourrions également être plus enclins à penser à plus long terme si nous étions plus conscients de ce qui se passe autour de nous. Peut-être que les prévisions météorologiques quotidiennes pourraient inclure quelques faits de base sur les signes vitaux de la Terre, ou des détails sur les endroits où le changement climatique augmente la probabilité de conditions météorologiques dommageables ? Même des faits tels que la barrière de la Tamise qui a dû être fermée 41 fois en 2013/14 pour éviter les inondations, contre un total de 46 fois au cours des 30 années précédentes, aident à brosser un tableau des changements qui se produisent autour de nous. Certaines personnes qui acceptent que ces changements se produisent ensuite soutiennent qu’il est injustifié d’agir pour réduire les émissions en raison du préjudice économique qu’ils prétendent en résulter. Pourquoi réduire la pollution alors que cela pourrait nuire à l’emploi et à la compétitivité, demandent-ils ? Pourtant, agir maintenant est une option beaucoup moins chère que de ramasser les morceaux plus tard.
Une transition rapide vers l’énergie propre est en cours. Partout dans le monde, l’expansion des technologies d’énergie renouvelable fournit des quantités toujours plus importantes d’énergie propre et à un coût en baisse. Cela crée des emplois et réduit la dépendance aux combustibles fossiles importés.
Prenez Hull, par exemple, où des milliards de livres d’investissements sont attirés et des milliers d’emplois générés grâce au développement de l’énergie éolienne offshore de classe mondiale. La croissance de la capacité de cette technologie au cours des 12 derniers mois a aidé le Royaume-Uni à tirer plus d’un cinquième de son électricité de sources renouvelables propres. Même dans nos îles nuageuses, l’électricité produite à partir de l’énergie solaire dépasse désormais celle provenant du charbon.
De nouvelles industries de technologies propres commencent à prospérer. Les grands constructeurs lancent des voitures électriques avec de nouvelles batteries, une innovation parmi tant d’autres alors que le secteur des transports va au-delà du diesel et de l’essence. La Chine, qui a souffert plus que la plupart de la pollution dans ses villes à croissance rapide, assure désormais un leadership fort et montre à quelle vitesse la transformation technologique peut être réalisée.
Nous avons une opportunité historique de mettre le monde sur une meilleure voie, une voie plus sûre et durable, avec des opportunités qui comprennent non seulement la saisie des avantages des nouvelles technologies propres, mais aussi des gains importants, rapides et très rentables dans le domaine forestier. et l’agriculture.
Le renforcement des efforts de conservation et de restauration des forêts, y compris les forêts tropicales humides qui sont si riches en faune et en diversité biologique, et qui stockent naturellement le carbone, contribuerait non seulement à lutter contre le changement climatique, mais aussi à améliorer la sécurité de l’eau, à atténuer les effets des conditions météorologiques extrêmes et à renforcer la fondements du tourisme animalier.
De multiples avantages peuvent également être obtenus grâce à une agriculture plus intelligente qui profite à la nature et à l’environnement. L’agriculture agro-écologique soutient et améliore le sol qui produit notre nourriture, tout en utilisant ce sol pour aider à lutter contre le changement climatique. La clé pour cela réside dans l’augmentation du carbone stocké dans le sol, et qui serait autrement dans l’atmosphère, en remplaçant la matière organique perdue.
Qu’il s’agisse de l’énergie, de l’agriculture ou des forêts, il me semble qu’au cœur de notre réponse aux périls posés par le changement climatique rapide doit se trouver une approche plus sensée de l’économie. La vérité simple et incontournable est que nos économies humaines ne peuvent pas fonctionner indéfiniment indépendamment de l’économie plus large de la Nature. Notre système actuel est incroyablement gaspilleur. Nous prenons des ressources, fabriquons des produits, les utilisons et souvent rejetons des déchets dans la terre, l’atmosphère et les océans, sans récupérer les ressources que nous avons utilisées pour fabriquer les choses dont nous avons besoin en premier lieu.
Cela épuise non seulement les ressources limitées de la Terre, mais consomme également de l’énergie et conduit à une pollution plus élevée que si nous faisions les choses de manière plus naturelle et circulaire. En exploitant les nouvelles technologies, en concevant des produits différemment et en planifiant un avenir sans déchets, nous pourrions créer une “économie circulaire”, à la place de l’économie du “jetable” qui contribue si largement au changement climatique.
Il est parfaitement naturel d’être attaché à ce que nous savons avoir fonctionné dans le passé, et parfois difficile de voir au-delà. Mais la vérité incontournable est que les générations futures devront vivre avec les conséquences des choix que nous faisons maintenant.
Ces choix sont simples : nous pouvons accepter les preuves scientifiques et agir en conséquence, ou nous pouvons trouver des moyens de ne pas être convaincus qu’une action ferme et immédiate est nécessaire. Le problème avec ce dernier choix est que nous continuerons à tester notre monde jusqu’à la destruction jusqu’à ce que nous ayons enfin les “preuves” pour montrer que sa viabilité et son habitabilité ont été détruites. Et au moment où nous reprenons nos esprits, il est probablement trop tard pour faire quoi que ce soit à ce sujet. Le prix d’un tel échec monumental de notre part serait payé par nos enfants et petits-enfants, qui sauront tous que Humpty Dumpty ne pourrait pas être reconstitué.” texte du roi Charles III paru dans le Daily Mail en janvier 2017.  J’aide volontiers à à présenter la météo.

Il faut évidemment ajouter à ce texte l’explication qu’Humpty Dumpty est un personnage de chanson d’enfant, maladroit, souvent représenté sous forme d’un oeuf, qui se brise irrémédiablement.

“Humpty Dumpty” Lyrics

Humpty Dumpty sat on a wall,
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king’s horses and all the king’s men
Couldn’t put Humpty together again.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-4144032/Charles-calls-global-warming-TV-weather-forecasts.html

Image de couverture par Edd Allen de Pixabay

https://www.penguin.co.uk/books/301516/climate-change-a-ladybird-expert-book-by-shuckburgh-hrh-the-prince-of-wales-tony-juniper-and-emily/9780718185855

https://www.penguin.co.uk/books/313798/penguin-readers-level-3-climate-change-elt-graded-reader-by-shuckburgh-hrh-the-prince-of-wales-tony-juniper-and-emily/9780241397862

 

Sécheresse, champ, jardin, femme

La Suisse desséchée

Sécheresse et agriculture

Ce matin, il faisait déjà chaud à huit heures. Une nouvelle vague de chaleur s’abat sur la Suisse ce début d’août, Genève pourrait atteindre 38°C.

La sécheresse dure depuis début juillet. La NASA a publié les images satellite de la Suisse en juillet 2022. Les prairies sont asséchées et jaunes (images ici vers le bas). La Suisse vit une aridité sans précédent. Les mois de mai et de juillet ont été exceptionnellement chauds, ensoleillés, et les pluies étaient rares. Le mois de juillet, après quelques orages, au début, a maintenu cette tendance…  Les températures ont dépassé 35°C et atteint 39.1°C à Genève-Cointrin le 19 juillet. Les températures en montagne sont aussi exceptionnellement élevées, et les glaciers suisses s’écoulent en torrents furieux gris. Il fallait s’élever à 5184 m d’altitude pour atteindre 0°C. La persistance de conditions anticycloniques a rendu cette vague de chaleur exceptionnellement longue (Météosuisse juillet).

La chaleur et l’absence de précipitations causent de graves dommages à l’agriculture Suisse. Les prés, le maïs et les navets, ainsi que les cultures de plein champ, y compris les pommes de terre, sont touchés. La production de fourrage est insuffisante.

Toute la France est en alerte sécheresse. Le maïs en souffre particulièrement, ainsi que le fourrage. L’Espagne et la région de la mer noire sont aussi touchées et la production de maïs fourrager est réduite en Europe.

Les éleveurs du Jura vaudois prévoient une désalpe précoce (article Le Temps). La production de Gruyère  pourrait diminuer à cause de la météo causant une moindre productivité des vaches.  D’autres agriculteurs montent l’eau aux alpages par hélicoptère. L’élevage est donc confronté au manque d’eau dans les pâturages estivaux, au manque de fourrage dû à la sécheresse, et bientôt à la mort du bétail dans les vagues de chaleur.

Sécheresse dans les forêts et sécheresse éclair

L’anhydrie expose les épicéas aux scolytes, et ils sont déjà infectés dans de nombreuses régions. Les hêtres laissent tomber des feuilles pour mieux résister (article). Le Valais dispose depuis longtemps de systèmes d’irrigation et ils pourraient être développés dans les autres cantons. Je proposais dans un autre blog de construire aussi des réservoirs et des canaux d’irrigation pour les forêts suisses.

Un nouveau phénomène observé ces dernières années a été appelé sécheresse éclair, “flash drought”. De l’air très chaud et très sec, combiné à des vents forts,  provoque une sécheresse sévère en un mois ou moins. Ce phénomène  observé récemment aux Etats-Unis ainsi qu’en France, est moins prévisible, ou nécessite des outils de prévision spécifiques et augmente encore le risque d’effondrement de la production agricole.

Les agriculteurs tentent de s’adapter en prévoyant des solutions d’irrigation ainsi qu’en passant à des cultures des pays chauds, mais les changements climatiques iront de plus en plus vite.

L’été passé, les températures ont atteint 49°C en Colombie britannique. Cet événement semble rare pour le moment, mais la probabilité de telles températures augmente chaque année.

Du risque d’un réchauffement abrupt

Je suis parfois accusée de paniquer le public et de chercher les pires horreurs climatiques. Il s’avère que c’est très utile. Une nouvelle étude présentée par la BBC montre que les apports du GIEC ne présentent pas assez les pires conséquences possibles du réchauffement climatiques, qui y sont quasiment ignorées.  Or ces conséquences catastrophiques, même ayant une probabilité de 2% ou 10%, seraient très importantes. Prenons pour example l’effondrement de l’Antarctique-Ouest , qui provoquerait  l’inondation de toutes les villes situées en bord de mer où réside plus d’un milliard de personnes. L’étude explique que la prise en compte de ces risques dans les calculs montrerait que le coût du réchauffement est plus important. Elle permettrait aussi de mieux prévoir et gérer ces crises si elles se concrétisent, et de mieux comprendre pourquoi il faut limiter les températures à 1.5° ou 2°C.

En Suisse, les conditions que supportent ou ne supportent pas les barrages ont été soigneusement calculées et sont connues, ce qui permet de prévoir leur consolidation, leur abandon ou au moins l’évacuation des personnes menacées. Nous devons faire de même pour le réchauffement climatique.

D’autre part, de nombreuses conséquences du réchauffement telles que la mortalité due à la chaleur aux Etats-Unis, les dommages et le coût des inondations, les feux de forêt, la fonte du permafrost ont été sous-estimées et des prévisions plus élevées auraient dû être établies. Chacun des derniers rapports du GIEC a révisé le danger à la hausse, car des événements climatiques  graves s’étaient produits dans les années précédentes et se produisent continuellement. Les modèles les plus alarmistes pourraient se révéler vraiment utiles.

Photo de couverture : Christiane Rossi par Dorota Retelska

L’absence de plancton mène à désertification de l’Atlantique et à l’arrêt de la fixation de carbone

Une expédition de science citoyenne donne des nouvelles alarmantes sur l’état du plancton de l’Atlantique.  Le mot plancton désigne les microscopiques habitants des eaux, microorganismes, végétaux ou animaux qui flottent dans les eaux des océans et servent d’aliment à des nombreux habitants des océans. 

Plusieurs voiliers ont traversé l’Atlantique du détroit du Gibraltar au Venezuela.  Ils emportaient des  volontaires qui ont collecté des échantillons d’eau en surface (3500 échantillons).  Ils espéraient trouver du plancton, les microscopiques végétaux et animaux qui flottent dans les eaux des océans,  et constituent la base de la chaîne alimentaire.  Au début, ils n’en n’ont pas trouvé du tout. Ils ont vu de nombreux des petits agrégats, qui pourraient résulter de la combustion de carbone.  

Ils ont ensuite prélevé des volumes d’eau plus importants et ont trouvé très peu de planton, environ un être vivant  dans 50 litres d’eau. 

Par contre les grumeaux résultant de la combustion de carbone étaient très nombreux, de 100 à 1000 particules de plus de 20 microns par litre d’eau, et il pourrait bien y avoir des milliers de particules plus petites. De nombreux navires marchands parcourent ce même trajet, alors ces aggrégats seraient des résidus  de leur combustible.   Ces déchets sont toxiques et pourraient nuire au plancton.  Les microparticules de plastique polluent aussi les océans. 

Sur le parcours de Grenada à Curacao, l’eau contenait plus de plancton et moins d’agrégats. 

D’autre part, les voiliers ont buté dans d’immenses tapis d’algues sargasses, qui se développement énormément récemment. Selon l’étude du plancton GOES, la cause en est la pollution et de la déforestation en Amérique du Sud et en Afrique. Les algues doublent rapidement, et consument les éléments nutritifs nécessaires aux autres habitants de l’océan, leur décomposition pollue les plages et les eaux des Caraïbes.

Organisme planctonique vu au microscope

Le plancton pourrait quitter ces zones de l’Atlantique à cause du réchauffement climatique, qui le ferait migrer vers des zones plus tempérées, et il ne serait pas remplacé. Le CO2 provoque simultanément l’acidification des océans qui perturbe la formation des coquilles de calcite de nombreux organismes.  L’expédition GOES évoque aussi la compétition des sargasses, mais surtout la pollution due aux navires marchands.

J’ai l’impression que le plancton disparaît aussi dans les eaux chinoises,  ce qui suggère que la pollution en est la cause. 

Le plancton, cyanobactéries et algues microscopiques, fixe une partie du carbone des océans. Ces organismes prolifèrent surtout dans les premiers mètres, éclairés par le soleil. Dans les gouttes d’eau de l’océan cohabitent les algues, le zooplancton, les bactéries et les champignons. Le plancton est ensuite ingéré par les animaux marins et forme la base de la chaîne alimentaire.  Si le plancton disparaît, les grandes algues pourraient survivre, mais il n’y aura quasiment plus aucun poisson. 

Le rapport du GIEC sur les océans signalait justement qu’il y a moins de poissons dans les océans, et particulièrement dans l’Atlantique Nord.

D’autre part, le plancton fixe le carbone. Il y a quelques années, il était admis qu’un tiers du carbone émis par l’Homme est fixé par les plantes terrestres, un tiers par les océans, et un tiers s’ajoute à l’atmosphère. Actuellement, les sécheresses mettent à mal la fixation de carbone des écosystèmes terrestres,  l’Amazonie est maintenant si perturbée que sa productivité diminue et qu’elle devient une source d’émission de carbone.  Si la fixation du carbone du plancton des océans diminue aussi, le réchauffement s’accélérera beaucoup, ce qui menacerait le vie sur Terre.

L’étude GOES  pourrait suggérer que la pollution due aux  navires marchands est responsable de la désertification de l’Atlantique Nord. Dans ce cas, nous pouvons inverser ce processus en construisant des navires marchands solaires et éoliens.  Nous pouvons aussi éviter le traffic absurde d’objets jetables entre les continents.   Les effets dus à la pollution et à la déforestation peuvent être inversés par des mesures adéquates.

Résumé sur le carbone dans les océans: https://www.lumni.fr/article/le-gaz-carbonique-l-oceahttps://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/06/13/les-microbes-fixent-le-carbone-dans-locean/n-et-le-climat

Exemple d’interaction de de carbone dans les océans: https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/06/13/les-microbes-fixent-le-carbone-dans-locean/

 

La forêt amazonienne est encore là mais pourrait approcher d’un seuil critique

Le changement climatique apporte à l’Amérique du Sud des sécheresses, d’intensité et de durée croissante.  Les températures augmentent.

Une nouvelle étude a exploité les données satellite pour comprendre les réponses de la jungle amazonienne à ces changements. Ils ont utilisé les données satellitaires de VOD (vegetation optical depth) qui mesurent bien la biomasse de la forêt (Boulton, Lenton and Boers, Nature Climate Change).

Les mesures d’activité photosynthétique, qui renseignent sur la croissance active des plantes, et notamment des feuilles, indiquent par contre une forte activité dans les zones nouvellement défrichées. Les satellites rapportent que des végétaux poussent intensivement là-bas, il s’agit probablement des pâturages ou de cultures. Cette mesure ne renseigne pas bien sur la présence d’arbres.

Les données de la profondeur optique de la végétation VOD sont bien indicatives de la biomasse de la forêt.  Les scientifiques ont étudié les changements de celle-ci au cours du 21ième siècle. La forêt subit des variations annuelles, en raison des pluies et des chaleurs saisonnières.  Si on fait abstraction de ce cycle naturel, des variations inattendues apparaissent. Des perturbations se sont toujours produites, mais elles perdurent malheureusement de plus en plus. La forêt ne se régénère plus aussi bien après des dommages subis. Les scientifiques ont mesuré l’autocorrelation de ces changements.

Ce changement touche les trois quarts de l’Amazonie. Il se produit dans quasiment toutes les régions, proches de l’activité humaine ou pas. Les zones attenantes aux exploitations humaines sont exposées aux feux qui abîment les arbres alentour. La déforestation et la dégradation des forêts diminuent l’évapotranspiration, ainsi que la formation des pluies favorisée par les arbres, et font monter la température localement lors des vagues de chaleur, car la végétation abondante tempérait le climat.

Seules quelques zones reculées dans le Nord semblent épargnées sur une carte qui représente l’évolution au cours de la dernière vingtaine d’années. Un autre graphique, qui représente le changement annuel, semble pourrait indiquer que même les zones les plus éloignées perdent de leur résilience aux cours des quelques dernières années, dès 2013, mais les auteurs attirent l’attention sur le faible nombre de parcelles concernées. Il n’est donc pas certain si les zones éloignées de l’Homme sont encore viables.

La perte de résilience est en tout cas plus forte dans les régions touchées par l’Homme. Evidemment, les arbres coupés et remplacés par des pâturages repoussent difficilement.

La pluviométrie ne semble pas influencer la résilience de la forêt, qui diminue sur la majorité du territoire.

Selon les auteurs de l’article, la perte de résilience peut annoncer une transition critique, la perte de cette forêt. Cette observation est très inquiétante. Il s’agit d’un des plus grands réservoirs de biodiversité du monde, une merveille de la Nature.

L’Amazonie est point de retroaction potentiel dans le système climatique mondial, et un grand puit de carbone terrestre. Sa perte changerait dangereusement le climat local et mondial.

Cette étude a étudié la stabilité du système de la forêt amazonienne, en calculant un indicateur de stabilité. La forêt pourrait vivre un ralentissement critique (CSD). La perte de résilience indique un affaiblissement des feedbacks négatifs qui permettaient à la forêt de récupérer après un dommage.  D’autres systèmes de la biosphère terrestre semblent aussi vivre un ralentissement critique: la hauteur des glaces du Groenland,  ainsi que la circulation océanique dans l’Atlantique (Boulton, Lenton and Boers). Nous pourrions être à la veille de la perte de ces systèmes. Le sommet des glaces du Groenland pourrait se trouver à une température supérieure à zéro degrés ce qui précipitera sa fonte, mais là le phénomène devrait s’étaler sur des centaines ou des milliers d’années.

Une forêt peut par contre mourrir en une année, ou en quelques années. Si elle dépérit, elle augmentera rapidement le réchauffement planétaire.

 

Les arbres meurent-ils debout?

Une étude portant sur la mort des arbres de la forêt amazonienne indique que les grands arbres meurent en premier, de défaillances hydrauliques lors des sécheresses ou frappés par la foudre. Le manque de lumière ou la sécheresse sont un des problèmes principaux.  Environ une moitié d’arbres tombe, déracinée ou brisée, et l’autre moitié meurt et sèche debout. Les espèces à croissance rapide subissent le plus de pertes (Nature). Cependant, il est à noter que la croissance ralentit avant la mort de l’arbre. Elle intervient donc après une maladie ou un affaiblissement, l’arbre tombe après une maladie, qui pourrait par exemple saper ses racines. Même les arbres qui s’effondrent encore verts ont en fait subi des dommages avant. Aujourd’hui, une partie de la forêt Amazonienne a cessé de croître. Les immenses arbres sont encore debout.

La sécheresse est responsable seulement dans le Sud de l’Amazonie, dans le Nord elle ne semblait pas jouer de rôle (Nature). Une étude portant sur les espèces de la forêt amazonienne indiquait en 2019 une mortalité accrue des espèces habituées à l’humidité, et un remplacement progressif par des essences tolérantes à la sécheresse. La forêt s’adaptait alors au changement qu’elle vivait (article). Une autre étude montrait aussi que la mortalité dépend du climat et de l’espèce végétale (Nature). Cela suggère qu’une meilleure irrigation aiderait la forêt.

Le rapport du GIEC prévoit une augmentation de températures en Amérique du Sud, ainsi qu’une diminution de pluies dans le Nord-Est du Brésil.  Les deux changements menacent la forêt.  Les vagues de chaleur seront plus longues, plus fortes, plus fréquentes, dureront plus de deux mois. Le risque de feux de forêt augmente aussi énormément. La jungle amazonienne est en danger. Des grandes parties seront remplacées par une végétation plus modeste et adaptée à la sécheresse.  La cascade de conséquences du changement climatique et des activités humaines pourrait entraîner la perte de cet écosystème autour de 2°C de réchauffement. (6ième rapport du GIEC). Mais les événements pourraient se précipiter. Une étude rapporte une perte de carbone par la forêt Amazonienne plus rapide que prévu par les modèles du GIEC (Nature Climate Change). La perte de résilience observée actuellement pourrait signifier que la jungle Amazonienne touche à la fin de son existence.

Sa disparition amènerait des sécheresses et des vagues de chaleur plus intenses, probablement insupportables dans la région.

L’Amazonie sera-t-elle bientôt un effrayant tourbillon de poussière et de décombres centrifugé par la colère d’un ouragan biblique, comme Macondo de  Garcia Marquez’?  Ne le permettons pas.

Comme je l’ai écrit la semaine passée la déforestation et la dégradation des forêts sont encore très actives au Brésil. L’activité humaine peut être arrêtée et inversée demain.

Anciens blogs sur l’Amazonie, autres détails et solutions:

Sauvez la forêt Amazonienne: cessons les importations de produits de la déforestation

COP26: Les émissions de carbone doivent diminuer immédiatement

L’adaptation tiendra dix ans

La COP26 s’achève. Elle semble avoir atteint plusieurs objectifs qu’elle sétait fixée, de nombreux investissements, une déclaration sur les forêts, une sur l’aviation, et aussi sur l’élimination des énergies fossiles. Un magnifique événement de collecte de fonds qui ne remet pas notre économie en question. Je suis surprise de l’importance donnée à l’adaptation dans cette conférence. Nous devons limiter le réchauffement à 1.5°C et pour cela il est nécessaire de réduire les émissions de carbone de 7-8% chaque année, dès maintenant. Le taux de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas monter plus haut, au risque de dégâts irrémédiables à la biosphère. J’espère que les projets d’adaptation intelligente, dans l’agriculture biologique ou l’agroforesterie, stabiliseront aussi le climat. Le risque est que nous nous adaptions pour cinq ou dix ans, mais que le climat empire et devienne incontrôlable. Les investissements ne doivent pas être dirigés dans la recherche sur les avions à piles qui seraient développés pendant que la flotte actuelle pollue allègrement. Plus exactement, je suis d’accord pour la recherche, à condition que l’aviation diminue les émissions dès cette année. C’est aussi possible, en limitant simplement les vols de connection, les vols à courte distance et les avions vides. J’ai été surprise d’entendre un intervenant du WWF s’exprimer en faveur de l’adaptation. L’Amazonie ne s’adaptera pas. La croissance des arbres a diminué à cause des sécheresses de ces dernières années, et elle succomberait probablement aux températures trop élevées. Or, la Planète en a besoin. Il vaut bien mieux arrêter le réchauffement et la déforestation.

Construire moins et plus résistant

Il ne faut pas lancer d’énormes projets d’écoquartiers, et il faut arrêter les chantiers les moins écologiques. Les émissions de la construction, estimées dans la conférence à 37%-40% du total, doivent diminuer cette année. J’ai une excellente idée pour cela. Il faut vite établir et suivre des nouveaux standards de sécurité pour la construction, en sachant que les catastrophes s’aggraveront ces dix prochaines années. Si nous n’agissons pas sagement au cours de cette décennie, elles prendront encore de l’ampleur par la suite. Nous devons prendre en compte les risques apportés par la météo extrême dont nous avons eu un échantillon cet été en Europe avec des tornades et des grêlons géants, des inondations et des glissements de terrain. Ces événements sont bien plus dévastateurs en Chine et dans les régions tropicales. Les constructions mises en danger par le climat doivent être suspendues pour dix ans. Pendant ce temps, des études de risques beaucoup plus poussées permettraient de mieux prévoir la suite. La banque européenne d’investissement semble l’avoir compris, elle lance de nombreux investissements durables, et favorisera des infrastructures capables de résister aux intempéries.

Je remarque avec plaisir que de nombreux dirigeants soutiennent les solutions basées sur la Nature, qui permettront de régénérer les écosystèmes, les sols, éviteront la pollution et permettront l’alimentation saine des populations. Cette idée, essentielle, est maintenant largement comprise et soutenue.

Addendum: Je suis d’accord avec le commentaire qu’il faudrait limiter la surpopulation, le propose d’essayer la solution d’offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde, ce qui respecte les droits de l’Homme. Il faudrait aussi combattre les mariages d’enfants,  les mariages forcés et les viols.

Je ne suis pas d’accord sur l’influence des cycles solaires, le réchauffement est dû à nos émissions de carbone fossile et, je l’admets, aussi à la déforestation. Mais la végétation peut y remédier, et améliorer le cycle hydrique, c’est une excellente solution.

COP26 : Adaptation maintenant, catastrophes demain

La Conférence COP26, à Glasgow prend la mesure du défi qui nous attend. Plusieurs dirigeants ont dit qu’il ont dit qu’il faut agir maintenant pour sauver le monde. L’ancien secrétaire-général de l’ONU Ban Ki Moon a déclaré que nous avions laissé tomber le monde, laissé tomber les communautés les plus vulnérables. « La réponse à la pandémie a montré ce qui était possible, et nous devons faire pareil pour le climat. Nous ne pouvons pas continuer le  business as usual. L‘adaptation est la seule solution et peut générer des retours sur investissements de 20 pour 1″. C’est assez impressionnant d’entendre les dirigeants déclarer que nous devons sauver le monde maintenant, et ils semblent s’y atteler.

La conférence sur l’adaptation a commencé sur les mots « chaque pays sent les conséquences du changement climatique. Les pauvres en paient le prix. Cette injustice doit être reparée et peut l’être ici à Glasgow. « . La secrétaire d’état britannique a déclaré que les communautés les plus pauvres luttent déjà pour supporter les conséquences du climat qui se produisent quotidiennement. J’ai entendu des promesses d’investissements supplémentaires dans l’adaptation, et vu des très jolis exemples d’associations rurales, qui développent l’irrigation, l’agriculture biologique de subsistance, et l’agriculture indigène de subsistance au Chili. Les projets choisis ont tous été financés par des fonds d’aide des organisateurs de la Conférence, Le Royaume-Uni. C’est un peu dommage, car d’autres, bénéficiants de financements différents, sont peut-être encore meilleurs.

Une conférence qui présentait des pistes pour une Terre résiliante face au climat. incluait des interventions sur les arbres, une société plus communautaire, l’intervention des acteurs locaux, les barrages hollandais et britanniques. Une responsable de l’environnement Britannique a mentionné que la côte Est de L’Angleterre a vécu une marée inhabituellement haute, dont Londres a été bien protégé psr le barrage sur la Tamise. Ils ont souligné que l’adaptation par ouvrages de génie est possible et efficace.

Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudiés.

Un ministre de Fiji , je crois, a demandé à en finir avec le tabou des pertes et des dommages. Il a rappelé que certains écosystèmes sont altérés de façon irréversible. Certaines villes ou régions ne pourront peut-être pas être sauvées, il deviendra absurde de reconstruire chaque année, et les îles exposées à la montée du niveau de la mer n’y échapperont peut-être pas. Il demande un financement additionnel pour les conséquences du climat.

Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudés.

Un des points clés de conférences sont les pertes dues aux catastrophes climatiques, et leur compensation, et je m’attendais à entendre de détails à ce sujet. J’ai été un peu surprise de voir les jolis projets d’arrosage et de jardinage et non pas des villes inondées.  Le climat causera des dommages énormes, et il faut en parler, il faut s’en préoccuper maintenant. La conférence porte entre autres sur le mécanisme de Santiago pour le financement des pertes et dommages.  Nous devons faire preuve de solidarité et aider les pays frappés par les catastrophes à fonctionner de façon harmonieuse, et à assurer la sécurité et la subsistance des populations.