L’Alaska se couvre de lacs bouillonnants de méthane. Qu’allons -nous faire?

Lacs bouillonnants de méthane

Ces dernières années chaudes, les vagues de chaleurs s’aventurent jusqu’au pôle Nord. Elles ont apporté des températures excessives de plus de 20 degrés en Sibérie (blog). Les sécheresses inouïes dans ces régions et les foudres de plus en plus fortes provoquent des feux de forêts. Tout cela déclenche la fonte du permafrost, sol boréal gelé depuis des milliers d’années qui contient des debris de plantes anciennes, et d’animaux congelés.

Le permafrost (ou pergélisol) est en partie, à certains endroits à moitié composé d’eau gelée. Lorsqu’il dégèle, le sol glisse, s’effondre, et forme des lacs. Il y a des millions de lacs de ce type en Arctique, certains sont récents.

Deux choses se produisent lorsque la couche de pergélisol dégèle sous les lacs : l’activité microbienne augmente et des voies s’y forment . Au lac Big Trail et dans d’autres lacs thermokarstiques de l’Arctique, les microbes digèrent les plantes mortes et d’autres matières organiques du sol et produisent du dioxyde de carbone et du méthane.

Un scientifique explique « À Big Trail Lake, c’est comme ouvrir la porte de votre congélateur pour la première fois et donner toute la nourriture de votre congélateur aux microbes pour qu’ils se décomposent. En le décomposant, ils crachent du méthane ».

Plus rarement, le dégel du pergélisol peut former des « cheminées » sous les lacs qui permettent au méthane et à d’autres gaz – auparavant piégés profondément sous terre – de s’échapper. Dans tous les lacs thermokarstiques, les gaz bouillonnent à la surface du lac et s’élèvent dans l’atmosphère.

Lorsque le lac Big trail Lake gèle en hiver, les bulles peuvent empêcher la glace de se former et créer des poches d’eau libre qui continuent d’émettre du méthane tout au long de la saison. Dans d’autres régions, les bulles de méthane créent des dômes de glace gelés à la surface du lac.

 Les lacs les plus récents libèrent de grandes quantités de méthane. Il s’enflamme facilement au-dessus de l’eau. C’est un gaz à fort effet de serre qui pourrait accélérer fortement le réchauffement climatique. Les émissions de méthane en Alaska sont étudiées dans le projet ABoVE. Seule une petite fraction du permafrost ,environ 10% (article 2018), est dégelée en surface et peut encore dégeler plus en profondeur.

Méthane ou Géo-ingénierie?

Les émissions de méthane du permafrost terrestre et sous-marin pourraient augmenter et accroître l’effet de serre. La semaine passée, je présentais une étude qui a mis en évidence les émissions de méthane des fonds marins par le passé (blog). C’est un indice de plus qu’elles pourraient se reproduire dans la situation actuelle.  Bien que très incertaines, elles pourraient mener à des sauts de température de l’ordre d’un degré en quelques années, qui s’accompagneraient de catastrophes immenses et déclencheraient d’autres étapes d’une boucle de retroaction positive. C’est un énorme danger. Je mentionnais aussi une technique de géo-ingénierie, la dispersion de particules dans l’atmosphère polaire, qui pourrait regeler la glace Arctique et limiter le problème. Les auteurs de l’étude estiment que c’est possible à un prix relativement accessible. Je ne sais que penser de ces projets. Lundi passé, je me suis endormie avec l’idée que la géo-ingénierie est la seule solution pour éviter l’apocalypse, ou en tout cas un dérèglement du climat terrestre qui emporterait probablement la majorité de la population de la Planète. Je me suis réveillée avec l’idée qu’il ne faut pas s’y lancer. C’est probablement une mauvaise solution, bancale, qui apporterait de nombreux problèmes nouveaux.  L’arrêt des émissions et la reforestation semblent beaucoup plus sains pour notre milieu de vie mais la boucle fonte de la glace Arctique- fonte du permafrost semble maintenant engagée.

 

Si les émissions de méthane augmentent le réchauffement climatique, les conséquences seraient extrêmement dangereuses.  Il deviendrait difficile de tenir le compte des morts dans le chaos généralisé, des pays entiers seraient rayés de la carte.

La Suisse, qui semblait tout d’abord peu exposée, sera frappée par de fortes vagues de chaleur, des glissements de terrain, des foudres et des grêles inconnues jusqu’à peu.

Un réchauffement de 4°C causerait d’immenses tempêtes. Chaque ville subirait des destructions et compterait des morts et des blessés.  La survie à cette hécatombe serait hasardeuse, la civilisation s’effondrerait vite, et nos enfants ou nos petits-enfants se battraient pour l’existence entre crise économique et le déchaînement de la Nature, se cacheraient des vagues de chaleur dans les décombres, défendraient leur potager cultivé sur les décombres de l’école actuelle, fuiraient les inondations.

Certains estiment qu’il vaut mieux laisser la Nature se débarrasser du cancer humain et se reconstituer elle-même.  Là, je ne suis pas d’accord, il me paraît important est de sauver les vies humaines.

Géo-ingénierie

De nombreuses solutions de géoengénierie sont actuellement étudiées.  Plusieurs scientifiques recommandent de regeler la mer Arctique pour contenir le réchauffement direct et la fonte du permafrost sous-marin. Une étude récente estime que c’est tout à fait faisable. Ils proposent d’utiliser une flotte de 125 jets volant à haute altitude pour sprayer des particules aérosols de SO2 qui réduiraient l’ensoleillement des pôles en été (communiqué).

Le professeur Peter Wadhams demande depuis longtemps la géo-ingénierie et propose de répandre plutôt des gouttelettes d’eau de mer qui éclairciraient les nuages, de concert avec  la capture le gaz carbonique présent actuellement dans l’air (Interview Vidéo avec Steven Salter, qui développe cette technologie).

Le scientifique anglais David King proposait aussi à la COP26 de regeler l’Arctique par des techniques artificielles.

Une solution était de reformer directement une glace épaisse à la surface de la mer Arctique. Elle me paraît préférable à l’obscurcissement du soleil. La différence de luminosité aurait des conséquences sur les végétaux et les animaux et les produits utilisés pourraient être une nouvelle source de pollution. Je me suis livrée à une longue réflexion à ce sujet ici.  Je ne suis pas sûre si une technologie capable de fabriquer de la glace à l’échelle d’une mer existe déjà. Une mauvaise idée était de répandre des billes de verre ou de polystyrène à la surface de la glace, ce serait très nocif pour les poissons, les oiseaux et les autres animaux marins qui les avaleraient sûrement. J’ai aussi vu une proposition de miroirs flottants acclamée par le professeur Guy McPherson, et des bateaux congélateurs qui formeraient des blocs de glace. Idéalement ils devraient être alimentés par l’énergie solaire et/ou par la chaleur dégagée lors de la formation de la glace.

D’autres propositions suggèrent d’augmenter la capture du carbone par les algues. Shaun Fitzgerald du Cambridge Center for Climate Repair propose de cultiver des algues sur les plateformes flottantes en haute mer (lien). Cette solution pourrait être bénéfique pour les écosystèmes marins.

Si nous nous lançons dans la géo-ingénierie, nous devons absolument protéger les écosystèmes et leur capacité de capture de carbone naturelle, et éviter une pollution supplémentaire à l’Humanité.

Image du lac avec bulles de méthane par David Mark de Pixabay

Blog: Les dominos climatiques selon Dunlop et Spratt

Blog: Apocalypse selon Guy McPherson

 

God save the King! Texte de Charles sur le climat

L’accession au trône anglais de Charles pourrait être positive pour la protection du climat. Il s’est engagé pour le climat et a même écrit un livre à ce sujet.

Dans ce texte de janvier 2017, Charles a demandé que le réchauffement climatique soit présenté dans les prévisions météo à la télévision. Il a affirmé que les prévisions météorologiques devraient indiquer clairement que le réchauffement climatique est en partie responsable des inondations et des vagues de chaleur.
Il veut lutter contre le changement climatique avant que le monde ne soit confronté à la “destruction” et dit qu’il est vital de sensibiliser davantage de gens à la menace qui pèse sur la planète. Ce que Charles a dit :
“L’un des événements les plus terribles qui peuvent arriver à une maison ou à une communauté est une inondation. L’eau boueuse des rivières ravage des vies en quelques minutes. J’ai vu les effets de première main et je sais très bien que cela peut prendre des mois, voire des années, même aux plus résilients pour récupérer.
La dévastation causée par les inondations est déchirante et conduit naturellement à discuter de ce qui pourrait être à l’origine d’une telle augmentation de ces averses exceptionnellement intenses. Est-il vraiment vrai que les activités humaines modifient le climat de toute notre planète ? Et, s’ils le sont, pouvons-nous nous permettre d’essayer de résoudre les problèmes, quels qu’ils soient, surtout lorsqu’il y a tant d’autres sujets de préoccupation ?
Je sais que ces questions, et d’autres, sont dans l’esprit de nombreuses personnes chaque fois que le changement climatique est mentionné. Les photographies emblématiques de l’espace montrent notre planète bleue et verte si sereine qu’il est difficile d’imaginer que quelque chose de trop grave se passe. Il y a aussi une fatigue inévitable causée par des arguments techniques sans fin, pleins de jargon, qui suscite une tentation irrésistible de se déconnecter ou de détourner le regard.

Cependant, je pense que la situation est si grave que nous ne pouvons pas détourner le regard ou mettre la tête dans le sable. Il est maintenant essentiel pour ceux d’entre nous qui s’inquiètent du changement climatique d’exposer simplement et clairement la science de ce que nous voyons, pourquoi cela nous préoccupe tant et ce que nous pensons pouvoir faire à ce sujet.
Une science solide a toujours soutenu le progrès humain, fournissant les preuves qui ont transformé la médecine, les transports, les communications, la production alimentaire et la plupart des autres aspects de notre existence. Que nous aimions tous ces changements est une autre question, mais il est difficile de rejeter les faits, sur la base des preuves.
Ainsi, tout en continuant à poser des questions approfondies, qui sont au cœur de toutes les bonnes méthodes scientifiques, il semblerait judicieux d’adopter la même approche du changement climatique et de se concentrer sur l’examen approfondi des preuves accumulées, plutôt que de les considérer comme une question d’opinion. Les questions que les gens posent sur le changement climatique commencent souvent par « N’est-ce pas seulement la météo ? » et « Le climat n’a-t-il pas toujours changé ?
Eh bien, il est vrai que les facteurs naturels, y compris les modifications de la force du Soleil, l’impact des éruptions volcaniques et les cycles naturels, tels que les interactions El Nino entre l’océan Pacifique et l’atmosphère, peuvent tous influencer les fluctuations de température. Mais une évaluation minutieuse des preuves montre que la principale cause du réchauffement climatique enregistré au cours des dernières décennies est l’augmentation du dioxyde de carbone et d’autres polluants émis par les centrales électriques, l’industrie, les voitures, les avions, les fermes et le défrichement des forêts.
Depuis 1850, la consommation mondiale d’énergie a été multipliée par 20. La majeure partie provient de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, qui libère du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Cette augmentation est clairement enregistrée dans les échantillons d’air ancien emprisonnés dans la calotte glaciaire de l’Antarctique. Des échantillons de carottes de glace prélevés par le British Antarctic Survey et d’autres révèlent sans aucun doute que les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont augmenté de façon spectaculaire au cours des 150 dernières années et sont maintenant plus élevés qu’à tout moment depuis au moins 800 000 ans.
Cette augmentation du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, modifie notre climat et entraîne un nombre croissant de changements alarmants dans le monde naturel. Les enregistrements photographiques révèlent le recul des glaciers, menaçant sérieusement les futurs approvisionnements en eau d’une grande partie de l’Asie du Sud; les données des satellites montrent la disparition de la banquise arctique ; les récifs coralliens meurent dans des mers devenues trop chaudes ; et de nombreux records météorologiques sont battus dans le monde entier.
Le changement climatique a accru le risque d’inondation dans certaines régions du monde et de sécheresse dans d’autres. Il entraîne un déclin de certaines espèces sauvages, menace l’approvisionnement en nourriture et en eau et peut être un facteur contribuant à la migration des personnes. Ces effets peuvent à leur tour exacerber les tensions politiques et contribuer à alimenter les conflits.
Il y a bien sûr eu une prétendue “pause” dans le réchauffement. Pourquoi réduire la pollution alors que le réchauffement semble s’être arrêté, se demandent certains ? La réponse est assez simple : il n’y a pas de pause. La première décennie de ce siècle a été la plus chaude mesurée dans les records remontant à 1850. Cette décennie est en passe d’être encore plus chaude. L’année dernière, 2016, a été la plus chaude jamais enregistrée. La deuxième année la plus chaude a été 2015 et la troisième 2014.

“Adorable rencontre avec Greta Thunberg aujourd’hui à Davos. Nous  étions d’accord que le changement climatique, le réchauffement et Donald Trump sont les plus grandes menaces auxquelles l’humanité  ait jamais fait face ”  Prince Charles Janvier 2020

Même face à toutes les preuves, certains se demandent encore comment le dioxyde de carbone, un gaz que nous ne pouvons ni voir ni sentir et qui est essentiel à la vie sur Terre, pourrait causer autant de dégâts, surtout dans un ciel qui semble si illimité et énorme pour être à l’abri de tout ce que nous pourrions lui faire? En fait, l’atmosphère de notre planète n’est en termes relatifs pas plus épaisse que la peau d’une pomme et dans cette enveloppe fragile, nous chargeons de plus en plus de gaz piégeant la chaleur.
La confusion persistante sur ce que dit réellement la science du changement climatique et le fait que des solutions positives soient maintenant à portée de main, m’a amené à aider à écrire un petit livre en « anglais simple » sur le sujet, couvrant les faits scientifiques, pourquoi nous devons agir de toute urgence sur ceux-ci et pourquoi le faire serait en fait une très bonne chose. Il sera publié plus tard cette semaine par Ladybird Books dans leur nouvelle série Expert Guide et j’espère qu’il intéressera certaines des nombreuses personnes qui restent incertaines ou, en fait, inconscientes des faits incontournables. Dès 1970, par exemple, je me souviens d’avoir prononcé un discours sur la conservation dans lequel j’ai mentionné qu'”il peut y avoir peu de gens qui n’ont pas entendu parler de “conservation” ou de “pollution” ou d'”environnement”, ou de termes aussi horribles que « l’écologie » et « la biosphère ». Mais savent-ils toujours ce qu’ils veulent dire ? » De toute évidence, pas toujours, même maintenant. D’où ce petit livre !
Nous pourrions également être plus enclins à penser à plus long terme si nous étions plus conscients de ce qui se passe autour de nous. Peut-être que les prévisions météorologiques quotidiennes pourraient inclure quelques faits de base sur les signes vitaux de la Terre, ou des détails sur les endroits où le changement climatique augmente la probabilité de conditions météorologiques dommageables ? Même des faits tels que la barrière de la Tamise qui a dû être fermée 41 fois en 2013/14 pour éviter les inondations, contre un total de 46 fois au cours des 30 années précédentes, aident à brosser un tableau des changements qui se produisent autour de nous. Certaines personnes qui acceptent que ces changements se produisent ensuite soutiennent qu’il est injustifié d’agir pour réduire les émissions en raison du préjudice économique qu’ils prétendent en résulter. Pourquoi réduire la pollution alors que cela pourrait nuire à l’emploi et à la compétitivité, demandent-ils ? Pourtant, agir maintenant est une option beaucoup moins chère que de ramasser les morceaux plus tard.
Une transition rapide vers l’énergie propre est en cours. Partout dans le monde, l’expansion des technologies d’énergie renouvelable fournit des quantités toujours plus importantes d’énergie propre et à un coût en baisse. Cela crée des emplois et réduit la dépendance aux combustibles fossiles importés.
Prenez Hull, par exemple, où des milliards de livres d’investissements sont attirés et des milliers d’emplois générés grâce au développement de l’énergie éolienne offshore de classe mondiale. La croissance de la capacité de cette technologie au cours des 12 derniers mois a aidé le Royaume-Uni à tirer plus d’un cinquième de son électricité de sources renouvelables propres. Même dans nos îles nuageuses, l’électricité produite à partir de l’énergie solaire dépasse désormais celle provenant du charbon.
De nouvelles industries de technologies propres commencent à prospérer. Les grands constructeurs lancent des voitures électriques avec de nouvelles batteries, une innovation parmi tant d’autres alors que le secteur des transports va au-delà du diesel et de l’essence. La Chine, qui a souffert plus que la plupart de la pollution dans ses villes à croissance rapide, assure désormais un leadership fort et montre à quelle vitesse la transformation technologique peut être réalisée.
Nous avons une opportunité historique de mettre le monde sur une meilleure voie, une voie plus sûre et durable, avec des opportunités qui comprennent non seulement la saisie des avantages des nouvelles technologies propres, mais aussi des gains importants, rapides et très rentables dans le domaine forestier. et l’agriculture.
Le renforcement des efforts de conservation et de restauration des forêts, y compris les forêts tropicales humides qui sont si riches en faune et en diversité biologique, et qui stockent naturellement le carbone, contribuerait non seulement à lutter contre le changement climatique, mais aussi à améliorer la sécurité de l’eau, à atténuer les effets des conditions météorologiques extrêmes et à renforcer la fondements du tourisme animalier.
De multiples avantages peuvent également être obtenus grâce à une agriculture plus intelligente qui profite à la nature et à l’environnement. L’agriculture agro-écologique soutient et améliore le sol qui produit notre nourriture, tout en utilisant ce sol pour aider à lutter contre le changement climatique. La clé pour cela réside dans l’augmentation du carbone stocké dans le sol, et qui serait autrement dans l’atmosphère, en remplaçant la matière organique perdue.
Qu’il s’agisse de l’énergie, de l’agriculture ou des forêts, il me semble qu’au cœur de notre réponse aux périls posés par le changement climatique rapide doit se trouver une approche plus sensée de l’économie. La vérité simple et incontournable est que nos économies humaines ne peuvent pas fonctionner indéfiniment indépendamment de l’économie plus large de la Nature. Notre système actuel est incroyablement gaspilleur. Nous prenons des ressources, fabriquons des produits, les utilisons et souvent rejetons des déchets dans la terre, l’atmosphère et les océans, sans récupérer les ressources que nous avons utilisées pour fabriquer les choses dont nous avons besoin en premier lieu.
Cela épuise non seulement les ressources limitées de la Terre, mais consomme également de l’énergie et conduit à une pollution plus élevée que si nous faisions les choses de manière plus naturelle et circulaire. En exploitant les nouvelles technologies, en concevant des produits différemment et en planifiant un avenir sans déchets, nous pourrions créer une “économie circulaire”, à la place de l’économie du “jetable” qui contribue si largement au changement climatique.
Il est parfaitement naturel d’être attaché à ce que nous savons avoir fonctionné dans le passé, et parfois difficile de voir au-delà. Mais la vérité incontournable est que les générations futures devront vivre avec les conséquences des choix que nous faisons maintenant.
Ces choix sont simples : nous pouvons accepter les preuves scientifiques et agir en conséquence, ou nous pouvons trouver des moyens de ne pas être convaincus qu’une action ferme et immédiate est nécessaire. Le problème avec ce dernier choix est que nous continuerons à tester notre monde jusqu’à la destruction jusqu’à ce que nous ayons enfin les “preuves” pour montrer que sa viabilité et son habitabilité ont été détruites. Et au moment où nous reprenons nos esprits, il est probablement trop tard pour faire quoi que ce soit à ce sujet. Le prix d’un tel échec monumental de notre part serait payé par nos enfants et petits-enfants, qui sauront tous que Humpty Dumpty ne pourrait pas être reconstitué.” texte du roi Charles III paru dans le Daily Mail en janvier 2017.  J’aide volontiers à à présenter la météo.

Il faut évidemment ajouter à ce texte l’explication qu’Humpty Dumpty est un personnage de chanson d’enfant, maladroit, souvent représenté sous forme d’un oeuf, qui se brise irrémédiablement.

“Humpty Dumpty” Lyrics

Humpty Dumpty sat on a wall,
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king’s horses and all the king’s men
Couldn’t put Humpty together again.

https://www.dailymail.co.uk/news/article-4144032/Charles-calls-global-warming-TV-weather-forecasts.html

Image de couverture par Edd Allen de Pixabay

https://www.penguin.co.uk/books/301516/climate-change-a-ladybird-expert-book-by-shuckburgh-hrh-the-prince-of-wales-tony-juniper-and-emily/9780718185855

https://www.penguin.co.uk/books/313798/penguin-readers-level-3-climate-change-elt-graded-reader-by-shuckburgh-hrh-the-prince-of-wales-tony-juniper-and-emily/9780241397862

 

Sécheresse, champ, jardin, femme

La Suisse desséchée

Sécheresse et agriculture

Ce matin, il faisait déjà chaud à huit heures. Une nouvelle vague de chaleur s’abat sur la Suisse ce début d’août, Genève pourrait atteindre 38°C.

La sécheresse dure depuis début juillet. La NASA a publié les images satellite de la Suisse en juillet 2022. Les prairies sont asséchées et jaunes (images ici vers le bas). La Suisse vit une aridité sans précédent. Les mois de mai et de juillet ont été exceptionnellement chauds, ensoleillés, et les pluies étaient rares. Le mois de juillet, après quelques orages, au début, a maintenu cette tendance…  Les températures ont dépassé 35°C et atteint 39.1°C à Genève-Cointrin le 19 juillet. Les températures en montagne sont aussi exceptionnellement élevées, et les glaciers suisses s’écoulent en torrents furieux gris. Il fallait s’élever à 5184 m d’altitude pour atteindre 0°C. La persistance de conditions anticycloniques a rendu cette vague de chaleur exceptionnellement longue (Météosuisse juillet).

La chaleur et l’absence de précipitations causent de graves dommages à l’agriculture Suisse. Les prés, le maïs et les navets, ainsi que les cultures de plein champ, y compris les pommes de terre, sont touchés. La production de fourrage est insuffisante.

Toute la France est en alerte sécheresse. Le maïs en souffre particulièrement, ainsi que le fourrage. L’Espagne et la région de la mer noire sont aussi touchées et la production de maïs fourrager est réduite en Europe.

Les éleveurs du Jura vaudois prévoient une désalpe précoce (article Le Temps). La production de Gruyère  pourrait diminuer à cause de la météo causant une moindre productivité des vaches.  D’autres agriculteurs montent l’eau aux alpages par hélicoptère. L’élevage est donc confronté au manque d’eau dans les pâturages estivaux, au manque de fourrage dû à la sécheresse, et bientôt à la mort du bétail dans les vagues de chaleur.

Sécheresse dans les forêts et sécheresse éclair

L’anhydrie expose les épicéas aux scolytes, et ils sont déjà infectés dans de nombreuses régions. Les hêtres laissent tomber des feuilles pour mieux résister (article). Le Valais dispose depuis longtemps de systèmes d’irrigation et ils pourraient être développés dans les autres cantons. Je proposais dans un autre blog de construire aussi des réservoirs et des canaux d’irrigation pour les forêts suisses.

Un nouveau phénomène observé ces dernières années a été appelé sécheresse éclair, “flash drought”. De l’air très chaud et très sec, combiné à des vents forts,  provoque une sécheresse sévère en un mois ou moins. Ce phénomène  observé récemment aux Etats-Unis ainsi qu’en France, est moins prévisible, ou nécessite des outils de prévision spécifiques et augmente encore le risque d’effondrement de la production agricole.

Les agriculteurs tentent de s’adapter en prévoyant des solutions d’irrigation ainsi qu’en passant à des cultures des pays chauds, mais les changements climatiques iront de plus en plus vite.

L’été passé, les températures ont atteint 49°C en Colombie britannique. Cet événement semble rare pour le moment, mais la probabilité de telles températures augmente chaque année.

Du risque d’un réchauffement abrupt

Je suis parfois accusée de paniquer le public et de chercher les pires horreurs climatiques. Il s’avère que c’est très utile. Une nouvelle étude présentée par la BBC montre que les apports du GIEC ne présentent pas assez les pires conséquences possibles du réchauffement climatiques, qui y sont quasiment ignorées.  Or ces conséquences catastrophiques, même ayant une probabilité de 2% ou 10%, seraient très importantes. Prenons pour example l’effondrement de l’Antarctique-Ouest , qui provoquerait  l’inondation de toutes les villes situées en bord de mer où réside plus d’un milliard de personnes. L’étude explique que la prise en compte de ces risques dans les calculs montrerait que le coût du réchauffement est plus important. Elle permettrait aussi de mieux prévoir et gérer ces crises si elles se concrétisent, et de mieux comprendre pourquoi il faut limiter les températures à 1.5° ou 2°C.

En Suisse, les conditions que supportent ou ne supportent pas les barrages ont été soigneusement calculées et sont connues, ce qui permet de prévoir leur consolidation, leur abandon ou au moins l’évacuation des personnes menacées. Nous devons faire de même pour le réchauffement climatique.

D’autre part, de nombreuses conséquences du réchauffement telles que la mortalité due à la chaleur aux Etats-Unis, les dommages et le coût des inondations, les feux de forêt, la fonte du permafrost ont été sous-estimées et des prévisions plus élevées auraient dû être établies. Chacun des derniers rapports du GIEC a révisé le danger à la hausse, car des événements climatiques  graves s’étaient produits dans les années précédentes et se produisent continuellement. Les modèles les plus alarmistes pourraient se révéler vraiment utiles.

Photo de couverture : Christiane Rossi par Dorota Retelska

L’absence de plancton mène à désertification de l’Atlantique et à l’arrêt de la fixation de carbone

Une expédition de science citoyenne donne des nouvelles alarmantes sur l’état du plancton de l’Atlantique.  Le mot plancton désigne les microscopiques habitants des eaux, microorganismes, végétaux ou animaux qui flottent dans les eaux des océans et servent d’aliment à des nombreux habitants des océans. 

Plusieurs voiliers ont traversé l’Atlantique du détroit du Gibraltar au Venezuela.  Ils emportaient des  volontaires qui ont collecté des échantillons d’eau en surface (3500 échantillons).  Ils espéraient trouver du plancton, les microscopiques végétaux et animaux qui flottent dans les eaux des océans,  et constituent la base de la chaîne alimentaire.  Au début, ils n’en n’ont pas trouvé du tout. Ils ont vu de nombreux des petits agrégats, qui pourraient résulter de la combustion de carbone.  

Ils ont ensuite prélevé des volumes d’eau plus importants et ont trouvé très peu de planton, environ un être vivant  dans 50 litres d’eau. 

Par contre les grumeaux résultant de la combustion de carbone étaient très nombreux, de 100 à 1000 particules de plus de 20 microns par litre d’eau, et il pourrait bien y avoir des milliers de particules plus petites. De nombreux navires marchands parcourent ce même trajet, alors ces aggrégats seraient des résidus  de leur combustible.   Ces déchets sont toxiques et pourraient nuire au plancton.  Les microparticules de plastique polluent aussi les océans. 

Sur le parcours de Grenada à Curacao, l’eau contenait plus de plancton et moins d’agrégats. 

D’autre part, les voiliers ont buté dans d’immenses tapis d’algues sargasses, qui se développement énormément récemment. Selon l’étude du plancton GOES, la cause en est la pollution et de la déforestation en Amérique du Sud et en Afrique. Les algues doublent rapidement, et consument les éléments nutritifs nécessaires aux autres habitants de l’océan, leur décomposition pollue les plages et les eaux des Caraïbes.

Organisme planctonique vu au microscope

Le plancton pourrait quitter ces zones de l’Atlantique à cause du réchauffement climatique, qui le ferait migrer vers des zones plus tempérées, et il ne serait pas remplacé. Le CO2 provoque simultanément l’acidification des océans qui perturbe la formation des coquilles de calcite de nombreux organismes.  L’expédition GOES évoque aussi la compétition des sargasses, mais surtout la pollution due aux navires marchands.

J’ai l’impression que le plancton disparaît aussi dans les eaux chinoises,  ce qui suggère que la pollution en est la cause. 

Le plancton, cyanobactéries et algues microscopiques, fixe une partie du carbone des océans. Ces organismes prolifèrent surtout dans les premiers mètres, éclairés par le soleil. Dans les gouttes d’eau de l’océan cohabitent les algues, le zooplancton, les bactéries et les champignons. Le plancton est ensuite ingéré par les animaux marins et forme la base de la chaîne alimentaire.  Si le plancton disparaît, les grandes algues pourraient survivre, mais il n’y aura quasiment plus aucun poisson. 

Le rapport du GIEC sur les océans signalait justement qu’il y a moins de poissons dans les océans, et particulièrement dans l’Atlantique Nord.

D’autre part, le plancton fixe le carbone. Il y a quelques années, il était admis qu’un tiers du carbone émis par l’Homme est fixé par les plantes terrestres, un tiers par les océans, et un tiers s’ajoute à l’atmosphère. Actuellement, les sécheresses mettent à mal la fixation de carbone des écosystèmes terrestres,  l’Amazonie est maintenant si perturbée que sa productivité diminue et qu’elle devient une source d’émission de carbone.  Si la fixation du carbone du plancton des océans diminue aussi, le réchauffement s’accélérera beaucoup, ce qui menacerait le vie sur Terre.

L’étude GOES  pourrait suggérer que la pollution due aux  navires marchands est responsable de la désertification de l’Atlantique Nord. Dans ce cas, nous pouvons inverser ce processus en construisant des navires marchands solaires et éoliens.  Nous pouvons aussi éviter le traffic absurde d’objets jetables entre les continents.   Les effets dus à la pollution et à la déforestation peuvent être inversés par des mesures adéquates.

Résumé sur le carbone dans les océans: https://www.lumni.fr/article/le-gaz-carbonique-l-oceahttps://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/06/13/les-microbes-fixent-le-carbone-dans-locean/n-et-le-climat

Exemple d’interaction de de carbone dans les océans: https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2021/06/13/les-microbes-fixent-le-carbone-dans-locean/

 

La forêt amazonienne est encore là mais pourrait approcher d’un seuil critique

Le changement climatique apporte à l’Amérique du Sud des sécheresses, d’intensité et de durée croissante.  Les températures augmentent.

Une nouvelle étude a exploité les données satellite pour comprendre les réponses de la jungle amazonienne à ces changements. Ils ont utilisé les données satellitaires de VOD (vegetation optical depth) qui mesurent bien la biomasse de la forêt (Boulton, Lenton and Boers, Nature Climate Change).

Les mesures d’activité photosynthétique, qui renseignent sur la croissance active des plantes, et notamment des feuilles, indiquent par contre une forte activité dans les zones nouvellement défrichées. Les satellites rapportent que des végétaux poussent intensivement là-bas, il s’agit probablement des pâturages ou de cultures. Cette mesure ne renseigne pas bien sur la présence d’arbres.

Les données de la profondeur optique de la végétation VOD sont bien indicatives de la biomasse de la forêt.  Les scientifiques ont étudié les changements de celle-ci au cours du 21ième siècle. La forêt subit des variations annuelles, en raison des pluies et des chaleurs saisonnières.  Si on fait abstraction de ce cycle naturel, des variations inattendues apparaissent. Des perturbations se sont toujours produites, mais elles perdurent malheureusement de plus en plus. La forêt ne se régénère plus aussi bien après des dommages subis. Les scientifiques ont mesuré l’autocorrelation de ces changements.

Ce changement touche les trois quarts de l’Amazonie. Il se produit dans quasiment toutes les régions, proches de l’activité humaine ou pas. Les zones attenantes aux exploitations humaines sont exposées aux feux qui abîment les arbres alentour. La déforestation et la dégradation des forêts diminuent l’évapotranspiration, ainsi que la formation des pluies favorisée par les arbres, et font monter la température localement lors des vagues de chaleur, car la végétation abondante tempérait le climat.

Seules quelques zones reculées dans le Nord semblent épargnées sur une carte qui représente l’évolution au cours de la dernière vingtaine d’années. Un autre graphique, qui représente le changement annuel, semble pourrait indiquer que même les zones les plus éloignées perdent de leur résilience aux cours des quelques dernières années, dès 2013, mais les auteurs attirent l’attention sur le faible nombre de parcelles concernées. Il n’est donc pas certain si les zones éloignées de l’Homme sont encore viables.

La perte de résilience est en tout cas plus forte dans les régions touchées par l’Homme. Evidemment, les arbres coupés et remplacés par des pâturages repoussent difficilement.

La pluviométrie ne semble pas influencer la résilience de la forêt, qui diminue sur la majorité du territoire.

Selon les auteurs de l’article, la perte de résilience peut annoncer une transition critique, la perte de cette forêt. Cette observation est très inquiétante. Il s’agit d’un des plus grands réservoirs de biodiversité du monde, une merveille de la Nature.

L’Amazonie est point de retroaction potentiel dans le système climatique mondial, et un grand puit de carbone terrestre. Sa perte changerait dangereusement le climat local et mondial.

Cette étude a étudié la stabilité du système de la forêt amazonienne, en calculant un indicateur de stabilité. La forêt pourrait vivre un ralentissement critique (CSD). La perte de résilience indique un affaiblissement des feedbacks négatifs qui permettaient à la forêt de récupérer après un dommage.  D’autres systèmes de la biosphère terrestre semblent aussi vivre un ralentissement critique: la hauteur des glaces du Groenland,  ainsi que la circulation océanique dans l’Atlantique (Boulton, Lenton and Boers). Nous pourrions être à la veille de la perte de ces systèmes. Le sommet des glaces du Groenland pourrait se trouver à une température supérieure à zéro degrés ce qui précipitera sa fonte, mais là le phénomène devrait s’étaler sur des centaines ou des milliers d’années.

Une forêt peut par contre mourrir en une année, ou en quelques années. Si elle dépérit, elle augmentera rapidement le réchauffement planétaire.

 

Les arbres meurent-ils debout?

Une étude portant sur la mort des arbres de la forêt amazonienne indique que les grands arbres meurent en premier, de défaillances hydrauliques lors des sécheresses ou frappés par la foudre. Le manque de lumière ou la sécheresse sont un des problèmes principaux.  Environ une moitié d’arbres tombe, déracinée ou brisée, et l’autre moitié meurt et sèche debout. Les espèces à croissance rapide subissent le plus de pertes (Nature). Cependant, il est à noter que la croissance ralentit avant la mort de l’arbre. Elle intervient donc après une maladie ou un affaiblissement, l’arbre tombe après une maladie, qui pourrait par exemple saper ses racines. Même les arbres qui s’effondrent encore verts ont en fait subi des dommages avant. Aujourd’hui, une partie de la forêt Amazonienne a cessé de croître. Les immenses arbres sont encore debout.

La sécheresse est responsable seulement dans le Sud de l’Amazonie, dans le Nord elle ne semblait pas jouer de rôle (Nature). Une étude portant sur les espèces de la forêt amazonienne indiquait en 2019 une mortalité accrue des espèces habituées à l’humidité, et un remplacement progressif par des essences tolérantes à la sécheresse. La forêt s’adaptait alors au changement qu’elle vivait (article). Une autre étude montrait aussi que la mortalité dépend du climat et de l’espèce végétale (Nature). Cela suggère qu’une meilleure irrigation aiderait la forêt.

Le rapport du GIEC prévoit une augmentation de températures en Amérique du Sud, ainsi qu’une diminution de pluies dans le Nord-Est du Brésil.  Les deux changements menacent la forêt.  Les vagues de chaleur seront plus longues, plus fortes, plus fréquentes, dureront plus de deux mois. Le risque de feux de forêt augmente aussi énormément. La jungle amazonienne est en danger. Des grandes parties seront remplacées par une végétation plus modeste et adaptée à la sécheresse.  La cascade de conséquences du changement climatique et des activités humaines pourrait entraîner la perte de cet écosystème autour de 2°C de réchauffement. (6ième rapport du GIEC). Mais les événements pourraient se précipiter. Une étude rapporte une perte de carbone par la forêt Amazonienne plus rapide que prévu par les modèles du GIEC (Nature Climate Change). La perte de résilience observée actuellement pourrait signifier que la jungle Amazonienne touche à la fin de son existence.

Sa disparition amènerait des sécheresses et des vagues de chaleur plus intenses, probablement insupportables dans la région.

L’Amazonie sera-t-elle bientôt un effrayant tourbillon de poussière et de décombres centrifugé par la colère d’un ouragan biblique, comme Macondo de  Garcia Marquez’?  Ne le permettons pas.

Comme je l’ai écrit la semaine passée la déforestation et la dégradation des forêts sont encore très actives au Brésil. L’activité humaine peut être arrêtée et inversée demain.

Anciens blogs sur l’Amazonie, autres détails et solutions:

Sauvez la forêt Amazonienne: cessons les importations de produits de la déforestation

COP26: Les émissions de carbone doivent diminuer immédiatement

L’adaptation tiendra dix ans

La COP26 s’achève. Elle semble avoir atteint plusieurs objectifs qu’elle sétait fixée, de nombreux investissements, une déclaration sur les forêts, une sur l’aviation, et aussi sur l’élimination des énergies fossiles. Un magnifique événement de collecte de fonds qui ne remet pas notre économie en question. Je suis surprise de l’importance donnée à l’adaptation dans cette conférence. Nous devons limiter le réchauffement à 1.5°C et pour cela il est nécessaire de réduire les émissions de carbone de 7-8% chaque année, dès maintenant. Le taux de CO2 dans l’atmosphère ne devrait pas monter plus haut, au risque de dégâts irrémédiables à la biosphère. J’espère que les projets d’adaptation intelligente, dans l’agriculture biologique ou l’agroforesterie, stabiliseront aussi le climat. Le risque est que nous nous adaptions pour cinq ou dix ans, mais que le climat empire et devienne incontrôlable. Les investissements ne doivent pas être dirigés dans la recherche sur les avions à piles qui seraient développés pendant que la flotte actuelle pollue allègrement. Plus exactement, je suis d’accord pour la recherche, à condition que l’aviation diminue les émissions dès cette année. C’est aussi possible, en limitant simplement les vols de connection, les vols à courte distance et les avions vides. J’ai été surprise d’entendre un intervenant du WWF s’exprimer en faveur de l’adaptation. L’Amazonie ne s’adaptera pas. La croissance des arbres a diminué à cause des sécheresses de ces dernières années, et elle succomberait probablement aux températures trop élevées. Or, la Planète en a besoin. Il vaut bien mieux arrêter le réchauffement et la déforestation.

Construire moins et plus résistant

Il ne faut pas lancer d’énormes projets d’écoquartiers, et il faut arrêter les chantiers les moins écologiques. Les émissions de la construction, estimées dans la conférence à 37%-40% du total, doivent diminuer cette année. J’ai une excellente idée pour cela. Il faut vite établir et suivre des nouveaux standards de sécurité pour la construction, en sachant que les catastrophes s’aggraveront ces dix prochaines années. Si nous n’agissons pas sagement au cours de cette décennie, elles prendront encore de l’ampleur par la suite. Nous devons prendre en compte les risques apportés par la météo extrême dont nous avons eu un échantillon cet été en Europe avec des tornades et des grêlons géants, des inondations et des glissements de terrain. Ces événements sont bien plus dévastateurs en Chine et dans les régions tropicales. Les constructions mises en danger par le climat doivent être suspendues pour dix ans. Pendant ce temps, des études de risques beaucoup plus poussées permettraient de mieux prévoir la suite. La banque européenne d’investissement semble l’avoir compris, elle lance de nombreux investissements durables, et favorisera des infrastructures capables de résister aux intempéries.

Je remarque avec plaisir que de nombreux dirigeants soutiennent les solutions basées sur la Nature, qui permettront de régénérer les écosystèmes, les sols, éviteront la pollution et permettront l’alimentation saine des populations. Cette idée, essentielle, est maintenant largement comprise et soutenue.

Addendum: Je suis d’accord avec le commentaire qu’il faudrait limiter la surpopulation, le propose d’essayer la solution d’offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde, ce qui respecte les droits de l’Homme. Il faudrait aussi combattre les mariages d’enfants,  les mariages forcés et les viols.

Je ne suis pas d’accord sur l’influence des cycles solaires, le réchauffement est dû à nos émissions de carbone fossile et, je l’admets, aussi à la déforestation. Mais la végétation peut y remédier, et améliorer le cycle hydrique, c’est une excellente solution.

COP26 : Adaptation maintenant, catastrophes demain

La Conférence COP26, à Glasgow prend la mesure du défi qui nous attend. Plusieurs dirigeants ont dit qu’il ont dit qu’il faut agir maintenant pour sauver le monde. L’ancien secrétaire-général de l’ONU Ban Ki Moon a déclaré que nous avions laissé tomber le monde, laissé tomber les communautés les plus vulnérables. « La réponse à la pandémie a montré ce qui était possible, et nous devons faire pareil pour le climat. Nous ne pouvons pas continuer le  business as usual. L‘adaptation est la seule solution et peut générer des retours sur investissements de 20 pour 1″. C’est assez impressionnant d’entendre les dirigeants déclarer que nous devons sauver le monde maintenant, et ils semblent s’y atteler.

La conférence sur l’adaptation a commencé sur les mots « chaque pays sent les conséquences du changement climatique. Les pauvres en paient le prix. Cette injustice doit être reparée et peut l’être ici à Glasgow. « . La secrétaire d’état britannique a déclaré que les communautés les plus pauvres luttent déjà pour supporter les conséquences du climat qui se produisent quotidiennement. J’ai entendu des promesses d’investissements supplémentaires dans l’adaptation, et vu des très jolis exemples d’associations rurales, qui développent l’irrigation, l’agriculture biologique de subsistance, et l’agriculture indigène de subsistance au Chili. Les projets choisis ont tous été financés par des fonds d’aide des organisateurs de la Conférence, Le Royaume-Uni. C’est un peu dommage, car d’autres, bénéficiants de financements différents, sont peut-être encore meilleurs.

Une conférence qui présentait des pistes pour une Terre résiliante face au climat. incluait des interventions sur les arbres, une société plus communautaire, l’intervention des acteurs locaux, les barrages hollandais et britanniques. Une responsable de l’environnement Britannique a mentionné que la côte Est de L’Angleterre a vécu une marée inhabituellement haute, dont Londres a été bien protégé psr le barrage sur la Tamise. Ils ont souligné que l’adaptation par ouvrages de génie est possible et efficace.

Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudiés.

Un ministre de Fiji , je crois, a demandé à en finir avec le tabou des pertes et des dommages. Il a rappelé que certains écosystèmes sont altérés de façon irréversible. Certaines villes ou régions ne pourront peut-être pas être sauvées, il deviendra absurde de reconstruire chaque année, et les îles exposées à la montée du niveau de la mer n’y échapperont peut-être pas. Il demande un financement additionnel pour les conséquences du climat.

Un autre spécialiste a déclaré que le plus important est de connaître les risques, et que ceux-ci doivent être rendu publics, et portés à la connaissane de tous. Cela me paraît très important aussi, et comme je l’ai éccrit précédemment, ces risques doivent encore être mieux étudés.

Un des points clés de conférences sont les pertes dues aux catastrophes climatiques, et leur compensation, et je m’attendais à entendre de détails à ce sujet. J’ai été un peu surprise de voir les jolis projets d’arrosage et de jardinage et non pas des villes inondées.  Le climat causera des dommages énormes, et il faut en parler, il faut s’en préoccuper maintenant. La conférence porte entre autres sur le mécanisme de Santiago pour le financement des pertes et dommages.  Nous devons faire preuve de solidarité et aider les pays frappés par les catastrophes à fonctionner de façon harmonieuse, et à assurer la sécurité et la subsistance des populations.

Les forêts émettent des aérosols qui limitent le réchauffement

L’odeur de la forêt provient de molécules chimiques émises par les arbres. L’augmentation de la température accroît la transpiration des forêts et l’émission de ces composés. Dans l’atmosphère, ils subissent des transformations chimiques et certains d’entre eux provoquent la condensation des nuages. Quand il y en a plus,  les gouttelettes d’eau qui forment les nuages sont plus petites, les nuages plus clairs, et ils réfléchissent plus la lumière du soleil. Cet effet s’appelle l’albédo. C’est un paramètre important de la température terrestre. Les aérosols dérivés des arbres (BSOA: biogenic secondary organic aerosols),  pourraient compenser un peu le réchauffement climatique à mesure que la température augmente.  

Dans les forêts boréales, il y a peu de pollution, et les molécules émises par les arbres sont les principaux aérosols dans l’atmosphère.  

Au cours des années 2012-2018  le Nord a connu des étés plus chauds que par le passé, dont deux épisodes particulièrement doux. L’émission des aérosols monoterpènes et des sesquiterpènes, qui engendrent les nuages, a alors  beaucoup augmenté.

La concentration d’aérosols varie de moins d’1 ug /m3 en dessous de 10°C. Elle  augmente clairement lorsque la température monte, à environ 9ug /m3 autour de 25°C (figure).  La fraction capable de condenser les nuages s’accroît aussi.   

L’opacité de l’atmosphère, mesurée par satellite,  augmente réellement quand il fait plus chaud (figure).

Les aérosols s’accumulent dans les courants venant de toute part, lorsque l’air stationne au-dessus des forêts; par contre les pluies les emportent.  La concentration finale dépend surtout de la température.

Lorsque les étés sont chauds, les arbres transpirent plus, ce qui libère plus de molécules dans l’atmosphère. La  végétation boréale pousse aussi beaucoup plus.

Lea scientifiques ont observé une augmentation de l’albédo, un éclaircissement de l’atmosphère terrestre, d’environ 18%. En extrapolant cette valeur, ils supposent que les forêts pourraient émettre encore plus d’aérosols quand il fera plus chaud, et  l’albédo au-dessus des étendues du Nord, en été, pourrait doubler à +3°C.  Cependant, les bois sont aussi à la merci d’épisodes de sécheresse, de feu, et de maladies qui pourraient perturber leurs capacités à capter le carbone et leur émission de composés aromatiques, alors leur effet pourrait être plus faible que cette estimation.  C’est quand même une très bonne nouvelle, et une raison supplémentaire de protéger les forêts du Nord,  qui rendront encore de grands services à la Biosphère.

Image par jplenio de Pixabay

Arrêt des investissements dans la culture de soja et la déforestation

Les catastrophes climatiques déferlent et devancent les prévisions. L’économie change aussi, les énergies renouvelables  prennent de plus en plus d’importance et de nombreuses villes et institutions arrêtent les investissements dans les énergies fossiles nuisibles pour le climat.

Maintenant, deux pétitions appellent aussi à l’arrêt des investissements dans l’agribusiness, qui provoque la déforestation de l’Amazonie pour la culture du soja pour le bétail et pour l’élevage direct. La déforestation de l’Amazonie s’est accélére ces dernières années. Elle a augmenté de 57% en 2020 et la moitié de la savane du Cerrado a été transformée en plantation de soja. En 2019, d’immenses feux visibles de l’espace dévastaient la forêt tropicale. Selon les experts, ces feux étaient souvent allumés lors du défrichement de parcelles pour l’agriculture et l’élevage. Ils échappaient  à tout contrôle et embrasaient de grandes étendues de forêt (blog 2019). Une lettre ouverte dans le journal scientifique Science alertait sur le déboisement rapide de la forêt Bolivienne, et établissait que  la responsabilité des feux incombe à l’activité humaine. Les forêts indonésiennes disparaissaient face à la prolifération de plantation de palmiers à huile (blog). L’Indonésie tente de s’attaquer au problème, elle interdit la déforestation et limite le risque de feu par des pluies artificielles. Au Brésil par contre le gouvernement actuel pourrait déclencher des catastrophes planétaires par le mépris de l’environnement et par la déforestation à tout va.

Image par Charles Echer de Pixabay

Une pétition de Sum of Us demande aux banques européennes Barclays, ING Group et BNP Paris de cesser de soutenir cette partie de l’économie (Pétition Sum of US) .  Une autre pétition de Rainforest Action Network s’adresse entre autres à JP Morgan Chase et BlackRock (Pétition RAN).

De nombreuses banques investissent dans l’élevage, la culture du soja destinée aux usines d’animaux ailleurs dans le monde, et les plantations de palmiers à huile. Un site internet répertorie leurs domaines d’investissements et les parties du monde ou ils sont présents: https://forestsandfinance.org/data/. Un rapport de Reclaim Finance cite des chiffres sur la culture du soja au Brésil et sur les entreprises responsables et les banques qui les soutiennent (ReclaimFInance ).

Actuellement, déjà, les trois quarts des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage. La production de viande est inefficace, elle nécessite énormément de surface et d’eau pour une calorie. Elle augmente malheureusement très vite (FAO). Les terres agricoles pourraient encore s’étendre dans les prochaines décennies, alors que nous avons un besoin vital de forêts pour modérer le changement climatique. La déforestation nuit au climat local, provoque une augmentation de températures dans les zones déboisées et des sécheresses, une énorme perte de biodiversité, une augmentation du réchauffement global ainsi qu’une dégradation et l’émission du carbone des sols. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aggraver le réchauffement climatique, il faut très vite réorganiser l’économie mondiale pour le contrôler.

Ces pétitions sont donc une excellente idée, nous devons vite juguler le développement de l’élevage et la déforestation pour l’alimentation du bétail. Ils sont beaucoup trop dangereux pour la vie sur la Planète.  Le changement climatique et ses conséquences s’aggravent d’année en année et il faut réagit vite.  Nous devons reboiser la Terre, réduire les pesticides et assurer l’alimentation humaine.

Le consommateur peut signer ces pétitions, choisir des viandes produites de façon écologique ou locale, ou des aliments végétaux.

En Suisse nous voyons encore des vaches paître sur des verts pâturages de montagnes, des superbes prairies alpines très riches en espèces végétales (vaches suisses). La production de lait et de viande de boeuf y est assez écologique, mais c’est assez exceptionnel.  Nous pourrions éventuellement demander une exception pour ce type d’agriculture, si l’alimentation du bétail restait locale et n’utilisait pas de soja d’Amazonie. Ailleurs, il vaut mieux choisir de la volaille. En général, la production animale dans le monde provient de plus en plus de fermes-usines où les animaux sont alimentés au soja, et, si nous ne voyons jamais ces animaux avant le supermarchés, les champs qui leurs sont destinés s’étendent très vite.

L’alimentation végétale est en général beaucoup plus écologique et amène de nombreux bienfaits pour la santé. Si nous devenions tous végans, nous pourrions remplacer à peu près une moitié des terres agricoles actuelles par des forêts et  nourrir l’Humanité sur l’autre moitié. Il faut en tout cas aller dans cette direction. Différentes organisations conseillent de consommer plutôt des légumineuses (lentilles et haricots), des  algues, des noix, du moringa, du fonio, et des champignons.  Actuellement, les aliments végan sont souvent  plus chers que les produits animaux, alors que leur coût de production et écologique est beaucoup plus bas. Il faut transformer les circuits alimentaires pour que les aliments végétaux soient moins chers et reflètent mieux leurs coûts réels. Des investissements bien orientés et des lois bien conçues pourraient vite améliorer le système.  S’ils se dirigent vers la production à grande échelle d’aliments végétaux, l’impact carbone de l’alimentation baissera facilement.

Le Cambridge Institute of Sustainability Leadership (CISL) propose une série de mesures pour mieux planifier l’agriculture: une collaboration accrue entre les banques locales et mondiales, une attention à toute la chaîne de production, et l’adoption de nouveaux standards suffisants pour protéger les forêts tropicales (Independent).  Mettons-les vite en place!

Image de couverture par Rosina Kaiser de Pixabay 

Blog Sauver la biodiversité: Aliments Vegan et restaurants durables

Blog envertetcontretout sur le marchand de grain Cargill. Ils estiment les conséquences des choix de cette entreprise en citant les chaînes qu’elle fournit, telles que McDonalds. Mais cette dernière introduit aussi des produits végétariens, leur demande évolue heureusement aussi.

Addendum le 16 septembre: L’expert anglais David King suggère d’augmenter la productivité des mers britanniques en poisson. Selon lui, une croissance d’algues  accrue et un ajout de fer sous une forme naturelle, de sable ou de cendre volcanique,  augmenterait de dix fois le nombre de poissons, et leur activité (transformer les algues en restes divers) aurait un effet bénéfique sur le cycle du CO2 (lien).

Biosphère et interventions humaines à l’étude (rapport 6 du GIEC chap 5)

Je résume ici essentiellement la fin du chapitre 5 du 6ième rapport du GIEC, qui traite des interventions humaines possibles et de leurs effets sur la Biosphère.  Actuellement, les plantes terrestres captent à peu près un tiers de carbone émis, et les océans un tiers.  Le GIEC prévoit une diminution de l’absorption par les océans.

L’afforestation ou la reforestation pourraient capter du CO2 dans la biosphère.  Les effets seraient bénéfiques à des nombreux niveaux. La biodiversité, le cycle hydrologique, la stabilité et la composition des sols seraient améliorés.  Les forêts émettent aussi des composés qui favorisent la condensation des nuages et changent l’albédo de la Planète. Je passe un peu ici sur les bienfaits évidents de ces solutions simples, naturelles et porteuses de vie pour me présenter les autres techniques.

L’utilisation des terres pour l’agriculture humaine a provoqué la perte de 116 PgC dans les derniers 12’000 ans. Le sol s’est appauvri, le carbone qu’il contenait sous forme d’humus ou de bactéries, champignons et insectes est maintenant dans l’atmosphère.  Il est possible d’inverser cette perte et d’augmenter le carbone du sol en choisissant des variétés à grandes racines, en introduisant la rotation des cultures, en laissant des résidus végétaux sur place, et en utilisant des couverts. La fertilité du sol en serait améliorée.

Le sol peut aussi être enrichi en carbone par BECCS (bioénergie avec capture et stockage de carbone). Le Biochar est le produit de la combustion des matières végétales. Son ajout aux sols augmente les stocks de carbone et la fertilité. Le biochar améliore le rendement particulièrement des sols déjà dégradés.  Les risques de l’introduction de ces composés dans le sol ne sont pas bien compris (Lorenz et Lal, 2014). Je crains personnellement qu’il ne soient cancérigènes ou toxiques pour certains organismes du sol,  alors que d’autres auteurs  pensent que cela pourrait accroître la biodiversité du sol.

La restauration des tourbières et zones humides par l’arrosage compenserait et augmenterait la quantité de carbone perdue actuellement.

La capture de carbone dans les océans passerait par l’accroissement de la productivité des écosystèmes marins. L’idée est d’ajouter de l’azote dans les océans pour stimuler la productivité des algues, à la base de la chaîne alimentaire marine. Les algues utiliseraient plus de CO2 si elles disposaient de plus d’azote pour leurs molécules essentielles.  Le GIEC note que les conséquences d’un ajout d’azote dans l’océan sur cet écosystème sont incertaines. 

La restauration des écosystèmes côtiers, marais, mangroves, algues, pourrait capter le carbone.  La montée du niveau de la mer pourrait augmenter cet effet, mais les vagues de chaleur marines sont un risque.  Le potentiel global est de moins de 0.02 Pg C/y.

Magrovier et océan – Image par Pat Josse de Pixabay

Enhanced Weathering (EW): Les scientifiques étudient aussi la possibilité de décupler les réactions chimiques se produisant naturellement sur Terre. il s’agirait de répandre des roches moulues, par exemple de l’olivine, sur les plages ou les champs, les sols ou les océans. Elles fixeraient le CO2 par réaction chimique spontanée. Des essais sont en cours (lien).  Ces roches augmenteraient le pH des oceans, l’effet serait donc inverse de l’acidification causée par le CO2.  Cela pourrait améliorer la productivité des champs, mais aussi libérer des métaux toxiques, ce qui évidemment serait très nocif.  Ce risque devrait évidemment être contrôlé ou exclu.

DACCS: Capture de carbone de l’air avec stockage de carbone. Des usines de capture de carbone de l’air sont actuellement développées, notamment en Suisse (Installation suisse, Climeworks). Différents moyens chimiques sont utilisés pour capter le CO2.   Il serait ensuite stocké dans des réservoirs géologiques sous forme de gaz sous pression ou de carbonate.  Le GIEC relève que le gaz sous pression pourrait présenter des risques, et l’air qui sort de l’installation pourrait être trop pauvre en CO2 pour la végétation à proximité.

Des projets de capture de méthane apparaissent aussi.  Le processus pourrait être réalisé dans l’air,  par ” zeolite trapping ” et modification chimique. Le méthane du sol peut être dégradé naturellement par les bactéries du sol, et la présence de forêts facilite ce processus. Une étable pourrait diriger son aération à travers le sol où le méthane serait consommé par les bactéries naturellement présentes.  Il pourrait aussi être dégradé par des biopolymères qui incluraient des enzymes décomposant le méthane.  Ces technologies sont cependant encore dans l’enfance. 

Nuage Cirrus

SRM  La modification du rayonnement solaire par des molécules dans l’atmosphère diminuerait la proportion de lumière solaire qui atteint la Terre mais augmenterait la diffusion de la lumière.  L’effet de changement de lumière sur la croissance des plantes varie dans différents modèles.   La températures ne monteraient pas autant, ce qui pourrait limiter la croissance des plantes dans les régions boréales mais réduirait les risques des vagues de chaleur et de sécheresses. Cette intervention pourrait cependant modifier le cycle et la disponibilité de l’eau.  Les différents types de modification d’atmosphère auraient des effets un peu différents sur la productivité végétale et sur le cycle hydrologique.

L’injection d’aérosols dans la stratosphère (SAI) comporte le risque de d’une diminution d’ozone qui pourrait comporter des risques pour la végétation (voir blog  sur les risques, très exhaustif sur ces risques).

L’éclaircissement des nuages (MCB, marine cloud brightening) consiste à éclaircir les nuages en formant des gouttelettes plus petites, par la dispersion de sel marin par exemple.  A priori, cette technologie semble propre, peu polluante, mais pourrait augmenter  la durée de vie du méthane dans l’atmosphère et provoquer une pollution par l’ozone. 

Malheureusement, si stabilise le méthane, elle serait inutilisable en cas d’émissions de méthane du permafrost, et ce ce jour-là que nous pourrions avoir vraiment besoin de géo-ingénierie, car les températures monteraient haut et vite. Je suis très heureuse de voir apparaître des recherches sur la capture du méthane.  L’émission du méthane du permafrost est un des plus graves risques pour la vie sur Terre.  Le GIEC, qui se base sur les mesures datant de quelques années, la considère comme peu probable, mais des scientifiques alertent sur ce risque futur, et il est tout à fait souhaitable de nous en prémunir.

Enfin, le CCT (cirrus cloud thinning) vise à affiner les nuages affiner les nuages cirrus en créant des cristaux de glace plus gros. La nucléation des cristaux serait provoquée par du triiodide de bismuth ou de l’acide sulfurique ou nitrique.  Je dois me documenter plus cette technique. 

Les modèles montrent de façon convaincante que dans un monde à haute concentration de CO2, la géo-ingénierie augmenterait la masse des plantes vertes sur la Terre.  Cet effet serait positif.  Si nous les laissons pousser, des magnifiques forêts capteraient le carbone et assureraient un bon fonctionnement de la biosphère.

Par contre l’acidification des océans et ses dommages pour la vie marine se poursuivraient.  Il faut aussi noter que ces technologies de modification de lumière solaire devraient être appliquées sans interruption. Un arrêt soudain de cette géo-ingénierie, comme une fermeture de parasol, ferait monter brusquement les températures.

J’ajoute que nombreux pays appliquent actuellement une technologie qui n’est pas mentionnée dans le rapport, les pluies artificielles, provoquées par exemple par dispersion de l’iodure d’argent.  L’Indonésie s’en est servie pour éviter les feux de forêt, les pays du proche-Orient pour limiter les vagues de chaleur extrêmes, la Chine augmente maintenant la portée de leur dispositif jusqu’à toucher la moitié du pays.  Les effets sur la croissance des plantes et sur leur capture du carbone pourraient aussi être positifs, et devraient être étudiés.