Nous ne nous adapterons pas au réchauffement. Arrêtons – le!

Graves menaces pour les Etats insulaires

J’ai assisté à une conférence de l’ONU sur le climat,  le ‘UN Trade forum’ axé sur les objectifs de développement durable et au changement climatique.

Les représentants de nombreux états insulaires ont affirmé les dangers du climat.

Le weekend précédent, l’ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, et deux typhons ont touché le Japon et la Chine.
Le représentant de Wuanatu a déclaré que la Planète est en danger et a demandé un secrétaire spécial et un rapporteur spécial sur le changement climatique, ce qui semble une très bonne idée de nos jours.
Les représentants de Sainte-Lucie, des Maldives, des Bahamas ont évoqué les catastrophes actuelles et les dangers qui les menacent. Ils sont exposés à des ouragans, à la sécheresse et à la montée du niveau de la mer, les transports pourraient être interrompus et selon les diplomates concernées, les scénarios prédictifs sont terribles.

Image parWikiImages de Pixabay

Les représentants des Bahamas ont évoqué la possibilité que les ouragans actuels constituent leur nouvelle réalité. De nombreux Etats insulaires demandent des moyens financiers pour s’adapter au changement climatique.

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse de la situation climatique. Je crois que n’est pas la nouvelle norme, ce n’est qu’un début.

Tout le monde sous-estime le climat. Selon un nouveau rapport de la Commission Globale pour l’Adaptation (Ban Ki-Moon, Bill Gates, Banque Mondiale, divisions climat et environnement de l’ONU), la préparation aux catastrophes climatiques est gravement insuffisante.  Les actions les plus urgentes recommandées par cette commission incluent des systèmes d’avertissement rapides, et le développement de cultures alimentaires qui peuvent supporter les sécheresses (d’après Carrington, The Guardian).

Ouragans cent fois plus destructeurs

Les catastrophes augmentent quasiment chaque année, et elles pourraient s’aggraver au même rythme.

Le rapport du GIEC sur les océans qui sera publié le 25 septembre estime que les dégâts causés les ouragans augmenteront au centuple.

L’OMM a qualifié d’avertissement les ouragans terribles qui ont frappé le Mozambique. Les tempêtes destructrices sont de plus en plus nombreuses et des plus terribles pourraient survenir. Nous n’avons, de loin, pas tout prévu.

Actuellement, les tempêtes sont plus fortes, il semble y avoir plus de pluies intenses, d’inondations, de grêle, de tornades, de foudre, même en Europe. Ces phénomènes doivent déjà être surveillés, car si l’augmentation continue, la météo deviendra dangereuse partout.

Menaces pour la Terre entière

Les fortes tempêtes pourraient bien être la réalité avec laquelle nous devrons vivre en Europe et à laquelle nous devrons nous adapter. Je doute que nous puissions sauver les états insulaires de catastrophes répétées et croissantes. Les ouragans enflent, la fonte du Groenland atteint déjà des seuils attendus pour 2100, les vagues deviennent de plus en plus grandes.
Ils pourraient être frappés par des tempêtes plus fortes, puis par la montée du niveau de la mer.
Ces états ont maintenant besoin d’abris anti-catastrophe, de bateaux d’évacuation, et de lieux d’accueil.

C’est ici, en Europe, que nous devons nous concentrer sur l’adaptation aux graves catastrophes. Nous devons préparer des canaux pour évacuer les inondations,  rendre nos maisons résistantes aux tempêtes, vents, grêles et vagues de chaleur, isoler les bâtiments et passer aux énergies renouvelables. Nous pouvons encore nous calfeutrer pendant que d’autres pays seront rayés de la carte.

Mais nous ne devons pas faire cela! Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement, et éviter ce Futur de destruction de la Terre, et de vie dans des abris pour les plus chanceux.
Nous devons arrêter le réchauffement climatique au plus vite, avant qu’il n’inflige de dégâts irrémédiables.
Nous entrevoyons maintenant quels risques nous prenons en chauffant la Planète, ils pourraient bien nous heurter de plein fouet, sous forme de tornades, de grêles, de foudres ou de vents destructeurs.

Nous devons déclarer un Etat d’urgence planétaire, où seule la production et le transport de biens indispensables seront permis. Nous devons arrêter les usines sur la Planète Terre et employer une grande partie de la population à capter du carbone dans des forêts et les sols. Nous devons le faire vite,  pendant qu’il est encore temps de sauver nos villes et notre civilisation.

Le nombre de jours chauds en Europe a triplé et augmente plus vite que prévu

L’Europe vit un réchauffement rapide. Cet été, les températures ont dépassé les 46°C.  Ce changement est certain et prompt. Une nouvelle étude a analysé les jours très chauds et très froids de chaque année. Elle établit qu’en Europe, le nombre de jours très chauds et de jours de stress de chaleur a triplé depuis 1950. Le réchauffement est observable dans la quasi-totalité de l’Europe.  Il rend les étés torrides, et les hivers doux.

Le nombre de jours d’été de chaleur extrême a augmenté depuis 1950, et les étés ont globalement été plus chauds.

L’étude a également montré que la région se réchauffait plus rapidement que les modèles climatiques ne l’ont prévu. Il semble que la température de l’Europe et des Etats-Unis augmente particulièrement vite. Les graphiques montrent que le réchauffement de l’Europe pourrait s’accélérer. 

Certaines régions ont connu des extrêmes plus élevés. Les températures des Pays-Bas, de la Belgique et de la France augmentent le plus vite, et des nouveaux records sont atteints au moins deux fois plus soudainement que prévu. 

Le changement climatique augmente le nombre de jours de chaleur extrême et diminue le nombre de jours de froid extrême en Europe, posant ainsi un risque pour les résidents au cours des prochaines décennies.

C’est vraiment un signe du changement climatique », a déclaré Ruth Lorenz, climatologue à l’École Polytechnique Fédérale de Technologie de Zurich, en Suisse, et auteur principal de la nouvelle étude.

Selon les auteurs de l’étude, les étés et les hivers européens se réchaufferont au cours des prochaines années, à mesure que le changement climatique s’accélérera, ce qui affectera les villes et les habitants non préparés à la hausse des températures. “Beaucoup de gens n’ont pas la climatisation, par exemple, et c’est donc très important”.

Je peux aussi imaginer que les mesures de températures en Europe et aux Etats-Unis soient meilleures que dans le reste du monde, surtout meilleures que dans des régions inaccessibles.  Si c’était le cas, si les conclusions de cette étude étaient étendues à toute la Terre, cela signifierait que le réchauffement global est plus rapide que prévu. Les auteurs de l’étude concluent à un réchauffement accéléré de l’Europe et des Etats-Unis.

 

La foudre frappera mille millions de fois

La foudre est un événement assez imprévisible. Elle se produit lors d’orages, certains lieux, tels la Suisse, et le lac de Côme, y sont particulièrement propices.  Nous sommes assez bien protégés des foudres du vingtième siècle.  Pourtant, ces dernières années, des grands orages ont fait leur apparition. Ils s’étendent au-dessus de plusieurs pays.  Parfois, ils provoquent un nombre record d’éclairs. Des records de ‘coups de foudre’ ont ainsi été battus récemment dans plusieurs régions, en Europe, en Afrique et en Asie entre autres.  Ce phénomène pourrait aussi changer et véhiculer plus, ou beaucoup plus d’énergie. Il faudrait étudier si des  ‘super-foudres’ ou ‘méga-foudres’ font leur apparition.

Les scientifiques savent que l’eau s’évapore plus du sol et des océans quand il fait chaud. Cela se produit plus souvent à cause du réchauffement climatique. Il génère plus de nuages, de pluies et la possibilité d’orages accompagnés d’éclairs. L’humidité peut être précisément prévue en fonction de la température.

Une étude récente, publiée en décembre 2018, estime que le réchauffement climatique provoquera plus d’orages accompagnés d’éclairs, qu’ils augmenteront d’environ 20% par degré.

Certains spécialistes pensent que le réchauffement apportera des événements de foudre plus explosifs, plutôt qu’une augmentation continue (Reuters).

La semaine passée, en Pologne et en Slovaquie voisine, la foudre a frappé une croix en métal au sommet d’une montagne, et les chaînes permettant de gravir la montagne se sont chargées d’électricité, ce qui a empêché l’arrivée des secours. Il a eu des morts et des nombreux blessés ce jour-là. Les événements météo semblent devenir plus graves.

En cas d’orage accompagné de foudre, il faut s’éloigner des plans d’eau, des terrains de football, des arbres, des hautes montagnes, et rejoindre un bâtiment équipé d’un paratonnerre. Il ne faut pas toucher l’eau, et, dehors, s’éloigner de tout objet métallique, même ses clés, à trois mètres (tcs).

Cette année les orages ont aussi apporté d’immenses grêles dans plusieurs pays voisins, desquels il faut s’abriter sous un toit solide.  Et il serait bon d’étudier l’éventualité de méga-grêles, de méga-foudres et de méga-paratonnerres adaptés.

Trois jours après cet article, un éclair étonnamment fort frappait la Suisse, à proximité de Cossonay (Association suisse des risques naturels).

 

 

 

Orage sur le Léman le 15 juin – un avant-goût des prochaines décennies

Un grand orage sur la région Lémanique

Un fort orage a touché samedi la région Lémanique, la Suisse Romande et les Alpes françaises. Sur la photo, le rideau de pluie tombe justement sur Genève (photo Rolf Dubs). Lausanne a essuyé 32.1 mm de pluie, et près de Saint-Gall les précipitations se sont élevées à 56.2 mm (Association suisse des risques naturels).  L’écoulement des flots a provoqué des inondations à plusieurs endroits, entre autres à Genève, à Lausanne et à Nyon. La gare de Lausanne a de nouveau été balayée par un torrent.

Lausanne, le 15 juin 2019. Photo Antoine Wegmüller

 

 

D’immenses orages

Cette semaine, des grandes et violentes tempêtes se sont produites sur l’Europe centrale. Elles ont touché la Suisse, l’Allemagne, la Slovénie, la Pologne, le Nord de l’Italie. Elles ont amené des pluies abondantes, des inondations et des grêlons énormes de près de dix centimètres de diamètre.

Tout le printemps, les Etats-Unis sont martelés de forts orages qui causent des nombreuses inondations et nuisent à l’agriculture. La production mondiale de maïs en sera réduite cette année (Bloomberg).  Le lac de Côme et d’Ontario débordent à la suite de précipitations abondantes. L’Iran a aussi subi des graves inondations, la quasi-totalité du pays a été recouverte par les flots.

L’année passée, au début du mois de juin, des violents orages ont provoqué des pluies tropicales en France et une inondation à Lausanne.

Ces dernières années,  des grands systèmes orageux, s’étendant à plusieurs pays, ont fait leur apparition, des millions d’éclairs explosent dans le ciel, et des pluies diluviennes inondent nos villes, l’une après l’autre.

Lien sur l’inondation à Nyon: vidéo Living in Nyon.com (Facebook):

https://www.facebook.com/livinginnyon/videos/412929716221322/

 

Des pluies plus intenses sont prévues

Le GIEC (groupement international d’experts du climat), qui compile les informations scientifiques sur le climat, a prévu un accroissement de pluies intenses dû au réchauffement climatique.  Elles augmentaient déjà en 2012, et se multiplient depuis (Organisation Météorologique Mondiale, Papalexiou et Montanari, Water Ressources Research, 19 mai 2019).

Dans son dernier rapport, le GIEC prévoit que les inondations vont fortement augmenter à chaque demi-degré de réchauffement, et qu’à +2°C plus de 90% d’européens, donc presque tous, seraient exposés aux inondations.  Elles deviendraient aussi de plus en plus sévères, le niveau d’eau plus élevé et le flux rapide et important les rendraient dangereuses. Et le réchauffement pourrait  se révéler plus rapide que le GIEC ne le prévoyait.

Les données géologiques indiquent que quand il faisait 30-40°C en moyenne sur la Terre, la planète était parcourue d’immenses rivières, et les pluies cataclysmiques avaient érodé, décapé le sol jusqu’à la roche.

Aujourd’hui aussi, le réchauffement apporte des pluies intenses.

De plus, les intempéries s’accompagnent déjà de grosse grêle, tornade, et de vents déracinant les arbres. Elles deviendront certainement plus dangereuses.

Selon toute vraisemblance, les précipitations et les tempêtes augmenteront encore, et changeront nos vies et nos économies. Elles sont très coûteuses,  nuisent à la production agricole, détruisent des stocks alimentaires, interrompent les transports et causeront des graves problèmes économiques.

Il faudrait creuser de nouveaux lits de rivières pour les immenses pluies à venir, mais surtout essayer de limiter les émissions de CO2 et planter un trillion d’arbres (Tom Crowther, ETHZ) pour limiter l’aggravation.

 

Si vous voulez en savoir plus:

Association suisse des risques naturels:

https://scilogs.spektrum.de/klimalounge/warum-die-globale-erwaermung-mehr-extremregen-bringt

https://saskatoon.ctvnews.ca/mobile/global-warming-causing-more-torrential-rains-threatening-agriculture-u-of-s-study-finds-1.4449551