Le régionalisme prend de l’importance dans le commerce mondial (CNUCED)

Je publie ici des notes de la réunion CNUCED de la Barbade. Mes notes ne sont pas très précises ni complètes, vous pouvez certainement contacter l’organisation directement pour des éclaircissements,  mais je relève quelques éléments  sur l’économie actuelle et future.

Le monde assiste à une reprise inégale, les pays développés récupèrent beaucoup mieux, huit dollars investis dans la reprise sur dix le sont dans les pays développés.

Récemment, la pandémie a poussé 120 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, la Barbade a perdu 70% du tourisme.

Le commerce régional vit un rapide développement.

Le nombre d’accords commerciaux régionaux a doublé, déjà avant la pandémie.

Une part croissante des échanges s’effectue entre partenaires régionaux.

Les infrastructures construites pour le commerce mondial sont moins rentables.

Les accords régionaux comprennent des clauses innovantes sur le genre, la durabilité, les petites entreprises.

L’intégration régionale peut réduire le protectionnisme aux frontières et les tarifs.

Le coût moyen des mesures non tarifaires est désormais deux à trois fois plus élevé que les mesures tarifaires.

L’UNCTAD suggère de réduire les politiques commerciales restrictives en Afrique, par exemple de créer un mécanisme en ligne pour signaler les obstacles au commerce.

Le régionalisme est nécessaire pour un flux de commerce et de production, rendre la nourriture plus disponible. Le nationalisme y fait obstacle (Prof Eleanor Fox,  professeure en régulation commerciale).

La région a besoin de ferries régionaux, de meilleurs transports, des bateaux qui transportent des personnes et des voitures (Marsha Caddle, Barbade).

L’Asie a-t-elle besoin de plus d’intégration régionale ?
On a vu des pénuries, des problèmes de transports, des disparitions d’entreprises. Une seule source peut nuire gravement à l’économie..
Un soutien international renouvelé est nécessaire pour les pays en développement, les vaccins…(Minister of trade, Kishore, India ).

La numérisation sera  importante :il faut des approches régionales pour développer les capacités numériques (Patricia Scott (Secrétariat du Commonwealth)).

Dans les marchés communs plus proches, il y a beaucoup de collaboration, mais Le régionalisme n’est pas facile.

Au Portugal,  l’engagement pour le régionalisme a permis d’améliorer des indicateurs économiques (regionalism discussions).

En tant que citoyens du monde, nous sommes tous vulnérables à la pandémie et le climat est une crise des biens communs mondiaux.  Elle interpelle tout le monde pour une vision partagée d’un monde interconnecté, d’un avenir meilleur.

Nous devons être conscients de nos approches en matière de financement…dans cette crise,  les problèmes de PIB des pays en voie de développement ne sont pas de leur faute.

Le représentant d’Iran estime que leur droit au développement est menacé, et qu’il ont besoin d’accéder à nos actifs étrangers pour obtenir des médicaments, etc.

Cuba déclare qu’ils continuent d’être victime d’un blocus vieux de 60 ans, violation flagrante des droits du peuple cubain, obstacle au commerce et au développement, qui affecte tous les aspects de la vie et qui s’est aggravé lorsque Donald Trump était au pouvoir.

Une dizaine d’intervenants de différents pays ont déploré l’inégalité dans l’accès aux vaccins et les problèmes qu’elle leur crée.

Les membres de la CNUCED ont souligné la nécessité de définir un récit de développement sur les problèmes affectant le commerce mondial.

La CNUCED s’occupera de la logistique, de la crise des transports.

Elle veut aussi combattre le protectionnisme, maintenir le commerce ouvert… pour assurer le flux de matériel.

D’autre part, Mme Grynspan déclare que si les indicateurs sont erronés, nous ne mesurons pas bien, nous prenons les mauvaises décisions. Nous devons surmonter les mauvais indicateurs, et considérer aussi la santé, les catastrophes.  D’autres personnes ont souligné la nécessité de remplacer l’indicateur de PIB, et plusieurs intervenants sont revenus sur le problème de la dette.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a suggéré une analyse indépendante de la durabilité de la dette pour chaque pays, et de la ramener à un niveau durable (sustainable). Il propose de reformer l’architecture globale de la dette (plus sur le problème et la discussion de la dette ici).

Pour promouvoir le commerce, La CNUCED propose de:

1. Transformer l’économie par la diversification
3. Améliorer le mode de financement du développement
4. Promouvoir le multilatéralisme en revitalisant la CNUCED

“Une reprise différente doit être inventée. Nous reconstruirons différemment et ensemble. “

L’assemblée a adopté l’engagement de Bridgetown.

Je crois que le régionalisme peut vraiment contribuer à un développement économique durable, et limiter les distances de transport. Je remarque que le discours dominant fait toujours allusion à la croissance, alors que j’aimerais voir des théorie d’économie sans croissance matérielle. Par contre, l’indicateur du PIB et les dettes sont remises en question par des nombreux orateurs.

Image par ArtTower Pixabay

 

Les prochaines années doivent être un nouveau départ pour le monde (conférence UNCTAD)

Je participe à une conférence UNCTAD/CNUCED par internet.  Je cite rapidement quelques déclarations que j’ai relevé, un peu approximativement, excusez-moi.

Le secrétaire-général de l’ONU a dit qu’il y a quelques jours il a sonné l’alarme face à la situation actuelle: pauvreté, catastrophes, méfiance et division, épidémie de coronavirus. Cette année, 120 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté à cause de l’épidémie de coronavirus.

Il a ensuite déclaré que nous devons réduire le blanchiment d’argent, trouver des règles globales (a global framework) pour taxer les entreprises,  et établir des règles ouvertes et honnêtes de commerce mondial.

Mme Mottley, la première ministre de la Barbade, a mentionné que le GDP n’est plus une bonne mesure. Elle a aussi relevé que la dette et les catastrophes climatiques ne laissent pas de marge de manœuvre aux pays les plus exposés, et que la crise de la dette pourrait devenir une crise financière.

Elle a aussi dit que la résistance aux antibiotiques a déjà fait des nombreux morts et que c’est une épidémie grave qui émerge lentement. Moi, il me semble qu’elle pourrait quasiment rendre la chirurgie impossible,  et indépendamment de la chirurgie, je serais certainement déjà morte de deux ou trois maladies que les antibiotiques ont soigné en quelques jours. Je crains que cela ne concerne la majorité de la population mondiale. C’est un problème à éviter absolument.

Elle relève aussi, avec d’autres, que l’économie digitale est un espoir, et qu’il y a énormément à faire pour instaurer des modes de vie sains.

Mme Grynspan, secrétaire-générale de l’UNCTAD a mentionné que l’économie a évolué de façon très différente.  Certains pays développés vivent un développement très rapide et varié.

Elle dit aussi que nous sommes face à une crise de transport, en particulier maritime, et que la prochaine décennie est cruciale pour mettre en place une économie durable. Elle a précisé qu’une décarbonisation rapide est nécessaire pour nous éviter les pires impacts du climat.

Le président du Costa-Rica Alvarado Quesada a déclaré que nous devrions rendre les leaders responsables des conséquences de leurs actions au niveau mondial.

Mme Okonzjo -Iveala directrice de l’OMC: a entre autres dit que le commerce est parfois vu comme un problème alors qu’il peut être la solution. Elle considère que nous devons maintenant , ces prochains cinq ans, investir et nous préparer à affronter les prochaines pandémies.

Elle pense demander un fond intermédiaire pour permettre aux pays d’ investir ces prochaines cinq années pour se préparer aux prochaines pandémies et au changement climatique. D’après elle, il faut investir maintenant pour être prêts à affronter les problèmes plus tard. 

Plusieurs intervenants ont relevé que la prochaine décennie serait décisive et qu’un accord mondial est nécessaire.

Personnellement j’aimerais que nos sociétés ne soient pas si dépendantes du commerce, et que la production des pires produits, nocifs pour l’environnement, soit éliminée.  La part d’emplois dévolus à un fonctionnement harmonieux de la société devrait être plus élevée, et la part consacrée à la vente et au commerce devrait diminuer.

 

 

Le plastique est dangereux pour le climat et menace directement la Biosphère

La pollution plastique est partout, des côtes des océans aux fosses les plus profondes, et dans les régions les plus lointaines et les les plus sensibles. 

Comme elle est de plus irréversible, elle pourrait constitue une limite planétaire chimique, qui menace  les  processus biologiques  de la Terre. 

Le raffinage du plastique est aussi l’une des industries les plus coûteuses en GES du secteur manufacturier et a produit environ 200 millions de Mt CO2e dans le monde en 2015.

Les émissions de carbone sont dues au processus énergivore de craquage, un processus pétrochimique dans lequel les hydrocarbures saturés sont décomposés en hydrocarbures plus petits, souvent insaturés, appelés oléfines, qui sont ensuite transformés en résines plastiques.

Le plastique est léger, son  transport  dégage donc moins de CO2 que celui des objets plus lourds.  Cependant, sa production nécessite beaucoup d’énergie. L’extraction du pétrole et du gaz nécessaires à la production de plastique émet énormément de CO2. De plus, il est constitué d’hydrocarbures qui sont dégagés lors de la dégradation de l’objet.

Le recyclage demande de l’énergie, l’incinération a le plus grand impact sur le climat.  Un tiers de déchets résultants n’est pas géré correctement et entre dans les systèmes aquatiques.  Il est dégradé jusqu’à des nanoplastiques < 1000 nm.  

Ces résidus se retrouvent dans la chair de poisson de mer. On en trouve aussi dans le corps humain, et des études pour établir leur effet sur l’Humain ont été lancées. L’effet des additifs du plastique, tels que le bisphénol, est établi. Ils perturbent le système hormonal du corps humain et ont des nombreux effets nocifs( obésité, problèmes cardiaques, baisse de la fertilité, malformations sexuelles).

Je me pose aussi des questions sur l’utilisation de plastique dans l’agriculture,  certaines techniques de culture utilisent une bâche posée sur le sol, pour protéger le fruit ou le légume du contact du sol. J’imagine que des molécules de plastique pourraient être lessivées par la pluie ou libérées par la digestion des micro-organismes du sol, pénétrer dans les plantes et être ingérées par l’Humain. Je n’ai pas trouvé d’études sur les effets de cette technique agricole, elles devraient en tout cas être effectuées.

Des matières biologiques, produites dans les plantes, évitent l’utilisation de ressources fossiles.  Elles sont pour la plupart biodégradables  et moins toxiques.  Leur utilisation pourrait réduire nos émissions de CO2, à condition de ne pas déboiser de nouvelles terres pour leur production.

Le plastique est nocif pour la vie marine et le réchauffement climatique, qui fragilise ces écosystèmes, pourrait aussi aggraver son l’effet.

Les tempêtes plus fortes amenées par le réchauffement climatique pourraient le disperser.  Les inondations pourraient augmenter le lessivage des débris vers la mer. 

Les microplastiques pollue déjà fortement la mer Arctique. Alors que d’autres zones sont très dégradées par l’activité humaine et la pollution directe, ou par les températures ascendantes, la mer Arctique demeure une des rares zones où la vie marine pourrait prospérer. Il faut préserver ces trop rares espaces vierges de toute pollution.

Les récifs coralliens, très menacés par les vagues chaleur marine, car ils supportent mal une eau au dessus de 30°C, le sont aussi par le plastique.  Certains études montrent qu’il nuit à la croissance, à la fertilisation, provoque plus de maladies des coraux. 

Les microplastiques ne semblent pas avoir d’effet sur la photosynthèse du phytoplancton, le premier élément de la chaîne alimentaire aquatique. Ils sont nocifs pour plusieurs autres organismes. Ils perturbent la digestion des moules. Cet effet est plus fort dans des conditions d’acidification des océans.

Les débris favorisent aussi la mobilité des espèces invasives. Le changement climatique entraîne aussi des grands changements des écosystèmes aquatiques, les espèces de poissons se déplacent clairement vers les pôles pour fuir les températures montantes (article). 

Il y a plusieurs autres effets négatifs. Les déchets ont transformé des paradis en enfer, en décharges interminables, puantes et toxiques. C’est une abomination. Si ce développement se poursuit, les ordures déborderont sur les villes et les champs produisant notre nourriture. Il doit s’arrêter.

Aujourd’hui, la Chine fait face à des pénuries d’électricité qui ont provoqué des coupures de courant dans des grandes villes chinoises. Certaines usines ont été mises à l’arrêt (blog Horvath), apparemment à cause de manque de charbon.   C’est une excellente nouvelle, la Chine devrait trier ses usines et se débarrasser des plus absurdes. Il faut éliminer les pires absurdités qui ont lieu aujourd’hui sur Terre. Selon une autre source, certaines usines ont été arrêtées pour réduire l’énorme pollution et pour permettre au ciel chinois d’être de nouveau bleu pour une courte période.  L’empoisonnement que les habitants vivent au quotidien a été un instant allégé.

Au 19ième siècle, des bonimenteurs vendaient des potions miraculeuses dont certaines étaient extrêmement toxiques, sans aucun contrôle. Ces pratiques ont été éliminées.  Aujourd’hui, nous devons réglementer l’industrie. Elle ne doit pas polluer la Planète et mettre nos conditions de vie en danger. Chaque problème entraperçu s’amplifie rapidement au centuple du fait de la rapidité du développement et doit être traité très sérieusement et très vite.

L’humanité vivrait bien mieux sans certaines usines produisant des emballages ou des objets de très mauvaises qualité.  L’augmentation du prix de l’énergie peut nous faire prendre conscience que certains objets sont produits pour être aussitôt jetés.  Ils sont aussi transportés et des bâtiments sont construits pour les entreposer et les vendre. Parfois, les invendus sont directement incinérés.

La Chine pourrait  à la fois infléchir le cours du réchauffement climatique et changer la façon dont nous vivons et renonçant à produire des objets absurdes et en misant sur l’utilité et la qualité.  Comme ce pays est soi-disant communiste, il pourrait se rappeler ces idéaux et fournir à tous les travailleurs de la Planète les objets nécessaires à leur vie et à leur confort au lieu du capharnaüm actuel.

Un objet doit avoir une certaine durée de vie, une année par exemple. Certains ustensiles utilisés dans ma famille depuis cinquante ou cent ans. Si j’en achète dans un mauvais magasin, il pourrait casser au bout d’un mois, sa durée de vie est donc réduite de mille fois. Les objets qui ne fonctionnent qu’une fois ou deux sont une escroquerie, ils devraient être systématiquement traqués. Leur production et leur vente doivent être interdites. Et cela doit être fait de façon rapide, efficace et systématique. Il faut peut-être un nouvelle organisation internationale capable de gérer ces problèmes.

 

Une véritable prévention des risques climatiques implique la divulgation des événements les plus graves

Cet été nous avons vu des événements climatiques inouïs, la vague de chaleur du Canada, de nombreuses inondations et en Europe Centrale, de nombreux forts orages avec grosses grêles et tornades.   J’ai demandé encore une fois à un climatologue si ces catastrophes indiquaient que le réchauffement climatique se produisait plus vite que prévu, et qu’il dépassait les prévisions du GIEC. Ce n’est pas certain. Comme d’autres l’ont dit avant lui,  Il relève que tels événements extrêmes sont présents dans les modèles officiels, mais si j’ai bien compris, ils apparaissent parfois,  leur probabilité est jugée assez faible et ils ne sont donc pas inclus dans l’évolution la plus probable du climat terrestre. Les modèles qui calculent l’évolution du climat sont des versions simplifiées de la réalité, qui incluent la compréhension et la description humaine, arbitraire, de la réalité. Ils varient un peu, les scientifiques sélectionnent les événements les plus vraisemblables. Les conclusions du rapport du GIEC portent sur l’évolution des moyennes de température et les catastrophes prédites de façon fiable par plusieurs modèles. Il présente les événements probables, à plus de 66%,  et donne des moyennes de températures.

Nous devons être conscients qu’en plus des événements présentes dans le rapport du GIEC; il y en aura d’autres. Certaines villes dans le monde seront frappées par des catastrophes exceptionnelles. Sur un million de villes dans le monde et quatre-vingt ans, il y aura de nombreux événements qui sont qualifiés  de  rares ou d’exceptionnels.

Nous avons besoin de connaître ces risques.  Je vis en Suisse, dans une société sûre, où les maisons ne s’effondrent pas, et les bus et les trains n’ont quasiment jamais d’accidents. Tout cela a été obtenu par des règles de sécurité rigoureuses.  Je ne vis pas dans une maison ‘likely to stand’, qui aurait deux chances sur trois de rester debout. Vous imaginez une ville ‘likely to stand’ où moins d’une maison sur trois, disons une maison sur quatre s’effondre?  Les normes de constructions sont bien plus stringentes. La probabilité d’accident de toutes les constructions est surveillée et réduite au minimum, à des fractions infimes de pour-cent. Jusqu’à maintenant.

Je  crois que les architectes et les ingénieurs doivent absolument connaître les risques d’événements extrêmes à probabilité estimée à 1% ou 0,1% et les intégrer dans leurs projets. Par exemple, nous pourrions construire seulement des bâtiments prévus pour résister à pour une période d’ouragans et d’inondations, avec des solutions pour 50°C.

Nous avons besoin d’un outil différent du rapport du GIEC pour la gestion du risque. Nous avons besoin d’un catalogue exhaustif d’événements extrêmes possibles, pas de moyennes de température, mais toutes les vagues de chaleur séparées, et toutes les pluies intenses.

Les climatologues pourraient prendre tous les modèles et faire un catalogue complet de tous les événements extrêmes,  ou de cataclysmes plus graves encore, qui pourraient par exemple causer la mort d’un million de personnes. Ou alors ils pourraient choisir les modèles qui collent le mieux à notre réalité actuelle, qui ont prévu les événements récents, et établir une liste de risques à partir de ceux-là. Certains modèles ont prédit les inondations, par exemple le  climatologue belge Fettweis, a prévu les événements de cet été et leur retour d’ici dix à vingt ans, en réalisant un développement détaillé des prévisions du GIEC. 

Les autorités nationales et l’organisation de préventions de risque de catastrophes de l’ONU (UNDRR) devraient disposer de cette liste de risques pour préparer des plans d’évacuation, ou des aménagements qui nous permettraient d’y faire face. Nous devons connaître les risques, au moins l’éventualité d’une pluie de plus d’un mètre d’eau, ou de plusieurs mètres d’eau, d’une vague de chaleur au dessus de 45 degrés mais peut-être de 55°C, de tornades, d’événements capables de détruire une ville entière.

Les scientifiques sont inquiets car les ordinateurs dont dispose le GIEC ne semblent pas suffisants pour prédire chaque catastrophe. Comme le rapporte BBC News, ils demandent un super centre de calcul, à l’échelle du CERN, pour calculer ces événements individuels (BBC). Mais d’autre part, des cataclysmes plus graves que les événements extrêmes actuels apparaissent déjà parfois dans le modèles existants, et il faut récupérer ces informations.  Enfin, ils pourraient choisir quelques bons modèles réalistes, et établir une liste de dangers possibles à partir de ceux-là.

Ensuite, il faut élaborer des plans pour une vague de chaleur de 50°C ou une grave inondation. Nous serons probablement prévenus par les météorologues deux jours avant. Des constructions adéquates pourraient être prévues et réalisées dès maintenant pour pallier aux événements graves, et des plans d’évacuation d’urgence ou des survie doivent exister pour tous ces événements extrêmes.

Une représentation géographique pourrait aussi montrer toutes les zones exposées aux catastrophes, une carte de la Terre couverte de points noirs qui indiquerait tout de même les zones les plus sûres, et servirait de base à la construction de nouvelles villes dans ces endroits sûrs.

Addendum le 20 septembre: Les modèles calculent parfois des catastrophes qui ne sont pas inclues dans les prévisions consensuelles. Une solution serait de faire la liste de tous les événements potentiels pour une l’année, p.ex 2030, en sachant bien sûr qu’ils sont peu probables mais que leurs  conséquences seraient graves.

Image de couverture par Pete Linforth de Pixabay

Ancien Blog : Climat et constructions

 

Arrêt des investissements dans la culture de soja et la déforestation

Les catastrophes climatiques déferlent et devancent les prévisions. L’économie change aussi, les énergies renouvelables  prennent de plus en plus d’importance et de nombreuses villes et institutions arrêtent les investissements dans les énergies fossiles nuisibles pour le climat.

Maintenant, deux pétitions appellent aussi à l’arrêt des investissements dans l’agribusiness, qui provoque la déforestation de l’Amazonie pour la culture du soja pour le bétail et pour l’élevage direct. La déforestation de l’Amazonie s’est accélére ces dernières années. Elle a augmenté de 57% en 2020 et la moitié de la savane du Cerrado a été transformée en plantation de soja. En 2019, d’immenses feux visibles de l’espace dévastaient la forêt tropicale. Selon les experts, ces feux étaient souvent allumés lors du défrichement de parcelles pour l’agriculture et l’élevage. Ils échappaient  à tout contrôle et embrasaient de grandes étendues de forêt (blog 2019). Une lettre ouverte dans le journal scientifique Science alertait sur le déboisement rapide de la forêt Bolivienne, et établissait que  la responsabilité des feux incombe à l’activité humaine. Les forêts indonésiennes disparaissaient face à la prolifération de plantation de palmiers à huile (blog). L’Indonésie tente de s’attaquer au problème, elle interdit la déforestation et limite le risque de feu par des pluies artificielles. Au Brésil par contre le gouvernement actuel pourrait déclencher des catastrophes planétaires par le mépris de l’environnement et par la déforestation à tout va.

Image par Charles Echer de Pixabay

Une pétition de Sum of Us demande aux banques européennes Barclays, ING Group et BNP Paris de cesser de soutenir cette partie de l’économie (Pétition Sum of US) .  Une autre pétition de Rainforest Action Network s’adresse entre autres à JP Morgan Chase et BlackRock (Pétition RAN).

De nombreuses banques investissent dans l’élevage, la culture du soja destinée aux usines d’animaux ailleurs dans le monde, et les plantations de palmiers à huile. Un site internet répertorie leurs domaines d’investissements et les parties du monde ou ils sont présents: https://forestsandfinance.org/data/. Un rapport de Reclaim Finance cite des chiffres sur la culture du soja au Brésil et sur les entreprises responsables et les banques qui les soutiennent (ReclaimFInance ).

Actuellement, déjà, les trois quarts des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage. La production de viande est inefficace, elle nécessite énormément de surface et d’eau pour une calorie. Elle augmente malheureusement très vite (FAO). Les terres agricoles pourraient encore s’étendre dans les prochaines décennies, alors que nous avons un besoin vital de forêts pour modérer le changement climatique. La déforestation nuit au climat local, provoque une augmentation de températures dans les zones déboisées et des sécheresses, une énorme perte de biodiversité, une augmentation du réchauffement global ainsi qu’une dégradation et l’émission du carbone des sols. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aggraver le réchauffement climatique, il faut très vite réorganiser l’économie mondiale pour le contrôler.

Ces pétitions sont donc une excellente idée, nous devons vite juguler le développement de l’élevage et la déforestation pour l’alimentation du bétail. Ils sont beaucoup trop dangereux pour la vie sur la Planète.  Le changement climatique et ses conséquences s’aggravent d’année en année et il faut réagit vite.  Nous devons reboiser la Terre, réduire les pesticides et assurer l’alimentation humaine.

Le consommateur peut signer ces pétitions, choisir des viandes produites de façon écologique ou locale, ou des aliments végétaux.

En Suisse nous voyons encore des vaches paître sur des verts pâturages de montagnes, des superbes prairies alpines très riches en espèces végétales (vaches suisses). La production de lait et de viande de boeuf y est assez écologique, mais c’est assez exceptionnel.  Nous pourrions éventuellement demander une exception pour ce type d’agriculture, si l’alimentation du bétail restait locale et n’utilisait pas de soja d’Amazonie. Ailleurs, il vaut mieux choisir de la volaille. En général, la production animale dans le monde provient de plus en plus de fermes-usines où les animaux sont alimentés au soja, et, si nous ne voyons jamais ces animaux avant le supermarchés, les champs qui leurs sont destinés s’étendent très vite.

L’alimentation végétale est en général beaucoup plus écologique et amène de nombreux bienfaits pour la santé. Si nous devenions tous végans, nous pourrions remplacer à peu près une moitié des terres agricoles actuelles par des forêts et  nourrir l’Humanité sur l’autre moitié. Il faut en tout cas aller dans cette direction. Différentes organisations conseillent de consommer plutôt des légumineuses (lentilles et haricots), des  algues, des noix, du moringa, du fonio, et des champignons.  Actuellement, les aliments végan sont souvent  plus chers que les produits animaux, alors que leur coût de production et écologique est beaucoup plus élevé. Il faut transformer les circuits alimentaires pour que les aliments végétaux soient moins chers et reflètent mieux leurs coûts réels. Des investissements bien orientés et des lois bien conçues pourraient vite améliorer le système.  S’ils se dirigent vers la production à grande échelle d’aliments végétaux, l’impact carbone de l’alimentation baissera facilement.

Le Cambridge Institute of Sustainability Leadership (CISL) propose une série de mesures pour mieux planifier l’agriculture: une collaboration accrue entre les banques locales et mondiales, une attention à toute la chaîne de production, et l’adoption de nouveaux standards suffisants pour protéger les forêts tropicales (Independent).  Mettons-les vite en place!

Image de couverture par Rosina Kaiser de Pixabay 

Blog Sauver la biodiversité: Aliments Vegan et restaurants durables

Blog envertetcontretout sur le marchand de grain Cargill. Ils estiment les conséquences des choix de cette entreprise en citant les chaînes qu’elle fournit, telles que McDonalds. Mais cette dernière introduit aussi des produits végétariens, leur demande évolue heureusement aussi.

Addendum le 16 septembre: L’expert anglais David King suggère d’augmenter la productivité des mers britanniques en poisson. Selon lui, une croissance d’algues  accrue et un ajout de fer sous une forme naturelle, de sable ou de cendre volcanique,  augmenterait de dix fois le nombre de poissons, et leur activité (transformer les algues en restes divers) aurait un effet bénéfique sur le cycle du CO2 (lien).

Biosphère et interventions humaines à l’étude (rapport 6 du GIEC chap 5)

Je résume ici essentiellement la fin du chapitre 5 du 6ième rapport du GIEC, qui traite des interventions humaines possibles et de leurs effets sur la Biosphère.  Actuellement, les plantes terrestres captent à peu près un tiers de carbone émis, et les océans un tiers.  Le GIEC prévoit une diminution de l’absorption par les océans.

L’afforestation ou la reforestation pourraient capter du CO2 dans la biosphère.  Les effets seraient bénéfiques à des nombreux niveaux. La biodiversité, le cycle hydrologique, la stabilité et la composition des sols seraient améliorés.  Les forêts émettent aussi des composés qui favorisent la condensation des nuages et changent l’albédo de la Planète. Je passe un peu ici sur les bienfaits évidents de ces solutions simples, naturelles et porteuses de vie pour me présenter les autres techniques.

L’utilisation des terres pour l’agriculture humaine a provoqué la perte de 116 PgC dans les derniers 12’000 ans. Le sol s’est appauvri, le carbone qu’il contenait sous forme d’humus ou de bactéries, champignons et insectes est maintenant dans l’atmosphère.  Il est possible d’inverser cette perte et d’augmenter le carbone du sol en choisissant des variétés à grandes racines, en introduisant la rotation des cultures, en laissant des résidus végétaux sur place, et en utilisant des couverts. La fertilité du sol en serait améliorée.

Le sol peut aussi être enrichi en carbone par BECCS (bioénergie avec capture et stockage de carbone). Le Biochar est le produit de la combustion des matières végétales. Son ajout aux sols augmente les stocks de carbone et la fertilité. Le biochar améliore le rendement particulièrement des sols déjà dégradés.  Les risques de l’introduction de ces composés dans le sol ne sont pas bien compris (Lorenz et Lal, 2014). Je crains personnellement qu’il ne soient cancérigènes ou toxiques pour certains organismes du sol,  alors que d’autres auteurs  pensent que cela pourrait accroître la biodiversité du sol.

La restauration des tourbières et zones humides par l’arrosage compenserait et augmenterait la quantité de carbone perdue actuellement.

La capture de carbone dans les océans passerait par l’accroissement de la productivité des écosystèmes marins. L’idée est d’ajouter de l’azote dans les océans pour stimuler la productivité des algues, à la base de la chaîne alimentaire marine. Les algues utiliseraient plus de CO2 si elles disposaient de plus d’azote pour leurs molécules essentielles.  Le GIEC note que les conséquences d’un ajout d’azote dans l’océan sur cet écosystème sont incertaines. 

La restauration des écosystèmes côtiers, marais, mangroves, algues, pourrait capter le carbone.  La montée du niveau de la mer pourrait augmenter cet effet, mais les vagues de chaleur marines sont un risque.  Le potentiel global est de moins de 0.02 Pg C/y.

Magrovier et océan – Image par Pat Josse de Pixabay

Enhanced Weathering (EW): Les scientifiques étudient aussi la possibilité de décupler les réactions chimiques se produisant naturellement sur Terre. il s’agirait de répandre des roches moulues, par exemple de l’olivine, sur les plages ou les champs, les sols ou les océans. Elles fixeraient le CO2 par réaction chimique spontanée. Des essais sont en cours (lien).  Ces roches augmenteraient le pH des oceans, l’effet serait donc inverse de l’acidification causée par le CO2.  Cela pourrait améliorer la productivité des champs, mais aussi libérer des métaux toxiques, ce qui évidemment serait très nocif.  Ce risque devrait évidemment être contrôlé ou exclu.

DACCS: Capture de carbone de l’air avec stockage de carbone. Des usines de capture de carbone de l’air sont actuellement développées, notamment en Suisse (Installation suisse, Climeworks). Différents moyens chimiques sont utilisés pour capter le CO2.   Il serait ensuite stocké dans des réservoirs géologiques sous forme de gaz sous pression ou de carbonate.  Le GIEC relève que le gaz sous pression pourrait présenter des risques, et l’air qui sort de l’installation pourrait être trop pauvre en CO2 pour la végétation à proximité.

Des projets de capture de méthane apparaissent aussi.  Le processus pourrait être réalisé dans l’air,  par ” zeolite trapping ” et modification chimique. Le méthane du sol peut être dégradé naturellement par les bactéries du sol, et la présence de forêts facilite ce processus. Une étable pourrait diriger son aération à travers le sol où le méthane serait consommé par les bactéries naturellement présentes.  Il pourrait aussi être dégradé par des biopolymères qui incluraient des enzymes décomposant le méthane.  Ces technologies sont cependant encore dans l’enfance. 

Nuage Cirrus

SRM  La modification du rayonnement solaire par des molécules dans l’atmosphère diminuerait la proportion de lumière solaire qui atteint la Terre mais augmenterait la diffusion de la lumière.  L’effet de changement de lumière sur la croissance des plantes varie dans différents modèles.   La températures ne monteraient pas autant, ce qui pourrait limiter la croissance des plantes dans les régions boréales mais réduirait les risques des vagues de chaleur et de sécheresses. Cette intervention pourrait cependant modifier le cycle et la disponibilité de l’eau.  Les différents types de modification d’atmosphère auraient des effets un peu différents sur la productivité végétale et sur le cycle hydrologique.

L’injection d’aérosols dans la stratosphère (SAI) comporte le risque de d’une diminution d’ozone qui pourrait comporter des risques pour la végétation (voir blog  sur les risques, très exhaustif sur ces risques).

L’éclaircissement des nuages (MCB, marine cloud brightening) consiste à éclaircir les nuages en formant des gouttelettes plus petites, par la dispersion de sel marin par exemple.  A priori, cette technologie semble propre, peu polluante, mais pourrait augmenter  la durée de vie du méthane dans l’atmosphère et provoquer une pollution par l’ozone. 

Malheureusement, si stabilise le méthane, elle serait inutilisable en cas d’émissions de méthane du permafrost, et ce ce jour-là que nous pourrions avoir vraiment besoin de géo-ingénierie, car les températures monteraient haut et vite. Je suis très heureuse de voir apparaître des recherches sur la capture du méthane.  L’émission du méthane du permafrost est un des plus graves risques pour la vie sur Terre.  Le GIEC, qui se base sur les mesures datant de quelques années, la considère comme peu probable, mais des scientifiques alertent sur ce risque futur, et il est tout à fait souhaitable de nous en prémunir.

Enfin, le CCT (cirrus cloud thinning) vise à affiner les nuages affiner les nuages cirrus en créant des cristaux de glace plus gros. La nucléation des cristaux serait provoquée par du triiodide de bismuth ou de l’acide sulfurique ou nitrique.  Je dois me documenter plus cette technique. 

Les modèles montrent de façon convaincante que dans un monde à haute concentration de CO2, la géo-ingénierie augmenterait la masse des plantes vertes sur la Terre.  Cet effet serait positif.  Si nous les laissons pousser, des magnifiques forêts capteraient le carbone et assureraient un bon fonctionnement de la biosphère.

Par contre l’acidification des océans et ses dommages pour la vie marine se poursuivraient.  Il faut aussi noter que ces technologies de modification de lumière solaire devraient être appliquées sans interruption. Un arrêt soudain de cette géo-ingénierie, comme une fermeture de parasol, ferait monter brusquement les températures.

J’ajoute que nombreux pays appliquent actuellement une technologie qui n’est pas mentionnée dans le rapport, les pluies artificielles, provoquées par exemple par dispersion de l’iodure d’argent.  L’Indonésie s’en est servie pour éviter les feux de forêt, les pays du proche-Orient pour limiter les vagues de chaleur extrêmes, la Chine augmente maintenant la portée de leur dispositif jusqu’à toucher la moitié du pays.  Les effets sur la croissance des plantes et sur leur capture du carbone pourraient aussi être positifs, et devraient être étudiés.

 

La végétation absorbera-t-elle nos émissions de carbone?

La végétation absorbe près du tiers du carbone émis par l’Homme lors de la consommation des énergies fossiles. Le reste se retrouve dans les océans et dans l’atmosphère.  Le réchauffement diminuera probablement la solubilité du CO2 dans les océans.  La végétation aussi pourrait en pâtir. Le gaz carbonique, molécule à la base des structures de plantes, favorise leur croissance, mais l’effet de la température est plus incertain.

Je vois dans le rapport du GIEC (chap 5) que l’effet du réchauffement sur la végétation est extrême sous forme d’un feedback linéaire. Le carbone accumulé dans les plantes augmente avec la concentration de CO2 dans l’air, et la température le diminue.  

Les modèles CMIP6 calculent donc: dC (land)  = 0.89 dCO2   -33 dT

Je m’interroge un peu sur le côté linéaire, constant de ce changement.

L’effet de la température est différent dans l’Arctique, où la chaleur provoque une croissance accrue, et en Amazonie, où la sécheresse et les températures excessives ont arrêté la croissance des arbres.  De nombreuses forêts souffrent déjà des températures excessives. 

Les effets du changement climatique sur la végétation de la Planète sont difficiles à anticiper.  Une étude de  Hatfiled et Prueger du département américain d’agriculture examine les réponses possibles.

Tout d’abord, s’il fait plus chaud au printemps, les arbres fruitiers et d’autres plantes fleurissent plus tôt. Les abeilles seraient pas là à temps pour les polliniser et pour former les graines de la génération suivante. 

La formation de graines fertiles peut aussi être bloquée par la chaleur en été.

Les plantes pérennes ont aussi besoin d’une période de froid en hiver pour reconnaître la venue du printemps et recommencer un cycle de végétation.  La Californie, grand producteur de noix et de fruits, pourrait connaître des hivers trop doux  et devrait abandonner de nombreuses cultures. 

En Europe,  quand la chaleur du printemps arrive,  les plantes poussent soudainement beaucoup plus vite. Elles ont généralement une température optimale qui leur convient le mieux, et quand celle-ci est dépassée, la plante croît plus difficilement. 

Les  expériences ont montré qu’en faisant pousser du maïs à 5°C au dessus de la température idéale,  la croissance diminue de plus de la moitié, et le maïs produit la moitié des graines seulement.  Un arrosage supplémentaire ne sauve rien, et augmente même les dommages. 

L’augmentation de température pourrait causer des pertes de 2,5 à 10% au cours du 21ième siècle.  D’autres analyses prévoient une perte de rendement du blé, du maïs et du coton qui pourrait aller jusqu’à 70%. Les scientifiques tentent de sélectionner des plantes adaptées à plus haute température.

Le graphique ci-dessous montre que les plantes ont une température optimale, et que le froid ou la chaleur excessive diminuent  rapidement leur croissance.  Le maximum varie selon les plantes. 

Hatfield et Prueger

Dans les écosystèmes naturels, la chaleur s’accompagne de sécheresse, et le manque d’eau limite rapidement la croissance des végétaux. L’effet de chaleur est rapidement négatif, notamment s’il y a de nombreux jours de sécheresse consécutifs.

De plus, le changement climatique rapide provoque actuellement d’importants des feux de forêts et des nouvelles maladies.

Je crains que le rapport du GIEC ne soit trop optimiste au niveau de la capture du CO2 par les plantes. La réponse ne sera pas linéaire, les végétaux aussi subiront des catastrophes en série dont ils se remettront lentement, plus lentement qu’elles n’arriveront.  Nous perdrons des forêts protectrices, et les températures pourraient monter plus vite.

Une étude portant sur les écosystèmes naturels montre que la végétation a déjà dépassé la température optimale pour l’ensemble de la Planète et que sa croissance diminue (Duffy). Selon ses auteurs, la végétation pourrait capter moins de carbone à la fin du 21ième siècle. Nous pouvons, bien sûr, augmenter très sérieusement le nombre d’arbres sur la Planète, en en plantant dans tous les coins disponibles, et compenser ainsi l’effet de nos activités sur la végétation.  Il faut absolument le faire.

Le rapport du GIEC préconise aussi de sauver les zones humides. Pour cela, il faut prévoir des systèmes d’arrosage qui les sauveront. Elles auront rapidement à affronter des vagues de chaleur telles que celle qui a frappé le Canada cet été.

Les événements extrêmes annoncent un changement grave du climat

Je suis stupéfaite de voir que le vaccin et le certificat covid remplissent l’espace consacré à l’actualité à la télévision alors qu’en arrière-plan,  en dix secondes, nous voyons  d’immenses feux de forêts dévaster la Grèce et la Turquie, affligées d’une vague de chaleur exceptionnelle. Il y a un mois, le Canada a atteint 49°C.  Il y a deux semaines, les statisticiens livraient leurs conclusions: selon les modèles de réchauffement climatique,  une telle vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Si elle se produisait plus souvent, les estimations des experts devraient être revues. Or les événements exceptionnels se multiplient cette année.  Ce même été, le proche-Orient, et aujourd’hui la Grèce ont aussi connu des vagues de chaleur exceptionnelles.  Les températures en Alaska  dépassent les trente degrés cette semaine,  elles sont totalement hors norme comme celles de la Sibérie au début de l’été. Des dizaines de tempêtes de grêle ont balayé l’Europe, il y a aussi  des tornades.  Cet été apporte des centaines d’événements climatiques étranges, et visiblement le climat est complètement déstabilisé.  Plusieurs experts mondiaux, tels que Johan Rockström,  évoquent la possibilité qu’il ait passé un seuil au delà duquel la météo sera différente. 

L’évolution du climat pourrait alors être très différente des prévisions du GIEC. Le cycle naturel pourrait être rompu, et les éléments qui modèrent habituellement les températures ne joueraient plus leur rôle.  Le changement s’amplifierait. 

Une accélération est de toute façon prévisible. La banquise arctique se réduit presque chaque année et cette année elle a atteint une surface minimum.   Avant, cette mer était toujours couverte d’une couche de glace d’environ un mètre, âgée de plusieurs années. Maintenant, elle est plus fine, souvent brisée en fragments séparés, et la surface de mer ouverte, bleue, s’agrandit régulièrement.

A mesure que la surface de  la glace diminue, la Planète se réchauffe de plus en plus vite. De plus,  le permafrost Arctique fond et commence à émettre du méthane qui amplifiera encore l’effet de serre dans le futur.

Les forêts brûlent partout sur la Planète et perdent leur rôle de puits de carbone.

Il est bien possible que le réchauffement soit déjà plus rapide que prévu, ce qui nous vaut les inondations et les vagues de chaleur de cette année, et qu’il soit sur le point d’accélérer encore. 

Aujourd’hui, les prévisions d’évolution du climat officielles sont basées sur le dernier rapport du GIEC, et les schémas de réduction s’en inspirent. Mais les événements météorologiques de cet été indiquent que le changement pourrait être plus rapide ou plus grave.  Je ne sais pas si les experts livreront des nouvelles prévisions après cet été apocalyptique, s’ils comprennent maintenant bien l’évolution du climat. Il faudra peut-être un peu plus de temps, des nouveaux modèles basés sur la réalité dont la mise au point pourrait prendre quelques années.   Quelques scientifiques ont émis depuis longtemps des théories différentes sur le déroulement du réchauffement, et craignent une évolution très négative, un réchauffement abrupt et dévastateur. Ils étaient parfois taxés d’alarmistes mais les événements récents semblent leur donner raison. 

D’ici dix ans,  ou même à la prochaine année el Nino dans deux ou dans trois ans, nous aurons probablement d’immenses  inondations, des vagues de chaleur mortelles, des grêles géantes, enfin que sais-je… des événements graves qui mettront notre société en danger. 

Nous devons tout faire pour l’éviter. Ce sera difficile, une aggravation est inévitable, mais nous pouvons peut-être sauver les villes dans lesquelles nous vivons et une partie de nos écosystèmes.  Nous ne pouvons exclure qu’au cours de ces prochaines années, une vague de chaleur dépassant les 45°C touche la Suisse, que la forêt proche de ma maison prenne feu,  et que nous ayons à faire face à ce grave danger, comme les Grecs et les Turcs aujourd’hui.  C’est arrivé début juillet au Canada. Nous sommes déjà en danger, l’ère des catastrophes a commencé. Aujourd’hui, nous le savons. 

Nous entrons dans une course à la vie ou à la mort.  Il y a aura de nombreux dommages. Nous avons besoin de nouvelles prévisions basées sur les événements récents. Elles nous permettraient d’estimer ce qui pourra être sauvé et ce qui doit être évacué.

Article du Temps: Climat, l’été de tous les extrêmes

 

Les scientifiques espèrent que la vague de chaleur du Canada est un événement exceptionnel

Une étude sur la vague de chaleur qui a apporté 49.6°C au Canada conclut qu’au niveau actuel du réchauffement,  elle devrait être très rare et se produire tous les mille ans seulement.  Les chiffres ne sont pas définitifs, mais donnent déjà une bonne idée de l’événement.

Sans réchauffement climatique, cet événement serait hautement improbable et se produirait tous les cent mille ans.

Par contre, si nous laissons les températures monter à +2°C, une telle canicule pourrait survenir tous les dix ans.

Si les prévisions du GIEC sont correctes, cette fournaise ne devrait donc pas se reproduire avant mille ans.

Il y a deux autres possibilités: la première est que la moyenne du réchauffement suive les prévisions, mais qu’il y ait plus d’événements extrêmes.  Par exemple, on pourrait imaginer qu’il y ait des jours à la même température que précédemment, par exemple 25°C en été, et des jours beaucoup plus chauds.  Il faudrait alors s’adapter à ce danger.

Les experts n’excluent pas non plus que le climat ait passé un seuil, un point de bascule (voir mon blog d’hier) ou une phénomène inconnu amplifie le réchauffement climatique. Dans ce cas de nombreux événements pourraient se précipiter.

Je me réfère aux prévisions de Steffen, Rockstrom, Lenton, Barnosky Shellnhuber etc sur lesquelles j’ai écrit hier, ils notent que la survie de l’Humanité dépend de nombreux écosystèmes sauvages, forêts, deltas, marais qui sont justement en mauvais état. Je crois que leur modèle n’inclut pas Bolsonaro et la déforestation accrue ni les méga-feux de forêts qui ont touché entre autres l’Australie. Le modèle ESCIMO prévoit mieux les récents agissements humains, mais n’anticipe pas assez la sensibilité des écosystèmes naturels.

Nous savons que cette vague de chaleur devrait survenir tous les mille ans. Ils pourraient peut-être aussi voir comment la vague de chaleur et les inondations d’Allemagne et de Belgique (ou toutes les températures et pluies de l’année) correspondent au modèle, logiquement la coïncidence de deux événements peu probables est encore moins probable.

Il faudrait  aussi trouver un ou plusieurs modèles de réchauffement abrupt et comparer plusieurs événements actuels, au modèle actuellement admis et à un modèle de réchauffement abrupt, pour savoir à quelle évolution ils correspondent le mieux.

Addendum le 24 juillet: Le dernier rapport du GIEC incluait les températures survenues jusqu’à l’année 2015, et pas l’année la plus chaude 2016.  Si nous tenons compte des 5 dernières années, les prévisions seront déjà plus élevées. Les températures sont probablement montées alors à cause de la réduction de la surface de la glace réfléchissant le soleil sur l’océan Austral et sur la mer Arctique. 

Si le climat est aujourd’hui déstabilisé par le mauvais état des écosystèmes, de la végétation et des sols, et par leurs émissions de carbone, nous pouvons peut-être y remédier. Nous pouvons replanter des forêts demain, des haies, des bosquets,  étendre les réserves naturelles, et appliquer plusieurs solutions d’afforestation et restauration des écosystèmes. Elles sont peu coûteuses et nécessitent peu de technologie. 

Article: https://climate.gov/news-features/event-tracker/preliminary-analysis-concludes-pacific-northwest-heat-wave-was-1000-year

Blog précédent incluant les points de bascule:

Nous avons besoin de toutes les forêts du monde pour éviter un basculement du climat vers une époque chaude : signez pour les forêts

Nous avons besoin de toutes les forêts du monde pour éviter un basculement du climat vers une époque chaude : signez pour les forêts

Une Terre à l’avenir incertain

Une étude importante (menée par des professeurs du Potsdam Climate Institute, du Stockholm Resilience Center, de l’université Catholique de Louvain, de l’Université d’Exeter, Cambridge, Stanford, de Wageningen, les meilleurs centres de recherche du monde), a interrogé le déroulement du réchauffement climatique (étude).  J’ai beaucoup aimé la vidéo ci-dessous , où un des auteurs très réputés (30 min en anglais) présente assez simplement ce travail et ses conclusions.

Le climat actuel est maintenu par plusieurs éléments que le réchauffement pourrait perturber.  La glace sur la mer arctique, les glaces du Groenland, la calotte glaciaire dl’Antarctique-Ouest,  les glaciers de l’Himalaya le permafrost de Sibérie et des océans, les forêts tropicales, les forêts boréales, la capture du carbone par les algues marines,  les récifs coralliens, et la circulation océanique stabilisent le climat terrestre.

Forêt Amazonienne- Australienne-de Bornéo- glace Arctique- forêt du Congo- Sibérienne- Permafrost- Glaciers de l’Himalaya-Canadienne- Groenland-Circulation océanique- Antarctique Ouest – Antarctique Est -etc

Certains de ces éléments devraient rester en place des centaines ou même des milliers d’années, d’autres sont déjà menacés aujourd’hui.  Par contre, quand un de ces événements se produit, il en entraîne d’autres, par exemple la fonte des glaces et la mort des forêts réchauffera encore la Planète.  Nous pouvons équilibrer le climat terrestre autour de 2°C par des mesures de mitigation, ou le précipiter dans un état de ‘HotHouse Earth’, terre serre.  La Planète subirait une série d’événements catastrophiques qui la rendraient plus chaude de plusieurs degrés en milliers d’années. Les glaces polaires, en particulier, fondraient lentement. 

Notre Terre est sortie de son cycle naturel (bleu). Nous pouvons la stabiliser à 2 °C ou la pousser dans un réchauffement fort (étude PNAS).

Cependant, le professeur Steffen explique que dans le modèle l’augmentation de température est régulière, car il ne fonctionne pas bien avec ces soudains sauts de température dûs aux points de basculement.

(23.07) Je n’avais pas très envie non plus de parler de la table de biomes importants pour la survie de l’Humanité (Table S4): récifs coralliens, forêts tropicales, deltas et côtes,  marais, glaciers de montagnes. La majorité de ces écosystèmes essentiels est déjà fragilisée ou en mauvais état.  Les deltas subissent déjà les infiltrations d’eau salée.  Il sera très difficile de sauver les écosystèmes côtiers (La table S5 propose une liste de solutions).

Cette année, après la vague de chaleur du Canada et l’inondation en Allemagne, il fut observé que les modèles climatiques ne prévoient pas bien les événements extrêmes ou des sauts brusques de température. Je crois qu’en réalité nous pourrions avoir devant nous des années de changement très violent et très dangereux.

Et si un de ces événements critiques pour le climat se produit plus vite qu’escompté par les scientifiques, les autres pourraient être précipités.

Le scientifique considère que zéro émissions en 2050 est une cible insuffisante, trop lointaine, et qu’il faudrait prendre des mesures plus rapides.

Les récifs coralliens, l’écosystème le plus riche des océans si ce n’est du monde, sont très sensibles au réchauffement et déjà très touchés.  La moitié est déjà perdue. Leur disparition pourrait perturber les océans entiers.

 Les glaces fondent vite.

Les forêts sont déjà menacées

L’événement qui se produit le plus vite est peut-être l’affaiblissement des forêts tropicales,  il advient plus vite que prévu à cause de l’activité humaine.

La forêt amazonienne émet maintenant du carbone, du fait des sécheresses persistantes. Certains arbres dépérissent, d’autres sont perdus partiellement du fait de l’Homme, de la déforestation (Nature, blog).

Les forêts boréales brûlent dans des méga-feux de forêts, elles subissent un énorme changement de température, des sécheresses sans précédent et des nouvelles maladies.

En Asie du Sud-Est, la déforestation touche les forêts de montagne, épargnées jusqu’à présent (phys.org). L’exploitation des ces zones et peut-être liée aux vagues de chaleur impressionnantes, qui touchent la région depuis quelques années (blog, blog), à un assèchement et à des infiltrations d’eau salée dans le delta du Mékong qui rendent la production alimentaire difficile dans ces régions.

De nombreuses forêts dans le monde sont menacées, certaines peinent déjà à faire face au réchauffement.

Dans les circonstances actuelles, la chose la plus délirante que j’ai vu récemment est une pulvérisation de glyphosate sur les forêts canadiennes.  Le glyphosate est un herbicide qui tue la plupart des monocotylédones et des dicotylédones, les plantes à fleurs, les myrtilles, les buissons, les arbres. Il atteint jusqu’aux racines, mais son action est d’assez courte durée. Il est donc utilisé  dans l’agriculture, avant les semis, et de façon plus hasardeuse pour le consommateur, sur des céréales pour les dessécher et pour pousser à la maturation des graines.

De nombreux articles scientifiques ont mis en évidence des effets néfastes sur l’environnement,  notamment sur certains insectes et de façon indirecte sur les oiseaux qui s’en nourrissent.

Je n’ai encore jamais entendu parler de l’utilisation du glyphosate sur un écosystème naturel. Il serait pulvérisé par hélicoptère sur des forêts entières.  Il tuerait la grande majorité de plantes, les arbres, les fleurs, les buissons, jusqu’à la racine. Tout l’écosystème qui s’en nourrit, les vers, les insectes, les oiseaux, les animaux serait dévasté.

Les ‘mauvaises herbes’, aulne, bouleau, chêne, érable, saule et autres plantes et arbustes à feuilles larges sont considérés comme ayant moins de valeur commerciale que les résineux à feuilles aiguilletées comme le pin tordu et le sapin de Douglas qui souffrent justement déjà du réchauffement.  Ces diverses espèces sont vitales pour la diversité biologique, constituent un capital nutritif pour le sol, ralentissent la propagation des incendies de forêt et sont supérieures aux conifères pour séquestrer et stocker le carbone – une aide forestière importante dans ce monde de changement climatique.

Actuellement les forêts du Canada subissent des sécheresses nouvelles,  et  des vagues de chaleur.  De nombreuses plantes dépériront naturellement, mais certaines s’adapteront au réchauffement et permettront aux animaux de survivre. La biodiversité assure une meilleure résistance face au changement climatique.

D’autre part, une forêt naturelle contient du carbone dans les arbres, dans le sol, dans l’humus, dans les animaux et aussi dans des vieilles souches et branches qui se dégradent lentement au sol. Il faut laisser le bois mort se décomposer naturellement.

Image d’ourson par David Mark de Pixabay

 Le président du Canada, Trudeau nous semblait honnête et bien informé. J’espère qu’il interdira rapidement ce procédé barbare et irresponsable. Greenpeace a lancé une pétition pour arrêter la bien nommée ‘ pluie de la mort’; signez-là :   greenpeace canada

C’est une amélioration très facile à faire et il y en a sûrement beaucoup d’autres.

Dans ce contexte, Avaaz lance un plan pour Glasgow (pétition). Ils demandent:

  • des réductions d’émissions rapides pour rester en dessous de 1,5°C;
  • 100 milliards pour le climat tout de suite, avant le sommet,
  • 50%  des investissements pour l’adaptation,
  • un soutien pour les pertes dues au changement climatiques, telles que les inondations
  • et la mise en place immédiate des engagements de l’accord de Paris.

J’ai signé. Je suis convaincue de la nécessité d’un engagement rapide et fort, je me demande cependant si 50% des fonds doivent être destinés à l’adaptation. Ne serviront-ils pas à des murs et des barrages vite dépassés? Il faudrait aussi investir plus  dans la mitigation, dans la plantation des forêts et dans la reconversion des entreprises polluantes.

Je demande un engagement mondial pour sauver les forêts, une protection générale des de tous les arbres du monde.