Coûts de la santé : les politiciens se moquent de nous

Je me demande si nos politiciens à Berne ne seraient pas incompétents. Ou alors sous l’influence de lobbies ? Ou les deux ? Il est vrai, pour prendre leur défense, que la question des coûts de la santé est complexe, mais tout de même, leurs dernières propositions sont effrayantes.

Le droit des citoyens : payer

Je vais essayer de résumer :

  • Chaque automne, nos primes de caisses-maladie augmentent et étranglent une part grandissante de la population. Depuis l’entrée en vigueur de la LAMal, la participation aux coûts de la santé par les ménages a augmenté de 111% alors que les salaires nominaux n’ont connu qu’une augmentation de 23.6%.
  • Les primes sont tellement chères qu’un Suisse sur quatre doit recevoir de l’aide pour pouvoir les payer (un système où 25 % des cotisants n’ont pas les moyens de payer est par définition déjà un échec).
  • L’augmentation des primes incite les habitants de ce pays à choisir des franchises élevées, augmentant de facto le pourcentage de personnes qui renoncent à consulter pour des raisons financières, entre 10 et 20 % selon les sources.

Les dernières propositions de nos parlementaires

Comme un lapin sorti du chapeau d’un magicien, la dernière idée génialissime de nos parlementaires était d’augmenter de 50 francs la franchise minimale de l’assurance maladie. Cette idée est tellement fantastique que l’on se demande pourquoi nous n’y avions pas pensé plus tôt.

Non sérieusement, c’était quoi cette idée ? Faire payer plus pour limiter la hausse des primes ? Mais payer les primes ou payer la franchise, c’est toujours payer. Non, en fait, je suis critique mais le but était que les patients consultent moins. On peut lire dans cet article du journal Le Temps les déclarations de deux politiciens :

« Le nouveau mécanisme renforcera la responsabilité individuelle des assurés et la prise de conscience des coûts, a mis en avant Joachim Eder (PLR/ZG) pour la commission. Grâce à ce système, les assurés ne devraient plus aller chez le médecin pour chaque petit bobo, a abondé Erich Ettlin (PDC/OW) ».

Merci à eux pour ces explications. Il y a donc entre la franchise actuelle de 300 francs et la franchise de 350 un seuil, à 300 francs les gens vont chez les médecins pour n’importe quoi mais à 350, prise de conscience immédiate, ils ne consultent plus.

Cette mesure était d’autant plus injuste qu’en comparaison internationale les Suisses consultent peu.

S’il devait y avoir chez certains patients un recours exagéré aux soins, ce serait évidemment ceux qui ont dépassé leur franchise et qui ne payent plus que le 10 % des coûts. Pour eux, l’augmentation de 300 à 350 francs n’aurait rien changé.

Cette proposition n’a pour finir pas été votée par le Parlement grâce à une inhabituelle alliance gauche – droite. L’UDC et le PDC, qui ont soutenu durant toute la session cette révision de loi, ont subitement changé d’avis. Ils se sont peut-être dit que d’être responsable de l’augmentation des franchises n’était pas une super idée en année électorale.

Les mauvais malades

La palme de l’inventivité revient cependant à Philippe Nantermod. Ce parlementaire libéral radical a déposé une motion « Maladies chroniques. Favoriser les patients qui se conforment au traitement prescrit » : « Le Conseil fédéral est chargé de proposer une modification de l’assurance obligatoire des soins qui prévoit la suppression de la participation aux coûts pour le traitement des maladies chroniques dès lors que la preuve est apportée que les personnes concernées se conforment au traitement qui leur est prescrit ».

Même si l’idée peut de prime abord paraître pertinente, elle est stupide pour trois raisons en tout cas. Premièrement, définir avec exactitude ce qu’est une maladie chronique sera impossible. Deuxièmement, apporter la preuve que les personnes se conforment au traitement prescrit » sera aussi impossible. Mais c’est la troisième raison qui montre que cette proposition est stupide : penser que les malades qui ne suivent pas leurs traitements ont toujours tort et qu’ils doivent être punis.

Inutiles et insultantes

Les propositions de nos parlementaires sont donc à la fois inutiles et insultantes. Inutiles car elles n’ont aucun impact sur les coûts de la santé, insultantes car le citoyen payeur n’est vu par ces politiciens que comme un individu qui abuse du système et qu’il faut surveiller.

 

Dr Jean Gabriel Jeannot

Dr Jean Gabriel Jeannot

Médecin, spécialiste en médecine interne, avec un intérêt particulier pour l’utilisation des technologies de l’information et de la communication en médecine.

22 réponses à “Coûts de la santé : les politiciens se moquent de nous

  1. Vous avez raison, ces raisonnements d’une absurdité abyssale sont proposés par quelques politiciens probablement en étroite connexion avec le lobby des caisses maladie. Mais reconnaissons le aussi, l’OFSP en publiant parfoi des statistiques douteuses sur les médecins, n’est pas plus brillante non plus.
    Tout cela est problématique pour comprendre et tenter de solutionner les coûts de la santé. De toute évidence, la majorité des élus dans ce pays et leurs partis en sont manifestement incapables.
    Les rares médecins courageux qui se sont impliqués dans des partis ont très souvent de la peine à se faire entendre et surtout comprendre, de sorte que beaucoup se retirent rapidement et volontairement.
    La résolution du problème des coûts de la santé est complexe, mais pas impossible.

  2. Parfaitement observé, nos politiciens n’ont en effet rien compris (ou ne veulent pas comprendre). Si l’on veut espérer trouver une solution au problème des coûts de la santé en Suisse, c’est exactement l’approche INVERSE qu’il faut suivre. Je suis persuadé que fort peu de patients consultent leur médecin pour le “plaisir” … et celui de poireauter longuement dans une salle d’attente! Sauf quelques hypocondriaques, mais c’est aussi une maladie. En décourageant financièrement les malades d’aller voir leur médecin, on aboutit au résultat qu’ils ne le feront que (trop) tardivement, quand leur pathologie aura dégénéré et sera devenue difficile, et donc chère, à traiter, alors que soignée à un stade précoce … ! Je l’ai déjà dit ici, cette approche est d’autant plus paradoxale qu’on oblige dans notre pays les conducteurs à faire contrôler régulièrement le “bon état de santé” de leurs véhicules. Celui de la population est-il moins important?! Il faudrait, contrairement à ces mesures visant à décourager cette pratique, inciter financièrement les gens à faire contrôler leur santé régulièrement (à des intervalles à définir, plus espacés pour les jeunes, plus fréquents pour les personnes plus âgées), afin de traiter à un stade précoce les problèmes pouvant se déclarer; le coût global de la santé baisserait ainsi certainement.

  3. on sait que 30% des actions de santé sont inutiles ou superflues , ce qui laisse une marge importante de réduction des coûts. Mais qui peut décider si telle analyse , opération , prescription , … est bénéfique ou pas à part les spécialistes de la santé et non les politiciens ! En fait, tout le monde est responsable de cette situation mais tous les acteurs se renvoie la patate chaude .
    La gestion de la santé suisse est calamiteuse , il faut impérativement standardiser les méthodes , à commencer par la facturation : un système de facturation universel doit être mis en place de manière à en simplifier la lisibilité et la gestion financière et statistique : toutes les factures (numérisées) de tous les acteurs de la santé doivent aboutir au même point d’entée avec des codes qui permettent de savoir qui paie selon le profil du patient enregistré , ce qui évitera le va et vient incessant qui fait perdre des jours et finalement des millions , ainsi que d’autres codes pour les statistiques . Une partie des frais est payée par l’Etat, une autre par les assurances et une troisième par les particuliers eux-mêmes , sachant qu’aujourd’hui que chacune de ces parties paye environ un tiers chacune , les assurances étant elles-mêmes à la charge de leurs assurés .
    On comprend vite que les assurances joue un rôle minoritaire puisqu’elles ne participent qu’à un seul tiers des paiements, on peut donc s’en passer , la solidarité étant déjà assuré par l’Etat !
    On peut donc classer les frais en 3 catégories principales : soins de base payés par l’Etat, options complémentaires des assurances privées et le reste (franchises) à la charge des personnes physiques .
    On pourrait calculer un financement des soins de base sur 10% du revenu , dont 5% minimum pour la prime et le reste en franchise. Par exemple: pour un revenu moyen de 6000.- par mois , la prime mensuelle serait au minimum de 300.- par mois avec une franchise de 3600.- par année ou une prime 450.- par mois et une franchise de 1800.- , etc … primes versées avec les impôts , sans coûts administratifs supplémentaires .
    il faut viser l’objectif à long terme de 10% du PIB , comme l’Espagne , championne du monde de l’espérance de vie !

  4. La proposition de M. Nanternod n’est pas du tout stupide: 1. Il faut définir un certain nombre de maladies chroniques (établissement d’une liste exhaustive), telles que le diabète par exemple. 2. Le contrôle est facile (l’avis du médecin traitant et l’analyse des factures) et 3. l’assuré qui ne ne suit pas les traitements paie la franchise et la quote-part. Ce n’est certes pas la solution pour réduire les coûts mais un élément de la solution.
    En revanche, je partage l’avis du Dr Jeannot : les politiciens doivent s’abstenir de se mêler de la santé et laisser la parole aux techniciens (médecins et actuaires). Il faut une approche globale. Resserrer les boulons ici et là ne mène à rien.

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi cette proposition n’est pas réaliste.
      1. Définition d’une maladie chronique: facile pour le diabète, pour l’hypertension, plus difficile pour l’excès pondéral (à partir de quel poids ?), pour les lombalgies chroniques (à partir de quel degré de sévérité?) et pour l’état dépressif (pour quelle durée, uniquement les dépressions sévères ?).
      2. Le contrôle est impossible. Comment savoir si un patient prend régulièrement son traitement contre l’hypertension ? Demander à son pharmacien de compter tous les comprimés ? Selon le nombre de comprimés achetés en pharmacie ? Ce sera très compliqué…
      3. Le patient a parfois de bonnes raisons de ne pas prendre son traitement. Les études montrent par exemple que les patients qui devaient prendre chaque jour un médicament diurétique, par exemple pour traiter une hypertension, saute parfois une prise de médicament, notamment les matins où ils sortent, pour ne pas devoir chercher des toilettes à chaque coin de rue. Doit-on vraiment les punir ?
      Si l’on pense que des économies peuvent être faites par les patients c’est au contraire en les responsabilisant. Il faut faire du patient un partenaire. Le système actuel qui limite la durée des consultations ne va pas dans cette direction.
      Meilleures salutations.
      JG Jeannot

      1. Merci. Et ma dernière remarque ?
        1. Il suffit de définir précisément les maladies chroniques que l’on veut sélectionner. Par exemple: surpoids avec un BMI > 35. Et ignorer celles qui ne se laissent pas bien définir.
        2. En principe le pharmacien doit s’assurer que le patient achète uniquement les médicaments qui lui ont été prescrits et dont il a besoin. Je l’ai constaté hier dans une pharmacie.
        3. Si le patient, un jour, ne prend pas son diurétique, cela n’a pas de conséquences sur sa santé.

        Il y a maintenait près de 40 ans j’étais aux USA pour discuter de “cost management”. J’y ai entendu le Vice Président de l’American Medical Association. Il a dit qqch d’important que vous devriez méditer: “Nous, médecins, nous devons mettre de l’ordre dans nos rangs. Si nous ne le faisons pas, qqun d’autre le fera pour nous !” Alors que fait l’ordre des médecins ? Que faites-vous ? Dans toutes les professions il y a qq brebis galeuses (3-5%). Aussi parmi les médecins…

  5. Je pense que vous avez des échos par vos collègues des conséquences de l’introduction de la consultation limitée à 20 minutes, appliquée maintenant depuis une année. Les médecins généralistes ont dû revoir leur partage du temps entre l’écoute, les explications, les contrôles, pour s’adapter à cette règle qui ne tient aucunement compte des cas de figure qui se présentent (patient âgé plus lent pour comprendre, pour s’installer, se déshabiller et se rhabiller, état moral du moment, situations imprévues …) Et plus gênant encore c’est la méthode de travail du médecin que l’on veut finalement calibrer à la manière des fruits alignés au supermarché. La possibilité existe évidemment de prévoir un second rendez-vous, mais qui le fera vraiment, sans compter que cela complique la tenue de l’agenda en rapport de la disponibilité pour les cas urgents. Les décideurs de la mesure des 20 minutes savent bien que la plupart des patients ne reprendront pas rendez-vous. L’autre solution pour le médecin est certainement de prolonger la durée à ses frais, ce qui induit une diminution de salaire non négligeable pour celui ou celle qui prend au sérieux son travail. Tout cela est vraiment navrant…

  6. “(…) insultantes car le citoyen payeur n’est vu par ces politiciens que comme un individu qui abuse du système et qu’il faut surveiller.”

    Comme c’est le cas avec l’assurance invalidité, et l’assurance chômage… En Suisse, si on n’est pas en bonne santé et/ou laissé pour compte du marché du travail on est un malhonnête abuseur du système. Toutes les démarches pour obtenir ces aides sont faites de manière à nous accuser avant de nous aider.

  7. Personne n’a d’intérêt direct à la réduction des coûts de la santé. Pour les médecins, les pharmaciens, les fabricants de médicaments, les constructeurs d’hôpitaux, les architectes, les ingénieurs, les fabricants d’instruments, les fabricants de robots, c’est évident. Pour les assurances, c’est évident aussi. Pour les clients, les patients, qui ont payé en quelque sorte à l’avance les soins, il n’y a pas de raison de ne pas se faire soigner. Pour les politiques, de nouveaux hôpitaux, c’est du gâteau électoral. Personne n’a d’intérêt direct à réduire les coûs de la santé.

    Probablemnent que le seul moyen de réduire ces coûts, c’est d’en rendre le contrôle aux clients de la médecine.

    On l’entend ici ou là: il paraît que les 80 % des coûts de la santé sont consacréa à soigner les gens pendant les deux dernières années de leur vie. Je ne sais si le chiffre est juste, mais il est certain qu’il y en a un, de chiffre, qui est juste. Il ressort de ce constat qu’une très grande part de l’assurance maladie ne couvre pas un risque, puisque la mort est certaine. A ce stade, l’assurance ne traduit pas non plus une quelconque forme de solidarité puisque tout le monde meurt.

    Les gens meurent en moyenne à 80 ans. Les coûts de la santé s’élèvent à 80 milliards par année. Sur ces 80 milliards, 64 milliards (80 % de 80 milliards) sont dépensés pour tenter, vainement, de sauver les gens qui ont entre 78 et 80 ans, et 16 milliards (20 % de 80 milliards) suffisent à traiter les gens entre 0 et 78 ans. Les subventions payées à la santé représentant environ 30 % du coût global de la santé, soit 24 milliards (30 % de 80 milliards) sont supérieures de 8 milliards à ce qui est nécessaire aux soins de tous les gens entre 0 et 78 ans.

    Ce serait le principe: que la solidarité ne couvre plus les coûts de santé des gens qui approchent de la mort, inéluctable. En contrepartie que les gens ne paient plus de primes pendant toute leur vie, ou en tous cas beaucoup moins (moins d’un cinquième de ce qu’ils paient actuellement en primes d’assurances).

    1. Bonjour,

      Merci pour votre commentaire.

      Lorsque vous écrivez “Personne n’a d’intérêt direct à la réduction des coûts de la santé. Pour les médecins, les pharmaciens, les fabricants de médicaments, les constructeurs d’hôpitaux, les architectes, les ingénieurs, les fabricants d’instruments, les fabricants de robots, c’est évident”, vous avez mille fois raisons. Il n’y a dans notre système de santé très peu d’incitatifs pour consommer moins. Et tellement d’acteurs qui ont intérêt à ce que les coûts continuent à augmenter.

      Meilleures salutations.

      Jean Gabriel Jeannot

      1. Et pour ce qui est de la suite à ce constat? pas de réaction? pas de commentaire?

        Avez-vous connaissance des chiffres que je pense devoir exister: ils sont probablement nécessaires à tous les actuaires.
        L’un d’eux en tous cas devrait être facile à connaître: quels sont les coûts de la santé, par tranche d’âge? Que paient les assurances pour les gens qui ont 20, qui ont 21 ans, qui ont —— 90 ans, 91 ans, etc. et
        L’autre: quelles prestations ont été payées par les assurances pendant les deux dernières années de vie de leurs clients?, pendant les trois dernières années, les 4 etc.

        Autre interrogation: vous ne commentez pas la piste que j’expose? La trouvez-vous moralement si peu acceptable qu’on ne peut en débattre?

    2. Vous écrivez:
      1. “On l’entend ici ou là: il paraît que les 80 % des coûts de la santé sont consacrés à soigner les gens pendant les deux dernières années de leur vie. Je ne sais si le chiffre est juste, mais il est certain qu’il y en a un, de chiffre, qui est juste. Il ressort de ce constat qu’une très grande part de l’assurance maladie ne couvre pas un risque, puisque la mort est certaine. A ce stade, l’assurance ne traduit pas non plus une quelconque forme de solidarité puisque tout le monde meurt”.

      Ma réponse: ce chiffre de 80% est FAUX. “Cette analyse récemment publiée (cf. infra la source) montre que les dépenses remboursées par les caisses maladie augmentent drastiquement dans les douze mois qui précèdent le décès. Elles vont jusqu’à franchir la barre des 30 000 francs, ce qui dépasse largement les coûts de santé habituels qui, selon l’âge, oscillent entre environ 3500 et 6700 francs par an.” Source: R. Panczak et al. Regional Variation of Cost of Care in the Last 12 Months of Life in Switzerland: Small-Area Analysis Using Insurance Claims Data. Med Care 2017; 55:155-63.

      Par ailleurs un risque existe dès lors que sa date de survenance est incertaine.

      2. Vous continuez:”Les gens meurent en moyenne à 80 ans. Les coûts de la santé s’élèvent à 80 milliards par année. Sur ces 80 milliards, 64 milliards (80 % de 80 milliards) sont dépensés pour tenter, vainement, de sauver les gens qui ont entre 78 et 80 ans, et 16 milliards (20 % de 80 milliards) suffisent à traiter les gens entre 0 et 78 ans. Les subventions payées à la santé représentant environ 30 % du coût global de la santé, soit 24 milliards (30 % de 80 milliards) sont supérieures de 8 milliards à ce qui est nécessaire aux soins de tous les gens entre 0 et 78 ans”.

      Votre calcul ne tient pas la route: vous ne pouvez pas dire que 80% de 80 milliards sont dépensés pour tenter de sauver les gens entre 78 et 80 ans. Il faut considérer uniquement les gens qui sont en phase terminale et leur appliquer le coût réel (au max CHF 30’000).

      Il n’y a pas que les politiques qui devraient s’abstenir de parler de la santé et des coûts médicaux !

      1. Ce sont les personnes comme vous, qui proposent de laisser mourir les êtres humains dès l’âge de 78 ans, qui devraient s’abstenir de parler se santé. Vous n’approchez assurément pas encore cet âge, il vous reste encore du temps pour faire vos expériences, réfléchir, et apprendre.

    3. La statistique que vous citez: “80% des coûts de la santé généré lors des 2 années de vie” m’est également connue sans que je puisse citer de sources. Cependant, il faut faire très attention en interprétant, ces 80% sont indépendants de l’âge de décès. Plus que de montrer que la population âgée génère plus de coûts (ce qui est une réalité et j’y reviendrai), cette statistique tend à indiquer que la médecine moderne consacre beaucoup de ressources à repousser la mort de quelques mois. Il serait intéressant d’avoir l’avis d’un médecin sur la question.
      Quant à réduire les coûts en fin de vie,cela peut paraître séduisant mais qui décidera qui est en fin de vie et qui ne l’est pas?
      Le coûts moyen par assuré en fonction de l’âge est librement disponible (par le biais de l’OFS), je vous laisse faire une petite recherche sur l’internet. Vous constaterez qu’ il augmente avec l’âge, en particulier à partir de 60 ans. L’idée de réduire la solidarité intergénérationnelle n’est pas nouvelle mais elle n’est pas si simple: à partir d’un certain âge le coût moyen est absolument insupportable, la part de la population la plus âgée n’est simplement plus assurable sans solidarité intergénérationnelle. La question de la part de richesse qu’une société (par exmple, la nôtre) est prête à consacrer à son système de santé n’a pas encore été tranchée.
      Je me permets encore une remarque concernant l’augmentation de la franchise de 50CHF. Cette décision est plus ou moins unanimement décrite comme une bêtise, à mon avis, l’idiotie de la mesure doit être relativisée. L’augmentation de la franchise agit sur la répartition des coûts (à la charge de l’assurance de base) entre les malades et les bien portants. Augmenter la franchise transférerait donc des coûts des bien portants sur les malades, ce qui est éthiquement discutable et pas forcément productif. Cependant, en présence d’inflation médicale, garder la franchise fixe conduit à transférer des coûts des malades vers les bien portants donc si l’on estime que la répartition des coûts avec une franchise à 300 CHF était la bonne, il est logique d’augmenter la franchise au même rythme que l’inflation médicale pour conserver le même équilibre.

      1. Analyser les coûts d’une personne âgée en rapport de celles qui le sont moins ou encore jeune est le premier pas visant à établir des critères de sélection portant sur la « valeur de la vie » d’une personne. Pour celles qui volontairement veulent abréger leur existence envers et contre leur corps qui s’y oppose, en sollicitant l’assistance d’Exit par exemple, la question est déjà délicate, et les intervenants de cette association s’efforcent de déterminer si la décision répond à un libre choix. Vouloir quitter ce monde parce qu’on est un poids pour sa famille, ou d’autres considérations du même ordre, laisse entendre que le choix n’est pas pris en toute indépendance. Maintenant, dans un domaine autre que le suicide assisté, si ce devait être à l’entourage médical de faire un choix ou de l’influencer, dans le contexte d’une personne très âgée qui a besoin de soins pour survivre, ce serait totalement à l’opposé de la déontologie médicale acquise depuis la signature du Serment d’Hyppocrate. Et à partir de quel âge commence-t-on à survivre ?.. Il n’y a pas que la maladie ou l’usure de l’âge par lesquels nous sommes vulnérables, c’est dès le début de notre existence que nous résistons aux agressions des autres formes de vies naturelles, au froid, à la sécheresse… Relativement à un seuil d’âge au-delà duquel il faudrait modifier son approche quant à la mesure de l’aide à fournir, financièrement parlant, je mentionne que la moitié des personnes de plus de 90 ans vivent encore à leur domicile, malgré leurs difficultés de mobilité et les douleurs physiques de l’âge. Dans notre pays où l’entrée en EMS est offerte à tous, cela signifie bien que la moitié des personnes de 90 ans veulent vivre. Va-t-on leur déclarer : « Vous avez de la chance, mais le jour où votre santé physique vous abandonnera vous entamerez un compte à rebours dans une fin de vie naturelle. C’est bien la solution économique proposée plus ou moins ouvertement dans certains commentaires de cette colonne…
        « La médecine moderne consacre beaucoup de ressources à repousser la mort de quelques mois… » La médecine moderne s’efforce à limiter les souffrances durant la période d’affaiblissement des fonctions vitales. Le corps va mourir et en même temps il lutte pour rester en vie. C’est cela le processus naturel, ce n’est pas le médecin qui est à l’œuvre. Et c’est à lui de déterminer dans quelle mesure il « prolonge » ou « freine » la vie physique. Son intention n’est pas de « repousser la mort de quelques mois » (ni de trois semaines), mais d’agir durant cette période pour limiter les souffrances dans les possibilités des moyens existants. J’ai assisté à la fin de vie de ma mère qui avait 94 ans, dans son lit d’hôpital. J’ai entendu une infirmière déclarer à mon sujet : « Oh… Son fils veut la prolonger… » Je souhaitais qu’elle ne souffre pas, ni plus ni moins, mais pour avoir montré ma tristesse quand se posait la question de cesser de lui donner à boire, cela a suffi pour considérer que je voulais « la prolonger ». J’ai eu ensuite la confirmation du médecin que la privation d’eau était sans souffrance, mais également qu’un dosage de morphine devait se situer dans une marge idéale pour viser son but : Insuffisant, il n’atténuait pas complètement la douleur, mais trop élevé il risquait de conduire à une mort par asphyxie qui est très douloureuse. Vous voyez donc que le médecin tente de choisir le meilleur compromis, et qu’il m’a fallu raisonner pour comprendre que l’idéal n’existait pas. Je voudrais moi aussi que l’être humain puisse quitter ce monde sans devoir inutilement souffrir, mais la nature est loin d’être parfaite, et je ne voudrais pas qu’on me laisse mourir comme une bête sous prétexte que de ne pas faire des dépenses inutiles pour « repousser ma mort d’un ou deux mois… »

  8. Alors…selon les dires de certains, à partir d’un certain âge on ne devrait plus se faire soigner mais se laisser mourir tranquillement, chez soi et dans son lit car autrement on coûte trop cher…mais Messieurs, vous oubliez une chose : pendant de longues années on a aussi payé des primes sans être malade et ces primes ont, normalement été utilisées pour soigner les «vieux » de cette époque là soit, peut-être, vos propres parents. Et vous oubliez que vous aussi, serez vieux un jour. Alors, oui…il ne faut pas d’acharnement thérapeutique et tout faire pour garder en vie une personne qui ne peut plus se lever, plus parler, plus bouger et que l’on nourrit artificiellement… mais qu’on ait 70 – 80 ou 90 ans et qu’on ait un genou ou une hanche à remplacer pour pouvoir se déplacer…je ne vois pas pourquoi cela devrait être refusé car « trop cher et trop âgé »…il ne faut pas oublier qu’il y a aussi et malheureusement de très nombreux enfants et jeunes atteints de cancer…et tout cela a un coût. Il faut donc revoir une chose et pour moi c’est la principale : baisser le prix des médicaments, baisser les revenus des hauts dirigeants des caisses et des industries pharmaceutiques ainsi qu’interdire à tous les politiciens de faire partie des conseils d’administration des dites caisses et industries pharmaceutiques et vous verrez que les primes pourront baisser…

  9. En fait le problème est mal posé, soit intentionnellement soit par incompétence. Quel est le problème :
    L’augmentation des primes, constante et largement supérieur tant aux coûts de la vie qu’au coûts de la Santé.
    Une assurance travaille par une répartition des risques sur le plus grand nombre possible d’assurés ( ce qui assure des primes raisonnables) Or la LAMAL c’est plus de 22’000 régimes d’assurance différents (Presque un par commune). Ce qui augmente, artificiellement, la valeurs des primes.
    Comment se fait-il que lorsque les coût de la Santé vont diminuer, les primes augmentent v? c’est pourtant ce qui s’est fait sur les primes 2017 (pour 2018, malgré la baisse des prix de 400 médicaments, et la révision/réduction du TARMED et des réserves plus que confortables ) et sur les primes 2018 (pour 2019, malgré la BAISSE des coûts de la Santé et des réserves encore plus confortables).
    Comment se fait-il que dans un même régime (canton de Genève, 2015,chiffres de l’OFSP) la prime la plus basse est à moins de 300.- et la prime la plus élevée est à plus de 800.-, et cela pour le même produit?
    Aucune loi ne donne la formule de calcul des primes, ni la LAMAL, ni la Loi sur la surveillance de la LAMAL. La loi sur la surveillance de la LAMAL ne prévoit aucune sanction contre les assurances,la charge du remboursement des erreurs de l’assurance est transférée sur les primes, donc les assurés.
    Les soupçons d’entente cartellaire entre plusieurs assureurs ont été encore renforcée par les fixations de primes de 2017 et 2018. Il faudrait qu’un Canton ou bien l’OFSP demande une enquête à la COMCO.
    Le changement de calcul de la prime moyenne en 2018 par l’OFSP nous fait penser que l’OFSP n’est plus l’organe neutre chargé de contrôler les assureurs mais est devenu un partenaire de ceux-ci.
    Je viens d’expliquer la raison de mon doute sur l’analyse du problème. Le problème c’est le calcul de la prime. Or on nous rabat les oreilles avec un seul argument, l’augmentation des coûts de la santé, mais même quand ils baissent, les primes augmentent.
    Les pistes sont simples :
    -Unification de la prime par une caisse de compensation couvrant les coûts de la Santé sur toute la Suisse. (Un peu comme la SUVA)
    -Calcul transparent des coûts réels.
    -Suppression des réserves, à verser dans la caisse de compensation.
    -Audit de l’OFSP.
    -Enquête de la COMCO.
    -Révision des comptes des assureurs LAMAL par la FINMA.
    Après on pourra discuter s’il est nécessaire d’avoir des mesures de responsabilisation des assurés.

    1. Bonjour,
      Vous écrivez “le problème est mal posé”. Mon texte n’a pas la prétention de répondre à la problématique des coûts de la santé, juste de dire que les propositions des politiciens sont surprenantes.
      Ceci dit, vos propositions me semblent intéressantes, une chose est sûre, il faut faire quelque chose. Mais pas prétendre apporter un début de solution en augmentant la franchise de 300 à 350 francs et en surveillant les malades chroniques….
      Merci pour votre commentaire.
      Jean Gabriel Jeannot

      1. Je vous suit complètement dans la fumeuse théorie de la responsabilisation des assurés. C’est simplement montrer que ces gens, CN ou CaE n’ont pas de problème d’argent. Ils ne voient donc pas que les assurés sont sur-responsabilisés chaque année avec l’annonce des augmentations de primes.
        D’ailleurs pourquoi responsabiliser une population qui selon l’OCDE est celle qui va le moins souvent consulter (tous corps de santé confondus).
        En fait ce sont nos politiciens fédéraux qu’il faut responsabiliser. Par exemple en diminuant leur revenu de 10% chaque année où une annonce d’augmentation des primes, même de seulement 1ct, ou de 0,0000001% de la prime de l’année précédente. Je ne sais pas pourquoi, mais ils trouveraient alors très rapidement des solutions pérennes.

  10. Tant que nous ne remettrons pas en cause le terme même de “Coûts de la Santé” et remplacer cette appellation mensongère par “coûts” des “soins” ou des “thérapies” ou de la “maladie” : nous serons toujours les dindons de la farce ! Mais même cela nombreux médecins ne peuvent l’admettre, encore moins les caisses d’assurance, et encore moins les pharmas ! Alors si vous voulez améliorer la situation commencez par appeler les choses par leur nom.

    La santé est gratuite et se sont les soins qui sont (trop) coûteux !

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