En visite au LUDOV (Université de Montréal)

En visite récemment en Suisse pour la défense de thèse de Selim Krichane, le professeur Bernard Perron du Laboratoire universitaire de documentation et d’observation vidéoludiques (LUDOV) à l’Université de Montréal s’était gentiment moqué de l’appellation « GameLab » choisie par le groupe d’étude sur le jeu vidéo de l’Université de Lausanne alors que nous n’avons pas réellement de « laboratoire ».

J’ai saisi l’occasion d’être à Montréal pour la conférence annuelle en humanités numériques et je suis allé visiter le LUDOV et m’entretenir avec le professeur Perron sur la présentation qu’il donnera en clôture du colloque « Penser (avec) la culture vidéoludique » à l’Université de Lausanne (UNIL) qui se déroule du 5 au 7 octobre 2017.

Et… en effet, avec près de 90 plateformes et plus de 3’500 jeux, des écrans de toutes sortes, un vidéo-projecteur, des sièges appropriés, les chercheuses et chercheurs du LUDOV ont à leur disposition tout le matériel nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions sur le jeu vidéo de toutes les époques, à la manière de ce qui est mis à disposition par l’UNIL pour la recherche sur le cinéma.

Voici quelques photos et commentaires de la visite.

Les lieux

Tout d’abord, il faut savoir que laboratoire est réservé aux membres du LUDOV, ainsi qu’aux étudiant-e-s travaillant sur le jeu vidéo, qui doivent s’annoncer à l’avance.

Les ordinateurs ci-contre tournent sous différentes déclinaisons de Windows.

 

Lorsqu’un-e étudiant-e se rend au laboratoire, la console demandée est déjà installée sur un de ces postes.

 

Deux télévisions HD, des consoles, des boîtes de jeux, des fauteuils IKEA Poäng (de loin le meilleur rapport confort/prix de l’histoire du mobilier d’intérieur). À droite, on voit le mur destiné à l’écran du vidéo-projecteur.

 

Un autre espace de jeu.

 

Consoles et ordinateurs

Des meubles de rangement faits sur mesure ont été commandés pour ranger jeux et consoles. Ils sont fermés à clé, ce qui procure une sécurité supplémentaire (il y a pour plus d’une centaine de milliers de dollars canadiens de matériel dans ces lieux).

 

Seeeee-gaaaaa !

 

Une Commodore 64 et une VIC-20, ainsi qu’une ZX Spectrum (pour faire ça bien, la collection remonte très loin).

 

Les jeux

Sans oublier quelques miliers de jeux : ici N64 et PlayStation 2 (et Videopac ?).

 

Des jeux NES.

 

Des cartouches Atari VCS et Intellivision (au fond).

 

Un kit de tir complet (jeu, boîte, manuel, etc.) pour l’Odyssey, la première console de salon.

 

On aperçoit une Vectrex. Il y a également une Virtual Boy et nombre d’autres disposées un peu partout. La collection du LUDOV couvre bien l’histoire du jeu vidéo et pour chaque boîte de jeu ou console le professeur Perron a une anecdote à raconter. Construire une telle collection demande en effet de rester à l’affût des sites de petites annonces et de l’annonce de brocantes et autres vide-greniers afin de réussir à déceler de bonnes opportunités.

 

Dans ces conditions…

… il faut avouer qu’à Lausanne nous accusons un certain retard sur Montréal et d’autres universités nord-américaines ou européennes.

La recherche sur le jeu vidéo à l’UNIL repose actuellement sur la pratique à la maison, sur des collections personnelles, et ni l’une ni l’autre ne se trouvent à l’Université. Il est dès lors difficile de partager une expérience de jeu et de l’analyser en groupe, tout comme il est n’est pas aisé de mettre en place un corpus sur lequel plusieurs personnes peuvent travailler, ou tout simplement d’avoir un espace approprié dans les murs de l’Université pour étudier cet objet de recherche comme il se doit.

Un véritable laboratoire avec télévisions, jeux et consoles : c’est un objectif que notre groupe d’étude va chercher à réaliser pour un avenir que l’on espère pas trop lointain.

UPDATE! [9.8.2017] Le professeur a attiré mon attention sur cet entretien, qui complète la lecture ci-dessus.

 

 


Ce billet est d’abord paru sur le site du UNIL GameLab, groupe d’étude sur le jeu vidéo de l’Université de Lausanne.

L’image d’en-tête est tirée du site web du LUDOV de l’Université de Montréal.

Yannick Rochat

Yannick Rochat

Yannick Rochat est premier assistant à l'Université de Lausanne et chercheur en digital humanities, un domaine où se rencontrent informatique, mathématiques et sciences humaines et sociales. Ses travaux portent notamment sur les réseaux, les twitterbots, les game & play studies, et les archives de journaux. Mathématicien de l'EPFL, il est également docteur en mathématiques appliquées aux sciences humaines et sociales de l'UNIL.

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