Il faut 20 000 emplois dans le climat essentiels à notre survie

Je vois très peu d’offres d’emploi dans le domaine du climat. C’est le plus grave problème de notre siècle et il semble y avoir peu d’initiatives en cours  pour le gérer. C’est hallucinant!  La population travaille dans la communication commerciale, dans la vente de très nombreux produits nocifs, dans la construction,  mais personne n’est employé dans la sauvegarde de la Vie sur Terre. C’est peut-être la preuve du peu d’investissement réel dans ce domaine. Or  aujourd’hui, presque  tout le reste est subsidiaire, tout est menacé par le climat.

Je vois plusieurs domaines auquel il faut s’atteler d’extrême urgence:

Alimentation végétale: Vous avez le droit de choisir vos aliments. Cependant, de nos jours, les gens pressés attrapent souvent un burger ou un kebab tout prêt dans le snack le moins cher sur leur chemin. Il faut fournir une alternative végétale moins chère. Les lieux de restauration rapide doivent proposer un aliment vegan moins cher que la viande. Il sera généralement plus sain, et comporte moins de risques d’intoxication.

Des aliments végétaux devraient être produits à bas prix, grâce aux subventions ou même dans des entreprises créées à cet effet.

Il faut modifier l’agriculture, la foresterie et l’horticulture pour ramener du carbone dans le sol. Les plantes captent du CO2, en construisent leur corps et  en laissent les restes dans le sol qui s’enrichit ainsi en carbone. Il faut étudier les végétaux qui capturent efficacement du CO2 dans nos régions, les moyens d’ajouter du carbone au sol, des déchets végétaux, des feuilles mortes, du paillage, des vieilles souches, des copeaux de bois, éventuellement des produits de la technologie BECCS. Ces procédés devraient être développés par plusieurs groupes de recherche en agriculture, d’autres en horticulture, et en foresterie, en génie rural, en environnement. Chaque équipe de recherche étudierait une association végétale, une technique d’incorporation de carbone au sol, par exemple les plantes comme le noyer Maya, ou le compostage.

En foresterie,  plusieurs groupes de recherche étudieraient des forêts de composition différente, qui résisteraient au changement climatique et capteraient vite du carbone. J’ai écrit il y a peu sur mes inquiétudes que les forêts suisses ne succombent rapidement au changement climatique. Il faudrait tout faire pour prolonger leur existence au milieu du déferlement des catastrophes, des sécheresses et des vagues de chaleur, que nous verrons bientôt.

Plusieurs équipes devraient étudier les associations végétales optimales, les plantes captant rapidement du CO2, l’immobilisation du carbone dans le sol, des bactéries et champignons qui l’absorbent.

Matériaux de construction: plusieurs groupes de recherche pourraient mettre au point différents matériaux de construction écologique, et le recyclage des anciens. Les bâtiments devraient être adaptés pour supporter les ouragans et les vagues de chaleur.

Idéalement, après cinq ou dix ans, les meilleures solutions devraient être appliquées partout, un éco-biotope sur chaque rond-point, chaque maison en matériaux écologiques, trois solutions CO2- dans chaque exploitation agricole, par exemple à la fois des plantes absorbant rapidement le CO2, un paillage du sol, le compostage et des arbres. Certaines techniques sont déjà prêtes à mettre en place mais leur efficacité pourrait probablement  être décuplée.

Si la crise perdure, il serait peut-être bon de réaliser ces projets en créant une grande quantité d’emplois publics. Les autres pourraient être menacés.

Les changements sans précédent de la météo, de la végétation, du terrain même doivent être très précisément suivis et les risques inhérents devraient être étudiés. Quand les forêts mourront-elles? Quand y aura-t-il des ouragans? Quand fera-t-il trop chaud pour le blé et les vaches?. Il faudrait peut-être étudier des plantes qui supportent les températures extrêmes…

Le besoin des panneaux solaires ou de l’isolation des bâtiments a déjà été discuté et en partie compris. De nombreuses autres excellentes idées circulent aussi, mais Il faut y ajouter aussi cette liste, qui, si elle ne prétend pas être exhaustive, est en tout cas nécessaire.

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

14 réponses à “Il faut 20 000 emplois dans le climat essentiels à notre survie

  1. Bonjour,
    En tant que Conseiller en Évolution Professionnelle à Pôle emploi à Paris, je suis bien entendu interpellé par votre post “20000 emplois dans le cimat”. Surtout, il me serait utile d’identifier les métiers concernés, existants ou à inventer.
    On peut échanger en MP sur LinkedIn si vous acceptez mon invitation ou par mail :
    [email protected]

    1. Je pense à des postes de professeurs d’université, et d’école d’ingénieur, des places de chercheurs qui travailleraient sur la capture de carbone en biologie, biotechnologie, agronomie, science des matériaux, agriculture, chimie, chimie des sols. Dans chacun de ces domaines il y a plusieurs façons de capter le Carbone à développer. Après il faudrait les appliquer dans l’agriculture, avec l’aide de subventions et de techniciens qui formeraient ou aideraient les agriculteurs, dans les espaces publics, avec l’aide de jardiniers formés spécifiquement. Il faut aussi des nombreuses personnes dans l’isolation des bâtiments, dans l’installation des panneaux solaires et la formation à ces technologies. Les technologies de recyclage (en fait, RRR) devraient être développées et il faudrait de nombreuses personnes pour les appliquer. Je proposais aussi des systèmes de canaux pour gérer les sécheresses et inondations et pour éventuellement arroser les forêts, il faut des Sérieuses digues et canaux d’évacuations d’inondations qui seront plusieurs fois plus grandes, avec des rivières furieuses coulant dans les rues. Il faut absolument se prémunir de ce danger. Nous risquons aussi des tornades, des ouragans et des vagues de chaleur, il faudrait aménager des abris d’urgence…

      1. L’idée est excellente ! Mais en raison des dépenses folles se chiffrant en centaines de milliards d’Euro ou de dollars pour soutenir l’économie que les gouvernements du monde entier ont dépensé jusqu’à présent et continueront de dépenser en raison de la pandémie actuelle de coronavirus, je doute fort qu’un virage écologique aussi majeur telle que celui que vous proposez soit une priorité absolue des gouvernements actuels. Que se soit en France, en Suisse, au Canada ou ailleurs dans le monde et tant qu’il n’y aura pas de Président, de Premier-Ministre et de Ministres ayant tous une formation universitaire soit en écologie, en biologie, en agriculture, en climatologue ou autres sciences connexes, rien ne changera selon moi. Si Jean-Marc Jancovici, par exemple, était Président ou Premier-ministre de la France ou bien de la Suisse, alors là j’aurais confiance dans le futur. https://www.youtube.com/watch?v=v8qGglY_jM4

        1. Les gouvernements ne devraient vraiment pas injecter d’argent dans l’aviation, dans la vente d’objets polluants, dans la construction inutile, dans l’élevage. Ces sommes serviraient alors à la publicité qui nous manipule pour nous faire acheter, à casser les prix. Le gouvernement provoque ainsi, en connaissance de cause, une pollution dangereuse pour ses citoyens. Il vaut mieux investir dans la transition écologique .

      2. “Je pense à des postes de professeurs d’université, et d’école d’ingénieur, des places de chercheurs qui travailleraient sur la capture de carbone en biologie, biotechnologie, agronomie, science des matériaux, agriculture, chimie, chimie des sols.”

        Des professeurs d’université et d’écoles d’ingénieurs, des chercheurs maniant, hors laboratoires, râteau, balai, brosse et pelle, en connaissez-vous beaucoup? Bien sûr, je plaisante. C’est pourtant ce que l’image illustrant votre article suggère. Or, pour avoir fréquenté cette éminente élite d’incomparables talents pendant trop d’années, d’abord comme étudiant puis comme chercheur, je doute fort que vous y trouviez beaucoup de candidats prêts à s’engager aux tâches que votre programme, certes intéressant, propose, et ne se pressent avec enthousiasme au portillon.

        Pourtant, votre programme mérite qu’on s’y arrête, à condition de le rattacher aux bonnes personnes, soit la vaste majorité de gens au chômage ou à l’aide sociale, avec ou sans crise pandémique. Et ce ne sont à coup sûr pas les académiciens qui en fournissent le gros des bataillons, même si ceux-ci ne sont pas plus que d’autres à l’abri de la précarité et du chômage – le site français “Sauvons la recherche” ((sauvonslarecherche.fr) est riche d’exemples à cet égard.

        Enfin, s’agissant du salaire – car il faudra bien payer tout ce beau monde -, pensez-vous sérieusement qu’un professeur d’université renoncera sans sourciller à son salaire pour celui d’un balayeur?

        Tant que ces questions n’auront pas reçu de réponses précises, avec faits à l’appui, vos propositions, aussi justifiées et motivées soient-elles, ne resteront-elles pas du domaine de la pure utopie?

        1. Il faut mettre des solutions en place tout de suite mais suite à un peu recherche, leur efficacité pourrait être décuplée. Les aménagements actuels pourraient être améliorés par la suite.

  2. Dans les grandes villes, des investisseurs immobiliers continuent à acheter des maisons de plus en plus chers et de plus en plus grosses. Pourtant le prix des maisons dans les grandes villes est voué à s’effondrer tôt ou tard dans un monde en surchauffe où il y aurait de graves pénuries d’eau potable, des inondations catastrophiques, des canicules et des sécheresses insupportables. C’est bien la preuve qu’une grande partie de la population croit que le dérèglement climatique n’aura aucun effet sur la croissance économique.

  3. En effet et ce n’est pas le moindre des paradoxes que penser transition écologique mais de n’investir que dans le sauvetage d’une économie qui va sans doute contribuer encore plus aux inégalités entre les gros et les petits! Il faut comme vous le dites avec raison imaginer un emploi écologique qui va des chercheurs aux agriculteurs en élaborant un plan de besoins exprimés avec une stratégie de transition. On parle CO2 transport et habitat mais on oublie l’agriculture dont il faut reprendre les concepts. Il faut bannir la mainmise des gros industriels type Monsanto qui possèdent les brevets sur les semences et conduisent avec l’aide des gouvernements américains à la mort de la diversité agricole au profit de quelques OGM destructeurs. Il faut redonner à l’agriculteur.trice la part centrale dans le système alimentaire car ils sont garants de la diversité et de la biodiversité. Il faut donc disposer des emplois permettant cela mais il faut aussi que ces emplois soient correctement payés afin de pouvoir en vivre dignement ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Un des premiers devoirs de toute relance devrait être de penser cette transition nécessaire en terme de besoins, de métiers et d’emplois mais aussi en mettant les moyens permettant aux travailleurs de vivre. IL faut cesser de support les gros qui déstabilisent le monde et les pays en tuant toute forme de diversité. C’est aussi cela la transition écologique qui doit intégrer l’environnement mais aussi l’environnement humain la culture, le respect et la reconnaissance de l’autre

    1. ”Il faut donc disposer des emplois permettant cela mais il faut aussi que ces emplois soient correctement payés afin de pouvoir en vivre dignement ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.” Je me permet de douter fort que ces emplois de type écologiste soit correctement bien payés. A mon humble avis, ce ne sera que du ”cheap labor” c’est-à-dire des emplois sous-payés ne permettant même pas de vivre dignement et sans aucune protection sociale. Ce ne sera qu’une forme d’esclavagisme plus ou moins volontaire de travailleurs naïfs au profit d’une élite de patrons qui eux seront probablement grassement bien payés.

      1. En effet et c’est là où il faut peser tout de suite pour imposer un recentrage de la valeur travail et donner à chaque emploi sa valeur sociale. En effet pourquoi un emploi type agricole serait moins valorisé qu’un emploi type industriel ou service? Effet du capitalisme et de la course au profit qui cherche à écraser tout ce qui a un coût pour ne garder que le prix pour quelques-uns? Il faut imposer des échelles de salaire plus resserrées. il n’y a pas de cheap labor il y a des emplois et chaque emploi a une empreinte sociale qui doit être un élément à considérer dans l’établissement du salaire. Il faut que chacun puisse vivre de son salaire ; au lieu de continuer à paupériser les emplois au profit de quelques-uns l’écologie ce doit être aussi de renforcer la justice sociale et le respect et permettre à chacun de trouver sa place et apporter sa contribution.

  4. Se tourner vers la prise en compte des changements climatiques anthropiques et montrer qu’ils peuvent favoriser l’emploi est effectivement une voie de bon sens. Comme le montre l’article suivant du Guardian (utilisez DeepL si l’anglais vous gêne), il faut aller de l’avant et ne plus perdre de temps avec les sceptiques pervers :
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/jul/30/climate-denier-shill-global-debate?CMP=Share_iOSApp_Other

    1. ‘Les sceptiques pervers’ rien que ça! Le journal The Guardian est l’outil de propagande officiel du gouvernement britannique, c’est un fait évident à moins de se fermer les yeux ou d’être un carbophobe (fanatique de la religion carbo-neutre). Votre obsession du carbone vous fait délirer, M. Masson, de même que votre obsession maladive au sujet de l’empire Koch. Vous avez même enrichi le vocabulaire d’un nouveau mot: kochlandais.
      Vous devriez plutôt essayer de lire le Off-Guardian, M. Masson …

      1. Vos talents de grammairien , votre divagation sur le positionnement du Guardian, votre génie dans le domaine du diagnostic psychiatrique, doivent être à la hauteur de vos connaissances dans le domaine des changements climatiques anthropiques. Effectivement, vous pensez et agissait comme une victime du Kochland. Si vous comprenez l’anglais, lisez donc ce livre ! Peut-être vous ouvrira-t-il des horizons si toutefois la kochlandose n’est pas hors de contrôle.

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