Les forêts menacées par l’activité humaine et le climat

Dangers pour les forêts

L’Homme défriche les forêts depuis des centaines d’années. Au vingtième siècle, la déforestation a surtout touché les tropiques. L’activité humaine en est encore une cause importante.  Les feux qui ont sévi en Amazonie entre 2003 et 2020 ont été provoqués par l’Homme, par la déforestation intentionnelle, plus que par le réchauffement climatique (FAPESP). La déforestation a doublé à cette période et  les feux sont un phénomène nouveau largement provoqué par l’Homme (blog ci-dessous).  Ils constituent une des plus importantes perturbations de la forêt amazonienne, ils empêchent le stockage de carbone et libèrent celui contenu dans les arbres.

Une étude chinoise récente montre que les activités humaines sont le deuxième facteur le plus important après le climat de modification de la structure forestière. C’est le cas à la fois au niveau mondial et régional. Ils ont en outre montré que la dégradation anthropique est omniprésente même dans les zones forestières qui sont officiellement protégées ou perçues comme intactes.

Cette étude a considéré la densité des forêts, une indication du nombre d’arbres présents. Elle établit que dans un tiers de forêts l’activité humaine est la principale cause de déforestation, et le chiffre est semblable pour les zones protégées (phys). Nous pouvons éviter ces dégradations par des décisions politiques.

Déforestation

Je trouve un excellent article de Wikipedia sur la déforestation. Il montre une carte des Etats-Unis en 1620, les forêts apparaissent en noir. Elle donne une idée de la Terre il y a quelques centaines d’années, la forêt y était omniprésente. La grande forêt européenne couvrait notre continent et a été déboisée un peu plus tôt.

Image par William B. Greeley, US Forest Service — Southern Forests Flickr, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19261874

Avant cela, il y a des milliers d’années, les hommes de l’âge de pierre cultivaient des jardins -forêts, un mélange d’arbres sauvages, fruitiers, et de noisetiers et d’autres fruits qu’ils plantaient (lien). Depuis mille ans au moins, nous grignotons les forêts parcelle par parcelle sans réaliser les conséquences planétaires.

J’aimerais que ces immenses forêts reviennent, arbre par arbre, que nos régions soient ombragées par une canopée que les écureuils puissent parcourir d’un bout à l’autre du continent.  J’ai l’impression que chaque arbre compte, chaque jardin pourrait contenir au moins un représentant de son écosystème naturel.

Wikipédia mentionne aussi que la forêt accroît de 0.5°C la température moyenne des tropiques, comme Martine Rebetez l’a observé en Suisse. L’absence des arbres pourrait aussi permettre des vagues de chaleur plus importantes, car la forêt les tempère (Wikipédia). Il a été calculé que plus la jungle Amazonienne est grande, plus elle est résistante. Elle provoque des pluies bienfaisantes. La déforestation diminue cet effet et expose les arbres restants à des sécheresses croissantes.

Les dangers du climat

Cependant, le climat est aussi une menace. Une étude  récente confirme que l’Amazonie est menacée par le changement climatique à la fin du siècle (Exeter).  Elle semble bénéficier de moins d’humidité, la chaleur croissante l’assèche graduellement (lien).

Je crains que les années 2023 et 2024 n’apportent des catastrophes dangereuses pour la région. El Nino est prévu pour la fin de l’année. En 2015-2016, il a apporté un demi -degré de réchauffement planétaire.  L’Amazonie a alors été touchée par des chaleurs record, et une sécheresse extrême, notamment dans le Nord-Est. Cet effet pourrait être lié aux températures  élevées du Pacifique équatorial central (RUVID).    La sécheresse a tué 2,5 milliards d’arbres et émis un demi-milliard de tonnes de CO2 d’une surface correspondant à environ 1% de l’Amazonie, ce qui a augmenté les émissions du Brésil d’environ 20%.   Les arbres mourraient encore au cours des années suivantes (phys). Dans le Sud de l’Amazonie, comme dans la forêt du Congo, les espèces habituées à l’humidité meurent et sont remplacées par d’autres, plus résistantes à la sécheresse (article, Nature). Une partie de l’Amazonie au moins, le Sud-Est, émet désormais plus de carbone qu’elle n’en absorbe (Nature).

Ensuite, les températures ne sont pas vraiment redescendues, et le prochain El Nino causera sûrement un réchauffement supplémentaire, des nouveaux records. L’ Amazonie pourrait subir une sécheresse beaucoup plus importante l’hiver prochain, et une mortalité d’arbres accrue. Combien en perdra-t-elle cette fois?

La biodiversité et l’âge de la forêt, entre autres la présence de mycorhizes dans le sol, améliorent les perspectives de survie de l’écosystème pendant les sécheresses. Les forêts anciennes, millénaires résistent mieux et il faut absolument les sauvegarder.

Excellent article de l’Independent: https://www.independent.co.uk/news/long_reads/amazon-rainforest-river-water-dry-b2230358.html?r=60948

Risques climatiques: Understanding Risk UR22

J’ai participé à la conférence  Understanding Risk’. La conférence suivait un concept nouveau, décentralisée sur trois continents, en Npuvelle-Zélande, Europe et Amérique du Sud. Ce concept semble très utile . D’une part il évite les vols longs-courriers, d’autre part il a permis de tenir la conférence jour et nuit dans les différents fuseaux horaires, ce qui bien sûr prive les participants du droit au repos. De plus, le site principal de la conférence,  Florianopolis au Brésil, a subi des graves inondations. Je suis sûre que ce concept sera très utile à l’avenir, car la conférence aurait pu continuer aux deux autres sites. Les visiteurs présents ont certainement acquis une précieuse expérience des inondations, j’espère qu’ils ont pu bien voir les problèmes.

Certains ont souligné que pour prévoir les risques, il faut faire une liste des biens existants, puis des dangers qui les menacent. Malheureusement, les risques liés au réchauffement climatique ont été sous-estimés par rapport aux événements réels de dernières années. Si  le calcul se base sur valeur des bâtiments et des infrastructures, les risques que courent les pays pauvres semblent petits. De nombreux bâtiments, parfois tous,  sont menacés, mais ont peu de valeur.

Une représentante de la Dominique dit que l’idéal serait de construire des maisons sûres, aux bons endroits, où les habitants pourraient être en sécurité en cas d’ouragan, et d’éviter les évacuations. Construire des bâtiments résistants constitue un gain très réel. Cela s’avère malheureusement difficile, il semble y avoir peu de zones sûres à la Dominique, toute l’île est menacée de catastrophes.  

L’intelligence artificielle semble améliorer les predictions de risque.  Divers solutions naturelles ou techniques ont été évoquées, la protection contre les vagues des ouragans, sous forme de mangroves, de murs en escalier, de récifs coralliens qui réduisent les vagues et leurs effets. Je crains que la montée de la mer ne dépasse ses défenses dans la deuxième moitié  du siècle. Je n’ai rien entendu sur les risques et la protection des ports maritimes. 

D’autres intervenants ont parlé de parcs urbains qui contiendraient les inondations, et rafraîchiraient les villes. 

Des nombreuses fermes urbaines où les légumes sont cultivés dans des bâtiments, parfois en plusieurs étages, sont en développement. L’idée est que l’immeuble, ou l’école, la résidence de personnes âgées cultivent leurs propres légumes.  Ce sera très utile si les rues sont inondées. 

Une étude récente montre aussi que le risque d’attaque, d’AVC, augmente à chaque degré se réchauffement climatique.

Une prise de conscience des risques de catastrophes telles que les vagues de chaleur et les glissements de terrain semble s’opérer. Elle est visible par une augmentation d’investissements dans les aménagements préventifs. 

Des nombreux systèmes d’alertes par téléphone portable sont en développement.  Des recherches sur l’étendue et les limites des feux de forêt ont été évoquées, notamment l’Australie a eu de graves problèmes, les feux ont seulement pu être arrêtés aux portes de Sydney.  Les études de risques ont besoin de grandes quantités de données, n’hésitez pas à mettre des données à disposition.

L’aspect psychologique a aussi été évoqué. Apparemment, les gens réagissent surtout aux risques qu’ils comprennent bien, et aux risques immédiats, proches. C’est pour la compréhension que je mets tellement les points sur les ‘i’. D’autre part, le public refuse parfois d’agir par respect des traditions.  La connaissance des barrières pourrait permettre une prévention plus efficace.

J’ajoute encore quelques éléments scientifiques que j’ai relevé dans les conférences de la COP: – La capture de carbone chimique est faisable, opérationnelle, et attend seulement les investissements.

Une autre conférence  de la COP27 “Evénements lents et irréversibles” montrait surtout que la mer monterait beaucoup plus  à 3°C de réchauffement qu’à 1.5°C. A la fin de la conférence une femme, s’est présentée comme membre de l’IPCC, donc professeure d’université de climatologie.   Elle est intervenue en demandant : Comment pouvez-vous taire que ces calculs sont très incertains et que les risques pourraient être bien plus graves?  Ce problème a des conséquences sur une grande partie de calculs de risque, qui pourraient bien être encore très sous-estimés. Le climatologue Johan Rockström disait récemment qu’il ne sait pas vraiment quel serait le climat à +3°C.  La Terre pourrait énormément changer.

Les revues médicales demandent l’aide pour l’Afrique face au climat

 Une grave famine se déclare en Afrique de l’Est. Après quatre saisons des pluies ratées consécutives, les récoltes en Afrique de l’Est sont devenues si stériles qu’une personne risque de mourir de faim toutes les 36 secondes. Les conditions se détériorent si rapidement en Somalie, en Éthiopie et au Kenya que les experts des droits de l’homme affirment qu’il s’agit de la pire crise de la faim de l’histoire de la région – avec peu de soulagement en vue. La situation est extrême (Article yahoo news).

L’accélération des effets du réchauffement climatique rend malade et tue des centaines de milliers de personnes chaque année sur le continent africain, ont averti mercredi des centaines de revues médicales.

L’appel, rédigé par 16 rédacteurs en chef de revues biomédicales de premier plan de toute l’Afrique, déclare que les dommages déjà causés à travers le continent “devraient être une préoccupation suprême pour toutes les nations”.

“Il est très injuste que les nations les plus touchées aient le moins contribué aux émissions mondiales cumulées, qui sont à l’origine de la crise climatique et de ses effets de plus en plus graves”, déclare l’éditorial.

Il a été publié dans quelque 250 revues scientifiques, dont 50 titres africains et des revues médicales internationales comme The BMJ, The Lancet, le New England Journal of Medicine et le National Medical Journal of India.

Les auteurs ont critiqué l’échec de la communauté internationale à tenir sa promesse de fournir 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement pour stimuler une transition énergétique verte et aider les nations à se préparer aux futurs impacts climatiques.

Le réchauffement climatique pèse lourdement sur les économies africaines et la santé de leurs populations, affirment les auteurs, appelant à un financement spécifique pour faire face aux coûts des dommages déjà ressentis.

Les sécheresses en Afrique subsaharienne ont triplé entre 1970–79 et 2010–19.  En 2018, des cyclones dévastateurs ont touché 2,2 millions de personnes au Malawi, au Mozambique et au Zimbabwe.  En Afrique occidentale et centrale, de graves inondations ont entraîné la mortalité et la migration forcée, la perte d’abris, de terres cultivées et de bétail. (actuellement inondations au Nigéria et au Tchad).

Les changements dans l’écologie des vecteurs provoqués par les inondations et les dommages à l’hygiène environnementale ont entraîné une augmentation des maladies dans toute l’Afrique subsaharienne, avec une augmentation du paludisme, de la dengue, de la fièvre de Lassa, de la vallée du Rift la fièvre, la maladie de Lyme, la maladie à virus Ebola, le virus du Nil occidental et d’autres infections.

 

L’élévation du niveau de la mer réduit la qualité de l’eau, entraînant des maladies d’origine hydrique, notamment les maladies diarrhéiques, l’une des principales causes de mortalité en Afrique.

Les catastrophes climatiques perturbent l’approvisionnement en eau et en nourriture, augmentant l’insécurité alimentaire et la malnutrition, qui cause 1,7 million de décès par an en Afrique. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la malnutrition a augmenté de près de 50 % depuis 2012, en raison du rôle central de l’agriculture dans les économies africaines. Les chocs environnementaux et leurs effets d’entraînement causent également de graves dommages à la santé mentale. Au total, on estime que la crise climatique a détruit un cinquième du produit intérieur brut des pays les plus vulnérables aux chocs climatiques.

Certains progrès ont été réalisés, notamment sur les systèmes d’alerte précoce et les infrastructures de défense contre l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes.

Mais l’appel estime que les pays les plus riches, historiquement responsables des émissions de combustibles fossiles à l’origine du réchauffement, ont la responsabilité d’agir, à la fois moralement et dans leur propre intérêt.

“Il est temps que la communauté mondiale reconnaisse que la crise climatique, tout en affectant le continent de manière disproportionnée, est une crise mondiale”, a déclaré Lukoye Atwoli, professeur et doyen du Medical College East Africa.

“L’action doit commencer maintenant, et commencer là où elle fait le plus mal, en Afrique. Si nous n’agissons pas, la crise deviendra très bientôt le problème de tous.”

Les auteurs proviennent de revues telles que African Health Sciences, l’African Journal of Primary Health Care and Family Medicine et l’East African Medical Journal.

Lien sur l’éditorial: https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01986-9/fulltext

Blog Famine Afrique 2020: https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2020/01/29/nous-sommes-responsables-de-la-plus-grande-famine-de-lhistoire-qui-frappe-actuellement-lafrique-australe-et-des-drames-a-venir/

Le réchauffement provoque des graves inondations au Nigeria

L’Afrique de l’Ouest et du Centre a été frappée par d’importantes inondations.  De nombreuses cultures ont été anéanties. L”insécurité alimentaire menace cette région fragilisée par la crise économique due à la guerre d’Ukraine.

Certaines parties du Nigeria sont sujettes aux inondations pendant la saison des pluies, mais cette année est la pire depuis 2012, lorsque plus de 2,1 millions ont été déplacées.

Le fleuve Niger – le principal fleuve d’Afrique de l’Ouest – traverse le nord du Niger et passe la frontière nord du Bénin jusqu’au Nigéria avant d’atteindre le golfe de Guinée sur l’Atlantique à travers le delta du Niger.

Les fortes pluies tombées au Niger depuis juin et les inondations qui s’en sont suivies ont fait 159 morts et touché plus de 225 000 personnes, faisant de cette saison des pluies l’une des plus meurtrières de l’histoire.

“Selon nos études, nous pouvons lier ces pluies au changement climatique en général”, a déclaré Katiellou Gaptia Lawan, directeur général de la météorologie nationale du Niger. “Les pluies deviennent de plus en plus intenses et les précipitations extrêmes augmentent.”

Les pluies au Niger cette année ont également totalement détruit ou endommagé plus de 25 900 maisons et touché les terres agricoles et le bétail,. La saison des pluies de juin à septembre y fait régulièrement des morts, y compris dans les zones désertiques du nord, mais le bilan est particulièrement lourd cette année.

En 2021, 70 personnes sont décédées et 200 000 ont été touchées.

Au Tchad, l’ONU a déclaré que plus de 622 500 personnes avaient souffert “à différents niveaux” des inondations dans plus de la moitié du pays, y compris la capitale N’Djamena, les zones les plus touchées bordant le nord du Cameroun.

Selon les Nations unies, en 2021, 5,5 millions de Tchadiens, soit plus d’un tiers de la population du pays enclavé, avaient déjà besoin d’une aide humanitaire d’urgence, avant même les inondations.

Au Nigeria, les fortes pluies ont provoqué les pires inondations en une décennie, tuant plus de 300 personnes depuis le début de la saison des pluies et en déplaçant au moins 100 000, selon les responsables des urgences.

Des récoltes entières ont été perdues. Un agriculteur constate: “Les pluies n’ont jamais été aussi destructrices. Nous prions pour ne jamais vivre un tel cauchemar.” Je crains au contraire que ces catastrophes ne s’aggravent.

Le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) du Nigeria, Manzo Ezekiel, a déclaré que les inondations étaient sans précédent en raison des précipitations continues, 29 des 36 États du pays étant touchés “Des milliers de terres agricoles ont également été détruites. Les chiffres vont encore augmenter car nous subissons toujours des pluies torrentielles et des inondations”.

500 millions de Nigérians ont été touchés par les inondations. L’insécurité alimentaire qui sévissait déjà s’aggrave.

https://www.reuters.com/world/africa/nigerias-food-basket-state-floods-wash-away-homes-crops-hope-2022-10-05/

Image de couverture par michaelalabi774 de Pixabay

La fonte de la glace Arctique augmentera la fréquence d’années chaudes El Nino

Il y a quelques dizaines d’années, la mer Arctique était couverte de glace. Sa surface s’est maintenant réduite de plus de moitié en été, et l’eau est en contact avec l’air.  Ce changement influe sur le climat mondial de plusieurs façons. La perte d’albédo de la glace accélère le réchauffement planétaire.  Les eaux se réchauffent et le permafrost fond. L’évaporation accrue de la mer ouverte pourrait par exemple être responsable des chutes de neiges plus abondantes sur l’Europe.

Elle semble aussi provoquer un réchauffement du Pacifique tropical.

Dans un nouvel article de Nature Communications, des chercheurs ont révélé que l’ampleur de la perte de glace de mer dans l’Arctique peuvent directement influencer El Niño.  Ceux-ci amènent des eaux chaudes à la surface du Pacifique. El Nino de l’année 2016 nous a apporté des records de chaleur avec un élévation de la température planétaire de près d’un demi-degré. Il a provoqué des précipitations intenses sur la côte Ouest de l’Amérique du Sud et des sécheresses en Asie, notamment en Inde et en Indonésie.  C’était une année record pour les cyclones dans le Pacifique. Elle a causé une grave famine en Ethiopie.

De plus, une mer arctique entièrement libre de glace en été apporterait plus de phénomènes El Nino forts.

“Après des décennies de recherche, il existe un accord général, bien que non universel, sur le fait que la fréquence des événements El Niño, en particulier des événements El Niño extrêmement forts, augmentera avec le réchauffement à effet de serre”, a déclaré le chercheur Liu.

Cela me paraît dramatique. En 2015-2016, les températures planétaires ont brusquement augmenté, une sécheresse a frappé l’Amazonie, et l’année 2016 a apporté une grave famine en Ethiopie, le bétail succombait à la chaleur.  El Nino semble aussi lié à des sécheresses en Inde et en Indonésie. Il faut réaliser qu’il fait de plus en plus chaud.  Les prochaines années El Nino ajouteront leurs vagues de chaleur aux températures déjà élevées de la Planète. Des sécheresses fréquentes en Inde et en Indonésie détruiraient leurs écosystèmes. La végétation pourrait y succomber et la chaleur deviendrait mortelle. Nous savons déjà que les vagues de chaleur seront très dangereuses, et elles dépassent déjà les prévisions. Une augmentation de la fréquence de phénomènes El Nino aggravera ces dangers.

Communiqué: https://phys.org/news/2022-09-arctic-sea-ice-loss-frequent.html

Image de couverture par Reimund Bertrams de Pixabay

Les inondations du Pakistan sont dues à une mousson décuplée

Le Pakistan subit des graves inondations. Les eaux couvrent un tiers de la surface du pays, détruisent les routes et les bâtiments. Les habitants se réfugient dans des zones surélevées. Des familles ayant plusieurs enfants ont quasiment tout perdu, leur maison, leur bétail, et attendent désespérément des secours, sans eau potable, en voyant les flots monter autour de leur abri précaire et leurs réserves de nourriture s’épuiser.  Des centaines de milliers de maisons ont été détruites.

La catastrophe est sans précédent dans le pays.  Les graves inondations qui touchent le Pakistan ont été causées par des pluies dix fois plus fortes que normale, selon ESA (European space Agency).  Une étude récente a prévu que les fortes moussons seront plus probables, plus fréquentes au cours du 21ième siècle, à mesure que le climat changera.

La responsabilité des pays émetteurs de gaz carbonique dans cet événement sera certainement établie quand les statisticiens analyseront tous les chiffres.  Partout sur la Planète, des villages démunis perdent  leurs moyens de subsistance lors de catastrophes climatiques, et cela arrivera de plus en plus à l’avenir.

Les maisons de cette population sont parties à la dérive et les terres inondables devront peut être abandonnées.  Comme d’autres, ils devraient partir et chercher un lieu sûr où s’installer. Le pays est aussi affligé de vagues de chaleur mortelles qui réduisent la production alimentaire.

Devons-nous aider le Pakistan inconditionnellement ou promouvoir les droits de la femme et la contraception pour limiter les naissances? Lors de prochaines catastrophes, notre aide sera peut-être due du fait de notre responsabilité climatique.

Peut-être serait-il bon d’informer clairement que les familles feront face à des intempéries et des vagues de chaleur croissantes, qu’elles seront exposées à des déplacements et à la recherche incertaine de moyens de subsistance au cours des prochaines années, et de proposer la contraception pour ces années difficiles à venir. Nous sommes en urgence climatique, leur futur sera fait d’évacuations, de sauvetages et hasardeux et d’expédients. Du reste, la survie de la Planète exige une stabilisation de sa population.

Six inondations exceptionnelles aux Etats -Unis depuis juin

Six inondations inouïes

“Les chroniques anciennes rapportent qu’il y a des centaines d’années, un déluge s’est déversé sur la ville, les rues ont été inondées, les maisons submergées jusqu’aux toits, les habitants et le bétail ont péri.  Il s’agit peut-être d’une légende, car des tels faits dépassent l’imagination”. Un tel événement est une crue millénale, survenant environ tous les mille ans.

Aux Etats-Unis, cette année, ces  désastres se succèdent. Le 13 juin, une rivière atmosphérique a déversé des pluies abondantes sur le parc de Yellowstone (vidéo Yellowstone) alors que les glaciers fondaient rapidement, ce qui a provoqué une inondation historique. Statistiquement, elle se produirait une fois toutes les 500 ans. De nombreux éboulements ont eu lieu. Les routes et une maison entière sont parties à la dérive.

 Un grand système orageux a causé des inondations à Saint-Louis (Missouri) le 26 juillet (vidéo St Louis) et au Kentucky. Des pluies intenses sont tombées sur la région métropolitaine de Saint-Louis, inondant des routes, des maisons et des entreprises. Les pompiers et les intervenants d’urgence ont sauvé des centaines de personnes. L’événement a établi un record absolu de précipitations dans la région. Peu après, des déluges soudains dans l’est du Kentucky et le sud-ouest de la Virginie ont provoqué des glissements de terrain, emportant complètement des maisons et tuant des dizaines de personnes.  Cette vidéo fait état de 37 décès et des centaines de disparus (vidéo Kentucky) L’air saturé d’eau venant du Golfe du Mexique surchauffé a survolé le Texas et s’est déversé sur ces Etats. Le 1er août,  les rues de Lincoln, Illinois ont été submergées.

Une inondation exceptionnelle, millénale, a aussi touché la vallée de la Mort  en Californie le 5 août.  Elle est due à mousson exceptionnelle (vidéo Death Valley). Le parc national a reçu près d’un an de pluie le 5 août.

Le 22 août, des précipitations abondantes et soudaines, les plus intenses que la région ait jamais connue, se sont abattues sur Dallas, Texas. Elles ont inondé les bâtiments, submergé les voitures sur les autoroutes et ont également fait gonfler la rivière Trinity bien au-delà de sa ligne de flottaison normale. Tout cela a entraîné des milliards de dollars de dommages, selon une estimation d’AccuWeather.

Ces inondations causent des coûts énormes, des dommages aux routes, aux bâtiments, et s’aggraveront dans les années à venir. Le PDG d’AccuWeather, le Dr Joel N. Myers, qui a étudié de près pendant des décennies les impacts économiques des conditions météorologiques extrêmes, a estimé que le total des dommages et des pertes économiques résultant des crues éclair catastrophiques se situerait entre 4,5 et 6 milliards de dollars.

Un terre en état de catastrophe naturelle

Au cours des dernières semaines, cinq régions des États-Unis ont toutes connu ce qui aurait dû être très rare, voire impossible, une inondation qui se produisait tous les mille ans.

La conjonction d’autant d’événements rares est d’autant plus improbable. Essayez de gagner 5 fois au Loto! Mais la dénomination d’événement millénal est très trompeuse, ils étaient exceptionnels dans l’Histoire humaine jusqu’à récemment. Maintenant, il s’agit d’événements nouveaux, caractérisant l’Anthropocène. Les climatologues les avaient partiellement prévus, à cause de l’augmentation de l’humidité de l’air, mais la présence de gros orages localisés les prend un peu par surprise.

La quantité réelle de précipitations dans la plupart des régions du pays n’a pas beaucoup  augmenté au cours des derniers siècles.  Par contre, les précipitations proviennent d’un petit nombre de tempêtes plus intenses.

Les orages sont très localisés, mais ils inonderont de nombreuses villes dans les années à venir. Nous devons nous préparer à des pluies plus abondantes,  inconnues à l’heure actuelle.

De plus, le reste du monde n’est pas épargné. En Australie, des inondations millénales se sont aussi succédées durant les étés austraux au cours de ces dernières années. Elles ont été provoquées par des rivières atmosphériques et ont déversé d’énormes quantités d’eau.

Cette image de Peter Carter montre la répartition de sécheresses (en rouge) et d’inondations (en bleu). Ensemble, ces désastres ont dévasté une grande partie de la Planète. les événements extrêmes deviennent bien plus fréquents.

Les catastrophes sont causées par des orages très localisés, mais de nombreuses villes seront certainement touchées dans les années à venir. Nous devons nous préparer à des pluies encore plus abondantes,  inconnues à l’heure actuelle.  Les risques d’inondation et des procédures d’évacuation doivent être établis pour toutes les maisons, et pour toutes les routes.

J’au récemment vu un reportage émouvant sur des couples qui restaurent leurs maisons plusieurs mois après de graves inondations. Je ne l’ai pas aimé, je ressentais un vrai malaise à voir ces sinistrés rénover courageusement les mêmes maisons.  J’ai peur que les zones inondables ne subissent des catastrophes à répétition, de plus en plus graves. Malheureusement,  le danger est tel qu’il y reste probablement peu d’endroits sûrs sur la Planète. Les difficultés causées par les inondations et leurs coûts pourraient progressivement paralyser l’économie mondiale.

Il faudrait probablement construire dans toutes les villes du monde un maximum de systèmes d’écoulements, des vrais lits de rivières, qui préviendraient les grandes inondations.

https://www.accuweather.com/en/severe-weather/dallas-flooding-is-5th-1-in-1000-year-flood-event-in-us-since-late-july/1236445

Image de Couverture par Gerd Altmann (geralt) de Pixabay 

La péninsule ibérique subit une sécheresse extrême causée par nos émissions de CO2

Sécheresse et feux en Espagne et au Portugal

Le Portugal fait face une vague de chaleur, avec des températures dans certaines régions qui devraient grimper jusqu’à 43°C (109 F) ce week-end alors qu’une grave sécheresse frappe le pays. Environ un tiers du pays est confronté à un risque extrême d’incendies de forêt (phys.org).

Les températures élevées devraient durer au moins une semaine. Des “nuits tropicales”, où températures restent au-dessus de 20°C (68 F) après le coucher du soleil, sont probables.

La vague de chaleur survient alors qu’une grande partie du Portugal subit une sécheresse. Fin juin, 96 % du pays était classé comme étant en sécheresse « extrême » ou « sévère », les deux catégories les plus élevées.

Juin a également été très sec en Espagne, qui est le voisin du Portugal sur la péninsule ibérique, avec des précipitations à environ la moitié de la moyenne sur 30 ans et des réservoirs à 45 % de leur capacité. La sécheresse en Espagne réduit le débit des fleuves qui coulent vers le Portugal  ce qui aggrave les difficultés de ce pays.

L’Espagne a vécu des mois de sécheresse et de feux. La canicule due au réchauffement climatique permet aux feux de se répandre rapidement. Il y a peu plu en hiver. Une partie du territoire est en état de sécheresse extrême,  la région du Guadalquivir en sécheresse prolongée. En Almeria, les deux ou trois années passées ont été sèches, les pluies s’y réduisent.  Cette région pratiquait l’agriculture intensive sous serre, exportait énormément de fruits et légumes, et doit maintenant revoir son modèle agricole. L’eau des usines de dessalage sera probablement rationnée, et les cultures de céréales destinés à l’alimentation du bétail succombent à la sécheresse. La moitié des fermes espagnoles est concernée. Les producteurs d’olives, de noix, de céréales et de vigne, qui dépendent des précipitations, pourraient perdre jusqu’é 80% de leur récoltes (Euronews).

Le réchauffement cause les sécheresses

Les scientifiques ont observé ces changements en Espagne et au Portugal depuis des années. Futura Sciences et Taketonews rapportent une nouvelle étude qui établit que l’anhydrie touchant l’Espagne et le Portugal est la plus grave depuis mille ans. Les scientifiques ont maintenant compris cette évolution.  Le réchauffement climatique se répercute sur l’anti-cyclone des Acores, qui s’élargit. Il s’étendra probablement encore à mesure que le CO2 atmosphérique augmente. Ce changement réduit les pluies hivernales, particulièrement importantes pour l’agriculture de la péninsule ibérique. et se réduiront encore. La sécheresse s’y installera donc. L’Espagne investit dans l’amélioration de l’irrigation.

L’Organisation Météorologique Mondiale a déclaré que les chaleurs qui commencent tôt, au printemps, et les canicules prolongées sont dues au changement climatique.

L’Italie a récemment subi une longue vague de chaleur et connaît sa pire sécheresse en 70 ans. La vallée du Pô a subi une vague de chaleur précoce. Un tiers de la production agricole italienne est menacé.  Le niveau du Pô, du Tibre, et du Lago Maggiore est inhabituellement bas. La ville de Vérone rationne l’eau potable, et la production d’énergie hydroélectrique du pays a baissé.

En France, le niveau d’eau est extrêmement bas dans certains cours d’eau et des mesures de rationnement ont été mises en place en Dordogne. Le niveau du Rhin est aussi si bas qu’il rendra difficile les transports de charbon (lien).

Alors que le temps extrêmement sec frappe les pays méditerranéens, l’exécutif de l’Union Européenne a déclaré jeudi que le continent faisait face à l’une de ses années les plus difficiles en ce qui concerne les catastrophes naturelles telles que les sécheresses et les incendies de forêt en raison du changement climatique croissant.

Addendum le 11 juillet: Feux dans le Gard  Feux au Portugal

 

 

A Miami les limousines dans le déluge

Une tempête de pluie tropicale a frappé le sud de la Floride et a déchargé d’énormes quantités de précipitations.

Les débuts de la tempête tropicale Alex ont traversé la Floride, Cuba et les Bahamas de vendredi à samedi, transformant les rues en rivières, submergeant et bloquant les véhicules, annulant les vols à destination et en provenance du sud de la Floride et tuant au moins deux personnes à Cuba après que plus de 250 mm  de pluie soient tombés dans certaines régions.

La tempête de pluie tropicale a commencé à se former près de la péninsule du Yucatan, où elle a traîné avec une vitesse d’avancement de seulement 5 miles par heure à un moment donné. Elle a ensuite pris de la vitesse en se rapprochant des Etats-Unis.

Dans la capitale cubaine, La Havane, les autorités ont imputé au moins deux morts à la tempête, selon un rapport de la BBC. De fortes pluies incessantes ont provoqué des inondations dévastatrices dans le pays. Plus de 2 000 personnes ont été évacuées et environ 50 000 personnes à La Havane et dans les environs étaient sans électricité samedi. La tempête se composait de l’énergie restante de l’ouragan Agatha, qui avait déjà fait des ravages sur Cuba.

Au nord de la Floride, les routes du centre-ville de Miami ont été inondées de vendredi soir à tôt samedi matin.

De nombreuses personnes avaient grimpé à travers les toits ouvrants pour s’échapper de leur voiture, des fêtards en robes de soirée ont pataugé dans l’eau jusqu’à la taille, alors les limousines avançaient toujours, lentement, au milieu du déluge. Les images semblent sorties de Gatsby le Magnifique, la fête continuait encore, alors que le monde ancien s’écroule, que la ville de Miami est de plus en plus souvent inondée, que le niveau des inondations atteint les prévisions de 2100.

Des équipes de secours ont conduit sur des routes inondées avec des lumières allumées dans une vidéo partagée par le service d’incendie de Miami.

“Je voyais toutes ces voitures flotter sur l’eau. Je suis allé à la mienne et j’ai vu l’eau à l’intérieur de ma voiture”,

Une vidéo de drone a montré des voitures échouées le long de la Southwest First Avenue inondée de Miami samedi matin.

De jeunes garçons pagaient sur un kayak gonflable dans une rue inondée de Miami, le samedi 4 juin 2022. Un avertissement de tempête tropicale était en vigueur le long de certaines parties de la côte de la Floride et du nord-ouest des Bahamas. Plusieurs rues de Miami ont été inondées et les autorités remorquaient des véhicules abandonnés.

 Alors que la tempête continuait de se diriger vers le nord-est à travers la Floride, elle a fait des ravages dans les aéroports du sud de la Floride, entraînant l’annulation de près de 200 vols à destination et en provenance de la région et des retards pour des dizaines d’autres vols entrants et sortants.

Miami et ses environs immédiats ont subi le plus gros des précipitations, avec des quantités de plus de 250 mm. La tempête de pluie tropicale s’est ensuite déplacée vers le large. En fin d’après-midi samedi, la majeure partie des précipitations s’était éloignée de la côte atlantique de la Floride.   La tempête, qui s’est développée en partie à partir de l’énergie résiduelle de l’ouragan historique Agatha du bassin du Pacifique Est une semaine plus tôt, s’est ensuite renforcée en s’éloignant du continent américain, devenant la première tempête nommée de la saison pour le bassin de l’Atlantique alors qu’elle se dirigeait vers les Bermudes.

Aujourd’hui, les marées inondent Miami quatre fois plus que précédemment, les maisons du bord de mer sont de plus en plus souvent touchées.

Les previsions actuelles indiquent que la montée du niveau de la mer inondera de nombreuses rues vers le milieu du siècle, et elles n’incluent pas l’hypothèse de l’effondrement des glaciers Antarctiques, alors la mer pourrait arriver plus vite.  La ville de Miami, et de nombreuses autres, ont peu de chances d’échapper à l’océan. 

Forts orages et grosses grêles sur l’Europe

 Il y a deux semaines, j’avais commencé un blog sur les orages, qui inondaient les réseaux sociaux.   L’Inde avait connue une vague de chaleur exceptionnelle au printemps, qui a été suivie, le 19 mai, d’un fort orage. De nombreux arbres ont été déracinés, et les intempéries se sont accompagnées de nombreux éclairs et de grosse grêle. La tempête a été si violente qu’elle avait provoqué 19 morts. Simultanément, des posts Facebook des Etats-Unis rapportaient ‘ le pire orage que j’ai jamais vu’, et une tornade exceptionnelle au Michigan lors d’une forte tempête.
Il faisait 30°C en Suisse, 0°C en Pologne à environ 1000 km de là,  et entre deux des orages et des tornades balayaient l’Allemagne, probablement à cause de la forte de différence de températures.
Le mois de mai a constitué un record de chaleur en France et dans une partie de l’Europe.
Ce weekend, des forts orages se sont abattus, avec des grosses grêles et des inondations.  En France, les orages ont touché la surface la plus importante depuis une vingtaine d’année, couvrant 65 départements.  Des ponts ont été emportés, des routes inondées, et des grosses grêles ont fait d’importants dégâts ( vidéo).
Jeudi, des orages ont été plus intenses encore ont sévi en Autriche et en Croatie. Ils ont apporté une épaisse couche de grêle, qui a paralysé le traffic, provoqué des inondations et détruit des récoltes.  La compagne Autrichienne d’assurance contre la grêle s’attend à près de 3 millions de frais de dommages dans l’agricultures, sur un territoire de 12’000 hectares (vidéo).
En Croatie, le sol était couvert d’une épaisse couche de grêle (vidéo).
Les orages s’aggravent ces dernières années, le changement climatique nous apporte des phénomènes météorologiques que nous n’avons jamais vu auparavant. Il est tout à fait possible que les grêlons soient de plus en plus gros, les éclairs et les vents plus forts et les pluies plus abondantes.
La chaîne de Météo Accuweather annonce cette année un été semblable à l’été passé, chaud au Sud et des orages en Europe Centrale.. L’été 2021 nous avait apporté de nombreux et forts orages, des chutes de grêles exceptionnelles, des inondations en Belgique et en Allemagne, et des températures au dessus de 45°C dans le Sud de l’Europe (lien).