En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis

L’Iowa devasté

L’état de Iowa aux Etats-Unis a été balayé par un vent très fort les 10 et 11 août 2020. Sa vitesse dépassait les 100 km/h, parfois les 200 km/h

Plus d’un million de foyers a subi des coupures d’électricité. La tempête a cassé et déraciné des arbres, les projetant sur la route et sur des bâtiments, et arraché des pylônes et des toits de bâtiments.  Le vent a fait voler des camions, les routes étaient encombrées de débris divers et impraticables pour les secours.

Enseigne de fast-food tordue par le vent

Des milliers de personnes se sont retrouvés sans abri, à cause de la destruction de leurs maisons, et campaient au mieux de décombres, sans qu’aucune aide ne puisse leur parvenir par les routes bloquées par les décombres. L’Iowa a vécu quelques jours dans le monde d’après l’effondrement: pas d’électricité, pas de transports, pas d’approvisionnement et pas de secours de l’Etat.

Les récoltes ont subi d’importants dommages, 66% des cultures ont été perdues. La tempête a généré 17 petites tornades. Il ne s’agissant pas d’un ouragan, mais d’un souffle très fort, qui a traversé l’Etat en ligne droite, appelé ‘Derecho’.

Centre Commercial
Centre commercial

 

Le réchauffement favorise ces phénomènes

Cette très large ligne d’orages balaye une région étendue. Dans ce cas,  l’air arctique frais a rencontré de l’air subtropical venu du golfe du Mexique (exceptionnellement chaud cet année lien) ce qui a entraîné la formation de nuages épais et de très forts orages. Ces phénomènes deviennent plus fréquents, apparaissent par exemple à la suite d’une vague de chaleur. Les fronts chauds et humides responsables de cet événement surviennent  de plus en plus souvent (Michael Mann).

Arbres cassés et déracinés

Le réchauffement apporte des vents destructeurs

L’augmentation des températures forme les masses d’air extrêmement chaud et humide qui ont provoqué ce phénomène atmosphérique.  A mesure que les températures montent,  des courants brûlants, plus chargés de vapeur d’eau pourraient provoquer la formation de nuages plus épais et de tempêtes plus importantes. Cela arrivera-t-il souvent? Le vent va-t-il arracher nos arbres, nos bâtiments, et jusqu’au souvenir de notre existence de la surface de la Terre?

Nous avons absolument besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur et pour éviter l’aggravation du changement mais à certains endroits, il vaudrait peut-être mieux les tailler pour éviter qu’ils ne tombent sur les bâtiments.

Il faudrait  établir un modèle basé sur les événements graves comme celui-ci, explorer l’hypothèse que ces vents se multiplieront avec le réchauffement, et prévoir les dégâts qu’ils pourraient occasionner.  Un tel modèle pourrait être rapidement vérifié si des tempêtes semblables se produisent par la suite. Nous devons mieux connaître les risques auxquels le changement climatique nous expose. Combien d’arbres pourrait-il casser, combien de toits ou de pylônes seraient arrachés, combien de bâtiments seraient détruits?  Alors seulement, nous commencerons à réaliser ce que nous avons provoqué.

Images Jessika Steen, Facebook

Autres images et détails dans Wikipédia

Les semaines passées ont apporté des records de chaleur et des feux dans l’Ouest des Etats-Unis, des pluies torrentielles en Afrique, des vagues de chaleur étranges en Arctiques. ‘ Certains événements étaient quasiment impossibles sans réchauffement causé par l’Homme’ Sonia Seneviratne ETHZ. Le changement climatique a causé de nombreuses vagues de chaleur, des ouragans et des cyclones, et des pluies torrentielles cette année (article Reuters).

Plus d’une centaine de tornades aux Etats-Unis le dimanche de Pâques 2020

Avatar

Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

5 réponses à “En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis

  1. Oui tout à fait, dans mon jardin, je vois que c’est très sec ( nous sommes sur un petit plateau donc pas de risque d’inondation contrairement au risque de sécheresse ), mes framboisiers remontants ( qui produisent des fruits deux fois dans l’année, j’en ai une vingtaine ) que j’ai depuis environ 10 ans n’ont pas donné pour la première fois cette année des framboises une deuxième fois. Comme plein d’autres plantes, arbres et végétations dans les climats tempérés, ils supportent mal les grosses chaleurs. L’arrosage devient encore vraiment plus indispensable pour les cultures non adaptées à la sécheresse
    Je vois partout autour de chez moi des champs de maïs qui sont en train de sécher plutôt que de fructifier. Si le manque d’eau se fait cruellement sentir également pour les agriculteurs, l’agriculture doit trouver d’autres solutions d’adaptation à la sécheresse ( planter des cultures plus résistantes à la sécheresse comme le sorgho, ou envisager l’approvisionnement de l’eau à partir de l’eau de mer préalablement désalée, est-ce une technologie à l’étude ??…etc) car à l’avenir les étés seront souvent caniculaires à moins d’une végétalisation très massive dans l’immédiat ( on peut toujours rêver que c’est possible ) pour compenser les déforestations qui ont principalement eu lieu en Amazonie, en Asie…depuis 10, 20 ans et qui ont des répercussions climatiques jusqu’à l’autre bout du monde.

    1. je suis chercheur indépendant sur le lien climat-eau-biodiversité, L’ONF, L’INRA, les agences de l’eau, etc … on conseillé pendant des années d’utiliser des plantes qui consomment moins d’eau donc on a moins de pluie !
      70% des pluies continentales proviennent de l’évapotranspiration et seulement 30% de l’évaporation en mer, il faut donc totalement changer de paradigme, c’est la végétation qui nous apporte des pluies et c’est pour ça qu’il ne pleut pas dans les déserts, c’est aussi pour ça qu’il s’arrête de pleuvoir quand les millions d’hectares de blé murissent (ça coupe le cycle de l’eau).
      sur la planète les saisons chaudes sont humides : plus de chaleur = plus d’évaporation = plus de précipitations, sauf dans les déserts : avec 0% d’évaporation on provoque 0% de chance d’avoir des pluies, et au lieu d’évacuer la chaleur on la stocke dans les sols ce qui provoque des canicules et des pics de pollution en ville.

      publications : https://www.mediaterre.org/actu,20200810121408,1.html

  2. @DENISE LAURENT
    Oui, ça on sait, on a compris, vous êtes chercheur indépendant pour mediaterre.org! Vous nous balancez de nouveau ce post comme un mantra, mais vous esquivez volontiers mes dernières observations et questions fondamentales sur le blog précédent de Mme Retelska du 13 septembre.
    Patient et complaisant, je n’ai rien dit jusqu’à présent, espérant que vous vous en rendriez vous-même compte, car vous y affirmiez successivement que moi-même et la plupart des médias font l’erreur de “…croire que les climato-sceptiques nient le réchauffement alors qu’ils ne contestent que son origine anthropique”, puis que “…l’activité humaine qui a déréglé le climat c’est la déforestation massive qui a coupé le cycle de l’eau l’été!”
    Ne voyez-vous donc pas la contradiction et l’irrationalité de votre discours? Vous contestez une origine anthropique au dérèglement climatique, puis affirmez dans un post suivant exactement le contraire en expliquant que c’est l’activité humaine de déforestation massive qui a déréglé le climat en perturbant le cycle de l’eau!!!
    N’importe qui de sensé dirait que c’est absurde, comment voulez-vous être pris au sérieux dans ce que vous racontez et préconisez, alors que vous semblez raisonner avec les pieds? C’est triste pour votre théorie de la déforestation et du cycle de l’eau, qui mérite mieux que ça.

  3. En effet, le réchauffement climatique génère de plus en plus des perturbations atmosphériques très violentes. Comme les tornades et le “Derecho” qui ont dévasté l’Iowa en août, mais aussi plus récemment et plus près de chez nous le mini-ouragan méditerranéen qui a frappé la Grèce la semaine passée. En lisant ce billet, je n’ai pu m’empêcher de songer et de méditer, dans mes pensées pour nos amis américains et grecs, à la fin du livre visionnaire “Cent ans de solitude” de Gabriel Garcia-Marquez qui évoque ainsi le destin du village et du héros du récit : “Macondo était déjà un effrayant tourbillon de poussière et de décombres centrifugés par la colère de cet ouragan biblique” … “aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre de seconde chance.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *