Un orage détruit une centaine d’arbres à Genève en août 2020

Le 13 août, un violent orage a touché Genève et Vaud. Il a provoqué des nombreux dégâts dans les parcs Genevois. Cette tempête a arraché ou gravement endommagé de nombreux arbres.

Une centaine de géants des parcs Genevois a été déracinée ou cassée.  Les vents semblaient provenir de tous les côtés. Selon M. Brunet, du service des parcs de Genève, les parcs présentaient un spectacle apocalyptique, des arbres étaient complètement déplantés, dévissés.

Photo de Jean Estoppex (ainsi que la photo de couverture)

Le vent semble être venu de tous les côtés, les dégâts donnent un sentiment de mini – tornade. Ces arbres étaient parfaitement sains, sans fragilité particulière.

Selon le service des parcs de la ville de Genève, les dégâts causés par cette tempête sont sans précédent depuis l’ouragan Lothar. Les spécialistes des parcs remarquent d’ailleurs que le changement climatique nuit aux arbres de Genève. Les érables et les pruniers vieillissent vite, on pourrait aujourd’hui planter des oliviers, ils ne geleraient probablement plus. Les arbres mourants sont actuellement remplacés par des espèces qui supportent la chaleur, la sécheresse et le vent fort. 

Faut-il anticiper le déracinement des arbres?

De nombreux endroits dans le monde ont été balayés par des bourrasques extrêmement fortes ces dernières années. Des vieux plants étaient extirpés du sol et des toits s’envolaient. La nuit du 19 au 20 septembre 2020,  quatre tornades ont touché le Var en France, et ont brisé des vieux arbres, qui sont tombés sur des terrasses remplies de clients. 

Je n’ai pas encore trouvé d’étude qui prouve que le réchauffement cause des vents plus forts, car le vent est très variable.  Il faut bien formuler cette question, la réponse est sûrement dans les données. J’ai pourtant vu plusieurs relations récentes de nombreuses tempêtes qui emportent des voitures ou qui brisent des arbres centenaires.   Plusieurs chercheurs ont montré qu’il y a plus d’ouragans très forts, destructeurs, ces dernières années (lien).  Des petits ouragans, appelés Médicans, se forment en Méditerranée, d’autres se condensent dans l’Atlantique et tournent parfois vers l’Europe. La tempête Alex formait une belle spirale au-dessus de la France.  Il faut compter avec le risque que les tempêtes grossissent. L’Etat d’Iowa aux Etats-Unis a été dévasté par un vent très fort. Le front tempêtueux qui a balayé l’Iowa a été provoqué par de l’air inhabituellement chaud (Iowa). Il faudrait des chercheurs dans ce domaine qui prévoient le renforcement des vents dû à un réchauffement planétaire, et qui étudient sérieusement cette hypothèse pour voir quels dangers elle nous réserve. Aurons-nous des tornades et des ouragans en Suisse dans 10 ans?  Les tempêtes menaceront-elles les toits de tôle ondulée et les grues, ou raseront-elles des bâtiments entiers comme le font les tornades aux Etats-Unis?  Il faudrait avoir une idée, une estimation du niveau de destruction auquel nous nous exposons,  et concevoir des plans de gestion de ce risque, adapter les constructions pour un monde d’ouragans.  

Nous entrons dans une époque très dangereuse. Nous n’avons pas tout prévu. Même si la relation entre vents et réchauffement n’est pas claire, il faut considérer dans l’urbanisme le risque d’une aggravation. Si nous en voyons maintenant les premiers indices, elle sera terrible.

 

Des arbres horizontaux? En tout cas des arbres

Nous avons absolument besoin d’arbres en ville. Ils apportent la fraîcheur et l’humidité, et améliorent l’air.  Ils pourraient limiter le réchauffement, et si nous les perdons, il deviendra insupportable. A certains endroits, il serait peut-être plus prudent de tailler des arbres pas trop haut, pour qu’ils résistent mieux au vent et ne s’écroulent pas sur les bâtiments.  Mais cela n’évitera pas les toits arrachés, les voitures volantes, et de nombreux autres problèmes.  Par contre, si nous prenons le problème dans l’autre sens, si nous arrêtons les émissions de CO2 et plantons de grandes forêts, nous pourrons éviter le déchaînement des éléments.

Comment réduire immédiatement les émissions de carbone de 7.6% par année sans causer de famine

Le confinement a provoqué un réduction d’émissions de carbone

En février et mars 2020 la moitié des habitants de la Terre était confinée à la maison, pour limiter la propagation de l’épidémie de coronavirus (vidéo Paris désert). Cette décision a été prise en quelques semaines à l’échelle de la Planète, je suis encore impressionnée de ce qui s’est soudainement avéré possible. Elle a provoqué une diminution des émissions de carbone, des avions, des transports terrestres, ainsi que des usines même si certaines ont compensé par une activité accrue ensuite. De nombreux restaurants et entreprises étaient fermés, et leur chauffage ou leur climatisation ne fonctionnaient pas.

Il y a eu aussi des pertes, je me souviens des images des tulipes hollandaises jetées au sol, d’autres cultures d’exportation ont été perdues, d’autres sciemment détruites par manque d’organisation. Au niveau climatique, cependant, le confinement a peut-être évité des catastrophes plus graves.

La diminution d’émissions de carbone s’est avérée juste suffisante pour cette année. Sans cela, l’enfer se serait peut-être déchainé sur Terre, il aurait pu se présenter sous forme de tornades de feux, d’inondations furieuses, et de chaleur mortelle.

Le confinement s’est accompagné des problèmes économiques

Cependant, le confinement a aggravé la faim dans les pays pauvres. Il y a plusieurs raisons à cela, les sécheresses et les catastrophes climatiques sont aussi un facteur. Cette année est marquée par plusieurs désastres : sécheresse en Afrique, plaie des sauterelles, sécheresse et vagues de chaleur dans le delta du Mékong, mauvaise année pour le blé dans le Midwest américain suite au ‘bomb cyclone’ de l’année passée, mauvaise année dans l’Iowa dévasté par un vent inouï, mauvaise année par le blé en Europe, au Canada, en Australie à cause des vagues de chaleur et des sécheresses.

Les organisation humanitaires avertissaient qu’une grave famine se préparait en hiver, avant le début de l’épidémie.

Les restrictions ont aussi eu des conséquences graves. De nombreuses personnes se sont retrouvées sans revenu du jour au lendemain. En Europe, elles ont souvent un délai de congé de quelques mois, puis elles ont droit aux allocations chômage pendant une année environ. Ce système évite la plupart de drames humains. Seuls les plus précaires, comme les immigrants illégaux ou les femmes de ménage ont affronté un lendemain sans aucun revenu.

Aux Etats-Unis, un nombre important de citoyens a perdu leur travail du jour au lendemain. C’est aussi le cas dans les pays du Tiers-Monde, ou de nombreuses personnes ne gagnaient plus rien. Selon Action contre la Faim, cela a provoqué une augmentation inquiétante de la malnutrition. Dans certains pays, les citoyens ont reçu un versement unique qui leur a permis d’acheter à manger, parfois les loyers ont été annulés. Je me demande si dans le cas des plus démunis, le confinement sauve des vies, puisque la famine en emporte.

La solution suisse a été de continuer le travail, si possible en télétravail, tout en fermant les restaurants, les magasins non-essentiels et les lieux publics, et malheureusement les lieux de culture. L’Etat a aidé de nombreuses entreprises en difficulté.

Comment réduire les émissions de carbone sans causer la famine?

Pour sauver le climat, nous avons besoin de réduire les émissions de carbone, donc certains secteurs de l’activité économique, chaque année autant qu’en 2020. Une réduction immédiate de l’effet de serre serait une excellente idée. Il faudrait donc imposer chaque année des restrictions comparables, sans causer de famine ni de crise économique.

Je me demande à quel point les pays pauvres ont été touchés par l’arrêt de leur économie locale ou, au contraire par l’arrêt des exportations et du tourisme international.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si elle était immédiatement réduite aux biens indispensables? Les conséquences climatiques seraient très bénéfiques. Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ? Les villes devraient s’équiper de camions ou de bus pour s’approvisionner directement chez les paysans.

Peut-être les pays les plus pauvres se seraient -ils mieux portés s’ils avaient pu continuer leur économie locale, vendant des aliments, et se limitant aux bien indispensables, un peu comme la Suisse l’a fait. Ils auraient bien sûr mangé beaucoup de chocolat et de sucre, mais ils pourraient s’organiser pour fonctionner en mode local, indépendamment des pays développés. Ont-ils vraiment besoin du commerce international? J’ai l’impression que l’économie repose largement sur la consommation des pauvres et des classes moyennes, et que l’appauvrissement de ceux-ci, où la moitié de la population achèterait beaucoup moins, créerait un contre-coup important pour l’économie du pays. D’où l’intérêt d’un revenu minimum universel.

En Suisse, les compagnies aériennes, les magasins d’habits, les hôtels, les restaurants, la culture ont essuyé des grosses pertes. J’ai déjà relayé le fait que la quantité de vols et de vêtements est excessive pour la Planète (vols vêtements), et que  leur consommation augmentait très vite. Donc, une diminution de ces activités est une bonne nouvelle pour le climat et s’est immédiatement traduite par une diminution des émissions de carbone.

Alors, je crois qu’il faut trouver des solutions pour les personnes qui travaillent dans ces domaines sans sauver l’aviation par des vols gratuits ou des habits gratuits. La crise de ces secteurs a peut-être été précipitée par des prix déjà irréalistes.

Sauver les compagnies d’aviation constitue une fuite en avant. Il faudrait plutôt donner un revenu minimum ou inventer des emplois différents, écologiques pour les personnes qui étaient employées dans ces secteurs. Les hôtesses Easyjet ont par exemple été employées dans un hôpital d’urgence londonien.

Nous devons réinventer l’économie maintenant. Une des ces prochaines années, nous pourrions bien vivre un confinement d’urgence pour raisons climatiques.

Comment l’économie mondiale évoluerait -elle si la réduisait immédiatement aux biens indispensables ? Comment assurer que les personnes les plus pauvres aient encore des moyens de subsistance ?

Nous avons besoin d’un plan d’économie de base durable, où les émissions de carbone seraient immédiatement diminuées sans famine et en limitant les conséquences économiques. Il faudrait peut-être commencer par la reconversion immédiate de personnes employées actuellement dans les secteurs inutiles et nuisibles, réduire rapidement le temps de travail ou, troisième possibilité, adopter le revenu minimum universel.

Il faut un plan de réduction immédiate des émissions de carbone, qui assurerait la subsistance des plus pauvres, l’alimentation, les services de santé et le logement.

Lien sur ma courte présentation d’un plan pour le climat de The Climate Mobilization

Habitez-vous en bord de rivière? Prévoyez des évacuations!

Le GIEC a depuis longtemps prévu qu’une augmentation des pluies intenses et d’ inondations accompagnerait le réchauffement climatique. Ce phénomène est flagrant depuis quelques années. Des débordements de plus en plus importants se produisent partout dans le monde, quasi quotidiennement. Les précipitations augmentent parce que la Planète se réchauffe. De plus, la circulation atmosphérique change, et des orages plus violents provoquent des précipitations très fortes.

Les géologues ont trouvé des traces d’immenses deltas anciens. A des périodes plus chaudes, des fleuves géants alimentés par d’énormes précipitations parcouraient probablement la Planète. Les sédiments existant à la surface de la Planète remontent  à la fin d’une période chaude. Il est bien possible que, lorsque la température moyenne de la Terre atteignait 30 ou 40°C, tout le sol à la surface de la Planète a été décapé par de gigantesques précipitations. Cela suggère que les pluies pourraient s’accroître énormément.

Le weekend passé, les Alpes maritimes ont été dévastées par des pluies intenses, des rivières ont emporté des maisons (article le Temps). Cet été, des pluies diluviennes ont touché la Chine, l’Afrique (vidéo CICR), et il y a quelques mois l’Inde. En Chine, les rivières ont emporté plus de 23 000 maisons, presque toutes les provinces chinoises sont touchées, un million de personnes a été évacué (vidéo) . Quand nous avons vu ces catastrophes dans des pays lointains, nous nous sommes dit que les précipitations sont plus intenses là-bas, et que les maisons dans les pays plus pauvres sont moins solides.

Mais ce weekend, nous avons vu des bâtiments solides emportés par la rivière en France avec le flanc de montagne sur lequel elles reposaient. La qualité de la construction n’a joué aucun rôle, elle n’a alors aucune importance.

Chaque ajout de CO2 dans l’atmosphère, chaque dixième de degré va aggraver les pluies intenses.

Lorsque plusieurs centimètres de pluie tombent sur un territoire, l’eau s’écoule vers la bas, dans les creux, et s’accumule vite en mètres de torrents. A Saint-Martin-Vésubie, la rivière s’est répandue fortement, elle est passée de 15 mètres à 150 mètres de largeur. Ce type d’événements sera plus fréquent et plus intense, les rivières déborderont plus loin avec plus de force.

Nous disposons aujourd’hui de cartographies précises et de mesures de niveau très détaillées. L’eau s’écoule toujours vers le bas. Il doit être possible de calculer précisément le trajet de l’eau suite à une pluie intense, en fonction de la quantité d’eau et de la topographie du terrain. Il pourrait y avoir quelques variantes si des barrières naturelles sont rompues par les flots, ou si le courant est fort. A ma connaissance, la pluie a déjà dépassé 1000 millimètres, un mètre, en un jour à peu près,  en Afrique et en Floride. Il faut prévoir des précipitations de ce type en Europe et calculer quelles zones sont inondables, pour les évacuer. Dans les régions les plus à risque, il faut calculer avec quelques mètres de précipitations.

La Chine, le Bangladesh et l’Inde évacuent efficacement un million de personnes à l’approche des catastrophes, cela doit aussi être fait en Europe. Je me demande si ces calculs de risques d’inondation ont été faits pour l’Europe. Je me souviens d’un chiffre. Aux Etats-Unis, la moitié des bâtiments existants dans le pays courent un risque d’inondation. Idéalement, il ne faudrait construire qu’en zones sûres. Je me demande cependant s’il y a assez de terres totalement à l’abri d’inondations. Il faut au moins prévoir des évacuations au cas par cas, des véhicules de transport, du personnel d’urgence et des abris. Des procédures adéquates peuvent sauver toutes les vies. Il faudrait aussi prévoir les coûts de ces inondations, qui deviendront vite astronomiques pour la société.

En Suisse, le Rhône n’a pas débordé en 2020. Pas cette année.

Article le Temps sur les dégâts en Suisse: https://www.letemps.ch/suisse/tessin-suisse-centrale-durement-touches-tempete-alex

Image par Simon Matzinger de Pixabay

 

En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis

L’Iowa devasté

L’état de Iowa aux Etats-Unis a été balayé par un vent très fort les 10 et 11 août 2020. Sa vitesse dépassait les 100 km/h, parfois les 200 km/h

Plus d’un million de foyers a subi des coupures d’électricité. La tempête a cassé et déraciné des arbres, les projetant sur la route et sur des bâtiments, et arraché des pylônes et des toits de bâtiments.  Le vent a fait voler des camions, les routes étaient encombrées de débris divers et impraticables pour les secours.

Enseigne de fast-food tordue par le vent

Des milliers de personnes se sont retrouvés sans abri, à cause de la destruction de leurs maisons, et campaient au mieux de décombres, sans qu’aucune aide ne puisse leur parvenir par les routes bloquées par les décombres. L’Iowa a vécu quelques jours dans le monde d’après l’effondrement: pas d’électricité, pas de transports, pas d’approvisionnement et pas de secours de l’Etat.

Les récoltes ont subi d’importants dommages, 66% des cultures ont été perdues. La tempête a généré 17 petites tornades. Il ne s’agissant pas d’un ouragan, mais d’un souffle très fort, qui a traversé l’Etat en ligne droite, appelé ‘Derecho’.

Centre Commercial
Centre commercial

 

Le réchauffement favorise ces phénomènes

Cette très large ligne d’orages balaye une région étendue. Dans ce cas,  l’air arctique frais a rencontré de l’air subtropical venu du golfe du Mexique (exceptionnellement chaud cet année lien) ce qui a entraîné la formation de nuages épais et de très forts orages. Ces phénomènes deviennent plus fréquents, apparaissent par exemple à la suite d’une vague de chaleur. Les fronts chauds et humides responsables de cet événement surviennent  de plus en plus souvent (Michael Mann).

Arbres cassés et déracinés

Le réchauffement apporte des vents destructeurs

L’augmentation des températures forme les masses d’air extrêmement chaud et humide qui ont provoqué ce phénomène atmosphérique.  A mesure que les températures montent,  des courants brûlants, plus chargés de vapeur d’eau pourraient provoquer la formation de nuages plus épais et de tempêtes plus importantes. Cela arrivera-t-il souvent? Le vent va-t-il arracher nos arbres, nos bâtiments, et jusqu’au souvenir de notre existence de la surface de la Terre?

Nous avons absolument besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur et pour éviter l’aggravation du changement mais à certains endroits, il vaudrait peut-être mieux les tailler pour éviter qu’ils ne tombent sur les bâtiments.

Il faudrait  établir un modèle basé sur les événements graves comme celui-ci, explorer l’hypothèse que ces vents se multiplieront avec le réchauffement, et prévoir les dégâts qu’ils pourraient occasionner.  Un tel modèle pourrait être rapidement vérifié si des tempêtes semblables se produisent par la suite. Nous devons mieux connaître les risques auxquels le changement climatique nous expose. Combien d’arbres pourrait-il casser, combien de toits ou de pylônes seraient arrachés, combien de bâtiments seraient détruits?  Alors seulement, nous commencerons à réaliser ce que nous avons provoqué.

Images Jessika Steen, Facebook

Autres images et détails dans Wikipédia

Les semaines passées ont apporté des records de chaleur et des feux dans l’Ouest des Etats-Unis, des pluies torrentielles en Afrique, des vagues de chaleur étranges en Arctiques. ‘ Certains événements étaient quasiment impossibles sans réchauffement causé par l’Homme’ Sonia Seneviratne ETHZ. Le changement climatique a causé de nombreuses vagues de chaleur, des ouragans et des cyclones, et des pluies torrentielles cette année (article Reuters).

Plus d’une centaine de tornades aux Etats-Unis le dimanche de Pâques 2020

Le CO2 atmosphérique a atteint un nouveau record de 414 ppm en juillet 2020

Effet de serre record et chaleur en juillet 2020

Le CO2 atmosphérique atteint des niveaux records, En juillet, sa concentration est montée à 414 ppm (Organisation Météorologique Mondiale rapporté par Reuters).  Cette quantité élevée de gaz carbonique dans l’atmosphère rend immédiatement la Planète plus chaude. Dès que la quantité de CO2 s’accroît, la Terre absorbe plus d’énergie solaire, et sa température augmente.  L’effet ressenti à différents endroits varie selon les conditions météorologiques, les océans absorbent une partie de la chaleur, mais, logiquement, le mois de juillet 2020 a été chaud. C’était le 2ième mois de juillet le plus chaud de l’Histoire après juillet 2019  (James E. Hansen, monthly temperature update).

Cet effet de serre record a provoqué entre autres la fonte record des glaciers alpins cette année, les vagues de chaleur totalement incroyables en Sibérie, la fonte importante des glaces Arctiques, et de grandes inondations en Afrique (Reuters, AA).

Ces événements diffèrent de plus en plus de la météo connue, et certains, notamment la vague de chaleur en Sibérie,  ne se seraient pas produits sans réchauffement climatique (Sonia Seneviratne, World Weather Attribution).

Le Sud-Ouest des Etats-Unis a subi une vague de chaleur interrompue pendant au moins 50 jours. Elle a débouché sur une immense sécheresse, de nombreux éclairs d’orages violents ont allumé d’immenses feux de forêts, qui ont obscurci le ciel de San Francisco et l’ont plongé dans une nuit enflammée, comme c’est déjà arrivé à Sydney il y a quelques mois. Des résidents de certaines villes étaient évacuées par hélicoptère, l’Oregon craignait hier une mortalité massive due aux incendies de forêt. Le Prof. Michael E. Mann ainsi qu’Al Gore imputent ces feux aux réchauffement climatique.   D’immenses incendies déclenchés par de nombreux éclairs sévissent aussi en Sibérie et Arctique.

Les récoltes sont mauvaises ou totalement détruites à plusieurs endroits de la Planète. Des dizaines de petites tornades sont apparues sur les grands lac Canadiens, 42 en un jour.  A d’autres endroits des rangées de tornades apparaissent sur la mer.  Ces trompes d’eau peuvent devenir très destructrices en touchant terre.  Ces phénomènes pourraient s’intensifier.

Si l’effet de serre augmente encore, il peut  immédiatement apporter des catastrophes plus graves, des vents destructeurs, des nuées de tornades, des vagues de chaleur mortelles. Des catastrophes nouvelles, sans précédent, pourraient se produire l’été prochain. Comme le déclarait le président du GIEC l’année passée (lien), nous ne sommes plus en sécurité. Un grave cataclysme peut nous frapper l’année prochaine ou dans deux ans. Nous devons immédiatement diminuer les émissions de carbone.

Nous devons réduire les émissions de carbone de 7,6% par année

Il faut des emplois pour le climat

La restauration des forêts capte du carbone

Ne relancez pas la consommation! Contentons nous de peu!

Me tromperais-je beaucoup en disant que l’économie mondiale de ces dernières dizaines d’années est basée sur le mensonge que tout va bien, et de mieux en mieux?  Toute nouvelle inquiétante peut provoquer une panique, une crise boursière et économique.  Toute inquiétude, tout danger réel, tels que le changement climatique ou l’épidémie sont sous-estimés, cachés. Dès que le public prend conscience qu’une entreprise court des risques, ses actions sont vendues et elle perd de la valeur. Le futur de toute notre économie est très incertain, et sa valeur réelle, prochaine,  est probablement bien inférieure aux chiffres officiels.

Je suis choquée d’entendre que le gouvernement français veut relancer la consommation. Il veut pousser les Français à consommer, à acheter plus? Depuis des années, ils injectent de l’argent dans des entreprises déficitaires pour maintenir des productions souvent inutiles et nuisibles. Or nous courrons d’immenses dangers à cause du réchauffement climatique (lien) (lien), nous devons le limiter fortement, et nous devons dès maintenant réduire les émissions de carbone de la Terre de 7,6% par année (lien).

J’ai lu avec ma fille ‘la petite maison dans la prairie’. Nous connaissons tous cette histoire de vie simple, quasiment en autarcie dans la nature.  Le papa plantait les aliments pour toute l’année, et parfois fabriquait un meuble dont la famille avait besoin.  Pour leur survie, les paysans devaient prévoir des aliments pour tout l’hiver, les semer, les cultiver, les soigner, les récolter, les économiser et les gérer.

Image par Александр Пономарев de Pixabay

Notre civilisation est aux antipodes. Nous sommes très occupés et à gérer de très nombreux objets.  Nous devons constamment dépenser pour faire travailler les restaurants et les entreprises de loisirs, et c’est encore un moindre mal par rapport aux achats d’objets polluants et de voyages par avion. Le sentiment de sécurité qui engendre cette hyper-consommation est un leurre total. Il est basé sur de nombreux mensonges, sur le climat, sur l’innocuité de certains produits, sur les conditions de production, sur leurs conséquences pour notre avenir.  Il y a plusieurs raisons différentes qui montrent que le système actuel basé sur la croissance ne peut pas continuer indéfiniment, et qui provoqueront sa rupture bientôt.

Lors de l’épidémie, certains ont eu le réflexe de faire des réserves de nourriture pour quelques mois.  Ces mouvements de panique tant décriés sont peut-être normaux et habituels pour les humains, et notre mode de vie dépensier et hyper-consommateur pourrait constituer peut-être une exception dans l’Histoire.

Les gouvernements ont absolument tort d’encourager la consommation. Ils devraient faire tout le contraire. Ils devraient nous encourager à acheter moins. Il faudrait dire la vérité sur le climat, sur la pollution, sur la perte de biodiversité et sur leurs conséquences, que nous entrevoyons seulement. Ils devraient dire la vérité sur le risque, et l’encouragement à la consommation d’objets polluants devrait être jugé crime contre l’Humanité.  Il faudrait peut-être supprimer la publicité, les encouragements à la production et à la vente d’objets polluants, mettre des critères de qualité à la production. Un mode de vie raisonnable consommant ‘une planète’ pourrait être enseigné à l’école.  On pourrait payer une taxe au points en amenant des objets à la décharge, la mauvaise qualité coûterait alors trop cher.

Un tel changement serait difficile à mettre en place du jour au lendemain. Il faut penser et mettre en place une économie qui ne s’écroule pas dès que nous cessons de jeter l’argent par les fenêtres. Il faut réduire graduellement la consommation, le nombre d’objets achetés, en  privilégiant la qualité ou d’autres façons.  Je vous en prie, inventez cette économie maintenant!

Comme la productivité humaine a énormément augmenté depuis le Moyen-âge , il faudrait logiquement baisser le temps de travail, faute de quoi nous acquérons beaucoup plus de choses. Et j’ai vraiment l’impression que la machine s’est emballée, nous achetons et nous jetons de plus en plus vite.  Il  faudrait  apparemment baisser le temps de travail à neuf heures par semaine pour éviter la surproduction et la consommation.  Ainsi la majorité de la population pourrait occuper des emplois utiles, au lieu de s’employer au commerce, à la publicité et à la communication commerciale.  Si tout le monde ne s’ingéniait pas à vendre, nous n’aurions peut-être  tout simplement plus envie d’acheter autant.

Il est de notoriété publique qu’il est quasiment impossible de trouver un emploi après quarante ans. Peut-être faudrait-il inscrire cet état de fait dans la loi et octroyer des retraites à quarante ans, éventuellement à choix,  plutôt que de pousser les quadragénaires à ouvrir des magasins d’objets plastiques encore plus voyants  que les précédents?  Le fait est qu’il n’y a pas assez de travail essentiel pour tout le monde, mais travailler douze ou quatorze heures par jour jusqu’à la quarantaine et être recraché par la machine après n’est pas la bonne solution. Selon une vidéo Facebook non vérifiée, la Belgique dépense plus pour les dépressions et les burn-out que pour l’assurance-chômage, sans parler d’encouragements aux entreprises. Les enfants devraient avoir le temps de jouer, les jeunes des moments pour le bien-être, le sport et même pour les relations humaines et les loisirs, les trentenaires devraient passer du temps avec leurs enfants. Une diminution du temps de travail profiterait à tout le monde.

Dans certains secteurs des emplois additionnels seraient très utiles, dans la santé ou dans la lutte contre le changement climatique. Face à l’effondrement prévisible et prévu, un Green New Deal solide, proposant de nombreux emplois utiles semble une excellente solution, mais il devrait progressivement s’étendre à proposer des emplois essentiels et utiles à la majorité de la population. La diminution du temps de travail s’impose aussi comme une évidence.

La richesse provoque le réchauffement climatique

Le président du GIEC en 2019 et les banques centrales

Nous devons réduire les émissions de carbone de 7,6% par année

Il faut des emplois pour le climat

Les plantes de couverture enrichissent le sol en carbone

Les sols de la Planète perdent du gaz carbonique, qui s’échappe dans l’atmosphère et augmente l’effet de serre. Le sol est un important réservoir de carbone, qui peut augmenter ou résoudre l’effet de serre.

Certains agriculteurs sèment des plantes de couverture entre les cultures de blé, de soja et de maïs. Elles ajoutent du carbone et de l’azote au sol, le protègent et empêchent son érosion.

Jusqu’à maintenant, seule la partie visible de ces végétaux a été étudiée.

Une équipe scientifique a comparé les bienfaits de diverses plantes de couverture et de leur racines pour le sol. Elle a comparé divers mélanges de triticale, de colza et de trèfle incarnat (crimson clover). Ils étudient l’effet de ces plantations depuis 2011, prélèvent des échantillons du sol et observent l’évolution du carbone du sol au cours des années.  Ils ont découvert que l’utilisation de couverture végétale accroît le carbone du sol.  Après son utilisation, les cultures de maïs donnaient un meilleur rendement. Les scientifiques ont ont trouvé un mélange optimal de cinq plantes.

Certaines d’entre elles produisent beaucoup de racines, la triticale donne des racines latérales, et les légumineuses enrichissent le sol en azote.  Elles évitent aussi la prolifération des mauvaises herbes. Les scientifiques espèrent trouver d’autres mélanges, qui bénéficient aux cultures et à l’écosystème.

Il est absolument essentiel d’enrichir le sol en carbone, et les mélanges de plantes étudiés ici seront certainement utiles. Il faut y ajouter d’autres méthodes, d’autres outils pour ajouter du carbone au sol.

Racines: Image par ArtTower de Pixabay
Image 'Grow' Nasah Rwafa de Pixabay

Lien avec photos de l’étude: article phys.org 

 

 

La Chine peut-elle sauver le monde?

La Chine produit une grande partie de nos objets d’usage courant. Une énorme proportion, la quasi-totalité des marchandises vendues aux Etats-Unis y est fabriquée. Une grande partie des émissions carbone de la Chine est due à cette production exportée. Nous sommes terriblement dépendants. Lors du confinement, certains usines européennes ont immédiatement manqué de pièces fabriquées à l’étranger, nos Panadol étaient produits en Chine. Nous ne pouvons rien construire car les tournevis sont fabriqués en Chine.  La crise actuelle a démontré la fragilité de ce système. Actuellement, la Chine subit des graves inondations (vidéo) et les catastrophes climatiques iront en augmentant, les lieux de production et les transports seront touchés.

Je me demande si la Chine ne pourrait pas changer, seule, les émissions de CO2 mondiales. Elle pourrait produire uniquement des biens essentiels, solides et  durables, et fermer la plupart de ses usines. La production polluerait alors beaucoup moins, il n’y aurait plus besoin d’autant de transport, d’entrepôts, de magasins ni de destruction compliquée des objets excédentaires ou vite abîmés.   Nous sommes à l’aube d’événements climatiques très dangereux (article), dans une extinction de masse et dans une pollution inquiétante et nous pourrions, pour y remédier, vivre avec un choix et un nombre restreint d’objets durables et fonctionnels.

Un changement pareil est-il envisageable?

A l’extrême, pourraient-ils provoquer le passage de toute la Planète au col Mao et au vélo?

Est-ce une perspective affreuse? Le vélo contribue à la santé de la population au Danemark et nous serions peut-être plus heureux en gérant moins d’objets.

Quelles seraient les conséquences pour l’économie mondiale et comment l’y préparer?

Il serait peut-être plus doux de limiter dès 2021 le temps de travail. En 2020,  le confinement d’une grande partie de la Planète pendant à peu près deux mois a provoqué une réduction suffisante des émissions de carbone (article). Nous pourrions rendre cet effet durable, si possible sans virus, en réduisant les heures de travail dans la plupart des pays d’un jour par semaine, et en imposant des limites strictes aux vols en avion, trop dangereux pour la vie sur Terre. La forte diminution des voyages aériens a beaucoup contribué à la réduction des émissions de carbone, que nous devons absolument poursuivre. Il semble qu’en Angleterre, la moitié de la population soit décidée à voler moins (lien). Une prise de conscience a lieu et les comportements individuels pourraient bien changer spontanément.

Les vagues de chaleur se multiplient sur Terre

La semaine passée nous a apporté des belles journées d’été suisses, ensoleillées mais pas trop chaudes. La température restait  en dessous de 30 degrés , comme c’était le cas il y a un quart de siècle.  Cependant la réchauffement planétaire continue.
Aujourd’hui, les Etats-Unis sont frappés  par une  forte vague de chaleur, qui touchera quasiment tout le pays. Dans certaines régions, en Californie et en Arizona, les températures prévues sont de 49 degrés Celsius. Selon les prévisions météo, cette canicule pourrait durer tout l’été, sans répit, et sa durée serait sans précédent.  Des vagues de chaleur plus longues avaient été prévues par certains climatologues.
La semaine passée, trois publications différentes ont montré qu’il y a plus de vagues de chaleur sur la Planète, et même que cette progression s’accélère. Une d’elle, émanant du centre de recherche du MetOffice britannique, montre que les changements de température sont indicatifs du réchauffement planétaire, et que les minima, les journées les plus froides, changent même plus vite que les journées chaudes (lien). Une autre montre que la Terre subit plus de températures extrêmes (lien), et que cette progression s’accélère.
James Hansen a analysé les températures en été dans l’hémisphère Nord. Elles montent, et cela de plus en plus vite. Elles ont augmenté d’environ un degré Celsius en quarante ans à la fin du 20ieme siècle , et de nouveau d’un degré en vingt ans, depuis l’an 2000. Le nombre de jours extrêmement chauds , pénibles, dangereux, très exceptionnels dans le passé, augmente aussi rapidement, en rouge foncé sur son graphique (lien).

L’augmentation des vagues de chaleur prévue par les climatologues est désormais très solidement prouvée. Elles se multiplient, s’aggravent et deviennent dangereuses.

 

Pour les émissions de carbone il aurait mieux valu partir à point -une diminution annuelle de 7.6% s’impose aujourd’hui

Une forte réduction est nécessaire

Le rapport de l’ONU sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre 2019 compare les émissions de gaz à effet de serre à ce qu’elles devraient être et souligne les meilleurs moyens de combler cet écart (Résumé en français: https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/30798/EGR19ESFR.pdf).

Les émissions de carbone augmentent continuellement. Elle se sont accrues de 1,5% par année au cours de la dernière décennie. La croissance est beaucoup plus forte, de 4,5%, dans les pays hors OCDE.

Le rapport précise que si les réductions d’émissions de carbone avaient commencé en 2010, elles auraient été d’environ 3,3% par année. Au lieu de cela, les émissions de carbone ont continuellement augmenté, et en commençant en 2020, il faudra réduire les émissions de 7,6% par année pour ne pas dépasser le seuil de 1.5 degré par année.

Si nous attendons 2025, il faudra alors réduire les émissions de carbone de 15,5% par année (UNEP). Le confinement fait cependant baisser nos émissions en 2020.


 

 

Certains gouvernements vont à reculons 

Selon l’UNEP,  les gouvernements ne prennent pas de mesures suffisantes pour garantir notre sécurité.

Le rapport donne de nombreuses informations à ce sujet (Chap 2.4). Il mentionne que l’Argentine doit modifier d’urgence ses pratiques agricoles,

que les émissions de l’Australie devraient demeurer inchangées suite aux décisions et à l’absence de progrès de leur nouveau gouvernement conservateur.

Le Brésil a connu une augmentation de la déforestation en 2018, le budget du ministère de l’Environnement pour le climat a été réduit, les règles administratives ont été assouplies, la responsabilité des territoires Indigènes a été transférée au Ministère de l’agriculture, et les comités de la société civile ont été dissous. Il est essentiel que le Brésil renforce son action pour le climat.

Les États-unis relâchent aussi les règles environnementales pour donner plus de liberté à l’industrie. Les émissions des centrales électriques seront réduites de 1% au lieu des 32% prévus sous Obama, les émissions des véhicules resteront inchangées mais celles du pays ont quand même baissé grâce à l’évolution du marché.

La Chine a connu un énorme développement des énergies renouvelables et réduit maintenant les subsides car les prix ont énormément baissé.

Les engagements pour différentes solutions sont passés en revue: énergies renouvelables, sortie du charbon, Industrie à bas carbone, transports publics, transports et aviation zéro-Carbone, bâtiments zéro-émissions, arrêt de la déforestation , prix du carbone, finance compatible avec l’accord de Paris (table 4.3 etc).

Une bonne solution

Un scénario de solution semble particulièrement efficace, LED ( basse demande d’énergie). Il permet à une grande partie de l’Humanité d’accéder à une bonne qualité de vie. Il suggère d’électrifier et d’optimiser  la fin de la chaîne énergétique, y compris les véhicules et les pompes à chaleur, de s’accorder sur un nombre raisonnable d’objets multifonctionnels, une circulation accrue des objets, donc la location ou le partage plutôt que l’achat, etc (5.3.5).

https://www.unenvironment.org/fr/resources/rapport-sur-lecart-entre-les-besoins-et-les-perspectives-en-matiere-de-reduction-des