Le monde change aujourd’hui

Certaines mesures actuelles pourraient sauver le climat

Les écoles sont fermées depuis deux semaines, et nous réduisons nos déplacements au minimum.

De nombreuses personnes ont modifié leur planning pour travailler de chez eux, les enfants sont à la maison toute la journée. Nous ne sortons pas le soir ou le weekend, et ne voyageons pas. De nombreux lieux de travail sont à l’arrêt. Les frontières sont fermées. L’Italie a interrompu l’activité de ses usines et seules les biens de premières nécessité sont y fabriqués actuellement. Ce pays produira moins de d’objets superflus pendant un certain temps.

L’épidémie est survenue au moment même où le président du GIEC annonçait en décembre 2019 que les conséquences du réchauffement sont plus sévères que prévu, et que nous pourrions bientôt voir des événements auxquels nous ne pourrons pas nous adapter.

Il conseillait de réduire immédiatement les émissions de carbone pour nous permettre de nous adapter au changement climatique de façon durable (traduction de son discours ).

Le Secrétaire-Général de l’ONU avertissait que nous étions en train de perdre la course. Nous allions droit à la fin de l’Humanité.

Certains changements actuels sont bénéfiques dans ce contexte et devraient être encouragés dans le Futur.

Le trafic aérien est un des secteurs les plus polluants. Il se développait depuis quelques années d’une façon incompatible avec la survie de l’Humanité.

Aujourd’hui, les avions se sont posés, la pollution diminue en Chine, en Lombardie, à Paris. Les mesures actuelles sauvent autant de vies par la diminution de la pollution que par la maîtrise de l’épidémie, et peut-être plus encore parce qu’elles évitent d’immenses catastrophes climatiques.

Le télétravail, une réduction des déplacements, des voyages, de l’activité industrielle et de la consommation constituent d’excellentes solutions. Le télétravail devrait être généralisé et les vols en avion fortement limités.

Pourquoi travailler?

Actuellement, plusieurs initiatives dans le monde demandent le versement d’un revenu minimum à la population plutôt que des investissements dans des entreprises polluantes et inutiles.

Il faut changer le système qui encourage les citoyens à ouvrir un magasin d’électronique ou de jouets pour chien et à les vendre à des personnes crédules en utilisant la psychologie, le mensonge, des publicités omniprésentes, bref des procédés nuisibles.

Une grande part de la population affirme vouloir du travail, est prête à faire des nombreux sacrifices (études, déménagement, invitation de son patron à dîner, etc, etc) pour y parvenir. En conséquence, nous nous conditionnons nous-mêmes à aimer l’économie, l’informatique, les graphiques excel.  Autant dire qu’un chien aime sa laisse. Sans la nécessité de trouver du travail et la l’existence de postes dans la banque ou la vente, nous aimerions moins le commerce, les partis de droite, les cravates…  Nous croyons à tort qu’ils nous sont bénéfiques.  J’essaie d’exprimer l’idée que les demandes mêmes d’une grande partie de la population sont issues du système existant et de son discours dominant. Si nous changeons les règles du jeu, les souhaits de la population évolueront aussi.

Vouloir travailler nous a été inculqué, et défini comme une vertu. Aujourd’hui, nous devons cesser de nous employer à la vente d’objets polluants. Nous pouvons avoir des activités bénéfiques et utiles dans le bénévolat, dans le jardinage, dans le bricolage, dans les relations humaines.

Le monde change aujourd’hui

La Terre a subi un bouleversement radical en mars 2020. La moitié de sa population a simultanément modifié son mode de vie.  Nous pouvons le faire, puisque nous l’avons fait hier. Nous devrons changer aussi pour le climat.

Un monde sans pollution mortelle dans les villes, où les citadins marchent dans les rues calmes, et où le nécessaire prime sur le superflu serait un monde meilleur.

Actuellement, de nombreuses frontières sont fermées, l’aviation et les voyages pourraient subir des restrictions pendant un an au moins.  Les activités industrielles sont aussi perturbées.  Le géant de la vente en ligne Amazon limite les entrées de ses entrepôts aux biens essentiels.

La consommation de pétrole et les investissements dans ce domaine ont été immédiatement réduits (blog). Aujourd’hui des nombreuses institutions très influentes, y compris Goldman-Sachs, supposent que certains changements comme le travail à domicile pourraient s’installer de façon permanente, que la consommation de pétrole baissera de façon permanente et que nous vivrons de façon plus écologique.

Le Forum Economique Mondial relève qu’il est possible de changer de modèle du jour au lendemain, qu’il n’y a plus aucune raison de subventionner le pétrole et que que nous devrions développer l’agriculture régénérative.

Plusieurs initiatives demandent le revenu minimum pour la population, soit pour la situation d’urgence actuelle, dans laquelle il est impossible de sortir pour chercher du travail,  et où de nombreuses entreprises sont fermées, soit de façon permanente (WeMove, les Jeunes Verts). Signez-les!

Le soutien de l’Etat devrait être réservé aux entreprises durables (pétition Greenpeace signez-là aussi).  La fermeture des compagnies les plus polluantes devrait être favorisée.

De nombreux emplois devraient être créés dans des domaines utiles à la population. Nous devrions mieux assurer une production locale de biens de première nécessité, tels que l’alimentation, le matériel médical et l’énergie. Tous ces changements sont à notre portée. Nous pouvons les accomplir bientôt et assurer un Futur durable.

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

14 réponses à “Le monde change aujourd’hui

  1. Chi va piano…

    Depuis des décennies, notre éducation dérive en partie de croyances promues pas une société de consommation et qui prônent notamment que l”homo economicus est soumis à des règles scientifiques telles que le fameux darwinisme économique: ne survivront que les entreprises et les individus les plus forts, soumis à la pression de la concurernce arbitrée par le marché.

    La croissance se mesure quantitativement (volume et marge) dans une course effrénée rythmée par des indicateurs financiers. Les valeurs qui en découlent dans le monde du travail sont évidentes: performance, vitesse, accélération, agilité, effort/engagement, volume, faire plus avec moins moyen, optimiser.

    De plus, grâce aux nouvelles technolgies, l’effort peut enfin se poursuire de manière permanente alimenté par un flux de courriels et autres alertes par messageries. La connection est enfin permanente !

    La qualité compte peu car le produit sera rapidement démodé par une autre innovation ou technologie disruptive et ce, avant la fin de son cycle de vie.

    Bien sûr, la qualité de vie et l’impact environnemental sont reconnus comme essentiels: la “sustainability”, le “work-life balance” sont devenus la base d’une communication pour les entreprises et les marques.

    Heureusement, dans les faits, les utopistes promoteurs de ce monde écoresponaable ont élé renvoyés par des grands leaders sur les bancs des facultés d’économie: c’est un luxe que l’on en peut pas se permettre …ou plûtôt si mais à condition que plus de produits puissent être écoulés…

    Pour survivre face à la concurrence, Il faut donc garder le cap et accélérer: le producteur doit produire plus et le consommateur consommer plus. Dans ce monde, l’introspection, la réflexion, prendre du temps, se ressourcer, laisser mûrir sont des barrières et leurs promoteurs des empêcheurs de tourner en rond.

    La nature est d’ailleurs fort mal faite: tout prend beaucoup trop de temps ! Il convent de la modifier et d’accéler la croissance des plantes et des animaux comestibles et éliminer ce qui ne sert à rien sinon l’humanité ne survivra pas à moyen terme.

    Ne pas travailler est un grave pêché ! Le peuple, dans sa sagesse, avait sanctionné la proposition d’une semaine de vacances supplémentaires en Suisse car cela aurait clairement mis en péril notre compétitivité. De toute façon, il faudra travailler plus et plus longtemps, les chiffres sont clair ! Il est urgent de flexibiliser le système et de passer de 41 heures par semaine à 50 heures minimum et éléver l’àge de la retraite à 67 ans sinon le système va s’écrouler.

    C’est dans ce contexte que la fameuse pandémie virale représente un des plus grands défis jamais posé à notre société.

    Dans un premier temps, c’est un choc: la mortalité causé par ce virus, bien plus agressif que prévu, est importante et nous touche tous directement. Les sentiments de tristesse et de peur dominent.

    Dans un 2ème temps, c’est la consternation: le seul remède efficace pour enrayer le mal est…. de ne rien faire … il faut rester chez soi, et éviter tout contact avec ses semblables. De plus, il semble que le problème est là pour persister quelques mois voire quelques années. Certains professeurs d’économie bien connus parlent déjà “d’une nouvelle réalité” ! Terrible constat !

    Comme à l’accoutumée, nous aurions pu espérer de la science et d’une industrie pharmaceutique à la pointe de la technologie une solution rapide et efficace. Déception: la logqiue eco-darwiniste qui a fait croître fortement nos sociétés pharmaceutiques les a poussé a améliorer leurs profitablité en recyclant d’anciennes molécules mais, en pratique, il n’est pas question d’investir malgré les précédentes pandémies virale: c’est trop risqué et “capital intensive”.

    C’est donc une crise de valeurs, il faut ralentir le rythme, consommer moins, travailler différemment pour faire fonctionner le monde autrement tout en faisant le contraire de ce que nous avons appris. C’est difficile mais il faut s’adapter.

    Mais ralentir, c’est mettre en danger notre économie et générer à terme une augmentation de la pauvreté. L’espérance de vie va être touchée et, à moyen terme, la situation sanitaire et la mortalité dans certains pays pourrait augmenter fortement. Le remède est pire que le mal ! Il n’y pas de bonne solution. Quoi que l’on fasse, c’est une catastrophe !

    A moins que nous mettions à profit le temps libéré par cette crise pour repenser nos valeurs et faire évoluer un système qui allait, réchauffement climatique oblige, à sa perte à moyen terme ?

    L’histoire montre que les changements majeurs ont résultés de crises car nous n’aimons pas prendre des décisions qui impactent notre confort physique et intellectuel à court terme si le danger est éloigné dans le temps.

    Il est encore possible voire probable qu’une solution soit à nouveau trouvée (surveillance de masse, injection de capitaux, vaccin, molécule miracle, argent hélicoptère) et permette de prolonger encore un peu notre système essoufflé.

    Cependant, ne devrions nous pas questionner une société si puissante techniquement mais mise K.O. en quelques semaines par un microscopique fragment d’ARN ?

    Malgré la Science, les Arts, notre savoir collectif amassé durant des millénaires, nous nous retrouvons au bord du gouffre car nous n’avons pas prévu le cas où nous devrions simplement ralentir notre rythme.

    La croissance effrénée en volume et l’épuisement qu’elle génère en terme de ressources planétaires et humaines font partie du passé. Les critères de survie changent: il ne s’agit plus d’être le plus gros ou le plus fort. Il faut un nouveau cap pour assurer la survie de notre espèce à long terme et mesurer les choses différemment.

    L’opposition n’est plus la bonne voie et finit par fatiguer l’opinion: droite/gauche, collectif/privé, Nord/Sud ou Est/Ouest. Il est peut-être temps de retrouver un nouvel équilibre pour définir cette nouvelle société.

    Peut-être le dernier avertissement ? Il n’y aura pas de Co-vid 26 …

  2. oui, évidemment, sans activité humaine , la nature respire nettement mieux ! ce qui signifie que la surpopulation humaine est la principale raison des difficultés présentes , autant pour la propagation des maladies que la pollution et l’accumulation de CO2 ou de CH4 !
    La conclusion est très vite trouvée ainsi que la solution à long terme !

      1. Vous avez sans doute déjà lu la fable La Cigale et la Fourmi de Jean de la Fontaine.
        Le passage suivant est très instructif:
        Que faisiez-vous au temps chaud ?
        Dit-elle à cette emprunteuse.
        – Nuit et jour à tout venant
        Je chantais, ne vous déplaise.
        – Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
        Eh bien! dansez maintenant.

        Sans activité industrielle dites-vous! Retourner à l’Âge de Pierre peut-être: après tout, ce matériau est partout abondant …

    1. bonjour; vous écrivez: “…ce qui signifie que la surpopulation humaine est la principale raison des difficultés présentes , …”
      j’en doute; le pillage des pays dits sous-développés par les pays dits riches, empêche l’auto-suffisance des premiers, permet aux seconds une illusion de progrès néfaste au climat et apporte les partis d’extrême droite; cela va donc cesser;

  3. On peut toujours rêver que les choses changent, mais si l’on voit que l’humain n’a pas beaucoup gagné d’humanité depuis les trente glorieuses…, en combien de siècles?
    La nature humaine reste ce qu’elle sera, une fuite en avant, la tête dans le guidon, deux exemples:

    – l’obsolescence programmée, un crime contre l’humanité
    – la bourse, un monstre pire que le corona et qui a pipé tous les dés.
    A tel point que de garantir les retraites suppose de continuer le système.

    Etes-vous prête à diminuer votre salaire au tiers, ainsi que votre retraite, car l’équation est bien celle-ci!

  4. La Terre vient de brutalement rappeler à l’homme qu’il n’est pas le roi du monde, qu’elle n’a pas besoin de lui pour tourner et que sans lui d’ailleurs, elle n’en tournerait que mieux.
    À bon entendeur, salut !

  5. Cette petite pandémie (ce n’est ni la peste, ni le dérèglement climatique) nous offre l’occasion de réfléchir à ce dont nous pouvons nous passer et c’est excellent pour la tête et pour la planète. Prenez une montre de luxe: ce n’est pas utile et ce n’est même pas un bijou puisque cela n’embelli pas celui qui la porte, beaucoup d’autres produits de consommation doivent suspendre leur vol. Si seulement la leçon pouvait porter pour que nous puissions redevenir une société normale, c’est-à-dire se préoccupant d’autres choses que du superflu.

    1. « une société normale, c’est-à-dire se préoccupant d’autres choses que du superflu »

      Reste à déterminer ce qui est superflu et ce qui ne l’est pas.

      Cette appréciation peut varier d’une personne à l’autre et d’une culture à l’autre.
      Elle peut aussi varier selon que la personne bénéficie déjà du superflu ou pas.

      A moins évidemment qu’une instance supérieure décide de ce qui est utile et de ce qui ne l’est pas et l’impose par la loi et la force à tout le monde.

      Ce genre de société a déjà existé dans le passé …

  6. “Comme à l’accoutumée, nous aurions pu espérer de la science et d’une industrie pharmaceutique à la pointe de la technologie une solution rapide et efficace. ”
    oui, mais il y avait encore plus simple:
    Si l’on réfléchit bien, c’est une catastophe à cause de 2 choses:
    1) le transport aerien et les loisirs à l’autre bout du monde qui a fait la pandémie MONDIALE, et trop rapide.
    2) l’absence de stocks de masque pour tous, avec obligation de le porter.

    Si le monde entier avait mis un masque dès le début, le virus ne se serait pas transmis. ( à condition d’exclure les bisous et poignées de mains )

  7. Merci Dorota pour vos paroles incisives, pleines de sagesse. Elles me conviennent parfaitement. Modération et partage. Gandhi associe ces deux valeurs en une parole à mes yeux essentielle: ” Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre “. Il ne nous impose pas des restrictions insupportables, il nous suggère un art de vivre, une simplicité, une contemplation des miraculeuses présences terrestres. Ralentir, décroître, s’immobiliser et de nouveau s’émerveiller plutôt qu’acquérir une nouvelle machine parfaitement inutile, un nouvel écran qui nous prive derrière une vitre du monde, qui nous détruit intérieurement, qui perd notre âme, qui nous épargne la vue des dévastations en cours d’une Terre vivante et sacrée. Celle-ci nous lance un ultime avertissement à deux têtes, le Chaos viral et le Chaos Climatique. Tout deux sont nés de la mise à sac par les grands Marchands d’une miraculeuse planète tenue pour un astre mort. Cessons d’êtres leurs complices.

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