Arrêt des investissements dans la culture de soja et la déforestation

Les catastrophes climatiques déferlent et devancent les prévisions. L’économie change aussi, les énergies renouvelables  prennent de plus en plus d’importance et de nombreuses villes et institutions arrêtent les investissements dans les énergies fossiles nuisibles pour le climat.

Maintenant, deux pétitions appellent aussi à l’arrêt des investissements dans l’agribusiness, qui provoque la déforestation de l’Amazonie pour la culture du soja pour le bétail et pour l’élevage direct. La déforestation de l’Amazonie s’est accélére ces dernières années. Elle a augmenté de 57% en 2020 et la moitié de la savane du Cerrado a été transformée en plantation de soja. En 2019, d’immenses feux visibles de l’espace dévastaient la forêt tropicale. Selon les experts, ces feux étaient souvent allumés lors du défrichement de parcelles pour l’agriculture et l’élevage. Ils échappaient  à tout contrôle et embrasaient de grandes étendues de forêt (blog 2019). Une lettre ouverte dans le journal scientifique Science alertait sur le déboisement rapide de la forêt Bolivienne, et établissait que  la responsabilité des feux incombe à l’activité humaine. Les forêts indonésiennes disparaissaient face à la prolifération de plantation de palmiers à huile (blog). L’Indonésie tente de s’attaquer au problème, elle interdit la déforestation et limite le risque de feu par des pluies artificielles. Au Brésil par contre le gouvernement actuel pourrait déclencher des catastrophes planétaires par le mépris de l’environnement et par la déforestation à tout va.

Image par Charles Echer de Pixabay

Une pétition de Sum of Us demande aux banques européennes Barclays, ING Group et BNP Paris de cesser de soutenir cette partie de l’économie (Pétition Sum of US) .  Une autre pétition de Rainforest Action Network s’adresse entre autres à JP Morgan Chase et BlackRock (Pétition RAN).

De nombreuses banques investissent dans l’élevage, la culture du soja destinée aux usines d’animaux ailleurs dans le monde, et les plantations de palmiers à huile. Un site internet répertorie leurs domaines d’investissements et les parties du monde ou ils sont présents: https://forestsandfinance.org/data/. Un rapport de Reclaim Finance cite des chiffres sur la culture du soja au Brésil et sur les entreprises responsables et les banques qui les soutiennent (ReclaimFInance ).

Actuellement, déjà, les trois quarts des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage. La production de viande est inefficace, elle nécessite énormément de surface et d’eau pour une calorie. Elle augmente malheureusement très vite (FAO). Les terres agricoles pourraient encore s’étendre dans les prochaines décennies, alors que nous avons un besoin vital de forêts pour modérer le changement climatique. La déforestation nuit au climat local, provoque une augmentation de températures dans les zones déboisées et des sécheresses, une énorme perte de biodiversité, une augmentation du réchauffement global ainsi qu’une dégradation et l’émission du carbone des sols. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aggraver le réchauffement climatique, il faut très vite réorganiser l’économie mondiale pour le contrôler.

Ces pétitions sont donc une excellente idée, nous devons vite juguler le développement de l’élevage et la déforestation pour l’alimentation du bétail. Ils sont beaucoup trop dangereux pour la vie sur la Planète.  Le changement climatique et ses conséquences s’aggravent d’année en année et il faut réagit vite.  Nous devons reboiser la Terre, réduire les pesticides et assurer l’alimentation humaine.

Le consommateur peut signer ces pétitions, choisir des viandes produites de façon écologique ou locale, ou des aliments végétaux.

En Suisse nous voyons encore des vaches paître sur des verts pâturages de montagnes, des superbes prairies alpines très riches en espèces végétales (vaches suisses). La production de lait et de viande de boeuf y est assez écologique, mais c’est assez exceptionnel.  Nous pourrions éventuellement demander une exception pour ce type d’agriculture, si l’alimentation du bétail restait locale et n’utilisait pas de soja d’Amazonie. Ailleurs, il vaut mieux choisir de la volaille. En général, la production animale dans le monde provient de plus en plus de fermes-usines où les animaux sont alimentés au soja, et, si nous ne voyons jamais ces animaux avant le supermarchés, les champs qui leurs sont destinés s’étendent très vite.

L’alimentation végétale est en général beaucoup plus écologique et amène de nombreux bienfaits pour la santé. Si nous devenions tous végans, nous pourrions remplacer à peu près une moitié des terres agricoles actuelles par des forêts et  nourrir l’Humanité sur l’autre moitié. Il faut en tout cas aller dans cette direction. Différentes organisations conseillent de consommer plutôt des légumineuses (lentilles et haricots), des  algues, des noix, du moringa, du fonio, et des champignons.  Actuellement, les aliments végan sont souvent  plus chers que les produits animaux, alors que leur coût de production et écologique est beaucoup plus élevé. Il faut transformer les circuits alimentaires pour que les aliments végétaux soient moins chers et reflètent mieux leurs coûts réels. Des investissements bien orientés et des lois bien conçues pourraient vite améliorer le système.  S’ils se dirigent vers la production à grande échelle d’aliments végétaux, l’impact carbone de l’alimentation baissera facilement.

Le Cambridge Institute of Sustainability Leadership (CISL) propose une série de mesures pour mieux planifier l’agriculture: une collaboration accrue entre les banques locales et mondiales, une attention à toute la chaîne de production, et l’adoption de nouveaux standards suffisants pour protéger les forêts tropicales (Independent).  Mettons-les vite en place!

Image de couverture par Rosina Kaiser de Pixabay 

Blog Sauver la biodiversité: Aliments Vegan et restaurants durables

Blog envertetcontretout sur le marchand de grain Cargill. Ils estiment les conséquences des choix de cette entreprise en citant les chaînes qu’elle fournit, telles que McDonalds. Mais cette dernière introduit aussi des produits végétariens, leur demande évolue heureusement aussi.

Addendum le 16 septembre: L’expert anglais David King suggère d’augmenter la productivité des mers britanniques en poisson. Selon lui, une croissance d’algues  accrue et un ajout de fer sous une forme naturelle, de sable ou de cendre volcanique,  augmenterait de dix fois le nombre de poissons, et leur activité (transformer les algues en restes divers) aurait un effet bénéfique sur le cycle du CO2 (lien).

Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

10 réponses à “Arrêt des investissements dans la culture de soja et la déforestation

  1. L’information capitale sur l’eau est écrite sur le site de l’INRAE depuis plusieurs années : https://www.inrae.fr/actualites/nouvelle-representation-du-cycle-leau-integrant-activites-humaines

    “Il est urgent de mettre à jour les représentations du cycle de l’eau de la Terre utilisées dans l’éducation et la recherche : contrairement aux idées reçues les pluies ne viennent PAS exclusivement de la mer mais au 2/3 de la végétation (évapotranspiration) , ”
    Autrement dit la végétation ne consomme pas d’eau mais provoque les pluies, c’est pourquoi il ne pleut pas dans les déserts et que nos étés sont de plus en plus secs parce qu’on a favorisé les cultures sèches ! La solution est simple : assurer une continuité végétale la plus dense possible au rythme des saisons donc des champs verts l’été avec des couverts ou des cultures ! La plante qui consomme le plus d’eau c’est l’arbre (le feuillus 300 à 500 litres d’eau par jour, 5000m3 par an et par hectare : source ONF), mais il faut 30 ans pour faire un arbre, un champ bien vert aura le même taux d’évaporation et donc le même impact sur le climat (20°c de moins) ! Pour retrouver un climat tempéré il faut que nos campagnes soient des océans de verdures en plein été, cela peut paraitre contradictoire mais plus la densité végétale augmente dans les bassins versants moins il y a de problème d’eau !

    1. McDonalds lance un nouveau burger végétarien, ça vous plaît? En fait les pétitions que je cite sont des très bonnes initiatives, elles auront des effets bénéfiques sur le climat et sur notre sécurité, et je tente d’expliquer pourquoi. Mon blog est dévolu aux informations sur le changement climatique. En dehors de ça, c’est une journée magnifique, profitez-en!

  2. La photo qui accompagne votre blog, montre la bêtise de la pensée productiviste en agriculture. Ça va de paire avec la pensée « boursière » qui accompagne le management et la gestion trimestrielle (la tête dans le guidon !).

  3. Le problème avec vos posts est qu’il y a toujours 0 objectivité et 100% militantisme.
    Je vais aller m’acheter aujourd’hui un steak et j’aurais une pensée pour vous.

  4. On pointe toujours le problème de la déforestation , mais ce n’est que la conséquence de la surpopulation humaine exigeant toujours plus de nourriture et par conséquent de surfaces agricoles !
    Cette logique est trop banale pour être comprise par les dirigeants qui se contentent de répondre à la demande . Le capitalisme joue pleinement son rôle dans ce jeu d’offre et de demande sans tenir compte des causes ou des conséquences …
    Une vraie calamité … ou la question climatique n’est que secondaire …

    1. Absolument pas.
      La déforestation est la conséquence de l’appat du gain et de la poursuite de la croissance ECONOMIQUE tous azimuts et de la multiplication des besoins artificiels.
      Ainsi que de leur conséquence – la production volontaire de biens à l’obsolescence programmée – afin de stimuler la production et consommation constante de biens.
      Cela n’est pas lié à la démographie.
      Arrêtez de répéter vos thèses nauséabondes, dignes des années ’30.
      Il suffit de se promener en Europe pour nous rendre compte que la terre suffit largement à nourrir la population actuelle – qui est pourtant bien plus élevée qu’il y a 100 ans. Il y a même moins de surfaces agricoles.
      Le problème n’est pas l’agriculture et l’alimentation. Le problème, c’est le gaspillage de toutes les ressources à cause de logiques économiques qui n’ont AUCUN AVENIR (consomation, tourisme de masse, obsolescence programmée, mondialisation des circuits au lieux de circuits courts, etc.).

  5. Personnellement j’essaie d’éviter de manger de la viande. De manière moins ‘colibri’ et plus efficace ilest grand temps de déployerune taxe carbone en Europe (UE plus la grappe de pays plus ou moins réticents à collaborer avec ‘UE) taxe intérieur et taxe à l’entrée de l’europe des taxes qui doivent tenir compte des externalités négatives de la production et de l’usage de biens d consommations. taxes qui devraient tendre vers l’infini, la catastrophe s’annonçant risquant d’être totale

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