Les américains doivent savoir la vérité sur le climat

La politique de Trump était désastreuse pour tous les Américains

Une carte des votes américains sur Facebook indiquait que les américains blancs auraient majoritairement voté pour Trump. J’espère que c’est faux. Si c’est vrai, c’est absolument dramatique, et dénote une très forte désinformation dans cette population. Trump était extrêmement dangereux pour la population américaine et le reste du monde. Son annulation du ‘Clean Water Act’ mettait toute la population des Etats-Unis en danger d’empoisonnement ou de cancer, son déni du changement climatique mettait leurs vies en danger. L’annonce de sa victoire aux élections résume bien toute sa politique et sa crédibilité.   Il n’a cessé de mentir tout le long de son mandat. Ses amis personnels ont été nommés à la tête de toutes les agences gouvernementales des Etats-Unis, j’étais déjà plus qualifiée pour deux agences gouvernementale des Etats-Unis, celle de l’environnement et de la Santé, au même titre que que tous les chercheurs en Sciences des Universités. Les Etats – Unis dérivaient vite vers une république bananière que l’oligarchie organisait pour elle-même, dans une totale indifférence au bien public.

Le climat a changé

J’ai regardé le téléjournal TSR annoncer que Joe Biden a gagné les élections aux Etats-Unis. En arrière-plan du reportage, des américains déambulaient, détendus en T-shirt et en petite robe dans les rues de Washington. J’ai perçu leur plaisir de la promenade dans une journée parfaite d’été, et je m’en suis étonnée.

L’hiver à Washington est habituellement plus froid qu’en Suisse, et il devrait actuellement y faire environ 10 degrés, un temps frais et pluvieux d’automne. Cette année, en Suisse nous avons un vrai début du mois de novembre d’antan, nuages sombres et lourds, vent frais et feuilles d’automne voletant dans les rues. Novembre a toujours été ainsi. Washington devrait être au moins cela, un peu plus froid que la Suisse. Or, la météo y signalait 26°C pour le samedi 7 novembre. Le temps qui y règne actuellement est totalement anormal. Une température de 26°C est exceptionnelle, et montre une fois de plus que le climat terrestre a vraiment changé.  Cette magnifique journée était l’endroit du changement climatique, mais l’envers est terrible.

Il faut une gouvernance pour les temps des catastrophes

Les temps ont changé, nous sommes entrés dans l’ère des catastrophes. Les Etats-Unis subissent déjà des nombreuses inondations et ouragans, des problèmes de cultures végétales et d’élevage dus au climat, des vagues de chaleur au dessus de 40°C accompagnées de coupures de courant pour un million de personnes. Ils ont besoin d’une vraie gouvernance pour les graves problèmes actuels. Le dilemme auquel ils sont confrontés est, très simplement, le suivant : soit ils acceptent que la moitié des bâtiments des Etats-Unis soit ravagée par des inondations, ce à quoi il faut ajouter les ouragans, les grêles et les chaleurs mortelles, soit ils limitent le réchauffement climatique.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Dans le premier cas les Américains pourront continuer à vendre des objets en plastique jetable, à prendre souvent l’avion, et à jeter la moitié de leur burger de viande à la poubelle, mais leurs maisons seront détruites par les éléments. Même là, une planification raisonnable pourrait limiter les dégâts des inondations et creuser des lits de rivières prêts à les évacuer. L’autre possibilité est de prendre des mesures sensées pour éviter ces catastrophes, ce qui exige aussi une planification responsable. Une idée est que le prix des produits inclut le coût des dégâts climatiques qu’ils provoquent, le coût de la destruction des infrastructures et des dommages à l’agriculture. Je préférerais personnellement l’interdiction pure et simple des produits les plus polluants, de même qu’il est interdit de vendre des aliments toxiques. Il faudrait reformer le système de l’emploi pour que la majorité soit dans des domaines utiles à la société, et non pas dans la vente et la pub d’objets polluants. Le Green New Deal va tout à fait dans la bonne direction.

 

Fin de la désinformation

J’ai exposé brièvement un des problèmes dont le gouvernement des Etats-Unis doit s’occuper. Trump a fait un énorme travail de désinformation à ce sujet, un vrai travail de sape, et de calomnie à l’égard des personnes compétentes et honnêtes. Occasio-Cortez par exemple a été taxée d’extrémisme pour avoir cité le plan consensuel de l’ONU. Il faut rétablir la vérité et faire un sérieux travail d’information aux Etats-Unis pour que la population intègre les risques auxquels elle devra faire face. Les Américains ont du bon sens, mais sont terriblement mal informés. Ils croient qu’il est dans leur intérêt de payer moins d’impôts et d’avoir moins de limites à leurs gains, avec lesquelles ils s’achèteront une maison et une deuxième voiture. Or tout ce qu’ils possèdent est à la merci des inondations, une vague de chaleur mortelle peut décimer leur ville dans quelques années, les assurances seront vite en faillite. Dans le futur, ils pourraient courir dans des abris avec un sac à dos d’évacuation pour tout bien. Il faut d’abord assurer leur sécurité, avant d’acheter la énième décoration pour leur maison. Cela marchera très bien s’ils sont conscients des risques et des enjeux. Il faut un vrai travail d’information aux Etats-Unis.

Photo Jessica Steen, tempête exceptionnelle dans l’Iowa, Blog 

Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

7 réponses à “Les américains doivent savoir la vérité sur le climat

  1. Ne suis pas économiste, mais je constate que des économistes et de nombreux scientifiques pointent du doigt les croyances néolibérales a l’œuvre depuis les années 70. Cette croyance a des implications non négligeables avec ce dérèglement climatique, la déforestation, la pollution, la perte de biodiversité, les événements dits naturels (météorologiques, géologiques) et finalement aussi les pandémies actuelles. Cela devrait nous inciter, nous citoyens et électeurs, à questionner les fondamentaux de notre économie et sa tendance à la financiarisation, ainsi que peut être aussi les critères de fonctionnement de nos banques centrales. L’actualité s’y prête.

  2. Trump était un champion de l’agnotologie.
    Il radotait les éléments de langage fiurnis depuis des décennies par les ” Marchands de Doute ”. D’ailleurs certains européens, voire même des suisses, font de même, y compris dans certains commentaires sur cette page.
    La lecture de ” Marchands de Doute ” et de ” Kochland ” (en anglais) permet de comprendre l’ampleur des manipulations qui ont imprégné tant d’esprits.
    On retrouve des manipulations similaires à propos de la pandémie en cours.

  3. Je ne suis pas aussi pessimiste que vous. La Californie est à l’avant-garde, je suppose que des villes comme NY aussi.
    Mais vous devez comprendre une chose. La sécurité sociale aux US est limitée, l’économie va vous apporter une maison ou vous mettre à la rue. De plus dans les campagne, la population a de modeste ressource, ce qui implique que des changements (hausse de l’essence,…) est inacceptable.
    Si des américains nient, c’est d’abord pour sauver leur “maison”

    Apporter plus de sécurités sociales ? Ce n’est pas forcément ce que souhaite une majorité d’américain qui sont très individualistes sur ce thème. Une solidarité des villes sensibles envers le climat, envers la campagne devrait être une des voies à suivre. La différence de revenu entre villes et campagne est grande, les villes peuvent financer une partie des besoins en campagne.

    Une chose que l’on sait des US, c’est lorsqu’ils le souhaitent, ils sont beaucoup plus rapide et efficace que les européens. Je garde ma confiance pour qu’ils nous apportent des révolutions écologiques et en même temps qu’ils s’adaptent aux changements.

  4. Il ne faut pas confondre tous les sujets : les sujets de société (peine de mort, avortement, assurance santé, armes, …) sont toujours une raison de querelle chez les Américains, beaucoup plus marquée qu’en Europe .
    L’écologie ne dépend pas que Washington, les Etats et les entreprises s’y engagent de manière diversifiée , la Californie ayant depuis longtemps un temps d’avance .
    Comme beaucoup d’instituts scientifiques y ont leur siège, on ne peut pas dire que les Américains ne connaissent pas ce sujet , ils ne sont pas tous à genoux devant Trump ou les républicains !
    La transition énergétique bute sur des questions technologiques qui ne trouvent pas de réponses en un claquement de doigt ! Inutile de prêcher l’alarmisme climatique en mettant en évidence une seule valeur de température localisée , ça ne tient pas debout !

    1. @Giot : D’abord ne confondez pas transition écologique (le problème de la 6e extinction des espèces, 200 espèces vivantes disparaissent par jour du fait des activités de l’homme, problème gravissime et accentué par le réchauffement) et transition énergétique (se passer des fossiles pour notre confort et nos désirs). Pourquoi voulez-vous absolument que la “transition écologique bute sur des questions technologiques” ? Le discours de ceux qui refusent de voir les choses en face est de croire qu’il n’y a que le progrès technologique qui peut résoudre les problèmes. Autrement dit de ne rien faire que d’attendre que des scientifiques fassent le boulot qu’ils font depuis 150 ans, leur fournir les “armes” technologiques pour leur petit confort bourgeois. Acceptez de changer de logiciel, sinon inutile de discuter avec vous (ce qui est en fait le cas, je n’écris pas pour vous mais pour les lecteurs de Dorota). 150 ans d’histoire industrielle nous montre que le progrès pour l’homme n’a été obtenu qu’au prix d’un désastre écologique, qui se retourne sur l’homme avec le spectre du réchauffement à 3° et plus. Si on en croit Jean-Marc Jancovici (Carbone 4, shift project) , dont je recommande les vidéos à tous, la technologie ne peut rien face au manque d’énergie renouvelable. Si c’est le cas, et tout va dans ce sens, il faudra brûler le charbon pour préserver le niveau de vie technologique actuel, et ça ne s’appellera pas une transition écologique mais un écocide. Oui ce n’est pas un claquement de doigt qu’il faut, mais une prise de conscience morale. Ce à quoi je crains que l’humanité n’arrive jamais sans de grands désastres. Il y a encore peu l’homme était capable de rendre esclave son congénère pour son confort et son pouvoir, je doute qu’il change suffisamment vite pour accepter de respecter la vie sous d’autre forme que la sienne.

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