Les femmes ont le droit d’avoir moins d’enfants qui seront mieux traités

La population mondiale augmente

Le vingtième siècle a apporté une explosion de la population mondiale. Une des premières causes est la diminution de la mortalité infantile, due aux progrès de la médecine,  aux antibiotiques et aux vaccins. Au 18ième siècle, une femme européenne avait en moyenne 8 enfants, dont 3 ou 4 mourraient dans l’enfance.  Les adultes vivaient aussi bien moins longtemps.  Depuis 1950, la mortalité infantile a été divisée par quatre ou cinq (Worldindata). Les guerres, les famines et les épidémies apportaient aussi des nombreux décès.   La population mondiale a augmenté rapidement dès le 19ième siècle. Elle a été limitée par l’imposition de la politique de l’enfant unique en Chine. Un autre facteur qui réduit la croissance de la population est l’éducation et le travail des femmes. Dès qu’elles ont un emploi à l’extérieur de la maison, elles préfèrent limiter le nombre d’enfants, une famille nombreuse et le travail semblent difficilement conciliables.

La place sur Terre est limitée, nous sommes déjà trop nombreux et nous imposons des changements insupportables à la Biosphère. Le réchauffement climatique, la perte de biodiversité et la pollution ont déjà des conséquences dangereuses.  Actuellement, on pourrait imaginer qu’une femme ait 5, et  même 10 filles et, si elles en ont autant trente ans plus tard, en 3 générations nous aboutirions à 125 ou 1000 arrière-petites-filles sur le même territoire, sur le même champ, après un siècle.  Même si une alimentation végétalienne permet de nourrir bien plus de personnes, il y a des limites, et il n’est pas possible de rassasier un nombre infini de descendants. Devons -nous vraiment mettre au monde des enfants qui mourront de faim ou s’entretueront pour la maigre nourriture restante?

Dans quelles conditions naissent les enfants

En Europe, nous attendons souvent l’âge de trente ans, et un bon travail stable pour avoir des enfants, pour pouvoir les élever et les entretenir jusqu’à l’âge adulte.  L’éducation est considérée comme une tâche sérieuse  et conséquente. Les exigences de sécurité et de santé sont aujourd’hui telles  qu’une mère peut difficilement les remplir pour plus de cinq enfants,  dans la situation traditionnelle où elle fait tout le travail ménager et la garde d’enfant.  Nous choisissons souvent de ne pas procréer si les conditions ne sont pas optimales.

J’aime beaucoup les enfants, je les trouve tous mignons et je me sens très bien avec un bébé dans les bras. Je crois tout à fait que de nombreuses femmes veulent réellement des rejetons, mais d’autres n’ont pas le choix.   Les nouveaux-nés viennent au monde dans des conditions très différentes. Dans certaines sociétés, les filles sont mariées très jeunes, avant leur majorité, à 14 ou 15 ans ou même parfois plus tôt et enfantent très souvent.   Elles sont mariées contre leur volonté.  Il arrive que les jeunes filles tombent enceintes tôt, sans l’avoir voulu. En Inde, les jeunes femmes pauvres n’osent pas s’aventurer hors de leur maison jusqu’aux latrines, parce qu’elles courent un sérieux risque de viol (lien).  Leur vie peut-être extrêmement dure, elles subissent la famine, la violence, un travail pénible.  Elles ne choisissent pas toujours librement d’avoir plus d’enfants alors qu’elles ont déjà faim ou sont déjà épuisées.  Certaines mères sont, techniquement, devenues folles à cause de l’horreur de leur vie. Enfin, la femme meurt du dernier accouchement, laissant une bande d’orphelins…

J’ai lu que les femmes dans les campagnes traditionnelles tuent parfois leurs derniers gosses, lorsqu’elles en ont une dizaine, tellement une autre maternité leur est insupportable et tellement leur existence est dure.  Elles préféreraient clairement limiter leur progéniture.  Une étude a montré que si la femme peut disposer de contraception sans en parler à son mari, elle l’applique pour éviter des grossesses supplémentaires (Poor Economics, Duflo et Banerjee , lien sur leur Poverty Action Lab). Nous devons limiter la population de la Planète, alors nous pourrions au moins offrir la contraception gratuite à toutes les femmes du monde.

Les enfants doivent être bien traités

Personnellement, je m’applique à  bien traiter mon enfant. Je ne le battais pas car cela aurait pu provoquer des traumatismes ou le pousser à la violence. Je lui laissais le temps de faire ses activités correctement.  J’essayais de lui fournir tous les aliments nécessaires à son bon développement. En effet, la sous-alimentation crée des problèmes de développement physiques et mentaux. J’ai pu éviter des maladies graves dans l’enfance. Je ne la laissais pas seule  et la surveillais pour éviter les accidents.  J’organisais de nombreux jeux conseillés pour son âge, et je lui présentais des activités éducatives.  Je ne lui montrais pas de choses traumatisantes telles que le journal à la télévision et je ne parlais même pas de violence. Je ne l’exposais pas à un travail pénible.  Dans des situations graves, de famine, de guerre ou de catastrophe naturelle,  les enfants sont affamés, battus, livrés à eux-mêmes. Il manquent totalement de soins et d’attention. Ils subissent de nombreux traumatismes qui en Suisse sont totalement interdits, tout ce que nous devons éviter pendant les années de maternité.  Ces situations de crise pourraient les handicaper à vie.  Le travail des enfants, aussi, est une conséquence des familles nombreuses. Celles-ci ne peuvent souvent pas assurer la subsistance de toute la fratrie, et dans une maison avec trois bébés, on est vite traité comme un adulte.

Droits de la femme et limitation des naissances

Une femme devrait pouvoir se poser tranquillement la question si elle est prête à élever un enfant, et disposer de la contraception gratuite jusqu’à là.  Celle-ci pourrait être disponible dans des dispensaires médicaux de chaque quartier.  Bien sûr, les droits de la femme devraient être assurés, pas de mariage de petites filles, pas de mariages forcés, une surveillance accrue contre le viols. On pourrait imaginer que le mariage légal inclue dans tous les pays une discussion et l’acceptation clairement exprimée du mariage et d’une série de règles qui assureraient des conditions de vie minimales: les mariés s’engageraient ainsi à ne pas battre l’épouse, à cuisiner, à fournir la nourriture.  En Chine le mariage a été autorisé à 25 ans, ce qui permet aux deux époux de finir une formation professionnelle et de travailler avant de fonder une famille.   Nous pourrions aussi inclure une limitation des naissances dans les périodes d’urgence climatique, et demander, avec l’aide d’une contraception gratuite, aux familles de ne pas avoir d’enfants pendant les périodes d’urgence et de catastrophes. Un pays d’Amérique du Sud a récemment demandé à sa population de ne pas procréer à cause de l’épidémie de Zika. Le climat, et un avenir d’évacuations, d’abris et de camps de réfugiés, pourrait aussi le justifier.  Des dons d’aliments pour bébés aux enfants sous-alimentés pourraient être accompagnés de dons de contraception.

 

 

 

 

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

10 réponses à “Les femmes ont le droit d’avoir moins d’enfants qui seront mieux traités

  1. Nous voilà enfin d’accord , pour une fois !!!!
    Depuis des mois je vous disais que la démographie galopante ( contrôlable par l’Homme) est le problème majeur de la planète , bien plus que le réchauffement climatique ( absolument incontrôlable par l’Homme , malgré les théories fumeuses du GIEC qui prônent la “religion “anti CO2 que vous relayez à tour de bras à chacun de vos articles , comme la plupart des médias qui s’engouffrent dans ce courant “à la mode” , dénoncé pourtant par les “vrais ” scientifiques !
    Je suis 100% d’accord sur la nécessité d’une décroissance démographique , mais ce n’est pas en fournissant des “dons de contraception” à ces pays pauvres . Ces pays s’en sortirons comme nous l’avons fait au cours des derniers siècles :
    – progrès de la médecine
    – accès à l’eau
    -accès à l’énergie , seul facteur de progrès , peut-être par quelques éoliennes dispersées pour puiser l’eau dans quelques villages isolés si on veut faire image d’Epinal , mais ESSENTIELLEMENT AVEC LES CENTRALES NUCLEAIRES qui sont les seules en mesure d’apporter l’énergie nécessaire à un continent de plusieurs centaines de millions d’habitants comme l’Afrique par exemple
    – accès à l’éducation , résultat de l’accès à l’énergie qui libère du temps de travail humain remplacé par celui des machines ( voir les excellentes vidéo de JANCOVICI sur l’énergie )
    – et surtout liberté de pensée et d’action en prenant du recul par rapport aux religions , c’est ainsi que les québécoises catholiques avaient 8 à 12 enfants jusqu’au début du 20è siècle , alors que la génération actuelle en est à 2 enfants par couple .Ce que les catholiques ont réussi , il faut que les musulmanes le fasse et parviennent à se soustraire à ces règles d’un autre âge
    – donc lutte absolue contre cette religion qui méprise tous les droits de la femme

    Cordialement

    1. Les centrales nucléaires, les seules à apporter l’énergie nécessaire !?
      Et bien, encore un qui devrait revoir les statistiques autant de la production électrique d’origine nucléaire que des réserves en uranium … je lui conseille aussi de regarder où figure l’Afrique par rapport au Soleil , à moins justement qu’il en ait reçu un gros coup … de soleil sur la tête …

    2. Il ne peut y avoir de limitation de la démographie sans une part active de l’homme (le mâle). La contraception ne peut pas reposer sur les épaules de la femme seule, tel l’illustre ce simple leitmotiv:
      – 1 femme vivant avec 100 hommes
      – 1 homme vivant avec 100 femmes
      Dans quel cas y aurait-il le plus de grossesses?
      Pourtant des solutions simples et naturelles existent pour l’homme afin de maîtriser sa fertilité, c’est la contraception masculine thermique. Cf http://www.jemaya-innovations.com

  2. Ça fait plaisir de lire un article d’une auteure qui ose enfin exposer le danger de la surpopulation à une époque où il est devenu dangereux de parler d’une religion qui limite le rôle des femmes à la reproduction et à un travail d’esclave.

    Il est évident que la surpopulation est la principale source de misère et de guerres et qu’elle est la principale cause du réchauffement climatique. Ce dernier sera combattu plus efficacement en limitant la population qu’en roulant en voitures électriques.
    Le gros problème, c’est qu’une limitation de la population limiterait aussi la sacro-sainte croissance alors que la voiture électrique et l’éolien enrichiront nos dirigeants et leurs amis qui se sont empressé d’acheter des mines de lithium et de terres rares.

    C’est la cupidité de quelques-uns qui, à terme, tuera la majorité de la population.

    1. L’avenir de la voiture électrique (VEL) ne passera pas par des batteries, même pas par celles au lithium, les plus efficaces en densité énergétique spécifique. Sachant que la densité énergétique actuelle (des progrès sont prévisibles, mais d’un facteur 3) est de quelque 0,3 kWh/kg de lithium, il faut donc environ 3 kg de lithium pour stocker 1 kWh. Une VEL a une batterie de 60 kWh qui représente 180 kg de lithium. Prenons 4 millions de VEL en Suisse, cela ferait un stockage de 240 GWh, soit 720’000 tonnes de lithium. En regard, le marché annuel mondial du lithium est à peine de 100’000 tonnes. L’avenir des VEL passera par la pile à combustible (PAC) alimentée soit directement avec du dihydrogène, soit indirectement avec un hydrocarbure liquide de synthèse, très facile à manipuler par un plein conventionnel (méthanol, acide formique, cyclohexane…), la PAC étant pourvue en entrée d’une unité de “cracking” pour produire du dihydrogène in situ.
      Concernant la phrase du blog : “La place sur Terre est limitée, nous sommes déjà trop nombreux…”, j’ai vu un calcul remarquable : l’aire occupée par 7 milliards de personnes, à raison d’un carré de 40 cm de côté par personne, soit l’équivalent de 6 personnes par mètre carré (!), ne représente qu’environ deux fois la surface du Lac Léman… Nous sommes donc invisibles, vus de l’espace, à part nos éclairages nocturnes. Bien sûr, ce n’est qu’avec plus de justice et moins de gaspillage que la Terre n’aurait aucune difficulté à avoir et à nourrir une population de plus de 10 milliards d’humains.

      1. Votre estimation sur la mobilité électrique est erronée. Une batterie de voiture électrique ne contient pas que du lithium; la part de lithium est de l’ordre de 12 kg, et non de 180 kg. Les batteries constituent bien sûr un challenge technique et environnemental, mais les PAC aussi. Au final, la mobilité électrique (dont fait partie la filière hydrogène) est largement préférable à la mobilité fossile.

    2. La “surpopulation” mondiale est très relative. S’il est vrai qu’il y a des zones où la pression démographique est trop forte (Europe en particulier, certaines parties de l’Asie), il y a encore de très grandes régions (tout-à-fait habitables) sur Terre très peu peuplées. Ceux que “l’explosion démographique” obnubile, ne voient pas que le taux de fécondité a DEJA énormément diminué, pratiquement partout dans le monde, mais surtout dans les pays les plus développées, donc ceux qui consomment et polluent le plus, et continue sur cette lancée. Je suis prêt à parier qu’au siècle prochain c’est l’EFFONDREMENT démographique qui deviendra une réelle préoccupation. C’est le danger des évolutions exponentielles, positives elles conduisent vite à des “explosions”, mais négatives elles aboutissent tout aussi vite à des effondrements. Et rien ne dit que celui de la démographie humaine, je le répète déjà bien amorcé, pourra être arrêté avant de conduire à une catastrophe. Comme sur la route, en freinant trop brutalement on risque la “sortie de route”!

  3. @KONE : et alors rien à battre! Vous préférez claquer en surpopulation ? Remarque : il faut agir des 2 côtés : pollution ET surpopulation !

  4. L’estimation du nombre de bipèdes à visage humain qui peupleront la planète à plus ou moins long terme est un sujet très débattu dans la littérature scientifique – sans doute LE sujet essentiel. A consulter, par exemple, l’un des derniers articles en date, très complet:
    https://reader.elsevier.com/reader/sd/pii/S0140673620306772?token=6821660BEB4465B548E7D11FBF9642173428494194B94944ED526E584C06CDB660FB802CE7A91C997EFDA521A4464724
    Selon cet article, la population mondiale atteindra en 2064 un pic de 9,73 milliards d’individus (dans une fourchette de 8,84 à 10,9 milliards) et devrait décliner à 8,79 milliards pour l’estimation la plus probable (mais, dans une fourchette de 6,83 à 11,8 milliards! …) en 2100.
    A vous de jouer, les jeunes générations.

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