L’Iran ce nouvel eldorado pour les avionneurs

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Avec la levée des sanctions internationales prononcées par les Nations Unies, les Etats-Unis et l’Union Européenne, l’Iran est devenue en quelques mois le « marché » à ne pas rater.

En matière d’aviation civile, L’Iran possède une flotte vieillissante de 250 avions et aura besoin de 300 appareils d’ici 2025. Il s’agit d’une part de moderniser cette flotte, mais également de préparer les futures demandes en matière de transport de passagers et de fret.

Avionneurs à l’affût 

L’ouverture du marché aérien civil iranien aiguise donc l’appétit des avionneurs. Airbus a été le premier à obtenir une méga commande portant sur 118 appareils (21 appareils de la famille A320CEO, 24 de la famille A320NEO, 27 de la famille A330CEO, 18 A330NEO, 16 A350-1000 et 12 A380) pour un montant estimé à près de 10,5 milliards d’euros.

L’avionneur américain Boeing a signé, depuis, une énorme commande portant sur 17 milliards de dollars concernant des avions Boeing B737 et B777.

Les petits avionneurs sont aussi sur les rangs pour obtenir une part du juteux marché. L’avionneur ATR Aircraft a reçu en début d’année une commande de la compagnie nationale iranienne Iran Air portant jusqu’à 40 ATR 72-600. L’ordre prévoit un lot de 20 aéronefs et 20 en options. Le contrat est estimé à plus de 1 milliard d’euros.

Financement compliqué :

 Si le marché semble bien ouvert, toutes les difficultés ne sont pas encore complètement résolues. En effet, la compagnie Iran Air éprouve un certain nombre de difficultés dans l’obtention du financement des futurs appareils. Les établissements bancaires semblent être encore passablement inquiets avec la République islamique d’Iran. Les difficultés concernant les garanties, mais également d’éventuels blocages politiques semblent encore freiner la conclusion des contrats.

 Modernisation de la force aérienne

Il n’y a pas que les avionneurs civils qui se frottent les mains. En effet, la République islamique d’Iran Air Force (IRIAF) est également autorisée à moderniser son arsenal qui comprend des aéronefs obsolètes datant d’avant la révolution de 1979 et dont un grand nombre ont été détruits lors de la guerre avec l’Irak. Avant la révolution de 1979, les États-Unis ont fourni au Shah d’Iran environ 500 avions de combat de dernière génération pour l’époque, dont le Grumman F-14A « Tomcat », le McDonnell Douglas F-4E et des Northrop F-5E/F « Tiger II ». Une flotte de Lockheed-Martin C-130 E/H « Hercules » et Boeing 707 de transports, des Lockheed-Martin P-3F « Orion » de patrouille maritime. Sans oublier une panoplie d’hélicoptères d’attaque et de transport constituée de Boeing CH-47A « Chinook, et de Bell UH-1 « Iroquois » et Bell AH-1 « Cobra ». Cette imposante flotte faisait de l’Iran l’une des forces aériennes les plus puissantes de la région.

La Chine et la Russie se démarquent

 En matière d’aéronefs militaires, la Chine et la Russie se démarquent clairement sur le marché iranien. Les chinois ayant été les premiers pour la signature d’un contrat portant sur la fourniture d’un lot composé de 24 avions de combat CAC (Chengdu Aircraft Industrial Co) J-10 « Dragon Véloce ». La Russie et l’Iran préparent un contrat pour la livraison d’un nombre encore indéterminé d’avions de type Sukhoi Su-30SM multirôles.

Commentaire :

L’Iran est redevenu un pays « fréquentable » et la levée des sanctions lui permet de moderniser ses flottes d’avions civiles et militaires. Pourtant, on constate déjà que cette nouvelle confiance dans l’Iran n’est pas perçue par tous de la même manière. Si la Russie et la Chine n’hésitent pas à fournir du matériel militaire de premier ordre, l’Occident préfère rester prudent sur le sujet et donner la priorité aux aéronefs civils. La perception du nouvel ami n’est pas la même pour tous et on le comprend.

Pascal Kümmerling

Pascal Kümmerling

Né à Genève en 1970, Pascal Kümmerling a, depuis l’adolescence , pour passion le monde de l’aviation. Après une licence de pilote privé au Canada, licence pro et finalement instructeur. Avec plus de 3’000 heures de vols et une quarantaine d’élèves formés, Pascal se lance dans l’écriture à travers diverses publications aéronautiques, conférencier à ses heures.

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