Crash du F/A-18, le point de la situation

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Le F/A-18 disparu lundi après-midi dans la région du Susten est un nouveau coup dur pour les Forces aériennes. Cet accident est d’abord un drame humain avec la perte d’un pilote et de ses compétences acquises à travers un parcours complexe et semé d’embûches. Ce drame à également une autre conséquence qui réduit un peu plus le nombre d’avions en service et complique d’autant plus la tâche de nos Forces aériennes.

Un accident est toujours un drame

On ne peut pour l’instant dire pourquoi ce drame est arrivé, erreur d’appréciation du pilote, problèmes techniques ? Seule, l’enquête pourra amener des réponses. Quoi qu’il en soit, en matière d’aviation les accidents font malheureusement partie des risques. Ceux-ci sont pourtant en diminution d’une manière générale. Mais de part leurs violences, ces accidents marquent profondément les esprits.

Dans l’immense majorité des cas, les systèmes de procédures longuement répétés en simulateur et en vol fonctionnent normalement rendant le vol plus sûr. Les aéronefs sont eux aussi devenus toujours plus fiables, nombreuses sont les pannes qui peuvent être détectées et anticipées. Mais dans l’aviation, un grain de sable peut venir gripper le système humain ou la mécanique. Il en est ainsi.

Une flotte à mi-vie

La flotte de Boeing F/A-18 « Hornet » est en service depuis 19 ans et les aéronefs ont passé le cap des 2’500 heures de vols sur un potentiel cellule de 5’000 heures. Avec à ce jour quatre crashes au total, la situation de notre aviation militaire est proportionnellement dans la norme la plus basse en comparaison à d’autres pays.

Cependant, la flotte de F/A-18 va être progressivement de plus mise à contribution. La mise en place par étape de la police du ciel 24/24 au début de cette année est un la cause première.

L’urgence d’un nouvel avion de combat

Si, lors de la votation de 2014, il était prévu de remplacer partiellement la flotte de F-5, la situation continue d’évoluer de manière problématique. En effet, il ne reste plus qu’une trentaine de « Tiger » et ceux-ci vont continuer à être retirés progressivement du service. A noter, que la flotte de Northrop F-5 E/F « Tiger II » est à bout de souffle et ne pourrait être engagée en cas de conflit, ni pour la police du ciel.

De plus, la situation se complique du côté des Boeing F/A-18 C/D « Hornet ». En effet, l’avionneur américain ne produira plus de mises à jour dès 2023 et l’US Navy va débuter le retrait progressif de l’avion à cette date. Le « Hornet » va donc rapidement vieillir pour être techniquement dépassé d’ici 2030.

En mai de cette année, les Forces aériennes suisses ont découvert un problème de structure sur un avion de combat Boeing F/A-18 « Hornet ». L’avion devra recevoir une nouvelle paire d’ailes. Les problèmes de fatigue de la structure des avions ne sont rares ni dans l’aviation civile, ni dans l’aviation militaire, ils apparaissent, avec le temps, comme conséquence de l’exploitation des appareils.

De ce fait, il va falloir combler le départ à la retraite non pas d’un, mais de deux types d’avions, le F-5 et le F/A-18.

On aura eu beau prévenir de la situation en 2014, nous voici donc dans une problématique d’urgence. D’une part, parce que le nouvel avion n’arrivera qu’après le départ à la retraite des F-5 et de l’autre à un moment où les « Hornet » commenceront à entrer dans une phase d’obsolescence technique, sans oublier les risques accrus de fatigue structurelle qui seront la cause de l’augmentation des heures de vol.

 

 

Pascal Kümmerling

Pascal Kümmerling

Né à Genève en 1970, Pascal Kümmerling a, depuis l'adolescence , pour passion le monde de l'aviation. Après une licence de pilote privé au Canada, licence pro et finalement instructeur. Avec plus de 3'000 heures de vols et une quarantaine d'élèves formés, Pascal se lance dans l'écriture à travers diverses publications aéronautiques, conférencier à ses heures.

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