La canicule du Canada en annonce d’autres

Le Canada a vécu plusieurs jours au-dessus de 45°C, avec un maximum à 49°C. Le Nord-Ouest des Etats-Unis, ainsi que l’Est des Etats-Unis subissent aussi des chaleurs record.  La Sibérie subit aussi des chaleurs record. 

Je me souviens que j’ai vécu une température de 44°C à Delhi. J’étais fatiguée, somnolente, vraiment diminuée physiquement et probablement mentalement aussi.   Je pensais que les conséquences pourraient être bien plus graves, mais les Canadiens semblent supporter assez bien cette vague de chaleur.  Des lieux climatisés ont été mis en place et certains se terrent apparemment dans leurs caves.  Cependant, des centaines de morts soudaines ont été rapportées, et la ville de Lytton a brûlé, envahie par un incendie de forêt,  peu de temps après l’évacuation de ses habitants.  Les policiers canadiens ont déclaré qu’ils ont été appelés pour plus de 50 décès subits en une journée, contre 2 ou 3 habituellement.  Selon les déclarations d’officiels canadiens, le nombre de 486 décès pourrait augmenter dans les jours suivants, et les secours sont débordés. 

Cette canicule extrême dépasse de plusieurs degrés les records de chaleur de ce pays assez froid, ainsi que les prévisions de températures du GIEC qui tiennent compte du réchauffement climatique.   Le climatologue Martin Beniston , ancien vice-président du GIEC, a déclaré à la télévision suisse  que la vague de chaleur se produisait bien plus vite que sa version du rapport ne le prévoyait et que des vagues de chaleur similaires et même plus importantes suivront (rts).

Un autre climatologue climatologue Canadien tire des conclusions similaires  (cbc.ca).   

Ce changement énorme du climat Canadien a aussi des nombreuses conséquences sur les écosystèmes, les glaces par exemple fondent extrêmement vite, les rivières débordent, et les forêts brûlent dans d’immenses incendies. Ceux-ci déclenchent des éclairs qui allument d’autres brasiers. 

La chaleur affecte aussi l’agriculture, les cultures de blé et de colza, dont les prix  dans le commerce international sont montés ces dernières semaines.  Ils étaient déjà élevés au printemps.  La récolte de blé américaine devrait atteindre seulement un cinquième des prévisions  et la situation est encore plus grave pour le colza (cbc.ca).

Nous ne savons pas où, ni si ce sera cette année, l’année prochaine ou dans deux ans mais des vagues de chaleur très importantes frapperont encore, et encore. Un jour, elles dépasseront les limites de résistance du corps humain. Diverses autres catastrophes s’aggraveront aussi, et la production alimentaire sera mise à mal. Nos vies devront de plus en plus hasardeuses. 

Nous devons tous nous préparer à ces éventualités, et prévoir des solutions pour éviter les grosses chaleurs, telles des abris. Dans l’urgence, les bureaux climatisés pourraient éventuellement être ouverts au public, à plus long terme il faut construire des abris, peut-être souterrains  et / ou installer  des climatiseurs.  Des tels appareils devraient être raisonnables et pas trop polluants. Ils  pourraient se mettre en marche  à partir d’un seuil de 30°C ou de 35°C,  pour éviter que leur utilisation n’aggrave le problème climatique. 

Il faudrait surtout prendre des mesures énergiques pour limiter le réchauffement climatique et ses dégâts.  Nous pouvons décroître les émissions rapidement, les études consécutives au confinement 2020 ont montré que l’arrêt immédiat des voitures et surtout des avions est une solution possible, sans trop d’effets secondaires négatifs.

Je conseille toujours d’arrêter la plupart des constructions, car les bâtiments prévus ne sont pas adaptés à l’avenir qu’ils devront affronter.

Enfin, cette vague de chaleur pose la question de la fiabilité des modèles du GIEC. Elle semble les dépasser, le réchauffement serait-il alors plus rapide que prévu? Les conséquences prévues pour 2100 arriveront-elles bientôt?  Atteindront-elles des niveaux plus graves, tels que des températures mortelles ou la destruction de nos villes? Le réchauffement est-il passé en mode abrupt? Sommes-nous en danger immédiat?  

Je crois que les climatologues doivent intégrer ces événements à leur modèles et leurs prévisions futures pourraient être plus alarmantes, mais plus réalistes. En tout cas, je crois qu’il nous faut des abris et des bâtiments solides, des murs anti-marée très hauts et des réserves de nourriture.

Addendum le 4 juillet: Cette étude de Sonia Seneviratne de l’ETHZ calcule une assez forte probabilité de vagues de chaleur dans le réchauffement tel que prévu par le GIEC , c’est peut-être dans les figures supplémentaires. Cela m’avait surpris à l’époque, des vagues de chaleur telles que celle de 2018 et même plus fortes apparaissaient comme tout à fait possibles. Publication:

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2019EF001189

Elles pourraient  modifier le cours du réchauffement, en faisant fondre les glaces, le permafrost et en provoquant des feux de forêt.

Je dois dire que je suis stupéfaite par des commentaires du style ‘inventions apocalyptiques’. Il a fait 49.5°C au Canada.  C’est incroyable, et c’est déjà apocalyptique.   Mes soi-disantes inventions sont généralement la liste d’événements récents. Ils sont si surprenants que j’ai de la peine à y croire moi-même, mais c’est la réalité. Les scientifiques nous disent que ces vagues de chaleur, et des plus importantes, se produiront encore.

 

Image de couverture Gerd Altmann; images de Pixabay

Anciens blogs:

Vague de chaleur Sibérie 2020

Vagues de chaleur Etats-Unis 2020 

Vague de chaleur 2019

Le climat pourrait changer très vite

Mesures d’urgence climatique

Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

50 réponses à “La canicule du Canada en annonce d’autres

  1. Vous me rappelez les gens qui disaient qu’ils n’y auraient plus un seul arbre dans les Alpes en 2000 ou que les centrales nucléaires allaient détruire le monde… ou que les communistes nous envahiraient et qu’il fallait bâtir des abris PC…

    Il y a plus d’arbres et les centrales aident à lutter contre le réchauffement climatique ( si seulement on avait pu en construire plus et les moderniser…). Mais zéro remise en question de la part de ces scientifique politiques…

    Faites confiance à l-humanité pour trouver des solutions.

    Au fait, quel est le prix que vous êtes prête à faire payer aux plus pauvres pour mettre en place vos idées pour lutter contre vos peurs apocalyptiques ? combien de gens mourront de faim?, dans des émeutes?… pour un “j’ai peur, il faut donc vous imposer un nouvel modèle de civilisation”… Qu’importe le prix? Et tout cela pour une peur? Pour un “et si?”…

    Les idéologues, de droite comme de gauche, me font peurs. Vive la raison. Vive la foi en l’humanité et le respect des autres. Le dérèglement climatique est réel; les solutions existent et existeront; à condition de ne pas donner le pouvoir à des Greta et Cie..

      1. C’est bien que le fond de mon message.

        Arrêtez de vouloir, par précaution, changer de force notre civilisation basée sur le carbone; faites plutôt confiance à l’Humanité pour trouver des solutions.

        Pas de thèses apocalyptiques; mais encourageons la recherche, la science, etc.

        Pour que vous compreniez: plutôt que nous confiner, investissons dans un traitement/vaccin.

        1. Des échanges ont été censurés (sans doute à juste titre 🙂 la passion rend excessif).

          Je voudrais remettre un lien essentiel, un débat entre Haroun Tazieff et le commandant Cousteau, assez troublant :
          https://www.youtube.com/watch?v=tPjHLRYZiHM
          A la fin, le journaliste dit : “Haroun Tazieff, vous êtes en train de paniquer les populations, là”.
          Dans l’échange censuré sur ce blog, Rebecca tenait exactement ce discours. “Pas de thèses apocalyptiques” dit-elle encore. Que voit-on dans cette interview de 1979 ? Un pseudo-“homme censé” autoritaire et condescendant (Commandant Cousteau), un journaliste dépassé, et un scientifique qui cherche humblement à faire passer ses connaissances et à alerter sur un danger extrême (tout le monde à l’époque voyait le changement du climat comme une éventualité impressionnante et immorale, de nos jours tout le monde s’en accommode petit à petit, au fur et à mesure de la progression du changement).

          Toute ressemblance entre ce débat de 1979 et une réalité vécue ENCORE aujourd’hui et ici-même n’est hélas pas du tout fortuite. C’est la nature de l’homme d’oublier et de refaire toujours les mêmes erreurs. On connait assez bien depuis longtemps les limites de l’homme, mais ça ne sert pas de leçon.

    1. Rebecca : “Les idéologues me font peurs. Vive la raison. Vive la foi en l’humanité et le respect des autres.” je crois que vous n’imaginez pas à quel point ce que vous exprimez est idéologique. Raison et foi en l’humanité sont hélas contradictoires, le comportement humain est avant tout dicté par ses pulsions animales : reproduction, pouvoir, consommation etc. La technologie, faite par des gens brillants, n’est utilisée que pour le confort et le plaisir immédiat. L’humain est un enfant à qui on a confié une machine qui produit du chocolat gratuitement. Que croyez-vous qu’il fait ? L’humain consomme sans compter et sans réfléchir aux conséquences. Il calcule à court terme et a pour principe que ce qui s’est produit dans le passé se produira dans le futur. Les scientifiques voient un peu plus loin, heureusement, ou en fait malheureusement (ils produisent la machine à chocolat gratuit pour les irresponsables). Je pense Rebecca que vous n’avez pas un esprit rationnel et scientifique, contrairement à Dorota (docteur en science, je suis personnellement enseignant-chercheur en science dure). Les optimistes s’est toujours moqué des pessimistes “marchands de malheur” qui prévoyaient des catastrophes… un peu trop tôt. Vous avez le droit d’être optimiste (plus ou moins béat) et croire (pensée magique) en la sagesse de l’homme. Tout montre que, comme un enfant et sa machine à chocolat gratuit, c’est le contraire qui se passe concernant le réchauffement climatique (désir, égoïsme, court-termisme, individualisme, cupidité etc). Le plus simple dans votre cas pour croire que ça va bien se passer est alors de nier le réchauffement climatique. Beaucoup le font. Avec un peu de chance, vous ne serez plus là quand nos enfants le prendront en pleine figure. Et rassurez vous, on vous pardonnera probablement. On dira “personne ne pensait que ça se passerait comme ça”, ou encore “oui mais vous, vous auriez fait quoi à leur place ?”… Ce qu’on entend des boomers actuellement. La bêtise (décomplexée) est terrible. “quel est le prix que vous êtes prête à faire payer aux plus pauvres pour mettre en place vos idées pour lutter contre vos peurs apocalyptiques ? ” Nous prétendons, GIEC à l’appui (pas juste des discussions et convictions de comptoir), que les pauvres subiront des catastrophes bien plus graves si nous n’agissons pas. De quels pauvres parlez-vous ? De celui qui roule en diesel dans nos pays ultra-riches sans pouvoir se payer l’électrique ou du pauvre indien et du pauvre africain ? Vos propos, incohérents, sont en fait juste indécents. Vous cherchez à déculpabiliser votre consommation en faisant croire à des peurs irrationnelles. Nos villages bruleront dans le futur, appelez ça apocalypse si ça vous arrange. C’est juste la réalité qui nous attend.

      1. désolé pour les fautes d’orthographe, écrit et corrigé vite. Précisions sur ce point “La technologie n’est utilisée que pour le confort et le plaisir immédiat”. Un des arguments de ceux pour qui la décroissance est hors de question : le progrès technologique nous a sorti de notre misère, nous a apporté confort et santé, il nous sauvera de nos vicissitudes. C’était vrai dans le passé (comme toute chose qui a une fin)et le progrès technologique a évidemment du bon (je participe professionnellement, hélas, à ce “progrès” via la recherche scientifique, qui devrait être une connaissance avant d’être une arme de destruction massive). Mais regardons le cas du COVID. Pourquoi est-il si urgent pour nos politiques et pour la société de se vacciner ? Pour les 100000 morts en France, les 600000 morts aux USA ou les 400000 morts répertoriés en Inde ? Soyons sérieux. Le vaccin est urgent pour que la vie d’avant reprenne. Consommation, fête, vacances, voyage… C’est ça qu’attend de la technologie l’humain drogué au plaisir. Voilà ce qu’apporte de nos jours le “progrès”. Et ce mode de vie, l’humain drogué et addict n’est pas prêt de le lâcher. Quoiqu’il en coûte pour le reste de la planète. Agiter le spectre de la pauvreté quand on ne cherche qu’à défendre son mode de vie destructeur et égoïste de riche, ce n’est pas brillant…

        1. “Consommation, fête, vacances, voyage…”

          Ces 4 désirs ne sont-ils pas pourtant la nature de l’humain ? Quand il a été à l’état du chasseur-cueilleur (surtout cueilleur), les journées se résumaient à travailler 2-3h pour se nourrir (consommer), et ils avaient tout le reste du temps pour voyager et faire la fête (danser, chanter, se raconter des histoires).

          Aujourd’hui, on est forcé d’être sédentaires et de travailler plus de 8h par jour. Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de frustration et donc des pulsions pour nous faire retrouver ce que nous sommes réellement ? Quand on a maximum 5 semaines pour voyager et à peine 1 heure de loisir la semaine, comment peut-on nous reprocher de rechercher un plaisir intense (drogue ou grand voyage) pour profiter du peu d’occasion d’être ce que l’humain est réellement ?

          Comme voulez-vous qu’en à peine 12’000 ans, notre espèce se soit adapté à ce nouveau style de vie qui est complètement opposée à celle qu’elle a eue pendant des centaines de milliers d’années ?

          En scientifique que vous êtes, avant de critiquer ce que nous sommes, essayez d’abord de comprendre qui nous sommes.

          1. @Nicolas : je comprends ce que nous sommes il me semble. Je rechercher le plaisir également, disons être heureux et épanoui. Ce qui me gène c’est quand on est addict à un plaisir qui détruit la planète (comme tout le monde ça m’est arrivé, le sevrage et le renoncement sont très difficiles). Je suis infiniment compatissant auprès de l’alcoolique qui essaie de s’en sortir et qui dénonce cette drogue à la société. Je suis infiniment critique envers le boomer qui fait trois fois le tour de la terre et me dit : “mon mode de vie n’est pas négociable, parce que je le vaux bien”. L’addiction est, à mon avis, néfaste aux individus (la drogue procure un plaisir de court terme mais ils en veulent toujours plus) et au reste du vivant. https://bouddhanews.fr/les-bouddhistes-face-au-desir/ Or que fait notre société à part exacerber le désir ? J’ai éduqué mes enfants à être heureux (eux et moi) par exemple en construisant des objets avec des bouts de bois ou autres objets de récupération. C’est ludique et créatif, ça permet d’être heureux, de passer du temps sans consommer trop d’énergie, de se faire plaisir, et c’est durable. On voit de plus en plus de propositions de la société dans le sens de la sobriété, mais l’argent est le nerf de la guerre et la société pousse à la fabrication/transport/consommation de bullshit.

          2. @Jalain : je pense que vous avez relever le point central nécessaire pour le changement de notre société : l’éducation. Et je ne peux que vous rejoindre là-dessus.

            La question dont je n’ai malheureusement pas de réponse est : comment éduquer les adultes ? Sans que l’on tombe dans un régime totalitaire ?

      2. “la sélection de nos grandes écoles n’est plus ce qu’elle était.” Ca va pour moi, merci. Ca fait bien longtemps que j’ai quitté cette grande école, la plus prestigieuse de France… “Votre peur ne gagnera pas; vos idées apocalyptiques ne passeront pas.” on vous parle de fait et de prévisions, vous nous parlez de peurs et d’apocalypse. Ecoutez l’interview Tazzieff vs Cousteau en 1979. Que dit le journaliste à Tazieff, qui décrit plutôt pas mal ce qui se produit actuellement ? “Haroun Tazieff, vous êtes en train de paniquer les populations, là”. Ben oui, Rebecca, vous êtes comme Cousteau et ce journaliste en 1979. Avec le même “paternalisme” condescendant, la même assurance. Faut évoluer un peu, la science a progressé depuis !

    2. Faites confiance à l’humanitépour trouver des solutions ? Veuillez revoir votre cours de physique ( Par exemple les lois de la thermodynamique sont difficilement contournables (Euphémisme ).
      D’autre part le GIEC n’est pas une nouvelle religion et/ou idéologie. Ce n’est que la synthèse des constatations, de l’application des lois qui régissent le monde.
      Par contre il me semble évident qu’outre l’arrêt de l’aviation et des transports de convenance les centrales nucléaires doivent être les dernières à s’arrêter (Après les fossiles, après les éoliennes et le solaire (devant être aidées par des centrales GAZ +++), après l’hydroélectricité (fonte des glaciers))

  2. les zones arides sont des zones sèches, c’est avec des océans de verdures sur les continents qu’on retrouvera un climat océanique et donc tempéré sur les terres !
    on peut facilement végétaliser les déserts en régulant la circulation de l’eau , ce sont les inondations qui provoquent mathématiquement les sécheresses, une rivière ne devrait jamais rejeter plus 30% des pluies de son bassin versant de manière à garder 70% pour la végétation et donc pour l’entretient du cycle !
    Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations, résultat on alterne de plus en plus d’inondations et de sécheresses, un bassin versant se vide uniquement par son exutoire donc sa rivière, l’évapotranspiration participe au contraire à l’alimentation du cycle avec un bilan hydrique toujours positif : 2 litres d’évapotranspiration = 3 litres de pluie (dont 1 litres qui provient de l’évaporation en mer) ! on a toujours pensé que les campagnes étaient vertes parce qu’il pleuvait il faut voir les choses dans l’autre sens : il pleut parce que les campagnes sont vertes et inversement il ne pleut pas dans les déserts !
    https://www.mediaterre.org/actu,20200503184212,1.html

    1. Plusieurs zones désertiques sont en réalité sous le vent de barrières montagneuses. C’est donc l’effet de foehn qui provoque un puissant assèchement, et donc l’évaporation de l’eau. Vous ne pouvez pas lutter là contre.

  3. Indépendamment de savoir si le temps va se refroidir (comme on le pensait dans les années 70) ou se réchauffer (comme on le pense actuellement). Il faut savoir raison garder. Votre texte est décrédibilisé par vos visions apocalyptiques correspondant à la réaction d’un gamin de 15 ans. En tant que scientifique vous devriez savoir que le climat s’est toujours équilibré et que ce dernier est soumis à de très nombreux facteurs. L’activité anthropocène n’en représente qu’une fraction. Alors SVP un peu de sérieux dans vos propos (par respect pour votre profession) et épargnez nous les scénarios de films catastrophes de séries B.

  4. Si j’ai bien compris les explications des chercheurs en météorologie et en climatologie, le phénomène de « dôme de chaleur » actuellement présent au nord est du Canada, n’est pas une nouveauté (s’est déjà produit dans le passé), mais son intensité est majorée en raison d’un fond de réchauffement climatique largement reconnu. Les causes sont multiples, pas uniquement anthropologiques (pour 40% semble t il). D’un point de vue théorique, un dôme de chaleur peut également se produire en Europe. Les activités économiques d’Homo sapiens nécessitent, depuis la nuit des temps, de l’énergie.
    Selon des chercheurs, et vu que la démographie humaine augmente, les sources d’énergies a privilégier seraient celles qui produisent le moins de CO2. L’abandon du charbon est une évidence, le gaz reste provisoirement tolérable, l’hydrogéné est en développement, le nucléaire actuel (fission) ne devrait provisoirement pas être abandonné sur des bases purement émotionnelles, car le nouveau nucléaire (fusion) est prometteur, comme le sera le solaire. On oubliera surtout pas les barrages hydrauliques, mais l’éolien (moulins à vent) c’est le passé et n’est “durable” que si couplé à l’usage du gaz (on comprend mieux sa promotion par les gaziers).
    Un retour à la raison et aux données scientifiquement acquises est espérée, car tous ces prédicateurs et promoteurs de croyances diverses et variées nous mènent dans le mur.

    1. Si je partage une partie de vos propos, j’ai beaucoup de peine sur une autre. Pourquoi pensez vous que l’éolien n’est plus une solution ? Hormis couplé au gaz?
      (j’ai un tout autre avis que vous sur le nucléaire, mais m’abstiendrai de le détailler pour ne pas nuir à la potentielle discussion sur l éolien).

    2. C’est le même phénomène de Dôme de chaleur qui a permis le précédent record enregistré au Canada, en 1937 : 45°C enregistrés dans deux stations météorologiques du Saskatchewan, dans le centre-ouest du pays.

      Ici, ce sont les confinements, puis le redémarrage brutal de l’économie qui a créé les conditions propices à un phénomène déjà connu.

    3. L’hydrogène n’est absolument pas une source d’énergie mais un vecteur d’énergie. Par ailleurs le blog de Dorota porte sur le réchauffement climatique et son impact sur l’homme. Personnellement je suis (moralement) bien plus concerné par le vivant sur Terre que par l’humain. L’homme a besoin d’énergie pour quoi ? Pour s’amuser, se reproduire, coloniser la planète puis le système solaire (dans quelques centaines d’années ?). Franchement est-on plus heureux en 2020 avec la 5G, la pollution, la disparition d’espèces (100 par jours pour produire notre chocolat), le réchauffement ou dans les années 50 ? Plus excités, sans doute, mais la consommation de drogue ne finit jamais bien. Les sages l’avaient compris il y a longtemps… Pour revenir au sujet, une énergie gratuite permettant à l’homme de transformer la planète en vaisseau spatiale entièrement artificiel (c’est le sens de l’histoire), ça ne m’enchante pas du tout. L’humain devrait travailler sur ses pulsions de désir et revenir à un bonheur plus simple et surtout plus respectueux de son environnement humain (combien de civilisation détruites par le capitalisme occidental ?) et non humain (combien d’espèces vivantes détruites par l’homme ?).

      1. 1) Franchement oui, on est plus heureux en 2021 qu’en 1950. On est en meilleur santé, on vit plus longtemps, la mortalité infantile est passée de 4.5% (1950) à 0.28% (2020). Les assurances sociales assurent une vie décente pour les plus vulnérables et les plus démunis, et permet aux enfants et aux personnes âgées de ne plus travailler. Sans oublier l’émancipation de la femme où il faut admettre qu’il n’y a absolument aucune époque où la condition de vie des femmes était meilleure que le siècle actuel.

        2) Depuis la révolution cognitive de l’homo sapiens, celui-ci n’a jamais cessé d’exterminer toute espèce sur son chemin. Les hommes ont déjà réussi à exterminer les 3/4 des grands mammifères sur Terre alors que la population des hommes était à peine de 10’000.
        Pour revenir à un mode de vie simple, il faut retourner à l’état de chasseur-cueilleur (dès l’agriculture et la sédentarité de l’homme, sa vie est devenue difficile). Seul problème, c’est qu’une tribu de 150-200 personnes a besoin d’au moins 10’000km2 pour se nourrir correctement. Avec une surface terrestre de 149’000’000km2, il peut difficilement y a voir plus de 3 millions d’êtres humains sur Terre.

        3) Oui oui “l’humain devrait travailler sur ses pulsions de désir et revenir à un bonheur simple”, en gros on se ferait une version 2.0 du christianisme et de l’islam. Non merci.

        4) La science et le capitalisme sont deux domaines indissociables. L’un ne peut exister sans l’autre, et ils sont d’ailleurs nés en même temps en marquant la fin du Moyen-Âge. Si vous travaillez dans la science, et particulièrement dans la recherche, alors vous nourrissez directement le capitalisme que vous semblez pourtant détester (en fait, vous semblez surtout ne rien comprendre de ce qu’est le capitalisme).

        5)”Combien de civilisation détruites par le capitalisme occidental ?” Je vais vous répondre simplement que le capitalisme seul a vaincu toutes les monarchies occidentales et a fait émerger les démocraties.
        Après, les occidentaux ont gardé un peu de leur culture romaine, cette culture qui n’a pas eu besoin du capitalisme pour anéantir de nombreuses civilisations.
        Quelques Etats modernes ont par contre sombré dans la religion du communisme qui a conduit à la plus grande tragédie humaine avec environ 100 millions de morts.

        Donc ouais, pardonnez-moi si je préfère le capitalisme aux prétendues alternatives qui n’ont jamais démontré que l’être humain était mieux respecté ni la nature d’ailleurs.

        1. @Nicolas : L’exemple typique est l’entreprise polluante. Oui je pollue, mais je donne de l’emploi. Ce que demande une partie de la société, c’est donner de l’emploi ET ne pas polluer (excessivement).
          “1) Franchement oui, on est plus heureux en 2021 qu’en 1950” et vous ne donnez que des indicateurs, chers à nos économistes, mais dénoncés par beaucoup (il faut construire un indice du bonheur plutôt qu’un PIB). OK ma question était mal posée. Ce serait plutôt : a-t-on besoin de désirer toujours plus pour être heureux. Evidemment avoir moins de contraintes, essentiellement pour le travail, est probablement un facteur essentiel du bonheur. Mais on n’est pas forcément plus heureux dans un monde en “croissance” économique, démographique…. On n’est pas forcément plus heureux parce qu’on a une rollex plutôt plutôt qu’un cadran solaire. On n’est pas forcément plus heureux parce qu’on a la 5G plutôt que la 4G, ou la 3G, ou la 2G ou la G ou le téléphone à fil. Etc. Il ne faut pas être binaire, pour certains c’est soit la technologie de 2020, soit la lampe à huile. Je pense que toute innovation devrait être jugée avec la plus grande prudence. Cela va à l’encontre de la logique capitaliste libérale (tout le monde doit profiter des avancées technologiques… soi-disant pour la morale démocratique, en fait pour les profits gigantesques apportés par la vente d’une nouvelle techno). Les libéraux nous disent : “les gens sont capables d’être raisonnables”, la réalité : les gens sont comme des enfants à qui on donne une machine à fabriquer du chocolat gratuitement et à qui on demande d’être raisonnable. Je vous retourne un de vos compliments : apprenez à comprendre les gens avant de faire des théories. Sauf bien sûr si votre idéal soit que tout le monde mange du chocolat, se rende malade et, surtout, détruise notre environnement. Car c’est mon unique préoccupation : chacun fait ce qu’il veut de sa vie, à condition que ça ne détruise pas mon environnement.

          “2) Depuis la révolution cognitive de l’homo sapiens, celui-ci n’a jamais cessé d’exterminer toute espèce sur son chemin. ” et donc ? Voyez-vous les révolutions morales qui ont eu lieu et celles en cours ? Personnellement je me range du côté des révolutions en cours et je souhaite une révolution ultime: le respect du vivant par l’homme. Ce ne sera pas forcément par un retour à l’âge de pierre, la techno peut servir à autre chose qu’à assouvir un désir de consommation.

          3) non bouddhisme. Et qu’avez-vous contre les religions ? Si vous rejetez par principe tout ce qui présente des “défauts” (? Ce qui nuit à l’homme ? cet humanisme a vécu, il date de l’époque où l’homme a cessé d’être dominé par la nature et où il a commencé à dominer la nature ), vous ne garderez pas grand chose. A mon avis pas la technologie et le capitalisme.

          “4) La science et le capitalisme sont deux domaines indissociables.” facile à dire, mais quel sens ça a ? La science d’état existe encore en France et dans le monde. Ce n’est pas parce que le capitalisme phagocyte la science (figurez-vous que c’est encore contesté en France, Macron rêve, c’est dans son ADN, de libéraliser tout ce qu’il touche).

          “Si vous travaillez dans la science, et particulièrement dans la recherche, alors vous nourrissez directement le capitalisme que vous semblez pourtant détester” tout à fait, d’ailleurs j’ai exprimé que cela me déplaisait au plus haut point. Comme un guide en alpinisme qui se rend compte que son activité détruit la montagne qu’il aime. Certains se posent des questions. En France, les élèves en école d’ingénieur se posent de plus en plus de question. C’est la révolution en cours. Quoiqu’en pense les boomers.

          Sur tous ces points, essentiellement je vous montre le négatif, qui me devient insupportable, vous le justifier par le positif. On ne se comprendra pas. Pour vous les “externalités”, pour reprendre le vocabulaire économique qui en dit long (c’est externe, cela ne nous concerne pas, on fait du profit et on laisse aux autres les ennuis) n’ont pas d’importance et la croissance et la colonisation justifient tout et n’importe quoi. Une entreprise qui pollue justifie cela parce qu’elle crée des emplois. Ce que je veux : des emplois en limitant la pollution (pas à 0, mais de manière durable). Le vivant sur terre est sacré pour moi. Pour vous l’homme est sacré. On n’a pas la même mentalité.

          1. En relisant nos échanges, je me rends compte qu’un point essentiel est absent de votre discours N Besson. Je vous parle du vivant non humain, vous ne me parlez que de l’homme. On ne peut pas s’entendre. Un colon ne parlera jamais de la condition de vie des colonisés (et s’il commence à en prendre conscience, cela le transforme). Pour le colon, son propre intérêt est évidemment au-dessus de celui des colonisés. A une épode, le blanc ne se souciait pas du noir, l’homme ne se souciait pas de la femme. Ces choses ont changé. Le plus difficile à vivre pour moi à l’époque actuelle, ce sont ces discours de boomers qui se sont “émancipés” et n’ont aucune empathie pour le reste du vivant (beaucoup de jeunes ont évidemment le même état d’esprit, mais ils sont jeunes et n’ont pas conscience de l’évolution du monde…). C’est peut-être un point qui me différencie de Dorota, qui défend la conditions de vie de nos enfants et générations futures. J’y suis aussi sensible, évidemment. Mais le vivant est pour moi sacré. Je crains que les adorateurs de l’homme et du progrès ait gain de cause. Dans ce cas le futur sera une planète essentiellement entièrement artificielle (et sous dôme climatisé pour revenir au sujet du blog), contrôlée par les robots (pour les tâches physiques et intellectuelles). L’homme aura définitivement dominé le sauvage. L’interaction de l’homme ne se fera plus qu’avec ses congénères et les espèces vivantes triées par lui (animaux de compagnie et plantes d’ornement, peut-être des chimères), et avec les machines (immersion dans des mondes virtuels). L’ennui et les pensées négatives n’existeront plus, puisqu’ils seront annihilés par le progrès technologique (la chimie, essentiellement des anti-dépresseurs, ou activateurs de plaisir). La planète sera devenu un satellite artificiel du soleil, contrôlé par l’homme. L’homme pourra donc exporter son modèle s’il dispose d’assez d’énergie et de technologie, il pourra donc coloniser l’univers. Pour moi aujourd’hui ce scénario est une dystopie abominable, mais je crains fort que ce soit ce vers quoi notre nature humaine nous pousse. Et il est possible, comme le justifient ceux qui croient au progrès perpétuel, que cela se produise et que la majorité de nos petits-enfants y trouveront leur bonheur (entièrement artificiel).

            Le monde vers lequel j’aimerais me diriger est un monde dans lequel on respecte le vivant sauvage et en particulier, actuellement, le climat. Je me ressource dans la nature (et assez peu avec mes congénères, ou avec peu de mes congénères 🙂 ). Je fais partie d’une minorité, peut-être vouée à disparaître !

          2. 1) “et vous ne donnez que des indicateurs, chers à nos économistes, mais dénoncés par beaucoup (il faut construire un indice du bonheur plutôt qu’un PIB)”
            => Euh, justement non. La baisse extraordinaire de la mortalité infantile, la possibilité aux enfants et aux personnes âgées/invalides de ne pas travailler, et l’émancipation des femmes sont 3 facteurs très perceptibles. Il n’y a pas besoin d’analyses d’économistes pour que madame et monsieur tout le monde s’en rende compte. D’ailleurs, après la génération babyboomer, on fait moins d’enfants parce qu’on est optimiste sur le fait qu’ils vont tous survivre jusqu’à au moins l’âge adulte, et parce qu’on n’en a plus besoin pour assurer les vieux jours des parents. Cette auto-régulation de la reproduction des humains permets enfin de stopper l’explosion démographique qui est une véritable menace pour l’écologie.
            Là où je vous donner raison, c’est qu’on n’est pas plus heureux en étant riche qu’en ayant une vie frugale. J’irai même plus loin : on n’est pas forcément plus heureux dans une démocratie que dans un régime dictatorial ou totalitaire (à condition de ne pas faire partie des opprimés lorsqu’il y en a).

            2) Mon commentaire sur ce point était surtout pour dire qu’il n’y a jamais eu de moment où l’humain a respecté la nature, et qu’il est donc erroné d’affirmer qu’on peut retourner en arrière jusqu’au moment où l’on respectait encore la nature. En ce qui concerne les révolutions morales, je dis pourquoi pas, et je suis tout à fait d’accord sur le principe d’utiliser les technologies uniquement de manière intelligente. Encore une fois, l’éducation est à mon sens le point central.

            3) J’ai sans doute été maladroit en m’exprimant sur les religions. Lorsque l’on parle d’inciter à gérer ses pulsions, sa frustration et de vivre avec le strict nécessaire, j’ai tout de suite pensé au Christianisme et à l’Islam qui ont véhiculé ces valeurs dans le but de contrôler le peuple.
            Sur le fonds, je n’ai rien contre sur l’existence des religions puisque la religion fait partie, avec la monnaie et l’Etat de droit, des croyances intersubjectives indispensables pour pouvoir vivre dans une société en toute confiance malgré le fait que l’on connait même pas 1% des personnes qui la composent.
            D’ailleurs, le communisme et le libéralisme sont des religions. Mais oui, le bouddhisme serait effectivement le chemin à suivre pour parvenir au but recherché, et je vous remercie de me le rappeler.

            4) Peut-être vaut-il la peine de rappeler ce qu’est le capitalisme : une personne dispose d’une fortune. Plutôt que de la garder ou de la dépenser, elle investit dans une entreprise parce qu’elle pense que son développement et ses projets amélioreront la situation dans le futur. En gros, cette personne renonce à un confort immédiat dans le but d’avoir un meilleur confort dans l’avenir. Elle voit donc le futur avec optimisme. Aussi longtemps qu’il existera des personnes optimistes, le capitalisme perdurera, et on ne peut rien y changer, à moins que l’on veuille soumettre notre société à régime totalitaire (comme le souhaiterait Mme Retelska).
            Dans le cas où tout le monde se rendrait compte qu’à partir de 2050 il n’y a plus d’avenir viable pour l’humain, je vous garantis que le capitalisme disparaitra du jour au lendemain.
            Au Moyen-Âge, le développement économique était quasi inexistant, justement parce que personne ne croyait à un avenir meilleur, bien au contraire : les gens pensaient que l’âge d’or étaient déjà passé il y a longtemps et qu’il n’y en aurait pas d’autre. L’absence du capitalisme n’a pas contre pas évité le déboisement, l’élevage, la chasse ou les feux de forêts volontaires.

          3. Je me contente d’observer le climat, quand je propose des solutions il s’agit surtout de la décroissance, de la sobriété et de la Nature. Suis-je pour le communisme ou le capitalisme? Alors, qu’est-ce que le communisme? Pour moi, le communisme peut-être défini par la propriété commune des biens, une économie planifiée et un salaire égal pour tous. Il serait vraiment utile de limiter la production d’objets sur Terre. Vous faites des suppositions totalement gratuites sur ce que je souhaiterais. Vous faites aussi un parallèle étonnant entre capitalisme et optimisme: pour vous, l’optimisme c’est l’espoir d’être plus riche? N’y-a-t-il pas d’autre bonheur dans le monde?

          4. Votre réflexion (ou vos craintes) sur l’avenir de l’humain est vraisemblable. Il deviendra à la fois et cyber et le Dieu tout puissant de la planète. Aujourd’hui, les prothèses font déjà parties de notre corps. Grâce à l’artificiel, des aveugles retrouvent la vue, des sourds l’ouïe, des paraplégiques l’usage de leurs jambes. Bientôt, il sera possible d’extraire sa pensée et son imagination directement sur un ordinateur. Et l’étape suivante sera de faire l’inverse.
            Oui, ça devient effrayant.

            Jusqu’où devons-nous arrêter de progresser ? Est-il possible de s’arrêter ou de revenir en arrière ? Aujourd’hui on se questionne de l’utilité de la 5G alors que la Chine développe la 6G. Comment stopper cette course à la technologie ?

          5. Bonjour Mme Retelska,

            Je me réfère à votre article du 19 juillet 2020 (https://blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2020/07/19/la-richesse-provoque-le-rechauffement-climatique/), où vous faites la promotion de l’économie planifiée et proposez de supprimer la liberté de se loger, qui est un droit fondamental inscrit dans la constitution. (@Jalain, vous aviez également participé au débat dans les commentaires).
            Mes propos concernant vos désirs ne sont donc pas des suppositions.

            Je ne sais pas comment vous interprétez, mais pour ma part, lorsqu’un Etat supprime un droit fondamental, on tombe dans un régime totalitaire.

            Par ailleurs, je n’ai jamais opposé le capitalisme et le communisme, puisqu’un régime communiste peut être capitaliste comme c’est le cas aujourd’hui avec la Chine. Ce que j’oppose, ce sont les sociétés libérales (qui sont effectivement toutes capitalistes) au communisme. Ce sont les anticapitalistes qui opposent le capitalisme au communisme simplement parce qu’ils ignorent ce qu’est le capitalisme. En réalité, ils s’opposent au libéralisme : liberté individuelle d’entreprendre et d’investir auprès de qui on veut, ce qui est incompatible avec une économie planifiée.

            Votre définition du communisme est par contre exactement la même de celle que je donnerais. Le seul problème, c’est que si cette idéologie paraît séduisante en théorie, en pratique c’est tout autre chose.
            Rien que le fait d’imposer un salaire égal, c’est une passerelle qui amène directement à un régime totalitaire et oppressif. Car, quel intérêt d’avoir un travail exigeant ou stressant si on peut avoir un travail facile et intéressant pour le même prix ? Quel intérêt d’être responsable et de devoir répondre aux conséquences en cas de faute professionnelle si on peut avoir un travail sans responsabilité et qu’il n’y a aucune conséquence en cas de faute professionnelle ? Comment une société peut continuer de fonctionner si toutes les fonctions à hautes responsabilités sont désertées ? Comment empêcher cette désertion si le principe d’égalité de salaire empêche d’accorder une récompense ? La seule alternative qui reste c’est la répression.
            “Animal Farm” de George Orwell décrit bien cette société parfaitement solidaire et égalitaire qui évolue progressivement dans un régime totalitaire. Ce régime qui devient répressif au moment où les plus solidaires et irremplaçables (ceux qui fournissent le travail le plus exigeant mais qui est aussi le plus vital pour la société) déclarent ne plus pouvoir continuer.

            “Vous faites aussi un parallèle étonnant entre capitalisme et optimisme: pour vous, l’optimisme c’est l’espoir d’être plus riche?”
            Un optimiste qui ne veut que devenir plus riche ira spéculer ou parier son argent. Et effectivement, je reconnais cette maladie dans notre système économique où beaucoup “d’investissements” sont en réalité de la spéculation, comme ceux dans la cryptomonnaie. Supprimer le capitalisme, donc le droit d’investir sa fortune dans un développement, ne changera cependant rien à ce phénomène : les spéculateurs iront parier leur fortune d’une autre manière, comme cela a toujours existé depuis l’existence de la propriété du bien. Capitalisme ou non, les pauvres ont toujours voulu être riches, et les riches plus riches.

            Aujourd’hui, tous les pauvres des pays développés ont une qualité de vie largement meilleure qu’un monarque français du XVIIe siècle. Ce monarque n’avait en revanche pas une meilleure qualité de vie qu’un empereur romain né 1500 ans plus tôt. La qualité de vie ne dépend donc pas de la richesse. La qualité de vie dépend du progrès technologique qui n’a pu se faire que grâce aux investissements. Des investisseurs sont effectivement devenus riches, tout comme certains marchands au Moyen-Âge alors qu’ils n’investissaient dans rien.

            Faire le parallèle entre capitalisme et optimisme, c’est croire qu’en mettant de l’argent dans la recherche, on trouvera des remèdes contre les cancers.
            Rassurez-moi ! Lorsque des personnes font des dons pour des ONG comme Greenpeace, est-ce juste pour se donner bonne conscience ? Ou c’est parce qu’elles sont optimistes sur le fait qu’en l’aidant financièrement, l’ONG parvienne à ses objectifs ou au-delà ? J’espère que c’est la seconde raison !
            Si l’ONG réalise ses objectifs :
            – y a-t-il un gain financier espéré en retour pour les donneurs ? Il me semble que non.
            – y a-t-il une espérance que le monde serait un peu plus meilleur ? Il me semble que oui.

          6. Je relis le post “la richesse provoque le réchauffement climatique”. N Besson, je suis en contradiction ce point de vue :
            1- supprimer la liberté de se loger, qui est un droit fondamental inscrit dans la constitution
            2- lorsqu’un Etat supprime un droit fondamental, on tombe dans un régime totalitaire.

            1- Je n’ai pas vu Dorota vouloir supprimer la liberté de se loger. Elle proposait une solution à un problème (majeur, problème bien plus grave que le problème de logement actuel, car il y aura des déplacements de population en masse). Celle de limiter la taille des logements. Au contraire elle milite pour un droit au logement pour tous, aussi décent que possible. Je m’étais d’ailleurs opposé à cela, je préfère une limitation de la démographie (des parents quià 30 ans ont fait construire un petit pavillon et ont 3 enfants sont moins vertueux que des parents plus agés qui font 2 enfants et achètent une grande maison ancienne).
            1- Non, on ne tombe pas dans un régime totalitaire, on se contente de changer la constitution. La constitution a 250 ans, elle était adaptée à une révolution après un système monarchique. De nos jours, dans une planète aux ressources finies et après explosion exponentielle de la population humaine et de son impact sur l’environnement, il est peut-être temps d’en changer ? Il y a 150 ans on pouvait confier une parcelle de terre à une famille, elle ne pouvait pas la dégrader. De nos jours, avec les armes de destructions massives confiées aux humains (outils et matériaux accessibles à presque tous dans un pays riche), considérer qu’une famille est propriétaire d’une parcelle de terre et peut y faire ce qu’elle veut (dans le cadre actuel des lois) me semble une absurdité. Droit à la propriété ou pas. La terre appartient aux générations futures, et aux êtres vivants qui nous entourent. Personnellement, plutôt que le communisme, je préfère le capitalisme avec des limites très fortes. Dans mon village, on a réduit la possibilité d’artificialisation des sols (ce n’est d’ailleurs même pas respecté, les nouveaux arrivants ne veulent pas de la nature, donc bétonnage, bitumage, plastiquage, piscinage etc). On peut laisser la libre propriété individuelle mais avec des limitations (acceptées de tous, donc je parle d’une utopie). Restrictions telles qu’en pratique on ne pourra plus construire (l’objectif zéro artificialisation, qui devra arriver un jour ou l’autre). Ca arrive déjà par exemple pour des risques naturels (mais il y a toujours celui qui veut faire de l’argent et coourne, fait pression, triche etc). Ce n’est pas la solution de Dorota, parce que dans ce système encore capitaliste, sans autre limitation (de salaire etc), il y aura des inégalités indécentes. Donc une limitation des écarts de salaire devra suivre. Ce n’est pas un régime totalitaire, c’est un compromis entre capitalisme et communisme, ou simplement respect de l’autre. Il faudra apprendre à se satisfaire de peu (ou de moins que ce que peut offrir la planète actuellement aux plus riches). La planète est finie, on y viendra forcément. A moins que les guerres civiles, les maladies et les grandes vicissitudes du réchauffement climatique vous paraissent une meilleure solution.

          7. @Jalain,
            Décidément, le réflexe d’opposer le capitalisme au communisme est tenace !

            Le “compromis” entre le capitalisme et le communisme que vous proposez, c’est la définition du régime chinois. En terme de respect de l’autre et de l’environnement, ce n’est pas un régime que je mettrais dans le top 100. Plutôt dans le top 10 des pires.
            Vous désirez plus de communisme, entre autre afin d’éviter une guerre civile ? Pourtant, tous les régimes communistes (qu’ils soient capitalistes ou non) ont débuté par une guerre civile.
            Vous l’avez dit vous-même : modifier la constitution dans le chapitre sur les droits fondamentaux afin de retirer des libertés, ça n’a aucune chance d’être accepté par le peuple. L’initiative 1:12 pour réduire l’écart salarial a été lourdement balayé en 2013 avec seulement 35% de oui.
            Si le réchauffement climatique et les déplacements forcés en masse peuvent conduire à des guerres civiles, imposer un régime communiste garantie la guerre civile, puisqu’il ne sera possible que de le faire par la force, notamment pour exproprier tous les propriétaires, à commencer par les moins vertueux (le pavillon pour le 3 enfants) et terminer par les grandes maisons anciennes (plus vertueux, mais propriétaires quand même).

            “1- Je n’ai pas vu Dorota vouloir supprimer la liberté de se loger.”
            => Elle dit précisément “réglementer la taille des logements par personne”.
            Clairement, le but d’une telle réglementation est d’interdire 1 personne d’habiter dans un logement pouvant accueillir 2 personnes ou plus.
            En gros, lorsqu’au sein d’un couple marié ou de concubins, l’un meurt ou fout le camp, l’autre serait expulsé de son logement. => cette pratique se fait déjà en Suisse pour les bénéficiaires d’un logement social, et je peux vous garantir que ça fait des dégâts du côté humain.

            A Stockholm, où le marché du logement est totalement géré par l’Etat (alliance des socialistes et des démocrates) depuis plus de 30 ans dans le but de préserver des loyers abordables pour les jeunes et les familles, il faut aujourd’hui attendre entre 7 et 11 ans pour louer un appartement. Bien sûr, ceux qui sont en position de force (premiers arrivés, premiers servis) profitent du marché noir de la sous-location. Il n’y a rien d’équitable là-dedans.

          8. N.Besson : j’ai fait un lapsus en parlant de compromis entre capitalisme et communisme (pas vraiment de sens en effet), je m’en suis rendu compte en relecture. Je voulais dire compromis entre libéralisme et communisme. Vous me parlez des vicissitudes du communisme mais ça ne montre pas que le système actuel est meilleur. Le communisme productiviste a en effet conduit à des abominations environnementales (assèchement de la mer d’Aral, barrage des trois gorges…). Cela ne signifie pas pour moi que le communisme est à bannir : il a juste oublié de tenir compte du vivant non humain et de l’environnement. Je considère le capitalisme libéral (et son corollaire le progrès technologique pour tous) comme responsable du changement du climat, de l’artificialisation de la planète et de l’extinction massive d’espèces vivantes sur terre. Si vous appelez totalitaire tout régime politique fortement (? = beaucoup plus fortement qu’actuellement dans les pays développés) régulé, je suis totalitaire sur une planète dont la population, la technologie et le droit à la propriété sont ce qu’ils sont aujourd’hui. Si vous divisez par 10 la population ou l’usage de la technologie et que vous stoppez l’artificialisation de la planète, je suis pour un régime capitaliste libéral au sens de ses fondateurs. Je pense que les fondateurs du libéralisme n’auraient pas forcément été en désaccord avec ça. Ils connaissaient bien les penchants humains.

          9. Pas de soucis pour le lapsus 😉

            Un régime totalitaire, c’est lorsqu’il n’existe qu’un seul parti qui gère l’Etat ainsi que toutes les activités de la société, qui oblige les citoyens à adhérer à son idéologie, qui exerce un contrôle permanent de la vie privée, et que toute opposition organisée est interdite.
            L’idéologie de la promesse d’accomplissement de l’humanité (respect du vivant non humain et de l’environnement selon votre but) est une caractéristique fondamentale d’un Etat totalitaire.
            Pour imposer l’idéologie communiste, il va falloir avant tout passer par là avec un bain de sang à la clé, puisque manifestement notre démocratie n’en veut pas, même une fraction.

            Une société libérale peut tout à fait être fortement régulée tout en restant libérale, à condition de maintenir les droits fondamentaux. C’est d’ailleurs le cas dans les pays développés, où chaque année, de nouvelles normes et de contraintes sont votées pour un but commun.
            L’extinction de masse se produit dans les zones où il y a une absence de régulation, ou si elle existe, n’est ni appliquée ni contrôlée. Malheureusement, il est difficile de surveiller ces zones sans être taxé de colonialiste ou sans se confronter directement aux deux puissances totalitaires et colonialistes que sont la Chine et la Russie qui occupent l’hémisphère sud des océans, la moitié de l’Afrique, et de plus en plus l’Amérique latine.

          10. @N.Besson “L’idéologie de la promesse d’accomplissement de l’humanité est une caractéristique fondamentale d’un Etat totalitaire.” Vous poussez un peu, on est donc dans un état totalitaire, ce qui me convient assez bien comme description du problème. La constitution est ni plus ni moins qu’une promesse d’accomplissement de l’humanité. Tous les partis doivent d’ailleurs se plier à la constitution, ce qui est bien un principe totalitaire, surtout si on ne veut pas changer la constitution.
            Les humains passent leur temps à optimiser leur environnement pour leur confort et à gérer la nature : si ça c’est pas totalitaire, qu’est-ce que c’est ? La démocratie comme rempart au totalitarisme ? De mon point de vue, pas vraiment, c’est le totalitarisme de la majorité, donc de la nature humaine, dont on connait les défauts, aggravés par le capitalisme (à moins qu’on ne considère que la nature humaine n’ait pas de défaut, alors pourquoi discuter de système politique, de régulation…. Anarchie et révolutions, au moins le progrès destructeur infernal s’arrêtera ! Sérénité dans l’effondrement…). Votre notion de totalitarisme me semble théorique donc idéologique. Concernant mes “promesses pour l’humanité”, je demande seulement de mettre dans la constitution le principe d’écocide, la protection du climat, de l’environnement, des espèces vivantes… Totalitaire ? Non, complémentaire, salutaire et adapté à la situation. Mais le Sénat vient de s’y opposer en France. Ils veillent sur le système (totalitaire).

            “L’extinction de masse se produit dans les zones où il y a une absence de régulation, ou si elle existe, n’est ni appliquée ni contrôlée. Malheureusement, il est difficile de surveiller ces zones sans être taxé de colonialiste” Ce n’est pas mon constat. Enfant j’ai connu les rivières de France dans un état qu’on dirait paradisiaque aujourd’hui. Ce sont devenus des égouts et dépotoirs à mes yeux (d’amoureux de la nature). Tant que les activités de loisir humaines peuvent s’organiser et qu’on gère les crues, notre “civilisation” totalitaire ne s’en plaint pas. Beaucoup d’espèces sont en fort déclin en France et on pourrait tout à fait s’immiscer dans les affaires des pollueurs. Les français auraient moins de loisir et paieraient plus cher leur nourriture ? Certes, et alors ? Protection de l’environnement contre pouvoir d’achat, loisirs et moindre effort. C’est une utopie. Faut-il une révolution ou l’anéantissement des espoirs de gens comme moi ? Je ne sais pas. Mais arrêtons d’agiter ce mot totalitarisme dès que les écologistes veulent trouver des solutions à des problèmes, même si la majorité n’a pas envie de les traiter.
            Quant à surveiller les zones d’extinction d’espèces, il faudrait dans un premier temps dénoncer les accords commerciaux avec ces pays. Bref, les écologistes ne sont totalitaires que pour ceux qui ne se soucient pas du vivant sur Terre et conçoivent la nature comme exclusivement à leur service.

          11. J’essaye juste de vous dire que :
            – il est très réducteur de citer le système libéral capitaliste comme le véritable coupable de l’extinction de masse et du réchauffement climatique.
            – un système plus orienté vers le communisme ne va pas mieux résoudre les défis climatiques qui nous sont imposés.

            Ma notion du totalitarisme est tirée de l’observation historique sur les Etats totalitaires. Je n’ai en réalité que paraphrasé les points principaux dans Wikipedia.

            Dire que la majorité en démocratie c’est du totalitarisme, c’est à mon goût de la malhonnêteté intellectuelle. Non seulement ce n’est pas toujours la même majorité qui décide, mais surtout ce n’est pas comme si le camp minoritaire du moment n’avait pas le droit de s’exprimer. Et il est faux d’affirmer que les partis doivent se plier à la constitution alors qu’elle est régulièrement révisée. Dernier changement en date : 7 mars 2021 (dissimulation du visage), et pourtant, le parlement et le gouvernement étaient dans le camp des minorités.

            Lorsqu’un parti n’arrive pas à convaincre la majorité, c’est parce que son projet ou son idéologie ne prend pas suffisamment en compte les intérêts de celle-ci. Il y a de la part du parti un manque d’écoute, de compréhension, de compromis ou de qualité dans la communication.
            Lorsque ce même parti ne se remet pas en question, et cherche malgré tout à imposer son projet ou son idéologie, alors là on peut parler de la dictature de la minorité. Et la démocratie est effectivement un rempart à cette dictature.

          12. “Lorsqu’un parti n’arrive pas à convaincre la majorité, c’est parce que son projet ou son idéologie ne prend pas suffisamment en compte les intérêts de celle-ci.” J’en ai bien conscience, mais la majorité est toujours in fine égoiste, c’est l’intérêt individuel (de court terme) des humains qui est défendu. Il n’y a aucune vision, aucune transcendance, aucune abnégation dans la majorité. Le principal problème du capitalisme libéral (notez que j’associe toujours ces deux mots, car c’est bien ce système dont je dénonce les dérives) , c’est qu’il accentue fortement cette tendance, il érige l’égoïsme et le narcissisme comme la norme. Bien sûr c’est tiré par les cheveux de dire que ce système démocratique libéral est du totalitarisme, mais c’est au sens commun : la dictature de la majorité. J’ai l’habitude de voir les chaines de commerce internationales, MacDo, Ikea, Amazon etc, comme le communisme du capitalisme : on croit avoir sa liberté de choix, mais tout le monde consomment la même chose, ces entreprises ont la puissance des états et fonctionnent sur un principe communiste (tout le monde partage la même soupe), sauf qu’il se croit librement consenti (c’est oublier la puissance de feu de ces entreprises en terme de publicité, lobbying et parfois délits). Bien sûr les minorités peuvent choisir d’autres modes de consommation, c’est l’avantage du libéralisme, mais cette puissance de feu des entreprises fait que les minorités y sont forcément soumises dans leur mode de vie. Je ne peux pas me promener sans voir un MacDo, des sacs plastiques, des publicités etc. Le capitalisme libéral laisse une place théorique aux minorités comme les colons américains ont laissé une place théorique aux indiens. Les minorités ont moins de liberté que les majorités. Cela fait un moment que j’ai compris que c’est mon problème, la majorité dégrade mon environnement inexorablement, sans états d’âme et sans complexe (j’ai beau parlé à la personne qui jette son emballage plastique sous mes yeux, elle sait que le pouvoir est de son côté). C’est un peu plus grave au Brésil pour les indiens d’Amazonie, ou pour les Rhinocéros en Afrique. Mais il faut bien que tout le monde gagne de l’argent, le commerce et la consommation sont perçus comme des facteurs de croissance historiques. Puisque l’Histoire et la Théorie économique se donnent raison et que chacun doit se sentir libre, pourquoi vouloir changer quoi que ce soit.

          13. Je vous rejoins sur le fait des dérives de l’économie capitaliste et libérale qui est censée récompenser (ou enrichir) les compagnies les plus innovantes et les plus méritantes, mais pas de laisser les plus gros de profiter de leur position dominante au détriment des petits.
            L’économie libérale nécessite un encadrement et une régulation scrupuleusement contrôlée. Beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années, en citant par exemple la Finma créée en 2007.
            Le problème auquel on est aujourd’hui confronté concerne effectivement les grandes multinationales qui profitent d’un vide juridique au niveau international. Le droit international existe en théorie mais ne s’applique pas, ou très mal, du fait du composant géopolitique.

            Vous avez en tout cas l’air de pardonner davantage les erreurs des régimes communistes que celles du capitalisme libéral. Vous regrettez de faire partie des minorités, car ils ont moins de liberté par rapport à ceux qui détiennent le pouvoir. Et vous avez raison sur ce fait et de vous plaindre légitiment. Sauf qu’il n’existe absolument aucun régime où les détenteurs du pouvoir ne profitent pas de leur position dominante qui empiète sur la liberté des minorités. Et surtout pas le communisme. L’exemple flagrant, c’est que nulle part dans l’histoire et dans le monde les femmes jouissent (ou on joui) d’une liberté équivalente à celles des hommes, qui détiennent le pouvoir.
            Seules les démocraties libérales parviennent à se soucier de l’intérêt des minorités, ne serait-ce qu’en leur accordant le droit s’exprimer et d’être écoutés.

            Est-ce que notre système capitaliste libérale met en exergue l’égoïsme et le narcissisme ? Probablement oui de certaines manières. Est-ce pour autant que la générosité et la préoccupation des plus favorisés ont disparu ? Non, elles sont très présentes mais quasi invisibles, ne serait-ce qu’une personne qui fait un geste altruiste ne va par définition pas l’annoncer à tout le monde.

            Enfin pour les personnes qui jettent les déchets par terre, elles ne respectent simplement pas les règles. On ne peut donc pas dire que le capitalisme libérale tolère ou encourage ce geste. Ici, il s’agit d’une question de société : voulons-nous être permissifs ou répressifs ? Je pense sincèrement que si vous proposez d’intensifier la lutte contre le littering en augmentant la prévention, le contrôle et la sanction, vous auriez une majorité de réactions favorables.

          14. Je vous rejoins N. Besson. Je ne défends pas le communisme tel qu’il a été pratiqué (et, de manière anecdotique, pour avoir été élu dans une commune sur la liste d’une maire communiste, je ne me sens aucune affinité avec ce parti). Comme la grande majorité j’ai des pulsions de propriétés et de liberté qui me font être libéral. Mais je défends la morale communiste et je déplore le résultat du libéralisme capitaliste dans ce qu’il pervertit les individus en valorisant et accentuant les défauts, pourtant connus de longue date, des humains. La théorie libérale est que l’humain est assez mûr pour optimiser son environnement, je n’y crois pas du tout (l’humain est un enfant à qui les scientifiques ont donné, via la technologie et la horde d’ingénieurs, une machine à fabriquer du chocolat gratuit). Si le communisme est la suppression de la propriété et le libéralisme capitaliste le droit à la propriété, je serais pour une vision intermédiaire, à définir. L’humain ne devrait pas se sentir le droit de toujours faire ce qu’il veut avec ce qui lui appartient, or c’est ce que lui laisse croire nos sociétés et c’est bien le problème. Entièrement d’accord sur le fait que nos sociétés sont bien trop permissives et mon constat est que c’est un effet de richesse (d’ailleurs les banques font le contraire de la théorie de Keynes, elles donnent l’argent facile quand ça va bien et durcissent quand ça va mal). Je ne sais pas si c’est du totalitarisme mais limiter les possibilités et les libertés à la source me semble bien plus efficace qu’éduquer, responsabiliser-culpabiliser, restreindre individuellement. Pour résoudre le problème de sucre dans l’alimentation, il faut limiter le sucre à la source, dans les biens disponibles. Si on veut limiter l’artificialisation des sols, il faut limiter la surface disponible. Si on veut diminuer la démographie, il faut limiter les naissances (quel régime l’a fait ?). Si on veut limiter l’impact du progrès technologique, il faut limiter le progrès technologique. Etc. In fine, les libéraux diront que c’est du totalitarisme. Sur notre planète finie aux 8 milliards d’humains disposant de technologies terriblement destructrices, il faut donner aux personnes un sentiment de liberté (et de propriété) dans un cadre extrêmement restrictif. Les gens ont de plus en plus de mal à le supporter, et je crains que l’environnement, et le climat pour revenir au blog, soit la première variable d’ajustement qui en fait les frais.

          15. Mise à part sur la limitation du progrès technologique (je pense sincèrement que le progrès technologique permet de réduire la consommation d’énergie pour la mobilité et les appareils électroniques ménagers.), je vous rejoins sur les autres points.

            En ce qui concerne la limitation de naissance, seule la Chine l’a bien évidemment imposée mais elle vient de lever cette interdiction il y a quelques mois, pour maintenant encourager les familles de faire 3 enfants. La raison est purement économique : le pays n’a pas réussi à se développer suffisamment pour se permettre le luxe d’être une population vieillissante.
            La Corée du Sud a lancé en 1960 une campagne cherchant à convaincre les familles de faire moins d’enfants tout en développant les assurance sociales (en 1960, la Corée du Sud était l’un des pays les plus pauvres au monde qui souffrait notamment de famine et de surpopulation). En à peine 15 ans (de 1960 à 1985), le nombre d’enfant par femme est passé de 6 à 1.6. Il est aujourd’hui à 0.98 (!).
            Celui de la Chine n’est par contre jamais passé en dessous de 1.6.

        2. ” la religion du communisme qui a conduit à la plus grande tragédie humaine avec environ 100 millions de morts.” Ca fait peur. C’est vous qui me dites que je ne comprends pas le capitalisme (libéral occidental) ? Vous faites la même erreur, ou le même raccourci, sur le communisme (essentiellement ce n’est pas l’idéologie du communisme qui a tué, mais… d’abord la faim, ensuite des comportements humains… nul n’est parfait…). Mais quel sens ça a d’opposer le communisme aux dégât du capitalisme libéral ? En étant binaire, on peut justifier tout et n’importe quoi.

          La religion du coca-cola, de la croissance économique et du progrès détruit actuellement la planète et des civilisations jugées “primitives”. Vrai ou faux ? Négociable ou pas ? On peut faire mieux ou pas ? Le reste n’est qu’écran de fumée.

          1. Il n’y a absolument rien qui démontre qu’un régime communiste soit plus respectueux du vivant et de la planète, qu’une société libérale.
            Nul n’est parfait effectivement. Mais dans une société libérale, on ne fait pas 100 millions de morts, car il n’y a pas d’économie planifiée gérée par un dictateur qui met l’intérêt de l’Etat au-dessus des vies humaines.
            Lorsqu’une personne vivant dans un régime communiste se rend compte que sa vie pourrait potentiellement être troquée pour un intérêt supérieur, elle va certainement se préoccuper de sa propre personne plutôt que du respect du vivant.

            “Mais quel sens ça a d’opposer le communisme aux dégât du capitalisme libéral ?” La volonté des personnes comme Mme Retleska, c’est de faire déposséder les richesses des riches (et donc également de la classe moyenne) pour les redonner à l’Etat qui saura en faire une meilleure usage. Ce n’est donc pas moi qui oppose le communisme au capitalisme libéral démocratique, mais bien les révolutionnaires anticapitalistes. Désolé de ramener cela à une vision binaire, mais ces deux idéologies sont incompatibles.

          2. Oui N Besson, nos points de vue convergent en effet. Je vous comprends sur le capitalisme, merci pour cet éclairage. Je n’ai pas perçu d’apologie du communisme dans les propos de Dorota (j’avais bien aimé son témoignage de son enfance). Ce n’est pas parce qu’on pense que le capitalisme libéral est à la dérive et qu’il y a trop d’inégalités (captation de l’argent par les riches, phénomène très clair) qu’on est “des révolutionnaires anticapitalistes”. Je pense qu’il faut une révolution, en particulier celle que je vous ai dit : respect du vivant non humain (et humain bien sûr). On peut faire du capitalisme mais sans colonisation ni destruction. Donc zéro artificialisation des sols, pollution a minima, protection du climat etc. L’humain s’oblige à se satisfaire de la partie de la planète qu’il a déjà colonisé, il apprend à baisser son impact, il rend au sauvage des espaces pour sa survie (il apprend à vivre avec au besoin). On ne donne pas une machine à fabriquer gratuitement du chocolat à un enfant, on lui donne du chocolat avec des limites. L’humain doit trouver des limites, ce qui lui impose une décroissance compte tenu des excès depuis des décennies (pourtant on ne peut pas dire que les gens sensés, les écologistes, n’avaient pas prévenu). En particulier le niveau de vie des riches doit baisser (à court terme) pour réduire les inégalités en attendant que la démographie retombe. Concernant l’éducation, comme vous dites difficile d’éduquer des adultes. Concernant l’éducation, en fait on voit les mêmes réactions chez les enfants que chez les adultes ou les boomers (il est vrai que ces enfants baignent dans une autre culture que la mienne, celle de leurs parents, mais pas toujours, c’est hélas aussi vrai chez des enfants élevés dans un milieu attentifs à mes valeurs) : ce sont simplement les pulsions de pouvoir, de séduction, de domination, de colonisation. On est des animaux. Education peut-être, prise de conscience je pense. Il faudrait changer la société entière, l’homme procède par mimétisme plus que par éducation.

  5. Bonjour,
    Cela ne m’étonne pas. Nous allons vers le pire si l’Homme ne prend pas conscience à temps de son impact et de l’apocalypse qu’il précipite. Mais je pense qu’il est déjà trop tard.
    C’est le discours artistique que je mets en avant dans mon travail d’artiste. “l’impact de l’homme dans son environnement” à travers l’objet contemporain qui le suit dès qu’il investit une terre : la bouche d’égout. Mon médium est la rouille naturelle car ce que l’homme a pris à la nature, la nature lui reprend.

    Mon travail artistique est l’extrême dans l’art. Si l’homme a créé l’art dans les grottes de Lascaux, mon travail en démontre leurs fins . Mes œuvres sont des empreintes d’un temps passé qui n’est pas encore arrivé.

    Ma théorie est que dans un temps prochain, la vie sur terre sera impossible et la seule solutions sera soit l’espace orbital (on n’a pas les moyens), soit une nouvelle planète (on n’en a pas le temps) ou soit vivre sous terre d’où la bouche d’égout. On vivra comme nos ancêtres dans des grottes.

    https://www.danielmourre.com voir critique d’art dans biographie.

  6. Des prédictions autant crédibles que la météo des années à l’avance …
    Quand on mélange allègrement les sujets , on ne peut que finir à dire n’importe quoi .
    Personne ne risque rien à jouer à Nostradamus ou Madame Soleil , on les oublie très vite .. jusqu’à la prochaine annonce encore plus débile …

  7. J’ai fait mon école de recrues à la caserne de Sion, en Valais. Si ma mémoire est exacte c’était l’été 1980. Cette année là en Valais les températures ont atteint à peu près le même niveau qu’au Cananda cet été. Plus de 40 degrés à l’ombre. Il y a eu des moments où on a atteint les 50 degrés, à Sion. C’était pénible, je dois avouer. Mais ce n’était pas une chose exceptionnelle. Ca s’est toujours produit depuis des siècles, de temps en temps, dans cette cuvette qu’est le Valais. Si c’était aujourd’hui qu’on avait une telle canicule en Valais, Mme Retelska écrirait que cela confirme ses thèses. Mais à l’époque personne n’en a parlé, parce qu’à cette époque le discours scientifique dominant consistait à s’inquiéter du refroidissement climatique, non du réchauffement et l’officine de menteurs professionnels GIEC n’avait pas encore été créée.

  8. Depuis 2010, les intenses vagues de chaleur que connaît l’Inde, le deuxième pays le plus peuplé au monde, ont fait plus de 6500 morts et les scientifiques redoutent que ce phénomène ne s’intensifie en raison du changement climatique. Vendredi dernier, les températures en journée ont dépassé les 40 degrés, pour la quatrième journée consécutive, dans les États du Rajasthan, du Haryana et à New Delhi. Une chaleur étouffante régnait aussi dans de nombreuses régions des États du Punjab, de l’Uttar Pradesh et de Madhya Pradesh, situés au nord de l’Inde. Actuellement, seuls 5 % des foyers sont équipés de climatiseurs contre 90 % aux États-Unis et 60 % en Chine. Mais le marché devrait exploser dans les années à venir, faisant grimper la consommation d’énergie dans ce pays qui est déjà le troisième plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde.

    1. On dirait l’UDC, qui nous sort des articles de presse sur la délinquance “étrangère”. Ressaisissez-vous.

      #malibertédexpressioncompte

  9. “#malibertédexpressioncompte” : n’importe qui peut raconter n’importe quoi sur internet et les réseaux sociaux. La liberté d’expression a une très grade valeur, c’est pourquoi chacun devrait en faire un usage irréprochable. Que la parole soit impeccable, un des accords toltèques… Pourquoi “ma” liberté d’expression ? Le narcissisme dans l’usage de l’expression corrompt la liberté d’expression.

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