Femina m’a tué

Il ne faut pas le cacher, l’hebdomadaire Femina, inséré dans le Matin Dimanche, est la référence bimbo de la Suisse romande, malgré des tentatives désespérées pour y inclure des articles de surface sur notre société de consommation.

Et tout à coup, mon univers s’est effondré

Dans son éditorial, Sonia Arnal, sa rédactrice en chef, bastonne deux fondamentaux de la pensée dominante : le bonheur au travail et la forme physique sans effort.

Alors, le bonheur au travail n’existe pas ? Vraiment ? Mais c’est impossible. Après toutes ces années de conseils numérotés de 1 à n, ces interviews de psy, pseudo-psy, thérapeutes, guérisseurs, rebouteux, conseillers en tout genre qui nous garantissaient des matins de pétales de roses, voilà que vous détruisez nos rêves. D’après vous, les relations de travail ne seraient que rapports de force et de lutte de pouvoir ? Mais savez-vous que les sociologues français se sont acharnés depuis les années soixante à évacuer ces notions ? Que peu d’universitaires ont réfuté leurs thèses ? Et puisque nous sommes en France, restons-y. Osez-vous me dire que les grèves à la SNCF sont une exacerbation des rapports de travail alors qu’il s’agit de défilés entre copains et coquines à l’arrivée du printemps ?

Mon cœur a flanché. Un voile gris m’a submergé. Crispé sur l’édito, j’ai lu la suite. Et je suis d’accord avec vous : la forme physique est une lutte permanente. Pour faire une dérisoire performance aux 20 km de Lausanne, trois entraînements hebdomadaires sont indispensables, qu’il pleuve, neige ou vente ou même les trois en même temps, alors que d’autres ont l’immense chance de rester en forme en se gavant de croissants et de brioches. Mais c’est uniquement une question de métabolisme parce que d’autres, par quelques mouvements de yoga simples et de bols de thé aux herbes comme vous le dites si bien dans vos pages, peuvent perdre du poids avec délice (p. 21 du 8 avril 2018).

Heureusement, l’exactitude de votre horoscope (p. 33) m’a sorti de mon coma : “Cette semaine, dit-il, sera à marquer d’une pierre blanche car vous aurez l’occasion d’accomplir un acte magnifique auquel vous n’auriez pas pensé si un événement ne vous avait pas touché”. J’ai sorti mon VTT et suis allé faire le parcours de 20 km au Chalet-à-Gobet (sous la pluie).

Bernard Radon

Bernard Radon

Certains considèrent les organisations publiques et privées comme un lieu de tragédie face à un management peu enclin à la compassion. D’autres sans doute plus cyniques, y voient surtout une représentation d’opérette où se pâment galons dorés et fourreaux de soie, dans l'imbroglio de relations humaines. C’est autour de ces visions paradoxales que le combat des acteurs pour leur survie se cristallise dans cet univers intentionnel, égoïste et myope. Ce blog veut décrypter ces liens humains et inhumains qui relient toutes ces relations complexes où effectivement stratégie rime avec tragédie et donner quelques pistes à ceux (petits et grands) qui les vivent au quotidien. Bernard Radon N°1 du coaching de managers en Suisse romande.

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