Air2030 : Essais du F-35A

Quatrième appareil en course pour le programme du futur avion de combat des Forces aériennes suisses, le Lockheed Martin F-35A « Lightning II » a débuté sa série de tests dans notre pays.

Le Lockheed Martin F-35A « Lightning II » : 

Et ce n’est pas moins de quatre F-35A qui ont fait le déplacement. Les appareils appartenant au 34ème escadron « Rude  Rams » sont arrivés en provenance de la base aérienne de Hills dans l’Utah sur la base aérienne de Payerne. Précédé d’un avion de transport Boeing C-17A “Globemaster III” du 437Th AW/315Th  “Charleston” de l’AMC “Air Mobility Command”. Ce dernier s’est posé le mercredi 29 mai pour amener la logistique nécessaire aux essais.

Le F-35A/F3 est un avion de combat de la 5ème génération doté de capacités furtives. Avion monoplace ne nécessitant pas l’obligation d’une version biplace pour la transition, le F-35 a été conçu spécifiquement autour d’une architecture informatique très puissante pour permettre une totale fusion de l’ensemble des capteurs multispectraux. Il est le premier avion entièrement conçu pour fonctionner dans ce que l’on appelle la guerre en réseau (Network Centric Warfare). Le F-35A peut ainsi effectuer des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et menés directement des opérations de guerre électronique, ainsi que la supériorité aérienne sans oublier l’attaque au sol. Doté d’un cockpit de nouvelle génération avec un écran géant central tactile couleurs qui ne nécessite plus le besoin de boutons de sélection. A noter que le traditionnel viseur tête haute (HUD) est supprimé, l’ensemble des informations sont ainsi partagées entre l’écran et le viseur de casque Rockwell Collins ESA Vision Systems LLC, « Helmet Mounted Display System ». Le pilote dispose de la liaison de données TADIL-J (Tactical Digital Information Link) soit une version améliorée de la Link16 de l’Otan. Le TADIL-J a été conçu comme une liaison de données améliorée utilisée pour échanger des informations en temps quasi-réel (NRT). Il s’agit d’un système de communication, de navigation et d’identification qui facilite l’échange d’informations entre les systèmes de commandement, de contrôle, de communication, d’informatique et de renseignement (C4I) tactiques. Le composant d’émission et de réception radio de TADIL-J est le système commun de distribution d’informations tactiques (JTIDS). L’avion est également le premier à disposer d’un système de mise à jour et de logistique en ligne qui répond au nom d’ALIS (Autonomic Logistics Information System). Le système intègre les fonctionnalités suivantes : la maintenance, les pronostics de pannes, la chaîne d’approvisionnement, les services d’assistance aux clients. Actionneurs électro-hydrostatique, le F-35 dispose pour la première fois des actionneurs électro-hydrostatiques (EHA) agissant en tant que commandes de vol principale, ce qui inclut le gouvernail, les empennages horizontaux et la surface de contrôle du flaperon. Les actionneurs des commandes de vol, bien qu’ils possèdent des systèmes hydrauliques internes à boucle fermée, sont contrôlés et alimentés par électricité et non de manière hydraulique, ce qui permet une capacité de survie accrue et un risque réduit.

Les systèmes du F-35/F3 testés en Suisse :

Radar AESA : 

Le F-35A est équipé du radar à balayage électronique AESA conçu AN/APG-81conçu par Northrop-Grumman. Le système dispose des modes air-air et air-sol, suivi de terrain, cartographie à haute résolution, détection de véhicules terrestres, de l’écoute passive et des capacités de brouillage.

L’EOTS : 

Le système de ciblage électro-optique de poursuite infrarouge (EOTS) AN/AAQ-40 produit par Lockheed Martin est un système de localisation et désignation de cible air-air et air-sol comprenant un FLIR, une caméra TV à haute définition et un système laser (télémétrie, désignation de cible). Le système est composé d’une fenêtre en saphir durable et est relié à l’ordinateur central intégré de l’avion via une interface à fibre optique à haute vitesse. Le système EOTS améliore la connaissance de la situation des pilotes de F-35 et permet aux équipages d’aéronefs d’identifier les zones d’intérêt, d’effectuer des reconnaissances et de livrer avec précision des armes à guidage laser et GPS.

AN/ASQ-239 Barracuda :

Le système AN / ASQ-239 conçu par BAe Systems protège le F-35 grâce à une technologie avancée afin de contrer les menaces actuelles et émergentes. La suite offre une alerte radar entièrement intégrée, une aide au ciblage et une autoprotection, pour détecter et contrer les menaces aériennes et terrestres.

Le système fournit au pilote une connaissance maximale de la situation, aidant à identifier, surveiller, analyser et répondre aux menaces potentielles. Une avionique et des capteurs avancés fournissent une vue en temps réel et à 360 degrés de l’espace de combat, aidant à maximiser les distances de détection et offrant au pilote des options pour échapper, engager, contrer ou bloquer les menaces.

AN/AAQ-37 (DAS) :

Le système d’alerte missile de Northrop Grumman Electronic System DAS (Distributed Aperture System) AN/AAQ-37 comprend 6 détecteurs  infrarouges répartis en différents points de façon à fournir une vision à 360° autour de l’avion. Le système est combiné à un brouilleur Sanders/ITT ALQ-214.

Radios & IFF :  

Le F-35A est doté système de navigation et de combat Northrop Grumman AN/ASQ-242, qui inclut :le système de communication Harris Corporation Multifunction Advanced Data link (MADL)  avec une radio SINCGARS, une radio cryptée HAVE QUICK et un interrogateur/ transpondeur IFF Mode5.

Données techniques & armement du F-35A/F3 :

Un moteur Pratt & Whitney F135 de 125kN et 178kN avec postcombustion. Masse à vide 13’170kg, maximale 25’600kg. Vitesse Mach 1,6. Plafond pratique 18’500m. Vitesse ascensionnelle plus de 180 m/s. Rayon d’action 1’080km.

Armement : 

10 point d’emport : 4 internes et 6 externes. 1 canon General Dynamics GAU-22 de 25mm. Air-air : AIM-9X Sidewinder, IRIS-T, ASRAAM, AIM-120 AMRAAM, METEOR. Air-sol : AGM-((AARGM, AGM-158 JASSM Brimstone, AGM-169 JCM. Antinavire : JSM, LRASM. Bombes : Mark 82, Mark 84, Small Diameter Bombe, JDAM, AGM-154 JSOW.

La version disponible en 2025 : 

Le F-35A/F4 : 

Si notre pays devait opter pour le F-35A, nous recevrions en 2025 le standard F4. Ce standard devrait prendre en compte un certains nombres d’améliorations en ce qui concerne le viseur de casque, l’optronique, les capacités d’engagement ainsi que le règlement de certains nombre de problèmes de l’avion. Les coûts d’achat et d’heures de vol devraient également continuer de baisser.

Photos :F-35A à Payerne @ P.Kümmerling

 

 

Pascal Kümmerling

Pascal Kümmerling

Né à Genève en 1970, Pascal Kümmerling a, depuis l'adolescence , pour passion le monde de l'aviation. Après une licence de pilote privé au Canada, licence pro et finalement instructeur. Avec plus de 3'000 heures de vols et une quarantaine d'élèves formés, Pascal se lance dans l'écriture à travers diverses publications aéronautiques, conférencier à ses heures.

26 réponses à “Air2030 : Essais du F-35A

  1. Ca c’est le bel avion, Pascal, 5 ou 10 exemplaires peints en rouge avec une croix suisse, that’s it.
    More no Way, amigo!

    1. Mo, je dis ça, car j’aime les pilotes (j’ai même voulu être pilote d’hélicoptère, jeune), mais les menaces sont dans la cyber désormais!

      1. Eh bien vous voyez que nous ne sommes pas si oposés que ça, je rêvais d’être pilote d’hélicoptère. Ce F-35A nous donne des émotions, mais et les anciens Venom ? A dix-sept ans je m’imaginais prendre les commandes, mais ai raté les examens et suis resté au Cessna 150. Si vous aimez les avions à notre portée, allez voir sur You Tube, c’est fantastique aussi :

      2. @OLiver, le nouvel avion va nous propulser dans la guerre en réseau, quelque soit le choix. Avec l’arrivée des radars AESA (balayage électronique ) nous avons là un outil qui cadre justement avec la cyber guerre.

        Petit exemple : Pour prendre la Crimée, les Russes devait non seulement brouiller les réseaux de communications étatiques, mais aussi internet, et les réseaux mobiles, Facebook, instagram etcs. Pour réaliser ce coup de force, ils ont télécharger des virus informatiques dans des avions de combat Sukhoi Su-30SM dotés de radar AESA. Ces virus ont été ensuite envoyés via l’antenne radar en direction des réseaux de téléphonie mobile, paralysant ainsi les civils. On le voit l’avion de combat moderne est devenu un élément clef de la cyber en plus des ses capacités de guerre aériennes traditionnelles

        1. Et vous avez une source? Franchement, cela paraît peu vraisemblable que la Russie dévoile son armement hightech pour … la Crimée.

        2. Voyez que je n’invente rien (today on the air of the SSR)

          “Les Etats-Unis ont lancé vendredi un ultimatum à la Turquie, lui donnant jusqu’au 31 juillet pour renoncer à l’achat de systèmes de défense russes S-400 qu’ils considèrent comme incompatibles avec le nouvel avion furtif américain F-35 qu’Ankara veut aussi acquérir.”

          Pour la “police du ciel” (un mythe, mais bon) pourquoi pas des pilatus bien de chez nous?

          1. On ne parle pas ici d’armement russe, mais de mode opératoire. La manière dont les russes ont crées un “black out” sur la Crimée est connu, identifié. L’utilisation de la cyberguerre à travers les nouvelles antennes radars des avions de combat n’est pas complètement inconnu, tous les utilisateurs s’y préparent. Si, vous avez un de l’intérêt pour ce type de sujet, des conférences, revues spécialisées sont ajourd’hui disponibles pour vous tenir au courant.

          2. Olivier: Essayer donc de rattraper un avion de ligne en difficulté sur un couloir aérien avec un avion doté d’un turbopropulseur…

          3. @Marco
            Bon, hypothèse, l’avion a un réacteur en feu, le F 35 (par exemple), peut le mener à bon airport sur son dos?
            Autre hypothèse, un avion terroriste, combien de temps avant que l’ordre de feu soit donné par le CF? Et pour autant que le dit F35 ait décollé… 🙂

          4. Olivier Wilhem : bien sur que non que vous ne porterez pas un avion de ligne en détresse sur votre dos. D’ailleurs, en cas de moteur en feu, il y a des chances pour qu’il n’y aie guère besoin de police de l’air, il se dirigera vers l’aéroport le + proche ou au pire cherchera une portion de route/autoroute assez longue, voir un pré ou un lac. La police de l’air serait plutôt là pour, s’il entre en perdition au dessus d’une zone habitée, le faire exploser en l’air pour minimiser les dégâts au sol parce que 50 ou 100t de kérosène explosant au sol dans une zone habitée, vous soufflez tout un quartier, si c’est pulvérisé en l’air, ça fera de petits débris sur une grande surface…

            La plupart du temps, la police du ciel escortera des avions civils de tous types qui sont en panne de radio, ILS, systèmes de vol sans visibilité et les aidera à atterrir.
            Si vous devez rejoindre un liner à 12km d’altitude volant à 1000km/h, même le PC-21 aux caractéristiques proches d’un P-51 Mustang n’y arrivera pas

  2. Je suis persuadé de la nécessité d’un nouvel avion. J’ai par contre une grande méfiance dans toute l’informatique embarquée. Qu’est-ce qui nous garantit que ces avions ne peuvent pas êtres désactivés à distance par les forces armées du pays qui nous les vendra ?

    1. @François Wildi, Le gros problème vient surtout du F-35, qui atravers ALIS peut espionner les utilisateurs. Pour les autres appareils, il n’y pas de “Black box” dont pas de soucis.

      1. Faux : le F-35 ne peut décoller sans qu’ALIS ne se connecte aux serveurs Lockheed-Martin, il suffit donc que les US décident de bloquer l’accès où qu’un DDOS à grande échelle attaque les serveurs et le F-35 est cloué au sol. Et on peut très bien utiliser ses senseurs et radar pour pirater les téléphones, le wi-fi, etc… Sinon, tout ce qu’il “voit”, y compris dans l’IR, les communications, etc, est immédiatement relayé à la NSA…

  3. Il faut aussi tenir compte des aspects politiques. Dans quelle mesure voulons-nous nous rendre dépendants des Américains? Avec un avion européen, cette dépendance est moindre et nous pourrions même négocier avec le pays fournisseur un soutien dans le cadre de nos négociations avec l’UE.

    1. Absolument et ne pas perdre de vue que nous allons acheter un système sol-air qui doit fonctionner en binôme avec l’avion. De fait, nous pouvons choisir la mixité U.S./UE le tout UE ou le tout U.S.

      1. Il ne s’agit de dépendre d’un pays quelque soit le choix de l’avion, mais d’un partenariat qui nous permet de travailler tout en gardant notre indéepndance et notre souveraineté. Il y a là une différence.

      2. Vous savez, c’est plutôt le Rafale qui est dépendant de la Suisse : comment volerait-il sans ses réservoirs internes et externes faits par RuAG? Et ce ne sont pas les seules choses sous-traitées en Suisse par Dassault…
        Police et miitaires se servent quand même de Pilatus PC-21 (17, et certainement + à venir, il y a environ 100 Alphjet à remplacer) et PC-6, de pistolets SiG et, pour être franc, je serai Oerlikon, j’essayerai de voir s’il n’y aurait pas moyen de caser des systèmes comme Skyranger/Skyshield/MANTIS aux français, d’autant que la tourelle peut maintenant recevoir du laser de 50MW et peut être posée sans faire de trous sur un pont ou toit de bateau. Quand un navire de classe Mistral a rendu visite à Beyrouth, le capitaine flippait méchant, d’ayant rien pour contrer quelque attaque au missile anti-char, RPG ou mortier et, au Liban, les terroristes du Hezbollah sont même au gouvernement. Perso, pour toute frégate ou corvette, j’envisagerai un Skyshield avec une tourelle Revolver-gun Mk3 et une Laser-gun, tout comme il ne serait pas bête de voir s’il y aurait moyen de proposer un recasing des systèmes SADRAL, TETRAL et SIMBAD-RC dans une tourelle pour 2×9 ou 2×12 Mistral ManPADS au lieu de 2×1, 2×2 ou 2×3. La protection des navires, c’est bien du cost-cutting à la Chirac, le porte-avions, je mettrai au moins les 4 lanceurs d’un système Iron-Dome et les 6 tourelles d’un MANTIS avec une laser de chaque côté du navire.

        Si vous ne voulez pas être dépendant, rien ne vous interdit de construire des Rafale et tous leurs composants, y compris les moteurs sous licence, maintenant, sous 200 avions, une usine d’aviation n’est pas rentable du tout. à partir de 200 appareils, Dassault offre même le transfert de technologie complet sans payer 1ct de plus. C’est assez aisé d’au moins négocier les codes sources.
        Avec les US : no way, même pour du F-16. Les seuls à les recevoir, c’est Israël parce que Lockheed, c’est zéro niveau coding.

  4. @Guillaume, votre comparaison s’arrête là. Il est pas question d’adapter d’autres éléments au Rafale. Ceux que vous citer, comme le viseur
    de casque et la nacelle Sniper l’on été parce que le Qatar et’Inde ont payé pour celà. Notre pays ne financera aucune adaptation.
    Le Rafale est -il pertinent pour notre pays, oui. Mais l’est-il plus que le SuperHornet proposé par Boeing? Pas sûr, car nos pilotes comme les mécanos apprécient au plus au point l’avion américain. Le partenariat avec l’US Navy est très bon et continuera de l’être avec un prix plus intéressant. Et n’oublion pas les suédois, qui ont une carte a jouer. Bref, le choix est assez vaste et seul ceux qui ont accès aux offres pourront opter pour ce qu’il nous convient le mieux.

  5. la france n est pas fiable? la france a eu a acheter du materiel us et ils s en ont servii comme mode de pression contre nous. la france intervient contre le terrorisme et n utilise pas les materiels comme solution de pression sur les pays clients. regardez les actions de trump. combien de temps pensez vous que nos ingenieurs auront pour mettre au point par radar les f35 sachant qu ils voleront dans notre envirronnement? ce doit deja etre en cours. .. bref acheter du materiel us c est accepter de perdre une partie de sa souverainete. c est pour ceci que nous construisons la panoplie complete: sous marin nuceaie, porte avion, porte helicoptere, avions, fregattes, tank, missiles, radar …. peut de pays occidentaux sont capables de ceci, hors usa. et nous sommes voisins

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