Médaille “Genève Reconnaissante” après Michael Møller, Ivan Pictet, Jean-Louis Bottani, Kofi Annan et le Team Alinghi

Le 8 octobre 2018, je recevai l’une des plus belles distinctions de la Ville de Genève.

« Merci et bravo pour les victoires que vous avez remportées sur vous-mêmes, pour cette ouverture aux autres et cette envie de gagner en surmontant les difficultés, et surtout cette joie de vivre renouvelée que vous nous faites partager. C’est une magnifique leçon d’espoir et de courage, c’est une très belle leçon de vie que vous nous donnez » a déclaré le Maire de Genève Sami Kanaan en lui remettant la Médaille « Genève Reconnaissante », distinction remise pour la première fois en 1932. Après Michael Møller, Ivan Pictet, Jean-Louis Bottani, Kofi Annan et le Team Alinghi notamment, j’étais la 70ème personne à la recevoir. Rentrer dans l’histoire de Genève est une grande fierté. Je suis également la plus jeune récipiendaire et ce fût la première fois que cette distinction fût attribué pour l’engagement au « sport, à la santé et au handicap ».

C’est un honneur que nous obtenons ensemble, mon entourage, mon environnement et moi. C’est pour cette raison que nous célébrons notre chemin parcouru et notre soutien envers autrui. « Vous êtes là parce que vous participer à mes démarches. Parce que vous m’encourager ; vous y croyez. Merci de croire en moi », était la déclaration que je fis au début de mon allocution. J’associe cette distinction à ma famille, à mes proches et à tous ceux qui ont pris part à ma vie. La Médaille « Genève Reconnaissante » signifie également une reconnaissance de ma ville, Genève, celle à laquelle je tiens, celle que je remercie et pour laquelle j’aimerai continuer à œuvrer.

Jacques Jeannerat, ancien directeur de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Genève fis un hommage touchant à mon égard. Il n’inventa pas ses prétextes ; c’est la réalité. « Tout est possible est sa devise. Quand on ne la connaît pas, on pourrait penser qu’elle est en dehors de la réalité ou qu’elle a eu, au contraire, un vécu difficile. C’est évidement le deuxième cas. Et bien plus », a-t-il confié en mon hommange au Palais Eynard.

Je ne suis pas arrivée ici par hasard. Je suis une accidentée, une handicapée. Certains dirons que je suis une ressuscitée ou bien une miraculée. Certes, j’ai surtout la volonté, de travailler, comme une acharnée.

J’étais émue parce qu’à ce moment-là, je n’y aurai jamais cru. Les musiciens (violon et violoncelle), me témoignant de leur esprit marqué en jouant pour moi, me rappelèrent l’époque d’avant mon accident ; celle qui n’était pas si riche pour autant. Cependant, la jeune que j’étais, elle avait du talent, des compétitions gagnées jusqu’aux études menées avec facilité.

En 2008, à 17 ans, ayant tout perdu, mon entourage y a cependant toujours cru. Paralysée, j’ai réappris à bouger. Les facultés cognitives disparues, j’ai finalement eu bien plus que la matu (!) Les émotions contradictoires ne m’ont cependant pas toujours encouragé à y croire. La dépression est la plus terrible des situations. Les victoires ? Elles m’ont redonné espoir. Frôler la mort a finalement été le meilleur sort. J’ai failli mourir, c’est ce qui me pousse aujourd’hui à courir !

Derrière l’objectif qui est le plus vif ! Ma réalité olympique d’adolescente est toujours existante. Pour celle-ci, pour ma maman, j’ai mené ce projet comme une battante qui savait où elle allait. Et le plus fort duo, a été jusqu’aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro !

La publication de mon livre « Pas à pas » et le documentaire « Bucéphale » qui m’a été consacré n’auraient pas pu être réalisé sans être aidée. Le titre de Miss Handicap 2012 m’a été attribué pour faire avancer l’inclusion et l’égalité des personnes en situation de handicap et là, j’ai franchi un nouveau « cap », soit l’envie d’aider notre société. Et puis, la deuxième édition de mon autobiographie montre que je cherche toujours des nouveaux défis !

Cette année, nous avons lancé CvT Association Tout est Possible afin de montrer un sujet sensible. Nous allons accompagner des sportifs en situation de handicap du début de la compétition jusqu’au plus haut niveau. Franchement, qu’y a-t-il de plus beau ?

Finalement, représenter est lié à notre savoir. Aider est notre devoir. Contribuer à une cause, est la plus belle chose.

« Ose ! » C’est la voix que j’entendais à l’intérieur de moi pour changer d’activité. Je n’aime pas la facilité. Certes, ce qui m’a motivée est ma mission de continuer à inspirer. Mon objectif est le 100m et 200m sprint à Tokyo en 2020, ce qui ne sera certainement pas la fin !

L’on m’a dit, que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre. Visiblement, j’ai le don de vous surprendre. Vous vous demandez sûrement ce que je vais encore vous annoncer. Et bien, je vous invite à continuer de suivre mes activités. Ce n’est pas toujours compréhensible, mais tout est possible. Cette philosophie fait aujourd’hui partie de ma vie. Du fond du cœur, un immense merci !

La Ville de Genève nous confia au repas à la Ville la Grange pour continuer de célébrer la Reconnaissance avec mes invités de choix. Ce fût un remarquable jour qui sera à jamais gravé dans ma mémoire, l’un des plus beaux de ma vie.

Voir le Communiqué de presse.

Extrait de l’allocution de Celine van Till lors de la Cérémonie, citations de l’allocution de Monsieur Sami Kanaan et de l’hommage de Monsieur Jacques Jeannerat, ainsi que la brochure des récipiendaires depuis l’existence de la distinction.

Page internet de CvT Association Tout est Possible prochainement en ligne.

Photos: Ville de Genève, Magali Girardin

De la sprinteuse à l’handicapée… ou vice-versa !

Hop (schwiitz) ! Un livre se ferme. Un chapitre s’ouvre. Une histoire se créé. Mon départ du monde équestre est marqué par celui dans l’athlétisme. Aurais-je du succès ?

Quoi de mieux que l’intervention d’un spécialiste afin d’évoquer mon changement d’orientation ?

Il s’agit de de mettre une philosophie de vie en perspective… Ou plutôt l’état d’esprit qui démarque les sportifs d’élites… et handicapés… Une démarche visant à l’inclusion.

 

Pablo Cassina :

 

Je ne connaissais pas Celine avant notre rencontre à la présentation officielle de la prochaine course de

l’Escalade. Mon ami, le président de la course, Jean-Louis Bottani, venait me la présenter. Celine me raconte qu’elle a fait ses premières courses sur route… et sa conversion au sprint…

En discutant, je lui dis que je suis le créateur du meeting international d’athlétisme AtletiCAGenève.

Ses yeux brillent.

Je pense d’abord et logiquement que Celine est une jeune talent, qui visiblement m’aurait échappé… En fouillant rapidement dans ma mémoire, je ne retrouve pas de « Celine ». Possible ? Un peu perdu, je déduis de notre discussion que Celine est une athlète de haut niveau et…. qu’elle a un handicap !

“Ah, bon ?” Je la regarde de la tête aux pieds et je me sens obligé de lui demander … “Un handicap ? Quel handicap… ?”

Elle me donne quelques explications et je ne pouvais que lui dire, “on te fait courir à AtletiCAGenève!” A partir de ce moment, on est resté en contact afin de trouver une solution : allait-on organiser une course avec des concurrentes de sa catégorie ou l’inscrire dans une course du programme ? Je ne réalise pas encore que ce passage à l’athlétisme était un véritable changement dans le parcours de Celine.

Intrigué, je fais quelques recherches. Je découvre son histoire.

Comment faire pour qu’elle puisse au mieux profiter d’une course internationale ?

Celine me fait part d’une bonne nouvelle : elle participera à l’Open de Berlin à la fin du mois de juin. Le meeting de Genève ne pouvait plus être pris en considération…

Nous échangions beaucoup, à travers le sport, sur la perception du mouvement, l’entraînement, la motivation, l’ambition, les échecs, la réussite, les expériences…. et les difficultés aussi !

 

Alors qu’on rentrait ensemble d’Athletissima, Celine avançait marchait vers le parking d’un pas titubant. Je lui demande si le fait de rester assise plusieurs heures durant tout le meeting est une bonne chose pour elle ou si, au contraire, elle avait besoin de marcher.

« Marcher ! », fût la réponse, sans hésitation. “Même si c’est difficile ?” Elle a quelques spasmes et sa démarche n’est plus très sûre. “J’aime la difficulté ; je m’améliore quand c’est difficile et j’en ai besoin !”

Elle a tout dit. C’est une battante qui se nourrit de défis, affamée de vie, affamée d’épreuves et de sensations, affamée de perfection, se donnant toutes les chances pour aller plus loin et malgré les barrières et les limites, ne voulant perdre une seule seconde de ce que cette deuxième vie lui offre et lui permet, affamée de prouver que, depuis son accident il y a 10 ans, tout est possible !

 

Tout est possible”… Ce motto est nécessaire et pourtant, il n’est pas suffisant de le dire ! Ce serait trop facile.

Il faut se donner les moyens, soigner les détails, tous les détails.

Savoir prendre des décisions, accepter les échecs, changer beaucoup d’habitudes dans sa vie, répéter les mêmes gestes et mouvements, recommencer et encore recommencer, et recommencer, recommencer encore.

Tomber, souffrir, se relever, douter, reprendre, insister et repartir.

C’est ce cocktail qui fait la force et la personnalité des sportifs. On oublie les zones de confort !

Celine est à tel point motivée que sa vie s’adapte à elle et pas le contraire. C’est ce qui fait la différence et son succès.

Mais aussi la difficulté. Et on revient au fait que Celine l’aime et l’utilise comme tremplin de réussite ! C’est pour cette raison qu’elle ne s’arrête pas devant les obstacles de la vie.

 

Durant le récent meeting de Berlin, elle doit changer ses plans. Elle oublie le 400m ; elle doit se mesurer sur 100m et 200m. Là, comme ça, sur place.

Elle réalise des performances encourageantes, carrément bonnes (100m) ! Mais elle doit connaître une chute, devant la ligne d’arrivée du 200m. Celine disputera tout de même la finale peu de temps après. En avant !!

Le sport, c’est le moteur de sa vie. Une énergie qu’elle doit encore apprendre à maîtriser car c’est une source de développement continu qui nécessite les « bons dosages ». Aller su delà des limites, c’est bien ; savoir s’arrêter à temps sans abuser de ses forces, c’est mieux. Une carrière sportive est longue et le corps est plus fragile que le mental. Dans cette délicate péréquation, aussi avec un entourage de choix, son entraîneur Kenny Guex et une maman en or, Celine fait des pas de géant et elle brûle les étapes comme les sportifs aiment le faire, en déjouant tous les pronostics.

 

Beaucoup de chemin reste à faire (pardon, à courir !) La vie est une découverte. C’est à elle de savoir modérer ce « slogan ». Les buts et les moyens de les atteindre sont les uns (moyens) les instruments de l’autre (buts), et pas l’inverse.

 

A VOS MARQUES …

PRÊT !?

TOUT EST POSSIBLE !

 

World Para-Athletics

Plusport  – sport handicap suisse

Adieux au milieu de la ville

L’équitation, c’est fin d’une histoire de 20 ans. D’un accident. D’une résurrection. D’un rêve qui s’est réalisé. Aujourd’hui, c’est du passé.

 

Les adieux à la compétition est un instant marquant à jamais une vie d’un athlète. C’est le fruit de l’intégration au Cadre National junior et des retrouvailles du plus haut niveau après un événement tragique. J’ai dit « Au revoir » à la compétition équestre.

 

Il a failli me coûter la vie. Il m’aura peut-être laissé incapable de bouger et de parler. Pourtant, l’amour qui nous lie dépasse la peur et la colère. Le cheval est mon meilleur ami : je peux lui donner des friandises, le gâter, lui donner des friandises, des bisous, lui raconter mes secrets. Bref, lui faire confiance… C’est lui, en partie, grâce à qui je suis revenue à la vie ! Il a également été un excellent médecin, comme je le raconte dans mon livre Pas à pas (éditions Slatkine). Peut-être même le meilleur ?

 

C’est avec lui que j’ai relevé de nombreux défis !

 

La dépression… Un état où l’on est impuissant. Où nos proches le sont tout autant. Lui, le cheval, influence positivement l’état du malade par ses dons. Oui, des dons de rendre meilleur grâce à sa sensibilité. Je suis souvent avec lui, dans les écuries. Nous partageons un moment intime en toute complicité. La compréhension entre ce grand être puissant et son cavalier détermine jusqu’où ils sont capables d’aller…

 

Lafontaine était mon meilleur médecin : il était mon partenaire d’avant et il m’a remis le bassin en mouvement… Il m’a aidé également à me développer mentalement. Avec Tin Tin, j’ai développé ma motricité fine. Compétitrice dans l’âme, j’ai terminé 4ème à mes premiers Jeux Equestres Mondiaux en 2010.

Le divorce de mes parents, me contraignant à lâcher la jument m’a éloigné de la compétition internationale un moment… Toutefois, grâce à la foi, je n’ai rien lâché et des solutions furent trouvées ! Tin Tin resta avec moi… Dès que la situation s’améliora, Amanta arriva. Elle m’accompagnera, sans le savoir à ce moment-là, au plus haut niveau. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau ?

Fidèle l’une à l’autre, nous allions de plus bel d’une compétition à l’autre. Les liens se renforçaient et nos performances s’amélioraient. Vivre les Jeux Paralympiques était épique, étant donné qu’il y a quelques années, c’était complètement inespéré… Certes, aujourd’hui, la compétition est terminée.

 

Comment abandonner mon Amanta adorée ?

 

Je t’aime.

Ces trois mots pour t’exprimer que tu seras toujours dans on cœur. Je ne t’abandonne pas. Continuant à te monter pour le plaisir, sans pression de la compétition, nous allons profiter des moments qu’il nous reste à partager.

 

Tu as transformé ma vie et tu m’as permis d’évoluer. Nous avons atteint le plus haut niveau et nous avons concouru aux JO. Nous avons évolué au Concours Hippique à Palexpo. Finir au centre-ville de Genève, il n’y a rien de plus beau !

 

Je me suis engagée à te garder. Je trouverai les solutions qui englobera peut-être plusieurs actions… J’aimerai, que tu sois toujours la plus gaie ! Le plus important, c’est l’amour qui nous lie et qui nous unit. Celui-ci, c’est pour la vie !

Photo titre: Franck Chaussivert

C’est la saison des marathons… Une solution contre l’usure et les blessures

Comme on le dit souvent, la vie continue… Nous pouvons la laisser défiler et ne pas réellement en profiter ou la décorer et avancer. Optant pour la deuxième variante, bien plus intéressante, le chemin ne sera pas sans aléas, une fin n’existant pas.  Certes, handicapée, afin d’inspirer, ma vie est remplie de défis ! Pour moi, le sprint est certainement le plus grand et le plus important. J’avance en organisant ma vie et en construisant mon environnement autour de ce nouveau défi. Compétitrice, j’aimerai aller plus loin jusqu’à un certain point, mettant des objectifs visant à entrer en lice.

Pour beaucoup d’entre nous, la course à pied en est un. Certains souhaitent courir leur premier marathon ; d’autres, retrouver les stades les plus célèbres. Augmentant l’intensité des entraînements, nos os et articulations subissent plus d’usure donc également des petites cassures. Compétitrice dans l’âme, il a fallu gérer mon désir de constamment me dépasser. Est-il alors possible de progresser ? Oui, en étant bien encadrée, ce qui me permet de négocier avec ma santé…

Je reprends où j’en était restée à l’hôpital dix ans plus tôt… C’est mon deuxième « chez moi » car j’y ai vécu six mois.  Bien que je n’y sois pas patiente, cette fois, j’y vais afin de renforcer mes jambes. Le tapis de course sans gravité, l’Alter G, me permet d’évoluer, de me préparer et même m’envoler…

Là où j’ai réappris, avant et maintenant

Le physio m’accueilli avec vie. L’autre s’approcha et lui dit qu’il lui piqua ses patients ! C’était avec lui que j’avais tout réappris… Mais ici, déjà en tenue de sport, l’on me jeta un sort : il voulut que je mette un « tutu ». Non pas pour danser, mais je le rappelle, c’est pour marcher sans gravité. Cependant, je n’étais pas pour autant un astronaute…

Mes jambes se trouvaient enfermées dans une sorte de « ballon d’air ». Après que la machine m’ait soulevé afin de me peser, la pression augmenta jusqu’à ce que je ne pessais plus que 20% de mon poids ! Puis, je perdis la sensibilité de mes jambes… Même si je ne parvins pas à les contrôler, je les observais bouger… sans tomber… Le corps est en mouvement même si les connexions ne se font pas automatiquement (entre le corps et l’esprit). Attachée et légère, la sécurité était assurée et la magie fût ressentie. Je cours plus ou moins vite, parfois avec de la pente. Remettant de la charge progressivement, l’envie de me dépasser revient naturellement…

Une alternative pour décoller et marcher sur la lune

Après la blessure, pour retourner à l’activité, l’hôpital ne m’a donc pas fait du mal. Ce tapis était donc un tremplin pour aller plus loin. Pour moi, c’est aussi un jouet afin de se « défouler » sans s’abîmer. Aujourd’hui, j’ai trouvé un défi : j’effectue des intervalles dessus. Cinq fois trois ou deux fois huit minutes à 17km/h… La prochaine fois, ce sera encore plus vite avant de courir sur piste, es jambes s’habituant lentement au tartan. Néanmoins, mon corps est épargné (moins de charge) et mon esprit est soulagé (moins de risques). Comme mentionné, je suis bientôt prête à m’envoler… Pour Berlin à la fin du mois de juin ! Je vais fouler la piste des Championnats d’Europe qui auront lieu quelques mois plus tard… Revenons à la réalité : c’est l’opportunité de me faire classifier (répartir dans une catégorie de handicap)…

Harmony Genève Marathon for Unicef : capable ou incapable ?

 

L’organisation est parfaite. L’événement est magnifique. Le parcours traverse la charmante campagne genevoise et se termine au centre-ville. Le cadre est magique. C’est une grande fête, malgré sa grande taille, où y règne les valeurs sportives et familiales. La course accueille également le semi en fauteuil roulant : un pas de plus franchi vers l’inclusion. Néanmoins, de plus en plus de coureurs sont d’un autre avis…

Nombreux sont ceux qui râlent des tarifs excessifs. Trop cher. Trop de ci ou trop de ça.  Cette course, est-elle ressentie comme « un must », l’événement sportif de l’année avant l’été ? Cependant, on trouve une différence du taux de participation entre les niveaux.

 

Courir « à la maison » : oui ou non ?

 

Pourquoi un athlète comme Tadesse Abraham préfère-t-il courir à Meinier (« Courir pour aider ») une semaine plus tard ? Pour son histoire avec sa bien-aimée, pour aider, pour contribuer à la cause qui lui tient tant à cœur.

Comme lui, il manque passablement de coureurs élites sur le semi et le marathon de Genève, bien qu’ils soient nombreux à être domiciliés dans le Canton… Julien Lyon, un autre coureur professionnel en Suisse, s’exprime sur Léman Bleu  (8 :07).

Des sportifs comme eux, représentant la région, peuvent venir sur invitation. Toutefois, les primes de départ sont supprimées et donc les gains minimisés. C’est un choix des organisateurs. Etant une grande organisation, ils n’aimeraient pourtant pas cibler tous les champs d’action. Or, c’est un marathon…

Comment les athlètes peuvent-ils alors en devenir des adeptes ? Ils doivent en gagner leur vie et donc en tirer profit. Ils montrent l’exemple et sont ainsi des ambassadeurs, tant pour la manifestation que pour la population. A Genève, en plus de l’environnement idyllique, la forte participation et la démarche vers l’intégration, cela serait certainement un atout supplémentaire, tant pour le public que les athlètes, d’y retrouver plus de coureurs d’exception. Ne l’oublions pas : ils sont « nos » grands champions. Et pourquoi pas les courses élites en para (les champions paralympiques étant suisses) ?

Pour ces derniers, la fête commence « à la maison » ! Y être respecté, y gagner et y être entouré par leurs nombreux supporters, rendrait cet instant d’autant plus magique et les pousserait vers davantage de réussite. Pour l’organisation (du comité de bénévoles à l’activité rémmunérée en entreprise) ce ne serait pas un « puits funèbre », mais serait-ce une manière de rendre le Genève Marathon plus célèbre ?

 

Du passé au futur

 

Lors de la conférence de presse, la participation japonaise a été mise en avant, tout comme le semi-marathon en fauteuil roulant, ainsi que la course avec les enfants polyhandicapés en joëlettes.

On voit une belle avancée vers la diversité avec plus de 40 nationalités et l’intégration de « toute » la population. Il avait été mentionné le désir d’augmenter la participation des athlètes d’élite de la région… L’organisation se projette d’inclure toutes les personnes encore muettes. Cependant, leur choix initial est encore vivant, leur politique étant, comme de nombreuses plus petites courses, de privilégier la convivialité et l’accessibilité. Ce sont les atouts d’une course populaire, même si celle-ci prend plus d’ampleur… Vont-ils ainsi se développer ?

La bonne nouvelle est d’avoir des opportunités ; il ne reste plus qu’à avoir de la volonté dans les prochaines années. Le Harmony Genève Marathon for Unicef, une entité qui ne cessera d’avoir de possibilités de s’améliorer… #toutestpossible

 

Photos : OBRENOVITCH/MOUV-UP.COM

Des similitudes effrayantes entre le sport et la politique

Ayant récemment animée une conférence pour Vincent Subilia (PLR) qui a été élu député suppléant au Grand Conseil dimanche dernier, je ne fais pas pour autant de la politique. Certes, l’on en trouve dans tous les domaines. Le sport, même s’il contribue à l’équilibre vital, n’y échappe pas.

 

Les similitudes des deux milieux créent leurs différences

 

Engagement, persuasion, passion et conviction sont des valeurs communes. Ainsi, l’état d’esprit joue un rôle majeur dans les deux activités. Le politicien doit défendre ses propos et convaincre le peuple, tandis que l’athlète doit travailler dur pour sa propre performance, pouvant ressentir une sorte de pression politique. Ainsi, l’on pourrait penser que l’un est un beau-parleur et l’autre un égoïste… Comprenant tous deux des opportunités, des barrières et des contradictions, il s’agit surtout de la capacité à relever des défis dans un domaine comme dans l’autre.

 

La politique vulgarisée

 

En politique, des idées sont exposées au profit d’une collectivité et on se bat pour qu’elles soient réalisées. L’on pourrait croire qu’il s’agisse de les évoquer et de les défendre, de beaucoup de « bla bla », comme on le dit. Certes, l’on ne peut se passer des actions menées avec conviction : la mise en place des règles dans la société implique la nécessité de les revoir et de les adapter à son environnement. Il s’agit de défendre des opinions en faveur de la société qui seront exécutées.

Plusieurs pensées seront comprises grâce à la représentation des divers Partis politiques, menant à tenter d’atteindre un certain équilibre. Certes, l’équilibre parfait n’existe pas : ceci mènerait à l’unanimité des voix et la politique n’aurait pas de sens. Dans toutes les situations, certains sont contents, d’autres moins.

 

Le sport ne fait pas exception à la règle

 

Dès la simple pratique d’une activité sportive, le cadre légal est important. Des règles sont mises en place dès le début : pour entrer dans une piscine publique, aller sur un terrain de foot, faire un « jeu »… Sans pour autant oublier la compétition. Comme son nom l’indique, il y a un vainqueur et un perdant : dès ce moment, des règles existent et sont défendues pour « réglementer la performance », comme les règles de jeu et d’anti-dopage.

Bien-sûr, les discours similaires au « bla bla » politique existent dans l’environnement des sportifs : cela va des simples briefings pendant un camp d’entraînement ou avant le départ d’une compétition aux commissions du CIO, les Jeux étant le plus grand événement sportif sur notre planète. Dans les premiers cas, les réunions peuvent s’avérer utiles pour autant qu’ils soient à vocation éducative. D’une certaine manière, là aussi, il n’est pas possible de contenter tout le monde, même au sein d’un Club ou d’une manifestation régionale. Ainsi, une phase de négociation aura lieu. N’est-ce pas identique à la politique de la société ?

 

Où a passé la justice ?

 

On peut aller plus loin. Prenons deux exemples du haut niveau, surprenants, mais réels.

 

Si le potentiel de deux athlètes est identique, mais qu’un seul ne pourra aller aux Jeux Olympiques, lequel sélectionner ? Tant pour les autorités que pour les affaires (s’il y a des sponsors, il y a de l’argent), n’est-il pas plus intéressant d’envoyer l’athlète qui engendre le plus de bruit ?

 

Concernant les disciplines jugées et notées subjectivement comme le dressage équestre ou la natation synchronisée, l’affection des juges n’a-t-elle aucune influence ? Qui dit subjectif, dit avoir un avis. Même en voulant en faire abstraction, l’être humain ne peut (malheureusement) pas le nier.

 

Bien souvent, l’on ne pense pas à cette dimension dans le monde sportif. Evidemment, l’on n’aimerait pas croire à cette dure réalité…  Certains peuvent même penser que c’est faux. Certes, étant sportive d’élite, j’en ai fait l’expérience. Cela a des conséquences…

 

Pourquoi les athlètes doivent être reconnus

 

La politique sportive a directement des répercussions sur la vie d’un athlète. Certes, l’on ne peut négliger son environnement : il devrait permettre à ce dernier d’optimiser sa performance. C’est un équilibre parfois difficile à trouver, la politique et les affaires étant d’importance majeure, les athlètes doivent aujourd’hui se préoccuper de leur image également. Tout en ramenant du chiffre d’affaires aux sponsors, indirectement bien-sûr, ils doivent être de plus en plus performants et travailler davantage… La pression élevée exercée sur eux, dans certains cas, peut même être au détriment d’un bon entraînement et mener à un cercle vicieux (le surentraînement). Ainsi, il est judicieux de s’appuyer sur son entourage où le soutien d’autrui a toute son importance.

Bref, avoir une bonne réputation apporte plus de possibilités. Malgré qu’on l’ignore souvent, la gestion de carrière est importante, sans négliger le dévouement nécessaire à la performance.

 

Comment faire ?

 

La performance sportive ne dépend pas directement de la politique ; elle est réalisée non exclusivement grâce aux entraînements, sa santé et son bien-être, mais aussi de ses sponsors et donc de son image et sa réputation, le sportif doit être à la recherche constante de la perfection dans tous les domaines. Pour réussir, il doit toujours « être à fond », être orienté vers le succès, être déterminé et persévérer. Leur état d’esprit qui reflète leur engagement propage une énergie contagieuse : c’est une des raisons pour lesquelles ils méritent d’être soutenus. Ces modèles pour notre société, mettent en avant des causes différentes et des solutions, tels que pour certaines affections sur la santé ou le bien-être, ainsi que son rôle important dans l’éducation.

 

Des valeurs communes

 

Le sport et la politique ont tous deux un impact important : l’un régit la société et l’autre en est l’exemple, de l’association sportive à l’Eurofoot. L’athlète d’élite a pour mission d’inspirer la population et de montrer l’exemple. Ils sont de grande importance pour les générations futures et, malgré la globalisation, le sport harmonisera leur développement (la force vient du corps humain et pas des machines, ce qui ne changera jamais, même si les conditions sont optimisées).

Les politiciens, eux, doivent représenter la société et défendre ses valeurs en faveur des individus qui la constituent. Afin de les représenter, ces derniers sont invités à s’exprimer.

L’esprit commun réside dans les motivations que l’on retrouve en eux : être engagé dans la poursuite d’objectifs avec la volonté d’évoluer et d’être prêt à se dépasser. Les uns ayant besoin des autres, la fidélité est demandée. Tous doivent être entourés et tous peuvent participer, d’où l’important est de voter pour vous aider et de vivre le sport afin de dynamiser notre société.

Photo titre : conférence Vincent Subilia

Sport et handicap, est-ce un tabou ou une opportunité?

Théo Gmür décroche le triplé paralympique en ski de descente à PyeongChang. Il a été grandiosement accueilli à Zürich et à l’aéroport de Sion le 22 mars dernier. Ses performances ont-elles été valorisées comme il se doit ? Le para, est-ce démodé ou apporte-t-il un nouveau regard sur notre société ?

« J’ai été 13ème aux Jeux Paralympiques à Rio », dis-je. « Dommage que vous n’avez pas gagné… », est souvent la réponse. Il reflète celui de notre société qui nous pousse constamment à la perfection. Au contraire, le moindre défaut doit être caché. La difficulté est niée. J’entends souvent « En paralympique, c’est déjà pas mal ». Cela montre la perception reductive de la société sur le handicap. Mériterait ainsi cet article d’être lu ? Savez-vous de quoi on parle ?

Euh… avec un ton incertain… Des Jeux Paralympiques…

Ce post facebook d’un proche m’a motivé d’évoquer une réalité… Ainsi, il s’agit de ma perception dans l’environnement qui m’entoure.

 Le chemin est encore long

Les Paralympiques, sont-ils vraiment loin du compte ? Les enjeux logistiques sont souvent un bon prétexte pour y prêter peu d’attention : ils ont lieu pendant la rentrée. En plus, il y a trop de catégories pour une épreuve. L’on s’y perd… Certes, notre société se veut de plus en plus inclusive. Des progrès de la perception du handicap sont faits. Les questions d’accessibilité et d’intégration préoccupent la population.  Malgré que « para » signifie « annexe » comme l’indique son origine latine, les Jeux Paralympiques sont sont encore trop dans l’ombre… Mais ils sont, en théorie, reconnus à part entière. Rappelons qu’il s’agit du deuxième plus grand événement sportif sur notre planète…

 Intérêt grandissant à chaque édition

Avant mon accident (2008), j’avais vu ma future discipline à la télévision néerlandaise lors des Jeux d’Athènes en 2004, alors que je n’en avais jamais entendu parler en Suisse… Je savais alors que le dressage para-équestre existait.

Jusqu’au Jeux de Londres en 2012, la médiatisation du paralympisme était quasiment muette. Lors de cette édition des Jeux, elle fait un bond en avant, notamment grâce à la culture anglo-saxonne très ouverte au handicap. Bien que largement diffusé en direct, l’audience des « JP » reste bien inférieure à celle des JO. En Suisse, les chaînes locales offrent une couverture plus ample, bien qu’elles restent toujours dans une politique locale…

A Rio en 2016,  les JP ont plus largement médiatisés. L’on veut qu’ils soient reconnu par le grand public… Les médias influencent les performances attendues. Le niveau grimpe. En équitation, l’on pouvait encore emprunter un cheval sur place quelques année plus tôt. A présent, le budget d’un cavalier handicapé s’approche de l’élite… On ne peut plus dire « que l’essentiel est de participer ». Tant en handisport qu’en sport valide, les athlètes sont à un très haut niveau. Je l’ai expérimenté avant mon depart à Rio, lors de mes premiers Jeux: c’était la course médiatique. Mon professeur de marketing disait alors que « j’étais une bonne cliente aux médias »… 

Nous avons des histoires à raconter

Des histoires dingues qui forcent le respect… Dans le futur, ils inspireront notre société.  La RTS a montré un reportage qui explique l’intérêt croissant du handicap aux Jeux de PyeongChang 2018. Sur le plan international, ce fût des « Jeux record », comme mentionné dans un article dans le Temps. D’autant plus qu’un grand nombre de billets ont été vendus (180’ sur 220’00 disponibles), ce qui atteste d’un intérêt géneral croissant.

En Suisse, la délégation reste modeste : ils étaient 13 athlètes pour trois médailles, ce qui reste limités face aux JO. L’on dit, égoïstement, que cela expliquerait en partie le comportement « muet » des medias… Certesm pendant les Jeux, SRF 2 montrera certaines épreuves de ski alpin en direct pour la première fois. En revenche, la RTS proposa quotidiennement un résumé de chaque journée en images, uniquement sur son site web… Soudainement, le triplé de Théo Gmür a captivé l’attention par ses performances extraordinaires ! En plus, handicapé, c’est d’autant plus impressionnant.

L’on ne peut pas précipiter les choses ! Tout changement, plus particulièrement un tel développement touchant la planète dans sa globalité demande du temps. Des grandes barrières ont été franchies. D’autres le seront. Peut-on envisager un futur allant dans ce sens ?

Sport et handicap, une opportunité

Le sport a le pouvoir de changer le monde et notre future. On retrouve le fait de « s’accepter l’un l’autre » et « d’unifier la diversité » dans la vision des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo en 2020. A Paris, en 2024, ils veulent des Jeux avec de la passion, des Jeux pour tous et où le partage est un style de vie. Plus proche de chez nous, la candidature de Sion 2026 défend la pratique du sport pour tous. Les prochaines éditions sont  favorables au développement du mouvement paralympique.

Finalement, nous vivons dans un monde de plus en plus industrialisé et matérialisé. Grâce au handicap, l’on revient à l’essentiel, à l’humain, et l’on véhicule un véritable message d’espoir. N’est-ce pas de ça que notre société a besoin ?

Photo principale: Michael Fund / Swiss Paralympic.

Webographie :

https://www.lexpress.fr/actualite/sport/football/pourquoi-les-jeux-paralympiques-ne-passionnent-pas_1154678.html

https://www.tdg.ch/sports/actu/chaine-tv-diffusera-direct-epreuves/story/29712776

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1158180-jeux-paralympiques-une-opportunite-pour-les-handicapes-du-moins-en-theorie.html

http://www.lemonde.fr/jeux-olympiques/article/2014/03/07/smetanine-la-mediatisation-des-paralympiques-sera-exceptionnelle_4379536_1616891.html

https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Actualites/Des-jeux-paralympiques-toujours-plus-mediatises/724863

http://www.cafebabel.fr/style-de-vie/article/jeux-paralympiques-de-rio-2016-le-handicap-de-vision.html

https://www.letemps.ch/sport/pyeongchang-jeux-paralympiques-record

https://sion2026.ch/fr_CH

http://paris2024.org/en/vision

https://tokyo2020.org/en/games/vision/

Le sport défie mon handicap

Plusieurs grands succès ont été réalisés récemment sur la piste d’athlétisme aux couleurs suisses. Regardant les courses, cela m’a donné envie d’écrire ce qu’implique cette activité physique. Etant handicapée, ce n’est pas donné.

Je galope autrement

J’ai réappris à courir pour «décrocher la lune», plus de huit ans après mon accident. Comme nous le disons à l’Escalade à Genève, «je suis très vite tombée dans la marmite» ! Tout changement comprend des surprises. Quand elles surviennent, positives ou négatives, il est impossible de passer à côté. Quels sont les impacts de la course à pied sur ma santé ? Quels sont les conséquences de la charge physique sur mon handicap ? Ma motivation sans failles peut avoir une double facette…

Je réappris à coordonner mes bras et jambes (j’étais partiellement tétraplégique). Mais ce n’était pas tout ! Je cours avec un guide, ne voyant que la moitié et double. Pour aller de zéro à vingt kilomètres en un an, passant par des mois d’entraînement, après avoir exagéré sans en avoir la moindre idée, il a fallu accepter la cassure physique et mes tibias se sont décomposés en mosaïques. Certes, je n’y voyais aucune limite.

Les mois passant, j’ai constitué mon équipe médicale et d’entraînement. Certes, le mystère persistait : mes jambes ne se consolidaient pas comme il le fallait. Comment pouvais-je rendre mon corps apte à ces nouvelles contraintes ?

Après avoir essayé plusieurs options, je trouvais des solutions : je devais apprendre d’autres techniques, mieux assimiler chaque mouvement, travailler l’équilibre afin de gaarder la sensibilité dans mes jambes… En un an, handicapée, partiellement tétraplégique et malvoyante, je cours les 20km de Genève et en devient la marraine !

Tout est possible

Mon corps résistait à l’enchaînement des courses de 5km, 10km et 20km. Annonçant ma conversion à l’athlétisme,  j’appris quels seraient mes prochains défis ! Quelle discipline ai-je alors choisie ? Etant empreignée de l’esprit olympique, je souhaite performer sur une discipline représentée au programme paralympique. Dans ma catégorie de handicap, le choix est limité : je dois faire du sprint ! Les courses de fond (semi-marathon et marathon) ne sont donc plus une option (je pourrai encore en faire plus tard).

Je passais de 90 à 110 kilomètres parcourus par mois à quatre entraînements de 2h par semaine, et de l’herbe et la route au tartan de la piste d’athlétisme !  Pourtant, malgré le ressenti confortable, c’est l’un des terrains les plus « agressifs ». Fragilisées initialement, mes jambes ne tiendraient pas en place lors d’un changement aussi conséquent. Mon médecin m’avait prévenu que je devrai peut- être traverser les mêmes difficultés encore une fois. J’ai malgré tout opté pour ce choix. Il faudra vivre des hauts et des bas, mon corps devant se fortifier avant de pouvoir gagner. Aimant les défis, la difficulté, je ne vais pas abandonner ! C’était comme me retrouver sérieusement handicapée ce qui devient plus tard « ma » plus grande opportunité.

L’Olympisme toujours présent malgré mon handicap

A 13 ans, je voulais aller aux Jeux Olympiques. Malgré le drame de 2008, j’y ai tenu!

Une passion est née quand j’avais 6 ans: celle du cheval. Pour une raison thérapeutique au départ. Sans savoir que j’allais rejoindre le haut niveau quelques années plus tard. 

J’ai souhaité allier ma passion à ma volonté de réussir. Les autres jeunes filles de mon âge se moquaient de moi.

Chaque année, je montais d’un niveau. Jusqu’à atteindre l’équipe suisse junior de dressage à 15 ans. Je visais les Championnats d’Europe…

Une ambition obscure

Juin 2008, ce maudit mois où j’ai eu mon accident. La chute qui bouleversa ma vie à jamais. J’ai hurlé, j’ai frappé.

Lourdement handicapée… Je ne pouvais que ramper, seulement dire quelques mots.

Au bout d’un mois de coma, il serait trop facile de se lever comme tous les matins. Le réveil ne sonna pas… Deux mois a-t-il fallu jusqu’à pouvoir raisonner normalement.

Ma carrière sportive était alors inespérée. L’espoir de la vie était là… Mais l’on n’était sûr de rien… Il m’a fallut réapprendre chaque geste. Etre têtue parfois et ne pas écouter les médecins. Regagner mon autonomie et une indépendance quasi-totale.

Aujourd’hui, cela ne fait que neuf ans que je suis sortie du coma. 

Cérébrolésée, j’ai réappris à vivre. A parler. A marcher. A monter à cheval. Et aujourd’hui, à courir.

Croire en ce que l’on n’oublie jamais

Parfois, on pense que j’ai trop bu! Il m’est arrivé de zigzaguer, tomber par-dessus le trottoir, cogner contre un poteau et rentrer dans des personnes. Elles se sont énervées. 

J’étais libre sur le dos du cheval. Etant obstinée par l’effort, je suis retournée à la compétition. La jalousie des «valides» n’avait pas disparue. J’étais plus forte. Dès lors, je voulais inspirer. Gagner. Avancer. Me dépasser.

J’ai obtenu du respect et des excellents résultats. En national puis très rapidement en international, en para. Je me suis alors rendue  aux Etats-Unis pour mes premiers Mondiaux (j’ai terminé 4e en 2010).

J’avais un rêve…

Lorsque ma deuxième chute est survenue, mes parents ont divorcé. Je me suis retrouvée handicapée, sans formation ni travail.

Mais j’ai décidé de me battre et reprendre, encore une fois, les plus grands championnats. Cette fois, c’était bon. Européens, Mondiaux, il ne manquait plus qu’à ajouter les Jeux à mon palmarès. C’était incertain.

Le chemin allait être long. Conviction et détermination étaient les clefs qui m’ont emmené jusqu’à Rio! Mes premiers JO!

Tokyo 2020, une interrogation?

La destination ne me plaît pas forcément; le voyage inspire. Naviguer sur ma vague de succès serait quasiment égoïste: j’avais des résultats excellents, un livre, un film… Quoi de plus? La médaille peut-être. Fallait-il alors continuer et garder d’autres passions éteintes?

Je ressentais le besoin d’avoir d’autres défis. De réussir ce qui m’échappais le plus. Courir.

Pour inspirer, encourager, impacter les vies.  Mais c’est aussi prendre le risque de ne plus jamais revenir. Est-ce de la folie? Certainement. Qui ne se lance pas dans l’aventure, ne peut espérer des résultats différents. C’est tenter le retour à zéro!  

J’ai changé et choisis les opposés, l’élégance équestre et l’explosivité d’athlétisme.

Risque pris. Défi à relever! Je mettrai tout en oeuvre afin d’y arriver.