A ma fidèle amie

Toi…

 Toi…

 Amanta

 

…que j’aime tant

Qui fait partie de ma vie

Depuis maintenant sept ans

Et qui m’a permis

D’aller de l’avant.

 

Un beau jour, tu es arrivée

Pour nous emmener, à travers les prés

Aux compétitions

Avec détermination.

 

Et nous avons participé

A de nombreuses manifestations

Parfois nous avons gagné

Parfois nous nous sommes classées.

 

Nous avons rebondi, en 2016

Comme avec un trapèze

Au brésil, pays où nous avons

Synonyme de tous les dons

Participé aux Jeux Paralympiques

N’est-ce pas fantastique !

 

Toi…

 Toi…

 Amanta

 

…que j’aime tant

Qui fait partie de ma vie

Depuis maintenant sept ans

Et qui m’a permis

D’aller de l’avant.

 

Handicapée, tu as été

Plus qu’une thérapie

Une vraie amie

Au paradis

 

Tu m’as aidé

À maintenir mes capacités

Tu as été, un des meilleurs piliers

Dans ma rééducation qui n’est pourtant

Jamais terminée.

 

Personnellement, je me suis développée

A tes côtés, car je t’aime tant

Ce qui nous unit

Plus que les victoires, c’est la vie.

 

Toi…

 Toi…

 Amanta

 

…que j’aime tant

Qui fait partie de ma vie

Depuis maintenant sept ans

Et qui m’a permis

D’aller de l’avant.

 

En 2018, après l’accident de maman

Tu l’as aidé, à remonter

Et moi, j’ai osé, changer

Je me suis reconvertie

J’ai fait un choix de vie

Dans l’athlétisme, avec dynamisme

 

Sans jamais t’oublier

Mon cœur est désormais gravé

Je me suis toujours assurée

Que tu sois bien traitée.

 

Tu m’as tant donné.

Pas seulement dans le passé

C’est toujours d’actualité

Tu vas terriblement me manquer.

 

Écrire ces mots était extrêmement émouvant. Voulant écrire un article, ma plume en a décidé autrement. Momentanément, c’est le mieux que je puisse faire pour te rendre hommage, toi qui a été le cheval de ma vie.

Je t’ai lu cette lettre en ne versant pas qu’une larme, mais un océan. Je viendrai te visiter prochainement.

 

Amanta, je t’aime.

 

Photo: Jean-Pierre Isabella

Le handicap ? Mais quel handicap ?

Que signifie le handicap ? Pour la première fois, j’ai osé rechercher sa définition dans le dictionnaire. Découvrons là ensemble dans l’un de plus célèbres, le Larousse.

Et là, c’est une déception !

Ce terme est expliqué de plusieurs manières :

Ambassadrice pour les personnes en situation de handicap, je tiens à défendre « nos » intérêts dans tous les domaines et à sensibiliser le plus de personnes possibles à la « différence ». Par aucune des explications (six sont mentionnées ci-dessus), aucune ne définit, pour moi, le handicap de manière appropriée.

La brève explication sous la forme que je l’entends – les personnes en situation de handicap – ne me convient pas.

On parle de désavantage, de déficience, et même d’infériorité. Comment peut-on connoter différemment les « personnes handicapées » ? Cela signifie-t-il qu’elles sont diminuées ? Est-ce que ce sont les justes termes pour les qualifier ? Bien entendu que non. Or, dès notre plus jeune âge, nous les apprenons. C’est le début du défi de la sensibilisation et de l’inclusion !

Le terme « personnes en situation de handicap » a-t-il été créé afin d’y remédier ? J’entends que l’on parle de personnes vivant avec une difficulté. Cependant, ce terme reste inchangé dans de nombreux horizons et peu utilisé.

A Genève, la Loi sur l’intégration des personnes handicapées propose la définition suivante :

Art. 2 Définition

Au sens de la présente loi, on entend par personne handicapée toute personne dans l’incapacité d’assumer par elle-même tout ou partie des nécessités d’une vie individuelle ou sociale normale, du fait d’une déficience, congénitale ou non, de ses capacités physiques, mentales, psychiques ou sensorielles.

Ces lignes donnent plus d’explications. Cependant, qu’entend-on par « assumer par elle-même » ? Avoir l’aide d’une canne ou d’un déambulateur signifie-t-il qu’on n’est pas indépendant ? Que signifie une vie « normale » ? Doit-on le comparer à la manière de faire de la majorité de personnes ? C’est encore un sujet tabou qu’il est nécessaire d’affronter si l’on veut, un jour, contribuer à l’égalité de notre société. La différence doit encore mieux être intégrée en therme d’égalité, d’inclusion et surtout d’acceptation de la population (le vivre-ensemble).

Voyez-vous les défis de la sensibilisation ?

 

Image: source Stefan Häusermann

La peur que « ça » n’arrive jamais

Toute votre attention y est consacrée. Quotidien de référence, je me rends sur letemps.ch le samedi 8 février. A la Une : « Le coronavirus fait une première victime étrangère en Chine ». Afin d’en rajouter une couche, ce matin (lundi 10), j’aperçois : « Coronavirus: le bilan monte à 902 morts et 40 000 contaminés en Chine ».
On ne peut pas mentir, cela fait peur. Les actualités font parfois ressentir un désaccord avec soi-même. Elles créent de l’inquiétude et de l’anxiété. Faut-il pour autant s’en priver ? Les informations transmises créent rapidement une épidémie et transmettent les émotions qui y sont associées.
Comment ne pas appréhender votre avenir après les feux en Australie, le buzz du réchauffement climatique et, pour clôturer le tout, le risque d’expansion du coronavirus ? En continuant à entendre une information terrifiante après l’autre et à en parler avec notre entourage, on dirait que la peur bleue se transmets plus vite que le virus lui-même. Suis-je complètement naïve ?

Tout le monde rencontre des obstacles à surmonter

Dans sa vie, le sportif prépare des échéances clefs. A deux doigts des championnats du monde ou des Jeux Olympiques, il doit à tout prix éviter de se blesser. Pourtant, il aimerait s’entraîner davantage pour s’y qualifier. Son esprit est divisé. La stratégie à adopter doit être, selon les circonstances et la situation de chacun, bien choisie.
C’est aussi mon cas. Mais comment puis-je rester concentrée, focalisée sur ce que je dois faire et ne pas me laisser entraîner par la foule d’encouragements et la positivité ? Je ne dois surtout pas tomber malade maintenant. Si cela devait arriver, ma préparation serait retardée. Je ne me serais pas correctement entraînée. Je vais donc échouer. Voyez-vous la rapidité de transformation – involontairement – de simples pensées ? Et encore, elles peuvent amplifier en les transmettant à mes bien aimés (leurs réponses peuvent les accentuer). Au risque de tomber dans un cercle vicieux.
Comment puis-je alors préparer mes compétitions à l’étranger dans de bonnes conditions ?
Il peut y avoir la :
Peur de l’échec
Peur de perdre
Peur de l’erreur
Peur de la contre-performance
Peur de la blessure
Peur de tomber malade
Peur de décevoir
Peur de l’abandon
Peur du futur

Gérer ses émotions

Vous me direz alors que je dois bien me protéger et avoir un encadrement compétent. Cependant, je propose de passer à l’action pour ressentir des petites améliorations :

– Premièrement, afin d’assurer une bonne compréhension de la situation, je pèse tous les aspects concrets et leur impact réel. Non pas en ignorant la situation, ce bilan emmène, bien souvent, à la relativiser.

– L’environnement dans lequel j’évolue participe à mon bien-être : compte tenu des enjeux actuels, je prête soigneusement attention à ma récupération (je me repose et je prends des mesures afin de maximiser mon bien-être et donc de réduire les « dégâts » engendré par l’entraînement). De plus, je prends toutes les précautions recommandées pars l’OMS et la Confédération suisse (comme pour la grippe). « C’est l’essentiel », aimerai-je vous dire. Dès que j’avais optimisé ma condition de vie, je me sentais rassurée. Instinctivement, la situation est devenue largement supportable.

– Cependant, il reste un aspect important : qu’en est-il de nos pensées ? Les deux actions décrites précédemment aident à les stabiliser. Ainsi, chaque événement incite nos pensées à défiler. Je suis consciente de la plupart d’entre-elles. Cependant, d’autres sont dites « automatiques ». Depuis des années, j’ai essayé de les identifier. J’ai réalisé, bien souvent, qu’elles n’étaient que peu probables. J’ai donc pu les remplacer par des croyances positives. Par conséquent, cela m’a permis de dédramatiser ladite situation.

– Tenant compte de mon handicap et de mes difficultés (on en a tous), c’est dès lors au mental de jouer ! Ma mission est de rester alignée à mes valeurs : #ToutEstPossible, #TransformerLaDifficultéEnOpportunité, #Vivre. Ce faisant, il sera plus facile de ne pas me laisser influencer par mon entourage, qu’il soit enthousiaste (après une victoire, par exemple) ou inquiet (lors d’un échec ou d’une blessure). Comme le virus, mes proches peuvent me transmettre leurs émotions : la première variante pourrait m’inciter à en faire trop et la deuxième à douter de mes capacités.

– Lors d’un enjeu quelconque, le plus important est de rester centrée sur soi-même. Je ne m’estime pas égoïste pour autant : chaque chose à son temps. Ma priorité est d’atteindre les objectifs que je me suis fixée. L’expérience vécue me donnera l’opportunité d’encore mieux aider autrui et, ceux qui me tiennent le plus à cœur, les personnes en situation de handicap.

– A présent, mon ancrage est solide : je suis prête à gagner ! Plus facile à dire qu’à faire, dit-on. Ce n’est qu’en essayant qu’on se donne la chance d’y arriver : il s’agit de passer à l’action !

En procédant par ces démarches, bon nombre de personnes pourraient être rassurée. Certes, on le sait, les médias font l’effet « boule de neige » : l’inquiétude ne fait que d’amplifier. Il est indispensable de prendre conscience que vous pouvez compter sur vous-même pour ne pas laisser la négativité vous affecter. Il s’agit de faire face à au défi dans les meilleures conditions possibles.

Concernant le coronavirus, s’agissant d’une nouveauté, l’attention qui y est portée est d’autant plus élevée. Certes, les statistiques montrent que la grippe saisonnière tue plus de monde.
Venant d’une région éloignée et d’une culture différente (la Chine), on s’en méfie encore plus. Si le virus provenait d’Italie ou d’Allemagne, l’intérêt porté serait différent. Notre attitude aussi (relativiser). Surtout que l’Organisation Mondiale de la Santé à vite pris des mesures (être rassuré). De plus, des recommandations ont été publiées (dédramatiser). Il n’y a plus qu’à les appliquer et se sentir plus en sécurité ! S’inquiéter est une perte considérable d’énergie et de temps. Vrai ou faux ?

Quel bénéfice peut-on en tirer ?

La peur peut nous paralyser. Ressentir de la peur est humain. Après avoir appliqué le processus proposé ci-dessus, il peut, au contraire, nous emmener à nous auto-motiver. Grâce à une prise de conscience, l’objectif est de tourner vos émotions à votre avantage.
Finalement, en passant à l’action, on abandonne le statut de victime et on reprend le dessus grâce au contrôle de ses émotions.
Vous en avez l’opportunité, c’est à vous de choisir : la saisir ou la laisser passer.

Aveugle à gauche; double à droite. Où est l’idéal?

L’accident de 2008 m’a laissée à moitié aveugle, ce qui s’ajoute aux autres séquelles qu’il m’a « imposé ». Il m’est impossible de voir à gauche ! Sauf en tournant le regard, il m’arrive parfois de percevoir des aspects que je n’aimerais de préférence pas voir (je louche). A droite, je vois double. Certains me disent que j’ai de la chance quand il s’agit de belles choses. Est-ce vraiment mieux de ce côté ? En cette fin d’année, cet article a pour but de mettre en question certains aspects de la vie commune et de mener les lecteurs à la réflexion. Pourquoi ne pas la transformer en bonne résolution pour 2020 ? On doit tous contribuer et œuvrer pour la collectivité !

Comment puis-je percevoir notre société, bien que ma vision soit limitée et modifiée ?

Les élections fédérales étant achevées et les élections communales n’ayant pas encore eu lieu (mars 2020), il est temps de se demander comment je me positionne politiquement. J’ai déjà parlé de son impact dans le sport (Des similitudes effrayantes entre le sport et la politique) et de la pression qu’elle peut y mettre.

Aujourd’hui, non pas dans un contexte de conflits mais à l’intérieur de différentes opinions qui sont mutuellement critiquées, je ne peux qu’espérer voir le respect entre les uns et les autres évoluer. Et voir celui des Suisses contribuer au futur de la société en s’informant et en allant voter. Cependant, est-ce espérer révolutionner ce monde déjà solidement ancré ? Je pense qu’il faut laisser les jeunes rêver si l’on veut se projeter vers un avenir équilibré.

Comme dans toutes les organisations, les différents partis politiques existent avant tout pour se compléter : d’une manière logique, pour que toutes les orientations de la population soient prises en considération. Même si les préférences de la majorité de la population vont finalement dominer.

Suivre l’idéalisme proposé, cela suffit-il à être intégré ?

Les médias montrent l’actualité. La majorité des nouvelles sont à la fois proches de la population (réelles) et bouleversantes voir choquantes car elles intéressent leur audience. C’est la vérité : le cerveau humain est plus vite alerté quand une star ou un drame est annoncé. Les lecteurs et les téléspectateurs ressentent alors une émotion ou un désaccord au fond d’eux-mêmes. Cela leur montre comment ils doivent être (ou pas).

En politique, pour ne citer qu’un exemple, un concept « d’idéalisme » peut s’exprimer par la vague verte et environnementale. Chaque parti transmet ses missions et aimerait être suivi. Comme chacun d’entre nous, malgré le fait que peu de personnes osent l’admettre, l’aimerait aussi. Voyez-vous, ce concept se retrouve à tous les niveaux et il se répercute sur chacun d’entre nous.

On s’identifie souvent à ceux qui sont comme « nous », à ceux qui ont réalisé un exploit ou simplement parce qu’ils sont apprécié. La question se pose alors pourquoi il faut être « comme les autres » pour être intégré dans la société ? Doit-on vraiment avoir toutes les qualités qu’on nous a enseignées dès notre plus jeune âge ? Faut-il être parfait, être bien éduqué et ressembler aux canons de beauté que la société nous impose par la publicité ?

Qu’on soit timide, qu’on ait des centres d’intérêts différents ou que l’on possède une quelconque difficulté, on a le risque d’être rejeté. Et Dieu sait que ce constat est encore plus fort quand il touche le handicap ou tout autre « particularité » ! Handicapée, je n’y ai pas échappé.

Une réflexion anticipée

Ce qui se voit est clair. Mais il y a également ce que l’on ne voit pas. Même si ce n’est pas caché, beaucoup aimerait ignorer les différences et ses particularités.

Inclusion. Égalité. Intégration. Ces mots résonnent-ils en vous ? Est-ce que chacun d’entre nous a une mission de sensibilisation ?

Nous, vous et moi, ne pouvons pas tout changer, ni totalement révolutionner le monde d’aujourd’hui ou de demain, bien qu’on ait de l’énergie à revendre et de superbes idées. Cependant, nous pouvons tous y contribuer en prenant conscience et en acceptant les différences. Croyez-le ou non, nous avons des responsabilités envers l’autre. Donc prenez-en soin. A commencer par adopter de simples gestes au quotidien qu’ils soient sociaux, écologiques ou économiques. Il sera possible d’améliorer sa propre vie et peut-être même d’impacter celle des autres. Comme on l’a dit plus haut, les exemples sont suivis. Dans une certaine mesure, nous pouvons tous devenir des référents pour la société et chacun doit prendre conscience de son impact quel que soit sa diffusion et sa profondeur.

Quelle est votre priorité ?

Finalement, les politiques décident et imposent des tournants à prendre. Rappelons le but commun : œuvrer pour notre société ! Cependant, ce système très complexe doit-il être révolutionné ? Certains n’en sont peut-être pas satisfaits et se plaignent. De nombreuses choses tardent à être améliorées. Il en restera toujours ! Le temps passe et la vie évolue. Le plus important est alors d’exprimer sa voix.

Un instant. Il n’est, pour la plupart d’entre nous du moins, pas possible d’impacter directement la société dans sa globalité. Les changements votés peuvent prendre du temps à être exécutés.

N’attendez pas pour être heureux ! Afin de progresser et d’améliorer sa propre condition, nous sommes nos meilleurs alliés. Au moins, nous pouvons compter sur nous-mêmes. Je suggère alors de se concentrer sur soi et d’améliorer sa vie selon ses propres capacités. Quand j’ai réalisé que je pouvais influencer mon bonheur, j’ai cherché comment je pouvais le répercuter. Aujourd’hui, ma passion est d’aider et ma mission est de partager mon état d’esprit et ma philosophie de vie.

Ce que l’on en retient :

  • Le respect dans toutes les circonstances
  • Accepter et inclure les différences
  • Des gestes simples peuvent améliorer votre quotidien et celui des autres
  • Se concentrer sur ce que l’on peut toucher
  • Aider autrui

Remarque : le titre reflète ma condition personnelle. Je vis avec une amputation de 50% du champ visuel gauche sur les deux yeux (hémianopsie) et je vois double à droite (diplopie dans tous les sens du regard).

Performer une fois n’est pas assez…

…Mettre toutes les chances de son côté non plus. Est-ce qu’atteindre les résultats demandés signifie que le tour est joué ? Dans le monde d’aujourd’hui, il se trouve que gagner ne permet pas d’y arriver. Notre société exige souvent la perfection et la possibilité de contourner le chemin n’est donc pas toujours une option. Je me demandais pourquoi, bien qu’ayant été blessée un certain temps, la Fédération ne m’a pas sélectionnée pour les Mondiaux paralympiques à Dubai (novembre 2019) alors que j’avais atteint les « minima B » ?

 

Aucune chance de plus

Malgré avoir réussi ces « minimum requis », que signifient-t-ils dans la réalité ? Me restant suffisamment de temps pour récupérer (deux mois après la sélection officielle de septembre), n’auraient-ils pas pu prendre une décision ultérieurement ? Réévaluer ma forme et ma santé leur aurait permis de faire un choix objectif concernant ma participation. Pourtant, nous (mon coach et moi) gardions espoir, pensions que, sauf imprévu, tout était encore possible.

La décision de la Fédération est décevante. Frustrante. C’est mon ressenti. Ce n’est pas le fait de ne pas avoir été sélectionnée, mais bien parce que la commission de sélection n’a pas pu clairement se justifier. Si l’état de ma cheville ne s’était pas suffisamment améliorée un mois plus tard, j’aurais évidemment accepté cette situation. Dans ces conditions, j’aurais préféré que la Fédération me dise qu’elle voulait me préserver pour l’échéance clé (les Jeux paralympiques de Tokyo 2020). Certes, la décision est tombée et je ne peux pas la changer. Je dois l’accepter. Point. Pour continuer à avancer.

Cette expérience reflète une réalité

La concurrence devenant de plus en plus rude, on ne peut plus jamais se reposer sur ses acquis. Et ça, c’est plus ou moins pareil dans tous les domaines de la vie ! Dans mon cas, bien qu’ayant obtenu d’excellents résultats, il faut à chaque fois les confirmer. La perfection est demandée et l’embûche n’est pas tolérée. Malgré que j’aie continué à m’entraîner tout l’été alors que j’étais blessée (entraînements adaptés), cet investissement supplémentaire n’a pas été considéré à sa juste valeur. J’avais donc tout entrepris pour maintenir ma forme dans l’idée de renouer rapidement avec la compétition. Je ne devais pas me trouver d’excuses, je devais gagner pour y aller !

En plus, le choix du sport athlétique et paralympique suisse est utopique ! Il n’y a pas beaucoup d’athlètes. L’organisation faîtière aimerait inciter plus de personnes en situation de handicap à pratiquer l’une de leurs activités. En même temps, pour le développement du sport handicap, la Suisse doit être représentée aux compétitions majeures. Hélas, notre participation reste aujourd’hui limitée ! Avec un modeste soutien, comment peut-on espérer évoluer ? Cherchez l’erreur ! Malgré que je ne connaisse pas les enjeux majeurs, des solutions devront être trouvées afin de développer le sport handicap ! L’engouement doit se faire et les personnes en situation de handicap doivent elles-mêmes être inspirées et motivées en regardant les athlètes paralympiques se dépasser !

Comment accepter la décision et rester motivée ?

Avant de pleinement reprendre l’entraînement, je devais me débarrasser complètement de toute émotion pouvant freiner ma progression ; surtout retrouver ma volonté de me battre et d’avancer. Il m’a fallu quelques semaines pour digérer cette décision de non-sélection. Mais comment ?

  • Rédiger une lettre à l’entraîneur national ce qui m’a permis d’exprimer mon désaccord.
  • Me rappeler mon objectif ultime (sa réalisation) : le choix de l’opération de ma cheville avait pour but de performer à Tokyo en 2020.
  • Me rattacher à mes valeurs – la détermination et la persévérance – ainsi qu’à ma passion (ça montre que le dépassement de soi peut être dur et magnifique à la fois !)
  • Être entourée par mes proches et les personnes qui croient en moi et me soutiennent. Ils me suivront et me soutiendront tant que je me donne à fond.
  • Informer mon équipe proche (médico-sportive notamment) et lui transmettre ma niac de continuer. J’ai été rassurée, ces personnes ne m’ont pas abandonnée !
  • Pour « mettre de côté » émotionnellement cette décision (même si ma réaction n’était pas la bonne), j’ai essayé de ne pas y penser. Afin de minimiser la difficulté, j’ai multiplié les activités. Jusqu’à « craquer », ce qui m’a finalement bien soulagée ! De plus, il m’a fallu me dépasser afin de me soulager mentalement: j’ai sprinté au départ d’une course (les 20km de Genève by Genève Aéroport). Même si ça s’est bien passé et que je pensais l’avoir bien calculé, le risque était trop élevé d’abîmer mon pied… La prochaine fois, je trouverai une meilleure idée!
  • L’expérience positive de porter la flamme olympique des Jeux Olympiques de la Jeunesse Lausanne 2020 lors de la cérémonie à Genève a permis de retrouver les vibrations intérieures de mon rêve paralympique.
  • Faire à nouveau les mêmes séances d’entraînement qu’avant m’a rassuré: d’une certaine manière, elles m’ont rapproché de mon objectif et m’ont montré que tout était encore possible.
  • L’apprentissage de cette situation m’a finalement permis de me réorienter, de mettre des priorités et de me concentrer sur la qualité plutôt que la quantité. Cette leçon, je vais pouvoir la travailler et en profiter plus tard… A moi de jouer !

Comment continuer à promouvoir son activité et pousser à la développer ?

 Le sport handicap se développe de jour en jour. Le niveau international augmente et la concurrence devient de plus en plus rude. Si la Suisse veut être compétitive à tous les niveaux, elle se doit d’encourager les personnes en situation de handicap à la pratique d’une activité sportive. Le “para” doit tant être soutenu par des actions individuelles (envers les athlètes) que collectives (envers le sport handicap) pour maximiser son développement. De plus, il est impératif de faire véhiculer les forces des athlètes, d’insister sur le fait que leurs difficultés, liées au handicap, peuvent se transformer en opportunités ; pour eux et pour les autres. Tout le monde a quelque chose à y gagner ! 

Photo: Jess Hoffman

Je vous demande pardon…

…L’autre jour, je suis montée dans un tram. On m’a ignorée. Comme si je me déplaçais facilement avec des cannes. En plus, il y avait beaucoup de monde et il faisait chaud. Comme moi, chacun rêvait de s’asseoir. Mais, en ce qui me concerne, au risque de tomber, je ne pouvais pas rester debout longtemps. La situation aurait été quasi impossible si cela était à une heure de pointe.

 

Handicapée, même si cela ne se voit pas, mon équilibre est limité, bien que je n’utilise pas de fauteuil roulant. En voyant ma démarche quelque peu hésitante, on pourrait croire que je ne me sens pas très bien ou que j’ai bu un verre de trop. Dans la rue, la perception des personnes dépend fortement de leur sensibilité. Quel qu’en soit la manière, le respect envers chaque situation ne doit pas être une option.

 

Leçon 1 : L’égalité ne doit pas être oubliée

 

Lorsque je demande une place assisse ou simplement de passer, on ne me l’accorde pas toujours. Utopiquement, je devrais être en pleine forme, étant donné que je porte souvent une tenue de sport. Faut-il encore préciser qu’il est possible d’être déséquilibré dans ses mouvements et musclé à la fois ? Comme le veut le principe d’égalité défendu à travers notre société, le métier de sportif d’élite peut être pratiqué que vous soyez un résidant, un étranger ou une personne avec une singularité. Pourtant, il reste encore beaucoup de travail à effectuer si on veut parvenir à une situation qui tend vraiment vers l’inclusion.

 

Est-ce que l’on banalise les véritables difficultés dans ce monde où toutes les idées sont idéalisées ? Aimerait-on ignorer ou même s’aveugler des particularités de chacun, malgré qu’elles paraissent une minorité ?

 

Peu importe le jour ou la météo, il m’arrive de devoir me justifier. Dans ce cas, on ne me croit pas toujours. Les nombreux regards inquiétants sont déjà suffisamment alourdissant, comme si le fait d’être ignorée pouvait encore s’ajouter à mes difficultés. Patiemment, ma mission est de sensibiliser les passants aux handicaps invisibles. N’en avaient-ils pas conscience ou sous-estimaient-ils leur importance ? S’ils n’avaient jusque-là pas approché des personnes en situation de handicap, c’était leur chance de franchir le cap !

 

Leçon 2 : Approchez les personnes sans être gêné

 

N’avez-vous jamais osé aller vers les personnes qui vous semblent « différentes » ? Les avez-vous parfois ignorées ou hésité à les regarder, ayant peur de les déranger ? Grâce à un simple geste à leur égard, à votre écoute, vous aurez banni un apriori : en vous ouvrant à eux, vous les comprendrez mieux et vous aurez gagné une dose d’humanité.

 

Avoir une jambe cassée est synonyme de visibilité 

 

Étant blessée (en plus d’être handicapée), j’étais curieuse d’analyser comment mes béquilles et ma « botte de ski » allaient être interprétées. Le regard d’autrui aura-t-il changé ? Je voulais consciemment évaluer ces deux situations opposées, bien que je ne puisse pas vraiment les dissocier, vivant les deux simultanément. La différence est que le handicap fait partie de soi et qu’une blessure se soigne et disparaîtra.

Après mon dernier accident, j’ai pu à nouveau monter dans un tram. C’était au terminus. Il y avait des sièges libres. Je m’assieds près de la sortie. Le tram s’est rempli et les gens ont sans doute vu ma jambe bien « emballée ». Ils ne m’ont pas demandé de bouger. J’ai même pu laisser mon sac à côté de moi. Le luxe d’occuper deux sièges m’était parfois même accordé dans les moments les plus fréquentés, même si je ne les utilisais pas. Pour moi, il était évident de ne prendre qu’une place et de veiller à ce que mes affaires ne gênent personne. Par respect.

Un peu plus tard, j’ai vécu une situation contradictoire, à nouveau dans un tram, à la gare. En fin d’après-midi, je ne vous dis pas, il y avait du monde. J’ai cherché une place proche de la porte d’entrée. Personne ne s’est levé. Les portes se sont fermées rapidement et « l’engin » a démarré aussitôt. Au premier virage, j’ai perdu l’équilibre, sauté sur un pied afin de ne pas percuter ma jambe lésée. Les passagers ne pouvaient-ils pas voir l’impossibilité que j’avais de me déplacer ? Ne pouvaient-ils pas simplement me laisser passer ?

J’en ai conclu que les gens étaient d’accord de s’adapter à une situation (je suis déjà dans le tram quand ils arrivent) mais qu’ils ne sont pas prêts à se déplacer (ils sont dans le tram quand j’arrive), donc à faire un effort, même pour aider.

Ma santé s’étant améliorée, j’ai pu ensuite n’utiliser qu’une seule béquille. Les gens qui l’ont vue ne m’ont jamais demandé de me lever. Finalement, la canne me protégeait encore : la réaction des passants demeurait quasiment inchangée.

Débarrassée de mes aides auxiliaires, étais-je pour autant totalement guérie ? Progressant de plus belle, je ne portais plus qu’une petite attèle. Malgré cet équipement, qui me donnait encore un peu de légitimité, j’éprouvais des difficultés à me déplacer, s’ajoutant aux enjeux liés à mon équilibre, à la coordination et à ma vision, ayant été cérébrolésée.

 

Leçon 3 : Ne vous faites pas d’apriori, vous risquez d’être surpris !

 

Promouvoir l’inclusion, être approché et traité de la même manière doit être votre priorité. Les particularités de chacun permettent à d’autres de s’en inspirer. Mais attendez, vous plaignez-vous encore alors que vous êtes en bonne santé ! Regardez, suis-je si limitée alors que je porte l’étiquette, comme vous pouvez le penser, de diminuée ? Regardez les personnes en situation de handicap gagner et vous serez bluffés par leurs capacités !

 

Les deux mots soulignés sont le « respect » est la « priorité ». Tout le monde a le doit, simultanément, de les incarner et d’en profiter. Nous avons tous quelque chose à y gagner !

Cet article reflète une expérience personnelle telle que je l’ai vécue. Son seul but est d’inviter les lecteurs à la réflexion et de favoriser l’inclusion, c’est-à-dire, selon le Larousse, « l’action d’inclure quelque chose dans un tout, un ensemble », ce qui devrait être appliqué uniformément à la population, tant par les moyens matériels (l’accessibilité notamment) qu’humains (l’approche).

 

Photo: Jess Hoffman

L’athlète est gourmand : il sera de retour rapidement !

Comment revenir au plus haut niveau ?

Quand on parle de « retour à la compétition », cela sous-entend que le sportif a été blessé. Les professionnels de la santé s’intéressent à ce phénomène. La médecine du sport comprend de nos jours l’environnement global d’un athlète. Son « come-back », quel que soit la raison de sa coupure, comprend également d’autres aspects importants : le mental et l’apprentissage de l’expérience vécue, notamment.

De l’équipe nationale junior à l’équipe paralympique suisse, de l’équitation à l’athlétisme, je suis parvenue à chaque fois à retrouver la compétition, sans compter les blessures qui surviennent que vous soyez un athlète professionnel ou un sportif amateur…

Dans ma situation, j’en ai vécu quatre différentes. Les trois dernières ont fait appel à un « retour à la compétition »:

  1. Première carrière en équitation en junior. L’évolution espérée fut réalisée
  2. Seconde carrière en équitation « handisport ou para », après une chute, un changement radical et imprévu.
  3. Troisième carrière en athlétisme cette fois, à la suite de mon choix personnel s’agissant de ma reconversion
  4. Retrait temporaire de la compétition pour cause de blessure

Après chacune de trois dernières phases, on retrouve des périodes de transition, une envie consistant à revenir plus fort et à battre son propre record. Cet article a pour but de partager ce qui m’a aidé, d’évoquer les opportunités que j’ai eues afin d’évoluer et de mettre en place des structures pour relever ces défis.

Finalement, si je peux me permettre de l’évoquer, dépasser une blessure, faire le bilan et en retirer une leçon, qui est une question de volonté et de détermination. Vous n’êtes pas d’accord ? Alors retournez alors la question. Sans ses qualités-là, aurais-je pu y arriver ? L’aptitude à transformer la difficulté en opportunité est étroitement liée à l’état d’esprit.

 

« C’est dommage : je sais aujourd’hui que ce n’est pas la clef qui allait me permettre de gagner… »

En junior, de 12 à 17ans, j’évoluais déjà dans les pas des grands. Accompagnée par mes parents et en tant qu’enfant, mon activité était financée grâce à leur bonne volonté. Bien souvent, c’est la chose la plus compliquée. Ayant cette chance, ils me donnaient la possibilité à poursuivre mon rêve : ado, je me voyais déjà aux JO !

Dès mon plus jeune âge, j’ai appris à être disciplinée et organisée. Afin de persévérer, j’avais un côté égoïste : je ne m’intéressais pas beaucoup aux discussions de mode et de sacs de mes camarades. J’étais focalisée sur ce que je voulais : réussir. Ma première expérience du haut niveau m’a montré que je devais travailler si je voulais un jour espérer y arriver.

Toutefois, ayant des facilités à apprendre et à assimiler, j’optais pour ce qui était le plus agréable. Jamais je n’aurais affronté la difficulté si ce n’était pas demandé ! Mes choix reflétaient ma personnalité : j’étais têtue. Par exemple, dès que l’on me proposait de l’aide, je n’hésitais jamais à l’accepter, même si je n’en avais pas besoin. Grâce à (ou à cause de) mon éventuel talent, étant perfectionniste, il m’arrivait souvent de ne pas être contente d’une bonne performance. Ce n’était jamais assez ! En réalité, je n’étais pas prête à faire plus d’efforts.

C’est complètement utopique : c’est comme espérer beaucoup recevoir et peu donner ! A cet âge-là (16 ans), je ne réalisais pas que cela allait être un frein. Dans des championnats, mes performances n’étaient alors pas toujours là et il ne fallait surtout pas que je me demande pourquoi !

Aujourd’hui, je peux dire que cette période de ma vie m’a appris à goûter à la difficulté, bien que je n’étais pas prête à l’affronter. J’étais très forte afin d’optimiser la quantité d’efforts pour obtenir un résultat donné. Une partie de moi n’y adhérait donc pas et il aura fallu que touche le fond pour que, plus tard, je me surpasse.

 

Le drame a véritablement allumé la flamme

C’est l’accident. Peu importe sa nature, il laisse des traces. Il ne faut surtout pas le mettre de côté et tenter d’éliminer sa douleur avant de l’avoir acceptée. C’est ce qui différencie souvent le sportif amateur du sportif d’élite. L’un arrêtera et l’autre persévèrera.

J’ai suffisamment évoqué mon accident et toutes les étapes désagréables qui ont suivies. Cependant, c’est grâce au handicap que j’ai appris à me battre, à ne jamais lâcher (au risque de chuter à nouveau) et à me sortir d’une situation que je devais impérativement améliorer !

Étant « différente », j’étais confrontée à la personne que j’étais avant. A travers de nombreuses situations de la vie quotidienne, j’ai dû trouver des solutions. J’ai appris à faire les choses différemment, à m’entraîner en m’adaptant à mes difficultés, à trouver des gestes destinés à compenser ce que je ne pouvais plus réaliser. Ainsi, j’ai développé la capacité de mieux gérer une situation donnée, même si cela a toujours été l’une de mes plus grandes difficultés.

En plus de travailler sans jamais m’arrêter, j’ai bénéficié d’un grand soutien. Je n’avais pas encore réalisé que la volonté des personnes m’accompagnant dépendait de la mienne : en montrant une motivation à toute épreuve, elles ont adhéré à mon parcours de vie et se sont senties inspirées. Le cercle vertueux était ainsi créé.

 

Plus d’argent !

Tout au long de sa vie, chacun expérimente plusieurs défis. Pour moi, un seul n’a pas suffi ! Aidée par mes parents jusqu’à présent, je me suis soudainement retrouvée seule à cause d’un événement marquant : leur divorce. N’ayant plus d’argent, cette situation m’a poussé à devoir développer la capacité à trouver des solutions pour que ma carrière soit financée. Tout ce dont je bénéficiais était l’environnement cohérant dans lequel j’évoluais. Réseauter était alors la clef ! Bien entendu, il faut préciser que j’aime aider ! Je contribue à des projets bénévolement, sans attentes ni espoirs. En mettant toutes les chances de mon côté, je savais où je voulais aller.

Les bonnes nouvelles sont arrivées mais il m’a fallu un certain temps avant de les recevoir. Cela m’a poussé à continuer, à aider, tout en travaillant durement pour gagner ! Cela demande une bonne organisation qui m’a permis aussi de pouvoir gérer ma carrière et de m’occuper de tous les aspects qui y sont liés. Imaginez alors combien je me suis développée !

Pendant tout ce temps, ayant participé à de nombreuses compétitions et sélectionnée à plusieurs championnats, j’ai ensuite réalisé mon rêve d’enfant, certes différemment : les Jeux paralympiques de Rio 2016.

 

En résumé, le mental est la clef

Tout est possible. Vraiment ? Le mental peut être fatal : après les différentes expériences que j’ai vécues, certains ne me croyaient toujours pas capable ; d’autres préférant dire que j’ai toujours de la chance. Certes, je voulais prouver que l’on est maître de soi et de la direction empruntée. J’ai décidé de changer radicalement, passant de l’équitation à l’athlétisme.

Je n’arrivais pas encore à courir et mes capacités physiques étaient limitées. Comment oser changer ? En équitation, avoir beaucoup d’argent devenait trop important. Cela ne faisait pas partie de ma philosophie de vie… Je sus alors pourquoi j’avais fait ce choix : je voulais abolir les limites que les autres personnes m’imposaient.

J’étais consciente que je ne pourrai pas réussir seule ; je devais commencer à bien m’entourer. Changer d’environnement est synonyme de renouvellement. J’ai d’abord axé mes efforts sur la construction d’une équipe performante (l’entraîneur et l’encadrement médico-sportif étaient ma priorité, voire même une sécurité).

Je peux dire que ma force est d’être passionnée par mes activités et, en plus, les croyances que j’ai développées sont mes plus grands alliés. En considérant le défi comme meilleur ami, il y a toujours une opportunité dans la difficulté : ensemble tout est possible en travaillant pour performer. Être accrochée à mes valeurs m’a permis de surmonter mes peurs, de me remettre en question constamment et de travailler sur mes pensées ce qui m’a aidé à ne jamais lâcher.

Aujourd’hui, en démontrant sans relâchement mon envie de gagner, en mettant toutes les chances de mon côté, je suis enfin arrivée à ce que j’ai toujours souhaité : être une athlète professionnelle, même si j’ai encore beaucoup à améliorer.

 

Des difficultés tout au long du chemin emprunté

La blessure n’arrive jamais par hasard. Toutefois, il faut apprendre à apprivoiser son environnement, sachant qu’il n’est jamais facile de le maîtriser totalement. J’ai appris à tirer une leçon de chaque adversité et à l’appliquer sur ce qui pourrait advenir.

Je n’ai pas eu peur quand je me suis blessée dernièrement (voir l’article précédent). Pourtant, j’avais tout pour me mettre de la pression (sponsors, enjeux, fédérations…) Mais je savais que je reviendrai plus forte ! Je savais aussi que j’avais acquis les facultés qui me permettaient de croire en mes capacités. La clef ? C’était d’en tirer profit, d’optimiser les possibilités, de maximiser la positivé et même de susciter d’éventuelles opportunités. Cela m’a permis d’avancer et de continuer à évoluer en toute confiance.

 

« Le passé m’aide à surmonter le présent et à envisager le futur sereinement ».

 

Photo: Daniel Mitchell

Aide à la rédaction: Jacques Wulleschleger

Être momentanément paralysé pour apprendre et expérimenter

Vous vous lancez à la conquête d’une nouvelle ambition : vous êtes avocat et vous rêvez de devenir médecin. Vous vous imaginez une nouvelle carrière brillante. Comme dans les films, vous croyez en vous et vous êtes persuadé que vous optez pour la bonne voie. Alors que votre succès domine, vous être confronté à une rude embûche qui mettra votre force et votre volonté à l’épreuve. Vous chutez !
Vous devez faire le choix d’abandonner ou de persévérer.
Contrairement au plan établi à l’avance, toute progression n’est jamais linéaire. Malheureusement ? Peut-on le dire ainsi ? Bien-évidemment que non !
La difficulté souvent tant regrettée permet cependant de progresser… et d’avancer… Il est inutile de l’ignorer ou de la négliger ! En passant à côté des possibilités qu’elle pourrait vous donner, vous risquez surtout de stagner.

Faire le bilan

Observant diverses situations, on fait le choix de la manière de surmonter chaque adversité et de l’accepter (ou non). Ayant vécu des contextes bien plus alarmants, je n’allais pas me laissez faire par cette nouvelle « galère » : malgré que les bons résultats étaient au rendez-vous dans ma nouvelle carrière en athlétisme, la vie voulût tester ma volonté à persévérer et à faire des efforts pour ce sport. Elle tenta de me menacer en affectant mon pied ! Rentrant de compétition avec des ligaments déchirés, depuis, je me vois revenir et à nouveau concourir. Le doute n’existe pas et cette évidence est encrée en moi. Jamais je n’ai douté de mes capacités, même si d’autres personnes ont essayé de me faire chavirer face à la difficulté.

Je veux sortir grandie de chaque leçon. Peut-on réellement en apprendre ? Je suis persuadée qu’en vivant la situation à fond, l’on réalise mieux ce qui arrive. L’on se forge et l’on apprend : petit-à-petit, c’est les difficultés traversées, à côté des expériences positives expérimentées, qui permettent de devenir plus performant !

Pour moi, vivre mon opération était synonyme de mélange d’émotions entre appréhension et rétablissement. Comprenant parfaitement la nécessité de devoir récupérer, je ne n’étais jamais frustrée face aux conséquences qui y seraient éventuellement rattachées. Et, avant tout, je crois en moi et en mon environnement (j’y reviendrai dans un prochain article) : rien ne pourra bousculer mon profond désir de réussir.

Récupérer physiquement, mentalement et émotionnellement

Jour J : Je me prépare de la même façon qu’une compétition et je ressens les mêmes émotions. Calme et sérénité m’habitaient la veille ; je ressens une tension et une légère appréhension avant l’intervention. Lors de ce séjour et en commun accord avec l’Hôpital de la Tour, je suis filmée afin de partager une histoire qui, pour eux, mérite d’être racontée.
L’on me conduit au bloc opératoire. Depuis, j’ignore la caméra. Je ne vois plus qui est là, à l’exception de l’anesthésiste et du chirurgien (Dr Ray). Nous parlons d’une manière décontractée… On me pique dans le dos, mes jambes sont peu à peu « paralysées » (rachis-anesthésie) et me perturbent fortement en cette période de préparation pour les Mondiaux sur 100m et pour les JO. Je n’arrive plus à bouger mes jambes, même avec la meilleure des volontés : il n’y a rien à faire ! Elles ne fonctionnent plus. Si l’on me les avait coupés, je n’aurais rien remarqué…

Le chirurgien prépare mon pied et incise ma peau en faisant trois trous. Je ne sens aucune douleur. Aucun frisson. Ça marche ! Grâce à l’arthroscopie, une caméra navigue à l’intérieur de ma cheville. Les explications du chirurgien me permettent de comprendre à peu près ce qu’il fait, voyant chaque geste à l’écran. La vulgarisation de l’opération m’a intéressé et m’a aidé à mieux comprendre ce qu’il s’est passé. Cela ressemble à une visite chez le dentiste. Il fait le ménage (il enlève et nettoie les résidus inflammatoires avec un petit tuyau), rattache les ligaments et tend un fil à l’aide de deux pistons enfoncés dans deux os qu’il avait troué auparavant (ligamentoplastie). Ainsi, je bénéficie d’une nouvelle cheville…
Ainsi, je suis parvenue, à ma façon, de mieux interpréter ma blessure et ses conséquences. En deux mots : « le pourquoi du comment ».

Et j’appris…

En salle de réveil, mes jambes me donnaient à nouveau de légères sensations et je pus les bouger doucement : frotter un orteil à l’autre, décoller le genou du lit… La paraplégie « fictive » s’en allait petit-à-petit. Certes, elle m’a épargné de douleurs pendant encore quelques heures… De retour dans ma chambre, ne ressentant que la moitié de mes jambes, je me levais un peu plus tard afin d’aller aux toilettes… La jambe gauche tenait à peu près ; la droite qui était touchée n’était pas encore réveillée. Le bassin, proche de l’endroit piqué, était lui encore plus ou moins complètement anesthésié. Cependant, en allant aux WC (en sautillant et en m’appuyant sur un déambulateur), je devais faire un effort cérébral important afin de pouvoir faire ces simples gestes et mouvements… C’est là où je compris ce que c’est de vivre avec une paraplégie…

Par ces expériences, je ressentis et j’appris des nouvelles choses sur la vie et les conditions de vie… Je réalise que le corps humain peut être surpuissant, malgré qu’on l’anesthésie partiellement ou complétement et qu’on titille à l’intérieur de lui… Cependant, il exprime également sa fragilité s’il est surmené…
Cette opération me permettra finalement de me remettre en question : j’ai essayé d’aller plus vite, j’ai tenté d’être plus forte, pourquoi mon corps m’a-t-il lâché ? Blessée, je vais récupérer, me renforcer et découvrir des nouvelles possibilités : il faudra au minimum s’adapter à ce que le passé m’a appris et ne pas inutilement recommencer. A l’avenir, la stratégie d’entraînement sera légèrement modifiée afin d’augmenter mes capacités. L’objectif est de rassembler toutes mes expériences afin de me donner la chance de me surpasser.
J’espère que cet apprentissage me servira dans la suite des de mes défis. C’est à moi de transformer ce bout de chemin en un tremplin afin d’aller plus loin…

 

Photos: © Raffi M. / La Tour Medical Group

Remerciements à l’Hôpital de la Tour et ses équipes pour les soins et l’encadrement médico-sportif, à mon coach Kenny Guex ainsi qu’à mes partenaires pour leur confiance et leur soutien.

#teamwork #workinprogress #roadtotokyo

L’humain toujours plus fort

Pour de nombreuses personnes n’ayant pas de connaissances spécifiques en termes de technologie (la majorité), l’économie 4.0 qui est liée au Big Data, à l’intelligence artificielle, au blockchain ou encore aux robots, passionne. De l’autre, elle est carrément effrayante !

Pourquoi l’humain gardera-t-il toujours une place indispensable, même s’il est parfois difficile d’y croire ?

J’ai tenté de le démontrer à travers mon témoignage et des situations vécues au dernier Meyrin Economic Forum, manifestation annuelle d’une journée entière regroupant des chefs d’entreprises de toute la région.

En revenant à mon hospitalisation suite à mon terrible accident, l’humain fût LE facteur clef de ma rééducation. Certes, l’intelligence artificielle apportée aux instruments ayant été capables de détecter l’hémorragie et de m’ouvrir le cerveau, m’a certainement sauvé la vie. Les robots remplacent aujourd’hui certaines prothèses et donnent de l’autonomie aux personnes concernées par des maladies graves … L’intelligence artificielle a largement contribué à l’avancée de la médecine…

Or, soyons honnêtes, il ne se serait rien passé sans l’intelligence humaine qui a permis de piloter les « machines ».

On le sait, l’entourage est important : on peut difficilement imaginer une machine ou l’informatique avoir le même potentiel, le même état d’esprit, même si le programmateur devait l’avoir. Et encore… Un robot peut faire beaucoup automatiquement, mais pas guérir totalement un malade, ni avoir un impact illimité sur la volonté humaine.

Ainsi, imaginez-vous un robot opérer un patient ? Cela peut être envisageable.

Imaginez-vous un robot s’occuper de patients ? Bien évidemment que non.

Imaginez-vous un robot avoir autant d’impact sur une relation humaine, comme ma maman l’a eu sur moi ? Il suffit de se rappeler d’une situation dans laquelle vous avez particulièrement apprécié le contact humain plutôt qu’une voix automatique…

La technologie, est-elle pour autant au service de l’humain au quotidien ?

En sport, on est très gourmand afin d’intégrer les nouveautés conduites par l’évolution technologique au sein de son entraînement et pour récupérer… C’est un facteur influençant la performance qui doit, pour des athlètes, être adapté et personnalisé à chacun. L’on parlera à nouveau de l’humain…

Par conséquent, l’on s’aperçoit par ces exemples que l’économie ne remplacera jamais les valeurs humaines. N’oublions pas qu’elles permettent également de garder les équipes motivées et consciencieuses dans toute organisation, quel que soit le domaine…

Mais l’autre sens est valable aussi ! L’humain ne remplacera plus jamais la technologie (ou bien l’industriel), à moins que nous retournions au moyen âge et que l’on tue la moitié de la population…

Finalement, la question se pose si l’on peut espérer retrouver un jour les qualités humaines dans un robot ?

Bien évidemment que non, la connaissance du cerveau étant limitée… Nous connaissons les défis liés au système nerveux extrêmement complexe. Par conséquent, il est impossible de l’intégrer dans une machine… Nous pouvons en déduire que l’un ne va pas sans l’autre : la technologie et l’humain.

Mon but est de montrer, par-là, que tout est possible. L’innovation est un changement, d’une situation initiale à une situation finale. Cette dernière est nécessaire par crainte de manquer le train. Il faut alors suivre le mouvement…. Même si l’inconnu fait peur…

Churchill disait : « le pessimiste voit la difficulté dans l’opportunité. L’optimiste voit l’opportunité dans le difficulté ».

 

 

Remarque: cet article a été écrit suite à mon intervention “C’est l’humain qui l’emporte!” au Meyrin Economic Forum du 8 février 2019

Photo : ©La Tour Hôpital Privé SA

Cette image a été prise dans le cadre de notre partenariat ; ils mettent les nouvelles technologies à ma disposition ainsi qu’un suivi personnalisé dans le but de progresser le plus possible et de m’accompagner à travers ma carrière sportive. Il s’agit d’innover et de developer une nouvelle méthode d’entraînement en optimisant le facteur le plus important, celui de la santé, malgré mon handicap.

Une ville qui s’unit par le sport

« Team Genève », de quoi s’agit-il ? Monsieur le Conseiller d’Etat, Thierry Apothéloz, ainsi que le Canton de Genève, dévoilèrent les athlètes sélectionnés au sein de ce programme le 11 mars 2019. Celui-ci soutient financièrement les sportifs d’élite individuels qui correspondent aux critères de sélection, basés sur le système suisse de reconnaissance des performances. Il leur offre également un support de communication afin d’accroître leur visibilité grâce à des supports sur internet, à leurs partenaires (Genève Aéroport et La Tour Medical Group) et à leur notoriété auprès des médias.

La nouveauté est la promotion de l’inclusion des sportifs d’élite en situation de handicap.

Peu avant ce jour-là, j’appris les progrès réalisés par le Canton de Genève. Comme son nom l’indique, le « département de la Cohésion Sociale » joue son rôle à merveille. Il s’agit d’inclure la société dans sa globalité dans tous les domaines de la vie et ce à hauteur égale (du moins, le plus possible). Les personnes dont on n’aimerait pas voir leur différence également : je parle des individus en situation de handicap.

N’a-t-on toujours pas franchi le cap ?

D’une certaine manière, les sujets « d’intégration », « d’inclusion » et « d’égalité » se développent, bien qu’il reste beaucoup d’améliorations à faire ! Concernant les sportifs d’élite, bien qu’ils constituent peut-être une minorité aux yeux de la population, des décisions sont prises et la volonté que toute la société soit représentée est affirmée. Les autorités font ainsi évoluer les critères de sélection du programme « Team Genève » afin que les sportifs handicapés soient mieux considérés.

La question se pose, pourquoi ces athlètes ne l’étaient pas.

Comme pour tout règlement, il est nécessaire de s’appuyer sur des critères établis à l’avance. Pour le programme cantonal de soutien aux sportifs d’élite, les plus pertinents furent évidement ceux du pays. Comportant certaines failles, il est très difficile de l’appliquer tant aux athlètes dit valides qu’aux sportifs en situation de handicap. Bien évidemment, il fût adapté, mais ces derniers étaient pénalisés… Dans leurs disciplines, il n’y a pas le même nombre de participants aux compétitions, ni la même concurrence ou encore, un écart de niveau important entre les athlètes (entre les meilleurs et les moins bons).

 Qu’est-ce qu’il en était pour moi ?

Bien que je participais à tous les championnats majeurs (en équitation) pendant cinq ans, mes performances ne furent pas suffisamment reconnues : il fallait gagner pour mériter sa place et une certaine crédibilité. Ce fût donc très compliqué ! Une exception fût faite lorsque je fus sélectionnée aux Jeux paralympiques de Rio 2016. Certes, dès que les Jeux furent terminés, l’aventure au sein du programme fût achevée et je dus le quitter… Malgré que l’année suivante, je me qualifiai à nouveau pour les prochains championnats et que mes performances étaient quasiment identiques aux précédentes (voir meilleures), je n’obtins pas la même reconnaissance nationale et je pouvais pas représenter Genève comme je l’aurais souhaité et particulièrement les personnes handicapées.

Une deuxième carrière pour une nouvelle chance

2018, une année qui m’a permis de changer et de progresser dans ma nouvelle discipline, l’athlétisme. Le mental du haut niveau était mon plus grand allié. J’ai pu retourner à la compétition très rapidement : mes résultats furent même plus que satisfaisants. Certes, je n’avais pas concouru aux championnats comme je le faisais avant… En 2018, j’avais malgré tout réalisé la 11ème meilleure performance de l’année (au 100m dans ma catégorie de handicap – T36 – selon la « World Ranking list »). Ce résultat justifiait alors, pour ma Fédération nationale du moins, le même niveau de reconnaissance que j’avais avant.

Les deux critères (le changement des critères de sélection du programme genevois et la reconnaissance identiques de mes résultats par ma fédération nationale) déterminaient ma sélection dans le « Team Genève ».

Que s’est-il passé ?

Ayant beaucoup insisté sans avoir hésité à le rappeler à chaque occasion auprès des autorités qu’il fallait changer, je suis aujourd’hui fière de représenter le paralympisme au sein du sport genevois : l’important n’est pas pour moi ; cela ouvre la voie pour la relève. Finalement, c’est un pas vers une meilleure insertion qui a été franchi. Il sera sans doute un exemple pour tous les autres domaines de la vie, comme le travail et l’accessibilité, qui sont d’ores et déjà en constante amélioration.

Pour conclure, le programme est apprécié

L’humain est conditionné pour remarquer ce qui ne fonctionne pas. Cependant, ce programme a intégré des mesures adaptées aux défis sportifs rencontrés afin de performer aux Jeux. Il accompagne les athlètes pendant le cycle olympique entier (quatre ans) pour autant qu’ils restent sélectionnés (soutien annuel), contrairement à uniquement les féliciter par une prime lors de leur sélection, comme le feraient de nombreuses institutions… Chaque moment étant crucial, leur soutien est important, tant pour arriver au niveau souhaité que pour préparer l’échéance ciblée. Je tiens à les en remercier. J’espère que leur exemple donnera des indications aux potentiels sponsors intéressés à aider des sportifs « valides » ou « handicapés ».

Team Genève

Il porte ce nom, créant de la visibilité envers la société, portant les valeurs du sport vers les générations futures et transmettant, par les athlètes, l’envie de pratiquer du sport. Malgré une culture suisse orientée vers le sport populaire plutôt que le sport d’élite, le programme représente tant la population genevoise que les sportifs d’élite sélectionnés. Un exemple que j’espère fédérateur est à la clef.

Photo: Team Genève, Peter Kittler, Cellence Sàrl

Communiqué de presse