Plus de liberté et d’autonomie, ça vous dit ?

En situation de handicap, âgé ou blessé, on est dépendant de quelqu’un d’autre, d’une canne ou d’une chaise roulante. Notre « mobilité » au sens large est remise en question. Comment notre liberté peut-elle être donc être assurée ? Celle-ci est un droit fondamental. Selon ma conception, chacun d’entre nous doit avoir la possibilité d’accéder facilement aux mêmes informations, notamment aux prestations de l’Etat et aux moultes initiatives privées, soit celles des associations. Mais comment les connaître sans l’avoir appris, avec un peu de chance, par son propre réseau ? Combler ces failles auxquelles les personnes susmentionnées sont exposées semble une évidence.

Problématique affirmée

Moi-même en situation de handicap, je rumine tout le temps pour trouver des solutions. Les idées provenant des discussions avec les autres et de mes propres expériences. Exemple : les toilettes (publiques) handicapées. Imaginez que cela m’a pris 12 ans pour savoir comment y accéder ! La problématique est la même dans tous les domaines et pour tous. De plus, “nous” avons tous des renseignements différents. Le bonus : on se complète ! Mais pas tout le monde peut prétendre accéder à des prestations par ce biais, évidemment !

Les statistiques démontrent qu’une grande partie de la population pourrait avoir l’utilité de la création d’un « guichet de l’autonomie » (1,7 millions de personnes en situation de handicap vivent en Suisse, soit presque un cinquième de la population ; 14’000 rentiers AI et 83’000 rentes AVS).

L’histoire récente à Genève

Un plan stratégique cantonal du handicap à 2030 a été lancé par le biais de consultations en 2021 et je n’ai aucun doute sur le travail acharné que cela représente pour le Département de la Cohésion Sociale.

La vision d’une meilleure inclusion est claire. Logiquement, l’on réalise la stratégie ensuite. Jusque-là, tout va bien. Lorsqu’on se penche sur les questions d’accessibilité, on n’est pas bon. Si un « guichet de l’autonomie » facilitant l’accès aux informations est créé, c’est une opportunité de rapidement améliorer la qualité de vie de nos concitoyens, en les orientant vers les services appropriés et en soutenant leur autonomie, en plus du Bureau d’information Social et des Centres d’actions sociales existantes dans des Communes. Espérons que ces dernières collaboreront toutes !

Pourquoi la motion ?

Après avoir discuté avec de nombreuses personnes et associations, cette opération semble appropriée et répond aux attentes : plusieurs représentants d’associations l’ont évoqué lors des consultations mentionnées précédemment. N’y a-t-il pas urgence de mettre en œuvre certaines actions dans l’attente de la mise en œuvre de ce plan stratégique ? Oui. Mais par où commencer ? L’idée est d’implémenter un service qui servira de socle solide pour les futurs développements.  Les choses doivent être exécutées dans le bon ordre afin de maximiser leur efficacité. Un bon référencement et ainsi mieux transférer les connaissances participera également à mettre en avant les prestations des associations qui font un travail d’enfer ! Cette motion permet de gagner passablement de temps en proposant des idées liées (et discutées) avec la Maison de l’autonomie.

Possibles voies de développements

Cela permettrait, évidemment, d’inclure toute évolution des prestations et des activités des associations. Mais pas seulement. L’offre ne rejoint pas toujours la demande en matière d’immobilier, entre autres. Ce guichet pourrait permettre de centraliser les habitations « adaptées » dans le Canton. Les personnes demandeuses sauront où chercher l’information. Les régies (et les Communes dans certains cas) auront plus de facilité à attribuer ces logements. Le défi à relever est là : la communication du Canton et des Communes ainsi que les secteurs privé (les associations et les entreprises) et public (l’Etat).

Imaginons une avancée considérable en termes d’emploi : si les entreprises étaient amenées à créer des postes pour des personnes concernées par cette motion, l’annonce de ces postes à travers un organisme unique faciliterait la tâche des entreprises à trouver des candidats (si ce n’est pas le cas, pourquoi est-ce qu’elles feraient des efforts ?)

Le social au PLR, est-ce une blague ?

Avoir une fibre sociale, ne signifie pas le fait d’être socialiste, comme le fait d’être libéral ne prédit pas un manque d’affinité sociale. Pourquoi est-ce que les thématiques sont liées à des étiquettes politiques et donc à des valeurs ? J’estime que ces dernières déterminent une vision, applicable dans tous les domaines.

Chaque parti peut (et devrait même) se pencher sur tous les domaines de la société. Considérant le nombre de personnes de tous les horizons, il est temps d’ouvrir le débat et d’interagir, tous ensemble, pour la meilleure qualité de vie possible des citoyens de notre Canton. Utopie ?

Ma vision est claire : rendre les citoyens les plus autonomes possibles ! Aider si le besoin est avéré ? Oui. Accompagner vers l’amélioration de la situation de chacun ? Oui. Pousser les citoyens à se réaliser ? Oui. Ma vision, idéalisée ici, permettrait, au plus de personnes possibles, de s’accomplir.

Ceci peut avoir un coût qui doit être analysé avec attention. Une stratégie de bonne facture permettra aux individus qui rencontrent des difficultés de gagner en autonomie et de rester indépendants, engendrant des économies.

La leçon

En cherchant les moyens qui demandent parfois beaucoup d’efforts, mon initiative démontre que l’on peut avoir un impact à tous les niveaux. Ceci est un encouragement de s’investir pour notre société. L’avantage du militantisme pour une cause est de bien connaître le terrain et d’avoir de nombreuses expériences : on est légitime ! Dès lors, partager ses idées et créer des liens est indispensable pour les faire fleurir. Persévérez !

Je remercie Monsieur Pierre Nicollier, député PLR (qui a déposé la motion 2813 le 10 janvier au Grand Conseil à Genève), pour notre collaboration et pour sa confiance.

 

Références :

Personnes handicapées | Office fédéral de la statistique (admin.ch)

RS 0.109 – Convention du 13 décembre 2006 relative aux droits des personnes handicapées (admin.ch)

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 100 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont remises en question.

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