Un amour éternel pour Amanta

Une halte s’est imposée lors de mes vacances aux Pays-Bas. Je ne pouvais décemment pas ne pas rendre visite à ma fidèle jument Amanta qui m’a accompagnée aux Jeux Paralympiques de Rio 2016, le summum de ma carrière équestre.

Quand nous nous sommes quittés

Depuis que j’ai décidé de me reconversion de l’équitation à l’athlétisme en 2018, je n’ai jamais oublié Amanta. Je l’ai gardée le plus longtemps possible auprès de moi. Devant optimiser ma préparation pour le sprint, je n’ai que rarement pu la monter. Conséquence : les coûts étant (trop) élevés, j’ai été contrainte de m’en séparer, le cœur brisé.

La cousine de mon entraîneur de l’époque l’a reprise. Je n’aurais pas pu espérer mieux ! Son départ a eu lieu en mai 2020 dès l’ouverture des frontières pour les transporteurs professionnels (je le raconte dans mon nouveau livre “Tout est possible, d’une situation à l’autre”, éditions Slatkine). Depuis, le temps a passé. La régularité des compétitions d’athlétisme oblige, je n’ai jamais pu me libérer pour la retrouver. Aujourd’hui, j’ai enfin pu la revoir. Émotions.

Nous nous sommes retrouvés

Comme avec Zizz (le cheval avec lequel j’ai eu mon accident; je le raconte dans mon premier livre), les retrouvailles m’ont procuré une immense sensation de bonheur et d’amour. C’était presque comme hier, sauf que dans son quotidien, les habitudes d’Amanta ont changé. A commencer par celles imposées par ses nouveaux propriétaires touchant l’affection qu’ils lui portent. Celles ayant trait aussi au lieu dans lequel elle vit désormais, très adapté.

Cependant, je parle toujours de “ma” jument. J’accepte qu’elle ne m’appartient plus. Je la considère toujours comme un être précieux, Amanta faisant toujours partie de ma vie malgré l’éloignement, et pour toujours. Je suis ravie qu’elle soit entourée par des personnes qui l’aiment et qu’Amanta peut rendre heureuses.

Une nouvelle fin ?

Le moment tant redouté est (trop vite) arrivée. Après avoir longuement échangé avec les membres de “sa” nouvelle famille (on ne s’était jusque-là jamais rencontré, covid oblige), l’heure de se dire au revoir est arrivée. Moment douloureux, j’ai pleuré, mais en même temps, dans ma serre intérieure, je me suis dit qu’Amanta était heureuse là où elle était, dans cette famille qui l’était aussi, à son contact.

Que des souvenirs

Mes émotions étaient naturellement liées à des épisodes vécus par le passé. Revoir Amanta chérie m’a donné une lueur d’espoir et l’envie de renouer quelques instants avec des expériences fortes que nous avons traversées, englobant quelques déboires mais aussi des nombreuses victoires. Faits marquants qui jamais ne s’effaceront. Signe qu’elles m’ont marquées.

Que puis-je en retirer ?

Mon cheval m’a mis sur le droit chemin : en plus d’être mon meilleur ami et mon partenaire de sport, depuis mon accident, il a été un excellent psychologue et médecin. Il m’a rendu autonome et je me suis envolée.

J’ai – encore une fois – réalisé à quel point le passé a eu un impact sur la suite de ma vie : il m’a forgé, transmis des qualités humaines qui m’ont propulsé vers de nouveaux défis.

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 100 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont remises en question.

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