IL N’EST JAMAIS TROP TARD!

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% entre 1970 et 2012. Ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016.

A voir les programmes politiques des principaux candidats à la présidentielle américaine et française, ce constat du WWF est totalement ignoré. Il n'y a donc pas grand chose à attendre des dirigeants des Etats, actuels et futurs. Les solutions? Une lutte sans merci contre tous les prédateurs "humains" guidés par l'appât du gain doit être encouragée et organisée. Mais rien ne sera
efficace sans une prise de conscience des consomm'acteurs que nous sommes tous.

Achats responsables en privilégiant les produits écologiques – notamment les aliments bio – et en écartant systématiquement les produits issus du pillage et du braconnage, habitats le moins énergivores possible, mobilité douce dans nos déplacements autant que faire se peut, gestion responsable de nos déchets, etc. : notre mode de vie doit et peut changer.

Après le "plus avoir" du siècle passé, vient le temps du "plus être", autrement plus exaltant! Il ne s'agit en effet pas de rétrograder mais bien de progresser dans notre évolution individuelle et collective.

La disparition des espèces animales serait le prélude à la disparition de l'humanité. Ce n'est qu'en changeant nos comportements que nous pourrons inverser la tendance à notre auto-destruction. Il n'est jamais trop tard!

 

L’identité nationale comme un fleuve

Le débat sur l’identité nationale qui agite certains pays, et notamment la France, me fait penser à l’histoire d’un fleuve. Qu’il soit la Seine, le Rhône, le Potomac ou le Yangzi Jiang, tout fleuve a une source qui l’identifie clairement. De même, la France, la Suisse, les Etats-Unis ou la Chine sont des pays formant chacun une entité clairement identifiable, même si celle-ci est reliée à une source bien difficile à cerner et dont la « pureté » supposée s’inscrit davantage dans notre imaginaire que dans la réalité.

Plus le fleuve avance et s’étend, plus il se nourrit d’affluents, voire de confluents, qui chacun a son origine propre elle-même alimentée par d’autres rivières. Mais ce fleuve reste fidèle à son nom, à son identité propre, malgré les millions de litres d’eau venus s’accumuler dans son lit. Seine, Rhône, Potomac et Yangzi Jiang n’ont rien perdu de leur originalité.

Influences multiples.

Au fil des siècles, les pays reçoivent eux aussi de multiples influences, que ce soit par le jeu des migrations ou par celui des échanges commerciaux ou culturels. Mais, malgré ces apports incessants, ces millions d’âmes ou d’informations nouvelles, la France reste la France, la Suisse reste la Suisse, les Etats-Unis restent les Etats-Unis et la Chine reste la Chine.

Dans notre fleuve, il devient impossible de savoir si une goutte d’eau vient de la source elle-même ou de tel ou tel affluent. Et pourtant, toutes ces gouttes avancent, inexorablement, vers un destin unique, celui du fleuve. Et elles avancent vers la mer, pour s’y abandonner avant de repartir dans le ciel, par l’effet de l’évaporation, et de revenir sur Terre pour alimenter une nouvelle source.

Dans nos pays, chaque habitant est le résultat d’une suite de rencontres, de croisements, qui se perdent dans la mémoire de l’espace-temps. Alimenté par une kyrielle de sources, chaque citoyen essaie cependant, tant bien que mal, de s’identifier au pays dans lequel il est né ou dans lequel il vit. Et lui aussi progresse, comme un fleuve, il est vrai sans vraiment savoir où, mais il progresse dans sa propre évolution mêlée à celle de ses concitoyens.

Peut-être un jour découvrirons-nous que notre mer (qui est aussi notre mère, Marie, mare nostrum !) dans laquelle nous achevons provisoirement notre course est un océan de fraternité.

Non pas un océan d’uniformité.

Mais un océan d’unité dans la diversité.

 

 

 

 

 

Face à la violence, des câlins gratuits

Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Ken Nwadike, un jeune Afro-Américain, est venu à Charlotte. Non pas pour crier sa rage après la mort de Keith Scott Lamont, un Noir de 43 ans qui a été, selon sa famille, abattu par la police lors d'une bavure sur le parking d'un immeuble.
 
Il n’est pas venu à Charlotte pour braver la police qui tente de faire baisser la tension dans cette ville de Caroline du nord en ébullition depuis plusieurs jours. Il y a sans doute de quoi. Depuis le début 2916, près de 780 personnes ont été tuées par un agent de police aux Etats-Unis. La population afro-américaine est largement majoritaire dans ces chiffres macabres.
 
Ken Nwadike est seulement venu pour serrer les gens dans ses bras. Et notamment les policiers anti-émeutes.
 
Initiateur du Free Hugs Project (le projet des accolades gratuites) après l’attentat du marathon de Boston en 2013, désignant les policiers, il s’est exclamé à la foule des manifestants :
 
"Je les vois comme des êtres humains, tout comme je vous vois, comme des êtres humains. Nous sommes tous humains. Son uniforme [de policier] ne fait pas de lui un robot. Tout comme cet uniforme, votre couleur de peau ne fait pas de vous des criminels ».
 
Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Mais une goute d’eau qui pourrait bien, un jour, submerger l’humanité…
 

 

Ce que Daesh nous révèle de nous-même.

Ces jeunes hommes ou femmes séduits par les sirènes de la mort incarnées par Daesh échappent à notre entendement. Comment est-ce possible ? Comment des adolescents ou des jeunes adultes peuvent-ils si rapidement sombrer dans la plus abominable des barbaries ? Au Moyen-Age, la réponse n’aurait fait aucun doute. C’est l’œuvre du Malin, aurait-on dit. Ce Malin dont la plus grande ruse, de nos jours, est de nous faire croire qu’il n’existe pas. Mais nos esprits cartésiens ont apparemment balayé tous ces « serpents à sornettes » …

Quoi qu’il en soit, je ne peux cesser de m’interroger sur les causes réelles et profondes de l’effroyable basculement des êtres décidés à gagner la Syrie et à semer l’horreur sur la planète. Je ne peux cesser de m’interroger sur les manquements, pour ne pas dire la faillite, de nos propres valeurs. Quel vide avons-nous laissé se creuser dans l’esprit et le cœur de ces filles et garçons pour que ces dernières et derniers en viennent à se remplir d’une telle haine contre les « infidèles » que nous sommes à leurs yeux, convaincus d’avoir enfin trouvé la vérité et un sens à leur vie ?

Le mal, un éveilleur de conscience.

Non, il ne s’agit pas d’entretenir je ne sais quelle culpabilité collective mais d’aller au fond de ce que pourraient nous révéler ces miroirs désespérés de nos propres failles, de nos propres incohérences. Le mal, comme la souffrance, est un éveilleur de conscience. C’est au fond de l’abime que la quête de la lumière, Sa Lumière, se fait toujours plus forte, toujours plus vitale.

Je ne crois pas que les notions de « république », de « citoyenneté » ou de « laïcité », aussi nobles soient-elles, peuvent faire contrepoids à la recherche d’absolu des jeunes qui partent pour le Jihad, manipulés par des forces occultes particulièrement malfaisantes. Notre civilisation a cru bon de ranger toute quête de spiritualité au rayon des accessoires, celui des croyances désuètes. Elle s’est imaginée qu’il suffisait de tisser la Toile des réseaux sociaux, avec sa multitude d’« amis », pour combler notre vide existentiel. Et voilà que les âmes les plus sensibles, donc les plus fragiles, se font maintenant attraper par d’obscurs veilleurs tapis sur la Toile…

Le temps de la psycho-matière.

La spiritualité, notamment véhiculée par des religions hélas trop souvent accrochées à des dogmatismes sclérosants, finira malgré tout, tôt ou tard, par habiter nos vies quotidiennes. Le temps du matérialisme avec son consumérisme exacerbé, sa passion de l’argent, son exaltation de l’homme affranchi de Dieu, ce temps là est révolu. Tout comme l’ancien temps de la spiritualité déconnectée de la réalité matérielle du monde avec ses éternelles attentes d’un au-delà merveilleux, toujours à venir et jamais présent. Vient, ici et maintenant ,  le temps de la « psycho-matière », comme le définissent certains philosophes et scientifiques, le temps de la rencontre des mondes visible et invisible.

Les arts sont sans doute les relais les plus tangibles de cette nouvelle « psycho-matière ». Par le chant, la danse, la musique, le dessin, les arts martiaux, le théâtre, l’Homme peut appréhender de nouvelles dimensions de conscience que de sempiternelles et vains débats d’idées ne parviennent même pas à effleurer.

Respirer à l'école.

Il est grand temps que ces disciplines encore considérées comme secondaires dans l’enseignement primaire et secondaire prennent enfin leur essor. Si dans toutes les classes des écoles les élèves commençaient leur journée à respirer, seulement à respirer en pleine conscience, avec des gestes appropriés, les idées noires, le découragement et le désespoir engendrant haine et violence iraient en s’estompant. Se retrouver avec soi-même, c’est le meilleur moyen de ne pas se perdre avec les autres.

En prenant gout à la vie, par des actes quotidiens qui les élèvent, les jeunes adultes n’auraient sans doute plus le désir de s’évader dans des chimères mortifères. Certains d’entre eux – heureusement encore une toute petite minorité ! – n’éprouveraient plus le besoin de crier que « Dieu est grand », une ceinture d’explosifs autour de la taille, car des germes d’amour et de sagesse auraient envahi les plus petites cellules de leur corps de psycho-matière !

Et si Daesh était le sombre miroir de notre propre vacuité ? En prendre conscience serait déjà un premier pas vers une nouvelle re-naissance …

 

Le déni écologique du monde politique

 

Il ne se passe pas une semaine sans que notre planète lance des signaux d’extrême urgence.

Derniers signaux recensés : les terres vierges disparaissent de la surface de la Terre à un rythme alarmant, soulignent de chercheurs dans une étude. Au moins 10 % des régions sauvages, soit deux fois la superficie de l'Alaska, ont été perdues au cours des deux dernières décennies au profit du « développement humain ». Par ailleurs, selon un rapport de la Banque mondiale, la pollution atmosphérique tue une personne sur dix dans le monde. Enfin, chaque mois qui passe est le plus chaud jamais enregistré et 2016 battra 2015. La fréquence et la gravité des sécheresses, la rapidité et l’étendue de la fonte des glaciers, l’intensité des incendies et inondations, l’étroitesse des liens entre climat et maladies, climat et migrations, climat et violences, tout confirme les prévisions dramatiques du GIEC pour la planète.

Face à ce constat, le niveau de conscience du monde politique est plutôt affligeant.

Aux Etats-Unis, la palme du délire revient au candidat républicain Donald Trump dont la seule présence dans la course à la Maison blanche en dit long sur l’état mental de certains citoyens américains. « Cette très coûteuse connerie de réchauffement climatique doit s’arrêter. Notre planète gèle », écrivait Trump le 2 janvier 2014 sur Twitter, ajoutant un mois plus tard : « Notre pays doit-il dépenser de l’argent pour ce canular ? »

Dieu soit loué, la candidate démocrate semble moins irresponsable. Elle ambitionne en effet de faire des Etats-Unis une « super-puissance des énergies propres » si elle est élue. L’ancienne Secrétaire d’Etat annonce vouloir repenser l’infrastructure énergétique du pays qui dépend fortement du pétrole. Mais – un comble ! –  elle se dit favorable à la fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste et ne semble pas remettre en cause l’extraction d’énergies fossiles sur le sol américain. Comment le pourrait-elle, face aux lobbies pétroliers dont le poids demeure considérable aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde ?

Comme la campagne électorale américaine est largement dominée par les questions de sécurité et d’immigration et les phrases assassines que s’envoient les candidats, l’écologie est la vingt cinquième roue du tricycle.

Même constat en Europe, et notamment en France.

 Les candidats à la présidentielle se soucient comme d’une guigne de l’état de la planète. A l’exception des Verts français qui hélas, en bons loosers flamboyants, ne trouvent rien de mieux que de faire systématiquement cause commune avec une gauche en totale déroute. Coup de chapeau néanmoins à la ministre de l’environnement Ségolène Royal qui continue à défier son premier ministre Manuel Valls sur le dossier des boues rouges toxiques déversées dans la Méditerranée par l’entreprise Alteo. Royal demande que ces rejets soient interdits, Valls s’accroche à l’argument éculé et fallacieux des emplois. Les incohérences caractérisées dans le fonctionnement du gouvernement de François Hollande ne sont plus un scoop.

Et en Suisse ?

Les Verts suisses, dont les Verts français devraient s’inspirer, ont lancé une initiative populaire pour une économie verte sur laquelle le peuple va se prononcer le 25 septembre prochain. Cette initiative vie à réduire l’empreinte écologique de la Suisse de trois à une planète par une gestion durable des ressources naturelles, en inscrivant cet objectif dans la constitution. Il s’agit de transformer notre économie du tout-jetable en économie circulaire avec des produits durables et une revalorisation des déchets comme matières premières.

Diviser notre consommation de ressources par trois en trente ans, c’est impossible clament les opposants à cette initiative qui brandissent le spectre de taxes massives sur l’essence, le mazout, le diesel, les aliments importés, etc.

Les milieux économiques et politiques hostiles à l’initiative sur l’économie verte continent à raisonner comme si les signaux d’urgence décrits plus hauts n’étaient que des chimères. Comme si l’économie de demain pouvait encore fonctionner comme aujourd’hui dans un monde profondément bouleversé. Comme si les flux migratoires engendrés par le réchauffement et le dérèglement climatiques n’allaient pas être sensiblement plus violents que ceux causés aujourd’hui par le terrorisme et les guerres. Lesquelles, d’ailleurs, ont aussi un lien avec l’état de la planète. La raréfaction de l’eau potable n’a par exemple pas fini de susciter des vives tensions, notamment au Moyen-Orient.

A quoi bon la COP 21 ?

Jamais le fossé n’a été aussi grand entre la prise de conscience de certains observateurs avisés de notre planète et la réalité des programmes politiques. A quoi sert l’accord mondial sur le climat, la COP 21, déjà ratifié par Pékin et Washington, si dans tous les Etats concernés ceux qui sont aux commandes ou qui aspirent à l’être ne placent pas la sauvegarde de la planète au tout premier rang de leurs discours, de leurs engagements et de leurs décisions ?

 

 

 

 

 

 

 

Hollande, le référendum et la Suisse

 

Dans son allocution du 8 septembre 2016, François Hollande a notamment fait référence à la pratique du référendum, déclarant :

« Je pense que l'élection, c’est l’occasion de s’adresser au peuple, sans lui poser des questions qui sont parfois détournées. (…)

Si on regarde l'expérience ici ou ailleurs des référendums pour dire finalement : "on a répondu, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on avait compris" ; et que ceux-là mêmes qui appellent à voter pour une direction, qui finit par être choisie, n’ont de cesse que de s’enfuir pour ne pas en tirer les conséquences pour eux-mêmes, épargnons-nous ce simulacre. »

François Hollande faisait sans doute allusion au Brexit…

…A moins que ce soit aussi à la Suisse, avec son initiative populaire du 9 février 2014 « contre l’immigration de masse » !

Smartphone, mon amour

Mon IPhone arrivant en fin de vie, j’ai acquis un autre smartphone, de la célèbre marque sud-coréenne Samsung cette fois. Le smartphone est (hélas ?) un outil indispensable quand on est journaliste. Ce dernier bijou de technologie n’est pas le tout dernier Samsung Galaxy Note 7, celui dont la batterie risque de prendre feu, mais l’un des avant-derniers, qui apparemment n’a pas encore explosé.

Hier, venant tout juste d’installer une application « réveil », j’avais programmé ce dernier à 06h30. Or, à 22h30, j’entendis mon smartphone sonner l’alarme. Quelques minutes après, à ma grande surprise, je vis s’afficher sur l’écran : « Nous vous conseillons de vous coucher à 22h30 ». Horreur ! Encore tout habillé, je n’étais pas du tout prêt à me coucher. Veillant jalousement sur ma santé, et sur les huit heures de sommeil programmées, mon smartphone me donnait un précieux conseil que j’étais bien incapable de suivre. Qu’allait-il m’arriver ? Ma santé était-elle en grand danger ?

Ma santé menacée ?

Mon cœur se mit à battre si fort que je cherchai à en mesurer le rythme. Devais-je m’inquiéter de l’accélération brutale de mes pulsations cardiaques ? Vaine quête. Encore peu à l’aise avec le fonctionnement de mon nouveau smartphone, je ne trouvais aucune application qui aurait pu me donner les informations vitales que je désirais obtenir. Il fallait me rendre à l’évidence : je devrais bel et bien m’en passer.

En désespoir de cause, je m’allongeai pour me calmer quelque peu et commençai à méditer sur la bienveillance de mon smartphone. Quelle merveille, tout de même, ces nouvelles technologies qui se soucient de notre sommeil, de notre alimentation, de notre sécurité, de notre emploi du temps, bref, de notre bien être. Face à un Etat-Providence toujours plus contesté et mis en pièces par un courant planétaire ultralibéral, la Tech-Providence a pris le relai et m’assiste dans les plus petits gestes de ma vie quotidienne.

On ne se prend plus la tête.

Quel confort de se savoir ainsi considéré, soutenu, guidé ! Je suis fatigué, j’ai mauvaise mine, j’ai besoin de repos ? Qu’importe si mes proches ne le voient pas, mon smartphone ou ma montre hyper-connectée sont là pour me réconforter, pour me conseiller. Plus besoin de « se prendre la tête », comme disent les ados, plus besoin de trop réfléchir, plus besoin de chercher à l’intérieur de soi-même la réponse à ses multiples interrogations. Quel soulagement !

Et comme mon smartphone ne me donne aucune indication sur l’état de santé des petites mains qui l’ont fabriqué, notamment sur l’évolution des cancers et leucémies constatés chez certains ouvriers affectés au lavage des semi-conducteurs, je n’ai pas trop de souci à me faire. Tout va bien, Madame la marquise.

Dommage que je ne sois pas citoyen américain. Les yeux fermés, les oreilles bouchées et la bouche muselée, je pourrais voter pour Donald Trump. En toute bonne inconscience. A condition, bien sûr, que mon smartphone me le suggère avec une technologique insistance…