Le phénomène Macron

Il y a ceux, comme François Hollande, qui ont un programme électoral qu'ils ne respectent pas vraiment.

Il y a ceux, plus rares, comme Donald Trump, qui ont un programme électoral qu'ils tentent de respecter à la lettre.

Les uns comme les autres suscitent déception et colère.

Et puis il y a ceux, encore plus rares, comme Emmanuel Macron, qui n'ont pas vraiment de programme électoral. Et qui soulèvent les foules.
 

Mourir à 35 ans

La Suisse romande vient de perdre un Ami.

Il n'avait que 35 ans.

L'âge adulte, celui de la fougue, de l'espoir, de la vie. L'âge où tout ce qui était rêvé devient possible. L'âge où tout ce qui est possible fait encore rêver.

Mourir à 35 ans, quand on a tant d'histoires à raconter, tant de belles expériences à partager, tant de défis à relever!

Mourir à 35 ans, parce qu'on est de trop dans un monde plein de vide…

Emmanuel Macron, l’homme qui dérange.

Etonnants et un brin crispants mes confrères journalistes français qui posent toujours ces mêmes questions à Emmanuel Macron : « Allez-vous participer aux primaires de la gauche ; allez-vous vous retirer si François Hollande est candidat ? ».

N’ont-ils pas compris, ou ne veulent-ils pas comprendre, qu’Emmanuel Macron veut casser ces stéréotypes surannés et datant du siècle passé de « droite » et de « gauche », qu’il veut réellement rassembler les Français autour d’un projet qui, avant d’être le sien, est celui de toutes ces personnes rencontrées depuis des mois ?

Dans un passé qui n’est pas si lointain, un personnage haut en couleur s’est profilé également au-dessus des partis, au-dessus de ces stéréotypes sclérosants de droite et de gauche. C’était Charles de Gaulle.

Bien évidemment, Emmanuel Macron n’est pas de Gaulle. Mais sa démarche n’est pas très éloignée de la sienne.

Les vives et violentes réactions, à droite comme à gauche, suscitées par l’annonce de sa candidature sont révélatrices : l’homme dérange, par sa jeunesse, son enthousiasme, son authenticité.

IL N’EST JAMAIS TROP TARD!

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% entre 1970 et 2012. Ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016.

A voir les programmes politiques des principaux candidats à la présidentielle américaine et française, ce constat du WWF est totalement ignoré. Il n'y a donc pas grand chose à attendre des dirigeants des Etats, actuels et futurs. Les solutions? Une lutte sans merci contre tous les prédateurs "humains" guidés par l'appât du gain doit être encouragée et organisée. Mais rien ne sera
efficace sans une prise de conscience des consomm'acteurs que nous sommes tous.

Achats responsables en privilégiant les produits écologiques – notamment les aliments bio – et en écartant systématiquement les produits issus du pillage et du braconnage, habitats le moins énergivores possible, mobilité douce dans nos déplacements autant que faire se peut, gestion responsable de nos déchets, etc. : notre mode de vie doit et peut changer.

Après le "plus avoir" du siècle passé, vient le temps du "plus être", autrement plus exaltant! Il ne s'agit en effet pas de rétrograder mais bien de progresser dans notre évolution individuelle et collective.

La disparition des espèces animales serait le prélude à la disparition de l'humanité. Ce n'est qu'en changeant nos comportements que nous pourrons inverser la tendance à notre auto-destruction. Il n'est jamais trop tard!

 

L’identité nationale comme un fleuve

Le débat sur l’identité nationale qui agite certains pays, et notamment la France, me fait penser à l’histoire d’un fleuve. Qu’il soit la Seine, le Rhône, le Potomac ou le Yangzi Jiang, tout fleuve a une source qui l’identifie clairement. De même, la France, la Suisse, les Etats-Unis ou la Chine sont des pays formant chacun une entité clairement identifiable, même si celle-ci est reliée à une source bien difficile à cerner et dont la « pureté » supposée s’inscrit davantage dans notre imaginaire que dans la réalité.

Plus le fleuve avance et s’étend, plus il se nourrit d’affluents, voire de confluents, qui chacun a son origine propre elle-même alimentée par d’autres rivières. Mais ce fleuve reste fidèle à son nom, à son identité propre, malgré les millions de litres d’eau venus s’accumuler dans son lit. Seine, Rhône, Potomac et Yangzi Jiang n’ont rien perdu de leur originalité.

Influences multiples.

Au fil des siècles, les pays reçoivent eux aussi de multiples influences, que ce soit par le jeu des migrations ou par celui des échanges commerciaux ou culturels. Mais, malgré ces apports incessants, ces millions d’âmes ou d’informations nouvelles, la France reste la France, la Suisse reste la Suisse, les Etats-Unis restent les Etats-Unis et la Chine reste la Chine.

Dans notre fleuve, il devient impossible de savoir si une goutte d’eau vient de la source elle-même ou de tel ou tel affluent. Et pourtant, toutes ces gouttes avancent, inexorablement, vers un destin unique, celui du fleuve. Et elles avancent vers la mer, pour s’y abandonner avant de repartir dans le ciel, par l’effet de l’évaporation, et de revenir sur Terre pour alimenter une nouvelle source.

Dans nos pays, chaque habitant est le résultat d’une suite de rencontres, de croisements, qui se perdent dans la mémoire de l’espace-temps. Alimenté par une kyrielle de sources, chaque citoyen essaie cependant, tant bien que mal, de s’identifier au pays dans lequel il est né ou dans lequel il vit. Et lui aussi progresse, comme un fleuve, il est vrai sans vraiment savoir où, mais il progresse dans sa propre évolution mêlée à celle de ses concitoyens.

Peut-être un jour découvrirons-nous que notre mer (qui est aussi notre mère, Marie, mare nostrum !) dans laquelle nous achevons provisoirement notre course est un océan de fraternité.

Non pas un océan d’uniformité.

Mais un océan d’unité dans la diversité.

 

 

 

 

 

Face à la violence, des câlins gratuits

Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Ken Nwadike, un jeune Afro-Américain, est venu à Charlotte. Non pas pour crier sa rage après la mort de Keith Scott Lamont, un Noir de 43 ans qui a été, selon sa famille, abattu par la police lors d'une bavure sur le parking d'un immeuble.
 
Il n’est pas venu à Charlotte pour braver la police qui tente de faire baisser la tension dans cette ville de Caroline du nord en ébullition depuis plusieurs jours. Il y a sans doute de quoi. Depuis le début 2916, près de 780 personnes ont été tuées par un agent de police aux Etats-Unis. La population afro-américaine est largement majoritaire dans ces chiffres macabres.
 
Ken Nwadike est seulement venu pour serrer les gens dans ses bras. Et notamment les policiers anti-émeutes.
 
Initiateur du Free Hugs Project (le projet des accolades gratuites) après l’attentat du marathon de Boston en 2013, désignant les policiers, il s’est exclamé à la foule des manifestants :
 
"Je les vois comme des êtres humains, tout comme je vous vois, comme des êtres humains. Nous sommes tous humains. Son uniforme [de policier] ne fait pas de lui un robot. Tout comme cet uniforme, votre couleur de peau ne fait pas de vous des criminels ».
 
Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Mais une goute d’eau qui pourrait bien, un jour, submerger l’humanité…
 

 

Ce que Daesh nous révèle de nous-même.

Ces jeunes hommes ou femmes séduits par les sirènes de la mort incarnées par Daesh échappent à notre entendement. Comment est-ce possible ? Comment des adolescents ou des jeunes adultes peuvent-ils si rapidement sombrer dans la plus abominable des barbaries ? Au Moyen-Age, la réponse n’aurait fait aucun doute. C’est l’œuvre du Malin, aurait-on dit. Ce Malin dont la plus grande ruse, de nos jours, est de nous faire croire qu’il n’existe pas. Mais nos esprits cartésiens ont apparemment balayé tous ces « serpents à sornettes » …

Quoi qu’il en soit, je ne peux cesser de m’interroger sur les causes réelles et profondes de l’effroyable basculement des êtres décidés à gagner la Syrie et à semer l’horreur sur la planète. Je ne peux cesser de m’interroger sur les manquements, pour ne pas dire la faillite, de nos propres valeurs. Quel vide avons-nous laissé se creuser dans l’esprit et le cœur de ces filles et garçons pour que ces dernières et derniers en viennent à se remplir d’une telle haine contre les « infidèles » que nous sommes à leurs yeux, convaincus d’avoir enfin trouvé la vérité et un sens à leur vie ?

Le mal, un éveilleur de conscience.

Non, il ne s’agit pas d’entretenir je ne sais quelle culpabilité collective mais d’aller au fond de ce que pourraient nous révéler ces miroirs désespérés de nos propres failles, de nos propres incohérences. Le mal, comme la souffrance, est un éveilleur de conscience. C’est au fond de l’abime que la quête de la lumière, Sa Lumière, se fait toujours plus forte, toujours plus vitale.

Je ne crois pas que les notions de « république », de « citoyenneté » ou de « laïcité », aussi nobles soient-elles, peuvent faire contrepoids à la recherche d’absolu des jeunes qui partent pour le Jihad, manipulés par des forces occultes particulièrement malfaisantes. Notre civilisation a cru bon de ranger toute quête de spiritualité au rayon des accessoires, celui des croyances désuètes. Elle s’est imaginée qu’il suffisait de tisser la Toile des réseaux sociaux, avec sa multitude d’« amis », pour combler notre vide existentiel. Et voilà que les âmes les plus sensibles, donc les plus fragiles, se font maintenant attraper par d’obscurs veilleurs tapis sur la Toile…

Le temps de la psycho-matière.

La spiritualité, notamment véhiculée par des religions hélas trop souvent accrochées à des dogmatismes sclérosants, finira malgré tout, tôt ou tard, par habiter nos vies quotidiennes. Le temps du matérialisme avec son consumérisme exacerbé, sa passion de l’argent, son exaltation de l’homme affranchi de Dieu, ce temps là est révolu. Tout comme l’ancien temps de la spiritualité déconnectée de la réalité matérielle du monde avec ses éternelles attentes d’un au-delà merveilleux, toujours à venir et jamais présent. Vient, ici et maintenant ,  le temps de la « psycho-matière », comme le définissent certains philosophes et scientifiques, le temps de la rencontre des mondes visible et invisible.

Les arts sont sans doute les relais les plus tangibles de cette nouvelle « psycho-matière ». Par le chant, la danse, la musique, le dessin, les arts martiaux, le théâtre, l’Homme peut appréhender de nouvelles dimensions de conscience que de sempiternelles et vains débats d’idées ne parviennent même pas à effleurer.

Respirer à l'école.

Il est grand temps que ces disciplines encore considérées comme secondaires dans l’enseignement primaire et secondaire prennent enfin leur essor. Si dans toutes les classes des écoles les élèves commençaient leur journée à respirer, seulement à respirer en pleine conscience, avec des gestes appropriés, les idées noires, le découragement et le désespoir engendrant haine et violence iraient en s’estompant. Se retrouver avec soi-même, c’est le meilleur moyen de ne pas se perdre avec les autres.

En prenant gout à la vie, par des actes quotidiens qui les élèvent, les jeunes adultes n’auraient sans doute plus le désir de s’évader dans des chimères mortifères. Certains d’entre eux – heureusement encore une toute petite minorité ! – n’éprouveraient plus le besoin de crier que « Dieu est grand », une ceinture d’explosifs autour de la taille, car des germes d’amour et de sagesse auraient envahi les plus petites cellules de leur corps de psycho-matière !

Et si Daesh était le sombre miroir de notre propre vacuité ? En prendre conscience serait déjà un premier pas vers une nouvelle re-naissance …