Du ministère de l’impossible aux impossibles ministères

Premier ministre français de la protection de la nature et de l’environnement de 1971 à 1974, Robert Poujade a écrit un livre au titre choc: “Le ministère de l’impossible”.

Ses successeurs ont tous pu constater qu’un tel ministère transversal n’était jamais pris au sérieux. Nicolas Hulot vient d’en faire l’amère expérience.

Sauf que, cette fois, l’urgence écologique est telle qu’au ministère de l’impossible vont désormais se succéder d’impossibles ministères si les questions environnementales ne deviennent pas, dans chacun d’eux, une priorité absolue.

Le même constat va finir par s’imposer partout dans le monde, y compris en Suisse, dans les cantons comme dans la Confédération au sein de ses départements fédéraux. Ce sera une question de survie. Ni plus ni moins.

Après Nicolas Hulot, la bouteille à la mer?

« Il faut continuer de sensibiliser, d’expliquer, de montrer que nous n’avons plus le choix et que nous devons urgemment accélérer la transition qui a démarré (…) C’est pourquoi je veux placer la nouvelle écologie au coeur de la politique qui sera menée en France au cours des prochaines années, et au coeur des politiques que développera l’Union européenne ».

Emmanuel Macron, dans son livre Révolution, XO Editions.

« Words, words, words » (Shakespeare)

Les nouveaux inquisiteurs

(Publié dans Echo Magazine du 22 août 2018)

Vous éprouvez quelque inquiétude quant à l’avenir d’un enfant élevé par un couple de même sexe car, comme l’écrit lucidement l’écrivain et poète Christian Bobin dans Le Très Bas (folio), «il est bon pour l’enfant d’avoir ses deux parents, chacun le protégeant de l’autre: le père pour le garder d’une mère trop dévorante, la mère pour le garder d’un père trop souverain».

Vous vous interrogez sur le bienfondé de la procréation médicalement assistée (PMA) anonyme, et notamment de son extension – actuellement discutée – aux femmes seules et aux couples de même sexe, au-delà du couple homme-femme stérile ou non conjugal. Ne pas connaître ses origines, ne serait-ce donc pas une nécessité vitale? Si la filiation n’était qu’une affaire sociale et non biologique, comment expliquer la quête effrénée de tous ceux qui sont à la recherche de leur véritable géniteur?

Vous craignez que la Gestation pour autrui (GPA) n’ouvre la voie à une marchandisation de la vie humaine. De manière générale, vous regrettez que les techniques de fécondation artificielle évacuent tous les échanges aussi fondamentaux que subtils qui se tissent entre la mère et son enfant durant les neuf mois de grossesse.

Vous déplorez que l’avortement, au lieu d’être pratiqué dans des cas exceptionnels comme le viol ou la mise en danger de la vie de la mère, soit désormais banalisé malgré les souffrances psychologiques, trop souvent inavouées, qu’il inflige à la femme, sans parler de ce que pourrait éventuellement ressentir une âme venant s’incarner.

Vous ne comprenez pas que l’on parle de «changement de sexe» quand un transsesexuel subit une opération chirurgicale car les nouveaux soi-disant organes masculins ou féminins greffés ne sont que des simulacres d’organes génitaux sans aucune fonction reproductive.

Si vous affichez ouvertement ces doutes, sachez que vous prenez le risque d’être considéré, au mieux comme un «catho retardé», au pire comme un «facho patenté». Par qui? Par les nouveaux inquisiteurs pardi!

Toujours plus nombreux, avec les mots «amour, tolérance, liberté, évolution» à la bouche, les nouveaux inquisiteurs auront vite fait de vous culpabiliser. Si leurs bûchers ne brûlent plus les corps physiques, comme au Moyen-Âge, ils crament les esprits réfractaires de tous ceux coupables, à leurs yeux, de ne pas s’aligner sur ce qui est désormais devenu la pensée unique. Celle qui, en encourageant les dérives enferme, au nom de la liberté, méprise, au nom du respect, les femmes et les hommes de notre temps en quête d’authenticité.

A ma petite-fille Marie

(Publié dans Echo Magazine du 25 juillet 2018)

Yverdon-les-Bains, mercredi 27 juillet 2050 – Marie, ma chère petite-fille, si j’éprouve le besoin de t’écrire cet hologramme, c’est parce que je pressens la fin d’une longue histoire. A 96 ans, ce n’est pas un drame de passer de l’autre côté du miroir, après une vie aussi riche et intense! Je me souviens que lorsque tu étais encore jeune adulte, face aux ravages provoqués par notre climat devenu fou, aux migrations de millions de miséreux en quête d’une terre hospitalière, aux pandémies décimant une partie notre humanité, à l’effondrement des espèces animales, tu m’as demandé, éplorée, pourquoi tu étais venue au monde. «C’est toi qui l’as choisi», t’avais-je répondu. Je me souviens encore de ton air étonné, comme si une voix intérieure te confirmait mes dires.

Tu as donc choisi, ma chère Marie, de construire un autre monde dont on voit aujourd’hui les premières réalisations. Qui aurait imaginé, il y a à peine trente ans, qu’un gouvernement mondial composé de sages, élus pour leur niveau de conscience spirituelle, se chargerait de gérer les affaires d’une dimension internationale, comme le règlement des différends et la protection du vivant dont les forêts jadis massacrées sont la précieuse mémoire? Qui aurait imaginé qu’une police planétaire intervienne, par un devoir d’ingérence universellement reconnu, pour remettre de l’harmonie là où la tentation du pouvoir engendre misère et désolation?

Qui aurait encore imaginé qu’au sein des Etats et des régions un maximum de compétences serait dévolues aux communautés locales, autonomes dans leur organisation, vivant d’une agriculture biodynamique dans des habitats organiques, dotés d’énergies renouvelables, privilégiant la mobilité douce? Ces communautés, liées entre elles en intenses réseaux, s’échangent désormais leurs savoirs, leurs expériences. Une nouvelle économie symbiotique capable de faire vitre en harmonie les êtres humains et les écosystèmes a remplacé la vieille économie de pillage planétaire et social.

Qui aurait imaginé, enfin, un bouleversement de notre éducation, fondement de la pérennité de notre humanité? Les activités artistiques (danse, musique, arts graphiques, etc.) ont désormais la même importance que les mathématiques ou les langues. La nouvelle alliance des arts, de la science et des religions se noue dès l’enfance, par une éducation de l’être et non plus de l’avoir. A toi de cheminer dans cette voie. Celle des vivants. Bien affectueusement, ton grand-père Philippe.

 

 

Comment financer la presse en Suisse romande?

La tempête qui souffle sur les journaux de Tamedia, et qui n’épargne désormais plus aucun titre de presse, pose une fois de plus la question du financement de cette dernière.

Comment s’en sortir?

Sans avoir la moindre prétention d’offrir la solution, voici quelques pistes:

Quand je vois les sites de la RTS, de Franceinfo ou de la BBC, qui mélangent l’écrit, l’audio et la vidéo, les nouvelles brèves avec les longues analyses, je me dis qu’il est bien difficile de régater avec de tels sites. Leur seul point faible, et de taille, c’est l’absence d’un regard très local de l’actualité. C’est là où les journaux « traditionnels » ont encore toute leur place. Faire ce que les autres ne font pas, c’est la seule manière de s’en sortir d’un point de vue rédactionnel. Ce qui n’exclut pas, bien évidemment, une couverture de l’actualité nationale, économique et internationale, mais à la seule condition d’avoir un regard journalistique vraiment original. Sinon, cela n’a aucun intérêt.

Approche multimédia

Dans tous les cas, une approche multimédia me semble indispensable. Comme la télévision n’a pas tué le cinéma, l’audio-visuel et le WEB ne vont pas tuer l’écrit. Et cela d’autant plus qu’il y a toujours au sein de la population un besoin d’une information plus fouillée, avec des analyses en profondeur et une perspective historique qui font défaut dans l’événementiel. Le plus long doit côtoyer le plus court, le plus rapide le plus lent.

Comme il est de moins en moins possible de compter sur le soutien d’un grand groupe de presse, deux voies de financement sont à explorer:

Financement participatif

Si le public tient vraiment à tel média, qu’il le prouve non seulement en s’abonnant au titre de son choix mais aussi en en devenant actionnaire-propriétaire. Hélas, je ne suis pas certain que cette formule, eu égard à l’étroitesse du bassin en Suisse romande, soit suffisante à long terme.

Financement public

C’est pourquoi je suis aussi favorable à une aide publique de la presse. Comme les paysans bio en Suisse, dont la mission et le rôle sont considérés comme toujours plus indispensables et qui, sans aide directe, ne pourraient survivre, les journaux devraient aussi bénéficier d’une aide directe, compte tenu de leur vocation de service public.

Car ces médias ont bel et bien une place indispensable dans notre société, eu égard au foisonnement des réseaux sociaux qui nous abreuvent de nouvelles, vraies ou fausses, sans le recul et le discernement que l’on attend d’une démarche journalistique. La presse, dans son ensemble, a bel et bien une vocation de service public.

 Indépendance affichée, indépendance réelle

Quant à la prétendue mainmise de l’Etat sur une presse subventionnée, je n’y crois pas. Pour avoir travaillé dix ans au sein de la SSR (ex-Radio Suisse Internationale et Radio Suisse Romande), je n’ai jamais constaté un quelconque diktat étatique, cantonal ou fédéral. C’est un mythe.

En revanche, j’ai pu observer qu’il ne serait sans doute pas aisé, dans un média appartenant à un groupe privé, de publier par exemple un article incendiaire sur l’horlogerie la veille de Baselworld ou sur l’automobile, la veille du Salon de l’auto. Mécontents de certains articles leur étant défavorables, de grands groupes horlogers n’ont pas hésité dans le passé à boycotter la publicité de leurs marques pendant des mois, ce qui a causé des préjudices aux média concernés. Pire que la censure, l’autocensure…

Financement par des fondations

A cette aide publique dont les modalités resteraient à définir (Qui en bénéficierait ? De quelle manière ? Extension de la redevance ? Autre redevance ou taxe ?), le mécénat n’est pas à exclure. Par le jeu de fondations d’utilité publique, il serait sans doute possible de trouver des sources de financement intéressantes.

L’avenir de la presse multimédia c’est peut-être une combinaison de plusieurs sources de financement. Mais toutes devront répondre à un réel besoin, affirmé et affiché par la population, d’avoir encore et toujours des médias de qualité.

 

 

 

La gloire des Etats-nations

Une fois de plus, le Mondial 2018 a mis en lumière les Etats-nations avec leurs drapeaux et leurs fervents partisans au cœur battant!

Car même si les footballeurs sont nombreux à être binationaux, même s’ils se connaissent presque tous pour jouer dans des clubs la plupart du temps étrangers à leur pays d’origine et de passeport, même si tout le monde sait cela, il n’empêche que la ferveur patriotique est à son comble lors du Mondial.

Il y a apparemment un besoin viscéral à se rattacher à ses propres racines, celles qui nous font vibrer, qui nous font vivre une mémoire collective et partagée, parce qu’il y a des raisons que la raison elle-même ne connaît pas.

L’Europe des nations

Concernant l’Europe, celle des nations  – à laquelle de Gaulle faisait référence –  semble bien loin de s’effacer au profit d’une Europe supranationale qui touche certains esprits sans vraiment toucher les cœurs.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille bazarder une construction européenne aussi nécessaire que laborieuse. Mais cela signifie que l’uniformité, qui n’a rien d’organique, n’aura jamais sa place dans la cité des hommes.

L’unité dans la diversité

L’unité dans la diversité, c’est sans doute la seule règle qui vaille. A sa manière, spontanée et brut de décoffrage, le jeu du ballon rond nous le rappelle dans un bel élan d’enthousiasme général.

 

 

 

Quand Migros nous raconte des salades

Voilà une publicité qui en dit long sur l’état de notre société.

Dans leur tentative d’humour, les publicitaires de Migros encouragent encore un peu plus la déchirure de l’homme d’avec le monde réel.

Laver sa salade serait donc un geste fastidieux. Mieux vaudrait laisser les professionnels s’en charger et emballer le tout dans du plastique.

Ainsi, nous aurions le loisir de nous plonger dans une méditation et de « retrouver une harmonie intérieure ». Juste avant de nous enfiler notre salade à toute vitesse et de laisser le plastique encombrer un peu plus nos décharges ou nos océans.

Economisons nos gestes, économisons notre temps…économisons la vraie vie ?

Je nous invite plutôt à laver notre salade en retrouvant notre harmonie intérieure, ou à retrouver notre harmonie intérieure en lavant notre salade…cultivée dans notre jardin ou achetée au marché !

Une certaine idée de l’Afrique

L’Afrique, un ensemble de « pays de merde », selon Donald Trump…

…Mais

L’Afrique c’est aussi le chant de cet enfant dans un champ éthiopien. D’une puissance et d’une pureté magiques. Alors en reportage pour la RTS, je n’osais le lui voler avec mon enregistreur. Jusqu’au moment où, m’apercevant, un homme à l’autre bout du champ fit signe à l’enfant de chanter de plus belle. Pour faire danser les épis de teff.

L’Afrique c’est aussi le regard de ce chef de village m’accueillant dans sa grande hutte, à l’occasion d’un autre reportage au Burkina Faso. Une rivière d’amour et de respect dans ce seul regard, accueillant l’étranger venu lui rendre visite. Pour lui transmettre sa « con-naissance ».

L’Afrique ce sont aussi ces paroles d’Amadou Hampâté Bâ, écrivain et ethnologue malien, rencontré à Abidjan, capitale économique de la côte d’Ivoire. C’est lui l’auteur du célèbre appel lancé au Conseil exécutif de l’UNESCO : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».

Quand je vis Amadou Hampâté Bâ dans la pièce principale de sa maison aux murs blancs et à l’ameublement réduit à l’essentiel, il parlait à un jeune homme. Il lui demanda ce que ce dernier voyait sur le sol, dans le rai de lumière que la porte d’entrée entrouverte laissait échapper.

– Il n’y a rien, fit le jeune homme.

– Regarde bien. En es-tu certain ?

– Oui, il n’y a rien.

– Et cela, qu’est-ce que c’est ?

– Un minuscule gravier.

– Et cela ?

-Une brindille.

-Et cela ?

-Une fourmi.

-Alors, fit Amadou Hampâté Bâ, il y a dans ce petit espace les règnes minéral, végétal et animal, et toi tu me dis qu’il n’y a rien ?

C’est aussi cela, l’Afrique…

 

 

La symbolique de la crèche de Noël

Philosophe et pédagogue, Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986), que j’ai rencontré plusieurs fois dans le passé en France, jette ici lors d’une conférence improvisée un regard insolite sur le sens symbolique de la crèche de Noël. Il se réfère notamment à l’Evangile de saint Luc. En voici un extrait :

(…) ” La naissance de Jésus doit être comprise dans les trois mondes, c’est-à-dire comme un phénomène historique, comme un phénomène psychique, mystique, et enfin comme un phénomène cosmique. Aujourd’hui, c’est surtout le phénomène mystique qui m’intéresse. Dans son récit de la naissance de Jésus, saint Luc n’a retenu que les images des événements qui se répètent dans chaque être humain, et c’est sur ces images symboliques que nous allons nous arrêter. Pour que l’enfant naisse, il faut un père et une mère. Le père, Joseph, représente notre intellect, et à un niveau supérieur, notre esprit. La mère, Marie, c’est notre cœur, et à un niveau supérieur, notre âme. Quand le cœur et l’âme sont purifiés, alors l’enfant naît ; mais il ne naît pas de l’intellect et de l’esprit, il naît du Saint Esprit, cette pure flamme qui vient féconder l’âme et le coeur  humains. L’intellect et l’esprit représentent le principe masculin en nous, qui prépare les conditions pour que le Saint Esprit prenne possession du principe féminin, le cœur et l’âme, afin de mettre au monde l’Enfant-Christ.

Le symbole de la pauvreté.

Quand Marie et Joseph ont voulu chercher refuge dans une hôtellerie, il n’y avait plus de place pour eux ; cela veut dire que les humains qui sont occupés à manger, à boire et à s’amuser, n’ont jamais de place pour l’être qui a reçu l’enfant divin. Cet enfant est déjà conçu en lui comme une lumière ; cela peut être un idéal, une idée qu’il nourrit, qu’il chérit … Mais où aller maintenant avec cet enfant ? Personne ne lui ouvre la porte, c’est-à-dire personne ne le comprend. Mais voilà, il y a une étable. Cette étable, avec la crèche, est un symbole, et d’abord le symbole de la pauvreté, de la difficulté des conditions extérieures. Oui, pour l’homme que l’Esprit habite, ce sera toujours ainsi : son entourage ne l’appréciera pas, ne le recevra pas. Mais grâce à la lumière qu’il projette au-dessus de la crèche, d’autres le verront de loin et viendront le visiter.

L’étoile à cinq branches.

Cette lumière, représentée par l’étoile à cinq branches, est une réalité absolue. Elle brille au-dessus de la tête de tous les Initiés dont le principe féminin, c’est à dire l’âme et le cœur, a mis au monde l’Enfant-Jésus conçu de l’Esprit Saint. Et à ce moment-là, l’intellect, Joseph, au lieu d’être jaloux et de répudier Marie comme un homme grossier, en criant : « Cet enfant que tu as mis au monde n’est pas de moi, va-t-en ! »… doit s’incliner et dire : « C’est Dieu qui a effleuré le cœur et l’âme de Marie. Moi, je ne pouvais pas le faire ». Donc, l’intellect ne doit pas se révolter et se mettre en colère, mais comprendre correctement en disant : « Il y a là quelque chose qui me dépasse », et garder Marie. Répudier Marie, c’est répudier la moitié de son être et devenir comme ceux qui, sous l’empire exclusif de l’intellect, ont banni le côté réceptif, toutes les qualités de douceur, d’humilité, d’intuition. Beaucoup ont répudié Marie parce qu’elle aimait recevoir la visite du Saint Esprit…

Il faut que vous compreniez que Marie et Joseph sont des symboles de la vie intérieure : ceux qui ont répudié Marie se sont desséchés et ils n’ont plus que l’intellect qui disloque, qui critique, qui est toujours mécontent. Mais vous voyez, Joseph au contraire a respecté Marie, il l’a gardée avec lui, il a dit : « Oh, elle attend un enfant. Bien sûr, ce n’est pas moi le père, mais je la protégerai parce qu’elle a besoin de mon appui ».

Et que représente l’étoile ?

C’est un phénomène qui se produit inévitablement dans la vie d’un véritable mystique, d’un véritable Initié : au-dessus de sa tête apparaît une étoile, un pentagramme lumineux. Et puisque « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », ce pentagramme doit exister doublement. D’abord, l’homme lui-même est un pentagramme vivant ; et ensuite, en haut dans le plan subtil, quand il a développé en plénitude les cinq vertus ; la bonté, la justice, l’amour, la sagesse et la vérité, un autre pentagramme le représente sous forme de lumière.  Cette étoile qui brillait au-dessus de l’étable signifie qu’une lumière émane de chaque Initié qui possède le Christ vivant. Cette lumière est aperçue de loin par d’autres, et ils sentent que quelque chose de spécial se manifeste à travers cet être. Ce qui se manifeste, justement, c’est le Christ, et à ce moment-là, tous ceux qui représentent des autorités, tous ceux qui sont puissants et riches viennent auprès de lui. Et même les grands chefs religieux qui s’imaginent être au sommet, sentent eux aussi qu’il leur manque quelque chose, qu’ils ne sont pas arrivés à ce degré de spiritualité, et ils viennent s’instruire, ils viennent s’incliner et apporter des présents.

Les trois Rois Mages.

Alors, voilà la raison de la présence des Rois Mages auprès de l’Enfant-Jésus : « Des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent : Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer ». Ces Mages étaient des chefs religieux dans leur pays respectif. Ils sont venus parce qu’ils ont senti cette lumière. Et comme ils étaient astrologues, en observant dans le ciel certaines configurations exceptionnelles, ils en avaient conclu qu’il devait se produire quelque événement extraordinaire sur la terre. La naissance de Jésus correspond donc aussi à un phénomène qui s’est produit dans le ciel il y a deux mille ans.

D’après la tradition, les Rois Mages qui étaient au nombre de trois : Melchior, Balthazar et Gaspard, apportèrent à l’Enfant Jésus l’or, l’encens et la myrrhe, et chacun de ces présents est symbolique ; l’or qu’apportait Melchior signifiait que Jésus était roi : la couleur or est la couleur de la sagesse, dont l’éclat brille au-dessus de la tête des Initiés comme une couronne de lumière. L’encens apporté par Balthazar signifiait que Jésus était prêtre ; l’encens représente le domaine de la religion, c’est à dire aussi du cœur, de l’amour. Et la myrrhe qu’apportait Gaspard, est un symbole d’immortalité : on se servait de la myrrhe pour embaumer les corps et les préserver ainsi de la destruction. Ces présents ont donc un rapport avec les trois domaines de la pensée, du sentiment et du corps physique. Chacune st aussi lié à une séphira ; la myrrhe à Binah, l’éternité ; l’or à Tiphéreth, la lumière ; et l’encens à Hessad, la dévotion.

L’étable avec le bœuf et l’âne.

Occupons-nous maintenant de l’étable, dans laquelle la tradition a placé un bœuf et un âne. Aucun autre animal n’est mentionné dans cette étable, seulement un boeuf et un âne. Pourquoi ? Depuis des siècles on répète cette histoire sans la comprendre, parce que la clé du symbolisme universel est perdue. L’étable représente le corps physique. Et le bœuf ? Vous savez que dans l’Antiquité le taureau (ici il faut rapprocher évidemment le bœuf et le taureau) a toujours été considéré comme le principe de la génération. En Egypte, par exemple, le taureau Apis était le symbole de la fertilité et de la fécondité. Le boeuf est sous l’influence de Vénus et il représente la force sexuelle. L’âne, lui est sou l’influence de Saturne ; il représente la personnalité, c’est à dire la nature inférieure de l’homme, ce que l’on appelle le vieil Adam, têtu, buté, mais bon serviteur. Et voilà que ces deux animaux étaient là pour servir Jésus. Mais le servir comment ? C’est maintenant que je vais vous révéler quelque chose d’essentiel.

Quand l’homme commence à travailler pour se perfectionner, il entre en conflit avec les forces de la personnalité et celles de la sexualité. Et l’Initié, justement, est celui qui est arrivé à maîtriser ces deux forces et à les mettre à son service. Oui, vous voyez, il les met à son service, il ne les anéantit pas, il ne doit pas les anéantir. La preuve, si ces deux animaux étaient là, présents, c’est qu’ils étaient utiles. Et que faisaient-ils ? Ils soufflaient sur l’Enfant Jésus, ils le réchauffaient de leur souffle. Donc, quand l’Initié arrive à transmuer l’âne et le bœuf en lui et à les mettre à son service, ils viennent ensuite réchauffer et vivifier l’enfant nouveau-né de leur souffle. Non seulement ces forces ne sont plus là pour le tourmenter, mais elles deviennent des forces bénéfiques. Le souffle, c’est déjà la vie. Vous voyez, le souffle de l’âne et du bœuf est une réminiscence du souffle par lequel Dieu a donné l’âme au premier homme. L’âne et le bœuf ont servi l’Enfant Jésus ; cela signifie que tous ceux qui possèdent le Christ en eux seront servis par les forces de la personnalité et de la sexualité, car ce sont des forces extraordinairement utiles si on peut les atteler à un travail.

L’ange.

Ensuite un ange est apparu aux bergers qui possédaient cette étable ; ils gardaient leurs troupeaux dans les champs, et quand l’ange leur a annoncé la nouvelle de la naissance de Jésus, ils ont été émerveillés ; ils ont pris des agneaux et les ont apportés en offrande à l’enfant. Cela signifie que tous ceux qui possèdent des actions sur le corps physique, c’est-à-dire les esprits familiaux, réincarnés ou non, et qui ont des richesses (ces richesses sont ici symboliquement représentées par les brebis, les agneaux et les chiens) sont avertis. Ils sont avertis parce qu’ils ont participé à la formation de cette étable (le corps physique) et alors ils arrivent tous en disant : « Nous n’avions jamais pensé que nous aurions un honneur pareil dans notre étable ! » Donc, tous les esprits familiaux, qu’ils soient dans l’au-delà ou sur la terre, reçoivent la nouvelle qu’un événement splendide s’est passé dans votre cœur et dans votre âme, et alors ils viennent aussi s’incliner et vous apporter des présents. Oui, le monde entier se met au service de l’Enfant. Mais tant que vous ne l’avez pas fait naître, ne comptez pas qu’on vienne vous servir, ni les anges chanter la gloire de Dieu auprès de vous. Car les anges ne viennent chanter que pour célébrer la naissance du principe divin.

Le centre Hara.

Pourquoi Jésus, le fils de Dieu, devait-il naître dans une crèche, sur la paille, et non dans un magnifique berceau, dans la chambre d’une demeure vaste et somptueuse ? Là encore, ce détail est symbolique. Et vous comprendrez dans quel endroit de notre corps se trouve cette crèche si vous vous souvenez des conférences que je vous ai faites sur le centre Hara : je vous ai expliqué quel rôle peut jouer ce centre dans la vie spirituelle pour celui qui sait travailler avec lui. Si son nom, Hara, un mot japonais qui signifie ventre, montre que ce centre, situé à quelques centimètres au-dessous du nombril, est surtout connu au Japon, en réalité il était connu de tous les Initiés du passé et c’est de lui que parle Jésus quand il dit ; « De son sein jailliront des fleuves d’eau vive… » Ce « sein » c’est le centre Hara : c’est là que se trouve la crèche où doit naître le Christ entre le boeuf et l’âne, c’est-à-dire entre la rate et le foie.

Vous êtes étonnés, je le vois, vous croyez que c’est dans votre tête que Jésus naîtra. Avez-vous vu un enfant naître du cerveau de sa mère ? Non, Eh bien, il faut s’arrêter là-dessus pour réfléchir. Le ventre, les entrailles, on trouve cela dégoûtant, mais voilà que le Seigneur a choisi justement cet endroit pour que l’humanité se perpétue. Et c’est là aussi, dans le centre Hara, que le disciple doit faire naître en lui cette nouvelle conscience ; l’Enfant Christ.

L’Enfant divin en nous.

Rien n’est plus important que de travailler à faire naître l’Enfant divin en nous. A ce moment-là, la terre et le Ciel chanteront ; des quatre coins du monde des êtres comprendront qu’une nouvelle lumière est née et ils viendront nous visiter et nous apporter des présents. Bien sûr, il y aura Hérode (il y a toujours eu des Hérode) qui sera furieux et qui, voulant tuer Jésus, demandera aux Rois Mages : « Aller,  renseignez-vous  sur cet enfant, et quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir pour que, moi aussi, j’aille l’adorer ». Mais heureusement, il y aura aussi un ange qui viendra donner des avertissements, comme celui qui a dit à Joseph : « Prends l’enfant et sa mère et fuis en Egypte, parce qu’Hérode va le faire chercher pour le tuer. » Un ange du Seigneur vint donc auprès des Rois Mages pour leur dire de ne pas retourner auprès d’Hérode, et ils repartirent dans leur pays par un autre chemin. Cela signifie que tous ceux qui viendront auprès de Jésus, auprès du principe christique, ne pourront pas retourner par le même chemin, ils devront prendre une autre direction”.

 

 

 

Notre-Dame-des-Landes ou l’heure de vérité

(Avec lesechos.fr et ouestfrance.fr) Faut-il réaménager l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique ou le déménager sur les terres agricoles et les bois autour de Notre-Dame-des-Landes (NDDL)? Ces deux options sont « raisonnablement envisageables », estiment les trois experts nommés par le gouvernement pour l’aider à décider de la suite ou non du projet controversé.

Dans le rapport qu’ils ont remis mercredi matin à Edouard Philippe, ils « confirment l’absence de solution parfaite, chaque option apparaissant marquée par au moins un handicap significatif sur un critère particulier », l’environnement et l’étalement urbain pour le projet de Notre-Dame-des-Landes, les nuisances sonores « significatives » pour l’aménagement de Nantes-Atlantique.

Nicolas Hulot fidèle à ses convictions.

Nicolas Hulot n’a pas changé d’avis et fait de NDDL l’un des axes forts de sa politique en matière d’écologie. La victoire du « oui » au référendum de 2016 ? Pas un argument valable, selon lui. « Chacun sait que ce référendum a été fait en dépit du bon sens, sur un territoire qui n’est pas représentatif. Il fallait faire une consultation plus large. »

Le ministre d’Etat de la transition écologique et solidaire préfère placer son engagement au-dessus de ce vote. « Je n’ai pas changé d’un iota dans mes convictions, dans ma détermination », martèle-t-il lorsqu’on lui demande s’il est obligé d’avaler des couleuvres à la suite de ses nouvelles fonctions.

Ce que l’Histoire retiendra.

Commentaire : Oui ou non Nicolas Hulot est-il un ministre d’Etat « primus inter pares » ? Oui ou non le président Emmanuel Macron considère-t-il la transition écologique et solidaire comme la clé de voûte de toute sa politique ? Ce sera bientôt l’heure de vérité. Dans tous les cas de figure, le président suscitera des levers de boucliers. Dans tous les cas de figure, on criera à l’irresponsabilité, à la trahison, au mépris, etc.

Que l’Histoire, la seule qui compte finalement, ne retienne que cela : la France avait en 2018 un président qui menait VRAIMENT une politique COHERENTE en faveur de la planète en péril, par des gestes concrets et symboliques, clairs et nets, en pleine conscience de ses responsabilités!