Amour, Sagesse et Vérité

Je vous souhaite à toutes et à tous une belle ÉVOLUTION pour l’année 2022 !

Une belle évolution ?

C’est une bonne dose d’Amour et de Sagesse dont le fruit est la Vérité.

Plus il y a de Sagesse et d’Amour dans nos vies, plus nous nous approchons de la Vérité, sans jamais vraiment l’atteindre, à l’image des asymptotes…

L’Amour (inconditionnel), la Sagesse et la Vérité, le Triangle de la Joie !

 

Image : Vitrail de La Chapelle de Notre Dame des Marches dans le canton de Fribourg en Suisse.

 

Noël…oh, le vilain Mot!

 « Joyeux Noël à tous ! »

Oups ! Pardon ! Je vous demande pardon. Dans la culture woke, ce variant qui désormais domine la pensée occidentale, le mea culpa est un passage obligé. Mille fois pardon, donc. J’aurais dû écrire :

 « Joyeux Noël à tou·te·s.x.y.ω ! »

Pour les non-initiés, y et ω sont des mutations non encore élucidées. Il n’est jamais trop tôt pour anticiper.

Mais je sens que certain.e.s.x.y.ω  d’entre vous sont encore choqué.e.s.x.y.ω

Ah je vois! C’est le mot « Noël » qui pose problème.  Encore pardon. J’aurais dû écrire :

« Joyeuses fêtes à tou·te·s.x.y.ω  ! »

D’ailleurs, la Commission européenne a cru bon de rédiger un document interne qui contenait une série de recommandations destinées à communiquer de manière « inclusive ». Ce document, adressé aux fonctionnaires de l’institution, préconisait notamment de ne pas souhaiter « Joyeux Noël », préférant la formule « joyeuses fêtes » considérée comme « plus ouverte et plus inclusive pour les personnes qui ne célèbrent pas Noël ».

Eu égard à la vive polémique suscitée par ce texte, notamment au sein du Vatican, la Commission européenne l’a semble-t-il finalement retiré. Elle a peut-être réalisé qu’exclure – toutes les personnes pour qui Noël a un sens – sous prétexte d’inclure celles qui ne le fêtent pas, c’était peut-être digne d’un langage de Shadoks, ces créatures anthropomorphes à l’apparence d’oiseaux rondouillards et au vocabulaire très limité fondé sur quatre syllabes : Ga, Bu, Zo, Meu.

Mais revenons à nos moutons. Que dire, comment s’exprimer à quelques jours de Noël ?

Il y a quelques années, une enseignante dans un collège d’Yverdon-les-Bains décidait de mettre fin à un calendrier de l’Avent. Traditionnellement, tous les jours s’ouvrait une petite fenêtre avec un présent destiné aux élèves. L’une d’entre elles, de confession musulmane, s’était vu interdire par sa mère de recevoir quoi que ce soit en relation avec l’Avent. En conséquence, l’enseignante avait tout simplement décidé de renoncer à préparer Noël, au grand regret de tous les autres élèves.

Fêter Noël dans sa dimension chrétienne semble donc poser un sérieux problème à certaines personnes qui ont oublié les racines mêmes de notre civilisation, profondément inspirée et modelée par l’héritage chrétien dont elle tire ses principales valeurs.

Il y a plus de trente ans, en décembre 1990, j’interviewais pour le magazine Bilan le Sheikh Ahmed Zaki Yamani, alors propriétaire de la marque horlogère Vacheron Constantin. La deuxième guerre du Golfe était en préparation. Après cet entretien, tous les ans, l’ancien ministre saoudien du pétrole avait la délicatesse de me souhaiter un joyeux Noël par courrier postal, en tirant du Coran des passages où il était notamment question de Jésus et de Marie. Cet authentique musulman, aujourd’hui décédé, n’avait visiblement pas la retenue de notre enseignante yverdonnoise à propos de Noël…

Pour conclure, je n’ai aucune peine à vous souhaiter, à toutes et à tous, un

                                                                                   

                                                                                      « Joyeux Noël » !

 

 

Joyeuse pauvreté

Lorsqu’il y a une quarantaine d’années je découvris le domaine de la Grant’Part, à Jongny dans le canton de Vaud, je fus émerveillé par ce lieu alors habité par cinq sœurs clarisses. Un écrin de verdure aux multiples essences, une chapelle apaisante dans laquelle murmure une source goutte à goutte, de belles et insolites collections de livres : comment ne pas être séduit par cette trinité naturelle, cultuelle et culturelle ? Je me demandai alors comment des moniales de l’Ordre des sœurs pauvres de sainte Claire pouvaient vivre dans un tel luxe. Fulgurante fut la réponse de mère Marie des Anges : « La pauvreté, ce n’est pas ne rien posséder, c’est ne rien s’approprier ».

Aujourd’hui, les quatre Clarisses de ce « petit lieu où Dieu a grand part » continuent à offrir aux pèlerins de tous âges les meilleures conditions d’un ressourcement physique, psychique et spirituel, tout en vivant dans la plus grande simplicité. Le « luxe » de leur environnement est avant tout un cadeau offert aux visiteurs. Il convient dès lors de ne pas confondre la pauvreté avec la misère. Si ces moniales ne connaissent pas la misère matérielle, elles ont bel et bien choisi la pauvreté en ne s’accaparant aucune richesse.

Et si nombre de nos malheurs venaient précisément de cette fâcheuse tendance que nous avons à prendre pour nous ce qui ne nous appartient nullement ? A commencer par la Terre dont nous exploitons sans vergogne le sous-sol, les forêts, les océans, les rivières, la faune et la flore, comme si cette planète qui nous a été confiée n’était pas un être vivant à respecter. Ce besoin de possession se reflète aussi dans nos rapports avec nos proches, de manière il est vrai plus subtile. N’y a-t-il pas une volonté cachée d’appartenance dans des expressions telles que « mon » mari, « ma » femme, « mes » enfants, comme si ces proches nous appartenaient ?

C’est peut-être ce qu’a voulu exprimer Jésus, cité par Luc, quand il dit : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sɶurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple ». Ces paroles apparemment incompréhensibles et choquantes nous invitent en vérité à aimer autrement, à dépasser les liens de la filiation et du sang pour explorer la fraternité universelle. Quitter le monde de l’avoir pour nous plonger dans celui de l’être, c’est faire l’apprentissage de la pauvreté, comme celle de ces sœurs clarisses dont le dépouillement choisi nous ouvre les portes d’une authentique joie.

 

 

 

Magie méditerranéenne

Après deux années de création et de concerts en Suisse romande, les cinq troubadours de Fronda gravent leur premier CD. Ils nous invitent à les suivre dans six voyages au cœur du bassin méditerranéen. Une aventure musicale où la fougue côtoie la tendresse, où le sage rencontre le fou.

 Majarie Méditerranée : c’est le titre du nouvel album de Fronda. Majarie, en dialecte sicilien, signifie « magie ». Celle que nous inspire la Grande bleue, où viennent se déverser et se fondre les âmes des peuples qui l’entourent.

Folklore méditerranéen revisité

Parmi les six pièces chantées et jouées par Hélène Pelourdeau (chant), Valérie Bernard (violon), Massimo Laguardia (percussions et chant), Mario Ciurlia (guitare) et Stéphane Plouvin (accordéon) figurent trois œuvres issues du folklore méditerranéen : Ajde Jano, la Tarantella Montemaranese, et la Pizzica Capricciosa di Aradeo, une tradition singulièrement revisitée par Fronda. Les deux dernières font référence à la tarentelle et à sa dérivée, la pizzica : une thérapie par le son et le geste, dans les Pouilles, qui jusque dans les années 1950 avait vocation de guérir des personnes atteintes de maux mystérieux, qui n’étaient d’ailleurs pas toujours causés par une morsure de tarentule !

Si l’enracinement dans la pizzica perdure, les artistes la font voyager à travers leur héritage jazzeux (notamment celui de Stéphane) ou classique (celui de Valérie et Hélène).  Ainsi, dans la Tarantella Montemaranese, à la danse traditionnelle de la ville de Montemarano (province d’Avellino) vient se greffer un délicat menuet très classique dans une ambiance festive. Dans la Pizzica Capricciosa di Aradeo, le 24ème Caprice de Paganini magistralement interprété par Valérie engendre une série de variations, que de courtes danses et des chicaneries viennent enrichir. Une vraie piqure de tarentule que la musique semble vouloir guérir par une sorte d’homéopathie bienfaisante ! Quant à Ajde Jano, elle s’enracine dans une autre tradition, celle des Balkans. Avec son rythme à sept temps et sa mélodie envoutante dont le mode prend des allures orientales, la chanson exprime le désir de tout quitter, de tout vendre pour ne faire que danser.

Compositions originales de Fronda

Les trois autres pièces, Luna Piena, Koan et Faccia di Brogna sont des compositions écrites par les artistes de Fronda.  Luna Piena (auteur : Mario Ciurlia, compositeur : Stéphane Plouvin) est un clin d’œil à la musique du film de Fellini E la nave va. Inattendue, la mélodie surgit comme dans la scène de la harpe de verre, dans les cales d’un bateau. La surprise, dans le refrain, vient de ces deux voix aux timbres si différents : celle de Massimo, naturellement projetée et celle d’Hélène, finement ciselée par des années de chant lyrique. La cohabitation des univers sonores, c’est en quelque sorte l’ADN de Fronda qui recherche en permanence l’unité dans la diversité.

Du zen à la rébellion

Fronda, c’est aussi le fruit des expériences les plus intimes des artistes. A l’image de Koan , une œuvre écrite et composée par Mario Ciurlia, adepte du zen. Dans la culture zen, le koan est une phrase paradoxale destinée à nous faire réaliser les limites de notre logique et dont le but est de nous éveiller à un autre état de conscience. « Comme un son qui naît au fond de toi ».

Quant à la chanson  Faccia di Brogna (Auteurs: M. Laguardia – M. Incudine, compositeur : M. Laguardia), elle se veut une métaphore satirique pour dénoncer, à travers un rituel carnavalesque, les crimes des politiciens, des mafieux et toutes les laideurs des hommes, elle colle assez bien avec le rebelle Massimo.

Une joie intime et secrète

Il n’y a cependant aucune rancœur, aucune violence dans les six pièces de Majarie Méditerranée. Une joie intime et secrète finit toujours par l’emporter à leur écoute. Comment en serait-il autrement ? La Méditerranée, mère du monde, malgré les outrages que les hommes lui infligent, continue à nous faire rêver, toujours prête à enfanter dans le chant de ses vagues une nouvelle conscience planétaire.

Photo: Frédéric Roland.

Les CDs sont en vente sur le site de Fronda www.fronda.ch et aussi lors du vernissage de l’album, le 31 octobre 2021, à 17h30 à l’Oriental de Vevey, ainsi qu’au prochain concert du 13 novembre 2021, à 19h30, également à L’Oriental de Vevey. Un passe sanitaire valide est exigible à l’entrée.

 

 

Le point Oméga

Dans ma vie de jeune adulte, j’ai été fasciné par la théorie de l’évolution du jésuite et paléontologue Pierre Teilhard de Chardin. Le fait qu’au cours des millénaires, par le jeu de ce qu’il appelait la « complexité conscience », atomes, molécules, cellules se sont organisés pour donner naissance aux règnes minéral, végétal, animal puis finalement humain, au bout de la chaîne, cette perspective me ravissait. D’autant plus que, toujours selon Teilhard, au fur et à mesure de leur déploiement sur la planète, les hommes tendraient naturellement et biologiquement à se rapprocher et à se socialiser. Autrement dit, l’humanité finirait par devenir un tout organique, une réflexion collective unique, dont le terme idéal serait une parfaite communauté de pensée et d’amour. Le point Oméga serait ainsi le sommet de la pyramide évolutive, le point ultime de la conscience planétaire. Dans cette perspective, la vie, la mienne comme celle des êtres humains, avait un sens. Je baignais, comme chacun d’entre nous, dans cette nappe pensante, la « noosphère », où l’amour énergie s’accumulait.

Mais quand je vois aujourd’hui comment cette humanité s’y prend pour dérégler le climat, détruire les écosystèmes, se complaire dans des jeux de pouvoir et de domination politique, économique et militaire, ou faire de l’argent la référence suprême, je me demande si Teilhard ne s’est pas fourvoyé. Même dans un pays comme la France de ma jeunesse, considérée jadis comme la fille aînée de l’Eglise, que reste-t-il de sa vocation spirituelle, elle qui a même oublié que ses valeurs chrétiennes étaient le fondement même de ses fameuses valeurs républicaines ?

Vers un nouvel état de conscience ?

 e Pourtant, c’est plus fort que moi, je ne parviens pas à me désespérer. Est-ce à cause de l’énergie d’amour de la Terre que dégage cette jeune paysanne lancée dans l’agriculture biodynamique ? Est-ce à cause de la fougue passionnée de ce jeune danseur, de l’enthousiasme silencieux de ce chercheur réalisant une découverte majeure, de l’abnégation sans borne de ce médecin sans frontière qui se porte au secours des victimes de la guerre ? Tous ces gestes du quotidien que nous montrent les médias dans le flot d’une actualité démoralisante ne viennent-ils pas enrichir la « noosphère », comme des éclats de lumière projetés dans une matière chaotique ? Ces gestes nous révèlent qu’au-delà des effondrements dont nous sommes les acteurs-observateurs, l’humanité vit peut-être un accouchement, certes douloureux mais annonciateur d’un nouvel état de conscience. Des petits gestes aussi insignifiants et grandioses à la fois que les lumières de la Voie lactée. (Publié dans Echo Magazine du 6 octobre 2021)

 

Le revenu de transition écologique intéresse Genève

Après avoir pris ses premières racines dans les cantons de Vaud et du Jura, le Revenu de transition écologique (RTE) pourrait bien s’implanter dans le canton de Genève. Sur une initiative de l’Hospice général, un premier groupe de travail vient d’être validé. En font partie notamment des représentants de la ville de Meyrin, de l’Office cantonal de l’emploi, de l’Office de l’action, de l’insertion et de l’intégration sociales, ATD Quart Monde Suisse, la chambre de l’économie sociale et solidaire APRÈS-GE et la Fondation Zoein.

« Ce groupe de travail va faire des propositions concrètes pour que des porteurs de projets concernant les emplois de demain viennent de la société civile, et pas seulement des bureaux d’ingénieurs ou des start-up » a souligné Sophie Swaton, présidente de Zoein, lors d’un débat organisé lundi soir à Genève par Alternatiba 2021.

Vaud et Jura également intéressés

Les parlements vaudois et jurassien ont déjà demandé aux gouvernements des deux cantons, par la voie de postulats, d’étudier la possibilité de mettre en place un revenu de transition écologique. Le RTE est un dispositif comprenant un revenu versé à des personnes physiques en contrepartie d’activités orientées vers l’écologie et l’impact sociétal. Soutenues et accompagnées dans leur projet de transition en durabilité, ces personnes doivent par ailleurs adhérer à une structure démocratique (association, coopérative d’activité) qui favorise leur intégration sociale.

A l’heure du réchauffement climatique dont on ressent déjà les effets dévastateurs, de nouvelles activités et des reconversions professionnelles indispensables dans de nombreux domaines devraient pouvoir bénéficier d’un tel outil au service de la collectivité.

Le RTE fait l’objet d’une expérimentation dans plusieurs territoires en France, notamment à Grande Synthe dans le Nord et dans la Haute vallée de l’Aude.

 

 

 

Au bûcher!

Fini, le temps des bûchers ? Allons donc ! Certes, il ne s’agit plus de brûler physiquement qui que ce soit. Au XXIème siècle, les bûchers sont purement psychologiques. Ils ne suppriment aucune vie mais font bien comprendre à ceux dont la pensée est politiquement incorrecte qu’ils se mettent en marge de la société dont ils ne reconnaissent pas la soi-disante « inéluctable évolution ». Quelques exemples :

Vous en avez assez d’entendre clamer à longueur de propagande qu’une fois vaccinés contre le coronavirus nous pourrons vivre « comme avant », alors que c’est précisément en vivant « comme avant » que la planète ne pourra bientôt plus empêcher une grave pénurie d’eau, de nourriture, de graves inondations, des canicules ainsi qu’une extinction accélérée des espèces. Et cela bien avant 2050, comme le dévoile dans son dernier rapport le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : alors, au bûcher !

Vous en avez assez d’entendre parler de droits humains, de droits de la femme et de l’enfant sans que jamais ne soit mentionnés les devoirs des uns et des autres, alors qu’il n’y a pas de droits sans devoirs et qu’à force d’éliminer les seconds nous faisons la part belle à l’irresponsabilité collective et à la perpétuelle victimisation de notre société : alors, au bûcher !

Vous en avez assez des discours de pédagogues qui nous vantent les vertus d’une éducation favorisant la créativité et l’imagination de l’enfant comme de l’adolescent, alors que la danse, la musique, le théâtre et les arts graphiques sont toujours considérés comme des matières secondaires. Vous pensez qu’elles devraient être au cœur de l’enseignement scolaire et universitaire d’une société favorisant l’être et non l’avoir : alors, au bûcher !

Vous en avez assez des mirages mis en scène par les fascinés de la technologie qui s’imaginent que cette dernière va nous faciliter la vie alors qu’elle nous l’emprisonne en nous déconnectant du vivant. C’est le cas des techno-fanas de la 5G qui, avec la complicité aveugle des gouvernants, érigent leurs antennes sans se soucier des conséquences écologiques et sanitaires d’un système dont l’utilité réelle reste à démontrer : alors, au bûcher !

Vous en avez assez de ces publicités mensongères qui flattent notre striatum au mépris de notre conscience d’être humain, comme les images de pseudo-liberté véhiculées par cette bagnole qui nous transporte dans des paysages de rêve, alors qu’en réalité nous sommes devenus ses esclaves inconditionnels : alors, au bûcher !

Mais n’ayons pas peur de ces nouveaux bûchers. Viendra le temps du retour de flamme. Résistance ! (Chronique diffusée dans Écho Magazine)

 

 

Pensées positives

Auteur du livre 2034: un récit de la prochaine guerre mondiale,  l’amiral américain James Stavridis estime dans un récent entretien à la RTS qu’un conflit nucléaire entre la Chine et les États-Unis, dont les désaccords sont nombreux notamment à propos de Taïwan, est « très probable » même avant 2034. A la question de savoir si nous avions vraiment besoin d’un tel message en ces temps de grande inquiétude, l’ancien commandant des forces de l’OTAN en Europe répond que sa démonstration permet de déconstruire ce futur que nous ne voulons pas, de faire de « l’ingénierie inverse » qui consiste à éviter le type de résultat qu’il décrit dans son livre. Vraiment?

Certes, la raison nous dit qu’il vaut mieux être prévenu à temps d’un prochain désastre que de s’endormir face au danger qui menace, comme ce fut le cas juste avant la seconde Guerre Mondiale. Mais une telle attitude, aussi «raisonnable» soit-elle, a son revers. A force de laisser se répandre dans l’espace-temps des pensées de violence et de guerre, ces dernières s’amplifient jusqu’à devenir une réalité tangible. «Les pensées sont des entités vivantes, relevait le philosophe et pédagogue bulgare Omraam Mikhaël Aïvanhov dans l’une de ses nombreuses conférences. Certaines meurent assez vite, alors que d’autres subsistent très longtemps. Cela dépend toujours de la puissance avec laquelle elles ont été formées (…) Celui qui laisse sa tête, son âme, son cœur ouverts à tous les vagabonds de l’espace, sera leur victime. Inversement, celui qui sait comment se préparer intérieurement, ne peut attirer que des influences bénéfiques qui viendront l’accompagner pour l’inspirer et le réjouir sans arrêt».

Dès lors, sans pour autant tomber dans la naïveté, il est peut-être conseillé de se pencher sur une récente étude réalisée par l’Université de Pennsylvanie. Dans cette expérience, un premier groupe de personnes a visionné trois minutes d’actualité déprimante avant de partir au travail. Un deuxième groupe a fait le même exercice mais en savourant d’heureuses histoires. A la fin de la journée, le niveau d’anxiété du premier groupe était supérieur de 27% à celui du deuxième. Notre cerveau est naturellement programmé pour se focaliser sur le danger, commente le psychiatre Patrick Lemoine dont les propos ont été recueillis par France 2. Cela empire si nous sommes passifs lors d’un événement tragique face auquel nous nous sentons impuissants. Nous déclenchons des réactions endocriniennes et chimiques qui peuvent attaquer les organes comme l’estomac ou le cœur. Pour notre santé personnelle et celle de l’humanité, cultivons plutôt les pensées positives ! (Chronique publiée dans L’Écho Magazine du 2 juin 2021).

 

 

Les arbres, pour nous relier à l’essentiel

Du cèdre du Liban de la Place d’Armes au séquoia géant du parc d’Entremonts en passant notamment par les marronniers blancs et les pins sylvestres, Yverdon en Transition (YET) nous invite à redécouvrir quelques-uns des plus beaux arbres de la ville. Jeudi 17 juin 2021, de 18h00 à 19h30, Ernst Zürcher nous accompagne lors d’une promenade riche en découvertes pour émoustiller nos sens et nos méninges. Ce célèbre forestier est notamment l’auteur du livre Les Arbres entre visible et invisible (2016, Actes Sud) et le coréalisateur du documentaire La Puissance de l’arbre. Projeté en salle ou visionné en VOD, ce film nous révèle les aspects insoupçonnés de ces gardiens du temps que sont les arbres et dont l’existence nous est indispensable.

Pourquoi une telle visite guidée ? Parce que les grands arbres qui mettent des décennies, voire des siècles, à atteindre une taille respectable ne sont précisément toujours pas respectés comme ils le devraient. Trop souvent cloisonnés dans un espace restreint alors qu’ils ont un besoin vital d’enracinement en terre profonde et d’épanouissement dans l’espace, trop souvent considérés comme de simples éléments de décoration alors qu’ils représentent la mémoire vivante de l’humanité, les grands arbres méritent qu’on les observe, qu’on les écoute, qu’on les touche avec la plus grande bienveillance.

Ernst Zürcher nous dira à quel point les arbres sont des bienfaits pour la santé. Un séjour en forêt a par exemple des effets très positifs sur les personnes souffrant d’anxiété ou de troubles cardiaques. Dans une ville comme Yverdon-les-Bains, ils ont un pouvoir réparateur des nuisances engendrées par un trafic automobile devenu hélas omniprésent. Héros de la résilience dans un environnement qui deviendra toujours plus rude avec le dérèglement climatique, les grands arbres sont de véritables maîtres de la gestion de l’eau. En période de canicule, il n’y a pas de meilleurs rafraîchisseurs d’air ! Comme les organes d’un être vivant, ils sont dépendants les uns des autres et font vivre harmonieusement un corps tout entier, celui de la forêt. Certes, il n’est pas question de forêt en ville, mais il est cependant possible et indispensable d’entretenir des couloirs arborisés, seuls garants de la biodiversité végétale et animale.

Ingénieur forestier diplômé de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich, chercheur et enseignant, Ernst Zürcher a aussi une formation de fromager ! Durant toute sa vie, il a toujours cherché à concilier les connaissances académiques avec le savoir-faire artisanal, la matière grise de l’intelligence avec la matière blanche de l’intuition. Avec lui s’ouvre l’histoire, parfois mythique, de chaque arbre rencontré. Une histoire qui nous plonge dans les racines de notre avenir.

Pour vous inscrire : https://yverdonentransition.ch/events/les-arbres-pour-nous-relier-a-lessentiel/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-nouvelles-de-yet_6

 

 

 

 

Vivre comme avant?

« Vivement que tout le monde soit vacciné, que l’on en finisse avec ce coronavirus et que l’on revive comme avant ! » C’est la ritournelle planétaire dont nous sommes abreuvés quotidiennement. Vivre comme avant, vraiment ? Nous savons désormais que 60% des maladies humaines existantes sont zoonotiques, c’est-à-dire issues du monde animal, et 75% des maladies émergentes le sont aussi. Les virus, bactéries ou parasites sautent la barrière d’espèces pour infecter l’être humain. En octobre 2019, un groupe de 22 experts internationaux de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) estimait à 1,7 million le nombre de virus non découverts actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux. Plus de 800 000 d’entre eux pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains.

Si une forte biodiversité permet de « diluer » les virus dans la variété des espèces sauvages, a contrario une perte de celle-ci est une aubaine pour les nouveaux virus. Aux États-Unis, constate Benjamin Roche, éco-épidémiologiste membre de l’IPBES, la maladie de Lyme transmise par les tiques progresse en flèche dans les régions où la biodiversité est la plus détruite. En Afrique, le virus Ebola s’est propagé tout particulièrement dans les zones déforestées car les chauve-souris originaires des écosystèmes forestiers sont contraintes de se déplacer de plus en plus près des villes et villages. Voilà pourquoi le monde a déjà connu six pandémies depuis 2000, contre seulement une par siècle en moyenne précédemment.

A quoi sert dès lors de se faire vacciner à tour de bras si la préservation des écosystèmes ne devient pas une priorité absolue ? En Suisse, la biodiversité est soumise à une très forte pression. Les habitats des animaux comme des plantes sont fortement altérés, non seulement par une agriculture intensive non biologique mais aussi par une boulimie de bétonnage et de bitumage. Il y avait donc un lien logique entre les pandémies et la volonté des militants écologistes de bloquer le projet d’extension de la carrière du cimentier Holcim sur la ZAD de la colline du Mormont (VD). Pour toute destruction du vivant, nous paierons un prix toujours plus élevé.

D’heureuses initiatives se multiplient heureusement. Toujours en Suisse, agricultrices et agriculteurs travaillent main dans la main avec des bénévoles du WWF. Ensemble, ils plantent des haies et des vergers, entretiennent des prairies et des pâturages, installent des nichoirs, etc. Les amoureux de la vie, sous les feux ou non de l’actualité, n’ont pas capitulé. Et nos autorités ? (Chronique publiée dans L’Écho Magazine du 7 avril 2021)