Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet – Août 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Australie: Une ferme solaire géante pour vendre l’électricité à … Singapour
– Automobile: TESLA, Nikola, Nio explosent leurs valeurs boursières
– USA: Delta Airlines avait acheté une raffinerie pour son propre kérosène: gros flop!
– France: Le lobby automobile censure une publicité pour un vélo électrique
– Norvège: Transition de la compagnie pétrolière en compagnie énergétique
– Ile Maurice: Grosse marée noire par un tanker japonnais
– Alaska: Le permafrost se réchauffe, une compagnie pétrolière veut le refroidir.


(Deux mois c’est… long. Cette version est abrégée, mais pour les courageux, vous retrouvez l’entier de la revue sur 2000Watts.org)

Installez-vous confortablement, ça commence!

Calme assez plat pour le baril. Il semble que durant les vacances, le pétrole soit parti en vacances. Certains l’ont aperçu sur les plages de l’Île Maurice alors qu’il n’avait rien n’a y faire là!

A Londres, le Brent est allé se coucher à $45,53 ($41,75 fin juin) et à New York, il attend, avec impatience, le nom du nouveau président. Il passe la barre des 40 à 42,81 ($39,07 fin juin).

 

 Graphique du mois
La Bourse atteint des records


Graphique Nasdaq. Investir.ch, commentaires Thomas Veillet

 

Marée noire

Le tanker pétrolier de l’armateur japonnais Nagashiki Shipping, le MV Wakashio, s’est échoué sur un récif de l’île Maurice et a déversé 1 million de litres de fioul sur les côtes et les plages touristiques.

Au total, le vraquier contenait 3,8 millions de litres et une grande partie de sa cargaison a pu être retirée des cales avant qu’il ne se scinde en deux.

Les 2/3 avant de l’épave ont été amenés en haute mer pour être sabordés avec les 90’000 litres restants. En logique financière, il est plus efficace de couler un bateau au large que de nettoyer les côtes.

 

Pétrole

A l’image du fromage Emmental, le monde dénombre 55’350 forages pétroliers dans sa croute, au plus bas depuis l’an 2000 et -23% (71’946) par rapport à 2019 selon Rystad Energy. L’agence norvégienne n’anticipe pas une prochaine remontada avant 2025 (certainement à cause du départ de Leo Messi de Barcelone).

Depuis l’attaque du coronavirus, 7 des plus grandes majors pétrolières (BP, Shell, Chevron, Total, Repsol, Eni, Equinor) ont diminué de 87 milliards $ la valeur de leurs actifs (Lire: Le Dilemme des Compagnies Pétrolières).

 

OPEP

En 2019, les membres de l’OPEP ont généré pour 564,9 milliards $ de ventes de pétrole contre 692,3 milliards en 2018. Imaginons que l’on puisse se passer de pétrole et de clubs de foot, que pourraient bien faire les pays importateurs avec une cagnotte de 600 milliards $ par an?

Cette année, la demande pétrolière devrait chuter à 91,9 millions b/j loin de la barre des 100 de 2019 selon l’Agence Internationale de l’Energie.

 

Finance

Wall Street suit à la lettre les recommandations de santé et garde une grande distance avec la … réalité.

Le Nasdaq (technologie) bat record sur record et le S&P500 (entreprise) termine au plus haut de tous les temps ce qui permet aux 12 plus gros milliardaires de cumuler 1’000 milliards $. Les plans de soutien, les injections de liquidité par les banques centrales et les taux zéros déversent des milliards là où il n’y a pas besoin.

La crise de 2008 avait favorisé les Banques, la crise de cette année, c’est le shadow banking qui touche le jackpot. La confiscation des richesses par les riches conduira-t-elle pas à une évolution ou une révolution?


Evolution de la richesse des 12 personnes les plus riches de la planète
entre mars et août 2020, en milliards $

 

Climat

La hausse de la concentration de CO2 est 10 fois plus rapide que lors des périodes de réchauffement précédentes sur 800’000 ans selon une étude de l’Université de Berne, Suisse.

En outre, la hausse historique la plus importante était de 15 ppm (parts par million) alors qu’aujourd’hui, cette hausse est réalisée en 6 ans !

 

Automobile électrique

Le monde automobile électrique et la bourse marchent sur la tête. TESLA, qui n’a vendu que 100’000 voitures au deuxième trimestre, a vu sa capitalisation boursière grimper à plus de 410 milliards $ soit presque 6 fois sa valeur avant l’arrivée du coronavirus.

Du côté de NIO, le constructeur chinois vaut 8 milliards $ alors qu’ils n’ont vendu que 14’000 voitures électriques. Workhorse vaut 1,2 milliards $ (+1’200%) depuis mars n’a pas encore vendu de voitures et Nikola atteint les 18 milliards $ (+350%) avec zéro vente au compteur.

 

 

Le top 3 du Hit Parade

Australie

Le gouvernement se lance dans l’Australia-ASEAN Power Link, qui est l’un des projets de renouvelable parmi les plus ambitieux dans le monde, d’où la première place dans ce classement.

Ainsi, des panneaux photovoltaïques vont générer de l’électricité, qui sera revendue à Singapour, à travers un câble sous-marin de plus de 4’000 km. Sur la distance, les pertes sont estimées entre 4 et 10%. D’un coût de 16 milliards $, il pourrait être en opération dès 2027 pour 3’000 GW soit l’équivalent de 9 millions de toits solaires. Durant la construction 1’500 emplois seront créés et 350 durant les opérations. Actuellement, le plus long câble électrique, en construction se trouve entre la Norvège et l’Angleterre. Il entrera en fonction dès l’année prochaine.

Le gouvernement de New South Wales a approuvé la construction, pour 12,8 milliards $, d’une installation à hydrogène afin d’approvisionner Sydney dès 2025. Les énergies propres produiront l’hydrogène pour alimenter les véhicules et les besoins électriques des habitations afin de couvrir les 10% des besoins en électricité. Là aussi, il est question d’emplois et d’indépendance par rapport aux voitures électriques chinoises.

 

Etats-Unis

Les élections américaines impactent non seulement les américains mais également le reste du monde. Du côté des démocrates, Kamala Harris est à un battement de coeur de Joe Biden de devenir la première femme présidente. Pour cette rubrique mensuelle, Trump ou Biden fera l’affaire car ils sont tous les deux une source inépuisable de pataquès en tout genre.

L’extraction pétrolière américaine a touché son pic avec 13 millions b/j et serait actuellement dans la zone des 11,3 millions. Qui sera le prochain président et quel sera sa stratégie avec les énergies fossiles? Ces deux questions agitent l’industrie.

La plus grosse pétrolière américaine, ExxonMobil, s’est fait sortir de l’indice boursier américain du Dow Jones pour se faire remplacer par Salesforce. Le manque de potentiel haussier explique cette décision. Depuis 5 ans, l’action a perdu la moitié de sa valeur et les perspectives ne sont pas roses.

En Alaska, ConocoPhillilps prévoit d’extraire 590 millions de barils de pétrole. Mais le réchauffement climatique fait fondre le permafrost et s’enfoncer les constructions ainsi que certaines routes. La compagnie pétrolière étudie la possibilité de refroidir le sol afin de le garder gelé. Nous vivons une époque formidable!

L’entreprise de services pétroliers, Halliburton annonce une perte de 1,7 milliards $ durant le 2ème trimestre. Le PDG, Jeff Miller, pense que ça ira mieux dès septembre. Depuis mars, 99’253 emplois ont été supprimés aux USA dans le secteur pétrolier et gazier.

 

Wall Street:  chiffres de la bourse.  Main Street: chiffres de l’emploi
Alors que le chômage explose, la bourse atteint des niveaux records

 

D’ici à 2023, le constructeur de camion Nikola Corp va livrer 2’500 camions-poubelles électriques pour l’entreprise de déchets Republic Sevices Inc.  Nikola va également produire des camions à hydrogène.

Peabody Energy a diminué de 1,4 milliards $ la valeur de sa plus grande mine à charbon et va donner la priorité au gaz naturel et l’éolien.

Depuis 2011, 103 centrales à charbon ont été remplacées par des centrales à gaz. Cela pourrait être une bonne nouvelle pour le climat, mais le gaz de schiste américain est climatiquement tout aussi virulent que le charbon notamment à cause des émanations de méthane.

Il n’y a pas que les élections vont être spéciales. La saison des ouragans promet un millésime particulier. Il y a déjà eu 4 tempêtes soit un départ de saison inégalé depuis 1851. De plus, Marco (tempête tropicale) et Laura (ouragan) ont touché à un jour d’intervalle les côtes à du Golfe du Mexique en Louisiane.

 

Empoisonnement d’Alexeï Navalny.
Dessin Chappatte

 

En 2012, dans le but de réaliser des économies financières, la compagnie d’aviation Delta Airlines avait acheté une raffinerie afin de produire son propre kérosène. L’opération s’est révélée être un flop. En 2018, Delta chercha un acquéreur, mais sans succès. Cette année, la raffinerie Monroe Energy a déjà perdu 114 millions $.

Une gigantesque fuite de méthane de 300’000 m³ a été relâchée lors de la maintenance d’un compresseur de gaz à Gainesville, Floride  selon Bluefield Technologies Inc., qui a analysé les images satellite de l’European Space Agency avec le satellite Sentinel-5P.

 

Iran

Téhéran a passé un été à oublier, entre coronavirus, une production pétrolière sous les 2 millions b/j et des «sabotages» assez étranges.

Dans le désordre, nous avons: une violente explosion a détruit un centre de production de centrifugeuses nucléaire à Natanz. Le gouvernement a confirmé des dommages considérables. La cause pourrait provenir d’une cyberattaque ou d’une bombe très puissante.

Un mystérieuse attaque a détruit 7 bateaux dans le port de Bushehr, qui est également une province d’une centrale nucléaire. Juillet dénombre également une explosion d’un gazoduc et dans une entreprise de production de missile et la destruction de 6 réservoirs pétroliers à Mashhad et une entreprise pétrochimique à Mahshahr. Sans aucune preuve, les regards se tournent vers les USA et Israël.

Les sanctions américaines assèchent le budget iranien qui peine à alimenter les Chiites en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Le gouvernement Trump pousse afin que les Nations Unies réinstaurent un embargo total. La solution pourrait venir d’une non-réélection de Donald Trump.

Les USA ont «confisqué» 4 bateaux iraniens de carburant à destination du Venezuela. L’objectif est double: diminuer les revenus pour l’Iran et assécher le stock d’essence du Venezuela.

La Chine est en train de prendre la main sur l’Iran et particulièrement sur le pétrole et le gaz. La Russie tente de garder son avantage, mais Pékin propose d’avantage de liquidités. Tant Pékin que Téhéran se trouvent dans le même bateau, si l’on se réfère aux USA. Ce genre de liens resserre !
Le ministre des affaires étrangères Zarif a confirmé un partenariat sur 25 ans pour des investissements chinois de 400 milliards $ dans le pays. Tenir un pays par les ficelles financières n’a pas son pareil et à ce jeu, Xi-Jinping est un maître en la matière. Ainsi la Chine pourrait construire et mettre la main sur des ports, les lignes de train et les télécommunications et bénéficierait de rabais sur le pétrole pour les 25 prochaines années. La Chine développera des zones “sans taxe” en Iran et partagera des informations stratégiques de sécurité.

 


Le concept de la route de la soie chinoise
Dessin Nath Paresh

 

Dans le reste du monde

Moyen-Orient

Emirats Arabes Unis

Le gouvernement a passé un traité avec Israël, une première en 25 ans dans le monde arabe. Au-delà des paillettes, cet accord englobe un partenariat énergétique (pétrole – gaz) entre les deux pays

 

Arabie Saoudite

Les exportations de pétrole ont chuté à 4,98 millions b/j au plus bas depuis janvier 2002 et le pays a coupé sa production de 3,5 millions b/j. Il est à noter que le pays consomme plus de 1,5 million b/j pour ses systèmes de climatisation durant les mois chauds.

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, confirme que l’entreprise va payer 75 milliards $ de dividendes cette année malgré que les bénéfices n’ont atteint que de 13 milliards $ au premier semestre. Ca tombe bien pour les caisses de l’État, qui détient 98% de l’entreprise nationale de pétrole. Du coup, Saudi Aramco va plafonner ses dépenses à 25 milliards $ et remonter le niveau de ses extractions.

 

Israël

Le pays prépare une arrivée massive de voitures électriques pour les 10 prochaines années avec l’installation de points de recharges. Les start-up, financées par l’armée, vont pouvoir utiliser leur savoir-faire de pointe dans la mobilité.

 

Irak

En juillet, l’extraction pétrolière du pays a de nouveau dépassé les quotas de l’OPEP+ à 3,194 millions b/j. Le pays a reçu l’ordre de compenser sa surproduction par une diminution des exportations dans les mois qui viennent. Cependant, comme le pays est financement à la peine, Bagdad peine à ralentir son rythme.

 

Koweït

La baisse des prix du baril a creusé une dette de 45 milliards $. Pour équilibrer son budget, la monarchie comptait sur un baril supérieur à 58$ avant que le coronavirus arrive. Pour éviter de ne pas pouvoir payer ses employés, le parlement propose d’emprunter jusqu’à 65 milliards $.


Dessin Nath Paresh

 

Asie

Chine

La demande pétrolière est remontée en flèche en juin avec +750’000 b/j. A voir si cette tendance s’étalera dans la durée.

Pékin a adopté la stratégie «Go West». Cela ressemble un peu au Far West, mais avec l’idée d’investir lourdement dans les régions de l’ouest de la Mongolie aux jungles du Yunnan en passant par le Xinjiang et le Sichuan. Dans les grandes lignes: 3/4 du territoire et 30% de la population. Ce concept répond au bras de fer avec Trump et la chute des investissements des Européens. Ce développement pourrait faire remonter le PIB chinois qui devrait atteindre 1% cette année contre 6,7 l’année dernière. La question est de savoir si le PIB a encore du sens.

Le président Xi-Jinping est en train de faire rouler un énorme fer à repasser sur ses compétiteurs. Frictions entre les militaires à la frontière avec l’Inde, annexion musclée de Hong Kong, cyberattaque monstrueuse contre l’Australie, bras de fer avec Taiwan et l’Angleterre, menaces contre l’Europe, relations à zéro avec le Canada et le feuilleton avec les USA.

Des pluies torrentielles ont battu des records depuis 70 ans et ont poussé les limites du plus grand barrage du monde: les Trois Gorges. Les autorités ont dû enlever plus de 100’000 tonnes de limon et a dû délester des quantités astronomiques d’eau. La cote d’alerte du barrage est dépassée de plus de 10 mètres. Plus de 63 millions de personnes sont touchées par ces pluies.

 

Inde

La consommation pétrolière du pays terminera l’année avec une baisse totale de -405’000 b/j. Une première en 20 ans. La pandémie du coronavirus et la quarantaine ont freiné la consommation énergétique.

Les 1,4 milliards d’habitants de l’Inde ont accès à 4% de l’eau mondiale et 90% des eaux des nappes phréatiques sont utilisées par les fermiers. La pénurie d’eau touche la moitié de la population et 200’000 personnes meurent chaque année de cet accès limité. Le gouvernement Modi tente de diminuer la production de riz et de blé et oriente les fermiers vers des productions moins gourmandes en eau.

 

Dessin Nath Paresh

 

Europe

Durant les 7 derniers mois, les ventes européennes de voitures électriques et hybrides 500’000 ont dépassé les ventes réalisées en Chine de 14’000 unités.

Les ventes de voitures pourraient diminuer de 24% en Europe en 2020 et de 10% en Chine où il se vend 20 millions d’unités par année.

 

Russie

Le Yamal, Arctique Russe, détiendrait 35 milliards m3 de gaz et 2’300 millions de tonnes de pétrole qui pourraient propulser la Russie dans le rôle de plus grande puissance énergétique mondiale. Gazprom Neft et Royal Dutch Shell viennent d’annoncer une joint-venture pour s’attaquer à ce morceau alors que la production américaine de pétrole s’effondre.

Gazprom va se lancer dans la production d’hydrogène. Mais bon, produire de l’hydrogène à partir du gaz, c’est comme utiliser du charbon pour faire avancer votre voiture. Pour le climat, cela permet d’avancer à reculons.

Le président Poutine a annoncé l’arrivée d’un vaccin Covid et a brûlé la politesse à la Chine et aux USA. L’important n’est pas dans la fiabilité d’un vaccin mais dans son annonce. Au futur, ce processus ouvre la porte à de prochains vaccins spectaculaires.

Boire du thé, lorsqu’on est dans la ligne de mire du Kremelin n’est pas conseillé. Alexeï Navalni, qui dénonce la corruption du pouvoir en Russie, a été empoisonné. Ce genre de décision ne se prend sans l’aval du grand chef.

 

Un camion livrait du carburant dans une station d’essence à Volgograd
Quelque chose à mal tourné: 13 blessés dont le conducteur et 4 pompiers.

 

Turquie

La Turquie a envoyé un bateau sismique afin de chercher du gaz dans la poche de Levitian en bordure de la Grèce et de Chypre. Ankara joue avec les limites territoriales et sur les mots afin d’assurer la possession de ce gaz. La France a envoyé des navires pour montrer ses muscles, mais l’intimidation n’intimide pas encore le président Recep Tayyip Erdoğan.

Devant une pareille source de gaz, il est assez improbable qu’Erdoğan lâche l’os. Une table ronde avec la Grèce et Chypre est prévue.

 

Norvège

Le PDG d’Equinor a été prié par sa direction, d’effectuer une transition de “compagnie pétrolière” à une “compagnie d’énergies” afin d’augmenter la valeur pour ses actionnaires et de tenir en compte les changements climatiques.

 

Groenland

La glace a fondu au-delà du point de non-retour et va fondre entièrement. Sur 34 ans, l’étude de 234 glaciers montre qu’avec la diminution des chutes de neige, ils n’ont plus été capable de se régénérer.

 

Angleterre

Le plus grande entreprise offshore du monde, 55 plateformes, Valaris, recherche la protection de la faillite dans le but de restructurer sa dette de 7 milliards $. Diamond Offshore Drilling et Noble Corp ont également fait faillite ce qui montre la vulnérabilité des gisements pétroliers en mer et le prix élevés de l’extraction face aux prix bas du marché.

Pour la première fois depuis 10 ans, BP va couper ses dividendes après une perte de 6,7 milliards $ au 2ème trimestre. La compagnie cherche de nouveaux investisseurs en accélérant sa reconversion dans les énergies propres. La major pourrait se séparer de gisements afin d’investir dans le renouvelable. Pour l’instant la feuille de route est imprécise et le business model reste dans les hydrocarbures.

 

France

Veolia, leader mondial des services à l’environnement, désire acheter son concurrent Suez qui appartient à Engie. Le montant s’élève à 2,9 milliards €. Veolia détient déjà 32% de Suez et désire acheter 29,9% d’actions supplémentaires.

Paris “a vécu la semaine la plus épouvantablement chaude depuis 1873, hors août 2003”, selon Météo-France.

Le premier spot télévisé du fabriquant de vélo électrique hollandais VanMoof a été interdit de diffusion à la télévision française par l’Autorité de la Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et la pression du lobby automobile. Motif: le spot «créerait un climat d’anxiété». Le seul moyen de ne pas éclater de rire est de penser à autre chose. A vous de vous faire votre avis.

 

Publicité du vélo électrique hollandais VanMoof bannie de la France

 

Suisse

L’année 2020 est olympique et les institutions bancaires suisses engrangent les médailles dans la catégorie: “investir dans les énergies fossiles”. Ce mois, Stand.earth nous apprend qu’avec Genève comme place centrale, le Crédit Suisse, l’UBS, la Banque Cantonale de Genève (BCGe) et les filiales suisses de BNP Paribas, Indosuez et ING ont financé pour plus de 24 milliards de litres de pétrole d’Amazonie en direction des USA entre 2009 et 2020.

L’assureur Zurich renonce finalement à participer à la couverture d’assurance du pipeline Trans Mountain, au Canada. Ce projet de sables bitumineux appartenant à l’Etat canadien devrait ajouter une capacité de 590’000 barils par jour, l’équivalent de la consommation de 2,2 millions de voitures.

Si en 2019, 311’466 voitures ont été vendues en Suisse, l’année 2020 devrait compter 228 à 240’000 unités soit au plus bas depuis le choc pétrolier de 1975.

En septembre, les Suisses devront voter sur l’acquisition de jets militaires. Lors du lancement de la campagne, la Ministre des Armées, Viola Amherd, a utilisé la seule femme suisse pilote, histoire de convaincre les femmes de voter en faveur d’un chèque de 6 milliards $. Le coup de communication ne fait pas dans la dentelle.  Mais dans ce concept, une question se pose. Alors qu’un jet consomme 5’600 litres par heure de la meilleure qualité de pétrole, que ce type de pétrole a atteint son pic en 2007, que les avions seront livrés dès 2030, que les drones gagnent en efficacité, est-ce que la profession de pilote d’avions de chasse a-t-elle un avenir?

 

Allemagne

Mercedes Daimler va compter sur le chinois Farasis pour les livraisons de batteries pour ses voitures électriques. Dans la foulée, Mercedes a acheté 3% du géant chinois. Daimler va également utiliser des batteries du chinois CATL avec une commande de 20 milliards $ étalée sur 10 ans. Plus les jours passent plus Mercedes augmente sa dépendance et ses transferts de technologies en faveur de Pékin. De là à dire que Mercedes tombera dans les mains de Pékin, il suffira d’un tour de volant.

Dans la foulée, Mercedes va vendre son usine française d’Hambach et ses 1’600 employés.

De son côté, pour 1,1 milliards $, VW a acheté 26% des actions du chinois  Gotion High-Tech pour acquérir ses batteries. En même temps, VW s’est associé avec le suédois Northvolt pour construire des batteries à Salzgitter en Allemagne.

Le gouvernement a finalement investi 9 milliards € dans la compagnie aérienne nationale Lufthansa. La compagnie pense que la demande de vols retournera à la situation pre-coronavirus d’ici à 2024.

 

Dessin Nath Paresh

 

Les Amériques

USA Schiste

Au plus bas depuis 2 ans, la production de pétrole de schiste devrait tomber à 7,49 millions b/j en août contre 9 millions en mars. Même le prodigieux champs du Bassin Permien est en baisse à 4,16 millions b/j. Le nombre de forages pétroliers a chuté à 182 unités au plus bas depuis 2005. Il y a une année, ils étaient 770.

Range Resources Corp a vendu ses champs de pétrole de schiste en Louisiane pour 335 millions $.  Il y a 4 ans, l’entreprise avait acheté ces gisements pour 3,3 milliards $ avant de s’apercevoir qu’ils n’étaient pas aussi productifs que prévu.

L’administration Trump a finalement réussi à annuler les réglementations qui exigeaient la réduction des émanations de méthane lors de l’extraction et le transport de gaz de schiste. ExxonMobil et BP s’étaient opposés à ce changement. Cette décision permettra aux gaziers d’économiser de l’argent, mais l’image de marque du gaz va encore s’aggraver. De nombreuses villes américaines ont demandé l’arrêt d’utilisation du gaz trop dangereux pour le climat.

Pour 13 milliards $, Chevron a acheté Noble Energy l’un des plus grand extracteur de gaz de schiste. Ce premier achat pourrait débuter une tendance de consolidations dans le secteur avec ExxonMobil comme concurrent. En manque d’investisseurs, les petits producteurs vont se faire racheter par les grandes majors pour autant qu’elles arrivent à lever des fonds.

 


La production pétrolière de schiste continue à diminuer

 

Argentine

Il y a seulement 2 ans, les pétroliers s’enthousiasmaient au potentiel du pétrole de schiste de la Vaca Muerta et ses 16 milliards de barils techniquement exploitables.

Le mirage s’est effondré et les dettes du pays n’arrivent plus à subventionner les extractions.

 

Venezuela

Alors que les USA resserrent encore plus leurs sanctions, Caracas a réussi à exporter 325’000 b/j de pétrole au plus haut depuis 4 mois. Il y a 3 ans, le pays produisait 2 millions b/j.  Cependant, le niveau de production pourrait atteindre les 100’000 b/j. à cause de la baisse des moyens financiers, le coronavirus et le manque de place de stockages. De plus, la mauvaise qualité du pétrole pose des problèmes. Des impuretés, du métal et de l’eau souillent le brut, bloquent les pompes et diminuent sa valeur marchande.

PDVSA, la major nationale, a réussi à refaire partir deux raffineries pour produire 135’000 b/j de carburant ce qui représente moins du 10% de leur capacité.

L’administration Trump ajoute des sanctions afin de pousser à l’arrêt les exportations de pétrole brut qui génèrent des rentrées financières. Cerise sur le gâteau, les USA ont intercepté et bloqué 4 bateaux de carburants iraniens à destination du Venezuela.

 

Canada

L’Alberta se lance dans l’hydrogène afin de remplacer l’industrie des sables bitumineux. L’Etat a attiré chercheurs et entrepreneurs afin de devenir l’un des plus grands acteurs d’hydrogène dans le monde.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Après des mois de batailles, les deux parties rivales ont annoncé un cessez-le-feu. Alors que les exportations pétrolières étaient bloquées depuis janvier, cette pause permettra d’extraire un peu de pétrole afin de produire de l’électricité et alimenter le budget de l’Etat. Le général Khalifa Haftar a donné son feu vert pour exporter le pétrole et le gaz. Cependant, il n’a pas donné son accord pour redémarrer l’extraction pétrolière.

Mustafa Sanalla, PDG, de la compagnie pétrolière nationale la National Oil Company pense que ce sont les pays étrangers qui gèrent la Libye et notamment le pétrole. La stratégie du Général Haftar de couper les exportations pétrolières a bien arrangé la Russie, l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis. En effet, ce bras de fer a permis de retirer plus de 1,1 million de barils par jour dans un marché engorgé par le coronavirus.

Avec une production actuelle de 100’00 b/j le pays à perdu plus de 6,4 milliards $ de revenus durant les 6 derniers mois. La grande question est: combien de forages vont-ils repartir?

 

République Démocratique du Congo

6 entreprises chinoises regroupées autour de la China Three Gorges Corp et de l’espagnol AEE Power Holdings se regroupent dans un consortium afin de réaliser un nouveau barrage au Grand Inga. Les coûts du barrage, 14 milliards $, dépasse le budget total du pays. Les Chinois contrôleront le barrage à hauteur de 75%.

 

Ouganda

L’entreprise d’état Kiira Motors Corp va construire une usine afin de produire 5’000 véhicules électriques par an dont des bus. L’objectif est de créer des emplois.

 

Phrases du mois

«Je ne crois pas que je reverrai 13 millions b/j de pétrole américain dans ma vie. C’est vraiment décourageant, parce que nous avons réalisé notre premier forage en 2009, nous avons vu la vague d’indépendance énergétique à portée de main pour les USA, c’était vraiment une récompense d’en faire partie.» Matt Gallagher, PDG de Parsley, le plus grand producteur indépendant de schiste.

«Nous souhaitons un prompt rétablissement à Alexeï Navalni.» Dmitri Peskov, porte parole du Kremelin.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

Tesla : de la voiture à fournisseur d’électricité

En complément à ses voitures électriques, Tesla Motors utilise son savoir-faire dans les batteries et la production de tuiles solaires pour entrer dans le monde hermétique mais lucratif de la distribution d’électricité avec sa division Tesla Energy.

Le géant américain a toutes les cartes dans les mains pour faire exploser le business model des fournisseurs européens d’électricité ainsi que les pétroliers.

Depuis plusieurs années, Tesla a utilisé l’Australie comme terrain de jeu pour son tester son dispositif Autobidder qui permet d’agréger la production de tous les producteurs privés d’énergie solaire Tesla et de leur livrer, au meilleur prix et à la carte, de l’électricité 100% verte. Ce système est prêt pour l’Europe. Les portes d’entrées se trouvent en Angleterre et en Allemagne.


 

Les fabricants de voitures dans le business des électriciens

La stratégie de Tesla est aussi logique que brillante. Elle permet aux propriétaires de voitures électriques de boucler la boucle: produire son électricité et l’injecter dans son véhicule.

Dans la pratique, le propriétaire d’une voiture électrique utilise son automobile durant la journée alors que ses panneaux solaires produisent de l’électricité à la maison. A cause de cette distorsion de temps et de lieu, il ne peut pas recharger son automobile avec sa propre énergie.

Tesla propose d’agréger, de stocker, de partager cette électricité dans la communauté Tesla et de faire le plein quand le propriétaire retourne à sa maison. Il est même possible de créer un compte virtuel et d’utiliser ses crédits à la maison, en vacances ou en déplacements. Tesla Energy propose également ses solutions de panneaux solaires (tuiles) et, cerise sur le gâteau, le financement.

A l’avenir, l’électricité et l’hydrogène permettront de réaliser ce qui était impossible avec le pétrole et le gaz. Permettre à un fabricant de voitures de gérer l’entier de la chaîne de valeur de la mobilité privée: du carburant à la voiture. Le Graal pour l’industrie de l’automobile.

 

Nouveau marché

Dans ce nouveau marché, il sera intéressant de voir la réaction des pétroliers comme BP, Total, Shell, ExxonMobil, Eni, etc. Se lanceront-ils dans cette transition? Pour l’instant, Shell et Total se sont timidement aventurés dans ce segment. Mais l’image de “pollueur” risque de coller à la peau des pétroliers d’autant qu’ils se tournent sur le gaz pour générer de l’électricité.

Il n’est pas exclu de voir des alliances entre les fabricants de voitures pour contrer Tesla. Les Allemands et les Chinois partent avec le plus de cartes dans les mains. BMW avait déjà fait quelques pas dans cette direction avec une application proactive pour les automobilistes électriques.

Du côté des producteurs d’électricité, leur lourdeur, leur incapacité à innover, leurs outils de productions peu flexibles et une visibilité réduite des prix futurs de l’électricité représentent un handicap qui les paralyse.

 

GB et Allemagne

L’Angleterre, qui possède un marché de l’électricité entièrement privatisé avec des tarifs élevés et l’Allemagne, leader dans le partage d’électricité d’autoconsommation, sont les premiers marchés cibles européens pour Tesla.

En Suisse, la loi est également très avancée dans ce domaine, mais les fournisseurs d’électricité ont gardé le monopole du dernier km. Tant que ce bouchon tient, il est peu probable que Tesla ou les autres fabricants puissent y trouver leurs comptes.

Pour la France du “tout nucléaire”, le dictionnaire n’a pas encore intégré le mot autoconsommation.

 

Coopératives

Cependant, le concept de Tesla pose la même problématique et stratégique que les utilisateurs de Mac d’Apple. Une fois pris dans les mailles du filet, une certaine dose de courage ou de folie est nécessaire pour en sortir.

Ainsi, les systèmes de stockages, de voitures, de batteries, de financement n’ont qu’une stratégie: rendre le client dépendant.

Une alternative locale et «open source» à Tesla et aux prochaines offres des fabricants de voitures est possible: les coopératives d’autoconsommation.

En toute transparence, ce système permet de s’échanger/vendre de l’électricité entre voisins avec la garantie que l’électricité est 100% renouvelable et locale.

Est-ce que les producteurs d’électricité européens sauront s’adapter à cette attaque des fabricants de voitures et des pétroliers ?
En tout cas, l’arrivée de Tesla sonne comme un réveil.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– USA: De nouvelles faillites dans le schiste dont le géant Chesapeake
– Suède: Une entreprise propose des éoliennes en bois
– Peak Oil: Le terme pic pétrolier revient de manière incisive.
– Arabie Saoudite: Boston Dynamics met en vente son robot Spot
– Libye: La Turquie et la Russie marquent des points et gagnent en pétrole
– Allemagne: Berlin investit plus de 7 milliards € dans l’hydrogène vert
– Inde: Le pays veut booster sa production de charbon.


 

Les milliards insufflés par les banques centrales assurent que les bourses atteignent les plus hauts. Il en va de même pour le pétrole qui dans le monde virtuel des financiers ne fait que de grimper alors que dans la réalité, c’est comme la banlieue, c’est pas rose, c’est morose.

A Londres, le Brent prend la fièvre à $41,75 ($35,33 fin mai) et à New York, le WTI comble les voeux de Trump et frise les 40 à 39,07 ($35,38 fin mai).

 

 Graphique du mois
Evolution des prix : pétrole, charbon, gaz: 1990-2020

 

Climat

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne en comparaison avec la période 1981-2010, ce qui en fait le mois de mai le plus chaud depuis le début des données. Il a fait particulièrement chaud dans les pôles et en Sibérie alors que l’Europe a gardé la tête froide.

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que sur 46 technologies reliées à l’efficience énergétique, durant la pandémie, six ont gardé leur rythme de croisière comme les voitures électriques, le solaire, la lumière et les data center. Du côté des perdants, on retrouve notamment l’énergie nucléaire, le stockage d’électricité ainsi que le gaz et notamment avec ses émissions de méthane.

 

Peak oil

Le terme “pic pétrolier” revient de plus en plus souvent. Cette fois, il arrive via un fervent supporter de l’or noir. Ainsi, l’agence norvégienne, Rystad Energy, pense que 282 milliards de barils de pétrole sont à diminuer des réserves mondiales estimées à la louche à 1’900 milliards de barils. Les réserves de l’Arabie Saoudite restent inchangées depuis plus de 30 ans à 267 milliards de barils, ce qui est soit une prouesse soit une panne de compteur.

Per Magnus Nysveen, de Rystad, annonce que le pic pétrolier se rapproche et pourrait être atteint en 2027 ou 2028 au lieu de 2030. Rystad est historiquement très enthousiaste sur le pétrole et cette annonce fait tomber de la chaise. Rystad pense qu’une forte hausse des prix devrait se réaliser dès 2023 notamment à cause du manque de financements dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements.

Du côté de Bloomberg NEF, c’est un pic de la demande d’essence qui devrait être atteint d’ici à 10 ans, et 3 ans plus tard celui du diesel. Maintenant même si Bloomberg parle de pic!

 

Pétrole

Une pénurie de pétrole pourrait pousser le baril à 70$ d’ici à l’automne et le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, pévoit un manque de 3 à 5 millions b/j (barils par jour). Bon, là on sent qu’il vend le fait que la Russie ne respecte pas entièrement les quotas de l’OPEP+. A vérifier cet automne.

Selon Rystad Energy, la demande pétrolière mondiale se projette à 88,1 millions b/j contre 99,5 en 2019. En mai, la demande aurait atteint 78,5 millions b/j soit une baisse de 22% depuis le début de l’année. Un record historique.

Si les cours du Brent restent dans la fourchette 30-70$ d’ici à 2030, ExxonMobil est la moins bien lotie des 7 grandes majors pétrolières selon Wood Mackenzie. Dans cette analyse, Exxon possède le 60% des gisements les moins productifs et chers à extraire. Ces gisements comprennent les sables bitumineux de Kearl et Cold Lake au Canada ainsi que Prudhoe Bay en Alaska. En tête de ce classement, Chevron est le no 1 suivit par Shell.

 

Dessin : Chappatte

 

OPEP+

L’OPEP+ (avec la Russie) va continuer sa réduction de -9,7 millions b/j en juin et de -7,7 millions de juillet à la fin de l’année.

L’Irak et le Nigeria, qui n’ont pas suffisamment baissé leur production, devront compenser entre juillet et septembre même si la situation économique de ces deux pays est alarmante. Cette baisse de 9,7 millions b/j se base sur une acceptation à 100% des pays, mais l’histoire de l’OPEP montre que cette éventualité n’est que rarement atteinte.

Pendant que l’OPEP diminue sa production, le pétrole de schiste reprend sa place de passager clandestin et recommence à extraire pendant que les prix restent autours de 40$.

Certains membres du cartel demandent de se réunir plus souvent. L’objectif est de pouvoir coller au marché et de remonter immédiatement leurs extractions afin de générer des pétrodollars et de garder les parts de marché.

 

Gaz Naturel

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la demande de gaz va diminuer de 4% cette année à 150 milliards m³. Cette baisse est supérieure à la crise de 2008 (-2%). L’année dernière, la demande de gaz avait augmenté de 1,8% notamment pour la production d’électricité et le chauffage.

Bien que le gaz émet moins de CO2 que le charbon, les émissions de méthane sont nettement plus nocives pour la planète.

Objectifs d’émissions de méthane du pétrole et du gaz en 2025 et 2030
pour le scénario du développement durable.
La grande partie du méthane est émit par le gaz naturel.

 

Transports maritimes

Les transporteurs maritimes ont annulé plus de 25% de leurs transports entre l’Asie et l’Europe et l’Asie – USA soit une capacité de 4 millions de containers. Pour le 3ème trimestre, les transporteurs continuent d’annuler des lignes ce qui signale une demande qui reste faible.

 

Investissements dans les énergies

Les investissements dans les énergies devaient progresser de 2%. Ce chiffre était publié avant la pandémie. Au niveau mondial, les investissements énergétiques devraient diminuer de 20% ou 400 milliards $.

 

Energies renouvelables

Les éoliennes sont fabriquées en acier et génère des émissions de CO2 lors de leur construction. Afin de diminuer leur empreinte, l’entreprise Modvion propose des éoliennes avec une structure en bois. Le premier prototype a été installé à Gothenburg en Suède pour une commercialisation dès 2022.

Les énergies propres pourraient être les seules sources d’énergies à croître en 2020 en comparaison avec les énergies fossiles et le nucléaire selon l’Agence Internationale de l’Energie. Une fois que les installations solaires et éoliennes sont financées (capex), les coûts de production sont minimes en comparaison avec les achats de gaz, de pétrole, de charbon ou d’uranium.

Sur le même sujet, la pieuvre Goldman Sachs annonce que les investissements dans les énergies propres vont dépasser ceux du gaz et du pétrole et qu’ils devraient totaliser les 16’000 milliards $ d’ici à 2030.

 


Eolienne en bois: Modvion

 

Le Top 3 des Pays

USA Schiste

Deloitte a dépeint les 10 dernières années du schiste américain. Le secteur a généré 300 milliards $ en cash négatif, détruit 450 milliards pour les investisseurs et vu 190 faillites. Elle enfonce le clou en assommant: “le schiste a atteint son pic sans avoir été capable de générer des bénéfices.”

Les compagnies de schiste pourraient passer à la trappe pour 300 milliards $ d’actifs au deuxième trimestre dont la moitié concerne des dettes. Selon Rystad Energy, les producteurs ont perdu pour 38 milliards $ durant le premier trimestre. Selon les agences, une consolidation dans le secteur est primordiale et tant Chevron qu’ExxonMobil sont sur la brèche pour acheter les opportunités bradées.

Pendant ce temps, les managers des compagnies de schiste montrent une fois de plus leur sens de l’éthique et se remplissent les poches avant de partir en faillite. Selon Haynes & Boone, 18 entreprises de schiste se sont mis sous la protection des faillites.

Deux grosses casses ce mois dont la compagnie Extraction Oil & Gas. En 2014, sa valorisation était de 4 milliards $. Elle a chuté à 100 millions $ pour une dette de 1,6 milliards $. La partie a hurler de rire vient des 16 directeurs de l’entreprise, qui se réservent un bonus de 6,7 millions $ afin de les garder au sein de la compagnie après la faillite. Du côté des directeurs de Whiting Petroeum, les 5 managers se sont accordés 14,5 millions $ de bonus juste avant de demander la protection de faillites. Le record des parachutes les plus gonflés se trouve parmi les 21 managers de Chesapeake qui se sont partagés 25 millions $. Il n’y a qu’un pas pour dire que le secteur de schiste n’est qu’une fraude énorme.

La plus grande faillite du mois, nous vient de la NBA. Chesapeake, l’ancienne star et inventeur du schiste, qui accumule 9,5 milliards $ de dettes. Au sommet de sa gloire, Chesapeake avait acheté le nom de la salle où joue l’équipe de NBA de Basket des Thunders d’Oklahoma City. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que la banque Nationale Suisse détenait des actions. La question la plus urgente est: mais comment s’appellera la salle de basket des Thunkders à la rentrée?

Alors que les cours ont frisé les 40$ le baril, certains producteurs de schiste dont EOG, Parsley ou WPX, ont remis en service leurs installations avec un objectif d’extraire 2 millions b/j de plus dès le mois d’août pour autant que les prix continuent à monter.

La baisse de l’extraction de schiste aurait atteint 1,15 millions b/j en avril et en mai selon JBC Energy, mais ces chiffres sont à prendre avec précaution.

 

 Il n’y a pas que le schiste qui traverse une tempête!
Du sable du Sahara a traversé l’Atlantique pour arriver aux USA.
Cette tempête de sable ne s’était plus produite depuis 50 ans.

 

Irak

Le pays est en passe de s’écrouler. Le réchauffement climatique et la sécheresse le rendent invivable. De plus les conditions économiques sont désespérées pendant que l’État Islamique et le coronavirus gagnent des forces.

Washington et Bagdad sont préoccupés par la résurgence de l’Etat Islamique mais rien ne devrait être entrepris pour les mois qui viennent faute de moyens financiers et de volonté politique américaine.

Dans l’accord de l’OPEP, Bagdad n’a respecté qu’à 50% ses quotas et devra compenser en juillet et septembre avec une baisse de ses extractions de 24% à 3,28 millions b/j. L’Irak avait accepté une baisse de 1,061 million b/j. Mais une diminution des revenus pousse un peu plus le pays dans une situation très compliquée.

En Avril, Bagdad a généré seulement 1,3 milliard $ de revenus pétroliers, 2,13 en mai et 2,5 en juin. Le gouvernement n’arrive pas à payer les salaires des fonctionnaires et les frais de fonctionnement. Il a demandé la possibilité d’emprunter 18 milliards $ pour sortir de cette impasse.

La Chine pourrait intervenir en apportant de l’argent ainsi que de la technologie qui permettrait au pays d’extraire jusqu’à 7 millions b/j pour la fin 2022. La Chine a remplacé les USA pour contrôler l’or noir du pays.

Dans le sud du pays, région pétrolifère, l’Iran continue de livrer gaz et électricité pour que la population puisse supporter les chaleurs de l’été dans une région qui devient invivable et qui fait face à une sécheresse.

 

Libye

Sans pétrole, le pays serait certainement un endroit paisible. Mais voilà, la malédiction se cache sous le sable.

En Libye, le grand gagnant du mois est la Turquie! Erdogan a réussi à donner un coup de main militaire efficace à Fayez al-Sarraj du Gouvernement d’accord national (GAN) et à repousser le général Khalifa Haftar qui désirait s’emparer de la capitale Tripoli.

Visiblement Recep Tayyip Erdogan a une stratégie globale qui englobe la Syrie et la Méditerranée. Historiquement, ce concept s’appelait l’Empire Ottoman et pour l’instant l’Europe n’arrive pas à riposter de manière ferme. A court terme, l’intérêt de la Turquie en Libye réside dans l’extraction de gaz et de pétrole offshore dans la Méditerranée grâce à un corridor spécial entre les deux pays qui lui permet de revendiquer des matières premières jusque là interdites. Le pétrole Libyen est également un détail qui vaut quelques sacrifices.

Du côté des supporters du général Khalifa Haftar, l’Egypte s’inquiète de l’avancée de la Turquie au Moyen-Orient. Du côté Russe, plus de 2’000 mercenaires Wagner, organisation fondée par Dmitri Outkine, prêtent main-forte au général. Ce dernier a battu en retraire après avoir dû mettre fin à son offensive sur la capitale. Comme à son habitude, la France tente de faire entendre sa voix et les Emirats Arabes Unis apportent un fort soutient.

In fine, la bataille pour le pétrole s’est dirigée vers Sirte, porte d’entrée des installations pétrolières. Les combattants de Wagner avaient lancé sans succès un assaut sur les champs de pétrole de Deir Eu-Zor. Finalement, la Russie et la Turquie se sont mis d’accord. La milice Wagner s’est installée dans le gisement pétrolier de Sharara. La compagnie pétrolière libyenne, NOC, avait redémarré la production à Sharara et El Feel, mais depuis tout semble à l’arrêt. Le partage du pétrole entre la Russie et la Turquie pourraient apporter des solutions d’autant qu’à Washington la préoccupation se focalise sur les prochaines élections.

Au total, la production pétrolière du pays stagne toujours proche de zéro alors que durant l’époque du Général Kadhafi le compteur indiquait 1,7 million.

 La loi sur la sécurité nationale adoptée à Hongkong
Dessin Chappatte

Chine

Afin de sortir de la déflation et de stimuler l’emploi et l’économie, Pékin va investir dans la construction d’infrastructures. Les régions ont annoncé la construction de 40GW de centrales à charbon soit une flotte équivalente à l’Afrique du Sud. Sur en une année, l’extraction de charbon a également augmenté de 0,9 % à 1,5 milliard de tonnes pour une consommation totale de 4,1 milliards de tonnes.

Pour rester dans les bonnes nouvelles pour le climat, en 2019, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 3,4% contre 2,6 % durant les 10 dernières années. La Chine produit 28,8% des émissions mondiales de CO2 selon la BP Statistical Review of World Energy.

Pékin a fait savoir que si Washington continue de chatouiller sur HongKong ou sur le coronavirus, ces thèmes pourraient impacter les achats de produits agricoles des fermiers américains si précieux pour Trump. Ces ventes font parties de la première partie de l’accord économique entre les deux pays. Pékin semble également miser sur une défaite de Trump et tente de gagner du temps.

Les importations de pétrole ont augmenté de 13% à 11,11 millions b/j en profitant des prix bas pour faire des stocks.

La Chine va ajouter 36,65 GW d’éolien et 48,45 GW de solaire par rapport à 2019 soit +52%. Le charbon reste toujours la plus grande source de production d’électricité.

La Chine vient de terminer la construction d’une ligne à ultra haute tension réservée au transport d’électricité éolienne et solaire de 2’390 km de long. Cette ligne de 3,17 milliards $ est dédiée uniquement au transport de l’énergie propre et va permettre le développement des énergies renouvelables dans le Qinghai et Gansu pour des livraisons au Henan. Avec ces technologies de transport sur de longues distances, dans les années qui viennent, Pékin pourrait livrer en électricité l’Europe.

 

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne avec une pointe en Sibérie

 

Europe

Christine Lagarde, directrice de la Banque Centrale Européenne, va soutenir financièrement Shell, Total et l’électricien charbonnier Uniper avec une injection de 7,6 milliards €. En réponse à la crise, sur les 1’700 milliards € injectés par la BCE, 220 milliards sont prévus pour les entreprises polluantes grâce à l’achat d’actifs.

 

Russie

Dans le nord de la Sibérie, la ville de Verkhoïansk, située à 67° de latitude nord, a enregistré le 20 juin 38°C, soit 0,7°C de plus que le précédent record, qui remontait à juillet 1988. Pour l’anecdote, la température la plus basse de l’hiver dernier à cette station était de -57,2°C le 26 janvier 2020.

Pour continuer sur le même sujet, près de 20’000 tonnes de diesel se sont déversées «par accident» dans la rivière l’Ambarnaïa à Norilsk (Sibérie orientale). Un réservoir de diesel a été endommagé après son effondrement. La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le permafrost. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique.

L’entreprise Concern Avtomatika JSC a vendu aux pétroliers russes un système qui permet de contrer des attaques de drones sur les installations pétrolières. L’année dernière, une attaque avait paralysé une partie de la production d’Arabie Saoudite.

Via la nouvelle constitution, les russes se prononcent sur le maintient de Vladimir Poutine jusqu’à ses 84 ans soit en 2036. Je vais faire un délit d’initié alors que les résultats ne sont pas connus : la réponse est : Da. En comparaison, si l’américain Joe Biden est élu, il terminera son terme à 83 ans.

Moscou dément être responsable d’une fuite d’éléments radioactifs provenant d’une centrale nucléaire. Les pays scandinaves ont détecté une augmentation non-mortelle d’isotopes associés à une fission nucléaire humaine dont la provenance est inconnue.


Nuage d’éléments radioactifs détecté le 22-23 juin 2020
Source: CTBTO – graphique FT.com

 

Allemagne

Berlin continue sur sa lancée dans l’hydrogène vert (fabriqué via des énergies renouvelables) et comme au poker met 7 milliards € sur la table pour voir.

L’objectif est de créer des emplois et d’impliquer son industrie. Cet argent servira à la recherche, la production et les infrastructures de livraisons et provient du plan de relance économique. Sur la durée, l’Allemagne va renoncer à l’hydrogène bleu ou gris produit à base de charbon ou du gaz.

D’ici à 2030, 5GW d’hydrogène vert devrait être produit notamment pour les camions, le secteur maritime, les avions ainsi que le stockage d’énergies renouvelables pour les habitations. Actuellement l’industrie allemande utilise 55 TWh par an d’hydrogène gris ou bleu. Vu l’importance de son industrie lourde, l’Allemagne voit cet investissement comme stratégique. Pour l’instant, le plan n’englobe pas l’utilisation d’hydrogène pour les voitures qui se dirigent vers une propulsion électrique.

Angela Merkel va encore ajouter 70 milliards € pour stimuler l’économie et totaliser 218 milliards cette année. Dans la valise, 9 milliards ont été prévus pour la compagnie aérienne nationale Lufthansa.

Le gouvernement prévoit une baisse significative des importations et exportations pour 2020 alors que de nouveaux foyers de coronavirus émergent.

 

Angleterre

Les compagnies aériennes EasyJet plc, Ryanair et Air Europa cassent les prix qu’elles avaient déjà cassés. Ryanair a débuté les hostilités et EasyJet a riposté en mettant en vente 1 million de billets à €29,90. A ce prix là et histoire de bien rigoler, le coronavirus va certainement en acheter une certaine quantité.

BP a passé à la trappe pour 17,5 milliards $ d’actifs dont 8 à 11 milliards d’équipements et 8 à 10 milliards d’intangibles qui concerne l’exploration. Actuellement la valeur des équipements de BP est de 130,2 milliards $. Alors que Brittish Petroleum accumule les dettes, elle continue de verser des dividendes à ses actionnaires.

Toujours durant le mois de juin, BP a levé 17 milliards $ auprès des investisseurs. Le concept de finance durable a encore un peu de chemin à parcourir.

Et finalement, BP va vendre son secteur pétrochimique à Ineos pour 5 milliards $.

Les forages offshores, plus onéreux que les autres, prennent de pleins fouets la chute des cours. Un tiers des forages dans la Mer du Nord ne sont plus financièrement rentables.

Le ministre des transports Grant Shapps a formé le groupe Jet Zero Council (aviation, environnement, gouvernement) avec l’objectif de réaliser un avion transatlantique sans émissions de CO2 d’ici à 20 ans. Accessoirement, cela permettra au gouvernement de subventionner son industrie aéronautique sans que ces subventions ressemblent à des subventions.

Le gazier anglais, Centrica va licencier 5’000 employés afin d’économiser 2 milliards £ d’ici à 2022. Alors que les revendeurs de gaz se font des marges indécentes, (7 à 15 fois sur le prix de vente aux consommateurs), c’est une prouesse d’être en difficulté financière.

 

 

France

Les quatre plus grandes banques françaises, Société Générale, Crédit Agricole, BNP, Banque Populaire ont déversé 22 milliards $ dans le pétrole et gaz de schiste aux USA durant ces 3 dernières années.

La Société générale détient le pompon avec 11 milliards $ de financements sur la période. Le Crédit agricole est deuxième avec 6 milliards, la BNP 3,6 milliards et le groupe Banque populaire Caisse d’Epargne soutient le tout avec 3,3 milliards. Axa et Rothschild & Co (l’ancienne banque du président Macron), ont engagé 11 milliards pour financer des entreprises actives majoritairement dans le domaine du schiste.

L’industrie aéronautique française va certainement bâtir une statue à nos amis les pangolins et chauves-souris. Ces petites bêtes permettent à certains acteurs de toucher le jack-pot alors qu’ils étaient, avant la crise, déjà dans une sacrée panade financière. Ainsi, la France va mettre 15 milliards € pour 100’000 emplois, soit un montant de 150’000€ par poste aéronautique alors que dans sa forme actuelle, l’industrie est appelée à mourir.

AirFrance reçoit un prêt de 7 milliards € et une petite enveloppe de 300 millions de cash pour moderniser sa chaîne de valeur. Les autres recevront entre 500 millions et 1 milliard €.

La plus vieille centrale nucléaire de France à Fessenheim a été mise à l’arrêt. Il faudra 15 années pour démanteler les 2 réacteurs.

Comme dans plusieurs pays européens, les électeurs français ont choisi le parti des verts lors des élections communales. Jusqu’à présent et dans le domaine environnemental, Emmanuel Macron peine à passer des paroles aux actes.

 

Suisse

Au premier trimestre, le PIB de la Suisse n’a reculé que de 2,6 %. L’administration publique (+0,8%) et la finance (+2,3%) ont apporté une contribution positive au PIB. Cependant, une nouvelle augmentation des cas de coronavirus est en train de pointer le bout de son nez.

Le distributeur d’énergie et prédateur BKW (Forces Motrices Bernoises) se lance dans la vente de gaz qui génère des profits que l’on peut qualifier de “mirobolants”. Sur l’achat de 1 m³ de gaz, les distributeurs prennent une marge qui dépasse souvent 10 fois le prix d’achat. La Commission de la concurrence a décidé d’ouvrir le marché du gaz en Suisse sur la base d’accord à l’amiable entre deux fournisseurs régionaux.

Le Salon de l’Auto de Genève pourrait avoir rendu l’âme, en tout cas dans sa version passée. Après l’annulation de l’épisode 2020 pour cause de coronavirus, l’édition 2021 sera également supprimée. Depuis des années, la manifestation avait du plomb dans l’aile et les pertes générées lors de l’annulation de cette année ont creusé des dettes abyssales. Du côté du canton, c’est le magistrat Pierre Maudet qui s’est chargé de ce dossier et ce même ministre a fustigé les pistes cyclables dans le canton. Il semble que plus rien ne roule pour lui.

La Suisse pourrait acheter de nouveaux avions militaires pour un montant de frs 6 milliards. L’avion français Rafale est sur la liste des candidats. Le jouet consomme environ 6’500 litres de carburant à l’heure lorsque l’on pousse ses moteurs à plein régime. Cette consommation grimpe à près 21’000 litres par heure lorsque la postcombustion est enclenchée. Du coup, durant un engagement, il peut voler un peu plus de 10 minutes sans réservoir supplémentaire.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Une deuxième vague de coronavirus a touché le pays et particulièrement dans les zones pétrolières du Khuzestan. Le président Rouhani a insisté pour que l’économie reste ouverte.

Le président Rouhani pourrait reprendre le dialogue avec les USA, si Washington s’excuse d’être sorti l’accord du nucléaire de 2015. On sent que l’Iran prépare l’arrivée de Biden à la présidence US.

L’agence nucléaire internationale note des problèmes de coopération avec Téhéran. Depuis que Donald Trump a déchiré l’accord, le gouvernement traîne les pieds et vient de refuser l’accès à des sites. L’Agence dit ne pas avoir reçu de réponses sur du matériel nucléaire non déclaré dans les années 2000. Elle annonce également une forte augmentation de matériaux nucléaires qui dépassent les accords de 2015. Il faut dire que l’arme atomique est très à la mode en ce moment au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil afin d’obtenir l’arme atomique militaire alors que seul Israël possède cette arme en ce moment.

L’administration Trump prépare des sanctions pour 50 tankers pétroliers afin d’arrêter les transports entre le Venezuela et l’Iran. L’objectif est d’éviter une confrontation militaire.

Depuis des années, l’Iran souffre de la sécheresse et du manque d’eau. L’Iran semble sur le même chemin que la Syrie et l’Irak.

Résurgence des cas de coronavirus en Iran

 

Arabie Saoudite

Le fond public d’investissement du pays a profité de la chute des bourses afin de faire des emplettes et des achats d’entreprises notamment en Europe et aux USA.

Saudi Aramco coupe dans ses coûts et a licencié notamment des employés étrangers. La compagnie pétrolière nationale compte 80’000 employés.

Saudi Aramco a mis sur pause plusieurs forages offshores et des investissements de 18 milliards $.

Dans les mains de Ryad, la compagnie Boston Dynamics vient de commercialiser son robot Spot. Pour le rendre moins méchant, elle le présente comme un gentil toutou alors que l’engin est développé pour le militaire et fera merveille avec une arme. Dans les mains de Google, Boston Dynamics a été cédée à l’Arabie Saoudite. L’entreprise excelle dans la création de robots destinés à l’armée. Effrayant!

 

Spot est en vente pour 74’500$

 

Asie

Inde

Le gouvernement a augmenté à 50% ses taxes sur l’essence. Pour 1 litre, il vous faudra débourser 1,06$. Les budgets de l’Inde doivent trouver de nouvelles entrées car la situation est financièrement très tendue.

Un autre endroit très tendu se trouve à la frontière avec la Chine dans un coin retiré. Les soldats des deux pays ont réussi à s’entre-tuer, sans armes, pour un lopin de terre qui a la particularité de titiller la testostérone de Modi et Xi Jinping.

Le gouvernement va mettre fin au monopole de l’État sur le charbon et va vendre aux enchères 441 mines. L’objectif est de diminuer les importation en augmentant la production du 3ème producteur mondial derrière la Chine et les USA.

 

Australie

Après les incendies du début d’année, le lobby du charbon, la Minerals Council of Australia, a fait des propositions pour réduire l’impact du charbon sur le climat. Les propositions sont très ambitieuses et proposent d’augmenter la recherche et développement ainsi que d’utiliser des technologies qui restent à inventer. Bien évidemment, aucune date et aucun chiffre n’ont été proposés. On ne peut que regretter que cette proposition n’eut été faite un 1er avril.

L’Australie est le plus grand exportateur de charbon au monde et génère pour 48 milliards $ de revenus.

Le géant minier, Rio Tinto, a réussi a faire exploser un temple aborigène vieux de 46’000 ans afin d’agrandir une mine de fer. Coutumière du fait, la destruction à l’explosif de la grotte de Juukan Gorge aurait dû passer comme une lettre à la poste, mais là, même le gouvernement demande des comptes.

 

 Powell est le président de la Banque Fédérale Américaine.

 

Les Amériques

USA Schiste

Afin d’aider financièrement les entreprises pétrolières et gazières, le gouvernement Trump a relâché les normes environnementales et de pollutions.

La baisse du nombre de plateformes de forages a été stabilisée à 188 et 75 pour le gaz. Il n’est pas impossible que l’industrie ait touché le fond et n’ira pas plus bas. Les mois à venir le diront.

Plus de 85’000 emplois dans les services pétroliers ont été passés à la trappe selon la Petroleum Equipment Association. Au niveau des pétroliers on estime que 100’000 postes ont été supprimés.

Donald Trump s’était précipité sur son compte Twitter afin d’annoncer une création de 2,5 millions d’emplois. Sur la nouvelle les bourses ont grimpé. Quelques heures après l’annonce, le Département du Travail annonça que ce chiffre souffrait de problème de méthodologie car de nombreuses personnes sondées ne savaient pas si elles étaient au chômage ou licenciées.

Les nouvelles installations solaires ont chuté de 31% à 3,4 GW selon Wood Mackenzie et le Solar Energy Industries Association et 72’000 emplois sont à risque. Aux USA, l’énergie solaire représente 81,4 GW, assez pour satisfaire la demande de 15,7 millions de foyers.

L’élection va se jouer entre Donald Trump et l’ancien vice-président d’Obama, Joe Biden coutumier des gaffes et des parachutages de son fils dans des conseils d’administration. Pour éviter que Biden l’ouvre et balance des énormités, on a appelé Obama pour faire le service après-vente et ça marche. Depuis que Joe se tait, il est largement en avance dans les sondages. Qu’importe le choix du président, les 4,5 années à venir pourraient être surprenantes.

La Californie va lancer la production d’hydrogène à base d’énergies propres. Le prix de vente devrait entrer en parité avec l’essence d’ici à 5 ans.

La dette américaine vient de dépasser les 26’000 milliards $. Champagne!

 

Venezuela

Le pays continue d’envoyer du pétrole vers la Chine malgré les sanctions américaines dont 3,3 millions de barils en transit et 5 millions en direction du port de Qingdao. Les raffineries chinoises (comme celles des USA) apprécient le brut lourd du Venezuela qui permet la production de diesel et de kérosène.

Caracas a reçu l’essence livrée par l’Iran via ses tankers pétroliers. Les USA cherchent par tous les moyens de freiner ce transfert sans utiliser la force militaire.

 

Canada

L’entreprise, EarthRenew propose un système pour transformer les déchets et carcasses d’élevages en engrais. Ce système permet de générer sa propre électricité afin de rendre le processus énergétiquement neutre. La grande partie de cette «matière première» est gratuite car personne ne sait quoi en faire à part de la brûler ou pour l’intégrer aux produits cosmétiques ainsi que dans les aliments pour les animaux.

Les pétroliers canadiens sont dans une forme encore plus piteuse que leurs collègues américains notamment dans l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta.

 

Afrique

Nigeria

Shell n’a pas appliqué les recommandations des Nations Unies afin de nettoyer les rives du delta du Niger. En 2011, l’UN avait proposé la création d’un fond de 1 milliard $ pour réparer les dégâts des fuites de pétrole. Peu de progrès ont été réalisé dans un pays où la corruption règne en maître.

Alors que certains demandent que la compagnie pétrolière nationale Nigeria National Petroleum Corporation soit démantelée, Mele Kyari, son PDG, annonce «une nouvelle saison de transparence et de comptes rendus». En fait la NNPC est un gouffre à corruption et une caisse pour les politiciens. L’année dernière durant sa campagne pour devenir président, l’ancien vice président, Atiku Abubakar appellait la NNPC, et en toute simplicité, «une organisation mafieuse».

 

Phrases du mois

“L’Arabie saoudite et la Russie sont en mode de contrôle des dégâts. Il ne s’agit pas seulement de mesurer la demande. Il s’agit également de suivre le schiste américain sur une base mensuelle afin de ne pas permettre au schiste de rebondir rapidement.” Christyan Malek, JPMorgan

“Nous érodons les capacités de la planète à maintenir la vie humaine et la vie en général.” Gerardo Ceballos

“Nous avons systématiquement abdiqué devant les revendications de la Chine: transferts de technologies, traités inégaux, droits de douane déséquilibrés, razzia sur nos entreprises sans réciprocité. En résumé, un Munich industriel.” François Genthial, Red chef magazine Capital.

Michael O’Leary, PDG, Ryanair “Une fois que nous commencerons à voler en juin, nous vendrons n’importe quel prix afin d’occuper autant de sièges que possible, même si cela signifie perdre de l’argent pour les 12 prochains mois. Les bénéfices en souffriront un an ou deux, et c’est ce à quoi nos actionnaires devraient s’attendre.”

“Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.” Coluche

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Chine-USA: La situation se tend entre les deux pays
– Danemark: € 37 milliards pour soutenir l’éolien et l’hydrogène
– Espagne: La plus grande éolienne du monde fait 222 m.
– Arabie Saoudite: La TVA va passer de 5 à 15% pour combler le manque pétrolier
– Irak: Les mois qui viennent vont être importants
– Venezuela: L’Iran a envoyé plusieurs tankers d’essence pour dépanner le pays
– Japon: Sept entreprises travaillent ensemble pour un bateau électrique.


 

Décidément les cours du baril sont très farceurs et aussi imprévisibles que joueurs. Dans la surprise de ce mois, le prix du pétrole est plus cher aux USA (WTI) qu’à Londres (Brent).  Le déversement de sommes astronomiques par la Banque Centrale Américaine pourrait évoquer une piste. Le monde de la finance ne semble plus savoir quoi faire de tout cet argent, autant le mettre quelque part.

Les cours ont grimpé comme un bouchon de liège alors que les fondamentaux sont identiques au mois passé: surproduction, manque de place de stockage, demande en baisse.
Bref, à Londres, le Brent indique $35,33 (25,27$ fin avril) et à New York, le WTI double le mois précédent à 35,38 (18,60$ fin avril).

 

 Graphique du mois
Diminution de la demande par type de carburants
(essence, diesel, kérosène, gaz liquide, Autres)

 

Pétrole

L’offre dépasse toujours la demande et les places de stockage diminuent. Il n’est pas impossible de voir les cours du pétrole refaire un tour de carrousel durant le prochain mois.

De plus en plus de pays sortent du déconfinement et la demande va reprendre mais combien et quand?  Il semble que nous soyons encore assez loin d’un retour «à avant». Les avions comme les bateaux sont cloués au sol ce qui n’est pas une tâche facile pour un bateau.

Selon les sources, la baisse de la demande vogue entre -10 et -40 millions de barils par jour (b/j). L’Agence Internationale de l’Energie penche pour une chute de 25,2 millions b/j en avril et de 21,5 pour le mois de mai. Sur l’année 2020, l’IEA prévoit une baisse moyenne de 8,6 millions b/j. Soit la plus grande chute jamais enregistrée dans l’histoire du pétrole.

En plus du pétrole, le gaz est également dans l’oeil du cyclone. Le manque de place de stockage pousse les prix à la baisse. Contrairement au pétrole, il est plus facile de s’en débarrasser en le brûlant sur le lieu d’extraction.

Le PIB mondial devrait diminuer de 3,2 % cette année soit la plus grande contraction depuis 1930. Avant le coronavirus, la croissance était limitée à 2,5 %.  (Lire Dépression ou Récession : du cauchemar au rêves?)

 

Majors pétrolières

Les chiffres d’affaires d’ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, Halliburton, Schlumberger, Baker Hughes (USA), Shell (Hollande), BP (Angleterre), Total (France) , Eni (Italie), Equinor (Norvège) et Rosneft (Russie) ont baissé de 17% à $262 milliards au premier trimestre contre $ 315.5 milliards en 2019 selon Anadolu Agency. L’Oscar de la plus grande perte revient à l’entreprise de services Baker Hughes avec un trou de 10,21 milliards $ au premier trimestre.

Pour l’instant, seuls Shell et le norvégien Equinor ont décidé de réduire leurs dividendes. Toutes les autres maintiennent une rétribution de plus de 6% aux actionnaires.

A contrario des américains, Total, Repsol, BP et Shell ont annoncé des plans pour réduire leur impact carbone à zéro. Venant de pétroliers, le concept zéro carbone est théorique et sens bon l’auto-promotion. Cependant, la jeune génération, qui représente les clients de demain, pourrait tenir rigueur aux entreprises qui ont chauffé leur avenir.

 

 

Renouvelables

L’agence internationale de l’énergie prévoit que les projets solaires, éoliens et renouvelables prendront un peu de retard cette année mais seront en progression dès 2021.

En 2020, l’IEA pense que la demande d’énergie va diminuer de 6% dans le monde.

En comparaison, les entreprises d’énergies propres cotées à la bourse américaines ont augmenté de 2,2% alors que les entreprises d’énergies fossiles ont chuté de 40,5% selon l’Imperial College London. L’étude a étudié 163 entreprises fossiles et 19 entreprises renouvelables et note qu’entre 2010 et 2019, le retour annuel des renouvelables a généré un profit de 11,4% contre 7% pour les fossiles.

 

Automobile et Mobilité Douce

Les ventes de voitures thermiques devraient reculer de 23% cette année. Les voitures électriques devraient reculer de 18%.

Le marché automobile européen a chuté de 76,3% en avril, 55% en mars. Même avant la pandémie, l’industrie était en surproduction et seule la Chine pouvait engloutir ces nouveaux véhicules. La chute actuelle ne fait qu’accélérer la tendance et les pertes d’emplois soulignent le business model défaillant des constructeurs et un marché qui se rétracte. Paradoxalement, les constructeurs se tournent vers les gouvernements pour recevoir des aides financières alors que ces mêmes entreprises font tout pour éviter de payer des impôts.

A travers le monde, les ventes de vélos ont été démultipliées des USA à l’Europe. Aux USA, les ventes ont été multipliées par deux. Les trottinettes apportent également une réponse à la mobilité urbaine.

Certaines villes ont adapté leurs rues pour absorber ce déplacement de comportement et de trafic. Les USA font même face à une pénurie de vélos.

Après Tesla, c’est General Motors qui annonce une voiture électrique avec une durée de vie de 1,6 million de km avec la même batterie. GM devrait se passer de cobalt pour les électrodes.

 

Transports maritimes

Le transporteur de containers Maersk, 17% de part de marché mondial, a généré des bénéfices supérieurs aux attentes. L’entreprise a coupé ses charges de carburants et a augmenté ses coûts de transports afin de compenser la chute de la demande. Maersk prévoit une baisse de 20 à 25% de la demande entre avril et juin de cette année et aucune reprise solide avant la fin de l’année.

Dans l’Atlantique, les prévisions penchent pour 19 tempêtes dont 6 à 10 pourraient se transformer en cyclone. Dans les régions côtières des USA, la température de l’eau est déjà à point.

 

Les gens comme vous et moi

A travers l’Europe en mars, l’épargne des citoyens a augmenté, +€ 20 milliards en France, 16,6 en Italie et 10,1 en Espagne, 14,6 en Angleterre. A l’opposé, comme en 2008, les Allemands ont retiré leur argent de leurs comptes et font confiance au cash +39,7 milliards entre janvier et mai.

Une grande partie des ménages ont accumulé involontairement des économies à cause du confinement. Cependant devant l’incertitude sur l’emploi, ils pourraient être réticents à donner suite à leurs impulsions d’achats pour une nouvelle voiture, des voyages ou pour des objets inutiles. La confiance ne s’achète pas.

La Chine compte plus de 200 millions de chômeurs et les USA 42. La Russie est actuellement au coeur du cyclone. En Europe, les annonces de suppression d’emplois s’amoncèlent. L’augmentation de la consommation d’énergie pourrait prendre du temps.

 

Depuis 2014, le marché pétrolier est entré dans une nouvelle phase

 

Les pays au top du Hit-Parade du Mois

Chine

Après une accalmie suite à l’accord commercial de Donald Trump, l’ambiance entre la Chine et les USA a repris des couleurs vives et vire au rock & roll.

Pékin est en train de faire main-basse sur Hong Kong pendant que Trump tente de se faire réélire. L’option militaire n’est plus dans l’arsenal américain face à la puissante Chine. Il ne reste que le bouton «finance» dans les mains de la Maison Blanche mais la première salve de menaces de Trump a fait pchitt.

La Chine utilise à fonds l’outil diplomatique coronavirus pour consolider ses liens avec les autres pays et notamment dans la distribution de matériels sanitaire ainsi que dans la reconstruction économique et énergétique. La Chine est capable de réaliser et de financer à l’étranger des centrales nucléaire aux fermes solaires. Les pays sur la route de la Soie sont les premières cibles.

La demande pétrolière chinoise aurait grimpé à 13 millions b/j contre 13,4 millions b/j avant la pandémie. Cette hausse reste à confirmer dans les mois qui viennent, mais Pékin fait ses emplettes et profite des prix bas du pétrole afin de remplir ses réserves. Les 117 tankers pétroliers, qui se dirigent vers la Chine, représentent la plus forte concentration mondiale de livraisons pour un seul et même pays.

La demande de charbon est d’un tiers plus élevé que l’année passée à la même époque notamment à cause des fortes températures et de la demande d’air conditionné.

Le PIB chinois se serait contracté de 6,8% depuis le début de l’année selon le gouvernement. Pour mémoire, le PIB 2019 s’était soldé à +6,7%. Comme il s’agit des chiffres officiels, il est impossible de savoir s’ils ont été tirés au sort ou s’il s’agit de la réalité. La deuxième option semble la moins probable.

Le président Xi Jinping ne va pas fixer d’objectifs de croissance pour le reste de l’année, mais il va continuer de stimuler (comprendre injecter de l’argent) dans les entreprises locales.

Volkswagen espère pouvoir vendre autant de voitures cette année qu’en 2019 et cela malgré le coronavirus. En Chine, VW va investir € 2 milliards pour développer les voitures électriques. La Chine représente 40 % des ventes de VW dans ce domaine.

 

Danemark

Le pays va à nouveau se démarquer et lance un projet de 37 milliards € afin de construire deux fermes d’éoliennes et proposer de l’électricité renouvelable pour générer de l’hydrogène. Suite à la pandémie, le gouvernement ambitionne de créer des milliers emplois et de réduire ses émissions de 70% d’ici à 10 ans. Le projet de 4 GW sera principalement financé par le secteur privé.

En 1991, le Danemark avait construit la première ferme d’éoliennes offshores et depuis le pays a continué de pousser et de soutenir son industrie afin de maintenir son leadership et ses emplois dans le pays. Les deux fabricants, Orsted et Vestas ont atteint une envergure mondiale.

Le groupe Six, l’une des plus grande entreprise du pays, va lancer le plus grand consortium d’hydrogène au monde pour alimenter des bateaux, des avions, des camions, bateaux et pour l’industrie. AP Moller-Maerks, la compagnie d’aviation SAS, DSV Panalpina, les lignes de ferry DFDS, Copenhagen Aéroport et Orsted vont utiliser de l’hydrogène basée sur l’énergie éolienne d’ici à 2023.

 

Etats-Unis

Selon Bloomberg et Wood Mackenzie, la production pétrolière américaine est passée de 13,24 millions b/j en mars à 10,94 et devrait évoluer sous la barre des 10 millions dans les semaines à venir. Les chiffres divergent selon les agences. Cependant, un consensus s’accorde sur une baisse de plusieurs millions de barils par jour.

Les pertes d’emplois se montent à plus de 42 millions depuis le début de la pandémie. Stanford University pense que 40% de ces emplois seront perdus. On reste à Stanford. L’Université a refusé que son fonds de gestion sorte des investissements dans les énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz.

La société de location de chauffeurs UBER continue sur sa lancée avec une perte de 2,9 milliards $ au premier trimestre soit le triple d’il y a un an.

Les Etats de New York et du New Jersey ont bloqué la construction d’un gazoduc qui devait alimenter en gaz 2,3 millions de foyers. Ce projet de $ 1 milliard entrait en contraction avec les lois environnementales des Etats. Les émissions de méthane du gaz naturel rendent cette énergie aussi nocive pour le climat que le charbon.

Le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods au eu chaud. Lors de l’assemblée générale, le fonds anglais LGIM s’était allié à d’autres actionnaires afin de demander à ExxonMobil de divulguer ses activés de lobby contre le changement climatique ainsi que d’implémenter un commité indépendant qui aurait bousculé le PDG dans les questions d’énergies renouvelables. In fine, seuls 32,7% des actionnaires ont voté pour cette proposition.

Dans l’assemblée générale de Chevron, les investisseurs ont demandé au pétrolier de divulguer ses actions de lobby contre le changement climatique. Chevron a annoncé voir licencier 10 à 15% des ses 45’000 employés.

Avec Chevron, ExxonMobil est l’une des rares compagnies pétrolières à n’avoir aucune stratégie de diminution de CO2. Parmi les plus grands investisseurs d’Exxon on retrouve la Banque Nationale Suisse pour une valeur de $ 649 millions alors que l’action a dégringolé de plus de 50% durant ces 4 dernières années.

Avec une ardoise de 19 milliards $, la société de location de voitures HERZ USA-Canada s’est mis en protection de faillite. Ses problèmes datent d’avant le coronavirus.

 

Décompte des plateformes de forages pétrole et gaz aux USA

 

L’australien Quinbrook Infrastructure et l’électricien californien Arevia Power ont reçu le feu vert pour construire le projet Gemini Solar de 1 milliard $ avec 690 MW de panneaux solaires. Proche de Las Vegas, la ferme pourra également stocker l’électricité produite.

Pour leurs voitures à hydrogène Toyota, Hyundai et Honda offrent gratuitement pendant 3 ans les pleins d’hydrogène. En Californie, plus de 8’000 voitures à hydrogène sont en circulation avec 41 stations de recharge. Le kg est vendu à 13,99$ soit 1,47$ en équivalent essence. Le prix devrait descendre entre 10 et 8$ le kg dans les 5 années à venir selon la National Renewable Energy.

La Californie va ouvrir le plus grand centre de production d’hydrogène au monde avec 40’000 tonnes annuellement assez pour les besoins de 2’200 voitures.

Même si l’extraction du charbon est considérée comme un business essentiel et que les mines sont restées ouvertes durant le coronavirus, le nombre d’emplois dans le secteur minier a diminué de 12% à 43’800 employés en avril. La pandémie pourrait accélérer le déclin du charbon aux USA. L’utilisation des énergies renouvelables et le gaz opposent une trop forte concurrence pour qu’il reste compétitif.

Contagion ou récupération? Après que le PDG de BlackRock, qui après des années de pillage de l’économie, a vue les lumières divines, voici que Jamie Dimon, PDG de la Banque JPMorgan Chase, a aussi eu une vision. Avec un toupet certain, le brave homme annonce que “le corona sonne comme un réveil pour les gouvernements et les grandes entreprises afin de construire une économie qui englobe plus les millions de personnes pauvres qui sont laissées derrière et depuis trop longtemps.” Peut-être que de fermer une banque aussi prédatrice que JPMorgan Chase est une excellente première étape pour atteindre cet objectif?

Les cinq premiers milliardaires américains (Jeff Bezos d’Amazon, Bill Gates de Microsoft, Mark Zuckerberg de Facebook, Warren Buffet et Larry Ellison d’Oracle) ont vu leur fortune augmenter de 75,5 milliards $ entre le 18 mars et le 18 mai. Au total les 600 plus grandes fortunes américaines ont augmenté leurs fortunes de 434 milliards $  (+15 %) selon American for Tax Fairness et Forbes.

 

 

 

Europe

A part quelques gouttes de pétrole et de gaz dans la Mer du Nord, l’Europe est énergétiquement dépendante de pays tiers. Dans ce contexte, l’Europe s’engage dans un «Green New Deal» avec l’objectif de se sortir du pétrole, du gaz et du charbon d’ici à 2050.

Dans sa liste de recommandations d’investissement, la commission Européenne désire exclure les investissements dans les énergies fossiles et donner une ligne de conduite pour les assurances et les fonds de pension.
Mais il y a un mais! La Commission vient d’inventer un concept à hurler de rire et qui souligne avec délicatesse l’influence des petites enveloppes distribuées par les lobbies.

Elle défini une énergie fossile, comme «solide» comme le charbon. Une énergie fossile n’est pas «liquide» comme le pétrole et le gaz. Ainsi, seul le charbon sera exclu des recommandations.

 

Russie

En Sibérie en temps normal, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Depuis janvier, il fait chaud. Le joli mois de Mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures de 30 à 35°C.

Ca chauffe également pour le Président Poutine qui voit sa côte de popularité descendre proportionnellement à la montée du coronavirus d’autant que les budgets de l’État dans les hôpitaux ont fondu comme la neige en Sibérie.

Dans l’accord OPEP+ (OPEP et Russie), Moscou devait fortement réduire sa production pétrolière afin de soutenir les cours. Connaissant la Russie, le chiffre lancé en l’air n’allait pas être respecté. Effectivement, la Russie n’est pas allé au-delà. Rosneft annonce qu’il est difficile de fermer les gisements pétroliers sans les endommager de manière définitive.

 

Allemagne

Dans la Saxe, après 180’000 km, le test de deux rames de trains à l’hydrogène se solde par un succès. Ainsi 14 rames du modèle Coradia iLint d’Alstom vont entrer en fonction pour remplacer les trains diesel.

Les ventes de BMW ont diminué de 61% en avril avec 121’000 ventes (au plus bas depuis 1990) et une chute de 97% en Italie, Espagne et en Angleterre.

Dans l’affaire du Diesel Gate, VW a déjà déboursé € 30 milliards. La facture va s’allonger car le constructeur va devoir racheter, à la valeur actuelle, les voitures truquées aux clients allemands lésés.

Faisant froncer les sourcils de la non-concurrence et des économistes traditionnels, le Gouvernement Allemand injecte des centaines de milliards afin de soutenir ses entreprises.

Lufthansa a pour l’instant refusé les conditions pour une aide de € 9 milliards.

 

Espagne

Quand la taille est importante! Siemens et le producteur espagnol d’éoliennes Gamesa Renewable Energy vont construire la plus grande éolienne au monde: Hauteur de 222 m et une puissance de 14 MW.  La SG 14-222 DD pulvérisera de 2m l’éolienne de General Electric. Les premières unités seront installées aux USA.

 

Angleterre

Bernard Looney, PDG de BP, pense que la pandémie pourrait avoir fait atteindre le peak de la demande pétrolière. Selon lui, «les technologies, qui permettent de travailler à la maison ou d’éviter les déplacements, vont couper la demande pour les voyages et les déplacements. Ces comportements pourraient persister dans le futur.»

BP a vu chuter ses bénéfices de 66% au premier trimestre. Le PDG désire investir dans les énergies renouvelables. En même temps, il ne sera pas trop difficile d’atteindre cet objectif car l’implication actuelle de BP est dérisoire. En moyenne, les majors pétrolières consacrent moins de 2% de leur investissements dans le renouvelable alors que les énergies vertes composent le 50% de leurs communiqués de presse.

AMTE Power et Britishvolt vont coordonner leurs efforts dans la construction d’une fabrique de batteries de 4 milliards £ afin de livrer les constructeurs automobiles et de stockage d’électricité basés en Angleterre. Dans la même veine, Tesla espère ouvrir une fabrique en Allemagne, pendant que le suédois Northvolt a récolté 1 milliards $ pour construire une unité en Suède.

Le pétrolier Hurrican Energy, autrefois positionné comme le champion de l’exploration dans la Mer du Nord, a suspendu ses prévisions d’extraction. Ses prévisions de 20’000 b/j dans les îles Shetland ne sont finalement pas réalistes. En 2017, il avait réussi à lever 530 millions $ pour extraire les 523 millions de barils qui se trouvaient sous les îles. Sur la nouvelle, la valeur de l’entreprise a chuté de 43%.

Le constructeur aéronautique Rolls-Royce va licencier 9’000 de ses 52’000 employés. L’anglais livre des moteurs pour Boeing et Airbus. Son business model repose sur le nombre d’heures de vols des avions, d’où les licenciements.

EasyJet va licencier 4’500 employés. D’ici à juillet, la compagnie aérienne espère retrouver le 30% de sa capacité de vol. Malgré les licenciements, la compagnie va garder ses vols à des tarifs moins cher qu’une pizza notamment pour les weekends indispensables à Barcelone.

 

Norvège

Le Fonds Souverain du pays de $ 1’000 milliards a décidé de renoncer aux investissements dans les entreprises qui utilisent plus de 20 millions de tonnes de charbon par année. En mai, le fonds est sorti du minier Glencore, des électriciens Anglo Amercican et Allemand RWE et du brésilien Vale.

 

Suisse

Le canton de Genève désire sauver le Salon de l’Automobile. Geste de désespoir? Sa fréquentation est en chute libre de 720’000 visiteurs en 2000 contre 600’000 pour 2019. La probabilité, que les billets 2019 deviennent collector, grandi.

En Suisse, la production d’électricité à base d’éolien et de solaire a atteint 284 kWh en 2019. Du coup, le pays fait une percée extraordinaire et remonte au 24 rang au niveau européen. Seules la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie, la République Tchèque et la Lettonie font moins bien que l’Helvétie selon la Fondation Suisse de l’Energie.

Glencore, le géant minier installé à Zoug pour des raisons d’optimalisations fiscales, fait face à une fronde de ses investisseurs soucieux du climat. Ils demandent le départ de Tony Hayward actuel président du conseil. Pour mémoire, Tony Hayward était l’abruti (pas trouvé d’autre mot) qui dirigeait BP lors de la marée noire Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.

 

France

Renault va licencier 8% de ses employés soit 15’000 personnes dont 4’600 en France durant les 3 prochaines années. Le constructeur automobile souffre d’une surproduction et des pertes financières avaient été annoncées avant le coronavirus. Ses usines peuvent produire plus de 1 million de voitures alors que ses ventes dépassent à peine les 600’000 unités.

A Belfort, l’avenir de General Electric devient de plus en plus incertain et 70 employés ont été licenciés durant le confinement. Derrière la vente bradée d’Alstom à GE se cache Emmanuel Macron qui avait annoncé la création de 1’000 emplois en 2014. Il y a un an 792 postes dans l’entité gaz avaient été déjà supprimés.

 

 
Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Avec la chute du baril, le royaume tousse. Il y a 2 ans, le prince héritier Mohammed bin Salman avait introduit une TVA de 5%. Elle va grimper à 15% dès le mois de juillet.

Les fonctionnaires vont également voir disparaître des aides financières, histoire de réduire de $ 26,6 milliards le budget de l’État. Le secteur public emploie le plus grand nombre de nationaux et les salaires représentent le 50% du budget de l’État. Le département militaire pourrait également se serrer la ceinture.

Neon, la ville du future au bord de la Mer Rouge, pourrait passer aux oubliettes d’autant que les 500 milliards $ restent à trouver.

Pour se conformer aux quotas de l’OPEP, l’Arabie Saoudite devrait extraire 7,5 millions b/j. en juin, soit une baisse de 4 millions b/j.

Avec des ventes de 51,4 milliards $, Saudi Aramco annonce une baisse de 25% de ses revenus pour le premier trimestre avec un bénéfice de seulement 16,7 milliards $ contre 22,2 en 2019. Avant le coronavirus, la compagnie pétrolière nationale avait prévu de distribuer pour 75 milliards $ de dividendes cette année. L’objectif semble s’éloigner. Dans la foulée, elle va diminuer ses investissements d’extractions de 33 à 25 milliards $.

Ryad continue de vendre son pétrole en Asie avec un rabais de 5,9$ le baril pour une livraison en juin. L’objectif est de prendre des parts de marché à la Russie et aux autres concurrents.

La Chine a augmenté ses importations de pétrole d’Arabie Saoudite. Là aussi, cela sent les rabais.

Pour le nord-est de l’Europe, un marché important pour la Russie, l’Arabie Saoudite propose son pétrole avec un rabais de 3,7$ le baril.

 

Iran

Le pays a été durement touché par le coronavirus d’autant que les USA ont tout fait pour que le pays ne reçoit ni masque, ni ventilateur ou médicament. Les chiffres dépassent les 100’000 contaminés et approchent les 7’000 morts.

Après un calme relatif, le pays a été déconfiné. Mais comme le virus est joueur, il s’est installé dans la partie pétrolifère du pays. Ainsi dans la région d’Abadan, tous les bureaux, raffineries et exploitations pétrolières tournent au ralenti.

Avec la chute des prix du baril, les revenus du pays ont chuté. L’impact sur les citoyens et tout le système économique sera à mesurer dans les mois à venir.

 

Irak

Après des mois de vide, un nouveau premier ministre. Mustafa al-Kadhimi a été nommé à la tête de l’état. Il a muté Ali Allawi de ministre des finances au rôle de ministre du pétrole. Avec la quasi totalité des revenus de l’État qui proviennent du pétrole, on peut se demander l’utilité d’un ministre de l’économie.

Bagdad renégocie avec les majors pétrolières internationales afin de différer les payements. Avec le coronavirus et la chute des prix du pétrole, le pays se trouve sur le fil du rasoir. La production a déjà diminué de 700’000 b/j.

Au nord, les Kurdes ont enfin accepté de rétrocéder 250’000 b/j de pétrole ainsi que les revenus à Bagdad. Cette décision avait été prise à la fin 2019, mais avec la situation actuelle, les Kurdes ont préféré garder le tout pour eux d’autant que l’État Islamique reprend des forces.

L’État Islamique profite du vide et de la détérioration de l’ambiance entre les USA et l’Irak afin de reprendre des forces. En temps normal, des jets militaires patrouillent la région d’Anbar. Comme les budgets sont coupés, il n’y a plus de vols. Une deuxième vague de l’État Islamique pourrait surgir.

 

Yémen

Alors que le pays a obtenu un cessez-le-feu avec l’Arabie Saoudite, la pandémie de coronavirus a mis à genou le système de santé. De plus, une invasion monstrueuse de sauterelles a dévasté les récoltes. Les milliards de sauterelles se sont dirigées vers le Kenya.

 

 

Les Amériques

USA Schiste

Le gisement de schiste du Dakota du Nord a perdu 7’000 forages sur 16’000 et la production a diminué de 500’000 b/j. L’arrêt d’un forage coûte $ 20’000 alors il en faut $ 50’000 de plus pour le redémarrer selon le North Dakota Departement of Mineral Resources. Pour effectuer un forage, comptez une moyenne de $ 7 millions.

Dans les extractions de schiste, l’agence américaine de l’énergie annonce une production de 9 millions b/j avant la pandémie à 8 millions en mai et 7,8 en juin. Ces chiffres sont à prendre avec un peu de recul car la transparence n’est pas dans l’ADN de l’agence.

Les entreprises pétrolières Fieldwood Energy, Ultra Petroleum et Gavilan Resources ont annoncé leur faillite. La dernière était une protégée de BlackRock.

Chesapeake Energy évalue la possibilité de se protéger derrière le chapitre 11 des faillite. Le mois passé Diamond Offshore Drilling et Whiting Petroleum avaient fait le pas.

Selon Rystad Energy, si les prix du baril restent dans la zone des $30, plus de 70 entreprises pourraient faire faillite et 170 pourraient suivre en 2021.
Le nombre de pertes d’emplois dans le schiste aurait atteint 70’000.

Avec une armada de tankers pétroliers, l’Arabie Saoudite livre plus de 1,6 million b/j de brut aux USA. Les commandes avaient été passées avant l’arrêt de la guerre des prix le 12 avril dernier. Avec des prix cassés, ces livraisons pénalisent le pétrole de schiste. Les importations pétrolières américaines ont augmenté à 7,2 millions b/j.

 

Venezuela

Devant la pénurie d’essence qui paralyse le pays, l’Iran a envoyé 5 tankers de carburants avec plus de 200 millions de litres d’essence. Caracas prend toutes les mesures militaires pour protéger l’arrivée des tankers qui pouvaient être bloqués par les américains dans les Caraïbes. Pour l’instant, la US Navy a laissé faire.

Suite aux menaces américaines de sanctions financières contre le russe Rosneft, l’entreprise a vendu tous ses actifs au Venezuela à une entreprise russe détenue à 100% par Moscou. Cependant, la Russie craint les sanctions financières américaines et semble officiellement lâcher le secteur pétrolier du Venezuela. A confirmer.

Le Venezuela pourrait perdre la propriété de Citgo, qui génère un cash précieux. La compagnie pétrolière américaine est détenue par PDVSA la major pétrolière vénézuélienne. La cours suprême américaine a accepté la demande du canadien Crystallex de saisir pour 1,4 milliards $ les actions de PDVSA dans Citgo.

 

Argentine

Le gouvernement aimerait subventionner l’extraction pétrolière de schiste en rachetant aux producteurs le baril à un prix fixe de 45$ au lieu des cours qui naviguent entre 20 et 30$. Ca tombe assez bien car l’Argentine croule sous les dettes et pourrait faire un nouveau défaut de payement.

Le gisement de schiste de la Vaca Muerta a vu sa production s’écrouler et il est peu probable qu’une garantie de payement à 45$ fasse revenir les investisseurs et les producteurs.

 

Asie

Inde

Alors que le pays est sorti de son confinement, la demande de carburants a augmenté. Les ventes de diesel de 38% à -61% en avril, pétrole de -47,5% contre 61% en avril.

Les 20 millions d’habitants de Bombay représentent le 20% des infections de coronavirus et 25% des morts.

Le plus puissant cyclone jamais enregistré dans le golfe du Bengale, Amphan avec ses vents à plus de 180 km/h, a touché les côtes de l’Inde. La température élevée de certains océans pourrait promettre une saison cyclonique intense.

 

Japon

Nissan va réduire sa capacité de production de 7,2 à 5,4 millions de véhicules par an dès 2022. L’usine de Barcelone, Espagne, qui emploie 3’000 personnes sera fermée. Le groupe va abandonner l’Europe et se concentrer sur l’Asie. Nissan, en alliance avec Renault et Mitsubishi, a l’intention de supprimer 20’000 emplois dans le monde.

Sept compagnies japonaises ont formé le e5 Consortium afin de réaliser un nouveau bateau électrique capable de voguer entre les océans.

 

 

Afrique

Comme les médias ne s’intéressent qu’aux nouvelles locales du coronavirus, voici des infos sur les contaminations.

 

Libye

La Russie et la Turquie semblent les deux forces en charge du pays via leurs marionnettes locales. Moscou a misé sur le général Khalifa Haftar, qui tente de prendre, sans succès, la capitale Tripoli avec sa Libyan National Army (LNA). Cependant, Poutine pourrait choisir un nouveau cheval.

L’Egypte, la Russie, les Emirats Arabes Unis soutiennent également le général. Celui-ci a décidé de bloquer toutes les livraisons de pétrole et par ricochet, le budget du pays. Chaque jour qui passe mène au pied du mur. (Lire article)

De son côté, la Turquie soutient le Governement of National Accord (GNA) qui est également soutenu par la France, l’Italie et les USA.

A l’époque de Kadhafi, le pays exportait 1,7 millions b/j. Aujourd’hui, l’extraction est à l’arrêt.

 

Algérie

Le pays envisage d’installer pour 3,6 milliards $ de panneaux photovoltaïques (4’000 MG) afin de générer de l’électricité et pour faire face à l’augmentation de la demande.

 

Nigeria

Le plus grand producteur de pétrole africain a importé pour 20,89 milliards de litres en 2019. Le pays ne possède pas de raffinerie.

La justice anglaise a refusé la plainte déposée par le Nigeria contre l’Italien Eni et l’anglo-hollandais Shell. Le gouvernement nigérien avait porté une affaire de corruption des deux majors pour un montant de 1,1 milliard $. Le juge a précisé que l’Angleterre n’avait pas de juridiction afin de traiter ce cas.

 

Phrases du mois

Dans le passé, nous avons toujours été confrontés soit à une crise [alimentaire] du côté de la demande, soit à une crise de l’offre. Mais c’est à la fois une crise de l’offre et de la demande au niveau mondial. Cela rend cette crise sans précédent et inexploré.”  Arif Husain, Chef Economiste UN World Food Program

“Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective. – Qu’est-ce qu’il a dit ? – Il a dit que l’on va tous mourir.

Je ne sais pas comment expliquer qu’un homme avec aussi peu de qualifications est devenu le président d’un pays de 210 millions d’habitants.” Virgilio Neto, Maire de Brasilia, Brésil au sujet de Bolosonaro.

“La Politique part d’un principe très simple, quand on manque de tout, un rien nous suffit, et quand il nous suffit d’un rien, on n’a pas besoin de grand-chose.” Coluche

 

La Lecture du Mois sur le Net

TechnoCivilisation : l’âge de déraison

Comment nos smartphones nous espionnent.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète

 

 

 

 

 

Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Un baril à -37$, ça vous dit?
– USA: Le pétrole de schiste est en train de s’écrouler
– Russie: Le coronavirus s’attaque aux installations nucléaires
– Chine: Pékin en profite pour remplir ses réserves stratégiques
– USA: Elon Musk pollue le ciel avec ses satellites Wifi
– Suisse: L’essence est trop chère de plus de 10 centimes
– Venezuela: Premier pays producteur de pétrole à s’effondrer?
– Gaz Naturel: Encore une étude sur les fuites de méthane.


 

Nous venons de vivre un mois historique avec des records… historiques. Le pétrole est passé dans une machine à laver avec un programme qui oscillait entre -37,63$ à New York et 10,07$ à Londres. Pas étonnant qu’il en ressort lessivé. Une telle volatilité est effrayante.

Ainsi, pour ne pas finir comme un cancre au fonds de la classe, le baril s’est repris le dernier jour du mois. A Londres, le Brent s’affiche à 25,27$ (26,20 fin mars) et à New York, le WTI s’affiche à 18,60$  (20,20$ fin mars).

 

 Graphique du mois
Le baril termine à -37$ le baril à New York

Source: Bloomberg, graphique BBC

 

Energies

Au niveau mondial, la pandémie a diminué la demande d’énergie de 6% selon l’Agence Internationale de l’Energie, soit l’équivalent de la consommation de l’Inde!

La baisse touche le pétrole, le gaz et le charbon mais, de manière très intéressante, pas les énergies renouvelables. En effet, les coûts de production d’électricité à base d’énergies renouvelables (opex) sont proche de zéro. Cette distorsion de comportement est regardée avec intérêt par les investisseurs dans une perspective d’une sortie de crise et pour des opportunités d’investissements futures.

Selon Fatih Birol, directeur de l’AIE, les émissions d’équivalent CO2 ont diminué de 8% soit au niveau de 2010.

 

Pétrole

Il était attendu. Comme le Beaujolais, le krach pétrolier nouveau est arrivé. Le millésime 2020 s’appelle “Black Monday” Ainsi, durant le joli mois d’avril, le baril de Brent est descendu à 10.07$ à Londres, au plus bas depuis 1999. A New York, c’est la gabegie dans une industrie qui est en train de structurellement s’écrouler.

Les producteurs notamment aux USA, en Afrique et au Moyen-Orient vendent leurs barils avec des rabais entre 5 et 10$ par rapport aux cours. Le Canada commercialise son baril en-dessous de 1$.

Si vous désirez investir dans le pétrole: “Acheter du pétrole est une affaire de pros” comme le souligne Thomas Veillet dans son sympathique article. Dans les grandes lignes, des financiers requins ont créé des ETF à l’attention des marionnettes. Si votre financier vous propose d’acheter du pétrole, vous savez qui est la marionnette.

 

Stockage du pétrole

Suite la baisse de la demande estimée à 25 millions de barils par jour (b/j), les pétroliers cherchent des places de stockage. A part le schiste, les forages n’ont pas l’option “on/off”. En cas d’arrêt, ils ne peuvent pas repartir ou pourraient endommager le gisement. Dans certains cas, il sera préférable de le brûler sur place, comme on le fait depuis des années avec le gaz.

Selon Vortexa depuis la fin mars, la quantité de pétrole stockée dans les tankers est passée de 33,7 à 72 millions de barils  Il n’en fallait pas plus pour que la main invisible du business s’en mêle. Les prix de location des tankers a doublé selon le concept de l’offre et de la demande.

Selon Vortexa depuis la fin mars, la quantité de pétrole stockée dans les tankers est passée de 33,7 à 72 millions de barils Il n’en fallait pas plus pour que la main invisible du business s’en mêle. Les prix de location des tankers a doublé selon le concept de l’offre et de la demande.

Pour un tanker de 800’000 barils, vous allez devoir signer un chèque de 173’000 $ par jour. Pour la version plus petite de 500’000 barils, 112’000$ devraient suffire. Il n’y a pas encore une offre spéciale sur Qoqa.ch, mais ça devrait venir.

 

 

Economie

Il est trop tôt pour savoir si les pays européens se lancent dans l’ouverture de leur Economie ou dans une deuxième vague de pandémie. La réponse devrait émerger dans quelques semaines.

Les Banques Centrales ont ouvert les vannes de liquidités à hauteur de 15’000 milliards $. Comme en temps de guerre, la victoire n’a pas de prix. Avec cette inondation de liquidité, les bourses devraient retourner vers des niveaux records alors que dans la vraie vie, les pagaies seront de rigueur.

Sommes-nous en récession (qui est un cycle normal dans l’économie) ou une dépression (causé par une guerre ou une pandémie). L’histoire montre que les dépressions sont plus longues mais apportent les plus grands changements. Dans ce deuxième cas, quels seront les changements qui émergeront?

Dans une dépression, l’injonction d’argent par les Banques Centrales est aussi efficace que Don Quichotte avec ses moulins à vent mais cela a le mérite d’apporter du cash à Bill Gates, Elon Musk, ou Jeff Bezos.

 

Uranium

A l’opposé du pétrole, le corona limite l’extraction d’uranium notamment dans les mines de Cameco au Canada et  de Kazatomprom au Kazakhstan. La réduction a réduit les extractions de 23 millions de tonnes. Le minerai grimpe +33% à 33.3$ l’unité. Ca fait beaucoup de trois!

Aux USA, l’extraction d’uranium représente 1.2 million de tonnes soit 7% des besoins de ses 98 centrales. Le reste est importé notamment de Russie.  Chut! Il ne faut pas le dire trop fort car si Donald met la main sur ce dossier.

 

Climat

Des records de températures laissent présager un été mouvementé notamment dans l’Atlantique, le Golfe du Mexique, le Pacifique et l’Océan Indien selon l’US National Centers for Environmental Information.

Les eaux du Golfe du Mexique atteignent 24,6 degrés alors qu’il fait plus de 34 en Floride, soit 6 degrés de plus que la moyenne pour un mois d’avril. La température devrait encore monter, car le Sénateur de l’Etat a levé le confinement et pense que tout est réglé.

La hausse des émissions de méthane inquiète. Mauvaise nouvelle pour les végans, car elle n’est pas due aux bovins, mais principalement à l’extraction et le transport de gaz naturel.

Grâce aux observations satellites, il est possible de mesurer les émanations de méthane de l’industrie gazière et pétrolière de schiste dans le Bassin Permien, Texas, USA. Des résultats spectaculaires ont été publiés dans le journal Science Advances. Les émanations de méthane du gaz naturel et pétrole de schiste sont deux fois plus élevés que dans les relevés officiels des exploitants. Le gaz naturel présenté comme solution transitoire avec les énergies renouvelables n’est qu’une bombe à retardement. De plus en plus de villes aux USA interdisent son utilisation pour le chauffage, la mobilité et la cuisine.

 


Dessin: Chappatte

 

Aviation

L’aviation est le seul moyen de transport qui ne paie pas de TVA sur les carburants et les compagnies sont devenues expertes dans l’art de l’optimalisation fiscale. C’est avec un certain amusement que l’on observe cette industrie venir demander de puiser dans les impôts des citoyens pour les sauver. Motif: “too big to fail”. Cet argument avait fonctionné à merveille en 2008 avec les banques.

En avril, le transport aérien a connu une chute de 53% à travers le monde et de 90% en Europe et aux USA.

Selon le Washington Post, de 2014 à 2019, les compagnies aériennes américaines: American, Delta, Southwest et United ont dépensé pour 44,7 milliards $ pour payer des dividendes et racheter leurs actions. Ces mêmes compagnies demandent maintenant une aide de 50 milliards $ aux contribuables américains!

British Airways a licencié 12’000 employés sur 42’000. Virgin Australia s’est mis en faillite tout comme Norwegian Air Shuttle. Scandinave SAS se sépare de 5’000 employés. L’Airbus A380 ne sera plus fabriqué. Lancé en 2005, le super avion est trop gourmand et entasser 500 personnes dans un avion n’est plus un concept à la mode. Airbus travaille avec le gouvernement Macron afin de préparer un chèque en blanc ou une deuxième version avec un chiffre dessus mais avec beaucoup de zéros.

De la part de Berlin, Lufthansa va recevoir une aide de 66’000€ par employé. La compagnie allemande négocie également avec l’Autriche, la Suisse et la Belgique pour ses sociétés filles Edelweiss, Swiss et Brussels Airlines. La Suisse doit encore valider un prêt de Frs 190’500 par employé. KLM & Air France vont recevoir une aide publique de 245’000 € par employé. La palme du plus grand jackpot revient à Boeing. L’administration Trump va verser une subvention de 392’000 $ par employé.

 

 

Les pays du Hit-Parade du mois

USA Schiste

Sans hésitation, le pays No 1 du mois: les Etats-Unis et particulièrement le pétrole et gaz de schiste.

Depuis le début de l’année, 7 compagnies pétrolières de schiste ont fait faillites alors que 42 entreprises avaient mis la clé sous le paillasson en 2019. La crise couvait depuis plus de 9 mois. Le schiste était souffrant. Avec le coronavirus, il est aux urgences.

Le Texas implore le gouvernement pour des subsides afin d’effacer les dettes des producteurs. Le sénateur Ted Cruz ose: “Maintenir notre production pétrolière d’énergie locale et protéger plus d’emplois aux USA, ou retourner à la dépendance avec les sources étrangères.” Présenté sous cette forme, les cordes sensibles de Trump devraient être touchées d’autant que la dominance énergétique des USA est en jeu.

Whiting Petroleum a annoncé sa faillite et n’a pas payé 25 de ses sous-traitants.
Après avoir manqué un remboursement de 500 millions $, Diamond Offshore Drilling a également annoncé sa faillite. Son actionnaire principal Loews va perdre 2 milliards $.

La quasi-totalité des entreprises de schiste ont vu les notations de leurs actions passer au niveau de “junk – pourrie” soit à un niveau dangereux et avec des taux d’emprunts qui grimpent à plus de 6%. C’est le double effet kiss kool.

En moins d’un mois, 27 milliards $ d’investissements ont été suspendus dans le schiste aux USA. La coupe d’ExxonMobil représente 10 milliards $. Dans la foulée, Moody a dégradé le rating d’Exxon de Aaa à Aa1 avec une prévision négative.

Warren Buffet avait chaudement supporté le rachat du pétrolier Anadarko par Occidental Petroleum. Coûts de l’opération : 55 milliards $. Depuis, l’opération est nominée dans la catégorie du pire achat dans l’histoire du pétrole. La valorisation d’Occidental est passée de 42 à 12 milliards $ en 12 mois. Sa dette de 37 milliards $ est passée au niveau de pourrie.

Au total, l’industrie du schiste américain compte 2,1 million d’emplois. Pour atteindre le seuil de rentabilité, les producteurs ont besoin d’un baril à plus de 40$.

 

Prix pour atteindre l’équilibre financier dans
les différents gisements de schiste aux USA

Prix en dollars US
Source: Federal Reserve Bank de Dallas, Texas

 

USA

En mars, le secteur pétrolier américain a perdu 51’00 emplois. Avril devrait dévoiler l’ampleur du désastre. Ce crash pétrolier est en train de menacer de manière structurelle, géologique et financière l’industrie pétrolière américaine.

Le nombre d’installations pétrolières a chuté à 378 contre 650 avant le krach. Avec une production maximale de 12,2 millions de b/j, est-ce que les USA auraient atteint leur peak oil ou n’est ce que partie remise ?

A Washington, l’administration Trump penche sur le sauvetage de l’industrie pétrolière et gazière. Pour l’instant, la décision est bloquée par les démocrates qui réfutent un sauvetage à plusieurs centaines de milliards. Dans le futur immédiat, les faillites devraient secouer le schiste pour arriver sur une consolidation du secteur autours des grandes majors comme ExxonMobil ou Chevron.

Les milliardaires Elon Musk et Bill Gates évoluent sur la planète comme en pays conquis. Sans autre bénédiction que la leur, Bill veut pucer toute la population avec ces vaccins à nanoparticules injectables et l’autre abruti va balancer 40’000 satellites dans l’espace pour vendre une connexion internet à haut débit. Le premier train lumineux de SpaceX ne compte que 60 appareils et la probabilité, que les enfants nés en 2020 n’arrivent plus à voir les étoiles, augmente. Google veut également lancer ses propres trains de satellites.

La dette publique américaine, de 25’000 milliards, va augmenter d’au moins 3’700 milliards $ cette année.

Aux USA, la consommation d’électricité est au plus bas depuis 17 ans à 64’177 GWh -6.1% sur une année. Selon Bloomberg, il n’y a pas de comparaison historique à cette baisse. La demande débute plus tard dans la matinée. En collant à la demande, l’éolien et le solaire capturent des parts de marché face au charbon et au gaz.

Sur un total de 3,4 millions d’emplois, plus de 106’000 ont été biffés dans les énergies renouvelables et 500’000 sont sur le fil du rasoir selon l’American Council on Renewable Energy.

Zoom, l’application de vidéo conférence, souffre de confidentialité. Pour s’occuper des problèmes de sécurité, Zoom a engagé le zouzou qui s’occupait chez Facebook de la relation avec Cambridge Analytica. Rien à voir avec l’énergie, mais drôle.

Il y a 10 ans, le 20 avril 2010 explosait la plateforme DeepWater Horizon de BP qui déversa 750 millions de litres de brut dans le Golfe du Mexique. Deep Water forait à des profondeurs inédites à cette époque.

TESLA a livré 88’400 véhicules durant janvier et février alors que le mois de mars était fermé. Les “experts de la finance” attendaient 89’000 voitures sur le trimestre. Le titre de TESLA a augmenté de 145% en un mois et son PDG, Elon Musk, a reçu une prime de 750 millions $. Notons aussi que Musk en a profité pour dire que le confinement était une atteinte aux droits de l’homme. Est-ce que son train lumineux n’entre pas dans une atteinte aux droits de l’homme afin de regarder le ciel et les étoiles ?

 

Le premier train de 60 satellites Wifi. Au total 40’000 satellites sont prévus!
C’est juste moi, où ce truc est indécent?

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a mené à bien une réduction extraordinaire de 10 millions de barils par jour au sein de l’OPEP+ (y compris la Russie non membre de l’OPEP).

Le pays devrait prendre à sa charge une diminution de 2,5 millions de barils. Quelques heures après l’annonce, les prix se sont effondrés.

Riyad a proposé un cessez-le-feu au Yémen officiellement pour combattre le virus. Cela permettra à l’Arabie de ménager son budget.

Sur les océans, 10% des tankers sont remplis du brut de l’Arabie Saoudite. Alors que leurs capacités de stockage sont pleins, l’Arabie pourrait devoir couper sa production et arrêter certains forages notamment à Ghawar. Ce gisement découvert dans les années 50 est le plus grand gisement au monde.

Avant la pandémie, plus de 43 millions de barils de pétrole avaient été vendus aux USA pour une livraison du 24 avril au 24 mai. Rystad Energy dénombre 28 tankers en route pour livrer leur cargaison dans le Sud des USA où l’Arabie possède des raffineries. Au total, les américains avaient commandé 76 tankers. La congestion dans les ports US va rendre difficile ces livraisons et ne va pas arranger le cours du pétrole aux USA.

Le fonds d’investissements de l’Arabie Saoudite a profité de la chute de la bourse pour acheter à bon prix des entreprises comme Carnival, bateaux de croisières, le groupe d’événement Live Nation Entertainment ou des actions dans les pétroliers européens dont les cours avaient baissé de 30% comme Total, Equinor, Shell et Eni. Ces achats vont permettre à l’Arabie Saoudite de peser et de freiner les investissements verts entrepris par ces pétroliers.

 

Russie

Suite à l’accord de l’OPEP+ et du G20, Moscou a demandé à ses entreprises pétrolières de diminuer de 20% leurs extractions par rapport au mois de février. Si la Russie respecte ses quotas, cet événement sera à marquer d’une pierre blanche. Cependant, le manque de place de stockage pourrait est décisif. Certaines compagnies envisagent de brûler le pétrole sur place au lieu d’éteindre et d’endommager les gisements.

Le directeur de Rosatom, Alexey Likhachev, tire la sonnette d’alarme. Le géant russe de l’énergie atomique est très touché par le coronavirus. Ses 3 centrales de Sarov, d’Elektrostal et de Desnogorsk sont fortement impactées et fonctionnent avec un personnel réduit. L’annonce officielle à la télévision du PDG est assez inhabituelle et présage d’une situation tendue.

Le fonds souverain de 170 milliards $ était prévu pour supporter financièrement le budget la Russie pendant 8 ans avec un baril à 42$. Au rythme actuel et la pandémie de coronavirus, il pourra durer 4 années. Le budget de la Russie s’équilibre avec un baril à 42$. Par le passé, toutes les ventes qui dépassaient ce montant étaient virés dans ce fonds.

 

Nombre de forages de schiste aux USA

Europe

Le marché automobile européen a chuté de 55,1% en mars essentiellement affecté par la fermeture des concessionnaires.

 

Hollande

Pour la première fois depuis la deuxième guerre mondiale, Shell va diminuer ses dividendes de 47 à 16 ct $ par action selon son PDG, Ben van Beurden. Les revenus ont passé de 5,3 milliards à 2,9 milliards $.

 

Angleterre

BP va maintenir ses dividendes de 10,50ct $ par action alors que son bénéfice du 1er trimestre est passé de 2,4 milliards $ l’année passée à 791 millions. BP va diminuer ses dépenses de 15 milliards $ alors qu’elle a réussi à lever 7 milliards $ auprès des investisseurs.

Les pétroliers et gaziers de la Mer du Nord pensent que 30’000 emplois (sur 151’600) seront supprimés dans une crise qu’ils estiment plus virulente qu’en 2014. En 2014, l’industrie comptait encore 247’000 employés.

 

France

EDF et le géant du nucléaire chinois CGN vont déposer une nouvelle offre pour la construction d’un 3ème réacteur nucléaire EPR sur le sol anglais.

Les deux compères sont déjà alliés pour la construction des deux réacteurs à Hinkley pour la rondelette somme de 27.5 milliards €. Pour ce premier projet, le gouvernement anglais avait accepté l’exorbitant montant de € 10.6 ct par kWh sur une durée de 35 ans soit deux fois le prix du renouvelable aujourd’hui.

Le financement de la centrale EPR de Suffolk pourrait s’appuyer sur les consommateurs. Dès à présent, une taxe serait perçue sur leur facture afin de payer cette centrale. Si le projet est approuvé, la Chine gèrera le 20% de la production d’électricité en Angleterre.

 

Ukraine

Dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, des incendies de forêt gigantesques ont démultiplié de 16 fois le niveau des radiations.

Dans la capitale, Kiev, le niveau des radiations est resté normal.

 

Belarus

On reste dans le nucléaire. La nouvelle centrale nucléaire d’Astravets devrait débuter sa production d’ici à l’automne. La centrale a été construite à 40 km de la frontière de la capitale de la Lituanie, Vilnius. La Lituanie a indiqué son inquiétude sur la mise en service de cette unité.

 

 

Danemark

Sur ses 25’500 employés, Vestas, producteur d’éoliennes, s’est séparé de 400 personnes au Danemark suite à l’arrêt des ventes et des installations causées par la pandémie.

 

Suisse

La vente de voiture a diminué de 39.4% au mois de mars à 17’556 unités.

En 2019, la consommation d’électricité est restée stable à 57,2 milliards de kWh. La production a augmenté de 6,4% à 67,8 milliards kWh soit un surplus de 10 milliards kWh. Le prix moyen du kWh était de 4,9 ct.

Alors que le gouvernement a confiné le pays durant le mois d’avril, les trains suisses CFF se sont lancés dans une campagne “Coup de Cœur” afin de remercier leurs fidèles clients. Ainsi les heureux détenteurs d’abonnements ont dû payer l’entier du mois même s’ils n’ont pas pu utiliser le train. Mieux, pour tous ceux qui se sont offusqués, des frais de rappels de Frs 15.—ont été ajoutés à la douloureuse. Décidément, les CFF sont impayables !

En 2018, les émissions de CO2 liées au transports ont grimpé à 15 millions de tonnes d’équivalents CO2 soit 1% de plus qu’en 1990 alors que l’objectif était de les diminuer de 10% d’ici à … 2020. Avec un taux de 39,6%, le plus élevé d’Europe, de chauffages à mazout (fioul) et des prix de l’essence parmi les plus bas en Europe, on ne peut que constater l’excellent travail de l’Union pétrolière Suisse auprès des politiciens.

Les stations d’essence n’ont pas entièrement répercuté la baisse du baril de pétrole. Le prix moyen de l’essence de Frs 1.45 surpasse de 10 à 15 centimes le prix d’un baril à 25$. Certaines stations indépendantes ont fait le pas avec un litre à Frs 1.32.

 

 

 

Asie

Chine

A la fin du confinement, les ventes d’IPhone ont explosé avec 2,5 millions d’unités vendus au mois de mars. En gros, tu passes 6 semaines en confinement, on t’autorise finalement à ressortir de chez toi avec un masque, on te demande de garder tes distances avec tes semblables et la PREMIÈRE chose que tu fais ; c’est aller à l’Apple Store pour acheter la dernière version de l’iPhone. On aurait pu supposer qu’une balade au bord de mer ou boire un verre sur une terrasse aurait fait l’affaire ; mais non! Paf ! Apple Store et iPhone 11 – sans compter qu’il faudra y retourner cette automne avec l’arrivée du 12 note avec humour Thomas Veillet.

La Chine profite pour remplir ses réserves stratégiques de pétrole. Il sera nécessaire afin de relancer l’économie. Elle est l’un des derniers pays à posséder des capacités de stockage et de débarrasser gratuitement le pétrole aux producteurs est une belle affaire.

Le PIB est en contraction de 6.8% pour le premier trimestre 2020, par opposition à une croissance de 6% lors des 3 derniers mois de 2019.

Avec l’arrivée d’une deuxième vague de corona, de nouvelles restrictions de mobilité ont été imposées notamment à Harbin et ses 10 millions d’habitants. La limitation de la mobilité induit une baisse de la consommation pétrolière.

Bien que Pékin a demandé à ses industriels de relancer leur production, la question de la commercialisation se pose. Les potentiels acheteurs comme l’Europe et les USA ainsi que les transports par containers sont toujours en mode pause. Pour relancer son économie, la Chine pourrait redémarrer des programmes de construction d’infrastructures utiles ou inutiles.

 

Inde

La demande de pétrole a diminué de 50% dans le pays suite au confinement imposé par le gouvernement le 25 mars.

Les capacités de stockage des raffineries ont atteint 95% soit 13 milliards de litres. La consommation de diesel, qui représente le 50% des ventes, a diminué de 60% durant la première partie d’avril.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Alors que les USA et l’Iran se battent pour détenir une marche sur le podium du corona, ils trouvent encore le moyen des faire des crocs-en-jambe militaires. De petits bateaux iraniens se sont approchés des énormes vaisseaux de la Navy. Trump en a profité pour faire un tweet: “shoot down” (descendez-les) même s’il est plus facile de descendre un avion qu’un bateau.

Sous l’embargo américain, l’Iran se trouve dans une situation financière délicate, d’autant que les cours du pétrole sont bas. Les capacités de résilience de Téhéran seront testées dans les mois à venir.

 

Irak

Le pays fait face à des problèmes vitaux : le corona, la chute du pétrole et donc des revenus, trouver un nouveau premier ministre, couper les quotas imposés par l’OPEP, le retour de l’Etat Islamique, les USA et l’Iran qui se battent sur son territoire et l’arrivée de la saison trop chaude et de la sécheresse. A part ça, tout est calme.

Avec la chute des prix du pétrole, le pays ne va pouvoir payer que le 50% des salaires des employés de l’Etat au mois de mai. Déjà que les tensions dans le pays avaient soulevé de larges manifestations, qui demandaient l’arrêt de la corruption et des emplois. Il est difficile de prévoir les prochaines étapes.

Les réserves financières du pays touchaient 68 milliards $ l’année dernière. Elles devraient chuter à 33 cette année et 10 l’année prochaine.

Dans le nord de la Syrie, des djihads de l’Etat Islamique ont perpétré un attentat avec un camion-citerne. De nombreux morts ont été dénombrés.

 

 

 

Les Amériques

Argentine

La production des gisements de schiste de la Vaca Muerta est en chute libre (-50%). L’entreprise nationale YPF n’a plus de place pour stocker le pétrole et la pandémie fait le reste. La consommation pétrolière du pays a diminué de 70%.

L’américain Chevron et YPF étaient associés dans l’exploitation de gisement de Loma Campana. Vista Oil & Gas, Royal Dutch Shell, ExxonMobil et Pan American Energy ont tous dû couper dans leurs productions.

Le gouvernement va subventionner et favoriser le pétrole extrait par les producteurs argentins en indexant les prix d’achats du pétrole. Les raffineries n’achètent pas ce brut et les capacités de stockage diminuent.

Le champ de la Vaca Muerta était déjà en difficulté en 2019 passant de 676 forages à 346 en janvier.

 

Mexique

La compagnie nationale Pemex cumule 105 milliards $ de dettes. Son rating a été baissé au rang de pourrie. Cette année, elle devra rembourser pour 6,7 milliards $ d’intérêts.

Par chance, avant la chute du baril, elle avait assuré son pétrole à un prix de vente à 50$. Ainsi, même avec la chute actuelle, elle peut vendre son pétrole à ce tarif. On comprend mieux pourquoi le Mexique avait refusé de diminuer sa production de 400’000 b/j comme l’avait demandé l’OPEP.

 

Canada

Justin Trudeau annonce une aide de 2,45 milliards $ canadiens pour financer les compagnies pétrolières et gazières. Jason Kenney, Gouverneur de l’Alberta, demande une aide supplémentaire afin d’aider les sables bitumineux.

Par manque de stockage, certains producteurs canadiens vendent leurs barils à 1 ct $. La grande partie des producteurs ont cessé leurs activités même dans les pétroles bitumineux qui nécessitent de la production de vapeur. Ces installations délicates rencontrent des problèmes quand elles sont mises à l’arrêt.

 

Venezuela

Le Président Nicolas Maduro a nommé Tareck el Aissami comme nouveau ministre du pétrole avec la tâche de restructurer l’entreprise nationale PDVSA. Il remplace le Général Manuel Quevedo.

Alors que le pays extrait du pétrole, il est presque incapable de le distiller et d’en faire des carburants. Les stations d’essence sont passées dans les mains de l’armée et le précieux carburant se vend à 2,5$ le litre au marché noir.

Malgré la pandémie, Trump et Pompeo continuent d’enfoncer la tête du pays sous l’eau. Chevron, Weatherford, Baker Hughes, Schlumberger devront limiter leurs engagements dans le pays d’ici à décembre.

Le Venezuela pourrait devenir le premier pays à s’écrouler à cause de son pétrole.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Algérie

Pour équilibrer son budget, Alger compte sur un baril à 157$ selon le Fonds Monétaire International. Ce n’est pas une typo, il s’agit bien de cent cinquante-sept ! Le gouvernement va couper de 30% ses dépenses.

Le fonds souverain qui contenait encore 96 milliards $ il y a 3 ans, va reculer à 36 milliards cette année et 12,8 en 2021.

Avec le Venezuela, l’Iran, le Nigeria, l’Algérie fait partie des potentiels producteurs de pétrole et de gaz à pouvoir s’écrouler.

 

Phrases du mois

Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle: beaucoup moins de circulation, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et un commerce local“. Pierre-Gabriel Bieri, secrétaire général, Centre patronal Vaudois, Suisse

La comparaison avec d’autres période de krach pétrolier sont inévitables mais mal placée. L’industrie pétrolière n’a jamais rien vu de comparable à 2020.” L’Agence Internationale de l’Energie

Nous allons reconstruire notre économie en l’honneur de ceux qui sont décédés du coronavirus aujourd’hui.” Donald Trump.

Les lieux où les habitants ne pensent pas que le réchauffement climatique est réel, qu’ils ne croient pas que les humains en sont responsables, ou qu’ils ne pensent pas que les citoyens ont la responsabilité d’agir … et bien ils ne parviennent pas non plus à changer leurs comportements pendant la crise du coronavirus.”  Paul Krugman

Et puisque nous sommes en guerre contre le virus, pour notre pays, il s’agit d’anticiper afin d’être le premier à occuper des positions stratégiques. Notre but est désormais de sortir plus vite de la crise que les autres.” Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz.

Vous espériez un monde qui change nos vies?” Yves Petignat

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète sur 2000watts.org

 

 

 

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Le plus gros krach pétrolier de l’histoire
– Russie: Moscou arrivera-t-il à faire plier le pétrole de schiste américain?
– Japon: Le report des Jeux Olympiques influence Fukushima
– Europe: La Commission se lance dans l’hydrogène
– Electricité: Une baisse mondiale de 10 à 20%
– Venezuela: Le pays plie, plie, plie. Jusqu’à quand?
– Automobile: La production mondiale à l’arrêt.


Avertissement
Le mot «coronavirus» n’apparaît qu’une seule fois dans toute cette revue. Si vous le trouvez, vous avez gagné! Cela rappellera de bons souvenirs à ceux qui jouaient à «Où est Charlie».
Même si cette revue est publiée le 1er avril, il n’y a pas de poisson!

Vous êtes prêt? Allons-y!

 

La demande s’est pris les pieds dans le tapis d’une manière inédite en plus de 100 ans d’histoire pétrolière. Alors que les USA et l’Inde sont en train d’entrer dans le confinement, la chute devrait atteindre entre 20 et 25% sur une consommation de 100 millions de barils/jour (b/j). En comparaison, le crash pétrolier de 1980, la baisse représentait 2,65 millions b/j.

Pour ne pas rester en reste, les prix ont dévalé les escaliers quatre par quatre pour arriver à l’étage -65%.  A Londre, le Brent s’affiche à 26,20$ (49,76$ fin février) et à New York, le WTI touche 20,20$ avec une visite à 19,27$ (44,77$ fin février).

 

 Graphique du mois

Evolution des prix du baril depuis 2000
Source: Refinitiv. Graphique CNN

 

Investissements Pétroliers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’industrie du pétrole sabre 31 milliards $ d’investissements. Les producteurs de schiste américains et de bitume au Canada ont été les premiers à réduire la voilure.  Dans cet exercice de team building, les grandes majors comme Total, Shell, Saudi Aramco, Exxon, Chevron et BP ont immédiatement suivi le mouvement. Par contre, les grandes majors ont annoncé maintenir la distribution de dividendes, quitte à s’endetter.

Avec plus de 100’000 lecteurs en 3 jours, l’article «Pétrole, cette bombe à retardement», souligne l’intérêt et le moment historique que nous vivons.

 

Stockage du pétrole

Les capacités de stockage mondiales atteignent 7,2 milliards de barils de pétrole dont 1,3 milliards dans des tankers. Selon Rystad Energy, les stocks sont pleins à 76%.

Au rythme actuel de surproductions et de sous consommation, il ne faudra que quelques semaines pour les remplir. Le Canada pourrait être le premier pays à déborder. Il sera intéressant d’analyser les réponses des producteurs de pétrole à la question : qu’est-ce que l’on fait quand c’est plein ?

Si l’offre n’arrive pas à être jugulée, il n’est pas impossible d’observer des prix négatifs. Les producteurs pourraient payer pour se débarrasser du pétrole ce qui ne serait pas une première.

 

 

Renouvelables

L’IEA, International Energy Agency, suggère que les paquets de stimulations économiques comprennent un focus sur les énergies renouvelables. Son directeur Fatih Birol souligne qu’il est important de se focaliser sur la pandémie mais que la menace du dérèglement climatique continue.

Cette demande, qui émane d’une Agence qui a toujours supporté le pétrole et le gaz, est autant remarquée que remarquable.

L’éolien a augmenté sa capacité de 19% en 2019 notamment avec des projets aux USA et en Chine (+60,4 GW). Le 10% de ses éoliennes se trouvent en mer. Pour 2020, il faudra attendre que le vent tourne.

 

Charbon

En 2019, la capacité de production d’électricité à base de charbon a augmenté de 34,2 GW grâce à la Chine. 64% des nouvelles centrales sont chinoises, 12% d’Inde et le 24% restant en Asie dont le Pakistan, l’Indonésie et la Malaisie.

Le think tank, Carbon Tracker Initiative, annonce que 60% des centrales à charbon dans le monde produisent une électricité plus chère que les renouvelables.

 

Electricité

A travers l’Europe, la demande d’électricité a diminué de 10 à 20% notamment suite à l’arrêt de l’industrie mais avec une augmentation de consommation des ménages. Les prix sont également partis à la baisse.

En janvier, la Chine avait diminué sa consommation de 8% par rapport à janvier 2019 et de -16% en février.

Aux USA, la baisse de la consommation est de 10%, mais les prix sont partis à la hausse. Il faudra attendre l’étendue de la pandémie pour voir son impact sur la production d’électricité.

En Suisse, la demande en électricité a chuté de 10 à 30%, selon les régions.

 

Aviation

En temps normal, la consommation de kérosène représente 7 millions de barils/jour. Avec la suppression des vols, la chute de la demande a dépassé les 50%.

Comme pour le pétrole brut, les places pour stocker ce carburant pose problème surtout que sa durée de vie est limitée à quelques mois et que son entreposage est explosif.

 

Coucher de soleil, le 31 mars.
Vous remarquerez qu’il n’y a aucune trace d’avion dans le ciel

 

Automobile

Janvier 2020 fut un très mauvais mois. Seules 6,2 millions de voitures ont été vendues dans le monde au plus bas depuis les 5,9 millions de janvier 2012 .

Pratiquement tous les constructeurs automobiles ont arrêté leurs productions et certains se sont reconvertis en producteur de ventilateurs pour l’aide à la respiration.

La seule bonne nouvelle, qui pointe à l’horizon, est que les chiffres de février, mars et avril devraient être publiés respectivement en mars, avril et mai.

 

Climat

L’Organisation Mondiale de la Météo montre que tous les indicateurs du changement climatique sont dans le rouge : la température dans les terres et des océans, les quantités de gaz à effet de serre, le niveau des mers, etc.

Les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent à une vitesse 6 fois supérieures à 1990.

 

Blah, Blah, Blah. Vidéo Greenpeace

 

Les pays qui ont fait l’actualité durant ce mois

USA: pétrole de Schiste

La Russie a décidé de s’attaquer au pétrole de schiste américain et a refusé d’accepter les nouveaux quotas de l’OPEP. De leur côté, les producteurs de schiste US n’ont jamais levé le petit doigt pour participer au maintien des cours. A force de jouer, les passagers clandestins, il faut bien s’attendre à se faire débarque un jour où l’autre. Et bien, ce jour semble être arrivé. Quels seront les dégâts?

Durant les 10 dernières années, les 34 plus grandes entreprises de pétrole de schiste américain ont perdu 189 milliards $. En 2019, les pertes se sont montées à 2,1 milliards $ selon le rapport de l’Energy Economics and Financial Analysis. Pour la bonne bouche, la Banque Nationale Suisse a investi dans la totalité de ces 34 entreprises.

L’entreprise de service Halliburton a mis en congé 3’500 employés à Houston. Elle est obligée de diminuer ses coûts suite à la chute des cours du baril et pense que les deux tiers des forages vont fermer d’ici à la fin de l’année. Les employés licenciés vont bénéficier du double effet kiss-kool. Ils perdent leur emploi et l’assurance maladie qui va avec. Vivre sans assurance maladie en ce moment aux USA, c’est compliqué.

Les banques, J.P. Morgan (65 milliards $), Citi (52 milliards), Bank of America (48 milliards) Wells Fargo (45 milliards) avaient revêtu leurs uniformes de pom-pom girls du schiste américain avec des implications financières énormes. Avec la chute des cours, l’ambiance doit être festive dans leurs conf calls.

Chesapeake Energy Corp, qui était un pionnier dans le schiste américain, pourrait faire faillite avec une ardoise de 9 milliards $. L’entreprise est également connue des basketteurs, puisque le Thunder d’Oklahoma joue dans la Chesapeake Arena. Son action a dévissé de 50% en 3 semaines (celle de Chesapeake par du Thunder).

Le 8 avril 2019, Occidental Petroleum annonçait l’acquisition de son concurrent Anadarko pour la modique somme de 55 milliards $. A l’étonnement général, Occidental venait de battre l’offre de la major Chevron en personne. Selon Vicki Hollub, Anadarko était un coup sûr et “représentait l’avenir du pétrole de schiste aux USA“. Cette acquisition permettait à Occidental de devenir l’un des plus grands pétroliers aux USA.
Aujourd’hui cet achat est nominé dans la catégorie : «pire achat du siècle dans l’industrie pétrolière.» Occidental a perdu plus de 84% de sa valeur (68$ en avril 2019 et 11$ fin mars 2020). La promesse de sa directrice, Vicki Hollub, d’offrir de généreux dividendes s’est transformée en “so sorry“. La dette d’Occidental se monte à 37 milliards $.

Le milliardaire pétrolier, Harold Hamm via sa compagnie Hamm, veut porter plainte via le Département du Commerce Américain contre l’Arabie Saoudite pour avoir «illégalement» déversé du pétrole brut sur les marchés.

Le Financial Times estime que 110 milliards $ de dettes de schiste sont entrés dans une zone de danger sur les 936 milliards $ d’actions émis par les compagnies gazières et pétrolières.

 

 

Russie

Moscou a refusé de s’aligner sur la volonté de l’OPEP afin de diminuer les extractions pétrolières. Le Kremlin pense que le moment est idéal pour terrasser le pétrole de schiste américain (lire : Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$). Visiblement, la réalité a dû dépasser les attentes.

Vladimir Poutine a annoncé « une semaine de congé » afin de garder les personnes à la maison. Est-ce que la pandémie fera plier Moscou dans son combat pétrolier ?

Le budget du pays nécessite 12,7 milliards $ par mois. Le ratio PIB/dette de la Russie est l’un des plus faible au monde. La marge de manœuvre est donc encore grande, mais tout peut changer rapidement.

Moscou annonce avoir eu des discussions avec Washington sur la production pétrolière.

 

Arabie Saoudite

Afin de riposter contre la Russie, Riyad affiche une volonté de livrer sur les marchés 12,3 millions de barils de pétrole par jour et plus de 13 millions dès avril. On notera le mot “livrer” et non pas “extraire”. Il est hautement improbable que l’Arabie soit capable d’extraire autant de pétrole. Ainsi, le pays va devoir plonger dans ses réserves pour vivre son engagement.

Dans ses communiqués de presse, Riyad annonce des rabais de 6-8$ le baril afin de prendre des parts de marchés à la Russie notamment en Europe. En pratique, l’Europe regorge de pétrole à l’instant.

Le gouvernement a abattu un missile au-dessus de Riyad. L’attaque proviendrait des Houthis du Yémen.

Pour l’exercice 2019, le bénéfice de Saudi Aramco a chuté de 21% pour se solder à 88,2 milliards $. En comparaison, le bénéfice de 2018 se montait à 111,1 milliards $ après avoir versé plus de 100 milliards $ au budget de l’Etat.

En décembre dernier, l’achat d’actions de Saudi Aramco avait été annoncé comme le coup financier du siècle. Avec un peu de recul, le cours du géant pétrolier est passé sous le prix de vente de 35$ à 29$.

Le budget de l’Etat a été revisité avec une coupe de -5% soit 13,3 milliards $ avec un déficit évalué à 61 milliards $.

Saudi Aramco a reçu le feu vert pour exploiter le gisement de gaz de schiste de Jafurah. Ce gaz pourrait fournir une alternative au pétrole afin de produire l’électricité pour les climatisations durant les mois chauds de l’année. En fait avec le réchauffement climatique, presque tous les mois deviennent chauds au Moyen-Orient.

 

 

 

Europe

La Commission Européenne a développé une nouvelle stratégie industrielle afin d’effectuer une transition vers la neutralité carbone : Clean Hydrogen Alliance.  L’hydrogène va devenir vital pour les secteurs lourds comme l’aviation, les transports et l’industrie.

Alors que les grands constructeurs automobiles regardaient avec un sourire la capacité de Tesla à brûler du cash, la Model 3 est devenue l’une des voitures les plus vendues en Europe devant la Golf de WV et la Clio de Renault avec plus de 77’000 ventes par mois en décembre 2019. L’Américain a augmenté sa part de marché de 13% à 64% du marché dans les voitures électriques.

 

Angleterre

L’aéroport de Heathrow n’aura pas sa troisième piste suite à une décision de justice de la Cour d’Appel. Le gouvernement n’a pas pris en compte ses engagements climatiques qui sont légalement contraignant à souligné la Cour.

Le gouvernement veut introduire son propre marché carbone sur son territoire d’ici à janvier 2021, même si le pays restera dans la EU Emissions Trading System jusqu’à la fin de l’année.

 

Suisse

Les stations d’essence ont répercuté la première baisse des cours mais ont totalement “oublié” de refléter les cours d’un baril sous les 30$. Le litre d’essence est environ 10 centimes trop cher par rapport aux cours du marché. Il devrait se trouver dans une fourchette de 1,30 à 1,38 ct lt pour l’essence au lieu des 1,44 actuels.

La compagnie aérienne allemande «Swiss» subit son deuxième grounding. Son directeur implore une aide financière à la Confédération Suisse pour survivre.

Cette demande pose le thème de la dissertation de ce mois: Est-il essentiel pour un pays d’avoir sa propre compagnie aérienne nationale ?
Vous devez également couvrir la question: Si des fonds publics sont déversés dans Lufthansa afin de soutenir Swiss, serviront ils à subventionner les billets afin que les tarifs soient moins chers qu’une pizza?  Si oui, la Confédération devra-t-elle donc également racheter toutes les pizzerias pour que leurs prix soient moins cher que les billets d’avions ?  Vous avez droit à une page max !

Au 1 janvier 2020, la Banque Nationale Suisse détenait pour 6,7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines dans le domaine des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon et nucléaire. La BNS détient également des actions dans des banques américaines fortement impliquées dans le schiste et qui sont actuellement en difficultés financières.

 

France

La construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville va encore prendre du retard. Cette fois, c’est la pandémie qui en est la cause.

Tous les réacteurs nucléaires français sont en fonction sauf les deux unités en maintenance de Flamanville.

La consommation d’électricité a baissé en moyenne de 15%.

 

Hollande

Au milieu de la pandémie, Royal Dutch Shell a réussi à sécuriser un nouveau crédit de 12 milliards $ ce qui pousse ses liquidités à plus de 40 milliards $.

Shell a également annoncé une baisse de ses investissements à 20 milliards $ pour 2020 (-5 milliards) et va mettre sur pause son programme de rachat d’actions afin de garder des liquidités et surtout de garantir la distribution de ses dividendes à ses actionnaires.

Pour rappel, le business des entreprises pétrolières n’est pas d’extraire du pétrole. Leur rôle est de distribuer des dividendes afin de continuer à percevoir de l’argent d’actionnaires qui permet de faire tourner les pompes.

 

Cee Roo: Le top des chansons No 1. Quelle énergie!

 

Asie

La chaîne de l’Himalaya procure de l’eau pour 1,3 milliards de personnes dans 8 pays. Alors que ces pays devraient collaborer pour diminuer l’impact du réchauffement climatique, c’est le contraire. Des tensions grimpent entre le Pakistan, l’Inde et la Chine.

 

Chine

Pékin est en train de retourner la crise sanitaire mondiale en une opportunité géopolitique et une diplomatie de la santé. Elle permet également de consolider l’amitié entre les différents pays qui ont rejoint la route de la soie.

La croissance du PIB chinois pourrait atteindre 8% dès la reprise selon Exford Economics contre 6% l’année dernière.

Avec 31’000 ventes de voitures neuves durant le mois de février, elles ont chuté de 79,1% par rapport à février 2019.

En 2019, la Chine a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 2,6% malgré une diminution de l’utilisation du charbon. L’augmentation du pétrole et du gaz ont compensé cette baisse. La Chine a émis 13,92 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

 

Inde

Avec un avertissement de 4 heures, le premier ministre Nerendra Modi a ordonné à ses 1,3 milliards de concitoyens de rester à la maison pour une période de 3 semaines.

Cette décision va également peser sur la demande de pétrole ainsi que d’électricité.

 

Japon

Après avoir investi 30 milliards dans les Jeux Olympiques de Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe s’est résigné à les reporter d’une année. A la sauce Trump, il a d’abord tout fait pour minimiser l’impact de la pandémie, mais le pays a été rattrapé par la réalité.

Ce report va impacter TEPCO, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. Par manque de place mais surtout pour freiner les coûts exorbitants de la gestion de cette catastrophe, TEPCO et le gouvernement avaient prévu de déverser des millions de litres d’eau contaminée dans le Pacifique dès la fin des Jeux Olympiques.

La question est de savoir s’il sera possible de reporter d’une année cette dilution dans les eaux territoriales. Dans le cas contraire, se pose une question : est-ce que des athlètes rayonnants sont plus à même à battre des records ?

Le Japon planche sur l’utilisation de l’éolien en mer et de l’hydraulique pour produire 24% de son électricité d’ici à 2030 (contre 16% actuellement). L’hydro représente actuellement 9,2% d’électricité. Le projet d’une ferme de 33 éoliennes pour 894 millions $ dans les ports d’Akita et Noshiro pourrait être opérationnel d’ici à 2022.

 

 

Les Amériques

USA

Le secteur pétrolier américain a été secoué par la chute des cours. Au lieu d’atteindre une production de 13 millions b/j, les Etats-Unis pourraient retourner sous les 10 millions d’ici à la fin de cette année.

Avant la réunion du G20, Mike Pompeo a demandé au prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie Saoudite de limiter sa production pétrolière. L’administration Trump a également fait du pied à Vladimir Poutine. Cependant, même sans la décision des deux pays de libérer leurs productions, la chute du baril aurait été inévitable.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. La position du Président Trump face à la pandémie est en parfaite adéquation avec le bonhomme : ne pas écouter les scientifiques et se fier à ses intuitions. Cela rappelle furieusement sa position sur le réchauffement climatique. Comme l’a souligné Hillary Clinton dans un Tweet : “Trump avait promis : l’Amérique en premier.”

L’industrie solaire a ajouté 5’600 emplois en 2019 +2,3% alors qu’elle avait perdu 8’000 emplois en 2018. Entre 2010 et 2018, le solaire avait créé 150’000 emplois.

Plus de 80 tankers pétroliers entre 1 et 2 millions de barils sont parqués proche des côtes du Texas afin de stocker le surplus de pétrole. Alors que les capacités de stockage diminuent, certains producteurs ont été contraints à brader leur pétrole à 8$ le baril.

Le département de l’environnement (EPA) va suspendre ses contrôles aux motifs que les entreprises et les compagnies pétrolières et gazières auraient de la peine à se conformer aux règles durant la pandémie, selon son directeur Andrew Wheeler.

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans.

Le chercheur Michael Zarnstorff du Max Planck-Princeton Research Center aurait réalisé une percée dans l’utilisation de la fusion nucléaire grâce à l’utilisation d’aimants permanents. Cette étude doit être validée par d’autres chercheurs mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

L’entreprise NuScale Power a investi plus de 900 millions $ dans le développement de petits réacteurs nucléaires “Small Modular Reactor” (SMR). L’entreprise travaille sur un prototype de 700 MW qui pourrait voir le jour dans deux ans en Idaho, USA.
Le design devrait être approuvé d’ici à la fin de l’année. L’objectif de l’entreprise est de commercialiser ses unités pour 3 milliards $ avec une durée de construction de 3,5 ans. NuScale ne garantit pas l’accès à l’uranium. Pour le même prix, la Russie, la Corée du Sud et la Chine proposent des centrales de 1’000 MW avec un accès au combustible nucléaire.

Une première dans l’agenda du président américain. Durant le mois de mars, Donald Trump ne semble pas avoir participé à une partie de golf.

 

Canada

Le gouvernement étudie une aide financière de 10,4 milliards $ afin de supporter l’industrie pétrolière et gazière.

Le prix du pétrole canadien est descendu sous les 10$ le baril à 9,38 ! Afin d’écouler leur pétrole, les producteurs canadiens offrent un rabais de 13$ le baril par rapport aux cours américain du West Texas Intermediate (WTI) qui est le pendant du Brent de la Mer du Nord.

La mine de Cigar Lake, Saskatchewan, qui produit le 13% de l’uranium mondial pour les centrales nucléaires, est à l’arrêt suite à la pandémie. Alors que 442 réacteurs nucléaires sont activités dans le monde, il n’existe que 6 mines dans le monde. Les mines de Namibie sont également à l’arrêt et l’Arabie Saoudite de l’uranium, le Kazakhstan, pense également à fermer les siennes. Le prix de l’uranium est monté de 24$ à 27$ la livre. A travers le monde, l’énergie nucléaire ne produit que le 10% d’électricité.

 

Venezuela

Le gouvernement plie, plie, plie mais rompra-t-il ?

Avec la surproduction pétrolière actuelle, les acheteurs n’ont aucun intérêt prendre des risques en achetant ce pétrole d’autant que les USA appliquent des mesures d’embargo très fortes.

La production a diminué à 464’000 b/j.

Une pénurie touche les importations d’essences. Le gouvernement est en train de fermer les stations, et laisse le précieux liquide pour les soins médicaux, l’armée, les transports de nourriture et utilitaires.

L’administration Trump porte des charges de narco trafiquants contre le président Maduro avec une récompense de 15 millions $ pour celui qui conduira à son arrestation.

 

Guyana – Guyane Britanique

ExxonMobil a débuté l’extraction pétrolière dans le pays. Cependant, le géant américain se trouve au milieu d’une crise politique enclenchée lors des élections du 2 mars.

Les citoyens remettent en question l’accord de la multinationale et pensent que les revenus ne sont pas équitablement répartis. Le contraire eut été étonnant.

 

Mexique

Les responsables de la compagnie pétrolière nationale Pemex pensent que le crash pétrolier n’aura pas d’influence sur le budget de l’Etat, malgré la chute record des obligations de la société.

Le ministre du budget, Arturo Herrera, a déclaré qu’une garantie de 1,37 milliards $ couvrait complètement le revenu pétrolier national de 2020.

Un pays qui se prend un krach pétrolier avec une pandémie et qui n’a même pas mal ! Très fort même si les mois à venir devrait pouvoir confirmer cet enthousiasme.

 

Moyen-Orient

Iran – Irak

Alors que les USA et l’Iran sont ravagés par la pandémie, ils trouvent encore le moyen de faire les zozos du côté militaire avec des missiles et roquettes expédiées de part des d’autres sur le territoire irakien. Le score est à 3 soldats américains tués contre 6 irakiens/iraniens. Le président irakien, Salih, a condamné les attaques américaines sur son territoire.

A cause de la pandémie, Petronas, la compagnie pétrolière malaisienne, a évacué ses 80 employés dans le champ pétrolier de Gharraff.

Le gouvernement paie les compagnies pétrolières internationales qui exploitent le pétrole irakien. Elles sont défrayées de leurs frais fixes et reçoivent un montant par baril. Avec un baril à 25$, le gouvernement n’arrive pas à couvrir les coûts. A la signature des contrats, personne n’avait imaginé que nous allions revenir à des niveaux pareils. Osons imaginer que sans les revenus du pétrole, la corruption diminuera dans le pays.

Une nouvelle fois, les USA ont accordé un passe-droit de 30 jours à l’Irak afin de commander du gaz et de l’électricité à l’Iran. Dans le sud pétrolier du pays, il est impossible de se passer d’électricité et les capacités de production irakiennes sont insuffisantes.

 

Emirats Arabes Unis

La plus importante compagnie aérienne de long-courriers, Emirates, a cloué au sol 155 Airbus et demande une ligne de crédit afin d’assurer son existence.

 

 

Afrique

Libye

La National Oil Corporation s’inquiète de ne plus avoir assez d’argent pour importer de l’essence et du diesel pour les besoins de ses citoyens.

Sous la pression du général Khalifa Haftar, qui bloque les ports du pays, la production pétrolière a chuté à 97’000 b/j alors qu’elle dépassait les 1,2 millions il y a quelques mois encore.

 

Nigeria

Le pétrole représente 96% des exportations du pays et 75% des revenus du budget. La situation actuelle est délicate alors que le pays n’est pas atteint par la pandémie. Le président a exigé le confinement de la population.

Le plus grand producteur de pétrole africain voit un parc de 50 tankers pétroliers encré sur les côtes car ils n’ont pas trouvé d’acheteur.

 

 

 

Phrases du mois

Phrases du mois
Le monde a connu un burn-out collectif. Il était impossible d’accélérer encore le rythme que nous avions atteint. Les incendies en Australie ou Ebola en Afrique ne nous ont touchés que marginalement. Mais maintenant nous avons quelque chose qui concerne toute l’humanité, et c’est là que nous remarquons ce qui compte vraiment : les amis, la famille et le respect les uns pour les autres.” Joachim Löw, coach équipe Allemagne football.

Nous pensons que les États-Unis ne devraient plus jamais être à la merci de fournisseurs énergétiques étrangers. Nous nous engageons non seulement à l’indépendance énergétique, mais à la domination énergétique américaine. Et le chemin vers cet avenir commence ici, dans le pays du pétrole de schiste, avec vous tous.”  President Donald Trump, Pittsburgh

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.” Mark Twain

Les gouvernements élaborent des plans de relance dans le but de contrer les dommages économiques causés par le coronavirus. Ces plans offrent une excellente occasion de garantir que la tâche essentielle de la construction d’un avenir énergétique sûr et durable ne se perde pas dans le tourbillon des priorités immédiates.” Fatih Birol. Agence Internationale Energie

“[The Democrats said] ‘We want green energy, let’s stop drilling oil’ — they had things in there that were terrible. Windmills all over the place and all sorts of credits for windmills — they kill the birds and ruin the real estate. A lot of problems.” Donald Trump

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour voir la Revue complète: 2000Watts.org

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: La moitié de la production pétrolière bloquée par des drones
– USA: Des villes vont interdire l’utilisation du gaz naturel
– Japon: Toyota travaille sur une voiture rechargeable avec le solaire
– Russie: La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov est arrivée
– Suisse: L’Union Pétrolière change de nom pour être plus sexy
– Canada: 500’000 personnes marchent à Montréal pour le climat
– Algérie: Le pays augmente fortement sa consommation de pétrole.
– Hollande: Le gouvernement exonère d’impôts Shell malgré des milliards de bénéfices.


 

Encore un mois de folie pétrolière. L’Arabie Saoudite a été attaquée par des drones, des millions de personnes descendent dans les rues à travers le monde pour le climat et l’Economie tousse. Il y a une année, le baril se vendait à 86,74 $ à Londres.

Finalement après un pic après l’attaque contre l’Arabie, le baril est retombé pour terminer à 60,27$ à Londres (fin août 59,09$). Du côté de la grande pomme à New York on le retrouve au même endroit à 55,20$ (55,09$$ fin août).


Prix du baril de Brent à Londres (août-sept 2019).
Le pic correspond à l’attaque contre les installations de l’Arabie Saoudite

 

OPEP

Pour 2020, le cartel révise ses prévisions de la demande pétrolière à 1,08 million barils/jour (b/j) notamment à cause de la baisse de la croissance économique mondiale de 3,2 à 3,1%.

De son côté, l’EIA, l’agence fédérale de l’énergie américaine, estime que la demande augmentera de 1,4 million b/j et que les USA vont extraire 13,23 millions b/j en 2020 soit 1 million b/j de plus que cette année.

 

ONU & Finance

Pendant que Greta Thunberg posait la question «comment osez-vous» dans les contreforts de la cession du Climat à l’ONU à New York, une session parallèle se tenait avec les grandes entreprises gazières et pétrolières sous la houlette de la Oil and Gas Climate Initiative.

Ainsi les ExxonMobil, Saudi Aramco, Total, etc. ont souligné qu’elles travaillent afin de réduire les émissions de CO2 et de méthane, mais qu’elles doivent également extraire plus de pétrole pour soutenir la croissance économique. Ne trouvez-vous pas cela mignon?  La question est de savoir qui est l’auteur originel de cet oxymore: les pétroliers ou les dirigeants des pays?

Selon la Rainforest Action Network, 33 banques internationales (dont l’UBS, Crédit Suisse, BNP, Société Générale, Crédit Agricole) ont injecté 654 milliards $ dans 1’800 entreprises pétrolières en 2018 soit le 70% des besoins financiers des pétroliers. Dans ce palmarès, JPMorgan Chase détient le record avec 195 milliards $ devant Wells Fargo, Citi et Bank of America. Confrontées à ces chiffres, les grandes banques indiquent leurs efforts dans les énergies renouvelables. JPMorgan a ainsi conclu 90 accords avec les pétroliers et 5 avec les énergies renouvelables. Effectivement 5 sur 95, c’est vraiment un bel effort!

Selon le Guardian, 100 entreprises sont responsable de 71% des gaz à effet de serre. Voir la liste ici.

 

Energies renouvelables

En 2018, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement (147,1 milliards $) ont dépassé ceux des pays riches (125,8 milliards $) selon l’ONU.

 

Graphique du Mois
La capacité d’extraction pétrolière supplémentaire par pays


En noir: Capacité minimale. Bleu: capacité maximale
(en million de barils/jour)

 

Les pays phares du Mois

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite fait l’unanimité pour figurer au sommet du hit parade de ce mois. Pour rappel, 17 drones ont divisé par deux la production pétrolière du pays. Badaboum ! Une poignée de drones à 15’000$ a démystifié le mythe de la forteresse pétrolière saoudienne et de son champion Saudi Aramco.

Les centres de traitement du brut lourd à Abqaid et Khurais, qui permettent de transporter et d’exporter l’or noir, ont été mis hors service.

Sans perdre son éternel sens de l’optimisme, il n’aura fallu que 3 jours au nouveau ministre de l’Energie pour clamer que tout était déjà rentré dans l’ordre. En réalité, l’usine pourrait être à 100% opérationnelle d’ici à la mi-octobre. Une grande partie de la production a pu être redémarrée à la fin septembre selon le gouvernement. A voir les premières images de l’attaque, c’est une prouesse.

Cet incident tombe mal car la famille royale planifiait justement la vente de 10% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale. L’objectif est de ramener entre 130 et 200 milliards $ dans les coffres du pays. Il semble que l’IPO, prévue en 2020, va devoir être retardée de quelques mois.

La production pétrolière de l’Arabie Saoudite était de 9,83 millions b/j en août. Le pays compte 12% de chômage et il faudrait un baril à 85$ pour équilibrer les comptes.

 

Visionner l’interview,  Télévision Suisse Romande: Téléjournal du 16 septembre 2019

 

Le demi-frère du Prince régnant Mohammed bin Salman (MbS), Abdulaziz bin Salman a été nommé à la tête du ministère de l’Energie. Il remplace l’ancien PDG de Saudi Aramco Khalid al-Falih. Ce changement raisonne comme un choc dans l’industrie pétrolière mondiale. De plus, cette nomination casse l’imperméabilité entre le pétrole et la famille royale.

Avant la mise sur le marché de 10% des actions de Saudi Aramco, le Prince Mohammed bin Salman, a également nommé Yasir al-Rumayyan actuel responsable du fonds souverain comme nouveau PDG. Ce proche du Prince sera responsable du bon déroulement de l’opération.

 

USA

La ville de Berkley, Californie, est la première ville à interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage et la cuisine dans les nouveaux bâtiments. Les émanations de méthane, 28 fois plus dangereuses pour le climat que le CO2, sont la cause de cette décision. Los Angeles, Seattle et une cinquentaine d’autres villes pourraient prendre le même chemin. Cette décision est d’autant plus forte que la grande majorité des maisons américaines sont chauffées au gaz naturel et que grâce au gaz de schiste les tarifs sont particulièrement bas.

Jeremy Grantham, 80 ans, milliardaire de Wall Street, a décidé d’allouer 98 % de sa fortune, soit un milliard $, pour le climat. Selon lui, l’économie basée sur le pétrole va tôt ou tard imploser et il faut désormais miser sur les énergies vertes.

Donald Trump et Joe Biden se trouvent dans une affaire rocambolesque alors qu’une procédure de destitution est lancée contre le président. L’histoire débuta alors que le fils du candidat démocrate Joe Biden, Hunter Biden intégra le commité de direction de la compagnie gazière ukrainienne Burisma Holdings avec un modique salaire de 50’000$ par mois. Cette nomination entrait en conflit d’intérêt alors que Joe Biden était vice-président des USA. Le procureur ukrainien Viktor Shokin décida d’enquêter sur des soupçons de corruption. C’est alors que Joe Biden intervint pour demander (et obtenir) au président Petro Porochenko la destitution de son procureur. La suite de cette aventure se prolongera dans les semaines à suivre.

Enfin une excellente nouvelle! Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a été licencié. Ce sombre personnage va-t-en-guerre a plombé les relations avec la Corée du Nord, la Russie, l’Iran et l’Afghanistan. Son départ va détendre l’atmosphère sur certains dossiers.

Uber a généré 3,16 milliards $ de chiffre d’affaires et perdu 5,2 milliards. De 41$, à son lancement, l’action touche les 31$.

Dans la course à la présidence de 2020, les démocrates Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders proposent d’exclure le gaz naturel dans leur plan «net-zero carbon economy 2030-2050». Si le gaz naturel émet moins de CO2 que le charbon où le pétrole, il est nettement plus prolixe en méthane (lire article). Le lobby gazier a riposté avec une campagne de publicité afin de vanter la flexibilité du gaz dans la cuisine ainsi que des coûts abordables.

 

Publicité Donald Trump vs Joe Biden.
Le président Trump n’aura pas tardé à utiliser des spots publicitaires pour se défendre.

 

Europe

Russie

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, estime que la Russie possèderait pour 1’200 milliards $ de réserves pétrolières soit le double des chiffres de l’année dernière. Les réserves de gaz sont estimées à 221 milliards $ à 15’000 milliards m3.

La première centrale nucléaire flottante russe, l’Akademik Lomonosov, est arrivée à Pevek, son port de destination sur la presqu’île de Tchoukotka en Arctique. Ses deux réacteurs nucléaires permettront d’approvisionner en électricité, en chaleur et en eau désalinisée les régions russes reculées ainsi que les installations pétrolières et gazières. Le réacteur sera mis en service d’ici à la fin de l’année.

 

Allemagne

Angela Merkel annonce des dépenses de 54 milliards € pour aider les entreprises et les citoyens à réduire leurs consommations énergétiques notamment dans les transports. L’objectif est de diminuer, d’ici à 2030 les émissions de CO2 de 55% par rapport à 1990.

Dans la proposition actuelle, les entreprises qui vendent du pétrole, du charbon et du gaz devront acheter des certificats afin d’effacer les émissions de CO2. Le prix de la tonne de CO2 sera basse, ou ridicule c’est selon, à 10€ en 2021 pour progresser à 35€ en 2025. Martin Kaiser résume assez bien la situation: «Si vous faites confiance à ces mesures, vous pourriez également sauter d’un parachute avec un cornet en plastique en guise de parachute.»

Le premier grand procès de consommateurs du “Dieselgate” a débuté contre Volkswagen. Des centaines de milliers de clients demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées. Les dirigeants de VW, Hans Dieter Pötsch, Martin Winterkorn et Herbert Driess pourraient être condamnés dans le scandale des moteurs truqués et pour avoir caché ces informations aux actionnaires. Les 3 dirigeants connaissaient le système mis en place pour truquer les moteurs diesels.

 

Un peu de douceur dans un monde de brutes. Photo Dick van Duijn

 

France

«On est en confiance ! » L’optimisme de Régis Clément d’EDF, sur les problèmes de soudures sur 6 réacteurs nucléaires, fait plaisir à voir. Même si la filiale, Framatome n’a pas respecté certaines procédures sur certaines soudures des générateurs de vapeur, tout va pour le mieux du monde dans les centrales du Blayais, Gironde ; Bugey, Ain ; Fessenheim, Haut-Rhin ; de Paluel, Seine-Maritime et Dampierre, Loire ainsi que de l’EPR en construction de Flamanville.

EDF penche sur la séparation de ses activités en deux (Bleu et Vert) dans un plan nommé «Hercule». L’entreprise est en quasi état de faillite avec 37 milliards € et plus du double en ajoutant les emprunts obligataires.

Le Bleu permettra de basculer l’entier de la dette sur l’Etat et d’y transférer tous les risques avec des actifs dangereux.
Le Vert deviendra une tirelire afin de rapatrier les profits et de générer des dividendes importants.

Dans le détail, EDF Bleu deviendrait une structure 100% publique, qui comprendrait les actifs à risque comme le nucléaire, les barrages hydroélectriques, peut-être les centrales à gaz et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE).
De l’autre, EDF Vert regrouperait la branche commerce avec la possibilité de fixer les tarifs à sa guise. Elle fournira l’électricité aux clients, s’occupera des énergies renouvelables, des services et Enedis (ex-ERDF) ainsi que du très lucratif réseau de distribution d’électricité.

 

Suisse

Le suisse n’est pas un grand manifestant. Il est difficile de le tirer hors du lit pour battre le pavé afin de défendre une cause. Alors de croiser de 100’000 personnes à Berne pour une marche pour le climat, l’événement est historique. Les élections du mois d’octobre pourraient entrainer un vote de ras-le-bol sur la passivité climatique et énergétique de la Suisse.

Le prédateur et géant électrique BKW (Forces Motrices Bernoises) explose son bénéfice et espère générer 370 millions frs de bénéfices avant impôts et amortissements en 2019.

Corolaire à ce succès, le conseil d’administration a décidé de se partager une partie de ce bénéfice. La Directrice, Suzanne Thoma s’est accordé une modeste augmentation de 700’000 frs (630’000 €) pour arrondir son salaire à 2 millions (1,8 millions €). Les autres membres de la direction ont eu le succès plus modeste avec une augmentation de 750’000.

Ces bons chiffres confortent la stratégie prédatrice de Suzanne Thoma qui rachète les entreprises qui lui font de l’ombre pour ensuite les fermer. Cette stratégie et les salaires sont approuvés par le canton de Berne, actionnaire principal.

Pour être plus sexy, le lobby pétrolier «Union Pétrolière Suisse» a changé son nom en Avenergy Suisse. Le terme «Avenergy Suisse» désigne l’«avenir» de l’énergie en Suisse selon son directeur Daniel Hofer. <insérez un gros éclat de rire ici>
A titre personnel, je me réjouis de découvrir leur nouveau papier à entête. Si vous avez le toupet de présenter des informations qui ne vont pas dans le sens de leur communication, vous avez une grande chance de recevoir une lettre de la part de leur avocat maison.

En Suisse, sur le 1,8 millions d’habitations, 50% se chauffent au diesel (mazout, fioul) et 25% au gaz.

Le prix des aliments bio sont 1,6 fois plus chers que les produits traditionnels. Cette différence vient en grande partie des marges des supermarchés Coop et Migros. Au lieu de prendre une marge standard de 25 à 30%,  elle grimpe entre 50 et 70% pour le bio.

Les fonds destinés à la désaffection des centrales nucléaires et la gestion des déchets radioactifs se montent à 7,5 milliards de francs (6,7 milliards €) à la fin 2018 contre 7,7 à la fin 2017.

 

La Suisse ne va pas interdir l’utilisation du Glyphosate
Dessin: Chappatte

 

Angleterre

EDF augmente à nouveau son budget et son retard pour la construction de deux centrales nucléaires EPR de Hinkley Point C. L’ardoise grimpe de +2,6 milliards € à 20,5 milliards €. Comme EDF prend tous les coûts à sa charge, les impôts des français essuieront les dépassements. La date d’ouverture est repoussée de 15 mois à 2026. Les actions d’EDF sont en baisse de 28% depuis janvier.

Après un tremblement de terre de 2,9 sur l’échelle de Richter, le pétrolier Cuadrilla a dû cesser ses opérations de forage schiste à Blackpool. Cette secousse fut la plus forte jamais enregistrée en Angleterre pour un forage de schiste. Officiellement, le gouvernement autorise des tremblements de 0,5 sur l’échelle de Richter. Une semaine avant cette secousse, Cuadrilla avait demandé d’élever cette limite. Aucune date n’a été donnée pour la reprise des travaux. Au total, la British Geological Survey a enregistré 132 secousses sur le forage.

Le 11 août, les émanations de méthane (un gaz à effet de serre 28 fois plus virulent que le CO2) ont dépassé de 40 fois la moyenne sur le site de forage de schiste de Third Energy dans le North Yorkshire selon l’Agence de l’Environnement. Des pointes de 60 milligrammes par m3 ont été mesurées au lieu de 1,41 mg/m3.

 

Hollande

Le pétrolier Shell est exonéré d’impôts dans le paradis fiscal hollandais habituellement très favorable aux multinationales.

Ainsi avec des bénéfices fluctuants entre 2 et 55 milliards $, Shell ne paie pas d’impôts. Devant le tollé, le gouvernement du libéral Mark Rutte est en train d’étudier la possibilité de changer de cap.

 

Asie

Japon

Toyota Motor, Sharp et le NEDO sont en phase de développement d’une voiture à énergie solaire qui pourrait, théoriquement, se passer de toute recharge.

Toyota a lancé les premiers tests de ce nouveau prototype en juillet. Les panneaux solaires Sharp offrent un rendement de près de 34%, contre une moyenne de 20% pour les panneaux traditionnels. Les cellules solaires ont une épaisseur de 0.03 mm et peuvent donc se placer sur davantage de surface du véhicule, comme les parties incurvées, le capot ou le hayon. La voiture pourrait effectuer 50 km par jour. Ce système permettra également de contourner la mainmise de la Chine sur les terres rares pour la production de batteries.

Le ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada, considère qu’il est inévitable de rejeter en mer l’eau pleine de tritium stockée dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima. «D’ici à deux ans, il n’y aura plus assez de réservoirs pour stocker cette eau que personne ne sait traiter.» Une solution qui inquiète mais qui est envisagée depuis longtemps. Suite à cette déclaration, le brave ministre a été limogé.

 

Chine

Le plus grand importateur de pétrole au monde, dépend à 18% du brut livré par l’Arabie Saoudite. En 2019, la Chine va importer 72% de son pétrole. Les attaques sur les installations de Saudi Aramco ont dû créer un certain froid dans le dos des dirigeants chinois.

La ligne de chemin de fer Haoji Railway va être inaugurée ce mois. D’un coût de 27 milliards $, elle va pouvoir transférer 200 millions de tonnes de charbon produit dans le nord du pays dans les centrales du sud du pays. La Chine consomme le 50% du charbon mondial.

Suite à la forte diminution des subventions sur les voitures électriques, les ventes de voitures électriques sont en forte baisse en juillet et en août. Corolaire à cette baisse, les prix du lithium ont chuté de 30% en une année et certains producteurs ne sont plus rentables.

Le bras de fer entre Pékin et Washington continue. De nouvelles rencontres sont prévues en octobre.

 

Inde

Durant la conférence sur le climat à l’ONU, le premier ministre Narendra Modi a annoncé l’ambition d’ajouter 450 GigaWatts d’énergies renouvelables et que l’objectif de 175 GW pour 2022 est sur les rails.

Sur le terrain, l’Inde n’a ajouté que 6,5GW d’énergie solaire entre 2018 contre 9,4 en 2017. Pour cette année, seuls 1,4 GW ont été installé durant le premier trimestre.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

L’EIA, (Energy Information Administration Américaine) prévoit un niveau record d’extraction de schiste pour le mois d’octobre à 8,843 millions b/j. Le Bassin Permien augmentera sa production de 71’000 b/j à 4,485 millions b/j ce qui en fait le gisement pétrolier le plus important au monde.

Cependant, si l’Agence américaine est toujours très enthousiaste sur ses chiffres, elle peine à confirmer la croissance dans les autres champs de schiste à travers les USA.

Si le prix du baril devait remonter, il n’est pas improbable que les producteurs exploitent des forages creusés mais non encore exploités. Pressé par les investisseurs, qui demandent un retour sur investissement, certains pétroliers attendent que les prix de vente augmentent avant d’extraire l’or noir.

 

Canada

Plus de 500’000 personnes ont participé la marche du climat à Montréal en présence de Greta Thunberg et du premier ministre Justin Trudeau. Si la présence de la première s’explique, la présence du deuxième peine à trouver une explication.

Alors que le schizophrénique Premier Ministre Trudeau se pavane à Montréal, il vient d’approuver la construction du controversé pipeline Trans Mountain afin de faire transiter le pétrole canadien vers les USA. Ottawa espère que les 590’000 b/j transiteront dès 2022.

Pour le fameux pipeline Keystone XL, l’horizon semble également se dégager. Une cour du Nebraska accepté une route alternative. Une cour du Montana doit maintenant examiner le cas.

Deux phrases lues dans les médias lors de la marche à Montréal :
« Nous ne sommes pas à l’école aujourd’hui, vous n’êtes pas au travail aujourd’hui, parce qu’il y a urgence et nous ne resterons pas les bras croisés ».
«Cette semaine, les leaders du monde entier se sont réunis à New York. Ils nous ont déçus une fois de plus avec leurs paroles creuses et leurs plans insuffisants

 

Venezuela

La production pétrolière continue sa lente glissade à 712’000 b/j en août contre 755 en juillet. Les nouvelles sanctions américaines ont bloqué les livraisons au chinois CNPC (China National Petroleum Company). Les importations de la Chine ont diminué de 62% depuis juillet. Pékin s’éloigne de Caracas, mais comme la nature a horreur du vide, Moscou a pris le relai.

Le Président Maduro est parti en Russie pour rencontrer son allier Vladimir Poutine. Lors de la dernière rencontre, en fin d’année 2018, Moscou avait apporté dans ses bagages la rondelette somme de 5 milliards $. Actuellement le Russe Rosneft s’occupe de 66% des exportations du pays.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

L’Angleterre, la France et l’Allemagne se sont joints aux USA afin de condamner l’Iran pour l’attaque contre les installations pétrolières de l’Arabie Sadoudite.

Téhéran a mis à l’œuvre de nouvelles centrifugeuses pour accélérer l’enrichissement de son uranium, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran augmente son stock d’uranium enrichi. Depuis juillet, il dépasse la limite (300 kg) fixée par l’accord de Vienne mais dénoncé par Donald Trump.

Les USA ont renforcé les sanctions contre l’Iran notamment envers la Banque Centrale Iranienne. Il semble peu probable que ces nouvelles sanctions soient impactantes car toutes les banques ont coupé leurs relations avec les banques iraniennes.

Les exportations pétrolières de l’Iran seraient estimées entre 600 et 800’000 b/j. Douze mois auparavant, l’Iran exportait plus de 2 millions b/j. Malgré les sanctions américaines, Téhéran est passé maître dans la dissimulation des routes de ses tankers.

Téhéran a annoncé la libération du pétrolier anglais Stena Impero. Le bateau avait été saisi le 19 juillet en représaille du pétrolier iranien saisi par les Anglais à Gibraltar. Comme les anglais avaient relâché leur proie en août, les iraniens ont fait de même.

 

Climat Change : what do you want me to say. Financial Times

Afrique

Ouganda

Le Russe Rosatom a battu le Chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) afin de de développer un programme nucléaire dans le pays avec la production d’électricité. L’uranium proviendra des mines du pays selon le président Yoweri Museveni.

L’Ouganda possède du pétrole découvert en 2006. Il pourrait y avoir de l’uranium en quantité suffisante pour générer son électricité.

Rosatom est actuellement en discussion avec le Kenya, la Tanzanie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie.

 

Algérie

Durant les 6 premiers mois de l’année, la consommation d’essence a augmenté de 1,3% pour atteindre 1,91 million tonnes. Idem pour le diesel, 5,16 millions de tonnes + 4,9%  soit + 3,9% par rapport à la même période de l’année 2018. Au total, les algériens ont consommé 3,9% de pétrole en plus.

 


Le renvoi de John Bolton de la Maison Blanche. Dessin Chappette

 

Phrases du mois

« Si nous n’avons pas de planète, nous n’allons pas avoir un très bon système financier.» James Morgan, PDG Morgan Stanley. (à la question, est-ce que le changement climatique va poser un risque sérieux au secteur financier).

«Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique… Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses…. Qu’ils aillent manifester en Pologne ! » Emmanuel Macron.

A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitable les révolutions violentes.” JFK

« Vous pouvez mettre autant d’ordinateurs que vous voulez dans les écoles. La réalité, c’est qu’un ordinateur ou une tablette ne transformera jamais un cancre en bon élève. » Charles Sannat auteur du livre : La fabrique du crétin digital.

Pour voir les revues mensuelles précédentes.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Angleterre: Gros tremblement de terre causé par les forages de schiste
– Groenland: Donald Trump propose de racheter l’île
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Russie: Un nouveau moteur nucléaire de missile explose: 5 morts
– Australie: Une campagne de 4 millions $ pour vanter les mérites du charbon
– Russie: Akademik Lomonosov: la première centrale nucléaire flottante
– Allemagne: La croissance de l’éolien est en chute libre. 40 milliards pour quitter le charbon.
– Floride: L’ouragan Dorian fonce sur la résidence du président Trump.


 

Quel mois! Entre les facéties du président Trump, l’écran de fumée du G7, un président brésilien sans filtre, l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire, comment voulez-vous que le Pétrole trouve une place dans ce monde. Du coup, il boude et passe sous la barre des 60$, pour être précis à 59,09$ à Londres (fin juin 66,60$). A New York, il s’est caché à l’étage 55,09$ (59,36$ fin juin).

 

Graphique du Mois
L’extraction de pétrole conventionnel n’a pas augmenté depuis 2005.
Toute la croissance est due aux forages en eau profonde, les sables bitumineux et le schiste
Source: EIA
Finalement, il y a moins de pétrole et nous n’avons pas plus d’idées.

 

Charbon

Les 20 pays les plus riches du monde du G20, allouent 64 milliards $ de subsides pour l’extraction ou l’utilisation du charbon.

 

 

Les pays phares du Mois

Russie

Une explosion dans une base de lancement de missiles a fait 5 morts. Un test d’un nouveau moteur à propulsion nucléaire serait à l’origine de cet accident, qui a fait augmenter les niveaux radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane. Si la Russie avait d’abord annoncé la panne mystérieuse des stations de mesures radioactives, l’agence nationale Rosguidromet a finalement confirmé que les niveaux ont été multipliés par 16 dans les environs de Nyonoksa.

 

 5 morts dans l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire

 

Pour la première fois en 10 mois, les exportations de charbon russe vers l’Europe sont en diminution (-4,3% alors que le prix a chuté de 41,7% durant les 12 derniers mois.

Igor Sechin, CEO de Rosneft, le plus grand producteur pétrolier russe, ainsi que le propriétaire de pipelines Transneft, Nikolai Tokarev, se chamaillent publiquement sur l’épisode de pétrole contaminé transporté depuis le Druzhba. Plusieurs dizaines de millions de barils de pétrole ne peuvent être traités par les raffineries européennes.  Le suspect pourrait être l’entreprise PKN Orlen, de Roman Ruzhechko, qui s’occupe également de transporter de pétrole par pipeline. Ce dernier aurait demandé l’asile politique à la Lituanie.

Après 10 années de construction, Rosatom annonce la réalisation de sa première centrale nucléaire flottante : l’Akademik Lomonosov. Des remorqueurs vont tracter cette barge pour un voyage de 5’000 km dans la région reculée de Chukotka, Sibérie ou les mineurs d’or et de cuivre vont bénéficier de cette énergie. L’Akademik produira également de l’électricité pour les barges pétrolières. Rosatom assure que la sécurité est totale et la centrale insubmersible. Il n’y a que les mauvaises langues qui peuvent se demander ce qui pourrait mal se passer avec une centrale nucléaires sur l’eau.

La centrale flottante est équipée de deux petits réacteurs nucléaires de 35 mégawatt KTL-40 S et compte 340 employés dont 80 permanents. Après la série Chernobyl, HBO pourrait avoir trouvé une suite.

 

 La Centrale nucléaire Akademik Lomonosov

 

Iran

Gibraltar a libéré le tanker pétrolier iranien malgré les demandes des USA. Le navire était suspecté de contenir du pétrole à destination de la Syrie. En représailles, l’Iran a également saisi deux tankers anglais.

L’Iran a annoncé avoir dépassé les limites d’enrichissement nucléaire imposées par l’accord dénoncé par les USA. Une rencontre extraordinaire s’est déroulée à Vienne avec les autres signataires: la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Chine, la Russie. Aucune fumée blanche n’est actuellement sortie de la cheminée.

Durant le G7 et avec une mise en scène soignée, le président Macron a proposé de mettre les USA et l’Iran autours de la même table. L’idée est de permettre à l’Iran de pouvoir augmenter ses exportations pétrolières et d’entrer des devises pour ensuite débuter les nouvelles négociations avec Trump.

Washington a essayé de monter une coalition afin d’assurer le passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, à part pour l’Angleterre et Israël, la demande est restée lettre morte.

Après la sécheresse de 2018, les inondations du printemps ont démultiplié la production de céréales dans les régions touchées. L’Irak, qui a subi le même sort, a également vu des niveaux de productions supérieurs.

 

Groenland

Dans un remake du film “Proposition Indécente“, Donald Trump a proposé d’acheter le Groenland au Danemark. Stratégiquement placée et grâce à la fonte des glaciers qui la recouvrent, l’île contiendrait de grandes quantités de terres rares, de pétrole, de gaz et d’uranium. Accessoirement, elle compte également des humains.

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a évidemment balayé cette option même si elle bouscule la relation du Danemark avec les habitants de l’île.

Dans la foulée, Donald Trump a annulé sa visite prévue au Danemark début septembre.

La nécessité d’obtenir des matières premières cruciales à l’Economie et à l’industrie Militaire vont de plus en plus attiser les convoitises de certains états (Chine, Russie, Inde) et les grandes multinationales.

Une semaine après cette demande, le pays a chargé un bateau en direction du Canada avec 42’000 tonnes d’ilménite pour la production de titane.

La réaction du Président Américain, d’annuler sa visite, soulève la question: “2019 : est-ce la bonne année pour que les adultes se comportent comme des enfants et les enfants comme des adultes ?”

 

Dessin Chappatte

 

Dans le reste du Monde

Les Amériques

Schiste Américain

Les pétroliers de schiste sont en train de réduire les coûts financiers avec l’ambition de générer des profits de plus en plus demandés par les investisseurs. Schlumberger et Halliburton procèdent à des licenciements et se délestent des outils d’extractions inutilisés.

Le nombre de derricks en fonction a diminué de 11% cette année selon Baker Hughes.

Selon Kayrros, l’utilisation d’eau et de sable dans le Bassin Permien est 23% plus élevée que selon les estimations soit 47,5 milliards de litres d’eau et 4,14 milliards de kg de sable supplémentaires. L’agence prétend que 1’100 forages n’ont pas été annoncés par les pétroliers et dénombre 6’394 forages au lieu de 5’272. Si cette information est confirmée, cela signifie que la production moyenne par forage, dans le plus grand bassin de schiste américain, est plus basse qu’annoncée.

Pour connaître l’état du schiste américain, il est intéressant de se pencher sur des acteurs en amont comme Caterpillar. Au deuxième trimestre 2019, le constructeur de machines de chantier a vu une baisse de 11% de ses revenus dans le pétrole et le gaz et une baisse de la demande d’équipement dans le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste aux USA. L’américain parle d’une décélération de la croissance dans ce gisement.

 

USA

La production pétrolière américaine a reculé à 11,3 millions b/j soit une baisse de 1 million de b/j et au plus bas depuis octobre 2018. Les prix bas du baril et la pression des investisseurs qui rechignent à continuer à couvrir les pertes financières influencent ce mouvement.

L’administration Trump propose d’abolir la réglementation Obama sur les émissions de méthane lors de l’extraction de gaz et de pétrole de schiste. Au niveau mondial, entre 30 et 60% de la hausse des émissions de méthane provient du gaz de schiste des USA. Les économies réalisées par les producteurs sont estimées à 19 millions $/an pour des fuites de 370’000 tonnes de méthane/an.

BP, Shell et ExxonMobil se sont opposés à ce changement car il crée un dégât d’image important sur le gaz et il pourrait attirer l’attention des gouvernements étrangers pour limiter les importations de gaz américain. Le méthane, 27 fois plus virulent que le CO2, relègue le gaz naturel comme la pire énergie fossile pour le climat et cela même en comparaison avec le charbon.

Puisque l’on parle de charbon, Washington propose d’éliminer les seuils de pollution des centrales à charbon afin de garantir des prix bas de l’électricité.

L’armée américaine étudie l’utilisation d’hydrogène pour la propulsion de ses chars d’assauts ainsi que la création de mini génératrices afin de recharger les batteries des soldats. La création d’hydrogène se ferait à base de nouveaux matériaux. Cette impulsion pourrait ouvrir des portes notamment dans la production d’électricité pour les maisons individuelles.

Le géant américain General Electric, qui avait racheté le français énergétique Alstom grâce au président Macron, serait en très grande difficulté financière. Selon Harry Markopolos, GE est devenu une plus grande fraude que le géant énergétique Enron. Il affirme que le secteur des assurances et du pétrole ont creusé une dette de plus de 38 milliards $. Selon-lui, l’entreprise est en faillite et aurait besoin dans l’immédiat de 18,5 milliards de dollars de cash. Est-ce une opportunité afin de racheter Alstom? Il faudra certainement attendre quelques mois pour vérifier les dire de ce gérant de fonds.

Washington a mis sur sa liste noire, la China General Nuclear Power Group (CGN) et trois de ses sociétés filles. L’objectif est de ne pas livrer des technologies américaines qui pourraient être utilisées à des fins militaires. CGN fait partie du consortium AREVA-EDF qui construit les deux centrales nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Greta Thunberg a traversé l’Atlantique en bateau et a débuté sa tournée aux USA. A l’image de Donald Trump, elle a le mérite de faire ce qu’elle dit et nous remet devant nos propres incohérences.

L’ouragan Dorian a atteint la catégorie 4 sur 5 et se dirige sur la Floride et Mar-a-Lago où se trouve la demeure et le terrain de golf de Donald Trump. Il est cocasse qu’un ouragan se dirige sur la propriété d’un président qui nie le réchauffement climatique.

Le 2 août, les USA ont mis un terme au traité avec la Russie sur les missiles nucléaires de moyenne portée. Si un nouvel accord devait se négocier, il n’est pas impossible que les USA demandent l’inclusion de la Chine. En effet, Pékin, n’étant pas soumis au traité USA-Russie, a développé un arsenal impressionnant de ces missiles nucléaires à courtes et moyennes portées.

 

La Nouvelle campagne de pub du candidat Joe Biden

 

Venezuela

Chevron, la dernière major pétrolière américaine active sur le sol vénézuélien, a reçu la permission par l’administration Trump de rester 3 mois de plus dans le pays.

Washington a intérêt à garder un acteur pétrolier américain sur l’échiquier surtout que si le président Maduro venait à laisser sa place, son successeur devra pouvoir compter sur le pétrole pour alimenter financièrement le pays. En cas d’écroulement total de la manne pétrolière, le pays pourra difficilement s’en remettre car la quasi-totalité du budget provient de l’or noir.

De plus, ce passe-droit permet à Chevron de garder la main mise sur ses milliards $ d’investissements réalisés dans le pays.

 

Brésil

Les incendies de forêt de l’Amazonie obscurcissent la ville de Sao Paulo située des milliers de km de là. Malgré cet effet de bord, ces incendies vont nous permettre d’importer des minerais pour la réalisation de nos prochains smartphones ainsi que de plus grandes quantités de soja afin de satisfaire tant les régimes végans que l’élevage d’animaux.

La liste complète des matières premières se trouvent dans les accords avec le Mercosur que l’Europe et la Suisse sont sur le point d’avaliser. Il est intéressant de noter que certains se battent pour sauvegarder l’environnement et d’autres pour 0,1% d’augmentation du PIB.

 

 La ville de Sao Paulo engluée dans les nuages des incendies de l’Amazonie

 

Europe

France

D’ici à 2020, Total va vendre pour 5 milliards $ d’actifs afin de générer des dividendes pour ses actionnaires. Les actifs se trouvent dans l’exploration et la production. Les bas prix du baril et du gaz  (-36% en Europe et 26% en Asie) complètent le tableau.

Total a également acheté les activités africaines du pétrolier américain Anadarko pour 8 milliards $. La majors va investir 14 milliards $ et les dividendes grimperont de 10% durant la période 2018-2020. L’objectif est de fidéliser les investisseurs car il va falloir de plus en plus de cash pour extraire le pétrole et le gaz.

La SNCF a commandé 15 trains à hydrogène à Alstom. La firme française a déjà livré ce type de train à l’Allemagne. En quelques années Tarbes est devenue la capitale mondiale du train à hydrogène.

Les tarifs du gaz vont baisser de 1% alors que les prix sur les marchés ont diminué de 36%. Pour enfoncer le clou, on relèvera que les marges financières des vendeurs de gaz comme Engie ou EDF sont de 700 à 1’00%. (le particulier achète son gaz entre 7 et 10 fois le prix sur les marchés).

La construction du premier Plasma de fusion nucléaire pourrait se réaliser dans 6 ans dans le sud de la France, selon l’International Thermonuclear Experimental Reactor. Cette expérience est financée par une coalition de pays.

L’arrêté anti-pesticides prit par le maire de Langouët, au nord de Rennes a été suspendu. Le Maire voulait interdire l’utilisation des pesticides à 150 m. des habitations. Le gouvernement Macron l’a conduit devant un tribunal pour le faire plier. Le succès est total, le Maire a plié.

Paradoxalement sur les produits bio, les super et hyper marchés imposent une marge 75% plus importante sur leur marge brut que sur les produits traités aux pesticides selon Que Choisir. Cela signifie que sans cette marge, les produits bio sont financièrement concurrentiels.

Voiture électrique ou thermique : on sait enfin qui pollue le plus.  L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie française publie une étude sur cette thématique.

 

Suisse

La Suisse pourrait éventuellement entériner une taxe de 25 à 110 Euros pour les vols en avion. Immédiatement, la compagnie aérienne Swiss, filiale de Lufthansa, a brandi la traditionnelle arme de l’emploi. «Avec cette taxe, l’industrie de l’aviation perdra plus de 3’000 postes,» sur les 67’000 occupés en Suisse.

Parallèlement, Swiss a été attrapée la main dans le sac pour proposer des billets jusqu’à deux fois plus cher que sur le site Lufthansa.com pour les mêmes vols avec les mêmes avions de Swiss! Dans ces cas, la compagnie n’a pas commenté «les milliers d’emplois perdus» et pourquoi elle surtaxe ses prix pour les citoyens suisses.

Des mesures d’économie ont entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire argovienne de Leibstadt. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a ouvert une enquête après des erreurs commises par le personnel. La réduction des effectifs depuis 2015 est «la cause principale des problèmes rencontrés à la centrale». Des facteurs humains et organisationnels ont joué «un rôle majeur» dans les incidents selon l’IFSN. L’opérateur va encore diminuer son personnel jusqu’en 2022 et passer de 500 à 470 unités.

Le producteur d’électricité Alpiq a généré un bénéfice de 118 millions € avant amortissements et impôts. Son endettement a diminué à 190 millions €.

 

Portugal

Les chauffeurs de camions citernes portugais ont opéré une grève du transport de carburants durant les vacances d’août. Elle aura duré une semaine.

Le gouvernement a réussi à gérer cette action en informant à l’avance les automobilistes et en réquisitionnant certains véhicules. Une prochaine grève est prévue une semaine avant les élections de septembre.

 

Allemagne

La croissance de l’éolien Allemand est en chute libre. Depuis janvier, 290 MW de nouvelles capacités ont été installées contre 2’800 durant 2018 et 5’000 en 2017. Le pays a de la peine à étendre sa production éolienne sur les terres alors que le Gouvernement propose le retrait du charbon en 2038. D’ici à 2030, les renouvelables devraient représenter 65% de la production électrique contre 47% aujourd’hui.

Berlin va allouer 40 milliards € sur 20 ans pour les régions qui vont fermer leurs centrales à charbon.

L’Economie allemande pourrait entrer en récession dès le mois de septembre selon la banque centrale nationale. Après un recul de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, le troisième risque d’être également sous le zéro.

L’Allemagne mise plus de 400 millions € annuellement pour développer son réseau de livraison d’hydrogène pour les véhicules. Avec le mix énergétique Allemand, la production d’hydrogène pour la mobilité est actuellement plus polluante que les voitures thermiques. Cependant, avec la fermeture annoncée des centrales à charbon, tant les voitures électriques qu’à hydrogène inverseront cette tendance.

 

Angleterre

L’Angleterre a subi son plus grand black-out électrique depuis plus de 10 ans. Plus d’un million de foyers ont été touchés. Deux générateurs ont créé la panne dont un touché par la foudre.

Le gouvernement pourrait «considérer» la révision des limites admissibles pour les tremblements de terre résultant des forages de schiste. Bien que ces limites reflètent un accord conclus entre les entreprises et le gouvernement, le gazier Cuadrilla exige de passer de 0,5 à 1 sur l’échelle de Richter.

Cette demande intervient suite à l’arrivée d’Andrea Leadsom comme ministre de l’industrie et de l’énergie. Le personnage est un fervent promoteur du fracking. Cette technique creuse de profonds forages et injecte de l’eau, du sable et des produits chimiques afin de fracturer les roches et d’extraire gaz ou pétrole.

Quelques jours après l’annonce, une secousse de 2,9 sur l’échelle de Richter a secoué un forage de Cuadrilla suivie quelques jours plus tard par des répliques de 2,1 et 1,55 dans la région de Blackpool dans le Lancashire.

 

Implosion des tours de la centrale à charbon de Dictot, Angleterre.
Suite à l’explosion, un pylône électrique disjoncte et prive 40’000 foyers d’électricité

 

Asie

Chine

Donald Trump a augmenté les taxes douanières sur certains produits et Pékin a répondu en dévaluant sa monnaie. A ce stade de cette partie de ping-pong, le premier qui fléchit perd un point.

Il ne fait aucun doute que cette bataille, entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, va déterminer le leadership Economique mondial. Pour l’instant les USA tiennent la première position, mais Pékin se sent de taille à lui ravir ce siège.

Avec légitimité, Trump demande toujours à Xi Jinping de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde notamment sur la propriété intellectuelle, l’accès au marché chinois et l’influence de la monnaie nationale.

La Chine a fortement diminué ses importations de pétrole américain. De 510’000 b/j en juin 2018, le niveau a atteint 62’000 b/j en avril 2019.

En août, la monnaie chinoise a perdu 3,7% contre le dollar américain soit la plus grande baisse en 25 ans. Cette opération permet à Pékin de diminuer l’impact des taxes américaines.

Washington a sanctionné l’entreprise chinoise Zhuhai Zhenrong Co, pour avoir violé les restrictions américaines sur les exportations de pétrole iranien. Comme Zhuhai n’utilise pas le dollar comme monnaie n’influence pas son business.

 

Inde

Le gouvernement penche sur le projet de réaliser une giga-factory, de 4 milliards $, dans la fabrication de batteries pour les voitures électriques. Il faudra que New Delhi obtienne le feu vert de la Chine qui monopolise les composants et les matières premières pour les batteries.

L’Inde a importé un niveau record de 425’000 b/j au Venezuela durant le mois de juin, soit le double des mois précédents.

 

Australie

L’industrie du charbon menée par Coal21 va mener une campagne de 4 millions $ pour que les australiens se sentent fier de leur charbon. La campagne TV, réseaux sociaux ciblera les hommes et femmes de 18 à 39 ans afin de leur présenter un charbon propre pour l’environnement notamment avec la séquestration du CO2. «C’est une campagne de public relation très sophistiquée. L’industrie se bat pour son existence et ils font tout ce qu’ils peuvent pour survivre.» selon Brynn O’Brien de l’Australian Centre for Corporate Responsibility.

De l’autre côté, Peter Coates, du charbonnier Grencore rajoute que par rapport au changement climatique «notre industrie s’est autorisée elle-même à apparaître trop souvent comme le méchant. Nous avons laissé la place à des célébrités scientifiques et des activistes radicaux dont le projet n’est pas de trouver des solutions mais de diviser et de détruire. »

Shell va investir dans le gaz pour produire de l’électricité. La major espère un retour de 8 à 12%.

 

La production pétrolière américaine entre en déclin. A confirmer dans les mois à venir

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le mois d’août a été plutôt calme. Pas de tanker endommagé dans le détroit d’Ormuz ou de raffinerie attaquée par un drone.

Plus de 1,5 million de barils de pétrole/jour a été consommée pour la production d’air climatisé. Sans pétrole, le pays devient invivable.

Malgré le maintient des quotas de l’OPEP, les prix du baril continuent à baisser. Alors que le budget de l’Arabie Saoudite repose à plus de 90% sur le pétrole, la situation actuelle complique les ambitions du Prince Mahammed bin Salman.

L’IPO de Saudi Aramco avance et c’est Goldman Sachs qui pourrait s’en charger. Le Prince Bin Salman espère lever plus de 10 milliards $. La démarche pourrait se faire en deux temps. Tout d’abord une partie pourrait être réalisée sur le marché Saoudien et la deuxième partie à Tokyo. Donald Trump n’a pas encore envoyé de Tweet pour exiger l’utilisation d’une bourse américaine. Ca devrait venir.

 

 

Afrique

Nigeria

Selon le ministre des transports, le pays perd 25 milliards $ annuellement à cause des vols sur les installations pétrolières et de l’insécurité.

Phrases du mois

«Je pense que l’Economie Américaine est assez forte pour éviter une récession. Mais les probabilités ont augmenté and elles sont au-delà de ma zone de confort.» Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis, FED.

«Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction. Ce ne sont pas de simples eux, c’est l’œuvre du capitalisme. » Le Grand Conseil coutumier.

«Nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360’000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyanne, en Amazonie française.» Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindiens.

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Retrouvez la Revue complète sur PicEnergie.org ou 2000Watts.org.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Monde: Les investissements dans les énergies renouvelables à la baisse
– Iran: L’Angleterre s’invite dans le bac à sable. 1-1 au niveau des tankers pétroliers
– France: Entre de Rugy, les centrales nucléaires et la sécheresse. Sacré mois!
– Suisse: A la traine dans le développement durable
– Chine: 11 nouvelles centrales à charbon en service dans les mois à venir
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Inde: Le pays va continuer à importer les diesels aux moteurs truqués
– Russie: Le pétrole frelaté russe plombe les exportations.


Un baril à 70$ pourrait être le juste prix tant pour l’Economie mondiale que pour les producteurs. Avec la décision de l’OPEP de maintenir  ses quotas et les tensions avec l’Iran et la pagaille dans le détroit d’Ormuz, on aurait pu imaginer une fluctuation à la hausse.

Que nenni! Certainement à cause de la chaleur, le baril a fait une sieste durant tout le mois.

 

Graphique du Mois
Evolution de la Production de pétrole de schiste: Bassin Permien, Texas


Augmentation et évolution de la production journalière 2013-2019 en milliers de barils
Le Bassin Permien est le plus grand gisement de schiste aux USA

 

Pétrole

La consommation pétrolière mondiale atteint le niveau record de 101 millions b/j. (+1,1 million b/j par rapport à 2018).

Pour les 9 mois à venir, l’IEA pense que les extractions pétrolières vont largement couvrir la demande. Les USA devraient extraire 2 millions de barils de plus pendant que la demande augmentera sous l’impulsion de la Chine, des USA et de l’Inde.

L’optimisme de l’Agence International de l’Energie est-elle justifiée ? Elle sera vérifiée d’ici à l’été prochain.

 

OPEP

Le cartel ainsi que la Russie (OPEP+) ont décidé de maintenir les quotas réduits actuels au moins jusqu’en mars 2020.

Un baril à 70$ pourrait contenter tant les producteurs que les consommateurs, mais la situation explosive entre les USA et l’Iran est à surveiller de très près.

L’OPEP pourrait encore diminuer ses extractions à 28 millions b/j (29,83 en juin) pour s’adapter au 2 millions b/j supplémentaires mis sur les marchés par le schiste US.

 

Planète

Juin 2019 aura été le mois le plus chaud depuis le relevé des mesures notamment avec des poussées de fièvre en Europe, Inde, Amérique du Nord ont fait exploser les records.

Nonobstant, le réchauffement climatique n’est pas encore assez virulent pour que des décisions solides soient prises par les gouvernements. Quand atteindrons-nous le seuil de douleur “de chaleur” qui enclenchera une réaction? Les hausses brutales nous approchent de plus en plus de cette réponse.

Entre janvier et juin 2019, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 117,6 milliards $ dans le monde selon Bloomberg NEF. Par rapport à 2018, la baisse est de -14%, au plus bas depuis 2013.

Le mercure a dépassé les 32 degrés en Alaska alors que la température moyenne est normalement de 18,3 degrés. Du côté du pôle nord, dans la bien nommée ville d’Alert à 900 km du pôle, le mercure a atteint 21 degrés Celsius établissant un record absolu. En temps normal, la température moyenne est de 3,4 degrés avec des pointes à 6,1 degrés.

Les majors pétrolières européennes parlent de plus en plus publiquement de la relation entre les émissions de carbones du pétrole/gaz et le réchauffement climatique. Cependant, les indicateurs de la consommation d’énergie fossile restent à la forte hausse.

 

Economie

Les débats sur le réchauffement climatique et la croissance économique s’intensifient. Pour l’instant l’Economie et les grandes multinationales gardent le contrôle. Bruxelles propose de signer les traités du Mercosur avec l’Amérique Latine et le CETA avec le Canada. Il y a un certain paradoxe à promouvoir des échanges intercontinentaux tout en voulant maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et en promouvant la consommation locale.

De son côté, Donald Trump campe sur la thématique de l’immigration pour remporter son deuxième mandat.

 

 Les forces spéciales iraniennes saisissent le tanker pétrolier Stena Impero dans le Détroit d’Ormuz

 

Les pays du mois

Iran

L’ambiance entre Washington et Téhéran est toujours aussi guillerette. Les deux blocs s’affrontent à coups de buzz, de bluff, de tweets et de drones. L’Angleterre s’est également invité dans ce bac à sable car plus on est de fous, plus on rit.

A Gibraltar, Londres a saisi un tanker pétrolier iranien pour marquer le premier but: 1-0. L’égalisation à 1 partout est arrivée quelques jours plus tard avec la saisie un tanker anglais dans le détroit d’Ormuz. On peut soupçonner Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la course contre Boris Johnson, de s’être lancé dans cette aventure iranienne pour augmenter son temps de passage sur les chaînes de TV et marquer une stature internationale. Pas de bol, il a perdu. Le nouveau premier ministre, Boris Johnson changera-t-il la donne?

Les sanctions américaines pèsent sur l’Economie iranienne. De là à dire qu’elles pourraient reconduire les deux pays autours d’une table, il y a encore un pas. Du côté des chiffres, l’inflation a grimpé à 37,6% en juin (26,9 en mars) avec un taux de chômage de 12,1% selon la National Council of Resistance of Iran.

La prime d’assurance pour faire naviguer un tanker via le détroit d’Ormuz a été multipliée par 10.

La production pétrolière du pays est descendue à 2,22 millions b/j soit 1 million de moins qu’en 2018. Téhéran a décidé de ne plus donner ses statistiques pétrolières à l’OPEP.

Pour enfoncer le clou, Washington fait le forcing afin de réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes même si la Chine continue d’importer entre 150 et 200’000 b/j via son entreprise Zhuhai Zhenrong. Washington a donc décidé de faire pression sur Zhuhai et de lui couper l’accès au dollar américain et aux échanges de monnaies. La Chine a immédiatement annoncé qu’elle allait résister “aux attaques des USA basées sur un règlement américain.” En réalité, Zhuhai Zhenrong, n’utilisant pas le dollar, pourra continuer son commerce avec l’Iran.

Pour avancer les pions dans cette partie d’échec, l’Iran a décidé de dépasser les limites imposées dans l’accord sur le nucléaire. Dans ce contexte, le silence de l’Europe est assourdissant. Stratégiquement et géopolitiquement, le vieux continent est dépassé par la Russie, la Chine et les USA.

Au Brésil, 2 bateaux iraniens sont bloqués. Petrobras, le géant pétrolier national, refuse de livrer du carburant, eu égard aux sanctions américaines. Les deux bateaux apportaient des fertilisants et devaient repartir avec des céréales.

 

France

Le géant pétrolier Total devrait payer 30 fois plus d’impôts. En 2017, Total a déboursé seulement 31 millions $ d’impôts selon Attac.

Le gouvernement Macron a frappé très fort. Il va instaurer une taxe dissuasive de € 1,5 (un euro cinquante) sur les billets d’avion à destination de l’Europe et de € 3 sur les longues distances. Si la PDG d’AirFrance crie à l’infamie, dans les deux cas, on a de la peine à ne pas hurler de rire.

Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie, demande un rapport sur la construction du premier EPR sur le sol français. La centrale nucléaire initiée en 2007, devait être mise en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards €. Aujourd’hui, les prévisions estiment une ouverture en 2022 pour une facture de 12 milliards €. Quoi qu’il arrive, le prix du kWh produit sera très largement supérieur aux tarifs en vigueur. La question est de savoir s’il ne vaut pas mieux immédiatement tirer la prise d’autant que la filière nucléaire française commerciale est dépassée par les russes et les chinois.

Le mardi 23 juillet aura été marqué par un alignement de planètes. Alors qu’une nouvelle vague de chaleur plombe la France, Greta Thunberg fut invitée à l’Assemblée Nationale, les élus votèrent pour l’acceptation du traité de libre-échange CETA avec le Canada. Schizophrénique le grand écart.  Lire la tribune de Nicolas Hulot sur le CETA.

Suites aux enquêtes de Mediapart.fr, le ministre de l’Energie et de la Transition Ecologique François de Rugy a démissionné. Celui qui aura confondu «servir» et «se servir» tire un maigre bilan de ses 10 mois de présence. Il a été remplacé par Elysabeth Borne, qui porte le doux surnom de «Burnout», relatif à ses talents pour pousser dans la dépression ses collaborateurs. Marier «burnout» et «durabilité» semble antinomique, mais laissons-nous surprendre.

Emmanuel Macron a accordé la Légion d’honneur à Corinne de Bilbao, directrice générale de General Electric France de 2016 à 2019. Une nomination qui n’est pas anodine quand on connaît les conditions de la vente d’Alstom à General Electric, que le Président Macron a acté. Cette année, le groupe américain a supprimé 1’000 emplois sur son site de Belfort alors qu’Emmanuel Macron annonçait, à l’époque, la création de 1’000 emplois.

Près de 6,5 millions de Français boivent de l’eau contaminée au tritium. Cette substance radioactive est rejetée par les centrales nucléaires et se retrouve dans les nappes phréatiques.

 

Chine

Le Gouvernement chinois a fixé son PIB à 6,2% au deuxième trimestre. Les dernières éditions publiées par Pékin flirtaient entre 6, et 6,5%. Avec la taille actuelle, il est évident que l’Economie Chinoise ne peut plus continuer à doubler son volume tous les 10 ans.

La Chine va inaugurer 6 nouvelles centrales à charbon et 5 l’année prochaine pour un total de 11 gigawatts GW. China Energy, qui produit 175 GW d’électricité, va remplacer ses petites centrales à charbon très polluantes par des grandes centrales polluantes.

Entre 2005 et 2014, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 53,5%.

Les ventes de voitures ont diminué de 14% depuis janvier. La première baisse depuis 30 ans. La diminution des subsides et la confiance des consommateurs sont passées par là.

La Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz liquide (LNG) devant la Corée du Sud et derrière le Japon.

Pékin a lancé son Nasdaq pour rivaliser avec Wall Street. “Star Market” sera à disposition des entreprises high tech chinoises et de Pékin pour contrer la Silicon Valey. Pour son premier jour de trading les actions des 25 compagnies de l’index ont gagné 140% !

Une explosion dans une usine à gaz a été reportée à Yima dans la province du Henan. La Chine est coutumière de ces accidents. En l’occurrence, 15 morts et 15 blessés sont dénombrés.

 

Les premières images de l’explosion d’une usine de gazéification en Chine

 

Les Amériques

USA

Les Etats-Unis et la Chine continuent leur longue ballade le long de la rivière «guerre commerciale.» Trump a brandi une nouvelle vague de taxes sur 325 milliards $ de produits. A ce tarif, il va bientôt arriver à court de produits.

La ville de New York a subi deux pannes d’électricité consécutives. La première a touché 73’000 personnes pendant un peu plus de 4 heures dans le centre de Manhattan. L’incident serait passé inaperçu si il ne s’était déroulé dans le centre touristique de Times Square, Broadway et le Madison Square Garden où se produisait Jennifer Lopez. A travers tous les USA, l’infrastructure électrique vieillissante a de la peine à supporter les nouvelles charges.

La deuxième panne s’est déroulée après un weekend particulière chaud où les installations électriques, notamment la climatisation, ont poussé les capacités au-delà des limites.

Le républicain Donald Trump se positionne de manière magistrale dans la course à sa réélection et les sondages lui donnent raison. Il surfe sur une vague créée par quatre jeunes élues démocrates d’extrême gauche qui rivalisent d’idées pour pousser les électeurs à voter pour le camp adverse. Cet épisode n’est pas sans rappeler la campagne de 2012. A l’époque, le parti Républicain fut bousculé par l’extrême droite du Tea Party de l’inoubliable Sarah Palin. Cette incursion avait offert la victoire à Barak Obama. (Lire Thomas Friedman dans le New York Times, en anglais)

Le fond d’investissement Vanguard propose dans ses brochures des investissements sans pétrole, charbon, gaz qui nuisent à l’environnement. (presque un copier/coller de la brochure de la Banque Nationale Suisse). En fait, le fond s’est fait attraper la main dans le sac avec des actions pétrolières comme dans Schlumberger ou Marathon Petroleum.

Aux USA, 68’800 chargeurs électriques rapides sont à disposition dont 10’860 en recharge super rapide.

 

Schiste USA

En comparaison mois/mois, avril 2019 la production pétrolière a augmenté de 1,6 million b/j. Pour les mois d’Août 2017/2018, l’augmentation était de 2,1 millions b/j. (graphique ci-dessous)

Deux facteurs peuvent expliquer ce tassement :
A) le niveau total d’extractions tend à toucher un plateau
B) les investisseurs exigent des bénéfices. Pour l’instant, plus personne n’ose s’aventurer à prévoir un déclin du schiste américain ou mondial d’autant que la Russie ne s’est pas encore dirigée sur ce terrain.

Pour les USA, le schiste est porté par le Bassin Permien. Dans cette région, les petits producteurs pétroliers peinent à atteindre un retour sur investissement alors que les investisseurs serrent les cordons de la bourse. Les majors comme Chevron ou Exxon semblent seules à pouvoir relever le défi sans toutefois être capable d’atteindre un seuil de rentabilité.

 


Croissance de l’extraction pétrolière américaine d’une année à l’autre

 

Venezuela

L’extraction pétrolière s’est stabilisée vers les 700’000 b/j alors qu’elle atteignait le double l’année dernière selon S&P Global Platts.

Washington a bien resserré ses sanctions, mais préfère garder un socle de production au lieu de l’étouffer totalement. Ainsi certaines entreprises américaines comme Chevron, Weatherford, Schlumberger ou Baker Hughes bénéficient d’un passe-droit. Les objectifs sont de garder l’industrie à flot et de maintenir une présence américaine au cas où le nouveau gouvernement de Juan Guiado prendrait le relais.

Les nouvelles coupures d’électricité du début juillet ont paralysé les opérations des raffineries d’Amuay (635’000 b/j) et de Cardon (305’000 b/j). Les deux raffineries représentent le 70% des capacités du pays.

Le Président officiel Nicolas Maduro et le Président élu par Donald Trump, Juan Guaido tentent de trouver une solution à la crise politique actuelle. Les pénuries d’essence, d’électricité, de médicaments, d’entrées de devises ainsi que du blocus imposés par les Etats-unis pèsent sur la population. Arrivant comme la grêle après les vendanges, l’Europe propose d’augmenter ses sanctions contre le président Maduro.

 

Argentine

Les raffineries ont augmenté leur productivité à 78,3% grâce aux livraisons de pétrole de schiste de la Vaca Muerta dans la région du Neuquen (Mendoza). La production pétrolière est passée de 485 à 505’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 


Dessin Chappatte pour le Canard Enchainé

 

Europe

Russie

Les exportations pétrolières russes n’ont jamais été aussi basses depuis 3 ans. Les problèmes de la contamination du pipeline Druzhba de Transneft ne sont toujours pas réglés.

Débutée en avril, cette contamination bloque les transports pétroliers en direction de l’Europe. Le pétrole frelaté abîme les installations de raffinage.

Les deux géants Rosneft et Transneft se renvoient la balle. Transneft transporte le 83% du pétrole Russe à travers son réseau et Rosneft produit le 40% du pétrole Russe. Il n’est pas illusoire de penser que les deux directeurs ne vont pas partir en vacances ensemble.

De son côté, Lukoil le no 2 Russe, évite ce problème en expédiant son pétrole par tankers.

La centrale nucléaire de Kalinine, à 300 km de Moscou, a dû arrêter 3 réacteurs après une panne d’électricité. Un court-circuit dans l’un des transformateurs a déconnecté les réacteurs 1, 2 et 4 selon Rosenergoatom. Le réacteur 4 a été remis en service alors que les deux premiers restaient à l’arrêt jusqu’à la découverte des causes de l’incident.

 

Allemagne

Le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, aimerait interdire les billets d’avion inférieurs à 10€. Son intention ne se base pas sur des considérations climatiques, mais les compagnies à bas prix lui font trop de concurrence. Les nombres de vols de Lufthansa continuent d’augmenter. Le CEO ne perçoit pas d’effet Greta Thunberg et une diminution de la demande.

La production éolienne de la Mer du Nord, entre janvier et juin, a totalisé 9,51 térawatts/heure (TWh) soit +16% par rapport à 2018.

VW voudrait acheter pour 50 milliards € de batteries pour ses futures voitures électriques. Nothvolt, Suède, SKI, LG Chem et Samsung SDI, Corée du Sud et le chinois CATL sont pressentis.

 

Hollande

Le fond Sarrasin & Partners a vendu 20% de ses 1,3 millions d’actions dans le géant pétrolier Shell. Le 80% restant est en attente (40 millions $). Le fond pense que Shell ne respecte pas les objectifs de Paris.

Shell va investir 30 milliards $ pour l’exploitation et l’exploration pétrolière et gazière. La capitalisation boursière de Shell se monte à 300 milliards $.

Shell est déçue de la décision de Sarrasin mais souligne que sa stratégie a reçu de très forts supports d’une grande partie de ses investisseurs.

 

Suisse

Quand on pense à la Suisse, la perception imagine un pays à la pointe de l’efficience énergétique et du développement durable. Cependant la phrase de Greta Thunberg raisonne particulièrement bien pour l’Helvétie: “je crois que le plus grand danger n’est pas notre inaction. Le vrai danger est quand les entreprises et les politiciens font croire que des actions sont menées alors que rien n’est fait.

Ainsi, les rejets de CO2 liés aux carburants ne baissent pas et stagnent à 3,3% au-dessus de leur niveau de 1990. Mazout de chauffage, gaz et carburants restent en force alors que du côté du solaire et de l’éolien la Suisse pointe à la 25ème place sur 28 en Europe selon la Swiss Energy Foundation.

Au niveau mondial, la Suisse est le pays qui empêche plus que tout autre le développement durable dans le monde. Selon cette analyse de 160 pays, la Suisse est celui qui vit le plus sur le dos des autres selon la fondation allemande Bertelsmann.

Pour la 3ème année consécutive, les émissions de CO2 des voitures neuves grimpent. En Suisse, le prestige d’une 4×4 ou d’une puissante cylindrée prime sur le climat. En 2018, la moyenne des émissions des nouvelles voitures a atteint 13,78 kg de CO2 pour 100 km. L’objectif de 9,5 kg pour l’année prochaine ne sera pas respecté.

Pour se faire, la Confédération a pris des mesures drastiques face aux importateurs. En moyenne, ils ont dû payer une amende de 0,2% de leur chiffre d’affaires pour une facture totale de 30 millions. Il n’y a aucun doute à avoir: une taxe de Frs 80.—pour une voiture à 40’000, dissuade l’effet dissuasif. On peut même se demander qui a eu le courage politique de proposer un montant aussi ridicule?

Deux cents citoyens, défenseurs du climat, ont bloqué les entrées des banques Crédit Suisse à Zurich et UBS à Bâle. Ils ont demandé à ces deux grandes banques l’arrêt du financement de centrales à charbon, du pétrole et du gaz. La place financière Suisse (UBS, Crédit Suisse, Banque Nationale Suisse) sont des investisseurs de poids dans les énergies fossiles. 83 personnes ont été arrêtées et détenues jusqu’à 48h ! Cerise sur le gâteau, elles ont toutes été forcées, même les mineurs, de donner leur ADN alors que la législation l’interdit.
Twitter : @climategames_ch

Un collectif d’avocats, dont deux anciens bâtonniers vont défendre les activistes qui ont participé à l’Action Roger Federer qui pointait du doigt les investissements du Crédit Suisse.
Qui mérite réellement d’être condamné ? Des jeunes qui défendent leur planète ou une banque qui contribue à la détruire ?” demande Maitre Irène Wettstein

Les 10 pays qui empêchent le plus le développement durable dans le monde

 

 

Asie

Inde

L’américain Westinghouse continue ses discussions avec l’Inde pour l’installation de 6 centrales nucléaires.

L’électricité est à 75% générée par le charbon. La demande pourrait doubler dans la prochaine décennie et l’utilisation d’énergies renouvelables comme le solaire doivent encore faire un bout du chemin. Par contre, le charbon restera de loin la matière première la plus utilisée.

Le gouvernement ne va pas interdire les voitures à diesel car les besoins en carburants ne cessent d’augmenter dans le pays. Aucun mot n’a été mentionné sur la qualité de l’air. L’Inde est l’un des pays de destination des voitures diesels dont les moteurs ont été truqués et interdits en Europe où aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Les quotas de l’OPEP autoriseraient une extraction de 10,31 millions b/j mais Riyad reste sous les 10 millions. Durant les mois chauds d’été, le pays consomme une énorme partie de son pétrole pour se refroidir. Seuls 7 millions b/j ont été exportés.

Saudi Aramco, le géant pétrolier national, va investir 18 milliards $ pour ses gisements de Berri et Marjan avec l’objectif d’extraire quotidiennement 550’000 b/j de pétrole et 70 millions m3 de gaz soit 250 millions de kg de CO2 par jour. La capacité pétrolière maximale d’Aramco semble toucher 12 millions b/j.

Le Prince MbS Mohammed bin Salman veut débuter l’IPO de 5% d’Aramco d’ici à 2020 avec une levée de fonds de 10 milliards $.

 

Irak

En juillet, les exportations se stabilisent à 3,42 millions b/j et une production de 4,6. Bagdad espère pouvoir élever sa production à plus de 6 millions de barils par jour d’ici à une année et 9 millions à la fin 2023. Le gouvernement l’a fait savoir aux entreprises pétrolières étrangères sous peine de revisiter les accords.

La question de savoir si ces ambitions sont réalisables trouvera sa réponse dans les années à venir.

Le pays se soucie de l’ouverture du Détroit d’Hormuz ou transite la quasi-totalité de son pétrole. Comme les pétrodollars représentent 89% des revenus du pays, on peut comprendre ce pincement au cœur.

Dans le sud du pays, à Bassora, les températures flirtent avec l’invivable d’autant que les pénuries d’électricité n’arrangent rien. L’Irak ne peut plus importer de l’Iran l’électricité ou le gaz nécessaires à rendre la région vivable.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Les revenus pétroliers sont à la baisse à 10,2 milliards $ entre janvier et juin (-11,2%). Le pétrole représente le 92,8% du budget du pays.

Des missiles américains vendus à la France ont été cédés aux troupes du Général Haftar, l’homme fort du pays. Paris arme en cachette, en violation de l’embargo des Nations Unies, les troupes rebelles.

 

 

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

L’accord du Mercosur « Cet accord est complètement antinomique avec nos ambitions affichées et, surtout, avec la réalité de ce qu’il faut faire. Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques. L’amplifier ne fait qu’aggraver la situation. » Nicolas Hulot sur l’accord du Mercosur (Europe-Amérique Latine).

«Nous passons un accord avec M. Bolsonaro du Brésil. Faire parcourir des milliers de km à un morceau de bœuf pour qu’il soit consommé dans un pays qui en produit, n’est-ce pas franchement stupide?» Christian Bourdin, BFMTV question posée à Sylvette Ndiaye, porte-parole du gouvernement français.

«Le Président Trump se soucie de l’environnement. Les États-Unis livrent leurs produits partout dans le monde, qu’il s’agisse de gaz naturel liquéfié, de technologies renouvelables, d’énergie nucléaire. Ils sont utilisés dans le monde entier. Nous déplaçons littéralement des tonnes et des tonnes de gaz polluants et d’émissions de CO2 de charbon en Europe et nous les remplaçons par du gaz naturel propre.» Rick Perry, Directeur du départment de l’environnement US.

Pensée: La révolution est-elle possible? Qu’est-ce que la révolution pour les consommateurs puisque nous en sommes tous devenus? Nous ne sommes plus des citoyens, mais des consommateurs. Les consommateurs peuvent-ils se rebeller? Créer du changement social? Les consommateurs sont-ils des victimes, des prisonniers des entités qui leur fabriquent des choses ?

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.