Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Avril 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– USA: Trump active les sanctions pétrolières contre l’Iran et le Venezuela
– Libye: Le Général Haftar tente de prendre le pays
– USA: Une bataille à 50 milliards $ pour acheter Anadarko Petroleum
– Chine: La Chine courtise les pays européens avec sa route de la soie
– France: Le démantèlement d’EDF dans le viseur du gouvernement et de Bruxelles
– Algérie: Le CEO du géant pétrolier et gazier Sonatrach contraint de démissionner
– Suisse: l’EPFL produit de l’hydrogène vert
– Arabie Saoudite: Le gisement pétrolier de Ghawar n’est plus le plus grand au monde.


 

Donald Trump a décidé de durcir le ton avec l’Iran et de réintroduire les sanctions pétrolières. Il n’en fallait pas plus pour que le baril grimpe à 75$. Trump a immédiatement éteint l’incendie avec un tweet: “Spoke to Saudi Arabia and others about increasing oil flow. All are in agreement”.  Qui aurait pu imaginer qu’un jour un simple tweet serait capable de faire fluctuer les prix du baril de pétrole!

A Londres, il termine ce mois à 72,12$   (fin mars 68,39$). A New York, il grimpe à 63,79$  (60.14$ fin mars).

Graphique du mois :

Dépenses des 5 plus grandes compagnies pétrolières européennes
Pétrole et Gaz vs Renouvelables


En millions $
Source: Reuters, Ron Bousso

 

Pétrole

Le Venezuela est en train de s’effondrer. La Libye est son million de barils pourrait entrer dans une guerre civile. Après une sécheresse historique, l’Irak et de l’Iran sont noyés par des inondations qui paralysent certains champs pétroliers. Donald Trump réactive les sanctions contre le pétrole iranien. Même la série Dallas n’aurait pas rêvé d’un scénario aussi complexe et imprévisible.

 

OPEP+

La Russie et l’Arabie Saoudite sont dans une position d’attente afin d’analyser l’évolution du marché dans les mois à venir. Il est urgent d’attendre.

La production actuelle atteint 30,2 millions b/j. au plus bas depuis 2015.

 

Solaire

Gridserve propose des nouveaux panneaux solaires bifaciaux. Les deux faces (recto et verso) produisent de l’électricité et augmentent de 20% les rendements. L’Arabie Saoudite a choisi ces modules avec une offre à 1,79 centimes $ le kWh pour une ferme de 300 MW.

 

 

Sous les projecteurs du mois

Venezuela

Au moment où cette rubrique est écrite, Juan Guaido tente un coup d’Etat contre le président Nicolas Maduro. John Bolton, le conseiller de la Sécurité Nationale Américaine demande à l’armée vénézuélienne de rejoindre les rangs de son protégé Juan Guaido. Historiquement, un coup d’état dans un pays producteur de pétrole signifie une baisse de la production. Dans le cas du Venezuela, il sera difficile d’aller encore plus bas. Qu’importe le nom du président le mois prochain, l’avenir du Venezuela semble justement ne plus en avoir.

Les exportations pétrolières pour le mois d’avril pourraient avoir chuté à 300’000 b/j contre 1 million en mars, mais nul ne sait vraiment. En tout cas, ce brut lourd manque cruellement aux raffineries qui ont besoin de cette qualité pour produire du kérosène et du diesel.

En mars, la compagnie nationale PSVSA avait réussi à charger des tankers en direction de la Russie et de l’Asie avec du pétrole extrait durant les mois précédents. Il y a quelques années, le pays exportait 3 millions b/j.  Avec l’embargo américain, la production pétrolière est fortement touchée.

Cependant, un autre problème freine les ambitions de PDVSA. Afin de transporter le brut lourd des gisements d’Orinoco, le pays possède 4 unités de fluidification. Ces installations sont opérées par la Russie, les USA, la France et la Norvège et permettent de liquéfier 700’000 b/j.  Suite aux blackout électriques, 2 unités sont hors service depuis le 7 mars et les deux autres ont arrêté leurs productions le 25 mars. Quand ces unités s’arrêtent de manière subite, c’est un peu comme un caquelon à fondue : il faut un certain temps pour tout nettoyer et relancer le processus.

Trois unités pourraient redémarrer, mais pour la 4ème l’alignement des étoiles pourraient prendre un certain temps. Du coup, PDVSA a annulé une grande partie des exportations de pétrole durant avril.

 

Iran

Le président Trump a décidé de ne plus accorder d’exemptions pétrolières pour l’importation de pétrole iranien. Dès le 2 mai, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Turquie n’auront plus le droit d’acheter du brut iranien. L’annonce arrive alors que l’Iran subit les plus graves inondations depuis 70 ans avec plus de 1’900 villages affectés et 500’000 personnes évacuées. Les régions pétrolifères du Khuzestan sont également touchées. Washington espère mettre le pays sur les genoux alors que l’eau monte.

Mike Pompeo a souligné que le pétrole est la première source de cash du pays et que l’objectif est d’atteindre zéro sur tous les plans.

Les sanctions américaines étaient entrées en force en novembre 2018 afin de renégocier l’accord sur le nucléaire signé en 2015. Cependant, Donald Trump a voulu éviter une trop forte augmentation des prix du baril. Il avait autorisé 8 pays à importer du brut iranien.

 

Inondations en Iran

 

Libye

L’échiquier libyen a été entièrement bouleversé avec l’avancée du Général Haftar sur la capitale Tripoli. L’homme a le potentiel de remplacer le Général Kadhafi et apprécie le soutient de l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la Russie.

Dans cette situation, la capacité de résilience de la production pétrolière du pays est sur la table. Si une guerre civile devait éclater, la production d’un million b/j semble en danger. Il y a un mois, le Général Haftar avait déjà dû intervenir afin de rétablir l’extraction de 315’000 b/j dans le gisement de Sharara. Le Général en a profité pour créer sa propre entreprise pétrolière.

Le Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, s’est opposé au Général Haftar en lui demandant de «retourner à la table des négociations». Pour ajouter un peu de clarté dans cette situation déjà chaotique, Trump s’est opposé à son secrétaire d’Etat Pompeo! et a reconnu la position du général et son rôle pour combattre le terrorisme.  Bon, attendons le mois prochain le temps que tout ce beau monde puisse accorder leurs violons.

 

USA

Donald Trump fait joujou avec le pétrole. Les sanctions contre le Venezuela ont été activées et celles de l’Iran débuteront le 2 mai. Ces décisions impactent le monde entier.

En janvier, la production pétrolière US a diminué à 11,871 millions b/j (11,961 en décembre). L’Agence Américaine de l’Energie, EIA, et Morgan Stanley prévoient une extraction de 12,39 millions b/j d’ici à la fin 2019. Cet optimisme fait froncer les sourcils.

Au premier trimestre 2019, la croissance du PIB américain s’élève à 3,2% et dépasse les attentes.

Dans le jeu «qui peut amasser 1 milliard pour devenir président», les compteurs indiquent: Trump 40 millions $, Beto o’Rourke 9,4, Bernie Sanders 18, Kamala Harris 12. Joe Biden est entré dans la course. Déjà 21 démocrates se lancent dans un concours qui promet de voler aussi haut que “Les Anges de la TV ” avec Nabilla.

La production charbonnière des USA sera inférieure de 9,2% à 684 millions de tonnes en 2019 soit au même niveau qu’en 1978. En 2020, les USA devraient extraire 640 millions de tonnes de charbon contre 753 l’année dernière.

Le président Trump a annoncé que les éoliennes donnent le cancer. Il n’a pas précisé si elles faisaient tourner la tête.

 


Aux Etats-Unis, la consommation totale d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) a augmenté de 4% en 2018
et représente 80% de l’énergie dévorée dans le pays.
Le gaz affiche des taux record (+10%) tandis que le charbon a diminué de 4%.
Au niveau des gaz à effet de serre, si le gaz émet moins de CO2,
il explose les chiffres du côté du méthane.

 

Les présidents Trump et Xi Jinping pourraient devenir les meilleurs amis du monde une fois que l’accord USA-Chine sera signé. La date n’est pas fixée, mais dans le doute, on espère. Pour éviter l’ennui, Donald Trump a immédiatement ouvert un nouveau champ de bataille en Europe avec une ardoise de 11 milliards $ au sujet d’Airbus.

Le programme de recherche de centrales nucléaires de l’administration Trump coutera 40% que prévu selon le département de l’Energie.

Les constructeurs automobiles américains font face à une situation paradoxale. Le gouvernement Trump désire relâcher la régulation sur la consommation des voitures de 4,4 à 6,4 lt/100km alors qu’un tiers des Etats désirent garder les objectifs actuels.

ExxonMobil rejoint d’autres entreprises pétrolières pour se plaindre de la mauvaise qualité du pétrole de la réserve américaine. Des quantités 250 fois plus élevée de sulfure d’hydrogène ont été relevées.

La Corée du Nord ne veut plus du secrétaire d’État américain Mike Pompeo comme interlocuteur et souhaite discuter dorénavant avec un responsable qui soit «plus prudent et plus mature dans sa façon de communiquer». La remarque est savoureuse.

Le fabriquant de bus électrique Proterra et le japonais Mitsui & Co vont proposer le leasing des batteries afin d’éliminer les freins d’acquisitions des e-bus, plus chers à l’achat mais plus économique à l’entretien. Les économies de carburants compenseront mensuellement le coût des batteries.

Les USA sont à la 7ème place mondiale dans l’utilisation de voitures électriques et Tesla détient le 30% de part de marché. En 2018, 361’307 e-voitures ont été vendues sur le territoire qui compte 265 millions de voitures thermiques.

 


Evolution du nombre de véhicules à moteur aux USA 1900-2017
en millions d’unité

 

Les Amériques

USA: Pétrole et gaz de schiste

Une vague de consolidations fait rage dans le schiste américain. Les grandes majors comme ExxonMobil et Chevron mettent sur la table des milliards pour acquérir les petits acteurs dans le Bassin Permien. Cette région du Texas permet à Exxon d’extraire 226’000 b/j avec un objectif à 1 million d’ici à 2024.

Dans cette lutte entre géants, Chevron a proposé 50 milliards $ et Occidental Petroleum 55 milliards $ pour acquérir Anadarko Petroleum très actif dans le schiste américain, notamment dans le Bassin Permien. Chevron pensait pouvoir convertir les pertes d’Anadarko en bénéfices grâce à un processus d’industrialisation et des réductions des coûts. Finalement, c’est Occidental Petroleum qui a gagné dont 10 milliards $ injecté par Warren Buffett. A 88 ans, le réchauffement climatique n’est pas une préoccupation de Warren.

L’Agence Américaine de l’Energie a révisé ses chiffres de la production de schiste. L’EIA avait annoncé une augmentation de +282’000 b/j entre décembre et mars 2019. Comme prévu, un mois après la publication, l’agence apporte un correctif à leur fichier Excel. L’augmentation réelle n’est que de +42’000 b/j.   L’EIA est coutumière du fait et publie systématiquement des chiffres dithyrambiques sur le schiste pour les corriger à la baisse.

Dans le Bassin Permien, en plus du pétrole, les producteurs extraient d’énormes quantités de gaz qu’ils sont obligés de brûler faute de pouvoir les transporter. Bloomberg estime que le gaz brûlé pourrait chauffer toutes les habitations du Texas sans compter les émanations de méthane.  Des gazoducs devraient être mis en service en 2020.

Paal Kibsgaard, CEO de Schlumberger, pense que les investissements dans le schiste américain continuent de chuter, que la croissance d’extraction diminue et que les investissements se dirigent vers d’autres gisements à travers le monde.

Dans le Bassin Permien, la productivité a diminué de 6% en mars par rapport à mars 2018 selon l’EIA. Le nombre de forages productifs diminuent forçant les compagnies à se rabattre sur les fruits de plus en plus hauts dans l’arbre.

 


Dessin Chappatte

 

Canada

La province pétrolière de l’Alberta a élu Jason Kenney comme nouveau gouverneur de l’Etat. L’homme de droite est favorable à l’extraction pétrolière, à la construction de pipelines et s’oppose aux taxes sur le carbone. Toute l’artillerie du parfait pétrolier en un seul homme politique. Il se fera un plaisir de remplacer les décisions de Rachel Notley qui avait tenté d’amener un vent nouveau.

Le Premier Ministre Trudeau est de plus en plus écartelé entre le climat et l’industrie pétrolière canadienne. Alors qu’il espère sa réélection en octobre dernier, l’exercice montre que son indécision et ses contradictions entre la construction de pipelines et le réchauffement climatique peinent à générer un soutien populaire. Les résultats climatiques de Trudeau sont tout aussi misérables que son prédécesseur Stephen Harper et la comparaison n’est pas flatteuse.

La hausse des températures est en moyenne deux fois plus élevées au Canada que dans le reste du monde selon le département du gouvernement canadien Environment and Climate Change Canada.

 

Argentine

La production de pétrole de schiste, dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza, pourrait atteindre 200’000 b/j en 2021 selon Rystad Energy. La région produisait 78’000 bj en février 2019.

 

 

Asie

Chine

Pour la première fois depuis 4 mois, les chiffres de l’activité industrielle du pays sont en hausse. On ne connait pas encore la cause de ce revirement. Il pourrait provenir de l’énorme stimulation financière du Gouvernement, d’une simple manipulation des chiffres ou d’une reprise réelle. A confirmer.

Les compagnies pétrolières vont augmenter de 20%, à 74 milliards $, leurs dépenses pour tenter de stimuler la production pétrolière et gazière. Parfois le fait d’injecter des milliards dans des vieux gisements est une stratégie gagnante, parfois pas.

La Corporation Chinoise Nucléaire espère pouvoir construire entre 6 et 8 centrales nucléaires par an si le gouvernement donne son feu vert. Depuis Fukushima, Pékin n’avait pas approuvé la construction de nouvelles centrales. Pékin vient de donner l’autorisation pour 2 nouvelles unités.

Le pays subit une épidémie de peste porcine africaine. Plusieurs millions de porcs ont été abattus en Chine, pays qui est à la fois le premier producteur (50% du cheptel porcin mondial), mais aussi le premier consommateur mondial de porc. L’Europe, le Brésil, le Canada et les USA compensent les pertes. Cette situation impacte également les livraisons de soja notamment du Brésil.

La Chine a organisé une réunion avec les pays qui se trouvent sur «La route de la Soie» dont 1’000 milliards $ d’investissements sont prévus pour des infrastructures de transports. L’idée est de créer une alternative commerciale aux USA.

 

Japon

Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, a débuté le retrait des 566 barres de combustible nucléaire de la piscine du réacteur no 3. Cette opération a été reportée plusieurs fois et elle devrait durer 2 ans.

La piscine du réacteur 4 a déjà été vidée entre 2013 et 2014. Les travaux pour les piscines des Réacteurs 1 et 2 ne devraient pas débuter avant 2023. La piscine 1 contient 392 et la piscine 2 615 barres de combustible.

L’autorité de surveillance nucléaire japonaise a refusé d’étendre les délais pour mettre en place des mesures antiterroristes pour les centrales. Les propriétaires rechignent à entreprendre les travaux qui devraient se terminer durant l’été 2020. Le pays pourrait voir toutes ses centrales mises à l’arrêt.

L’Empereur Akihito a laissé son siège à son fils Naruhito.

 

Australie

L’entreprise Tritium propose des chargeurs de voitures électriques super rapides permettant d’ajouter 300 km en 10 minutes.

 

 

Europe

Les compagnies pétrolières européennes comme Shell, BP, Total sont en train d’ajuster leur business model en ajoutant la production d’électricité à base de gaz ou de renouvelables. Ces majors vont entrer en frontal avec les grands producteurs électriques traditionnels. Du côté des citoyens, la possibilité d’auto-consommer sa production d’électricité solaire et de stocker ou de revendre le surplus à ces voisins est de plus en plus une option incontournable.

 

Russie

La production Russe aurait diminué à 11,24 millions b/j en avril afin de satisfaire les quotas de l’OPEP: -230’000 b/j par rapport à la production d’octobre de 11,421 millions b/j. Moscou est passé maître dans l’art d’augmenter artificiellement sa production afin de baser les coupes sur des niveaux anormalement élevés. Pour le coup, la Russie n’a pas eu à forcer la main pour revenir à une situation normale.

Rosneft, le plus grand producteur pétrolier du pays, va se développer en Arctique grâce à la fonte des glaces. Les sanctions occidentales avaient ralenti le processus et ExxonMobil avait dû se retirer. Pour maintenir sa production pétrolière Moscou a besoin de trouver de nouveaux gisements pour remplacer ses vieux gisements.

La nature a horreur du vide et la géopolitique copie la nature. Le vide laissé par l’administration américaine est instantanément comblé par Moscou. Ce mois, Vladimir Poutine en a profité pour rencontrer, à Vladivostok, Kim Jong Un. Il s’est également rendu à Pékin pour le sommet de « la route de la soie ». Le président chinois Xi Jinping a souligné : «Le Prédisent Poutine est un bon ami et un vieux ami du peuple chinois. Il est l’un de mes meilleurs amis».

 

Hollande

La compagnie Shell a annoncé sa démission de l’un des plus grands groupe de lobby pétrolier des USA : American Fuel & Petrochemical Manufacturers qui compte 300 entreprises. Le lobby refuse les taxes sur le CO2 pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Royal Dutch Schell a lancé un programme de 3 ans de reforestation pour un montant de 300 millions $. Les arbres seront plantés en Hollande et en Espagne.

 

En Europe, les prix du gaz sont au plus bas depuis 5 ans.
N’espérez pas un rabais de la part de votre fournisseur, leur marge n’est que de 800 à 900% (8 et 9x le prix d’achat).
Source: Platts, graphique FT

 

 

Angleterre

L’américain ConocoPhillips se retire de l’exploration et de la production pétrolière anglaises. Conoco a vendu à Chrysaor e&P Ltd ses deux actifs dans la Mer du Nord pour 2,68 milliards $.

Le département du gouvernement «Business, Energy & Industrial Strategy» envisage d’augmenter la production d’énergies renouvelables de 75% d’ici à 2035 afin de réduire la production d’électricité à base de gaz. L’objectif est d’atteindre 211 TWh ce qui représentera le 58% des besoins électriques en 2035.

Londres a ouvert sa zone « Ultra low emission zone » (ULEZ) où les véhicules les plus polluants devront s’acquitter d’une obole journalière de 14,5€ pour y circuler en plus des droits pour entrer dans la ville.

Julian Assange, Fondateur de WikiLeaks a été arrêté et les USA ont demandé son extradition. WikiLeaks avait notamment publié de nombreux documents sur les entreprises pétrolières américaines et sur l’Arabie Saoudite.

 

Allemagne

Le groupe VW est responsable de 2% des émissions de CO2 dans le monde, soit la même quantité que l’Allemagne. La répartition est répartie à part égales entre les camions et les voitures.

 

Suisse

Pour la première fois, une voiture électrique a été la plus immatriculée sur un mois, devançant des modèles à essence de Skoda et VW. Le Model 3 de Tesla s’est écoulé à 1’094 exemplaires, devançant la Skoda Octavia à essence (801) et la Golf de VW (546), selon les statistiques d’Auto Suisse. Après des mois d’attente, la Tesla 3 a été livré sur le marché Suisse.

La production d’électricité solaire pourrait être multipliée par 40 en Suisse si l’on profitait de tout le potentiel en façade et sur les toits. L’Office fédéral de l’énergie vient de publier le site Façade au Soleil. Ces instruments montrent que l’électricité solaire exploitable en Suisse pourrait avoisiner les 67 térawattheure, contre 1,7 récoltés en 2017 sur toute la Suisse.

L’EPFL (Ecole polytechnique Lausanne) a mis au point un système qui produit une quantité record d’hydrogène propre. Le dispositif concentre la lumière du soleil et réduit la quantité de matériaux rares et coûteux. Il est actuellement testé sur le campus de la Haute Ecole et pourra produire 1 kg d’hydrogène par jour en cassant des molécules d’eau grâce à l’énergie solaire. A suivre.

 

France

Le gouvernement Macron travaille sur une réorganisation ou le démantèlement d’EDF demandé par Bruxelles. Le premier électricien européen pourrait voir une partie de ces activités… et la privatisation progressive des autres.

EDF fait face à une équation quasi impossible avec la perte de centaines de milliers de clients par an et doit prévoir des milliards € d’investissement pour maintenir en vie un parc nucléaire vieillissant voir de leur remplacement.

Cerise sur le gâteau, EDF cumule plus de 33 milliards € de dettes. En France, l’électricité est vendue à perte afin de donner la perception que le nucléaire est bon marché.

La mise en service de la centrale nucléaire EPR à Flammanville va être retardée de deux ans à cause d’un défaut dans des soudures dans la cuve. Les coûts de la centrale française dépasse les 11 milliards € au lieu des 3 initialement prévus.

En 48 heures, la cathédrale Notre Dame de Paris a récolté plus d’argent que les Restos du Coeur durant les 5 dernières années.

Le site d’investigation Disclose publie des documents “secret défense” qui indique que l’Arabie Saoudite utilise massivement des armes françaises dans la guerre contre le Yémen. Ces armes sont également utilisées contre des civils.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Les USA ont annulé les exemptions pour les exportations de pétrole iranien pour le 2 mai. Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de remonter son niveau d’extraction afin de combler le manque. Le Ministre de l’Energie a demandé de voir l’effet sur les marchés avant d’effectuer un changement. Actuellement, les exportations de l’Arabie Saoudite s’élèvent à 6,977 millions b/j (7,6 en décembre 2018).

La compagnie pétrolière Saudi Aramco prévoit de mettre en vente 10 milliards $ de ses actions. Pour réussir son coup, elle est forcée à apporter un peu de transparence. La muette a ainsi publié ses premiers chiffres depuis sa nationalisation dans les années 80.

La surprise vient des chiffres du plus grand gisement du monde «Ghawar». Il ne produirait plus que 3,8 millions b/j au lieu des 5,8 estimés par l’EIA. Est-ce le royaume pourrait entrer sur une phase de déclin? Ainsi le Bassin Permien américain avec ses 4,1 millions b/j devient le plus grand gisement pétrolier mondial, même si la qualité des deux gisements est fondamentalement différent.

Aramco possèderait des réserves pétrolières de 257 milliards de barils (toujours le même chiffre depuis 40 ans). Sur les 224 milliards de bénéfices, avant la ponction réservée au gouvernement et à la famille royale, Saudi Aramco publie un bénéfice net de 111 milliards $ en 2018. Record du monde battu.

Saudi Aramco est «en discussion sérieuse» afin d’acquérir 25% de l’Indien Reliance Industries actif dans la pétrochimie et le raffinage. L’accord pourrait se faire avec un chèque de 10 à 15 milliards $. Cet achat pourrait encrer l’utilisation du pétrole saoudien en Inde qui est devenu le 3ème plus grand consommateur mondial.

Pour les 5 prochaines années, le Paris-Dakar va quitter l’Amérique Latine pour rejoindre l’Arabie Saoudite.

Riyad a menacé de cesser d’utiliser le dollar américain pour la vente de son pétrole si les USA signent la plainte antitrust contre l’OPEP et ses membres. Pour l’instant, il ne s’agit qu’un bombage de torse. Mais si l’OPEP devait quitter le dollar, l’égo et le statut de la monnaie américaine en prendrait un coup. Dans cette configuration, on peine à imaginer que le NOPEC de la justice US ait une chance de succès.

 

Egypte

Sous pression du FMI, le gouvernement pourrait cesser les subsides sur les carburants d’ici au 15 juin 2019. En échange, le FMI va accorder un prêt de 12 milliards $.

Les prix de l’essence, du diesel et du kérosène vont presque doubler. On peut s’attendre à une vague de gilets jaunes.

 

Irak

Les exportations ont diminué à 3,377 millions b/j en mars (-240’000 par rapport à février). La région pétrolifère de Basra a subi de fortes inondations après des mois de sécheresses.

Le premier ministre Abdul-Mahdi s’est rendu en Arabie Saoudite pour rencontrer le roi Salman. Pendant des années, l’Arabie a supporté financièrement les groupes Sunnites alors que Bagdad est solidement relié aux Chiites d’Iran.

L’Irak voudrait construire une raffinerie au nord de la ville de Kirkuk pour utiliser son pétrole localement. Actuellement, le pays doit exporter 300’000 b/j de pétrole via la Turquie et le Kurdistan.

 

Koweït

Le petit Etat va débuter une première phase d’extraction pétrolière. Après avoir extrait 60’000 b/j en janvier, l’objectif est d’atteindre 430’000 b/j de brut lourd.

 


Dessin: Chappatte

 

Afrique

Algérie

Le PDG du géant gazier algérien Sonatrach, Abdelmoumene Ould Kaddour, a été licencié trois semaines après le retrait du Président Bouteflika. Il s’agit d’un nouveau signe que l’armée veut purger le pays des personnes associées avec l’ancien régime. En 9 ans, 7 PDG ont été licenciés de cette entreprise nationale.

Ce geste pourrait retarder ou activer les investissements étrangers dans les vétustes installations gazières et pétrolières. L’Algérie fait face à une baisse de production à cause d’installations et de gisements vieillissants ainsi que de l’augmentation de la consommation interne. En Algérie, le gaz est bradé et vendu à perte ce qui bloque tout émergence des énergies renouvelables ou toutes les initiatives d’efficience énergétique.

Le budget de l’Etat repose à 40% sur la vente d’hydrocarbures et 95% des entrées de devises étrangères. Le Général Saleh a également arrêté plusieurs « milliardaires » actifs dans la construction.

 

Nigeria

La crise de carburant, que traverse le plus grand producteur pétrolier d’Afrique, s’aggrave alors que les automobilistes font la queue pour faire le plein. Jamais à court d’idée pour apporter un peu d’ambiance, le Fond Monétaire International (FMI) suggère au gouvernement d’abandonner les subsides sur les carburants qui maintiennent les prix sous les 40 ct € le litre.

La Banque Mondiale en rajoute une couche et évalue les subsides à 2 milliards $.

 


Coûts d’extraction par baril de pétrole en $
Source: Saudi Aramco. Graphique FT.com

 

Phrases du mois

«Je ne suis pas un économiste et j’ai déjà dit que je ne comprends rien à l’Economie. Les chauffeurs de camions sont ceux qui transportent la richesse du nord au sud et d’est en ouest. Ils doivent être traités avec soin et considération. Nous voulons un prix correct pour le diesel.» Jair Bolsonaro, Président du Brésil qui explique sa décision de ne pas augmenter les prix du diesel.

«Les décennies de croissance économique auront épuisé les ressources de la planète avant d’étancher notre soif de posséder, notre modèle de production-consommation nous ayant entraînés dans une économie de l “avoir” plutôt que de l “être”», avec pour conséquence «l’insoutenable concentration de la richesse dans le monde, véritable bombe à retardement. Il faudra notamment lutter contre «la déshumanisation de l’économie». Emmanuel Faber, PDG de Danone,

La colère fait les émeutes, seul l’espoir fait la révolution“.  Pierre Kropotkine

Construire des centrales nucléaires pour résoudre le changement climatique, c’est comme mettre un glaçon dans une baignoire pour la refroidir. L’impact sur la température est négligeable et les dégâts d’un accident ou d’une catastrophe nucléaire sur l’environnement est pire que le problème original“. Pablo Servigne

De défaites, en défaites, nous volons vers la victoire.

«Les riches qui règnent sur une société en voie d’effondrement s’achètent seulement le privilège d’être les derniers à mourir de faim». Jared Diamond.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Même un 1 avril, vous n’y trouverez pas de poisson!
– Allemagne: VW se lance dans la distribution d’électricité
– Chine: Le président en Europe pour promouvoir sa route de la soie
– Norvège: Le fonds souverain sort du pétrole de schiste
– Monde: La consommation des énergies fossiles en hausse, comme le CO2
– USA: Les Majors achètent les petits producteurs pétroliers
– Algérie: Le président Bouteflika se retire. L’armée montre ses muscles
– Japon: 8 bougies sur le gâteau d’anniversaire de Fukushima.


Comme les ours, le pétrole va terminer son hibernation pour déployer toute sa force durant les mois d’été. Pour l’instant, le réveil est calme. Comme le changement d’heure en Europe, personne ne sait où il va aller dans les mois à venir. A Londres, il termine ce mois à 68,39$ (fin février 66,39$). A New York, il pointe à 60.14$ (56,94$ fin février).

 

Graphique du mois

Consommation d’Energie Primaire dans le monde en 2017
Le gaz et le pétrole: 57% et avec le charbon: 85%
Source: BP World of Energy 2018

 

Planète

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,3% à 33 milliards de tonnes, indique l’Agence Internationale de l’Energie. Une augmentation record depuis 2010.

Pour son directeur, Fatih Birol, c’est une “surprise pour beaucoup” et une hausse exceptionnelle due aux énergies fossiles. “Nous avons vu une augmentation extraordinaire de la demande d’énergie, au plus haut depuis 10 ans. Toutes les énergies fossiles sont en hausse : charbon, gaz, pétrole.

La hausse annuelle de 560 millions de tonnes équivaut aux émissions de l’industrie de l’aviation. Si l’Europe baisse, c’est en Chine, en Inde et aux USA que l’augmentation fut la plus forte.

 

Monde

La santé de l’Economie mondiale montre des signes de fatigue. Une petite toux ou un virus? Le médecin va se pencher sur le malade, même si dans certains pays l’on parle déjà de récession. Du coup, le prix du baril de pétrole ne sait pas trop où aller. Dans le doute, l’Arabie Saoudite va continuer à diminuer sa production pour espérer voir les prix grimper.

Après avoir abreuvé en carburants nos chers véhicules, les grandes majors pétrolières s’embarquent dans la production et la livraison d’électricité notamment pour les voitures. Le mouvement des pétroliers ressemble à la transition effectuée par l’industrie du tabac dans la e-cigarette.

Ainsi Total et Shell opèrent des achats stratégiques. Si le gaz devrait générer l’électricité vendue par les géants du pétrole, Shell mise sur les énergies renouvelables et espère un retour sur investissement de 8 à 12%.

La capacité des majors à trouver des fonds pourraient faire trembler les producteurs traditionnels d’électricité comme E-On, RWE, EDF, Axpo ou Alpiq.

 

Peak Oil

Dès l’arrivée du pétrole de schiste en 2008, les discussions sur le peak oil ont été reléguées aux oubliettes. Depuis quelques mois, la tendance est en train d’évoluer.

A court terme, l’avenir du pétrole offre deux visages. Certains penchent sur une hausse des prix et une baisse de la production notamment dans le schiste américain. D’autres, comme le président Trump, tablent sur une hausse modérée des prix et une production qui suit la demande.

Un indice pourrait provenir des investissements et des tendances de ce début d’année. Voir le graphique ci-dessous, avec les intentions d’investissements dans les 5 principaux gisements de schiste aux USA.

 

En noir foncé: la production pétrolière
En gris: les intentions d’investissements

 

Depuis 2008, le boom du pétrole de schiste a été financé par des prêts et des actions dans des entreprises qui n’ont jamais dégagé de bénéfice. Les producteurs avaient promis des dividendes et des bénéfices pour fin 2018. Il n’en est rien et Wall Street est en train de serrer les cordons de la bourse. Les données chiffrées montrent que les investissements sont en chute libre depuis le début de l’année et devraient impacter la production dans les mois à venir.

 

Les pays à la Une du mois de mars

Venezuela

Suite à une panne totale d’électricité d’une semaine, la production pétrolière du pays a été sérieusement impactée. Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité du pays à pouvoir faire redémarrer sa production ou si elle va totalement s’écrouler, et le pays avec. Pour ne rien arranger, une nouvelle série de pannes est venue secouer le pays à la fin du mois.

Avant ces incidents, la production pétrolière reculait de 50’000 b/j par mois et avait passé sous la barre du million de barils. De son côté, les USA, qui importaient plus de 500’000 b/j, ont réussi à réduire leurs importations à néant. Pour le coup, Caracas dévie ses livraisons vers Moscou. Il reste à déterminer les entrées financières pour le régime Maduro.

Deux avions militaires russes ont atterri à Caracas avec une centaine de militaires et 35 tonnes de matériels. Le président Maduro a précisé qu’un prochain vol apportera des médicaments et de l’aide humanitaire.

PetroChina prévoit une baisse de 33% des livraisons de pétrole du Venezuela à 186’000 barils par jour.

Du côté politique, le bras de fer entre le président Maduro et son opposant Juan Guaido, continue. Le vainqueur devra imaginer un futur qui s’évapore de plus en plus avec l’effondrement des installations pétrolières.

 

Production pétrolière du Venezuela
Source: Ron Patterson’s Peak Oil Barrel.

Algérie

Sous la pression des militaires, la situation se tend. Le chef des armées, Gaïd Salah, a demandé la destitution du président Abdelaziz Bouteflika.

En 2018, les ventes de pétrole et de gaz représentaient le 40% du budget du pays. Si l’arrivée du président Bouteflika a coïncidé avec la hausse des prix du baril au début des années 2000, une grande partie des pétrodollars ont servi à la corruption, à la construction de constructions inutiles et à de généreux versements pour maintenir la paix sociale.

La chute des prix du pétrole a fortement pesé sur les réserves du pays qui ont fondu de 178 milliards $ en 2014 à 88,6 en juin de l’année dernière.

Alors que les gisements pétroliers et gaziers vieillissent, la consommation interne augmente fortement notamment pour la production d’électricité. Basé sur le modèle français, l’Etat subventionne fortement le kWh. Il est facturé à 3 ct € alors que son prix de revient est à 8,9ct €.

Comme beaucoup de pays pétrolier/gazier, l’Algérie va devoir effectuer une transition rapide hors des énergies fossiles et tenter de diversifier les revenus du pays.

Le géant pétrolier ExxonMobil retarde ses explorations de gaz de schiste en Algérie. Les compagnies étrangères évaluent les risques d’un changement de régime au pouvoir.

En Algérie, l’humour a toujours été utilisé pour taquiner le pouvoir, en particulier dans les moments difficiles. Cette tradition s’est confirmée ce mois.


Manifestation et humour en Algérie

 

Arabie Saoudite

Malgré la hausse des prix du baril depuis le début de l’année, l’Arabie Saoudite va maintenir ses coupes de production pétrolière, au moins jusqu’en juin, à un niveau de 6,9 millions b/j.

Le ministre de l’Energie, al-Falih ne désire pas changer cette stratégie lors de la prochaine rencontre de l’OPEP. D’abord prévue en Avril, la rencontre de l’OPEP a été repoussé de 3 mois.

Pour équilibrer son budget, le pays compte sur un baril à 70$.  Même si les USA vont continuer à extraire du pétrole de schiste très léger, idéal pour produire du plastique, le royaume sait que le monde ne dépend pas du schiste, mais de pétrole lourd nécessaire aux avions, camions, bateaux et voitures.

Riyad pense que la demande de brut va rester solide cette année, notamment grâce à la Chine avec 11 millions b/j.

Toujours selon le ministre al-Fahih, d’importants gisements gaziers auraient été trouvés dans la Mer Rouge. L’Arabie semble séduite par le gaz et Aramco pourrait acheter des gisements aux USA.

Les exportations vers les USA ont chuté à 1,6 million b/j en février contre 5,75 il y a une année. Paradoxalement, les USA se tournent vers la Russie pour acheter le pétrole lourd dont ils ont cruellement besoin notamment après l’abandon des importations du Venezuela.

L’administration Trump est en train d’examiner la demande de l’Arabie Saoudite afin de s’équiper de centrales nucléaires civiles.

L’Europe a effectué un rétropédalage magistral après avoir mis l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays qui privilégient le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Riyad a menacé “de sévères et négatives conséquences” sur les flux du royaume vers l’Europe. Le Prince a également prononcé la formule magique «ulahup Barbatruc» pour immédiatement revenir dans le monde des gentils. Si l’on se rappelle la gymnastique effectuée par la Suisse pour éviter de figurer sur cette liste noire, la décision européenne laisse perplexe.

 

Chine

L’agence Xinhua annonce la découverte «massive» de réserve de pétrole de schiste dans la municipalité de Tianjin. Selon les désirs du parti, CNPC et Sinopec augmentent fortement leurs investissements d’explorations pétrolières et gazières. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore réussi à percer les mystères du pétrole de schiste américain.

Le président Xi Jinping a débuté une tournée en Europe. Aucun doute, à la table, c’est lui le patron. Quand il parle, il engage son pays. Quand Macron, Merkel et Junker parlent au nom de l’Europe, ils n’engagent que leur parole. Les Chinois savent qu’ils peuvent contourner les menaces européennes en jouant sur les intérêts nationaux divergents. Pour garantir l’ambiance, il a débuté sa visite en Italie.

Stratégiquement en Europe, Pékin s’intéresse à l’énergie dont le premier producteur d’électricité portugais ainsi qu’à l’accès aux ports afin de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises. L’utilisation de l’arme financière et la création de des dettes, aux conditions draconiennes et difficilement remboursables, fait merveille en Asie et en Afrique. C’est au tours de l’Europe de profiter de ce privilège.

Xi Jinping a souligné les défis qui attendent le pays : chômage, politique internationale, commerce et prix de l’immobilier. Il espère que son pays ne soit pas pris dans cette spirale notamment pour éviter tous mouvements sociaux.

 

USA – Pétrole de Schiste

Faute de rentabilité financière depuis plus de 10 ans, Wall Street est en train de couper les vivre aux petits producteurs de schiste. Ceux-ci se font avaler par les majors comme ExxonMobil, Chevron et Conoco. BP et Shell ont rejoint le mouvement même si les préoccupations climatiques des investisseurs pèsent sur les acteurs européens.

Gretchen Watkins, Présidente de Shell USA, a demandé à la Maison Blanche de conserver les règlementations sur la limitation des émanations de méthane dans les extractions de gaz et de pétrole de schiste. Paradoxalement, l’administration Trump désire justement les abolir. Les émanations de méthane pénalisent fortement l’attrait du gaz de schiste qui est plus dangereux que le charbon au niveau des gaz à effet de serre.

Chevron et Exxon sont en train d’industrialiser les procédures de forages de schiste dans le Bassin Permien. Après avoir injecté 10 milliards $, Exxon ambitionne de réduire ses coûts à hauteur de 15$ le baril soit au niveau des prix d’extraction du pétrole conventionnel au Moyen-Orient. Si ce vœux devait se réaliser, il restera plus qu’à ExxonMobil à d’identifier de nouveaux gisements à travers le monde. Paradoxalement, la major ne s’aventure pas dans les autres champs de schiste aux USA.

Durant le mois de décembre, les gisements de schiste du Bakken ont généré 40 millions de barils de pétrole et 55 millions de barils d’eau. L’eau extraite des forages vient soit des gisements soit de l’injection d’eau qui favorise la fracturation des roches. Avec un coût de 4$ le baril d’eau, le traitement de l’eau usée s’élève à 2 milliards $ par année.

Durant la conférence CERA WEEK à Houston, l’IEA a annoncé que le pétrole de schiste pourrait ajouter 4 millions b/j de plus d’ici à 2024. L’Agence pense que la production pétrolière (pétrole, gaz liquide et les hydrocarbures) américaine pourrait grimper à 19,6 millions b/j d’ici à 2024, contre 15,5 aujourd’hui.

Cependant, les données sur les émissions de titres de créance et d’actions par les sociétés de schiste et sur leurs positions sur les marchés à terme montrent de gros nuages dans le ciel et un frein de la production. Cette tendance est à confirmer dans les mois qui viennent.


33% des compagnies de pétrole de schiste on eu un cash flow positif au 3è trimestre 2018

 

Europe

Les prévisions de la croissance du PIB pour 2019 diminuent à 1,1% au lieu de 1,7. Du coup, la Banque Européenne pourrait recommencer un Quantitative Easing. Les banques privées vont ainsi bénéficier d’argent à taux négatif où le simple fait d’emprunter, permet de gagner de l’argent.

 

Norvège

Le Fond de Pension du Gouvernement va diminuer ses participations financières dans les entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière car “ces investissements sont volatiles, risqués et imprévisibles.” Le GPFG est le plus grand investisseur mondial avec plus de 1’000 milliards $ d’actifs.

Le gouvernement a demandé au GPFG de sortir graduellement de l’actionnariat des entreprises pétrolières actives dans l’extraction et la production pétrolière. Les investissements dans les grandes majors comme BP, Exxon, Shell qui s’occupe également de la distribution ne seront pas impactés. Le fonds possède actuellement pour 37 milliards $ d’actifs pétroliers dans son compte.

Ce revirement de situation risque de remettre en question les autres institutions financières comme la Banque Nationale Suisse qui investit dans le même index énergétique et qui fait également face à des pertes financières importantes.

 

Russie

Selon le ministre de l’Energie, la Russie va respecter les quotas pétroliers discutés avec l’OPEP+. Moscou va diminuer ses extractions dans le mois qui vient.

Suite au réchauffement climatique et la fonte des glaces de l’Arctique, Moscou a identifié de nouvelles routes de transports maritimes dans la Mer du Nord ainsi que des opportunités d’extractions pétrolières et gazières. La région pourrait contenir 90 milliards de barils et 47’000 milliards m3 de gaz.

Les taux d’approbations du président Poutine est passé de 80 à 64% durant les 6 derniers mois.

Malgré la pression de Donald Trump, la Russie continue l’installation du gazoduc Nordstream 2 afin de livrer du gaz à l’Allemagne. De son côté, Washington annonce des sanctions contre les entreprises qui participent à la réalisation de Nordstream 2 et parallèlement Gazprom étudie un moyen de contourner ces sanctions. Le monde de l’énergie est extraordinaire. L’objectif est de créer une compagnie qui gèrera les 50 km sur le sol Allemand et qui tombera sur le coup des sanctions. Cela permettra d’éviter de mettre en danger les 9,5 milliards $ d’investissements sur les 1’200 km du gazoduc.

 

Allemagne

VW se lance dans la production et la distribution d’électricité via sa société Elli.  Elli fournira des bornes de recharge de véhicules électrique et les services associés aux clients résidentiels et aux entreprises mais fournira également de l’électricité verte, que le consommateur soit déjà client de Volkswagen ou non, qu’il soit propriétaire d’un véhicule électrique ou non. Cette offre entre en concurrence avec les producteurs traditionnels d’électricité ainsi que Shell et Total qui se lancent également dans ce créneau.

Paradoxalement, jugé cancérigène, le pesticide Roundup, à base de glyphosate, continue d’empoisonner Bayer-Montsanto. Le géant allemand de la pétrochimie avait déboursé 63 milliards $ pour avoir le privilège de faire face à 11’200 actions en justice sur le sol américain. Ce mois, elle vient de perdre un nouveau procès au niveau fédéral avec une pénalité de 81 millions $. Bayer pourrait débourser jusqu’à 20 milliards $. Le chiffre d’affaires de Bayer-Montsanto atteint les 40 milliards $ par année.

Avec l’arrivée des voitures électriques, l’industrie Allemande pourrait perdre 80’000 emplois dans le secteur.

 


Dessin Chappatte

France

Soutenues par deux millions de signataires de la pétition “L’Affaire du Siècle“, quatre ONG ont déposé plainte contre le gouvernement français pour inaction climatique.

Le film Le couvercle du soleil, sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, a été censuré par EDF qui possède la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire non lieu de la salle de cinéma qui désirait le projeter. EDF a mis demandé au cinéma de renoncer à passer ce film s’il voulait continuer à recevoir des aides financières.

En toute discrétion, le gouvernement Macron a décalé de 3 ans l’interdiction de la production de certains pesticides interdits par l’Union européenne.

Pour ceux qui ont Twitter, découvrez un compte qui apporte la bonne humeur: Le Journal de l’Elysée. C’est parodique et très décalé.

 

Bande Annonce Le Couvercle du Soleil, Fukushima

 

Hollande

Maarten Wetselaar, Directeur du gaz et des nouvelles énergies à Royal Dutch Shell, annonce que d’ici à 2030, le géant pétrolier désire devenir l’un des plus grands producteurs et distributeur d’électricité.

Poussé par ses investisseurs, Shell va se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre. D’ici à 2021, l’entreprise espère réduire son emprunte carbone de 2 à 3% par rapport à 2016.

 

Suisse

Contrairement au fond souverain de la Norvège, la Banque Nationale Suisse a explosé ses investissements dans les énergies fossiles aux USA (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) passant de 1,5 milliards $ en 2013 à plus de 6,3 aujourd’hui. La BNS n’a pas hésité à acheter des actions dans 183 entreprises américaines, dont pratiquement tous les acteurs du schiste. La vénérable dame est en passe de devenir l’une des entreprises la plus polluante de la Suisse.

Les fonds prévus pour la désaffection des centrales nucléaires n’est pas suffisant car le rendement du capital des fonds pourrait être revisité à la baisse. Si la demande est validée par la Confédération, les exploitants devront puiser dans leurs poches pour trouver les milliards manquants.  Du côté de l’Allemagne, qui a déjà débuté l’exercice, les budgets prévus sont insuffisants.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

En mars, les exportations pétrolières semblent être en diminution entre 1,1 et 1,3 million b/j contre 1,3 en février.

Selon l’OPEP, la production iranienne reste stable à 2,75 millions b/j après avoir chuté de 1 million b/j depuis l’activation des sanctions américaines.

Les USA ont donné à 8 pays l’autorisation d’importer du pétrole iranien. Washington ne sait pas encore si elle va lever cette faveur. Cependant avec les problèmes d’extractions au Venezuela et dans d’autres pays dans le monde, une rupture d’exportations iraniennes pourraient faire augmenter l’arrêt à la station d’essence pour le SUV de Joe America. Quand l’essence est chère, Joe pourrait hésiter à voter pour Donald en 2020.

 

Irak

Les exportations pétrolières irakiennes ont atteint 3,996 millions b/j en février, presque un record.

Augmentation du PIB Chinois.  J’aime les contes de fées.

 

Les Amériques

USA

Le jeu “Qui va récolter des millions” a débuté. Le vainqueur aura le droit de devenir Président et de prendre demeure à la Maison Blanche. A ce jeu, Trump a déjà amassé 130 millions $ et caracole en tête d’autant que le rapport Mueller l’a blanchi dans l’affaire russe.

Les effets de la réforme fiscale sur les entreprises émergent. Les recettes ont diminué de 1,5% sur un an (-34% pour l’impôt sur les sociétés) et le déficit fédéral avoisine le 4,5% du PIB pour un total de 22’000 milliards $ soit 107% du PIB. Il devrait manquer 1’000 milliards $ dans le budget en 2019.

Pour des raisons économiques et de flexibilité, BP va produire de l’énergie solaire afin de l’injecter dans ses divers lieux de productions pétrolières. Il y a 2 ans, BP avait acheté la compagnie Lightsource avec des investissements prévus de 200 millions $ sur 3 ans.

 

Canada

ExxonMobil va retarder ses investissements de 1,9 milliards $ dans les pétroles bitumineux en Alberta. Son entreprise locale, Imperial Oil avait prévu d’extraire 75’000 b/j d’ici à 2022. Exxon va revisiter son objectif notamment à cause du manque de pipelines pour transporter le brut vers les USA.

Durant les 12 derniers mois, le nombre de forages de pétrole et de gaz a reculé de 56 unité à 105. L’industrie fait face à une pénurie de pipelines et gazoducs pour transporter ces matières premières.

 

Mexique

Le gouvernement propose d’utiliser le «Fonds de Stabilisation» pour rembourser une partie des dettes de son géant pétrolier Pemex. Actuellement, la valeur de ce fonds public est estimé à 15,4 milliards $. La dette totale de Pemex dépasse les 100 milliards $.

Dessin: Chappatte

 

Asie

Japon

Le 8ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima démontre la patience nécessaire afin de tenter de stabiliser la situation.

TEPCO, le propriétaire de la centrale, a proposé de vidanger dans l’Océan Pacifique, toute l’eau contaminée utilisée lors du refroidissement quotidien des réacteurs. L’entreprise est incapable de traiter cette eau qui s’accumule de jour en jour.

Du côté technique, cette dernière année, un robot a réussi à retirer quelques grammes du corium (combustible nucléaire fondu). C’est un bon début. Il n’en reste plus que 500 tonnes.

Du côté de la santé, les études réalisées depuis la catastrophe documentent une exposition des cas de cancers notamment chez les enfants. Normalement, tous ces détails seront réglés d’ici au 24 juillet 2020 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les coûts de la décontamination de la centrale pourraient atteindre plus de 640 milliards $ (voir vidéo ci-dessous)

À Fukushima, le coût faramineux de la décontamination nucléaire. France24

 

Afrique

Libye

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye dans des combats avec le Khalifa Haftar (Armée Nationale Libyenne, LNA) pour la possession de champs pétroliers. A Murzuq, la LNA a gagné sa première bataille pétrolière. Si cette information est vérifiée, elle pourrait expliquer le temps nécessaire afin de reprendre l’extraction de 300’000 b/j.  La fermeture aurait coûté 1,8 milliard $ au pays.

Le Général Haftar, 75 ans, semble prendre l’ascendant sur le pays notamment grâce à l’aide des Emirats Arabes Unis et l’Egypte. L’objectif est refaire régner l’ordre dans un pays divisé oar une multitude de milices et de peuplades.

 

Phrases du mois

En arrivant il y a 6 ans au conseil d’Etat vaudois au département des infrastructures, je m’attendais à gérer des réseaux routiers, ferroviaires et des navettes lacustres mais pas des questions telles que la voiture autonome ou les drones ambulance“. Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat Vaudoise.

The full impact of the shale revolution is yet to be seen. It is now coming. Because the first wave of oil and gas shale was mainly used domestically, to replace imports. The second wave of production is going to be used to export US oil and gas [to] several nations around the world. And this will have a major impact on the established oil and gas market order.”  Fatih Birol, Director IEA

While most forecasts see peak oil demand at some point in the 2030s, the oil industry still sees itself as being relevant for decades to come.” Amin Nasser, PDG Saudi Aramco.

L’assertion de la maîtrise de l’humain sur le Monde est pratiquement balayée par la montée des eaux et des tempêtes d’une puissance sans précédent.” Stephanie Wakefield.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Venezuela: Le pays se trouve à un tournant. Décisif?
– USA: La production de diesel est à la peine
– Mexique: Un pipeline explose : 107 morts
– Allemagne: Le pays annonce sa sortie du charbon d’ici à 20 ans
– Inde: La demande de pétrole et de charbon en forte hausse
– Angleterre: Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires
– Libye: L’insécurité plombe la production pétrolière
– USA: Boeing annonce son drone-passagers électrique et sans pilote.


 

Le pétrole a repris des couleurs. Il avait débuté l’année à 52,23$ et il est grimpé à 60,86 à Londres. A New York, il flirtait à 45,30$ le baril avant de se redresser à 53,74$.

 

Graphique du mois:

Par manque de pétrole lourd,
la production mondiale de diesel pourrait avoir touché un plateau

 

Pétrole

Le pétrole joue avec la barre des 60$ à Londres. Pour se déterminer sur son prix, il hésite entre plusieurs options comme les réductions de l’OPEP+, l’augmentation de la production de schiste aux USA ou le ralentissement de l’Economie chinoise. Pour l’instant la crise au Venezuela n’a pas encore fait bouger clairement les prix.

En 2019, les majors pétrolières vont investir 208 milliards $ pour le forage en haute mer selon Rystad Energy. Au total, 110 projets vont être lancés contre 96 en 2018 et 43 en 2016.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, a souligné que sur un total de 1 milliard de voitures en circulation, les 5 millions de voitures électriques ne font pas le poids pour solidement influencer la demande pétrolière.

Son exemplem est parlant. “Cette année, la demande pétrolière mondiale va augmenter de 1,3 millions barils/jour (b/j). Les 5 millions de voitures électriques vont économiser 50’000 barils/jour. 50’000 contre 1,3 millions”. Il est vrai que l’impact est minime.

Selon lui, les voitures ne jouent pas un rôle prépondérant dans la demande pétrolière. A l’inverse, les camions, la pétrochimie et les avions sont le sont. Au niveau mondial, l’aviation est exemptée de taxe pétrolière et de TVA.

 

Monde

Depuis 1978, les salaires des PDG ont augmenté de 997,2%, la productivité de 122,01% et les revenus des travailleurs de 10,9% selon Economic Policy Institute. Alors que la croissance s’est affirmée comme une nouvelle normalité, la productivité et les salaires s’essoufflent.

Comme les salaires des PDG, les températures de la planète ont atteint des records en 2018, +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La fonte annuelle des glaces, en Antarctique, est 6 fois plus rapide qu’en 1979, selon l’Académie américaine des sciences (PNAS).

 

Moyenne des températures pour 2018
par rapport à la moyenne 1951-1980

 

Les pays phares du mois

Venezuela

Sans conteste, le Venezuela est sur la première marche du mois de janvier. Une fois de plus, le pétrole se transforme en malédiction pour son pays.

L’agonie du pays semble arriver à un tournant. Washington et plusieurs pays dont la France, le Canada, le Brésil et l’Espagne ont annoncé soutenir Juan Guaido, l’ancien président du Parlement. Avant de se lancer, ce jeune homme de 35 ans avait reçu des garanties des grandes puissances.

Cependant, la Russie et la Chine ont investi des milliards $ sur Nicolas Maduro et son pétrole. On comprend que Moscou et Pékin n’ont pas envie de voir leurs actifs disparaître.

Dans la foulée, Trump a annoncé des sanctions pétrolières contre le Venezuela et l’arrêt des importations de 500’000 b/j. Revers de la médaille, cette décision pourrait faire augmenter les prix de l’essence aux USA, car le brut du Mexique, de l’Arabie Saoudite et du Canada est plus onéreux.

De plus, le pétrole lourd du Venezuela se marie parfaitement au pétrole de schiste américain très léger. Sans pétrole lourd, il est compliqué de raffiner le diesel ou le kérosène indispensable aux camions, bateaux et avions. De son côté, le Venezuela a besoin du pétrole de schiste américain pour liquéfier son pétrole lourd afin de le transporter.

Les entrées en devises du Venezuela proviennent essentiellement des ventes de pétrole aux Etats-Unis. Le reste sert à repayer les dettes russes et chinoises. Le pays devrait rapidement atteindre le point de bascule.

Actuellement, la production pétrolière va passer sous le million de barils/jour (b/j). Au temps de Chavez, elle dépassait les 3,5 millions.

En cas de renversement du gouvernement Maduro, les exportations pourraient encore fortement diminuer. L’histoire montre que le renversement d’un gouvernement ne permet pas de remonter aux niveaux d’extractions pétrolières initiaux.

 

Chine

Trump continue de demander à la Chine de respecter les brevets US, d’arrêter les subsides directs aux entreprises et de permettre aux entreprises américaines d’entrer dans le marché chinois. En résumé, le chef de la Maison Blanche demande simplement aux chinois de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde. Le prochain épisode devrait figurer dans la revue de février.

Les prévisions de croissance du PIB de la Chine pointent vers 6,3%. Pas sûr que les chiffres du gouvernement soient d’une précision chirurgicale, mais ils indiquent une tendance à la baisse.

La Chine a développé une certaine dépendance envers les dettes et les constructions. Au niveau de la dette, on avoisine les 300% du PIB et la Banque Centrale Chinoise vient d’injecter 84 milliards $ dans l’économie locale. Est-ce que quelqu’un pourrait toucher un mot à la Banque Nationale Suisse pour qu’elle injecte 1$ dans les entreprises suisses ? Oui, c’est possible !

Il n’aura fallu que 58,8 milliards $ d’investissements par Pékin pour soutenir ses entreprises de voitures électriques et devenir le No1 mondial dans ce secteur selon Center for Strategic and International Studies.

Le constructeur chinois de voitures électriques, Byton, annonce la venue de son nouveau bolide. La bête sera commercialisée autours des 40’000 € et affiche des performances remarquables ainsi qu’un design digne des constructeurs italiens. Byton entre en frontal direct avec les modèles de Tesla et les futures allemandes.

Le groupe chinois CNOOC espère doubler sa production pétrolière d’ici à 7 ans comme l’a gentiment demandé le Président Xi Jinping. L’objectif est de booster la production pétrolière nationale pour moins dépendre de l’étranger.

Dans l’univers fabuleux que crée le gouvernement chinois, ce mois, on relève la mise en service d’une application qui permet d’identifier dans un rayon de 500m les personnes qui ont des dettes! Via l’utilisation de l’application de communication et de payements WeChat (équivalent de What’s app), les informations des utilisateurs sont transmis au gouvernement.

Ce service actuellement en service dans la région de Hebei, devrait être généralisé dans toute la Chine dans une année. Elle permettra de rejoindre l’évaluation des citoyens, qui bloque à plus de 10 millions de citoyens, l’accès aux trains ou aux transports en commun.

 

26% de la production pétrolière américaine est apte au raffinage
Le reste doit être mélangé avec du pétrole plus lourd pour en faire du diesel, kérosène ou essence.

 

USA

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,4% aux USA.

Selon l’EIA, les USA devraient atteindre une production pétrolière de 12,1 millions b/j en 2019 et 12,9 en 2020. Les USA sont devenus le plus grand producteur mondial.

Les USA font face à une pénurie de pétrole lourd nécessaire à produire du diesel et du kérosène. Les coupes dans les importations du Canada, Mexique et l’arrêt des importations du Venezuela inquiètent les raffineurs américains. Le Mars, une qualité de pétrole lourd, se traite avec une prime de 6,8$ par rapport aux cours pétroliers, au plus haut depuis 5 ans. Le Peak Diesel commence à inquiéter.

En 2018, les investissements en énergie solaire ont diminué de 25% à 130,8 milliards $. Sur la même année, les investissements en énergie renouvelables ont diminué de 8% à 332 milliards $.

Malgré l’enthousiasme et le support du Président Trump, le nombre de centrales à charbon diminue à un rythme encore plus soutenu que sous Obama. Depuis le peak de production en 2011 avec 317,4 MW la production décroit.

Durant les 5 dernières années, 6 centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt et 35% du parc actuel devrait fermer dans les années à venir. Le nucléaire n’arrive plus à concurrencer les tarifs des énergies renouvelables et du gaz de schiste.

General Motors (GM) va utiliser sa marque Cadillac pour les voitures électriques et ses batteries BEV3. L’objectif est d’offrir une voiture avec un rayon d’action de 500 km.

BP va ajouter 1,3 milliard $ pour étendre les forages en haute mer de son gisement Atlantis dans le Golf du Mexique. L’entreprise avait essuyé un bouillon lors de la catastrophe DeepWater Horizon en 2011 avec des coûts qui ont dépassé les 60 milliards $.

L’entreprise PG&E, Pacific Gas & Electric, est l’une des premières grandes entreprises à faire les frais du changement climatique et des incendies monstrueux de la Californie. En octobre dernier, sa valorisation boursière atteignait 25 milliards $. Ce mois, elle est tombée à 4 et s’est placée sous la protection des faillites. C’est ballot pour la Banque Nationale Suisse qui vient de perdre ainsi 1,7 million $ supplémentaires dans la longue liste de ses déboire dans ses investissements fossiles aux USA.

BP a testé un nouveau système sismique pour découvrir du pétrole en eau profonde. Suite à son succès dans le Golfe du Mexique, cette technologie va être apportée en Angola et au Brésil.

Tesla Motor annonce le licenciement de3’000 employés (7%) afin de réduire les coûts. Les chinois arrivent sur le marché avec des véhicules aussi performants mais à un prix bien plus concurrentiel. Dans la foulée, Elon Musk annonce deux versions de ses camions entre 150 et 180’000$ et un rayon d’action de 900 km. La production n’a pas commencé. Cependant, dans le domaine des transports lourds, les camions à hydrogène semblent nettement plus performants et attractifs.

D’ici à 2022, VW va investir 800 millions $ pour construire une usine à voitures électriques au Tennessee. Plus de 1’000 emplois vont être créés.

Apple a fortement récompensé son PDG Tim Cook en lui offrant pour 2018 une compensation annuelle de 15,7 millions de dollars, + 22%.

 

Boeing a testé son premier drone taxi à décollage verticale et à propulsion électrique.
Airbus va présenter sa version durant le mois de février

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite va limiter ses exportations à 7,1 millions b/j pour février avec l’espoir de voir le baril remonter.

Dès 2021, Ryad planche sur la vente d’une petite part de son champion pétrolier Aramco. Au total, le gouvernement espère obtenir 10 milliards $ au lieu des 40 qui étaient sur la table l’année dernière.

L’offre avait été retirée car Aramco aurait dû publier ses réserves pétrolières et les investisseurs n’étaient pas hyper convaincus du business model. Selon l’agence DeGolyer et MacNaughton immatriculée à Dallas, Texas, les réserves d’Aramco atteignent 263,1 milliards de barils. Cette estimation a été accueillie avec scepticisme et un large sourire. Depuis 30 ans, ce chiffre n’a pratiquement pas bougé d’une virgule.

L’Arabie Saoudite n’abonde absolument pas dans la narrative du peak oil (pic pétrolier) et voit l’offre pétrolière augmenter au moins jusqu’en 2040. Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, assure que l’Arabie Saoudite pompera le dernier baril de pétrole mais cela ne devrait pas arriver dans les décennies et des décennies à venir.

Saudi Aramco et US Air Products and Chemicals vont construire la première station de production d’hydrogène dans le Royaume. La station sera prête cette année et alimentera des voitures Toyota.

Riyad a choisi le français EDF et Abu Dhabi Masdar pour construire une ferme d’éolienne de 400 MW pour 500 millions $ dans le nord du pays.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Rystad Energy a publié des chiffres stratosphériques sur l’avenir du pétrole de schiste US. A se demander quelle mouche a piqué le statisticien en chef ou s’il n’y a pas une formule qui est partie en vrille dans leur feuille Excel. A 58$ le baril, ils pensent que les USA pourraient extraire 24 millions b/j en 2025 soit plus que la Russie et l’Arabie Saoudite réunies.

Dans son Annuel Energy Outlook 2019, l’EIA est également d’humeur joviale pour le pétrole de schiste US. On sent que l’Agence de l’Information de l’Energie Américaine veut faire plaisir à son Président. On n’atteint pas les sommets de Rystad mais l’enthousiasme est intact. Jusqu’en 2040, les USA devraient produire 14 millions b/j.  Dès 2050, ils devraient redevenir importateur de pétrole. D’ici là, Baron Trump devrait reprendre les commandes du pays à son cher papa. Difficile de dire laquelle de ces deux prévisions se réalisera.

Sur le terrain, la tendance actuelle suggère que les forages les plus productifs ont déjà été épuisés et que les coûts de production grimpent avec les forages de seconde qualité. Après avoir augmenté de 1,6 millions b/j en 2018, la hausse prévue pour 2019 se limiterait à 950’000 b/j.

Argentine

Les gisements de gaz de schiste de la Vaca Muerta pourraient attirer jusqu’à 165 milliards $ d’investissements de la part de Chevron, Total et ExxonMobil. Il reste à déterminer si ces investissements seront rentables.

Mexique

Un pipeline a été percé par des voleurs de carburant et a explosé dans la ville de Tlahuelilpan. Le bilan de l’explosion a grimpé plus de 100 morts et 40 blessés. Deux jours plus tard, dans l’Etat de Querétaro, un autre pipeline a subit le même sort. Là, l’explosion n’a fait aucune victime.

Cette tragédie s’est déroulée après que le président Andrés Manuel López Obrador ait demandé à l’armée de prendre le contrôle de 58 installations pétrolières majeures dans le pays. L’objectif est de réduire la corruption et les vols de pétrole dans l’entreprise nationale Pemex.

Certains groupes ponctionnent la production de diesel et de carburants pour financer leurs activités. Les vols se monteraient à 3 milliards $ par an. Le carburant ainsi volé s’achète à la moitié du prix de marché. Les vols sur des pipelines sont produits 42 fois par jour, en moyenne, durant 2018.

Le gouvernement a coupé la distribution via certains pipelines. Le transport pourrait se faire grâce à l’achat de 500 nouveaux camions citernes. Cependant, le pétrole continue de s’accumuler dans les terminaux des différents ports. Plus d’une douzaine de tankers attendent d’être déchargés.

Les raffineries de Pemex ont une capacité de 1,63 millions b/j mais tournent à mi-capacité. Le pays importe plus de 600’000 b/j de carburants distillés aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Angleterre

Le Brexit est toujours en cours et les automobilistes roulent toujours du mauvais côté de la route.

Concernant les trains, Alstom France va produire des trains à hydrogène pour le marché anglais. Les trains Breeze entreront en service en 2022.

Suite à la demande du producteur de schiste Cuadrilla, de ramollir les normes environnementales pour l’extraction de schiste, le gouvernement est resté droit dans ses bottes et a refusé la requête.

Malgré plus de 2 milliards d’investissements déjà effectués, Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires. L’année dernière, Toshiba avait également abandonné l’idée. Au total, 6 projets ont été abandonnés ce qui ouvre une voie royale à la Chine, qui montre un intérêt certain à vendre ses centrales nucléaires « Made in China ». Cette perspective génère étrangement un frisson dans le dos.

Le démantèlement des plateformes pétrolières va coûter 31,4 milliards $ aux contribuables durant les 45 prochaines années selon la National Audit Office.

 

Allemagne

Après être sorti du nucléaire, l’Allemagne s’attaque au charbon et à la lignite. Le plan propose une sortie du charbon d’ici à 2038 avec un budget de 40 milliards €. Plus de 20’000 personnes travaillent actuellement dans cette filière. Vingt ans, est-ce trop court ou trop long ? La question divise les deux parties.

Le groupe VW va investir 30 milliards € dans les voitures électriques durant les 5 prochaines années. L’entreprise est en train de développer un châssis appelé MEB qui va lui permettre de limiter les coûts de production pour les 50 prochains modèles prévus d’ici à 2025.

 

Russie

A cause de l’hiver… la Russie ne peut pas diminuer sa production pétrolière selon le Ministre de l’Energie Alexander Novak. Le Ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, al Falih espère que Moscou réduise sa production (-288’000 b/j) afin de respecter la décision de l’OPEP+. La base de calcul  se base sur les chiffres d’octobre 2018 à 11,41 millions b/j.

De son côté, l’IEA annonce que la Russie a augmenté sa production à 11,5 millions b/j en décembre. Durant les 3 premières semaines de janvier, elle se situe à 11,39.

 

France

La fusion entre le français Alstom et Siemens rails pourrait être interdite par la Commission Européenne sur la concurrence. Les ministres de l’économie français Bruno Le Maire et l’allemand Peter Altmaier aimeraient voir l’émergence d’un géant européen du rail pour contrer le chinois CRRC. La fusion de ces deux géants permettrait de diminuer le nombre d’employés et les coûts. Reste à déterminer de quel côté de la frontière les pertes d’emplois seront les plus douloureuses.

Il est préférable que cette question ne doit pas être abordée tant que les gilets jaunes rodent dans les rues.

 

Suisse

Grâce à une essence très bon marché et un pouvoir d’achat élevé, le parc automobile suisse est le plus polluant d’Europe. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018 (+0,2%).

Du côté des constructeurs, les amendes pour les dépassements de CO2 se sont élevées en 2016 : à Frs zéro pour le groupe VW, BMW. Peugeot, Citroën et Frs 195’480 (€170’00) pour Mercedes soit fr 7.50—par voiture ! (€6.50). Il n’y a aucun doute, ces amendes sont dissuasives!

En 2018, le nombre de vente de voitures a reculé de 4,6% à 299’716. Les moteurs diesel ont chuté de 20,4%. L’hybride essence (+25,5%) et hybrides diesel (+209,6%), les véhicules électriques ont progressé de 7%. Par constructeur, le marché se décompose de la manière suivante: Volkswagen, une part de marché de 11%, Mercedes (8,6%), BMW (8,1%), Skoda (6,4%) et Audi (6,1%).

Un deuxième barrage de l’entreprise minière Vale s’est effondré au Brésil. Plus de 65 personnes sont mortes et 300 sont portées disparues. Le géant brésilien s’est établi à Saint-Prex, Suisse pour éviter de payer des impôts. Bien que l’entreprise ne compte qu’une poignée d’employés suisses, elle bénéficie d’un forfait fiscal qui défie toute concurrence.

Depuis 2016, un employé de la centrale nucléaire de Leibstadt a inventé des données dans les protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) note que ce n’est pas un cas isolé et il s’inscrit dans une série d’incidents dus à des erreurs humaines. La population et la sécurité de la centrale n’ont pas été mises en danger.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Suite aux sanctions, version allégée de l’administration Trump, Téhéran exporte 1 million b/j alors que ce chiffre était de 2,7 en mai dernier. Les passe-droits accordés à la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud arrivent à échéance à la fin mai 2019.

La situation du Venezuela pourrait aider l’Iran. Une coupure de livraison de l’Iran et de Caracas pourrait faire grimper les prix sur les marchés.

L’Iran va tenter de maintenir sa production pétrolière malgré l’âge avancé de ses forages. Plus de 30 projets vont être lancés pour un montant de 6 milliard $ et une augmentation de capacité de 281’000 b/j, en théorie…

 

Syrie

Le russe Gazprom va commencer à exploiter le pétrole et le gaz syrien. Avant la guerre, la Syrie extrayait 387’000 b/j dont 140’000 pour l’exportation.

L’instabilité dans la région nécessite une protection militaire pour les employés. Gazprom est en passe de devenir la première major à être militarisée.

Une pénurie de gaz pour générer de l’électricité, aider à la cuisson et le chauffage, touche la capitale Damas. A cause des sanctions américaines, le gaz iranien n’arrive plus dans le pays.

 

Irak

Au plus grand bonheur de Bagdad, la production pétrolière atteint 4,15 millions b/j avec des rentrées financières bienvenues.

La création d’une entreprise pétrolière nationale, INOC (Iraqi National Oil Company), s’avère plus difficile que prévu. La Cour Suprême demande de réviser les modalités notamment avec la partie Kurde du pays.

Le budget 2019 augmente fortement les dépenses du gouvernement et notamment les revenus garantis pour les Kurdes.

 

Depuis 2006, la production pétrolière de l’OPEP reste stable

Asie

Inde

Le pays importe de plus en plus de charbon pour ses besoins énergétiques. D’avril à décembre 2018, les quantités ont augmenté de 17% sur la même période en 2017.

La demande pétrolière indienne va augmenter de 245’000 b/j en 2019. Elle avait déjà augmenté de 250’000 barils en 2018. La consommation atteint 4 millions b/j.

La Northern India Public Service estime que la sortie de la production électrique à base de charbon va lui faire économiser 4 milliards $ sur 30 ans. La transition devra débuter par l’augmentation des tarifs (11$ par mois) pour ses 470’000 clients, afin de payer les investissements et de fermer les centrales à charbon. Les tarifs devraient diminuer dès 2023.

 

Australie

Pour la xème année consécutive, une vague de chaleur recouvre le pays. L’Australie ploie sous les incendies de forêts et l’augmentation d’hospitalisations. Visiblement, ce n’est pas encore suffisant pour que le gouvernement se penche sur le réchauffement climatique.

Pour l’instant, le charbon et le gaz conservent leurs privilèges.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Depuis décembre, les incidents, entre les milices, plombent la production pétrolière. Elle est descendue à 928’000 b/j soit 200’000 b/j de moins.

L’Italie tacle la France. Matteo Salvini accuse Macron d’être responsable du chaos libyen, alors que des affrontements ont ensanglanté la capitale Tripoli.

Évidemment il y a quelqu’un derrière les combats actuels. Cela n’arrive pas par hasard. Ma crainte, c’est que quelqu’un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l’Afrique du Nord et par conséquent de l’Europe. Je pense à quelqu’un qui est allé faire la guerre alors qu’il ne devait pas la faire. À quelqu’un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l’ONU et les Libyens” dixit Salvini.

 

Nigeria

Le français Total va développer un nouveau gisement en haute mer selon Patrick Pouyanné son PDG. L’avantage des forages en mer est d’éviter de devoir payer les milices locales qui demandent une rétribution sur le pétrole. Annuellement, les vols de pétrole et les petites enveloppes sont estimées à 3 milliards $.

La raffinerie de Dangote va pouvoir traiter plus de 650’000 b/j et couvrir la totalité des besoins en carburants au pays. La bête aura coûté plus de 12 milliards $ au milliardaire Aliko Dangote. Le brave homme a construit sa richesse avec le ciment. La raffinerie devrait entrer en fonction dès 2022.

Actuellement, le plus grand producteur africain doit exporter son pétrole pour le raffiner et le réimporter.

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

«La transformation du secteur de l’énergie, et des autres industries, n’a pas lieu parce que des environnementalistes nous y forcent. Elle a lieu pour des raisons économiques. Si on néglige cette transition vers davantage de durabilité, on va en payer le prix.» Francesco Starace, PDG, ENEL energie, Italie

«L’industrie automobile planifient des investissements sans précédent dans les batteries et les voitures électriques durant les 10 prochaines années. Une grande part significative de ces 300 milliards $ d’investissements sont dirigés vers la Chine.» Paul Lienert, Christine Chan, Reuters.

«Le monde n’est jamais prêt à la naissance d’un clown». Omar Porras

Clean energy solutions are not moving fast enough to meet the UN targets for curbing the effects of global warming, and alternative energies are unlikely to meet those targets without policy support” Charles Holliday, hairman, Shell.

For US shale production to go down, you need oil prices at $40 per barrel and below. That is not healthy for the Russian economy. We should not take competitive action to destroy US shale production.” Kirill Dmitriev, head of the state-backed Russian Direct Investment Fund,

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Qui remplacera la voiture à pétrole ?

Inventé en 1887, le bon vieux moteur thermique montre des signes de faiblesse. Incapable d’améliorer son efficience énergétique et de diminuer ses émissions polluantes, il doit sa survie grâce aux pétroliers et à la frilosité de l’industrie automobile face aux changements.

Comme les ampoules électriques, terrassées par les performances des LED, le moteur à essence n’est pas loin de céder sa place à la voiture électrique, à hydrogène ou autre. A défaut de répondre aux changements climatiques, nous assistons à un combat géopolitique entre pays pour imposer son type de véhicules et ses standards.


 

Dans cette bataille, les acteurs sont connus : la vieille Europe, la Chine, les USA ainsi que le Japon et la Corée du Sud.

Une certitude : le moteur à explosion entre dans une ère de déclin. Depuis plus de 100 ans, les gains d’efficience n’ont que peu évolué. Sur 10 litres de carburants, 2 litres seulement servent à propulser le véhicule. Le reste est gaspillé sans autre forme de procès.

 

Honda Clarity à Hydrogène

 

Too fat to Move

Les mastodontes européens comme Mercedes, Audi, VW, Fiat ou les américains GM ou Ford entrent à reculons dans l’évolution de leurs moteurs. Il aura fallu le scandale des moteurs truqués pour initier une petite flamme. Cependant, le problème principal réside dans le fait que ces géants sont devenus bien trop gras pour bouger et pour innover.

Leur inertie est maintenant bouleversée par les 400 constructeurs chinois d’automobiles électriques bien plus agiles et agressifs. (voir BYD)

Un directeur de l’innovation de BMW me confiait récemment. «Il y a 3 ans, nous avions plus d’une centaine de doctorants dans nos centres en Chine. Cette année, nous avons eu de la peine à en trouver une poignée. Aujourd’hui, les étudiants privilégient les constructeurs chinois plus dynamiques et moins «old fashion». S’il y a 5 ans, les modèles chinois nous faisaient sourire, aujourd’hui, ils sont en passe de nous dépasser.»

 

Electricité ou Hydrogène

La nature ayant horreur du vide, la Chine a immédiatement trouvé sa place. Au lieu d’entrer en confrontation frontale, Pékin a élaboré de nouveaux standards pour dépasser ses concurrents en prenant une autre voie: la voiture électrique.

En plus d’être propriétaire de plus de 90% des terres rares, métaux essentiels aux batteries et aux composants électriques, Pékin a patiemment ratissé et acheté les gisements de lithium à travers le monde. La boucle est bouclée et la Chine tient fermement son os. Il devient de plus en plus difficile de construire une voiture électrique sans le feu vert de Xi Jinping.

Quant au gouvernement français, il fait une pierre deux coups en instruisant Renault et PSA d’utiliser l’électricité pour promouvoir autant ses champions du nucléaire que ceux de l’automobile.

Là encore, il s’agit d’une préoccupation essentiellement économique et stratégique sans se soucier de l’écologie. Cela explique qu’à ce jour, le recyclage des batteries n’est pas inclus dans le business modèle.

 

Hydrogène

L’hydrogène s’appuie sur les faiblesses des voitures électriques et thermiques : pollution et rayon d’action. Alors que la pollution est réduite, le rayon d’action des véhicules à hydrogène est identique aux versions à carburant.

De plus, les camions électriques mettent au défi les batteries et la stabilité des réseaux. Dans ce domaine, l’hydrogène s’impose. Avec une autonomie de 600 km voir 1’000 km, Alstom a lancé ses trains en Allemagne pour remplacer le diesel.

Du côté des USA, Toyota Motors, le camionneur Kenworth et Shell se lancent dans la construction d’un «truck hydrogène» pour le port de Los Angeles ainsi que d’un réseau de stations à d’hydrogène. Pour les voitures, la Californie propose déjà 33 stations de recharges pour les 4’500 voitures en circulation.

Pas encore sous l’étreinte chinoise, les coréens Kia et Hyundai ainsi que les japonais Toyota et Honda en ont profité pour prendre le large avec leurs Mobis, Mirai ou Clarity.

Mieux encore, dans les 10 prochaines années Hyundai va investir 6 milliards € pour mettre en circulation annuellement 500’000 voitures alimentés par des piles à combustible. Le coréen va également équiper ses camions et attaquer le marché européen.

 

Entre ces deux types de véhicules, nous pourrions également assister à un partage possible. Les voitures électriques pour les petits trajets urbains et l’hydrogène pour les déplacements plus lointain entre les villes. Mais cela n’est que pure spéculation.

La voiture, que nous conduirons demain, sera certainement le résultat du bras de fer qui s’engage aujourd’hui.

 

 

Electricité : Un coup de chaud souffle le froid

En se fiant aux statistiques des années précédentes, l’été 2018 devait être un grand cru et la production électrique atteindre des records. Contre toute attente, c’est l’inverse qui s’est produit. Les prix de production ont pris l’ascenseur pour remonter à des niveaux rarement atteints depuis plus d’une décennie à plus de € 9ct le kWh.

La très forte vague de chaleur n’est pas allée avec le dos de la cuillère et a fait dérailler l’ensemble du mix énergétique européen en passant par le solaire, le charbon, l’éolien et le nucléaire. Ce coup de chaud a jeté un froid.


Tous les types de production touchés

L’anticyclone, qui a campé sur l’ensemble de l’Europe, a réussi à paralyser les éoliennes de la Mer du Nord. Ainsi, l’Angleterre a ainsi eu droit à 11 jours consécutifs d’un flegme très british. Sur l’île, ce coup de mou a logiquement propulsé les prix à la hausse.

Du côté du solaire, sa performance dépend de l’ensoleillement et non pas de la chaleur. Au-delà de 25 degrés de température ambiante, le rendement des panneaux diminue. Ainsi dès 35 degrés (80 degrés au niveau des cellules) le rendement diminue de 30%. La balle est dans le camp des fabricants qui planchent déjà sur une parade à ce phénomène.

L’eau trop chaude des cours d’eau a limité la production d’électricité de certaines centrales nucléaires. Le précieux liquide, nécessaire à refroidir les réacteurs, ne joua plus son rôle.

Du côté du charbon thermique électrique, la forte hausse de la demande chinoise et indienne a poussé les prix de la tonne vers de nouveaux sommets. Les deux pays asiatiques, également frappées par une vague de chaleur, ont fait massivement appel au charbon pour faire tourner les installations d’air conditionné.

 

Hausse de la demande estivale

Alors que nous pensions que les tarifs estivaux pouvaient tendre vers zéro grâce à une surproduction bienvenue, le réchauffement climatique jette un coup de froid sur l’ensemble du mix de production mais il apporte un vent d’air frais pour les producteurs qui voient les prix augmenter.

Du côté de la demande, une tendance émerge. Notre planète devient invivable sans l’utilisation de gourmands systèmes de refroidissement.  Historiquement, si c’est en hiver que les besoins sont les plus élevés (chauffage), l’été n’aura bientôt plus rien à lui envier.

En effet, durant les mois chauds, l’utilisation, de plus en plus massive de la climatisation, pourrait faire basculer cette tendance. Détail piquant, les véhicules électriques n’ont pas encore intégré cette équation.

Nous pensions voir la lumière au bout du tunnel, ce n’est peut être qu’un autre train qui arrive ou une colonne de voitures électriques. C’est selon.

 

Evolution prix du charbon été 2018
Source: trading view

 

Se protéger du chaud et décentraliser la production

Afin de tenter de répondre aux contraintes du réchauffement climatique, il est nécessaire d’apporter une plus grande résilience et intelligence dans la production et la gestion de l’électricité. Avec tous les œufs dans le même panier, n’en déplaise aux grands producteurs, la centralisation dans de grandes unités de production devient de plus en plus risquée.

Une réponse viendra de l’autoproduction et de l’autoconsommation citoyenne et la création de mini-réseaux entre les habitants d’un quartier ou d’une ville. Cela permettra de s’attaquer notamment au gisement de 35% d’électricité gaspillée.

Finalement, serait-il le moment de tourner la page des constructions calquées sur les gratte-ciel new yorkais chauffés et refroidis par le dieu pétrole?

Cet été, lors d’un tour à vélo à travers l’Europe, et d’une journée à 40 degrés, j’avais demandé au propriétaire d’un gîte d’étape: “avez-vous la climatisation?” Il m’avait répondu en souriant. «Cette maison a plus de 150 ans, il n’y a pas besoin de climatisation ». Il avait raison. A cette époque Rockefeller n’avait pas encore débuté son travail d’évangélisation auprès des architectes et des constructeurs.

Les barons de l’Electricité: une menace pour les citoyens

Lors de la dernière rencontre européenne des producteurs d’électricité tenue la semaine dernière, deux tendances fortes raisonnaient dans l’énorme Centre de Conférences d’Amsterdam: la digitalisation et le rapprochement avec les consommateurs.

Après des années, où les citoyens ont été pris en otage par les producteurs d’électricité, la possibilité de les voir retrouver la liberté grâce à la technologie est prise très au sérieux. La menace pèse sur les modèles d’affaires des Energéticiens.

Deux stratégies distinctes émergent: l’utilisation de la force ou l’apprivoisement avec agilité. L’une ou l’autre philosophie dépend des dirigeants. Mais l’arrivée de managers «brutaux» déboussole une industrie en profonde mutation.


Les Brutes. Profession: Nettoyeur

Cette tendance européenne s’observe également en Suisse. Un acteur attire particulièrement l’attention: les BKW (ex-Forces motrices bernoises).

Sous l’impulsion de sa Directrice, Suzanne Thoma, l’énergéticien s’est lancé dans une stratégie prédatrice en deux phases: La première consiste à casser les prix pour tuer la concurrence des petites PME. Une fois le terrain nettoyé, la position d’oligopole* permet l’augmentation des prix dans l’optique d’une maximalisation des profits.

Assise sur une montagne de bénéfices non distribués, de presque 3 milliards de francs et accumulés grâce aux citoyens, c’est le couteau entre les dents que la Directrice s’est lancée dans un nettoyage systématique du marché. Elle a d’abord soigneusement ciblé les bureaux d’ingénieurs et les électriciens en les éliminant, un à un. La méthode est simple: proposer ses services à des tarifs cassés.

A ce rythme, les PME locales ont été forcées à mettre la clé sous le paillasson ou de se faire racheter pour une bouchée de pain.

La dernière annonce date de cette semaine où les fribourgeois Raboud Energie (chauffage, ventilation, sanitaire), qui comptait 70 employés et Electricité Bugnard (installations électriques, photovoltaïques et paratonnerres) avec 40 employés ont annoncé leur capitulation.

Les meilleurs éléments rejoindront le navire amiral alors que les surnuméraires resteront sur le carreau. En deux ans et sans pratiquement créer d’emplois, le géant bernois a transvasé 2’000 unités pour arriver à un total de 6’000 collaborateurs avec un objectif fixé à 10’000.

Un esprit libéral pourrait se féliciter d’un pareil dynamisme et d’une mise en concurrence d’un secteur léthargique.
Cependant, in fine, l’impact et l’objectif d’un oligopole se résument par une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Le Far West: l’Angleterre

L’exemple du marché libre anglais est riche d’enseignements. Sur le territoire, seules six entreprises se partagent le marché de l’électricité.

Les livres d’Economie plaideraient pour saine concurrence avec des tarifs qui tendent vers un optimum minimal. Il n’en est rien. La main invisible du marché est restée coincée au niveau du porte-monnaie.

Devant les hausses injustifiées et à répétition des tarifs, Theresa May a dû intervenir pour casser cette spirale et soutenir les ménages.

En effet, la marge moyenne de ces 6 acteurs atteint 39% et certains rétribuent leurs actionnaires à hauteur de 34,3% de leur chiffre d’affaires! Indécence.

Dans les territoires ainsi conquis et épurés, les BKW ont annoncé une baisse spectaculaire du rachat d’électricité aux propriétaires d’installations solaires en passant de 11 à 4 cts le kWh.

A Soleure, l’énergéticien AEK a été englouti par les BKW en 2016. Pour 2018, la hausse des prix de l’électricité, annoncée par AEK, détient le record Suisse.

 

Les Citoyens et Les Bons: Résister!

Le salut ne viendra certainement pas des politiques. Sur le modèle des assurances maladies, les élus les plus percutants privilégient le nid douillet d’un siège dans un conseil d’administration ou d’un mandat rémunéré sur un sujet quelconque.

Cependant, il reste encore des énergéticiens qui travaillent à la prospérité du tissu local et qui redistribuent la richesse dans leur région. Après une grave crise, les SIG (Services Industriels Genevois) ont su se relever et privilégier une nouvelle relation avec leurs clients mais également avec les entreprises locales, les villes et le Canton.

Dans ce bras de fer, les citoyens et les PME/PMI tiennent un rôle primordial: celui de résister!

Si le citoyen reste toujours captif pour l’achat de son électricité, il a le pouvoir de sélectionner les entreprises locales qui échappent encore à ces monstres. Les nouvelles constructions solaires, le stockage d’énergie, l’autoconsommation peuvent être donnés à des PME ou des Coopératives libres qui créent la véritable richesse et le tissu économique de la Suisse. Aussi petit qu’il soit, c’est ce grain de sable que redoutent les BKW et consorts.

Comme dans tout bon Western, à la fin c’est toujours le gentil qui gagne. Espérons que se soit également le cas dans ce nouveau Far West.

 

*Oligopole: un minimum de vendeurs face à une multitude d’acheteurs.

Si vous désirez reporter la reprise de votre entreprise par un géant de l’électricité, merci de me contacter.

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.

 

 

Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Dans cette revue:

– Trump: Restera, restera pas dans l’Accord sur le climat?
– Arabie Saoudite: des promesses d’achats pour 348 milliards $ aux USA
– OPEP: encore 9 mois de réduction de la production
– France: Le premier ministre, un ancien d’Areva
– Chine: Objectif 50 millions d’utilisateurs de vélos libres
– Danemark: Dong Energy propose un éolien sans subvention
– USA: Le dernier réacteur nucléaire de Three Mile Island va fermer


Suite à la rencontre de l’OPEP  et la tentative de faire remonter le baril, rien ne se passe. Le pétrole termine le mois à 51,84$ à Londres (51,73 avril) et 49.66$ à New York (49.33 avril).

L’uranium boude. Il redescend à 21.50$ (22.75$ avril).

Le thème de l’interro du mois est:  Si une nation ne produit pas assez d’énergie locale afin de supporter la demande de ces citoyens, alors elle doit mendier, acheter, échanger ou la voler à quelque part, ou faire face à son écroulement ou la famine jusqu’à ce que le nombre d’habitants atteigne un niveau durable. Loi fondamentale sur la survie nationale.

 

La France a un nouveau Président

Monde

Le monde attend la décision de Donald Trump: sortira ou sortira pas de l’Accord sur le Climat de Paris? Si les USA devaient se retirer, cela pourrait être une excellente nouvelle pour l’Europe et la Chine qui auraient l’occasion de profiler leurs entreprises dans le secteur des énergies du futur. Si les USA restent, les puissants lobbys du charbon, du pétrole et du gaz pèseront de toutes leurs forces sur le frein. A choisir, mieux vaut partir avec des gens motivés, les autres suivront.

Annuellement, la demande mondiale de pétrole est de 34 milliards de barils soit 5’400 milliards de litres ou 2 millions de piscines olympiques. Alors que le peak oil est tourné en dérision par certains, il n’y a pas besoin de faire plus de mathématique pour comprendre qu’à ce rythme, cette matière première s’épuise gentiment, mais sûrement.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables dénombre 9,8 millions d’emplois dans les énergies renouvelables à travers le monde en 2016 soit deux fois plus qu’en 2012 où l’on en comptait déjà 5 millions.

 

OPEP

Les pays membres ont décidé de reconduire pour 9 mois la réduction de production entamée en novembre. La baisse de 1,8 million b/j (barils/jours) durera jusqu’en mars 2018 et pour l’instant cette diminution est compensée par l’augmentation de la production américaine, de la Libye et du Nigeria.

La nouvelle aurait dû faire remonter les prix, mais comme “chat craint l’eau froide”, les investisseurs demandent pour voir.

Magnifique et hilarant dessin de Chappatte

Justement… les USA

Si les réalisateurs des séries West Wind ou de House of Card avaient décrit le Bronx qui règne à Washington, tout le monde aurait roulé les yeux. Là, on roule les yeux, mais ce n’est pas une série.

Après 100 jours à la présidence du pays, Donald Trump a réussi l’exploit de faire passer Georges W. Bush Junior pour un type intelligent. La grande crainte est de voir Mike Pence, l’actuel vice-président et futur Président, de faire passer Trump pour un gars brillant.

Durant le premier trimestre, la capacité des nouvelles éoliennes ont atteint 2’000 MW. Le Texas est le lieu de prédilection. L’éolien produit le 8% de l’électricité des USA.

Le pape François a réservé un geste fort pour les caméras lors de la visite du Président Trump au Vatican. Il a en effet offert à Donald Trump son encyclique Laudato Si’, «sur la sauvegarde de la maison commune», un texte marquant l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.
François a également demandé à Mélania: “qu’est-ce que vous lui donnez à manger”? Trop fort ce Pape !

En 30 ans, les USA ont importé 91,2 milliards de barils de pétrole de 80 pays différents dont le Canada qui tient la tête du palmarès avec 17,3 milliards de barils.

La consommation électrique du pays stagne. L’arrivée des LED, des appareils moins énergivores et la baisse de la production industrielle sont les principaux facteurs. De son côté la consommation pétrolière a diminué de 2,4% sur les 12 derniers mois.

Murray Energy va fermer l’une de ces centrale et mine à charbon ainsi que licencier 255 employés dans l’Illinois. Les prix du gaz font des ravages parmi le charbon.

Puis que l’on parle de fermeture. La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island fermera en 2019 selon son propriétaire l’entreprise Exelon. La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le coeur de son autre réacteur fondre partiellement le 28 mars 1979, emploie 675 personnes.  Le groupe exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis et fait face à des problèmes de rentabilité à cause du gaz de schiste et aux énergies renouvelables bien plus économiques.

Douze centrales nucléaires américaines ont fermé ces dernières années et il reste 99 réacteurs en activité. Le business du nucléaire réside dans son démantèlement.

 

France

La puissante industrie du nucléaire a réussi à placer une pièce maitresse au sein du Gouvernement. Édouard Philippe, le premier ministre, est un ancien employé d’Areva. Son activité principale était de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome  Il avait voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité.

Total pense qu’un tiers des voitures produites d’ici à 2030 seront électriques. La demande pour le pétrole devrait atteindre son pic en 2030.

Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demi plus important que celui des voitures neuves.

La Commission européenne autorise EDF à prendre le contrôle d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire, rebaptisée New NP, qui assure la conception et la fabrication des réacteurs français (EPR, Atmea), mais aussi la maintenance de plus de la moitié des centrales dans le monde. En pratique, l’Etat français a simplement transvasé les actifs d’une entité à une autre. Aucun concurrent ne s’est offusqué de la transaction tant les comptes d’Areva sont dans le rouge et que le géant français ne fait peur à plus personne.

Le président Macron a croisé le fer avec Trump. Il n’y avait tellement rien à dire sur cette rencontre que les médias se sont focalisés sur une poignée de main digne des bacs à sable quand on était gamin.

 

Chine

On dénombre 16,9 millions d’utilisateurs de vélos partagés en Chine, un chiffre qui devrait grimper à 50 millions d’ici à la fin de l’année. Le vélo regagne des parts de marché face aux voitures engluées dans les bouchons.

Les clowns de l’agence de notation Moody ont mis leur nez rouge avant de descendre le niveau de rating de la Chine de A1 à Aa3. Motif : la croissance chinoise est en baisse.

On parle beaucoup de l’OPEP pour la stabilisation des cours du pétrole, mais la Chine pourrait être le facteur le plus influent. Sur la croissance de la demande pétrolière mondiale de +1,3 million b/j cette année, la Chine gobe 400’000 barils/jour.

Avec une consommation de 12,3 millions b/j, le pays du milieu s’est lancé sur les traces des USA tandis que sa production interne ne fait que de chuter -500’000 b/j en 12 mois. La Chine aurait-elle atteint son peak oil?

Cependant, les problèmes de dettes pourraient pourrir la croissance du pays. A vrai dire, sans la consommation de la Chine, le marché pétrolier ne peut pas survivre.

 

Arabie Saoudite

Lors du World Economic Forum en janvier, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih avait annoncé que grâce aux coupes de l’OPEP et de la Russie, la situation serait sous contrôle d’ici à juin 2017. Visiblement, le grain sable dans la machine s’appelle pétrole de schiste américain.

Afin de résoudre les tensions militaires aux Moyen-Orient, Donald Trump a une solution : vendre pour 100 milliards $ d’armes à l’Arabie Saoudite. Rien que le dire, ça va déjà beaucoup mieux.

Le Royaume a déjà fortement puisé dans ses réserves financières pour survivre. Des coupes dans le budget sont effectuées pour freiner la tendance. Les promesses de dépenses de plus de 348 milliards $ faites à Trump tombent de nulle part et pourraient simplement être un effet de communication sans lendemain, le temps d’un tweet.

Europe

Allemagne

La ville de Stuttgart, cœur de l’automobile allemande et la ville la plus polluée du pays, a confirmé son intention de restreindre sous conditions et les jours de pics de pollution, l’accès au centre-ville à tous les véhicules diesel antérieurs à la norme Euro 6.

En campagne pour sa réélection, Angela Merkel se positionne comme la seule à pouvoir faire face à Trump. Du coup, elle en a rajouté des tonnes avec la main sur le coeur de l’Europe. Est-ce que cette stratégie de communication lui permettra de lui donner une victoire?

 

Suisse

L’industrie Hydroélectrique avait demandé des subsides sous prétexte d’une baisse du chiffre d’affaires. L’opacité de la comptabilité des acteurs de la branche ne permet pas de vérifier si effectivement les grands producteurs perdent de l’argent ou pas. Pour l’instant, le parlement a refusé cette aide ce qui a déclenché une nouvelle vague de larmes de certains politiciens très (trop) proche des milieux concernés.

Un sondage des banques souligne que 95% des Suisses font confiance à ces mêmes banques. Ils les estiment solides avec du personnel compétent et bien formé.
C’est plus qu’avant la crise de 2008 (juste avant qu’une des banques «solide» se fasse sauver par les impôts des mêmes gens qui ont été sondés…) Pas rancunier le Suisse quand même. Les amendes records du Crédit Suisse et de l’UBS pour tricheries ne semblent également pas perturber les helvètes.

Glencore compte 155’000 collaborateurs et a choisi de s’établir en Suisse. Bref, ce serait ballot de détruire la planète et de devoir, en plus, payer des impôts!
L’entreprise minière traite plus de 90 matières premières dont le cuivre, le cobalt, le charbon et le pétrole. Mais ce géant est sous le feu des critiques pour prendre des largesses au niveau environnemental, des violations des droits humains et sur la santé notamment dans ses mines en Colombie, en Argentine, au Pérou et en Bolivie. Son CEO, Ivan Glasenberg, écarte tout ça de la main avec un «Nous sommes une entreprise responsable et non des spéculateurs». Autant de sincérité de la part d’un personnage aussi éthique que Glasenberg est touchant !

 

Danemark

L’entreprise danoise Dong Energy vient de céder ses activités de production d’hydrocarbures au pétrochimiste suisse Ineos pour 1,16 milliard d’euros. Ainsi, le leader mondial de l’éolien offshore se désengage totalement des énergies fossiles.

Dong propose la réalisation de fermes d’éoliennes avec des systèmes de stockage sans demander des subsides et montre que cette énergie devient concurrentielle face au charbon et à toutes les énergies fossiles.

 

Russie

Moscou respecte la diminution de production suggérée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP) et a diminué de 300’790 barils sa production par rapport à octobre 11,247 millions b/j. La prouesse russe réside plus dans sa capacité à monter sa production à 11 millions b/j qu’à revenir à une production normale de 10,9 millions b/j.

Gazprom Neft souligne ses progrès dans le développement du champ pétrolier Novoportovskoye situé dans le cercle Arctique. Un peu plus de 35 millions de barils ont été produits avec 85 forages. On ne connait pas le prix de revient du baril.

 

Dessin Chappatte

Les Amériques

Les USA: Schiste

Le nombre de forages continue à augmenter : 885 (449 il y a une année).

La production pétrolière de schiste continue de croître aux USA. Si le Bassin Permien attire tous les investissements, les autres régions voient une déjà une diminution des quantités extraites et les entreprises ont du mal à s’adapter à la rapide chute de production des puits.

 

Venezuela

La pieuvre, Goldman Sachs, a acheté pour 2,8 milliards $ d’obligations de l’entreprise pétrolière nationale Petroleos de Venezuela SA. La Banque Centrale du pays a vendu ces obligations pour 865 millions $. Les fonds vautours américains sont de retour.

La résilience du président Maduro crée de plus en plus le chaos dans le pays. Les chiffres d’exportations pétrolières ne sont plus publiés.

La National Oil Company n’arrive plus à acheter les diluants et produits chimiques qui permettent de liquéfier le pétrole très lourd du pays pour le transporter jusque dans les terminaux pétroliers.

La Russie a commencé à livrer du pétrole à Cuba pour remplacer les livraisons qui n’arrivent plus depuis le Venezuela.

De 1960 à 1989, Cuba recevait l’essentiel de son or noir de la Russie. Depuis Caracas et la Havane avaient trouvé un accord de troc médecins/pétrole. Dans la situation actuelle, Caracas n’arrive plus à honorer son accord.
De son côté, les USA exportent des quantités records vers les Caraïbes ce qui suggère que les pays qui importaient le crude vénézuélien ont quelques problèmes de livraisons.

 

Brésil

Ca sent de plus en plus le roussi pour le Président actuel qui pourrait devoir démissionner pour de sombres histoires de corruption.

La Chine s’intéresse de plus en plus au pétrole situé aux larges des côtes du Brésil.

 

Fonte du Glacier Larsen C dans l’Antarctique

Asie

Inde

Comme la grande majorité des pays, l’Inde ne va pas atteindre ses objectifs de réduction de CO2. Il y a deux ans le ministre de l’environnement avait introduit des niveaux de pollutions limites pour les centrales à charbon qui génèrent presque 80% de l’électricité du pays.

Ce mois, le ministre de l’énergie, Piyush Goyal, a annoncé que les 132 centrales à charbon, à 75% la propriété du gouvernement, n’atteindront pas ces limites et que pour l’instant rien n’a été fait. Motif: ce n’est pas à nous à faire des efforts, mais aux pays riches! On perçoit toute l’énergie positive dégagée par ce point de vue.

Par personne, l’Inde émet 1,59 tonne de CO2, 7,55 tonnes pour les chinois et 16,39 tonnes pour les fans de Trump.

 

Malaisie

Pour se conformer aux coupes de l’OPEP, la Malaisie stocke son pétrole dans une douzaine de tankers pétroliers au large de ses côtes.

Avec le prolongement de la diminution des quotas, l’équation semble détenir plusieurs inconnues.

 

Kazakhstan

Le pays pourrait produire 250’000 b/j de plus en développant de nouveaux forages d’ici à 2022. Le gisement de Kashagan, qui aura coûté la bagatelle de 50 milliards $, propulse actuellement la production du pays à 370’000 b/j.

 

Nouvelle publicité de Donald Trump: 100 jours

Moyen Orient

Iran

Les élections ont confirmé le président Hassan Rohani avec une majorité de 58% contre 37% pour son opposant un peu plus extrême.

Depuis la levée des sanctions, l’Iran a augmenté de 34% ses ventes de pétrole. Cependant une part de cette hausse provient de la vente de barils stockés sur des tankers durant les années de vaches maigres. Aujourd’hui, l’Iran n’a plus que sa production quotidienne à vendre et il semble que ses vieux forages trainent les pieds. Pour des raisons techniques, l’Iran ne devrait pas avoir de peine à limiter la production comme le demande l’OPEP.

Le ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, annonce la mise aux enchères des gisements d’Azadegan, à la frontière avec l’Irak. Il pourrait être les plus juteux du pays. L’Iran espère attirer des investisseurs étrangers ainsi que des majors pour tenter de faire remonter la production et faire entrer des devises. Cependant, l’utilisation du dollar et la peur des banques européennes de faire du business avec l’Iran bloquent les ardeurs de chacun même si Dubaï permet de contourner les restrictions américaines.

 

Irak

Les norvégiens de DNO désirent doubler leurs activités pétrolières dans le nord du pays dans le territoire Kurde.

De nouvelles explosions ont fait de nombreux morts à Bagdad alors que la ville de Mossoul est toujours dans les mains de l’Etat Islamique.

La Dette, une explication de la Barbe

Afrique

Nigeria

Le gouvernement vient de fêter 3 mois sans exposition et sabotage des installations pétrolières par les milices. Il semble que la taille et le contenu des petites enveloppes soient suffisants pour maintenir la trêve. Le Nigeria pourrait augmenter ses exportations si la situation perdure.

Pour la deuxième fois, le pays a réussi à échapper aux quotas de l’OPEP afin de limiter la production du pays.

 

Phrases du mois

Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. Mayer Amschel Rotchschild, Le fondateur de la Banque Rotchschild

In the Energy sector, optimism is more important than facts. And, it’s essential for attracting investors. Alice Friedmann

The US will shoot itself in the foot if it quits the Paris climate accord because China, India and Europe will snap up the best power sector jobs in future, U.N. Environment chief Erik Solheim

On vous retrouve à la même place, même heure le mois prochain!

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !