Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Février 2021

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: Le prince héritier balancé par la CIA sur le meurte du journaliste Jamal Ahmad Khashoggi
– Inde: La consommation d’énergie en forte hausse et le PIB va doubler d’ici à 2040
– Danemark: Construction d’une île géante pour dispatcher les énergies
– France: Total change de nom et il va falloir trouver € 100 milliards pour les centrales nucléaires
– Italie: Snam se lance dans la production et le transport d’hydrogène
– Brésil: Jair Bolsonaro a licencié le PDG de l’entreprise pétrolière nationale
– Corée du Sud: Hyundai procède au plus grand rappel de batteries électriques de l’histoire
– Nigeria: La plus grande raffinerie pétrolière d’Afrique arrive.


Le pétrole est en pleine forme. Il est remonté comme un bouchon de liège alors que le corona force à une activité réduite dans de nombreux pays et que les avions hibernent. Après avoir dépassé les 65$, il s’est calmé pour terminer le mois à 64,42$ (55,04$ fin janvier) à Londres et à $61.50 à New York ($52.14 fin janvier).

Cette version est écourtée. Vous retrouvez, l’entier de la revue mensuelle sur 2000Watts.org.

 

 Graphique du mois
Le baril de pétrole remonte à +$65

 

Pétrole

Rystad Energy pense que le coronavirus a créé une nouvelle réalité pétrolière dans le monde. Entre 2025 et 2028, le peak oil sera atteint à des niveaux plus bas que ceux estimés auparavant.

Le nombre de nouveaux gisements, afin de remplacer ceux qui s’épuisent, est au plus bas depuis 70 ans.

ExxonMobil, BP, Shell, Chevron et Total ont combiné une perte de 76 milliards $ en 2020 dont 69 concerne une dépréciation de la valeur des gisements et des actifs. Du côté des rendements des forages, en moyenne, ils ont diminué de 5% sur une année (-1 million b/j) soit dans la moyenne de l’épuisement global.

A lire : Le périlleux avenir des compagnies pétrolières ainsi que les résultats des majors pétrolières.

 

Finance

La dette perpétuelle est une taxe perpétuelle. A lire cet excellent article de Didier Maurin.

Deux mots qui reviennent avec insistance: Le “stimulus” économique américain avec $ 1’900 milliards et la peur de “l’inflation” avec les milliers de milliards expédiés sur le marché par les Banques Centrales.

Deuxième fonds d’investissement derrière BlackRock, Vanguard a investi $ 86 milliards dans le charbon. C’est le record mondial. Jusque-là, tout est normal. La partie rigolote vient ici. Vanguard a fait la promesse de soutenir les accords de Paris sur le climat.

 

 

Climat

Les USA vont revenir dans l’accord de Paris sur le climat. On ne va pas dire que cet accord ait une portée stratosphérique, mais il permet de renouer un dialogue entre les USA et la Chine.

 

Mobilité

Dans les mois qui viennent, l’Europe va voir arriver une déferlante de voitures «made in China» alors que les marques sont françaises ou allemandes. Ainsi les voitures électriques Smart, Dacia Spring, BMW IX3, VW ID3 ou les voitures Volvo (propriété du chinois Geely) seront fabriquées en Chine. Exportées en Europe, elles bénéficieront d’un taux douanier réduit à 10%. Corolaire à ce changement, de très nombreux emplois sont exportés en Chine.

 

Eolien

Dans le monde, les installations d’éoliennes offshores ont augmenté de 15% en 2020 à 32 GW. La Chine représente le 39%, devant la Hollande 18% et l’Angleterre à 17%.

 

Gaz naturel

Depuis 3 décennies, dans le gisement gazier de Madison au Wyoming, USA, ExxonMobil extrait du gaz naturel, de l’hélium et du CO2. Exxon sépare le gaz ainsi que l’hélium et relâche le reste CO2 et Méthane dans l’atmosphère. Le CO2 relâché représente 300’000 voitures par année.

Le satellite GHGSat est maintenant capable de mesurer précisément les fuites de méthane dans les gisements de gaz naturel. Durant le dernier trimestre 2020, il en a détecté plusieurs centaines. Du coup et notamment en Europe, cette problématique devient de plus en plus difficile à cacher pour les gaziers.

Des fuites dans 8 forages de gaz naturel du Turkmenistan ont relâché pendant plusieurs jours, 10’000 kg par heure de méthane, puissant gaz à effet de serre. Voir image ci-dessous prise par le satellite GHGSat.

 

Au top du Hit Parade de ce mois

Un trio improbable: Inde, Arabie Saoudite et France.

Arabie Saoudite

Il n’était pas prévu de mettre l’Arabie Saoudite au sommet du hit parade de ce mois. Mais la CIA a diffusé un document qui confirme que le prince héritier, MbS, a bien décidé d’assassiner le journaliste Jamal Kashoggi. Tout pointait vers le prince mais sans aucune confirmation officielle. Pourquoi les USA viennent de dévoiler ce fait alors que c’est le Bronx au Moyen-Orient? Du coup, Joe Biden annonce vouloir traiter directement avec le Roi bin Salman en lieu et place du Prince Héritier. Depuis plus de 50 ans, Washington protège militairement Ryad. Avec la pénurie de pétrole annoncée aux USA, quel sera le rôle de l’Arabie Saoudite dans les plans américains ?

Les réserves stratégiques pétrolières de l’Arabie ont fondu de 143 à 140 millions de barils, au plus bas depuis 2002. Le pays puise dans ses réserves pour satisfaire ses clients tout en diminuant ses extractions afin de satisfaire les quotas de l’OPEP. Le pays a ainsi exporté 6,49 millions b/j. En avril 2020, il en exportait 10,2.

Afin de financer son budget, le royaume va continuer de vendre, par morceaux, son entreprise nationale pétrolière Saudi Aramco. Il est préférable de la vendre maintenant au lieu d’attendre que le pétrole soit passé de mode.

Au Yémen, les Houthis ont lancé 15 drones et un missile en direction de Ryad. Ils ont été interceptés et détruits. Les Houthis montrent leurs muscles afin d’embarquer les USA dans des négociations et de faire cesser cette guerre.

Le Sheikh Ahmed Zaki Yamani (91 ans), ministre du pétrole durant la crise de 1973, est décédé à Londres. Il avait été à la tête du pétrole de l’Arabie Saoudite pendant 24 ans et à l’origine du premier choc pétrolier en 1973.

A Neom, la nouvelle ville ou folie du royaume (c’est selon), l’US chemical company Air Products & Chemicals et l’ACWA Power d’Arabie Saoudite vont investir $ 5 milliards afin de réaliser la plus grande unité d’hydrogène verte au monde. Deux milliards supplémentaires sont prévus dans le réseau de distribution pour les véhicules et les bus. Située au bord de la Mer Rouge, l’éolien et le solaire serviront à produire l’hydrogène.

 

Inde

D’ici à 2040, l’Agence Internationale de l’Energie prévoit que l’Inde va générer la plus forte augmentation de la demande d’énergies dans le monde et cela devant la Chine. La consommation d’énergies et son PIB devraient doubler et quand vous avez 1,4 milliard d’habitants, l’impact est important. Le PIB pourrait grimper à 8’600 milliards $ d’ici à 2040.

En Inde, la consommation de charbon pourrait avoir touché son pic en 2018. Suite à la baisse de 2020, les énergies renouvelables et le nucléaire devraient prendre le relais.

Les paysans s’opposent toujours à la main mise des multinationales sur les produits agricoles. Depuis deux mois, des dizaines de milliers d’agriculteurs bloquent les routes de la capitale New Delhi. Un peu à la manière Macron, les fermiers sont sèchement traités par les policiers et internet a été coupé dans certains endroits pour éviter les rassemblements. Plus de 58% des indiens travaillent dans l’agriculture et sont directement menacés par l’appétit des multinationales Suisses, Européennes et Américaines.

 

La chute d’un glacier a créé une énorme vague qui a tué plus d’une centaine de personnes.

 

France

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, pense que le domaine des énergies renouvelables est dans une bulle financière avec des valeurs folles. Alors qu’il tente de faire survivre son entreprise pétrolière et gazière, Total se lance dans la production, le stockage et la distribution d’électricité. L’arrivée tardive de Total dans les énergies vertes fait qu’il ne reste sur le marché que des achats onéreux. Une prime aux retardataires en quelque sorte.

Pour marquer sa transition, Total change de nom en TotalEnergies.

La durée de vie de certaines centrales nucléaires françaises étaient initialement prévues entre 30 et 40 ans. Arrivant en bout de course et sans aucun plan B, l’autorité de sûreté nucléaire n’a pas eu d’autre choix que de prolonger la durée de vie à 50 ans pour 32 réacteurs de 900 MW. Il y a quand même une condition: ils doivent être mis à jour. La France fait l’expérience d’avoir mis tous ses œufs dans le même panier. Par ailleurs, la mise à jour est estimée à € 100 milliards. On espère juste que l’Etat soit capable d’allonger ces subventions afin d’éviter une catastrophe.

L’Agence Internationale de l’Energie a publié un rapport sur le futur électrique de la France. Il est possible de sortir à 100% du nucléaire d’ici à 2060. A vrai dire avec une douloureuse de € 100 milliards sur les bras et les mines d’uranium qui s’épuisent au Niger, tenir jusqu’en 2060 fait office de prouesse.

Le groupe Suez a rejeté l’offre d’achat de son concurrent Veolia. Veolia a acheté 29,9% des actions de Suez via Engie et cherche à prendre le contrôle de son concurrent avec la création d’un monopole de l’eau. Il n’y a pas pire perspective que de voir une “World Compagnie” s’approprier l’eau. De plus, il est étrange que des entreprises d’un même pays se cannibalisent avec la perspective de licencier des milliers d’employés après la pandémie.

Le groupe énergétique Engie annonce une perte de € 1,5 milliards en 2020 après avoir essuyé une ardoise de € 2,9 milliards pour sa centrale nucléaire en Belgique. La Belgique va sortir du nucléaire en 2025. Durant l’année, Engie en a également profité pour vendre sa division eau à Suez pour 3,4 milliards.

En 2020, la consommation d’électricité renouvelable s’est élevée à 26,9% soit 120,7 TWh. L’éolien (+17%), l’hydraulique (+9,3%) et le solaire (+ 820 MW). La part du nucléaire se monte à 70%.

La région Val de Loire étudie la possibilité d’utiliser des trains à hydrogène d’Alstom. Ces trains roulent déjà en Allemagne. La France étudie également sa stratégie TGV et le besoin d’avoir des trains plus locaux.

 

Depuis le début de l’année, les Tweets d’Elon Musk influencent la bourse et les prix du Bitcoin.
L’histoire ne dit pas si Elon achète des actions avant de publier ses tweets
et d’influencer à la hausse les cours.

 

Les Amériques

USA

Il aura quand même fallu attendre plus d’un mois pour voir un président démocrate américain bombarder un autre pays. L’honneur est sauf et comme dit Joe Biden “America is back”. Ainsi, un avion US a bombardé une cible iranienne en Syrie. En gros, Biden a profité de l’occasion pour venger un Américain qui a été tué par un tir de roquette en Irak il y a trois semaines. Visiblement il devait super-bien le connaître pour envoyer l’Air Force le venger, à moins que cela ne soit qu’un préliminaire pour reprendre des négociations testostéronées avec l’Iran. Il est vrai qu’avec un pétrole de schiste américain en ruine et après avoir laissé la Chine récolter le pétrole irakien, les USA pourraient avoir besoin du pétrole iranien au futur.

Un stimulus économique de $ 1’900 milliards est en passe d’être accepté et si tout va bien durant le mois de mars.

Plus de 4 millions de texans ont eu droit à des coupures d’électricité, suite à une vague de froid qui a fait 30 morts. Le réseau électrique a gelé. Dans l’Etat, les entreprises électriques sont privées. Pour des raisons de profitabilité, elles n’ont pas préparé leurs réseaux pour des hivers rigoureux. La production de 30GW à base de nucléaire, charbon et gaz et 16GW d’éolien est tombé en panne tout comme le réseau d’eau potable. Le plus effrayant réside dans les variations de température. De -20 degrés, les températures sont remontées à +25 en deux jours.

Le producteur d’électricité Vistra pensait avoir touché le jackpot. Durant la crise électrique du Texas, les prix sont passés de 12 ct le kWh à 9 dollars ! Contrairement à l’Europe, les prix de l’électricité pour le consommateur varient jour après jour. Cependant à cours de gaz et dans l’incapacité d’utiliser le charbon gelé, le producteur n’a pas réussi à produire assez d’électricité.

L’énergie éolienne devrait tourner à plein régime sous la houlette de la nouvelle administration. Les USA ne possèdent que 2 fermes d’éoliennes en mer contre 113 en Europe (25 GW) .

Selon le Wall Street Journal, ExxonMobil et Chevron, les deux plus grands pétroliers-gaziers des USA ont des idées de fusion.

Apple a discuté avec Hyundai pour la construction d’une voiture autonome électrique. Comme avec Kia, c’est tombé à l’eau. Rebelote entre Apple et Nissan. Les discussions ont échoué sur le nom de la marque. Apple voulait une voiture nommée Apple, reléguant le rôle de Nissan dans celui de livreur d’un véhicule à 4 roues.

Elon Musk a envoyé une nouvelle chaîne de 60 satellites afin de baigner la planète dans le wifi. Il ambitionne d’installer plus de 60’000 de ces engins qui permettront d’avoir du wifi et de remplacer les étoiles. Il est intéressant que personne ne s’offusque d’un pareil projet de la part d’un mégalo.

 

Brésil

Roberto Castello Blanco, PDG de l’entreprise pétrolière nationale Petrobras, a été licencié par le président Jair Bolsonaro. La cause avancée est la hausse des prix de l’essence alors que le baril est remonté à 65$. Pour le remplacer, le Général Joaquim Silva e Luna est arrivé. Le brave militaire n’a bien entendu aucune expérience dans le pétrole et le gaz même s’il gère actuellement le barrage d’Itaipu. En réalité, son expérience se résume à être un pote du président. A la bourse, Petrobras a perdu 20% suite à l’annonce.

Historiquement, Petrobras est utilisé à des fins de corruption pour la classe politique, dont la dernière présidente Dilma Rousseff, fut un excellent exemple.  Bolsonaro veut également changer le PDG de l’entreprise électrique Electrobras.

La perspective des élections de 2022 pousse Bolsonaro à aller dans la direction du puissant syndicat des chauffeurs de poids lourds. Ces derniers sont fâchés de la hausse des prix de l’essence.

 

Canada

Avec 40 millions $, BP et Chevron investissent dans le canadien Eavor spécialisée dans l’énergie géothermale.

 

Venezuela

Joe Biden pourrait relâcher l’embargo sur Caracas et débuter une approche plus diplomatique. L’agriculture, les transports publics et la production d’électricité dépendent du diesel.

Par le passé, le pays échangeait son pétrole brut contre des carburants.

 

Mexique

Pour la première fois en 15 ans, la compagnie pétrolière nationale, PEMEX, a produit plus de pétrole d’une année à l’autre. Cependant, il y a un petit détail. Cette performance est due grâce à la nouvelle manière de compter les barils et d’y inclure le pétrole condensé. Sans ce tour de passe-passe, la production de Pemex aurait diminué de 1% à 1,66 million b/j.

 

Argentine

Les gisements de schiste de la Vaca Muerta ont repris à un niveau record de 120’000 b/j.

Le Chili pourrait remettre en service le pipeline Trans-Andain (TAP) entre Neuquen, Argentine et Concepcion, Chili. Le pipeline avait été arrêté en 2006.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

 

Angleterre

L’Américain ExxonMobil se retire de ses gisements en Mer du Nord et va vendre ses actifs au fonds d’investissement norvégien HitecVision pour 1 milliards $.

De plus en plus d’acteurs sont en train de vendre leurs actifs dans la Mer du Nord. En 2019 ConocoPhillips a réalisé une vente pour 2,7 milliards $ et Chevron a vendu ses actifs à l’Israélien Delek Group.

 

Espagne

Le groupe électrique Iberola a soumis 150 projets d’éoliennes, solaires et d’hydrogène vert et recherche un financement Européen pour un montant de 21 milliards dans le programme de € 750 milliards mis sur la table par la Commission Européenne.

 

Italie

L’italien Snam s’est associé à Baker Hughes afin de développer une turbine qui compressera l’hydrogène afin de l’envoyer dans les pipelines opérés par l’entreprise. Snam espère pouvoir transporter l’hydrogène facilement et d’utiliser son réseau existant, qui est le deuxième plus grand en Europe après les réseaux russes. L’entreprise lorgne également sur l’Afrique afin de générer de l’hydrogène vert à des coûts de $ 0,80/kg d’ici à 2040. Un prix de $ 2 est nécessaire pour concurrencer l’essence.

Mario Draghi a été nommé à la tête de l’Italie. Pour mémoire, super Mario, fier représentant de Goldman Sachs, avait trafiqué les chiffres de la Grèce avant qu’elle ne s’effondre. Pour le féliciter, il a ensuite été promu à la tête de la Banque Européenne. Son arrivée en Italie coïncide avec les 200 milliards € que l’Europe va verser au pays pour se redresser. Super Mario a donc la tâche que tout cet argent ne finisse pas dans les paniers de la mafia.

 

Danemark

Le pays va construire une ile artificielle dans la Mer du Nord. Devisé à $ 34 milliards, elle servira à collecter et dispatcher l’électricité des éoliennes dans plusieurs pays voisins.

Le constructeur d’éoliennes, Vestas va produire une éolienne offshore d’une hauteur de 260 mètres pour 15 MW. Les pales mesurent 115 m de long. Siemens Gamesa et General Electric ne sont pas très loin. Il y a 6 ans une éolienne de 8 MW était une prouesse.

Toujours dans la maison Vestas. Elle va investir dans des éoliennes en bois fabriqué par la start-up Modvion AB.

 

Les éoliennes en bois de Modvion

 

Russie

Le bras de fer continue entre les USA-Allemagne-Russie au sujet du gazoduc Nordstream 2. Les travaux ont recommencé le 6 février, sans une intervention américaine. Le gazoduc, qui relie directement l’Allemagne et la Russie, pourrait être mis en service en 2022 ou d’ici à la fin de cette année.

Le taux de réussite du vaccin Sputnik V s’élève à 91%. Sous embargo américain, l’Iran en a immédiatement profité. L’Iran a également acheté les vaccins de la Chine et de l’Inde.

A l’inverse des pétroliers privés, le pétrolier Rosneft a réalisé un bénéfice de $ 2,2 milliards en 2020 et a profité des bas coûts de production des gisements russes.

La hausse des prix du gaz, à $ 6,8 par million de Btu pourrait signifier une opportunité pour Gazprom de vendre plus de gaz à l’Europe. Cependant, l’entreprise russe utilise une stratégie opposée. Depuis janvier, les volumes livrés ont diminué de 30% à 130 millions m3 par jour (soit 280 millions kg de CO2)

 

Allemagne

Siemens a dévoilé ses nouveaux trains de nuits dont 33 rames ont été commandées par la compagnie ferroviaire autrichienne OBB. Ces rames seront mises en service en 2022 en Allemagne et Autriche.

 

Suisse

Alors que de nombreux pays s’activent dans la transition énergétique, la Suisse continue à ne rien faire. Tout est suspendu jusqu’à la votation sur la loi sur le CO2, qui passera devant le peuple en juin 2021. La Suisse est déclassée dans les énergies renouvelables et a totalement manqué le virage de l’hydrogène.

Où se trouvent les pionniers et les visionnaires qui ont façonné l’Helvétie ? Quels sont les grands projets menés par le Gouvernement ?  Ce dernier rechigne même à garantir la sécurité des données et du passeport digital de ses citoyens et propose que Google, Amazon et le chinois Huawei le fasse à sa place.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

Pékin va ajouter 140 GW d’énergies renouvelables en 2021. En 2020, le compteur indiquait +191 GW dont 133 (hydro, solaire, éolienne). Le solaire, 65 GW représente le tiers des installations à travers le monde.

Avec 10,04 millions d’enfants, le nombre de naissances a diminué de 15% en 2020.

Pékin va lancer sa propre monnaie digitale le e-yuan. Cela permettra de surveiller encore plus étroitement les citoyens. Ce système pourrait servir de modèle au niveau mondial.

Le gouvernement a réalisé une étude sur l’impact d’une limitation des exportations des terres rares aux USA. Elles permettent la fabrication des panneaux solaires, des éoliennes mais également de l’armement. Ainsi il faut 417 kg de terres rares dans un avion de chasse F-35. La Chine contrôle le 80% des terres rares.

 

Corée du Sud

Le constructeur Hyundai procède à un rappel pour remplacer 82’00 batteries de ses voitures électriques Kona et Ioniq. Les batteries du chinois LG Chem ont une fâcheuse tendance à prendre feu. Total de l’ardoise : 900 millions $ ce qui est pour l’instant un record du monde.

Apple était entré en contact avec Kia et Hyundai pour développer une voiture électrique et autonome. Les négociations ont échoué à cause du nom de la voiture. Apple voulait tirer la pomme à elle.

Dans son Green Deal, la Corée investit 43 milliards $ pour construire la plus grande ferme éolienne dans le monde qui se terminera en 2030.

 

Australie

Le pays est un solide leader dans l’énergie solaire et le stockage d’électricité. Ainsi, l’Australie planifie une batterie géante de 1’200 MW, soit trois fois la taille de l’actuelle championne du monde installée en Californie.

 

John Kerry, représentant du Climat pour Joe Biden, possède un jet privé.
Il s’est rendu à une réunion sur le climat en Europe avec son jet.

 

Moyen-Orient

Iran

Les USA et l’Iran pourraient retourner à la table des négociations sur le nucléaire. Pour ne pas vexer les Européens, le Secrétaire d’Etat Blinken a joliment tourné la formule : Les USA accepteraient “une invitation de l’Europe pour discuter de manière diplomatique sur le programme nucléaire iranien“. En réalité, seules les discussions entre Washington et Téhéran comptent.

Téhéran a annoncé que le programme nucléaire serait mis sur le mode pause dès que les USA lèveront les sanctions.

 

Irak

Le gouvernement doit approuver l’accord pétrolier avec le chinois Zhenhua Oil Co. Dans cet accord de 5 ans, l’entreprise chinoise payera 2 milliards à l’avance pour une livraison de 4 millions de barils par mois.

 

Les prévisions de production pétrolière des grandes majors Total, Chevron, Shell, BP, Exxon
avant le covid et après le covid

 

Afrique

Alors que les constructeurs se focalisent sur les voitures électriques, certains pays africains font face à un problème de fourniture d’électricité de manière continue et à des prix concurrentiels. Vont-ils passer directement à l’hydrogène ?

 

Nigeria

Pour $ 15 milliards, la raffinerie de Dangote et le centre pétrochimique en construction à Lagos Lekki Free Trade Zone devrait être mise en service en décembre. Elle sera la plus grande raffinerie en Afrique. Actuellement le Nigeria exporte son pétrole brut et importe de l’essence.

 

 

 

Phrases du mois

Nous pourrions manquer de pétrole avant que nous n’en n’ayons plus besoins.” Christyan Malek, JPMorgan, chef pétrole et gaz

L’industrie pétrolière et gazière est en phase terminale. Peut-être que ce chat mort peut rebondir une ou deux fois, mais est-ce que cela sera un super cycle comme entre 2005 et 2008 ?” Andy Hall

Les prévisions largement pensées ne se réalisent jamais.”  Keynes

Quand vous partez de zéro, quand vous devez générer des millions d’emplois dans l’économie pour mettre les États-Unis sur une base économique plus stable, vous devriez penser à là où vous voulez aller, pas là où nous étions. Ne recréons pas notre économie basée sur les combustibles fossiles qui, nous le savons, est en train de créer la crise climatique qui nous attend. Commençons par investir dans les énergies propres.”  Gina McCarthy  Conseillère climatique de Joe Biden.

Il n’y a aucun scénario où le pétrole et le gaz disparaissent.” Lorenzo Simonelli, CEO Baker Hughes

 

Cette revue s’appuie sur les sources de: Tom Whipple et Steve Andrews d’ASPO USA de Resilience.org, l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch,  et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde comme FT.com, Bloomberg, RT Russia, NHK, etc.

Cette version est écourtée. Vous retrouvez, l’entier de la revue mensuelle sur 2000Watts.org.

 

Les Entreprises pétrolières publient des pertes abyssales

L’année 2020 aura été une année particulière dans la fabuleuse histoire du pétrole et du gaz. Est-ce un tournant?

Si le pétrole avait débuté l’année à plus de 60$ le baril, il est ensuite passé dans un cycle de montagnes russes entre moins 37$ (oui -37!) pour ensuite remonter à 40.

Les plus grandes majors pétrolières sont souvent perçues comme riche à millions. Dans la réalité, les entreprises privées, cumulent plus de $ 250 milliards de dettes. Leurs pertes se chiffrent en milliards.


Dans les mois/années à venir, il est fort possible que nous assistions à des fusions, pour autant que les gouvernements acceptent que leur fleuron énergétique passe dans des mains étrangères.

Alors que les chiffres 2020 viennent d’être publiés, faisons le tour des amércains ExxonMobil, Chevron, ConoccoPhillips, de l’anglais BP, du hollandais Shell et du français Total.

Leurs espoirs reposent sur une augmentation des prix du baril et du gaz. Ca tombe bien, le pétrole est passé sur les 60$ à Londres.

 

ExxonMobil

Le plus grand pétrolier américain, ExxonMobil, poste une perte de $ 22,4 milliards pour l’année 2020. En comparaison, le bénéfice de 2019 culminait à $ 14 milliards.

Sans rire, Darren Woods, son PDG, pense que «l’année dernière fut le marché le plus difficile que son entreprise a eu à faire face.» Les ventes ont diminué à 182 milliards $ au plus bas depuis 2002 (260 milliards en 2019).

Même si la major c’est pris un bouillon, le dividende de $ 0,87 par action est maintenu tout en licenciant 1’900 employés. Dans les bruits de couloir, il se dit qu’Exxon pourrait racheter le No 2 américain: Chevron.

La dette d’ExxonMobil culmine à $ 67.6 milliards.

 

Chevron

Le No2 américain, Chevron, a perdu 5,5 milliards en 2020 contre un bénéfice de 2,9 milliards en 2019.

Son chiffre d’affaires est passé sous les 100 à $ 94,7 milliards.

Comme ses confrères, après avoir licencié plus de 10’000 collaborateurs, les dividendes sont maintenus à $ 1,29 par action.

L’américain va réduire ses investissements et ses explorations à 14 milliards soit 7 de moins qu’en 2019.

Bien que l’année fut difficile, Chevron a acheté le pétrolier et gazier de schiste Noble Energy pour la modique somme de 13 milliards $. Ce mouvement annonce une possible consolidation du marché pétrolier et gazier.  Chevron pourrait également se faire avaler par ExxonMobil à moins qu’elle ne rachète Exxon.

La dette de Chevron pointe à $ 34,8 milliards.

 

ConoccoPhillips

ConocoPhillips, le No3 américain, a annoncé une perte de $2,7 milliards pour 2020 contre un bénéfice de 7,2 (tiens un palindrome chiffré avec son bénéfice) en 2019.

La dette de l’entreprise est minuscule, en comparaison avec les autres, seulement 13,4 milliards $.

Elle pourrait être une proie pour les autres pétroliers, à moins qu’une fusion lui permette de mutualiser ses coûts et augmenter sa rentabilité. En tout cas, c’est ce qui ce dit quand on fusionne!

 

Royal Dutch Shell

Shell tient la palme de la plus belle gamelle avec $ 19,9 milliards de pertes sur 2020. Alors que la culbute est énorme, l’entreprise en a profité pour augmenter ses dividendes de 4% avec 17,35 centimes par action, afin de pouvoir compter sur les investisseurs. Qui dit dividende et pas d’argent, dit licenciement. Dans ce cas, c’est 9’000 employés qui ont quitté Shell.

L’entreprise a également effacé pour $ 20 milliards d’actifs de son bilan et dévalué la valeur de ses gisements.

En 2019, Shell avait réalisé un bénéfice de $ 15,3 milliards. Son PDG, Ben Van Beurden annonce “avoir pris des décisions difficiles mais décisives dans une année extraordinaire.”

La dette de l’entreprise s’élève à $ 75,4 milliards.

 

BP

Pour la première fois en 10 ans et après la marée noire de DeepWater Horizon, l’anglais BP présente une perte de 5,7 milliards $ contre un bénéfice de 10 milliards en 2019.

Bernard Looney, son boss, pense “que le 4ème trimestre a été aussi difficile que toute l’année 2020.”

L’entreprise a supprimé plus de 10’000 emplois afin de maintenir des dividendes de $ 5,25 centimes par action.

Dans sa liste au Père-Noël, BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs et de champs pétroliers et gaziers durant les 4 prochaines années. L’objectif est de trouver des fonds pour payer ses investissements dans les énergies vertes et continuer ses dividendes.

La dette de l’entreprise s’élève à 39 milliards $.

 

Total

En 2020, Total accuse une perte nette record de $ 7,2 milliards contre un bénéfice de $ 11,2 milliards en 2019 et continue de payer un dividende de € 0,66 par action.

Le groupe, qui veut changer de nom en TotalEnergies pour mieux refléter la transition énergétique.

“L’année 2020 a connu deux crises majeures: celle de la pandémie de la Covid 19 qui a fortement affecté la demande mondiale, et celle du pétrole qui a conduit les prix du Brent à un niveau inférieur à 20 dollars par baril au cours du deuxième trimestre”, selon le PDG Patrick Pouyanné.

Les résultats nets sont également plombés par les dépréciations d’actifs de $ 8,1 milliards, dont 7 milliards sur les sables bitumineux au Canada.

Du côté de l’emploi, l’entreprise s’est séparé de 700 employés, ce qui est bien moindre que ses concurrents.

La production d’hydrocarbures se monte à 2,8 millions de barils par jour -9% sur un an.

La dette nette de Total s’établit à 37,13 milliards.

 

 

 

 

Face à Washington, rocambolesque pirouette allemande pour du gaz russe

Les américains auront tout fait pour bloquer les prochaines livraisons de gaz russe à l’Allemagne via la construction du deuxième gazoduc Nord Stream 2. Cette intrusion américaine dans les affaires européennes a pour but de diminuer les livraisons de gaz russe pour les remplacer par du gaz de schiste ou du gaz liquide “made in USA”.

Pour contourner les sanctions américaines, il a aura fallu trouver une faille. C’est exactement là où on n’entendait pas la contre-offensive que l’offensive arriva. Pour ce faire, l’Allemagne a créé une fondation sur le climat dont le but est d’aider à terminer la construction de ce gazoduc !


 

C’est ainsi que le «Fonds de Protection pour le Climat du lander de la Mecklembourg-Poméranie occidentale» a vu le jour avec un financement de 200’000€ par le lander Allemand et 20 millions € par le consortium Nord Stream 2 et Gazprom.

Les américains n’avaient pas imaginé la possibilité d’une pareille pirouette.

Ainsi, la fondation nouvellement créée a pour buts de promouvoir des projets de protection de l’environnement, de la nature et du climat, mais aussi de pouvoir être active sur le plan commercial et donc de financer les entreprises qui vont terminer la construction du Nord Stream 2. Le parti d’Angela Merkel a voté pour cette création, avec en arrière plan, la protection des entreprises allemandes face aux intrusions américaines.

 

Rapidement terminer le gazoduc

Il reste à terminer la pose de deux tronçons, 120 km dans les eaux du Danemark et 28 dans les eaux territoriales allemandes. En 2019, l’entreprise Allseas, basée en Suisse, avait arrêté la pose des tuyaux sous la pression américaine.  A la place, le navire russe de pose de conduites Fortuna a recommencé à raccorder 1,5 km de pipeline par jour afin de terminer le travail. Ce 18 janvier, Washington a mis sous embargo le navire russe.

Une fois les tuyaux installés, il restera à mettre en service ce gazoduc d’une capacité de 55 milliards m3 de gaz. Il doublera la capacité de son jumeau le Nord Stream 1.

Au total, l’opération aura coûté 9,5 milliards € et produira plus de 140 milliards kg de CO2 ainsi que des tonnes de méthane, gaz à effet de serre. On peine à comprendre la stratégie climatique de l’Allemagne, mais là n’est pas le propos.

Du côté de la fondation climatique, elle devrait fermer ses portes une fois le processus achevé, pirouette, cacahuète.

Energies : Tendances et Surprises à observer en 2021

Alors que nous sommes englués dans la pandémie de Corona, il est bien difficile d’imaginer ce qui va se passer durant 2021.

Au lieu de prédictions dérisoires, quelles sont les tendances à observer et les surprises qui pourraient émerger au niveau des énergies : pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables et le climat?


Pétrole

Tendances

Au fur et à mesure que le coronavirus diminuera, la demande augmentera et pourrait passer de 90 à 96 millions de barils par jour. Les producteurs sont prêts à bondir sur leurs derricks pour ouvrir les vannes.

Les différents stimuli économiques aux USA, Asie et en Europe devraient faire remonter les cours du baril pour autant que la pandémie régresse.

Alors que la date du peak oil s’approche (soit de la demande ou de l’offre, c’est selon), l’avis général est qu’il n’est pas d’actualité pour cette année. Il devrait pointer le bout de son nez d’ici à la fin de la décennie et dès 2027 pour certains pétroliers.

La lame de fonds de la voiture électrique, dont la profondeur exclue un retour aux moteurs thermiques, devrait commencer à peser sur la demande pétrolière.

Les voyages de loisirs en avion devraient grimper alors que cette tendance pourrait encore attendre 2022 pour les voyages d’affaires.

L’OPEP n’aura plus à se soucier des tweets menaçants de Trump pour faire baisser les cours du baril.

 

Surprises

Du côté de l’OPEP, les quotas devraient perdurer durant 2021, même si de plus en plus de pays producteurs désirent extraire le maximum de pétrole, qui se trouve sous leurs pieds, sous peine de devoir le laisser là, et manquer des rentrées financières. En Arabie Saoudite, certains se demandent pourquoi le royaume devrait continuer à se sacrifier afin que les autres pays puissent encaisser des pétrodollars à leur place.

L’objectif des producteurs est de faire grimper les cours le plus haut possible pour équilibrer leurs budgets. Juste assez haut, mais pas assez pour détruire la reprise économique, telle est l’équation.

Dans quel état réel se trouve le schiste américain? Pourra-t-il rebondir? C’est la grande question de l’année.

 

 

Gaz naturel

Tendances

La Russie avance dans son tissage d’autoroutes du gaz en direction de l’Europe et de la Chine.

La construction du gazoduc Nord Stream 2, qui double les livraisons de gaz Russe à l’Allemagne, devrait se terminer. Les premiers m3 de gaz devraient couler durant l’année et ajouter 125 milliards kg CO2 dans la balance de l’Allemagne.

Au Sud de l’Europe, un nouveau gazoduc de 10 milliards m3 transite depuis l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie.

La Turquie, Israël, Chypre et la Grèce devraient continuer à s’écharper sur le partage du gisement gazier du Léviathan en Méditerranée. On peut faire confiance au président Turc pour venir chatouiller les protagonistes et l’Europe.

 

Surprises

Promue par l’industrie gazière en tant “qu’énergie de transition“, le gaz naturel pourrait faire face à une remise en question au niveau mondial.

De nouveaux satellites ont été mis en service pour mesurer les émanations de méthane dans les gisements de gaz. Les résultats ne sont vraiment pas bons d’autant que le méthane, gaz à effet de serre, est 28 fois plus virulent que le CO2. De plus en plus de villes et de régions bannissent l’utilisation du gaz dans les bâtiments pour le chauffage et la cuisine.

Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide, au niveau mondial, ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

 

Nucléaire

Tendances

Les yeux vont se tourner vers Joe Biden. Il détient une clé pour la Corée du Nord ainsi que pour la remise en route de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Si cet accord devait être remis sur la table, l’Iran pourrait arrêter l’enrichissement de son uranium à but militaire et revenir dans les limites prévues. En échange, Téhéran pourrait à nouveau exporter librement son gaz et son pétrole pour alimenter son budget. Dans le cas contraire, l’ambiance sera chaude. Dans l’autre cas, c’est l’Arabie Saoudite et Israël qui grinceront des dents car si le budget iranien augmente, le niveau de testostérone, dans la région, devrait monter de manière proportionnelle.

Comme à son habitude, la Corée du Nord et Kim Jong-un devrait nous surprendre.

Les eaux radioactives de la centrale de Fukushima sont déversées dans le Pacifique faute de place et de budgets. Quel sera l’impact sur les populations dans les mois à venir?

 

Surprises

Le “soleil artificiel” mit en service par la Chine va attirer les regards et les attentes. Un premier réacteur de fusion nucléaire a été mis en service en décembre. Les résultats sont attendus avec impatience.

 

 

Charbon

Tendances

L’Inde et la Chine dévorent le charbon. Corolaire à cette boulimie, le prix du charbon thermique a pris plus de 60% pour atteindre les 80 à 100$ selon la qualité.

La demande sera donc soutenue en 2021.

 

Surprise

Comment va répondre l’industrie du charbon face aux différentes régulations et taxations du CO2 ?

 

 

Renouvelables

Tendances

Au niveau mondial, l’énergie solaire est devenue la source d’électricité la meilleure marché. L’éolien a le vent dans le dos et de nombreux pays s’équipent. Le charbon et le gaz ne sont financièrement plus dans le coup, même s’ils restent essentiels dans la stabilisation du réseau.

Au niveau des citoyens, le partage de la production solaire entre voisins génère de l’électricité hyper locale. Cette tendance devrait progresser.

Les solutions de stockages sont financièrement de plus en plus rentables et certains pays exportent leurs électricités vertes sur des centaines / milliers de kilomètres comme Australie-Indonésie ou Allemagne-Norvège-Angleterre.  La Chine planifie l’exportation de son électricité en Europe.

Et si vous pourriez acheter votre électricité sur le modèle d’un abonnement de smartphone? Vous payez un forfait fixe par mois, qu’importe la quantité. Les plus gourmands auront droit à une option “illimitée” plus dispendieuse.

 

Surprise

Si vous pensez que l’idée précédente était incongrue, Tesla pourrait jouer le rôle de grain de poivre dans votre assiette.

Ainsi le constructeur automobile américain s’est implanté en Allemagne et en Angleterre afin de tester la communauté de partage d’électricité entre propriétaires de Tesla. Si vous avez des panneaux solaires et une Tesla, vous allez pouvoir recharger votre compte en banque électrique Tesla et l’utiliser soit pour recharger votre voiture soit pour vendre votre électricité partout en Europe. A travers le continent, les producteurs d’électricité tentent de réagir à ce changement de business modèle.

 

 

Financement des Energies

Tendances

Christine Lagarde, Directrice de la Banque Centrale Européenne, pourrait décider d’arrêter les investissements dans les obligations des grands pollueurs et les énergies fossiles. La Banque Centrale Européenne détient pour €248 milliards d’obligations d’entreprises gazières, pétrolières et charbonnières.

Si 2019 et 2020 ont lancé les prémices d’une mobilité électrique avec un Tesla en fer de lance, l’année 2021 devrait continuer sur cette tendance et voir arriver de nouveaux acteurs comme Nio. Tous deux ont crevé l’écran à la bourse.

Si les actions des entreprises actives dans l’hydrogène ont commencé à prendre l’ascenseur durant ces derniers mois, avec l’arrivée de Joe Biden et le soutient financier de la Chine pour ses champions, l’industrie pourrait être la surprise de l’année ou de la décennie.

 

Surprise

Après avoir perdu plus de 1 milliard $ dans les actions des deux fleurons américains du pétrole/gaz ExxonMobil et Chevron, la position de la Banque Nationale Suisse devient de plus en plus intenable.

Dans le cas où la Banque Centrale Européenne active son plan de désinvestissement dans les énergies fossiles, la doctrine du financement des grands pollueurs du Conseil Fédéral, des Cantons et de la BNS pourrait s’effriter.

 

 

Climat

Tendances

Après une accalmie en 2020, les émissions de CO2 et de méthane devraient remonter à des niveaux d’avant la pandémie.

L’année 2020 est l’une des 3 années les plus chaudes, qu’en sera-t-il en 2021 ?

Alors que de nombreux pays ont communiqué leurs ambitions de diminution d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, pour l’instant il s’agit essentiellement d’effets d’annonces. 2021 pourrait apporter des pistes et des propositions.

 

Surprises

Un retour des USA dans l’accord de Paris?  Même si actuellement ce document ressemble à un outil de communication, un dialogue entre la Chine, l’Europe et les USA pourrait émerger.

En novembre, la nouvelle COP26 à Glasgow pourrait accoucher sur d’autre chose que le traditionnel bide.

 

Finalement

A la sortie de la pandémie, au niveau des énergies, l’année 2021 sera-t-elle une année de transition ou de continuation?

Il est trop tôt pour le dire, mais il est fascinant de voir l’accélération des changements dans une industrie qui n’a été qu’un long fleuve tranquille durant plus de 100 ans.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Climat: 2020 très chaud, mais moins que les années à venir
– Danemark: Le pays va stopper ses extractions pétrolières et gazières
– Chine: Pékin met en service l’un de ses trois “Soleil Artificiel”
– Angleterre: Une première-station “d’essence” 100% électrique pour véhicules électriques
– Venezuela: Drôle tour de passe-passe Russe pour contourner l’embargo américain
– Pékin va financer l’Irak. La dette est plus efficace que la force pour maîtriser un pays
– Inde: 250 millions de citoyens contre les multinationales.


Avant de débuter cette revue, tous mes Voeux pour 2021!

Durant cette année de corona, les visites ont été démultipliées et vous avez été plus de 500’000 à lire les revues mensuelles. Deux points importants: pas facile de faire plus court et il y a toujours ces satanées coquilles (c’est un peu comme les oeufs de Pâques en chocolat, si vous en trouvez: bon appétit!)

Vous êtes bien installés? Ca commence….

Quelle année pour le pétrole! L’or noir en aura vu de toutes les couleurs et pour la première fois d’atteindre un prix négatif à -37$ pour un baril. Est-ce un tournant historique?  L’année 2021 nous dévoilera des indices supplémentaires. Le baril termine à 51,80$ ($56.77 début janvier 2020) à Londres et $48.42 ($51.72) début janvier 2020).

 

 Graphique du mois
Le prix du baril de pétrole durant cette année 2020

Regard sur 2020 et le possible 2021

Dans les énergies fossiles, l’histoire indiquera si 2020 fut un tournant, un point de départ ou une continuation. L’architecture industrielle et financière pétrolière a été sérieusement endommagée. Repartira-t-elle en 2021 et si oui, où?

De plus en plus d’acteurs penchent pour un peak oil entre 2025 et 2028. Le désaccord porte essentiellement sur l’année.

En ce début 2021, l’accès à certains loisirs ou voyages ne pourrait plus être accessible à celui qui n’aura pas un papier qui le déclare vacciné ou innocent.

L’OPEP, le cartel du pétrole, a baissé ses prévisions de consommation mais a paradoxalement décidé d’injecter plus de pétrole sur les marchés car de nombreux pays producteurs se trouvent financièrement dans une belle panade.

L’Agence Internationale de l’Energie pense qu’il va falloir plus de temps que prévu pour que la demande de pétrole retrouve les niveaux de 2019.

 

Climat

Alors que la Nina a refroidi la planète, la température calculée pour 2020 est supérieure de 1,2° C par rapport à la moyenne et bien supérieure à la période préindustrielle. C’est parmi les 3 années les plus chaudes, mais moins que celles à venir.

Cette hausse nous ramène à l’accord de Paris. Il y a 5 ans, cet outil de communication annonçait des mesures pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés. Nous y sommes bientôt. Du coup, il va bien falloir annoncer un nouvel objectif. Avec +10 degrés, les gouvernements devraient avoir la paix pour un moment, non ?

L’année 2020 avait débuté sur les chapeaux de roue avec des incendies monstrueux en Australie. Elle se termine dans l’Atlantique avec un nombre record de tornades et autres cyclones après un détour en Californie avec des incendies géants et de solides typhons en Asie. 2021 et les années suivantes devraient être pire.

Global Carbon Project estime nos émissions de CO2 à 37 milliards de tonnes de CO2 en 2020 contre 40,1 en 2019. La quasi-totalité provient de l’utilisation des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon.

La Chine a annoncé un plan pour réduire son “intensité carbone”  de 60% d’ici à 2030. Cependant, Pékin annonce ne pas dévoiler ses plans avant que les USA ne fassent un pas.  En y regardant de plus près, “l’intensité carbone” est le ration entre l’activité économique et les émissions de CO2. Rien à voir avec une diminution des émissions. Il flotte dans l’air comme une légère impression de “on n’est pas prêt d’y arriver.”

Pour faire face au bouleversement climatique, la société a intérêt à se rapprocher au lieu de se diviser (Lire: Seules les femmes peuvent répondre au réchauffement climatique ?).

 

 

Solaire

C’est en augmentant l’efficacité des panneaux solaires, qu’il est possible d’augmenter la production d’électricité d’un panneau. Une nouvelle version avec du pérovskite/silicone fait grimper le rendement de 17% à 29,15%.

En diminuant de 89% en 10 ans, l’électricité solaire est devenue la source d’électricité la plus abordable.

 

Charbon

Les prix du charbon à usage thermique ont pris l’ascenseur, +40% à 80$ la tonne en Australie et +65% à $100 en Afrique du Sud. La forte demande, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud, en est la cause.

La Chine ratisse le charbon en Russie, en Indonésie et en Afrique du Sud pour éviter de l’acheter à l’Australie. Depuis que Canberra a demandé des comptes à Pékin sur le Coronavirus, les chinois ont lancé une pression impressionnante sur l’Australie à base de cyberattaques massives et l’arrêt de l’achat de produits comme le charbon.

 

Finance

Il y a 10 ans, NextEra, Iberdrola ou Enel étaient des entreprises inconnues qui avaient misé sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, NextEra a dépassé la capitalisation d’ExxonMobil et de BP. Les résultats financiers les places comme les nouvelles Majors d’énergies vertes.

De l’autre côté de la force, les institutions financières traditionnelles continuent d’injecter des milliards $ dans les énergies fossiles, industrie qui saigne son argent. Depuis 2016, 1’600 milliards $ ont été déversés dans les projets de gaz, pétrole et de charbon alors que des centaines de milliards $ ont été perdus.

 

Hydrogène

L’hydrogène est en passe de devenir une source énergétique commerciale et de trading comme le pétrole et le gaz. Bank of America pense que l’industrie pourrait atteindre un marché de 11’000 milliards $. A cette hauteur, l’hydrogène remplacera le pétrole comme carburant. La Commission Européenne a élaboré une stratégie hydrogène pour toutes ses industries d’ici à 2050.

L’espagnol Iberdrola, Orsted du Danmark et l’italien Snam se sont réunis pour développer 25 GW d’hydrogène vert pour un tarif de 2$ par kg d’ici à 2026.

Le pétrolier Equinor et l’énergéticien allemand RWE ont rejoint le projet NortH2 afin de produire 4GW d’hydrogène à base d’éoliennes d’ici à 2030 et 10 GW d’ici à 2040.

Si vous avez investi dans les actions d’entreprises à hydrogène, votre année a été financièrement très prolixe notamment si vous avez misé sur Nel ASA, SFC Energy, Plug Power, Bloom Energy ou Ballard Power Systems. Dans certains cas, c’est plus fort que Tesla !

Les fabricants de camions, DAF, Daimler, Iveco, Volvo, Man, Scania et Ford vont plancher sur la construction de camions à hydrogène afin de bannir le diesel d’ici à 2040. De son côté Hyundai est en train d’introduire en Suisse une flotte de camions à hydrogène pour tester le marché Européen.

 

Gaz

Le gaz liquide est en train de remplacer le pétrole lourd pour le transport maritime, industrie qui doit réduire ses émissions de soufre.

La production de gaz naturel liquide implique l’émissions de grandes quantités de gaz à effet de serre. Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

Véhicules électriques

Dans les 2 ans, les coûts d’une batterie devrait passer sous les $100 le kWh. Les prix ont chuté de 90% entre 2010-2019 avec un prix moyen de $137/kWh selon le BloombergNEF contre 1’200$ en 2010.

Il ne va falloir que quelques années avant que les voitures électriques soient moins dispendieuses que les voitures thermiques.

Dessin: Hedgeye

 

Dans le top du hit parade du mois

Danemark

Une première dans le hit parade pour ce pays. Mais contrairement à pas mal de contrées (comme la Suisse ou la France), il met en pratique ce qu’il dit au niveau énergétique et climatique.

Ainsi, le gouvernement a décidé de cesser l’exploitation pétrolière et gazière dans la Mer du Nord. Le Danemark porte ses ambitions d’une diminution de 70% de ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Avec 103’000 b/j de pétrole et 3,2 milliards m3 de gaz, le Danemark est le plus grand producteur pétrolier de l’Union Européenne. En plus, Copenhague va également investir 1,6 milliards € dans les initiatives climatiques.

Le plus grand fabricant éolien du monde, Vesta a investi € 500 millions dans un partenariat avec le fond d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners (€ 14 milliards d’actifs sous gestion) afin d’augmenter les projets à travers le monde. Le marché devrait quadrupler durant les 10 années à venir. Pas du bénévolat, mais pour créer des emplois

 

Les Etats-Unis d’Amérique

Les USA étaient rentrés dans l’année 2020 dans la peau du plus grand producteur mondial de pétrole avec 13 millions b/j. Quelle culbute !
Il aura fallu une pandémie pour massacrer l’architecture financière pétrolière ainsi que son industrie. La Russie et l’Arabie Saoudite ont retrouvé leur leadership.

Trump s’est appuyé sur une “dominance énergétique”, Obama-Biden avaient inventé la doctrine “d’abondance énergétique” en supportant corps et âme le pétrole de schiste. Que va faire l’administration Biden-Obama dans les 4 années à venir ?

La New York State Common Retirement, le 3 ème plus grand fonds de pension du pays avec 226 milliards $, va retirer ses investissements de 12 milliards $ dans les énergies fossiles dont le pétrole et le gaz de schiste. En juin, elle était sortie de ses investissements dans 22 entreprises charbonnières.

La fondation Rockefeller, créée en 1913 par John Rockefeller et les revenus pétroliers, a décidé de se désengager des investissements pétroliers.

Durant 2020, le nombre de forages pétroliers ont diminué de 467.

La fille de Donald Trump, Ivanka et son mari Jared Kushner ont acheté la maison de Julio Iglesias en Floride pour la modique somme de 30 millions $.  Espérons que personne ne les fasse chanter.

General Motors et sa compagnie Cruise ont lancé leurs voitures sans conducteurs dans les rues de San Francisco. Le service de taxis robots entre en compétition avec Uber et Lyft.

ExxonMobil, le fleuron pétrolier américain depuis 135 ans, aligne une perte de 2,4 milliards $ durant les 9 premiers mois de l’année.

Malgré le double effet KissKool, Trump et le corona, les installations d’énergies renouvelables ont grimpé de 43% cette année, +23 GW en 12 mois.

Après un premier déversement de $2’200 milliards dans le système financier US, une nouvelle enveloppe de 2’600 milliards a été posée sur la table par la Banque Centrale. Ainsi, l’aviation devrait recevoir à fonds perdus 50 milliards $, 2 milliards pour les aéroports, 10 milliards pour les autoroutes, 2 pour les lignes de bus inter-villes, 35 milliards $ pour la recherche sur les énergies éoliennes, solaires, batteries, nucléaire et séquestration du CO2.

546 centrales à charbon(30%) ont été mises à l’arrêt depuis 2010 et 50 entreprises ont fait faillites. Au total 100 GW d’électricité au charbon ont été retiré des lignes pour être remplacé par des centrales à gaz de schiste. Climatiquement, le gaz et le charbon sont pratiquement aussi nocif l’un que l’autre. Donc, pas d’amélioration de ce côté-là.

 


FED : Banque Fédérale Américaine qui continue d’injecter des liquidités dans le marché amérricain

 

Chine

Dès 2028, la Chine devrait devenir la première puissance économique devant les USA. Grâce au corona, Pékin a gagné 5 années sur les précédentes estimations selon le Centre of Economic and Business Research basé à Londres.

Le plus grand raffineur du pays, Sinopec, prévoit que la demande de produits pétroliers pourrait atteindre son pic en 2025 notamment avec l’introduction des voitures électriques. La demande de diesel pourrait toucher son pic dès l’année prochaine. Durant cette année 2020, la demande de carburants a diminué de 7%.

Les ventes de voitures électriques entre janvier et octobre s’élèvent à 914’000 unités (-9.2% par rapport à 2019). Elle pourrait atteindre les 1,8 millions d’unités en 2021.

Pékin a mis en service son “soleil artificiel” afin de tester la fusion nucléaire avec son HL-2M Tokamak installé à Chengdu. En théorie, la fusion nucléaire se fait sans émission de gaz à effet de serre, sans production de déchets radioactifs et avec moins de risques d’accident. Avec ce système, la Chine espère pouvoir générer de l’électricité d’ici à 2040. Ce soleil artificiel devrait atteindre les 150 millions de degrés Celsius. La Chine possède deux autres soleils artificiels.

Pékin termine sa prise en main de Hong Kong et en mettant en prison tout ce qui bouge. Même le richissime et propriétaire du journal Apple Daily, Jimmy Lai, a été emprisonné avec Joshua Wong du mouvement de démocratie. Alors que la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale, est-il possible d’imaginer l’impact des us et coutumes chinoises aux USA et en Europe ?

La mise en place du marché carbone va être retardé pour ouvrir durant la première partie de 2021.

D’ici à 2025, la Chine va étendre son programme de modification du climat notamment avec l’iodure d’argent injecté dans les nuages. L’objectif est de créer artificiellement de la pluie et de la neige sur une surface de 5,5 millions km2. Lors des Jeux Olympiques de 2008, un système similaire avait été employé pour diminuer les pluies et réduire le smog. Le gouvernement a injecté 1,3 milliard $ dans différents programmes entre 2012 et 2017.

 

Emission de CO2 / énergies fossiles

Coal:charbon;  NG: gaz naturel ;  oil: pétrole;   FF = énergies fossiles   Gto : giga tonnes

 

 

Europe

Le Brexit s’est opéré. Bon, ça c’est fait.

 

Russie

Le budget de l’Etat ne dépend plus qu’à 30% du pétrole et au gaz selon Vladimir Poutine. En 2019, cette part était encore de 40%. Moscou a réussi là où les pétromonarchies du Moyen-Orient restent engluées dans les hydrocarbures. La Russie peut compter sur ses exportations de bois, de minerais, de produits agricoles et d’armements.

Le gazoduc Nord Stream 2 pourrait commencer à livrer son gaz à l’Allemagne d’ici à la fin 2021. La pression économique américaine sur les entreprises européennes impliquées a réussi à freiner le projet mais pas à le stopper. Grace à ce gazoduc, l’Allemagne va doubler ses importations de gaz russe à plus de 110 milliards m3/an.

La stratégie énergétique Russe repose sur les gisements d’hydrocarbures dans la région Arctique du Yamal et la péninsule du Gydan. Selon Vladimir Poutine, dans les 10 à 15 ans, ces régions seront utilisées notamment pour alimenter la Chine en énergie.

Rosneft, le géant pétrolier Russe, aurait fait une découverte massive d’un champ gazier dans la Mer de Kara.

Toutes les personnes vaccinées avec le vaccin Sputnik V devront éviter de boire de l’alcool pendant 42 jours selon le ministre de la santé.

Le ministre iranien du pétrole, Zanganeh, s’est rendu à Moscou afin “d’examiner l’évolution des marchés pétroliers mondiaux car nous sommes dans une situation délicate”.

 

Angleterre

Même s’il n’a aucun plan, le premier ministre Johnson ambitionne une réduction de 68% des émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 1990).

Hurricane Energy, le groupe pétrolier anglais, est sur le point de faire faillite. Il y a longtemps, le groupe de la Mer du Nord était une étoile montante de l’énergie en Europe.

Les éoliennes de la Mer du Nord sont en train de remplacer le pétrole et le gaz. Plus de 27 milliards $ sont prévus pour multiplier par 4 la production actuelle.

La première station-service entièrement électrique a été inaugurée à Essex. Elle est la première des 100 stations prévues par Gridserve et Hitachi Capital UK. La station comprend 26 chargeurs rapides (300km en 20 minutes) avec de l’électricité à 100% renouvelables.

British Airways va collaborer avec ZeroAvia afin de construire un avion à hydrogène. L’entreprise a levé 37,7 millions $.

Easyjet va repousser ses achats de 22 avions Airbus de 2022 à 2027. En 2020, l’entreprise a essuyé sa première perte annuelle de son histoire. Pour soulager sa trésorie, Easyjet a vendu plusieurs avions  et supprimé 4’500 emplois.

EDF a demandé au gouvernement anglais de se pencher sur sa proposition de construire deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR sur le site de Sizewell C, dans le comté de Suffolk. Particularité très intéressante, EDF demande aux consommateurs de payer dès aujourd’hui, les 23 milliards € pour la fabrications des 2 réacteurs nucléaires, qui pourraient être mis en fonction dans 10-15 ans. Ainsi EDF demande une hausse immédiate de la facture d’électricité pour alimenter le fonds de construction. Grâce à ce stratagème, EDF transvase ses risques et ses frais financiers sur les citoyens.

L’Angleterre possède 15 réacteurs nucléaires. D’ici à 2024, 4 des 8 centrales devront fermer. D’où la pression d’EDF pour remplacer les vieilles centrales par de nouvelles.

 

Production éolienne en Angleterre

 

Allemagne

Les débuts commerciaux de NordLink de 1,4 GW, qui relie électriquement la Norvège et l’Allemagne, ont débuté le 9 décembre. A terme, le projet reliera l’Allemagne, l’Angleterre et la Norvège pour des échanges électriques.

Siemens prévoit un rebond de l’industrie ferroviaire et notamment des trains de nuit qui relient les capitales ainsi que l’installation de nouvelles lignes afin de diminuer les émissions de CO2. Le marché global des trains devrait grimper de 25% dans les 3 prochaines années.

 

Norvège

Le groupe technologique Wärtsilä and Grieg Edge et le hub d’innovation norvégien Grieg Star penchent sur un tanker propulsé à l’ammoniaque pour 2024.

 

Finlande

La Radiation and Nuclear Safety Authority de Finlande (STUK) a annoncé un incident dans une centrale nucléaire à Olkiluoto. Le taux de radiation dans la Centrale a augmenté mais est restée confinée. La purification d’un système d’eau pourrait en être la cause.

Sur la même île d’Olkiluoto, EDF-Areva avait débuté en 2005, la construction d’une centrale nucléaire EPR pour un montant de 3 milliards € et une mise en service en 2009. Finalement, la centrale devrait être mise en fonction en février 2022 pour une douloureuse estimée à 10 milliards €. Bonne nouvelle pour la Finlande, l’Etat français devrait financer une partie de ce surcoût.

 

Hollande

Plusieurs cadres de Shell, en charge de la stratégie de développement durable, ont démissionné. Une lutte interne met face à face ceux qui continuent dans la direction carbone/pétrole et ceux qui imaginent une ouverture sur les énergies renouvelables. Marc van Gerven, responsable du stockage solaire et production éolienne, Eric Bradley division énergie et Katherine Dixon, transition énergétique, Dorine Bosman vice-présidente pour l’éolien, ont quitté l’entreprise.

Les employés sont en train de questionner si les changements vont intervenir. La direction ne semble pas vouloir d’un changement radical.

Shell va à nouveau réduire ses coûts et ses actifs. Cette fois, c’est le Golfe du Mexique avec 4,5 milliards $ de coupes avec la fermeture de raffineries et de l’arrêt de gaz naturel liquide. Shell avait déjà passé à la trappe 18 milliards $ d’actifs depuis le début de l’année et arrêté l’achat de ses actions. Afin de retrouver du cash, le PDG, Ben van Beurden, a annoncé une période de hausse des dividendes après que l’action a dévissé de -40% cette année. Shell va supprimer 9’000 emplois.

 

Suisse

Il ne s’y passe rien. Tout le monde attend que la loi sur l’énergie bouge… ou pas.

Juste un petit détail. Entre 2014 et 2020, la Banque Nationale Suisse, la BNS, s’est pris un énorme râteau de 1 milliard $ dans ses investissements dans les 2 pétroliers américains: ExxonMobil et Chevron. Mais comme le gouvernement Suisse ne sait pas quoi faire avec 1 milliard, c’est tout bon.

 

France

Alors que le site nucléaire EPR de Flamanville croule sous les retards et les dépassements de budget, EDF annonce que Penly devient le site retenu pour les prochains réacteurs nucléaire EPR. Le site de Penly est construit sur un polder et vulnérable à la montée des eaux.

 


(Gas = Essence)   Les Banques Centrales qui éteignent le feu

 

Moyen-Orient

Irak

Le pays a extrait 3,685 millions b/j en novembre sous les quotas de l’OPEP de 3,8. Le mauvais temps et la crise interne ont freiné le processus.

Le gouvernement va dévaluer sa monnaie de -23% pour faire face aux problèmes économiques. Même avec ce tours de force, le budget 2021 du pays ne sera pas bouclé.

Englué dans des dettes, suite à la chute du baril de pétrole, l’Irak a fait appel à la Chine pour se financer. Ainsi ZhenHua Oil Co va pouvoir extraire 130’000 b/j pendant 5 ans avec un payement une année à l’avance de 2 milliards $. La stratégie de la dette a été développée par la Chine dans son concept de route de la soie. Il est plus facile de contrôler un pays par une dépendance financière qu’avec des armes.

 

Arabie Saoudite

Le pays a dévoilé un budget en diminution de 7% à 263 milliards $ pour 2021. La plus grande dépense du pays est réservée à l’armement et non aux clubs de foot.

Les exportations pétrolières ont augmenté à 6,15 millions de barils par jour (b/j) en octobre.

Dans le port de Jeddha, un tanker pétrolier de la compagnie Hafnia a été attaqué par un bateau rempli d’explosifs. L’incendie a pu être maitrisé avant que la situation ne dégénère.  L’attaque pourrait avoir été menée par les Houthis du Yémen.

 

Iran

Le président Rouhani espère que l’administration Biden va renouer avec l’accord sur le nucléaire de 2015. La suite s’écrira en 2021.

Si les sanctions sont levées, Téhéran pourrait extraire 4,5 millions b/j et en exporter 2,3. Le budget du pays se base sur cette option.

Les images satellites utilisées par TankerTrackers estime les exportations pétrolières à 1,2 million b/j. Si tel est le cas, les sanctions américaines peinent de plus en plus à se matérialiser.

 

Oman

Le pays a établi une nouvelle entreprise pétrolière : Energy Devlopment Oman (EDO) et se focaliser sur le plus grand gisement du pays, le Block 6 d’une capacité de 650’000 b/j.

Pour les pays producteurs, il est important de pouvoir extraire un maximum de pétrole avant qu’il ne faille le laisser dans le sol à cause de la baisse de la demande et du climat.

 


Marchés boursiers: Votre problème? Vous êtes fous!

 

Les Amériques

Schiste Etats-Unis

La production de schiste a chuté à 7,4 millions b/j par rapport au pic de janvier à 9,1 millions selon l’EIA.

En 2020, 45 entreprises de schiste ont fait faillite selon Haynes & Boone. Pour mémoire, en 2016, 70 entreprises de petites tailles avaient capitulé. En comparaison, la cuvée 2020 a touché les gros calibres comme Whiting Petroleum en avril, Unit Corp en mai, Chesapeake Energy en juin et Oasis Petroleum en septembre. Pour la petite histoire, la Banque Nationale Suisse avait des actions dans toutes ces entreprises.

Selon Bloomberg NEF, les producteurs de schiste auraient réduit leurs coûts de 56,50$ en 2019 à 40$ par baril. Dans les gisements prolifiques du Bassin Permien et d’Eagle Ford au Texas, le chiffre de $36,50 est articulé contre 44$ en 2019.

L’Etat du Nouveau Mexique a demandé l’arrêt de la vente d’eau potable pour l’extraction de pétrole et de gaz de schiste. L’objectif est de garder l’eau potable pour la population et de protéger les nappes phréatiques.

 

Venezuela

Une barge pétrolière de stockage, le Nabarima, est en train de couler lentement dans le Golfe de Pariag entre Trinidad et le Venezuela. PDVSA, l’entreprise nationale, tente de récupérer le 1,3 million de barils de brut lourd afin d’éviter une marée noire. Le processus devrait prendre plusieurs semaines. La cargaison est 1,3 fois plus importante que l’Exxon Valdez.

Le Russe Rosneft était en charge des exportations pétrolières du Venezuela jusqu’à ce que les américains menacent financièrement l’entreprise pétrolière. Du coup, Rosneft s’est retiré à 100% de ce business. Dans l’épisode 1, l’administration Trump avait réussi à faire plier Moscou. Dans l’épisode 2, de nouvelles entreprises ont repris le relais comme Xiamen Logistic Grass, Olympia Stly Trading, Zaguhan & Co., Karaznbas, Kalinin Business International et Poseidon GDL Solutions. Toutes ses entreprises sont établies en… Russie.

 

 

Mexique

La société pétrolière nationale Pemex aligne plus de 100 milliards $ de dettes. Pour soulager l’entreprise, le président Lopez Obrador a décidé de réduire les taxes de 65 à 54%.

La production pétrolière de Pemex continue de dégringoler. Les prévisions pour 2021 passent de 2,02 millions b/j à 1,85.

 

Canada

Hydro-Québec a lancé l’entreprise EVLO Energy Storage Inc qui commercialisera des systèmes de stockage d’électricité à l’attention des distributeurs d’électricité, des distributeurs et des industriels.

Comme son voisin du Sud, le Canada ouvre la porte aux centrales nucléaires de plus petite capacité, les Small Modular Reactor (SMR). Le Ministre des Ressources Naturelles a proposé un plan d’action dans un pays qui possède de grands gisements d’uranium. Il faudra encore une bonne dizaine d’année avant de voir l’émergence de cette technologie. Pour l’instant la faisabilité et les coûts sont inconnus.

 

 

Asie

Inde

Alors que la pandémie est toujours présente, les raffineries pétrolières du pays sont reparties à presque 100% de leur capacité. La forte demande de diesel et d’essence est générée par l’utilisation de voitures au lieu d’utiliser les transports publics bondés.

Plus de 250 millions de citoyens et d’agriculteurs se sont mis en grève afin de se défendre dans ce qui représente le plus grand mouvement social au monde. L’objectif des multinationales est de contrôler les achats directs des paysans et de les interdire de vendre directement leurs produits sur les marchés. Surréaliste.

Le premier ministre Narendra Modi a lancé la construction d’un mégaprojet d’énergies solaire et éolien d’une capacité de 30’000 MW. Il devrait devenir le plus grand parc au monde. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 175 GW de renouvelable d’ici à 2022 et 450 GW en 2030.

Le parc produira également de l’énergie pour déssaliner 100 million litres d’eau par jour pour 800’000 habitants proche de la région aride du Pakistan. Avec le réchauffement climatique, l’eau devient une ressource stratégique vitale.

 

Japon

Toyota commercialise sa deuxième génération de voiture à hydrogène, la Mirai avec une autonomie de 850 km avec un plein.

Dès le printemps 2021, elle sera disponible en Europe pour 68’100$. La première version de la Mirai date de 2014 et avait généré 13’000 ventes. La voiture utilise 3 containers d’hydrogène, un moteur électrique et peut être construite sur les mêmes lignes de production qu’une voiture thermique. Toyota aimerait en vendre 30’000 par année.

Les concurrents, Hyundai et Honda sont également sur les rangs et notamment dans les camions.

 

 

Afrique

Libye

Un calme relatif est revenu dans le pays. On dirait que la Turquie et Poutine se sont mis d’accord.

Du coup sur le terrain, le général Haftar a débloqué les ports et les exportations de pétrole. Ainsi, la production est retournée au-delà du million b/j ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’OPEP et son souhait de réduire l’offre.

Bien que membre du cartel, la Libye n’est pas soumise aux quotas actuels.

Nigeria

La production pétrolière du pays a chuté de -14% de 1,7 à 1,5 millions b/j. L’industrie croule sous la corruption.

 

Phrases du mois

En choisissant d’exclure la culture de la vie sociale alors qu’il laisse tourner les marchés, le pouvoir énonce clairement ses valeurs. Ce qu’il nous promet pour demain sera encore plus cruel pour les hommes que pour les artistes aujourd’hui. Une société où les rapports humains seront régis par la force et la violence mortifère de l’argent. En somme, le contraire de la civilisation.”  François Corneloup, Saxophoniste

Le marché pétrolier ne sera pas dirigé par les spéculateurs, mais par les décideurs politiques“. Prince Abdulaziz bin salman, Arabie Saoudite.

Bien que la technologie des piles à combustible à hydrogène soit très prometteuse, nous savons que son adoption généralisée prendra du temps. De nombreux facteurs influenceront ce délai, notamment les réglementations en matière d’émissions, les infrastructures, la disponibilité de l’hydrogène et le coût d’utilisation. Les autobus et les trains seront probablement parmi les premières applications à passer à l’hydrogène. La Hydrogen Council prévoit que les poids lourds seront les plus avancés avec 2,5 % d’adoption de l’hydrogène d’ici à 2030”  Amy Davis, présidente de New Power Business, Cummins

«La ligne de démarcation s’est estompée entre la propagande et ce que l’on pourrait considérer comme du journalisme, cela peut se décrire comme une décadence de la vérité”. Barak Obama

Pour écrire cette revue, avec les sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch,  et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde comme FT.com, Bloomberg, RT Russia, NHK, etc.

Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

Que faire avec 1 milliard de dollars ?

La question, posée aux restaurateurs, aux entreprises et personnes touchées par le coronavirus, apporterait des solutions capable de transformer des situations désespérées en bouffée d’air. Passer de la survie à la vie.

Dans ce cas précis, 1’000’000’000 de dollars (1 milliard), représente la somme estimée* que la la Banque Nationale Suisse a perdu dans ses investissements dans les deux plus grandes compagnies pétrolières et gazières des Etats-Unis ExxonMobil et Chevron entre le 1 janvier 2014 et septembre 2020.

Alors que le Conseil Fédéral peine à délier les cordons de la bourse, la position et les agissements de la BNS sont de moins en moins compréhensibles dans cette situation de crise économique.


 

Après avoir investi plus de 10 milliards $ dans plus de 200 entreprises américaines actives dans les énergies fossiles, les pertes de la BNS se chiffrent en milliards.  Si la Banque Nationale ne voit aucun inconvénient à dilapider des fortunes aux USA, pourquoi ne soutiendrait-elle pas les entreprises suisses autrement que par des prêts remboursables ?

Avancer l’excuse du soutien au Franc Suisse pour ne pas le faire, ne ferait que de précipiter l’hilarité.

 

Devant cette énigme, les réponses varient:

Une élue verte me confia: “comme la question climatique/énergétique est en suspend, la thématique des genres et des minorités me tient plus à cœur d’autant qu’elle est portée par les médias.

Du côté d’un élu PLR : “Je fais une confiance absolue à la Banque Nationale Suisse pour gérer notre économie.

 

Quand à la BNS, les réponses à mes questions sont apportées par sa porte-parole:
Confirmez-vous vos pertes de plusieurs centaines de millions $ dans vos investissements dans ExxonMobil et Chevron?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Comment justifiez-vous ces investissements et surtout pourquoi ne pas s’être désengagé depuis la chute des cours pétroliers?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Est-ce que la BNS effectue un monitoring de ses investissements pour minimiser ses pertes ou augmenter ses profits?
La politique monétaire étant prioritaire, la liquidité et la sécurité des placements prennent une importance plus grande que la maximisation du bénéfice. ….. Pour satisfaire à l’exigence de sécurité, les placements sont structurés de telle sorte que l’on puisse s’attendre au moins au maintien de la valeur réelle à long terme. Toutefois, les rendements doivent être suffisants pour assurer la conservation à long terme de la valeur des placements en francs. …

En résumé: la BNS surveille ses investissements et dès que cela déraille, elle intervient pour se désengager, en théorie du moins.

 

Si 1 milliard n’est pas important, pourquoi ne pas l’utiliser pour l’économie Suisse?

Dans la réalité, si la BNS avait effectivement mis au point des mesures de surveillance, les investissements d’ExxonMobil, comme de nombreuses entreprises de pétrole ou de gaz de schiste américaines, auraient été clôturés depuis bien longtemps.

Dans les faits, la BNS semble à chaque fois tomber de sa chaise quand je lui informe des résultats de mes recherches. C’est d’ailleurs mon article de juin 2015 qui avait dévoilé les investissements de la BNS dans les énergies fossiles aux USA (charbon, gaz, pétrole).

En conclusion: Investir 2 milliards dans ces deux entreprises et perdre 1 milliard est-ce acceptable ?
A cette question, la BNS répond “Oui”.

Alors pourquoi ne pas donner (et non pas prêter) 1 milliard aux entreprises suisses touchées par le coronavirus ?

 

Détails des chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine

En reprenant les chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine, il est possible de tracer les achats et ventes effectués par la Banque Nationale Suisse (dans ce cas avec un intervalle temps de 6 mois) sur les titres d’ExxonMobil et Chevron. Sur cette base, une estimation des bénéfices et des pertes peut être réalisée afin d’offrir une ordre de grandeur. On notera dans le tableau, la forte chute des cours d’ExxonMobil depuis 2017.

 

 

Le montant des pertes n’est officiellement pas communiqué par la BNS d’où la nécessité de faire cette étude avec les chiffres communiqués, en toute transparence, par la Banque Fédérale Américaine.
La Banque a acheté pour 2,1 milliards $ d’actions de Chevron et ExxonMobil. La diminution d’actifs se monte à 1,03 milliard $, soit une diminution de moitié.

Si la BNS utilisait la même transparence que la FED, cette étude n’aurait pas lieu d’être.

A cette perte, il faut ajouter un revenu estimé de 350 millions $ de dividendes distribués par les deux
entités.  Ce montant, n’est également pas communiqué par la BNS et ne peut être qu’évalué.

 

 

Sources et matériel d’information

Si vous désirez m’aider dans mes recherches financières sur la Banque Nationale Suisse, voici les liens pour avoir accès aux documents officiels de la FED. Et je reste à disposition pour toute question.

Banque Fédérale Américaine  Indiquez “Swiss National Bank”  pour obtenir le noms des 2’540 entreprises américaines financée par la BNS

Historique des dividendes:  ExxonMobil, Chevron

 

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30 juin 2015: Banque Nationale Suisse: 2 milliards dans le schiste américain

 

Transports publics ou voiture : le dilemme

Pendant que le coronavirus confine certains employés au télétravail, ceux-ci ne peuvent plus emprunter les transports publics. Corollaire à cette situation, les détenteurs de “l’abonnement général” des CFF continuent de payer pour une prestation qu’ils ne peuvent plus utiliser.

Alors qu’il ne devrait y avoir aucun dilemme à choisir entre sa voiture ou les transports publics, les acteurs de la mobilité douce font tout pour que le citoyen reconsidère ses choix.


 

Maximum de pertes pour l’Abonnement Général

Pour ceux qui ont acheté leur abonnement général des CFF en début d’année, c’est le jackpot. Depuis l’arrivée du coronavirus, entre 3 à 5 mois de télétravail ont privé les passagers de leur train. Comme la facture court toujours, et à Frs 321.– par mois, on frise ou dépasse le millier de francs payé pour rien.

Si l’on contacte le service après-vente des CFF, pour un éventuel remboursement ou un geste commercial, le message est limpide. “Lisez les conditions de ventes.” Il est marqué noir sur blanc que : “Vous êtes pomme avec le bourg“.

C’est au moment de raccrocher le téléphone que le capital sympathie auprès du rail, déraille.

 

Alternatives supprimées

Bref, une partie de ces perdants se sont orientés vers une alternative plus attractive. Un abonnement pour 4 mois à Frs 340.–/mois (soit un renchérissement de 6% sur l’offre annuelle) avec la possibilité de le déposer pendant un mois. Cette solution a l’avantage de minimiser ses pertes en cas de télétravail ou de confinement.

Cependant, cette solution était trop belle. Elle va être supprimée par les CFF et remplacée par un abonnement d’une durée minimale de 6 mois.

Dans une situation de télétravail coronatique, cette solution permettra de lire à nouveau “Vous êtes pomme avec le bourg.”

 

Abonnement à prix (fortement) majoré

Une dernière alternative s’offre à vous. Prendre un abonnement mensuel d’un mois. Mais dans ce cas, la majoration du sésame est de +31 % à Frs 420.– par mois !!!

Comparaison n’est pas raison. Cependant quand des investisseurs de type «business angels» raquette une une start-up, ils demandent un intérêt de 15 à 20%.

Mais là, pour les CFF, ce n’est plus du racket, c’est du tennis !

Cerise sur le gâteau, si vous devez laisser votre voiture dans un parking des CFF, il vous faudra compter sur une douloureuse qui grimpe à Frs 660.–/mois soit Frs 8’000 par année.

 

Puis-je déduire ces coûts de ma déclaration fiscale?

Vous ne pourrez pas déduire la totalité des frais de transports publics dans votre déclaration fiscale.

Hé oui ! Afin de financer les projets des CFF, l’impôt fédéral directe n’autorise qu’un montant maximal de Frs 3’000 pour les déplacements. L’augmentation de vos impôts finance le train.

Bien que cette mesure fut acceptée démocratiquement par le peuple, on pourrait imaginer une meilleure oreille des CFF.

 

Vevey: une pépite dans la mobilité douce

Du côté des communes, c’est du côté de Vevey qu’il faut se tourner pour y trouver une véritable pépite.

Plus de 100 places de parc, qui étaient utilisées par les pendulaires du train, ont été déclassées en un parking de 3 heures maximum.

Ainsi, si vous désirez prendre le train pour aller travailler, durant la semaine, ou skier durant le weekend, impossible de vous parquer. Vous devez prendre votre voiture.

Cette interdiction spécifique aux pendulaires motorisés, touche particulièrement les habitants des villes de la Veveyse dont les transports publics ne riment pas avec efficacité.

 

Une idée à plus de 100’000 kg de CO2/an

Au niveau des chiffres, Vevey perd annuellement plus de Frs 300’000 de revenus de parking des pendulaires du train.

Pour l’Agenda 21 de la commune, la formule est simple «vous n’avez qu’à habiter à Vevey sinon débrouillez-vous». A noter que la mesure génère plus de 100’000 kg de CO2 par an ce qui est paradoxal pour un Agenda 21.

Pour être franc, une alternative est offerte avec un parking au sommet de la ville avec une liaison en bus, mais elle semble avoir été concoctée par la même équipe qui a installé à Rennaz l’Hôpital du Chablais dans un no men’s land de la mobilité.

 

Pour le bonheur de l’Union Pétrolière Suisse

Alors que le choix entre transports publics et voiture ne devrait pas se poser, tout est fait pour qu’elle se pose. Les freins viennent justement des institutions censées promouvoir la mobilité douce.

Pour une fois, l’Union Pétrolière Suisse n’y est pour rien.

D’ailleurs si vous prêtez l’oreille, vous pourrez entendre leurs employés hurler de rire.

 

 

Parking à Vevey


Historiquement, les pendulaires du train pouvaient parquer sur ces places et prendre le train.
Ces places ont été limitées à 3h. Depuis elles sont désespérément vides.
Les pendulaires doivent ainsi prendre leur voiture
pour se rendre à leur travail ou pour aller skier durant le weekend.

 

Le pétrole à 37$ le baril, les majors empilent les dettes

Aujourd’hui, journée spéciale aux USA. Pour l’information et surtout pour l’Histoire: le pétrole se traite à 37$ à New York et 39$ à Londres. Qu’en sera-t-il demain?

En regardant 2020, c’est une parfaite annus horribilis pour les compagnies pétrolières. Les chiffres du 3ème trimestre le démontrent.

En Europe, depuis le coronavirus, les pétroliers et gaziers ont vu leurs capitalisations boursières chuter de 364 milliards $. On comprend la grise-mine des investisseurs. Aux USA, c’est pire. Les 84 faillites ont effacé $ 89 milliards et le montant pourrait grimper à $ 100 milliards avec la deuxième vague de coronavirus. A ce tarif, l’industrie pétrolière n’est pas hyper rentable.


 

Rassurez-vous. Comme les chiffres sont souvent indigestes, une pointe d’humour et du bicarbonate ont été rajoutés pour la digestion.

Avant d’entrer dans les détails, une explication s’impose sur nos majors pétrolières préférées: ExxonMobil, Chevron, Shell et BP.

 

Des dettes, toujours plus de dettes

Les majors accumulent des dettes abyssales. En temps normal, ces dettes sont cautionnées par les réserves pétrolières. Cependant, la probabilité de ne plus pouvoir extraire le pétrole jusqu’à la dernière goutte, inquiète l’industrie, d’autant qu’il faut aller chercher du pétrole de plus en plus cher et de moins en moins bonne qualité.

Paradoxalement, les prix du baril restent proche des 40$, seuil de non rentabilité. Il reste l’espoir de voir grimper les cours à 100$, mais là, c’est l’Economie mondiale qui ne supportera pas le choc.

Afin de continuer à alimenter en cash leurs caisses, tradition oblige, les majors doivent offrir des dividendes quitte à s’endetter encore plus.

L’équation est simple: pas de dividendes, pas d’investisseurs donc pas de forages et surtout plus de chocolat!

 

ExxonMobil

L’américaine, proche de Trump, a annoncé son troisième trimestre négatif consécutif. La perte se monte à 680 millions $ alors que sa production pointe à 3,7 millions de barils de pétrole par jour (-6%). L’année dernière, à même époque, elle annonçait un bénéfice de 3,2 milliards $.

Le No 1 américain surfe sur une dette  $ 69.5 milliards pour un chiffre d’affaires de 260 milliards.

Darren Woods, son PDG, reste droit dans ses bottes. Il va continuer à offrir de larges dividendes et éviter méticuleusement les énergies renouvelables. Ainsi pour maintenir ses dividendes, 14’000 employés, soit le 15 % de son staff, vont prendre la porte. C’est vraiment cool de bosser pour une entreprise pareille, non?

Exxon va également réduire ses investissements de 23 milliards $ à 16 milliards en 2021. Le boss (Darren Woods pas Bruce Springsteen) aimerait réduire de 30 milliards $ les actifs dont la compagnie de gaz de schiste XTO Energy, qui avait été payée 42 milliards en 2009. A l’époque, l’opération avait été qualifiée de deal du siècle. Aujourd’hui, fiasco a remplacé deal.

 

Chevron

Le No 2 américain annonce une perte de $ 207 millions contre 2,6 milliards de bénéfice sur la même période en 2019.

Son PDG, Mike Wirth, concède que le coronavirus n’est pas tendre avec ses objectifs. Comme ExxonMobil, il va licencier 15% de ses employés afin de maintenir les dividendes pour ses actionnaires.

L’entreprise pourrait également vendre des actifs, mais dans cette période de disettes, qui voudrait en acheter ?

Chevron cumule une dette de $ 34 milliards pour un chiffre d’affaires de $ 120 milliards. De ce côté, c’est assez bien.

 

Shell

Ben van Beurden, le PDG, annonce une “nouvelle ère de croissance des dividendes”. Du coup, il a augmenté ses dividendes de 4 % à 16,65 ct.

Là aussi, afin de garder des dividendes, les emplois sont sabrés et les coûts minimisés. Plus de 16’000 postes ont été supprimés ce mois.

A contrario des deux américaines, au 3ème trimestre, Shell a réalisé un bénéfice de $ 955 millions contre 4,8 milliards en 2019. Bel exploit.

Les dettes de Shell se montent actuellement à $ 73,5 milliards. Pour vous imaginez 70 milliards $: cela représente les dettes cumulées d’EDF et Areva avant que l’Etat français n’intervienne. C’est aussi la moitié de la fortune de Jeff Bezos, d’Amazon. Bon là, avec cet exemple, ça paraît tout petit. Mais quand même, ça représente quelques mois de salaire pour un ouvrier moyen.

 

BP

L’entreprise anglaise termine son 3ème trimestre sur un bénéfice de $ 86 millions contre un bénéfice de 2,3 milliards sur la même période l’année passée.

Son PDG, Bernard Looney, a promis d’effectuer un changement stratégique et de devenir zéro carbone d’ici à 2050, mais n’a pas apporté le mode d’emploi pour y arriver.

Contrairement à Exxon, Chevron, Shell ou Saudi Aramco, BP a décidé de couper dans les dividendes. Un crime de lèse majesté dans l’industrie. Mais le changement de paradigme est à saluer.

BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs d’ici à 2025, pour autant qu’elle trouve des acheteurs. Comme pour Shell, BP cumule $ 68 milliards de dettes dont une grande partie à cause de la catastrophe DeepWater Horizon du 23 avril 2010. (lire l’article de 2010)

 

On donnera l’avant dernier mot, au géant pétrolier Russe. Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

Le mot de la fin, on le donnera au nouveau président des Etats-Unis et au coronavirus.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Pour cette édition spéciale américaine, à l’agenda:
– La présidentielle américaine: Un show a 14 milliards $
– Japon: L’eau contaminée de Fukushima déversée dans le Pacifique
– Etats-Unis: General Motors lance un Hummer électrique de 1’000 chevaux
– France: Pour 7 milliards, Engie veut importer du gaz de schiste américain
– Chine: Une voiture électrique à 5’000$ fait un tabac
– Australie: La plus grande installation solaire dans le monde
– Libye: Le pays pourrait à nouveau exporter 1 million de b/j de pétrole.


 

Ce mois le pétrole a chu ou a atchoumé, c’est selon. Mais dans les deux cas, le coronavirus est passé par là. Le reconfinement est synonyme de moins de trajets en voiture, moins de camelotes achetées, moins de transports en bateaux, moins d’avions. Bref, tous les composants pour que le baril de pétrole dégringole.

Finalement, il laisse des plumes pour se trouver à $37,45 ($40,95 fin septembre) à Londres et $35.59 ($39,87 fin septembre) proche de la Trump Tower.

Cette édition est illustrée par nos deux champions américains et notamment avec leurs pubs. Amusez-vous bien. D’ailleurs leur spectacle devrait soit se terminer le 3 novembre, soit commencer pour de bon.

Ceci est une version abrégée. Vous trouvez la revue entière sur 2000Watts.Org.

 

 Graphique du mois
PIB mondial et production pétrolière

Climat

Le mois de septembre aura été le plus chaud depuis 1880. L’année 2020 pourrait être la plus chaude et devancer 2016. Aucune surprise. La question est de savoir où cela va s’arrêter ?

Après les satellites qui mesurent les fuites de méthane dans les forages de gaz, un nouveau type de satellite va maintenant scruter la hauteur des océans. Sentinel-6 va mettre à jour, au millimètre près, l’augmentation des niveaux des mers et des océans.

 

Solaire

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que le solaire est la source de production d’électricité la meilleur marché devant le charbon et le gaz. Au Moyen-Orient, des contrats solaires se sont négociés sous les $ 2 ct le kWh et le Portugal atteint même les 1,6 ct $. Qui l’aurait cru! En 10 ans, les prix des composants solaires ont chuté de 90%.

La marge de progression est encore grande car le taux de conversion du solaire n’est que de 17 à 20%.

En Suisse, pour une villa, le kWh revient à Frs 12-14 ct. Avec l’autoconsommation, des rendements financiers de 8 à 10% deviennent courant.

Pour la première fois depuis la création de Wall Street, un fournisseur d’énergies renouvelables, NextEra, a affiché une valorisation boursière supérieure à celle des géants pétroliers ExxonMobil et Chevron.

Grâce à la pérovskite, la National Renewable Energy Laboratory américaine espère faire monter le taux de conversion des panneaux solaires à 25%. Dans certains laboratoires, ce taux arrive, en théorie, à 66%. A ces niveaux, la planète risque de déborder d’électricité.

 

Did Something Happen to Joe Biden? Pub supportée par Trump

 

Hydrogène

Pendant des décennies, l’hydrogène était considérée comme trop chère et pas très pratique. Depuis quelques mois, Wall Street a changé d’avis et loue tant sa versatilité que son utilité. Bank of America pense que le point de bascule a été atteint tant sur le côté financier que de l’utilité. (lire article: Hydrogène notre meilleur plan B).

Gros bémol. Selon l’IRENA, 95% de la production hydrogène mondiale provient actuellement des énergies fossiles. L’hydrogène vert pourra changer la donne, mais il y a encore du chemin à faire. Par contre, si vous êtes un investisseur, vous y verrez de belles opportunités.

 

Finance

Mais où est passé une partie des stimulus économiques des banques centrales ?

Selon l’UBS, le “club des milliardaires” cumule une fortune de 10’200 milliards $ à la fin juillet contre 8’900 en juillet 2017 (+1’800 milliards).

Sur la même période, les revenus des milliardaires Suisse a bondi de 29% à 123,5 milliards $.

 

Dessin Chappatte

 

Pic Nucléaire ?

Alors que les énergies propres ont le vent en poupe, le nucléaire souffre et s’essouffle. Aurions-nous déjà atteint le peak nucléaire?

Le World Nuclear Industry Status Report souligne qu’au niveau mondial l’énergie nucléaire est devenue la production la plus onéreuse dans la production d’électricité. Même la Chine tend à réduire son plan initial, ralenti par des délais de construction et des coûts de construction dispendieux.

De plus, les déchets radioactifs ne cessent de s’accumuler et personne n’a de solution. Toujours selon la WNISR, il y a actuellement 411 réacteurs en activité soit 27 sous la quantité record et la baisse de production est de 8 GW en une année.

 

Vous avez regardé le premier débat?

Dessin: Signe Signe Wilkinson

 

Les deux pays au hit parade du mois

USA

Sans aucune surprise, tous les yeux sont tournés vers les Etats-Unis.

Les démocrates et des républicains ont réussi à quémander 14 milliards $, soit le double de l’édition 2016.  Les deux zozos se partagent le 50% du pactole alors que les sénateurs se partagent les 7 milliards restants. Honteux, indécent, normal? à vous de choisir.

Le Républicain, Paul Shumaker pense que “l’argent est le nerf de la politique américaine. Il faut considérer la politique américaine comme le plus pur exemple du libéralisme économique sur cette planète.”

Le pétrolier ExxonMobil est en train d’étudier la nécessité de supprimer certains emplois aux USA et au Canada. Le nombre de licenciement sera publié après les élections présidentielles. Cette méthodologie laisse à supposer que le chiffre sera conséquent et aurait pu faire de l’ombre à Trump.

Cette année, 84 entreprises pétrolières américaines ont annoncé leur faillite contre 142 lors de la crise de 2016. Par contre, au niveau de l’ardoise, c’est un trou de 89 milliards $ contre 70 en 2016. La 2ème vague de Corona, le virus pas la bière, pourrait pousser les pertes à plus de 100 milliards $. Si l’envie vous prend d’investir dans le pétrole, asseyez-vous et attendez que cela passe.

Quel sera l’énergie de choix du prochain président? (lire article)

Le département de la protection de l’Environnement, EPA, propose que les raffineries pétrolières et les unités de production d’électricité au charbon et au gaz n’aient plus besoin de demander d’autorisations de construire ou de s’aligner sur les réglementations antipollutions.

Boeing va supprimer 7’000 emplois en 2021. En début de pandémie, il y avait 160’000 employés, il devrait en rester 130’000.

De son côté, si elle ne reçoit pas des subsides, American Airlines a menacé de licencier 32’000 employés.

General Motors a transformé une usine en fabrique de voitures électriques. La Factory Zero propose des voitures zéro-émission, zéro crash et j’ai gardé le meilleur pour la fin, zéro congestion du trafic (je vous assure qu’il ne s’agit pas d’une erreur de traduction)!

Naïvement, on aurait pu penser que GM effectue sa mue par une petite voiture, surtout pour l’option zéro congestion dans le trafic. Et bien non, GM débute avec un monstre: un Hummer électrique de 1’000 chevaux avec l’option “trouver une place de parc assez grande” certainement en option.

 

 

Maui, la deuxième plus grande île d’Hawaï, poursuit les 20 plus grandes entreprises pétrolières à cause du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau des océans qui menace l’île.

On reste avec le département de l’Energie qui met sur la table 100 millions $ pour les 5 prochaines années afin de remplacer le diesel par de l’hydrogène pour les camions. Le département va soutenir 2 consortiums afin de réduire les coûts de production et d’accélérer l’adoption de l’hydrogène dans le pays.

 

President Trump Says He’ll Leave America if He Loses, Joe Biden For President 2020

 

Japon

Pays très touché par le réchauffement climatique, le Japon désire devenir neutre en carbone d’ici à 2050. Le 5ème plus grand pollueur de la planète avec 1,24 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 2018, compte sur ses entreprises pour trouver des solutions et créer des emplois.

Le gouvernement a décidé de déverser dans le Pacifique, les tonnes d’eau radioactive utilisées pour refroidir les réacteurs de Fukushima. Les coûts de stockage sont tellement pharaoniques, qu’il est économiquement judicieux d’utiliser l’océan comme dépotoir. La Corée du Sud et les pécheurs de Fukushima ont annoncé leur désaccord. Initialement, ce déversement aurait dû être réalisé après les Jeux Olympiques de Tokyo, mais le coronavirus a reporté les JO d’une année. La quantité d’eau est telle, que le gouvernement ne peut plus attendre.

Le premier train japonais propulsé à l’hydrogène est en cours de construction avec Toyota, Hitachi et les trains japonais.

 

A part un masque, qu’est-ce qui pourrait me protéger quand je parle en public?
Un ruban adhésif.
Dessin Ken Catalino

Europe

Angleterre

National Grid Plc a débuté sa phase finale afin de connecter électriquement la France à l’Angleterre avec un câble sous-marin. Dans cette configuration, la production éolienne de la Mer du Nord pourra rejoindre le continent.

L’ionBird de Rolls-Royce a terminé ses tests afin de propulser l’avion électrique le plus rapide au monde. Il s’agit d’un avion de course pas de ligne. L’objectif est de dépasser les 650 km/h. La batterie est capable de stocker de l’énergie pour 250 ménages. A terme, l’hydrogène remplacera la batterie qui alimentera le moteur électrique.

Easyjet a vendu 9 avions pour alléger la voilure. La lumière au bout du tunnel semble être un autre train qui arrive, ce qui dans l’aviation est paradoxal.

 

Russie

La Russie a extrait 9.93 millions b/j de pétrole en septembre, +0,6%.  En mai, les quotas de l’OPEP+ limitait sa production à 8,4 millions b/j.  Moscou pense que le marché pétrolier va remonter lentement, mais sûrement. Reste à trouver la date de ce renouveau.

L’OPEP+ va se rencontrer à la fin du mois de novembre pour faire le point. Les marchés croulent à nouveau sous le pétrole alors que la demande continue de diminuer.

Le Danemark a retiré les derniers obstacles à la construction du gazoduc Nord Stream 2, qui relie en gaz la Russie et l’Allemagne. Le pays était sous une pression importante du gouvernement Trump afin de bloquer ce projet. D’ailleurs Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre les entreprises qui participent à sa réalisation.

Le géant pétrolier Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

 

France

Sitôt vendu sa participation dans Suez Environnement à Veolia, Engie fait des siennes. Le géant français de gaz négocie depuis plusieurs mois un contrat de 7 milliards $ avec le texan NextDecade pour des livraisons de gaz de schiste américain.

Le gaz de schiste américain est la plus polluante forme de gaz et il est plus nocif pour la planète que le charbon notamment avec ses émanations de méthane. De plus, si Engie se tourne vers les USA, c’est pour bénéficier de tarifs très avantageux.

Cependant, les marges actuelles sur la vente de gaz dépassent les 10 fois. Le client achète à 10€ ce qu’Engie achète à moins d’un euro. Pour tous les gaziers, la vente de gaz génère des bénéfices monstrueux. Acheter du schiste américain à des prix bradés, permet d’augmenter cette montagne de cash. La France n’est pas à une contraction prête sur sa stratégie climatique.

 

La tempête Alex, une énorme bombe climatique, a ravagé le sud de la France.
Les pluies diluviennes ont ravagé les Alpes-Maritimes avec plus de 500 lt d’eau au m2
en quelques heures.

 

Suisse

Philipp Hildebrand, Vice-Président de BlackRock et directeur du directeur de la Banque Nationale Suisse, a été proposé comme directeur de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE).

Il y a quelques années, le brave homme avait démissionné pour une affaire d’escroquerie. Depuis qu’il a rejoint BlackRock, les investissements de la BNS dans le pétrole, le charbon et le gaz américain ont été multipliés par 10. Sa mutation serait un splendide coup pour BlackRock.

Le fabricant de scie à silicium et de panneaux solaires, Meyer Burger, va renoncer au marché chinois accusé de “copier sans vergogne les innovations” selon l’entreprise.

Leclancher Capacitor, qui avait déjà passé en mains françaises, va délocaliser en Allemagne et licencier ses 12 employés helvètes. La Suisse n’est décidément pas un havre de paix pour les entreprises énergétiques innovantes.

Covid, hors sujet mais intéressant: pour connaître le nombre de lits disponibles  en soins intensifs en Suisse.

 

Dessin: Signe Signe Wilkinson

Allemagne

Volkswagen va couper 9’500 emplois et va fermer des usines en Allemagne. Par contre, le constructeur investi 17 milliards $ en Chine afin de construire 15 modèles électriques d’ici à 2025. Pour le plus grand bonheur de Pékin, qui a implémenté une stratégie gagnante, le transfert de main d’œuvre de l’industrie automobile est en train de s’opérer.

L’industrie allemande de l’automobile concerne 2 millions d’emplois et pèse 5% du PIB.

L’aéroport de Berlin Brandenburg a été inauguré avec 9 années de retard et 4 milliards $ de dépassement. Il ouvre alors que l’aviation est clouée au sol. Quand ça veut pas, ça veut pas !

 

Pologne

Le gouvernement polonais pourrait annoncer la construction d’une centrale nucléaire américaine pour un montant de 18 milliards $. La Pologne voudrait réduire sa dépendance au gaz russe et aux mines de charbon qui s’épuisent ainsi qu’à la pression européenne de réduire ses émissions de CO2.

Varsovie a choisi les USA face à la Russie et la Chine. Ca, c’est pour le côté glamour.

Cependant, il y a un minuscule détail. Comme les USA ne fournissent pas d’uranium, il n’est pas impossible que la Pologne doive se tourner vers la Chine, le Kazakhstan ou la Russie pour alimenter en combustible nucléaire sa centrale.

 

Laughed At. Pub de Joe Biden contre Donald Trump

 

Asie

Chine

L’américain General Motors fait un tabac avec sa voiture électrique Hongguang Mini EV à 5’000$. La petite peut parcourir 170 km et 50’000 commandes ont été passées.

De son côté, en Chine Tesla a diminué ses prix de son Model 3 à $36’800, une fois les subsides enlevés, pour faire face à la concurrence.

Pékin est en train de ratisser large afin de capturer un maximum de part de marché et d’emplois dans la construction de voitures électriques. Bloomberg pense que 500 millions de véhicules électriques seront en circulation en 2040, sans expliquer où les matières premières seront trouvées. Au même titre que les industries solaire, nucléaire et éolienne, les constructeurs automobiles européens semblent avoir perdu la partie.

 

Inde

Suite au coronavirus, le PIB du pays a chuté de 24% en juin et la consommation énergétique a suivi la tendance.

L’Inde compte sur le diesel pour alimenter sa croissance économique. D’ailleurs une solide partie des voitures aux moteurs truqués ont été vendues par VW, Audi, etc.  dans le pays. Cependant, depuis le corona, le diesel peine à reprendre du poil de la bête, ce qui pose un problème financier aux raffineries.

 

Australie

La plus grande centrale solaire au monde pourrait voir le jour d’ici à 2026 avec une capacité de 10 gigawatts. Les 2/3 de la production sera exportée et vendue à Singapour.

L’opération coûtera 12 milliards € et un câble sous-marin transportera l’électricité entre les deux pays.

 

Dessin: Malcolm Mayes Edmonton Journal

 

Les Amériques

USA Schiste

Le pétrole de schiste est devenu un enjeu de la présidentielle. Trump pense que Biden va le tuer (le schiste pas Trump) notamment en Pennsylvanie et au Texas, deux Etats important pour le pétrole et le réservoir d’électeurs. De son côté, Biden a rétropédalé sur ses positions tranchées sur le schiste. Aux USA, le 95% des nouveaux forages sont dans le schiste notamment dans le Nouveau-Mexique.

 

 Biden Would Destroy the Oil Industry. Pub Trump contre Biden

 

ConocoPhililips a mis 9,7 milliards $ pour racheter Concho Resources. Un record pour l’année 2020. Conoco entre dans les cours des grands parmi Occidental et Chevron. Le pari est risqué, mais le schiste entre dans une phase de consolidation où les petits producteurs disparaissent.

 

Argentine

Le gouvernement espère attirer pour 5 milliards $ d’investissements dans le but de développer ses gisements de gaz de schiste dans la région de la Vaca Muerta. L’objectif semble éloigné alors que la production a chuté et qu’ExxonMobil est l’un des derniers grands acteurs de la région.

 

Dessin: Graeme MacKay

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le pays a effectué sa première livraison «d’ammoniaque bleue» à Tokyo. Le Japon l’utilise afin de générer de l’électricité. Le royaume converti le pétrole en hydrogène et ensuite en ammoniaque tout en récupérant le CO2 pour ses forages.

Bien que le pays tente de monter un certain aplomb économique, la réalité d’un baril à 40$ pourrait creuser un trou de 490 milliards $ entre 2020 et 2023.

L’Etat Islamique appelle ses membres à cibler l’Arabie Saoudite à cause de son rapprochement avec Israël. Dans les viseurs : les installations pétrolières, raffineries ou pipelines.

Le PIB du pays a chuté de 7%, ce qui est un bon score en comparaison avec certains pays de la région. Cependant, la baisse des cours du baril avec le coronavirus montrent l’urgence de diversifier l’Economie, à moins que le réchauffement climatique le rende invivable.

 

Israël

Après un accord de collaboration et de paix au mois d’août, les Emirats Arabes Unis et Israël ont signé un accord afin de livrer le pétrole Arabe en Europe via un pipeline, qui connecte la Mer Rouge à la Méditerranée. Bon, il va falloir attendre un peu, car le président turc, Erdogan, pourrait s’y opposer.

Sous le sponsoring de l’administration Trump, le Soudan vient également de signer un accord de paix et de reconnaissance d’Israël, après Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu offre à son ami Trump des succès avant l’élection et profite de l’aubaine.

Comme retour d’ascenseur, Israël pourra acheter des bombardiers F-22 et ses bombes de 14 tonnes, ainsi que des F35 et des hélicoptères V22 aux américains et conserver une longueur d’avance sur les autres pays de la région.

 

Afrique

Libye

Depuis le 18 septembre, le général Haftar a autorisé l’exportation de pétrole. De moins de 100’000 b/j, le pays serait en train d’extraire 500’000 b/j avec la perspective de voir de l’argent revenir dans les caisses d’un pays en grande peine. L’objectif d’extraire 1 million b/j pourrait être atteint.

L’arrivée du brut Libyen sur les marchés et de la nouvelle vague de corona poussent les prix à la baisse.

 

Phrases du mois

A l’Agence Internationale de l’Energie, nous croyons que le temps de l’hydrogène est arrivé.” Fatih Birol, directeur.

L’exploitation de charbon, de l’industrie du gaz naturel et le pétrole ne seront pas fondamentalement modifiés. Ils sont déjà en transition. Ce que je dis, c’est que nous ne continuerons pas de subventionner, d’accorder des allégements fiscaux aux pétrolières qui s’élèvent aujourd’hui à 40 milliards $. Ils n’obtiendront pas cela, et cet argent sera investi dans la recherche et le développement pour comprendre comment capturer le carbone ce qui se dégage du gaz et du pétrole.” Joe Biden

With the tremendous progress we have made over the past three years, America is now energy independent.”  Donald J. Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– World Energy Outlook: Le monde aurait atteint le pic de la demande
– USA: Le pétrole de schiste est en train de s’écrouler
– Hydrogène: Airbus y voit ses futurs avions et les pays des emplois et l’indépendance
– Chine: Xi Jinping annonce un objectif zéro carbone d’ici à 2060
– Iran: Les stocks d’uranium enrichis augmentent à 2’105 kg soit 10 fois la limite
– Libye: Le calme revient tout comme le pétrole
– OPEP: Le cartel de l’or noir fête ses 60 ans.


Traditionnellement, le mois de septembre est un mois chahuté à la bourse. Et bien, la tradition a été respectée. Même dans cette atmosphère, le pétrole a fermé les yeux et poussé un gros roupillon, comme s’il avait été atteint par un virus.

A Londres, le Brent termine le mois avec un masque sur le nez à $40,95 ($45,53 fin août). A New York, au coeur de la Trump Tower, il ne paie pas ses impôts car 39,87 ($42,81 fin août) le baril, vous ne payez pas d’impôts.

 

 Graphique du mois
BP Outlook Energy : Sommes nous au peak oil?

3 scénarios énergétiques: Décrue Rapide, Zéro carbone à 2050, Comme d’habitude
Source: BP Outlook Energy 2020

 

Climat

La taille minimale de la banquise Arctique a été atteinte le 15 septembre 2020 avec 3,74 millions de km2, soit la deuxième superficie la plus petite enregistrée depuis la prise des mesures. La banquise du Nord disparaît plus vite que les prévisions des modèles climatiques. Zut, alors que nous pensions pouvoir laisser ce problème pour nos enfants, nous risquons d’en subir les conséquences. C’est pas juste !

Les USA alignent les cyclones et les tornades au point d’avoir épuisé toutes les lettres de l’alphabet. Dans la série, l’ouragan Laura aura été la plus musclée. Pendant ce temps, la Californie subit les mêmes incendies que l’Australie en début d’année.

Une masse de glace de 113km2 s’est détachée du plus grand glacier existant encore dans l’Arctique, le glacier 79 N au Groenland. Depuis 1999, la calotte de glace du glacier 79 N a perdu 160 km² et la vitesse ne fait que d’augmenter.

 

 

Pétrole

Selon BP et son fameux «Global Energy Outlook 2020», le peak oil serait déjà atteint et plus particulièrement le pic de la demande. L’extraction pétrolière pourrait diminuer à 55 millions barils par jour (b/j) en 2050 contre 100 millions en janvier dernier.

Pour 2020, la consommation de pétrole a chuté à 90,2 millions b/j soit une baisse de 9,5 millions b/j depuis le début de l’année. C’est la plus grosse chute depuis l’histoire du pétrole. Autre événement historique pour 2020, pour la première fois, le pétrole est passé sous la barre des zéro dollar.

Est-ce que les livres d’histoire se souviendront de 2020 comme l’année du peak oil et d’un tournant énergétique? La question trouvera une réponse dans les années à venir.

 

OPEP

Le cartel a fêté ses 60 ans, mais il n’a plus toutes ses dents ou en tout cas plus tout son mordant. Actuellement, les 13 membres produisent 24,37 millions b/j  alors que leur principal partenaire, la Russie en extrait 12,67 millions b/j.

En avril, le cartel avait enlevé des marchés 9,7 millions b/j pour faire remonter les cours. Pour la fin de l’année, les quotas indiquent toujours une diminution de de 7,7 millions b/j.

 

Voitures électriques

Parler de voitures électriques après le pétrole de l’OPEP ne manque pas de piquant.

Le constructeur américain GM et le chinois LG Chem se sont unis pour produire la batterie “Ultium” d’une autonomie de 600 km, à recharge rapide et sans fil. Le tout à un prix très bas soit à moins de 100$ kWh. Ce prix était encore impensable il y a 3 ans.

De son côté, Tesla pense pouvoir arriver à $ 70 kWh d’ici à 2 ans. A ce prix, les voitures thermiques deviennent plus dispendieuses. De plus, Elon Musk annonce un modèle commercialisé à 25’000$.

Dans les faits, le prix des batteries a diminué de 87% depuis 2010 pour arriver à $156 kWh. Dans quelques années, il sera intéressant de comparer ces chiffres et tendances avec la voiture à hydrogène. (est-ce que l’hydrogène est notre meilleur plan B?)

 

Aviation

Parmi les 30 plus grandes compagnies aériennes au monde, les plus lucratives sont celles qui transportent des marchandises, pas des personnes. Le lieu de départ est de préférence en Corée du Sud ou Taiwan. Ces transporteurs du ciel bénéficient d’une hausse d’envois de composants technologiques et de gadgets.

Airbus travaille sur trois concepts d’avions à hydrogène d’ici à 2035. Le constructeur aéronautique a déjà recours à la propulsion à hydrogène pour ses satellites et la fusée Ariane. De son côté, General Motors planche sur un Drone-Taxi à hydrogène, dans un marché qui n’existe pas encore et qui ressemble furieusement au 5ème élément.

L’industrie aéronautique a de la peine à rebondir et c’est un euphémisme. Pas facile de se convaincre de passer 3 heures dans une boîte à sardines alors que la saison des nez qui coulent et de la toux débute. Ainsi, les vols internationaux ont à nouveau ralenti depuis août.

Il est à noté que les compagnies d’aviations ne paient pas de TVA sur les carburants et qu’une grande partie d’entre elles ont reçu des subsides de leur gouvernement.

La consommation de kérosène sera encore à la peine pour l’hiver. Il est l’un des carburants pétroliers les plus chers. Cependant, sa date de péremption n’est que de quelques mois. Ensuite, il doit être utilisé ou dilué. Actuellement, la deuxième option est privilégiée afin d’alimenter en diesel la marine marchande.

 

 

Transports maritimes

Tiens puisque l’on parle de bateaux, la location d’un tanker pétrolier a chuté à 27’900$ par jour. En début d’année, il fallait compter 68’000$ pour 24 heures.

Avec des tarifs aussi avantageux, les tankers sont utilisés comme solution de stockage en haute mer et leur cargaison revendue quand les cours du marché sont plus favorables.

 

Charbon

Alors que les USA et l’Europe diminuent leur appétit en lignite, l’Inde et la Chine suivent la tendance inverse. Mais les choses évoluent, à suivre.

Le président Moon Jae-In, de la Corée du Sud, le 3ème importateur mondial, a annoncé que 30 centrales à charbon seraient fermées d’ici à 2034 pendant que le solaire et l’éolien seront triplés d’ici à 2025.

De son côté, le Japon va fermer 100 centrales à charbon d’ici à 2030 et compte sur l’éolien offshore et le stockage à hydrogène.

 

La une du Magazine américain Sierra
“La fin du pétrole est proche. La pandémie pourrait envoyer l’industrie pétrolière au cimetière”

 

 

Dans le top 3 du Hit Parade du mois

Les Etats-Unis

Les yeux sont rivés sur les USA tant au niveau politique qu’énergétique.

Le mois se termine sur un face à face TV entre les deux gentlemen qui désirent accéder ou rester à la Maison Blanche. Impossible de dire quel est le programme des deux zigotos tant les sujets de la campagne se focalisent sur “est-il dopé pour le débat” “arrive-t-il à rouler à vélo” “combien d’impôts paie-t-il” ?

La production pétrolière américaine touchait les 13 millions b/j en début d’année pour passer sous les 11 millions en juillet. Les pertes d’emplois dépassent les 100’000 selon Rystad Energy et le nombre de forages est en baisse de 70% en une année. Cela ressemble à un champ de bataille, un peu comme les élections et dans les rues de certaines villes.

Afin de maintenir une production de 11 millions b/j, les USA auraient besoin d’environ 450 gisements. Actuellement, il y en a 147. Selon la rapidité de la mise en service de nouveaux forages et de la capacité financière, la production pétrolière américaine pourrait diminuer de moitié d’ici à la moitié 2021.

Le magazine World Oil annonce que 11’000 nouveaux forages pétroliers seront effectués cette année, au plus bas depuis 90 ans!  En 1931, 11’716 forages avaient été effectués contre 22’000 en 2019.

En août, 16 entreprises pétrolières et gazières, dont Chaparral et Valaris, ont fait faillite selon Haynes and Boone. Durant les 8 derniers mois, plus de 85 milliards $ ont été perdus. Si le baril reste dans la région des 40$, 190 entreprises pétrolières passeront par la case faillite selon Rystad. Si vous avez investi sur ces chevaux et si vous lisez cette revue, c’est que vous faîtes certainement partie du staff de la Banque Nationale Suisse.

 

Graffiti photographié dans une rue de Porto

 

Comme les bourses sont en manque, la Réserve Fédérale Américaine pourrait réinjecter 2’400 milliards $ dans le système. A ce rythme, l’effondrement total du système n’est plus très loin car à force d’injecter des milliers de milliards, pour donner l’impression que tout va bien, il y a forcément un moment où il n’y aura plus assez d’arbres pour imprimer les billets.

Elon Musk annonce une voiture électrique Tesla à 25’000$ d’ici à 3 ans. Du côté du constructeur de camion électrique et à hydrogène, le CEO de Nikola, Trevor Milton, a été débarqué pour fraude. L’entreprise avait filmé un camion en train de descendre une montagne. Détail, pour arriver au sommet de la pente, il avait été tracté.

Carnival Corp, 45% des bateaux de croisières dans le monde, a annoncé son intention de vendre 18 vaisseaux. Carnival possède notamment les compagnies Costa et Princess.

Le secteur nucléaire américain n’a jamais réussi à contrer l’émergence du gaz de schiste américain et poursuit son déclin. Paradoxalement, les menaces climatiques planent sur le secteur comme le manque d’eau ou une eau trop chaude incongrue pour le refroidissement des réacteurs. Le gouvernement Trump vient d’offrir 65 millions $ de subventions afin d’aider l’industrie et notamment les cybermenaces.

D’ici à 2035, il ne sera plus possible d’acheter une voiture à pétrole ou à gaz en Californie, ainsi en a décidé le gouverneur.

(FED: Réserve Fédérale Américaine)

 

Chine

Le président Xi Jinping souhaite que la Chine devienne neutre en carbone d’ici à 2060. L’annonce étonne. Est-ce un effet de communication ou une volonté réelle? Si la deuxième solution est privilégiée, la grande question est : comment ?

Actuellement, la Chine détient la première place dans les émissions de gaz à effet de serre. La Chine ingurgite la moitié du charbon mondial et importe la plus grande quantité de gaz au monde. Cependant, la structure hiérarchique du pays pourrait lui permettre de réaliser cette ambition bien plus rapidement que les autres pays. Pour prendre le leadership aux américains, le pays va devoir détenir l’arme énergétique.

Depuis août, Pékin a réduit ses importations pétrolières. Le passage des cours sur les 40$ n’est pas étranger à ce changement. La Chine a acheté de grandes quantités de pétrole américain à prix bradés, histoire de réduire ses dépenses et de remplir les quotas conclus avec les américains.

40 avions militaires ont traversé la frontière de Taiwan à plus de 40 reprises alors que le secrétaire américain à l’Economie, Keith Krach, se trouvait à Taipei pour une visite de 3 jours. C’est la troisième fois depuis 1999, que des avions militaires chinois traversent la frontière. Il faudra attendre quelques mois afin de découvrir la véritable stratégie chinoise dans ce domaine.

 

Allemagne

Heureusement pour la chancelière Angela Merkel qu’Alexeï Navalni, l’opposant à Vladimir, est sorti de son coma et qu’il va mieux. Des voix s’élevaient pour ne pas terminer le gazoduc Nord Stream 2 qui doit transporter le gaz russe directement dans les industries allemandes. Il reste encore 150 km de pipeline à installer pour le terminer. Nord Stream 2 doublera les livraisons de gaz russe déjà effectué par le gazoduc Nord Stream 1.

Pour la construction de nouveaux modèles de voitures électriques, Volkswagen va investir 15 milliards € en … Chine.

Malgré les € 9 milliards du gouvernement dans Lufthansa, la compagnie aérienne va licencier 22’000 personnes ainsi que mettre au repos 8 Airbus A380 et 10 avions A340.

Et le gouvernement a également mis € 9 milliards sur la table afin de soutenir l’industrie à hydrogène. Dans ce domaine l’Allemagne semble avoir une longueur d’avance.

 

Dessin: Chappatte

 

Europe

Durant les 6 premiers mois de l’année, parmi les 7 plus grands producteurs la production d’électricité à partir du charbon a diminué de 44% alors que la proportion des énergies propres a augmenté de 38%.

 

Turquie – Grèce – Chypre – France – Israël

Au large de la Grèce, d’Israël et de Chypre, une poche gazière est convoitée par la Turquie. Cela reprend un peu le concept du moustique attiré par la lumière, mais cette fois avec du gaz.

Ankara pense qu’une partie de ce gaz se trouve dans les eaux territoriales de Chypre du Nord. Et ça tombe bien car selon Ankara, Chypre du Nord est la propriété de la Turquie, dont ce gaz lui appartient.

C’est justement là, où le grand copain de Recep Tayyip Erdoğan, le président Macron, a envoyé la marine nationale française pour comparer les muscles des protagonistes. Bon, pour faire déplacer un porte-avions, il est nécessaire d’avoir une bonne excuse.

Ainsi, la Grèce a acheté 18 avions de chasseurs Rafale, la rénovation de 4 frégates, des armes antichars, de torpilles et de quelques missiles. Bref, un coup de pouce à l’industrie française en échange des muscles d’autant que 8 premiers chasseurs d’occasion seront livrés très rapidement.

Du côté de la Turquie, les recherches gazières du bateau Oruç Reis ont été mises sur pause alors que l’achat de chasseurs furtifs Sukhoi SU-35 Russe avance.

Pour l’instant, la pression est redescendue, mais il est improbable que la Turquie abandonne toute cette énergie.

 

Suisse

Après 3 années de palabres, le gouvernement a opté pour la réduction de 50% les émissions de CO2 d’ici à 2030. Sur cette quantité, 25% de droits de polluer seront achetés en dehors de la Suisse. La sélection se fera parmi les pays qui offrent un ratio prix/tonne CO2 des plus avantageux.

De plus, les différents mécanismes lèveront une cagnotte d’un milliard frs afin de financer des projets d’efficience énergétique. Le plus drôle serait que l’Union Pétrolière Suisse ou Gaz Suisse soit en charge de ces fonds. Ne rigolez pas, l’Union Pétrolière Suisse gère déjà les milliards générés par la taxe sur l’essence. Le peuple devra encore valider cette loi.

Les vols EasyJet cartonnent en Suisse. Entre juillet et août, le taux d’occupation moyen fut de 84%. “Jusqu’à ce jour, le marché Suisse est resté plus porteur que celui de tous les autres pays d’Europe” selon Jean-Marc Thévenaz, directeur Suisse. Ces chiffres ne démentent pas la propension des helvètes à prendre l’avion.

On reste dans les avions. Le peuple a voté à 50,1% pour l’achat de 6 milliards fr d’avions de chasse. Comme quoi, même un gouvernement a des pulsions consuméristes, de type Zalando, et achète des objets dont il n’a aucunement besoin.

Sur la proposition de Vassilis Venizelos, le Conseil d’État du Canton de Vaud a décidé d’interpeller la Banque Nationale Suisse (BNS) afin que le fonds d’investissements démontre sa compréhension de l’accord de Paris sur le climat et de la logique de ses placements dans le pétrole, le gaz et le charbon. Si tout se passe comme prévu, la BNS devrait envoyer balader le Canton de Vaud.

 

Dessin Chappatte.
Le peuple Suisse a accepté l’achat d’avions de combat pour 6 milliards frs

 

France

Un plan de relance à € 100 milliards de l’économie française propose 30 milliards € pour l’écologie. Le ministère de la transition écologique aura ainsi un budget de 48,6 milliards €, dont 16,2 pour les logements, 9 milliards pour le service public de l’énergie et le renouvelables, 8 milliards pour les transports et 2,5 pour l’eau. Dans ce plan, l’énergie nucléaire, l’ancien cheval de bataille de la France, passe aux oubliettes avec 470 millions €. L’accent est clairement mis sur les énergies propres et l’hydrogène.

Pour les 10 prochaines années, la France aimerait investir 7,2 milliards € dans le domaine de l’hydrogène dont 2 durant les 2 prochaines années.

Dès le 1er octobre, les prix du gaz vont augmenter en France. C’est bizarre, sur les marchés les prix du gaz n’ont jamais été aussi bas.

Au sujet de la 5G, le président Macron insiste pour son installation via une phrase mythique. “J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile!” En même temps, revenir à la lampe à huile est impossible, car il n’y a plus assez de baleines !

 

Angleterre

BP pense que le pic de pétrole pourrait être atteint dans les années à venir notamment grâce à la chute de la demande créé par le coronavirus. Sir Looney, son PDG, est convaincu que l’activation des énergies renouvelables payera à long terme pour BP. Ainsi, le géant pétrolier a injecté 1,1 milliard $ pour 50% des actions dans deux projets éoliens aux USA en collaboration avec le pétrolier norvégien Equinor. Bien que ce montant soit ridicule par rapport aux investissements de l’entreprise, l’effort est louable.

Cependant, pour l’instant, les investisseurs ne semblent pas être convaincus par le virage de BP et l’action est au plus bas depuis 25 ans. Quand les fonds d’investissements Vanguard et Blackrock passeront du greenwaching à la mise en pratique de leurs communiqués de presse, BP pourra être récompensé.

Le BP Energy Annual Outlook est sorti avec 6 mois de retard histoire d’attendre le coronavirus. Le pétrolier présente 3 scénarios : Rapide, Zéro Emission 2050 et Comme d’Habitude. Dans les deux premiers scénarios, on assiste au déclin du pétrole et du charbon, une baisse linéaire du gaz jusqu’en 2035 et surtout une forte hausse des énergies renouvelables et de l’utilisation de l’hydrogène.

Il y a quelques années, Hurricane Energy Plc avait claironné la richesse du sol dans le Lancaster notamment en gaz et pétrole de schiste. Elle avait fait pression sur le gouvernement afin d’autoriser l’extraction de schiste qui aurait offert l’indépendance énergétique au pays. Bingo ! L’entreprise annonce que ses estimations étaient surestimées. Elle a coupé ses réserves de moitié. Et l’indépendance énergétique du pays ce résume en un mot: Heu!

 

(Jay Powell, directeur de la Réserve Fédérale Américaine)

 

Les Amériques

USA Schiste

Le schiste américain est en situation d’effondrement. Les gouvernements Obama-Biden et Trump ont largement surfé sur cette vague d’énergie bon marché pour faire rebondir l’économie US après la crise de 2008.

Au 2 trimestre, les 34 plus grands exploitants de schiste ont dépensé 3,3 milliards $ de trop en comparaison avec leurs revenus selon la Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA). “Au point de vue financier, les compagnies de schiste ont eu des performances financières terribles durant ces dernières années. Mais le 2ème trimestre est particulièrement mauvais” selon la IEEFA.

Le pétrolier de schiste EOF Resources a diminué de 70% ses coûts (CAPEX) mais a quand même perdu 360 millions $. De son côté, Harold Hamm, grand influenceur de Trump, a perdu 334 millions $ avec son entreprise Continental Resources.

Les entreprises de schiste ont utilisé 1,3 million kg de sable durant le 3ème trimestre au plus bas depuis 2017. Le ration sable/forage est important car plus il y a de sable plus de rochers se fissurent pour laisser passer le pétrole selon Coras Research. Le sable est un indicateur sur la productivité décroissante du schiste.

L’Agence Américaine, EIA, toujours très prolixe sur l’avenir du schiste américain, présente des chiffres à la baisse à -68’000 b/j. Tous les gisements sont en baisse sauf le Bassin Permien. En octobre, la production devrait atteindre 7,64 millions b/j contre 7,71 en septembre.

 

Consommation d’énergie entre 1965-2019 en % et par type d’énergie

 

Argentine

Le ministre de l’énergie de la province de Neuquen, où se trouvent les gisements de la Vaca Muerta, pense que la restructuration des gisements de schiste prendre plus d’une année et qu’il faudra entre 12 et 18 mois pour retrouver des niveaux de production pré-covid.

Il n’est pas improbable que le schiste argentin tombe en désuétude.

 

Mexique

Le President Andres Manuel Lopez Obrador a demandé de suspendre la mise aux enchères de nouveaux permis pétroliers afin de réduire la compétition envers la compagnie nationale Pemex. Il propose également de refinancer la dette de Pemex qui dépasse les 100 milliards $ soit la plus grande gamelle actuelle dans le monde du pétrole.

 

Venezuela

Le pays est comme l’Iran, il attend le résultat des élections américaines. La fumée rouge pour Biden et la fumée bleue pour Trump.

L’Iran continue d’envoyer des tankers d’essence en direction du Venezuela et rapatrie du pétrole brut pour le distiller. Jadis, l’industrie pétrolière du Venezuela était robuste et apportait le cash nécessaire au fonctionnement du pays.

Depuis, le pays s’effondre au rythme des pulsations du pétrole. Dans les pipelines et les installations, les fuites ne se comptent plus et certaines côtes du pays, dont le parc national du Morrocoy ou le Golf de Paria, font face à des marées noires.

 

Canada

Le nombre d’emplois perdus dans le pétrole dépasse les 43’000. Le Canada n’a jamais développé un réseau de distribution hors du continent et est obligé de vendre son pétrole aux USA.

Cette chute est un pied de nez au premier ministre Trudeau qui supporte l’industrie pétrolière.

 

Moyen-Orient

L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan se partageaient paisiblement les eaux du Nil. Cependant, l’Ethiopie vient de mettre en service un nouveau barrage avec les eaux du célèbre fleuve. Les autres pays en aval de ce barrage craignent que des millions de citoyens soient privé d’eau d’autant que la sécheresse embrase ces régions.

L’eau est à la base de la vie. Dans certaines régions du globe devient une arme redoutable.

 

Arabie Saoudite

A la surprise générale, Ryad a offert un rabais de 1$ le baril à ses clients asiatiques. Une deuxième vague de coronavirus est en train d’éroder la demande pétrolière dans le monde après une résurgence en août. Les pays producteurs se battent pour conserver leurs parts de marché dans les zones importantes.

Alors que le pétrole de la Libye revient en ligne et que l’Irak est en grande forme, la question se pose sur l’intervention de l’Arabie Saoudite afin de réguler les marchés et faire remonter les prix s’ils devaient retourner sous les 40$. Cependant, sans l’aide de la Russie cette opération peinera à convaincre.

 

Iran

Comme le reste du monde, le destin du pays repose sur les élections américaines début novembre. Une victoire de Trump et c’est reparti pour un tour. Une victoire de Biden et c’est l’inconnu. Dans le cas présent, l’inconnu pourrait être plus sécurisant que la situation actuelle.

Selon TankerTrackers, l’Iran a exporté 1,5 millions b/j de pétrole en septembre, soit le double d’août et au plus haut depuis que les sanctions américaines ont été réactivées. Bien que l’Iran ne puisse pas exporter directement son pétrole, le pays ruse pour écouler ses stocks d’or noir.

Selon l’Agence Internationale du Nucléaire, les stocks d’uranium enrichi ont atteint 2’105 kg soit 10 fois la quantité permise dans le défunt accord nucléaire. Téhéran précise qu’il ne s’agit que d’un programme nucléaire pour la paix. La précision est tout autant utile que drôle.

L’Iran va relier ses lignes électriques à la Russie et au Kazakhstan. L’interconnexion avec les pays permettra de faciliter la production et la commercialisation d’électricité. La Chine pourrait être le prochain partenaire. Pékin ambitionne de livrer son électricité à l’Europe et au Moyen-Orient.

 

Irak

Bagdad annonce que le pays ne va pas pouvoir diminuer sa production aussi rapidement qu’espéré et qu’elle ne pourra pas respecter les quotas de l’OPEP+ initialement prévus pour août ou septembre. Le budget du pays repose entièrement sur les ventes de pétrole et comme il n’y a plus un sous en caisse, on comprend le manque d’enthousiasme.

Le pays est le deuxième plus pire pays dans le torchage de gaz derrière la Russie. Au lieu d’utiliser le gaz qui sort des forages pétroliers, celui-ci est brûlé et relâche de grandes quantités de méthane. Si le pays en capturerait 40%, il pourrait générer 3,5 Gigawatt d’énergie. Plus drôle, le pays importe du gaz d’Iran pour produire son électricité.

 

Koweït

L’émir du koweït Sabah al-Ahmad al-Sabah est décédé à l’âge de 91 ans.

Dessin Chappatte

 

Asie

Japon

Yoshihide Suga, 71 ans, a remplacé Shinzo Abe à la tête du gouvernement qui a quitté son poste de premier ministre pour des raisons de santé.
Il aura la tâche de sortir le pays du coronavirus et d’effectuer un tournant énergétique.

Depuis des années, l’économie japonaise n’arrive pas à décoller et le coronavirus n’a pas arrangé la tendance.

 

 

Afrique

Libye

Dans un grincement de dents, la Russie se réjouit de l’accord qui permet à la Libye d’exporter à nouveau son pétrole. Les revenus seront partagés entre les différentes parties. Une réunion, tenue à Sochi a permis au Général Haftar et à son opposant de se mettre d’accord.

Les ports de Hariga, Zueitina et Brega sont à nouveau ouverts même si les plus grands gisements comme Es Sider, Zawiya restent fermés.

Même si la production reprend, elle ne pourra pas atteindre les sommets de 1,8 millions b/j durant la période Kadhafi. Après 9 années d’abandon et de non maintenance, les pipelines sont en mauvaises conditions comme les lieux de stockage alors que les forages sont à la peine.

 

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

La vie après le covid ressemblera à la vie d’avant. Dire le contraire, c’est vouloir culpabiliser l’humanité et surtout ne rien comprendre à ce qu’est l’histoire de la vie sur terre, ou à chaque fois qu’il y a une crise, l’on dit rien de sera plus comme avant et le lendemain tout est comme avant. Parce que la vie est plus importante que les circonstances.” Nicolas Sarkozi

Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre.” Churchill

Après avoir clamé que tous les piétons sont des cons, l’automobiliste n’ose plus descendre de la voiture.” Grégoire Lacroix

“Une transition imminente qui, dans les décennies à venir, éloignera le monde de l’utilisation du pétrole, du gaz naturel et du charbon…. Néanmoins, quelle que soit la durée de la période, le changement climatique et les pressions politiques conduiront le monde vers des sources d’énergie à faible émission de carbone, et il n’est pas trop tôt pour voir comment ce changement est susceptible d’affecter l’équilibre mondial des pouvoirs … La Chine sera la grande gagnante, les exportateurs de pétrole de la Russie et du Moyen-Orient seront les grands perdants. Les États-Unis se situeront probablement quelque part entre les deux. »  Daniel Yergin, Vice Président de IHS Markit, auteur du livre “The New Map: Energy, Climate and the Clash of Nations.

A défaut de me protéger contre le virus, le masque me protège surtout contre les amendes.” entendu dans le train.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org