Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: La main de fer du Prince déborde en Turquie
– USA: TESLA annonce un bénéfice ainsi qu’un français pour remplacer Elon Musk
– Chine: Importations record de pétrole iranien avant l’embargo
– Australie: “Irresponsable” de sortir du charbon selon le gouvernement
– Israël: Plus de voitures thermiques dès 2030. Place à l’électricité
– Iran: Le pays met en vente son pétrole à la bourse pour contourner les USA
– Pétrole: Hausse de la demande prévue pour 2019
– Allemagne: Audi et Amazon s’allient pour recharger les voitures électriques
– Nigeria: Une grande partie du pétrole volé transite par le Cameroun.


 

Le pétrole fait des bonds de kangourou sans trop savoir où il va. A Londres, Il est passé de 86$ à 75$ en quelques jours. A New York, il perd presque toutes ses plumes, ce qui est paradoxal pour un kangourou. On le retrouve à 75,91$ (82,72$ fin septembre) à Londres et à 66,18$ à New York (73,25$ fin septembre).

Après une belle grimpette, l’uranium reprend son souffle et s’arrête net. On le retrouve assis sur un banc à méditer à la page 27.60$ (27.35$ fin septembre).

 

Graphique du mois: Utilisation de l’Energie dans les principales économies

Nous consommons toujours plus d’Energie.
Si l’efficience énergétique et l’utilisation des technologies propres gagnent du terrain,
l’accroissement de l’activité efface largement le tout.   Source IEA

 

Planète

Selon l’assureur Swiss Re, l’année 2017 a été la plus dispendieuse de tous les temps. Plus de 144 milliards $ ont été versés pour les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique. Selon Edi Schmid, les pertes économiques se montent à 337 milliards $ et plus de la moitié des dégâts n’ont pas été couverts par les assurances.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, selon le WWF.

 

OPEP

Le cartel pense que la demande de pétrole va augmenter +1,54 millions barils/jour (b/j) cette année, et de +1,36 millions en 2019. Selon l’OPEP, les marchés sont bien alimentés en pétrole. L’Arabie Saoudite et la Russie (non membre du cartel) auraient encore une marge de manœuvre pour augmenter leur production et faire face à la demande.

D’ici à 2040, le Secrétaire Général, Mohammad Barkindo, estime qu’il faudra 11’000 milliards $ d’investissements pour que l’industrie pétrolière puisse suivre la demande dont 8’300 milliards avant la production.

En septembre, la production pétrolière de l’OPEP a augmenté de 132’000 b/j à 32,76 millions b/j. Les pays non membre de l’OPEP ont augmenté leur production de 2,2 millions b/j en 2018 (majoritairement les USA et la Russie).

Pour 2019, l’OPEP devrait livrer à 31,8 millions de barils par jour.

 

Pétrole

Les investissements pétroliers vont atteindre 500 milliards $/an en 2019 et 2020. En comparaison selon WoodMac, les investissements furent de 460 milliards $ en 2016, loin des 750 milliards de 2014. Selon WoodMac, il serait nécessaire d’investir 600 milliards $/an pour pouvoir assurer l’offre pétrolière et gazière pour les 10 prochaines années.

Du côté de Wood Mackenzie pense également que 100 milliards $ de plus sont nécessaires aux investissements actuels. L’OPEP et l’IEA demandent des investissements à hauteur de 1’000 milliards $. En résumé, il manque une coquette somme pour que nous puissions assurer l’approvisionnement pétrolier dès 2020.

Le FMI et l’Agence Internationale de l’Energie se soucient de la cherté de l’énergie avec un baril à 80$ ainsi que de son influence négative sur la croissance mondiale. Le Fond Monétaire International a revu sa croissance à 3,7% pour 2019 (-0,2%).

Le débat sur le peak oil se focalise souvent entre voitures électriques et thermiques. Cependant, la pétrochimie représente le tiers de la croissance pétrolière mondiale. Les besoins en plastiques, détergents, plastiques durs pour les tv ou ordinateurs et pesticides augmentent rapidement. Les USA et l’Europe consomment 20 fois plus de plastiques et 10 fois plus de fertilisants que les autres pays.

 

Transport maritime

Les nouvelles règles sur les émissions de souffre et autres polluants dans la marine marchande devraient entrer en vigueur dès 2020. Les armateurs peuvent soit installer des systèmes de nettoyage des fumées soit ralentir la vitesse de leurs bateaux. La seconde option est celle qui a retenu le plus d’attention.

L’utilisation des déchets de pétrole brut, comme carburant pour les bateaux, sera réglementée. Ce rebut des raffineries sera remplacé par une qualité qui se trouve entre le diesel et le kérosène. Ce changement va mettre une forte pression sur l’industrie de l’Aviation qui pourrait voir les prix du kérosène augmenter.

L’administration Trump cherche à ralentir l’introduction de cette mesure adoptée par tous les pays.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

 

Sous les projecteurs, les 3 pays du mois

Iran

L’embargo pétrolier et économique des USA va débuter le 5 novembre. Quel sera l’impact de la décision du président Trump sur un marché pétrolier qui a déjà de la peine à satisfaire la demande? La réponse viendra dans quelques mois.

Pour contrer l’embargo, l’Iran a tenté de vendre du pétrole à des acheteurs privés via une bourse de l’énergie. Seuls 280’000 barils ont été vendus à un acheteur, sur le million qui avait été proposé aux enchères avec un prix du baril à 79,16 $. Téhéran compte proposer son pétrole à la Bourse de l’énergie une fois par semaine. L’Iran espère que la vente de son pétrole à des acheteurs privés, plutôt qu’à des pays, rendra plus difficile la surveillance et le blocage de ses exportations par les Etats-Unis.

Les exportations pétrolières ont déjà diminué  (1,7 million b/j) dans des proportions inespérées pour Washington. Du coup, l’administration Trump pourrait autoriser quelques exceptions afin de ne pas faire trébucher le marché mondial du pétrole.

Selon Reuters, une quantité record de pétrole est arrivée dans le port chinois de Dalian. 20 millions de barils seraient en route au lieu des 1-3 millions de barils par mois. La Chine pourrait réduire ses importations iraniennes dès l’entrée des sanctions américaines.

Pour la première fois en 6 ans, la Corée du Sud n’a pas importé de pétrole de l’Iran.

 

Arabie Saoudite

L’assassinat du journaliste Khashoggi a vu éclore quelques réprimandes internationales. Est-il judicieux de se fâcher avec un royaume qui met 10 millions b/j de pétrole sur la table? Le président Macron a clairement répondu: non.

Dans les réseaux sociaux, le jeune Prince Mohammed bin Salmane, s’est bien offert quelques buzz gratifiants comme l’autorisation de conduire accordée aux femmes. Pour le reste, son management ressemble à une dictature traditionaliste hyper musclée.

Le ministre du pétrole, Khalid al Falih confirme que le pays extrait 10,7 millions b/j (+700’000 b/j) en quelques mois.

Pour contourner un éventuel blocage par l’Iran du détroit d’Hormuz, qui voit transiter 18,5 millions b/j, l’Arabie Saoudite a ajouté des capacités d’exportation de 3 millions b/j via la Mer Rouge.

Donald Trump pense que le roi d’Arabie Saoudite ne pourrait rester en place plus de 2 semaines sans l’aide militaire des USA. Il suggère que Riyad mette la main à la poche pour cette protection.

Lors de la dernière visite de Trump début 2018, le roi Salman bin Abdulaziz Al Saud avait acheté pour 110 milliards $ d’armements aux américains.

Saudi Aramco va installer une raffinerie de 400’000 b/j en Chine. L’objectif est de garantir la livraison de pétrole dans le pays du milieu.

Dessin:  Chappatte

 

USA

L’administration Trump a supprimé les règles de sécurité pour les forages pétroliers en haute mer. Ces règles avaient été édictées suite à la catastrophe de BP Deepwater Horizon en 2011. L’administration va également remettre sur le marché, des concessions pour forer en haute mer dans le Golfe du Mexique.

Après s’être fait remis à l’ordre par la bourse et démis de ses fonctions de Président de Tesla, Elon Musk continue de tweeter autant que Trump. C’est le français Jérôme Guillen qui a été nommé pour remplacer et épauler Elon Musk. Bonne nouvelle pour “the fixer”, Tesla a publié des bénéfices: 311,5 millions $.

Les élections de mi-mandat brassera, ou pas, les cartes du Sénat et de la Chambre. Les américains devront choisir entre un Trump droit dans ces bottes et des démocrates “progressistes” avec une sensibilité à fleur de peau sur le moindre sujet. Le taux d’abstention s’annonce élevé. In fine, le choix d’un l’un ou l’autre va déterminer la stratégie énergétique du pays (et du monde).

La croissance américaine a atteint 3,5% au 3ème trimestre. Elle était de 4,2% au 2ème trimestre.

La Maison Blanche a nommé Neil Chatterjee à la tête de la Commission Fédérale de l’Energie. Le brave homme est un ardent supporter des subventions pour le charbon et le nucléaire.

A l’approche des élections de mi-mandat, début novembre, l’une des craintes de l’administration Trump était l’envolée des prix du baril. So far so good.

Les habitants du Colorado vont voter pour augmenter la distance de sécurité des forges de schistes, notamment par rapport aux écoles et aux habitations. Les lobbies du pétrole ont déversé plus de 20,3 millions $ en publicité pour éviter que cette proposition passe. Réponse le 6 novembre.

ExxonMobil a fait une donation de 1 million $ pour un comité qui soutient les taxes sur le CO2. Le mois dernier, Exxon avait accepté de mettre 100 millions $ pour réduire ses émissions de CO2.

L’Etat de New York a porté plainte contre ExxonMobil au motif que “l’entreprise a trompé les investisseurs” au sujet du réchauffement climatique. Le fonds de pension de l’Etat de New York détient 1,5 milliard $ d’actions. Exxon connaissait depuis les années 80 l’influence du pétrole sur le climat mais avait tout fait pour cacher la vérité.

General Electric a passé l’achat d’Alstom dans pertes et profits pour une valeur de 23 milliards $. GE avait acheté le français Alstom pour 10,1 milliards $ et repris les dettes. Au total GE a affiché une perte de 22,8 milliards $ au 3ème trimestre. La division énergie de GE sera scindée en 2: les services gaziers dans la première partie et les générateurs et le nucléaire dans l’autre.  L’entreprise a distribué plus de 150 milliards $ de dividendes depuis 2000.

Boeing, JetBlue et Zunum Aero ont choisi Safran Helicopter Engines comme fournisseurs de turbines pour le prochain avion hybride/électrique, le ZA10. L’avion de 12 places aura une capacité de 1’000 km. Les coûts de fonctionnement de l’avion devraient être inférieurs de 60-80% par rapport à un avion à kérosène.

 

Zunum Aero, avion électrique hybride

 

Europe

L’essence diesel et le sans-plomb 98 ont changé de nom dans toute l’Europe. Le Diesel s’appelle «B». Le B7 indique qu’il s’agit de Diesel avec 7% de biodiesel (céréales ou huile de palme). Le Sans-Plomb 98 s’appelle «E5». Les fans de la Guerre des Etoiles espéraient R2D2, mais Bruxelles a tenu bon.

Le système installé par la Commission Européenne afin de contourner l’embargo américain sur l’Iran est un fiasco. Selon Kpler, agence de tracking pétrolier, l’Europe a diminué ses importations de pétrole iranien de 843’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 

Russie

La production du pays pourrait monter à 11,4 millions b/j. Après avoir augmenté de 400’000 b/j durant cet été, Moscou annonce une augmentation de 300’000 b/j dans les mois qui viennent. Les gisements russes sont âgés et on peut se questionner sur l’ardeur de la production actuelle et l’influence sur la production future.

La Russie et l’Arabie sont devenus de bons amis depuis leur collaboration réussie afin de faire remonter les prix du pétrole début 2018. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les deux compères planchent maintenant sur les prix du gaz liquide. Cela pourrait mettre de la pression sur le gaz américain.

 

Suisse

L’entreprise germano-suisse Innolith a développé un nouveau type de batterie, supérieure au lithium-ion. Cette batterie non organique ne prend pas feu et possède un cycle de vie 50 fois plus grande que sa collègue à 50’000 recharges.

A ce rythme, un I-Phone pourrait durer 100 ans (pour autant qu’Apple ne fasse pas une mise à jour). La solution sera offerte aux villes pour le stockage d’électricité. Pour l’instant, cette batterie n’est pas assez puissante pour équiper les voitures électriques.

A cause d’une sécheresse particulièrement sèche, le niveau du Rhin a bloqué pendant quelques jours la livraison de pétrole par bateaux.

Pour des raisons “stratégiques” mais surtout pour générer des liquidités, le producteur d’électricité Alpiq désire se séparer de ses deux centrales à charbon à Kladno et Zlin en Tchéquie.

Le canton du Jura ambitionne l’installation de 3 parcs éoliens. Le processus pourra durer une dizaine d’années.

 

France

Renault lance son programme «Advanced Battery Storage» qui utilisera les batteries usagées de voitures électriques afin de créer une méga batterie de 60 MWh. Ce système sera le plus puissant en Europe. En 2019, il sera installé en France et en Allemagne.

Lors du mondial de l’auto à Paris, le patron de Mercedes, Dieter Zetsche, a annoncé que « le diesel a encore de l’avenir car les moteurs sont devenus presque aussi propre que les moteurs à essence. » Il devait certainement se référer aux moteurs à diesel avec des logiciels “made in Germany”. Les rappels et les mises à jour de logiciels sur des voitures diesel Mercedes ont coûté 453 millions € à son entreprise.

Total devrait ajouter 500’000 b/j de pétrole d’ici à 2025 suite à des résultats positifs au Brésil et dans le Golfe du Mexique.

Suite à l’augmentation du baril de 30% et les taxes françaises, les prix des carburants ont augmenté de 25% à la pompe. Quelques 300’000 ont liké  (67 millions n’ont pas liké) une page Facebook, qui demande au gouvernement de diminuer les taxes sur le pétrole. En réalité, la grande partie de la hausse des carburants provient de la hausse des prix du baril.

Si ça coince à 80$, attendons de voir la réaction avec un baril à 100$. Il est pourtant assez facile de réduire sa facture d’essence. Il suffit de ralentir. A 100 km/h au lieu de 120 sur autoroute, et à 80km/h sur les nationales au lieu de 90, vous économisez  20% à 30% sur la douloureuse à la station d’essence.

 

Allemagne

BMW Northvolt et Umicore ont formé consortium afin de réaliser des batteries pour voitures électriques. L’Union Européenne a également décidé de soutenir financièrement la réalisation de batteries européennes afin de diminuer la totale dépendance des livraisons chinoises.

Le secteur automobile emploie 13 millions d’européens. Si la Chine continue sur le rythme actuel, une grande partie de ces emplois disparaîtront.

Audi a annoncé son nouveau SUV électrique le E-Tron. Aux USA, la firme allemande s’est alliée à Amazon pour les recharges électriques. Amazon entre dans la liste des distributeurs d’électricité.

Des milliers de militants, venus de toute l’Europe, ont bloqué la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe à Hambach. L’entreprise RWE y exploite la lignite pour ses centrales à charbon. L’agrandissement du site a connu un revers au début du mois après le dépôt d’un recours par l’organisation environnementale allemande Bund. La justice a en effet estimé qu’un effet suspensif était pertinent jusqu’au verdict, d’ici 2020.

 

Siemens a inauguré le premier tram autonome à Postdam

 

Angleterre

Cuadrilla Resources a reçu l’autorisation d’effectuer des forages de gaz de schiste. Cependant, Schlumberger, l’entreprise contractée, devra faire des simulations pendant 3 mois afin d’éviter un tremblement de terre. Aux USA, cette procédure prend quelques jours pour des résultats souvent catastrophiques. Cuadrilla ne semble pas prêt à approcher un retour sur investissement d’autant qu’après quelques jours, des premiers tremblements de terre ont été ressentis.

Trois protestants contre les forages de schiste au Lancashire ont été condamnés à 16 mois de prison. C’est la première fois que des manifestants sont condamnés à la prison. Plus de 200 professeurs académiques ont signé une lettre pour que le système judiciaire révise cette absurdité.

Les USA ont mis en garde l’Angleterre que la Chine utilise le partenariat EDF-Areva pour construire les centrales nucléaires EPR d’Hinkley Point, afin de transférer du savoir-faire à des fins militaires. Selon les USA, la China General Nuclear profite de sa position dans le consortium franco-chinois pour un transfert de technologie. Ce message d’alerte intervient alors que Theresa May désire apporter de la lumière sur les investissements chinois en Angleterre.

Le timing de cette annonce surprend. Areva a construit 2 centrales EPR en Chine dont l’une entièrement construite par les chinois. Pékin a donc déjà effectuer ce transfert de technologie.

 

Europe: Le budget de l’Italie ne sera pas équilibré

 

Asie

Inde

Des subsides de 10 milliards $ sont prévus pour aider les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix du pétrole.

Delhi active également des subsides afin de limiter l’impact de la hausse du baril pour les automobilistes. L’effort proviendra également des pétroliers qui acceptent de réduire leurs marges.

Le gouvernement planifie l’installation de 175 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2022 dont 100 GW de solaire et 75 GW d’éolien.

 

Australie

Le gouvernement a rejeté la proposition de sortir le pays du charbon d’ici à 2050. Le plus grand exportateur mondial de charbon pense qu’il serait irresponsable de se conformer aux engagements sur le climat de Paris. Canberra donne la priorité à la réduction des prix de l’électricité au lieu diminuer ses émissions qui grimpent depuis quatre années consécutives.

Paradoxalement, Canberra prévoit plusieurs milliards $ de dédommagements aux agriculteurs qui subissent une sécheresse dévastatrice.

 

Le plus long pont du monde relie la Chine à Hong Kong

 

Chine

Pékin a lancé un plan de secours de 175 milliards $ pour relancer son Economie. Le tout est fait via des prêts bancaires obtenus en diminuant les réserves bancaires.

Les chinois sont très attaché au cash et représente le 70% de leur épargne privée.

Le bras de fer avec Donald Trump s’enlise. Pékin ne prend même plus la peine de répondre aux questions de l’administration US. Les chinois utilisent à merveille leur patience et leur capacité à calmer les ardeurs des entreprises locales et de la population. A ce petit jeu, qui va céder en premier?

Le Président chinois a demandé à son armée de se ternir prêt pour une guerre. Quand on connait la retenue des chinois, on peut s’interroger sur cette annonce. La vente d’armement américain à Taïwan irrite de plus plus en plus Pékin.

Selon S&P Global, la dette chinoise pourrait se monter à 6’000 milliards $.

La pollution en particules fines, 2,5 PM, a chuté d’un tiers grâce au remplacement du charbon par du  gaz. L’année dernière la Chine est devenue le 2ème plus grand importateur de gaz liquide mondial avec 38 millions de tonnes (+46% en un an).

En 2017, les chinois avaient acheté 29 millions de nouveaux véhicules (17 millions aux USA). Pour la première fois depuis 1990, les ventes sont en baisse. Les voitures importées représentent le 62% du marché chinois. L’arrivée sur le marché des voitures de seconde-main et le succès des véhicules en partage expliquent cette tendance.

Pékin annonce une augmentation du PIB de 6,5% au 3ème trimestre. La solidité des chiffres du gouvernement est admirablement synthétisée dans le dessin ci-dessous:

 

Les Amériques

Schiste américain

Le Secrétaire de l’Intérieur, Ryan Zinke, annonce que la production pétrolière grimpera à 14 millions b/j d’ici à 2020. Vicki Hollub, PDG de Occidental Petroleum Corp, pense que le Bassin Permien pourra produire de très larges quantités de pétrole pendant 10 à 20 ans. Autant d’enthousiasme fait plaisir à voir.

L’Agence Américaine de l’Energie a enfin annoncé que le manque d’infrastructure va ralentir l’augmentation du pétrole de schiste même si elle annonce une progression de 98’000 b/j pour le mois de septembre.

Les managers de fonds financiers s’insurgent contre les rémunérations stratosphériques des cadres des entreprises de schiste et demandent des dividendes. Si en début d’année, les producteurs parlaient de profitabilité et de dividendes, il est peu probable que ce veut se réalise d’ici à décembre. Est-ce que les investisseurs continueront à déverser leur argent dans ce qui ressemble au jeu de l’avion, la question reste ouverte.

Même avec une production de 700 barils/jour un forage de schiste n’est pas rentable. Quand après 1-3 mois, quand sa production descend à 300 ou 150 barils la situation s’empire. Faut-il continuer ? Jusqu’à présent les pétroliers ont allongé les forages utilisant 4 fois plus d’eau, de sable et de produits chimiques.  Cette stratégie a permis de doubler la capacité des forages mais à des coûts non rentables.

Le CEO de Schlumberger, Paal Kibsgaard, pense que le défi actuel est de mesurer la performance des gisements et des forages de schiste. «L’industrie doit comprendre comment les gisements réagissent lorsque nous continuons à déverser des milliards de litres d’eau et des tonnes de sable dans le sol. La capacité du plus grand champ de pétrole de schiste des USA, le Bakken, pourrait être bien moindre qu’espéré. Si la demande reste soutenue au niveau mondial, nous allons devoir trouver de nouvelles technologies

 

HES Energy Systems Element One planche sur la construction d’un avion à hydrogène
capable de transporter 4 personnes sur 500 ou 5’000 km.

 

Brésil

Jair Boslason a été élu nouveau président du Brésil. Il semble n’y avoir aucune casserole en forme de corruption sur son chemin. Sa stratégie pétrolière est attendue car le Brésil possède de larges champs pétroliers sur ses côtes. Du côté de l’environnement, il semble être aligné sur la position de Trump.

Pour 1,7 milliards $, Shell et Chevron ont gagné les mises aux enchères de droits de forages sur les côtes du Brésil.

 

Mexique

Pour la première fois depuis des décennies, le Mexique importe du pétrole pour sa propre consommation. Il y a 14 ans, le Mexique atteignait son peak oil. Durant les deux dernières semaines, les USA ont livré plus de 1 million b/j au Mexique.

 

Venezuela

Citgo, la compagnie pétrolière basée à Houston Texas, mais propriété du Venezuela depuis 1990, est ciblée par les créanciers étrangers. Si l’entreprise est saisie afin de rembourser les créanciers notamment américains, le pays perdra une grande source de revenus. Les tribunaux américains et européens rendront leurs décisions d’ici à décembre.

 

Argentine

Le pays est à nouveau dans une crise économique alors que sa monnaie a reculé de 40% contre le $. La Banque Centrale a relevé ses taux à 60% pour contrer une inflation de 30%. La demande de gaz naturel est en chute libre et le pétrolier national YPF a diminué sa production pétrolière.

Jusqu’en 2022, YPF va investir entre 4 et 5 milliards $ par année pour tenter d’augmenter de 5-7% sa production pétrolière et gazière notamment dans les gisements de schiste de la Vaca Muerta proche de de la région viticole de Mendoza.

 


Dessin: Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le nouveau ministre du pétrole, Jabar al-Luaibi, a issu un décret pour transférer les actifs de plusieurs compagnies pétrolières dans une seule unité : la National Oil Company.

La production a augmenté de 1% à 4,86 millions b/j.

Le gouvernement espère augmenter sa production de gaz notamment pour sa production interne d’électricité. Les sanctions américaines bloquent les livraisons de gaz iraniennes qui permettent de générer 1’200 MG d’électricité.

 

Qatar

Les coûts d’extraction du pétrole est passé de 47,10$ aujourd’hui à 24,20$ le baril il y a 10 ans.

 

Israël

Le ministre de l’Energie aimerait terminer les ventes de voitures à essence et diesel d’ici à 2030 et les remplacer par des véhicules électriques. Les camions pourraient utiliser le gaz naturel produit par les nouveaux gisements du pays. L’objectif est de diminuer la dépendance pétrolière.

Le premier train à hydrogène en Allemagne

 

Afrique

Libye

La situation est toujours chaotique. La National Oil Corporation a dû suspendre la production à la raffinerie de Zawiya pour des raisons de menace sur son personnel par les milices.

 

Nigeria

De manière répétitive, le Nigeria subit un désastre pétrolier. En général, c’est une brèche réalisée dans un pipeline, des villageois qui se rassemblent pour récolter le pétrole jusqu’à ce qu’une étincelle explose le tout. Ce mois, 150 personnes ont péris brûlés.

Deutsche Welle, la radio allemande, a investigué sur les 10 milliards $ de pétrole nigérien disparu durant les 2 dernières années. Il semble qu’une grande partie du pétrole se trouve au Cameroun ou certains membres du gouvernement, de la police, de l’armée sont impliqués. Le Cameroun produit 30’000 b/j en comparaison avec les 1,8 million du Nigeria. Le vol de ce pétrole devient une tradition et une source de revenus important pour ce pays de 25 millions d’habitants.

 

Phrases du mois

«Donald, si vous voulez trouver le coupable de l’augmentation des prix du baril de pétrole, vous devez vous regarder dans le miroir.» Vladimir Poutine

There’s a healthy price for oil and energy… it’s somewhere between $50 and $65 a barrel.  The world can live with this.” CEO of BP, Bob Dudley

Au 2 trimestre, deux-tiers des producteurs américains de pétrole ont vécu au-dessus de leur capacité financière bien que les prix du baril ont augmenté de 40% en une année et qu’il se trouvait sur les 70$. Cinquante majors US ont dépensé 2 milliards $ de plus que leurs revenus.» FactSet

«Le consensus du marché que le Bassin Permien de schiste peut continuer accroitre de 1,5 million b/j dans un avenir prévisible commence à être remis en question.» Paal Kibsgaard, PDG Schlumberger

We protect Saudi Arabia. Would you say they’re rich? And I love the King … King Salman but I said ‘King, we’re protecting you. You might not be there for two weeks without us. You have to pay for your military.'” Donald Trump

«Dans le capitalisme, les hommes exploitent les hommes. Dans le communisme, c’est exactement le contraire.» John Kenneth Galbraith

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le pétrole à 100$: Un retour vers un passé connu ou un futur différent?

Le pétrole continue sa hausse au-dessus de 80$. Sans un ralentissement mondial de l’Economie, la barrière des 100$ sera bientôt franchie. Sous le poids du baril, la croissance pliera pour replonger dans une nouvelle crise. Une impression de «déjà vu» qui rappelle la dernière crise.

Avec du recul, on constate qu’au lieu d’imaginer un futur différent, les politiques, les financiers et les banques centrales se sont focalisés afin de reconstruire à l’identique le monde d’avant 2008.


 

L’économiste John Keynes écrivit en 1942 «Je suis de retour comme ministre de l’Economie, mais avec une grande différence. En 1918, la plupart des gens n’avaient qu’une idée en tête : revenir à  la situation d’avant 1914. Aujourd’hui, personne n’a ce sentiment. Cela fera une énorme différence quand nous allons nous y attaquer.» Après les deux guerres et la Grande Dépression, un changement drastique était nécessaire.
Les Trente Glorieuses suivirent.

 

Aujourd’hui, nous retrouvons une grande partie des ingrédients qui ont déclenché
la crise de 2008.

 

Retour vers un passé connu,

Pour sortir de cette passe, les changements structurels se sont dirigés vers une diminution des impôts, la variation des taux d’intérêts, ainsi qu’une dérégulation du marché du travail et une baisse des salaires. De plus, les Etats n’ont pas mesuré l’ampleur de leur dépendance envers l’augmentation de leurs dettes.

Dans ces conditions, qui favorisent la pauvreté et les inégalités, ce n’est pas une surprise de voir une montée du populisme et l’arrivée des Donald Trump, Matteo Salvini et prochainement, peut-être, Jair Bolsano au Brésil.

Dans l’ambiance actuelle, les chiffres ont inlassablement grimpé. Notre consommation de pétrole est passée de 92 à 100 millions de barils par jour. Les bourses atteignent artificiellement des sommets inégalés. Nous n’avons jamais autant consommé de gaz, de charbon, de matières premières, d’eau et de nourriture. Les banques ont retrouvé leur liberté et les bonus extravagants. Les dettes publiques et privées, comme la température de la planète, atteignent des niveaux inquiétants.

La stagflation des années 70 a apporté une contre révolution. Sous l’impulsion de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Les années 80 ont apporté un changement radical sur le rôle de l’Etat, des marchés et des Banques Centrales.

 

Ou inventer un nouveau futur

Les chiffres et les faits étant têtus, ils indiquent que l’offre pétrolière est sur le point de ne plus pouvoir suivre la demande. L’obligation de découpler le PIB et le pétrole va se faire de plus en plus pressante. Nous avons toujours remis à demain cette alternative et ce processus douloureux, compliqué et imprévisible.

Le réchauffement climatique rend certaines parties de notre planète invivable. Il contraint à une migration humaine vers le nord ou le sud. La crise syrienne débutée par une sécheresse ne fait que d’effleurer la problématique. L’Iran, l’Irak et les autres monarchies pétrolières ainsi que l’Afrique vont emboiter le pas.

Tous ces éléments vont nous forcer à plus de créativité et à explorer de nouveaux chemins, comme l’avait fait Keynes au sortir de la deuxième guerre mondiale. L’absence d’idée n’est pas une option.

Prenons pour exemple les entreprises. Pour qu’elles passent à travers les années, elles ont besoin de quelques employés innovants, futuristes, visionnaires qui secouent les certitudes, remettent en question les dogmes et permettent d’évoluer, de s’adapter, d’avancer, de reculer, d’être agile. Sans ces fous, toute structure diminue ses chances de survie.

C’est vers un meilleur futur que nous devons imaginer, forger et travailler. Pas vers un passé connu.

A tous les fous du monde, unissons-nous!

 

(photo Elon Musk, Tesla)

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Le pétrole passe sur les 80$ le baril
– USA: Elon Musk n’est plus le PDG de Tesla Motors
– Russie: Le Ministre du Pétrole annonce le peak oil russe pour 2021
– Iran: Il manque déjà 1 million de barils dans les exportations
– BMW lance une moto autonome. Bluffant!
– Libye: Des combats entre les milices menacent la stabilité et la production pétrolière
– Allemagne: Le premier train à hydrogène est sur les rails
– Irak: le sud du pays s’embrase et ressemble de plus en plus à la Syrie
– Volvo se lance dans la construction de camion électrique autonome sans chauffeur.


 

Le pétrole mime les températures de notre planète et grimpe comme un bouchon de liège dans un baignoire. Il termine ce mois à 82,72$ (77.77$ fin août) à Londres et 73,25$ à New York  (70,25$ fin août). En route pour les 100$? L’avenir le dira.

Certainement jaloux du succès pétrolier, l’uranium ne pouvait en rester là. Il continue sa montée à 27.35$ (26.20$ fin août).

 

Graphique du mois:  Changements dans la production de pétrole 2005-2018

Les USA, l’Irak, le Canada, la Russie et le Brésil sont les seuls pays à pouvoir solidement
alimenter les marchés pétroliers.  Source EIA

 

Monde

Pétrole

L’extraction pétrolière a dépassé les 100 millions de barils par jour (b/j). Une question émerge. Y aura-t-il bientôt un pic de la demande (lire en anglais)?

Si les compagnies pétrolières européennes, Equinor (Nor), Rpsol (Esp), Total (Fr), BP (GB), Shell (NL), OMV (Aut), et Galp (Por) veulent atteindre leurs objectifs de réduction de CO2 d’ici à 2020 via leur Initiative Oil & Gaz Climate, elles vont devoir doubler leurs efforts. Actuellement, elles consacrent 5% de leurs investissements aux énergies renouvelables. Ces parts devraient monter à 9% en 2020 et 17% en 2025.

ExxonMobil et Chevron ont rejoint les européens dans l’initiative Oil & Gaz Climate. Cette volte-face est un signe que la pression du public et des investisseurs porte ses fruits. Green waching ou volonté réelle? A vérifier dans 2-3 ans. Ecoutez l’interview de la radio Radio Suisse Romande, Tout un Monde (vous m’entendrez sur la fin).

Les 3 supercomputers les plus puissants aux monde, opérés par des entreprises privées, appartiennent à l’italien ENI, le français Total et Petroleum Geo-Services de Norvège. Les besoins de calculs pour l’exploration, les recherches sismiques et l’optimalisation de la production expliquent ces besoins.

 

OPEP

Suite à la réunion du cartel, le baril est repassé sur les 80$. Le président Trump a bien essayé de forcer la main à l’OPEP afin de compenser la chute des exportations iraniennes et du Venezuela. Téhéran s’est opposé à cette requête. Comme l’unanimité est demandée, les quotas de production de l’OPEP restent, en théorie, inchangés.

Le sentiment est que les membres de l’OPEP+ (avec la Russie non membre de l’OPEP) ne vont pas être capable de compenser la perte du pétrole iranien. Il est également évident que tous les producteurs veulent voir les prix du baril monter jusqu’au seuil de douleur limite pour les pays importateurs. Durant la crise de 2008, la destruction de l’Economie avait débuté avec un baril à 110-120$.

Durant les 15 dernières années, les 15 membres de l’OPEP n’ont pas réussi à augmenter leurs extractions de pétrole. En plus des gisements âgés et en déclins, le Venezuela, le Nigeria, la Libye et l’Iran sont dans une situation politique délicate qui ne permet pas l’optimalisation de leurs ressources.

 


Nous protégeons les pays du Moyen-Orient. Ils ne seraient pas sûr très longtemps sans nous.
Et ils continuent de pousser les prix du pétrole de plus en plus haut. Nous nous en rappellerons.
Le monopole de l’OPEP doit faire baisser les prix.

 

 

Charbon

Contrairement à la perception, durant les 20 dernières années, le charbon a maintenu une part de marché constante dans le mix électrique mondial. Dans l’analyse de BP, de 1998 à 2017, c’est toujours 38%!

 

 

Les pays phares du mois

Iran

Pas de surprise, l’Iran est au sommet de la liste.

Les sanctions américaines ont découragé le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et les pays européens d’importer du gaz et du pétrole de Téhéran. L’Europe tente bien de trouver une astuce en faisant du troc, mais l’impact sera minime. Les grands acteurs ne veulent pas se mettre à dos le mari de Melania.

Histoire de jouer à cache-cache, au moins 7 tankers pétroliers iraniens sur 12 ont coupé leur système de tracking ce qui complique la géolocalisation et l’identification du pétrole.

Les exportations de gaz ont baissé à 356’000 tonnes après le pic de 568’000 en août. Avant l’entrée en force des sanctions américaines le 4 novembre, les exportations de pétrole auraient déjà diminué de 1 million de barils/jour (b/j).

Le président Rouhani a rejeté une offre américaine pour renégocier l’accord nucléaire. Les américains veulent maintenant inclure le programme de missiles balistiques et «la mauvaise» influence iranienne dans la région.

Quatre hommes armés ont surgi lors d’une parade militaire à Ahvaz. Ils ont tué 24 personnes et blessé 60. La cérémonie commémorait le début de la guerre 1980-1988 avec l’Irak de Saddam Hussein.

Dessin Chappatte

 

Russie

La production pétrolière est restée stable à 11,21 millions b/j. Elle devrait le rester jusqu’à la fin de l’année. En juillet, la production avait touché un record de 11,215 millions b/j.

Si de nouveaux investissements ne sont pas réalisés pour stimuler la production, le Ministre de l’Energie Russe, Alexander Novak, pense que la production pétrolière du pays pourrait atteindre son peak oil d’ici à 2021. On ne sait pas s’il s’agit d’un coup de bluff pour desserrer l’étau des sanctions américaines et européennes.

Une fois le peak oil atteint, la production pourrait chuter de 44% pour atteindre les 6 millions b/j en 2035. La Russie compte sur son pétrole de schiste et l’Arctique pour compenser ses vieux gisements. Cependant, dans les deux cas, les embargos américains et européens bloquent cette option.

Le président Poutine a besoin de 120 milliards $ durant les 6 prochaines années pour réaliser son plan social, notamment pour les retraites et rénover les infrastructures. Ca tombe plutôt bien, le baril remonte. Les nouvelles taxes sur l’industrie pétrolière sont prévues à cet effet, mais du coup, les pétroliers russes râlent. En comparaison, les Jeux Olympiques de Sotchi ont coûté 45 milliards $.

Le rouble s’est à nouveau pris les pieds dans le tapis et redescend à 70 roubles pour 1 $. La directrice de la Banque Nationale, Elvira Nabiullina (ne pas confondre avec notre Nabilla), va maintenir les taux d’intérêt à 7,25%. En comparaison la Turquie de Recep Tayyip Erdogan a poussé les taux d’intérêt de 17,75 à 24% pour soutenir sa monnaie.

 

Quels pays dépendent du gaz russe avec les gazoducs
Source: Bloomberg

 

Chine

Dans la bisbille des tarifs avec les USA, les importations de gaz américain seront taxées +10% alors que +25% était sur la table. Même avec 10%, le gaz américain reste le moins cher sur les marchés. La Chine se tourne vers le Qatar et l’Australie pour assurer ses livraisons sur le long terme.

Les importations pétrolières chinoises se montent à 9,04 millions b/j (8 million en 2017). +6,5% depuis le début de l’année.

Le géant de l’énergie CNPC pense que la demande diesel a atteint son pic en Chine. Pour l’essence, il faudra attendre 2025. La demande pétrolière de la Chine devrait atteindre son maximum d’ici à 2030 avec 13,8 millions b/j.

L’américain ExxonMobil va investir 10 milliards $ dans la province de Guangdong afin de construire une usine pétrochimique et un terminal de gaz liquéfié.

Pour ceux qui douteraient que la Chine va devenir le no 1 mondial de la production automobile, les chinois ont acheté 1,75 millions de mini-voitures électriques et 770’000 voitures électriques en 2017. Le pays compte plus de 400 constructeurs qui devraient vendre 6,5 millions de voitures en 2018. La production est presque entièrement réservée à la consommation locale. Depuis 3 ans, la qualité des voitures a été fortement augmentée et certaines marques n’ont bientôt plus rien à envier aux allemandes.

La Route de la Soie est un plan d’une ingéniosité toute chinoise. Au lieu d’utiliser la force, comme les USA, Pékin emploie la “Diplomatie de la Dette”. La Chine accorde des prêts généreux pour construire des infrastructures (train, routes, centrales électriques) et utilise ses propres travailleurs pour les réaliser. Une fois l’heure de rembourser la dette, les pays asiatiques et africains se voient alors obligé de brader leurs matières premières.

En Europe et aux USA, la Chine rachète simplement les entreprises locales et notamment les réseaux électriques et les entreprises énergétiques.

 Le typhon Mangkhut a touché la Chine avec des vents surpuissants

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,22 million b/j en août (1,8 million b/j en août 2017).

Le président Nicolas Maduro s’est rendu en Chine pour trouver du cash. En signe de bonne volonté, il a cédé 9,9% de Sinvensa (entreprise pétrolière). Pékin devrait ainsi avancer 5 milliards $ pour stimuler la production pétrolière, et au final, envoyer 1 million b/j à la Chine pour rembourser le tout. A vrai dire, la production du Venezuela est au plus bas depuis 60 ans et il faut faire un grand effort pour imaginer que le pays puisse rembourser la totalité de la dette chinoise qui se monte à 50 milliards $.

Caracas doit également 65 milliards $ aux USA dont le fonds BlackRock.

Au total, le pays possède une ardoise de plus de 150 milliards $ . C’est certainement sous le poids de la dette et les remboursements des intérêts que le régime s’écroulera.

Malgré les problèmes, le pays continue de livrer du pétrole à Cuba. Entre juin et août, 4 millions de barils ont été expédiés. En échange Cuba propose ses services d’intelligence et de sécurité rapprochée du président.

Les Routes de la Soie proposées par la Chine

 

Libye

Alors que le 95% du budget national provient du pétrole, les 7-8 milices, qui se partagent le pays, ont décidé d’en venir aux armes d’autant que la France et l’Italie préfèrent se chamailler et imposer leurs agendas au lieu de réparer le jouet qu’ils ont cassé.

Avant l’intervention Française et la mort de Kadhafi, le pays produisait 1,8 million de barils par jour. Au début de l’été, il en pompait un peu plus de la moitié, avec toute l’incidence sur le budget de l’Etat.

Pour la première fois, le siège de la compagnie nationale de pétrole (NOC) a été attaqué. Le bâtiment se situe dans le centre de la capitale Tripoli. Au moins quatre personnes sont mortes, deux civils et deux assaillants. Dix employés de la compagnie ont été blessés. Grace à son PDG, Mustaffa Sanalla, la NOC dialogue avec toutes les milices et partage équitablement les revenus pétroliers entre les différentes factions. Si ce fragile équilibre et la commercialisation du pétrole par la NOC est remis en cause, il est probable que la production pétrolière en fasse les frais.

Plus de 400 prisonniers se sont échappés de la prison d’Ain Zara lors de combats entre les milices. Une grande partie de ces prisonniers étaient des supporters du Général Kadhafi.

 

BMW ConnectedRide. BMW présente sa moto autonome.

 

Europe

Afin d’éviter les foudres de Donald Trump, l’Europe pourrait importer du soja OGM ainsi que du gaz de schiste liquéfié. Notre président à tous désire que l’Europe diminue ses importations de gaz russe.

 

Angleterre

La production pétrolière anglaise est au plus bas depuis 1965. Durant les 5 dernières années, la baisse s’élève à 50%.

D’ici à octobre et malgré l’opposition des habitants, Cuadrilla Resources pourrait débuter le premier forage de gaz de schiste au Lancashire.

Les fonds de pension ont investi plus de 9 milliards £ dans le schiste américain : En chiffres : Greater Manchester Pension Fund (17,2 milliards £ de fonds investis, 5,8% investis dans le schiste) , Dumfries and Galloway Pension Fund (834 million,  6,7%), Lancashire County Pension Fund (7,1 milliards, 2,6%).

Le gouvernement va lancer un appel d’offres pour réaliser un réseau de recharge pour les voitures électriques. Pour accélérer le processus, le gouvernement met 523 millions $ sur la table.

 

Allemagne

La Basse-Saxe remplace ses trains à diesel par des trains à hydrogène entre Cuxhaven et Bremehaven. Les piles à combustible transforment l’hydrogène et oxygène en électricité. Un plein d’hydrogène permet aux rames d’Alstom de circuler sur 1’000 km.

De son côté, le canadien Bombardier Transportation a lancé son premier train électrique à batterie. Les trains sont prévus pour remplacer les locomotives diesels là où les lignes électriques n’existent pas, notamment dans la région du lac de Constance. Actuellement, le prototype peut circuler sur 40 km. Dès l’année prochaine, l’autonomie montera à 100 km.

RWE s’oppose à la fermeture de ses centrales à charbon d’ici à 2035 prévue par le gouvernement. RWE sert le plat habituel: «sécuriser la fourniture d’électricité». Objectif: optimaliser les dédommagements payés par l’Etat pour ces fermetures.

 

France

Le remplaçant de Nicolas Hulot, François de Rugy, pense qu’EDF doit démontrer que la nouvelle centrale nucléaire EPR fonctionne et que les coûts de production soient compétitifs. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, espère industrialiser la construction des EPR et offrir un kWh à 6 ou 7 ct €. A Hinkley Point, GB, EDF vendra son kWh à 9,25 £ (10,5 ct €) assez loin des 5, 75 ct des derniers contrats signés dans l’éolien. Si François de Rugy tient promesse, on ne devrait plus voir la construction de centrale nucléaire en France.

Le premier EPR français à Flammanville dépasse de 8 milliards les budgets (au total 10,9 milliards €) et 7 ans de retard. Le premier EPR chinois a été mis en production et connecté sur le réseau.

La ville de Paris a choisi Renault pour remplacer les voitures électriques en partage de Bolloré. Plus de 120 voitures ont été mises en circulation.

 

Suisse

La ministre de l’énergie et de l’environnement, Doris Leuthard, a annoncé se retrait d’ici à la fin de l’année au lieu d’attendre la fin de son mandat en automne 2019.

La ville de Berne a lancé un nouveau système de recyclage. Les ménages vont avoir 6 containers supplémentaires pour effectuer leurs tris!!! Les déchets des ménages représentent seulement le 3% de la production totale des déchets aux USA et 8,3% en Europe. Une question: si 95% des déchets ne sont pas recyclés, faut-il ajouter 6 containers de plus? A ce sujet lire l’excellent livre de Cyril Dion “Petit Manuel de Résistance Contemporaine“.

 

Votation Suisse: Le peuple dit oui aux pistes cyclables.
Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Trump tente de peindre l’OPEP comme le responsable de la hausse du baril. Tactiquement cette stratégie est judicieuse car elle lui permet de désigner un coupable. En réalité, c’est sa décision de diminuer les exportations iraniennes qui a mis le feu au poudre. Les prix de l’essence ont augmenté de 15 ct $ en un mois et 28 centimes durant les 12 derniers mois pour se retrouver à 2,68 $ le gallon.

Le concurrent d’Uber, Lyft propose 500$ à ceux qui n’utilisent pas leur voiture pendant 1 mois. Les participants reçoivent des chèques pour utiliser le système Lyft, les transports en commun, les vélos, etc…  L’offre va être étendue dans 35 villes à travers les USA.

Les frasques d’Elon Musk, PDG, de Tesla Motors lieu auront coûté son poste de PDG. Il reste directeur. Elon avait notamment indiqué qu’un fonds financier d’Arabie Saoudite était prêt à racheter Tesla. L’action avait grimpé comme une flèche suite à l’annonce. Il n’en était rien. On apprend également que les tuiles solaires font un flop. Seul rayon de lumière, le système de stockage d’électricité qui cartonne notamment en Afrique du Sud et en Australie.

Suite à la chute des cours Green Plains Inc. a fermé deux centres de production d’éthanol dans le Minnesota. La production de carburant à base de céréales fait les frais de la guerre économique avec la Chine. L’administration Trump a coupé l’accès de l’éthanol à la Chine et Green Plains ne sait pas comment écouler les surplus.

L’Etat de Californie va répondre à la proposition de l’Administration Trump de supprimer la régulation et la surveillance des émanations de méthane dans le gaz de schiste. Le gouverneur Jerry Brown a annoncé l’envoi d’un satellite pour effectuer les mesurer.

Jerry Brown, toujours lui, a passé une loi afin que la Californie devienne «neutre en carbone» d’ici à 2045. Pas uniquement pour la production d’électricité, mais pour toute l’économie, la mobilité et les industries.

Il n’y a pas que les EPR d’AREVA qui sont à la peine. La construction de 2 centrales nucléaires Westinghouse à Vogtle, Jacksonville tourne à la banqueroute. A l’origine en 2005, les deux réacteurs devaient coûter 9,5 milliards $. Aujourd’hui, nous en sommes à 27 et l’ardoise s’allonge. On comprend que la ville de Jacksonville tousse et refuse de payer la douloureuse. Le constructeur a porté plainte contre la ville. L’installation a reçu 12 milliards $ de garanties de Washington dont 3,7 de l’administration Trump.

Exelon Generation a fermé sa centrale nucléaire Oyster Creek, à Forked River, NJ. Il s’agissait de la plus vieille centrale en activité. Elle avait débuté sa production en avril 1969.

Selon Bloomberg, l’énergie solaire avec stockage batterie est moins chère que les centrales à gaz. C’est une prouesse car le gaz américain est 3 fois moins cher que le gaz européen.

Malgré la croissance, depuis 9 ans, la consommation électrique des USA est restée stable. On se demande d’ailleurs comment ils pourraient consommer plus!

Apple a lancé sa montre avec fréquence cardiaque intégrée. Superbe ajout qui permettra à la Pomme corroborer vos pulsions avec vos achats en ligne. Couplé avec la reconnaissance faciale, la firme américaine détectera, avant que vous ne le sachiez, vos envies d’achats dans un magasin. A se demander qui est vraiment la pomme.

 

Evolution cumulative de pétrole brut

Si le marché pétrolier est actuellement à l’équilibre, nous le devons aux USA à l’Irak et au Canada.
Source EIA

 

USA Schiste

Selon l’EIA la production de schiste atteint 7,59 millions b/j. dont 3,427 du Bassin Permien et 1,449 d’Eagle Ford, Texas. Le principal problème réside dans le manque transport du schiste vers les raffineries. Pour séduire les raffineurs, les producteurs doivent vendre leur baril 15$ au-dessous des prix du marché WTI.

Dans le Bakken, les forages les plus prometteurs ont presque tous été exploités (tier 1). D’une production initiale de 1’000 b/j, les majorités des nouveaux forages (tier 2) produisent 500 b/j (80’000 lt par jour).

Jeff Miller, PDG d’Halliburton, a confirmé une baisse de régime dans le fracking de schiste américain. L’entreprise active dans les services pétroliers a légèrement baissé à la bourse suite à cette déclaration.

Duke University conclue que durant la période 2011-2016, la quantité d’eau nécessaire au fracking a augmenté de 770% et la quantité d’eau contaminée de 1’440%. Lire le Dallas News: «Disposal nightmare».

 

Equateur

Le pays a perdu devant un tribunal international contre la compagnie pétrolière Chevron. L’Equateur avait condamné Chevron à une amende de 9,5 milliards $ pour pollution. Le géant américain a fait recours et a gagné.

Le tribunal a jugé que le gouvernement avait basé sa plainte sur de la corruption, fraude et que cette demande avait déjà été résolue des années auparavant. Normalement une compagnie privée ne peut pas porter devant un tribunal un pays, mais des accords de libre-échange peuvent permettre ce processus (ex : accord Canada-Europe).

 

Argentine

La Royal Navy anglaise a intercepté un navire de prospection pétrolière argentin au bord des îles Falkland. La région pourrait posséder du pétrole et les deux pays se crêpent le chignon depuis 1982 pour revendiquer la propriété. Pour l’instant, l’île est dans les mains anglaises.

Les émanations de méthane exposent dans la vallée de la Vaca Muerta. Les gisements de gaz de schiste relâchent plus de 5% du puissant gaz à effet de serre. Les producteurs pétroliers sont aidés par le manque total de supervision de l’Etat argentin.

Le pays s’enfonce dans une nouvelle crise financière.

 

Brésil

L’ancien président Lula ne pourra pas se représenter aux élections pour redevenir président. Il purge actuellement une peine de 12 ans pour corruption.

Petrobras va payer une amende de 853,2 millions $ d’amende pour l’affaire de corruption Odebrecht. C’est un jugement d’une cours de justice américaine, basée aux USA qui a demandé cette sanction. Les USA recevront le 20%, 85,3 millions $ et le Brésil le solde de 682 millions $.

 

Canada

Walmart Canada désire utiliser une flotte de camions 100% électrique d’ici à 10 ans. L’entreprise désire acheter 30 camions Tesla. Cette première série convertira 1/5 des trucks 18-wheller cômon-dit-chez-vous-autres.

Le chinois Sinopec Corp va construire une raffinerie de 167’000 b/j dans le royaume des sables bitumineux en Alberta.

Le gouvernement canadien a finalement plié et signé l’accord douanier imposé par Donald Trump. Le Canada va devoir ouvrir ses marchés aux produits agricoles américains dont les produits laitiers. Détail intéressant, la totalité des exportations de pétrole du Canada sont vendues aux USA. Et si le Canada trouvait d’autres clients?

 

Mexique

Le nouveau président, Andres Lopez Obrador désire que la production pétrolière du pays remonte à 2,6 millions b/j d’ici à la fin de son mandat dans 6 ans. (1,8 aujourd’hui). Il a étendu les budgets d’exploration de Pemex de 4 à 11 milliards $.

Dans le nouvel accord négocié avec les USA, le Mexique va augmenter ses importations de gaz de schiste américain.

 

Volvo Camion autonome

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Donald Trump a de nouveau demandé à l’Arabie Saoudite d’ouvrir les vannes pour freiner la hausse du baril. En août, Riyad avait remonté sa production à 10,49 millions b/j au lieu des 10,06 prévus. Cependant, le pays est en-dessous des 10,8 promis en juin. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une stratégie ou si le pays peine à extraire plus d’or noir.

Cette année, l’Arabie pourrait générer 161 milliards $ au lieu des 131 du budget.

La peine de mort a été demandée pour 3 membres du clergé notamment pour corruption. Cependant, un acte contre des leaders religieux pourrait faire des étincelles parmi la population. Les signes d’instabilité politique dans un pays qui génère autant de pétrole produit toujours des frissons dans le dos.

Les Houtis du Yémen ont revendiqué une attaque de missiles Badr 1 sur des installations pétrolières à Jizan.

L’Arabie Saoudite planifierait la construction d’un canal afin d’isoler le Qatar pour en faire une île. On voit où sont les priorités du gouvernement.

 

Irak

Selon le Gouvernement, le pays aurait les possibilités d’augmenter sa production pétrolière pour alimenter les marchés notamment après l’entrée en force des sanctions américaines contre l’Iran.

L’Irak a pompé 4,68 millions b/j en août (+110’00 par rapport à juillet) un record en 30 ans.

L’agence anglaise, IHS Markit, pense qu’en théorie, le pays pourrait produire 7 millions b/j. Cependant, le manque d’infrastructures et de stockage sont des facteurs bloquants. IHS Markit pense que l’Irak pourrait atteindre 5 millions b/j en 2028 et 6 en 2036.

Les manifestations contre la corruption et l’administration s’étendent dans la zone pétrolière de Bassora. Les USA ont fermé le consul à Bassora et demandé à ses citoyens de quitter la région. Avec la conjonction de la sécheresse, la situation fait penser à la Syrie avant la guerre civile.

 

Egypte

Royal Dutch Shell et Petronas vont investir 1 milliard $ pour l’exploration de gaz dans le Delta du Nil.

Le champ gazier de Zohr a vu sa production multiplier par 6 depuis le début de son exploitation en janvier pour atteindre 5 millions m3. L’Italien ENI avait découvert ce gisement en 2015. La production devrait atteindre une pointe maximale de 6 million m3 en 2019.

 

Syrie

Avant la guerre, la Syrie exploitait 400’000 b/j. En 2013, seuls 58’000 b/j étaient au rendez-vous.

En janvier de cette année, Vladimir Poutine a signé avec Bashar al-Assad, l’exclusivité de l’exploitation pétrolière en Syrie. La Russie pourrait investir 30 milliards $ pour restaurer les infrastructures pétrolières et gazières du pays. On peut se demander si la restauration de l’exploitation pétrolière est une priorité pour le pays.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Asie

Inde

L’entreprise Maharashtra State Power Generation Company Limited a lancé un appel d’offres pour acquérir 2 millions de tonnes de charbon pour générer de l’électricité.

La mousson indienne a été destructrice. Les inondations et les glissements de terrain ont fait 1’400 morts.

 

Japon

Jebi, le plus violent typhon depuis 25 ans a frappé l’île de Shikoku. Depuis quelques mois le Japon est frappé par des vagues de chaleurs, pluies torrentielles et inondations. Des pointes de vent à 216 km/h et 500 litres d’eau au m2 ont été enregistrées.

La violence du phénomène a provoqué l’inondation de l’aéroport international du Kansai, construit sur un polder. Un pétrolier s’est encastré dans le tablier du pont qui le relie à la terre et notamment à l’agglomération d’Osaka

Un nouveau record de température a été établi, à 41,1 degrés, le 23 juillet dans la ville de Kumagaya, au nord de Tokyo. Les températures ont dépassé de 2,8 degrés les moyennes saisonnières.

 

L’ouragan Jebi touche la ville d’Osaka

 

Afrique

Nigeria

Au deuxième trimestre, la production pétrolière a chuté de 2 millions b/j à 1,84.

La situation avec la coalition des milices du Delta du Niger se fragilise. En 2016, le Nigeria a perdu des centaines de milliers de barils/jour suite à des attaques des milices. Elles demandent de recevoir une plus grande part dans la répartition du pétrole.

La Navy nigérienne a acheté 16 bateaux pour surveiller les infrastructures pétrolières.

Le pays aurait perdu plus de 7 milliards $ entre 2016 et 2017 à cause des vols et on ne parle pas de la corruption.

L’Italie a condamné deux intermédiaires dans la vente de gisements propriété de Shell à Eni pour un montant de 1,3 milliard $. La fraude se monte à seulement 1,1 milliard $. Le gouvernement nigérien aurait quand même reçu 210 millions $, ce qui n’est pas rien. Ce scandale touche le PDG d’Eni, Claudio Descalzi et quatre managers de Shell dont Malcolm Brinded, Directeur de la fondation Shell. Ce jugement pourrait freiner les ardeurs de corruption qui règne dans les majors.

La police nigérienne annonce avoir retrouvé 470 millions $ de la compagnie pétrolière nationale siphonnés dans un compte privé.

 

 

Phrases du mois

Conserving oil is no longer economically necessary for the US”. Donald Trump.

«Alors que la science est sous l’attaque et la menace climatique grandissante, nous allons lancer notre propre satellite (own damn satellite pour mesurer les émanations de méthane des forages gaziers» Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, suite à l’annonce de Trump d’abandonner la restriction de méthane pour les gaziers.

«Tout le monde est en train de travailler sur des moyens de contourner les USA. Le vrai gagnant est la Chine». Richard Gowan, UN University.

«Un député n’a pas à être une chambre d’enregistrement des desiderata des lobbys. Son job est de défendre l’intérêt général dans le cadre de la démocratie.» Delphine Batho

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Pétrole: Arabie Saoudite, le canari dans la mine

Mohammad bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud (photo), Prince héritier d’Arabie Saoudite, a lancé son pays dans un ambitieux programme «Vision 2030». Parmi les objectifs: diminuer la dépendance pétrolière du pays (70% du budget de l’Etat) et construire l’après-pétrole. Même la Russie de Vladimir Poutine s’oriente dans cette direction.

Alors que les plus grands producteurs mondiaux annoncent des mesures pour assurer leur après-pétrole, cette volonté soulève une question: et nous ?


La rente pétrolière s’amenuise

L’industrie pétrolière manque de transparence, c’est un fait. L’Arabie Saoudite ne déroge pas à la règle et joue avec ses statistiques. Ses chiffres font souvent froncer les sourcils.

Ainsi, depuis 32 ans, le Royaume annonce des réserves pétrolières à hauteur de 268 milliards de barils, alors que depuis 1986, l’entreprise nationale Saudi Arabia a extrait plus de 130 milliards de barils dans ses sols. Il faut se baser sur des indiscrétions pour en savoir plus.

En 2011, Wikileaks avaient publié des conversations diplomatiques avec les USA pour révéler que «les réserves ne représentaient plus que 160 milliards de barils dont à peine 50% récupérables». Ce genre d’information, couplé avec l’empressement actuel du Prince Héritier, tend à démontrer que la réalité, impose au Royaume, d’activer la clause d’urgence.

 

Réserves pétrolières déclarées par l’Arabie Saoudite et le Venezuela

 

Et nous ?

Du côté des pays importateurs de pétrole, l’insouciance règne en maitre. La demande continue de grimper et vient de dépasser les 100 millions barils par jour (16 milliards de litres). Le baril a franchi les 81$ pour la première fois en 4 ans. La probabilité n’est pas nulle de revoir les prix grimper à 100$, seuil de douleur pour l’Economie mondiale.

Les données transmises à nos politiques proviennent exclusivement des lobbies pétroliers ou des majors. La France, l’Italie, la Norvège ou l’Angleterre font confiance à leurs champions nationaux comme Total, ENI, BP, Shell. De son côté ExxonMobil fait partie intégrante de l’administration Trump.

En Suisse, les effectifs de la Confédération ne compte aucun expert pétrolier indépendant et neutre. Rien, nada! Même la protection du loup possède un effectif plus étoffé! Et comme un loup dans la bergerie, le rôle de «conseiller» revient à l’Union Pétrolière Suisse qui en profite pour généreusement financer l’autre puissant lobby: EconomieSuisse.

 

L’audace des lobbies est si grande qu’elle conduit à une situation de plus en plus cocasse.

La Confédération Helvétique prélève 1,5 centime par litre d’essence afin de favoriser des projets qui diminuent la consommation de pétrole et les émissions de CO2. C’est l’Union Pétrolière Suisse qui a été chargée de piloter ce programme. Tant le processus mit au point est machiavélique et ubuesque, qu’il est rare de voir un projet passer la rampe.

Plus d’un milliard de francs, collectés mais non utilisés, trône dans ses coffres. Malgré ce fiasco, la Confédération vient de prolonger la concession de l’Union Pétrolière jusqu’en 2030!

La Suisse n’est pas un cas unique, chaque pays possède son lot de projets aussi rocambolesques.

Les données erronées de l’industrie pétrolière n’impactent pas uniquement les politiques. La Banque Nationale Suisse, qui a investi plus de 7 milliards $ dans le schiste américain et perdu plus de 2 milliards, peut en témoigner.

 

La confiance, la crédibilité et les bonnes décisions sont inséparables.

Le pétrole est intimement corrélé à la croissance économique (4% de croissance mondiale augmente la demande pétrolière de 1,5 million b/j) et il couvre 50% de nos besoins énergétiques.

Il en va de la sécurité économique des pays importateurs d’or noir d’étudier et d’analyser la situation. Certes, les chiffres ne seront certainement pas précis à la virgule près, mais ils seront toujours plus utiles que les communiqués de presse des pétroliers.

Les citoyens et les entreprises ont besoin d’être informés sur les quantités de fioul, de mazout, de kérozène ou d’essence qui restent à disposition et sur les impacts financiers.

Les démarches et les stratégies actuelles des pétromonarchies du Moyen-Orient sifflent comme le canari dans la mine. L’actuel rétropédalage des Agences Pétrolières semblent également indiquer des changements majeurs. Auraient-ils des informations que nous n’avons pas encore pris en compte?

Poser la question et observer leurs comportements, c’est y répondre.

L’Arabie Saoudite se prépare, et nous?

 

Electricité : Un coup de chaud souffle le froid

En se fiant aux statistiques des années précédentes, l’été 2018 devait être un grand cru et la production électrique atteindre des records. Contre toute attente, c’est l’inverse qui s’est produit. Les prix de production ont pris l’ascenseur pour remonter à des niveaux rarement atteints depuis plus d’une décennie à plus de € 9ct le kWh.

La très forte vague de chaleur n’est pas allée avec le dos de la cuillère et a fait dérailler l’ensemble du mix énergétique européen en passant par le solaire, le charbon, l’éolien et le nucléaire. Ce coup de chaud a jeté un froid.


Tous les types de production touchés

L’anticyclone, qui a campé sur l’ensemble de l’Europe, a réussi à paralyser les éoliennes de la Mer du Nord. Ainsi, l’Angleterre a ainsi eu droit à 11 jours consécutifs d’un flegme très british. Sur l’île, ce coup de mou a logiquement propulsé les prix à la hausse.

Du côté du solaire, sa performance dépend de l’ensoleillement et non pas de la chaleur. Au-delà de 25 degrés de température ambiante, le rendement des panneaux diminue. Ainsi dès 35 degrés (80 degrés au niveau des cellules) le rendement diminue de 30%. La balle est dans le camp des fabricants qui planchent déjà sur une parade à ce phénomène.

L’eau trop chaude des cours d’eau a limité la production d’électricité de certaines centrales nucléaires. Le précieux liquide, nécessaire à refroidir les réacteurs, ne joua plus son rôle.

Du côté du charbon thermique électrique, la forte hausse de la demande chinoise et indienne a poussé les prix de la tonne vers de nouveaux sommets. Les deux pays asiatiques, également frappées par une vague de chaleur, ont fait massivement appel au charbon pour faire tourner les installations d’air conditionné.

 

Hausse de la demande estivale

Alors que nous pensions que les tarifs estivaux pouvaient tendre vers zéro grâce à une surproduction bienvenue, le réchauffement climatique jette un coup de froid sur l’ensemble du mix de production mais il apporte un vent d’air frais pour les producteurs qui voient les prix augmenter.

Du côté de la demande, une tendance émerge. Notre planète devient invivable sans l’utilisation de gourmands systèmes de refroidissement.  Historiquement, si c’est en hiver que les besoins sont les plus élevés (chauffage), l’été n’aura bientôt plus rien à lui envier.

En effet, durant les mois chauds, l’utilisation, de plus en plus massive de la climatisation, pourrait faire basculer cette tendance. Détail piquant, les véhicules électriques n’ont pas encore intégré cette équation.

Nous pensions voir la lumière au bout du tunnel, ce n’est peut être qu’un autre train qui arrive ou une colonne de voitures électriques. C’est selon.

 

Evolution prix du charbon été 2018
Source: trading view

 

Se protéger du chaud et décentraliser la production

Afin de tenter de répondre aux contraintes du réchauffement climatique, il est nécessaire d’apporter une plus grande résilience et intelligence dans la production et la gestion de l’électricité. Avec tous les œufs dans le même panier, n’en déplaise aux grands producteurs, la centralisation dans de grandes unités de production devient de plus en plus risquée.

Une réponse viendra de l’autoproduction et de l’autoconsommation citoyenne et la création de mini-réseaux entre les habitants d’un quartier ou d’une ville. Cela permettra de s’attaquer notamment au gisement de 35% d’électricité gaspillée.

Finalement, serait-il le moment de tourner la page des constructions calquées sur les gratte-ciel new yorkais chauffés et refroidis par le dieu pétrole?

Cet été, lors d’un tour à vélo à travers l’Europe, et d’une journée à 40 degrés, j’avais demandé au propriétaire d’un gîte d’étape: “avez-vous la climatisation?” Il m’avait répondu en souriant. «Cette maison a plus de 150 ans, il n’y a pas besoin de climatisation ». Il avait raison. A cette époque Rockefeller n’avait pas encore débuté son travail d’évangélisation auprès des architectes et des constructeurs.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2018

Tous les mois, vous êtes plus de 25’000 à lire cette revue! Merci pour votre fidélité.
Bref, le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Chine: Les glaciers se vident. Le pic d’eau dès 2020?
– USA: Le charbon US s’exporte bien. 2’200 emplois créés depuis l’arrivée de Trump
– Iran: Grosse pression sur les exportations pétrolières
– France: A peine Hulot parti, 6 nouvelles centrales nucléaires EPR sont réclamées
– Russie: Le gazoduc Nord Stream II a reçu le feu vert pour sa construction vers l’Allemagne
– Australie: Le premier ministre viré pour avoir présenté sa loi sur le climat
– Afrique: La Chine et l’Inde ratissent large pour avoir accès aux matières premières
– Rwanda: Pour du pétrole, Total exproprie 15’000 personnes sans indemnisations


Après la baisse consécutive à l’annonce de la hausse de la production de l’OPEP, le mois d’août termine fort. Le baril atteint 77.77$ (74.06$ fin juillet) à Londres et 70,25$ à New York  (69.30$ fin juillet).

Houps! L’uranium s’est réveillé d’un coup. Est-ce l’annonce de l’envie française de construire 6 nouvelles centrales nucléaires…  il grimpe de 4$ depuis juin et termine ce mois à 26.20$ (23.35$ fin juillet).

 

Graphique du mois:  Consommation d’énergie depuis 1850, par personne

 


Monde

En 10 ans, le nombre de passagers aériens a augmenté de 64% pour atteindre 4,08 milliards en 2017.

Le PIB de l’Economie mondiale croit à un rythme de 4,3%. La demande de pétrole augmente de +1,4 million barils/jour (b/j) pour arriver à 99,4 millions b/j. (+1,1 million par rapport à 2017). En 2019, la production devrait augmenter de +1,5 million b/j.

Selon, le Directeur de l’IEA, Fatih Birol, les investissements dans l’exploration pétrolière sont insuffisants pour répondre à la demande à venir.

En 2017, les membres de l’OPEP ont encaissé 567 milliards $ de pétrodollars. (+29% par rapport à 2016). A elle-seule, l’Arabie Saoudite a engrangé 167 milliards $. Cette année, les pays importateurs de pétrole vont verser 736 milliards $ à l’OPEP.

Les températures prennent l’ascenseur à travers le monde. Lire l’excellent article de Sylvestre Huet sur la canicule et la fonte des glaces.

 

Les pays clés du mois

Chine

Le bras de fer, sur les taxes douanières avec les USA, influence le baril et l’Economie mondiale. Pour l’instant la Chine répond du tac au tac aux impulsions de Trump. Cependant, des deux côtés de la frontière, le seuil de douleur émerge. Cette partie de poker menteur débute sur une mise à 100 milliards $.

La Chine avait initialement mis le pétrole sur la liste des produis à taxer. Elle est revenue sur ce choix privilégiant la diversification de ses fournisseurs. De plus, un litre pris aux USA est un litre qu’ils n’auront plus à l’avenir.

Depuis le début de l’année, la Chine a augmenté ses importations pétrolières à 8,98 millions b/j (+5,6%). Pour le gaz, l’augmentation est de +28,3% à 7,38 millions de tonnes. La croissance du PIB et la volonté de générer 10% de l’électricité avec du gaz expliquent ces augmentations.

En juillet, la Chine a augmenté de 14% ses importations de charbon (au plus haut depuis 4 ans). Les températures de 40 degrés et les besoins d’air conditionné ont poussé la demande d’électricité.

Le réchauffement climatique va sérieusement impacter les quantités d’eau à disposition en provenance des glaciers. Leur fonte accélérée diminue les réserves d’eau contenues dans la glace et le pic d’eau (peak water) pourrait arriver dès 2020. Ce pic influencera la quantité d’électricité hydraulique ainsi que l’agriculture.

La Yuan a perdu 7% par rapport au dollar américain ce qui est excellent pour les exportations chinoises.

Tesla Motors aimerait construire une usine à Shanghai pour un montant de 5 milliards $. La Model 3 devrait y être produite courant 2020.

 

Iran

La grande question est: “dès novembre 2018, de combien de barils les exportations iraniennes vont-elles baisser?“. Les exportations iraniennes seraient déjà en baisse de 700’000 b/j alors que les sanctions ne sont pas encore entrées en force. Washington table sur une baisse d’au moins 1 million b/j.

L’agence Platts estime la production iranienne de juillet à 3,72 millions b/j au plus bas depuis 18 mois et les exportations de 2,32 millions b/j (-7%).

Les raffineries, qui s’accommodent du brut iranien, sont localisées en Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Turquie et en Europe. Les alternatives de remplacement de cette qualité de pétrole ne sont pas triviales. Il est difficile pour les raffineries de changer si facilement de crèmerie.

Avant l’imposition des sanctions en novembre, l’Inde fait le plein. Les raffineurs indiens redoutent de se faire couper l’accès au dollar américain s’ils continuent d’importer le brut iranien. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une image plus précise de la situation.

Le Président Trump a proposé de rencontrer sans conditions les leaders iraniens. La réponse iranienne a été immédiate en qualifiant la proposition de Trump de «sans aucune valeur et un rêve». Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de froide.

Téhéran a mentionné que «les sanctions cruelles imposées à l’Iran vont affecter les fonctions pétrolières du Détroit d’Hormuz». La Navy américaine a confirmé une plus forte présence armée iranienne dans le détroit stratégique. Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de chaude.

L’Economie du pays souffre. Depuis mai, le Rial a perdu la moitié de sa valeur face au dollar US. Il faudra garder un œil sur la réaction des citoyens. Le commandant des Gardes de la Révolution, le général Mohammad Ali Jafari souligne que «les faiblesses de la situation interne sont plus sérieuses que la menace militaire américaine».

Sous pression américaine, le français Total quitte Téhéran et renonce à plusieurs milliards de dollars d’investissements en Iran. En contrepartie, l’Arabie Saoudite a offert un juteux contrat à Total en Inde.

British Airways, Air France et KLM suspendent leurs vols vers l’Iran.

USA

La croissance américaine atteint les 4,2% durant le deuxième trimestre 2018. Corolaire à ce boom, la consommation d’essence est repartie à la hausse (+1,5% en 12 mois) et pourrait être en passe de battre de nouveaux records.

Le nombre de forages pétroliers s’élève à 860 (759 il y a 12 mois).

En juin, les USA ont exporté 9,2 millions de tonnes de charbon (+38,6% par rapport à juin 2017) selon la US Census Data. L’Inde a été friande de ce charbon notamment pour la sidérurgie et la production d’électricité pour les systèmes d’air conditionné. Durant les 12 derniers mois, la production de charbon américain a augmenté de 7,8%.

Depuis l’arrivée de Trump, 2’200 emplois ont été créés dans l’industrie du charbon pour atteindre 52’900 employés. Le charbon US est revigoré par de fortes exportations +61% en 12 mois.

Pour combler la diminution des exportations pétrolières iraniennes, Trump va relâcher 11 millions de barils dans sa réserve stratégique. De quoi compenser le manque iranien pendant 11 jours. Le Congrès a accepté une diminution de 240 millions de barils jusqu’en 2027. Actuellement la réserve stratégique se monte à 660 millions de barils, soit la consommation d’un mois.

L’administration Trump va aider financièrement les centrales à charbon et augmenter les niveaux de pollution afin de réduire les coûts de production.

Pour produire leur électricité, les américains ont brûlé 661 millions de tonnes de charbon en 2017, au plus bas depuis 1983. Le peak de consommation a été atteint en 2008 avec 1’037 millions de tonnes.

La production pétrolière américaine a atteint 10,68 millions b/j. L’EIA estime que les USA pourraient augmenter de 1,02 millions b/j en 2019 à 11,7 millions b/j. Cependant, comme les chiffres de l’EIA sont systématiquement corrigés, il y a de bonne chance que les USA ne produisent pas autant de brut.

La Californie compte 4’819 véhicules à hydrogène et 36 stations de recharge.

Le postier UPS va collaborer avec le constructeur Thor Truck pour réaliser des camionnettes de livraisons entièrement électriques avec un rayon d’action de 160 km. Les premiers tests seront réalisés à Los Angeles.

Les dettes des étudiants américains s’élèvent à 1’300 milliards $. Certains pensent qu’elles pourraient être la prochaine bombe qui fera dérailler l’Economie mondiale.

Le Hoover Dam, Las Vegas, pourrait être équipé d’un système de pompage/turbinage via des éoliennes et du solaire. Objectif : faire remonter l’eau dans le barrage et produire de l’électricité à la demande. Le coût du projet est estimé à 3 milliards $.

De mai à juillet, la température moyenne des USA a battu tous les records depuis la création des mesures en 1895. (70,9 fahrenheit)

Ce mois, Elon Musk, le fantasque CEO de TESLA Motos, a conforté son statut. Dans un tweet, il avait annoncé qu’un fond d’Arabie Saoudite était prêt à investir dans son entreprise et sortir TESLA de la bourse. Après une séance de psychanalyse avec le New York Times, il a rétropédalé.

Le numéro un mondial des services parapétroliers, Schlumberger, a vendu pour 600millions $, au norvégien Shearwater, sa flotte de 10 navires spécialisés dans l’échographie des  fonds sous-marins pour la recherche pétrolière. Cerise sur le gâteau, le géant américain annonce une nette amélioration du marché des services parapétroliers en 2018, avec un chiffre d’affaires semestriel en hausse de +12,4 %, à plus de 16 milliards $.

 

 

Europe

Durant l’été et contre toute attente, les prix de l’électricité ont pris l’ascenseur. Une conjonction de facteurs ont paralysé la production. Les trop fortes chaleurs ont freiné la production solaire (quand un panneau solaire et trop chaud, sa production diminue), l’eau des rivières trop chaude pour refroidir les centrales nucléaires et un manque chronique de vent. Si les étés passés, l’électricité était pratiquement gratuite, elle est montée à des niveaux inconnus depuis le début de la décennie à plus de € 9ct le kWh.

 

Russie

La production pétrolière touche 11,2 millions b/j soit à deux doigts de son record d’octobre 2016 (+265’000 b/j en 12 mois). Le ministre du pétrole a souligné que la production devrait rester à ce niveau jusqu’à la fin de l’année. Il semble que le pays aurait atteint sa capacité maximale. A confirmer.

Pour pouvoir augmenter ou maintenir sa production, la Russie a besoin de développer ses réservoirs en Arctique et ses gisements de schiste. Dans les deux cas, les sanctions américaines et européennes bloquent l’accès aux fonds et à la technologie. Tiens, en parlant de sanctions, les américains ont rajouté une couche en bloquant une grande partie des exportations russes vers les USA ainsi que d’utilisation du dollar pour certaines banques russes.

Le gazoduc South Stream II a reçu l’aval du Danemark pour la traversée de son espace territorial. Il s’agissait du dernier obstacle à sa construction. La visite de Vladimir Poutine à Angela Merkel marque le début de sa réalisation. Gazprom va pouvoir doubler ses livraisons de gaz à l’Allemagne tout en évitant l’Ukraine et la Pologne.

 

France

Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie a démissionné du gouvernement Macron. Il n’aura fallu attendre que 2 jours pour qu’un rapport du lobby du nucléaire demande la construction de 6 centrales  de type EPR. (Dans une négociation, il faut bien commencer quelque part). Objectifs: maintenir les compétences industrielles, donner des perspectives aux salariés et assurer la relève du nucléaire français. Une tartine de 50 milliards € que l’ancien directeur des affaires publiques d’Areva, Edouard Philippe, actuel premier ministre, doit savourer.

Au 2ème trimestre, la croissance française grimpe de 0,2%.

Avec l’ouverture des marchés depuis 2007, les citoyens peuvent librement changer de fournisseur d’électricité. Onze années ont passé et malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, 81 % des ménages sont fidèles à EDF. Pour les prix, la différence porte sur un tiers de la facture seulement. Les deux autres tiers sont identiques pour tous les fournisseurs, et servent à payer les taxes et le transport d’électricité. L’arrivée des mini-grids et l’autoconsommation devraient pouvoir modifier la donne, même si le mot: “autoconsommation” est encore un gros mot dans le pays.

Allemagne

Pendant que la France roupie avec son nucléaire et tente de mettre en service sa première centrale EPR sans faire exploser tout le continent, en Allemagne un groupe de travail a été instauré afin d’élaborer la sortie du charbon électrique d’ici à 10 ans. Le rapport sera rendu d’ici à décembre 2018.

Berlin compte sur le renouvelable et le gaz pour effectuer la transition sans nucléaire et sans charbon. Cependant, les nouvelles études montrent que les émanations de méthane, dégagées lors de la combustion et de l’extraction du gaz, sont plus néfastes pour le climat que le charbon.

Le pays a ajouté 2 GW d’électricité solaire durant les 12 derniers mois. Un plus haut depuis 2013. Depuis le début de l’année 2018, l’augmentation est de 40% par rapport à 2017. De 2010 à 2012, l’Allemagne avait ajouté 20 GW.

Angela Merkel s’est rendue en Azerbaïdjan pour évaluer l’opportunité de créer un gazoduc en passant par la mer Caspienne. La réunion souligne l’envie (en tout cas devant les médias) de la chancelière de diminuer la dépendance de l’Allemagne face au gaz russe.

 

Angleterre

Suite à une douzaine de tremblements de terre dans la région du Surrey, les citoyens appellent à l’arrêt des forages de schiste responsables de ces secousses.

 

Suisse

Les niveaux du Rhin sont tellement bas que les barges pétrolières ne peuvent pas dépasser certaines limites de chargement ce qui augmente les coûts. C’est en tout cas l’excuse donnée par l’Union Pétrolière pour justifier la solide hausse des prix de l’essence à 1,71 frs le litre.

Le géant Alpiq a réalisé un bénéfice de 93 millions de francs (85 millions €) avant les amortissements. Au final, le producteur d’électricité présente une dette car ce serait ballot de payer des impôts. A l’avenir, Alpiq va se recentrer sur son cœur du métier : la production d’électricité.

Depuis les 6 premiers mois de l’année, le Suisse Glencore a généré plus de 2,5 milliards $ de bénéfices grâce à l’extraction de charbon et à la hausse des cours. Le CEO pense que les bénéfices charbonniers vont représenter la plus grande source de revenus de la multinationale et dépasser les profits du cuivre. Son concurrent BHP Billiton, la plus grande entreprise minière du monde, focalise également ses efforts dans l’extraction de charbon thermique utilisé pour la production d’électricité.

Le Suisse a également acheté le 49% des parts dans la construction d’une nouvelle centrale à charbon en Australie. Il est à noter que Glencore s’est établi dans le canton de Zoug dans des buts d’optimalisation fiscale.
A ranger dans le dossier: ->polluer -> esquiver les impôts.

 

Portugal

Plusieurs forages pétroliers pourraient émerger dans le pays. Les citoyens s’inquiètent de l’impact de ces forages sur les plages et le tourisme. De plus, le Portugal produit 44% de son électricité avec du renouvelable. Certains s’inquiètent de la place que pourrait prendre le pétrole face à l’éolien et le solaire.

La Chine investit dans les infrastructures électriques européennes notamment dans le domaine stratégique du transport par lignes à haute tension. Aujourd’hui, China Three Gorges (CTG) désire acquérir Electricité du Portugal (EDP).

Depuis 2011, 34,5 milliards de dollars ont été investis dans des entreprises du secteur, selon Bloomberg. A tel point que l’énergie est la deuxième industrie dans lequel les capitaux chinois ont le plus afflué ces dix dernières années en Europe, derrière la chimie.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

La production du pays a plafonné à 10,29 millions b/j en juillet. Si le marché n’arrive pas à satisfaire la demande pétrolière mondiale, notamment après novembre, Riyad devra dévoiler ses capacités réelles. Nous pourrons ainsi juger l’écart entre la réalité et les communiqués de presse.

L’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national, a été mis sur pause et continuera « quand les conditions seront optimales ». Le Prince héritier désirait lever entre 100 et 200 milliards $ mais les investisseurs ont montré un enthousiasme limité.

Parallèlement le Prince Mohammed bin Salman a ordonné à Saudi Aramco d’acheter le 70% des actions de l’entreprise pétrochimique saoudienne Sabic: un jeu de vases communicants évalué à 70 milliards $. Pour payer la douloureuse, Saudi Aramco va emprunter auprès des banques internationales. Ce tour de passe-passe permet au Prince d’obtenir presque le même résultat que l’IPO de Saudi.

 

Yémen

Selon CNN, la bombe, Mark 82 (Mk 82) à guidage laser de précision, (qui a tué 51 personnes, dont 40 enfants, larguée sur un bus dans un raid aérien attribué à la coalition menée par l’ Arabie saoudite dans le nord du  Yémen), a été commercialisée par les Etats-Unis et conçue par l’entreprise de défense américaine Lockheed Martin. La coalition a remis ça quelques jours plus tard en tuant à nouveau 20 enfants. L’ONU a ouvert des enquêtes.

La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts depuis l’intervention de la coalition sous commandement de l’actuel Prince Héritier MBS selon l’ONU.

Malgré la guerre le pays a réussi à exporter 500’000 barils de pétrole à la Chine. La première livraison par tanker depuis 2015.

 

Irak

Trois mois après les élections, la victoire a consacré Moqtada Al-Sadr, le dirigeant populiste chiite. En deuxième position se trouve la liste des anciens du Hachd al-Chaabi, qui ont combattu l’Etat islamique. Quant au premier ministre, Haider Al-Abadi, soutenu par la communauté internationale, il arrive en troisième position.

En juillet, les exportations ont atteint des records à 3,54 millions b/j et 7,5 milliards $. Ce brut provient exclusivement des régions du sud. La région du nord, Kirkuk n’aurait pas exporté de pétrole.

Chômage, corruption, coupures d’eau et d’électricité, la région pétrolifère de Bassora est le théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines. Alors que cette région apporte la quasi-totalité des revenus du pays via son pétrole, l’argent part et reste à Bagdad. La malédiction du pétrole frappe à nouveau. Les manifestants demandent l’autonomie de la région dans le but de faire revenir des pétrodollars. Des blocus des champs pétroliers commencent à émerger.

Bassora est la plus importante province économique du pays. Avec 1,5 million d’habitants et ses nombreux gisements pétroliers, elle apporte 100 millions de barils par mois (7 milliards $)

Asie

Japon

Honda lance un programme de recharge «Smart Charge» de voitures électriques. La recharge de la voiture se réalisera selon la disponibilité d’électricité verte et les habitudes des conducteurs.

 

Inde

India Coal Ltd a augmenté l’extraction de charbon à 40,56 millions de tonnes en juillet (+10,6% par rapport à juillet 2017).

Le gouvernement approuve l’exploration de gaz et de pétrole de schiste dans le pays, dans le but de réduire les importations.

Le pays fait face à une mousson meurtrière. Avec plus de 400 victimes, l’Etat du Kerala est particulièrement touché. Plus de 10’000 kilomètres de routes ont été endommagés et les vannes de 34 barrages et réservoirs où l’eau a atteint un niveau jugé dangereux ont été ouvertes.

 

Pakistan

En plus d’avoir un nouveau premier ministre champion de Cricket, ExxonMobil pourrait avoir découvert un énorme réservoir de pétrole (plus grande que les réserves du Koweit) à sa frontière avec l’Iran.

 

Corée du Sud

Le pays va réduire les taxes de gaz liquide de 74% et augmenter les taxes sur le charbon de 27%. Objectif: réduire la consommation de charbon pour sa production d’électricité.

 

Australie

L’Australie est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. La Barrière de Corail (Great Barrier Reef) est en train de mourir, les incendies dévastent les forêts et la sécheresse secoue le pays et surtout les paysans. Bref, on pourrait penser que les australiens soient prêts à prendre leur survie en main.

Premier ministre depuis septembre 2015, Malcolm Turnbull s’était engagé à respecter l’Accord de Paris sur le climat et à implémenter des règles contre la pollution et limiter les émissions des producteurs d’électricité. Cette proposition a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a été contraint à renoncer à ce projet et à démissionner!

Avec un sens certain de la formule, l’ancien premier ministre Tony Abbott avait torpillé cette loi en disant : «nous ne faisons pas assez pour diminuer les prix de l’énergie et nous devons mettre nos retraités avant Paris». Le brave homme demande de diminuer les prix de l’électricité et de maintenir le charbon dans le mix énergétique du pays. Visiblement les épisodes climatiques et les impacts extrêmes dans le pays ne sont pas encore suffisants. Patience.

Malcolm Turnbull a été remplacé par son ministre des finances Scott Morrison.

Les Amériques

USA Schiste

Dans la région du Bakken, l’utilisation d’eau pour les forages de schiste devient un problème. En temps normal, les besoins en eau augmentent en même temps que les quantités de pétrole. Selon le North Dakota Department of Mineral Resources, le Bakken a produit 201 millions de barils de pétrole et 268 millions de barils d’eau contaminée. Il faut donc toujours plus d’eau pour extraire moins de pétrole ce qui pourrait indiquer un balancement vers peak oil. Le traitement de l’eau contaminée coûte entre 4-5$ le baril.

Pour 10,5 milliards $, BP a acheté les terrains de schiste de BHP Billiton.

 

Canada

A cause de la capacité réduite de transport, les pétroliers canadiens vendent leur brut aux alentours de 40$ le baril au lieu de 70$. Les producteurs canadiens ont mis tous les œufs dans le même panier et n’ont qu’ un seul acheteur: les USA.

Le PIB du pays a augmenté de 0,5% en mai poussé par les ventes de brut. Les pétroliers ont vu une progression de +2,5% et les sables bitumineux de +5,3%.

Le Canada s’est retrouvé au milieu d’une tempête avec l’Arabie Saoudite. Sur Twitter, la ministre canadienne des affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’inquiétait de l’arrestation en Arabie saoudite de la militante des droits des femmes Samar Badawi. Curieusement, Riyad a sur-réagit comme si le gouvernement donnait un signal d’alarme aux autres pays et de ne pas toucher à ce problème.

Il est fort à parier que le choix du Canada n’est pas anodin. La faiblesse du premier ministre Justin Trudeau fait du Canada une cible privilégiée.

 

Venezuela

La production est tombée au plus bas depuis 30 ans. Le pays est en totale déliquescence. On passe pour ce mois.

 

Mexique

Après avoir atteint son peak oil en 2005 avec 3,5 millions b/j, la production atteint aujourd’hui 1,87 millions b/j soit un déclin de 50% en 13 ans. Cette chute souligne la rapidité du déclin après le pic.

Afrique

Les présidents indiens et chinois ont sillonnés l’Afrique afin de resserrer les liens entre les deux géants et surtout bénéficier des matières premières. La Chine propose d’étendre sa «Route de la Soie» au contiennent africain. Pékin propose de l’argent facile avec des prêts généreux. En temps voulu et le couteau sous la gorge, les pays rembourseront avec des matières premières bradées.

Melania Trump a annoncé qu’elle organise un voyage en Afrique sans son président de mari.

 

Nigeria

La Nigerian National Petroleum Corporation a perdu 663 millions $ en une année. Avec seulement 4 raffineries d’une capacité de 650’000 b/j, le Nigeria doit exporter le brut et importer de l’essence qu’elle vend à perte à 0,40$ le litre.

En un mois, le pays consomme 80 millions litres d’essence.

Une nouvelle raffinerie est en construction et devrait entrer en service dès 2022.

La production pétrolière avoisine le 2,3 millions b/j.

 

Libye

La production de juin, 670’000 b/j est au plus bas depuis avril 2017. Le pays fait face à des problèmes de sécurité interne.

 

Rwanda

Plus de 15’000 personnes ont été déplacées, souvent sans indemnisation, pour permettre au pétrolier français Total de commencer l’extraction pétrolière dans des champs prometteurs.

 

Soudan

Le pays va exporter une partie de son pétrole en Chine.

 

Phrases du mois

«Le gaz naturel est une énergie qui possède un effet de serre incroyablement puissant et émet d’énormes quantités de méthane, qui produit un effet de réchauffement beaucoup plus rapide que le carbone. Une grande partie du gaz naturel que vendent des sociétés comme Shell est du gaz de schiste, ce qui génère encore plus de fuites de méthane et crée également toutes sortes d’autres problèmes environnementaux pour l’eau, etc. Non, je ne pense pas que le gaz naturel soit une énergie de transition.» Naomi Klein

Nous nous sommes trompés dans l’évaluation du changement climatique. Ce qui se passe aujourd’hui, nous l’avions prévu pour 2030-2040.” Martin Beniston, climatologue suisse

According to the IEA’s executive director, Fatih Birol, “The overall trend of energy investment remains insufficient for meeting energy security, climate, and air quality goals, and is not spurring an acceleration in technologies needed for the clean energy transition.

«Je quitte le gouvernement pour ne plus avoir à me résigner à une politique des «petits pas» insuffisante à mes yeux face aux enjeux environnementaux.» Nicolas Hulot

«Pour moi, c’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou à un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne?» Nicolas Hulot.

«A l’échelle cosmique, l’eau est un élément plus rare que l’or». Hubert Reeves

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Les USA pourront-ils compenser le pétrole Iranien?

Le Président Trump a annoncé ses nouvelles sanctions contre l’Iran, avec l’ambition de réduire à zéro les exportations d’or noir de Téhéran. Depuis, l’Agence de l’Information Energétique Américaine, EIA, effectue un rétropédalage sur ses enthousiasmantes données pétrolières.

Alors que Washington pensait pouvoir combler le manque iranien et éviter de propulser les prix du baril à des sommets dangereux pour la croissance mondiale, la partition a soudainement changé. Les USA ne semblent actuellement plus en mesure de réaliser cette ambition à moins de puiser dans les réserves pétrolières stratégiques du pays.


 

Depuis des années, l’EIA claironne l’embellie du pétrole de schiste. Inlassablement, elle publie des données hebdomadaires qui ne laissent planer aucune ambigüité. Les USA vont devenir le plus grand producteur mondial d’or noir.

A elle seule, la production US de pétrole non conventionnel représente déjà 7,522 millions barils par jour (b/j).

Dans les plans de Donald Trump, la croissance continue du schiste devait compenser la baisse des exportations iraniennes. Mieux, les USA ont l’opportunité de prendre des parts de marché chinois aux iraniens (même si les USA continuent d’importer plus de la moitié de leur consommation.)

 

Le pétrole de schiste plafonne

Ce printemps, l’Agence publiait des chiffres positifs sur la production du pays notamment grâce au schiste du Bassin Permien. La progression interne devait grimper de +1,44 million pour friser les 11 millions b/j d’ici à décembre.

Entre avril et mai 2018, l’augmentation prévue était chiffrée à +220’000 et +140’000 en août. En réalité, cette hausse s’est traduite par une baisse de -10’000 b/j. Aujourd’hui, l’Agence publie un objectif conservateur de 10,68 millions b/j d’ici à la fin de l’année.

«Nous sommes de plus en plus inquiet que l’augmentation de l’extraction de schiste croisse aussi lentement» souligne Jozef Lieskovsky, analyste sénior à l’EIA. Un bémol de l’EIA est assez rare pour le souligner.

Les raisons de cette baisse de régime proviennent du manque de capacité des transports du brut vers les raffineries. Les pipelines doivent encore être construits. Ils ne pourront évacuer le précieux liquide que dans 18 à 24 mois.

De plus, les gisements les plus prolifiques du Bassin Permien (Tier 1) montrent déjà des signes de fatigue. Certains producteurs s’attaquent aux gisements de deuxième catégorie (Tier 2) moins prolixes. Tant l’EIA que l’IEA (Agence Internationale de l’Energie basée à Paris) comptaient sur les réserves et les capacités Tier 1, du Bassin Permien pour répondre à la demande mondiale.

De leur côté, tous les autres gisements de schiste américains sont soit en baisse soit en très légère augmentation.

Sans surprise, les résultats financiers du 2ème trimestre montrent que plus d’une douzaine de compagnies pétrolières ont manqué leurs objectifs tant financièrement qu’aux niveaux de la production. Malgré la hausse des cours du baril, les producteurs ont perdu plus de 20 milliards $ depuis le début de l’année.

 

Maîtriser les prix du baril et protéger la croissance

En novembre, les sanctions américaines entreront en force. Initialement, la Maison Blanche espérait réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes. Aujourd’hui, Washington a mis de l’eau dans son vin et semble tolérer une diminution de 1 million b/j sur les 3,7 actuels, soit à un niveau comparable à avant les sanctions.

La croissance mondiale, prévue à 4,2% en 2019, nécessite de l’énergie. Aujourd’hui, les pétroliers extraient 99,4 millions de barils par jour (+1,1 million depuis 2017) et il en faudra en trouver 1,4 million de plus.

Dans le cas où l’offre n’arriva pas à suivre la demande, les prix devraient rapidement grimper. L’expérience de 2008 montre qu’il n’aura fallu que quelques mois pour propulser le baril à 147$. A ce niveau, la croissance se détruit et les cours pétroliers s’effondrent.

La Russie, l’Arabie Saoudite et les pétromonarchies font tout pour éviter de revivre ce scénario catastrophe. Ce yoyo des prix est une malédiction pour les budgets de ces pays dont l’or noir participe presque essentiellement à leur équilibre.

 

Utilisation de la Réserve Pétrolière Stratégique

Pour Donald Trump, toute crise est à éviter avant les élections de 2020. Au jeu des sanctions, l’interdépendance entre les pays peut rapidement se transformer en boomerang.

Cependant, l’administration Trump possède un plan B: l’utilisation de la réserve pétrolière stratégique qui contient plus de 727 millions de barils. Ainsi, 11 millions de barils seront déstockés pour rejoindre les marchés entre le 1er octobre et le 30 novembre 2018. Ce sparadrap est bien sûr une solution non durable. La question est de savoir s’il permettra de gérer la situation jusqu’aux élections.

Du côté des agences, leurs prévisions mettront à l’épreuve la confiance réelle que nous pouvons leur porter dans les années à venir.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– OPEP: 700’000 barils de plus pour stabiliser les prix
– Venezuela: La production pétrolière du pays s’effondre
– USA: Trump demande à l’Arabie Saoudite d’ajouter 2 millions b/j
– Allemagne: L’industrie automobile secouée par l’électricité
– Vatican: Le Pape convie les pétroliers à se pencher sur le réchauffement climatique
– Jordanie: L’augmentation des prix de l’essence crée des manifestations
– Iran: Total va se retirer d’un projet à 4 milliards $
– Libye: Les milices se battent, les exportations toussent.


 

L’OPEP a annoncé une augmentation de la production, mais rien n’y fait. Le baril grimpe à 79.44$ (77.59$ fin mai) à Londres et surtout il prend des gallons dans le monde merveilleux de Donald à 74.15$ (67.09$ fin mai).

L’uranium fait comme Neymar dans les 16 mètres. Il tombe tout seul et perd 10 centimes 22.55$ (22.65$ fin mai).

 

Graphique du mois
Evolution du CO2 par pays entre 1965-2017

Si l’Europe et les USA stabilisent leurs émissions de CO2,
le teste du monde fait grimper les statistiques

 

Monde

La fonte des glaces de l’Antarctique ont plus que doublé depuis 2012. Le continent contient entre 60 et 90% de l’eau potable dans le monde. Si toute cette glace devait fondre, le niveau des océans augmenterait de 60 mètres.

En 1920, le monde comptait 10 millions de véhicules à moteur. 36 ans après, une multiplication par 10, amena les 100 millions en 1956. Il n’aura fallu que 44 ans revoir une augmentation de 10 et attendre 1 milliard en 2010. En juste 5 ans, nous avons ajouté 300’000 unité pour arriver à 1,3 milliard en 2015.

D’ici à 2025, Volvo Cars pense que le 50% de ses ventes proviendront des voitures électriques et 1/3 seront autonomes.

A eux deux, la Chine et l’Inde sont responsable à 69% de l’augmentation de la demande pétrolière mondiale.

 

OPEP

L’OPEP+ va compenser les pertes de production de ses pays membre, dont le Venezuela, et augmenter la production de 1 million barils/jour (b/j). En réalité 9 des 14 membres de l’OPEP ont atteint le peak oil et seuls la Russie (non membre de l’OPEP), l’Arabie Saoudite, le Koweit, les Emirats Arabes Unis et l’Irak ont les capacités d’extraire plus de barils.

Après cette annonce, le baril est légèrement descendu pour remonter comme un bouchon de liège.  Visiblement les soucis du Venezuela, du Nigeria, de la Libye et les sanctions de l’Iran pèsent trop lourdement sur l’offre/demande.

A cause de problèmes de production, l’OPEP délivre 700’000 barils de moins que les quotas qui avait été déjà amputés de 1,8 millions b/j.

Selon l’IEA la demande devrait augmenter de 1,3 million b/j en 2019 et l’offre de 2 millions b/j. Le schiste américain devrait amener 1,4 millions b/j. Il semble que le marché puisse être équilibré en 2019, mais la prévision est à verifier.

Quelques heures avant de terminer l’écriture de cette rubrique, le Roi Trump a demandé au Roi bin Salman d’Arabie Saoudite d’augmenter sa production de 2 millions b/j. En novembre prochain, les USA vont élire leur parlement et un litre d’essence élevé fait tâche dans le CV républicain. L’Arabie Saoudite a immédiatement relativisé le tweet de @realDonaldTrump car il est peu probable que le pays ait la capacité d’extraire 2 millions de barils supplémentaires. De plus, les autres membres de l’OPEP verraient d’un mauvais oeil une baisse d’entrée de pétrodollars.

 

 

Les pays du Mois

Venezuela

Sans aucune discussion, le Venezuela est le pays le plus important de ce mois. La production mondiale est sur le fil du rasoir avec une marge maximale de 2% pour augmenter l’offre. Si le Venezuela s’écroule, on voit mal comment combler cette perte.

Ainsi, la compagnie pétrolière, PDVSA, a annoncé à 8 clients internationaux (Nynas, Tipco, Chevron, CNPC, Reliance, Conoco, Valero et Lukoil) son incapacité de livrer les quantités de pétrole promises. En juin, PDVSA devrait exporter 1,49 millions b/j mais elle n’aurait que 694’000 b/j à disposition.

L’International Energy Agency pense que la production du Venezuela pourrait descendre à 800’000 bj au lieu des 2,5 millions il y a quelques mois encore.

Les employés de PDVSA continuent de démissionner par milliers. Les ouvriers désespérés pillent les derniers outils, véhicules et équipements qu’ils échangent contre de l’argent et de la nourriture.

Les tankers pétroliers pourraient charger 24 million de barils, mais une dispute juridique/financière avec l’américain ConocoPhillips empêche les tankers de s’approvisionner dans certains ports. PDVSA doit utiliser ses propres terminaux, qui sont incapable d’accueillir des grands tankers.

Pour contourner ce problème, PDVSA transvase le pétrole de tanker à tanker, en haute mer, pour éviter le blocus des ports.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a pesé de tout son poids au sein de l’OPEP pour augmenter les quotas de 700’000 b/j  (400 pour l’Arabie, 300 pour la Russie non membre de l’OPEP). Depuis l’annonce Riyad a déjà augmenté sa production de 100’000 b/j, mais  Donald Trump insiste pour pousser la machine à 2 millions b/j. Objectif: maîtriser les prix de l’essence aux USA avant les élections du mid-term en novembre prochain. C’est que Joe America, accessoirement électeur de Trump, a besoin d’un gallon d’essence bon marché pour son pickup truck. Après ce cap, les prix pourront augmenter.

Avant le retrait des USA de l’accord avec l’Iran, Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de compenser les éventuelles pertes pétrolières sur les marchés. Par le passé, Riyad a souvent résisté aux demandes américaines. Mais si cela permet d’affaiblir l’Iran, on comprend le geste de la famille Royale.

Il reste encore des dizaines de membres de la famille royale en prison et de nombreuses personnes interdites de quitter le pays. Alors que le Prince bin Salman tente donner un peu d’air aux règles sociales strictes, il garde une main de fer sur les dissidents.

Au palais royal, une fusillade a éclaté entre des membres de la famille et les gardes du corps. Plusieurs personnes ont été tuées. Si cette information est confirmée, cela souligne deux points : A) la capacité des saoudiens à couvrir les informations B) la division entre les 15’000 membres de la famille et les 2’000 membres de l’élite. De la volonté de fer du Prince dépend la stabilité du pays.

L’Arabie Saoudite voudrait organiser un sommet mondial du pétrole avec les membres et non membres de l’OPEP afin de réguler les prix sur les marchés. 60 ans après sa création, l’OPEP pourrait ainsi disparaître.

Dans le but de rendre la mariée encore plus belle, Saudi Aramco a investi plusieurs milliards $ en Chine, en Inde et en Malaysie. 44 milliards $ ont été investi dans 3 raffineries en Inde. Les capacités de raffinage d’Aramco vont monter à 10 millions b/j. (5 actuellement).

Les femmes sont autorisées à conduire une voiture. Il s’agit d’une ouverture importante depuis le séisme du siège de la Mecque, par Juhayman al-Utaybi en 1979 qui a forcé la famille royale à des règles religieuses conservatrices radicales.

Les 2/3 des Saoudiens n’ont pas 30 ans. Cette jeunesse impose une grande pression sur le régime dictatorial.

 


Le pétrole, le gaz, le charbon continuent leurs progressions
alors que les énergies renouvelables sont à la traine

 

USA

Donald Trump propose de soutenir financièrement les centrales à charbon et les centrales nucléaires qui accumulent les déficits. De son côté, Xcel Energy, le plus grand producteur d’électricité du Colorado, va mettre à la retraire 2 centrales à charbon pour les remplacer par des sources renouvelables. Xclel espère économiser 215 millions $ d’ici à 2054.

A la dernière minute, l’administration Trump, a retiré sa proposition de diminuer l’aide fédérale pour les biocarburants (essence à base de céréales). Les milieux agricoles (et électeurs blancs) ont réussi à faire plier le gouvernement.

Trump a rencontré Kim Jong Un. A part des communiqués de presse dithyrambiques et de belles photos pour la galerie, il ne s’est strictement rien passé.

Darren Woods, CEO d’Exxon Mobil Corp, veut s’acheter une virginité. Après avoir noyé le monde de CO2, Exxon veut devenir «un acteur de la solution» contre le changement climatique. Pour ce faire, Exxon étudie la possibilité de faire de l’essence à base d’algue et de diminuer de 15% les émissions de méthane. Là, il faut penser à quelque chose de très triste pour ne pas hurler de rire.

Chevron et Exxon Mobil refusent de divulguer les informations comptables afin de combattre la corruption pétrolière au niveau mondial.

General Motors et Honda collaborent à un nouveau composant chimique pour les batteries de voitures électriques. Les objectifs sont d’augmenter la capacité, diminuer la dimension et de réduire le temps de charge. Ces batteries sont prévues pour le marché US.

Sous la pression de l’administration Trump, les installations solaires stagnent aux USA. Le marché US avait déjà reculé de 30%. Les nouvelles taxes sur les importations de panneaux solaires auraient gelé pour 2,5 milliards $ d’investissements.

La ville de Chicago va investir 32 millions $ pour acheter 20 nouveaux bus électriques de la firme Proterra. À quelques km de là, au Canada, la ville de Toronto a également acheté 10 bus Proterra Catalyst E2.

La Californie va investir 78.7 millions $ pour remplacer ses vieux bus d’école par des bus électriques et 13 millions pour les infrastructures.

Elon Musk, le PDG de Tesla Motors, a licencié 9% de ses employés et si la production du nouveau Model 3 augmente, l’entreprise fait face à une pénurie de batteries. Tesla commence à ressembler au Venezuela. On sait que tout va s’écrouler, mais on ne sait pas quand.

 

Russie

Gazprom aimerait construire un gazoduc en direction de la Corée du Sud en passant par la Corée du Nord. Le relâchement des tensions dans la région pourrait également permettre à la Russie d’alimenter l’ami Kim.

L’italien Enel et la compagnie russe des trains vont collaborer pour développer une batterie de stockage afin de stabiliser le réseau électrique russe. Enel va coupler un système avec le système de freinage des trains afin d’optimaliser la consommation.

La Russie va supprimer les taxes sur l’exportation de pétrole et la remplacer par une imposition sur les bénéfices des majors. Ce genre de tour passe-passe bénéficie toujours à quelqu’un et l’on peut imaginer que ce quelqu’un va se faire une fortune.

Gazprom aurait reçu la permission de la Suède pour le passage du gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie à l’Allemagne. Le petit frère du Nord Stream 1 a toujours besoin de l’accord du Danemark qui aimerait voir l’Europe diversifier ses sources énergétiques. Cependant au rythme où la Chine siphonne le gaz russe, on peut se demander s’il en restera pour l’Europe.

L’entreprise ukrainienne Naftogaz a demandé à la cours hollandaise de geler les actifs de Gazprom en Hollande afin de rembourser 2,6 milliards $.  Les gazoducs de Naftogaz font transiter le gaz de la Russie à l’Europe. On comprend mieux l’empressement de Moscou pour trouver des alternatives de transports gazier.

L’Europe va continuer ses sanctions contre le gouvernement Russe durant les 6 prochains mois.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

La Commission européenne a proposé d’atteindre 32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. En pratique, l’objectif n’est pas contraignant. On ne peut que s’incliner devant aussi peu d’enthousiasme et de prise de risque. On en vient presque à espérer que la crise pétrolière, qui s’annonce d’ici à 2020, soit d’une telle virulence qu’elle secoue tout ce beau monde.

La Commission autorise l’importation d’huile de palme d’Indonésie et de Malaisie pour l’intégrer aux carburants pour nos voitures par «souci de protéger les intérêts des industriels et des agriculteurs déjà engagés dans cette filière!»

 

Vatican

Le Pape François a rencontré les CEO de plusieurs majors pétrolières comme Bob Dudley, CEO BP, Eldar Saetre, CEO Equinor (anciennement Statoil), Larry Fink du fonds BlackRock et des managers d’ExxonMobil pour les entretenir sur les changements climatiques.

«Le réchauffement climatique est un problème global avec de graves implications environnementales, sociales, économiques, politiques ainsi que pour la distribution des marchandises » a souligné le Pape François.

 

France

La France est totalement immunisée contre les accidents nucléaires. Dans le cadre de la «programmation pluriannuelle de l’énergie» qui fixe les scénarios énergétiques pour 2025, 2030, 2050, aucun incident d’une centrale nucléaire est prévu. C’est étrange, il y a 10 ans, le Japon tenait exactement le même langage.

Les 100 élus du comité du Syndicat Autolib Paris ont décidé de terminer l’expérience Bolloré. Le Groupe du Magnat, demande une somme abracadabrantesque (233,7 millions €), selon Mme Hidalgo, pour combler le déficit d’Autolib d’ici à 2023.

A Bar-le-Duc, alors que des déchets nucléaires ne sont pas encore enfuis, ça chauffe déjà. Plus d’un millier d’opposants se sont opposés à l’enfouissement des déchets à Bure, Meuse. L’Agence ANDRA vise à enfuir à 500 m. sous terre, les éléments les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Le groupe General Electric, qui avait racheté il y a 4 ans la branche énergie d’Alstom, ne tiendra pas son engagement de créer 1’000 emplois. Si une multinationale américaine tenait sa parole, ça se saurait.

Les prix du gaz vont augmenter de 7% : motif les prix du gaz sur les marchés augmentent. En réalité, ce ne sont que les prix du pétrole qui grimpent, pas ceux du gaz. Quant aux revendeurs de gaz, ils multiplient de 6 à 8 fois les tarifs de vente par rapport au prix d’achat sur les marchés.

La vitesse sur les routes va passer de 90 à 80 km/h. C’est une excellente initiative pour réduire la pollution et augmenter la sécurité. L’expérience n’a pas commencé, mais comme prévu, ça gueule déjà.

 

Allemagne

Après Volkswagen et Audi, c’est au tour de Mercedes d’être pris la main dans le sac. Ainsi 774’000 voitures Mercedes diesel équipées de logiciels pour contourner les émissions de CO2 sont rappelées. Même le modèle Vito est concerné. Etrange car ce moteur est préparé par…. le français Renault.

Dans le cadre de l’enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, le PDG d’Audi, Rupert Stadler a été arrêté et mis en prison en raison du risque de le voir supprimer des preuves.

Le retard des constructeurs automobiles allemands dans l’électrification de leurs modèles pourraient coûter 75’000 emplois d’ici à 2030. La prévision semble assez optimiste quand l’on voit la vitesse à laquelle les chinois ont saisi l’opportunité. L’industrie automobile allemande emploie 840’000 personnes dont 210’000 pour les moteurs thermiques.

Le géant allemand E-On va installer une ferme solaire de 100 MW aux Texas, USA.

 

Suisse

Le géant américain General Electric, GE, va biffer 1’200 et non plus 1’400 emplois comme annoncé il y a quelques mois. En 2015, GE avait acheté Alstom et avait promis de ne pas licencier.

Les BKW ont prévu 925 millions frs pour la désaffection de la post exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg et 1,25 milliards pour les déchets radioactifs. Pour la désaffection elle-même, les BKW n’ont prévu que 550 millions alors que la Confédération estime la douloureuse à 611 millions. Le Tribunal Fédéral devra départager les deux acteurs. La centrale fonctionnera jusqu’au 31 décembre 2019 et le chantier devrait se terminer en 2034.

L’institut fédéral de surveillance nucléaire va acquérir des drones et des robots en cas de catastrophe nucléaire.

 

Angleterre

Le pays n’a pratiquement pas produit d’électricité éolienne pendant 9 jours consécutifs. Cette sécheresse de vent a poussé les prix du marché à un plus haut depuis 10 ans.

 

Accord entre Trump et Kim:
On va voir ce qu’il va se passer

 

Asie

Corée du Nord

La quantité d’air brassée avant, pendant et après la rencontre entre Kim et Donald aurait pu produire autant d’électricité que les éoliennes du Danemark pendant une journée. Au final, le document signé par les deux zozos ressemble à l’Accord sur le Climat de Paris : pas d’engagement ferme, pas de contrôle et pas de limite dans le temps.

 

Chine

La Chine et l’Inde étudient la possibilité de grouper leurs achats pétroliers afin de mieux négocier les prix du pétrole. Les deux pays importent entre 13-14 millions b/j (11,6 millions pour l’Europe et 7,9 pour les USA). On imagine les maux de têtes des vendeurs qui devront négocier avec les chinois et les indiens en même temps.

Le pays s’impose comme le leader mondial des véhicules électriques. General Motors va proposer 10 nouveaux modèles électriques jusqu’en 2020 et doubler le nombre de véhicules vendus dans ce pays.

Il n’aura fallu qu’une heure pour que la Chine riposte au Tweet de Donald Trump déclarant des taxes sur 50 milliards $ de produits chinois importés. Pékin a immédiatement annoncé une réplique équivalente dont une possible taxe sur les 360’000 b/j de pétrole importés des USA. La chine va également taxer là où ça fait mal : les paysans américains. Ainsi le soja, la viande de bœuf sont dans le viseur.

La Chine devait importer plus de gaz de schiste ainsi que des produits agricoles des USA. La commande est sur le mode «pause». Pékin aimerait mêler ces achats avec la diminution de la balance commerciale entre les USA et la Chine.

La Chine continue d’importer à grande vitesse du pétrole et du gaz. Les importations de pétrole ont augmenté de 7,8% durant les 12 derniers mois à 9,6 million b/j. Les importations de charbon restent stable à 22 millions de tonnes. Trump espère que Pékin achète du charbon «made in USA» pour compenser les 375 milliards $ de la balance commerciale entre les deux pays. Cependant, il ne reste pas assez de charbon américain pour faire pencher sensiblement cette balance.

Le montant des dettes des entreprises et des consommateurs dépasse de 168% le PIB. Depuis la crise de 2008, Pékin a conduit une politique monétaire très relax en créant pour des milliers de milliards $ de dettes. Le gouvernement tente de réduire ces excès mais l’opération est délicate pour ne pas faire exploser ces deux bulles.

 

Dessin Chappatte
Epargnez moi les détails. Où est-ce se trouvent les caméras?

 

Les Amériques

Schiste USA

A cause du manque de capacité de transport, les producteurs de schiste vendent leur pétrole avec un rabais qui va jusqu’à 20$ le baril. Ainsi alors que le WTI indique 65-70$, le prix réel de vente avoisine les 55$.

Les investisseurs de Wall Street se lamentent sur les retours du boom de schiste du bassin Permien, le plus juteux des USA. Malgré la hausse des prix du baril du marché, les producteurs n’arrivent financièrement pas à s’en sortir.

Selon le BP World Energy Review, la productivité des puits du bassin Permien diminue fortement.

Alors que l’EIA (Energy Information Administration) pense qu’un part grandissante des véhicules américains va utiliser du pétrole de schiste, l’agence oublie que les faibles niveaux d’octane du schiste sont trop bas pour les moteurs. Pour produire du diesel, les producteurs doivent ajouter du kérosène pour augmenter la lubrification. Du coup, les prix du kérosène à disposition des avions grimpent.

L’EIA annonce que la production de schiste augmenté de 80’000 b/j en juin et 1 million b/j supplémentaire devraient arriver courant 2019. La production pétrolière US atteindrait 11,8 millions b/j.

 

Brésil

Après 10 jours de grève, le PDG de la major pétrolière nationale, Pretrobras a démissionné.

Le géant pétrolier Equinor (anciennement Statoil) prendra 25% des actions dans le champ du bassin de Campos. Petrobras recevra un chèque de 2 milliards $.

 

Canada

Un train de wagons-citernes a déraillé dans l’Iowa et relâché presque 1 million litres. Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

Désirez-vous une leçon de schizophrénie?  Qui de plus naturel que le premier ministre canadien comme professeur?
«Le Canada peut faire d’avantage pour s’attaquer au problème mondial du réchauffement climatique, et nous le ferons» Justin Trudeau, Paris Climate Change 2015
«Le Canada a approuvé le projet d’expansion de l’oléoduc Kinder Morgan. Le projet va multiplier par trois notre capacité de production pétrolière pour le marché international.» Justin Trudeau, premier ministre du Canada,  Juin 2018.

 

Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

 

Moyen Orient

Jordanie

Le pays fait face à des troubles et des manifestations suite à la hausse de 5,5 % des carburants ainsi que de 19% électricité. Plus tôt dans l’année, le prix du pain avait également été augmenté.

Le gouvernement a fait marche arrière.

 

Egypte

Sous la pression du FMI, l’Egypte a augmenté de 50% le prix des carburants. Le pays, qui subventionne lourdement l’essence, n’arrive plus à supporter ce fardeau. Est-ce que la population va se rebeller comme en Jordanie ? Les jours qui viennent vont le montrer.

 

Iran

Téhéran s’inquiète de plus en plus de l’impact des nouvelles sanctions américaines sur son économie. Si les iraniens devraient recevoir le support de la Chine et de la Russie, l’Europe va probablement suivre les instructions données par Donald Trump. Les importations de pétrole iranien sont déjà en baisses.

Comme plus grand importateur de pétrole iranien, la Chine va ignorer les sanctions américaines. On imagine que les chinois vont demander « un rabais » pour ce geste.

La plus grande banque indienne ne va plus effectuer les transactions pétrolières dès novembre. Les raffineries indiennes utilisent l’euro et désirent passer à la Rupee. Pour la Chine, l’Iran va utiliser le Yuan chinois. En avril dernier, la Banque Centrale Iranienne a ouvert une ligne de crédit avec la Turquie pour continuer le commerce avec ce pays.

Les iraniens vont tenter d’augmenter la production de 29 gisements avec leurs propres industries. Cette décision souligne l’inquiétude de Téhéran de voir ses revenus diminuer et son incapacité à rajeunir son parc pétrolier vieillissant.

Le leader religieux Khamenei a prévenu que si les sanctions devaient être réactivées, le pays recommencera l’enrichissement nucléaire à des buts militaires.

Le français Total va se retirer de ses projets de 4 milliards $ en Iran. En échange, l’Arabie Saoudite a offert aux français une joint-venture de 44 milliards $ avec Saudi Aramco pour un projet en Inde.

Washington a demandé à SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) de couper ses liens avec les banques iraniennes d’ici à novembre. Ce système est utilisé pour les échanges bancaires. Dans une humeur alarmiste, le gouverneur iranien de l’OPEP, Ardebili, annonce que le pétrole pourrait monter à 140$ à cause du Venezuela et de l’Iran.

 

Irak

En mai, les exportations ont augmenté de 5% à 3,8 millions b/j (3,62 en avril) avec un prix moyen de 69,93$ le baril. Les revenus pétroliers se montent à 7,56 milliards $.

La production pétrolière du pays a grimpé à 4,59 millions b/j (4,325 en avril) selon les données de Bagdad. Cependant, les chiffres officieux montrent une production supérieure.

Le ministre du pétrole dément l’activation d’un accord de livraison du brut de Kirkuk vers l’Iran alors que de plus en plus de camions citernes traversent la frontière.

 

Afrique

Libye

Ca bastonne dans les ports pétroliers de Ras Lanuf et Es Sider entre les milices du commandant Khalifa Haftar et ses opposants. Deux réservoirs de stockage de 440’000 barils ont été incendiés. Les forces de Haftar avaient pris contrôle de ces deux ports en 2016 afin d’assurer les exportations pétrolières. Les livraisons pétrolières ont dû être coupées.

La situation en Libye a influencé l’OEPP+ à contrecarrer cette perte.

 

Nigeria

Les sabotages des pipelines freinent les exportations pétrolières et le pays n’arrive plus à produire ses 1,8 millions b/j. et stagne à 1 million b/j.

L’augmentation de la pauvreté dans le Delta du Niger, lieu de production pétrolière, souligne l’incapacité du gouvernement à redistribuer la rente pétrolière au peuple, mais au talent pour remplir les comptes bancaires de ses dirigeants.

 

Phrases du mois

Si nous voulons que tout reste comme tel que c’est, il faut que tout change.

Climate change is a global problem with grave implications: environmental, social, economic, political and for the distribution of goods.” Pape Francois

45 % des 13-17 ans reconnaissent être connectés presque toute la journée. «Les comportements et les états émotionnels des adolescents ont brutalement changé à partir de 2012. Plus un adolescent passe du temps devant un écran et plus il est probable qu’il devienne malheureux.»  Jean Twenge

«Pour imposer leur pouvoir les régimes autoritaires ont choisi la force, nos démocratie ont inventé les relations publiques.» La Fabrication du consentement, Edouard Bernays.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.