Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !

Le démantèlement: Le futur du Nucléaire

Rattrapé par la chute vertigineuse des prix de productions des énergies renouvelables ainsi que la pénurie annoncée d’uranium, la construction d’une nouvelle centrale nucléaire est devenue une entreprise financièrement périlleuse.

Pour rester en vie, l’industrie se réoriente dans les technologies du futur: la gestion des déchets et le démantèlement des vieilles centrales nucléaires. Dans ce dernier domaine, la France prévoit 50 milliards €, l’Angleterre 135 milliards €, l’Allemagne 38, la Suisse 20 et les USA 400 milliards $.


 

Tant aux USA qu’en Europe, la chute des coûts marginaux de production électrique force les propriétaires de centrales à revisiter leurs business modèles. Obligé d’amortir à coup de milliards leurs actifs nucléaires, ils sont les premiers à être confronté à cette dure réalité.

Avec l’essor du gaz de schiste bon marché, les USA ont inauguré cette tendance. Cinq réacteurs sont déjà à l’arrêt et six autres vont suivre.

En Europe, une génération entière de réacteurs construits dans les années 60-80 vont devoir être déconnectés du réseau et démontés en toute sécurité. C’est l’Allemagne qui ouvre le bal.

 

Paradoxalement, c’est la fermeture des centrales qui va permettre à l’industrie de survivre !

Pendant des décennies, toute l’industrie s’est essentiellement focalisée sur la construction de nouveaux réacteurs sans se préoccuper de leur mise à la retraite.

Ainsi aujourd’hui, peu d’acteurs possèdent ce savoir-faire embryonnaire. La chaîne entière est à inventer, les acteurs à identifier et pour rendre les coûts supportables, le système devra être industrialisé d’autant que l’Europe compte 134 réacteurs.

Graphique D’après données de l’AIEA au 3 août 2015 (©Connaissance des Énergies)

L’Allemagne prend l’avantage

Dès 2020, l’Allemagne ouvrira le bal et commencera à démanteler ses 17 réacteurs. Le gouvernement et les 4 propriétaires ont prévu un budget minimaliste de 38 milliards € qui sera certainement revu à la hausse. Qu’importe, au nom de la sécurité, les budgets n’auront aucune limite pour le plus grand bonheur des entreprises impliquées.

Berlin a le désavantage de service de cobaye à l’industrie et de payer le plein tarif par manque d’industrialisation des processus. Par contre, si Berlin manœuvre bien, ses entreprises, comme Siemens, pourront acquérir l’expérience pour ensuite l’exporter.

La France

Le gouvernement français s’est vu forcé de reprendre la vision d’Areva et la construction d’une méga centrale de 2’300 MW capable de remplacer 2 unités.

Si l’idée était excellente dans le contexte du début des années 2000 avec une Chine assoiffée d’électricité, l’intrusion des énergies renouvelables exige de plus petites unités capables d’interagir avec le mix de production.  L’EPR français peine également à convaincre les financiers qui ont pris l’habitude de montants plus petits, sans risque et avec un retour sur investissement plus court.

L’Europe de l’Est compte sur l’Europe de l’Ouest

Les gouvernements des pays de l’Est n’ont pas prévu de budget pour fermer leurs centrales.

Sans le dire publiquement, ils comptent sur les riches pays Européens pour payer la facture et trouver des solutions pour leurs déchets. Par contre, la main d’oeuvre bon marché des pays de l’Est devrait en profiter largement. En effet, l’industrie du nucléaire privilégie et recherche les salaires les plus bas.

Une concurrence entre pays et entreprises

Si Tokyo puise dans son porte-monnaie pour maintenir artificiellement en vie la branche nucléaire de Toshiba, il en va de même pour Paris et Areva.

Pour ces deux pays, qui ont chacun plus de 50 centrales nucléaires à fermer, il est primordial que leur champion national reste sur pied pour effectuer cette tâche et garder l’essentiel des investissements dans le pays.

De leur côté, le Coréen Tepco, le Russe Rosatom ou le Chinois CNNC pourraient proposer leurs services à prix bradés grâce à l’appui financier de leur gouvernement respectif.

Cependant, en Suisse, en France ou en Suède, les citoyens, appelés à payer les énormes factures, risquent de voir d’un mauvais œil le départ de leurs impôts vers la Chine, les USA ou la Russie.

L’Europe

C’est dans ce contexte que les entreprises européennes ont intérêt à s’unir pour offrir une solution locale qui permettra de créer des emplois, de garder l’argent dans les communautés locales et de se profiler dans les marchés internationaux.

Pour l’instant ce processus vient de s’engager. Il faudra attendre les premières fermetures pour identifier les acteurs et leurs muscles.

Espérons que l’Allemagne, l’Angleterre et la France puissent garder un rôle pour orchestrer une solution européenne et établir les normes de sécurité.
Le nucléaire tourne une page plutôt cocasse. Pour survivre, il doit fermer ses centrales et s’orienter vers le démantèlement des 440 réacteurs encore en activité dans le monde.

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
– Suisse: Greenpeace s’invite au Crédit Suisse.
– Russie: Le pays en route sur l’indépendance agricole
– Inde: 1,3 milliard d’habitants dont 50% en dessous de 25 ans
– Iran: Les stocks de pétrole à zéro. Passons aux choses sérieuses
– Trump: 100 jours et déjà le cafard
– Nigeria: Eni et Shell: les mains dans le sac de la corruption
– Angleterre: 1er jour sans électricité au charbon en 130 ans!


Le pétrole va n’importe où, mais pas là où les producteurs veuillent qu’il aille. Il est repassé sous les 50$ et termine le mois à 51,73$ à Londres (52,96$ mars) et 49.33$ à New York (50.35$ mars).

L’uranium se la joue blasé après la hausse de janvier-février-mars. Il redescend à 22.75$ (24,5$ mars).

Photo du mois: le Crédit Suisse investi dans le schiste américain.
Greenpeace intervient durant l’assemblée générale.

OPEP

Le cartel avait l’ambition de diminuer de 1,8 million barils/jour la production mondiale. Mais les chiffres de l’OPEP dévoilent une tendance inverse: + 1,2 million b/j depuis le mois de janvier et un retour au niveau de 2016. Il passe directement sous les 50$, sans passer par le Start et ne touche point de prime.

 

Boule de cristal et Marc de café

Où va le pétrole dans les mois à venir? Voici un très bref inventaire des liseurs d’avenir mais qui n’en savent pas plus que vous et moi.

Citi Bank prédit un baril à 65$ d’ici à Noël.

Goldman Sachs soutient Trump (et vis versa). La pieuvre pense que l’industrie pétrolière va à merveille et que les prix vont gentiment remonter dans les semaines à venir pour le plus grand bonheur du monde de la finance.

Le CEO de Total lit que le pétrole de schiste américain va faire à nouveau couler le prix du baril d’ici à Noël.

Cependant, on peut compter sur certains pays pour apporter un peu de piment aux prévisionnistes.
A) Le Venezuela est sur le point de s’écrouler emportant sa production pétrolière.
B) La Libye fluctue aux envies des milices entre 500 et 700’000 b/j. Elle a les capacités de viser le million de b/j.
C) Le Nigeria devrait extraire 2,2 millions b/j mais se cantonne à un misérable 1,3 million à cause d’explosions, de manque d’électricité et des vols.

Russie

Vladimir Poutine remet en question la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique.  «Le réchauffement a commencé dans les années 1930», selon le maître du Kremelin, lors du Forum sur l’Arctique à Arkhangelsk, dans le Grand nord russe.  De son côté Donald Trump promet de prendre position «d’ici fin mai» au sujet de l’accord de Paris sur le climat. Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

Moscou se félicite d’avoir diminué sa production pétrolière de 250’000 b/j avec l’objectif de 300. A vrai dire, la Russie n’a pas eu à faire un gros effort puisque qu’elle partait d’un niveau de production record atteint en octobre 2016 à 11 millions b/j.

L’Américain ExxonMobile, dont l’ancien chef est devenu chef du clan Trump, demande une levée des sanctions américaines à l’encontre de la Russie. Objectif: aider les russes à forer en Arctique. Pour ExxonMobile, l’accès à l’Arctique Russe, qui grâce au réchauffement climatique devient plus facilement accessible, est l’une des rares opportunités de croissance à travers le monde.

De plus, cette partie de l’Arctique est garantie “100% sans écologiste”. La dernière fois que Greenpeace s’était approché d’une barge, l’équipage avait été inculpé de piratage et détenu dans les geôles russes le temps que la leçon soit apprise. Pour l’instant Trump a refusé cette autorisation.

Les sanctions Européennes et Américaines ont permis de démultiplier la production agricole de la Russie. L’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de ses 146 millions d’habitants d’ici à 2020 est déjà en vue. Grands perdants, les agriculteurs européens.

Moscou a misé sur l’augmentation des subventions aux agriculteurs, des incitations fiscales, des aides de l’Etat et l’autorisation aux étrangers de louer les terres. Ainsi, Poutine se proclame autosuffisant en production céréalière, mais aussi en légumes, volailles, porcs et pour la première fois, les exportations agricoles ont rapporté davantage… que les ventes d’armes, soit environ 15 milliards $.

Infographie: Les Echos

USA

Le jour de son intronisation, une interrogation flottait sur les capacités du personnage Trump à diriger la plus grande puissance nucléaire au monde. L’homme est-il un génial visionnaire au service de la classe moyenne ou un impulsif égocentrique qui favorise sa caste, Wall Street et ses amis? Les 100 premiers jours ont apporté une esquisse de réponse.

Après 100 jours et 14 parties de golf, le président Trump estime avoir sous-estimé l’ampleur de la tâche et qu’il préfère sa vie d’avant. Nous aussi, on préfère sa vie d’avant.

Depuis la première fois depuis 2014, les investissements pétroliers sont à la hausse sur l’île. La production US devrait augmenter de 5% durant 2017.

Le lobby du charbon US demande à Trump que les USA restent à la table des négociations de l’accord sur le Climat de Paris.
Cloud, Peak Energy et Peabody Energy pensent que les USA peuvent mieux défendre les intérêts du charbon en restant dans l’arène. Aussitôt dit, aussitôt-tôt fait: lors du G7 les charbonniers américains ont débuté leur lobby pour dire tout le bien que le charbon procure à la planète.

Le président Trump a signé un décret ordonnant un réexamen des restrictions dans l’exploration et l’exploitation offshore de pétrole et de gaz. «Notre pays a la chance d’avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole offshore“. Le gouvernement Obama avait interdit l’exploration et la production dans 94% de ces zones notamment en Arctique ou au large des côtes californiennes. «Cela prive potentiellement notre pays de milliers d’emplois et de milliards de dollars de richesse» a ajouté Trump.

L’Etat pétrolier du Texas a consommé 25% d’électricité à base d’éoliennes texanes durant le mois de mars.

Le prix moyen de l’essence est de 2,39$ le gallon (3,8 lt). Le seuil de douleur pour l’automobiliste américain est estimé à 3$ le gallon.

Le gaz produit 34% de l’électricité US contre 32% avec le charbon.

La gouverneure Républicaine de l’Oklahoma Mary Fallin a aboli, 3 ans à l’avance, toutes les aides à l’énergie éolienne. L’éolien représente 25% de l’électricité produite dans l’Etat entièrement tourné sur le gaz de schiste. Comme punition, l’Oklahoma Thunder et Westbrook ont été virés des play-off de la NBA.

Dessin Chappatte

Arabie Saoudite

Le Roi Salman bin Abdulaziz a nommé l’un de ses fils le Prince Khaled bin Salman ambassadeur pour les USA. Le roi a également réintroduit les avantages financiers pour les membres du royaume et les militaires. Ces bonus avaient été suspendus suite à la baisse des revenus pétroliers.

Les réserves financières du pays ont fondu de 737 milliards $ en 2014 à 500 milliards aujourd’hui. Forcement, les Ferrari, les Yachts, un gratte-ciel de 1’000m ou la guerre avec le Yémen, c’est dispendieux.

Ryad espère que la vente, de 5% des actions de son champion pétrolier Saudi Aramco, rapporte 100 milliards $.

L’Arabie, le Koweit et Oman ont pu obtenir 24,2 milliards $ sur les marchés financiers internationaux. Le seul espoir de ces pays est que le baril repasse sur la barre des 100$ sinon l’avenir risque d’être compliqué. Dans une première étape, l’Arabie Saoudite, le Koweit et l’Irak aimeraient voir le baril remonter assez rapidement à 60$. Dans cet optique, l’Arabie Saoudite porte presque entièrement les coupes de production pétrolières de l’OPEP.

Le Royaume aimerait développer 30 projets solaires et éoliens pour un montant de 50 milliards $ durant les 10 prochaines années. Le ministre de l’Energie Khalid Al-Falih espère produire 10% de l’électricité d’ici à 2023. Les premières offres proposent la construction de 700 Mégawatts de solaires et éoliens. Le prix du solaire devrait descendre sous les 2 centimes le kWh.

Une piscine un peu particulière à Houston, USA

Europe

Alors que les coûts des installations solaires et éoliennes plongent, Drax Group Plc, Steag GmbH et Uniper SE accélèrent la fermeture de leurs centrales à charbon en Autriche et en Angleterre. Une page se tourne plus rapidement que prévu.

 

France

La Banque Française, BNP Paribas, participe au financement d’un terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz de schiste aux Etats-Unis, d’un coût d’environ 2 milliards de dollars

L’énergéticien français Engie a cédé la totalité de ses actifs dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne. Engie a récolté 15 milliards $ d’actifs dans toute la branche exploration et production et n’investira plus sur les opérations de recherche et d’exploitation de gisements de gaz naturel onshore ou offshore.

Les banques sont-elles les faiseurs de Présidents ? Si aux USA, Goldman Sachs est incontournable, en France c’est la Banque Rothschild qui tire son Macron du feu.

 

Angleterre

Le français ENGIE (ex : GDF Suez) a activé une clause qui lui permet de vendre ses parts dans le consortium NuGen à son ancien partenaire Toshiba. Ce consortium devait construire 3 centrales nucléaires Westinghouse AP1000 à Moorside, Angleterre.

Toshiba, propriétaire de Westinghouse, a mis sa succursale américaine en protection de faillite. On comprend immédiatement pourquoi Engie a préféré se débarrasser de cet encombrant projet. Cerise sur le gâteau, Engie recevra un chèque de 138.7 millions $ par Toshiba.

C’est la première fois en 130 ans que l’Angleterre a pu vivre une journée entière (21 avril) sans électricité au charbon. Il y a 2 ans, le charbon représentait encore le 23% de la production électrique contre 9% aujourd’hui.

 

Suisse

Les Suisses devront voter sur une loi sur l’énergie édulcorée par les producteurs d’électricité. Dans les grandes lignes, cela permettra aux suisses de se hâter très lentement en direction des énergies renouvelables. L’autre alternative est de ne rien faire et d’espérer que nos enfants trouveront une solution dans quelques années. Dans les deux cas, les solutions arriveront trop tard et en quantité insuffisantes.

Il débordait d’Energie pour gravir en un temps record les montagnes les plus difficiles. Ueli Steck est décédé dans l’Himalaya.

L’actu suisse est très branchée « Banque » durant ce mois d’avril. Historiquement, le banquier Suisse était réputé pour son éthique et la confiance. Les nouveaux mercenaires arrivés à la tête de ces institutions ont remplacé ces valeurs par celles identifiées dans ce fameux film. A vous de les trouver.

Bande annonce Seven

Le Crédit Suisse a tenu son assemblée générale. Au milieu des bonus décalés et démesurés ainsi que des purges d’employés, Greenpeace a apporté un peu de bonne humeur. L’ONG a souligné la passion du Directeur Tidjane Thiam, pour les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole, le gaz et le schiste. En pleine session, une banderole a été déployée pour confirmer l’implication de la banque dans le financement de la construction du pipeline du Dakota du Nord pour plus d’un milliard $.

Greenpeace aurait également pu intervenir à l’Assemblée Générale de la Banque Nationale Suisse. La BNS soutient à bout de bras toutes les formes d’énergies les plus polluantes comme le pétrole et gaz de schiste, les sables bitumineux ou le charbon.

 

Les Amériques

Schiste Américain

Wall Street recommence à déverser de l’argent dans le schiste américain. En fait, les institutions financières comme Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, Bank of America, JP Morgan, Wells Fargo ou BlackRock incorporent à nouveaux ce genre d’actifs pourris dans des produits structurés.

Grâce à l’augmentation des prix du baril, JPMorgan Chase & Co., Wells Fargo & Co. et Citigroup Inc. ont pu sortir de leurs livres pour 370 millions $ d’actifs de schiste douteux.

La production du Dakota du Nord a repassé sur la barre du million de barils/jour. La production est transportée par camions-citernes.

L’industrie pétrolière, notamment de schiste, clame à tout va que les innovations technologiques permettent de se satisfaire d’un baril à 50$. En fait, la raison principale de la baisse des coûts est que les entreprises de services travaillent à la limite ou en-dessous de leurs marges. Elles espèrent rester en vie jusqu’à ce que le baril remonte.

Le pipeline Keystone XXL, qui a reçu l’aval du Président Trump, fait face à une fronde plutôt coriace notamment au Nebraska. Une marche de protestation aura lieu la veille de la présentation publique le 3 mai.

 

Dessin Chappatte

Venezuela

La situation semble sur le point de basculer. Après de longs mois de quasi famine, la population n’a plus que la violence pour survivre et sortir de la crise. Plus de 30 personnes sont décédées lors des manifestations contre le régime du président Maduro.

En plus des problèmes civils et de nourriture, le gouvernement fait face à une montagne de dettes et de prêts qui arrivent à terme. Dans ses poches, Caracas n’aurait plus que 10 milliards $ dont 7 milliards en or. Dans les 8 prochains mois, le pays doit rembourser 6 milliards $ et plusieurs milliards de dettes privées.

Le constructeur automobile General Motors a décidé de fermer son usine et de se séparer de ses 2’700 employés. Ironiquement, le Venezuela avait contribué à hauteur de 500’000$ à la cérémonie d’intronisation du Président Trump dans l’espoir de recevoir un traitement de faveur.

Membre de l’OPEP, le Venezuela est un grand producteur pétrolier. Son effondrement pourrait retirer plusieurs millions de barils sur les marchés. Combien de temps faudra-t-il aux créanciers russes et chinois pour remettre la production sur les rails et quelle sera l’influence sur les cours mondiaux ?

Il n’y a plus d’information sur les quantités de pétrole exportées. Le brut est stocké dans des tankers de plus en plus nombreux. Les eaux des ports sont tellement souillées de pétrole que bateaux doivent être nettoyés avant de partir en haute-mer en direction de la Chine qui importe la quasi totalité des exportations. Même ce service est en panne et compte plusieurs mois de retard.

 

Argentine

ExxonMobil va débuter ses explorations de pétrole de schiste dans la formation de Vaca Muerta dans la province de Neuquen. Le premier forage devrait atteindre 2’500 à 3’000 m. de profondeur.

Exxon a déjà dépensé 750 millions $ pour ce projet.

 

Canada

Les compagnies pétrolières canadiennes adorent le sable bitumineux de l’Alberta. Si en 2006, elles étaient 6, elles sont aujourd’hui 20 à se partager la production alors que de nombreuses entreprises étrangères ont quitté les lieux.

Le président Trump propose de taxer le bois canadiens de 3 à 24% sous prétexte que le gouvernement canadien subventionne les exploitants forestiers. Le marché est évalué à 4,6 milliards $ et compte 145’000 emplois canadiens. Le Canada a annoncé qu’il allait combattre cette taxe douanière.

 

Brésil

Après le scandale de corruption par l’entreprise pétrolière Petrobras, c’est au tour de l’entreprise de construction Odebrecht de démontrer les avantages de la solution.

Notamment active dans la construction de barrages hydroélectriques, Odebrecht a copieusement arrosé tous ceux qui pouvaient potentiellement se mettre au travers de sa route. La liste de petites enveloppes est impressionnante. Elle remonte jusqu’au Président Michel Temer, passe par les élus locaux, les membres des syndicats et des opposants.

 

Asie

Chine

La stratégie gouvernementale « Made in China 2025 » est en train d’être déployée à large échelle dans des domaines stratégiques comme l’énergie, les batteries ou les énergies renouvelables. Par ce biais, Pékin se saisit délibérément des technologies qu’elles ne possèdent pas encore soit par des achats d’entreprises ou des brevets soit par la copie ou le vol de données avec le soutien de l’Etat. De nombreuses PME Suisses et Européennes en font les frais. Est-ce si compliqué de ne pas y aller?

Suite à la visite du Roi Salmon d’Arabie Saoudite, la Chine serait intéressée d’acquérir une partie des actions de l’entreprise pétrolière Saudi Aramco. L’Arabie évalue sa pépite à 2’000 milliards $ ce qui semble pousser le bouchon un peu loin. On peut faire confiance aux chinois pour négocier tout ça.

La Chine a lancé son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays. Pékin a annoncé en début d’année une hausse de 7% de son budget militaire à 143 milliards d’euros. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis, qui atteint 575 milliards d’euros.

Le PIB chinois serait remonté à 6,9% durant les 3 premiers mois (6,7% en 2016) bien que les statistiques procurées par Pékin ne brillent pas toujours par leur véracité

La production pétrolière chinoise aurait baissé de 6,8% durant les 12 derniers mois. L’augmentation des importations de pétrole bon marché a remplacé une partie de la production locale un plus onéreuse.

Ford Motor Co annonce un énorme plan pour lancer sa Mondeo plug-in hybrid avec un nouveau SUV électrique de 400 km. La firme de Détroit espère que la Chine va ingurgiter 70% de ses voitures électriques. L’objectif est ambitieux surtout avec la stratégie Made in China 2025 dont l’objectif est de s’emparer du marché de la voiture électrique.

 

Inde

La population indienne a augmenté de 1,2% en 2016 (+0,54% Chine).

La population indienne devrait dépasser le nombre de chinois d’ici à 2022. Lors de l’indépendance indienne en 1947, le pays comptait 330 millions d’habitants contre 1,3 milliards aujourd’hui dont le 50% à moins de 25 ans !

 

Corée du Nord

La Corée du Nord dépend à 90% de la Chine pour ses importations de carburants. L’arrêt de ces importations pourrait facilement paralyser le pays.

La Chine a cessé ses importations de charbon de la Corée du Nord ce qui prive le pays de revenus importants.

Moyen Orient

Irak/Syrie

L’indépendance du Kurdistan est une priorité depuis la fin de l’Empire Ottoman il y a plus de 100 ans. Aujourd’hui les Kurdes aimeraient planifier un référendum auprès des Kurdes de Turquie, Syrie, Irak et d’Iran. Inutile de dire que tous ces pays n’ont pas l’intention de laisser ces territoires et le pétrole qui s’y trouve, partir dans un nouveau pays.

Bagdad espère atteindre 5 millions b/j d’ici à la fin de l’année (+600’000) même si le pays tente de respecter la demande de l’OPEP qui limite sa production à 4,5 millions b/j. On devrait y voir plus clair une fois que Mossul tombera et que les Kurdes, qui contrôlent le pétrole du Nord du pays, feront part de l’envie de créer un pays.

Le pétrole et le réchauffement climatique impliqués dans la guerre en Syrie. A lire.

 

Iran

Les russes vont réaliser 2 centrales nucléaires de 1000 MW. La construction va débuter prochainement.

Le gouvernement iranien réalise que leur viabilité à long terme ne peut reposer sur le pétrole et le gaz. Depuis la levée des sanctions, les exportations hors pétrole-gaz ont augmenté de 30%, mais les chiffres de départ sont relativement bas.

Les exportations pétrolières iraniennes ont diminué à 2,35 millions b/j (2,41 en février) alors que le pays continue de puiser dans les réserves de 30 millions de barils accumulées sur ses tankers pétroliers durant les sanctions. Téhéran pourrait avoir terminé ce processus et ne va pouvoir compter que sur sa production actuelle pour générer du cash. Les prochains mois donneront une indication sur la capacité iranienne à extraire son pétrole.

Pas de nouvelle sur de nouveaux accords avec des majors pétrolières étrangères pour développer la production locale.

L’élection du nouveau président aura lieu durant le mois de mai.

Le constructeur américain Boeing va vendre 60 avions 737s dès 2022. C’est la première fois depuis l’arrivée de Donald qu’un accord entre américain et iranien est annoncé.

L’astuce du mois. Si vous désirez visiter l’Iran (tourisme ou business), vous pouvez obtenir une copie de votre passeport. Ce passeport bis pourra être utilisé pour visiter l’Iran et les autres pays de la région. Ainsi vous ne serez pas bloqué si vous devez aller aux USA après votre voyage en Iran. Vous connaissez les types de l’immigration américaine aux aéroports : difficile de faire plus sympa et aimable.

Afrique

Nigeria

Shell et l’italien ENI ont toujours écarté toute idée de corruption envers le gouvernement afin d’extraire l’or noir du pays. A l’image de Fillon, ce comportement fait beaucoup rire. Cependant les dirigeants des deux entreprises ont un peu moins le sourire depuis que leurs e-mails ont été publiés et ont révélé l’ampleur des malversations. C’est la cours de Milan, Italie qui va devoir dire s’il y a eu des combinaziones ou pas.

De son côté, le directeur général et son directeur juridique d’Addax Petroleum basé à Genève, propriété du Chinois Sinopec depuis 2009, ont été interpellés par la justice Suisse. Plus de 20 millions de dollars de frais juridiques seraient allés à des conseillers au Nigeria et aux Etats-Unis et 80 millions ont été payés à une société d’ingénierie pour des travaux de construction au Nigeria.

Pour Deloitte, le volume de cette transaction est louche. Selon des lanceurs d’alerte internes et externes qui ont contacté Deloitte, les versements ont pu profiter à des responsables gouvernementaux et des membres de la direction d’Addax Petroleum.

 

Libye

La production joue au yo-yo au grès des attaques des milices et de la fermeture des pipelines. 490’000 barils/jour ont été extraits en mars.

Le Général Haftar a évoqué avec la Russie la possibilité d’établir une base militaire russe en Libye. Mais cette probabilité est écartée pour l’instant. La présence de conseillers militaires semble être une option plus légère et acceptable dans la géopolitique mondiale actuelle. Mais la Russie garde l’espoir que le Général puisse augmenter son influence sur le pays.

 

Afrique du Sud

Le gouvernement donne son feu vert au développement du gaz de schiste dans la région de Karoo. Selon les études préliminaires, il y aurait jusqu’à 16 trillions m3 de gaz de schiste récupérables dans en particulier dans les provinces de l’Est, du Nord et de l’Ouest du Cap.

L’Afrique du Sud disposerait, selon l’administration américaine de l’Energie, de 11’000 milliards m3 techniquement récupérables de gaz de schiste. Mais l’agence ne précise pas la quantité de gaz financièrement récupérable.

 

Phrases du mois

« Suivez la piste de l’argent, certes. Mais suivez aussi celle des mensonges. Quand le mensonge se combine au secret, nous avons une bonne feuille de route devant nous »  Carl Bernstein,  ancien journaliste qui a révélé le Watergate.

The future is foreign markets, so the last thing you want to do if you are a coal company is to give up a U.S. seat in the international climate discussions and let the Europeans control the agenda. The USA can’t afford for the most powerful advocate for fossil fuels to be away from the table.” Coal Lobby USA

Per Magnus Nysveen, head of analysis, Rystad Energy: Last year, 10 billion barrels of oil were discovered, around one third of global consumption, including well-appraisal activity. The supply could fall short by up to 2 million barrels per day within seven to eight years.

It’s clear that wind energy’s time has come. My message is a very simple one: our government is committed to addressing climate change, and we know that wind power will play a critical role in those efforts.
Canadian Natural Resources Minister Jim Carr.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Pétrole: il manque 1’000 milliards de dollars

Alimenté par une offre excédentaire, la production mondiale du pétrole semble surfer sur une vague.

Cependant, cette vague pourrait augurer les prémices d’un tsunami.

En effet, l’énorme pénurie d’investissements d’explorations inquiète de plus en plus. Après l’Agence Internationale de l’Energie et les grandes majors comme Shell et BP, c’est au tour d’Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale de l’Arabie Saoudite, de tirer la sonnette d’alarme.


Il manque 1’000 milliards $

Depuis juin 2014, 1’000 milliards $ ont été retirés des projets d’explorations. Ces budgets sont essentiels pour compenser la baisse annuelle de 4,5% des gisements conventionnels.

D’ici au début des années 20, il faudra trouver plus de 20 millions de nouveaux barils/jour.

Depuis la crise pétrolière, aucun grand projet d’envergure capable d’extraire plusieurs millions de barils/jour n’a été activé ou déniché d’autant que les coûts d’extractions dépassent les 100$ le baril. Les grandes majors pétrolières ne semblent plus avoir les reins assez solides pour s’y aventurer dans les conditions actuelles.

Corolaire de cette situation, durant les 3 dernières années, les découvertes importantes de pétrole conventionnel ont diminué de moitié.

Ainsi, les opportunités situées en Arctique ou dans des exploitations off-shore, en grande profondeur, du Brésil, dans le Golfe du Mexique ou sur les côtes africaines attendent patiemment la hausse des prix du baril. Dès ce feu vert, il faudra encore compter 5 à 10 années pour extraire commercialement ce pétrole.

Combien d’années durera le pétrole de schiste

Dans ce paysage, une seule exception: le pétrole de schiste américain. Une nouvelle ruée vers l’or noir a débuté depuis le début de l’année. Contrairement au pétrole conventionnel, le cycle de vie d’un gisement de schiste de l’exploration à sa commercialisation et son épuisement se compte en mois. Dans la balance, 4-8 millions de barils/jour pourraient être apportés sur les marchés.

Mais pour combien d’années ?

Prendre des mesures pendant qu’il est temps

Comme ses collègues pétroliers, Armin Nasser «repousse l’idée de peak oil dans un avenir prévisible et confirme que le pétrole va jouer un rôle majeur pour les décennies à venir», histoire de ne pas laisser la porte grande ouverte aux énergies renouvelables.

Ces petites années qui nous séparent d’une nouvelle hausse des prix, doivent permettre aux PME et aux particuliers de prendre les mesures nécessaires afin de diminuer leur dépendance au pétrole.

Comme le soulignait Darwin, les espèces qui ont le plus de chances de survie ne sont pas les plus grandes mais celles qui savent s’adapter.

Syrie : Y a-t-il une vie après Assad ?

Autrefois prospère et riche, la Syrie n’est plus qu’un champ de ruines où les victimes rythment les journées et les habitants trouvent le salut dans l’exile.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment cette guerre a-t-elle éclaté? Dans la complexité géopolitique, focalisons-nous sur deux éléments délaissés dans les médias: l’Energie et le Réchauffement Climatique. Pour imaginer une issue future à la Syrie, nul doute que l’équation devra les incorporer.
Bien sûr, l’écroulement de la Syrie dans une guerre civile multi-ethnique, peut être observé à travers les prismes de la folie du Président Bashar al-Assad, du Printemps Arabe, des luttes géopolitiques entre les grandes puissances ou une guerre de religion. Mais allons au-delà des évidences.

 

Agriculture : Sécheresses et disparition de l’eau

A la genèse de cette guerre civile, l’on trouve de terribles sécheresses qui ont totalement bouleversé l’Economie du pays alors que l’agriculture et le pétrole comptabilisaient à eux deux plus de 50% du PIB.

En l’espace de quelques années, ces deux piliers se sont effondrés.

Déjà dans une situation délicate, les ressources en eau diminuèrent de moitié entre 2002 et 2008. De plus, des sécheresses d’ampleurs inconnues de mémoire d’homme ont décimé le secteur agricole de 2007 à 2010.

Les productions de blé, de betterave, d’orge ou de coton tout comme les élevages de poulets, de moutons et de chèvres rendirent l’âme.

Ces sécheresses ont forcé à l’exode de milliers des paysans Sunnites partis se réfugier dans les grandes villes Alawites. Cet exode Sunnite, ajouté aux migrants irakiens qui fuyaient leur pays, a ravivé les tensions avec la minorité Alawite, favorisée par le gouvernement Assad.

 

Le Pétrole

La Syrie a atteint son peak oil en 1996 à 610’000 barils/jour. Depuis, la production n’est qu’une lente agonie pour atteindre 385’000 barils/jour en 2010 et 210’000 en 2012.

Comme tout bon pays producteur de pétrole, l’essence était fortement subventionnée et vendue bien au-dessous des prix du marché pour représenter 15% des dépenses du Gouvernement.

En mai 2008, alors que les prix du baril atteignaient des sommets à 147$, le Gouvernement a dû renoncer à ces subsides. En une nuit, les prix des carburants triplèrent et le peuple fut contraint de partager son argent entre nourriture et essence.

Après la crise mondiale de 2008, le baril retomba sous la barre des 40$, asséchant du coup les finances du régime de Damas.

 

Le mix explosif: Agriculture & Pétrole

Autosuffisante en céréales et en quelques années seulement, la Syrie devint importatrice à hauteur de 1 million de tonnes en 2011-2012 et 4 millions de tonnes en 2012-2013. Pour les habitants, les prix de la nourriture de base doublèrent.

En effet, avec des revenus pétrolier en baisse, le Gouvernement Assad s’est retrouvé dans l’incapacité d’amortir la hausse des prix de la nourriture pour la totalité de sa population notamment des Sunnites plus pauvres que les Alawites.

Pour corser le tout, durant les 2 premiers mois de 2011, sur les 20 millions d’habitants, 80’000 enfants naquirent notamment dans les parties les plus pauvres du pays déjà affectées par les sécheresses.

L’incapacité de pouvoir acheter sa nourriture déclencha des protestations et une répression qui força les habitants à prendre les armes. La suite, on la connait.

 

Assad, l’Eau, le Pétrole et nous

Quel que soit le futur du régime Assad, lui ou son remplaçant ne pourra pas faire rejaillir le pétrole et l’eau, les piliers économiques du pays.

Comme le Yémen, la Syrie donne un probable indice de l’avenir des riches nations pétrolifères du Moyen-Orient.

Dans cette région, les records de température s’empilent et l’on commence à compter le nombre de barils de pétrole qui restent pour dessaler l’eau de mer, couvrir les budgets des Gouvernements ou simplement maintenir la vie et les habitants sur des terres bientôt invivables.

Il est fort probable qu’une grande partie de la population devra immigrer vers des terres plus accueillantes.

 

Du côté de l’Europe ou de la Suisse, l’exemple syrien pourrait peut-être souligner l’importance de tendre vers l’indépendance énergétique et d’assurer l’approvisionnement alimentaire en comptant sur ses paysans. Il montre également la réalité de la migration des populations du Sud vers le Nord.

A voir la vitesse de l’écroulement de la Syrie et du Yémen, mieux vaut commencer à se préparer dès aujourd’hui.

Energies, Economie et Pétrole: Revue Mondiale Mars 2017

Comme chaque 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
Même pour le 1er avril, il n’y a pas de poisson!
– Chine: Tencent Holdings achète 5% des actions de l’américain Tesla Motors.
– Russie: Se fâche contre le schiste américain
– Japon: Toshiba – Westinghouse sur la voie de la faillite
– Arabie Saoudite: Le pays se diversifie dans le pétrole, pétrole et le pétrole
– Trump: Champion du Monde dans tous les domaines
– Mer du Nord: Les Majors Pétrolières s’attaquent aux renouvelables
– Allemagne: E-On a perdu 16 milliards $ en 2016.


Badaboum! Le pétrole s’est pris les pieds dans le tapis et dégringole les escaliers. Il est même descendu à 48$ à New York durant le mois pour remonter durant les derniers jours de mars:  52,96$ à Londres (55,93$ février) et à New York 50.35$  (54.05$ février). Du côté des stations d’essence, la baisse n’a pas été répercutée. L’essence reste 4-6 ct plus cher par rapport à un baril à 50$.

Après une forte hausse, l’uranium s’assied et reprend son souffle. Il ne bouge pas d’un centimètre 24,5$ en cette fin de mois (24,5$ février).

OPEP

Grâce aux campagnes de publiques relations, depuis 6 mois l’OPEP a réussi à faire monter artificiellement les prix en brandissant des coupes de production. Mais sur le terrain, la baisse de l’OPEP est compensée par la hausse américaine du pétrole de schiste, la Lybie et l’Irak.

Durant le mois, le baril est repassé sous les 50$ alors que l’OPEP espérait franchir la barre des 60$. Sans attendre, les membres de l’OPEP se sont rencontrés au Koweit pour envisager une coupe de production supplémentaire.

La baisse des prix du baril est une excellente nouvelle pour les Economies occidentales car le pétrole est l’essence pour le moteur de la croissance. Mais si le pétrole descend trop, il va tuer l’inflation…

 

Peak Oil

Rare dans les médias mais en progression, la thématique du peak oil est déjà bien présente dans l’industrie notamment avec la coupe drastique des investissements d’exploration.

Dans les médias financiers, les thèmes de prédilection parlent du plafonnement de la demande, de l’impact des voitures électriques sur le pétrole, des changements climatiques ou du comportement des générations XYZ qui préfèrent l’autopartage à la frime «dans-une-voiture-en-leasing-avec-un-moteur-traficoté-pour-passer-les-tests ». Est-ce que la génération «Mobility as a service» va détrôner nos habitudes de bourgeois?

L’EIA se fait du souci pour les années à venir. L’agence internationale de l’Energie pense que si les coupes dans les investissements pétroliers ne sont pas rapidement compensées, il sera difficile de répondre à l’augmentation de la demande de 7,3 millions b/j d’ici à 2022. Pour se faire, il faut que les prix du baril remontent à 80$ pour ajouter au moins 3 millions b/j et que l’OPEP puisse ajouter 2 millions de plus.

Chaque année, 40 millions de nouvelles voitures sont mises en circulation et nécessitent 600’000 b/j de pétrole.

 

Charbon

Plus de 250 centrales à charbon ont été mises hors services aux USA. Au niveau mondial, la construction de nouvelles centrales à charbon a diminué de 62% et 85% dans la livraison de permis en Chine selon CoalSwarm, Sierra Club et Greenpeace.

De son côté, la Chine a cessé d’importer du charbon de la Corée du Nord.

Russie

L’augmentation de la production de pétrole de schiste américain agasse les Russes. Alors que les pays producteurs font des efforts pour réduire l’offre, les américains arrivent avec leurs grands pieds et en profitent pour remonter leur production et dévorer des parts de marché.

Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, prévoit que Mouscou va respecter la réduction de production de 300’000 barils/jour d’ici à la fin avril. Il aura fallu 6 mois aux russes pour respecter leur engagement. Cette manière de trainer les pieds irrite l’Arabie Saoudite.

Il y a fort longtemps, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVS, avait acheté l’américain Citgo. En échange d’un prêt de 1,5 milliard $ au Russe Rosneft, PDVS avait mis en caution ses actions dans Citgo. Aujourd’hui comme le prêt n’a pas été remboursé, Rosneft demande que les actions lui soient livrées.

Le réchauffement du permafrost dans la région de l’Ile de Bely, Sibérie, a créé plus de 7’000 poches de méthane dans les sols. Le risque d’explosion est réel alors que dans le meilleur des cas, ce méthane se dissipera dans l’atmosphère et alimentera l’effet de serre.

Le forage le plus profond au monde se trouve à Sakhalin dans l’Est de la Russie. Le puits Z-44 Chayvo puise à 13’500 m sous le sol.

 

Le Centre du Monde

ExxonMobil va devoir donner à l’avocat général de New York, la correspondance de ses dirigeants au sujet du réchauffement climatique. Depuis 1980, Exxon connaissait l’impact du pétrole et du gaz sur ce sujet. Pour continuer à vendre son or noir sans entrave, la major pétrolière a monté une stratégie de dénigrement du réchauffement climatique en empruntant les méthodes de l’industrie du tabac. Sans l’intervention de Donald Trump, on voit mal comment Exxon va pouvoir s’en sortir.

D’ici à 10 ans, il sera peut-être possible d’effectuer un vol commercial entre Paris et Londres à bord d’un avion complètement électrique. C’est du moins ce que Wright Electric souhaite.
Le Wright One, en développement, pourrait être le premier avion électrique à transporter 150 passagers sur des vols de courte distance, 480 km au maximum. A première vue, l’entreprise ne va pas utiliser les batteries du Samsung S7 et 10 ans semble ambitieux!

L’Etat de Californie désire instaurer de nouvelles normes anti-pollution pour les voitures et les camions. La mesure pourrait être anodine si elle n’entrait pas en frontal avec la stratégie de Trump. Au contraire, Donald envisage de libérer le secteur automobile de ces basses contingences climatiques.

Le Président Trump a donné son accord pour la construction du pipeline Keystone XL afin de transférer le pétrole des sables bitumineux canadiens aux USA. TransCanada, le constructeur canadien du pipeline, a retiré sa plainte en dédommagement de 16 milliards $ demandé aux tribunaux américains contre Washington.

La Maison Blanche a signé le «Décret sur l’indépendance énergétique» qui contribuera à s’assurer que l’énergie soit «abordable et propre» afin de «favoriser la croissance économique et les créations d’emplois». En plus du gaz et pétrole de schiste, Donald Trump désire relancer l’exploitation du «magnifique charbon propre». «De nombreux mineurs vont retrouver du travail». Comme les USA n’importent pas de charbon, la création d’emplois risque de se limiter à un Tweet sans lendemain. Il reste 65’971 mineurs de charbon en 2015, contre 87’755 en 2008. La chute d’utilisation du charbon n’est pas due aux restrictions environnementales, mais à la concurrence du gaz et des énergies renouvelables meilleur marché.

De son côté ExxonMobil demande au Président Trump de ne pas sortir les USA de l’accord de Paris. Exxon voit la possibilité de vendre du gaz pour remplacer le charbon et comme ExxonMobil est implantée dans une grande partie du monde, elle craint de subir les foudres de certains pays si les USA sortent de la COP22.

Les USA possèdent un réseau électrique presque aussi vieux que son Président. Il faudrait 4’800 milliards $ pour le convertir à la nouvelle génération de production électrique (le réseau, pas Trump).

Les eaux du Golf du Mexique sont anormalement chaudes avec une moyenne de 23 degrés durant cet hiver. La saison des tornades pourrait être sulfureuse et rappeler à Donald que le réchauffement climatique est d’une actualité brulante.

La production américaine était de 8,9 millions b/j en 2016 (9,4 en 2015). Le 40% de la consommation américaine est utilisée pour les voitures et camions.

Entre 1990 et 2007, l’utilisation de robots dans l’industrie a fait perdre 670’000 emplois aux USA selon le MIT et l’Université de Boston.

Intelligence artificielle. Fondation Artanim

 

Arabie Saoudite

La production du pays est repassée sur la barre des 10 millions b/j en février alors que Ryad prône une réduction au niveau mondial. C’est ce détail que les traders n’ont pas aimé. Ils ont expédié le baril sous les 50$ à New York durant le mois.

Le regain de production de l’Arabie est-il un message à l’attention des investisseurs dans le schiste américains ou pour les autres membres de l’OPEP qui ne respectent pas les diminutions imposées.

Le Roi Salman s’est accordé une virée en Asie, notamment en Malaisie, Japon, Indonésie pour tenter de diversifier l’industrie de son pays qui se résume aux trois mots: pétrole, pétrole, pétrole. C’est ballot, mais lors de sa visite en Chine, il n’a pas trouvé mieux que signer un accord avec Pékin pour l’extraction de… pétrole et une usine pétrochimique! Sortir du pétrole en investissant dans le pétrole, ça ne va pas le faire.

L’Arabie Saoudite devrait atteindre son peak oil en 2028. Comme de plus en plus d’or noir est consommé à l’intérieur du pays cela réduit d’autant les capacités financières de Ryad.

Comme le Yemen, la Syrie et l’Iran, l’Arabie Saoudite subit de plein fouet le réchauffement climatique. Les températures, supérieures de 4 degrés, aggravent la sécheresse qui détruit les points d’eau et limite la production agricole. La Syrie et le Yemen ont déjà implosé avec les conséquences que l’on connait.

De son côté son bras droit, le Prince bin Salman en a profité pour rencontrer Donald Trump histoire de voir si la relation entre les deux pays pourrait être meilleure que sous l’ère Obama. Ils ont parlé Yemen, Iran et pétrole. Ca va vraiment pas le faire !

Il se murmure que si l’OPEP devait allonger les coupes de production de 6 mois, l’Arabie Saoudite voudrait contraindre l’Iran à participer à l’effort. Ryad est frustré de voir certains marchés partir dans les mains de Téhéran. La prochaine rencontre aura lieu le 25 mai.

Ryad diminue petit à petit ses livraisons pétrolières au marché américain et se recentre sur les marchés asiatiques.

 

Chine

Les petites raffineries chinoises connues sous le nom de « teapots », importent du crude bon marché et exportent l’essence et produits raffinés sur les marchés asiatiques. Les japonais se plaignent que ces teapots noient le marché de produits de basse qualité alors que les raffineurs locaux doivent respecter des normes environnementales plus strictes.

Il n’y aurait pas uniquement les centrales à charbon qui participent à la pollution récurrente des grandes villes chinoises. Le réchauffement climatique influence les conditions atmosphériques en Sibérie et limite les vents qui poussent au large la pollution. Le premier ministre Li Keqiang a créé un fond spécial pour découvrir les raisons du smog qui envahit le nord de la Chine. Pékin dépensera le montant qu’il faudra pour gagner la guerre contre le smog.

Pour 1 milliard $, Sinopec a acheté 75% des actions de Chevron Afrique du Sud. Dans les bagages de la mariée, 820 stations d’essence et une raffinerie à Cape Town.

Les ventes de voitures Tesla ont atteint 1 milliards $ en 2016 soit 3 fois le chiffre de 2015. Un peu plus de 10’000 voitures ont trouvé un acquéreur. BYD reste toujours le leader sur le marché chinois de la voiture électrique. Lire également Après Trump, Pékin mise sur le Made in China.

Le groupe d’investissement Tencent Holdings a acheté 5% des actions de l’américain Tesla Motors. Avec 2 milliards $, le groupe devient le 5ème plus grand investisseur de Tesla et montre l’appétit des chinois pour les technologies de mobilité électrique.

Dessin Chappatte

Europe

Effectivement, nous abordons le dossier européen en soufflant sur les 60 bougies de l’accord.

 

Angleterre

Le pays a lancé la procédure de séparation de l’Europe. En lisant certains articles sur le Brexit, le pays devrait subir une période de famine, de peste et de choléra dans les années à venir. Pour d’autres, c’est un nouvel eldorado qui s’ouvre.

 

Allemagne

Le producteur électrique E-On a perdu 16 milliards $ en 2016. Le CEO veut réduire la dette de 7 milliards $ en licenciant 1’300 employés et en vendant quelques unités de production. Malin, E-On a déjà viré dans sa nouvelle « entreprise poubelle » Uniper tous ses actifs fossiles notamment les centrales à charbon, nucléaire et à gaz. Ainsi en amortissant fortement tous ses actifs pourris, Uniper n’aura plus qu’à faire faillite et à abandonner ses obligations notamment dans le démantèlement des centrales nucléaires. Pas éthique, mais légal.

De son côté, le bilan épuré d’E-On ne comporte plus que des actifs sains avec la solution aux clients, la production d’énergies renouvelables et les réseaux électriques. On retrouve cette stratégie en Suisse auprès d’Alpiq et d’Axpo, étrangement propriétaires de centrales nucléaires et à charbon !

 

Mer du Nord

Avec des chèques de plusieurs milliards $, Shell, le norvégien Statoil et l’italien Eni SpA ont remporté le droit de construire des fermes d’éolienne off-shore. Les dirigeants des majors pétrolières tentent de s’opposer aux géants éoliens Dong Energy et Vattenfall qui prennent de plus en plus de place dans le marché de l’énergie et représentent une menace grandissante pour leur business.

 

Suisse

Le Salon de l’Auto de Genève s’est terminé avec plus de 690’000 fans qui ont pu admirer la jeunesse des hôtesses. Comme quoi dans cette industrie, c’est toujours la minijupe qui parle au cerveau reptilien et qui déclenche l’acte d’achat.

Contrairement à l’année dernière, (où les constructeurs avaient inondé leurs stands de voitures électriques durant la journée de la presse pour les retirer le soir même) on est retourné aux bons vieux V6. Les constructeurs se plaignent que les gouvernements sont trop stricts et que s’il n’est plus possible de truquer les moteurs, il va être difficile de passer les standards d’émissions de CO2 et de pollution.

Les Suisses vont voter sur leur politique énergétique 2050. Rien de révolutionnaire et toujours pas de solution pour répondre aux changements climatiques ou à la déclaration de Paris. Naturellement on trouve certains politiciens pour reprendre le discours de Trump sur le changement climatique et prédisent peste, choléra et chômage.

Les confédérés jettent en moyenne 300 kg de nourriture par année. Le magasin Migros détruit 800 tonnes de nourriture par année et donne seulement 70 tonnes à des organisations. Le reste est détruit alors que cette chaîne de supermarchés exige une marge de 60% sur ses produits.

 

France

Selon la Répression des fraudes, le constructeur automobile Renault a faussé des tests d’homologation de ses véhicules diesel et essence. “Des stratégies frauduleuses” ont été mises en place depuis plus de 25 ans pour détourner les tests d’homologation de certains moteurs diesel et essence.

54% des français estiment que le changement d’heure a un impact négatif sur leur humeur. Manque de chance, cette année il y a la confluence entre le changement d’horaire et les élections ce qui devrait impacter la bonne ambiance dans le pays. 59% ignorent que l’heure d’été permet de réduire la consommation d’électricité (-440 GWh).

Trump tente de défaire l’Obamacare – dessin Chappatte

Les Amériques

USA – Schiste

Si le baril ne dépasse pas les 50$, la production de schiste va-t-elle pouvoir augmenter dans les années à venir sur le sol Yankee? La grande partie de la diminution des coûts de production a été reportée sur la baisse des salaires, la pression sur les fournisseurs, la location de matériel, le non-respect des normes environnementales. Les améliorations techniques ne représentent qu’une infinie partie de la réduction des coûts.

Les grandes majors entrent dans le jeu du schiste américain. Exxon, Shell et Chevron ont signé pour 10 milliards $ de chèques pour acheter des terrains potentiellement juteux. Attirées par l’immédiateté des gisements contrairement aux 10 années pour les forages en haute mer, elles poussent à la hausse les prix des terrains. On parle déjà d’une bulle dans le Bassin Permien.

La production de schiste dans le Bassin Permien est montée à 2,1 millions b/j en janvier (+200’000 depuis décembre).

Les réserves stratégiques de brut américains s’élèvent à 484 millions de barils de quoi assurer 24 jours de consommation. Du côté du schiste, la production US atteint 4,96 millions b/j.

Le marché du sable est à nouveau en plein boom grâce à la reprise des forages de schiste. En effet, en plus des 50’000 litres de produits chimiques il faut plusieurs tonnes de sable pour tenir les failles ouvertes. Les prix du sable sont en forte hausse ce qui n’arrangent pas les comptables des pétroliers.

 

Canada

Pas de bol pour le premier ministre canadien Justin Trudeau qui joue sur les 2 tableaux : extraction pétrolière et climat. La décision de Trump de réactiver le pipeline Keystone XL entre les sables bitumineux de l’Alberta, Canada, et les USA ravive les contradictions entre les lobby du pétrole et ceux du climat.

En janvier, Justin Trudeau affirmait vouloir «mettre un terme progressivement» à l’exploitation des sables bitumineux et faire cesser la «dépendance» du Canada aux hydrocarbures. Une position qualifiée de schizophrénique.

 

Brésil

Le Brésil est secoué depuis 2014 par une affaire de corruption mis en place autour du groupe pétrolier Petrobras.

Dans l’épisode de ce mois, la liste «La liste de Janot» (nom du procureur) donne les noms de 170 politiciens de tous les bords qui ont bénéficié des largesses financières. Dans cette liste, Rodrigo Janot y adresse à la Cour suprême, compétente pour juger ministres et parlementaires, pas moins de 83 demandes d’ouverture d’enquête pour corruption, blanchiment d’argent et financement occulte de campagnes électorales. Les politiciens brésiliens seraient encore plus turbulents que leurs collègues français ?

 

Venezuela

A force de tout vendre pour payer les dettes, le gouvernement n’a bientôt plus de bijoux de famille à échanger. L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a dû donner 10% de ses actions au Russe Rosneft dans Orinoco actif dans le brut extra lourd du pays. Ce brut est tellement lourd qu’il doit être mélangé avec du brut plus léger afin de pouvoir le raffiner.

Le gouvernement a pris le contrôle des boulangeries qui ne vendent pas le pain à un prix dérisoire, soit en dessous du prix de production. Le Venezuela importe la totalité de sa farine.

Le gouvernement entretient 30’000 comités locaux qui distribuent la nourriture à 4,5 millions de familles qui soutiennent le Gouvernement (sur les 6 millions du pays). Ces 4,5 millions de familles reçoivent 9 kg de nourriture par mois sur un total de 300 kg que nécessite une famille de 5 personnes. Cette situation ne va pas pouvoir continuer encore longtemps. Si le pays devrait s’écrouler, la production pétrolière devrait fortement être impactée.

Children interrupt BBC News interview – BBC News

Moyen Orient

Syrie

Les américains ont bombardé la salle des commandes du barrage de Tabqa à un jet de pierre de la ville de Raqqa et dans les mains de l’Etat Islamique. Haut de 60m et de 4 km de long le barrage de l’Euphrate permet d’irriguer les cultures et de produire de l’électricité pour toute la région.

Sans dispositif de contrôle, impossible d’ouvrir les vannes. Le compte à rebours a débuté. En montant, l’eau risque de submerger le barrage voire de le briser sous l’effet de la pression. Les américains pourraient désamorcer cette bombe en apportant des génératrices pour effectuer les opérations de délestage. Un détail : plus d’un million de personnes vivent en contrebas du barrage.

Pour mieux comprendre la guerre de Syrie. Deux événements conjoints ont allumé une partie de l’étincelle: le peak oil et le réchauffement climatique. Le peak oil atteint en 1996 (610’000 b/j) pour 385’000 b/j en 2010, n’a pas permis au gouvernement d’Assad de générer assez de devises pour subventionner les importations de céréales nécessaires après 3 années d’une sécheresse terrible (2007-2010). Et comme entre 2002 et 2008, les ressources en eau avaient diminué de moitié, la faim a lancé le processus actuel. La suite, ce mois-ci dans un prochain article.

 

Iran

Le pays plafonne sa production à 3,8 millions b/j. Difficile de dire s’il s’agit d’un signe envers la diminution de production voulue par l’OPEP ou des raisons techniques

Un nouvel arrangement pourrait avoir lieu entre la Russie et l’Iran dans le but d’échanger du pétrole contre des marchandises, de la nourriture et de l’armement.

 

Irak

Selon le décompte de Air Wars, les attaques aériennes des américains et des occidentaux sur Mossul font plus de victimes que les attaques russes sur Alep. Durant la première semaine de mars entre 250 et 370 civils ont été tués. Officiellement, la coalition quant à elle dénombre 21 civils tués depuis novembre 2016 !

Bagdad a produit 4,57 millions b/j en février et vise les 5 millions d’ici à la fin de l’année. Ce concept n’arrange pas l’OPEP.

 

Egypte

Le pays va ajouter 14’000 MW d’électricité d’ici à 2018. En 2013, le pays produisait 24’000 MW. Les fortes chaleurs durant l’été stressent fortement le système qui n’arrive pas toujours à répondre.

L’Arabie Saoudite a décidé de reprendre ses livraisons de pétrole à l’Egypte. Une brouille entre les deux pays avait interrompu le processus.

Asie

Corée du Sud

Le géant nucléaire coréen TEPKO n’est pas intéressé à acheter à Toshiba, leur succursale nucléaire américaine: Westinghouse. On les comprend car Toshiba a dû amortir une perte de 6,2 milliards $ de Westinghouse et bien malin celui qui connait la profondeur du gouffre.

Le français Areva étant noyé sous les dettes, il ne reste plus que les chinois ou les russes pour racheter à Toshiba leur succursale américaine. Cependant, on peine à imaginer Donald Trump tweeter: «Le nucléaire américain passe dans les mains chinoises. America First».

TEPKO pourrait jouer la montre et racheter le tout pour 1$ symbolique. Mais cela n’arrangera pas les comptes de Toshiba. A suivre d’autant que le nucléaire fait de moins en moins le poids face aux renouvelables.

 

Japon

Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a finalement réussi à introduire le robot PMORPH dans l’enceinte du réacteur 1 de Fukushima pour y mesurer les taux de radiation et la température. Lors des précédentes tentatives, tous les autres robots ont été détruits par le niveau des radiations.

L’objectif pour l’entreprise japonaise et d’évaluer la faisabilité de retirer le combustible nucléaire fondu afin de neutraliser le réacteur dans les décennies à venir.

Afrique

Libye

Les milices des différentes fractions (l’armée nationale du gouvernement de Tobruk et les diverses milices islamiques) se battent pour les terminaux pétroliers de Es Sider et Ras Lanuf.
L’Armée nationale du Général Haftar est aidée et soutenue par la Russie. Pour l’instant l’aide russe ne comporte pas un volet intervention militaire alors que le pays produit 700’000 b/j de pétrole.

 

Algérie

Sonatrach va investir 9 milliards $ entre 2017 et 2021 pour l’exploration de gaz. L’entreprise nationale va forer une centaine de puits par an et libérer 50 milliards supplémentaires pour la mise en service.

 

Phrases du mois

Il est temps pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, de débrancher définitivement la technologie défaillante des semences transgénique OGM et de se concentrer sur la façon dont nous rendons l’agriculture résistante au changement climatique, dont nous sauvons les fermes familiales et dont nous arrêtons la destruction de la nature. Il est temps de passer à autre chose.” Mute Schimpf, chargée de campagne alimentation aux Amis de la Terre Europe

Sur la nouvelle directive de Trump sur le climat et les énergies fossiles
This is not just dangerous; it’s embarrassing to us and our businesses on a global scale to be dismissing opportunities for new technologies, economic growth, and US leadership.” Former EPA Administrator Gina McCarthy.

As an industry, we’re not investing enough for supply growth to keep up with demand growth. Decreased spending, particularly in the resource-rich (but expensive) offshore, may cause supply to plateau or decline as global demand is rising A supply deficit is possible as soon as three years, and within five, when the reductions in capital investments should begin to show up in falling offshore supply. We’re not investing enough to keep the offshore investment pipeline full.
John Hess, CEO Hess oil

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Après Trump, Pékin mise sur le Made in China

Si Donald Trump effraie ou fait sourire avec son «America First», la stratégie du «Made in China 2025» dévoilée par Pékin va se révéler nettement plus dévastatrice pour l’Europe et les occidentaux. Si Trump tweete sa volonté, les chinois jouent la discrétion.

Ainsi après avoir fait main basse sur l’énergie solaire et éolienne, la Chine porte son dévolu sur les solutions hautement stratégiques de stockage d’électricité et les véhicules électriques. Comme à son habitude, le pays du Milieu ne fait pas dans la demi-mesure pour se saisir de ce marché initié par les occidentaux.

 

Le concept «Made in China 2025, ou China Manufacturing 2025» est fondamentalement simple. Il se contente de rapatrier des technologies occidentales via l’achat de brevets ou d’entreprises dans les domaines hautement stratégiques comme l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les voitures électriques ou la production énergétiques.

Pour compléter le dispositif, Pékin ajoute l’arsenal usuel de protectionnisme et de manipulation des marchés avec des freins administratifs ou des soutiens financiers aux entreprises locales.

Selon le président Xi Jinping la science et la technologie sont les «batailles principales de l’Economie» et au-delà de la puissance militaire, c’est sur ce terrain que l’hégémonie mondiale de la Chine se construit.

 

Activation des voitures électriques

Pour entrer sur le marché chinois, les grands fabricants occidentaux, japonais et Sud-Coréens de batteries doivent céder leur savoir-faire pour avoir le privilège d’écouler temporairement leurs produits. Preuve de son avance technologique, le Suisse Leclanché a vu entrer dans son actionnariat l’ombre chinoise.

Si la Chine est devenue incontournable, c’est qu’elle a su créer une demande dans la voiture électrique. Elle a réussi à immatriculer 1 million de véhicules et devrait en ajouter 4 millions d’ici à 3 ans pour atteindre la barre des 5 millions.

Depuis 2012, cette tendance a été encouragée par des subventions massives et des changements de lois. Ainsi les constructeurs locaux, comme BYD (Build Your Dream) ont été financièrement favorisés pour écouler leurs produits au nez et à la barbe des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

En quelques années, BYD installée à Shenzhen a vu sa capitalisation boursière exploser à 18,7 milliards $ à la poursuite de Telsa qui culmine à 50 milliards $.

 

Les japonais ont inventé la batterie, les Coréens l’ont démocratisée et les chinois vont la dominer.

Depuis une décennie, l’industrie des batteries est dominée par les japonais et les sud-coréens mais Pékin ambitionne de doubler sa production d’ici à 2020 pour reprendre le flambeau. La salve actuelle se focalise sur les systèmes lithium-ion chers aux constructeurs automobiles. Le chiffre d’affaires est estimé à 40 milliards $ d’ici à 2025.

Comme dans l’énergie solaire, la stratégie chinoise se base sur l’asphyxie de la compétition en proposant des tarifs imbattables. Si le solaire a chuté de 70% en quelques années, le prix des batteries est déjà sur cette voie.

Aujourd’hui Panasonic est le plus grand fournisseur mondial mais le japonais est talonné par CATL qui produit actuellement 7,6 GigaWatts heures (GWh) par année. En 2020, le chinois CATL dépassera, la Gigafactory de Tesla et Panasonic installée au Nevada, USA et créera 20’000 nouveaux emplois.

Globalement, la Chine est sur le point de livrer pour 121 GigaWatts heures assez pour propulser 5 millions de voitures sur 100 km selon Bloomberg.

Graphique: 2000Watts.org

Là aussi, Pékin s’assure que seuls les champions locaux en profitent. L’administration a bloqué tous les producteurs étrangers pour la livraison de batteries aux automobiles chinoises et seuls les producteurs qui dépassent 8GWh ont droit à des subsides.

Le hasard fait bien les choses puisque seuls BYD et CATL remplissent ces critères. Tout a été fait pour écarter Samsung et Panasonic.

 

Pour garder l’hégémonie planétaire, les chinois devront trouver le moyen d’augmenter la performance tout en diminuant les prix qui représentent aujourd’hui le 50% du prix des véhicules.

Malicieux, Pékin a planifié en détail son invasion en sécurisant l’accès aux matières premières notamment dans les terres rares, le cobalt ou le lithium. Là-aussi, le pays du milieu a déjà ratissé les mines du monde entier en passant par l’Argentine, le Chili ou les mines de Cobalt de la République Démocratique du Congo.

Avec les problèmes de plus en plus aigus du pétrole, la Chine a l’ambition de devenir “l’Arabie Saoudite” de la mobilité mondiale. Avec la main mise sur la voiture électrique et des solutions de stockage pour les énergies renouvelables, Pékin tient en ses mains une arme bien plus efficace que n’importe quelle armée.

Pendant ce temps là, Trump creuse pour trouver du pétrole…

Fukushima Daiichi souffle 6 bougies: éclairage

Il y a 6 ans, la catastrophe de Fukushima avait détruit 3 réacteurs, dévasté l’industrie nucléaire mondiale et transformé fondamentalement la vie de millions de japonais.

Initialement, les coûts avait été estimés à 10 puis réévalués à 40 milliards $. Six ans après, le Gouvernement a déjà versé 70 milliards $ à Tepco, l’opérateur de la Centrale et l’ancien Premier Ministre Naoto Kan, estime que la facture devrait atteindre plus de 240 milliards $ payés en grande partie par les impôts des japonais. A ce jour la douloureuse atteint 183 milliards $.

Du côté de la santé, les taux de radiations sont simplement effrayants.


Permettre aux liquidateurs de travailler

Dans le bâtiment du Réacteur 2, Tokyo Electric Power, Tepco, annonce une radioactivité ambiante de 650 millisieverts/heure à proximité du réacteur où les barres d’uranium ont fondu. A ce niveau, un homme est mortellement touché en moins d’une minute et les robots spécialement réalisés par Hitachi et Toshiba voient leurs systèmes informatiques grillés en 90 minutes.

Les informations dévoilées ces derniers mois permettent de mieux connaître l’état des réacteurs mais ne signifient pas que la situation s’est aggravée depuis 6 ans même si la catastrophe de Tchernobyl n’avait jamais atteint de tels niveaux radioactifs.

Du côté des Réacteurs 1 et 3, la radioactivité est tellement élevée qu’elle ne permet pas aux robots de s’aventurer dans les bâtiments.

A l’extérieur des réacteurs, le niveau est de 5 millisieverts par heure. Pour permettre de travailler dans la Centrale, le gouvernement a augmenté le taux maximal d’exposition à 250 mSw/an des 6’000 liquidateurs occupés à décontaminer, surveiller ou refroidir les réacteurs. A titre de comparaison, un travailleur européen du nucléaire est autorisé à supporter une exposition annuelle maximale de 20 mWs.

 

Attendre que la radioactivité diminue

Sous pression des experts internationaux, il aura fallu de longs mois à Tepco pour avouer que les centaines de tonnes de combustibles nucléaires des Réacteur 1, 2 et 3 avaient fondu et percé les cuves des coeurs des réacteurs. Naomi Hirose, President, TEPCO a présenté son méa culpa en juin 2016 pour avoir tardé à avouer la véritable situation.

Bien que personne ne sache réellement où l’uranium fondu des 3 réacteurs se trouve, Tepco espère que les enceintes de confinement en béton, situé sous les réacteurs, ont été capable de résister.

Naohiro Masuda, en charge du démantèlement et de la décommission des 3 réacteurs, espère pouvoir commencer à retirer l’uranium d’ici à 2021. Le processus devrait durer entre 20 et 30 ans. Mais pour l’instant, son plus grand défi est de trouver la balance entre le temps que chaque employé peut passer sur le site et le travail qui est à accomplir. Il estime que chaque réacteur comporte plus de 200 tonnes de matériaux nucléaire en fusion mélangé à des débris, du béton, du fer.

Le directeur actuel de la Centrale, Shundi Ushida confirme que la construction de sarcophages, comme à Tchernobyl, n’est pas une solution.

Tepco et les sous-traitants font face à une autre interrogation. Comment retirer le combustible en fusion? Cet défit n’a encore jamais été réalisé. La méthode ainsi que les machines restent à inventer.

La cuve du Réacteur 2 et le combustible fondu
Image: Tepco

Niveau des cancers à surveiller et retour des habitants

Du côté de la population, selon l’une des référence sur la catastrophe de Fukushima, l’ingénieur nucléaire Arnie Gundersen de FaireWinds.org, pense que les cancers de la tyroïde, des organes et leucémie augmentent notamment auprès des filles et des mamans et pourraient toucher plus d’un million de personnes.

Dans ce chaos, un seul homme est resté: Naoto Matsumura. Depuis le premier jour, il s’occupe des animaux abandonnés par leurs propriétaires partis sans espoir de retour.

Paradoxalement, c’est dans cette ambiance radioactive que le Gouvernement incite les anciens habitants à retourner vivre à proximité de la Centrale afin de réduire les coûts. Pour se faire, Tokyo va supprimer toutes les aides de ces 350’000 personnes parties et les forcer soit à retourner dans une région fortement irradiée soit à un exil définitif.

 

Refroidir les réacteurs

Depuis 6 ans, il faut continuellement et quotidiennement refroidir les réacteurs avec 300 m3 d’eau et le site a accumulé plus de 400’000 tonnes d’eau dans des milliers de réservoirs en attendant de pouvoir la décontaminer.

Des systèmes de filtration d’eau réalisés sur-mesure par Hitachi, Areva et Toshiba ont été installés pour tenter de diminuer la teneur radioactive, mais les éléments les plus virulents restent. Une solution pourrait être trouvée en déversant petit à petit cette eau hautement radioactive dans le Pacifique.

 

Il faudra encore 25-30 ans pour peut-être voir la lumière au bout du tunnel en espérant que cela ne soit pas un autre train qui arrive. Pour l’instant, les japonais croisent les doigts pour que les Jeux Olympiques de 2020 ne soient pas mis en danger par une évolution défavorable de la Centrale.

Dans les autres pays du monde, on espère que pareille erreur humaine ne se reproduise pas.

Energies, Pétrole et Economie: Revue Mondiale Février 2017

Comme le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies:
– USA: Tesla pèse 45 milliards $ et enlève le mot: Motors dans son nom
– Russie: Le pays achète du pétrole à l’Iran et la Libye
– Japon: Fukushima explose les taux de radiation de Tchernobyl
– DeepWater Horizon: La marée noire aura coûté 62,2 milliards $ à BP
– Irak: Les attentats se multiplient dans le sud pétrolier
– Canada: Les sables bitumineux à la peine financièrement
– USA: L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record.


Tout ça pour ça! Le pétrole est scotché sur le pas de la porte et ne sait pas s’il doit rentrer ou rester dehors. Le baril termine à 55,93$ à Londres (55,23$ janvier) et à New York 54.05$  (52.36$ janvier). Vous noterez que les stations d’essence ne répercutent plus les baisses

Le peak uranium s’invite dans les prix de l’uranium qui passe à la hausse après avoir touché les 18$ en novembre dernier. L’uranium remonte à 24,5$ (23$ janvier).

 

Le Graphique du mois
Découverte et investissements dans les nouveaux gisements pétroliers

Monde

Il n’y a eu que 174 découvertes de gisements de pétrole et de gaz en 2016 (400 en 2013). Un plus bas en 60 ans. Le manque de ressources financières et la difficulté de trouver de nouveaux endroits se cumulent et montrent que nous passons dans une nouvelle ère. Dans les années à venir, il va falloir compter sur le pétrole non-conventionnel pour répondre à la demande.

L’industrie pétrolière mondiale a perdu 441’371 emplois depuis juin 2014.

Le Grantham Institute et l’Imperial College London pense que la chute des prix des voitures électriques et des technologies solaires font peser une menace sur les compagnies pétrolières qui n’anticipent pas ce changement de paradigme prévu vers 2020.

Il y a 10 ans personne n’aurait pensé que les voitures électriques fassent trembler l’industrie pétrolière. General Motors retirait ses 1’117 voitures EV1 pour les détruire alors qu’aujourd’hui la valorisation boursière de Tesla dépasse la majorité des constructeurs automobiles conventionnels.

 

OPEP

Si les membres de l’OPEP suivent à 90% leur quota, l’augmentation de la production Libyenne et des USA coupe toute tentative d’une hausse des prix du baril. Du coup, les prix ont de la peine à prendre l’ascenseur pour le plus grand bien de l’Economie mondiale.

 

Russie

Le Kremelin a réduit sa production de 130’000 b/j par rapport à octobre et respecte les engagements de l’accord avec l’OPEP. En décembre, la Russie avait produit 10.49 millions b/j (no 1 mondial). Avec les coupes de l’Arabie Saoudite, le premier rang de la Russie pourrait durer quelques mois encore.

La Russie achète du pétrole en Iran, Irak (Kurdes), Lybie. Alors que le Kremelin n’a pas besoin de pétrole, il faut voir dans ce geste une intention géopolitique et une augmentation de son pouvoir dans ces régions pétrolières.

L’Economie du pays retrouve la croissance. En fait, pour être plus précis, les revenus du pétrole croissent et comme le pétrole c’est l’Economie, l’Economie croit. Si en 2016, la contraction était de 0,6%, cette année la croissance devrait indiquer : +1,1%.

Moscou se fait de plus en plus draguer par l’administration Trump qui espère diminuer l’entente Chine-Russie gardant en tête que diviser est une façon de régner. Cependant, les stratèges chinois et russes ont l’air mieux équipé et compétent que les oiseaux de la Maison Blanche.

Le gisement de Samotlor, qui produisait 3 millions b/j en 1980, n’atteint que 300’000 b/j aujourd’hui. Les forages sortent 20 fois plus d’eau que de pétrole et à 50$, la rentabilité est limitée.
Du coup, Moscou envisage de couper les taxes d’extractions en deux pour les gisements qui produisent plus d’eau que de pétrole. Cette tactique permettra à Rosneft, l’opérateur de ce gisement, d’extraire les dernières gouttes.

 

Le Nombril du Monde

Donald Trump va augmenter le budget de l’armée de 10% (+54 milliards $) pour cette année. Après Wall Street et le Pétrole, l’Armée rejoint le club des nantis.

Les majors pétrolières ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips ont été forcées d’emprunter pour payer les 21,4 milliards $ de dividendes à leurs actionnaires. Leurs dettes à long terme ont augmenté de 40 à 95 milliards $.
Le bénéfice de ces 3 acteurs a fondu de 80 milliards $ en 2012 à 3,7 milliards $ en 2016. Il reste toujours de quoi offrir des bonus dont 170 millions pour le départ de Rex Tillerson pour le Gouvernement Trump.

En 2016, la balance commerciale entre la Chine et les USA est de 347 milliards $ en faveur de la Chine. Le déficit total de la balance commerciale des américains est de 763 milliards $. Ces chiffres peuvent expliquer la volonté du Président Trump de redresser le déficit commercial US.

Rex Tillerson, encore lui, et Trump, encore lui, ont abrogé la loi de transparence Dood-Frank de 2010 qui interdisait l’utilisation de la corruption par les entreprises pétrolières, gazières et minières américaines à l’étranger. Grâce à ces deux compagnons, les entreprises US vont pouvoir réutiliser les petites enveloppes pour faciliter leur business et cela en toute légalité. Pour en savoir plus, cherchez dans le dictionnaire du Commerce sous “protectionnisme” et “éthique”.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie est le pays qui a le plus coupé sa production pour respecter les quotas imposés par l’OPEP. Il faut aussi dire que Ryad avait poussé ses machines à fonds afin d’annoncer une solide baisse. C’est comme manger 3 gâteaux en entrée, forcement qu’il est plus facile de se priver durant le repas principal. L’un dans l’autre, le pays est simplement revenu à sa production normale, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat!

Ryad se lance dans le solaire et l’éolien pour générer de l’électricité. L’objectif est de produire 10 gigawatts et d’économiser 13 millions de litres de pétrole par jour.

Ryad annonce qu’une étude indépendante réalisée par une entreprise américaine payée par Ryad dévoile que les réserves pétrolières d’Aramco sont exactement les mêmes que celles reportées par le Gouvernement. L’enseignement majeur de cette étude souligne que l’entreprise qui a réalisé cette étude va pouvoir continuer à travailler pour Aramco.

Pour mémoire, Saoudi Aramco annonce des réserves de 261 milliards de barils alors qu’il y a 30 ans les réserves étaient déjà de 261 milliards de barils. En Arabie Saoudite, le pétrole serait-il renouvelable ?

 

Japon

Les taux de radiations les plus élevés mesurés à Tchernobyl étaient de 300 sieverts par heure histoire de tuer un homme en 60 minutes.

Ce mois à Fukushima, les radiations ont été mesurées à 530 sieverts dans le Réacteur no 2. Une dose de 20 minutes vous sera mortelle et les parties électroniques d’un robot grilleront en 2 heures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le combustible nucléaire du Réacteur 3, à base de plutonium, est encore plus redoutable.

A ce jour, comme les hommes et robots n’ont pas réussi à s’approcher à proximité du Réacteur 3 et du Réacteur 1, il est impossible de connaître l’étendu des dégâts et surtout où se trouve l’uranium fondu.

Les coûts pour neutraliser les 3 réacteurs sont estimés à 170 milliards $ à la charge des contribuables japonais et les solutions techniques n’existent encore pas.

Dessin Chappatte

Europe

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA) a été ratifié à une large majorité, par le Parlement européen. Il entre en force en attendant que tous les gouvernements le ratifient.

 

Angleterre

Selon Bob Dudley, CEO de BP, la catastrophe de Deepwater Horizon de 2010 aura coûté 62,2 milliards $. Cela n’empêche pas ses dirigeants de retenter l’expérience avec de nouveaux forages dans le Golfe du Mexique. Toujours selon la major British, il faut un baril à 60$ pour redresser ses comptes financiers.

BP va s’engager de manière « incrémentale » dans le pétrole et gaz de schiste aux USA.

La pollution, causée par les voitures diesel et le chauffage à bois, atteint des records dans la capitale Londres.

EDF-Areva ne savent toujours pas si la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point va pouvoir se réaliser. Les français semblent finalement admettre que l’ampleur des fonds financiers pour construire ce temple pourrait être insurmontable voir déraisonnable.

Toshiba va certainement renoncer à construire une nouvelle centrale nucléaire en Angleterre. Le géant japonais croule sous les 10 milliards $ de dettes creusées par sa filiale nucléaire aux USA. La survie de Toshiba est en jeu.

 

Danemark

Maersk, n’est pas seulement l’un des leader mondial du transport maritime et de container, mais propose également ses services dans le pétrole. Pas de bol pour eux, il s’agit de deux domaines qui se sont fait laminer en 2016. Résultat de la casse: une perte de 1,9 milliard $ après déjà avoir amorti pour plus de 2,7 milliards $ les pertes de sa division pétrole.

 

Suisse

Les grandes entreprises suisses d’électricité ont réussi à cloisonner la production d’énergie solaire et à se réserver les subventions initialement prévues pour les particuliers. Ainsi les installations inférieures à 100 kW ne bénéficieront de plus aucune aide gouvernementale.

Du côté des barrages, les producteurs reçoivent une prime de 0,03 ct kWh ce qui va leur permettre de retourner dans leur léthargie et de consolider leur monopole.

Le parc suisse de véhicules à moteur a progressé de 84’500 unités en 2016 (+1,43%) pour un total de 5,98 million, dont 4,5 millions de voitures de tourisme et 720’400 motos. Les automobilistes ont dépensé 10,1 milliards pour l’essence, dont plus de 4 milliards sont exportés aux pays producteurs de pétrole.

 

France

La course à la Présidentielle française tourne au vaudeville dont les acteurs principaux sont un riche banquier psychopathe et un cleptomane au service de sa famille. En France, une certitude: les 5 prochaines années seront très longues.

Le gouvernement va supporter le solaire à hauteur de 9 milliards € et l’hydraulique avec 530 millions € durant les 20 prochaines années. On a de quoi être étonné par ces montants ridicules si on les met en relation avec les besoins du pays.

George Clooney durant les Césars sur Donald Trump

Les Amériques

CRU Group pense que 4,4 millions de voitures électriques seront vendues en 2021 en comparaison avec les 1,1 en 2016. Du coup, les prix du Cobalt partent à la hausse. Ce métal est un composant clé pour la fabrication des batteries lithium-ion.

 

USA

Tesla a publié de bons chiffres, les revenus sont en hausse de 88%. Ils ont donné plus de détails sur le modèle 3 à 30’000$ et enlevé le mot “Motors” dans le nom. Le titre Tesla pèse 45 milliards $ en capitalisation boursière. Renault pèse 25 milliards, PSA 15 milliards, Volkswagen 75 milliards, tout comme Daimler/Mercedes et BMW 55 milliards… Porsche 8 milliards et General Motors est à 55 milliards pendant que Ford vaut 50 milliards…
Si vous avez 5 minutes, regardez juste combien de voitures sont produites par Tesla et par le reste…

Philip Anschutz, le milliardaire du sport, va investir 3 milliards $ dans la construction d’une ferme d’éoliennes dans la Wyoming afin de livrer l’électricité en Californie. Il va également investir 3 autres milliards $ pour construire les lignes pour transporter l’électricité.

L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record pour le pays. (7,4 en 2015).

L’US Energy and Employment de l’United States Departement of Energy conclue que les énergies renouvelables créent plus d’emplois que les énergies fossiles. Ca ne risque de pas plaire à Donald.

L’évolution des investissements d’ExxonMobil, de Chevron et de ConocoPhillips
2013 = $87.2 milliards
2014 = $85.4 milliards
2015 = $66.0 milliards
2016 = $46.6 milliards

Le Pape François insiste que les peuplades indigènes doivent donner leur accord sur les activités économiques qui pourraient se réaliser sur la terre de leurs ancêtres. Cette remarque entre en frontale avec le souhait de l’équipe Trump de construire un pipeline de 3,8 milliards $, le Dakota Access, sur les terres des Indiens sous le Lake Oahe et la rivière Missouri. Sur ce sujet, les indiens Sioux ont été délogés par les forces de police sur le tracé prévu du pipeline.

Sur le même sujet. Kelcy Warren, le milliardaire qui possède Energy Transfert Partners, estime avoir suivi toutes les règles légales pour construire le pipeline Dakota Access mais qu’il a totalement sous-estimé la puissance des médias sociaux. Ce n’est pas pour le contrarier, mais le plus beau reste à venir.

Schiste
Grâce à Wall Street, l’industrie de schiste est en train de relever la tête. Il en va tout autrement pour les forages offshores qui boivent la tasse. Pour les années à venir, soit le pétrole de schiste tient ses promesses et va pouvoir être capable de maintenir la production mondiale, soit nous allons revisiter les années folles du Rock&Roll.

La production US remonte à 9 millions b/j.

Sur l’année 2016, le Texas a diminué sa production de 10%. En décembre la production a atteint 74,2 millions de barils contre 76,7 en décembre 2015.

Dessin Chappatte

Canada

Les sables bitumineux n’ont plus vraiment la côte avec un baril à 50$. Les investissements proviennent essentiellement des champions locaux comme Suncor Energy Inc.

ConocoPhillips annonce que ses réserves dans les sables bitumineux est passé à 1,2 milliard de barils au lieu de 2,4 comme précédemment annoncé. La réduction vient en grande partie du prix du baril de pétrole.

De son côté, ExxonMobil a historiquement effectué la plus grosse coupe dans l’évaluation de ses réserves de sables bitumineux. Roulement de tambour! -16 milliards $ ou -3,3 milliards de barils. Quel bouillon !

 

Venezuela

Caracas a de la peine à livrer la Chine et la Russie alors qu’ils tiennent à bout de bras le pays dans des échanges cash contre pétrole. La Chine détient 50 milliards et la Russie 5 milliards $ de dettes. Le retard est estimé à 45 tankers et le 1/3 du pétrole sert à repayer les dettes au lieu d’apporter de la nourriture dans le pays. Comme dans la pyramide de Maslow, le pétrole arrive après la nourriture, la probabilité que le peuple se soulève n’est pas nulle.

Puisque que l’on parle miam: 75% des vénézuéliens ont perdu en moyenne 10 kg durant la dernière année alors que les denrées alimentaires se font de plus en plus rare.

Caracas expédie 70 à 80’000 barils/jour de pétrole à Cuba en échange de docteurs et de services médicaux.

Moyen-Orient

Iran

L’ambiance est de plus en plus sympathique entre les faucons américains et Téhéran. L’Iran a proposé aux entreprises américaines de venir exploiter le pétrole, mais les règles US interdits aux américains d’y venir. Trump aimerait renforcer les sanctions, mais l’Europe s’y oppose

Avec le rapprochement Russie-Turquie-Iran-Qatar, l’Europe voit son gaz provenir d’un seul et même block. Ce n’est pas le moment de froisser l’Iran ou la Russie alors que le gaz est en jeu.

Téhéran vend 100’000 barils/jour à la Russie et reçoit la moitié du payement en cash et l’autre partie en nourriture, services et armes militaires.

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement de 15 milliards de barils dont 2 milliards extractibles. Le lieu n’a pas été indiqué, mais stratégiquement cette information peut attirer l’attention des investisseurs étrangers.

L’Iran a doublé ses livraisons pétrolières à la Corée du Sud et pique des parts de marché à de l’Arabie Saoudite.

 

Irak

La bataille de Mossoul n’est pas encore terminée que les parties sont déjà en train d’imaginer le futur. Les Peshmerga Kurdes ont conquis une grande partie du territoire de l’Etat Islamique dont les gisements pétroliers. Ce pétrole pourrait permettre aux Kurdes d’obtenir l’indépendance qu’ils recherchent depuis plus de 100 ans. Pour renforcer son influence dans la région, la Russie a commencé à acheter du crude aux Kurdes.

La baisse de la production irakienne du mois de janvier peut être imputée à la maintenance de plusieurs installations. Tant Bagdad que les Kurdes ont un besoin urgent d’argent et le respect des quotas de l’OPEP risque d’être une préoccupation trop onéreuse.

Bagdad a remonté ses réserves de pétrole de 143 à 153 milliards de barils de pétrole.

Les irakiens aimeraient reconstruire leur flotte de tankers pétroliers détruits durant la guerre de 1991 et construire 12 raffineries. Pour l’instant, l’argent du gouvernement est dirigé vers les forces militaires pour combattre l’Etat Islamique..

Evolution des bénéfices des 3 grandes majors pétrolières américaines

Asie

Chine

En 2016, la consommation de pétrole aurait augmenté de 3% et le PIB de 6,5%. Mathématiquement, ça se tient, d’autant que la Chine effectue un revirement de l’industrie vers les services.

La Chine possède 36 centrales nucléaires en opération, 21 en construction et 7 sont en projet. La Chine a également ratissé presque tout l’uranium qui trainait sur les marchés.

 

Corée du Nord

La nouvelle du mois, à part l’assassinat du demi-frère par le malade qui dirige cet Etat, est l’arrêt de l’importation du charbon nord-coréen par la Chine. Les ventes à Pékin représentaient 30-40% des revenus du pays ce qui va forcément avoir un impact sur le sourire du ministre du budget et le nombre de missiles tirés, pour l’instant, sans tête nucléaire.

En novembre dernier, l’ONU avait plafonné les exportations de la Corée du Nord à 57,5 millions de tonnes.

Afrique

Libye

Le géant Suisse Glencore, qui traite 4,4 millions b/j, pourrait s’occuper du tiers de la production libyenne soit 230’000 b/j sur une production de 700’000 b/j. Conformément aux pratiques de l’entité size à Zoug, (canton presque sans impôts), le montant, contenu dans la petite enveloppe distribuée aux dirigeants libyens, n’a pas été révélé.

La production est remontée à 700’000 b/j et pourrait atteindre 1,2 millions b/j d’ici août. Avant le renversement de Kadhafi par Sarkozi, la production atteignait 1,6 millions b/j. La moitié de ce pétrole est exporté mais le pays n’a toujours pas un gouvernement unique et l’augmentation de la production n’est pas garantie.

La Russie continue de resserrer et retisser ses liens avec la Libye alors que l’Europe patauge et que l’équipe de Trump ne sait toujours pas ou se trouve la Libye sur la carte du monde. Là aussi, Moscou commence à acheter du pétrole à la Libye.

 

Nigeria

Le président, de 74 ans, muhammadu Buhari s’est rendu à Londres le 19 janvier dernier. Ce qui devait être des vacances avec un contrôle de santé, semble être devenu un séjour à l’hôpital. Le vice-président Yemi Osinbajo est en charge du pays.

Le gouvernement est en train de travailler avec les milices pour diminuer le nombre d’attaques des installations pétrolières histoire de faire entrer des devises dans le pays et dans les poches des milices. Quand le pétrole était à 100$, le gouvernement avait instauré un système de corruption afin de déverser des pétrodollars dans les caisses des milices en échange d’une paix sur le pétrole.

Au Nigeria la corruption est endémique et le pétrole y participe activement. Le ministre du Pétrole a annoncé que le pays a perdu 100 milliards $ à cause des attaques des milices et on peut y ajouter les petites enveloppes aux bonnes personnes.

 

Phrases du mois

Scott McKay suggests in The American Spectator, “The hacks covering Trump are as lazy as they are partisan, so feeding them . . . manufactured controversies over [the size of] inaugural crowds is a guaranteed way of keeping them occupied while things of real substance are done.”

Le banquier est conservateur. Il fait toujours faillite de la même façon. Johen Keynes.

«L’industrie du ciment reçoit des allocations gratuites pour émettre du CO2, elle ne paie donc pas pour la pollution qu’elle produit. Bien pire, elle engrange des profits exceptionnels grâce aux trop nombreux permis de polluer qu’elle reçoit», selon l’ONG Carbon Market Watch, qui chiffre ces profits à «plus de 5 milliards d’euros».

Je ne monterai jamais dans une voiture sans chauffeur. J’ai déjà la trouille quand c’est pas moi qui conduit. Thomas Veillet

Fossil fuels may lose 10 percent of market share to PV and EVs within a single decade. This may not sound much but it can be the beginning of the end once demand starts to decline.” Carbon Tracker Initiative

If you can get anywhere near the cost target [$100 per kilowatt-hour of energy storage] then you can change the world. It becomes cost effective to put storage batteries in so many places – this research puts us one step closer to reaching that target.” Michael Aziz, lead researcher in a Harvard battery project and a professor of materials and energy technologies

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Retrouvez la Revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump: Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

Après la carte blanche offerte à l’industrie pétrolière par le Président Trump, l’industrie automobile n’aura pas attendu très longtemps pour réclamer sa part du gâteau.

Ainsi, 18 fabricants dont General Motors, Ford, Fiat, Chrysler, Toyota, Volkswagen, Honda, Hyundai, Nissan ont officiellement demandé l’assouplissement des réglementations légales sur les émissions polluantes et de gaz à effets de serre des véhicules produits aux USA. La tâche sera d’autant plus aisée que le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, est un climato-sceptique de haut vol.


En janvier, le Président Trump avait rencontré les CEO des 3 grands géants GM, Ford, Fiat-Chrysler. Promesse avait été faite d’alléger “les réglementations environnementales inutiles et hors de contrôle” afin d’aider à l’implantation d’usines et la création d’emplois aux Etats-Unis.

Dans son soutien inconditionnel au pétrole, le président Trump considère la voiture comme l’outil idéal pour consommer immédiatement et localement l’or noir.

 

Terminer avec l’ère Obama

Pourtant en 2011, la réglementation avait été acceptée par tous les constructeurs automobiles. Le gouvernement Obama proposait de réduire la consommation moyenne des voitures de tourisme, (hors pick-up et SUV) à 4.6 lt/100 km (10,5 kg CO2 au 100/km) d’ici à 2025 au lieu des 5,7 litres de l’époque.

En comparaison, l’objectif moyen 2020 pour l’Europe est de 4,1 lt/100 km  (9,5 kg CO2 /100 km)

Pour ce faire, les constructeurs devaient réduire la taille des moteurs sur vitaminés américains, améliorer leur efficience énergétique et éventuellement supprimer les logiciels cachés qui permettent de contourner les tests de pollution.

 

Le forcing de l’Industrie

Dans l’accord de 2011, l’EPA avait prévu une réévaluation de la réglementation d’ici à avril 2018 pour les modèles 2022-2025.

Aujourd’hui, les constructeurs demandent d’ouvrir cette étude «sans préjuger du résultat final» tout en soulignant «l’engagement du président Trump pour renforcer l’Economie des Etats-Unis et l’emploi dans le secteur automobile».

En se référant au manuel de base de la communication qui privilégie l’utilisation de chiffres élevés ainsi que la menace sur l’emploi pour influencer l’opinion, les constructeurs ont entonné en cœur le refrain «que ces règles menacent la production future mettant en péril des centaines de milliers et peut-être jusqu’à 1 million de postes». Dix millions auraient été encore plus imposant, mais ce chiffre aurait été immédiatement classé dans la case «fake news».

On comprend mieux la retenue relative du lobby automobile. Un million: c’est classe et ça fait juste assez peur.

 

Consommer le pétrole américain

A l’époque, l’administration Obama avait estimé les économies pour les consommateurs à un peu plus de 100 milliards $ par an. Du côté de l’industrie les coûts devraient se monter à 15 milliards par année sur 13 ans (200 milliards $ au total) soit en moyenne 100$ par voiture.

Aujourd’hui, la motivation des constructeurs est soutenue par la préférence des consommateurs américains qui orientent leurs achats principalement sur des SUV et des pick-up très gourmands ou des voitures puissantes. Ce comportement est amplifié par la forte baisse de l’essence qui est passé depuis 2008 de 1$ à 50 ct $ le litre.

Chaque jour, les USA consomment plus de 19,5 millions de barils de pétrole, 20 % de la production mondiale et ne produisent que 9 millions b/j. (10,7 millions b/j au plus haut).

 

Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

L’abandon des règles de l’EPA va également permettre à l’administration Trump d’éradiquer les règles encore plus strictes édictées par l’Etat de la Californie. La nouvelle loi fédérale ayant la primauté, tous les autres Etats tentés de suivre la Californie devront se cantonner à cette nouvelle décision.

Pour l’administration Trump, cette stratégie s’incorpore parfaitement avec l’aide apportée aux majors pétrolières et d’offrir un débouché à cet or noir en le canalisant directement vers les automobilistes. De facto, l’automobiliste US va financer une partie des infrastructures pétrolières du pays et les emplois associés.

De son côté, le monde de la finance pourra se réjouir des généreux dividendes habituellement versés par ces deux industries.

Ce système, bien huilé, pourra fonctionner pour autant que les prix du baril, au niveau mondial, restent dans une fourchette qui permette à Joe American de remplir son réservoir.

Et pour le climat ? Who cares ?