Pétrole et Manifestations. L’Iran: too big to fail

Les manifestations, qui ont éclaté en Iran, apportent une incertitude supplémentaire dans la géopolitique énergétique. Ainsi après l’Arabie Saoudite et le Venezuela, c’est un nouveau producteur pétrolier majeur qui tremble.

Schizophrène, les pays occidentaux aimeraient exporter leurs schémas de «démocraties» tout en espérant qu’aucun changement ne viendra altérer le flux pétrolier nécessaire à sustenter leur croissance économique. Le paradoxe nécessite un éclairage.


L’Iran entre Révolution et Evolution

Si les manifestations de 2009 avaient été étouffées par la ligne dure du Gouvernement, les mouvements actuels semblent provenir de la base populaire en recherche d’Evolution. Cependant, il n’est pas encore clair si des nations étrangères, comme se targuent les tweets de Donald Trump, interfèrent pour pousser à une Révolution.

 

Les nouveaux pétrodollars iraniens

Depuis la levée partielle des sanctions, l’Iran a fortement augmenté sa production pétrolière pour tendre aujourd’hui vers les 4 millions de barils/jour (b/j). Cette entrée de pétrodollars permet à l’Iran d’alourdir son influence au Moyen Orient. C’est également à cette manne qu’aspirent les manifestants.

 

Russie-Iran & USA-Arabie Saoudite : des stratégies opposées

Le Moyen Orient extrait le tiers de nos besoins pétroliers et c’est dans cette région énergétiquement sensible que la diplomatie américaine arrive avec le doigté d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. La doctrine de Trump coïncide avec une augmentation de testostérone et une diminution de réflexion dans les processus de décisions stratégiques.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le Prince héritier en charge du pays, Mohammed ben Salmane Al Saoud accumule les choix chancelants. La guerre avec le Yémen s’envenime, le blocus du Qatar cherche une sortie et la récente démission forcée du Premier Ministre Libanais, Saad Hariri, en visite à Riyad s’est soldée sur un retour de manivelle. Finalement l’emprisonnement de centaines d’acteurs majeurs et membres de la famille royale semble fragiliser le plus grand exportateur mondial de pétrole.

Profitant du chaos à Washington et des égarements de Riyad, il n’en fallait pas plus pour que les rusés et pragmatiques stratèges iraniens et russes avancent sciemment leurs pions et prennent l’avantage.

Les événements populaires actuels en Iran apportent une bouffée d’air à la diplomatie américaine. L’envie du président Trump de surfer sur cette vague s’explique.

 

Dépendance pétrolière

Avec la perception que les pétroles de schiste et offshore devraient suffire à leur indépendance énergétique, l’administration Trump ne s’embarrasse plus du Moyen Orient quitte à l’embraser.
Cependant, si l’Iran ou l’Arabie Saoudite devait courber l’échine, les économies occidentales seraient les premières à payer le prix. L’histoire montre qu’une révolution ou un changement de régime radical tend à réduire la production pétrolière d’un pays.

La Libye a perdu plus d’un million de barils/jour depuis le renversement de Kadhafi. Il aura fallu plus de 10 ans à l’Irak pour retrouver les niveaux d’extraction de Saddam Hussein.

Si durant les 2 dernières années, une surcapacité pétrolière a marqué les marchés, il faut noter que la marge n’est que de 2 million b/j. (2% de la production mondiale). Une partie de cette marge est déjà grignotée par le Venezuela, qui vit des heures délicates.

 

L’Iran et l’Arabie Saoudite ne peuvent pas fléchir

A l’aube d’une consommation pétrolière record de 100 millions b/j, notre croissance économique dépend toujours aussi fortement du pétrole. Incapable de diminuer le ratio PIB/Quantité d’énergie, le seul scénario que nous pouvons souhaiter à l’Iran est l’arrêt de la contestation populaire. Notre procrastination a rendu les grandes puissances pétrolières too big to fail.

Dès lors, pour garder notre situation privilégiée, pouvons-nous nous contenter d’une Stagnation, d’une Evolution de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou du Venezuela en lieu et place d’une Révolution?

En gage de stabilité, pouvons-nous accueillir avec soulagement la prochaine réélection de Vladimir Poutine à la tête du plus grand producteur mondial d’or noir? Tant pis pour la démocratie.

C’est tout le paradoxe d’une croissance Economique qui a mis tous ses œufs dans le même panier.

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2017

Tous les Voeux pour la Nouvelle Année 2018!!!
Comme le 1er de chaque mois, la Revue Mensuelle:
– Pétrole: Un baril à 100 ou à 50$ pour 2018?
– Arabie Saoudite: Le pays aimerait avoir sa bombe atomique
– France: Des vélos à hydrogène bientôt à disposition
– Allemagne: Après Tesla, Daimler propose son camion électrique
– Pologne: Inauguration de la plus grande centrale à charbon européenne
– Monde: Les investisseurs préfèrent toujours les Energies Fossiles
– Iran: Des manifestations secouent le pays.


Durant 2017, le pétrole a roupillé. Il s’est repris grâce à la pression de l’OPEP et termine l’année sur une légère poussée de fièvre. on le retrouve à 66.60$ à Londres (56,09$ au 1er janvier 2017) et à 60.42$ à New York (53.90$ au 1er janvier 2017).

L’uranium n’a rien fait. Un gros dodo durant toute l’année pour terminer à 23.75$ (20.25$ au 1er janvier 2017).

 

Graphique du Mois
Variations de la consommation d’énergie mondiale
durant les 5 dernières années
   Source: National Observer

Planète

Explication du graphique du mois.  On pourrait croire que les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Il n’en est rien. Les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon continuent d’être largement supérieurs aux énergies renouvelables.

L’année 2017 a été l’année la plus chaude depuis le début des mesures. L’hiver 2017 est paradoxalement rigoureux autant aux USA-Europe qu’en Asie. Vous aurez remarqué les variations extrême d’un jour à l’autre, comme si le climat jouait avec le Bitcoin.

La liste des 100 entreprises qui polluent le plus dans le monde a été publiée par «ClimateAction100+».
– On retrouve les groupes pétroliers et gaziers comme BP, Chevron, Coal India, Eni, Exxon Mobil, Shell, Total,
– des acteurs du secteur des transports: Airbus, Boeing, Ford, Volkswagen,
– des producteurs d’énergie: EDF, Enel, Engie, E.ON,
– des groupes miniers et sidérurgiques: ArcelorMittal, BHP Billiton, Glencore, Rio Tinto,
– des chimistes: BASF, Dow
– et dans les groupes alimentaires Procter & Gamble ainsi que Nestlé. A noter que ces deux entreprises concourent également dans la catégorie “Green Waching”.
Les groupes LafargeHolcim, et Siemens participent également à la fête.

 

Pétrole

Décembre est une période propice aux prédictions. Voici quelques infos pour nourrir votre boule de cristal.

Parmi les pays non membre de l’OPEP, seuls la Russie, le Canada et les USA ont vu leur production augmenter depuis 2004. Pour les autres, le déclin annuel total est de 250’000 barils/jour (b/j).

Depuis 2007, la production américaine a explosé +6 millions b/j. L’Irak, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Canada ont également apporté 6 millions b/j.

Du côté de la demande, elle est passée de 89 millions b/j pour bientôt friser les 100. La surproduction 2017 ne représente que le 1,8% de la production mondiale.

Pour 2018-2020, si l’on assume que Trump ne mette pas à feu et à sang la planète et que le Moyen Orient tienne le coup, on peut imaginer que les USA vont légèrement accroitre leur production tant que le Bassin Permien ne montre pas des signes de faiblesse, que la production Russe va rester dans sa zone actuelle et que les dispendieux sables bitumineux du Canada vont augmenter avec la hausse des cours du baril.

Les autres pays non membre de l’OPEP devraient voir leur production annuelle diminuer de 250’000 barils/jour. Ajoutez un peu d’incertitude avec l’Arabie Saoudite et l’Irak, beaucoup d’incertitude avec le Venezuela et le Nigeria, vous êtes à même de faire une prédiction.

Les découvertes de nouveau pétrole se montent à 7 milliards de barils en 2017 contre 8 l’année dernière alors 2016 était la plus basse depuis 1940! Nous en étions à 15 milliards en 2014 et 30 milliards en 2012.

Certains pensent que le baril pourrait bientôt franchir les 70$ pour grimper vers les 100$. Barclay penche pour un retour à 50$ grâce à l’arrivée de 1,2 million b/j de schiste américain et la fin de la restriction des 1,8 million b/j de l’OPEP. Goldman Sachs prédit une hausse vers la mi-2018. Cependant la Pieuvre est connue pour faire une annonce et prendre des bénéfices en faisant le contraire.

Arabie Saoudite

Selon Reuters, après l’Iran, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de vouloir sa bombe atomique. Aucun doute que cela permettra de détendre l’atmosphère au Moyen-Orient. Ainsi Riyad va demander à Trump et à des entreprises américaines actives dans le nucléaire, la possibilité d’enrichir l’uranium des centrales nucléaires civiles qui devraient être construites sur le territoire.

Le PIB du pays s’est contracté de 0,5% en 2017 à cause de la baisse des ventes pétrolières et le déficit pour 2018 devrait atteindre $52 milliards.

La vente de 5-10% des actions de Saudi Aramco est sur la table, mais à l’arrêt. Deux pays et deux bourses se chamaillent les honneurs d’héberger Aramco et cela devient amusant de voir les deux leader se battre à coup de tweets. Donald Trump ; “Would very much appreciate Saudi Arabia doing their IPO of Aramco with the New York Stock Exchange.” Et la Première Ministre Anglaise, Theresa May “I think London is extremely well-placed’’ to be picked as the listing venue.”
Le perdant devrait livrer un tweet assassin qu’on se réjouit déjà de lire. Riyad évalue toujours Aramco à un irréaliste 2’000 milliards $.

Saudi Aramco aimerait acheter des droits de forer aux USA dans les champs de schiste d’Eagle Ford. Ce serait une première pour cette compagnie qui ne possède aucun gisement en-dehors du pays.

Saudi Aramco a été victime d’une cyberattaque via le virus Triton qui s’amuse avec les systèmes de Schneider Electric.

Le Gouvernement a effectué un premier payement de 533 millions $ à 10,6 millions d’habitants avant l’augmentation des prix de l’essence, de la nourriture et du kérosène. Cette prime est destinée à alléger l’impact de ces mesures.

 

Russie

A 65 ans, Vladimir Poutine va se représenter pour s’autosuccéder à la tête du pays. Les élections auront lieu en mars 2018. La candidature de son principal opposant, Alexeï Navalny, a été refusée.

Total a effectué son premier transport de gaz liquéfié via son brise-glace tanker de la péninsule du Yamal dans l’Arctique. L’installation de 27 milliards $ a été financée par Total et la China’s National Petroleum Corp. à 20% chacun.

Avec la grosse vague de froid qui englobe l’Europe, Gazprom a déjà atteint la quantité de gaz livrée en 2016 vers l’Europe et la Turquie.

La Russie a trouvé assez de financement pour construire un frère au gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc livrera son gaz directement à l’Allemagne en passant par la Mer Baltique. Ce partenariat Allemagne-Russie crispe certains pays européens.

Alors que les relations entre les USA-Europe et la Russie se détériorent, Pékin et Moscou se rapprochent. La Chine a besoin de gaz, de pétrole et des matières premières de Sibérie alors que la Russie cherche des devises pour stimuler son industrie. En travaillant avec la Chine, la Russie contourne facilement l’embargo. Ainsi l’italien ENI collabore avec Rosneft via Pékin pour la réalisation de forages en haute profondeur dans la Mer Noire.

L’Europe a reconduit l’embargo sur la Russie. Peut-être que les gesticulations de Washington permettront à l’EU de reconsidérer sa position.

 

USA

La production américaine aurait atteint les 9,78 millions b/j selon l’EIA. Les chiffres de l’EIA ne sont pas connus pour leurs exactitudes et une correction à la baisse devrait intervenir. Cependant, la tendance américaine est à la hausse.

Le Wall Street Journal soutient que les investisseurs ont déversé 200 milliards $ depuis 2014 dans le pétrole. Une bonne proportion de cet argent s’est évaporée.

Les efforts de l’administration Trump pour bloquer les énergies renouvelables semblent porter leurs fruits. Durant le 3ème trimestre, le nombre de nouvelles installations a diminué de 22% par rapport à 2016.

Après des années de contestations, ExxonMobil va inclure dans sa communication aux actionnaires, les impacts du réchauffement climatique sur son business modèle. De plus, certains gros actionnaires pourront rencontrer le board pour partager leurs points de vue.

La ville de Santa Cruz et le comté du même nom ont porté plainte contre 29 compagnies pétrolières et gazières pour des dégâts créés par le réchauffement climatique et notamment les énormes incendies. San Francisco, Oakland et les comtés de Marin, San Mateo et San Diego ont également déposé des plaintes contre les pétroliers. Les plaintes soulignent que l’industrie trompe les consommateurs sur le même modèle que l’industrie du tabac.

L’administration Trump a autorisé l’exploitation pétrolière dans des parcs nationaux en Utah, dans une réserve d’Alaska ainsi que sur les côtes américaines.

Le Congrès américain a adopté des dépenses militaires de près de 700 milliards de dollars pour 2018. Le budget russe de l’armée atteint 46 milliards $.

L’Etat de Géorgie a accordé 10 milliards $ supplémentaires pour terminer la construction de 2 centrales nucléaires qui dépassent largement les budgets initiaux.

Europe

Allemagne

Après Tesla, c’est Mercedes qui annonce son nouveau camion électrique. Daimler a livré ses premières versions de 7,9 tonnes  avec 6 batteries de 600kg, le Fuso eCanter a une autonomie de 100 km (donc en réalité de 50 km) et une vitesse de pointe de 80 km/h.  Du côté design, le Truck de Tesla a un look d’enfer. Le camion de Daimler a été créé avec la fantaisie des ingénieurs allemands.

En 2017, la consommation de diesel et d’essence a augmenté de 2%, le kérosène de 0,7%, le fioul de chauffage +2%.

 

Danemark

L’Allemand E-On, qui opère au Danemark, a enregistré sa millionième recharge pour voiture électrique depuis 2014. E-On propose 1’300 points de recharge à travers le pays. En moyenne, par borne cela fait une recharge tous les 2 jours. E-On va équiper les parking publics, les chaines de fast-food ainsi que les stations-services.

 

Pologne

Grâce à la Banque Européenne d’Investissements et 1,5 milliard €, la Pologne a inauguré la plus grande centrale à charbon d’Europe à Kozienice. Avec 4’000 MW, elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne. Si l’on se fie au propriétaire, l’entreprise polonaise ENEA, la centrale est une bénédiction pour le climat «frienly power for the environment».

Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite.

 

France

L’entreprise Pragma va fournir à Saint-Lô, les premiers vélos électriques à hydrogène en France. Ils seront disponibles à des employés de l’hôpital et d’une entreprise, puis enfin aux touristes.

Ces vélos, de 25 kg, se rechargent en hydrogène en moins de deux minutes pour une autonomie de 100 km. Il faudra rejoindre la borne Atawey de deux mètres sur un mètre qui transforme l’eau de la ville en hydrogène pour les recharger.

Le coût du vélo est aujourd’hui de 7’500 euros, mais l’entreprise vise un prix public d’environ 3’500 euros à l’horizon 2020.

Lancé il y a 10 ans, le projet de Fusion nucléaire, ITER, va encore prendre du retard. Le budget est passé de 105 millions $ à 50 millions en 2017 et pour 2018 il passera de 120 à 63 millions $.

Avec l’arrivée de la nouvelle année, les prix de l’essence et du diesel ont gagné quelques centimes avec de nouvelles taxes.

En 2017, la part des nouvelles voitures à diesel est descendue à 49%.

 

Suisse

Le géant industriel américain General Electric annonce la suppression de 1’400 emplois en Suisse au sein de son unité GE Power, reprise fin 2015 à Alstom et qui compte près de 4’500 salariés.

Le groupe Electrique Axpo a officiellement réalisé un bénéfice de 310 millions frs. En fait, les bénéfices avant le micmac fiscal se montent à 1,23 milliard de francs pour un chiffre d’affaires de 5,57 milliards. Bien qu’Axpo génère un bénéfice de 22% sur son chiffre d’affaires, l’entreprise demande des subsides supplémentaires. On les embrasses très fort!

Le démantèlement des 5 centrales nucléaires suisses est estimé à 23,484 milliards frs. selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Il s’agit d’une plus-value de 600 millions par rapport aux estimations de swissnuclear.

La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe grâce notamment aux prix très avantageux de l’essence et d’une législation automobile à faire pâlir d’envie Trump. Pour 2017, 316’000 nouveaux véhicules ont été immatriculés dont dans l’ordre d’importance: VW, Mercedes et BMW. Malgré le scandale des moteurs truqués, Volkswagen reste le No1.

Les chiffres de l’inflation Suisse sont aussi fiables que les chiffres de l’emploi en France ou la consommation de charbon en Chine. Le calcul de l’inflation ne prend pas en compte les primes de l’assurance maladie. Si tel était le cas, l’inflation suisse dépasserait le 1% au lieu de l’officiel 0,51%.

Johnny Hallyday est mort
Dessin Alex

Les Amériques

USA Schiste

Avec un baril américain qui monte à 60$, l’industrie claironne que les USA vont devenir «Energy Independant». Il n’y a évidemment qu’eux pour croire cela.

Wall Street continue de déverser des milliards de $ dans le schiste US. Ce comportement peut s’expliquer par le ramdam effectué par les pétroliers et l’avenir brillant de cette technologie. Certains investisseurs pensent qu’il ne va plus y avoir assez de pétrole sur les marchés et que les prix vont fortement augmenter. Cette perspective annonce des profits juteux, ou pas.


Tweet de Trump: A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid enregistré. Peut être, nous pourrions utiliser un petit peu de ce bon vieux Réchauffement Climatique que notre pays, mais pas les autres pays, était sur le point de payer des trillions de $ pour se protéger. Réchauffez vous!

Ce message soulève une question: qui du réchauffement climatique ou de Trump est le plus dangereux?

 

Venezuela

Les exportations vers les USA ont chuté de 36% à 475’000 b/j et la production a chuté de 1 million b/j en quatre ans. Le manque de fonds pour maintenir les installations en état de marche se fait sentir.

La Russie profite de la situation économique pour faire ses emplettes. Dernier en date, le champ Patao y Mejillones sont passés dans les mains de Rosneft.

Le Président Maduro a passé à l’Euro pour ses échanges avec l’étranger et évite le dollar américain.

Canada

Les producteurs canadiens peinent à écouler leur pétrole aux USA. Plusieurs entreprises étrangères ont abandonné les sables bitumineux en attendant que les prix remontent. En 2017, 23 milliards $ d’actifs ont été vendus.

Dessin Chappatte

Moyen Orient

Iran

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays notamment pour des raisons économiques. Les iraniens peinent à voir les améliorations suite à la levée des sanctions. Il est vrai que Donald Trump freine des quatre fers. Est-ce que ce mouvement prendra de l’ampleur et quelle sera la réaction des Gardiens de la Révolution et du Gouvernement? En cette fin d’année, il est trop tôt pour le dire.

Les iraniens font de gros efforts pour fidéliser leurs clients asiatiques notamment avec des tarifs privilégiés. Ainsi si de nouvelles sanctions de Trump devaient tomber du ciel, Téhéran serait partiellement immunisé.

L’Iran regarde avec crispation la demande de l’Arabie Saoudite aux USA pour enrichir de l’uranium.

Irak

Le budget du pays atteindra 88 milliards $ en 2018 avec l’espoir d’une production de 3,88 millions b/j et un prix moyen de 46$ le baril. Les Kurdes, Sunnis et Basrawis se disputent âprement la dote.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

Pour diminuer la pollution dans les grandes villes, le Gouvernement a interdit l’utilisation du charbon pour le chauffage. Cependant, la Chine n’a pas prévu assez de gaz et des millions d’habitants se sont retrouvé sans chauffage. Le Ministre de l’Environnement a dû faire marche arrière et autoriser l’utilisation de charbon pour se chauffer. Du coup, il y également une pénurie de… charbon.

La Chine importe de plus en plus de pétrole, non seulement à cause de l’augmentation de la consommation mais également à cause de son propre peak oil. Ainsi 64,4% de la consommation est importée. (+3,8% par rapport à 2015)

La volonté de Pékin d’utiliser le Yuan comme monnaie officielle pour les achats de pétrole attisent les intérêts. Ce serait une alternative au $ américain. Des tests vont être effectués à la bourse de Shanghai.

Le future de l’industrie automobile est en Chine et nos enfants achèteront des voitures Made in China à la place de nos belles allemandes ou françaises. Ford Motor va lancer 15 modèles électriques ou hybrides en Chine, fabriquées en Chine.

La Chine a lancé le premier bateau cargo électrique. Il peut se déplacer sur 75 km à 12 km/h. La recharge s’effectue en 2 heures soit le temps de décharger et charger la marchandise.

Japon

Après Nissan, c’est au tour de Honda d’investir dans la V2G (voiture to grid ou voiture sur le réseau électrique). Le concept permet de stocker l’électricité dans les batteries des voitures durant les heures de production solaire ou éolienne.

Toyota continue ses investissements dans la voiture à hydrogène. L’automobiliste va utiliser les déchets agricoles pour produire l’électricité nécessaire à créer de l’hydrogène notamment à Long Beach, Californie, USA.

Toyota va électrifier tous ses modèles d’ici à 2025 avec l’objectif de vendre 5,5 millions de voitures électriques d’ici à 2030.

Inde

L’air de New Delhi fut tellement pollué que le match de cricket Inde-Sri Lanka a dû être arrêté. Des joueurs du Sri Lanka sont tombés malade. L’air contenait 22 fois plus de particules que le taux maximal autorisé.

Corée du Nord

Théoriquement suite à une décision de l’ONU, la Chine et la Russie n’auraient plus de droit de livrer que 10% de pétrole, de kérosène, de diesel à la Corée du Nord soit 500’000 barils/an. C’est une baisse depuis les 2 millions de baril d’octobre et les 4,5 de septembre.

La Corée semble effectuer discrètement ses achats de pétrole grâce au transfert de pétrole via des tankers chinois ou russes situés en haute mer.

Afrique

Nigeria

Le chinois Sinopec a engagé le français BNP Paribas afin de vendre ses actifs pétroliers au Nigeria. Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNOOC) avaient ratiboisé le marché entre 2009 et 2013.

A l’époque Pékin était à la recherche de tout ce qui ressemblait à de l’or noir afin d’assurer l’alimentation de son marché. Les complications nigériennes et le manque de rentabilité ont eu raison des ambitions chinoises.

Libye

Le Général Haftar pourrait participer aux prochaines élections afin d’élire le remplaçant de Kadhafi. Le chef de la Libyan National Army a le soutien de la Russie. Il a réussi à redresser la production pétrolière du pays à 1 million b/j. et pourrait mettre tout le monde d’accord.

Angola

Il y a quelques années l’Angola faisait le buzz si vous étiez dans le pétrole. BP, Eni, Total, Exxon s’y précipitèrent. Un peu moins aujourd’hui. Les investissements ont été coupés de 67 milliards $.

Phrases du Mois

« Nous n’avons rien vu de pareil depuis les années 40. Les découvertes moyennes actuelles de pétrole représentent 550 millions de barils par mois. Le plus inquiétant est que le ratio de remplacement des réserves équivaut à seulement 11% comparé à 50% en 2012 et 100% en 2006. » Sonia Mladá Passos, Senior Analyst à Rystad Energy

« Tout esprit peut comprendre qu’une croissance continue est impossible dans un monde fini. Pour nier cette loi élémentaire, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Kenneth Boulding

“Les chinois ne construisent pas des voitures à la chaine, ils construisent à la chaine des usines qui fabriquent des voitures. En 2022, 110 millions de voitures neuves seront vendues à travers le monde”. Jean-Luc Thuliez, CEO Aventor.

Pendant que les iraniens sont fâchés avec les dysfonctionnements du gouvernement, ils reconnaissent également que le gouvernement a été freiné dans ses actions par les USA et ses alliés.” Mohammad Marandi, prof. Université Téhéran.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Arabie Saoudite: La malédiction du pétrole?

Le rapprochement improbable des USA, d’Israël et de l’Arabie Saoudite, orchestré par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, semble être une réponse à la montée en puissance de la coalition Iran/Russie.
Dans cette partie d’échec, la décision américaine de choisir Jérusalem comme capitale d’Israël propose une ouverture intéressante.

Ce face à face entre les 4 géants pétroliers: USA, Arabie Saoudite, Russie et Iran intervient alors que la hausse probable des prix du baril va injecter encore plus de testostérone dans ce bras de fer.


 

A plus de 60$, les ambitions de toutes les parties se démultiplient. L’administration pétrolière Trump rêve de dominance énergétique grâce à sa production (éphémère) de schiste.

Vladimir Poutine devrait générer assez de cash pour financer sa stratégie et les entrées massives de pétrodollars alourdissent le poids de l’Iran au Moyen-Orient.

Dans ce tableau, seule l’Arabie Saoudite montre des signes de faiblesses.

 

Arabie Saoudite : Une délicate transition

Depuis que le Roi Salman a promu son fils de 35 ans, Mohammad Bin Salman al Saoud (MbS), à la tête du pays, les fondamentaux du plus grand exportateur de pétrole mondial tremblent.

La richesse du Royaume repose entièrement sur une matière première qui va en s’épuisant. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la consommation pétrolière interne ne cesse d’augmenter et les exportations nettes du pays déclinent.

Cigales, les membres de la famille royale préfèrent exporter et stocker leurs fortunes à l’étranger. De plus, une grande partie du budget national est dilapidée dans l’achat d’armes pour des guerres menées à l’étranger, notamment au Yémen et en Irak.

Détail piquant, la famille Royale soutient un islam Sunnite alors que la population qui vit proche des champs pétroliers est Chiite.

Le pétrole: Une malédiction ?

Alors que 70% de la population n’a pas 30 ans, la pression pour élargir des libertés sociales ainsi que la création d’emplois novateurs augmentent. Au travers de la «Vision 2030», le Prince Mohammad Bin Salman (MbS) a bien saisi les enjeux. Depuis des mois, on le voit gesticuler pour trouver les 2’000 milliards $ afin d’affranchir son pays de l’or noir et d’attirer des entreprises.

Comme si le pétrole, et non pas le peak oil, était devenu une malédiction pour l’Arabie Saoudite.

Cependant, le réchauffement climatique enraie la machine. Les températures de plus en plus insoutenables ainsi que la sécheresse rendent cette région invivable. Pour combien de temps encore, le pétrole pourra-t-il activer les systèmes de climatisation et du dessalage de l’eau?

Un score en sa défaveur

Les décisions du jeune Prince ont une fâcheuse tendance à se transformer en auto goal plutôt qu’en but.

Comme Ministre de la Défense, il avait impliqué son pays dans la guerre avec le Yémen. L’intervention de l’aviation saoudienne n’a pas fait dans la dentelle. Plusieurs milliers de civils ont été abattus, soulevant la perspective de «Crimes de Guerre». En novembre et voulant durcir le ton, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports afin de contraindre à la famine les 7 millions de yéménites.
Les Houthis ont menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Riyad a dû immédiatement revenir sur sa décision. Depuis, un missile Yéménite a fendu le ciel en direction de l’Aéroport de Riyad à défaut de viser une raffinerie pétrolière.

Dès les prémices de la guerre en Syrie, l’Arabie Saoudite a soutenu les différentes milices Sunnites. A l’arrivée de MbS en 2015, le jeune Prince a décidé d’augmenter son soutient contre le président Assad. C’était sans compter sur l’implication et le succès de l’armée Russe avec l’aide de l’Iran et le Hezbollah.

La manœuvre la plus incompréhensible du Prince est intervenue après la visite de Donald Trump en début d’année. Avec le Général al Sissi d’Egypte et les Emirats Arabes Unis, Riyad annonça le blocus du Qatar pour des raisons futiles. A ce jour, aucune partie ne sait comment sortir de ce bourbier.

Dernier événement en date, la mise à l’écart du premier ministre libanais, Saad Hariri forcé à démissionner devant les caméras de la TV saoudienne Al Arabiya. Une fois sorti d’Arabie Saoudite et libéré par le Président Macron, Saad Harirri s’est empressé de revenir à la tête de son pays.

Finalement, Mohammad Bin Salman a ordonné une purge interne, qui a mis derrière les barreaux des centaines de princes, de membres du gouvernement, de dignitaires, sous prétexte de corruption. Plus de 800 milliards $ de fortunes privées ont été confisquées. Les familles touchées auront-elles la capacité de réagir et de renverser le Prince ? Cette question n’a pas encore de réponse.

Le premier ministre libanais, Saad Hariri lit sa démission devant les caméras d’Al Arabiya

 

Il est inquiétant de voir ces quatre puissances pétrolières jouer au chat et à la souris d’autant que les scores des dirigeants tant à Washington qu’à Riyad n’incitent pas à l’euphorie. La chute de l’un de ces géant ne peut pas être envisagée tant nous dépendons de leur pétrole pour alimenter nos Economies.

Ce combat devrait nous inciter à débuter notre émancipation du gaz et du pétrole bien avant qu’une pénurie ne vienne trancher la décision. Peut-être que les étincelles allumées au Moyen-Orient pourraient stimuler notre flamme.

Ne serait-il pas paradoxal que Jérusalem nous permettre de remettre l’église au milieu du village ?

 

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Allemagne: Un paysan péruvien poursuit judiciairement RWE
– Arabie Saoudite: Les grands nettoyages préoccupent
– Algérie: Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gaz
– USA: Waow! Musk annonce son camion électrique: le Tesla Truck
– France: ENGIE fait des tours de passe-passe
– USA: Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité?
– Chine: Le pays a supprimé des millions de chauffages à charbon.


 

Les membres de l’OPEP se sont rencontrés. Les “quotas diminués” resteront inchangés jusqu’à la fin 2018. Les premiers jours de décembre montreront si le dicton “buy the rumor and sell the news” s’applique une fois de plus.

Le baril termine le mois à 63.11$ à Londres (60.90 fin octobre) et 57.30$ à New York (54.15 fin octobre).

L’uranium monte à la vitesse d’un missile de croisière lancé par la Corée du Nord dans le ciel asiatique. Gros bond ce mois. Il termine à 25.50$ (20.15$ fin octobre).

Graphique du Mois
Marché du pétrole Offre / Demande 2020-2040
selon l’Agence Internationale de l’Energie

Graphique les Echos

Monde

L’Agence Internationale de l’Energie estime la production pétrolière mondiale grimpera à 98,5 millions barils/jour (b/j) en 2018 ou 15,6 milliards de litres/jour (moyenne de 2 lt/jour par habitant).

En 2017, 41 milliards de tonnes (+2%, 2016) de CO2 ont été ajoutées grâce aux énergies fossiles. Les 10 principaux pays émetteurs sont, dans l’ordre: la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada.

Le Bitcoin a dépassé les 11’000$. Ayons une pensée émue pour tous ceux qui ont hésité à investir, il y a quelques mois, alors que le Bitcoin était à 200$!

 

Peak oil

Statoil, Norvège ou Shell, Hollande prédisent que la demande de pétrole pourrait piquer entre 2025-2030.

Chevron et Exxon Mobil ne voient pas de peak oil en vue.

L’OPEP s’aligne sur l’IEA en penche pour 2040.

 

Allemagne

Une fois n’est pas coutume, commençons par le pays d’Angela Merkel (dont l’objectif actuel est de tenter de former un nouveau gouvernement).

Alstom va construire 14 trains Coradia à hydrogène. Les trains vont remplacer les locomotives diesel en Saxe. Linde Group produira l’hydrogène.

L’Allemagne est souvent pionnière dans la production d’énergie pour au final se faire coiffer au poteau par la Chine. Ainsi après le solaire, c’est au tour de l’éolien. Le constructeur d’éoliennes Gamesa, qui appartient à Siemens, annonce la suppression de 6’000 emplois. Le géant allemand est confronté à une forte baisse d’activité et une concurrence féroce de… la Chine.

Siemens annonce une deuxième vague de licenciements avec plus de 6’900 emplois au sein de ses activités énergie. Environ 2’600 postes doivent disparaître en Allemagne, plus 3’600 dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis. A cela s’ajoute la suppression prévue de 760 emplois dans les départements techniques de transmission et industrie de transformation.

Siemens, qui espérait voir les centrales à gaz occuper une place privilégiée à côté des énergies renouvelables, déchante. Le solaire et l’éolien imposent un système où la production d’énergie est de plus en plus décentralisée et rendent les grandes centrales de moins en moins compétitives.

Le géant E.ON a reçu 11,6 millions $ de la commission européenne pour établir entre la Norvège et l’Italie un corridor électrique de 180 stations de recharges électriques pour voitures.

La justice allemande a accepté d’examiner la requête d’un paysan péruvien, qui demande au géant de l’énergie RWE de réparer les effets du changement climatique dans les Andes. Les magistrats vont examiner les liens entre les rejets polluants de RWE et les dommages constatés au quotidien par Saul Luciano Lliuya, agriculteur et guide de haute montagne à Huaraz, Pérou. Le groupe allemand RWE est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, bien qu’il n’ait aucune centrale au Pérou.

 

Arabie Saoudite

La situation du plus grand producteur pétrolier de l’OPEP donne des frissons. Si la situation devait basculer, l’impact se fera ressentir au niveau mondial.

Suite aux décisions du Gouvernement, il est très difficile de connaître l’impact des changements dans le pays. La tendance est d’offrir plus de liberté sociale, mais sans liberté politique. Comme plus de 50% de la population du royaume a moins de 30 ans, cette option contente la majorité mais crispe la minorité bien plus puissante.

Le fils du Roi Salman, Mohammed bin Salman (MbS) tente de renforcer son assise avant que cela ne se termine, ou pas, par son assassinat. Est-ce que les dignitaires menacés par le jeune Prince trouveront le support nécessaire auprès des services de sécurité et de l’armée pour préparer un coup ?  La question n’a pas encore de réponse.

A la tête du pays, MbS a instauré une loi anti-corruption qui lui permet d’écarter ses rivaux, dont la 45 ème plus grande fortune mondiale, le Prince Alwaleed bin Talal et ses 18,7 milliards $. Plusieurs centaines de dignitaires, ministres, hommes d’affaires et membres de la famille royale ont été également emprisonnés dans des conditions qualifiées de rustique. Le gouvernement est en position de leur confisquer 800 milliards $ de fortunes personnelles. Ce pactole permettra au jeune Prince d’avancer dans le financement de sa stratégie 2030 de la Nouvelle Arabie Saoudite.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget 2018.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget. En 2014, il fallait un baril à 96$ pour équilibrer les comptes. La diminution des subsides et les réformes financières montrent le chemin parcouru en quelques petites années.

Le directeur de Total, Patrick Pouyanne pense que les réformes sociales et économiques pourraient être un peu trop ambitieuses et le temps imparti un peu trop court.

Dessin Chappatte

USA

Via la nouvelle réforme de l’imposition, le gouvernement Trump va soutenir le charbon, le gaz, le pétrole et le nucléaire. L’éolien, l’hydraulique et le solaire ont été soigneusement écartés du programme républicain.

Pour la première fois en 30 ans, les importations pétrolières US en provenance d’Irak ont surpassé les importations d’Arabie Saoudite. Les livraisons canadiennes sont également en hausse à 3,43 millions b/j au lieu de 2 millions, il y a 7 ans.

La moyenne de la consommation des voitures américaines repart à la hausse. Durant les 10 dernières années, elle était passée de 11,5 lt/100km à 9,2 lt/100km. Cependant, depuis août 2014, elle est remontée à 9,4 lt. On pourrait corréler cette variation avec l’amélioration économique du pays et la sortie de la crise de 2008.

Le taux de croissance du PIB Américain est de 3,3% pour le 3ème trimestre. Trump a immédiatement repris cette nouvelle à son compte d’autant que le compteur du 2ème trimestre indiquait 3,2%. De plus, pour la première fois le Dow Jonnes dépasse les 24’000 points. Que demander de plus?

Google débute ses tests à Phoenix, USA, avec une voiture 100% autonome sans aucune personne au volant.

Elon Musk, le CEO de Tesla annonce la conception d’un camion électrique. Une fois l’effet “Waow” passé, la calculatrice montre que la quantité d’électricité pour recharger les 1’600 kWh de la batterie, correspond à la consommation quotidienne de 4’000 ménages.

Tesla a annoncé la construction d’une usine à Shanghai, Chine. Particularité, c’est la première fois qu’un constructeur automobile n’a pas besoin de s’associer à un partenaire local. Cela permettra à Tesla de diminuer les coûts de vente et d’exporter ses voitures en Europe à meilleur prix. Nous sommes en train d’assister au transfert de la production de voitures en Chine.

Le nouveau Directeur de General Electric (GE), John Flannery, débute son mandat en se débarrassant de 24’000 employés et annonce une focalisation sur l’aéronautique, la santé et l’énergie.
GE, dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards $ depuis janvier, va également céder ses activités dans l’électricité ainsi que vendre le groupe de services pétroliers américains Baker Hughes, dont il détient 63% du capital. BH avait été acheté l’année dernière seulement. La branche GE Power, qui comprend Alstom, devrait également jeter à la casse nombre de ses employés.

Boston Dynamics. Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité

Europe

Les autorités nucléaires russes ont confirmé que le nuage radioactif de Ruthénium-106, qui a traversé le Sud de l’Europe entre fin septembre et mi-octobre, est une bénédiction pour la santé. En tout cas, moins dangereux que de manger 5 fruits Monsanto-Bayer-Syngenta par jour. Le centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l’Oural a relâché des doses qui dépassent de 986 fois la moyenne du mois d’août. Est-ce un accident nucléaire?

Du côté des Services du Nucléaire Européens, on félicite l’excellent travail des douaniers qui ont réussi à bloquer les nuages aux frontières. Cet incident souligne les progrès réalisés par l’industrie nucléaire dans les domaines de la transparence.

Par année, le manque à gagner de l’évasion fiscale élaboré par les entreprises dépasse les 350 milliards € (par an), dont 120 milliards € pour l’Europe et 20 milliards pour la France.

Après une petite frayeur, tout est finalement rentré dans l’ordre. BAYER-Monsanto et Syngenta ont réussi à convaincre les pays européens de plébisciter les produits agro-pétro-chimiques. Le Rundup pourra être commercialisé, sans ombrage, pour les 5 années à venir et plus si entente.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Norvège

Le fonds souverain Norvégien de 1’000 milliards $ propose de sortir 35 milliards $ d’investissements dans le pétrole et le gaz. Cette annonce du No 1 mondial est un choc pour l’industrie pétrolière. Il fait également part de la tendance de désinvestissement dans les énergies fossiles des grandes institutions bancaires. Le Ministre Norvégien des Finances a annoncé qu’il allait étudier la proposition et que la décision tombera dans une année.
<Insérez ici une pensée émue pour la Banque Nationale Suisse et ses 5 milliards $ d’investissements dans le fossile américain.>

Un arrêt, pour recharger sa voiture électrique entre Oslo et Lillehammer, ne prendra plus que 10 minutes. Un premier système ultra rapide est installé à Circle K à Dal à 30 minutes au nord d’Oslo.

 

Russie

Vladimir Poutine utilise de plus en plus le pétrole comme arme stratégique dans le but d’augmenter son influence dans le monde. Revers de la médaille, Moscou prête à des pays instables, comme le Venezuela, et le retour sur investissement n’est pas garanti.

Les compagnies pétrolières russes n’espèrent pas une levée des sanctions américaines dans les mois à venir. D’ailleurs, elles ont trouvé des solutions et du réconfort auprès des partenaires et des banques asiatiques.

La construction du gazoduc Turkish Stream avance. Le gazoduc copie l’ex projet Russo-Européen South Stream abandonné par l’Europe. Corolaire de cette décision, les Européens devront acheter leur gaz russe via la Turquie au lieu de l’Ukraine. L’arrivée du Président Turc Erdogan dans l’équation énergétique européenne apporte une inconnue de plus.

La Russie a la capacité d’augmenter sa production pétrolière de 4-5%. Avec la hausse des prix du baril, Moscou devrait passer confortablement l’année 2018.

Le champ pétrolier de Sakhalin-1, opéré par l’américain ExxonMobil, va produire 250’000 b/j de plus dès le premier trimestre 2018.

L’équipe de football américaine ne s’est pas qualifiée pour les Championnats du Monde FIFA qui auront lieu en Russie. L’Italie non plus…


Dessin Chappatte
chappatte.com

Italie

Le gouvernement a dévoilé sa stratégie nationale pour sortir de l’électricité au charbon d’ici à 2025 en propulsant les énergies renouvelables. L’Italie a l’ambition de passer de 17,5 à 28% d’énergies renouvelables.

 

Angleterre

Les prestigieuses Universités de Cambridge et d’Oxford trempent dans les Paradise Papers. Pour contourner les impôts, les deux institutions ont investis des dizaines des millions de dollars dans l’exploitation pétrolière via les Iles Cayman. Les deux universités, soutenues par des fonds publics, avaient annoncé en 2014 ne plus investir dans des actifs pétroliers.

 

France

Grâce aux aides financières du gouvernement, l’essence SP95-E10, avec 10% d’éthanol à base de céréales, est la plus vendue dans le pays (part de marché de 38,5%).

Le géant français de l’énergie ENGIE (ex GDF Suez) a délocalisé 1’200 emplois de France pour diminuer ses coûts. Les services administratifs et centres d’appels iront en Pologne, la comptabilité en Inde et la R&D en Chine.

On est tellement bien qu’on reste chez ENGIE. Grâce à un montage financier appelé «Projet Salmon», le géant français a rapatrié d’Australie 1 milliard $ de bénéfices en 2012. Les gourous de la fiscalité ont permis à l’entreprise française, qui appartient également à 24% à l’Etat français, d’économiser plusieurs dizaines de millions d’euros d’impôts selon les Paradise Papers.
La question absurde du mois: “Quel est l’intérêt de l’Etat Français à faire de l’optimisation fiscale pour ne pas payer d’impôt à l’Etat Français?

Areva a été perquisitionné pour une vente d’uranium au Niger en 2011. «L’Uraniumgate» pèse 320 millions $.  Areva avait vendu le stock d’uranium à la société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban. Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de Patrimoine des Mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’Etat nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix supérieur à celui auquel il l’avait cédé au départ. Vous suivez toujours?
Au total une plus-value de 82 millions de dollars pour Energo Alyans, inconnue des traders et qui aurait totalement disparu peu de temps après les faits.

Si l’énergie éolienne peine à prendre pied en France, c’est surtout à cause de l’armée! Ainsi avec des prescriptions par rapport à ses radars, ses avions et ses hélicoptères, la grande muette a bloqué l’implantation de 3’500 éoliennes sur le territoire tricolore. Une nouvelle demande est pendante avec l’élargissement du périmètre à 70 km autour des radars. Si elle est acceptée, aucune nouvelle éolienne terrestre ne devrait voir le jour en France.

Suisse

L’entreprise Meyer Burger délocalise en Chine sa production de scies pour la découpe du silicium des panneaux solaires. 180 emplois sont supprimés en Suisse.

Le géant minier Glencore connut pour acheter des mines et extraire les matières premières dans la plus grande opacité, fait partie des plus grands joueurs des Paradise Papers. Pour échapper au fisc et dissimuler ses mécanismes de corruptions, elle a ouvert 107 sociétés offshores. Qui trouve-t-on à sa tête? M. Anthony Hayward en personne!
Sir Hayward était l’improbable CEO de BP lors de la catastrophe de Deepwater Horizon en 2011 dans le Golfe du Mexique. On aurait pu croire ce personnage non-recommandable en prison. Mais non, il se retrouve à la tête de cette entreprise encore moins recommandable. On peut y déceler une certaine consistance.

La centrale nucléaire de Leibstadt, Argovie, doit remplacer 22 éléments de combustibles avariés livrés par Areva. Le coeur du réacteur contient 648 éléments combustibles et 62’000 barres de combustibles. Areva explique qu’après la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans son usine de fabrication de tubes à Paimboeuf, en Loire-Atlantique, en France, des tests ont montré que des barres qui auraient dû être refusées ont été fournies à des compagnies électriques.

Le Telsa Truck présenté par Elon Musk

 

Les Amériques

USA Schiste

Dans ses prévisions World Oil Outlook 2018, l’OPEP prévoit que la production américaine de pétrole de schiste va atteindre 7,5 millions b/j en 2021 (5,1 aujourd’hui). Le cartel pense que la production US va atteindre le peak oil en 2025 et décliner en 2030. La compétition entre le schiste US et l’OPEP devrait durer encore 7 ans.

La production du Nord Dakota pourrait remonter à 1,1 million b/j d’ici à la fin décembre. Si le baril tient à 60$ la production pourrait monter à 1,6 million b/j.

Bien que les grands acteurs comme Exxon ou Chevron ont les reins assez solides pour supporter des pertes, les petits acteurs de schiste sont sous la pression des investisseurs pour se focaliser sur la maximalisation des dividendes au lieu de la maximalisation de la production. La hausse des prix du baril pourrait apporter une bouffée d’air, mais la question est de savoir à quel tarif ces entreprises sont profitables.

Venezuela

La compagnie pétrolière nationale, PDVSA, n’a pas réussi à effectuer le remboursement 28 millions $ d’obligations. De son côté, le gouvernement de Nicolás Maduro n’a également pas pu honorer les 350 millions $ d’intérêts à payer sur les dettes du pays. Le président désire restructurer les 63 milliards $ de dettes du pays. En d’autres mots, il propose d’effacer l’ardoise alors que paradoxalement l’administration Trump interdit toute discussion financière avec le pays. La Chine et la Russie sont également très impliquées dans ce dossier d’autant que de grandes quantités de pétrole sont en jeu.

La production pétrolière du pays pourrait glisser à 1,8 millions b/j soit le plus bas niveau depuis 30 ans. Elle peut fortement influencer les prix du baril au niveau mondial.

Le Président Maduro a remplacé le PDG de PDVSA ainsi que 5 directeurs, mais dans l’état de délabrement de l’entreprise, il n’y a rien à attendre de nouveau.

Dessin Chappatte.com

 

Asie

Chine

Le président Trump s’est rendu en Chine avec 40 entreprises. A l’issue de la rencontre Donald Trump s’est félicité d’avoir conclu pour 253 milliards $ «d’accords commerciaux» ainsi que la baisse de certaines taxes sur des produits importés. En terme diplomatique «accords commerciaux» signifie: protocoles non contraignants et non signés. Bref, des accords qui ont la valeur d’un tweet. Par contre, le Président Xi s’est montré intéressé au gaz d’Alaska où les investissements pourraient monter jusqu’à 43 milliards $.

Le gouvernement a demandé l’arrêt de 44’000 boilers à charbon utilisés par les entreprises afin de générer de la vapeur ou de l’électricité. La transition s’effectue avec le gaz.

Pékin a demandé aux ménages et aux particuliers de ne plus utiliser les fourneaux à charbon pour se chauffer. A la place des millions d’installations à gaz ont été installées. Comme ce début d’hiver est rigoureux, Pékin ratisse les marchés pour tenter de combler la pénurie. Les importations grimpent de 3,82 millions tonnes pour l’hiver 2016 à 5,81 pour 2017.

 

Inde

A Delhi, la pollution a fait frémir tous les records au point de fermer 4’000 écoles pendant une semaine. L’utilisation des véhicules à moteur a été limitée. Le responsable de la ville a qualifié la situation de «chambre à gaz».

Le pays ambitionne de cesser de vendre des voitures thermiques d’ici à 2025, mais l’Inde affiche actuellement des ventes record de véhicules. L’Inde est également devenue une intéressante option de recyclage des voitures diesel à moteurs truqués pour les constructeurs allemands, français et américains.

Dans l’Etat d’Uttar Pradesh, l’explosion dans une centrale thermique au charbon s’est soldée par 26 morts. La centrale, d’une capacité de 1550 mégawatts, fournit de l’électricité à neuf Etats de l’Union indienne.

 

 

Moyen-Orient

Yémen

Le lancement d’un missile tiré du Yémen en direction de l’Arabie Saoudite a été interprété par le Prince comme un acte de guerre contre le royaume. Riyad pense que le missile intercepté a été livré par l’Iran.

Malgré plusieurs dizaines de milliards $ de dépenses militaires, l’Arabie Saoudite n’arrive pas à faire plier les Houthis yéménites. Le seul résultat tangible est l’enlisement de Riyad dans cette guerre.

Ce mois, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports du Yémen pour augmenter la pression. Les Houthis ont immédiatement menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Le même jour, Riyad a levé le blocus.

 

Syrie/Irak

Le président Kurde, Barzani, a démissionné après avoir réussi avec succès le référendum sur l’indépendance.

La relation entre les Kurdes et Bagdad reste volatile. Depuis l’annonce de l’indépendance des Kurdes, Bagdad a récupéré la ville et les forages pétroliers de Kirkuk. Dans un nouveau changement de direction, les Kurdes ont proposé au gouvernement irakien de céder l’exploitation de tous leurs champs pétroliers contre une rémunération de 17% du budget de l’Etat. En réponse, Bagdad n’en propose que 12,6%. Les disputes, qui durent depuis des décennies, sont loin d’être terminées. Rendez-vous le mois prochain.

Lors de la chute de Raqqa, la coalition internationale emmenée par les USA et les Européens ont passé à un accord avec l’Etat Islamique afin de laisser s’évader plus de 300 combattants avec leurs armes. Les bus et camions ont été mis à disposition par la coalition.
Sont évoqués des jihadistes venus de France, Turquie, Yémen, Pakistan, Egypte, Chine, Tunisie, selon un reportage de la BBC.

BBC: L’accord secret entre les USA et l’Etat Islamique

 

Iran

La National Iranian South Oil Co qui produit le 80% du pétrole iranien annonce que sa production a augmenté de 1 million b/j cette année.

Le PDG du Russe Rosneft, M. Sechin, a annoncé la conclusion d’un plan d’investissement de 30 milliards $ pour développer des projets pétroliers et gaziers en Iran. La tactique de Vladimir Poutine, pour remplacer les USA comme acteur majeur au Moyen-Orient, sont facilités par l’administration Trump.

Alors que l’équipe Trump aiguise les sanctions contre Téhéran, Moscou en profite pour resserrer les liens. Si Washington devait persister, la Chine et la Russie pourraient être les grands bénéficiaires. Dans la même veine, Total a ouvert des bureaux à Washington pour mieux justifier, à l’Administration US, les bienfaits de sa présence et les milliards investis en Iran.

Gazprom annonce la construction d’un gazoduc entre l’Iran et l’Inde. Les entreprises russes, du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran vont construire ce gazoduc de plus de 1’200 km. La traversée du Pakistan pourrait offrir, à certains groupes rebelles, des idées de pression sur le gouvernement.

Les exportations du brut iranien en direction de la Chine, l’Inde, la Corée du Sud sont en hausse à 1,9 million b/j en octobre.  (+5,1%).

Investissements dans les majors pétrolières du fonds souverain norvégien
Source Bloomberg

 

Afrique

Nigeria

Le porte-parole des «Niger Delta Revolutionary Crusaders» ont demandé aux employés de Total, Chevron, BP, Agip et Mobil de ne pas rester dans les zones de production car le groupe pourrait reprendre ses attaques contre les pétroliers. En échange d’une certaine tranquillité, la milice demande de petites enveloppes.

Algérie

Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gisement gazier de Hassi Rmel afin de stabiliser la production. Le champ représente le 60% de la production nationale.

Phrases du mois

“Il y a une complaisance à penser que le pétrole de schiste va continuer à produire les quantités de volume que nous avons obtenues par le passé. Si le monde continue de croire que nous avons un surplus aussi loin que nous puissions voir, la réalité va nous éclater à la figure. Il sera difficile de s’en remettre.” Jim Brillant, portfolio manager, Century Management

Vehicles of the future will no longer be driven by humans because in 15 to 20 years — at the latest — human-driven vehicles will be legislated off the highways. The tipping point will come when 20 to 30 percent of vehicles are fully autonomous. Countries will look at the accident statistics and figure out that human drivers are causing 99.9 percent of the accidents.”  Bob Lutz

Si l’on voulait vraiment s’intéresser au CO2 et le réduire, l’on réduirait alors la taille et le poids des véhicules”. Vu l’avalanche de SUV sur le marché, ceci n’est pas près d’arriver.”

Sources: avec Tom Whipple de Aspo USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pour lire la revue complète. 2000Watts.org

Pétrole ou Renouvelable? Les majors ont choisi, pour l’instant…

Depuis 2014 et la chute des prix du baril, l’industrie pétrolière traverse une crise féroce avec d’innombrables mises en faillite, plus de 440’000 emplois perdus et quelques centaines de milliards $ passés à la trappe.

De l’autre côté de la table, les énergies renouvelables ont le vent en poupe d’autant que les considérations environnementales pointent le bout du nez.

On pourrait imaginer que les majors pétrolières se trouvent devant un dilemme cornélien. Faut-il investir dans le pétrole ou le renouvelable?


L’objectif des majors n’est pas d’extraire du pétrole mais de générer des dividendes.

La survie des majors repose sur leur capacité à générer des dividendes. Qu’importe le moyen. L’objectif est de pérenniser les investisseurs et d’en trouver de nouveaux. Aujourd’hui, une matière première continue de remplir cette condition: le pétrole.

Dans une optique à court terme, cette stratégie est gagnante. En effet, il manque presque 1’000 milliards $ d’investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière pour assurer que l’offre puisse suivre la demande à l’aube des années 2020.

De manière mécanique, nous devrions voir une forte augmentation des prix du baril dans les 2-3 années à venir.

Les vaches maigres débutées en 2014, ont enseigné aux pétroliers l’austérité et une gestion rigoureuse des coûts de production. Ils ont réussi à descendre leur ROI (retour sur investissement) du baril à 50$ alors qu’il atteignait 80-90$ en 2014. Si le pétrole repasse sur les 100$, on peut imaginer des profits stratosphériques.

C’est sur ce scénario que planchent les majors.

 

Faire perdurer le Mythe

Si la hausse à venir du baril est prévisible, c’est au-delà de 2023 que les interrogations se focalisent.

Les majors doivent également rassurer les investisseurs sur le moyen terme. Comme un seul homme, les CEO des différentes entreprises ont repris en cœur le refrain de l’abondance pétrolière à venir.

John Watson, CEO de Chevron, voit une augmentation de la demande pour les 20 années à venir et exclu tout «peak oil» de l’offre ou de la demande. Idem pour ExxonMobil.

L’Agence Internationale de l’Energie enfonce le clou et étend cette tendance jusqu’en 2040.

Seul Shell et son CEO, Ben van Beurden, raccourcit le délai du pic de la demande à 2027. Pour assurer ses arrières, il a acheté pour 54 milliards $ le gazier BG Group. Le gaz devrait reprendre la main dans les années à venir.

ExxonMobil a cassé sa tirelire pour acheter des gisements de pétrole de schiste pour 6,5 milliards $ dans le Bassin Permien aux Texas. Leurs dirigeants pensent qu’en 2040, l’industrie du transport sera propulsée à 90% par le pétrole.

Dans la boule de cristal de BP, 1,8 milliard de voitures circuleront d’ici à 2035 (un peu plus de 1 milliard actuellement) dont 75 millions de voitures électriques (4,1%).

Ce consensus fait plaisir à voir.

 

Les Gouvernements misent également sur le pétrole

Si les Gouvernements ont de la peine à imaginer l’Economie avec moins d’or noir, c’est que l’évolution du PIB est intimement corrélée à la consommation d’énergie.

La Chine en fait l’expérience. Pour garder le taux de croissance de son PIB à 6,5%, elle compense chaque kg de charbon économisé par du gaz.

Avec l’augmentation continue du niveau d’endettement, les Etats se sont inscris dans une hausse obligatoire de leur croissance afin de financer cette stratégie. Là aussi, le pétrole joue un rôle majeur. Mais paradoxalement, la remontée des prix du baril va faire rebondir l’inflation et les taux d’intérêts, qui à leur tour, freineront l’Economie.

Un vrai casse-tête.

 

Energies Renouvelables

Devant cette perspective alléchante, on peut comprendre que sur un total de 100 milliards $ d’investissements, les 5 majors pétrolières, Total, Shell, BP, Chevron et Exxon Mobil n’utilisent que 3 milliards $ pour développer leurs actifs dans les énergies renouvelables, selon l’agence pétrolière Wood Mackenzie.

Même si les voitures thermiques ne représentent que le 20% de la consommation mondiale de pétrole, une baisse de la demande pourrait dans le meilleur des cas, compenser la diminution de la production, ou pire pour les majors, faire retomber le prix du baril dans les eaux actuelles.

Cette vision pousse les pétroliers à timidement flirter avec les énergies vertes.

Annuellement, Shell dépense une enveloppe de 1 milliard $ pour les nouvelles énergies. De son côté Total budgétise 500 millions $. Ce chiffre est à mettre en relation avec le rachat de Maersk Oil pour 7,5 milliards $ pour du pétrole de la Mer du Nord.

Mais comme pour garder un pied dans un nouveau domaine, en Angleterre, Shell a commencé à vendre de l’électricité à ses clients.

 

Arrivons-nous à un tournant?

Si la doctrine de Trump propose la «Dominance Energétique Fossile» des USA sur le monde, les chinois parient sur la «Dominance Energétique des Energies Renouvelables».

Les pétroliers font actuellement le même pari que le Président Américain et les pays Européens. Comme la nature a horreur du vide, cette place ouvre une voix royale aux entreprises et aux investisseurs “durables” qui peuvent ainsi se développer sans la menace de cette concurrence.

Cependant, rien ne dit que les majors ne retournent pas rapidement leur veste. N’oublions pas que l’objectif d’une major pétrolière n’est pas d’extraire du pétrole, mais de produire des dividendes… avec où sans pétrole.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Russie: Vladimir Poutine prend sa place au Moyen-Orient
– Arabie Saoudite: Un méga projet à 500 milliards $
– Monde: Nouveaux records de CO2 et de Méthane
– USA: Le pétrole de schiste peine à convaincre les investisseurs
– Chine: La Dominance Mondiale des Energies Renouvelables
– Angleterre: A Hinkley Point, EDF évite la grève avec une hausse des salaires
– Voitures électriques: La Chine se positionne de plus en plus et achète du lithium


 

Bonnes nouvelles pour l’Arabie Saoudite et la Russie qui ont ressorti l’artillerie lourde avec leurs agences de communication. Le manque d’investissement va pousser les prix du baril à la forte hausse selon Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco. Bref, l’avis des traders a changé et le baril passe sur les 60$. La prouesse est à saluer. Cette hausse est à confirmer durant le mois à venir.
Pour l’instant le baril termine le mois à 60.90$ à Londres (57.41 septembre) et 54.15$ à New York (51.56 septembre).

L’uranium joue à 1-2-3… Soleil. Il n’a pas perdu car il n’a presque pas bougé. Il termine le mois à 20.15$ (20.50$ septembre).

 

Graphique du Mois


Evolution des forages actifs de schiste pétrole et gaz aux USA. Source Baker Hughes. Graphique FT.com

 

Monde

Ce mois, les maires de Paris, Londres, Barcelone, Quito, Vancouver, Mexico, Copenhague, Seattle, Le Cap, Los Angeles, Auckland, Curitiba et Milan se sont engagés à faire de leurs villes des zones à zéro émission. Des zones où tous les véhicules thermiques – essence comme diesel – seront interdits de circulation.

Selon Chris Watling CEO de Longview Economics, l’adoption des voitures électriques pourrait créer un peak oil de la demande d’ici à 2023-2025. Pour l’instant, la tendance est à l’augmentation de la demande et nous frisons les 100 millions barils/jour (b/j).

Après avoir sciemment avoir menti sur le niveau de pollution de leurs voitures, les constructeurs automobiles remettent le métier à l’ouvrage avec les voitures électriques. Ainsi, les promesses de 400 à 500 km d’autonomie se divisent souvent par deux! (voir l’étude de A bon Entendeur). Seul Tesla indique des chiffres qui frisent la réalité.

Le Club des Milliardaires a vu sa fortune atteindre les 6’000 milliards de dollars l’an dernier, +17% par rapport à 2015. Leur nombre de milliardaires asiatiques a grimpé d’un quart à 637, comparé aux 563 milliardaires américains. En Europe, ils sont 342. En France 8 milliardaires possèdent le 90% des médias et de la presse.

Selon Lancet Commission on Pollution and Health, la pollution est la plus grande cause de mortalité dans le monde. En 2015, 9 millions de décès ont été enregistrés soit une part de marché de 16%!

Dans le monde, les concentrations de CO2 ont augmenté à 403,3 parties par million (ppm), +3 unités par rapport à 2015.
Outre le CO2, le méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, a également atteint un record dans l’atmosphère, à 1’853 parties par milliard. Il est désormais à plus de 250% du niveau de la période préindustrielle. On retrouve notamment le méthane dans l’extraction du gaz “naturel” ainsi que le gaz de schiste.

OPEP

La prochaine réunion du cartel du pétrole aura lieu le 30 novembre. Un consensus semble avoir été trouvé pour maintenir les quotas actuels jusqu’à la fin 2018, mais certains pensent que la situation devrait se stabiliser dès mars 2018. Le cartel montre un bel optimisme dans la hausse prochaine des prix.

Si le manque d’investissements devrait pousser les prix à la hausse dès 2019-2020, les boules de cristal peinent toujours à trouver la tendance pour 2018. La demande mondiale a augmenté de 1,6 million b/j en 2017.

 

Possession d’armes par 100 habitants/pays

Chine

La Chine va utiliser le Yen ou l’or à la place du dollar américain pour effectuer ses achats en pétrole notamment avec la Russie. Le plus grand importateur de pétrole mondial met la pression sur le dollar.

Le Président Xi a été réélu pour 5 années supplémentaires. A l’opposé de son alter-égo américain, rusé comme un renard et excellent négociateur, le Président Xi a dû jouer des coudes pour se frayer une place dans le système.

Les années à venir devraient dévoiler le vainqueur entre la «dominance énergétique fossile» des USA et de la «dominance des Energies Renouvelables» de la Chine.

La Chine pourrait autoriser les constructeurs automobiles à créer de nouvelles usines sans devoir passer par un partenaire local. Le clin d’œil est donné à Tesla Motor.

Les importations pétrolières chinoises ont grimpé de 1 million b/j en septembre à plus de 9 millions b/j. L’EIA pense que Pékin comble l’assèchement de ses puits et complète sa réserve stratégique. Les bruits de couloirs rapportent que la Chine vise l’objectif d’atteindre 1 milliard de barils de réserve pour se protéger contre une éventuelle rupture des livraisons. Pékin s’alimente dans des zones risquées comme le Moyen-Orient et le vacillant Venezuela.

Les nouvelles inspections environnementales ont mené à la fermeture de plusieurs dizaines de milliers d’entreprises chimiques, cimentières et de plastiques. Ce choix souligne l’envie du Gouvernement de nettoyer l’air de certaines villes quitte à sacrifier certaines entreprises. Plus de 7’000 entreprises ont fermé, au moins temporairement, dans la province du Sichuan.

Taiyuan, la capitale de la province de Shanxi, a banni la vente, le transport et l’utilisation du charbon. La cité charbonnière va diminuer de 90% sa consommation.

Sinochem, le groupe chimique chinois, participe à l’offre d’achat du Chilien SQM pour un montant de 4 milliards $. Pourquoi autant d’argent sur la table? Sociedad Quimica y Menera de Chile (SQM) est l’un des plus grand producteur de lithium, source indispensable aux batteries des voitures électriques. Dans la course, l’on retrouve GSR Capital, Ningbo Shanshan et Tianqi Lithium, tous de Chine!

La vente intervient alors que les entreprises chinoises ratissent au niveau mondial le lithium qui propulsera les voitures du pays dans les années à venir.

Le fabriquant de voitures, Great Wall Motor, a signé un accord avec l’australien Pilbara Minerals pour la livraison de lithium pour les 5 prochaines années.

Les discussions sur l’impact du marché du pétrole, à cause du remplacement des voitures à pétrole/électriques, ne font que débuter. Les producteurs pétroliers craignent de devoir laisser leur pétrole dans le sous-sol et de perdre des pétrodollars.

Combattre la pollution et maintenir une croissance du PIB à 6,5% est le plus grand casse-tête du gouvernement. Les chinois continuent de fermer des centrales à charbon alors qu’ils arrivent à 77 GW d’électricité solaire et que le gaz remplace petit à petit le charbon.

 

Russie

L’année passée, la Russie a dépassé l’Arabie Saoudite pour les exportations de pétrole. Les Russes vont maintenant doubler les livraisons grâce au Kazakhstan.

Les chinois ont acquis 14% de la compagnie russe Rosneft pour 9 milliards $.

Le Roi Salman ben Abdelazizu Al Saoud s’est rendu à Moscou dans un rapprochement entre la Russie et de l’Arabie Saoudite.

Moscou recherche des financements saoudiens et Riyad s’intéresse au nucléaire, à l’armement et la production agricole de Vladimir Poutine. Le vide, laissé par l’administration Obama et Trump au Moyen-Orient, offre une fenêtre d’opportunité à Vladimir Poutine.

Moscou continue ses efforts et gagne de l’influence au Moyen-Orient via son industrie pétrolière. Rosneft a pris le contrôle du pipeline du Kurdistan Irakien pour 3,5 milliards $. Initialement, Rosneft avait prêté 1,2 milliards $ aux Kurdes pour construire ce pipeline avec un remboursement en pétrole. Avec la perte des gisements de Kirkuk, les kurdes sont dans une position économique moins favorable. Rosneft en a profité pour proposer 400 millions $ supplémentaires pour 5 gisements pétroliers dans la partie Irakienne kurde.

En Iran, Rosneft est en discussion pour livrer le pétrole iranien en Asie et pour contourner l’embargo américain.

La Russie a averti l’Ukraine de se tenir à distance respectable des installations pétrolières proches de la Crimée. Si l’Ukraine désire s’en emparer, les russes suggèrent l’intervention de son aviation.

Le premier Ministre Medvedev a signé 11 accords bilatéraux avec le Maroc dans les domaines de l’agriculture, militaire, culture, énergie et le nucléaire. Dans les années à venir, la Russie livrera du gaz liquide au Maroc via Gazprom.


Dessin Chappatte

USA

Le nouveau Directeur de l’Energie, Rick Perry, désire donner des subventions aux matières premières qui peuvent être stockées au moins pendant 90 jours avant de générer de l’électricité. Le brave homme a trouvé la dénomination sexy de «fuel-secure resources» «énergies sécurisées» alors que le reste du monde appelle cela: charbon et nucléaire. Cette entourloupette permettra à Washington de soutenir les industries du charbon et nucléaire actuellement à l’agonie. Les lobbies du pétrole et du gaz s’opposent fortement à cette proposition.

En Virginie, Facebook va construire un nouveau data center entièrement propulsé à l’énergie solaire. C’est l’américain Dominion Energy qui est chargé du projet. Aux USA, plus de 100 multinationales désirent utiliser 100% d’énergies renouvelables dont Walmart, Coca-Cola, Nestlé ou Ikea. Dans beaucoup de cas, il faut tempérer cette ardeur par des motivations de communication et de buzz.

General Motors sera le premier constructeur à tester une voiture autonome dans la ville de New York avec une Chevy Bolt électrique.

La demande pétrolière du pays a grimpé à 20,2 millions b/j en septembre (+2,4% par rapport à septembre 2016) selon l’American Petroleum Institute. La production indigène se monte à 9,5 millions b/j. (+11,3%).

De 2012 à 2016, 43 GW de capacités électriques au charbon ont été retirées. Des nouvelles unités de gaz pour 40 GW, 56 GW d’éolien et de solaire et 4,7 de centrales à charbon. Cinq centrales nucléaires ont fermé depuis 2013,  -5 GW.

Georges W. Bush a prononcé un discours dans lequel il balance sur Trump, bien qu’il ne l’ait pas nommé. Si même W pense que Trump est nul… alors qu’il avait lui-même déjà mis la barre très haute…

Le «Model 3» de Tesla devrait permettre au groupe de produire environ 500’000 véhicules en 2018 et 1 million à l’horizon 2020. Tesla n’a produit que 84’000 voitures en 2016.

Puerto Ricco a reçu l’aide du CEO de Tesla, Elon Musk. Un mois après le passage de l’ouragan Irma, une centrale solaire off grid a été réalisée pour les besoins d’un hôpital et d’une école.

Suite à la fusillade de Las Vegas, le Président Trump a utilisé à merveille la stratégie des 3 temps:
1) Reporter à plus tard
Ce n’est pas le moment de polémiquer sur cette tragédie. C’est le temps du recueillement et de la prière.
2) Renverser la situation
Ce n’est pas les armes qui tuent les gens, ce sont les méchants.  Peindre l’auteur de la fusillade comme un malade.
3) Proposer une solution logique

Les personnes gentilles doivent se protéger contre les méchants et les malades en achetant des armes.

On se souvient de la même approche le mois dernier par le Directeur de l’Environnement et l’Ouragan Harvey.
Ce n’est pas le temps de parler de réchauffement climatique… car ce n’est pas le changement climatique qui cause des dégâts, c’est l’eau! Il faut donc construire des digues plus hautes.

Dessin de l’excellent Chappatte

Arabie Saoudite

Les revenus pétroliers 2016 se sont élevés à 133 milliards $ en 2016 contre 301 en 2014.

Le prince héritier Mohammed bin Salmane d’Arabie saoudite a annoncé la création d’une zone de 26’500 km2 pour le développement économique sous le doux nom de NEOM. Les investissements projetés s’élèvent à plus de 500 milliards $. Le concept s’appuie sur l’énergie, l’eau, la biotechnologie, l’alimentation, le numérique, les médias et les divertissements. Il devrait permettre au Royaume de s’émanciper du pétrole. Le changement de paradoxe tient dans la volonté du Royaume à chercher des capitaux étrangers au lieu d’investir lui-même la totalité de la facture.

Le flou est en train d’envelopper l’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national. La vente de 5% d’actions pourrait rapporter en 100 et 200 milliards $. La Chine ou de riches investisseurs chinois pourraient s’emparer du lot. Cette option a l’avantage d’éviter à Saudi Aramco de se lister à la bourse de Londres ou de New York et de dévoiler des informations sensibles sur ses prétendues réserves.

L’Arabie Saoudite pourrait n’exporter que 7,2 millions b/j en novembre soit 650’000 b/j en-dessous de la demande de ses clients.

La vision Arabie Saoudite 2030: La méga ville NEOM

Europe

France

BNP Paribas renonce à financer des entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière notamment dans le schiste et les sables bitumineux. Cette stratégie supporte les efforts de la banque à participer à la transition énergétique.

Alors que les investisseurs ont perdu de grandes sommes dans le schiste, ce revirement ne pourra qu’améliorer les rendements des placements.

 

Suisse

Au 30 juin 2017, les actifs de la Banque Nationale Suisse dans le pétrole, charbon, uranium, gaz, sables bitumineux, pétrole et gaz de schiste en Amérique du Nord se montèrent à 4,917 milliards $ (+216% depuis 2015). La BNS s’implique fortement et supporte totalement la stratégie de Donald Trump dans les énergies fossiles alors que paradoxalement, la Suisse se veut exemplaire dans le climat.

Si l’on continue dans le chapitre de l’exemplarité de la Suisse dans le climat, on note des protestations qui ont visé le Crédit Suisse dans les villes de Lausanne, Berne, Zurich et Bâle. Elles dénonçaient «le financement de pipelines pétroliers» notamment en Amérique du Nord et demandaient «le respect des droits indigènes». En avril dernier, Greenpeace avait perturbé l’assemblée générale du Crédit Suisse avec des critiques contre le financement du Dakota Access Pipeline.

Le plus grand opérateur pétrolier offshore, Transocean Ltd, basé à Zoug pour des questions d’optimisation fiscale, a décidé d’apporter à la casse son Pathfinder, sa plus fameuse barge d’exploration pétrolière. Après 2 années d’inactivité et des coûts de stockage de 15’000$ par jour, la décision est tombée. La compagnie de services pétroliers va se défaire de 1,4 milliards $ d’actifs. 5 autres bateaux de ce type vont être retirés du catalogue de Transocean.

Ancien Fleuron: Le Deepwater Pathfinder.
Le bateau d’exploitation pétrolière en haute mer sera mis hors d’usage par Transocean

 

Hollande

Royal Dutch Shell a acheté l’une des plus grande entreprise mondiale active dans la recharge de voitures électriques : l’hollandais NewMotion.

Constituée en 2009, NewMotion possède plus de 30’000 points de recharges pour les privés et les entreprises en France, Angleterre, Pays-Bas et Allemagne.

 

Angleterre

EDF a évité la grève sur le site de la construction des 2 EPR à Hinkley Point. Les syndicats ont indiqué qu’ils avaient obtenu une augmentation de 36% par rapport au tarif minimal.

EDF a également annoncé que le projet avait déjà pris 15 mois de retard et seulement 2 milliards € d’augmentation par rapport au devis initial. Dans l’industrie nucléaire, 2 milliards, c’est encore dans la marge d’erreur.

 

Irlande

Pour les 15 prochaines années, Microsoft a acheté à General Electric la totalité des 37 MW de la production éolienne du la ferme Tullahennel dans le comté de Kerry. Microsoft utilise 600 MW d’énergies vertes à travers le monde.

 

Finlande

TVO, qui avait commandé la première centrale nucléaire EPR à Arva pour son site de Olkiluoto, annonce un nouveau retard dans sa mise en service. La production devrait débuter en mai 2019 au lieu de décembre 2018. Ce report permettra à Areva d’avoir pile poil 10 ans de retard dans la livraison. Si au départ, le réacteur devait coûter 3,2 milliards €, une réaction en chaîne a propulsé l’unité à plus de 10 milliards €.

TVO se plaint qu’EDF a envoyé ses meilleurs ingénieurs sur le chantier anglais de Hinkley Point en Angleterre ou l’Etat Français construit 2 centrales nucléaires EPR.

 

Allemagne

VW développe un bolide électrique qui participera à la Pike Peak International Hill Climb au Colorado USA en juin 2018. Le constructeur désire battre le record de cette course de côte. VW espère proposer 23 modèles électriques d’ici à 2025.

 

Norvège

Suite à l’espoir de trouver de grandes quantités de pétrole dans la Mer de Barrent, Statoil a effectué plusieurs forages exploratoires. Les résultats 2017 sont très décevants et sur les 37 forages seuls 2 ont donné un résultat positif.

Le nouveau gouvernement en place désire diminuer ou supprimer les exemptions de taxes pour l’achat des grandes voitures électriques comme la Tesla X.

Asie

Inde

Le Premier Ministre Narendra Modi désire que dès 2030 toutes les voitures vendues dans le pays fonctionnent à l’électricité. Il peut mesurer le chemin à parcourir. Selon l’IEA en 2016, la Chine a immatriculé 336’000 voitures électriques et l’Inde 450.

La croissance du PIB de l’Inde pourrait passer de 6,7% actuellement à 7,4% en 2018. Comme le PIB est intimement lié à la consommation d’énergie, l’Inde va devoir multiplier son approvisionnement énergétique dont le 50% est assuré par le pétrole et le gaz. L’Inde est active sur les marchés afin de sécuriser l’achat de pétrole notamment avec l’Iran.

 

Corée du Nord

Les livraisons de pétrole, de charbon et de matières premières stratégiques continuent discrètement en provenance de Russie et d’Afrique.

50’000 ouvriers nord-coréens travaillent en Russie mais leurs salaires sont perçus directement par Pyongyang.

Un deuxième accès à l’internet via le russe Rostelecom a été mis en service. Jusqu’ici, la Toile passait exclusivement par la Chine

Le Président Nord Coréen a réussi à faire impliquer personnellement le Président Trump dans la négociation. A chaque Tweet, la Corée du Nord voit ses actions monter. En coulisse, les négociations ont débuté à un prix maximal pour les USA.

 

Japon

Mitsubishi a annoncé sa première voiture électrique capable de charger et décharger le réseau électrique (vehicle to grid). La Mitsubishi Outlander PHEV sera capable de stocker l’énergie et d’en restituer une partie pour les besoins de la maison et cela sans diminuer les capacités et la durée de vie de la batterie. La Nissan Leaf est déjà capable de cette prouesse, qui va devenir un standard dans les années à venir.

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste USA

L’exploitation de pétrole et de gaz aux USA n’est toujours pas rentable. Ainsi pour le 3ème trimestre 2017, ExxonMobil annonce des pertes de 238 millions $ et Chevron de 26 millions $ pour leur production américaine. Exxon compte sur une augmentation de 20% de l’exploitation de schiste et de 40% dans le bassin Permien.

Après avoir utilisé de nouvelles techniques de forages pour permettre des percements plus long à l’horizontal, des puits à plusieurs têtes, augmenter la quantité de sable pour améliorer le fracking et licencié de nombreux employés, les producteurs semblent avoir épuisé toutes les solutions pour diminuer les coûts. La productivité stagne. De plus, comme les fruits les plus simples à cueillir ont été récoltés, l’avenir semble compliqué pour certaines entreprises.

L’utilisation d’une plus grande quantité de sable permet, dans un premier temps, d’extraire des quantités plus importantes de pétrole, mais cette technique assèche plus rapidement les puits.

Wall Street et les investisseurs dans le schiste américain font pression pour changer le business model des majors ainsi que les bonus des Directeurs. Actuellement basé sur la production, les investisseurs demandent que les bonus se basent sur les dividendes versés aux actionnaires!

En 2016, les compagnies d’exploration et de production pétrolières ont levé 34,3 milliards $ avec la vente de leurs actions. Pour les 9 premiers mois de l’année, seuls 5,7 milliards $ ont trouvé preneur selon Dealogic.

Depuis janvier 2009, 100 milliards $ ont été investis dans la production de schiste dans le Bakken. A la fin juillet 2017, il manquait encore 35 milliards $ pour couvrir les dettes.

 

Canada

Hydro-Quebec va construire une série de barrages hydrauliques dans le golfe du Saint-Laurent. Le projet de 5,2 milliards $ devrait alimenter en électricité 1 million de foyers.

 

Venezuela

Le producteur national de pétrole, PDVSA, manque cruellement de financement pour traiter et stocker le but ainsi que pour acheter les produits chimiques. Conséquence, le pétrole livré est de très mauvaise qualité avec de grandes quantités d’eau, de sels et de métaux. Dans l’incapacité de traiter ce brut, Phillips Oil a dû refuser la livraison de 8 tankers pour un montant de 200 millions $.

Le Fonds Monétaire International estime à 30 milliards $ les besoins du pays pour restructurer ses dettes.

 

Argentine

Pour 800 millions $, le transporteur TGS, propose la construction d’un gazoduc et pipeline pour acheminer le gaz de schiste de la Vaca Muerta proche de Mendoza. Actuellement ExxonMobil, BP, Wintershall, Total et Statoil ont annoncé des investissements dans ce gisement de schiste.

Publicité CNN : délicat clin d’oeil à Donald Trump

Moyen-Orient

Iran

Le président Trump a décidé de ne pas supporter l’accord Iranien sur le nucléaire. La patate chaude est maintenant dans les mains du Congrès.

A Téhéran, la ligne dure du Gouvernement utilise la décision de Trump pour freiner la modernisation du pays poussé par le Président Rouhani. Si le Congrès ne fait rien et si l’Iran durcit le ton, cela permettra de continuer ce feuilleton dans cette revue.

Tant que l’Iran ne recommence pas son programme nucléaire, il est peu probable que la Chine, la Russie, l’Europe et les autres pays, qui ne sont pas gênés par la politique iranienne, coopèrent avec Washington. On peut imaginer que les pays vont trouver des solutions pour court-circuiter les sanctions américaines. La production pétrolière du pays ne devrait pas subir le choc espéré par Trump.

Dans le même temps, l’Iran continue à promouvoir les investissements dans ses champs pétroliers et gaziers. Cette situation permet à la Russie et la Chine de conforter leurs relations d’affaires avec l’Iran.

 

Syrie – Irak

Bagdad a repris aux Kurdes les champs pétroliers de Kirkuk. Les Kurdes sont furieux contre les américains qui ont laissé faire alors que ces mêmes américains ont compté sur les Kurdes pour combattre l’Etat Islamique.

Les deux champs pétroliers de Kirkuk, d’une capacité de 275’000 b/j, sont toujours fermés. Il se pourrait que les Kurdes aient endommagés quelques installations avant de fuir.

Bagdad a demandé à BP de redévelopper les champs de Kirkuk et espère une production de 1 million b/j. Sur sa lancée Bagdad a menacé de poursuivre les Kurdes s’ils continuaient à exporter leur pétrole via les pipelines existants. L’entreprise russe Rosneft pourrait mettre tout le monde d’accord en exportant le pétrole des deux parties.

La prise de Kirkuk par Bagdad change la donne dans le nord de l’Irak. Les Kurdes rêvent de créer un pays indépendant et historiquement Kirkuk était peuplé par des kurdes avant que le Régime ne fasse venir des arabes et des turques. La perte de la ville diminue également la capacité financière des kurdes. Le temps dira si les capacités pétrolières pourront être rétablies.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Nigeria

Le gouvernement explore la possibilité de remettre en service de vieilles raffineries ou d’en construire de nouvelles. Le plus grand producteur pétrolier africain doit importer son essence par manque de capacité de raffinage. L’importation de carburants est une source importante de corruption.

 

Phrase du mois

«À la fin du mois d’octobre on passe à l’heure d’hiver pour faire des économies d’énergie et le 1er novembre, la mairie de ta ville installe des décorations lumineuses pour Noël que l’on peut voir depuis la lune.»  Anonyme

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

La BNS en phase avec le “tout Pétrole, Gaz et Charbon” de Donald Trump

Le président Trump a fait de l’utilisation des énergies fossiles le cœur de sa doctrine. L’objectif est ambitieux: exercer la «Dominance Energétique» américaine sur le reste du monde en produisant un maximum de gaz, de pétrole et de charbon pour stimuler son Economie.

Pour mettre son projet à exécution, le Président a besoin d’énormes ressources financières. Pour se faire, il s’est attaché les services de nombreux pétroliers et de banquiers de Goldman Sachs. Il peut également compter sur des alliés de poids qui adhèrent pleinement à cette stratégie comme… la Banque Nationale Suisse!

Les investisseurs? C’est justement ce qui fait cruellement défaut au projet Trump. En 2016, les compagnies pétrolières américaines avaient réussi à vendre pour 34,2 milliards $ d’actions. Durant les 9 premiers mois de cette année, le montant grimpe à peine 5,7 milliards $ selon l’agence américaine Dealogic.

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La BNS passe de 2,2 à presque 5 milliards $ d’investissements dans le fossile nord américain!

Dans ses coffres, la Banque Nationale Suisse détient un montant record qui frise les 5 milliards de dollars d’actions dans des entreprises pétrolières, de charbon, d’uranium, de sables bitumineux, de gaz et de pétrole de schiste, basées en Amérique du Nord!

Depuis l’arrivée de Donald Trump en janvier 2017, la Direction de la Banque a encore injecté plus de 400 millions $ pour acheter 10 milliards d’actions dans les entreprises recommandées par le Président Américain.

Les investissements d’énergies sales de la BNS avaient été dévoilés par votre serviteur en juin 2015. Le sujet avait également été soumis aux Assemblées Générales 2016 et 2017 de la Banque, sans qu’aucun Canton Suisse (tous actionnaires de la BNS) ne trouve matière à redire.

Si en décembre 2015, la BNS cumulait 2,270 milliards $ pour 50 milliards d’actions dans ces domaines d’activités, elle arrive, à fin juin 2017, à 90,17 milliards d’actions (+180%) pour un montant de 4,915 milliards $ (+216%).

Suite à la chute des prix du baril de pétrole, les pertes liées aux investissements de la BNS dépassent 1,5 milliards $. La Banque n’a jamais confirmé ou contesté les chiffres présentés.

Il est à relevé que dans sa directive d’investissements, la Banque Nationale Suisse indique ne pas vouloir “investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement”.

Thomas Jordan, Fritz Zurbrügg et Andréa Maechler, les trois membres de la direction générale de la BNS, ont touché au total 2,75 millions de francs de salaire en 2016.

 

Investissements de la BNS dans les entreprises américaines
Pétrole, Charbon, Uranium, Gaz aux USA

Montants en US$

Les barons de l’Electricité: une menace pour les citoyens

Lors de la dernière rencontre européenne des producteurs d’électricité tenue la semaine dernière, deux tendances fortes raisonnaient dans l’énorme Centre de Conférences d’Amsterdam: la digitalisation et le rapprochement avec les consommateurs.

Après des années, où les citoyens ont été pris en otage par les producteurs d’électricité, la possibilité de les voir retrouver la liberté grâce à la technologie est prise très au sérieux. La menace pèse sur les modèles d’affaires des Energéticiens.

Deux stratégies distinctes émergent: l’utilisation de la force ou l’apprivoisement avec agilité. L’une ou l’autre philosophie dépend des dirigeants. Mais l’arrivée de managers «brutaux» déboussole une industrie en profonde mutation.


Les Brutes. Profession: Nettoyeur

Cette tendance européenne s’observe également en Suisse. Un acteur attire particulièrement l’attention: les BKW (ex-Forces motrices bernoises).

Sous l’impulsion de sa Directrice, Suzanne Thoma, l’énergéticien s’est lancé dans une stratégie prédatrice en deux phases: La première consiste à casser les prix pour tuer la concurrence des petites PME. Une fois le terrain nettoyé, la position d’oligopole* permet l’augmentation des prix dans l’optique d’une maximalisation des profits.

Assise sur une montagne de bénéfices non distribués, de presque 3 milliards de francs et accumulés grâce aux citoyens, c’est le couteau entre les dents que la Directrice s’est lancée dans un nettoyage systématique du marché. Elle a d’abord soigneusement ciblé les bureaux d’ingénieurs et les électriciens en les éliminant, un à un. La méthode est simple: proposer ses services à des tarifs cassés.

A ce rythme, les PME locales ont été forcées à mettre la clé sous le paillasson ou de se faire racheter pour une bouchée de pain.

La dernière annonce date de cette semaine où les fribourgeois Raboud Energie (chauffage, ventilation, sanitaire), qui comptait 70 employés et Electricité Bugnard (installations électriques, photovoltaïques et paratonnerres) avec 40 employés ont annoncé leur capitulation.

Les meilleurs éléments rejoindront le navire amiral alors que les surnuméraires resteront sur le carreau. En deux ans et sans pratiquement créer d’emplois, le géant bernois a transvasé 2’000 unités pour arriver à un total de 6’000 collaborateurs avec un objectif fixé à 10’000.

Un esprit libéral pourrait se féliciter d’un pareil dynamisme et d’une mise en concurrence d’un secteur léthargique.
Cependant, in fine, l’impact et l’objectif d’un oligopole se résument par une hausse des prix pour les consommateurs.

 

Le Far West: l’Angleterre

L’exemple du marché libre anglais est riche d’enseignements. Sur le territoire, seules six entreprises se partagent le marché de l’électricité.

Les livres d’Economie plaideraient pour saine concurrence avec des tarifs qui tendent vers un optimum minimal. Il n’en est rien. La main invisible du marché est restée coincée au niveau du porte-monnaie.

Devant les hausses injustifiées et à répétition des tarifs, Theresa May a dû intervenir pour casser cette spirale et soutenir les ménages.

En effet, la marge moyenne de ces 6 acteurs atteint 39% et certains rétribuent leurs actionnaires à hauteur de 34,3% de leur chiffre d’affaires! Indécence.

Dans les territoires ainsi conquis et épurés, les BKW ont annoncé une baisse spectaculaire du rachat d’électricité aux propriétaires d’installations solaires en passant de 11 à 4 cts le kWh.

A Soleure, l’énergéticien AEK a été englouti par les BKW en 2016. Pour 2018, la hausse des prix de l’électricité, annoncée par AEK, détient le record Suisse.

 

Les Citoyens et Les Bons: Résister!

Le salut ne viendra certainement pas des politiques. Sur le modèle des assurances maladies, les élus les plus percutants privilégient le nid douillet d’un siège dans un conseil d’administration ou d’un mandat rémunéré sur un sujet quelconque.

Cependant, il reste encore des énergéticiens qui travaillent à la prospérité du tissu local et qui redistribuent la richesse dans leur région. Après une grave crise, les SIG (Services Industriels Genevois) ont su se relever et privilégier une nouvelle relation avec leurs clients mais également avec les entreprises locales, les villes et le Canton.

Dans ce bras de fer, les citoyens et les PME/PMI tiennent un rôle primordial: celui de résister!

Si le citoyen reste toujours captif pour l’achat de son électricité, il a le pouvoir de sélectionner les entreprises locales qui échappent encore à ces monstres. Les nouvelles constructions solaires, le stockage d’énergie, l’autoconsommation peuvent être donnés à des PME ou des Coopératives libres qui créent la véritable richesse et le tissu économique de la Suisse. Aussi petit qu’il soit, c’est ce grain de sable que redoutent les BKW et consorts.

Comme dans tout bon Western, à la fin c’est toujours le gentil qui gagne. Espérons que se soit également le cas dans ce nouveau Far West.

 

*Oligopole: un minimum de vendeurs face à une multitude d’acheteurs.

Si vous désirez reporter la reprise de votre entreprise par un géant de l’électricité, merci de me contacter.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Les femmes peuvent enfin conduire une voiture.
– Aviation: Les drones et les avions électriques autonomes arrivent!
– Allemagne: Le géant EON dans les mains finlandaises?
– USA: San Francisco et Oakland portent plainte contre les pétroliers.
– Irak: Assis sur leur pétrole, les kurdes votent pour l’indépendance du Kurdistan irakien.
– Angleterre: Le marché libre de l’électricité: Libre mais couteux.
– IEA: Les prix du baril de pétrole vont exploser.


Le pétrole a mangé des vitamines et décolle comme les fusées de Corée du Nord. Il grimpe à 57.41$ à Londres (50.86 août) et 51.56$ à New York (45.96 août).

L’uranium joue au Mikado. S’il bouge, il perd. Pris de panique, il termine le mois à 20.50$ (20.25$ août).

 

Le Graphique du mois

Projection des ventes de voitures Diesel/Electriques
Source: UBS   graphique Financial Times

Pétrole

L’IEA continue de s’effrayer du manque d’investissements dans l’exploration pétrolière et envisage une explosion des prix d’ici à 3 années. L’IEA juge nécessaire de trouver 21 millions de barils/jour (b/j) d’ici à 2025 pour uniquement compenser l’assèchement des puits actuellement en production. Actuellement l’industrie en a trouvé 5. La possibilité de voir la différence comblée par le schiste est considérée comme une fantaisie.

Selon l’IEA, la croissance de la demande de pétrole s’élève à 1,6 million b/j en 2017. A ce rythme, la surproduction actuelle va rapidement disparaître pour se transformer en pénurie.

 

Monde

La planète dénombre 7,5 milliards d’habitants. En 2050, elle en comptera pas 8, 9… mais 10 milliards!

Septembre 2017 a été le deuxième septembre le plus chaud sur la planète. Il aura vu une belle série d’ouragans dans le Pacifique et l’Atlantique avec des vents records à plus de 360 km/h.

Après le détachement de l’énorme plaque glacière “Larsen C” dans l’Antarctique, c’est au tour d’une deuxième méga plaque d’être sur le point de rejoindre la haute mer.

Dessin: Chappatte

 

Arabie Saoudite

Roulement de tambour ! Les femmes vont être autorisées à conduire une voiture. Parmi les raisons de ce changement: la réduction des subventions à la population suite à la baisse des revenus pétroliers.

Ainsi, les familles n’ont plus les moyens de s’attacher les services d’un chauffeur. Du coup, les maris (au travail) doivent aller chercher eux-mêmes leurs enfants à l’école. Cette évolution va leur permettre d’éviter cette “tâche ingrate”. Les emplois de 1,4 millions de chauffeurs personnels sont en jeu.

La mise en vente de l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco pourrait être reportée à 2019. D’ici là, le baril aura peut-être une chance de remonter et de pousser à la hausse les actions de Saudi Aramco. Le gouvernement espère obtenir entre 300 et 400 milliards $ pour la vente de 5% des actions.

Avec l’aide de son père, le Roi, et dans le but de réduire les contestations, le Prince bin Salman a commencé une purge au sein de l’élite. Entre 16 et 30 personnes, dont l’un des fils de l’ancien Roi, ont été arrêtées. Cette purge indique un tournant dans la manière de procéder en passant de l’arrosage financier à la menace physique. La stabilité du plus grand exportateur de pétrole mondial est à observer de très près.

Ryad songe à augmenter les prix du kérosène et de les aligner sur les prix internationaux. Le concept repose sur une hausse unique de 80%.

 

USA

La compagnie de taxi sans taxi, UBER, a perdu 3 milliards $ en 2016 et vient de changer de CEO. Son fondateur Travis Kalanick a été remplacé par Dara Khosrowshahi.

Après le passage de l’Ouragan Harvey au Texas et en Louisiane, 25% des capacités de raffinages américaines ont été mises à l’arrêt. Il aura fallu 2-3 semaines pour les remettre sur les rails.

La région, balayée par les ouragans, contient les 2/3 de la production pétrolière du pays ainsi que 9,7 millions barils/jour de raffinage qui représentent le 50% de la capacité du pays.

Cette dépendance à la météo est une épine dans le pied de la volonté de Washington d’assurer la résilience du système énergétique du pays. Le concept de “Dominance Energétique” de Donald Trump manque de carburant.

Un record: plus de 500’000 voitures et 100’000 maisons ont été victime des inondations selon Auto Zone: un record.

Malgré la hausse des coûts, Georgia Power désire terminer la construction de ses deux réacteurs nucléaires Westinghouse Ap1000 à Plant Vogtle. En Juin, le constructeur, Toshiba-Westinhouse, avait pris à sa charge 3,68 milliards $. Le coût total des deux réacteurs se monte à 19 milliards $ pour une mise en service dès novembre 2021.

Les villes de San Francisco et Oakland ont porté plainte contre Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil, BP et Shell pour leurs responsabilités dans le changement climatique et la montée des océans. La plainte demande aux majors pétrolières de créer un fond pour financer des infrastructures afin de se protéger de la montée des eaux.

Chevron annonce l’arrivée d’un nouveau CEO Michael Wirth qui travaille depuis 1982 au sein de l’entreprise.

Le CEO de la Banque JP Morgan, Jamie Dimon, a annoncé que le bitcoin est une «fraude» qui finirait par «imploser». (Il n’a par contre pas confirmé si les produits dérivés que son institution concocte sont également «une fraude et qu’ils finiraient pas imploser».)
Le boomerang est revenu une semaine plus tard quand le brave homme a dû expliquer pourquoi sa Banque, JP Morgan, est l’un des plus gros acheteur d’«Exchange Traded Notes*»  qui se base sur… le bitcoin.  (*ETN, un titre de créance répliquant la performance d’une matière première).

Banquier est un métier formidable.

Température moyenne Septembre 2017

Allemagne

Durant la présentation à la presse, le salon de l’automobile de Frankfort s’est mué en salon de la voiture électrique. Comme à son habitude, Angela Merkel a tourné sa veste. Elle s’est fait l’éloge de l’électricité alors qu’elle a toujours supporté l’industrie automobile allemande à pétrole. Dès les journalistes partis, les voitures diesels et à essence ont repris leurs places sur les stands. Opération de communication réussie.

Porsche, Audi, BMW et Mercedes-Benz (tous impliqués dans les scandales de moteurs truqués), ont annoncé leur prochaine participation à la Formule E, la version électrique de la Formule 1.

Au-delà du green washing, les constructeurs vont devoir revoir totalement leurs business modèles et surtout leurs marges afin de commercialiser au juste prix leurs voitures électriques.

Les constructeurs automobiles ont lancé une nouvelle campagne de communication en fustigeant les décisions des villes comme Londres, Paris, Stuttgart de bannir les voitures diesels. Le nouveau slogan: «ce n’est pas aux politiques de choisir la technologie gagnante de demain». Là, il faut penser à quelque chose de triste pour ne par hurler de rire.

Mercedes va investir 1 milliard $ à Tuscaloosa, Alabama, USA afin de réaliser ses futures voitures électriques. La marque Allemande établit ainsi des usines électriques en Europe, USA et Chine.

La start-up Lilium a levé 90 millions $ pour son avion électrique, à décollage vertical, capable de transporter jusqu’à 4 personnes à 300 km/h sur de petites distances.

Lilium avion électrique à décollage vertical

Chine

Les réserves de gaz de schiste ont diminué de 6% en 2016, selon le ministre des ressources. Les réserves se montent à 122 milliards m3 contre 130 en 2015. La Chine va avoir de la peine à répliquer le modèle américain.

Dès janvier, grâce à 2 nouveaux pipelines sibériens, les raffineries chinoises vont recevoir du brut russe supplémentaire.

Pékin planche sur l’arrêt des ventes de véhicules à pétrole d’ici à 2030. La Chine est le plus grand marché mondial avec 28 millions d’unités vendues en 2016 ce qui va radicalement transformer l’industrie. En 2016, 507’000 voitures électriques ont été vendues sur le territoire.

La construction de voitures électriques explose en Chine avec une croissance de +200% et un million d’unités produites. La Chine possède la moitié de la production mondiale de voitures électriques ainsi que la moitié des heureux propriétaires qui peuvent se recharger auprès des 180’000 stations de recharges.

Les producteurs de batteries, de moteurs et les autres fournisseurs de composants représentent le 70% du marché mondial.

Le pays est devenu le leader mondial de ce secteur et l’Europe est clairement à la ramasse. Pas étonnant que les experts questionnés dans les médias occidentaux n’ont pas encore vu arriver la vague asiatique et parient toujours sur le diesel.

En août, la croissance économique est passée à 6% au lieu des 6,6% prévus. Le frein pourrait venir la réduction de la capacité industrielle et des mesures contre la pollution.

 

Europe

Angleterre

Alors que le marché anglais de l’électricité est totalement libéralisé et sous l’emprise du «free market», il semble que la main invisible du marché se soit arrêtée quelque part au niveau du porte-monnaie. Les 6 grands acteurs, réunis dans un cartel non-officiel, perçoivent une marge moyenne de 39% et certains rétribuent leurs actionnaires jusqu’à 34,3% de leur chiffre d’affaires!

Le pays met en vente aux enchères la réalisation de nouvelles fermes d’éoliennes. Les prix devraient avoisiner les 6,5 ct € le kWh sur une durée de 15 ans. Lors de la dernière mise aux enchères de 2015, le tarif était de 12,8 ct. En comparaison, le projet de centrale nucléaire EPR d’Areva à Hinkley Point propose un prix de 12,5 ct € le kWh.

Le 48% des achats fait par le Gouvernement dans l’installation de nouvelles fermes d’éoliennes retournent à des entreprises du Royaume. D’ici à 2021, 16 milliards $ seront investis dans ce secteur.

Le Norvégien Statoil annonce la mise en service de 67 éoliennes, dans la ferme Dudgeon à proximité des côtes anglaises. D’ici à octobre, 410’000 ménages anglais pourront être alimentés.

 

Finlande

TVO, le producteur électricité finnois, a fait appel à Commission Européenne de l’aide financière apportée par le Gouvernement Français à Areva. Normalement, les entreprises s’opposent aux aides étatiques. Dans ce cas, TVO reproche à l’Etat français de ne pas assez subventionner Areva!

En effet, TVO a eu l’idée saugrenue de commander la première centrale nucléaire EPR au géant français. Avec tous les problèmes de construction, TVO demande 2,6 milliards € de dédommagement à Areva. L’entreprise finnoise s’inquiète de la capacité du français à payer cette sanction. Le jugement aura lieu avant la fin de l’année.

Le géant énergétique finlandais, Fortum, a lancé une offre publique d’achat sur le géant énergétique Allemand EON. Montant de l’offre: 8,1 milliards €.
Dans l’ombre de cette transaction, on retrouve la patte de la pieuvre Goldman Sachs qui conseille… Eon.

Bref, cette offre arrive une année après la division en deux entités: Uniper avec la production d’électricité fossile et EON avec des actifs propres en renouvelable. Le Groupe Finlandais pourrait revendre les unités de productions comme les centrales à charbon et à gaz qui ont été presque entièrement amorties dans le bilan d’EON et laisser les centrales nucléaires en rade.

La transaction est d’autant plus louche qu’il y a Goldman Sachs aux commandes. Historiquement, c’est toujours le contribuable qui passe à la caisse à la fin de l’histoire.

 

Danemark

Le constructeur d’éolienne Vestas et Tesla Motor désire unir leurs forces afin de créer une solution de stockage électrique basé sur les éoliennes.

 

France

L’Etat engage la cession de 4,1 % du capital de l’énergéticien Engie. Pour faire passer la pilule, Paris enrobe cette vente avec la traditionnelle formule 100 fois utilisées mais qui marche toujours: «afin d’alimenter un fonds de 10 milliards pour les investissements dans les technologies innovantes». LoL

Les dirigeants de l’entreprise EDF estiment difficile, voire impossible, que les futurs réacteurs nucléaires produisent des électrons à un coût plus faible que les nouvelles centrales éoliennes ou solaires. Il faut souligner le très beau travail d’introspection de la part d’EDF.

Total poursuit son développement dans les énergies renouvelables. En 2011, Total avait pris le contrôle du fabricant californien de panneaux solaires SunPower pour 1,6 milliard de dollars. Ce mois, Total a pris une participation de 23 % dans la société Eren Renewable Energy (EREN RE) à travers une augmentation de capital de 237,5 millions d’euros. Eren possède un portefeuille d’actifs dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique d’une capacité de 650 mégawatts (MW) en exploitation ou en construction dans le monde.

Après Alstom et la vente pour une bouchée de pain GE, la justice américaine a décidé de mettre Areva dans son collimateur. Sous la pression et la menace d’une forte amende, est-ce que les USA vont tenter d’offrir un nouveau fleuron français à General Electric?

Après l’achat d’Alstom, l’américain General Electric, GE, est maintenant en charge des turbines à vapeur des 58 réacteurs nucléaires sur le territoire français ainsi que dans toutes les centrales réalisées par les français à travers le monde.

Pour un montant de 1,9 milliard $, les 2 réacteurs EPR, livrés à l’Angleterre à Hinkley Point, seront équipés des turbines Arabelles développées à l’époque par Alsom et ensuite données à GE.

 

Ecosse

Le pays désire effectuer une transition des voitures à pétrole d’ici à 2032 soit 8 ans avant l’Angleterre. Nicola Sturgeon désire étendre les points de recharge de voitures électriques.

 

Suisse

La plus haute instance juridique Suisse, le Tribunal Fédéral, a demandé à la centrale nucléaire de Leibstadt et à l’autorité nucléaire suisse (ISN) de publier les chiffres des émanations radioactives de la centrale. Motif: ces données sont importantes pour les citoyens.

Un exercice d’évacuation et de sécurité a été mis sur pied à la centrale nucléaire de Muhleberg. Selon les organisateurs, les résultats ont été positifs. La région, qui compte plus de 500’000 habitants, a réalisé cette évacuation «grandeur nature» avec … 12 personnes! Nous voilà totalement rassuré.

Les prix de l’assurance maladie augmentent en moyenne de Frs 250.—/an par personne et de Frs 800.–/an pour une famille de 4 personnes. Depuis 2015 la hausse dépasse les Frs 1’500.—pour cette même famille!

Bien que les assureurs font tout leur possible pour arriver au niveau des arnaques de Bernard Madoff en personne, c’est le calme plat à part quelque tweet et messages dans les forums. Paradoxalement quand les prix de l’électricité augmentent de Frs 10.–/an/personne afin de financer les énergies renouvelables, les politiciens montent aux barricades et l’on parle de scandale et de pauvreté.

 

Russie

Le Chinois CEFC China Energy a acquis 14,1% des actions dans la compagnie pétrolière russe Rosneft à pour un montant de 9 milliards $. Les actions ont été achetées au Suisse Glencore et au Qatar Investment Authority. Moscou pivote vers Pékin alors que les américains réussissent leur pari de diminuer les livraisons énergétiques de la Russie vers l’Europe.

La Russie aurait baissé sa production à 10,9 millions b/j (-337’000) ce qui correspond à la demande de l’OPEP, même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Les Amériques

Schiste USA

Le pétrole de schiste atteint 6 millions b/j grâce notamment au Bassin Permien qui est passé de 300’000 b/j en 2011 à 2,6 millions aujourd’hui. Si l’on se fie aux expériences du Bakken ou d’Eagle Ford, où seuls les 10 à 15% des champs contiennent du pétrole, les mathématiques peinent à s’aligner sur les rêves de Trump.

Selon l’agence Wood Mackenzie, le Bassin Permien pourrait toucher le peak oil à 3,5 millions b/j, à moins d’une magie technologique.

Les forages de schiste nécessitent 7 barils d’eau pour extraire 1 baril de pétrole.

Les décharges du Colorado sont en train d’être envahies par les résidus radioactifs des forages de schiste. Les autorités ont pris conscience de ce phénomène et tentent d’interdire cette pratique. Les boues qui remontent des forages contiennent naturellement de l’uranium.

 

Venezuela

Le président Maduro a annoncé que les porteurs d’obligations du pays sont à 75% dans les mains américaines et canadiennes. Moscou, le plus grand débiteur du pays, a confirmé que Caracas a demandé la restructuration de sa dette.

 

Canada

La production pétrolière canadienne toussote et voit son plus grand nombre de factures impayées depuis les 12 derniers mois. Le pétrole canadien nécessite des prix du baril bien supérieur à 50$ pour être rentable.

 

Mexique

Le pays fait face à des catastrophes naturelles en série. Après les ouragans, deux tremblements de terre ont fortement secoué le pays.

Shell a ouvert sa première station d’essence dans le pays. La major va investir 1 milliard $ dans les 10 prochaines années.

 

Brésil

On le savait avant qu’il devienne président, mais l’information devient presque officielle: el presidente senior Temer est impliqué dans des programmes de corruption. Le scandale «Lava Jato» (lavage de voitures) se compose de deux anciens présidents, du président actuel, des deux responsables des deux chambres du congrès, 19 avocats et 30% des ministres du gouvernement de Temer.

De son côté le Président Temer tente de stabiliser l’économie du pays. Il propose de vendre les joyaux de la couronne dont la Loterie Nationale ainsi que la plus grande entreprise électrique du pays : Electrobras.

 

Argentine

Les habitants Mapuche dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza bloquent la construction de forages de schiste dans ce qui pourrait être le deuxième plus grand réservoir de schiste au monde.

Depuis le début de l’année, les habitants ont réussi à bloquer 14 forages dans la Loma de la Lata. Seulement deux puits sont en activité dans ce territoire grand comme la Belgique.

Dessin : Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le référendum sur la création d’un Etat Kurde a passé avec 92% de votes positifs au grand malheur d’Israël, de la Turquie, du gouvernement de Bagdad, de l’Iran et des USA.

Cette décision est d’autant plus importante que les Kurdes sont assis sur une montagne de pétrole. Une réserve de 45 milliards de barils et une production de 600’000 b/j pour être précis. A vue d’œil, cela ne devrait pas se passer comme sur des roulettes d’autant, que pour simplifier la chose, la Russie s’implique de plus en plus dans le pétrole kurde et que l’Iran a déjà bloqué tout transit de pétrole Kurde sur son territoire.

L’année dernière, Moscou a investi 4 milliards $ pour des projets gaziers et pétroliers. Ce mois, Rosneft a proposé 1 milliards $ pour un gazoduc qui relierait le Kurdistan avec la Turquie. Grâce aux kurdes, Moscou est en train de griller la politesse à Washington.

 

Iran

L’entreprise anglaise Quercus va construire l’une des plus grande ferme solaire au monde. Les 600 MW seront installés pour 500 millions €. D’ici à 2020, l’objectif iranien est d’injecter 5 GW de capacité solaire soit l’équivalent de 5 centrales nucléaires.

Après un discours incendiaire de Trump à l’ONU, le président iranien Rouhani a répondu: «En violant ses engagements internationaux, la nouvelle administration américaine détruit simplement sa crédibilité pour les négociations futures».

Le Président Trump se donne jusqu’au 15 octobre pour décider s’il maintient l’accord avec l’Iran ou s’il désire le renégocier. En parcourant ses Tweet, la probabilité n’est pas nulle que l’accord soit dénoncé. Cependant, la Russie, la Chine et certains pays Européens qui ont liés des liens économiques importants, ne devraient pas suivre les intentions de Washington.

 

Emirats Arabes Unis

Shangai Electric (Chine) et ACWA Power (UEA) ont remporté un marché de 3,9 milliards $ pour la construction d’une ferme solaire à concentration avec une tour de 250 m. de hauteur. Nouveau record du monde.

Dubaï va tester un drone taxi électrique et autonome, capable de transporter 2 personnes.

Drone Taxi Electrique par Volcoptère

 

Asie

Inde

L’Inde rejoint la liste des pays qui désirent terminer l’utilisation des voitures à essence. L’objectif est fixé à 2030.

 

Corée du Nord

Le prix de l’essence et du diesel ont fortement augmenté depuis les nouvelles sanctions notamment avec la réduction de 30% des livraisons de pétrole.

Kim Jong Un s’est spécialisé dans l’augmentation du nombre de tweets du compte @RealDonaldTrump.

L’homme semble être brillant et manipule l’opinion publique avec maestria. Le timing des missiles le montre. A défaut de maîtriser l’arme atomique, il maîtrise l’agenda de Trump.

 

Kazakhstan

Le gisement de Kashagan, le plus grand champ offshore et la plus grande découverte depuis 40 ans, trouve enfin son rythme de croisière. D’ici à la fin de l’année, il produira 370’000 barils/jour et 450’000 d’ici à 2019.

 

Japon

TEPCO, le propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a été condamné à indemniser certains anciens résidents qui ont dû fuir et abandonner leurs maisons. Dans ce cas, la cours du district de Chiba condamne TEPCO mais pas le gouvernement japonais.

En mars dernier, un premier jugement, dans un autre cas, avait condamné TEPCO et le Gouvernement.

Dessin: Chappatte

 

Afrique

Nigeria

Le bateau d’extraction et de stockage pétrolier Egina FPSO (Floating Production Storage and Offloading), en construction en Corée du Sud, devrait arriver courant 2018. Ce bateau construit Samsung Heavy Industries et commandé par Total permettra d’extraire 200’000 b/j supplémentaires. Le Nigeria a insisté pour que Samsung intègre un maximum d’entreprises nigériennes dans sa construction.

Le ministre du pétrole, M. Kachikwu souligne que la production du pays reste en-dessous de 1,8 million b/j. et respecte les quotas de l’OPEP. Il reste à vérifier si ce chiffre est vrai.

 

Libye

En août, la production pétrolière avait baissé de 990’000 b/j à 830’000 b/j suite à des fermetures de pipelines à cause des groupes armés comme la Reyayna Patrol Brigade.

 

Peak Energy – Peak Oil

Le norvégien DNV GL, expert dans le domaine de la gestion des risques, pense que la demande d’énergie va se stabiliser dès 2030 et ensuite va diminuer grâce à l’efficience énergétique. Pour le pétrole, le peak devrait arriver en 2022 sous la pression des voitures électriques.

 

Phrases du mois

«Comme il est stupéfiant de voir tous les constructeurs automobiles allemands, dirigés par des hommes qui sentent l’essence, se lever et embrasser la voiture électrique.» Max Warburton, analyste à Bernstein

“Artificial intelligence is the future not only of Russia but of all of mankind,” Putin said. “Whoever becomes the leader in this sphere will become the ruler of the world.” Elon Musk, Fondateur Tesla Motor

«Les USA se trompent au sujet de l’Abondance Energétique en général et le pétrole en particulier. Pourtant, ce n’est pas ce que nous entendons de la part des supporters de l’industrie et des médias. De leur part, nous entendons des promesses en or et des richesses à venir. Ces récits contiennent une part de vérité, une part de mythe mais beaucoup de fantaisie. Ces deux derniers, mythe et fantasme vont gravement impacter les investisseurs ainsi que les politiciens qui prennent des décisions d’investissements extrêmement médiocres. » Chris Martenson. www.peakprosperity.com

«Ce n’est pas le temps de parler de changements climatiques”. Scott Pruitt, Administrateur de l’Environmental Protection Agency Administrator avant l’arrivée de l’ouragan Irma en Floride. Le même jour, Fox News publiait sur la page d’accueil. Irma arrive. Où est Dieu ?

« Les coûts financiers pour reconstruire les Iles Vierges Brittaniques s’élèvent à 3-5 milliards $. Les coûts pour reconstruire Houston se chiffrent en milliards $. Si tout cet argent pouvait être investi dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien, au futur, nous n’aurions pas à souffrir de ces affreux événements. Cela serait bien mieux que devoir réparer les maisons détruites ». Richard Branson.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.