Sous l’impulsion d’Emmuel Macron, l’Europe pourrait classifier le gaz et le nucléaire comme “énergies propres”

Sous l’impulsion du président français, Emmanuel Macron, la Commission Européenne pourrait classifier le gaz naturel et le nucléaire dans le registre “des énergies propres” afin de donner accès à ces deux industries aux financements des investisseurs et des fonds européens du “Green Deal” prévu pour réduire l’impact climatique.

Les démarches ne s’appuient pas sur une considération climatique et scientifique, mais sur une tractation économique entre les pays. Ce processus suscite les craintes que Bruxelles ne se livre à un “blanchiment écologique” et à un désastre climatique.


Un enjeu financier important

Au cœur de ce tour de passe-passe se trouve la taxonomie des énergies propres débutée en 2019. Cette étiquette “d’énergies propres” permettra d’attribuer le feu vert pour les investisseurs et les fonds d’investissement dans cette catégorie. Au cours des années à venir, l’Europe planifie l’émission de plus de € 250 milliards de dettes sous forme d’obligations durables et la Banque Européenne soutiendra, de facto, les énergies désignées dans cette taxonomie.

On comprend l’empressement des lobbys pour inclure, par tous les moyens, leurs poulains.

 

La taxonomie devient un outil politique au lieu d’un outil scientifique

L’exercice a pour but de conseiller les institutions financières du monde entier afin de soutenir, ou pas, une installation énergétique sur une base climatique et scientifique.

Initialement, la proposition suggérait de déterminer les énergies “liquides” (pétrole et gaz) comme “propre” ce qui rejetait le charbon (énergie solide) dans la catégorie éliminatrice des vecteurs polluants. L’idée avait fait sourire plus d’un.

Début 2021, une proposition avait été rejetée par les pays européens car cette taxonomie n’incluait ni le gaz naturel ni le nucléaire. En effet, parmi les 27 pays membres de l’Europe, beaucoup veulent protéger leur droit d’utiliser le gaz ou le nucléaire pour remplacer le charbon dans leur stratégie de zéro émission. Ne pas figurer dans cette liste prive l’accès à des financements.

Le Financial Times révèle que le lobby du gaz est à deux doigts de réussir son coup. De plus, les deux parties : gaz et nucléaire pourraient se serrer les coudes pour faire passer la proposition*.

Cependant, certaines voix s’élèvent afin de révéler ce non-sens. Une décision devrait tomber cette semaine.

 

Coup de pouce au nucléaire français

On le comprend bien, pour certains pays, cette classification de taxonomie n’a pas l’objectif d’atteindre des diminutions de gaz à effet de serre mais à satisfaire leurs propres intérêts. Ainsi l’ambition d’Emmanuel Macron est de vendre et de financer les services d’EDF pour la construction des centrales nucléaires EPR dans les pays de l’Est.

Du côté des pays de l’Est, la sortie du charbon inquiète. L’accès au gaz russe et au nucléaire français pourraient rassurer les gouvernements. L’option du nucléaire, intimement corrélé aux possibilités de corruption qui règne dans l’industrie, est particulièrement vue d’un bon oeil.

De son côté, certains appels à utiliser les critères scientifiques afin de classifier les énergies propres. Avec ses importantes émissions de méthane, le gaz naturel est fortement décrié dans le contexte climatique.

 

Une impulsion mondiale

Le parlement Européen et les pays européens ont le pouvoir de bloquer cette taxonomie.

Si le tour de force d’Emmanuel Macron devait se concrétiser, le gaz naturel et le nucléaire pourraient également être inclus dans la taxonomie en Chine et aux USA. On saisit l’importance de la décision.

Une partie de la réponse devrait tomber cette semaine.

 

 

*Avec 6 autres présidents, Emmanuel Macron a demandé que la Commission Européenne inclue l’énergie nucléaire dans les énergies propres avec l’objectif d’utiliser les fonds financiers verts prévus par l’Europe. Les signataires sont : France (Emmanuel Macron), République Tchèque (Andrej Babiš), , Hongrie (Viktor Orban), Pologne (Mateusz Morawieck), Romanie (Florin Cîțu), Slovakie (Igor Matovič), et Slovenie (Janez Janša).

 

 

Fukushima : 10 années déjà

Il y a 10 ans, la centrale nucléaire de Fukushima Daichi fut terrassée par un tsunami. Le tremblement de terre coupa l’électricité et les générateurs noyés sous l’eau ne purent répondre à leur mission. Sans système informatique et sans électricité, les 3 réacteurs en service partirent dans un processus de désintégration et de fonte du combustible nucléaire. Les explosions causées par l’accumulation d’hydrogène devinrent le symbole de cette catastrophe nucléaire.

Depuis, Tepco, le propriétaire de la centrale et le gouvernement japonais se débattent avec cette bête qui se meurt à petit feu mais qui ne rend pas les armes. Initialement, 40 années étaient prévues pour décommissionner les 3 réacteurs. Aujourd’hui, 50 à 60 années semblent plus réaliste selon la Japan Atomic Energy Commission.


 

Après la catastrophe, les coûts avaient été estimés à $ 101 milliards $. En 2021, elles dépassent les 200 milliards $.

 

Le casse-tête du combustible nucléaire fondu

En décembre dernier, Tepco a déclaré que les travaux visant à retirer le combustible nucléaire fondu des trois réacteurs seraient retardés et reportés en 2022, voir après. Le corium émet encore des niveaux de radiations extrêmes qui empêchent toujours des robots de s’en approcher.

Ainsi entre 800 et 900 tonnes de combustibles se trouvent dans les sous-sols des réacteurs 1, 2  et 3, et au total, 7,6 millions de tonnes de déchets radioactifs devront être retirés et traités.

Certains pensent qu’il sera impossible de retirer ce combustible alors qu’il doit être systématiquement refroidi avec de l’eau. En décembre dernier, la Nuclear Regulation Authority a relevé des niveaux de 10 sieverts/heure proche des réacteurs 2 et 3 soit une dose mortelle après une heure. Ces radiations ne facilite pas la tâche pour décommissionner les réacteurs.

Un sarcophage du style de Tchernobyl est évoqué, même si l’eau utilisée continue de fuiter dans le Pacifique.

 

1 million de tonnes d’eau contaminée

Pour refroidir les 3 réacteurs, Tepco utilise des tonnes d’eau. Comme il n’est pas possible de la traiter et de retirer les composants radioactives, elle s’entasse dans des centaines de réservoirs.

Le gouvernement avait prévu de vidanger cette eau et de la diluer dans le Pacifique après les Jeux Olympiques de 2020. Mais les protestations internationales, dont celle de la Corée du Sud, ont remis cette stratégie sur la table. Cependant pour des raisons de coûts et de manque de la place, une solution devra être trouvée bien que le Pacifique semble la seule option financièrement possible.

 

Photo: asahi.com
Des centaines de réservoirs, qui contiennent de l’eau radioactive,
s’entassent dans la centrale de Fukushima

 

La population ne revient pas

20 millions de m2 de terres contaminées ont été retirées afin de décontaminer les villes autours de la centrale avec l’objectif de repeupler la région. Mais même avec cette entreprise gigantesque, les sols n’arrivent pas à se débarrasser de ces niveaux de radiation.

Sur les 36’000 personnes évacuées, seules 22% sont revenues. Principalement des personnes âgées qui sont revenues dans leur maison. Les familles et les enfants ne sont pas du voyage. Lire la touchante histoire Naoto Matsumara, Le dernier homme de Fukushima. L’homme césium resté pour s’occuper des annimaux abandonnés.  J’avais eu le privilège de le rencontrer lors de sa visite à Lausanne en 2014.

 

Un décompte des morts très difficile

L’organisation Mondiale de la Santé, entité qui dépend directement de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, n’a pas dénombré de victimes des radiations nucléaires à Fukushima.

Cependant, 200 liquidateurs, qui ont travaillé sur le site après la catastrophe, sont morts de “mauvaises grippes”. En 2015, le gouvernement japonais a finalement reconnu la mort d’un employé et en septembre 2018, d’un autre liquidateur de 50 ans, décédé d’un cancer des poumons.

A ce jour, 202 enfants ont développé un cancer de la thyroïde, phénomène connu suite à une exposition à des radiations. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé rechigne à relier leurs cancers et l’accident nucléaire.

Ils étaient 103 en 2014 et 57 avaient été opérés. Lire Fukushima : 103 enfants atteints d’un cancer (25 août 2014)

 

 

Retrouver l’historique, jour par jour de la catastrophe de Fukushima

 

Du premier jours au 31 mars 2011 : le journal presque heure par heure de la catastrophe (11 mars au 31 mars 2011)

Le mois d’Avril 2011  (le journal jour par jour du mois d’avril 2011)

Tout le dossier complet de Fukushima (tous les articles depuis le début de la catastrophe)

 

 

Berlin paie € 2,8 milliards pour sortir du Nucléaire

Pour la fermeture définitive des centrales nucléaires sur son sol, le gouvernement allemand va indemniser avec un chèque de € 2,8 milliards les propriétaires EnBW, Eon, RWE et Vattenfall.

En 2016, la cour constitutionnelle avait statué que la décision de Berlin de sortir du nucléaire était légal. Il ne restait qu’à trouver une compensation financière assez élevée pour satisfaire les actionnaires des quatre compagnies.


 

Ainsi Vattenfall recevra € 1,43 milliard, 880 millions pour RWE, 80 millions pour EnBW et 42,5 millions pour Eon. Les aides financières pour RWE et Vattenfall servent à compenser l’électricité qui ne pourra plus être produite. Pour EnBW et Eon, la compensation couvrira les frais engagés en 2010 pour étendre la durée de vie des centrales.

La fermeture des 17 centrales Allemandes d’ici à 2022 avait été actée après la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Ce montant met un terme aux disputes engagées par les propriétaires de centrales. De son côté, Vattenfall avait trainé le gouvernement Allemand devant le Centre de dispute (International Centre for Settlement of Investment Disputes) basé à Washington, USA pour un montant de € 5 milliards.

 

Et pour le Charbon

D’ici à 2040, l’Allemagne va également sortir du charbon et les défraiements prévus pour les propriétaires de centrales se montent à € 38 milliards.

Ces montants intéressent les fonds d’investissements étrangers, qui voient une opportunité d’acheter ces centrales afin de bénéficier des retombées financières prévues pour les fermetures.

 

 

 

Energies : Tendances et Surprises à observer en 2021

Alors que nous sommes englués dans la pandémie de Corona, il est bien difficile d’imaginer ce qui va se passer durant 2021.

Au lieu de prédictions dérisoires, quelles sont les tendances à observer et les surprises qui pourraient émerger au niveau des énergies : pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables et le climat?


Pétrole

Tendances

Au fur et à mesure que le coronavirus diminuera, la demande augmentera et pourrait passer de 90 à 96 millions de barils par jour. Les producteurs sont prêts à bondir sur leurs derricks pour ouvrir les vannes.

Les différents stimuli économiques aux USA, Asie et en Europe devraient faire remonter les cours du baril pour autant que la pandémie régresse.

Alors que la date du peak oil s’approche (soit de la demande ou de l’offre, c’est selon), l’avis général est qu’il n’est pas d’actualité pour cette année. Il devrait pointer le bout de son nez d’ici à la fin de la décennie et dès 2027 pour certains pétroliers.

La lame de fonds de la voiture électrique, dont la profondeur exclue un retour aux moteurs thermiques, devrait commencer à peser sur la demande pétrolière.

Les voyages de loisirs en avion devraient grimper alors que cette tendance pourrait encore attendre 2022 pour les voyages d’affaires.

L’OPEP n’aura plus à se soucier des tweets menaçants de Trump pour faire baisser les cours du baril.

 

Surprises

Du côté de l’OPEP, les quotas devraient perdurer durant 2021, même si de plus en plus de pays producteurs désirent extraire le maximum de pétrole, qui se trouve sous leurs pieds, sous peine de devoir le laisser là, et manquer des rentrées financières. En Arabie Saoudite, certains se demandent pourquoi le royaume devrait continuer à se sacrifier afin que les autres pays puissent encaisser des pétrodollars à leur place.

L’objectif des producteurs est de faire grimper les cours le plus haut possible pour équilibrer leurs budgets. Juste assez haut, mais pas assez pour détruire la reprise économique, telle est l’équation.

Dans quel état réel se trouve le schiste américain? Pourra-t-il rebondir? C’est la grande question de l’année.

 

 

Gaz naturel

Tendances

La Russie avance dans son tissage d’autoroutes du gaz en direction de l’Europe et de la Chine.

La construction du gazoduc Nord Stream 2, qui double les livraisons de gaz Russe à l’Allemagne, devrait se terminer. Les premiers m3 de gaz devraient couler durant l’année et ajouter 125 milliards kg CO2 dans la balance de l’Allemagne.

Au Sud de l’Europe, un nouveau gazoduc de 10 milliards m3 transite depuis l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie.

La Turquie, Israël, Chypre et la Grèce devraient continuer à s’écharper sur le partage du gisement gazier du Léviathan en Méditerranée. On peut faire confiance au président Turc pour venir chatouiller les protagonistes et l’Europe.

 

Surprises

Promue par l’industrie gazière en tant “qu’énergie de transition“, le gaz naturel pourrait faire face à une remise en question au niveau mondial.

De nouveaux satellites ont été mis en service pour mesurer les émanations de méthane dans les gisements de gaz. Les résultats ne sont vraiment pas bons d’autant que le méthane, gaz à effet de serre, est 28 fois plus virulent que le CO2. De plus en plus de villes et de régions bannissent l’utilisation du gaz dans les bâtiments pour le chauffage et la cuisine.

Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide, au niveau mondial, ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

 

Nucléaire

Tendances

Les yeux vont se tourner vers Joe Biden. Il détient une clé pour la Corée du Nord ainsi que pour la remise en route de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Si cet accord devait être remis sur la table, l’Iran pourrait arrêter l’enrichissement de son uranium à but militaire et revenir dans les limites prévues. En échange, Téhéran pourrait à nouveau exporter librement son gaz et son pétrole pour alimenter son budget. Dans le cas contraire, l’ambiance sera chaude. Dans l’autre cas, c’est l’Arabie Saoudite et Israël qui grinceront des dents car si le budget iranien augmente, le niveau de testostérone, dans la région, devrait monter de manière proportionnelle.

Comme à son habitude, la Corée du Nord et Kim Jong-un devrait nous surprendre.

Les eaux radioactives de la centrale de Fukushima sont déversées dans le Pacifique faute de place et de budgets. Quel sera l’impact sur les populations dans les mois à venir?

 

Surprises

Le “soleil artificiel” mit en service par la Chine va attirer les regards et les attentes. Un premier réacteur de fusion nucléaire a été mis en service en décembre. Les résultats sont attendus avec impatience.

 

 

Charbon

Tendances

L’Inde et la Chine dévorent le charbon. Corolaire à cette boulimie, le prix du charbon thermique a pris plus de 60% pour atteindre les 80 à 100$ selon la qualité.

La demande sera donc soutenue en 2021.

 

Surprise

Comment va répondre l’industrie du charbon face aux différentes régulations et taxations du CO2 ?

 

 

Renouvelables

Tendances

Au niveau mondial, l’énergie solaire est devenue la source d’électricité la meilleure marché. L’éolien a le vent dans le dos et de nombreux pays s’équipent. Le charbon et le gaz ne sont financièrement plus dans le coup, même s’ils restent essentiels dans la stabilisation du réseau.

Au niveau des citoyens, le partage de la production solaire entre voisins génère de l’électricité hyper locale. Cette tendance devrait progresser.

Les solutions de stockages sont financièrement de plus en plus rentables et certains pays exportent leurs électricités vertes sur des centaines / milliers de kilomètres comme Australie-Indonésie ou Allemagne-Norvège-Angleterre.  La Chine planifie l’exportation de son électricité en Europe.

Et si vous pourriez acheter votre électricité sur le modèle d’un abonnement de smartphone? Vous payez un forfait fixe par mois, qu’importe la quantité. Les plus gourmands auront droit à une option “illimitée” plus dispendieuse.

 

Surprise

Si vous pensez que l’idée précédente était incongrue, Tesla pourrait jouer le rôle de grain de poivre dans votre assiette.

Ainsi le constructeur automobile américain s’est implanté en Allemagne et en Angleterre afin de tester la communauté de partage d’électricité entre propriétaires de Tesla. Si vous avez des panneaux solaires et une Tesla, vous allez pouvoir recharger votre compte en banque électrique Tesla et l’utiliser soit pour recharger votre voiture soit pour vendre votre électricité partout en Europe. A travers le continent, les producteurs d’électricité tentent de réagir à ce changement de business modèle.

 

 

Financement des Energies

Tendances

Christine Lagarde, Directrice de la Banque Centrale Européenne, pourrait décider d’arrêter les investissements dans les obligations des grands pollueurs et les énergies fossiles. La Banque Centrale Européenne détient pour €248 milliards d’obligations d’entreprises gazières, pétrolières et charbonnières.

Si 2019 et 2020 ont lancé les prémices d’une mobilité électrique avec un Tesla en fer de lance, l’année 2021 devrait continuer sur cette tendance et voir arriver de nouveaux acteurs comme Nio. Tous deux ont crevé l’écran à la bourse.

Si les actions des entreprises actives dans l’hydrogène ont commencé à prendre l’ascenseur durant ces derniers mois, avec l’arrivée de Joe Biden et le soutient financier de la Chine pour ses champions, l’industrie pourrait être la surprise de l’année ou de la décennie.

 

Surprise

Après avoir perdu plus de 1 milliard $ dans les actions des deux fleurons américains du pétrole/gaz ExxonMobil et Chevron, la position de la Banque Nationale Suisse devient de plus en plus intenable.

Dans le cas où la Banque Centrale Européenne active son plan de désinvestissement dans les énergies fossiles, la doctrine du financement des grands pollueurs du Conseil Fédéral, des Cantons et de la BNS pourrait s’effriter.

 

 

Climat

Tendances

Après une accalmie en 2020, les émissions de CO2 et de méthane devraient remonter à des niveaux d’avant la pandémie.

L’année 2020 est l’une des 3 années les plus chaudes, qu’en sera-t-il en 2021 ?

Alors que de nombreux pays ont communiqué leurs ambitions de diminution d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, pour l’instant il s’agit essentiellement d’effets d’annonces. 2021 pourrait apporter des pistes et des propositions.

 

Surprises

Un retour des USA dans l’accord de Paris?  Même si actuellement ce document ressemble à un outil de communication, un dialogue entre la Chine, l’Europe et les USA pourrait émerger.

En novembre, la nouvelle COP26 à Glasgow pourrait accoucher sur d’autre chose que le traditionnel bide.

 

Finalement

A la sortie de la pandémie, au niveau des énergies, l’année 2021 sera-t-elle une année de transition ou de continuation?

Il est trop tôt pour le dire, mais il est fascinant de voir l’accélération des changements dans une industrie qui n’a été qu’un long fleuve tranquille durant plus de 100 ans.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Climat: 2020 très chaud, mais moins que les années à venir
– Danemark: Le pays va stopper ses extractions pétrolières et gazières
– Chine: Pékin met en service l’un de ses trois “Soleil Artificiel”
– Angleterre: Une première-station “d’essence” 100% électrique pour véhicules électriques
– Venezuela: Drôle tour de passe-passe Russe pour contourner l’embargo américain
– Pékin va financer l’Irak. La dette est plus efficace que la force pour maîtriser un pays
– Inde: 250 millions de citoyens contre les multinationales.


Avant de débuter cette revue, tous mes Voeux pour 2021!

Durant cette année de corona, les visites ont été démultipliées et vous avez été plus de 500’000 à lire les revues mensuelles. Deux points importants: pas facile de faire plus court et il y a toujours ces satanées coquilles (c’est un peu comme les oeufs de Pâques en chocolat, si vous en trouvez: bon appétit!)

Vous êtes bien installés? Ca commence….

Quelle année pour le pétrole! L’or noir en aura vu de toutes les couleurs et pour la première fois d’atteindre un prix négatif à -37$ pour un baril. Est-ce un tournant historique?  L’année 2021 nous dévoilera des indices supplémentaires. Le baril termine à 51,80$ ($56.77 début janvier 2020) à Londres et $48.42 ($51.72) début janvier 2020).

 

 Graphique du mois
Le prix du baril de pétrole durant cette année 2020

Regard sur 2020 et le possible 2021

Dans les énergies fossiles, l’histoire indiquera si 2020 fut un tournant, un point de départ ou une continuation. L’architecture industrielle et financière pétrolière a été sérieusement endommagée. Repartira-t-elle en 2021 et si oui, où?

De plus en plus d’acteurs penchent pour un peak oil entre 2025 et 2028. Le désaccord porte essentiellement sur l’année.

En ce début 2021, l’accès à certains loisirs ou voyages ne pourrait plus être accessible à celui qui n’aura pas un papier qui le déclare vacciné ou innocent.

L’OPEP, le cartel du pétrole, a baissé ses prévisions de consommation mais a paradoxalement décidé d’injecter plus de pétrole sur les marchés car de nombreux pays producteurs se trouvent financièrement dans une belle panade.

L’Agence Internationale de l’Energie pense qu’il va falloir plus de temps que prévu pour que la demande de pétrole retrouve les niveaux de 2019.

 

Climat

Alors que la Nina a refroidi la planète, la température calculée pour 2020 est supérieure de 1,2° C par rapport à la moyenne et bien supérieure à la période préindustrielle. C’est parmi les 3 années les plus chaudes, mais moins que celles à venir.

Cette hausse nous ramène à l’accord de Paris. Il y a 5 ans, cet outil de communication annonçait des mesures pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés. Nous y sommes bientôt. Du coup, il va bien falloir annoncer un nouvel objectif. Avec +10 degrés, les gouvernements devraient avoir la paix pour un moment, non ?

L’année 2020 avait débuté sur les chapeaux de roue avec des incendies monstrueux en Australie. Elle se termine dans l’Atlantique avec un nombre record de tornades et autres cyclones après un détour en Californie avec des incendies géants et de solides typhons en Asie. 2021 et les années suivantes devraient être pire.

Global Carbon Project estime nos émissions de CO2 à 37 milliards de tonnes de CO2 en 2020 contre 40,1 en 2019. La quasi-totalité provient de l’utilisation des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon.

La Chine a annoncé un plan pour réduire son “intensité carbone”  de 60% d’ici à 2030. Cependant, Pékin annonce ne pas dévoiler ses plans avant que les USA ne fassent un pas.  En y regardant de plus près, “l’intensité carbone” est le ration entre l’activité économique et les émissions de CO2. Rien à voir avec une diminution des émissions. Il flotte dans l’air comme une légère impression de “on n’est pas prêt d’y arriver.”

Pour faire face au bouleversement climatique, la société a intérêt à se rapprocher au lieu de se diviser (Lire: Seules les femmes peuvent répondre au réchauffement climatique ?).

 

 

Solaire

C’est en augmentant l’efficacité des panneaux solaires, qu’il est possible d’augmenter la production d’électricité d’un panneau. Une nouvelle version avec du pérovskite/silicone fait grimper le rendement de 17% à 29,15%.

En diminuant de 89% en 10 ans, l’électricité solaire est devenue la source d’électricité la plus abordable.

 

Charbon

Les prix du charbon à usage thermique ont pris l’ascenseur, +40% à 80$ la tonne en Australie et +65% à $100 en Afrique du Sud. La forte demande, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud, en est la cause.

La Chine ratisse le charbon en Russie, en Indonésie et en Afrique du Sud pour éviter de l’acheter à l’Australie. Depuis que Canberra a demandé des comptes à Pékin sur le Coronavirus, les chinois ont lancé une pression impressionnante sur l’Australie à base de cyberattaques massives et l’arrêt de l’achat de produits comme le charbon.

 

Finance

Il y a 10 ans, NextEra, Iberdrola ou Enel étaient des entreprises inconnues qui avaient misé sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, NextEra a dépassé la capitalisation d’ExxonMobil et de BP. Les résultats financiers les places comme les nouvelles Majors d’énergies vertes.

De l’autre côté de la force, les institutions financières traditionnelles continuent d’injecter des milliards $ dans les énergies fossiles, industrie qui saigne son argent. Depuis 2016, 1’600 milliards $ ont été déversés dans les projets de gaz, pétrole et de charbon alors que des centaines de milliards $ ont été perdus.

 

Hydrogène

L’hydrogène est en passe de devenir une source énergétique commerciale et de trading comme le pétrole et le gaz. Bank of America pense que l’industrie pourrait atteindre un marché de 11’000 milliards $. A cette hauteur, l’hydrogène remplacera le pétrole comme carburant. La Commission Européenne a élaboré une stratégie hydrogène pour toutes ses industries d’ici à 2050.

L’espagnol Iberdrola, Orsted du Danmark et l’italien Snam se sont réunis pour développer 25 GW d’hydrogène vert pour un tarif de 2$ par kg d’ici à 2026.

Le pétrolier Equinor et l’énergéticien allemand RWE ont rejoint le projet NortH2 afin de produire 4GW d’hydrogène à base d’éoliennes d’ici à 2030 et 10 GW d’ici à 2040.

Si vous avez investi dans les actions d’entreprises à hydrogène, votre année a été financièrement très prolixe notamment si vous avez misé sur Nel ASA, SFC Energy, Plug Power, Bloom Energy ou Ballard Power Systems. Dans certains cas, c’est plus fort que Tesla !

Les fabricants de camions, DAF, Daimler, Iveco, Volvo, Man, Scania et Ford vont plancher sur la construction de camions à hydrogène afin de bannir le diesel d’ici à 2040. De son côté Hyundai est en train d’introduire en Suisse une flotte de camions à hydrogène pour tester le marché Européen.

 

Gaz

Le gaz liquide est en train de remplacer le pétrole lourd pour le transport maritime, industrie qui doit réduire ses émissions de soufre.

La production de gaz naturel liquide implique l’émissions de grandes quantités de gaz à effet de serre. Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

Véhicules électriques

Dans les 2 ans, les coûts d’une batterie devrait passer sous les $100 le kWh. Les prix ont chuté de 90% entre 2010-2019 avec un prix moyen de $137/kWh selon le BloombergNEF contre 1’200$ en 2010.

Il ne va falloir que quelques années avant que les voitures électriques soient moins dispendieuses que les voitures thermiques.

Dessin: Hedgeye

 

Dans le top du hit parade du mois

Danemark

Une première dans le hit parade pour ce pays. Mais contrairement à pas mal de contrées (comme la Suisse ou la France), il met en pratique ce qu’il dit au niveau énergétique et climatique.

Ainsi, le gouvernement a décidé de cesser l’exploitation pétrolière et gazière dans la Mer du Nord. Le Danemark porte ses ambitions d’une diminution de 70% de ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Avec 103’000 b/j de pétrole et 3,2 milliards m3 de gaz, le Danemark est le plus grand producteur pétrolier de l’Union Européenne. En plus, Copenhague va également investir 1,6 milliards € dans les initiatives climatiques.

Le plus grand fabricant éolien du monde, Vesta a investi € 500 millions dans un partenariat avec le fond d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners (€ 14 milliards d’actifs sous gestion) afin d’augmenter les projets à travers le monde. Le marché devrait quadrupler durant les 10 années à venir. Pas du bénévolat, mais pour créer des emplois

 

Les Etats-Unis d’Amérique

Les USA étaient rentrés dans l’année 2020 dans la peau du plus grand producteur mondial de pétrole avec 13 millions b/j. Quelle culbute !
Il aura fallu une pandémie pour massacrer l’architecture financière pétrolière ainsi que son industrie. La Russie et l’Arabie Saoudite ont retrouvé leur leadership.

Trump s’est appuyé sur une “dominance énergétique”, Obama-Biden avaient inventé la doctrine “d’abondance énergétique” en supportant corps et âme le pétrole de schiste. Que va faire l’administration Biden-Obama dans les 4 années à venir ?

La New York State Common Retirement, le 3 ème plus grand fonds de pension du pays avec 226 milliards $, va retirer ses investissements de 12 milliards $ dans les énergies fossiles dont le pétrole et le gaz de schiste. En juin, elle était sortie de ses investissements dans 22 entreprises charbonnières.

La fondation Rockefeller, créée en 1913 par John Rockefeller et les revenus pétroliers, a décidé de se désengager des investissements pétroliers.

Durant 2020, le nombre de forages pétroliers ont diminué de 467.

La fille de Donald Trump, Ivanka et son mari Jared Kushner ont acheté la maison de Julio Iglesias en Floride pour la modique somme de 30 millions $.  Espérons que personne ne les fasse chanter.

General Motors et sa compagnie Cruise ont lancé leurs voitures sans conducteurs dans les rues de San Francisco. Le service de taxis robots entre en compétition avec Uber et Lyft.

ExxonMobil, le fleuron pétrolier américain depuis 135 ans, aligne une perte de 2,4 milliards $ durant les 9 premiers mois de l’année.

Malgré le double effet KissKool, Trump et le corona, les installations d’énergies renouvelables ont grimpé de 43% cette année, +23 GW en 12 mois.

Après un premier déversement de $2’200 milliards dans le système financier US, une nouvelle enveloppe de 2’600 milliards a été posée sur la table par la Banque Centrale. Ainsi, l’aviation devrait recevoir à fonds perdus 50 milliards $, 2 milliards pour les aéroports, 10 milliards pour les autoroutes, 2 pour les lignes de bus inter-villes, 35 milliards $ pour la recherche sur les énergies éoliennes, solaires, batteries, nucléaire et séquestration du CO2.

546 centrales à charbon(30%) ont été mises à l’arrêt depuis 2010 et 50 entreprises ont fait faillites. Au total 100 GW d’électricité au charbon ont été retiré des lignes pour être remplacé par des centrales à gaz de schiste. Climatiquement, le gaz et le charbon sont pratiquement aussi nocif l’un que l’autre. Donc, pas d’amélioration de ce côté-là.

 


FED : Banque Fédérale Américaine qui continue d’injecter des liquidités dans le marché amérricain

 

Chine

Dès 2028, la Chine devrait devenir la première puissance économique devant les USA. Grâce au corona, Pékin a gagné 5 années sur les précédentes estimations selon le Centre of Economic and Business Research basé à Londres.

Le plus grand raffineur du pays, Sinopec, prévoit que la demande de produits pétroliers pourrait atteindre son pic en 2025 notamment avec l’introduction des voitures électriques. La demande de diesel pourrait toucher son pic dès l’année prochaine. Durant cette année 2020, la demande de carburants a diminué de 7%.

Les ventes de voitures électriques entre janvier et octobre s’élèvent à 914’000 unités (-9.2% par rapport à 2019). Elle pourrait atteindre les 1,8 millions d’unités en 2021.

Pékin a mis en service son “soleil artificiel” afin de tester la fusion nucléaire avec son HL-2M Tokamak installé à Chengdu. En théorie, la fusion nucléaire se fait sans émission de gaz à effet de serre, sans production de déchets radioactifs et avec moins de risques d’accident. Avec ce système, la Chine espère pouvoir générer de l’électricité d’ici à 2040. Ce soleil artificiel devrait atteindre les 150 millions de degrés Celsius. La Chine possède deux autres soleils artificiels.

Pékin termine sa prise en main de Hong Kong et en mettant en prison tout ce qui bouge. Même le richissime et propriétaire du journal Apple Daily, Jimmy Lai, a été emprisonné avec Joshua Wong du mouvement de démocratie. Alors que la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale, est-il possible d’imaginer l’impact des us et coutumes chinoises aux USA et en Europe ?

La mise en place du marché carbone va être retardé pour ouvrir durant la première partie de 2021.

D’ici à 2025, la Chine va étendre son programme de modification du climat notamment avec l’iodure d’argent injecté dans les nuages. L’objectif est de créer artificiellement de la pluie et de la neige sur une surface de 5,5 millions km2. Lors des Jeux Olympiques de 2008, un système similaire avait été employé pour diminuer les pluies et réduire le smog. Le gouvernement a injecté 1,3 milliard $ dans différents programmes entre 2012 et 2017.

 

Emission de CO2 / énergies fossiles

Coal:charbon;  NG: gaz naturel ;  oil: pétrole;   FF = énergies fossiles   Gto : giga tonnes

 

 

Europe

Le Brexit s’est opéré. Bon, ça c’est fait.

 

Russie

Le budget de l’Etat ne dépend plus qu’à 30% du pétrole et au gaz selon Vladimir Poutine. En 2019, cette part était encore de 40%. Moscou a réussi là où les pétromonarchies du Moyen-Orient restent engluées dans les hydrocarbures. La Russie peut compter sur ses exportations de bois, de minerais, de produits agricoles et d’armements.

Le gazoduc Nord Stream 2 pourrait commencer à livrer son gaz à l’Allemagne d’ici à la fin 2021. La pression économique américaine sur les entreprises européennes impliquées a réussi à freiner le projet mais pas à le stopper. Grace à ce gazoduc, l’Allemagne va doubler ses importations de gaz russe à plus de 110 milliards m3/an.

La stratégie énergétique Russe repose sur les gisements d’hydrocarbures dans la région Arctique du Yamal et la péninsule du Gydan. Selon Vladimir Poutine, dans les 10 à 15 ans, ces régions seront utilisées notamment pour alimenter la Chine en énergie.

Rosneft, le géant pétrolier Russe, aurait fait une découverte massive d’un champ gazier dans la Mer de Kara.

Toutes les personnes vaccinées avec le vaccin Sputnik V devront éviter de boire de l’alcool pendant 42 jours selon le ministre de la santé.

Le ministre iranien du pétrole, Zanganeh, s’est rendu à Moscou afin “d’examiner l’évolution des marchés pétroliers mondiaux car nous sommes dans une situation délicate”.

 

Angleterre

Même s’il n’a aucun plan, le premier ministre Johnson ambitionne une réduction de 68% des émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 1990).

Hurricane Energy, le groupe pétrolier anglais, est sur le point de faire faillite. Il y a longtemps, le groupe de la Mer du Nord était une étoile montante de l’énergie en Europe.

Les éoliennes de la Mer du Nord sont en train de remplacer le pétrole et le gaz. Plus de 27 milliards $ sont prévus pour multiplier par 4 la production actuelle.

La première station-service entièrement électrique a été inaugurée à Essex. Elle est la première des 100 stations prévues par Gridserve et Hitachi Capital UK. La station comprend 26 chargeurs rapides (300km en 20 minutes) avec de l’électricité à 100% renouvelables.

British Airways va collaborer avec ZeroAvia afin de construire un avion à hydrogène. L’entreprise a levé 37,7 millions $.

Easyjet va repousser ses achats de 22 avions Airbus de 2022 à 2027. En 2020, l’entreprise a essuyé sa première perte annuelle de son histoire. Pour soulager sa trésorie, Easyjet a vendu plusieurs avions  et supprimé 4’500 emplois.

EDF a demandé au gouvernement anglais de se pencher sur sa proposition de construire deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR sur le site de Sizewell C, dans le comté de Suffolk. Particularité très intéressante, EDF demande aux consommateurs de payer dès aujourd’hui, les 23 milliards € pour la fabrications des 2 réacteurs nucléaires, qui pourraient être mis en fonction dans 10-15 ans. Ainsi EDF demande une hausse immédiate de la facture d’électricité pour alimenter le fonds de construction. Grâce à ce stratagème, EDF transvase ses risques et ses frais financiers sur les citoyens.

L’Angleterre possède 15 réacteurs nucléaires. D’ici à 2024, 4 des 8 centrales devront fermer. D’où la pression d’EDF pour remplacer les vieilles centrales par de nouvelles.

 

Production éolienne en Angleterre

 

Allemagne

Les débuts commerciaux de NordLink de 1,4 GW, qui relie électriquement la Norvège et l’Allemagne, ont débuté le 9 décembre. A terme, le projet reliera l’Allemagne, l’Angleterre et la Norvège pour des échanges électriques.

Siemens prévoit un rebond de l’industrie ferroviaire et notamment des trains de nuit qui relient les capitales ainsi que l’installation de nouvelles lignes afin de diminuer les émissions de CO2. Le marché global des trains devrait grimper de 25% dans les 3 prochaines années.

 

Norvège

Le groupe technologique Wärtsilä and Grieg Edge et le hub d’innovation norvégien Grieg Star penchent sur un tanker propulsé à l’ammoniaque pour 2024.

 

Finlande

La Radiation and Nuclear Safety Authority de Finlande (STUK) a annoncé un incident dans une centrale nucléaire à Olkiluoto. Le taux de radiation dans la Centrale a augmenté mais est restée confinée. La purification d’un système d’eau pourrait en être la cause.

Sur la même île d’Olkiluoto, EDF-Areva avait débuté en 2005, la construction d’une centrale nucléaire EPR pour un montant de 3 milliards € et une mise en service en 2009. Finalement, la centrale devrait être mise en fonction en février 2022 pour une douloureuse estimée à 10 milliards €. Bonne nouvelle pour la Finlande, l’Etat français devrait financer une partie de ce surcoût.

 

Hollande

Plusieurs cadres de Shell, en charge de la stratégie de développement durable, ont démissionné. Une lutte interne met face à face ceux qui continuent dans la direction carbone/pétrole et ceux qui imaginent une ouverture sur les énergies renouvelables. Marc van Gerven, responsable du stockage solaire et production éolienne, Eric Bradley division énergie et Katherine Dixon, transition énergétique, Dorine Bosman vice-présidente pour l’éolien, ont quitté l’entreprise.

Les employés sont en train de questionner si les changements vont intervenir. La direction ne semble pas vouloir d’un changement radical.

Shell va à nouveau réduire ses coûts et ses actifs. Cette fois, c’est le Golfe du Mexique avec 4,5 milliards $ de coupes avec la fermeture de raffineries et de l’arrêt de gaz naturel liquide. Shell avait déjà passé à la trappe 18 milliards $ d’actifs depuis le début de l’année et arrêté l’achat de ses actions. Afin de retrouver du cash, le PDG, Ben van Beurden, a annoncé une période de hausse des dividendes après que l’action a dévissé de -40% cette année. Shell va supprimer 9’000 emplois.

 

Suisse

Il ne s’y passe rien. Tout le monde attend que la loi sur l’énergie bouge… ou pas.

Juste un petit détail. Entre 2014 et 2020, la Banque Nationale Suisse, la BNS, s’est pris un énorme râteau de 1 milliard $ dans ses investissements dans les 2 pétroliers américains: ExxonMobil et Chevron. Mais comme le gouvernement Suisse ne sait pas quoi faire avec 1 milliard, c’est tout bon.

 

France

Alors que le site nucléaire EPR de Flamanville croule sous les retards et les dépassements de budget, EDF annonce que Penly devient le site retenu pour les prochains réacteurs nucléaire EPR. Le site de Penly est construit sur un polder et vulnérable à la montée des eaux.

 


(Gas = Essence)   Les Banques Centrales qui éteignent le feu

 

Moyen-Orient

Irak

Le pays a extrait 3,685 millions b/j en novembre sous les quotas de l’OPEP de 3,8. Le mauvais temps et la crise interne ont freiné le processus.

Le gouvernement va dévaluer sa monnaie de -23% pour faire face aux problèmes économiques. Même avec ce tours de force, le budget 2021 du pays ne sera pas bouclé.

Englué dans des dettes, suite à la chute du baril de pétrole, l’Irak a fait appel à la Chine pour se financer. Ainsi ZhenHua Oil Co va pouvoir extraire 130’000 b/j pendant 5 ans avec un payement une année à l’avance de 2 milliards $. La stratégie de la dette a été développée par la Chine dans son concept de route de la soie. Il est plus facile de contrôler un pays par une dépendance financière qu’avec des armes.

 

Arabie Saoudite

Le pays a dévoilé un budget en diminution de 7% à 263 milliards $ pour 2021. La plus grande dépense du pays est réservée à l’armement et non aux clubs de foot.

Les exportations pétrolières ont augmenté à 6,15 millions de barils par jour (b/j) en octobre.

Dans le port de Jeddha, un tanker pétrolier de la compagnie Hafnia a été attaqué par un bateau rempli d’explosifs. L’incendie a pu être maitrisé avant que la situation ne dégénère.  L’attaque pourrait avoir été menée par les Houthis du Yémen.

 

Iran

Le président Rouhani espère que l’administration Biden va renouer avec l’accord sur le nucléaire de 2015. La suite s’écrira en 2021.

Si les sanctions sont levées, Téhéran pourrait extraire 4,5 millions b/j et en exporter 2,3. Le budget du pays se base sur cette option.

Les images satellites utilisées par TankerTrackers estime les exportations pétrolières à 1,2 million b/j. Si tel est le cas, les sanctions américaines peinent de plus en plus à se matérialiser.

 

Oman

Le pays a établi une nouvelle entreprise pétrolière : Energy Devlopment Oman (EDO) et se focaliser sur le plus grand gisement du pays, le Block 6 d’une capacité de 650’000 b/j.

Pour les pays producteurs, il est important de pouvoir extraire un maximum de pétrole avant qu’il ne faille le laisser dans le sol à cause de la baisse de la demande et du climat.

 


Marchés boursiers: Votre problème? Vous êtes fous!

 

Les Amériques

Schiste Etats-Unis

La production de schiste a chuté à 7,4 millions b/j par rapport au pic de janvier à 9,1 millions selon l’EIA.

En 2020, 45 entreprises de schiste ont fait faillite selon Haynes & Boone. Pour mémoire, en 2016, 70 entreprises de petites tailles avaient capitulé. En comparaison, la cuvée 2020 a touché les gros calibres comme Whiting Petroleum en avril, Unit Corp en mai, Chesapeake Energy en juin et Oasis Petroleum en septembre. Pour la petite histoire, la Banque Nationale Suisse avait des actions dans toutes ces entreprises.

Selon Bloomberg NEF, les producteurs de schiste auraient réduit leurs coûts de 56,50$ en 2019 à 40$ par baril. Dans les gisements prolifiques du Bassin Permien et d’Eagle Ford au Texas, le chiffre de $36,50 est articulé contre 44$ en 2019.

L’Etat du Nouveau Mexique a demandé l’arrêt de la vente d’eau potable pour l’extraction de pétrole et de gaz de schiste. L’objectif est de garder l’eau potable pour la population et de protéger les nappes phréatiques.

 

Venezuela

Une barge pétrolière de stockage, le Nabarima, est en train de couler lentement dans le Golfe de Pariag entre Trinidad et le Venezuela. PDVSA, l’entreprise nationale, tente de récupérer le 1,3 million de barils de brut lourd afin d’éviter une marée noire. Le processus devrait prendre plusieurs semaines. La cargaison est 1,3 fois plus importante que l’Exxon Valdez.

Le Russe Rosneft était en charge des exportations pétrolières du Venezuela jusqu’à ce que les américains menacent financièrement l’entreprise pétrolière. Du coup, Rosneft s’est retiré à 100% de ce business. Dans l’épisode 1, l’administration Trump avait réussi à faire plier Moscou. Dans l’épisode 2, de nouvelles entreprises ont repris le relais comme Xiamen Logistic Grass, Olympia Stly Trading, Zaguhan & Co., Karaznbas, Kalinin Business International et Poseidon GDL Solutions. Toutes ses entreprises sont établies en… Russie.

 

 

Mexique

La société pétrolière nationale Pemex aligne plus de 100 milliards $ de dettes. Pour soulager l’entreprise, le président Lopez Obrador a décidé de réduire les taxes de 65 à 54%.

La production pétrolière de Pemex continue de dégringoler. Les prévisions pour 2021 passent de 2,02 millions b/j à 1,85.

 

Canada

Hydro-Québec a lancé l’entreprise EVLO Energy Storage Inc qui commercialisera des systèmes de stockage d’électricité à l’attention des distributeurs d’électricité, des distributeurs et des industriels.

Comme son voisin du Sud, le Canada ouvre la porte aux centrales nucléaires de plus petite capacité, les Small Modular Reactor (SMR). Le Ministre des Ressources Naturelles a proposé un plan d’action dans un pays qui possède de grands gisements d’uranium. Il faudra encore une bonne dizaine d’année avant de voir l’émergence de cette technologie. Pour l’instant la faisabilité et les coûts sont inconnus.

 

 

Asie

Inde

Alors que la pandémie est toujours présente, les raffineries pétrolières du pays sont reparties à presque 100% de leur capacité. La forte demande de diesel et d’essence est générée par l’utilisation de voitures au lieu d’utiliser les transports publics bondés.

Plus de 250 millions de citoyens et d’agriculteurs se sont mis en grève afin de se défendre dans ce qui représente le plus grand mouvement social au monde. L’objectif des multinationales est de contrôler les achats directs des paysans et de les interdire de vendre directement leurs produits sur les marchés. Surréaliste.

Le premier ministre Narendra Modi a lancé la construction d’un mégaprojet d’énergies solaire et éolien d’une capacité de 30’000 MW. Il devrait devenir le plus grand parc au monde. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 175 GW de renouvelable d’ici à 2022 et 450 GW en 2030.

Le parc produira également de l’énergie pour déssaliner 100 million litres d’eau par jour pour 800’000 habitants proche de la région aride du Pakistan. Avec le réchauffement climatique, l’eau devient une ressource stratégique vitale.

 

Japon

Toyota commercialise sa deuxième génération de voiture à hydrogène, la Mirai avec une autonomie de 850 km avec un plein.

Dès le printemps 2021, elle sera disponible en Europe pour 68’100$. La première version de la Mirai date de 2014 et avait généré 13’000 ventes. La voiture utilise 3 containers d’hydrogène, un moteur électrique et peut être construite sur les mêmes lignes de production qu’une voiture thermique. Toyota aimerait en vendre 30’000 par année.

Les concurrents, Hyundai et Honda sont également sur les rangs et notamment dans les camions.

 

 

Afrique

Libye

Un calme relatif est revenu dans le pays. On dirait que la Turquie et Poutine se sont mis d’accord.

Du coup sur le terrain, le général Haftar a débloqué les ports et les exportations de pétrole. Ainsi, la production est retournée au-delà du million b/j ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’OPEP et son souhait de réduire l’offre.

Bien que membre du cartel, la Libye n’est pas soumise aux quotas actuels.

Nigeria

La production pétrolière du pays a chuté de -14% de 1,7 à 1,5 millions b/j. L’industrie croule sous la corruption.

 

Phrases du mois

En choisissant d’exclure la culture de la vie sociale alors qu’il laisse tourner les marchés, le pouvoir énonce clairement ses valeurs. Ce qu’il nous promet pour demain sera encore plus cruel pour les hommes que pour les artistes aujourd’hui. Une société où les rapports humains seront régis par la force et la violence mortifère de l’argent. En somme, le contraire de la civilisation.”  François Corneloup, Saxophoniste

Le marché pétrolier ne sera pas dirigé par les spéculateurs, mais par les décideurs politiques“. Prince Abdulaziz bin salman, Arabie Saoudite.

Bien que la technologie des piles à combustible à hydrogène soit très prometteuse, nous savons que son adoption généralisée prendra du temps. De nombreux facteurs influenceront ce délai, notamment les réglementations en matière d’émissions, les infrastructures, la disponibilité de l’hydrogène et le coût d’utilisation. Les autobus et les trains seront probablement parmi les premières applications à passer à l’hydrogène. La Hydrogen Council prévoit que les poids lourds seront les plus avancés avec 2,5 % d’adoption de l’hydrogène d’ici à 2030”  Amy Davis, présidente de New Power Business, Cummins

«La ligne de démarcation s’est estompée entre la propagande et ce que l’on pourrait considérer comme du journalisme, cela peut se décrire comme une décadence de la vérité”. Barak Obama

Pour écrire cette revue, avec les sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch,  et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde comme FT.com, Bloomberg, RT Russia, NHK, etc.

Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Le plus gros krach pétrolier de l’histoire
– Russie: Moscou arrivera-t-il à faire plier le pétrole de schiste américain?
– Japon: Le report des Jeux Olympiques influence Fukushima
– Europe: La Commission se lance dans l’hydrogène
– Electricité: Une baisse mondiale de 10 à 20%
– Venezuela: Le pays plie, plie, plie. Jusqu’à quand?
– Automobile: La production mondiale à l’arrêt.


Avertissement
Le mot «coronavirus» n’apparaît qu’une seule fois dans toute cette revue. Si vous le trouvez, vous avez gagné! Cela rappellera de bons souvenirs à ceux qui jouaient à «Où est Charlie».
Même si cette revue est publiée le 1er avril, il n’y a pas de poisson!

Vous êtes prêt? Allons-y!

 

La demande s’est pris les pieds dans le tapis d’une manière inédite en plus de 100 ans d’histoire pétrolière. Alors que les USA et l’Inde sont en train d’entrer dans le confinement, la chute devrait atteindre entre 20 et 25% sur une consommation de 100 millions de barils/jour (b/j). En comparaison, le crash pétrolier de 1980, la baisse représentait 2,65 millions b/j.

Pour ne pas rester en reste, les prix ont dévalé les escaliers quatre par quatre pour arriver à l’étage -65%.  A Londre, le Brent s’affiche à 26,20$ (49,76$ fin février) et à New York, le WTI touche 20,20$ avec une visite à 19,27$ (44,77$ fin février).

 

 Graphique du mois

Evolution des prix du baril depuis 2000
Source: Refinitiv. Graphique CNN

 

Investissements Pétroliers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’industrie du pétrole sabre 31 milliards $ d’investissements. Les producteurs de schiste américains et de bitume au Canada ont été les premiers à réduire la voilure.  Dans cet exercice de team building, les grandes majors comme Total, Shell, Saudi Aramco, Exxon, Chevron et BP ont immédiatement suivi le mouvement. Par contre, les grandes majors ont annoncé maintenir la distribution de dividendes, quitte à s’endetter.

Avec plus de 100’000 lecteurs en 3 jours, l’article «Pétrole, cette bombe à retardement», souligne l’intérêt et le moment historique que nous vivons.

 

Stockage du pétrole

Les capacités de stockage mondiales atteignent 7,2 milliards de barils de pétrole dont 1,3 milliards dans des tankers. Selon Rystad Energy, les stocks sont pleins à 76%.

Au rythme actuel de surproductions et de sous consommation, il ne faudra que quelques semaines pour les remplir. Le Canada pourrait être le premier pays à déborder. Il sera intéressant d’analyser les réponses des producteurs de pétrole à la question : qu’est-ce que l’on fait quand c’est plein ?

Si l’offre n’arrive pas à être jugulée, il n’est pas impossible d’observer des prix négatifs. Les producteurs pourraient payer pour se débarrasser du pétrole ce qui ne serait pas une première.

 

 

Renouvelables

L’IEA, International Energy Agency, suggère que les paquets de stimulations économiques comprennent un focus sur les énergies renouvelables. Son directeur Fatih Birol souligne qu’il est important de se focaliser sur la pandémie mais que la menace du dérèglement climatique continue.

Cette demande, qui émane d’une Agence qui a toujours supporté le pétrole et le gaz, est autant remarquée que remarquable.

L’éolien a augmenté sa capacité de 19% en 2019 notamment avec des projets aux USA et en Chine (+60,4 GW). Le 10% de ses éoliennes se trouvent en mer. Pour 2020, il faudra attendre que le vent tourne.

 

Charbon

En 2019, la capacité de production d’électricité à base de charbon a augmenté de 34,2 GW grâce à la Chine. 64% des nouvelles centrales sont chinoises, 12% d’Inde et le 24% restant en Asie dont le Pakistan, l’Indonésie et la Malaisie.

Le think tank, Carbon Tracker Initiative, annonce que 60% des centrales à charbon dans le monde produisent une électricité plus chère que les renouvelables.

 

Electricité

A travers l’Europe, la demande d’électricité a diminué de 10 à 20% notamment suite à l’arrêt de l’industrie mais avec une augmentation de consommation des ménages. Les prix sont également partis à la baisse.

En janvier, la Chine avait diminué sa consommation de 8% par rapport à janvier 2019 et de -16% en février.

Aux USA, la baisse de la consommation est de 10%, mais les prix sont partis à la hausse. Il faudra attendre l’étendue de la pandémie pour voir son impact sur la production d’électricité.

En Suisse, la demande en électricité a chuté de 10 à 30%, selon les régions.

 

Aviation

En temps normal, la consommation de kérosène représente 7 millions de barils/jour. Avec la suppression des vols, la chute de la demande a dépassé les 50%.

Comme pour le pétrole brut, les places pour stocker ce carburant pose problème surtout que sa durée de vie est limitée à quelques mois et que son entreposage est explosif.

 

Coucher de soleil, le 31 mars.
Vous remarquerez qu’il n’y a aucune trace d’avion dans le ciel

 

Automobile

Janvier 2020 fut un très mauvais mois. Seules 6,2 millions de voitures ont été vendues dans le monde au plus bas depuis les 5,9 millions de janvier 2012 .

Pratiquement tous les constructeurs automobiles ont arrêté leurs productions et certains se sont reconvertis en producteur de ventilateurs pour l’aide à la respiration.

La seule bonne nouvelle, qui pointe à l’horizon, est que les chiffres de février, mars et avril devraient être publiés respectivement en mars, avril et mai.

 

Climat

L’Organisation Mondiale de la Météo montre que tous les indicateurs du changement climatique sont dans le rouge : la température dans les terres et des océans, les quantités de gaz à effet de serre, le niveau des mers, etc.

Les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent à une vitesse 6 fois supérieures à 1990.

 

Blah, Blah, Blah. Vidéo Greenpeace

 

Les pays qui ont fait l’actualité durant ce mois

USA: pétrole de Schiste

La Russie a décidé de s’attaquer au pétrole de schiste américain et a refusé d’accepter les nouveaux quotas de l’OPEP. De leur côté, les producteurs de schiste US n’ont jamais levé le petit doigt pour participer au maintien des cours. A force de jouer, les passagers clandestins, il faut bien s’attendre à se faire débarque un jour où l’autre. Et bien, ce jour semble être arrivé. Quels seront les dégâts?

Durant les 10 dernières années, les 34 plus grandes entreprises de pétrole de schiste américain ont perdu 189 milliards $. En 2019, les pertes se sont montées à 2,1 milliards $ selon le rapport de l’Energy Economics and Financial Analysis. Pour la bonne bouche, la Banque Nationale Suisse a investi dans la totalité de ces 34 entreprises.

L’entreprise de service Halliburton a mis en congé 3’500 employés à Houston. Elle est obligée de diminuer ses coûts suite à la chute des cours du baril et pense que les deux tiers des forages vont fermer d’ici à la fin de l’année. Les employés licenciés vont bénéficier du double effet kiss-kool. Ils perdent leur emploi et l’assurance maladie qui va avec. Vivre sans assurance maladie en ce moment aux USA, c’est compliqué.

Les banques, J.P. Morgan (65 milliards $), Citi (52 milliards), Bank of America (48 milliards) Wells Fargo (45 milliards) avaient revêtu leurs uniformes de pom-pom girls du schiste américain avec des implications financières énormes. Avec la chute des cours, l’ambiance doit être festive dans leurs conf calls.

Chesapeake Energy Corp, qui était un pionnier dans le schiste américain, pourrait faire faillite avec une ardoise de 9 milliards $. L’entreprise est également connue des basketteurs, puisque le Thunder d’Oklahoma joue dans la Chesapeake Arena. Son action a dévissé de 50% en 3 semaines (celle de Chesapeake par du Thunder).

Le 8 avril 2019, Occidental Petroleum annonçait l’acquisition de son concurrent Anadarko pour la modique somme de 55 milliards $. A l’étonnement général, Occidental venait de battre l’offre de la major Chevron en personne. Selon Vicki Hollub, Anadarko était un coup sûr et “représentait l’avenir du pétrole de schiste aux USA“. Cette acquisition permettait à Occidental de devenir l’un des plus grands pétroliers aux USA.
Aujourd’hui cet achat est nominé dans la catégorie : «pire achat du siècle dans l’industrie pétrolière.» Occidental a perdu plus de 84% de sa valeur (68$ en avril 2019 et 11$ fin mars 2020). La promesse de sa directrice, Vicki Hollub, d’offrir de généreux dividendes s’est transformée en “so sorry“. La dette d’Occidental se monte à 37 milliards $.

Le milliardaire pétrolier, Harold Hamm via sa compagnie Hamm, veut porter plainte via le Département du Commerce Américain contre l’Arabie Saoudite pour avoir «illégalement» déversé du pétrole brut sur les marchés.

Le Financial Times estime que 110 milliards $ de dettes de schiste sont entrés dans une zone de danger sur les 936 milliards $ d’actions émis par les compagnies gazières et pétrolières.

 

 

Russie

Moscou a refusé de s’aligner sur la volonté de l’OPEP afin de diminuer les extractions pétrolières. Le Kremlin pense que le moment est idéal pour terrasser le pétrole de schiste américain (lire : Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$). Visiblement, la réalité a dû dépasser les attentes.

Vladimir Poutine a annoncé « une semaine de congé » afin de garder les personnes à la maison. Est-ce que la pandémie fera plier Moscou dans son combat pétrolier ?

Le budget du pays nécessite 12,7 milliards $ par mois. Le ratio PIB/dette de la Russie est l’un des plus faible au monde. La marge de manœuvre est donc encore grande, mais tout peut changer rapidement.

Moscou annonce avoir eu des discussions avec Washington sur la production pétrolière.

 

Arabie Saoudite

Afin de riposter contre la Russie, Riyad affiche une volonté de livrer sur les marchés 12,3 millions de barils de pétrole par jour et plus de 13 millions dès avril. On notera le mot “livrer” et non pas “extraire”. Il est hautement improbable que l’Arabie soit capable d’extraire autant de pétrole. Ainsi, le pays va devoir plonger dans ses réserves pour vivre son engagement.

Dans ses communiqués de presse, Riyad annonce des rabais de 6-8$ le baril afin de prendre des parts de marchés à la Russie notamment en Europe. En pratique, l’Europe regorge de pétrole à l’instant.

Le gouvernement a abattu un missile au-dessus de Riyad. L’attaque proviendrait des Houthis du Yémen.

Pour l’exercice 2019, le bénéfice de Saudi Aramco a chuté de 21% pour se solder à 88,2 milliards $. En comparaison, le bénéfice de 2018 se montait à 111,1 milliards $ après avoir versé plus de 100 milliards $ au budget de l’Etat.

En décembre dernier, l’achat d’actions de Saudi Aramco avait été annoncé comme le coup financier du siècle. Avec un peu de recul, le cours du géant pétrolier est passé sous le prix de vente de 35$ à 29$.

Le budget de l’Etat a été revisité avec une coupe de -5% soit 13,3 milliards $ avec un déficit évalué à 61 milliards $.

Saudi Aramco a reçu le feu vert pour exploiter le gisement de gaz de schiste de Jafurah. Ce gaz pourrait fournir une alternative au pétrole afin de produire l’électricité pour les climatisations durant les mois chauds de l’année. En fait avec le réchauffement climatique, presque tous les mois deviennent chauds au Moyen-Orient.

 

 

 

Europe

La Commission Européenne a développé une nouvelle stratégie industrielle afin d’effectuer une transition vers la neutralité carbone : Clean Hydrogen Alliance.  L’hydrogène va devenir vital pour les secteurs lourds comme l’aviation, les transports et l’industrie.

Alors que les grands constructeurs automobiles regardaient avec un sourire la capacité de Tesla à brûler du cash, la Model 3 est devenue l’une des voitures les plus vendues en Europe devant la Golf de WV et la Clio de Renault avec plus de 77’000 ventes par mois en décembre 2019. L’Américain a augmenté sa part de marché de 13% à 64% du marché dans les voitures électriques.

 

Angleterre

L’aéroport de Heathrow n’aura pas sa troisième piste suite à une décision de justice de la Cour d’Appel. Le gouvernement n’a pas pris en compte ses engagements climatiques qui sont légalement contraignant à souligné la Cour.

Le gouvernement veut introduire son propre marché carbone sur son territoire d’ici à janvier 2021, même si le pays restera dans la EU Emissions Trading System jusqu’à la fin de l’année.

 

Suisse

Les stations d’essence ont répercuté la première baisse des cours mais ont totalement “oublié” de refléter les cours d’un baril sous les 30$. Le litre d’essence est environ 10 centimes trop cher par rapport aux cours du marché. Il devrait se trouver dans une fourchette de 1,30 à 1,38 ct lt pour l’essence au lieu des 1,44 actuels.

La compagnie aérienne allemande «Swiss» subit son deuxième grounding. Son directeur implore une aide financière à la Confédération Suisse pour survivre.

Cette demande pose le thème de la dissertation de ce mois: Est-il essentiel pour un pays d’avoir sa propre compagnie aérienne nationale ?
Vous devez également couvrir la question: Si des fonds publics sont déversés dans Lufthansa afin de soutenir Swiss, serviront ils à subventionner les billets afin que les tarifs soient moins chers qu’une pizza?  Si oui, la Confédération devra-t-elle donc également racheter toutes les pizzerias pour que leurs prix soient moins cher que les billets d’avions ?  Vous avez droit à une page max !

Au 1 janvier 2020, la Banque Nationale Suisse détenait pour 6,7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines dans le domaine des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon et nucléaire. La BNS détient également des actions dans des banques américaines fortement impliquées dans le schiste et qui sont actuellement en difficultés financières.

 

France

La construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville va encore prendre du retard. Cette fois, c’est la pandémie qui en est la cause.

Tous les réacteurs nucléaires français sont en fonction sauf les deux unités en maintenance de Flamanville.

La consommation d’électricité a baissé en moyenne de 15%.

 

Hollande

Au milieu de la pandémie, Royal Dutch Shell a réussi à sécuriser un nouveau crédit de 12 milliards $ ce qui pousse ses liquidités à plus de 40 milliards $.

Shell a également annoncé une baisse de ses investissements à 20 milliards $ pour 2020 (-5 milliards) et va mettre sur pause son programme de rachat d’actions afin de garder des liquidités et surtout de garantir la distribution de ses dividendes à ses actionnaires.

Pour rappel, le business des entreprises pétrolières n’est pas d’extraire du pétrole. Leur rôle est de distribuer des dividendes afin de continuer à percevoir de l’argent d’actionnaires qui permet de faire tourner les pompes.

 

Cee Roo: Le top des chansons No 1. Quelle énergie!

 

Asie

La chaîne de l’Himalaya procure de l’eau pour 1,3 milliards de personnes dans 8 pays. Alors que ces pays devraient collaborer pour diminuer l’impact du réchauffement climatique, c’est le contraire. Des tensions grimpent entre le Pakistan, l’Inde et la Chine.

 

Chine

Pékin est en train de retourner la crise sanitaire mondiale en une opportunité géopolitique et une diplomatie de la santé. Elle permet également de consolider l’amitié entre les différents pays qui ont rejoint la route de la soie.

La croissance du PIB chinois pourrait atteindre 8% dès la reprise selon Exford Economics contre 6% l’année dernière.

Avec 31’000 ventes de voitures neuves durant le mois de février, elles ont chuté de 79,1% par rapport à février 2019.

En 2019, la Chine a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 2,6% malgré une diminution de l’utilisation du charbon. L’augmentation du pétrole et du gaz ont compensé cette baisse. La Chine a émis 13,92 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

 

Inde

Avec un avertissement de 4 heures, le premier ministre Nerendra Modi a ordonné à ses 1,3 milliards de concitoyens de rester à la maison pour une période de 3 semaines.

Cette décision va également peser sur la demande de pétrole ainsi que d’électricité.

 

Japon

Après avoir investi 30 milliards dans les Jeux Olympiques de Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe s’est résigné à les reporter d’une année. A la sauce Trump, il a d’abord tout fait pour minimiser l’impact de la pandémie, mais le pays a été rattrapé par la réalité.

Ce report va impacter TEPCO, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. Par manque de place mais surtout pour freiner les coûts exorbitants de la gestion de cette catastrophe, TEPCO et le gouvernement avaient prévu de déverser des millions de litres d’eau contaminée dans le Pacifique dès la fin des Jeux Olympiques.

La question est de savoir s’il sera possible de reporter d’une année cette dilution dans les eaux territoriales. Dans le cas contraire, se pose une question : est-ce que des athlètes rayonnants sont plus à même à battre des records ?

Le Japon planche sur l’utilisation de l’éolien en mer et de l’hydraulique pour produire 24% de son électricité d’ici à 2030 (contre 16% actuellement). L’hydro représente actuellement 9,2% d’électricité. Le projet d’une ferme de 33 éoliennes pour 894 millions $ dans les ports d’Akita et Noshiro pourrait être opérationnel d’ici à 2022.

 

 

Les Amériques

USA

Le secteur pétrolier américain a été secoué par la chute des cours. Au lieu d’atteindre une production de 13 millions b/j, les Etats-Unis pourraient retourner sous les 10 millions d’ici à la fin de cette année.

Avant la réunion du G20, Mike Pompeo a demandé au prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie Saoudite de limiter sa production pétrolière. L’administration Trump a également fait du pied à Vladimir Poutine. Cependant, même sans la décision des deux pays de libérer leurs productions, la chute du baril aurait été inévitable.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. La position du Président Trump face à la pandémie est en parfaite adéquation avec le bonhomme : ne pas écouter les scientifiques et se fier à ses intuitions. Cela rappelle furieusement sa position sur le réchauffement climatique. Comme l’a souligné Hillary Clinton dans un Tweet : “Trump avait promis : l’Amérique en premier.”

L’industrie solaire a ajouté 5’600 emplois en 2019 +2,3% alors qu’elle avait perdu 8’000 emplois en 2018. Entre 2010 et 2018, le solaire avait créé 150’000 emplois.

Plus de 80 tankers pétroliers entre 1 et 2 millions de barils sont parqués proche des côtes du Texas afin de stocker le surplus de pétrole. Alors que les capacités de stockage diminuent, certains producteurs ont été contraints à brader leur pétrole à 8$ le baril.

Le département de l’environnement (EPA) va suspendre ses contrôles aux motifs que les entreprises et les compagnies pétrolières et gazières auraient de la peine à se conformer aux règles durant la pandémie, selon son directeur Andrew Wheeler.

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans.

Le chercheur Michael Zarnstorff du Max Planck-Princeton Research Center aurait réalisé une percée dans l’utilisation de la fusion nucléaire grâce à l’utilisation d’aimants permanents. Cette étude doit être validée par d’autres chercheurs mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

L’entreprise NuScale Power a investi plus de 900 millions $ dans le développement de petits réacteurs nucléaires “Small Modular Reactor” (SMR). L’entreprise travaille sur un prototype de 700 MW qui pourrait voir le jour dans deux ans en Idaho, USA.
Le design devrait être approuvé d’ici à la fin de l’année. L’objectif de l’entreprise est de commercialiser ses unités pour 3 milliards $ avec une durée de construction de 3,5 ans. NuScale ne garantit pas l’accès à l’uranium. Pour le même prix, la Russie, la Corée du Sud et la Chine proposent des centrales de 1’000 MW avec un accès au combustible nucléaire.

Une première dans l’agenda du président américain. Durant le mois de mars, Donald Trump ne semble pas avoir participé à une partie de golf.

 

Canada

Le gouvernement étudie une aide financière de 10,4 milliards $ afin de supporter l’industrie pétrolière et gazière.

Le prix du pétrole canadien est descendu sous les 10$ le baril à 9,38 ! Afin d’écouler leur pétrole, les producteurs canadiens offrent un rabais de 13$ le baril par rapport aux cours américain du West Texas Intermediate (WTI) qui est le pendant du Brent de la Mer du Nord.

La mine de Cigar Lake, Saskatchewan, qui produit le 13% de l’uranium mondial pour les centrales nucléaires, est à l’arrêt suite à la pandémie. Alors que 442 réacteurs nucléaires sont activités dans le monde, il n’existe que 6 mines dans le monde. Les mines de Namibie sont également à l’arrêt et l’Arabie Saoudite de l’uranium, le Kazakhstan, pense également à fermer les siennes. Le prix de l’uranium est monté de 24$ à 27$ la livre. A travers le monde, l’énergie nucléaire ne produit que le 10% d’électricité.

 

Venezuela

Le gouvernement plie, plie, plie mais rompra-t-il ?

Avec la surproduction pétrolière actuelle, les acheteurs n’ont aucun intérêt prendre des risques en achetant ce pétrole d’autant que les USA appliquent des mesures d’embargo très fortes.

La production a diminué à 464’000 b/j.

Une pénurie touche les importations d’essences. Le gouvernement est en train de fermer les stations, et laisse le précieux liquide pour les soins médicaux, l’armée, les transports de nourriture et utilitaires.

L’administration Trump porte des charges de narco trafiquants contre le président Maduro avec une récompense de 15 millions $ pour celui qui conduira à son arrestation.

 

Guyana – Guyane Britanique

ExxonMobil a débuté l’extraction pétrolière dans le pays. Cependant, le géant américain se trouve au milieu d’une crise politique enclenchée lors des élections du 2 mars.

Les citoyens remettent en question l’accord de la multinationale et pensent que les revenus ne sont pas équitablement répartis. Le contraire eut été étonnant.

 

Mexique

Les responsables de la compagnie pétrolière nationale Pemex pensent que le crash pétrolier n’aura pas d’influence sur le budget de l’Etat, malgré la chute record des obligations de la société.

Le ministre du budget, Arturo Herrera, a déclaré qu’une garantie de 1,37 milliards $ couvrait complètement le revenu pétrolier national de 2020.

Un pays qui se prend un krach pétrolier avec une pandémie et qui n’a même pas mal ! Très fort même si les mois à venir devrait pouvoir confirmer cet enthousiasme.

 

Moyen-Orient

Iran – Irak

Alors que les USA et l’Iran sont ravagés par la pandémie, ils trouvent encore le moyen de faire les zozos du côté militaire avec des missiles et roquettes expédiées de part des d’autres sur le territoire irakien. Le score est à 3 soldats américains tués contre 6 irakiens/iraniens. Le président irakien, Salih, a condamné les attaques américaines sur son territoire.

A cause de la pandémie, Petronas, la compagnie pétrolière malaisienne, a évacué ses 80 employés dans le champ pétrolier de Gharraff.

Le gouvernement paie les compagnies pétrolières internationales qui exploitent le pétrole irakien. Elles sont défrayées de leurs frais fixes et reçoivent un montant par baril. Avec un baril à 25$, le gouvernement n’arrive pas à couvrir les coûts. A la signature des contrats, personne n’avait imaginé que nous allions revenir à des niveaux pareils. Osons imaginer que sans les revenus du pétrole, la corruption diminuera dans le pays.

Une nouvelle fois, les USA ont accordé un passe-droit de 30 jours à l’Irak afin de commander du gaz et de l’électricité à l’Iran. Dans le sud pétrolier du pays, il est impossible de se passer d’électricité et les capacités de production irakiennes sont insuffisantes.

 

Emirats Arabes Unis

La plus importante compagnie aérienne de long-courriers, Emirates, a cloué au sol 155 Airbus et demande une ligne de crédit afin d’assurer son existence.

 

 

Afrique

Libye

La National Oil Corporation s’inquiète de ne plus avoir assez d’argent pour importer de l’essence et du diesel pour les besoins de ses citoyens.

Sous la pression du général Khalifa Haftar, qui bloque les ports du pays, la production pétrolière a chuté à 97’000 b/j alors qu’elle dépassait les 1,2 millions il y a quelques mois encore.

 

Nigeria

Le pétrole représente 96% des exportations du pays et 75% des revenus du budget. La situation actuelle est délicate alors que le pays n’est pas atteint par la pandémie. Le président a exigé le confinement de la population.

Le plus grand producteur de pétrole africain voit un parc de 50 tankers pétroliers encré sur les côtes car ils n’ont pas trouvé d’acheteur.

 

 

 

Phrases du mois

Phrases du mois
Le monde a connu un burn-out collectif. Il était impossible d’accélérer encore le rythme que nous avions atteint. Les incendies en Australie ou Ebola en Afrique ne nous ont touchés que marginalement. Mais maintenant nous avons quelque chose qui concerne toute l’humanité, et c’est là que nous remarquons ce qui compte vraiment : les amis, la famille et le respect les uns pour les autres.” Joachim Löw, coach équipe Allemagne football.

Nous pensons que les États-Unis ne devraient plus jamais être à la merci de fournisseurs énergétiques étrangers. Nous nous engageons non seulement à l’indépendance énergétique, mais à la domination énergétique américaine. Et le chemin vers cet avenir commence ici, dans le pays du pétrole de schiste, avec vous tous.”  President Donald Trump, Pittsburgh

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.” Mark Twain

Les gouvernements élaborent des plans de relance dans le but de contrer les dommages économiques causés par le coronavirus. Ces plans offrent une excellente occasion de garantir que la tâche essentielle de la construction d’un avenir énergétique sûr et durable ne se perde pas dans le tourbillon des priorités immédiates.” Fatih Birol. Agence Internationale Energie

“[The Democrats said] ‘We want green energy, let’s stop drilling oil’ — they had things in there that were terrible. Windmills all over the place and all sorts of credits for windmills — they kill the birds and ruin the real estate. A lot of problems.” Donald Trump

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour voir la Revue complète: 2000Watts.org

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: La moitié de la production pétrolière bloquée par des drones
– USA: Des villes vont interdire l’utilisation du gaz naturel
– Japon: Toyota travaille sur une voiture rechargeable avec le solaire
– Russie: La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov est arrivée
– Suisse: L’Union Pétrolière change de nom pour être plus sexy
– Canada: 500’000 personnes marchent à Montréal pour le climat
– Algérie: Le pays augmente fortement sa consommation de pétrole.
– Hollande: Le gouvernement exonère d’impôts Shell malgré des milliards de bénéfices.


 

Encore un mois de folie pétrolière. L’Arabie Saoudite a été attaquée par des drones, des millions de personnes descendent dans les rues à travers le monde pour le climat et l’Economie tousse. Il y a une année, le baril se vendait à 86,74 $ à Londres.

Finalement après un pic après l’attaque contre l’Arabie, le baril est retombé pour terminer à 60,27$ à Londres (fin août 59,09$). Du côté de la grande pomme à New York on le retrouve au même endroit à 55,20$ (55,09$$ fin août).


Prix du baril de Brent à Londres (août-sept 2019).
Le pic correspond à l’attaque contre les installations de l’Arabie Saoudite

 

OPEP

Pour 2020, le cartel révise ses prévisions de la demande pétrolière à 1,08 million barils/jour (b/j) notamment à cause de la baisse de la croissance économique mondiale de 3,2 à 3,1%.

De son côté, l’EIA, l’agence fédérale de l’énergie américaine, estime que la demande augmentera de 1,4 million b/j et que les USA vont extraire 13,23 millions b/j en 2020 soit 1 million b/j de plus que cette année.

 

ONU & Finance

Pendant que Greta Thunberg posait la question «comment osez-vous» dans les contreforts de la cession du Climat à l’ONU à New York, une session parallèle se tenait avec les grandes entreprises gazières et pétrolières sous la houlette de la Oil and Gas Climate Initiative.

Ainsi les ExxonMobil, Saudi Aramco, Total, etc. ont souligné qu’elles travaillent afin de réduire les émissions de CO2 et de méthane, mais qu’elles doivent également extraire plus de pétrole pour soutenir la croissance économique. Ne trouvez-vous pas cela mignon?  La question est de savoir qui est l’auteur originel de cet oxymore: les pétroliers ou les dirigeants des pays?

Selon la Rainforest Action Network, 33 banques internationales (dont l’UBS, Crédit Suisse, BNP, Société Générale, Crédit Agricole) ont injecté 654 milliards $ dans 1’800 entreprises pétrolières en 2018 soit le 70% des besoins financiers des pétroliers. Dans ce palmarès, JPMorgan Chase détient le record avec 195 milliards $ devant Wells Fargo, Citi et Bank of America. Confrontées à ces chiffres, les grandes banques indiquent leurs efforts dans les énergies renouvelables. JPMorgan a ainsi conclu 90 accords avec les pétroliers et 5 avec les énergies renouvelables. Effectivement 5 sur 95, c’est vraiment un bel effort!

Selon le Guardian, 100 entreprises sont responsable de 71% des gaz à effet de serre. Voir la liste ici.

 

Energies renouvelables

En 2018, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement (147,1 milliards $) ont dépassé ceux des pays riches (125,8 milliards $) selon l’ONU.

 

Graphique du Mois
La capacité d’extraction pétrolière supplémentaire par pays


En noir: Capacité minimale. Bleu: capacité maximale
(en million de barils/jour)

 

Les pays phares du Mois

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite fait l’unanimité pour figurer au sommet du hit parade de ce mois. Pour rappel, 17 drones ont divisé par deux la production pétrolière du pays. Badaboum ! Une poignée de drones à 15’000$ a démystifié le mythe de la forteresse pétrolière saoudienne et de son champion Saudi Aramco.

Les centres de traitement du brut lourd à Abqaid et Khurais, qui permettent de transporter et d’exporter l’or noir, ont été mis hors service.

Sans perdre son éternel sens de l’optimisme, il n’aura fallu que 3 jours au nouveau ministre de l’Energie pour clamer que tout était déjà rentré dans l’ordre. En réalité, l’usine pourrait être à 100% opérationnelle d’ici à la mi-octobre. Une grande partie de la production a pu être redémarrée à la fin septembre selon le gouvernement. A voir les premières images de l’attaque, c’est une prouesse.

Cet incident tombe mal car la famille royale planifiait justement la vente de 10% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale. L’objectif est de ramener entre 130 et 200 milliards $ dans les coffres du pays. Il semble que l’IPO, prévue en 2020, va devoir être retardée de quelques mois.

La production pétrolière de l’Arabie Saoudite était de 9,83 millions b/j en août. Le pays compte 12% de chômage et il faudrait un baril à 85$ pour équilibrer les comptes.

 

Visionner l’interview,  Télévision Suisse Romande: Téléjournal du 16 septembre 2019

 

Le demi-frère du Prince régnant Mohammed bin Salman (MbS), Abdulaziz bin Salman a été nommé à la tête du ministère de l’Energie. Il remplace l’ancien PDG de Saudi Aramco Khalid al-Falih. Ce changement raisonne comme un choc dans l’industrie pétrolière mondiale. De plus, cette nomination casse l’imperméabilité entre le pétrole et la famille royale.

Avant la mise sur le marché de 10% des actions de Saudi Aramco, le Prince Mohammed bin Salman, a également nommé Yasir al-Rumayyan actuel responsable du fonds souverain comme nouveau PDG. Ce proche du Prince sera responsable du bon déroulement de l’opération.

 

USA

La ville de Berkley, Californie, est la première ville à interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage et la cuisine dans les nouveaux bâtiments. Les émanations de méthane, 28 fois plus dangereuses pour le climat que le CO2, sont la cause de cette décision. Los Angeles, Seattle et une cinquentaine d’autres villes pourraient prendre le même chemin. Cette décision est d’autant plus forte que la grande majorité des maisons américaines sont chauffées au gaz naturel et que grâce au gaz de schiste les tarifs sont particulièrement bas.

Jeremy Grantham, 80 ans, milliardaire de Wall Street, a décidé d’allouer 98 % de sa fortune, soit un milliard $, pour le climat. Selon lui, l’économie basée sur le pétrole va tôt ou tard imploser et il faut désormais miser sur les énergies vertes.

Donald Trump et Joe Biden se trouvent dans une affaire rocambolesque alors qu’une procédure de destitution est lancée contre le président. L’histoire débuta alors que le fils du candidat démocrate Joe Biden, Hunter Biden intégra le commité de direction de la compagnie gazière ukrainienne Burisma Holdings avec un modique salaire de 50’000$ par mois. Cette nomination entrait en conflit d’intérêt alors que Joe Biden était vice-président des USA. Le procureur ukrainien Viktor Shokin décida d’enquêter sur des soupçons de corruption. C’est alors que Joe Biden intervint pour demander (et obtenir) au président Petro Porochenko la destitution de son procureur. La suite de cette aventure se prolongera dans les semaines à suivre.

Enfin une excellente nouvelle! Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a été licencié. Ce sombre personnage va-t-en-guerre a plombé les relations avec la Corée du Nord, la Russie, l’Iran et l’Afghanistan. Son départ va détendre l’atmosphère sur certains dossiers.

Uber a généré 3,16 milliards $ de chiffre d’affaires et perdu 5,2 milliards. De 41$, à son lancement, l’action touche les 31$.

Dans la course à la présidence de 2020, les démocrates Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders proposent d’exclure le gaz naturel dans leur plan «net-zero carbon economy 2030-2050». Si le gaz naturel émet moins de CO2 que le charbon où le pétrole, il est nettement plus prolixe en méthane (lire article). Le lobby gazier a riposté avec une campagne de publicité afin de vanter la flexibilité du gaz dans la cuisine ainsi que des coûts abordables.

 

Publicité Donald Trump vs Joe Biden.
Le président Trump n’aura pas tardé à utiliser des spots publicitaires pour se défendre.

 

Europe

Russie

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, estime que la Russie possèderait pour 1’200 milliards $ de réserves pétrolières soit le double des chiffres de l’année dernière. Les réserves de gaz sont estimées à 221 milliards $ à 15’000 milliards m3.

La première centrale nucléaire flottante russe, l’Akademik Lomonosov, est arrivée à Pevek, son port de destination sur la presqu’île de Tchoukotka en Arctique. Ses deux réacteurs nucléaires permettront d’approvisionner en électricité, en chaleur et en eau désalinisée les régions russes reculées ainsi que les installations pétrolières et gazières. Le réacteur sera mis en service d’ici à la fin de l’année.

 

Allemagne

Angela Merkel annonce des dépenses de 54 milliards € pour aider les entreprises et les citoyens à réduire leurs consommations énergétiques notamment dans les transports. L’objectif est de diminuer, d’ici à 2030 les émissions de CO2 de 55% par rapport à 1990.

Dans la proposition actuelle, les entreprises qui vendent du pétrole, du charbon et du gaz devront acheter des certificats afin d’effacer les émissions de CO2. Le prix de la tonne de CO2 sera basse, ou ridicule c’est selon, à 10€ en 2021 pour progresser à 35€ en 2025. Martin Kaiser résume assez bien la situation: «Si vous faites confiance à ces mesures, vous pourriez également sauter d’un parachute avec un cornet en plastique en guise de parachute.»

Le premier grand procès de consommateurs du “Dieselgate” a débuté contre Volkswagen. Des centaines de milliers de clients demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées. Les dirigeants de VW, Hans Dieter Pötsch, Martin Winterkorn et Herbert Driess pourraient être condamnés dans le scandale des moteurs truqués et pour avoir caché ces informations aux actionnaires. Les 3 dirigeants connaissaient le système mis en place pour truquer les moteurs diesels.

 

Un peu de douceur dans un monde de brutes. Photo Dick van Duijn

 

France

«On est en confiance ! » L’optimisme de Régis Clément d’EDF, sur les problèmes de soudures sur 6 réacteurs nucléaires, fait plaisir à voir. Même si la filiale, Framatome n’a pas respecté certaines procédures sur certaines soudures des générateurs de vapeur, tout va pour le mieux du monde dans les centrales du Blayais, Gironde ; Bugey, Ain ; Fessenheim, Haut-Rhin ; de Paluel, Seine-Maritime et Dampierre, Loire ainsi que de l’EPR en construction de Flamanville.

EDF penche sur la séparation de ses activités en deux (Bleu et Vert) dans un plan nommé «Hercule». L’entreprise est en quasi état de faillite avec 37 milliards € et plus du double en ajoutant les emprunts obligataires.

Le Bleu permettra de basculer l’entier de la dette sur l’Etat et d’y transférer tous les risques avec des actifs dangereux.
Le Vert deviendra une tirelire afin de rapatrier les profits et de générer des dividendes importants.

Dans le détail, EDF Bleu deviendrait une structure 100% publique, qui comprendrait les actifs à risque comme le nucléaire, les barrages hydroélectriques, peut-être les centrales à gaz et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE).
De l’autre, EDF Vert regrouperait la branche commerce avec la possibilité de fixer les tarifs à sa guise. Elle fournira l’électricité aux clients, s’occupera des énergies renouvelables, des services et Enedis (ex-ERDF) ainsi que du très lucratif réseau de distribution d’électricité.

 

Suisse

Le suisse n’est pas un grand manifestant. Il est difficile de le tirer hors du lit pour battre le pavé afin de défendre une cause. Alors de croiser de 100’000 personnes à Berne pour une marche pour le climat, l’événement est historique. Les élections du mois d’octobre pourraient entrainer un vote de ras-le-bol sur la passivité climatique et énergétique de la Suisse.

Le prédateur et géant électrique BKW (Forces Motrices Bernoises) explose son bénéfice et espère générer 370 millions frs de bénéfices avant impôts et amortissements en 2019.

Corolaire à ce succès, le conseil d’administration a décidé de se partager une partie de ce bénéfice. La Directrice, Suzanne Thoma s’est accordé une modeste augmentation de 700’000 frs (630’000 €) pour arrondir son salaire à 2 millions (1,8 millions €). Les autres membres de la direction ont eu le succès plus modeste avec une augmentation de 750’000.

Ces bons chiffres confortent la stratégie prédatrice de Suzanne Thoma qui rachète les entreprises qui lui font de l’ombre pour ensuite les fermer. Cette stratégie et les salaires sont approuvés par le canton de Berne, actionnaire principal.

Pour être plus sexy, le lobby pétrolier «Union Pétrolière Suisse» a changé son nom en Avenergy Suisse. Le terme «Avenergy Suisse» désigne l’«avenir» de l’énergie en Suisse selon son directeur Daniel Hofer. <insérez un gros éclat de rire ici>
A titre personnel, je me réjouis de découvrir leur nouveau papier à entête. Si vous avez le toupet de présenter des informations qui ne vont pas dans le sens de leur communication, vous avez une grande chance de recevoir une lettre de la part de leur avocat maison.

En Suisse, sur le 1,8 millions d’habitations, 50% se chauffent au diesel (mazout, fioul) et 25% au gaz.

Le prix des aliments bio sont 1,6 fois plus chers que les produits traditionnels. Cette différence vient en grande partie des marges des supermarchés Coop et Migros. Au lieu de prendre une marge standard de 25 à 30%,  elle grimpe entre 50 et 70% pour le bio.

Les fonds destinés à la désaffection des centrales nucléaires et la gestion des déchets radioactifs se montent à 7,5 milliards de francs (6,7 milliards €) à la fin 2018 contre 7,7 à la fin 2017.

 

La Suisse ne va pas interdir l’utilisation du Glyphosate
Dessin: Chappatte

 

Angleterre

EDF augmente à nouveau son budget et son retard pour la construction de deux centrales nucléaires EPR de Hinkley Point C. L’ardoise grimpe de +2,6 milliards € à 20,5 milliards €. Comme EDF prend tous les coûts à sa charge, les impôts des français essuieront les dépassements. La date d’ouverture est repoussée de 15 mois à 2026. Les actions d’EDF sont en baisse de 28% depuis janvier.

Après un tremblement de terre de 2,9 sur l’échelle de Richter, le pétrolier Cuadrilla a dû cesser ses opérations de forage schiste à Blackpool. Cette secousse fut la plus forte jamais enregistrée en Angleterre pour un forage de schiste. Officiellement, le gouvernement autorise des tremblements de 0,5 sur l’échelle de Richter. Une semaine avant cette secousse, Cuadrilla avait demandé d’élever cette limite. Aucune date n’a été donnée pour la reprise des travaux. Au total, la British Geological Survey a enregistré 132 secousses sur le forage.

Le 11 août, les émanations de méthane (un gaz à effet de serre 28 fois plus virulent que le CO2) ont dépassé de 40 fois la moyenne sur le site de forage de schiste de Third Energy dans le North Yorkshire selon l’Agence de l’Environnement. Des pointes de 60 milligrammes par m3 ont été mesurées au lieu de 1,41 mg/m3.

 

Hollande

Le pétrolier Shell est exonéré d’impôts dans le paradis fiscal hollandais habituellement très favorable aux multinationales.

Ainsi avec des bénéfices fluctuants entre 2 et 55 milliards $, Shell ne paie pas d’impôts. Devant le tollé, le gouvernement du libéral Mark Rutte est en train d’étudier la possibilité de changer de cap.

 

Asie

Japon

Toyota Motor, Sharp et le NEDO sont en phase de développement d’une voiture à énergie solaire qui pourrait, théoriquement, se passer de toute recharge.

Toyota a lancé les premiers tests de ce nouveau prototype en juillet. Les panneaux solaires Sharp offrent un rendement de près de 34%, contre une moyenne de 20% pour les panneaux traditionnels. Les cellules solaires ont une épaisseur de 0.03 mm et peuvent donc se placer sur davantage de surface du véhicule, comme les parties incurvées, le capot ou le hayon. La voiture pourrait effectuer 50 km par jour. Ce système permettra également de contourner la mainmise de la Chine sur les terres rares pour la production de batteries.

Le ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada, considère qu’il est inévitable de rejeter en mer l’eau pleine de tritium stockée dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima. «D’ici à deux ans, il n’y aura plus assez de réservoirs pour stocker cette eau que personne ne sait traiter.» Une solution qui inquiète mais qui est envisagée depuis longtemps. Suite à cette déclaration, le brave ministre a été limogé.

 

Chine

Le plus grand importateur de pétrole au monde, dépend à 18% du brut livré par l’Arabie Saoudite. En 2019, la Chine va importer 72% de son pétrole. Les attaques sur les installations de Saudi Aramco ont dû créer un certain froid dans le dos des dirigeants chinois.

La ligne de chemin de fer Haoji Railway va être inaugurée ce mois. D’un coût de 27 milliards $, elle va pouvoir transférer 200 millions de tonnes de charbon produit dans le nord du pays dans les centrales du sud du pays. La Chine consomme le 50% du charbon mondial.

Suite à la forte diminution des subventions sur les voitures électriques, les ventes de voitures électriques sont en forte baisse en juillet et en août. Corolaire à cette baisse, les prix du lithium ont chuté de 30% en une année et certains producteurs ne sont plus rentables.

Le bras de fer entre Pékin et Washington continue. De nouvelles rencontres sont prévues en octobre.

 

Inde

Durant la conférence sur le climat à l’ONU, le premier ministre Narendra Modi a annoncé l’ambition d’ajouter 450 GigaWatts d’énergies renouvelables et que l’objectif de 175 GW pour 2022 est sur les rails.

Sur le terrain, l’Inde n’a ajouté que 6,5GW d’énergie solaire entre 2018 contre 9,4 en 2017. Pour cette année, seuls 1,4 GW ont été installé durant le premier trimestre.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

L’EIA, (Energy Information Administration Américaine) prévoit un niveau record d’extraction de schiste pour le mois d’octobre à 8,843 millions b/j. Le Bassin Permien augmentera sa production de 71’000 b/j à 4,485 millions b/j ce qui en fait le gisement pétrolier le plus important au monde.

Cependant, si l’Agence américaine est toujours très enthousiaste sur ses chiffres, elle peine à confirmer la croissance dans les autres champs de schiste à travers les USA.

Si le prix du baril devait remonter, il n’est pas improbable que les producteurs exploitent des forages creusés mais non encore exploités. Pressé par les investisseurs, qui demandent un retour sur investissement, certains pétroliers attendent que les prix de vente augmentent avant d’extraire l’or noir.

 

Canada

Plus de 500’000 personnes ont participé la marche du climat à Montréal en présence de Greta Thunberg et du premier ministre Justin Trudeau. Si la présence de la première s’explique, la présence du deuxième peine à trouver une explication.

Alors que le schizophrénique Premier Ministre Trudeau se pavane à Montréal, il vient d’approuver la construction du controversé pipeline Trans Mountain afin de faire transiter le pétrole canadien vers les USA. Ottawa espère que les 590’000 b/j transiteront dès 2022.

Pour le fameux pipeline Keystone XL, l’horizon semble également se dégager. Une cour du Nebraska accepté une route alternative. Une cour du Montana doit maintenant examiner le cas.

Deux phrases lues dans les médias lors de la marche à Montréal :
« Nous ne sommes pas à l’école aujourd’hui, vous n’êtes pas au travail aujourd’hui, parce qu’il y a urgence et nous ne resterons pas les bras croisés ».
«Cette semaine, les leaders du monde entier se sont réunis à New York. Ils nous ont déçus une fois de plus avec leurs paroles creuses et leurs plans insuffisants

 

Venezuela

La production pétrolière continue sa lente glissade à 712’000 b/j en août contre 755 en juillet. Les nouvelles sanctions américaines ont bloqué les livraisons au chinois CNPC (China National Petroleum Company). Les importations de la Chine ont diminué de 62% depuis juillet. Pékin s’éloigne de Caracas, mais comme la nature a horreur du vide, Moscou a pris le relai.

Le Président Maduro est parti en Russie pour rencontrer son allier Vladimir Poutine. Lors de la dernière rencontre, en fin d’année 2018, Moscou avait apporté dans ses bagages la rondelette somme de 5 milliards $. Actuellement le Russe Rosneft s’occupe de 66% des exportations du pays.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

L’Angleterre, la France et l’Allemagne se sont joints aux USA afin de condamner l’Iran pour l’attaque contre les installations pétrolières de l’Arabie Sadoudite.

Téhéran a mis à l’œuvre de nouvelles centrifugeuses pour accélérer l’enrichissement de son uranium, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran augmente son stock d’uranium enrichi. Depuis juillet, il dépasse la limite (300 kg) fixée par l’accord de Vienne mais dénoncé par Donald Trump.

Les USA ont renforcé les sanctions contre l’Iran notamment envers la Banque Centrale Iranienne. Il semble peu probable que ces nouvelles sanctions soient impactantes car toutes les banques ont coupé leurs relations avec les banques iraniennes.

Les exportations pétrolières de l’Iran seraient estimées entre 600 et 800’000 b/j. Douze mois auparavant, l’Iran exportait plus de 2 millions b/j. Malgré les sanctions américaines, Téhéran est passé maître dans la dissimulation des routes de ses tankers.

Téhéran a annoncé la libération du pétrolier anglais Stena Impero. Le bateau avait été saisi le 19 juillet en représaille du pétrolier iranien saisi par les Anglais à Gibraltar. Comme les anglais avaient relâché leur proie en août, les iraniens ont fait de même.

 

Climat Change : what do you want me to say. Financial Times

Afrique

Ouganda

Le Russe Rosatom a battu le Chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) afin de de développer un programme nucléaire dans le pays avec la production d’électricité. L’uranium proviendra des mines du pays selon le président Yoweri Museveni.

L’Ouganda possède du pétrole découvert en 2006. Il pourrait y avoir de l’uranium en quantité suffisante pour générer son électricité.

Rosatom est actuellement en discussion avec le Kenya, la Tanzanie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie.

 

Algérie

Durant les 6 premiers mois de l’année, la consommation d’essence a augmenté de 1,3% pour atteindre 1,91 million tonnes. Idem pour le diesel, 5,16 millions de tonnes + 4,9%  soit + 3,9% par rapport à la même période de l’année 2018. Au total, les algériens ont consommé 3,9% de pétrole en plus.

 


Le renvoi de John Bolton de la Maison Blanche. Dessin Chappette

 

Phrases du mois

« Si nous n’avons pas de planète, nous n’allons pas avoir un très bon système financier.» James Morgan, PDG Morgan Stanley. (à la question, est-ce que le changement climatique va poser un risque sérieux au secteur financier).

«Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique… Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses…. Qu’ils aillent manifester en Pologne ! » Emmanuel Macron.

A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitable les révolutions violentes.” JFK

« Vous pouvez mettre autant d’ordinateurs que vous voulez dans les écoles. La réalité, c’est qu’un ordinateur ou une tablette ne transformera jamais un cancre en bon élève. » Charles Sannat auteur du livre : La fabrique du crétin digital.

Pour voir les revues mensuelles précédentes.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Angleterre: Gros tremblement de terre causé par les forages de schiste
– Groenland: Donald Trump propose de racheter l’île
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Russie: Un nouveau moteur nucléaire de missile explose: 5 morts
– Australie: Une campagne de 4 millions $ pour vanter les mérites du charbon
– Russie: Akademik Lomonosov: la première centrale nucléaire flottante
– Allemagne: La croissance de l’éolien est en chute libre. 40 milliards pour quitter le charbon.
– Floride: L’ouragan Dorian fonce sur la résidence du président Trump.


 

Quel mois! Entre les facéties du président Trump, l’écran de fumée du G7, un président brésilien sans filtre, l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire, comment voulez-vous que le Pétrole trouve une place dans ce monde. Du coup, il boude et passe sous la barre des 60$, pour être précis à 59,09$ à Londres (fin juin 66,60$). A New York, il s’est caché à l’étage 55,09$ (59,36$ fin juin).

 

Graphique du Mois
L’extraction de pétrole conventionnel n’a pas augmenté depuis 2005.
Toute la croissance est due aux forages en eau profonde, les sables bitumineux et le schiste
Source: EIA
Finalement, il y a moins de pétrole et nous n’avons pas plus d’idées.

 

Charbon

Les 20 pays les plus riches du monde du G20, allouent 64 milliards $ de subsides pour l’extraction ou l’utilisation du charbon.

 

 

Les pays phares du Mois

Russie

Une explosion dans une base de lancement de missiles a fait 5 morts. Un test d’un nouveau moteur à propulsion nucléaire serait à l’origine de cet accident, qui a fait augmenter les niveaux radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane. Si la Russie avait d’abord annoncé la panne mystérieuse des stations de mesures radioactives, l’agence nationale Rosguidromet a finalement confirmé que les niveaux ont été multipliés par 16 dans les environs de Nyonoksa.

 

 5 morts dans l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire

 

Pour la première fois en 10 mois, les exportations de charbon russe vers l’Europe sont en diminution (-4,3% alors que le prix a chuté de 41,7% durant les 12 derniers mois.

Igor Sechin, CEO de Rosneft, le plus grand producteur pétrolier russe, ainsi que le propriétaire de pipelines Transneft, Nikolai Tokarev, se chamaillent publiquement sur l’épisode de pétrole contaminé transporté depuis le Druzhba. Plusieurs dizaines de millions de barils de pétrole ne peuvent être traités par les raffineries européennes.  Le suspect pourrait être l’entreprise PKN Orlen, de Roman Ruzhechko, qui s’occupe également de transporter de pétrole par pipeline. Ce dernier aurait demandé l’asile politique à la Lituanie.

Après 10 années de construction, Rosatom annonce la réalisation de sa première centrale nucléaire flottante : l’Akademik Lomonosov. Des remorqueurs vont tracter cette barge pour un voyage de 5’000 km dans la région reculée de Chukotka, Sibérie ou les mineurs d’or et de cuivre vont bénéficier de cette énergie. L’Akademik produira également de l’électricité pour les barges pétrolières. Rosatom assure que la sécurité est totale et la centrale insubmersible. Il n’y a que les mauvaises langues qui peuvent se demander ce qui pourrait mal se passer avec une centrale nucléaires sur l’eau.

La centrale flottante est équipée de deux petits réacteurs nucléaires de 35 mégawatt KTL-40 S et compte 340 employés dont 80 permanents. Après la série Chernobyl, HBO pourrait avoir trouvé une suite.

 

 La Centrale nucléaire Akademik Lomonosov

 

Iran

Gibraltar a libéré le tanker pétrolier iranien malgré les demandes des USA. Le navire était suspecté de contenir du pétrole à destination de la Syrie. En représailles, l’Iran a également saisi deux tankers anglais.

L’Iran a annoncé avoir dépassé les limites d’enrichissement nucléaire imposées par l’accord dénoncé par les USA. Une rencontre extraordinaire s’est déroulée à Vienne avec les autres signataires: la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Chine, la Russie. Aucune fumée blanche n’est actuellement sortie de la cheminée.

Durant le G7 et avec une mise en scène soignée, le président Macron a proposé de mettre les USA et l’Iran autours de la même table. L’idée est de permettre à l’Iran de pouvoir augmenter ses exportations pétrolières et d’entrer des devises pour ensuite débuter les nouvelles négociations avec Trump.

Washington a essayé de monter une coalition afin d’assurer le passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, à part pour l’Angleterre et Israël, la demande est restée lettre morte.

Après la sécheresse de 2018, les inondations du printemps ont démultiplié la production de céréales dans les régions touchées. L’Irak, qui a subi le même sort, a également vu des niveaux de productions supérieurs.

 

Groenland

Dans un remake du film “Proposition Indécente“, Donald Trump a proposé d’acheter le Groenland au Danemark. Stratégiquement placée et grâce à la fonte des glaciers qui la recouvrent, l’île contiendrait de grandes quantités de terres rares, de pétrole, de gaz et d’uranium. Accessoirement, elle compte également des humains.

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a évidemment balayé cette option même si elle bouscule la relation du Danemark avec les habitants de l’île.

Dans la foulée, Donald Trump a annulé sa visite prévue au Danemark début septembre.

La nécessité d’obtenir des matières premières cruciales à l’Economie et à l’industrie Militaire vont de plus en plus attiser les convoitises de certains états (Chine, Russie, Inde) et les grandes multinationales.

Une semaine après cette demande, le pays a chargé un bateau en direction du Canada avec 42’000 tonnes d’ilménite pour la production de titane.

La réaction du Président Américain, d’annuler sa visite, soulève la question: “2019 : est-ce la bonne année pour que les adultes se comportent comme des enfants et les enfants comme des adultes ?”

 

Dessin Chappatte

 

Dans le reste du Monde

Les Amériques

Schiste Américain

Les pétroliers de schiste sont en train de réduire les coûts financiers avec l’ambition de générer des profits de plus en plus demandés par les investisseurs. Schlumberger et Halliburton procèdent à des licenciements et se délestent des outils d’extractions inutilisés.

Le nombre de derricks en fonction a diminué de 11% cette année selon Baker Hughes.

Selon Kayrros, l’utilisation d’eau et de sable dans le Bassin Permien est 23% plus élevée que selon les estimations soit 47,5 milliards de litres d’eau et 4,14 milliards de kg de sable supplémentaires. L’agence prétend que 1’100 forages n’ont pas été annoncés par les pétroliers et dénombre 6’394 forages au lieu de 5’272. Si cette information est confirmée, cela signifie que la production moyenne par forage, dans le plus grand bassin de schiste américain, est plus basse qu’annoncée.

Pour connaître l’état du schiste américain, il est intéressant de se pencher sur des acteurs en amont comme Caterpillar. Au deuxième trimestre 2019, le constructeur de machines de chantier a vu une baisse de 11% de ses revenus dans le pétrole et le gaz et une baisse de la demande d’équipement dans le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste aux USA. L’américain parle d’une décélération de la croissance dans ce gisement.

 

USA

La production pétrolière américaine a reculé à 11,3 millions b/j soit une baisse de 1 million de b/j et au plus bas depuis octobre 2018. Les prix bas du baril et la pression des investisseurs qui rechignent à continuer à couvrir les pertes financières influencent ce mouvement.

L’administration Trump propose d’abolir la réglementation Obama sur les émissions de méthane lors de l’extraction de gaz et de pétrole de schiste. Au niveau mondial, entre 30 et 60% de la hausse des émissions de méthane provient du gaz de schiste des USA. Les économies réalisées par les producteurs sont estimées à 19 millions $/an pour des fuites de 370’000 tonnes de méthane/an.

BP, Shell et ExxonMobil se sont opposés à ce changement car il crée un dégât d’image important sur le gaz et il pourrait attirer l’attention des gouvernements étrangers pour limiter les importations de gaz américain. Le méthane, 27 fois plus virulent que le CO2, relègue le gaz naturel comme la pire énergie fossile pour le climat et cela même en comparaison avec le charbon.

Puisque l’on parle de charbon, Washington propose d’éliminer les seuils de pollution des centrales à charbon afin de garantir des prix bas de l’électricité.

L’armée américaine étudie l’utilisation d’hydrogène pour la propulsion de ses chars d’assauts ainsi que la création de mini génératrices afin de recharger les batteries des soldats. La création d’hydrogène se ferait à base de nouveaux matériaux. Cette impulsion pourrait ouvrir des portes notamment dans la production d’électricité pour les maisons individuelles.

Le géant américain General Electric, qui avait racheté le français énergétique Alstom grâce au président Macron, serait en très grande difficulté financière. Selon Harry Markopolos, GE est devenu une plus grande fraude que le géant énergétique Enron. Il affirme que le secteur des assurances et du pétrole ont creusé une dette de plus de 38 milliards $. Selon-lui, l’entreprise est en faillite et aurait besoin dans l’immédiat de 18,5 milliards de dollars de cash. Est-ce une opportunité afin de racheter Alstom? Il faudra certainement attendre quelques mois pour vérifier les dire de ce gérant de fonds.

Washington a mis sur sa liste noire, la China General Nuclear Power Group (CGN) et trois de ses sociétés filles. L’objectif est de ne pas livrer des technologies américaines qui pourraient être utilisées à des fins militaires. CGN fait partie du consortium AREVA-EDF qui construit les deux centrales nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Greta Thunberg a traversé l’Atlantique en bateau et a débuté sa tournée aux USA. A l’image de Donald Trump, elle a le mérite de faire ce qu’elle dit et nous remet devant nos propres incohérences.

L’ouragan Dorian a atteint la catégorie 4 sur 5 et se dirige sur la Floride et Mar-a-Lago où se trouve la demeure et le terrain de golf de Donald Trump. Il est cocasse qu’un ouragan se dirige sur la propriété d’un président qui nie le réchauffement climatique.

Le 2 août, les USA ont mis un terme au traité avec la Russie sur les missiles nucléaires de moyenne portée. Si un nouvel accord devait se négocier, il n’est pas impossible que les USA demandent l’inclusion de la Chine. En effet, Pékin, n’étant pas soumis au traité USA-Russie, a développé un arsenal impressionnant de ces missiles nucléaires à courtes et moyennes portées.

 

La Nouvelle campagne de pub du candidat Joe Biden

 

Venezuela

Chevron, la dernière major pétrolière américaine active sur le sol vénézuélien, a reçu la permission par l’administration Trump de rester 3 mois de plus dans le pays.

Washington a intérêt à garder un acteur pétrolier américain sur l’échiquier surtout que si le président Maduro venait à laisser sa place, son successeur devra pouvoir compter sur le pétrole pour alimenter financièrement le pays. En cas d’écroulement total de la manne pétrolière, le pays pourra difficilement s’en remettre car la quasi-totalité du budget provient de l’or noir.

De plus, ce passe-droit permet à Chevron de garder la main mise sur ses milliards $ d’investissements réalisés dans le pays.

 

Brésil

Les incendies de forêt de l’Amazonie obscurcissent la ville de Sao Paulo située des milliers de km de là. Malgré cet effet de bord, ces incendies vont nous permettre d’importer des minerais pour la réalisation de nos prochains smartphones ainsi que de plus grandes quantités de soja afin de satisfaire tant les régimes végans que l’élevage d’animaux.

La liste complète des matières premières se trouvent dans les accords avec le Mercosur que l’Europe et la Suisse sont sur le point d’avaliser. Il est intéressant de noter que certains se battent pour sauvegarder l’environnement et d’autres pour 0,1% d’augmentation du PIB.

 

 La ville de Sao Paulo engluée dans les nuages des incendies de l’Amazonie

 

Europe

France

D’ici à 2020, Total va vendre pour 5 milliards $ d’actifs afin de générer des dividendes pour ses actionnaires. Les actifs se trouvent dans l’exploration et la production. Les bas prix du baril et du gaz  (-36% en Europe et 26% en Asie) complètent le tableau.

Total a également acheté les activités africaines du pétrolier américain Anadarko pour 8 milliards $. La majors va investir 14 milliards $ et les dividendes grimperont de 10% durant la période 2018-2020. L’objectif est de fidéliser les investisseurs car il va falloir de plus en plus de cash pour extraire le pétrole et le gaz.

La SNCF a commandé 15 trains à hydrogène à Alstom. La firme française a déjà livré ce type de train à l’Allemagne. En quelques années Tarbes est devenue la capitale mondiale du train à hydrogène.

Les tarifs du gaz vont baisser de 1% alors que les prix sur les marchés ont diminué de 36%. Pour enfoncer le clou, on relèvera que les marges financières des vendeurs de gaz comme Engie ou EDF sont de 700 à 1’00%. (le particulier achète son gaz entre 7 et 10 fois le prix sur les marchés).

La construction du premier Plasma de fusion nucléaire pourrait se réaliser dans 6 ans dans le sud de la France, selon l’International Thermonuclear Experimental Reactor. Cette expérience est financée par une coalition de pays.

L’arrêté anti-pesticides prit par le maire de Langouët, au nord de Rennes a été suspendu. Le Maire voulait interdire l’utilisation des pesticides à 150 m. des habitations. Le gouvernement Macron l’a conduit devant un tribunal pour le faire plier. Le succès est total, le Maire a plié.

Paradoxalement sur les produits bio, les super et hyper marchés imposent une marge 75% plus importante sur leur marge brut que sur les produits traités aux pesticides selon Que Choisir. Cela signifie que sans cette marge, les produits bio sont financièrement concurrentiels.

Voiture électrique ou thermique : on sait enfin qui pollue le plus.  L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie française publie une étude sur cette thématique.

 

Suisse

La Suisse pourrait éventuellement entériner une taxe de 25 à 110 Euros pour les vols en avion. Immédiatement, la compagnie aérienne Swiss, filiale de Lufthansa, a brandi la traditionnelle arme de l’emploi. «Avec cette taxe, l’industrie de l’aviation perdra plus de 3’000 postes,» sur les 67’000 occupés en Suisse.

Parallèlement, Swiss a été attrapée la main dans le sac pour proposer des billets jusqu’à deux fois plus cher que sur le site Lufthansa.com pour les mêmes vols avec les mêmes avions de Swiss! Dans ces cas, la compagnie n’a pas commenté «les milliers d’emplois perdus» et pourquoi elle surtaxe ses prix pour les citoyens suisses.

Des mesures d’économie ont entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire argovienne de Leibstadt. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a ouvert une enquête après des erreurs commises par le personnel. La réduction des effectifs depuis 2015 est «la cause principale des problèmes rencontrés à la centrale». Des facteurs humains et organisationnels ont joué «un rôle majeur» dans les incidents selon l’IFSN. L’opérateur va encore diminuer son personnel jusqu’en 2022 et passer de 500 à 470 unités.

Le producteur d’électricité Alpiq a généré un bénéfice de 118 millions € avant amortissements et impôts. Son endettement a diminué à 190 millions €.

 

Portugal

Les chauffeurs de camions citernes portugais ont opéré une grève du transport de carburants durant les vacances d’août. Elle aura duré une semaine.

Le gouvernement a réussi à gérer cette action en informant à l’avance les automobilistes et en réquisitionnant certains véhicules. Une prochaine grève est prévue une semaine avant les élections de septembre.

 

Allemagne

La croissance de l’éolien Allemand est en chute libre. Depuis janvier, 290 MW de nouvelles capacités ont été installées contre 2’800 durant 2018 et 5’000 en 2017. Le pays a de la peine à étendre sa production éolienne sur les terres alors que le Gouvernement propose le retrait du charbon en 2038. D’ici à 2030, les renouvelables devraient représenter 65% de la production électrique contre 47% aujourd’hui.

Berlin va allouer 40 milliards € sur 20 ans pour les régions qui vont fermer leurs centrales à charbon.

L’Economie allemande pourrait entrer en récession dès le mois de septembre selon la banque centrale nationale. Après un recul de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, le troisième risque d’être également sous le zéro.

L’Allemagne mise plus de 400 millions € annuellement pour développer son réseau de livraison d’hydrogène pour les véhicules. Avec le mix énergétique Allemand, la production d’hydrogène pour la mobilité est actuellement plus polluante que les voitures thermiques. Cependant, avec la fermeture annoncée des centrales à charbon, tant les voitures électriques qu’à hydrogène inverseront cette tendance.

 

Angleterre

L’Angleterre a subi son plus grand black-out électrique depuis plus de 10 ans. Plus d’un million de foyers ont été touchés. Deux générateurs ont créé la panne dont un touché par la foudre.

Le gouvernement pourrait «considérer» la révision des limites admissibles pour les tremblements de terre résultant des forages de schiste. Bien que ces limites reflètent un accord conclus entre les entreprises et le gouvernement, le gazier Cuadrilla exige de passer de 0,5 à 1 sur l’échelle de Richter.

Cette demande intervient suite à l’arrivée d’Andrea Leadsom comme ministre de l’industrie et de l’énergie. Le personnage est un fervent promoteur du fracking. Cette technique creuse de profonds forages et injecte de l’eau, du sable et des produits chimiques afin de fracturer les roches et d’extraire gaz ou pétrole.

Quelques jours après l’annonce, une secousse de 2,9 sur l’échelle de Richter a secoué un forage de Cuadrilla suivie quelques jours plus tard par des répliques de 2,1 et 1,55 dans la région de Blackpool dans le Lancashire.

 

Implosion des tours de la centrale à charbon de Dictot, Angleterre.
Suite à l’explosion, un pylône électrique disjoncte et prive 40’000 foyers d’électricité

 

Asie

Chine

Donald Trump a augmenté les taxes douanières sur certains produits et Pékin a répondu en dévaluant sa monnaie. A ce stade de cette partie de ping-pong, le premier qui fléchit perd un point.

Il ne fait aucun doute que cette bataille, entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, va déterminer le leadership Economique mondial. Pour l’instant les USA tiennent la première position, mais Pékin se sent de taille à lui ravir ce siège.

Avec légitimité, Trump demande toujours à Xi Jinping de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde notamment sur la propriété intellectuelle, l’accès au marché chinois et l’influence de la monnaie nationale.

La Chine a fortement diminué ses importations de pétrole américain. De 510’000 b/j en juin 2018, le niveau a atteint 62’000 b/j en avril 2019.

En août, la monnaie chinoise a perdu 3,7% contre le dollar américain soit la plus grande baisse en 25 ans. Cette opération permet à Pékin de diminuer l’impact des taxes américaines.

Washington a sanctionné l’entreprise chinoise Zhuhai Zhenrong Co, pour avoir violé les restrictions américaines sur les exportations de pétrole iranien. Comme Zhuhai n’utilise pas le dollar comme monnaie n’influence pas son business.

 

Inde

Le gouvernement penche sur le projet de réaliser une giga-factory, de 4 milliards $, dans la fabrication de batteries pour les voitures électriques. Il faudra que New Delhi obtienne le feu vert de la Chine qui monopolise les composants et les matières premières pour les batteries.

L’Inde a importé un niveau record de 425’000 b/j au Venezuela durant le mois de juin, soit le double des mois précédents.

 

Australie

L’industrie du charbon menée par Coal21 va mener une campagne de 4 millions $ pour que les australiens se sentent fier de leur charbon. La campagne TV, réseaux sociaux ciblera les hommes et femmes de 18 à 39 ans afin de leur présenter un charbon propre pour l’environnement notamment avec la séquestration du CO2. «C’est une campagne de public relation très sophistiquée. L’industrie se bat pour son existence et ils font tout ce qu’ils peuvent pour survivre.» selon Brynn O’Brien de l’Australian Centre for Corporate Responsibility.

De l’autre côté, Peter Coates, du charbonnier Grencore rajoute que par rapport au changement climatique «notre industrie s’est autorisée elle-même à apparaître trop souvent comme le méchant. Nous avons laissé la place à des célébrités scientifiques et des activistes radicaux dont le projet n’est pas de trouver des solutions mais de diviser et de détruire. »

Shell va investir dans le gaz pour produire de l’électricité. La major espère un retour de 8 à 12%.

 

La production pétrolière américaine entre en déclin. A confirmer dans les mois à venir

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le mois d’août a été plutôt calme. Pas de tanker endommagé dans le détroit d’Ormuz ou de raffinerie attaquée par un drone.

Plus de 1,5 million de barils de pétrole/jour a été consommée pour la production d’air climatisé. Sans pétrole, le pays devient invivable.

Malgré le maintient des quotas de l’OPEP, les prix du baril continuent à baisser. Alors que le budget de l’Arabie Saoudite repose à plus de 90% sur le pétrole, la situation actuelle complique les ambitions du Prince Mahammed bin Salman.

L’IPO de Saudi Aramco avance et c’est Goldman Sachs qui pourrait s’en charger. Le Prince Bin Salman espère lever plus de 10 milliards $. La démarche pourrait se faire en deux temps. Tout d’abord une partie pourrait être réalisée sur le marché Saoudien et la deuxième partie à Tokyo. Donald Trump n’a pas encore envoyé de Tweet pour exiger l’utilisation d’une bourse américaine. Ca devrait venir.

 

 

Afrique

Nigeria

Selon le ministre des transports, le pays perd 25 milliards $ annuellement à cause des vols sur les installations pétrolières et de l’insécurité.

Phrases du mois

«Je pense que l’Economie Américaine est assez forte pour éviter une récession. Mais les probabilités ont augmenté and elles sont au-delà de ma zone de confort.» Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis, FED.

«Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction. Ce ne sont pas de simples eux, c’est l’œuvre du capitalisme. » Le Grand Conseil coutumier.

«Nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360’000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyanne, en Amazonie française.» Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindiens.

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Retrouvez la Revue complète sur PicEnergie.org ou 2000Watts.org.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Monde: Les investissements dans les énergies renouvelables à la baisse
– Iran: L’Angleterre s’invite dans le bac à sable. 1-1 au niveau des tankers pétroliers
– France: Entre de Rugy, les centrales nucléaires et la sécheresse. Sacré mois!
– Suisse: A la traine dans le développement durable
– Chine: 11 nouvelles centrales à charbon en service dans les mois à venir
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Inde: Le pays va continuer à importer les diesels aux moteurs truqués
– Russie: Le pétrole frelaté russe plombe les exportations.


Un baril à 70$ pourrait être le juste prix tant pour l’Economie mondiale que pour les producteurs. Avec la décision de l’OPEP de maintenir  ses quotas et les tensions avec l’Iran et la pagaille dans le détroit d’Ormuz, on aurait pu imaginer une fluctuation à la hausse.

Que nenni! Certainement à cause de la chaleur, le baril a fait une sieste durant tout le mois.

 

Graphique du Mois
Evolution de la Production de pétrole de schiste: Bassin Permien, Texas


Augmentation et évolution de la production journalière 2013-2019 en milliers de barils
Le Bassin Permien est le plus grand gisement de schiste aux USA

 

Pétrole

La consommation pétrolière mondiale atteint le niveau record de 101 millions b/j. (+1,1 million b/j par rapport à 2018).

Pour les 9 mois à venir, l’IEA pense que les extractions pétrolières vont largement couvrir la demande. Les USA devraient extraire 2 millions de barils de plus pendant que la demande augmentera sous l’impulsion de la Chine, des USA et de l’Inde.

L’optimisme de l’Agence International de l’Energie est-elle justifiée ? Elle sera vérifiée d’ici à l’été prochain.

 

OPEP

Le cartel ainsi que la Russie (OPEP+) ont décidé de maintenir les quotas réduits actuels au moins jusqu’en mars 2020.

Un baril à 70$ pourrait contenter tant les producteurs que les consommateurs, mais la situation explosive entre les USA et l’Iran est à surveiller de très près.

L’OPEP pourrait encore diminuer ses extractions à 28 millions b/j (29,83 en juin) pour s’adapter au 2 millions b/j supplémentaires mis sur les marchés par le schiste US.

 

Planète

Juin 2019 aura été le mois le plus chaud depuis le relevé des mesures notamment avec des poussées de fièvre en Europe, Inde, Amérique du Nord ont fait exploser les records.

Nonobstant, le réchauffement climatique n’est pas encore assez virulent pour que des décisions solides soient prises par les gouvernements. Quand atteindrons-nous le seuil de douleur “de chaleur” qui enclenchera une réaction? Les hausses brutales nous approchent de plus en plus de cette réponse.

Entre janvier et juin 2019, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 117,6 milliards $ dans le monde selon Bloomberg NEF. Par rapport à 2018, la baisse est de -14%, au plus bas depuis 2013.

Le mercure a dépassé les 32 degrés en Alaska alors que la température moyenne est normalement de 18,3 degrés. Du côté du pôle nord, dans la bien nommée ville d’Alert à 900 km du pôle, le mercure a atteint 21 degrés Celsius établissant un record absolu. En temps normal, la température moyenne est de 3,4 degrés avec des pointes à 6,1 degrés.

Les majors pétrolières européennes parlent de plus en plus publiquement de la relation entre les émissions de carbones du pétrole/gaz et le réchauffement climatique. Cependant, les indicateurs de la consommation d’énergie fossile restent à la forte hausse.

 

Economie

Les débats sur le réchauffement climatique et la croissance économique s’intensifient. Pour l’instant l’Economie et les grandes multinationales gardent le contrôle. Bruxelles propose de signer les traités du Mercosur avec l’Amérique Latine et le CETA avec le Canada. Il y a un certain paradoxe à promouvoir des échanges intercontinentaux tout en voulant maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et en promouvant la consommation locale.

De son côté, Donald Trump campe sur la thématique de l’immigration pour remporter son deuxième mandat.

 

 Les forces spéciales iraniennes saisissent le tanker pétrolier Stena Impero dans le Détroit d’Ormuz

 

Les pays du mois

Iran

L’ambiance entre Washington et Téhéran est toujours aussi guillerette. Les deux blocs s’affrontent à coups de buzz, de bluff, de tweets et de drones. L’Angleterre s’est également invité dans ce bac à sable car plus on est de fous, plus on rit.

A Gibraltar, Londres a saisi un tanker pétrolier iranien pour marquer le premier but: 1-0. L’égalisation à 1 partout est arrivée quelques jours plus tard avec la saisie un tanker anglais dans le détroit d’Ormuz. On peut soupçonner Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la course contre Boris Johnson, de s’être lancé dans cette aventure iranienne pour augmenter son temps de passage sur les chaînes de TV et marquer une stature internationale. Pas de bol, il a perdu. Le nouveau premier ministre, Boris Johnson changera-t-il la donne?

Les sanctions américaines pèsent sur l’Economie iranienne. De là à dire qu’elles pourraient reconduire les deux pays autours d’une table, il y a encore un pas. Du côté des chiffres, l’inflation a grimpé à 37,6% en juin (26,9 en mars) avec un taux de chômage de 12,1% selon la National Council of Resistance of Iran.

La prime d’assurance pour faire naviguer un tanker via le détroit d’Ormuz a été multipliée par 10.

La production pétrolière du pays est descendue à 2,22 millions b/j soit 1 million de moins qu’en 2018. Téhéran a décidé de ne plus donner ses statistiques pétrolières à l’OPEP.

Pour enfoncer le clou, Washington fait le forcing afin de réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes même si la Chine continue d’importer entre 150 et 200’000 b/j via son entreprise Zhuhai Zhenrong. Washington a donc décidé de faire pression sur Zhuhai et de lui couper l’accès au dollar américain et aux échanges de monnaies. La Chine a immédiatement annoncé qu’elle allait résister “aux attaques des USA basées sur un règlement américain.” En réalité, Zhuhai Zhenrong, n’utilisant pas le dollar, pourra continuer son commerce avec l’Iran.

Pour avancer les pions dans cette partie d’échec, l’Iran a décidé de dépasser les limites imposées dans l’accord sur le nucléaire. Dans ce contexte, le silence de l’Europe est assourdissant. Stratégiquement et géopolitiquement, le vieux continent est dépassé par la Russie, la Chine et les USA.

Au Brésil, 2 bateaux iraniens sont bloqués. Petrobras, le géant pétrolier national, refuse de livrer du carburant, eu égard aux sanctions américaines. Les deux bateaux apportaient des fertilisants et devaient repartir avec des céréales.

 

France

Le géant pétrolier Total devrait payer 30 fois plus d’impôts. En 2017, Total a déboursé seulement 31 millions $ d’impôts selon Attac.

Le gouvernement Macron a frappé très fort. Il va instaurer une taxe dissuasive de € 1,5 (un euro cinquante) sur les billets d’avion à destination de l’Europe et de € 3 sur les longues distances. Si la PDG d’AirFrance crie à l’infamie, dans les deux cas, on a de la peine à ne pas hurler de rire.

Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie, demande un rapport sur la construction du premier EPR sur le sol français. La centrale nucléaire initiée en 2007, devait être mise en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards €. Aujourd’hui, les prévisions estiment une ouverture en 2022 pour une facture de 12 milliards €. Quoi qu’il arrive, le prix du kWh produit sera très largement supérieur aux tarifs en vigueur. La question est de savoir s’il ne vaut pas mieux immédiatement tirer la prise d’autant que la filière nucléaire française commerciale est dépassée par les russes et les chinois.

Le mardi 23 juillet aura été marqué par un alignement de planètes. Alors qu’une nouvelle vague de chaleur plombe la France, Greta Thunberg fut invitée à l’Assemblée Nationale, les élus votèrent pour l’acceptation du traité de libre-échange CETA avec le Canada. Schizophrénique le grand écart.  Lire la tribune de Nicolas Hulot sur le CETA.

Suites aux enquêtes de Mediapart.fr, le ministre de l’Energie et de la Transition Ecologique François de Rugy a démissionné. Celui qui aura confondu «servir» et «se servir» tire un maigre bilan de ses 10 mois de présence. Il a été remplacé par Elysabeth Borne, qui porte le doux surnom de «Burnout», relatif à ses talents pour pousser dans la dépression ses collaborateurs. Marier «burnout» et «durabilité» semble antinomique, mais laissons-nous surprendre.

Emmanuel Macron a accordé la Légion d’honneur à Corinne de Bilbao, directrice générale de General Electric France de 2016 à 2019. Une nomination qui n’est pas anodine quand on connaît les conditions de la vente d’Alstom à General Electric, que le Président Macron a acté. Cette année, le groupe américain a supprimé 1’000 emplois sur son site de Belfort alors qu’Emmanuel Macron annonçait, à l’époque, la création de 1’000 emplois.

Près de 6,5 millions de Français boivent de l’eau contaminée au tritium. Cette substance radioactive est rejetée par les centrales nucléaires et se retrouve dans les nappes phréatiques.

 

Chine

Le Gouvernement chinois a fixé son PIB à 6,2% au deuxième trimestre. Les dernières éditions publiées par Pékin flirtaient entre 6, et 6,5%. Avec la taille actuelle, il est évident que l’Economie Chinoise ne peut plus continuer à doubler son volume tous les 10 ans.

La Chine va inaugurer 6 nouvelles centrales à charbon et 5 l’année prochaine pour un total de 11 gigawatts GW. China Energy, qui produit 175 GW d’électricité, va remplacer ses petites centrales à charbon très polluantes par des grandes centrales polluantes.

Entre 2005 et 2014, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 53,5%.

Les ventes de voitures ont diminué de 14% depuis janvier. La première baisse depuis 30 ans. La diminution des subsides et la confiance des consommateurs sont passées par là.

La Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz liquide (LNG) devant la Corée du Sud et derrière le Japon.

Pékin a lancé son Nasdaq pour rivaliser avec Wall Street. “Star Market” sera à disposition des entreprises high tech chinoises et de Pékin pour contrer la Silicon Valey. Pour son premier jour de trading les actions des 25 compagnies de l’index ont gagné 140% !

Une explosion dans une usine à gaz a été reportée à Yima dans la province du Henan. La Chine est coutumière de ces accidents. En l’occurrence, 15 morts et 15 blessés sont dénombrés.

 

Les premières images de l’explosion d’une usine de gazéification en Chine

 

Les Amériques

USA

Les Etats-Unis et la Chine continuent leur longue ballade le long de la rivière «guerre commerciale.» Trump a brandi une nouvelle vague de taxes sur 325 milliards $ de produits. A ce tarif, il va bientôt arriver à court de produits.

La ville de New York a subi deux pannes d’électricité consécutives. La première a touché 73’000 personnes pendant un peu plus de 4 heures dans le centre de Manhattan. L’incident serait passé inaperçu si il ne s’était déroulé dans le centre touristique de Times Square, Broadway et le Madison Square Garden où se produisait Jennifer Lopez. A travers tous les USA, l’infrastructure électrique vieillissante a de la peine à supporter les nouvelles charges.

La deuxième panne s’est déroulée après un weekend particulière chaud où les installations électriques, notamment la climatisation, ont poussé les capacités au-delà des limites.

Le républicain Donald Trump se positionne de manière magistrale dans la course à sa réélection et les sondages lui donnent raison. Il surfe sur une vague créée par quatre jeunes élues démocrates d’extrême gauche qui rivalisent d’idées pour pousser les électeurs à voter pour le camp adverse. Cet épisode n’est pas sans rappeler la campagne de 2012. A l’époque, le parti Républicain fut bousculé par l’extrême droite du Tea Party de l’inoubliable Sarah Palin. Cette incursion avait offert la victoire à Barak Obama. (Lire Thomas Friedman dans le New York Times, en anglais)

Le fond d’investissement Vanguard propose dans ses brochures des investissements sans pétrole, charbon, gaz qui nuisent à l’environnement. (presque un copier/coller de la brochure de la Banque Nationale Suisse). En fait, le fond s’est fait attraper la main dans le sac avec des actions pétrolières comme dans Schlumberger ou Marathon Petroleum.

Aux USA, 68’800 chargeurs électriques rapides sont à disposition dont 10’860 en recharge super rapide.

 

Schiste USA

En comparaison mois/mois, avril 2019 la production pétrolière a augmenté de 1,6 million b/j. Pour les mois d’Août 2017/2018, l’augmentation était de 2,1 millions b/j. (graphique ci-dessous)

Deux facteurs peuvent expliquer ce tassement :
A) le niveau total d’extractions tend à toucher un plateau
B) les investisseurs exigent des bénéfices. Pour l’instant, plus personne n’ose s’aventurer à prévoir un déclin du schiste américain ou mondial d’autant que la Russie ne s’est pas encore dirigée sur ce terrain.

Pour les USA, le schiste est porté par le Bassin Permien. Dans cette région, les petits producteurs pétroliers peinent à atteindre un retour sur investissement alors que les investisseurs serrent les cordons de la bourse. Les majors comme Chevron ou Exxon semblent seules à pouvoir relever le défi sans toutefois être capable d’atteindre un seuil de rentabilité.

 


Croissance de l’extraction pétrolière américaine d’une année à l’autre

 

Venezuela

L’extraction pétrolière s’est stabilisée vers les 700’000 b/j alors qu’elle atteignait le double l’année dernière selon S&P Global Platts.

Washington a bien resserré ses sanctions, mais préfère garder un socle de production au lieu de l’étouffer totalement. Ainsi certaines entreprises américaines comme Chevron, Weatherford, Schlumberger ou Baker Hughes bénéficient d’un passe-droit. Les objectifs sont de garder l’industrie à flot et de maintenir une présence américaine au cas où le nouveau gouvernement de Juan Guiado prendrait le relais.

Les nouvelles coupures d’électricité du début juillet ont paralysé les opérations des raffineries d’Amuay (635’000 b/j) et de Cardon (305’000 b/j). Les deux raffineries représentent le 70% des capacités du pays.

Le Président officiel Nicolas Maduro et le Président élu par Donald Trump, Juan Guaido tentent de trouver une solution à la crise politique actuelle. Les pénuries d’essence, d’électricité, de médicaments, d’entrées de devises ainsi que du blocus imposés par les Etats-unis pèsent sur la population. Arrivant comme la grêle après les vendanges, l’Europe propose d’augmenter ses sanctions contre le président Maduro.

 

Argentine

Les raffineries ont augmenté leur productivité à 78,3% grâce aux livraisons de pétrole de schiste de la Vaca Muerta dans la région du Neuquen (Mendoza). La production pétrolière est passée de 485 à 505’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 


Dessin Chappatte pour le Canard Enchainé

 

Europe

Russie

Les exportations pétrolières russes n’ont jamais été aussi basses depuis 3 ans. Les problèmes de la contamination du pipeline Druzhba de Transneft ne sont toujours pas réglés.

Débutée en avril, cette contamination bloque les transports pétroliers en direction de l’Europe. Le pétrole frelaté abîme les installations de raffinage.

Les deux géants Rosneft et Transneft se renvoient la balle. Transneft transporte le 83% du pétrole Russe à travers son réseau et Rosneft produit le 40% du pétrole Russe. Il n’est pas illusoire de penser que les deux directeurs ne vont pas partir en vacances ensemble.

De son côté, Lukoil le no 2 Russe, évite ce problème en expédiant son pétrole par tankers.

La centrale nucléaire de Kalinine, à 300 km de Moscou, a dû arrêter 3 réacteurs après une panne d’électricité. Un court-circuit dans l’un des transformateurs a déconnecté les réacteurs 1, 2 et 4 selon Rosenergoatom. Le réacteur 4 a été remis en service alors que les deux premiers restaient à l’arrêt jusqu’à la découverte des causes de l’incident.

 

Allemagne

Le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, aimerait interdire les billets d’avion inférieurs à 10€. Son intention ne se base pas sur des considérations climatiques, mais les compagnies à bas prix lui font trop de concurrence. Les nombres de vols de Lufthansa continuent d’augmenter. Le CEO ne perçoit pas d’effet Greta Thunberg et une diminution de la demande.

La production éolienne de la Mer du Nord, entre janvier et juin, a totalisé 9,51 térawatts/heure (TWh) soit +16% par rapport à 2018.

VW voudrait acheter pour 50 milliards € de batteries pour ses futures voitures électriques. Nothvolt, Suède, SKI, LG Chem et Samsung SDI, Corée du Sud et le chinois CATL sont pressentis.

 

Hollande

Le fond Sarrasin & Partners a vendu 20% de ses 1,3 millions d’actions dans le géant pétrolier Shell. Le 80% restant est en attente (40 millions $). Le fond pense que Shell ne respecte pas les objectifs de Paris.

Shell va investir 30 milliards $ pour l’exploitation et l’exploration pétrolière et gazière. La capitalisation boursière de Shell se monte à 300 milliards $.

Shell est déçue de la décision de Sarrasin mais souligne que sa stratégie a reçu de très forts supports d’une grande partie de ses investisseurs.

 

Suisse

Quand on pense à la Suisse, la perception imagine un pays à la pointe de l’efficience énergétique et du développement durable. Cependant la phrase de Greta Thunberg raisonne particulièrement bien pour l’Helvétie: “je crois que le plus grand danger n’est pas notre inaction. Le vrai danger est quand les entreprises et les politiciens font croire que des actions sont menées alors que rien n’est fait.

Ainsi, les rejets de CO2 liés aux carburants ne baissent pas et stagnent à 3,3% au-dessus de leur niveau de 1990. Mazout de chauffage, gaz et carburants restent en force alors que du côté du solaire et de l’éolien la Suisse pointe à la 25ème place sur 28 en Europe selon la Swiss Energy Foundation.

Au niveau mondial, la Suisse est le pays qui empêche plus que tout autre le développement durable dans le monde. Selon cette analyse de 160 pays, la Suisse est celui qui vit le plus sur le dos des autres selon la fondation allemande Bertelsmann.

Pour la 3ème année consécutive, les émissions de CO2 des voitures neuves grimpent. En Suisse, le prestige d’une 4×4 ou d’une puissante cylindrée prime sur le climat. En 2018, la moyenne des émissions des nouvelles voitures a atteint 13,78 kg de CO2 pour 100 km. L’objectif de 9,5 kg pour l’année prochaine ne sera pas respecté.

Pour se faire, la Confédération a pris des mesures drastiques face aux importateurs. En moyenne, ils ont dû payer une amende de 0,2% de leur chiffre d’affaires pour une facture totale de 30 millions. Il n’y a aucun doute à avoir: une taxe de Frs 80.—pour une voiture à 40’000, dissuade l’effet dissuasif. On peut même se demander qui a eu le courage politique de proposer un montant aussi ridicule?

Deux cents citoyens, défenseurs du climat, ont bloqué les entrées des banques Crédit Suisse à Zurich et UBS à Bâle. Ils ont demandé à ces deux grandes banques l’arrêt du financement de centrales à charbon, du pétrole et du gaz. La place financière Suisse (UBS, Crédit Suisse, Banque Nationale Suisse) sont des investisseurs de poids dans les énergies fossiles. 83 personnes ont été arrêtées et détenues jusqu’à 48h ! Cerise sur le gâteau, elles ont toutes été forcées, même les mineurs, de donner leur ADN alors que la législation l’interdit.
Twitter : @climategames_ch

Un collectif d’avocats, dont deux anciens bâtonniers vont défendre les activistes qui ont participé à l’Action Roger Federer qui pointait du doigt les investissements du Crédit Suisse.
Qui mérite réellement d’être condamné ? Des jeunes qui défendent leur planète ou une banque qui contribue à la détruire ?” demande Maitre Irène Wettstein

Les 10 pays qui empêchent le plus le développement durable dans le monde

 

 

Asie

Inde

L’américain Westinghouse continue ses discussions avec l’Inde pour l’installation de 6 centrales nucléaires.

L’électricité est à 75% générée par le charbon. La demande pourrait doubler dans la prochaine décennie et l’utilisation d’énergies renouvelables comme le solaire doivent encore faire un bout du chemin. Par contre, le charbon restera de loin la matière première la plus utilisée.

Le gouvernement ne va pas interdire les voitures à diesel car les besoins en carburants ne cessent d’augmenter dans le pays. Aucun mot n’a été mentionné sur la qualité de l’air. L’Inde est l’un des pays de destination des voitures diesels dont les moteurs ont été truqués et interdits en Europe où aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Les quotas de l’OPEP autoriseraient une extraction de 10,31 millions b/j mais Riyad reste sous les 10 millions. Durant les mois chauds d’été, le pays consomme une énorme partie de son pétrole pour se refroidir. Seuls 7 millions b/j ont été exportés.

Saudi Aramco, le géant pétrolier national, va investir 18 milliards $ pour ses gisements de Berri et Marjan avec l’objectif d’extraire quotidiennement 550’000 b/j de pétrole et 70 millions m3 de gaz soit 250 millions de kg de CO2 par jour. La capacité pétrolière maximale d’Aramco semble toucher 12 millions b/j.

Le Prince MbS Mohammed bin Salman veut débuter l’IPO de 5% d’Aramco d’ici à 2020 avec une levée de fonds de 10 milliards $.

 

Irak

En juillet, les exportations se stabilisent à 3,42 millions b/j et une production de 4,6. Bagdad espère pouvoir élever sa production à plus de 6 millions de barils par jour d’ici à une année et 9 millions à la fin 2023. Le gouvernement l’a fait savoir aux entreprises pétrolières étrangères sous peine de revisiter les accords.

La question de savoir si ces ambitions sont réalisables trouvera sa réponse dans les années à venir.

Le pays se soucie de l’ouverture du Détroit d’Hormuz ou transite la quasi-totalité de son pétrole. Comme les pétrodollars représentent 89% des revenus du pays, on peut comprendre ce pincement au cœur.

Dans le sud du pays, à Bassora, les températures flirtent avec l’invivable d’autant que les pénuries d’électricité n’arrangent rien. L’Irak ne peut plus importer de l’Iran l’électricité ou le gaz nécessaires à rendre la région vivable.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Les revenus pétroliers sont à la baisse à 10,2 milliards $ entre janvier et juin (-11,2%). Le pétrole représente le 92,8% du budget du pays.

Des missiles américains vendus à la France ont été cédés aux troupes du Général Haftar, l’homme fort du pays. Paris arme en cachette, en violation de l’embargo des Nations Unies, les troupes rebelles.

 

 

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

L’accord du Mercosur « Cet accord est complètement antinomique avec nos ambitions affichées et, surtout, avec la réalité de ce qu’il faut faire. Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques. L’amplifier ne fait qu’aggraver la situation. » Nicolas Hulot sur l’accord du Mercosur (Europe-Amérique Latine).

«Nous passons un accord avec M. Bolsonaro du Brésil. Faire parcourir des milliers de km à un morceau de bœuf pour qu’il soit consommé dans un pays qui en produit, n’est-ce pas franchement stupide?» Christian Bourdin, BFMTV question posée à Sylvette Ndiaye, porte-parole du gouvernement français.

«Le Président Trump se soucie de l’environnement. Les États-Unis livrent leurs produits partout dans le monde, qu’il s’agisse de gaz naturel liquéfié, de technologies renouvelables, d’énergie nucléaire. Ils sont utilisés dans le monde entier. Nous déplaçons littéralement des tonnes et des tonnes de gaz polluants et d’émissions de CO2 de charbon en Europe et nous les remplaçons par du gaz naturel propre.» Rick Perry, Directeur du départment de l’environnement US.

Pensée: La révolution est-elle possible? Qu’est-ce que la révolution pour les consommateurs puisque nous en sommes tous devenus? Nous ne sommes plus des citoyens, mais des consommateurs. Les consommateurs peuvent-ils se rebeller? Créer du changement social? Les consommateurs sont-ils des victimes, des prisonniers des entités qui leur fabriquent des choses ?

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.