Après Trump, Pékin mise sur le Made in China

Si Donald Trump effraie ou fait sourire avec son «America First», la stratégie du «Made in China 2025» dévoilée par Pékin va se révéler nettement plus dévastatrice pour l’Europe et les occidentaux. Si Trump tweete sa volonté, les chinois jouent la discrétion.

Ainsi après avoir fait main basse sur l’énergie solaire et éolienne, la Chine porte son dévolu sur les solutions hautement stratégiques de stockage d’électricité et les véhicules électriques. Comme à son habitude, le pays du Milieu ne fait pas dans la demi-mesure pour se saisir de ce marché initié par les occidentaux.

 

Le concept «Made in China 2025, ou China Manufacturing 2025» est fondamentalement simple. Il se contente de rapatrier des technologies occidentales via l’achat de brevets ou d’entreprises dans les domaines hautement stratégiques comme l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la biopharmacie, les voitures électriques ou la production énergétiques.

Pour compléter le dispositif, Pékin ajoute l’arsenal usuel de protectionnisme et de manipulation des marchés avec des freins administratifs ou des soutiens financiers aux entreprises locales.

Selon le président Xi Jinping la science et la technologie sont les «batailles principales de l’Economie» et au-delà de la puissance militaire, c’est sur ce terrain que l’hégémonie mondiale de la Chine se construit.

 

Activation des voitures électriques

Pour entrer sur le marché chinois, les grands fabricants occidentaux, japonais et Sud-Coréens de batteries doivent céder leur savoir-faire pour avoir le privilège d’écouler temporairement leurs produits. Preuve de son avance technologique, le Suisse Leclanché a vu entrer dans son actionnariat l’ombre chinoise.

Si la Chine est devenue incontournable, c’est qu’elle a su créer une demande dans la voiture électrique. Elle a réussi à immatriculer 1 million de véhicules et devrait en ajouter 4 millions d’ici à 3 ans pour atteindre la barre des 5 millions.

Depuis 2012, cette tendance a été encouragée par des subventions massives et des changements de lois. Ainsi les constructeurs locaux, comme BYD (Build Your Dream) ont été financièrement favorisés pour écouler leurs produits au nez et à la barbe des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

En quelques années, BYD installée à Shenzhen a vu sa capitalisation boursière exploser à 18,7 milliards $ à la poursuite de Telsa qui culmine à 50 milliards $.

 

Les japonais ont inventé la batterie, les Coréens l’ont démocratisée et les chinois vont la dominer.

Depuis une décennie, l’industrie des batteries est dominée par les japonais et les sud-coréens mais Pékin ambitionne de doubler sa production d’ici à 2020 pour reprendre le flambeau. La salve actuelle se focalise sur les systèmes lithium-ion chers aux constructeurs automobiles. Le chiffre d’affaires est estimé à 40 milliards $ d’ici à 2025.

Comme dans l’énergie solaire, la stratégie chinoise se base sur l’asphyxie de la compétition en proposant des tarifs imbattables. Si le solaire a chuté de 70% en quelques années, le prix des batteries est déjà sur cette voie.

Aujourd’hui Panasonic est le plus grand fournisseur mondial mais le japonais est talonné par CATL qui produit actuellement 7,6 GigaWatts heures (GWh) par année. En 2020, le chinois CATL dépassera, la Gigafactory de Tesla et Panasonic installée au Nevada, USA et créera 20’000 nouveaux emplois.

Globalement, la Chine est sur le point de livrer pour 121 GigaWatts heures assez pour propulser 5 millions de voitures sur 100 km selon Bloomberg.

Graphique: 2000Watts.org

Là aussi, Pékin s’assure que seuls les champions locaux en profitent. L’administration a bloqué tous les producteurs étrangers pour la livraison de batteries aux automobiles chinoises et seuls les producteurs qui dépassent 8GWh ont droit à des subsides.

Le hasard fait bien les choses puisque seuls BYD et CATL remplissent ces critères. Tout a été fait pour écarter Samsung et Panasonic.

 

Pour garder l’hégémonie planétaire, les chinois devront trouver le moyen d’augmenter la performance tout en diminuant les prix qui représentent aujourd’hui le 50% du prix des véhicules.

Malicieux, Pékin a planifié en détail son invasion en sécurisant l’accès aux matières premières notamment dans les terres rares, le cobalt ou le lithium. Là-aussi, le pays du milieu a déjà ratissé les mines du monde entier en passant par l’Argentine, le Chili ou les mines de Cobalt de la République Démocratique du Congo.

Avec les problèmes de plus en plus aigus du pétrole, la Chine a l’ambition de devenir “l’Arabie Saoudite” de la mobilité mondiale. Avec la main mise sur la voiture électrique et des solutions de stockage pour les énergies renouvelables, Pékin tient en ses mains une arme bien plus efficace que n’importe quelle armée.

Pendant ce temps là, Trump creuse pour trouver du pétrole…

Fukushima Daiichi souffle 6 bougies: éclairage

Il y a 6 ans, la catastrophe de Fukushima avait détruit 3 réacteurs, dévasté l’industrie nucléaire mondiale et transformé fondamentalement la vie de millions de japonais.

Initialement, les coûts avait été estimés à 10 puis réévalués à 40 milliards $. Six ans après, le Gouvernement a déjà versé 70 milliards $ à Tepco, l’opérateur de la Centrale et l’ancien Premier Ministre Naoto Kan, estime que la facture devrait atteindre plus de 240 milliards $ payés en grande partie par les impôts des japonais. A ce jour la douloureuse atteint 183 milliards $.

Du côté de la santé, les taux de radiations sont simplement effrayants.


Permettre aux liquidateurs de travailler

Dans le bâtiment du Réacteur 2, Tokyo Electric Power, Tepco, annonce une radioactivité ambiante de 650 millisieverts/heure à proximité du réacteur où les barres d’uranium ont fondu. A ce niveau, un homme est mortellement touché en moins d’une minute et les robots spécialement réalisés par Hitachi et Toshiba voient leurs systèmes informatiques grillés en 90 minutes.

Les informations dévoilées ces derniers mois permettent de mieux connaître l’état des réacteurs mais ne signifient pas que la situation s’est aggravée depuis 6 ans même si la catastrophe de Tchernobyl n’avait jamais atteint de tels niveaux radioactifs.

Du côté des Réacteurs 1 et 3, la radioactivité est tellement élevée qu’elle ne permet pas aux robots de s’aventurer dans les bâtiments.

A l’extérieur des réacteurs, le niveau est de 5 millisieverts par heure. Pour permettre de travailler dans la Centrale, le gouvernement a augmenté le taux maximal d’exposition à 250 mSw/an des 6’000 liquidateurs occupés à décontaminer, surveiller ou refroidir les réacteurs. A titre de comparaison, un travailleur européen du nucléaire est autorisé à supporter une exposition annuelle maximale de 20 mWs.

 

Attendre que la radioactivité diminue

Sous pression des experts internationaux, il aura fallu de longs mois à Tepco pour avouer que les centaines de tonnes de combustibles nucléaires des Réacteur 1, 2 et 3 avaient fondu et percé les cuves des coeurs des réacteurs. Naomi Hirose, President, TEPCO a présenté son méa culpa en juin 2016 pour avoir tardé à avouer la véritable situation.

Bien que personne ne sache réellement où l’uranium fondu des 3 réacteurs se trouve, Tepco espère que les enceintes de confinement en béton, situé sous les réacteurs, ont été capable de résister.

Naohiro Masuda, en charge du démantèlement et de la décommission des 3 réacteurs, espère pouvoir commencer à retirer l’uranium d’ici à 2021. Le processus devrait durer entre 20 et 30 ans. Mais pour l’instant, son plus grand défi est de trouver la balance entre le temps que chaque employé peut passer sur le site et le travail qui est à accomplir. Il estime que chaque réacteur comporte plus de 200 tonnes de matériaux nucléaire en fusion mélangé à des débris, du béton, du fer.

Le directeur actuel de la Centrale, Shundi Ushida confirme que la construction de sarcophages, comme à Tchernobyl, n’est pas une solution.

Tepco et les sous-traitants font face à une autre interrogation. Comment retirer le combustible en fusion? Cet défit n’a encore jamais été réalisé. La méthode ainsi que les machines restent à inventer.

La cuve du Réacteur 2 et le combustible fondu
Image: Tepco

Niveau des cancers à surveiller et retour des habitants

Du côté de la population, selon l’une des référence sur la catastrophe de Fukushima, l’ingénieur nucléaire Arnie Gundersen de FaireWinds.org, pense que les cancers de la tyroïde, des organes et leucémie augmentent notamment auprès des filles et des mamans et pourraient toucher plus d’un million de personnes.

Dans ce chaos, un seul homme est resté: Naoto Matsumura. Depuis le premier jour, il s’occupe des animaux abandonnés par leurs propriétaires partis sans espoir de retour.

Paradoxalement, c’est dans cette ambiance radioactive que le Gouvernement incite les anciens habitants à retourner vivre à proximité de la Centrale afin de réduire les coûts. Pour se faire, Tokyo va supprimer toutes les aides de ces 350’000 personnes parties et les forcer soit à retourner dans une région fortement irradiée soit à un exil définitif.

 

Refroidir les réacteurs

Depuis 6 ans, il faut continuellement et quotidiennement refroidir les réacteurs avec 300 m3 d’eau et le site a accumulé plus de 400’000 tonnes d’eau dans des milliers de réservoirs en attendant de pouvoir la décontaminer.

Des systèmes de filtration d’eau réalisés sur-mesure par Hitachi, Areva et Toshiba ont été installés pour tenter de diminuer la teneur radioactive, mais les éléments les plus virulents restent. Une solution pourrait être trouvée en déversant petit à petit cette eau hautement radioactive dans le Pacifique.

 

Il faudra encore 25-30 ans pour peut-être voir la lumière au bout du tunnel en espérant que cela ne soit pas un autre train qui arrive. Pour l’instant, les japonais croisent les doigts pour que les Jeux Olympiques de 2020 ne soient pas mis en danger par une évolution défavorable de la Centrale.

Dans les autres pays du monde, on espère que pareille erreur humaine ne se reproduise pas.

Energies, Pétrole et Economie: Revue Mondiale Février 2017

Comme le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies:
– USA: Tesla pèse 45 milliards $ et enlève le mot: Motors dans son nom
– Russie: Le pays achète du pétrole à l’Iran et la Libye
– Japon: Fukushima explose les taux de radiation de Tchernobyl
– DeepWater Horizon: La marée noire aura coûté 62,2 milliards $ à BP
– Irak: Les attentats se multiplient dans le sud pétrolier
– Canada: Les sables bitumineux à la peine financièrement
– USA: L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record.


Tout ça pour ça! Le pétrole est scotché sur le pas de la porte et ne sait pas s’il doit rentrer ou rester dehors. Le baril termine à 55,93$ à Londres (55,23$ janvier) et à New York 54.05$  (52.36$ janvier). Vous noterez que les stations d’essence ne répercutent plus les baisses

Le peak uranium s’invite dans les prix de l’uranium qui passe à la hausse après avoir touché les 18$ en novembre dernier. L’uranium remonte à 24,5$ (23$ janvier).

 

Le Graphique du mois
Découverte et investissements dans les nouveaux gisements pétroliers

Monde

Il n’y a eu que 174 découvertes de gisements de pétrole et de gaz en 2016 (400 en 2013). Un plus bas en 60 ans. Le manque de ressources financières et la difficulté de trouver de nouveaux endroits se cumulent et montrent que nous passons dans une nouvelle ère. Dans les années à venir, il va falloir compter sur le pétrole non-conventionnel pour répondre à la demande.

L’industrie pétrolière mondiale a perdu 441’371 emplois depuis juin 2014.

Le Grantham Institute et l’Imperial College London pense que la chute des prix des voitures électriques et des technologies solaires font peser une menace sur les compagnies pétrolières qui n’anticipent pas ce changement de paradigme prévu vers 2020.

Il y a 10 ans personne n’aurait pensé que les voitures électriques fassent trembler l’industrie pétrolière. General Motors retirait ses 1’117 voitures EV1 pour les détruire alors qu’aujourd’hui la valorisation boursière de Tesla dépasse la majorité des constructeurs automobiles conventionnels.

 

OPEP

Si les membres de l’OPEP suivent à 90% leur quota, l’augmentation de la production Libyenne et des USA coupe toute tentative d’une hausse des prix du baril. Du coup, les prix ont de la peine à prendre l’ascenseur pour le plus grand bien de l’Economie mondiale.

 

Russie

Le Kremelin a réduit sa production de 130’000 b/j par rapport à octobre et respecte les engagements de l’accord avec l’OPEP. En décembre, la Russie avait produit 10.49 millions b/j (no 1 mondial). Avec les coupes de l’Arabie Saoudite, le premier rang de la Russie pourrait durer quelques mois encore.

La Russie achète du pétrole en Iran, Irak (Kurdes), Lybie. Alors que le Kremelin n’a pas besoin de pétrole, il faut voir dans ce geste une intention géopolitique et une augmentation de son pouvoir dans ces régions pétrolières.

L’Economie du pays retrouve la croissance. En fait, pour être plus précis, les revenus du pétrole croissent et comme le pétrole c’est l’Economie, l’Economie croit. Si en 2016, la contraction était de 0,6%, cette année la croissance devrait indiquer : +1,1%.

Moscou se fait de plus en plus draguer par l’administration Trump qui espère diminuer l’entente Chine-Russie gardant en tête que diviser est une façon de régner. Cependant, les stratèges chinois et russes ont l’air mieux équipé et compétent que les oiseaux de la Maison Blanche.

Le gisement de Samotlor, qui produisait 3 millions b/j en 1980, n’atteint que 300’000 b/j aujourd’hui. Les forages sortent 20 fois plus d’eau que de pétrole et à 50$, la rentabilité est limitée.
Du coup, Moscou envisage de couper les taxes d’extractions en deux pour les gisements qui produisent plus d’eau que de pétrole. Cette tactique permettra à Rosneft, l’opérateur de ce gisement, d’extraire les dernières gouttes.

 

Le Nombril du Monde

Donald Trump va augmenter le budget de l’armée de 10% (+54 milliards $) pour cette année. Après Wall Street et le Pétrole, l’Armée rejoint le club des nantis.

Les majors pétrolières ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips ont été forcées d’emprunter pour payer les 21,4 milliards $ de dividendes à leurs actionnaires. Leurs dettes à long terme ont augmenté de 40 à 95 milliards $.
Le bénéfice de ces 3 acteurs a fondu de 80 milliards $ en 2012 à 3,7 milliards $ en 2016. Il reste toujours de quoi offrir des bonus dont 170 millions pour le départ de Rex Tillerson pour le Gouvernement Trump.

En 2016, la balance commerciale entre la Chine et les USA est de 347 milliards $ en faveur de la Chine. Le déficit total de la balance commerciale des américains est de 763 milliards $. Ces chiffres peuvent expliquer la volonté du Président Trump de redresser le déficit commercial US.

Rex Tillerson, encore lui, et Trump, encore lui, ont abrogé la loi de transparence Dood-Frank de 2010 qui interdisait l’utilisation de la corruption par les entreprises pétrolières, gazières et minières américaines à l’étranger. Grâce à ces deux compagnons, les entreprises US vont pouvoir réutiliser les petites enveloppes pour faciliter leur business et cela en toute légalité. Pour en savoir plus, cherchez dans le dictionnaire du Commerce sous “protectionnisme” et “éthique”.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie est le pays qui a le plus coupé sa production pour respecter les quotas imposés par l’OPEP. Il faut aussi dire que Ryad avait poussé ses machines à fonds afin d’annoncer une solide baisse. C’est comme manger 3 gâteaux en entrée, forcement qu’il est plus facile de se priver durant le repas principal. L’un dans l’autre, le pays est simplement revenu à sa production normale, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat!

Ryad se lance dans le solaire et l’éolien pour générer de l’électricité. L’objectif est de produire 10 gigawatts et d’économiser 13 millions de litres de pétrole par jour.

Ryad annonce qu’une étude indépendante réalisée par une entreprise américaine payée par Ryad dévoile que les réserves pétrolières d’Aramco sont exactement les mêmes que celles reportées par le Gouvernement. L’enseignement majeur de cette étude souligne que l’entreprise qui a réalisé cette étude va pouvoir continuer à travailler pour Aramco.

Pour mémoire, Saoudi Aramco annonce des réserves de 261 milliards de barils alors qu’il y a 30 ans les réserves étaient déjà de 261 milliards de barils. En Arabie Saoudite, le pétrole serait-il renouvelable ?

 

Japon

Les taux de radiations les plus élevés mesurés à Tchernobyl étaient de 300 sieverts par heure histoire de tuer un homme en 60 minutes.

Ce mois à Fukushima, les radiations ont été mesurées à 530 sieverts dans le Réacteur no 2. Une dose de 20 minutes vous sera mortelle et les parties électroniques d’un robot grilleront en 2 heures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le combustible nucléaire du Réacteur 3, à base de plutonium, est encore plus redoutable.

A ce jour, comme les hommes et robots n’ont pas réussi à s’approcher à proximité du Réacteur 3 et du Réacteur 1, il est impossible de connaître l’étendu des dégâts et surtout où se trouve l’uranium fondu.

Les coûts pour neutraliser les 3 réacteurs sont estimés à 170 milliards $ à la charge des contribuables japonais et les solutions techniques n’existent encore pas.

Dessin Chappatte

Europe

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA) a été ratifié à une large majorité, par le Parlement européen. Il entre en force en attendant que tous les gouvernements le ratifient.

 

Angleterre

Selon Bob Dudley, CEO de BP, la catastrophe de Deepwater Horizon de 2010 aura coûté 62,2 milliards $. Cela n’empêche pas ses dirigeants de retenter l’expérience avec de nouveaux forages dans le Golfe du Mexique. Toujours selon la major British, il faut un baril à 60$ pour redresser ses comptes financiers.

BP va s’engager de manière « incrémentale » dans le pétrole et gaz de schiste aux USA.

La pollution, causée par les voitures diesel et le chauffage à bois, atteint des records dans la capitale Londres.

EDF-Areva ne savent toujours pas si la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point va pouvoir se réaliser. Les français semblent finalement admettre que l’ampleur des fonds financiers pour construire ce temple pourrait être insurmontable voir déraisonnable.

Toshiba va certainement renoncer à construire une nouvelle centrale nucléaire en Angleterre. Le géant japonais croule sous les 10 milliards $ de dettes creusées par sa filiale nucléaire aux USA. La survie de Toshiba est en jeu.

 

Danemark

Maersk, n’est pas seulement l’un des leader mondial du transport maritime et de container, mais propose également ses services dans le pétrole. Pas de bol pour eux, il s’agit de deux domaines qui se sont fait laminer en 2016. Résultat de la casse: une perte de 1,9 milliard $ après déjà avoir amorti pour plus de 2,7 milliards $ les pertes de sa division pétrole.

 

Suisse

Les grandes entreprises suisses d’électricité ont réussi à cloisonner la production d’énergie solaire et à se réserver les subventions initialement prévues pour les particuliers. Ainsi les installations inférieures à 100 kW ne bénéficieront de plus aucune aide gouvernementale.

Du côté des barrages, les producteurs reçoivent une prime de 0,03 ct kWh ce qui va leur permettre de retourner dans leur léthargie et de consolider leur monopole.

Le parc suisse de véhicules à moteur a progressé de 84’500 unités en 2016 (+1,43%) pour un total de 5,98 million, dont 4,5 millions de voitures de tourisme et 720’400 motos. Les automobilistes ont dépensé 10,1 milliards pour l’essence, dont plus de 4 milliards sont exportés aux pays producteurs de pétrole.

 

France

La course à la Présidentielle française tourne au vaudeville dont les acteurs principaux sont un riche banquier psychopathe et un cleptomane au service de sa famille. En France, une certitude: les 5 prochaines années seront très longues.

Le gouvernement va supporter le solaire à hauteur de 9 milliards € et l’hydraulique avec 530 millions € durant les 20 prochaines années. On a de quoi être étonné par ces montants ridicules si on les met en relation avec les besoins du pays.

George Clooney durant les Césars sur Donald Trump

Les Amériques

CRU Group pense que 4,4 millions de voitures électriques seront vendues en 2021 en comparaison avec les 1,1 en 2016. Du coup, les prix du Cobalt partent à la hausse. Ce métal est un composant clé pour la fabrication des batteries lithium-ion.

 

USA

Tesla a publié de bons chiffres, les revenus sont en hausse de 88%. Ils ont donné plus de détails sur le modèle 3 à 30’000$ et enlevé le mot “Motors” dans le nom. Le titre Tesla pèse 45 milliards $ en capitalisation boursière. Renault pèse 25 milliards, PSA 15 milliards, Volkswagen 75 milliards, tout comme Daimler/Mercedes et BMW 55 milliards… Porsche 8 milliards et General Motors est à 55 milliards pendant que Ford vaut 50 milliards…
Si vous avez 5 minutes, regardez juste combien de voitures sont produites par Tesla et par le reste…

Philip Anschutz, le milliardaire du sport, va investir 3 milliards $ dans la construction d’une ferme d’éoliennes dans la Wyoming afin de livrer l’électricité en Californie. Il va également investir 3 autres milliards $ pour construire les lignes pour transporter l’électricité.

L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record pour le pays. (7,4 en 2015).

L’US Energy and Employment de l’United States Departement of Energy conclue que les énergies renouvelables créent plus d’emplois que les énergies fossiles. Ca ne risque de pas plaire à Donald.

L’évolution des investissements d’ExxonMobil, de Chevron et de ConocoPhillips
2013 = $87.2 milliards
2014 = $85.4 milliards
2015 = $66.0 milliards
2016 = $46.6 milliards

Le Pape François insiste que les peuplades indigènes doivent donner leur accord sur les activités économiques qui pourraient se réaliser sur la terre de leurs ancêtres. Cette remarque entre en frontale avec le souhait de l’équipe Trump de construire un pipeline de 3,8 milliards $, le Dakota Access, sur les terres des Indiens sous le Lake Oahe et la rivière Missouri. Sur ce sujet, les indiens Sioux ont été délogés par les forces de police sur le tracé prévu du pipeline.

Sur le même sujet. Kelcy Warren, le milliardaire qui possède Energy Transfert Partners, estime avoir suivi toutes les règles légales pour construire le pipeline Dakota Access mais qu’il a totalement sous-estimé la puissance des médias sociaux. Ce n’est pas pour le contrarier, mais le plus beau reste à venir.

Schiste
Grâce à Wall Street, l’industrie de schiste est en train de relever la tête. Il en va tout autrement pour les forages offshores qui boivent la tasse. Pour les années à venir, soit le pétrole de schiste tient ses promesses et va pouvoir être capable de maintenir la production mondiale, soit nous allons revisiter les années folles du Rock&Roll.

La production US remonte à 9 millions b/j.

Sur l’année 2016, le Texas a diminué sa production de 10%. En décembre la production a atteint 74,2 millions de barils contre 76,7 en décembre 2015.

Dessin Chappatte

Canada

Les sables bitumineux n’ont plus vraiment la côte avec un baril à 50$. Les investissements proviennent essentiellement des champions locaux comme Suncor Energy Inc.

ConocoPhillips annonce que ses réserves dans les sables bitumineux est passé à 1,2 milliard de barils au lieu de 2,4 comme précédemment annoncé. La réduction vient en grande partie du prix du baril de pétrole.

De son côté, ExxonMobil a historiquement effectué la plus grosse coupe dans l’évaluation de ses réserves de sables bitumineux. Roulement de tambour! -16 milliards $ ou -3,3 milliards de barils. Quel bouillon !

 

Venezuela

Caracas a de la peine à livrer la Chine et la Russie alors qu’ils tiennent à bout de bras le pays dans des échanges cash contre pétrole. La Chine détient 50 milliards et la Russie 5 milliards $ de dettes. Le retard est estimé à 45 tankers et le 1/3 du pétrole sert à repayer les dettes au lieu d’apporter de la nourriture dans le pays. Comme dans la pyramide de Maslow, le pétrole arrive après la nourriture, la probabilité que le peuple se soulève n’est pas nulle.

Puisque que l’on parle miam: 75% des vénézuéliens ont perdu en moyenne 10 kg durant la dernière année alors que les denrées alimentaires se font de plus en plus rare.

Caracas expédie 70 à 80’000 barils/jour de pétrole à Cuba en échange de docteurs et de services médicaux.

Moyen-Orient

Iran

L’ambiance est de plus en plus sympathique entre les faucons américains et Téhéran. L’Iran a proposé aux entreprises américaines de venir exploiter le pétrole, mais les règles US interdits aux américains d’y venir. Trump aimerait renforcer les sanctions, mais l’Europe s’y oppose

Avec le rapprochement Russie-Turquie-Iran-Qatar, l’Europe voit son gaz provenir d’un seul et même block. Ce n’est pas le moment de froisser l’Iran ou la Russie alors que le gaz est en jeu.

Téhéran vend 100’000 barils/jour à la Russie et reçoit la moitié du payement en cash et l’autre partie en nourriture, services et armes militaires.

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement de 15 milliards de barils dont 2 milliards extractibles. Le lieu n’a pas été indiqué, mais stratégiquement cette information peut attirer l’attention des investisseurs étrangers.

L’Iran a doublé ses livraisons pétrolières à la Corée du Sud et pique des parts de marché à de l’Arabie Saoudite.

 

Irak

La bataille de Mossoul n’est pas encore terminée que les parties sont déjà en train d’imaginer le futur. Les Peshmerga Kurdes ont conquis une grande partie du territoire de l’Etat Islamique dont les gisements pétroliers. Ce pétrole pourrait permettre aux Kurdes d’obtenir l’indépendance qu’ils recherchent depuis plus de 100 ans. Pour renforcer son influence dans la région, la Russie a commencé à acheter du crude aux Kurdes.

La baisse de la production irakienne du mois de janvier peut être imputée à la maintenance de plusieurs installations. Tant Bagdad que les Kurdes ont un besoin urgent d’argent et le respect des quotas de l’OPEP risque d’être une préoccupation trop onéreuse.

Bagdad a remonté ses réserves de pétrole de 143 à 153 milliards de barils de pétrole.

Les irakiens aimeraient reconstruire leur flotte de tankers pétroliers détruits durant la guerre de 1991 et construire 12 raffineries. Pour l’instant, l’argent du gouvernement est dirigé vers les forces militaires pour combattre l’Etat Islamique..

Evolution des bénéfices des 3 grandes majors pétrolières américaines

Asie

Chine

En 2016, la consommation de pétrole aurait augmenté de 3% et le PIB de 6,5%. Mathématiquement, ça se tient, d’autant que la Chine effectue un revirement de l’industrie vers les services.

La Chine possède 36 centrales nucléaires en opération, 21 en construction et 7 sont en projet. La Chine a également ratissé presque tout l’uranium qui trainait sur les marchés.

 

Corée du Nord

La nouvelle du mois, à part l’assassinat du demi-frère par le malade qui dirige cet Etat, est l’arrêt de l’importation du charbon nord-coréen par la Chine. Les ventes à Pékin représentaient 30-40% des revenus du pays ce qui va forcément avoir un impact sur le sourire du ministre du budget et le nombre de missiles tirés, pour l’instant, sans tête nucléaire.

En novembre dernier, l’ONU avait plafonné les exportations de la Corée du Nord à 57,5 millions de tonnes.

Afrique

Libye

Le géant Suisse Glencore, qui traite 4,4 millions b/j, pourrait s’occuper du tiers de la production libyenne soit 230’000 b/j sur une production de 700’000 b/j. Conformément aux pratiques de l’entité size à Zoug, (canton presque sans impôts), le montant, contenu dans la petite enveloppe distribuée aux dirigeants libyens, n’a pas été révélé.

La production est remontée à 700’000 b/j et pourrait atteindre 1,2 millions b/j d’ici août. Avant le renversement de Kadhafi par Sarkozi, la production atteignait 1,6 millions b/j. La moitié de ce pétrole est exporté mais le pays n’a toujours pas un gouvernement unique et l’augmentation de la production n’est pas garantie.

La Russie continue de resserrer et retisser ses liens avec la Libye alors que l’Europe patauge et que l’équipe de Trump ne sait toujours pas ou se trouve la Libye sur la carte du monde. Là aussi, Moscou commence à acheter du pétrole à la Libye.

 

Nigeria

Le président, de 74 ans, muhammadu Buhari s’est rendu à Londres le 19 janvier dernier. Ce qui devait être des vacances avec un contrôle de santé, semble être devenu un séjour à l’hôpital. Le vice-président Yemi Osinbajo est en charge du pays.

Le gouvernement est en train de travailler avec les milices pour diminuer le nombre d’attaques des installations pétrolières histoire de faire entrer des devises dans le pays et dans les poches des milices. Quand le pétrole était à 100$, le gouvernement avait instauré un système de corruption afin de déverser des pétrodollars dans les caisses des milices en échange d’une paix sur le pétrole.

Au Nigeria la corruption est endémique et le pétrole y participe activement. Le ministre du Pétrole a annoncé que le pays a perdu 100 milliards $ à cause des attaques des milices et on peut y ajouter les petites enveloppes aux bonnes personnes.

 

Phrases du mois

Scott McKay suggests in The American Spectator, “The hacks covering Trump are as lazy as they are partisan, so feeding them . . . manufactured controversies over [the size of] inaugural crowds is a guaranteed way of keeping them occupied while things of real substance are done.”

Le banquier est conservateur. Il fait toujours faillite de la même façon. Johen Keynes.

«L’industrie du ciment reçoit des allocations gratuites pour émettre du CO2, elle ne paie donc pas pour la pollution qu’elle produit. Bien pire, elle engrange des profits exceptionnels grâce aux trop nombreux permis de polluer qu’elle reçoit», selon l’ONG Carbon Market Watch, qui chiffre ces profits à «plus de 5 milliards d’euros».

Je ne monterai jamais dans une voiture sans chauffeur. J’ai déjà la trouille quand c’est pas moi qui conduit. Thomas Veillet

Fossil fuels may lose 10 percent of market share to PV and EVs within a single decade. This may not sound much but it can be the beginning of the end once demand starts to decline.” Carbon Tracker Initiative

If you can get anywhere near the cost target [$100 per kilowatt-hour of energy storage] then you can change the world. It becomes cost effective to put storage batteries in so many places – this research puts us one step closer to reaching that target.” Michael Aziz, lead researcher in a Harvard battery project and a professor of materials and energy technologies

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Retrouvez la Revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump: Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

Après la carte blanche offerte à l’industrie pétrolière par le Président Trump, l’industrie automobile n’aura pas attendu très longtemps pour réclamer sa part du gâteau.

Ainsi, 18 fabricants dont General Motors, Ford, Fiat, Chrysler, Toyota, Volkswagen, Honda, Hyundai, Nissan ont officiellement demandé l’assouplissement des réglementations légales sur les émissions polluantes et de gaz à effets de serre des véhicules produits aux USA. La tâche sera d’autant plus aisée que le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, est un climato-sceptique de haut vol.


En janvier, le Président Trump avait rencontré les CEO des 3 grands géants GM, Ford, Fiat-Chrysler. Promesse avait été faite d’alléger “les réglementations environnementales inutiles et hors de contrôle” afin d’aider à l’implantation d’usines et la création d’emplois aux Etats-Unis.

Dans son soutien inconditionnel au pétrole, le président Trump considère la voiture comme l’outil idéal pour consommer immédiatement et localement l’or noir.

 

Terminer avec l’ère Obama

Pourtant en 2011, la réglementation avait été acceptée par tous les constructeurs automobiles. Le gouvernement Obama proposait de réduire la consommation moyenne des voitures de tourisme, (hors pick-up et SUV) à 4.6 lt/100 km (10,5 kg CO2 au 100/km) d’ici à 2025 au lieu des 5,7 litres de l’époque.

En comparaison, l’objectif moyen 2020 pour l’Europe est de 4,1 lt/100 km  (9,5 kg CO2 /100 km)

Pour ce faire, les constructeurs devaient réduire la taille des moteurs sur vitaminés américains, améliorer leur efficience énergétique et éventuellement supprimer les logiciels cachés qui permettent de contourner les tests de pollution.

 

Le forcing de l’Industrie

Dans l’accord de 2011, l’EPA avait prévu une réévaluation de la réglementation d’ici à avril 2018 pour les modèles 2022-2025.

Aujourd’hui, les constructeurs demandent d’ouvrir cette étude «sans préjuger du résultat final» tout en soulignant «l’engagement du président Trump pour renforcer l’Economie des Etats-Unis et l’emploi dans le secteur automobile».

En se référant au manuel de base de la communication qui privilégie l’utilisation de chiffres élevés ainsi que la menace sur l’emploi pour influencer l’opinion, les constructeurs ont entonné en cœur le refrain «que ces règles menacent la production future mettant en péril des centaines de milliers et peut-être jusqu’à 1 million de postes». Dix millions auraient été encore plus imposant, mais ce chiffre aurait été immédiatement classé dans la case «fake news».

On comprend mieux la retenue relative du lobby automobile. Un million: c’est classe et ça fait juste assez peur.

 

Consommer le pétrole américain

A l’époque, l’administration Obama avait estimé les économies pour les consommateurs à un peu plus de 100 milliards $ par an. Du côté de l’industrie les coûts devraient se monter à 15 milliards par année sur 13 ans (200 milliards $ au total) soit en moyenne 100$ par voiture.

Aujourd’hui, la motivation des constructeurs est soutenue par la préférence des consommateurs américains qui orientent leurs achats principalement sur des SUV et des pick-up très gourmands ou des voitures puissantes. Ce comportement est amplifié par la forte baisse de l’essence qui est passé depuis 2008 de 1$ à 50 ct $ le litre.

Chaque jour, les USA consomment plus de 19,5 millions de barils de pétrole, 20 % de la production mondiale et ne produisent que 9 millions b/j. (10,7 millions b/j au plus haut).

 

Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

L’abandon des règles de l’EPA va également permettre à l’administration Trump d’éradiquer les règles encore plus strictes édictées par l’Etat de la Californie. La nouvelle loi fédérale ayant la primauté, tous les autres Etats tentés de suivre la Californie devront se cantonner à cette nouvelle décision.

Pour l’administration Trump, cette stratégie s’incorpore parfaitement avec l’aide apportée aux majors pétrolières et d’offrir un débouché à cet or noir en le canalisant directement vers les automobilistes. De facto, l’automobiliste US va financer une partie des infrastructures pétrolières du pays et les emplois associés.

De son côté, le monde de la finance pourra se réjouir des généreux dividendes habituellement versés par ces deux industries.

Ce système, bien huilé, pourra fonctionner pour autant que les prix du baril, au niveau mondial, restent dans une fourchette qui permette à Joe American de remplir son réservoir.

Et pour le climat ? Who cares ?

 

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

Sur le même Sujet

Réserves d’Uranium Mondiales

La Chine fait main basse sur l’Uranium d’Areva au Niger

Uranium: La Russie termine ses livraisons aux USA

Les «négociations secrètes» Françaises autour du nucléaire avec des électriciens chinois

Nucléaire: Le prochain accident en Chine ou en France?

 

Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Janvier 2017

Comme tous les 1er de chaque mois, l’inventaire mondial des Energies.
– Trump: Son soutient au pétrole sera-t-il décisif?
– Russie: Moscou premier exportateur pétrolier à la Chine
– Arabie Saoudite: à nouveau attaquée par un virus informatique
– Venezuela: des tankers noyés dans le pétrole
– Arabie Saoudite: les réserves n’ont pas bougé en 37 ans!
– Angleterre: L’éolien dépasse la production électrique au charbon
– Libye: Le pétrole part à la hausse, les russes arrivent.


Le pétrole s’est coincé le dos et n’a pratiquement pas bougé durant le mois. Le baril termine à 55,23$ à Londres (56,09$ décembre 2016) et à New York 52.36$  (53.90$ décembre 2016).

On commence à reparler du peak uranium alors que la partie d’uranium militaire pour les centrales ne représente plus que le 20% et 80% pour l’extraction minière. L’uranium remonte à 23$ (20.25$ décembre 16).

Graphique du mois: Quantité probable de pétrole de schiste par pays

Source EIA / FT.com

Monde

OPEP

En compilant le nombre de tankers qui sillonnent le monde et les chiffres de l’OPEP, la baisse de production pour le mois de janvier serait de 900’000 barils/jour (b/j).

Les surplus pétroliers mondiaux se trouveraient entre 270 millions et 1 milliard de barils. L’IEA ajoute que depuis septembre, ce stock est en train de diminuer. Ce mois de janvier, la baisse est de 82 millions de barils. L’Arabie Saoudite pense que l’équilibre offre/demande se rencontre durant cet été.

L’énergie solaire est moins chers que le charbon dans plusieurs pays du monde (Chili, Moyen-Orient) avec une moyenne de 0,03 ct $ kWh contre 0,06 pour le charbon.

A travers le monde 200 millions de personnes sont au chômage et 3,4 millions supplémentaires devraient rejoindre ce groupe durant 2017. De l’autre côté, 8 milliardaires possèdent autant d’argent (426 milliards $) que les 3,6 milliards les plus pauvres (moyenne 100 €).  Comparez votre salaire avec le reste du monde.

 

USA

Tous les experts financiers l’avaient prévu : en cas d’élection de Trump, la bourse allait s’effondrer. Résultat, pour la première fois dans l’histoire, le Dow Jones dépasse les 20’000.

En acceptant de participer au gouvernement Trump, l’ancien CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, a reçu une enveloppe de départ de 179 millions $. Le pauvre homme a dû également vendre ses 55 millions $ d’actions ExxonMobil afin d’être compatible avec son nouveau poste. Ce sacrifice inspire le respect.
De son côté, Gary Cohn, qui quitte Goldman Sachs pour également rejoindre Trump, a reçu un parachute de 106 millions $.
La beauté du système veut que ces nouveaux membres du Gouvernement bénéficient d’une exemption totale d’impôt (dont zéro impôt sur ces montants). Elle n’est pas belle l’Amérique ?

Si la majorité des nouveaux ministres de Trump reconnaissent qu’une « partie du réchauffement climatique serait dû à l’homme », ils adhèrent à l’équation : la menace du réchauffement est si lointain qu’elle ne doit pas interférer avec la croissance de l’industrie pétrolière américaine.

Tesla, le fabricant américain de voitures électriques a lancé la production de masse de batteries lithium-ion dans sa « gigafactory », son usine géante située dans le désert du Nevada. Au printemps, l’usine accompagnera le lancement du Model 3, la nouvelle voiture d’entrée de gamme de la marque qui sera vendue à partir de 35.000 dollars.

Pour la première fois depuis 1980, Chevron annonce une perte : 497 millions $ en 2016.

Dessin Chappatte

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, les USA devraient devenir un exportateur net d’énergies d’ici à 2026 grâce au pétrole et gaz de schiste. L’Agence n’est pas super connue pour la justesse de ses prévisions, mais il faut relever son enthousiasme.

De nombreux forages en haute mer débutés en 2010 vont être mis en service cette année. Il faut parfois plusieurs années entre la recherche à l’exploitation. Exxon, Shell, BP, Eni et Statoil devraient fêter l’arrivée de 400’000 barils p/j dans les mois à venir.

 

Chine

La dépendance énergétique étrangère pousse Pékin à une certaine agressivité dans l’acquisition de gisements notamment en Afrique. La Bank of China vient de prêter 600 millions $ à l’Angola pour la construction d’un terminal pétrolier.

En 2016, la Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine devant l’Arabie Saoudite avec 1,04 million b/j,  +24%. L’embargo européen pousse de plus en plus Moscou dans les bras du géant asiatique.

Pendant que l’on tente de justifier les salaires monstrueux de certains managers d’entreprises énergétiques occidentales, le CEO du plus grand groupe énergétique chinois, CNPC (China National Petroleum Company), Wang Yilin, reçoit une rémunération de 106’800$ par année. En comparaison le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, s’octroyait un salaire de 27,3 millions $ avant d’aller servir Donald Trump et le CEO d’Alpiq, Suisse 1,8 million $.

L’arrivée de la pollution à Pékin

Venezuela

Les exportations ont passé de 1,82 million b/j à 1,59 et les ennuis s’accumulent.

Les installations des ports pétroliers ont tellement de fuites, que les coques des tankers doivent être nettoyées avant de repartir en haute-mer. Comme la compagnie nationale n’a plus les moyens de payer ce nettoyage, plus de 12 tankers patientent avec 4 millions de barils dans leurs soutes. Pour compliquer la tâche, la durée de la file d’attente pour être nettoyé est de 2 mois.

De plus 11 tankers pour 2,9 millions de barils sont retenus pour des raisons financières car les cargaisons n’ont pas été payées.

 

Arabie Saoudite

La vente de 5% des actions de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, pousse à publier des chiffres. Depuis 1980, la transparence n’est pas le point fort de cette entité. Ainsi en 1980, les réserves pétrolières du pays atteignaient 261 milliards de barils. Aujourd’hui, 37 ans plus tard, en exploitant 3 milliards de barils/an, les réserves sont de… 261 milliards de barils. LOL.

Shamoon, le virus informatique, qui avait sévit dans le pays en 2012, est de retour. Shamoon 2.0 a attaqué 15 agences gouvernementales dont le producteur pétrolier Saudi Aramco. Le virus efface toutes les données des ordinateurs. L’Iran pourrait être à la base de cette mauvaise grippe.

L’Arabie a exporté le chiffre record de 8,26 millions b/j en novembre, juste avant la réduction de la production voulue par l’OPEP. Du coup, c’est forcément plus facile de réduire sa production après avoir poussé toutes les machines au maximum.

Selon le CEO d’Aramco, Amin Nasser, le monde a besoin de 25 trillons $ d’investissement durant les 25 prochaines années pour répondre à la demande.

Toujours selon Amin Nasser, le Royaume pourrait produire 12 millions b/j ainsi que doubler sa production de gaz durant les 10 prochaines années et le tout les doigts dans le nez et avec 261 milliards de barils en réserves.

Lequel d’entre vous a dit: pic pétrolier?

Nigeria

Shell Nigeria a annoncé la fermeture d’un pipeline d’une capacité de 140’000 b/j à cause d’un incendie». Au Nigeria les mots «à cause d’un incendie » signifient que les milices locales ont fait exploser le tout. Mais la situation devrait s’arranger. Le Gouvernement a repris les versements en faveur de ces milices pour « qu’elles protègent les installations pétrolières ». Là aussi il faut comprendre « si tu paies pas, badaboum ». Comme en Corse mais en plus grand.

Royal Dutch Shell a gagné. Les populations du Delta du Niger, qui avaient poursuivi la major pour marée noire et pollution devant les tribunaux Anglais, ont été déboutées. Le cas doit être porté devant les tribunaux au Nigeria et non en Angleterre.


Dessin: Chappatte

Europe

Angleterre

Pour la première fois sur une année, la quantité d’électricité éolienne (10,5) a dépassé la production au charbon (9,2%) durant 2016.

BP a publié son Energy Outlook 2017 et son optimisme fait plaisir à voir. BP annonce que 2’500 milliards de barils dorment encore sous nos pieds ce qui devrait suffire pour les 35 prochaines années. Détail, le rapport n’indique pas le prix du baril nécessaire pour extraire ce pétrole.

Le rapport mentionne également que tout le pétrole qui se trouve sous nos pieds pourrait ne pas être extrait à cause de la diminution de la demande. Dilemme pour les producteurs qui ont intérêt à extraire un maximum avant ce basculement sans toutefois trop produire pour ne pas faire baisser les prix.

 

France

CGG, entreprise française spécialisé dans les équipements géophysiques et la fourniture de données sismiques aux compagnies pétrolières affiche une perte de 2,32 milliards $ avec le mince espoir de voir le secteur rebondir cette année.

Gros suspense sur la course que se livrent Pemex et EDF. La dette d’EDF grimpe à 74 milliards € pour un chiffre d’affaires équivalent. Le géant français est sur le point de rattraper l’entreprise pétrolière mexicaine Pemex qui cumule 100 milliards $ de dettes.

 

Hollande

Shell se prépare à équiper ses stations d’essence avec des chargeurs pour les voitures électriques. Après le français Total et l’Italien ENI, c’est une nouvelle major pétrolière qui franchit le cap et qui considère les voitures électriques comme un nouveau marché important, d’autant que pour recharger une batterie le consommateur va devoir patienter devant un café ou un repas.

Shell va tester le concept en Hollande et en Angleterre.

 

Allemagne

En 2016, Volkswagen, (Audi, Porsche, Seat, Skoda et Bentley) est redevenu le premier constructeur automobile mondial avec 10,3 millions de voitures vendues (+ 3,8 %). Un record malgré le scandale des moteurs diesel. L’entreprise allemande met fin à la longue suprématie de Toyota, champion du secteur depuis 2008. Toyota, (Lexus, Daihatsu, Hino vendu 10,18 millions de véhicules (+0,2%).

A travers le pays, Shell va participer à la construction d’un réseau de 400 stations de recharge pour les voitures à hydrogène.


Allemagne: le charbon diminue. Les renouvelables et gaz augmentent
Graphique: LeMonde.fr

Italie

Le gazoduc Trans-Adriatique qui devrait transporter le gaz d’Azerbaïdjan en Europe, sans passer par la Russie, se trouve bloqué par des champs d’oliviers et de superbes plages dans la région des Pouilles. Le bras de fer entre la population et les industriels est pour l’instant à l’avantage des citoyens.

 

Suisse

La quantité de solaire photovoltaïque installé en Suisse a diminué de 20% en 2016 par rapport à 2015. Problème typique d’un pays riche qui voit dans le moindre changement une menace. Ne rien toucher dans cette belle mécanique est le mot d’ordre.

Est-ce que Trump viendra bouleverser la donne même dans ce petit pays ?

Les Amériques

USA (suite) Pétrole et gaz de Schiste

La consommation de sable pour les forages de schiste devrait atteindre un record de 120 milliards kg en 2017. Les producteurs utilisent de plus en plus de sable afin de faire remonter le pétrole et de garder ouvertes les fissures du fracking. Comme le nombre de forages et 70% inférieur au pic de 2014, cette utilisation massive de sable montre que cette une nouvelle technique permet d’extraire plus rapidement le pétrole.

Depuis Avril 2015, la production de schiste a reculé de 19% dans les champs du Bakken et 37% à Eagle Ford, Texas alors qu’elle a augmenté de 14% dans le Bassin Permien. En toute logique, les regards se tournent vers le Bassin Permien, Texas et Nouveau Mexique. (lire article) où ExxonMobil vient d’acquérir pour 6 milliards $ un terrain qui pourrait contenir 3,4 milliards de barils de pétrole.

La carte blanche environnementale que devrait recevoir les producteurs de schiste de la part du président Trump va pousser l’industrie à creuser et forer partout où cela est profitable ou en d’autres mots : polluer tant que cela fait financièrement du sens (ou pas). Mais ces entreprises vont toujours faire face aux protestations et aux poursuites des environnementalistes.

Une question à méditer durant les prochains mois. A l’image des Bush, le président Trump aura-t-il besoin de créer une guerre pour unifier les américains dans un projet commun ?

 

Canada

Deux jours après avoir reçu le feu vert de Trump, TransCanada a remis sur la table la construction du pipeline Keystone XL entre le Canada et les USA pour la modique somme de 8 milliards $. Obama avait abandonné ce projet en fin d’année et TransCanada avait décidé de poursuivre légalement le Gouvernement Américain pour demander 16 milliards $ de dédommagement.

La planche de TransCanada a été savonnée par le mari de Melania qui exige d’utiliser de l’acier US pour les tuyaux et l’entretien du pipeline soit réalisé par des entreprises américaines. Les comptables de TransCanada sont en train de faire chauffer leurs calculatrices.

Le Premier Ministre Justin Trudeau a suggéré que le pétrole bitumineux de l’Alberta devait gentiment cesser. Le lobby du pétrole a rapidement souligné que le 1/3 des emplois de la région sont générés par cette industrie, sans toutefois préciser le nombre de travailleurs canadiens.

 

Mexique

Le prix de l’essence a augmenté de 20,1% et celui du diesel de 14,2%. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours. Ainsi, il faudra 78 centimes $ pour obtenir un litre d’essence et 0,87$ pour le diesel, ce qui est toujours une bonne affaire selon les critères internationaux.

Il s’agit là de la première étape de l’ouverture au privé du marché des carburants et la fin du monopole de Pemex, le producteur pétrolier national qui pousse à la baisse des subventions du pays sur les carburants. De nombreux magasins ont été pillés par des manifestants dans tout le pays. quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique et 600 personnes arrêtés.

Le Président Enrique Pena Nieto a annulé sa rencontre avec son homologue américain après un Tweet annonçant que le Mexique allait payer pour la construction du déjà fameux mur.

Asie

Inde

La France tente de pousser sa technologie nucléaire (tech-push) et de refiler ses réacteurs nucléaires EPR Areva au premier ministre indien Narendra Modi. Après la visite de François Hollande, c’est Jean-Marc Ayrault qui a tenté d’enfoncer le clou.

Le concept français est comme d’habitude: P-H-A-R-A-O-N-I-Q-U-E

Située à Jaitapur, la centrale nucléaire aurA une capacité de 9 900 MW (20% de la production nucléaire française) avec un coût de construction estimé aujourd’hui à 60 milliards $ soit presque autant que la dette d’EDF. Le projet français fait face à une très forte opposition de la population locale d’autant qu’une chape de plomb couvre les négociations et que « personne ne sait » ce qu’EDF a proposé à NPCIL qui devrait commander ce joyau.

 

Moyen Orient

Les pays du Moyen-Orient vont probablement tous respecter la limitation de production proposée par l’OPEP. Pour les autres pays, leur situation économique demande des entrées immédiates de pétrodollars. Il y a déjà des doigts accusateurs qui se tendent notamment en Irak ou Bagdad vilipende les Kurdes qui produisent à tout va.

 

Iran

La Chine va prêter 3 milliards $ à l’Iran pour passer la raffinerie de Abadan à la version 2.0. La vieille dame avait été en partie détruite en 1980 durant la guerre Iran-Irak et produisait 635’000 b/j. Depuis les sanctions, les maintenances avaient été mises de côté.
En échange de ce prêt d’amis, l’Iran fera également un prix d’ami sur les livraisons pétrolières.

L’Iran exporte 2,16 millions b/j en janvier contre 2,6 en septembre. C’est qu’en septembre, le pays a pu vider les tankers qui stockaient depuis des mois le pétrole déjà extrait.

Le pays attend la prochaine élection présidentielle le 19 mai prochain.

Après l’annonce de Trump de bloquer l’accès aux USA pour les iraniens, Téhéran a donné la réciprocité aux américains. Dans le cas ou Washington voudrait renégocier les accords sur le nucléaire, on voit mal l’Europe s’y conformer.

 

Irak

Bagdad souligne que sa production a été coupée de 210’000 b/j pour se conformer aux veux de l’OPEP. Le Gouvernement a accepté de produire seulement 4,56 millions b/j mais dans son rapport mensuel sa production est de 4,75 millions b/j ! Traduisez : le pays n’a pas vraiment l’intention de diminuer sa production.

Pour 210 millions $, Halliburton va forer 30 puits pour le compte de Shell dans le champ de Majnoon dans le Sud, à zut, ceux du Nord…  Les 400’000 b/j prévus devraient arriver vers 2019.

A Mossoul, il reste 1 million d’habitants dont les combattants de l’Etat Islamique. Les américains et européens n’ont pas encore trouvé un moyen de les déloger.

Lors de sa visite à la CIA, le président Trump a claironné qu’en Irak les Américains auraient dû prendre le pétrole pendant qu’ils en avaient la chance et il a ajouté, «maybe we wil have another chance».

Afrique

Libye

La production à la pêche avec un objectif à 1,1 million b/j. ce qui interfère avec les objectifs de diminution de l’OPEP. Le pays pourrait monter à 1,6 million b/j pour autant que les astres soient alignés et que la Nationael Oil Company puisse trouver 100 milliards $ pour financer son développement.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye commence à aller mieux.  C’est le moment idéal pour qu’une grande puissance vienne y mettre son grain de sel. Comme l’Europe fait de l’Europe et que les américains regardent leur nombril et Twitter, c’est logiquement la Russie qui revient vers son ancien allier.

Vladimir soutient le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôlerait à 80% le pays et l’est libyen. Une excellente opération stratégique pour Moscou qui consolide son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

 

Phrases du mois

« A Flamanville et à Taishan, en Chine, les EPR sont presque terminés. Il aura fallu du temps mais l’EPR est aujourd’hui le plus puissant et le plus sûr des réacteurs nucléaires dans le monde. »  Jean-Bernard Lévy, CEO EDF

L’armée américaine doit être la mieux dirigée, équipée et la plus mortel dans le monde. “U.S. forces must be the “best led, best equipped and most lethal in the world.” Mad Dog, Gen. James Mattis, nouveau ministre de la defense américaine, directeur du Pentagon.

Coming into this country is a privilege, not a right.” Porte parole Maison Blanche. Sean Spicer.

Au sujet de l’Irak: “If we kept the oil, you probably wouldn’t have ISIS because that’s where they made their money in the first place, so we should have kept the oil, but, OK, maybe we’ll have another chance,” Donald Trump, devant la CIA, 20 janvier 2017.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump parie sur le renouveau du pétrole de schiste

Durant sa première semaine de règne, le bouillonnant Président Trump est immédiatement entré dans le vif du sujet pour extraire toutes les gouttes de pétrole US. Relance des pipelines Keyston XL et Dakota Access, ouverture de nouveaux gisements, annulation des restrictions de forages et paralysie des organes de surveillance.

Carte blanche a été donnée à l’industrie pétrolière pour produire dans tous les endroits financièrement profitables indépendamment des considérations environnementales. Est-ce le signal d’un renouveau du pétrole de schiste ?


Moribonde depuis la crise de 2014, l’industrie pétrolière américaine a perdu plus de 200 milliards $. Les 114 entreprises actives dans le schiste, qui ont fait faillites entre 2015-2016, ont laissé une ardoise de 74,2 milliards $. C’est sur ce score déficitaire que Washington tente de redonner un nouvel élan digne du boom américain des années 50-60.

 

Le Bassin Permien attise les ambitions

Des trois grandes régions américaines de schiste, le Bassin Permien entre le Texas et le Nouveau Mexique, attise toutes les convoitises. Alors que dans le Bakken, Dakota du Nord, la production de schiste a diminué de -19% depuis avril 2015 et de -37% à Eagle Ford, Texas, durant la même période, le Bassin Permien a augmenté de 14% selon l’Administration Américaine de l’Information de l’Energie (EIA).

Pendant que le baril barbotait sous les 50$, cette performance est d’autant plus étonnante pour les forages Permien . Elle pourrait confirmer les estimations de la référence en statistique pétrolière Wood Mackenzie qui souligne que dans certains endroits du Permien, les prix d’extractions de schiste sont parmi les meilleurs marchés au monde.

Pour combien de temps ? La question irrite et ne trouve aucun consensus. Pour certain le peak oil de schiste pourrait arriver en 2020 alors que les plus optimiste n’en voient plus la fin.

 

Le prix des terrains explosent

Pour le Bassin Permien, la tendance actuelle est claire. C’est la ruée vers l’or noir.

En 2012, Concho Resources avait posé sur la table 1 milliard $ ce qui valorisait l’acre à 5’000$. En août 2016, Concho a cassé sa tirelire et déboursé 1,6 milliard $ à 28’000$ l’acre.

En ce début d’année, l’entrée du plus grand acteur américain dans le Permien, ExxonMobil, a fait exploser les compteurs. La major vient d’acquérir son coin de terrain pour la modique somme de 6,6 milliards $ à 24’000$ l’acre.

La stratégie est claire. Les producteurs sécurisent des surfaces de plus en plus grandes afin de multiplier les puits et élargir les forages horizontaux pour réduire les coûts d’extraction.

Avec l’arrivée d’Exxon ou de Chevron, le Bassin Permien, ressemble de plus en plus à une bulle spéculative dont les derniers entrés pourraient payer des fortunes pour des terrains de moins en moins prolifiques.

 

Augmenter l’extraction en diminuant les coûts.

Depuis la crise de 2014, les producteurs ont dû réaliser des économies et améliorer leur productivité pour assurer leur existence: diminution des salaires, licenciements, fortes pression des sous-traitants, non-respect des règles environnementales et amélioration de la technologie.

Grâce à la possibilité de multiplier les forages avec le même puits et d’étendre horizontalement les points de facturations les résultats sont encourageants. Si en 2011, un forage extrayait en moyenne 16’000 litres de pétrole par jour, les 100’000 litres sont atteints en 2017.

La carte blanche environnementale et l’extension des terrains offerts par Trump vont certainement aider les producteurs à diminuer leurs coûts. Bien que positives, ces mesures ne seront pas décisives, car dans le pétrole, la clé du succès, c’est l’argent, beaucoup d’argent.

 

Finance, Wall Street et Goldman Sachs

L’administration Obama avait utilisé le Quantitative Easing pour noyer sous des tonnes de cash les producteurs de schiste. La dette fut le principal outil pour permettre l’émergence de cette technique impayable.

De son côté, les grandes institutions de Wall Street comme Goldman Sachs, JP-Morgan, BlackRock, Bank of America, Wells Fargo et UBS ont participé à la dissémination mondiale de ces investissements de schiste en dissimulant les actions et les junk bond dans des produits opaques.

Ce n’est pas un hasard si l’administration Trump compte dans ses rangs 3 faucons de Goldman Sachs et le CEO de JP-Morgan comme conseiller personnel du président. Un mécanisme sera certainement inventé pour rediriger un flot de dollars dans cette industrie et la maintenir artificiellement à flot le temps d’atteindre la prochaine élection en 2021. Après 2021, le schiste n’aura plus d’importance.

Dans ce conte de fée programmé, le rôle du méchant pourrait venir de la hausse des taux d’intérêt. Le schiste étant capital intensif, toute hausse des taux renchérira son extraction.

 

Faire grimper les prix du baril, mais pas trop

L’élément clé du schiste, c’est le prix du baril. Qu’importe les flux financiers de Wall Street, des relâchements environnementaux ou des Tweets du président, selon les champs pétroliers le seuil de rentabilité nécessite un baril entre 65 et +100$.

Sur ce point, toute la bonne volonté du Président Trump n’aura pas d’influence. Son concept s’évanouira si le baril n’arrive pas à grimper. Et s’il devait monter, c’est l’Economie qui prendra de plein fouet cette mauvaise nouvelle et qui sera ralentie.

Dans tous ces éléments incertains, une certitude.

Les USA ont besoin de plus de 11 millions b/j pour satisfaire leur consommation journalière de 20 millions de barils. Ce rêve ne se réalisera pas avec le schiste. Washington pourrait tabler sur l’efficience énergétique afin de diminuer la voracité de ses citoyens, mais cette science fiction n’est pas à l’ordre du jour. Ainsi Trump devra composer avec le Moyen-Orient et trouvera sur son chemin la Russie, l’Arabie Saoudite et la Chine.

On ne peut qu’imaginer la teneur des prochains Tweets sur le sujet, mais laissons au Président Trump l’exclusivité de la surprise.

 

Nucléaire: Toshiba perd 8 milliards $ dans sa rocambolesque aventure américaine

Dans le monde du nucléaire, il n’y a pas que le français Areva qui collectionne les dettes et les cachoteries. Son concurrent japonais, Toshiba, vient de placer la barre encore plus haut!

Le géant japonais pionnier de la TV couleur, des ampoules électriques, d’informatique, de médecine ou des cartes flash se retrouve avec un découvert qui pourrait atteindre 8 milliards $ à cause d’investissements hasardeux dans le nucléaire américain.  Voici son histoire:


Avant son histoire d’amour dans le nucléaire, la direction de Toshiba avait manipulé les comptes pour faire ressortir des bénéfices factices. Poussée par une culture de «bénéfices à tous prix», le miroir s’était cassé en 2015, laissant plus de 1,3 milliard $ sur le carreau.

Avec une année 2016 passée à se refaire une santé, on pensait à un faux pas isolé. Mais à peine remis de ce mauvais rêve, le 27 décembre dernier, le CEO Satoshi Tsunakawa, a dû annoncer une autre mauvaise nouvelle: les pertes de sa rocambolesque aventure nucléaire américaine.

 

Westinghouse: le premier achat

Pour y voir plus clair, remontons de quelques années :

En 2006, dans un élan de générosité, Toshiba posa 5,4 milliards $ sur la table pour acheter le constructeur américain de centrales nucléaires: Westinghouse.

A la surprise générale, ce montant dépassait de 2 fois la deuxième meilleure offre d’achat et représentait 37 fois les profits annuels de l’américain. Le fait d’avoir cassé sa tirelire permettait à l’entreprise de rejoindre General Electric et Areva dans la cours des grands.

Mais dans un deuxième temps, Toshiba avoua son erreur et dévalua la valeur de Westinghouse de $2,3 milliards.

 

Les Années Fukushima

Comme un malheur arrive rarement seul, le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe de Fukushima Daiichi mirent à mal les envies de constructions nucléaires à travers le monde et les plans du géant japonais.

Maigre consolation pour l’entreprise, deux des trois réacteurs ravagés à Fukushima avaient été construits par Toshiba. C’est logiquement à elle que l’on a confié les travaux de démantèlement et les milliards $ inclus dans le processus.

 

Rebelote avec Stone & Webster

En décembre 2015, alors que la division nucléaire du groupe montrait des résultats financiers inquiétants, les dirigeants ne se démontèrent pas et firent l’acquisition de la compagnie américaine de construction nucléaire Stone & Webster. Evitons de parler prix, dans ce cas c’est un sujet qui fâche.

C’est le 27 décembre 2016, que le CEO  Satoshi Tsunakawa a dû confesser que son aventure nucléaire américaine pourrait coûter plusieurs milliards. Les estimations varient entre 5,4 et 8 milliards.

Visiblement les prévisions de Westinghouse et du nouveau venu, Stone & Webster, furent surévaluées.

 

Make Toshiba great again!

Incapable de payer la douloureuse, Toshiba est face à une série d’options qui pourraient changer radicalement son avenir.

L’option la plus radicale et la plus évidente pour le président Satoshi Tsunakawa serait de fermer le département nucléaire de son entreprise.
Mais le Gouvernement japonais pose son véto. Le démantèlement des 50 centrales nucléaires du pays pourrait coûter plus de 80 milliards sur une période de 40 ans (sans compter Fukushima qui devrait arriver à 70 milliards €).

Jugé stratégique, le Gouvernement de Shinzo Abe veut que cet argent reste dans les mains japonaises.

Il reste à Toshiba la possibilité de revendre Landys & Gyr, l’ex leader Suisse de smart meter acheté 2,3 milliards $ en 2012, sa division d’élévateur ou des unités à forte valeur ajoutée comme sa très lucrative division de Flash Card Memory.

Curieux destin pour cette entreprise dont l’innovation a fait son succès et qui doit vendre tours à tours ses bijoux de famille pour garder un domaine qui lui est contre nature.

 

USA-Chine : Le Combat des Energies Fossiles et Renouvelables

Si Trump fait le pari des énergies fossiles pour stimuler l’Economie et l’emploi US, la Chine, grande consommatrice d’énergies fossiles, table également sur les énergies renouvelables pour créer des emplois et sortir ses villes d’une pollution chronique.

A coup de protectionnisme et de dumping, les deux grandes économies mondiales prennent un chemin opposé. Au final, il devrait y avoir un vainqueur.


Protectionnisme, Dumping et Restriction du marché local

Il y a peine 10 ans, la Chine faisait figure de parent pauvre dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans un renversement de situation fulgurant, Pékin a mis sur pieds un programme d’industrialisation imparable notamment en opérant un transfert de technologie gratuit grâce à la naïveté ou/et la cupidité des dirigeants d’entreprises européennes et américaines venus chercher les promesses de croissance.

La stratégie chinoise a été construite sur des bases de protectionnisme, de complication administrative, de dumping et du blocage de son marché interne. De débutant, la Chine a pris le rôle de leader. Il n’est pas étonnant, que Donald Trump soit tenté d’utiliser les mêmes outils pour favoriser les entreprises américaines.

Ainsi les entreprises occidentales parties vers cet eldorado chinois ont été systématiquement vidées de leur savoir-faire puis achevées sur leur propre marché.

L’éclosion des cleatech chinoises ne doit rien au hasard. Le Gouvernement a investi plus de 100 milliards $ par année, le doubles des USA, pour assurer la main mise sur le secteur.

Aujourd’hui, les acteurs chinois sont 9 dans le top 10 au niveau solaire et 5 dans le top 10 mondial dans l’éolien.


Top 10 producteurs photovoltaïques: Monde 2015
Source: RenewableEnergyWorld.com

Créer des emplois et dominer le monde

Les chinois jouent sur plusieurs tableaux : la création d’emplois et la diminution de la pollution bien sûr, mais Pékin table également sur la maîtrise de la production électrique future et l’aspect géopolitique/militaire avec l’achat d’acteurs énergétiques dans les pays clés. A l’image du Moyen-Orient avec le pétrole, la Chine est devenue la puissance géopolitique/électrique mondiale.

En 2016: les chinois ont réalisé 11 acquisitions stratégiques à l’étranger à plus de 1 milliard $ pour un montant total de 32 milliards $ (+ 12 milliards par rapport à 2015). Ainsi des infrastructures en Allemagne, en Egypte en passant par les USA, la production de lithium au Chili pour les voitures électriques, sont passées en mains chinoises.

Sur les 5 plus grands accords énergétiques mondiaux de l’année écoulée, 4 provenaient de Pékin.

De son côté Donald Trump, mise sur le pétrole pour conserver l’hégémonie militaire américaine et reconstruire les infrastructures du pays pour soutenir l’emploi. Le précieux or noir n’a pas son pareil pour alimenter la mobilité des jets, chars, Humvee, porte-avions ou camions. Mais cette stratégie est trop conservative pour avoir une chance de gagner. Si elle a eu son heure de gloire dans les années 50-70, aujourd’hui chaque jour qui passe s’approche du plateau de production.

 

Part de marché des plus grands producteurs éoliens dans le monde: 2015


PRC: Chine     GE: Allemagne     ES: Espagne
Source: RenewableEnergyWorld.com

L’Europe et la Suisse ?

Alors que l’Europe et la Suisse ne possèdent pas/peu de pétrole, elles ont commis l’erreur irréparable d’abandonner à la Chine leurs industries d’énergies renouvelables.

Sous prétexte de liberté de marché et de libre concurrence, à l’opposé des pratiques chinoises et américaines, l’angélisme de Bruxelles et de Berne a laissé perdre des milliers d’emplois et une ressource stratégique cruciale : l’électricité renouvelable.

On parle déjà de la faisabilité technique pour la Chine de livrer de l’électricité à l’Europe.

 

Selon Bloomberg, la Chine va encore investir plus de 363 milliards $ jusqu’en 2020 dans les énergies renouvelables. Trump devrait en faire autant pour les énergies fossiles. Est-ce que ces deux stratégies ne soulignent-elles simplement pas la différence entre un pays qui se trouve sur une pente descendante et l’autre dont les actions ne font que d’augmenter?

Le temps de lire cet article, Pékin a investi 200’000 € dans les énergies renouvelables et la terre s’en porte déjà mieux ! N’est-ce pas là l’essentiel ?

 

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.