France: bientôt un Divorce Nucléaire?

Le mariage entre l’Etat Français et l’industrie du nucléaire traverse une crise sans précédent. Si la mariée continue d’être dispendieuse, l’argent du ménage ne suffit plus.

Le basculement est d’autant plus foudroyant que les robots allemands et son Industrie 4.0 inquiètent les tricolores. Ils pourraient perdre la maîtrise du démantèlement des centrales ainsi que les milliards € et les emplois promis aux vainqueurs.

Ainsi l’annonce de Nicolas Hulot, sur la fermeture possible de 17 réacteurs, tient d’une logique autant financière que stratégique. Paradoxalement pour garder des emplois, Paris doit agir.


Un Mariage coup de foudre

Pendant des décennies, Paris a porté à bout de bras son industrie nucléaire quitte à imposer artificiellement des prix du kWh au-dessous de la moyenne européenne et d’utiliser l’argent des contribuables pour combler la différence.

Mais la/les centaine(s) de milliards nécessaires pour maintenir en vie certaines centrales, démanteler les plus dangereuses, trouver des solutions pour les déchets et couvrir les dettes monstrueuses du duo EDF-Areva sont totalement hors de proportion avec le budget de l’Etat.

De manière surréaliste et pratiquement le même jour, les français ont découvert le gel du budget de l’armée de 850 millions € et de leurs retraites, alors que le Gouvernement annonce le versement de 1,5 milliards € pour recapitaliser Areva et que 2 milliards € supplémentaires devront être ajoutés à la construction de 2 réacteurs AREVA-EPR sur le sol anglais.

Comme le proposait l’ancien directeur d’EDF, Henri Proglio, “le prix de l’électricité doit doubler afin de permettre l’assainissement des comptes et de faire face aux défis à venir”. Nicolas Sarkozy, en campagne électorale, avait humblement refusé cette décision impopulaire et laissé la patate chaude à son successeur.

 

L’Allemagne ouvre les hostilités

Avec l’arrêt de ses 17 centrales d’ici à 2022, les entreprises germaniques se sont mises au travail pour réaliser les robots et les outils spécifiques aux démantèlements de leurs réacteurs. A cet effet, les propriétaires de centrales ont provisionnés plus de 40 milliards € pour ces opérations ainsi que 22 milliards € pour s’occuper des déchets. Il est évident que Berlin désire utiliser la plus grande partie de ce pactole pour ses entreprises locales.

Le Japon s’est également lancé dans la course au démantèlement suivi par la Corée du Sud et les USA. Si dans ces pays les doses sont encore homéopathiques, Berlin, a l’avantage de s’attaquer à un nombre important d’unités afin «d’industrialiser les processus» et de remporter la guerre des coûts.

L’expérience acquise permettra aux Allemands d’exporter leur savoir-faire. C’est justement sur ce terrain que la France est attaquée.

 

France : l’efficience énergétique oubliée

Aussi cruel que cela puisse paraître, il devient de plus en plus évident que financièrement la France n’a pas les moyens de garder la totalité de son parc nucléaire.

Elle se retrouve dans la même situation que cet entrepreneur en faillite qui soulignait avec humour: «Je perds de l’argent sur chaque produit vendu, mais je me rattrape sur la quantité».

Poussée à utiliser un maximum d’électricité, la France n’a jamais activé un programme d’efficience énergétique et la marge de manœuvre est immense. Le gaspillage s’élève à 40% pour les particuliers et 45% pour les entreprises. Même avec un frein atomique, le français pourrait théoriquement et mathématiquement passer ce cap simplement en améliorant son efficience. De son côté, les entreprises françaises, très actives dans les technologies smart city, pourraient y trouver des opportunités d’emplois et de croissance.

Stratégiquement, l’arrêt de plusieurs centrales permettra à l’industrie française de ne pas perdre trop de terrain sur ses concurrents étrangers et de garder sa main d’œuvre qualifiée.

Cependant ce choix logique va se heurter à une culture du nucléaire ancrée profondément dans la fierté hexagonale et la crainte du changement.

La Suisse, l’Allemagne et bientôt la Corée du Sud ont fait ce pari. Pour Paris, ce divorce permettra peut-être la survie de sa mariée.

 

 

La mort annoncée de la voiture à pétrole

Après un siècle de domination, sommes-nous à l’aube de la disparition de la voiture à pétrole?  Objet de désir, de réussite et symbole d’un statut social, elle est en train de se faire dépasser par sa comparse électrique.

La nouvelle Mobilité apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie en passant par la géopolitique pétrolière mondiale et aux distributeurs d’électricité. Elle devient un élément clé de la nouvelle économie en se métamorphosant de glouton à outil intelligent.


Un changement rapide

Des banderilles électriques de plus en plus acérées ont été lancées et toute l’industrie vacille. Depuis le début de ce mois, la nouvelle petite Tesla est sortie des usines pendant que Volvo a annoncé l’arrivée de l’électricité dans tous ses modèles d’ici à 2019.

L’Inde, la Norvège, la Hollande et bientôt la Chine vont interdire la vente des voitures à essence ou diesel.

Ce revirement de situation est un pied de nez à l’empire Rockefeller. Si en 1900, les voitures électriques représentaient le 34% des ventes à New York, Boston et Chicago, le magnat du pétrole a su imposer aux constructeurs automobiles son or noir.

Effet exponentiel

A ce jour, les ventes ne représentent que le 1% des ventes, mais la boule de neige se transforme en avalanche et plus de 1 million de voitures électriques seront vendues cette année à travers le monde.

Si les producteurs automobiles se sont focalisés sur les grands modèles dispendieux, les voitures électriques low-cost pointent le bout de leur nez. L’Inde et la Chine travaillent sur des véhicules de 3’000 à 7’000$.

Même les pétroliers accusent le coup au point de se demander s’il vaut mieux extraire son pétrole aujourd’hui, même avec des prix bas, au lieu de prendre le risque de devoir, demain, le laisser sous terre par manque de demande. On comprend mieux les réticences des pays de l’OPEP à réduire leurs productions pour faire remonter les cours.

 

 

Evolution des nouveaux modèles de voitures électriques

 

L’accélération de l’industrie automobile électrique réside dans la batterie.

Pour démocratiser ce véhicule, le prix de la batterie devra descendre sous la barre des 100$ le kWh.

Depuis 2010, la chute est vertigineuse pour arriver actuellement à 190$/kWh. Le nouveau leadership de la Chine et l’augmentation du nombre de voitures vendues nous rapprochent rapidement de cet objectif de démocratisation.

Mais pour l’instant, les constructeurs électriques peinent à atteindre l’équilibre financier.

 

A la charge de la recharge

Un “plein” nécessite entre 9 et 30 minutes pour les modèles les plus performants bien que la majorité des voitures se rechargent comme les smart phones: à la maison durant la nuit.

De leur côté, les stations d’autoroutes et les grandes surfaces se profilent dans des solutions qui nécessitent le temps des commissions ou d’un repas.

La grande inconnue réside encore dans le recyclage des batteries. L’industrie du nucléaire a été incapable de résoudre la gestion des déchets et ce laxisme se retourne comme un boomerang sur cette technologie.

Les batteries pourraient bien avoir une deuxième vie afin de stocker la production d’électricité renouvelable dans les maisons et les habitations, mais in fine, un processus de retour à la nature devra être implémenté.

 

Evolution des ventes de voitures électriques dans le monde

 

 

De la voiture gloutonne à la voiture intelligente et utile

La Mobilité électrique apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie mondiale. Elle rebrasse les cartes au niveau de la géopolitique pétrolière et des matières premières. L’Amérique Latine et ses réserves de lithium pourraient supplanter le pétrole du Moyen-Orient.

La voiture va devenir bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Elle va permettre de stabiliser les réseaux électriques, de réduire les pics de demandes, d’ingérer la production renouvelable, de créer des micro-réseaux et de survivre au peak oil.

Ainsi les grands distributeurs électriques tremblent devant la possibilité donnée aux citoyens, anciennement captifs, de produire eux-mêmes leur électricité, de la stocker dans leurs voitures ou de la revendre à leurs voisins.

La voiture change son statut pour devenir un outil de partage et d’efficacité. Contraste saisissant entre une voiture à pétrole qui n’utilise que 2 dl sur 1 litre d’essence/diesel avalé et qui produit 15 kilos de CO2 au 100 km.

 

Paris a annoncé l’arrêt des ventes de voitures à essence et diesel pour 2040. Paradoxalement à la vitesse des changements actuels, si la France tient sa promesse, elle pourrait être l’un des dernier pays au monde à autoriser ces véhicules venus d’un autre siècle !

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: le baril chute à 42$ durant le mois
– Arabie Saoudite: le Roi nomme le prochain Roi
– Corée du Sud: le nouveau président renonce au nucléaire
– USA: Le merveilleux mois de Donald Trump
– Moyen-Orient: Embargo sur le Qatar et la Russie avance ses pions
– Cuba-Venezuela: les deux pays peinent avec le pétrole
– USA: et maintenant les américains veulent nous vendre leur bioéthanol.


Gros coup de mou pour le pétrole qui termine le mois à 47,42$ à Londres (51,84 mai) et 44.93$ à New York (49.66 mai).

En janvier 2016, le pétrole se traitait à 30$. Depuis, il est remonté à 55$ pour replonger à 42,25$ durant ce mois.

L’uranium continue sa descente à 20.10$ (21.50$ mai).

Flux du pétrole de l’OPEP à travers le monde

Monde

La Planète arrive à 7,6 milliards d’individus dont 2 milliards de prisonniers incarcérés dans les geôles de Facebook. L’Inde est en passe de devenir le pays le plus peuplé.

 

Prévisions pétrolières

L’IEA prévoit une augmentation de la demande +1,3 million barils/jour (b/j) cette année et +1,4 million b/j en 2018. La surproduction devrait continuer en 2018. L’agence américaine  calcule que le schiste US va augmenter de 430’000 b/j cette année et +780’000 en 2018.

 

Peak oil, peak demand ou peak economy ?

Le pic de la demande de pétrole redevient “tendance” dans les communiqués de presse. Le concept, poussé par les pays producteurs et les majors pétrolières, espère retarder les éventuelles restrictions ou taxes sur les énergies fossiles.

Cependant, ne serions-nous tout simplement pas sur le point de d’atteindre le pic de l’économie? Les niveaux records de la dette mondiale caressent-elle cette hypothèse?

 

Energies Renouvelables

Bloomberg New Energy Finance estime que l’énergie solaire rivalise financièrement avec la production électrique au charbon en Allemagne et aux USA. D’ici à 2021, le solaire sera compétitif en Chine et en Inde. Le scénario suggère que les énergies vertes prennent des parts de marché bien plus rapidement qu’anticipé. La major BP confirme cette probabilité dans sa revue annuelle sur l’énergie.

Le juste prix pour le pétrole pour les producteurs et les consommateurs

France

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a accepté l’utilisation jusqu’en 2024 de la cuve de l’EPR de Flamanville dont les ségrégations de carbone posent problèmes.  La décision n’a surpris personne tant le nucléaire est un sujet tabou en France.
Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un «effet domino» en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande et comme le réacteur en construction a déjà dépassé de 3 fois son budget, ce serait ballot d’en remettre une couche. On espère que les élèves de l’Ecole des Mines, champions en lobbying nucléaire, sont également doués en math sinon il ne reste plus qu’à aller brûler un cierge pour que ce machin n’explose pas en vol d’ici à 2024.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanne, pense que le schiste aux USA ne va pas donner un avantage à son entreprise. A la place, il privilégie le schiste argentin, les forages en mer profonde dans le Golfe du Mexique ainsi qu’au Brésil. Il a également obtenu des accords avec les Emirats Arabes Unis, le Qatar et l’Iran. Mais pas l’ombre d’une goutte de pétrole facile à extraire et bon marché dans son escarcelle.

Total a envoyé ses top chefs à la Silicon Valley pour découvrir les nouvelles technologies ainsi que Tesla afin d’explorer le futur des voitures électriques.

 

Chine

La Chine a enregistré 351’000 nouvelles voitures électriques en 2016 alors que les USA en vendaient 159’000. Le gouvernement penche sur l’interdiction des voitures à essence ou diesel vers les 2020.

Tesla envisage de construire une partie de ses voitures en Chine.

 

USA

Est-ce que l’exploitation de pétrole de schiste est-elle rentable à 40$? La réponse est clairement non, mais les CEO des entreprises sont dans l’obligation de prétendre le contraire s’ils désirent trouver des financements des investisseurs.

Tesla désire lancer son propre service de streaming pour offrir de la musique connectée à toutes ses voitures. Actuellement s’est Spotify qui offre se service pour les voitures vendues en Europe.

Les Etats-Unis se retirent de l’accord sur le climat. Les opinions divergent sur la portée de cette décision. Certains voient un pied de nez aux efforts faits sur le climat, d’autres imaginent un renouveau des énergies fossiles qui déclanchera un nouveau boom économique, alors que certains soulignent que le mouvement de fonds des énergies renouvelables est tellement grand qu’il ne peut pas être arrêté.

Southern Co va suspendre son projet de transformer le charbon en gaz afin de générer de l’électricité. Le système pompeusement appelé «Charbon propre» est très loin d’être rentable et l’entreprise du Mississippi va passer directement au gaz pour abandonner sa «unproven technology».

Alors que la consommation d’essence stagne, le secteur du bioéthanol cherche à exporter. Ce liquide à base de céréales peut être mélangé à hauteur de 10% avec de l’essence. Washington alloue des subsides monstrueux aux paysans américains pour qu’ils utilisent les céréales OGM de Monsanto afin de produire 1,9 milliards de litres d’éthanol.

Le nombre de forages a atteint 941 soit 520 de plus qu’il y a une année.

Donald Duck et Donald Trump

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite se plait à souligner que ses exportations pétrolières diminuent à 7 millions b/j et qu’elle respecte les quotas de l’OPEP. Rien de plus normal. Durant les mois chauds, le pays avale entre 700’000 et 1 million de barils/jours pour faire tourner les installations d’air conditionné.

Le Roi ben Salman a nommé l’un de ses fils Mohammed ben Salman comme Prince héritier à la place de Mohammed ben Nayef. Le nouveau homme fort de 31 ans cumule les fonctions de vice-premier Ministre et Ministre de la Défense et supervise la compagnie pétrolière Saudi Aramco. La décision a une portée importante car elle pourrait assurer la famille Royale d’une succession et elle n’aurait pas à s’entre-déchirer après la mort du Roi Salman, à moins que les nombreux membres de la famille royale se la joue à Koh Lanta.

Corée du Sud

Le nouveau Président Jae-in Moon souhaite arrêter la construction de nouvelle centrale nucléaire et d’annuler les extensions de durée de vie pour les vieux réacteurs.

Le président va également mettre à l’arrêt les 8 centrales à charbon les plus polluantes du pays sur les 59 unités que compte la Corée. Le pays vient de mettre à l’arrêt sa première centrale érigée en 1977 et possède encore 24 réacteurs.

La dégradation de la qualité de l’air et de la pollution ont propulsé M. Jae-in Moon à la présidence et le nouveau élu désire produire 20% de l’électricité à base de renouvelables d’ici à 2030 contre 6,6% actuellement. La Corée va investir 12,2 milliards $ dans les énergies renouvelable cette année et pourrait à nouveau consommer du gaz russe via la Corée du Nord.

Europe

Angleterre

A contrario des autres pays européens, l’Angleterre a totalement libéralisé son marché électrique et gazier. Sans aucune influence, le gouvernement ne peut que compter les coups. En tout cas, Londres démontre la capacité des géants énergétiques à construire un système monopolistique fait d’ententes secrètes entre les grands acteurs pour se partager le gâteau au détriment des consommateurs.

L’exemple du mois: Le sémillant CEO de SSE, Alistair Phillips-Davies, s’est octroyé une augmentation de salaire de 72% passant à 3,31 millions € contre ses minuscules 1,94 millions € de 2016. Son collège, Gregor Alexander, directeur des finances, se sert également joyeusement dans la caisse avec une rémunération en très forte hausse à 2.5 millions €  (1,48 million en 2016).  La compagnie énergétique a augmenté les prix du gaz et de l’électricité de 7% en avril alors que les bénéfices de 2016 étaient de 2,2 milliards €.

Le Gouvernement a débloqué 300 millions € pour développer de nouveaux systèmes de stockage et améliorer les batteries: le Faraday Challenge. Le timing est parfait surtout avec la décision de Trump de favoriser la recherche sur les énergies fossiles.

 

Allemagne

En 2016, l’Allemagne comptait 355’000 employés dans les énergies renouvelables. Plus que la totalité des emplois aux USA dans le domaine du nucléaire, du charbon et pétrole réunis ! Berlin a également économisé 8 milliards $ dans ses importations d’énergies pour les réinvestir localement.

 

Suisse

Une délégation des indiens du Dakota a essayé de rencontrer le Crédit Suisse à Genève. Avec l’Union des Banques Suisse, UBS, le Crédit Suisse et d’autres banques ont investi plus de 1 milliard $ dans le projet de Donald Trump afin de réaliser le pipeline Dakota Access dont le Président possède des actions.
Ce pipeline va transporter le pétrole des sables bitumineux, le pétrole le plus sale qui existe sur notre planète, et traverser les territoires des indiens. Le plus naturellement du monde, les dirigeants du Crédit Suisse ont mis à la porte la délégation.  Si vous désirez agir, vous avez le pouvoir de retirer vos investissements de ces institutions et de changer de banque.

Le projet de la construction d’une centrale à gaz à Chavalon a été abandonné pour des raisons économiques.

 

Russie

Depuis janvier, Gazprom a augmenté de 13,2% ses exportations en direction de l’Europe et de la Turquie. Moscou s’est engagé dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre St-Petersburg et l’Allemagne ce qui a eu l’effet de fâcher Washington qui aimerait refiler aux européens leur gaz de schiste.

La nouvelle vague du virus WannaCry, Petrwrap, a touché le pétrolier Rosneft. Le géant russe s’est dit victime d’une «attaque puissante» mais a assuré que sa production n’avait pas été interrompue grâce à un serveur de secours. Du côté Ukrainien c’est la centrale nucléaire de Tchernobyl qui a été infectée par le virus. On ne connait pas l’ampleur des dégâts, mais jusqu’à présent aucun nuage radioactif n’a été observé, ce qui est plutôt bon signe.

L’italien ENI a vendu à Rosneft 30% du champ gazier égyptien Zohr. A l’époque ENI avait décrit le gisement comme probablement le plus grand champ gazier du monde. Comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, Rosneft annonce de bonnes perspectives pour ses recherches en Arctique dans la Mer de Laptev.

 

Pologne

Une première livraison de gaz liquide américain de Louisiana’s Cherniere Energy est arrivé dans le pays. Les américains aimeraient réduire les livraisons russes de Gazprom qui représentent 59% du pays. Le gouvernement polonais désire ne pas renouveler ses accords de livraison de Gazprom dès 2022.

Paradoxalement, il y a 5 ans, la Pologne devait devenir le champion européen de gaz de schiste grâce à des réserves prouvées. Quelques faillites plus tard, il ne reste aucun forage en activité.

 

Les Amériques

USA: Schiste

Le pétrole de schiste est en forte progression à 5,348 millions b/j mais commence à faire peur aux investisseurs. La chute des prix enclenchée par la surproduction américaine, pousse les prix à la baisse.

L’internet des objets touche également l’exploitation de schiste. De petits capteurs sont maintenant capables de collecter des tonnes de données comme la chaleur, l’usure, la pression des forages afin d’en maximaliser la durabilité et d’éviter les casses et réduire les coûts.

L’administration Trump a mis sur le mode «pause» la réglementation qui demande aux opérateurs de pétrole et de gaz de schiste de limiter les émanations de méthane. Au niveau des gaz à effet de serre, le gaz de schiste est plus destructeur que le charbon.

Au Texas, le nombre de tremblements de terre est passé d’une moyenne de 3 durant les années 1975-2008 (avant l’arrivée du schiste) à 15 depuis 2008.

 

Canada

Le nouvel éléphant dans la pièce, pour le pétrole et le gaz, se cache dans les volontés des gouvernements de l’Alberta et du Canada de réduire les émissions de méthane de 40 à 45% d’ici à 2025.

Les sables bitumineux de l’Alberta est certain le pétrole le plus onéreux à produire à cause de la complexité de transformer le tout en liquide qui va alimenter le V6 de Joe America.

A Québec, sur les 900 puits de pétrole ou de gaz mis hors service, le tiers laissent échapper des fuites de pétrole ou de méthane. Il y a 3 ans, le ministère de l’énergie du Québec avait promis de faire le nécessaire pour les inspecter et de colmater les puits problématiques. Grâce à la pression des grandes entreprises de l’industrie, rien n’a été fait. En effet, le colmatage pourrait coûter des fortunes aux entreprises et comme le prix du baril est bas, mieux vaut ne rien faire pour l’instant. (écouter Radio Canada)

 

Cuba

Alors que le Venezuela s’écroule et le pays n’arrive plus à livrer du pétrole à bon prix à Cuba. Depuis 1990, Cuba est dépendant du pétrole vénézuélien grâce à l’échange de médecins et d’autres employés qualifié. Cuba cherche 100’000 barils/jours soit presque la même quantité que la Suisse.

 

Venezuela

Comme Terminator, le pays tombe mais bouge encore. Caracas vend son pétrole lourd et soufré à 39$ le baril et ses raffineries n’arrivent plus à raffiner ce brut par manque de diluant.

Le pays va devoir rembourser 3,2 milliards $ et les poches sont vides à moins que la Chine ou la Russie mettent la main à la poche en échange de pétrole.

Pour l’instant le pays n’a pas payé 2,5 milliards $ à la Russie. On susurre que Goldman Sachs qui essaie de gagner rapidement de l’argent avec les obligations vénézuéliennes pourrait être la prochaine victime.

 

Un petit match de foot pour décompresser?
Dessin: Chappatte

Moyen Orient

Qatar

Il aura fallu 2 semaines après la visite de Trump pour que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis proposent un embargo sur le Qatar. Le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz. Stratégiquement, le Qatar a très bien manœuvré en se faisant des amis un peu partout comme en France avec le PSG et les hôtels de luxe ou aux USA, le Qatar héberge une grande base militaire américaine. Le pays est allié de la Turquie et de l’Iran. Là, c’est carrément: ceinture, bretelle!

La tactique de saupoudrer tous les pays est un cocktail qui fonctionne bien pour assurer sa sécurité. L’embargo devrait se terminer très prochainement.

 

Yémen

Le détroit de Bab-Al-Mandan qui voit passer 4 millions b/j devient de plus en plus instable. Une coalition navale de 31 pays tente de maintenir la sécurité pour livrer le pétrole du Moyen-Orient.

 

Irak

La Russie a avancé 1 milliard $ aux Kurdes qui ont des besoins importants de cash pour la guerre contre l’Etat Islamique. En échange, Rosneft recevra du pétrole durant les 3 prochaines années ainsi que l’accès à 5 gisements et les infrastructures de transports.

Toujours dans la partie Kurdes entre Erbil et Kirkuk, Exxon, Chevron, Total Repsol, Genel ont abandonné leurs droits d’exploration. Il ne reste que les Russes. Si les Kurdes vont vouloir créer leur propre pays, ils vont avoir besoin de l’aide de Moscou, mais on imagine déjà la cacophonie.

 

Iran

L’Iran a débuté la livraison de gaz à l’Irak. L’accord avait été signé en 2013, mais le manque de sécurité irakien a retardé les livraisons.

L’attaque du Parlement par un groupe de l’Etat Islamique est suspicieuse dans une région si étroitement gardée par les Shiites. Téhéran penche pour l’Arabie Saoudite. A toute chose égale, cet attentat montre que la situation se péjore dans la région.

Afrique

Algérie

L’Algérie met sur le mode pause l’exploitation du gaz de schiste. En raison d’une grogne populaire de la région d’In Salah et surtout d’un manque de rentabilité sur le court terme, selon Nourreddine Bouterfa, l’ex-ministre de l’Energie l’Algérie a officiellement annoncé arrêter provisoirement toute opération dans le gaz de schiste, pour se tourner vers les énergies renouvelables.

Le pays a dernièrement dévoilé son programme en la matière qui lui permettra de passer de 500 mégawatts d’électricité renouvelable à plus de 12 000 mégawats en 2030.

 

Nigeria

Les exportations de pétrole atteignent des sommets à 2 millions b/j. en mai. Cette hausse est en partie due à l’expédition de vieux pétrole qui ne pouvait transiter dans les pipelines.
Cependant, les milices ont annoncé que les petites enveloppes ne suffisaient plus et qu’elles allaient à nouveau s’attaquer aux infrastructures pétrolières dès le 1 juillet. L’année dernière, ces attaques avaient considérablement réduit les capacités pétrolières du pays.

Puisque l’on aborde le sujet des petites enveloppes, la Nigeria National Petroleum Corporation annonce qu’il manque 21,8 milliards $ dans ses comptes. Waow ! Dans ce pays, être un politicien c’est mieux qu’une mine d’or. Détourner 21,8 milliards $!

 

Phrases du mois

«Ce fut un tournant historique dont les gens parleront pendant des années. On n’a jamais vu par le passé, à ce point d’une présidence, une telle réaffirmation des intérêts américains, et la mise en place d’une stratégie en politique étrangère visant à éloigner le monde des dangers croissants et des catastrophes continuelles provoqués par des années de leadership défaillant.» Sean Spicer lors de la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite et la vente pour 100 milliards $ d’armement.

So far, the country’s energy policy focused on low prices and efficiency. But this should change now with our top priority on public safety and the environment.” Jae-in Moon Président de la Corée du Sud

That is right: we don’t submit to terror. We make the terror.” House of Card. Dernière phrase de la 4ème saison, Kevin Spacey dans le rôle du Président des USA.

«Je vais vous donner une idée dont personne n’a encore entendu parler: la frontière sud, beaucoup de chaleur, beaucoup de soleil… Nous réfléchissons à la construction du mur comme un mur solaire. Cela générerait de l’énergie, et cela le financerait» Donald Trump

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Retrouver la revue complète sur 2000watts.org

Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Aviation: Cette impression que les vols bon marché ne polluent pas

L’Office Fédéral de la Statistique Suisse a publié les tendances de la mobilité des Helvètes. En moyenne en 2015, le Suisse a parcouru la moitié de la terre avec 24’850 km dont le tiers, 8’986 km, en avion. Le reste se partage entre la voiture, le train ou le vélo de plus en plus électrique.

L’augmentation du nombre de km effectués en avion a augmenté de 50% depuis les années 2000 pour devenir l’un des postes principal de la consommation énergétique des ménages.

Si le Suisse fait des efforts pour diminuer son empreinte carbone, les tarifs très bas de certaines compagnies procurent le sentiment que pour 50 euros, un avion ne pollue pas ou peu.


En 30 ans, le voyage en avion est passé du stade de luxe à celui de produit jetable. Mais à contrario de ses concurrents comme le train ou la voiture, sa technologie peine à évoluer et ses innovations se focalisent sur l’entassement des passagers ou l’utilisation de matériaux plus légers.

Aucune révolution n’est en vue, mais si l’aviation n’arrive pas à s’émanciper du pétrole, cette dépendance pourrait lui couter la vie.

Repas dans un avion en 1950

Innovation ne rime pas encore avec aviation

A part une brève incartade du Concorde, la vitesse moyenne des avions n’a pratiquement pas évolué depuis les années 70.

Si dans les années 50, les passagers empruntaient l’avion avec la sensation et l’envie de côtoyer de près le progrès technique, aujourd’hui c’est la sensation de liberté et de vacance qui déclenchent l’acte d’achat.

La consommation moyenne de carburant baisse pour s’établir en 2013 à 3,7 litres par passager pour 100 kilomètres contre 4,02 litres en 2007. Cette frugalité est en grande partie due à l’augmentation du nombre de sièges par avion et à la diminution de l’espace à disposition par passager.

Dès 2001, 200 millions d’heures supplémentaires annuellement sont nécessaires pour passer les contrôles de sécurité dans les aéroports alors que dans la majeure partie des incidents, il s’agissait du défaut de design de l’accès au cockpit.

L’utilisation de nouveaux matériaux plus légers a permis d’alléger ces grands oiseaux. Les sièges des passagers ont perdu en moyenne 8 kg.


Pour avoir le même espace qu’en 1977, aujourd’hui, il faut ajouter en moyenne 55€ de plus sur son billet. En comparaison avec 1950, les tarifs actuels sont, en moyenne, 4 fois moins chers. Cependant, les coûts supplémentaires pour les bagages en soute, les repas ou la réservation des sièges tendent à réduire la différence.

Si le confort diminue, par contre, les possibilités d’amusement ont été démultipliées. A la place du seul film, le passager bénéficie aujourd’hui d’un divertissement individualisé.

Point commun avec les années 50, les ordinateurs personnels n’ont plus droits de citer sur certains vols.

Finalement, la plus grande révolution de l’aviation est l’instauration de billets électroniques!

Recherche des Bertrand Piccard

Le fait de payer un tarif infime pour un billet procure la perception que la pollution est négligeable, donc pardonnable. A contrario, un billet à 1’000 € déclenche une culpabilité qui nécessite le besoin d’acquérir des bons de CO2. Cependant le réflexe de compenser ses émissions diminue dans les classes affaires et first class.

Cerise sur le gâteau, alors que l’essence est taxée, le kérosène est mondialement exonéré comme s’il s’agissait d’un produit inoffensif pour la planète.

Un Boeing 747-400 consomme 12’788 litres par heure. Un airbus A320-200 consomme 3’025 litres/h, de kérosène. De son côté, le plus grand avion du monde, l’Airbus A380 consomme 15’000 lt/h soit 110’000 litres pour un vol Paris New-York.

L’aviation a cruellement besoin de nouveaux Bertrand Piccard pour se réinventer. Le temps presse, les réserves de pétrole diminuent, tout comme l’espace pour nos jambes!

Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Dans cette revue:

– Trump: Restera, restera pas dans l’Accord sur le climat?
– Arabie Saoudite: des promesses d’achats pour 348 milliards $ aux USA
– OPEP: encore 9 mois de réduction de la production
– France: Le premier ministre, un ancien d’Areva
– Chine: Objectif 50 millions d’utilisateurs de vélos libres
– Danemark: Dong Energy propose un éolien sans subvention
– USA: Le dernier réacteur nucléaire de Three Mile Island va fermer


Suite à la rencontre de l’OPEP  et la tentative de faire remonter le baril, rien ne se passe. Le pétrole termine le mois à 51,84$ à Londres (51,73 avril) et 49.66$ à New York (49.33 avril).

L’uranium boude. Il redescend à 21.50$ (22.75$ avril).

Le thème de l’interro du mois est:  Si une nation ne produit pas assez d’énergie locale afin de supporter la demande de ces citoyens, alors elle doit mendier, acheter, échanger ou la voler à quelque part, ou faire face à son écroulement ou la famine jusqu’à ce que le nombre d’habitants atteigne un niveau durable. Loi fondamentale sur la survie nationale.

 

La France a un nouveau Président

Monde

Le monde attend la décision de Donald Trump: sortira ou sortira pas de l’Accord sur le Climat de Paris? Si les USA devaient se retirer, cela pourrait être une excellente nouvelle pour l’Europe et la Chine qui auraient l’occasion de profiler leurs entreprises dans le secteur des énergies du futur. Si les USA restent, les puissants lobbys du charbon, du pétrole et du gaz pèseront de toutes leurs forces sur le frein. A choisir, mieux vaut partir avec des gens motivés, les autres suivront.

Annuellement, la demande mondiale de pétrole est de 34 milliards de barils soit 5’400 milliards de litres ou 2 millions de piscines olympiques. Alors que le peak oil est tourné en dérision par certains, il n’y a pas besoin de faire plus de mathématique pour comprendre qu’à ce rythme, cette matière première s’épuise gentiment, mais sûrement.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables dénombre 9,8 millions d’emplois dans les énergies renouvelables à travers le monde en 2016 soit deux fois plus qu’en 2012 où l’on en comptait déjà 5 millions.

 

OPEP

Les pays membres ont décidé de reconduire pour 9 mois la réduction de production entamée en novembre. La baisse de 1,8 million b/j (barils/jours) durera jusqu’en mars 2018 et pour l’instant cette diminution est compensée par l’augmentation de la production américaine, de la Libye et du Nigeria.

La nouvelle aurait dû faire remonter les prix, mais comme “chat craint l’eau froide”, les investisseurs demandent pour voir.

Magnifique et hilarant dessin de Chappatte

Justement… les USA

Si les réalisateurs des séries West Wind ou de House of Card avaient décrit le Bronx qui règne à Washington, tout le monde aurait roulé les yeux. Là, on roule les yeux, mais ce n’est pas une série.

Après 100 jours à la présidence du pays, Donald Trump a réussi l’exploit de faire passer Georges W. Bush Junior pour un type intelligent. La grande crainte est de voir Mike Pence, l’actuel vice-président et futur Président, de faire passer Trump pour un gars brillant.

Durant le premier trimestre, la capacité des nouvelles éoliennes ont atteint 2’000 MW. Le Texas est le lieu de prédilection. L’éolien produit le 8% de l’électricité des USA.

Le pape François a réservé un geste fort pour les caméras lors de la visite du Président Trump au Vatican. Il a en effet offert à Donald Trump son encyclique Laudato Si’, «sur la sauvegarde de la maison commune», un texte marquant l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.
François a également demandé à Mélania: “qu’est-ce que vous lui donnez à manger”? Trop fort ce Pape !

En 30 ans, les USA ont importé 91,2 milliards de barils de pétrole de 80 pays différents dont le Canada qui tient la tête du palmarès avec 17,3 milliards de barils.

La consommation électrique du pays stagne. L’arrivée des LED, des appareils moins énergivores et la baisse de la production industrielle sont les principaux facteurs. De son côté la consommation pétrolière a diminué de 2,4% sur les 12 derniers mois.

Murray Energy va fermer l’une de ces centrale et mine à charbon ainsi que licencier 255 employés dans l’Illinois. Les prix du gaz font des ravages parmi le charbon.

Puis que l’on parle de fermeture. La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island fermera en 2019 selon son propriétaire l’entreprise Exelon. La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le coeur de son autre réacteur fondre partiellement le 28 mars 1979, emploie 675 personnes.  Le groupe exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis et fait face à des problèmes de rentabilité à cause du gaz de schiste et aux énergies renouvelables bien plus économiques.

Douze centrales nucléaires américaines ont fermé ces dernières années et il reste 99 réacteurs en activité. Le business du nucléaire réside dans son démantèlement.

 

France

La puissante industrie du nucléaire a réussi à placer une pièce maitresse au sein du Gouvernement. Édouard Philippe, le premier ministre, est un ancien employé d’Areva. Son activité principale était de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome  Il avait voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité.

Total pense qu’un tiers des voitures produites d’ici à 2030 seront électriques. La demande pour le pétrole devrait atteindre son pic en 2030.

Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demi plus important que celui des voitures neuves.

La Commission européenne autorise EDF à prendre le contrôle d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire, rebaptisée New NP, qui assure la conception et la fabrication des réacteurs français (EPR, Atmea), mais aussi la maintenance de plus de la moitié des centrales dans le monde. En pratique, l’Etat français a simplement transvasé les actifs d’une entité à une autre. Aucun concurrent ne s’est offusqué de la transaction tant les comptes d’Areva sont dans le rouge et que le géant français ne fait peur à plus personne.

Le président Macron a croisé le fer avec Trump. Il n’y avait tellement rien à dire sur cette rencontre que les médias se sont focalisés sur une poignée de main digne des bacs à sable quand on était gamin.

 

Chine

On dénombre 16,9 millions d’utilisateurs de vélos partagés en Chine, un chiffre qui devrait grimper à 50 millions d’ici à la fin de l’année. Le vélo regagne des parts de marché face aux voitures engluées dans les bouchons.

Les clowns de l’agence de notation Moody ont mis leur nez rouge avant de descendre le niveau de rating de la Chine de A1 à Aa3. Motif : la croissance chinoise est en baisse.

On parle beaucoup de l’OPEP pour la stabilisation des cours du pétrole, mais la Chine pourrait être le facteur le plus influent. Sur la croissance de la demande pétrolière mondiale de +1,3 million b/j cette année, la Chine gobe 400’000 barils/jour.

Avec une consommation de 12,3 millions b/j, le pays du milieu s’est lancé sur les traces des USA tandis que sa production interne ne fait que de chuter -500’000 b/j en 12 mois. La Chine aurait-elle atteint son peak oil?

Cependant, les problèmes de dettes pourraient pourrir la croissance du pays. A vrai dire, sans la consommation de la Chine, le marché pétrolier ne peut pas survivre.

 

Arabie Saoudite

Lors du World Economic Forum en janvier, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih avait annoncé que grâce aux coupes de l’OPEP et de la Russie, la situation serait sous contrôle d’ici à juin 2017. Visiblement, le grain sable dans la machine s’appelle pétrole de schiste américain.

Afin de résoudre les tensions militaires aux Moyen-Orient, Donald Trump a une solution : vendre pour 100 milliards $ d’armes à l’Arabie Saoudite. Rien que le dire, ça va déjà beaucoup mieux.

Le Royaume a déjà fortement puisé dans ses réserves financières pour survivre. Des coupes dans le budget sont effectuées pour freiner la tendance. Les promesses de dépenses de plus de 348 milliards $ faites à Trump tombent de nulle part et pourraient simplement être un effet de communication sans lendemain, le temps d’un tweet.

Europe

Allemagne

La ville de Stuttgart, cœur de l’automobile allemande et la ville la plus polluée du pays, a confirmé son intention de restreindre sous conditions et les jours de pics de pollution, l’accès au centre-ville à tous les véhicules diesel antérieurs à la norme Euro 6.

En campagne pour sa réélection, Angela Merkel se positionne comme la seule à pouvoir faire face à Trump. Du coup, elle en a rajouté des tonnes avec la main sur le coeur de l’Europe. Est-ce que cette stratégie de communication lui permettra de lui donner une victoire?

 

Suisse

L’industrie Hydroélectrique avait demandé des subsides sous prétexte d’une baisse du chiffre d’affaires. L’opacité de la comptabilité des acteurs de la branche ne permet pas de vérifier si effectivement les grands producteurs perdent de l’argent ou pas. Pour l’instant, le parlement a refusé cette aide ce qui a déclenché une nouvelle vague de larmes de certains politiciens très (trop) proche des milieux concernés.

Un sondage des banques souligne que 95% des Suisses font confiance à ces mêmes banques. Ils les estiment solides avec du personnel compétent et bien formé.
C’est plus qu’avant la crise de 2008 (juste avant qu’une des banques «solide» se fasse sauver par les impôts des mêmes gens qui ont été sondés…) Pas rancunier le Suisse quand même. Les amendes records du Crédit Suisse et de l’UBS pour tricheries ne semblent également pas perturber les helvètes.

Glencore compte 155’000 collaborateurs et a choisi de s’établir en Suisse. Bref, ce serait ballot de détruire la planète et de devoir, en plus, payer des impôts!
L’entreprise minière traite plus de 90 matières premières dont le cuivre, le cobalt, le charbon et le pétrole. Mais ce géant est sous le feu des critiques pour prendre des largesses au niveau environnemental, des violations des droits humains et sur la santé notamment dans ses mines en Colombie, en Argentine, au Pérou et en Bolivie. Son CEO, Ivan Glasenberg, écarte tout ça de la main avec un «Nous sommes une entreprise responsable et non des spéculateurs». Autant de sincérité de la part d’un personnage aussi éthique que Glasenberg est touchant !

 

Danemark

L’entreprise danoise Dong Energy vient de céder ses activités de production d’hydrocarbures au pétrochimiste suisse Ineos pour 1,16 milliard d’euros. Ainsi, le leader mondial de l’éolien offshore se désengage totalement des énergies fossiles.

Dong propose la réalisation de fermes d’éoliennes avec des systèmes de stockage sans demander des subsides et montre que cette énergie devient concurrentielle face au charbon et à toutes les énergies fossiles.

 

Russie

Moscou respecte la diminution de production suggérée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP) et a diminué de 300’790 barils sa production par rapport à octobre 11,247 millions b/j. La prouesse russe réside plus dans sa capacité à monter sa production à 11 millions b/j qu’à revenir à une production normale de 10,9 millions b/j.

Gazprom Neft souligne ses progrès dans le développement du champ pétrolier Novoportovskoye situé dans le cercle Arctique. Un peu plus de 35 millions de barils ont été produits avec 85 forages. On ne connait pas le prix de revient du baril.

 

Dessin Chappatte

Les Amériques

Les USA: Schiste

Le nombre de forages continue à augmenter : 885 (449 il y a une année).

La production pétrolière de schiste continue de croître aux USA. Si le Bassin Permien attire tous les investissements, les autres régions voient une déjà une diminution des quantités extraites et les entreprises ont du mal à s’adapter à la rapide chute de production des puits.

 

Venezuela

La pieuvre, Goldman Sachs, a acheté pour 2,8 milliards $ d’obligations de l’entreprise pétrolière nationale Petroleos de Venezuela SA. La Banque Centrale du pays a vendu ces obligations pour 865 millions $. Les fonds vautours américains sont de retour.

La résilience du président Maduro crée de plus en plus le chaos dans le pays. Les chiffres d’exportations pétrolières ne sont plus publiés.

La National Oil Company n’arrive plus à acheter les diluants et produits chimiques qui permettent de liquéfier le pétrole très lourd du pays pour le transporter jusque dans les terminaux pétroliers.

La Russie a commencé à livrer du pétrole à Cuba pour remplacer les livraisons qui n’arrivent plus depuis le Venezuela.

De 1960 à 1989, Cuba recevait l’essentiel de son or noir de la Russie. Depuis Caracas et la Havane avaient trouvé un accord de troc médecins/pétrole. Dans la situation actuelle, Caracas n’arrive plus à honorer son accord.
De son côté, les USA exportent des quantités records vers les Caraïbes ce qui suggère que les pays qui importaient le crude vénézuélien ont quelques problèmes de livraisons.

 

Brésil

Ca sent de plus en plus le roussi pour le Président actuel qui pourrait devoir démissionner pour de sombres histoires de corruption.

La Chine s’intéresse de plus en plus au pétrole situé aux larges des côtes du Brésil.

 

Fonte du Glacier Larsen C dans l’Antarctique

Asie

Inde

Comme la grande majorité des pays, l’Inde ne va pas atteindre ses objectifs de réduction de CO2. Il y a deux ans le ministre de l’environnement avait introduit des niveaux de pollutions limites pour les centrales à charbon qui génèrent presque 80% de l’électricité du pays.

Ce mois, le ministre de l’énergie, Piyush Goyal, a annoncé que les 132 centrales à charbon, à 75% la propriété du gouvernement, n’atteindront pas ces limites et que pour l’instant rien n’a été fait. Motif: ce n’est pas à nous à faire des efforts, mais aux pays riches! On perçoit toute l’énergie positive dégagée par ce point de vue.

Par personne, l’Inde émet 1,59 tonne de CO2, 7,55 tonnes pour les chinois et 16,39 tonnes pour les fans de Trump.

 

Malaisie

Pour se conformer aux coupes de l’OPEP, la Malaisie stocke son pétrole dans une douzaine de tankers pétroliers au large de ses côtes.

Avec le prolongement de la diminution des quotas, l’équation semble détenir plusieurs inconnues.

 

Kazakhstan

Le pays pourrait produire 250’000 b/j de plus en développant de nouveaux forages d’ici à 2022. Le gisement de Kashagan, qui aura coûté la bagatelle de 50 milliards $, propulse actuellement la production du pays à 370’000 b/j.

 

Nouvelle publicité de Donald Trump: 100 jours

Moyen Orient

Iran

Les élections ont confirmé le président Hassan Rohani avec une majorité de 58% contre 37% pour son opposant un peu plus extrême.

Depuis la levée des sanctions, l’Iran a augmenté de 34% ses ventes de pétrole. Cependant une part de cette hausse provient de la vente de barils stockés sur des tankers durant les années de vaches maigres. Aujourd’hui, l’Iran n’a plus que sa production quotidienne à vendre et il semble que ses vieux forages trainent les pieds. Pour des raisons techniques, l’Iran ne devrait pas avoir de peine à limiter la production comme le demande l’OPEP.

Le ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, annonce la mise aux enchères des gisements d’Azadegan, à la frontière avec l’Irak. Il pourrait être les plus juteux du pays. L’Iran espère attirer des investisseurs étrangers ainsi que des majors pour tenter de faire remonter la production et faire entrer des devises. Cependant, l’utilisation du dollar et la peur des banques européennes de faire du business avec l’Iran bloquent les ardeurs de chacun même si Dubaï permet de contourner les restrictions américaines.

 

Irak

Les norvégiens de DNO désirent doubler leurs activités pétrolières dans le nord du pays dans le territoire Kurde.

De nouvelles explosions ont fait de nombreux morts à Bagdad alors que la ville de Mossoul est toujours dans les mains de l’Etat Islamique.

La Dette, une explication de la Barbe

Afrique

Nigeria

Le gouvernement vient de fêter 3 mois sans exposition et sabotage des installations pétrolières par les milices. Il semble que la taille et le contenu des petites enveloppes soient suffisants pour maintenir la trêve. Le Nigeria pourrait augmenter ses exportations si la situation perdure.

Pour la deuxième fois, le pays a réussi à échapper aux quotas de l’OPEP afin de limiter la production du pays.

 

Phrases du mois

Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. Mayer Amschel Rotchschild, Le fondateur de la Banque Rotchschild

In the Energy sector, optimism is more important than facts. And, it’s essential for attracting investors. Alice Friedmann

The US will shoot itself in the foot if it quits the Paris climate accord because China, India and Europe will snap up the best power sector jobs in future, U.N. Environment chief Erik Solheim

On vous retrouve à la même place, même heure le mois prochain!

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !

Le démantèlement: Le futur du Nucléaire

Rattrapé par la chute vertigineuse des prix de productions des énergies renouvelables ainsi que la pénurie annoncée d’uranium, la construction d’une nouvelle centrale nucléaire est devenue une entreprise financièrement périlleuse.

Pour rester en vie, l’industrie se réoriente dans les technologies du futur: la gestion des déchets et le démantèlement des vieilles centrales nucléaires. Dans ce dernier domaine, la France prévoit 50 milliards €, l’Angleterre 135 milliards €, l’Allemagne 38, la Suisse 20 et les USA 400 milliards $.


 

Tant aux USA qu’en Europe, la chute des coûts marginaux de production électrique force les propriétaires de centrales à revisiter leurs business modèles. Obligé d’amortir à coup de milliards leurs actifs nucléaires, ils sont les premiers à être confronté à cette dure réalité.

Avec l’essor du gaz de schiste bon marché, les USA ont inauguré cette tendance. Cinq réacteurs sont déjà à l’arrêt et six autres vont suivre.

En Europe, une génération entière de réacteurs construits dans les années 60-80 vont devoir être déconnectés du réseau et démontés en toute sécurité. C’est l’Allemagne qui ouvre le bal.

 

Paradoxalement, c’est la fermeture des centrales qui va permettre à l’industrie de survivre !

Pendant des décennies, toute l’industrie s’est essentiellement focalisée sur la construction de nouveaux réacteurs sans se préoccuper de leur mise à la retraite.

Ainsi aujourd’hui, peu d’acteurs possèdent ce savoir-faire embryonnaire. La chaîne entière est à inventer, les acteurs à identifier et pour rendre les coûts supportables, le système devra être industrialisé d’autant que l’Europe compte 134 réacteurs.

Graphique D’après données de l’AIEA au 3 août 2015 (©Connaissance des Énergies)

L’Allemagne prend l’avantage

Dès 2020, l’Allemagne ouvrira le bal et commencera à démanteler ses 17 réacteurs. Le gouvernement et les 4 propriétaires ont prévu un budget minimaliste de 38 milliards € qui sera certainement revu à la hausse. Qu’importe, au nom de la sécurité, les budgets n’auront aucune limite pour le plus grand bonheur des entreprises impliquées.

Berlin a le désavantage de service de cobaye à l’industrie et de payer le plein tarif par manque d’industrialisation des processus. Par contre, si Berlin manœuvre bien, ses entreprises, comme Siemens, pourront acquérir l’expérience pour ensuite l’exporter.

La France

Le gouvernement français s’est vu forcé de reprendre la vision d’Areva et la construction d’une méga centrale de 2’300 MW capable de remplacer 2 unités.

Si l’idée était excellente dans le contexte du début des années 2000 avec une Chine assoiffée d’électricité, l’intrusion des énergies renouvelables exige de plus petites unités capables d’interagir avec le mix de production.  L’EPR français peine également à convaincre les financiers qui ont pris l’habitude de montants plus petits, sans risque et avec un retour sur investissement plus court.

L’Europe de l’Est compte sur l’Europe de l’Ouest

Les gouvernements des pays de l’Est n’ont pas prévu de budget pour fermer leurs centrales.

Sans le dire publiquement, ils comptent sur les riches pays Européens pour payer la facture et trouver des solutions pour leurs déchets. Par contre, la main d’oeuvre bon marché des pays de l’Est devrait en profiter largement. En effet, l’industrie du nucléaire privilégie et recherche les salaires les plus bas.

Une concurrence entre pays et entreprises

Si Tokyo puise dans son porte-monnaie pour maintenir artificiellement en vie la branche nucléaire de Toshiba, il en va de même pour Paris et Areva.

Pour ces deux pays, qui ont chacun plus de 50 centrales nucléaires à fermer, il est primordial que leur champion national reste sur pied pour effectuer cette tâche et garder l’essentiel des investissements dans le pays.

De leur côté, le Coréen Tepco, le Russe Rosatom ou le Chinois CNNC pourraient proposer leurs services à prix bradés grâce à l’appui financier de leur gouvernement respectif.

Cependant, en Suisse, en France ou en Suède, les citoyens, appelés à payer les énormes factures, risquent de voir d’un mauvais œil le départ de leurs impôts vers la Chine, les USA ou la Russie.

L’Europe

C’est dans ce contexte que les entreprises européennes ont intérêt à s’unir pour offrir une solution locale qui permettra de créer des emplois, de garder l’argent dans les communautés locales et de se profiler dans les marchés internationaux.

Pour l’instant ce processus vient de s’engager. Il faudra attendre les premières fermetures pour identifier les acteurs et leurs muscles.

Espérons que l’Allemagne, l’Angleterre et la France puissent garder un rôle pour orchestrer une solution européenne et établir les normes de sécurité.
Le nucléaire tourne une page plutôt cocasse. Pour survivre, il doit fermer ses centrales et s’orienter vers le démantèlement des 440 réacteurs encore en activité dans le monde.

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
– Suisse: Greenpeace s’invite au Crédit Suisse.
– Russie: Le pays en route sur l’indépendance agricole
– Inde: 1,3 milliard d’habitants dont 50% en dessous de 25 ans
– Iran: Les stocks de pétrole à zéro. Passons aux choses sérieuses
– Trump: 100 jours et déjà le cafard
– Nigeria: Eni et Shell: les mains dans le sac de la corruption
– Angleterre: 1er jour sans électricité au charbon en 130 ans!


Le pétrole va n’importe où, mais pas là où les producteurs veuillent qu’il aille. Il est repassé sous les 50$ et termine le mois à 51,73$ à Londres (52,96$ mars) et 49.33$ à New York (50.35$ mars).

L’uranium se la joue blasé après la hausse de janvier-février-mars. Il redescend à 22.75$ (24,5$ mars).

Photo du mois: le Crédit Suisse investi dans le schiste américain.
Greenpeace intervient durant l’assemblée générale.

OPEP

Le cartel avait l’ambition de diminuer de 1,8 million barils/jour la production mondiale. Mais les chiffres de l’OPEP dévoilent une tendance inverse: + 1,2 million b/j depuis le mois de janvier et un retour au niveau de 2016. Il passe directement sous les 50$, sans passer par le Start et ne touche point de prime.

 

Boule de cristal et Marc de café

Où va le pétrole dans les mois à venir? Voici un très bref inventaire des liseurs d’avenir mais qui n’en savent pas plus que vous et moi.

Citi Bank prédit un baril à 65$ d’ici à Noël.

Goldman Sachs soutient Trump (et vis versa). La pieuvre pense que l’industrie pétrolière va à merveille et que les prix vont gentiment remonter dans les semaines à venir pour le plus grand bonheur du monde de la finance.

Le CEO de Total lit que le pétrole de schiste américain va faire à nouveau couler le prix du baril d’ici à Noël.

Cependant, on peut compter sur certains pays pour apporter un peu de piment aux prévisionnistes.
A) Le Venezuela est sur le point de s’écrouler emportant sa production pétrolière.
B) La Libye fluctue aux envies des milices entre 500 et 700’000 b/j. Elle a les capacités de viser le million de b/j.
C) Le Nigeria devrait extraire 2,2 millions b/j mais se cantonne à un misérable 1,3 million à cause d’explosions, de manque d’électricité et des vols.

Russie

Vladimir Poutine remet en question la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique.  «Le réchauffement a commencé dans les années 1930», selon le maître du Kremelin, lors du Forum sur l’Arctique à Arkhangelsk, dans le Grand nord russe.  De son côté Donald Trump promet de prendre position «d’ici fin mai» au sujet de l’accord de Paris sur le climat. Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

Moscou se félicite d’avoir diminué sa production pétrolière de 250’000 b/j avec l’objectif de 300. A vrai dire, la Russie n’a pas eu à faire un gros effort puisque qu’elle partait d’un niveau de production record atteint en octobre 2016 à 11 millions b/j.

L’Américain ExxonMobile, dont l’ancien chef est devenu chef du clan Trump, demande une levée des sanctions américaines à l’encontre de la Russie. Objectif: aider les russes à forer en Arctique. Pour ExxonMobile, l’accès à l’Arctique Russe, qui grâce au réchauffement climatique devient plus facilement accessible, est l’une des rares opportunités de croissance à travers le monde.

De plus, cette partie de l’Arctique est garantie “100% sans écologiste”. La dernière fois que Greenpeace s’était approché d’une barge, l’équipage avait été inculpé de piratage et détenu dans les geôles russes le temps que la leçon soit apprise. Pour l’instant Trump a refusé cette autorisation.

Les sanctions Européennes et Américaines ont permis de démultiplier la production agricole de la Russie. L’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de ses 146 millions d’habitants d’ici à 2020 est déjà en vue. Grands perdants, les agriculteurs européens.

Moscou a misé sur l’augmentation des subventions aux agriculteurs, des incitations fiscales, des aides de l’Etat et l’autorisation aux étrangers de louer les terres. Ainsi, Poutine se proclame autosuffisant en production céréalière, mais aussi en légumes, volailles, porcs et pour la première fois, les exportations agricoles ont rapporté davantage… que les ventes d’armes, soit environ 15 milliards $.

Infographie: Les Echos

USA

Le jour de son intronisation, une interrogation flottait sur les capacités du personnage Trump à diriger la plus grande puissance nucléaire au monde. L’homme est-il un génial visionnaire au service de la classe moyenne ou un impulsif égocentrique qui favorise sa caste, Wall Street et ses amis? Les 100 premiers jours ont apporté une esquisse de réponse.

Après 100 jours et 14 parties de golf, le président Trump estime avoir sous-estimé l’ampleur de la tâche et qu’il préfère sa vie d’avant. Nous aussi, on préfère sa vie d’avant.

Depuis la première fois depuis 2014, les investissements pétroliers sont à la hausse sur l’île. La production US devrait augmenter de 5% durant 2017.

Le lobby du charbon US demande à Trump que les USA restent à la table des négociations de l’accord sur le Climat de Paris.
Cloud, Peak Energy et Peabody Energy pensent que les USA peuvent mieux défendre les intérêts du charbon en restant dans l’arène. Aussitôt dit, aussitôt-tôt fait: lors du G7 les charbonniers américains ont débuté leur lobby pour dire tout le bien que le charbon procure à la planète.

Le président Trump a signé un décret ordonnant un réexamen des restrictions dans l’exploration et l’exploitation offshore de pétrole et de gaz. «Notre pays a la chance d’avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole offshore“. Le gouvernement Obama avait interdit l’exploration et la production dans 94% de ces zones notamment en Arctique ou au large des côtes californiennes. «Cela prive potentiellement notre pays de milliers d’emplois et de milliards de dollars de richesse» a ajouté Trump.

L’Etat pétrolier du Texas a consommé 25% d’électricité à base d’éoliennes texanes durant le mois de mars.

Le prix moyen de l’essence est de 2,39$ le gallon (3,8 lt). Le seuil de douleur pour l’automobiliste américain est estimé à 3$ le gallon.

Le gaz produit 34% de l’électricité US contre 32% avec le charbon.

La gouverneure Républicaine de l’Oklahoma Mary Fallin a aboli, 3 ans à l’avance, toutes les aides à l’énergie éolienne. L’éolien représente 25% de l’électricité produite dans l’Etat entièrement tourné sur le gaz de schiste. Comme punition, l’Oklahoma Thunder et Westbrook ont été virés des play-off de la NBA.

Dessin Chappatte

Arabie Saoudite

Le Roi Salman bin Abdulaziz a nommé l’un de ses fils le Prince Khaled bin Salman ambassadeur pour les USA. Le roi a également réintroduit les avantages financiers pour les membres du royaume et les militaires. Ces bonus avaient été suspendus suite à la baisse des revenus pétroliers.

Les réserves financières du pays ont fondu de 737 milliards $ en 2014 à 500 milliards aujourd’hui. Forcement, les Ferrari, les Yachts, un gratte-ciel de 1’000m ou la guerre avec le Yémen, c’est dispendieux.

Ryad espère que la vente, de 5% des actions de son champion pétrolier Saudi Aramco, rapporte 100 milliards $.

L’Arabie, le Koweit et Oman ont pu obtenir 24,2 milliards $ sur les marchés financiers internationaux. Le seul espoir de ces pays est que le baril repasse sur la barre des 100$ sinon l’avenir risque d’être compliqué. Dans une première étape, l’Arabie Saoudite, le Koweit et l’Irak aimeraient voir le baril remonter assez rapidement à 60$. Dans cet optique, l’Arabie Saoudite porte presque entièrement les coupes de production pétrolières de l’OPEP.

Le Royaume aimerait développer 30 projets solaires et éoliens pour un montant de 50 milliards $ durant les 10 prochaines années. Le ministre de l’Energie Khalid Al-Falih espère produire 10% de l’électricité d’ici à 2023. Les premières offres proposent la construction de 700 Mégawatts de solaires et éoliens. Le prix du solaire devrait descendre sous les 2 centimes le kWh.

Une piscine un peu particulière à Houston, USA

Europe

Alors que les coûts des installations solaires et éoliennes plongent, Drax Group Plc, Steag GmbH et Uniper SE accélèrent la fermeture de leurs centrales à charbon en Autriche et en Angleterre. Une page se tourne plus rapidement que prévu.

 

France

La Banque Française, BNP Paribas, participe au financement d’un terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz de schiste aux Etats-Unis, d’un coût d’environ 2 milliards de dollars

L’énergéticien français Engie a cédé la totalité de ses actifs dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne. Engie a récolté 15 milliards $ d’actifs dans toute la branche exploration et production et n’investira plus sur les opérations de recherche et d’exploitation de gisements de gaz naturel onshore ou offshore.

Les banques sont-elles les faiseurs de Présidents ? Si aux USA, Goldman Sachs est incontournable, en France c’est la Banque Rothschild qui tire son Macron du feu.

 

Angleterre

Le français ENGIE (ex : GDF Suez) a activé une clause qui lui permet de vendre ses parts dans le consortium NuGen à son ancien partenaire Toshiba. Ce consortium devait construire 3 centrales nucléaires Westinghouse AP1000 à Moorside, Angleterre.

Toshiba, propriétaire de Westinghouse, a mis sa succursale américaine en protection de faillite. On comprend immédiatement pourquoi Engie a préféré se débarrasser de cet encombrant projet. Cerise sur le gâteau, Engie recevra un chèque de 138.7 millions $ par Toshiba.

C’est la première fois en 130 ans que l’Angleterre a pu vivre une journée entière (21 avril) sans électricité au charbon. Il y a 2 ans, le charbon représentait encore le 23% de la production électrique contre 9% aujourd’hui.

 

Suisse

Les Suisses devront voter sur une loi sur l’énergie édulcorée par les producteurs d’électricité. Dans les grandes lignes, cela permettra aux suisses de se hâter très lentement en direction des énergies renouvelables. L’autre alternative est de ne rien faire et d’espérer que nos enfants trouveront une solution dans quelques années. Dans les deux cas, les solutions arriveront trop tard et en quantité insuffisantes.

Il débordait d’Energie pour gravir en un temps record les montagnes les plus difficiles. Ueli Steck est décédé dans l’Himalaya.

L’actu suisse est très branchée « Banque » durant ce mois d’avril. Historiquement, le banquier Suisse était réputé pour son éthique et la confiance. Les nouveaux mercenaires arrivés à la tête de ces institutions ont remplacé ces valeurs par celles identifiées dans ce fameux film. A vous de les trouver.

Bande annonce Seven

Le Crédit Suisse a tenu son assemblée générale. Au milieu des bonus décalés et démesurés ainsi que des purges d’employés, Greenpeace a apporté un peu de bonne humeur. L’ONG a souligné la passion du Directeur Tidjane Thiam, pour les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole, le gaz et le schiste. En pleine session, une banderole a été déployée pour confirmer l’implication de la banque dans le financement de la construction du pipeline du Dakota du Nord pour plus d’un milliard $.

Greenpeace aurait également pu intervenir à l’Assemblée Générale de la Banque Nationale Suisse. La BNS soutient à bout de bras toutes les formes d’énergies les plus polluantes comme le pétrole et gaz de schiste, les sables bitumineux ou le charbon.

 

Les Amériques

Schiste Américain

Wall Street recommence à déverser de l’argent dans le schiste américain. En fait, les institutions financières comme Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, Bank of America, JP Morgan, Wells Fargo ou BlackRock incorporent à nouveaux ce genre d’actifs pourris dans des produits structurés.

Grâce à l’augmentation des prix du baril, JPMorgan Chase & Co., Wells Fargo & Co. et Citigroup Inc. ont pu sortir de leurs livres pour 370 millions $ d’actifs de schiste douteux.

La production du Dakota du Nord a repassé sur la barre du million de barils/jour. La production est transportée par camions-citernes.

L’industrie pétrolière, notamment de schiste, clame à tout va que les innovations technologiques permettent de se satisfaire d’un baril à 50$. En fait, la raison principale de la baisse des coûts est que les entreprises de services travaillent à la limite ou en-dessous de leurs marges. Elles espèrent rester en vie jusqu’à ce que le baril remonte.

Le pipeline Keystone XXL, qui a reçu l’aval du Président Trump, fait face à une fronde plutôt coriace notamment au Nebraska. Une marche de protestation aura lieu la veille de la présentation publique le 3 mai.

 

Dessin Chappatte

Venezuela

La situation semble sur le point de basculer. Après de longs mois de quasi famine, la population n’a plus que la violence pour survivre et sortir de la crise. Plus de 30 personnes sont décédées lors des manifestations contre le régime du président Maduro.

En plus des problèmes civils et de nourriture, le gouvernement fait face à une montagne de dettes et de prêts qui arrivent à terme. Dans ses poches, Caracas n’aurait plus que 10 milliards $ dont 7 milliards en or. Dans les 8 prochains mois, le pays doit rembourser 6 milliards $ et plusieurs milliards de dettes privées.

Le constructeur automobile General Motors a décidé de fermer son usine et de se séparer de ses 2’700 employés. Ironiquement, le Venezuela avait contribué à hauteur de 500’000$ à la cérémonie d’intronisation du Président Trump dans l’espoir de recevoir un traitement de faveur.

Membre de l’OPEP, le Venezuela est un grand producteur pétrolier. Son effondrement pourrait retirer plusieurs millions de barils sur les marchés. Combien de temps faudra-t-il aux créanciers russes et chinois pour remettre la production sur les rails et quelle sera l’influence sur les cours mondiaux ?

Il n’y a plus d’information sur les quantités de pétrole exportées. Le brut est stocké dans des tankers de plus en plus nombreux. Les eaux des ports sont tellement souillées de pétrole que bateaux doivent être nettoyés avant de partir en haute-mer en direction de la Chine qui importe la quasi totalité des exportations. Même ce service est en panne et compte plusieurs mois de retard.

 

Argentine

ExxonMobil va débuter ses explorations de pétrole de schiste dans la formation de Vaca Muerta dans la province de Neuquen. Le premier forage devrait atteindre 2’500 à 3’000 m. de profondeur.

Exxon a déjà dépensé 750 millions $ pour ce projet.

 

Canada

Les compagnies pétrolières canadiennes adorent le sable bitumineux de l’Alberta. Si en 2006, elles étaient 6, elles sont aujourd’hui 20 à se partager la production alors que de nombreuses entreprises étrangères ont quitté les lieux.

Le président Trump propose de taxer le bois canadiens de 3 à 24% sous prétexte que le gouvernement canadien subventionne les exploitants forestiers. Le marché est évalué à 4,6 milliards $ et compte 145’000 emplois canadiens. Le Canada a annoncé qu’il allait combattre cette taxe douanière.

 

Brésil

Après le scandale de corruption par l’entreprise pétrolière Petrobras, c’est au tour de l’entreprise de construction Odebrecht de démontrer les avantages de la solution.

Notamment active dans la construction de barrages hydroélectriques, Odebrecht a copieusement arrosé tous ceux qui pouvaient potentiellement se mettre au travers de sa route. La liste de petites enveloppes est impressionnante. Elle remonte jusqu’au Président Michel Temer, passe par les élus locaux, les membres des syndicats et des opposants.

 

Asie

Chine

La stratégie gouvernementale « Made in China 2025 » est en train d’être déployée à large échelle dans des domaines stratégiques comme l’énergie, les batteries ou les énergies renouvelables. Par ce biais, Pékin se saisit délibérément des technologies qu’elles ne possèdent pas encore soit par des achats d’entreprises ou des brevets soit par la copie ou le vol de données avec le soutien de l’Etat. De nombreuses PME Suisses et Européennes en font les frais. Est-ce si compliqué de ne pas y aller?

Suite à la visite du Roi Salmon d’Arabie Saoudite, la Chine serait intéressée d’acquérir une partie des actions de l’entreprise pétrolière Saudi Aramco. L’Arabie évalue sa pépite à 2’000 milliards $ ce qui semble pousser le bouchon un peu loin. On peut faire confiance aux chinois pour négocier tout ça.

La Chine a lancé son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays. Pékin a annoncé en début d’année une hausse de 7% de son budget militaire à 143 milliards d’euros. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis, qui atteint 575 milliards d’euros.

Le PIB chinois serait remonté à 6,9% durant les 3 premiers mois (6,7% en 2016) bien que les statistiques procurées par Pékin ne brillent pas toujours par leur véracité

La production pétrolière chinoise aurait baissé de 6,8% durant les 12 derniers mois. L’augmentation des importations de pétrole bon marché a remplacé une partie de la production locale un plus onéreuse.

Ford Motor Co annonce un énorme plan pour lancer sa Mondeo plug-in hybrid avec un nouveau SUV électrique de 400 km. La firme de Détroit espère que la Chine va ingurgiter 70% de ses voitures électriques. L’objectif est ambitieux surtout avec la stratégie Made in China 2025 dont l’objectif est de s’emparer du marché de la voiture électrique.

 

Inde

La population indienne a augmenté de 1,2% en 2016 (+0,54% Chine).

La population indienne devrait dépasser le nombre de chinois d’ici à 2022. Lors de l’indépendance indienne en 1947, le pays comptait 330 millions d’habitants contre 1,3 milliards aujourd’hui dont le 50% à moins de 25 ans !

 

Corée du Nord

La Corée du Nord dépend à 90% de la Chine pour ses importations de carburants. L’arrêt de ces importations pourrait facilement paralyser le pays.

La Chine a cessé ses importations de charbon de la Corée du Nord ce qui prive le pays de revenus importants.

Moyen Orient

Irak/Syrie

L’indépendance du Kurdistan est une priorité depuis la fin de l’Empire Ottoman il y a plus de 100 ans. Aujourd’hui les Kurdes aimeraient planifier un référendum auprès des Kurdes de Turquie, Syrie, Irak et d’Iran. Inutile de dire que tous ces pays n’ont pas l’intention de laisser ces territoires et le pétrole qui s’y trouve, partir dans un nouveau pays.

Bagdad espère atteindre 5 millions b/j d’ici à la fin de l’année (+600’000) même si le pays tente de respecter la demande de l’OPEP qui limite sa production à 4,5 millions b/j. On devrait y voir plus clair une fois que Mossul tombera et que les Kurdes, qui contrôlent le pétrole du Nord du pays, feront part de l’envie de créer un pays.

Le pétrole et le réchauffement climatique impliqués dans la guerre en Syrie. A lire.

 

Iran

Les russes vont réaliser 2 centrales nucléaires de 1000 MW. La construction va débuter prochainement.

Le gouvernement iranien réalise que leur viabilité à long terme ne peut reposer sur le pétrole et le gaz. Depuis la levée des sanctions, les exportations hors pétrole-gaz ont augmenté de 30%, mais les chiffres de départ sont relativement bas.

Les exportations pétrolières iraniennes ont diminué à 2,35 millions b/j (2,41 en février) alors que le pays continue de puiser dans les réserves de 30 millions de barils accumulées sur ses tankers pétroliers durant les sanctions. Téhéran pourrait avoir terminé ce processus et ne va pouvoir compter que sur sa production actuelle pour générer du cash. Les prochains mois donneront une indication sur la capacité iranienne à extraire son pétrole.

Pas de nouvelle sur de nouveaux accords avec des majors pétrolières étrangères pour développer la production locale.

L’élection du nouveau président aura lieu durant le mois de mai.

Le constructeur américain Boeing va vendre 60 avions 737s dès 2022. C’est la première fois depuis l’arrivée de Donald qu’un accord entre américain et iranien est annoncé.

L’astuce du mois. Si vous désirez visiter l’Iran (tourisme ou business), vous pouvez obtenir une copie de votre passeport. Ce passeport bis pourra être utilisé pour visiter l’Iran et les autres pays de la région. Ainsi vous ne serez pas bloqué si vous devez aller aux USA après votre voyage en Iran. Vous connaissez les types de l’immigration américaine aux aéroports : difficile de faire plus sympa et aimable.

Afrique

Nigeria

Shell et l’italien ENI ont toujours écarté toute idée de corruption envers le gouvernement afin d’extraire l’or noir du pays. A l’image de Fillon, ce comportement fait beaucoup rire. Cependant les dirigeants des deux entreprises ont un peu moins le sourire depuis que leurs e-mails ont été publiés et ont révélé l’ampleur des malversations. C’est la cours de Milan, Italie qui va devoir dire s’il y a eu des combinaziones ou pas.

De son côté, le directeur général et son directeur juridique d’Addax Petroleum basé à Genève, propriété du Chinois Sinopec depuis 2009, ont été interpellés par la justice Suisse. Plus de 20 millions de dollars de frais juridiques seraient allés à des conseillers au Nigeria et aux Etats-Unis et 80 millions ont été payés à une société d’ingénierie pour des travaux de construction au Nigeria.

Pour Deloitte, le volume de cette transaction est louche. Selon des lanceurs d’alerte internes et externes qui ont contacté Deloitte, les versements ont pu profiter à des responsables gouvernementaux et des membres de la direction d’Addax Petroleum.

 

Libye

La production joue au yo-yo au grès des attaques des milices et de la fermeture des pipelines. 490’000 barils/jour ont été extraits en mars.

Le Général Haftar a évoqué avec la Russie la possibilité d’établir une base militaire russe en Libye. Mais cette probabilité est écartée pour l’instant. La présence de conseillers militaires semble être une option plus légère et acceptable dans la géopolitique mondiale actuelle. Mais la Russie garde l’espoir que le Général puisse augmenter son influence sur le pays.

 

Afrique du Sud

Le gouvernement donne son feu vert au développement du gaz de schiste dans la région de Karoo. Selon les études préliminaires, il y aurait jusqu’à 16 trillions m3 de gaz de schiste récupérables dans en particulier dans les provinces de l’Est, du Nord et de l’Ouest du Cap.

L’Afrique du Sud disposerait, selon l’administration américaine de l’Energie, de 11’000 milliards m3 techniquement récupérables de gaz de schiste. Mais l’agence ne précise pas la quantité de gaz financièrement récupérable.

 

Phrases du mois

« Suivez la piste de l’argent, certes. Mais suivez aussi celle des mensonges. Quand le mensonge se combine au secret, nous avons une bonne feuille de route devant nous »  Carl Bernstein,  ancien journaliste qui a révélé le Watergate.

The future is foreign markets, so the last thing you want to do if you are a coal company is to give up a U.S. seat in the international climate discussions and let the Europeans control the agenda. The USA can’t afford for the most powerful advocate for fossil fuels to be away from the table.” Coal Lobby USA

Per Magnus Nysveen, head of analysis, Rystad Energy: Last year, 10 billion barrels of oil were discovered, around one third of global consumption, including well-appraisal activity. The supply could fall short by up to 2 million barrels per day within seven to eight years.

It’s clear that wind energy’s time has come. My message is a very simple one: our government is committed to addressing climate change, and we know that wind power will play a critical role in those efforts.
Canadian Natural Resources Minister Jim Carr.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde