Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Aviation: Cette impression que les vols bon marché ne polluent pas

L’Office Fédéral de la Statistique Suisse a publié les tendances de la mobilité des Helvètes. En moyenne en 2015, le Suisse a parcouru la moitié de la terre avec 24’850 km dont le tiers, 8’986 km, en avion. Le reste se partage entre la voiture, le train ou le vélo de plus en plus électrique.

L’augmentation du nombre de km effectués en avion a augmenté de 50% depuis les années 2000 pour devenir l’un des postes principal de la consommation énergétique des ménages.

Si le Suisse fait des efforts pour diminuer son empreinte carbone, les tarifs très bas de certaines compagnies procurent le sentiment que pour 50 euros, un avion ne pollue pas ou peu.


En 30 ans, le voyage en avion est passé du stade de luxe à celui de produit jetable. Mais à contrario de ses concurrents comme le train ou la voiture, sa technologie peine à évoluer et ses innovations se focalisent sur l’entassement des passagers ou l’utilisation de matériaux plus légers.

Aucune révolution n’est en vue, mais si l’aviation n’arrive pas à s’émanciper du pétrole, cette dépendance pourrait lui couter la vie.

Repas dans un avion en 1950

Innovation ne rime pas encore avec aviation

A part une brève incartade du Concorde, la vitesse moyenne des avions n’a pratiquement pas évolué depuis les années 70.

Si dans les années 50, les passagers empruntaient l’avion avec la sensation et l’envie de côtoyer de près le progrès technique, aujourd’hui c’est la sensation de liberté et de vacance qui déclenchent l’acte d’achat.

La consommation moyenne de carburant baisse pour s’établir en 2013 à 3,7 litres par passager pour 100 kilomètres contre 4,02 litres en 2007. Cette frugalité est en grande partie due à l’augmentation du nombre de sièges par avion et à la diminution de l’espace à disposition par passager.

Dès 2001, 200 millions d’heures supplémentaires annuellement sont nécessaires pour passer les contrôles de sécurité dans les aéroports alors que dans la majeure partie des incidents, il s’agissait du défaut de design de l’accès au cockpit.

L’utilisation de nouveaux matériaux plus légers a permis d’alléger ces grands oiseaux. Les sièges des passagers ont perdu en moyenne 8 kg.


Pour avoir le même espace qu’en 1977, aujourd’hui, il faut ajouter en moyenne 55€ de plus sur son billet. En comparaison avec 1950, les tarifs actuels sont, en moyenne, 4 fois moins chers. Cependant, les coûts supplémentaires pour les bagages en soute, les repas ou la réservation des sièges tendent à réduire la différence.

Si le confort diminue, par contre, les possibilités d’amusement ont été démultipliées. A la place du seul film, le passager bénéficie aujourd’hui d’un divertissement individualisé.

Point commun avec les années 50, les ordinateurs personnels n’ont plus droits de citer sur certains vols.

Finalement, la plus grande révolution de l’aviation est l’instauration de billets électroniques!

Recherche des Bertrand Piccard

Le fait de payer un tarif infime pour un billet procure la perception que la pollution est négligeable, donc pardonnable. A contrario, un billet à 1’000 € déclenche une culpabilité qui nécessite le besoin d’acquérir des bons de CO2. Cependant le réflexe de compenser ses émissions diminue dans les classes affaires et first class.

Cerise sur le gâteau, alors que l’essence est taxée, le kérosène est mondialement exonéré comme s’il s’agissait d’un produit inoffensif pour la planète.

Un Boeing 747-400 consomme 12’788 litres par heure. Un airbus A320-200 consomme 3’025 litres/h, de kérosène. De son côté, le plus grand avion du monde, l’Airbus A380 consomme 15’000 lt/h soit 110’000 litres pour un vol Paris New-York.

L’aviation a cruellement besoin de nouveaux Bertrand Piccard pour se réinventer. Le temps presse, les réserves de pétrole diminuent, tout comme l’espace pour nos jambes!

Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Dans cette revue:

– Trump: Restera, restera pas dans l’Accord sur le climat?
– Arabie Saoudite: des promesses d’achats pour 348 milliards $ aux USA
– OPEP: encore 9 mois de réduction de la production
– France: Le premier ministre, un ancien d’Areva
– Chine: Objectif 50 millions d’utilisateurs de vélos libres
– Danemark: Dong Energy propose un éolien sans subvention
– USA: Le dernier réacteur nucléaire de Three Mile Island va fermer


Suite à la rencontre de l’OPEP  et la tentative de faire remonter le baril, rien ne se passe. Le pétrole termine le mois à 51,84$ à Londres (51,73 avril) et 49.66$ à New York (49.33 avril).

L’uranium boude. Il redescend à 21.50$ (22.75$ avril).

Le thème de l’interro du mois est:  Si une nation ne produit pas assez d’énergie locale afin de supporter la demande de ces citoyens, alors elle doit mendier, acheter, échanger ou la voler à quelque part, ou faire face à son écroulement ou la famine jusqu’à ce que le nombre d’habitants atteigne un niveau durable. Loi fondamentale sur la survie nationale.

 

La France a un nouveau Président

Monde

Le monde attend la décision de Donald Trump: sortira ou sortira pas de l’Accord sur le Climat de Paris? Si les USA devaient se retirer, cela pourrait être une excellente nouvelle pour l’Europe et la Chine qui auraient l’occasion de profiler leurs entreprises dans le secteur des énergies du futur. Si les USA restent, les puissants lobbys du charbon, du pétrole et du gaz pèseront de toutes leurs forces sur le frein. A choisir, mieux vaut partir avec des gens motivés, les autres suivront.

Annuellement, la demande mondiale de pétrole est de 34 milliards de barils soit 5’400 milliards de litres ou 2 millions de piscines olympiques. Alors que le peak oil est tourné en dérision par certains, il n’y a pas besoin de faire plus de mathématique pour comprendre qu’à ce rythme, cette matière première s’épuise gentiment, mais sûrement.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables dénombre 9,8 millions d’emplois dans les énergies renouvelables à travers le monde en 2016 soit deux fois plus qu’en 2012 où l’on en comptait déjà 5 millions.

 

OPEP

Les pays membres ont décidé de reconduire pour 9 mois la réduction de production entamée en novembre. La baisse de 1,8 million b/j (barils/jours) durera jusqu’en mars 2018 et pour l’instant cette diminution est compensée par l’augmentation de la production américaine, de la Libye et du Nigeria.

La nouvelle aurait dû faire remonter les prix, mais comme “chat craint l’eau froide”, les investisseurs demandent pour voir.

Magnifique et hilarant dessin de Chappatte

Justement… les USA

Si les réalisateurs des séries West Wind ou de House of Card avaient décrit le Bronx qui règne à Washington, tout le monde aurait roulé les yeux. Là, on roule les yeux, mais ce n’est pas une série.

Après 100 jours à la présidence du pays, Donald Trump a réussi l’exploit de faire passer Georges W. Bush Junior pour un type intelligent. La grande crainte est de voir Mike Pence, l’actuel vice-président et futur Président, de faire passer Trump pour un gars brillant.

Durant le premier trimestre, la capacité des nouvelles éoliennes ont atteint 2’000 MW. Le Texas est le lieu de prédilection. L’éolien produit le 8% de l’électricité des USA.

Le pape François a réservé un geste fort pour les caméras lors de la visite du Président Trump au Vatican. Il a en effet offert à Donald Trump son encyclique Laudato Si’, «sur la sauvegarde de la maison commune», un texte marquant l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.
François a également demandé à Mélania: “qu’est-ce que vous lui donnez à manger”? Trop fort ce Pape !

En 30 ans, les USA ont importé 91,2 milliards de barils de pétrole de 80 pays différents dont le Canada qui tient la tête du palmarès avec 17,3 milliards de barils.

La consommation électrique du pays stagne. L’arrivée des LED, des appareils moins énergivores et la baisse de la production industrielle sont les principaux facteurs. De son côté la consommation pétrolière a diminué de 2,4% sur les 12 derniers mois.

Murray Energy va fermer l’une de ces centrale et mine à charbon ainsi que licencier 255 employés dans l’Illinois. Les prix du gaz font des ravages parmi le charbon.

Puis que l’on parle de fermeture. La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island fermera en 2019 selon son propriétaire l’entreprise Exelon. La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le coeur de son autre réacteur fondre partiellement le 28 mars 1979, emploie 675 personnes.  Le groupe exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis et fait face à des problèmes de rentabilité à cause du gaz de schiste et aux énergies renouvelables bien plus économiques.

Douze centrales nucléaires américaines ont fermé ces dernières années et il reste 99 réacteurs en activité. Le business du nucléaire réside dans son démantèlement.

 

France

La puissante industrie du nucléaire a réussi à placer une pièce maitresse au sein du Gouvernement. Édouard Philippe, le premier ministre, est un ancien employé d’Areva. Son activité principale était de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome  Il avait voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité.

Total pense qu’un tiers des voitures produites d’ici à 2030 seront électriques. La demande pour le pétrole devrait atteindre son pic en 2030.

Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demi plus important que celui des voitures neuves.

La Commission européenne autorise EDF à prendre le contrôle d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire, rebaptisée New NP, qui assure la conception et la fabrication des réacteurs français (EPR, Atmea), mais aussi la maintenance de plus de la moitié des centrales dans le monde. En pratique, l’Etat français a simplement transvasé les actifs d’une entité à une autre. Aucun concurrent ne s’est offusqué de la transaction tant les comptes d’Areva sont dans le rouge et que le géant français ne fait peur à plus personne.

Le président Macron a croisé le fer avec Trump. Il n’y avait tellement rien à dire sur cette rencontre que les médias se sont focalisés sur une poignée de main digne des bacs à sable quand on était gamin.

 

Chine

On dénombre 16,9 millions d’utilisateurs de vélos partagés en Chine, un chiffre qui devrait grimper à 50 millions d’ici à la fin de l’année. Le vélo regagne des parts de marché face aux voitures engluées dans les bouchons.

Les clowns de l’agence de notation Moody ont mis leur nez rouge avant de descendre le niveau de rating de la Chine de A1 à Aa3. Motif : la croissance chinoise est en baisse.

On parle beaucoup de l’OPEP pour la stabilisation des cours du pétrole, mais la Chine pourrait être le facteur le plus influent. Sur la croissance de la demande pétrolière mondiale de +1,3 million b/j cette année, la Chine gobe 400’000 barils/jour.

Avec une consommation de 12,3 millions b/j, le pays du milieu s’est lancé sur les traces des USA tandis que sa production interne ne fait que de chuter -500’000 b/j en 12 mois. La Chine aurait-elle atteint son peak oil?

Cependant, les problèmes de dettes pourraient pourrir la croissance du pays. A vrai dire, sans la consommation de la Chine, le marché pétrolier ne peut pas survivre.

 

Arabie Saoudite

Lors du World Economic Forum en janvier, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih avait annoncé que grâce aux coupes de l’OPEP et de la Russie, la situation serait sous contrôle d’ici à juin 2017. Visiblement, le grain sable dans la machine s’appelle pétrole de schiste américain.

Afin de résoudre les tensions militaires aux Moyen-Orient, Donald Trump a une solution : vendre pour 100 milliards $ d’armes à l’Arabie Saoudite. Rien que le dire, ça va déjà beaucoup mieux.

Le Royaume a déjà fortement puisé dans ses réserves financières pour survivre. Des coupes dans le budget sont effectuées pour freiner la tendance. Les promesses de dépenses de plus de 348 milliards $ faites à Trump tombent de nulle part et pourraient simplement être un effet de communication sans lendemain, le temps d’un tweet.

Europe

Allemagne

La ville de Stuttgart, cœur de l’automobile allemande et la ville la plus polluée du pays, a confirmé son intention de restreindre sous conditions et les jours de pics de pollution, l’accès au centre-ville à tous les véhicules diesel antérieurs à la norme Euro 6.

En campagne pour sa réélection, Angela Merkel se positionne comme la seule à pouvoir faire face à Trump. Du coup, elle en a rajouté des tonnes avec la main sur le coeur de l’Europe. Est-ce que cette stratégie de communication lui permettra de lui donner une victoire?

 

Suisse

L’industrie Hydroélectrique avait demandé des subsides sous prétexte d’une baisse du chiffre d’affaires. L’opacité de la comptabilité des acteurs de la branche ne permet pas de vérifier si effectivement les grands producteurs perdent de l’argent ou pas. Pour l’instant, le parlement a refusé cette aide ce qui a déclenché une nouvelle vague de larmes de certains politiciens très (trop) proche des milieux concernés.

Un sondage des banques souligne que 95% des Suisses font confiance à ces mêmes banques. Ils les estiment solides avec du personnel compétent et bien formé.
C’est plus qu’avant la crise de 2008 (juste avant qu’une des banques «solide» se fasse sauver par les impôts des mêmes gens qui ont été sondés…) Pas rancunier le Suisse quand même. Les amendes records du Crédit Suisse et de l’UBS pour tricheries ne semblent également pas perturber les helvètes.

Glencore compte 155’000 collaborateurs et a choisi de s’établir en Suisse. Bref, ce serait ballot de détruire la planète et de devoir, en plus, payer des impôts!
L’entreprise minière traite plus de 90 matières premières dont le cuivre, le cobalt, le charbon et le pétrole. Mais ce géant est sous le feu des critiques pour prendre des largesses au niveau environnemental, des violations des droits humains et sur la santé notamment dans ses mines en Colombie, en Argentine, au Pérou et en Bolivie. Son CEO, Ivan Glasenberg, écarte tout ça de la main avec un «Nous sommes une entreprise responsable et non des spéculateurs». Autant de sincérité de la part d’un personnage aussi éthique que Glasenberg est touchant !

 

Danemark

L’entreprise danoise Dong Energy vient de céder ses activités de production d’hydrocarbures au pétrochimiste suisse Ineos pour 1,16 milliard d’euros. Ainsi, le leader mondial de l’éolien offshore se désengage totalement des énergies fossiles.

Dong propose la réalisation de fermes d’éoliennes avec des systèmes de stockage sans demander des subsides et montre que cette énergie devient concurrentielle face au charbon et à toutes les énergies fossiles.

 

Russie

Moscou respecte la diminution de production suggérée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP) et a diminué de 300’790 barils sa production par rapport à octobre 11,247 millions b/j. La prouesse russe réside plus dans sa capacité à monter sa production à 11 millions b/j qu’à revenir à une production normale de 10,9 millions b/j.

Gazprom Neft souligne ses progrès dans le développement du champ pétrolier Novoportovskoye situé dans le cercle Arctique. Un peu plus de 35 millions de barils ont été produits avec 85 forages. On ne connait pas le prix de revient du baril.

 

Dessin Chappatte

Les Amériques

Les USA: Schiste

Le nombre de forages continue à augmenter : 885 (449 il y a une année).

La production pétrolière de schiste continue de croître aux USA. Si le Bassin Permien attire tous les investissements, les autres régions voient une déjà une diminution des quantités extraites et les entreprises ont du mal à s’adapter à la rapide chute de production des puits.

 

Venezuela

La pieuvre, Goldman Sachs, a acheté pour 2,8 milliards $ d’obligations de l’entreprise pétrolière nationale Petroleos de Venezuela SA. La Banque Centrale du pays a vendu ces obligations pour 865 millions $. Les fonds vautours américains sont de retour.

La résilience du président Maduro crée de plus en plus le chaos dans le pays. Les chiffres d’exportations pétrolières ne sont plus publiés.

La National Oil Company n’arrive plus à acheter les diluants et produits chimiques qui permettent de liquéfier le pétrole très lourd du pays pour le transporter jusque dans les terminaux pétroliers.

La Russie a commencé à livrer du pétrole à Cuba pour remplacer les livraisons qui n’arrivent plus depuis le Venezuela.

De 1960 à 1989, Cuba recevait l’essentiel de son or noir de la Russie. Depuis Caracas et la Havane avaient trouvé un accord de troc médecins/pétrole. Dans la situation actuelle, Caracas n’arrive plus à honorer son accord.
De son côté, les USA exportent des quantités records vers les Caraïbes ce qui suggère que les pays qui importaient le crude vénézuélien ont quelques problèmes de livraisons.

 

Brésil

Ca sent de plus en plus le roussi pour le Président actuel qui pourrait devoir démissionner pour de sombres histoires de corruption.

La Chine s’intéresse de plus en plus au pétrole situé aux larges des côtes du Brésil.

 

Fonte du Glacier Larsen C dans l’Antarctique

Asie

Inde

Comme la grande majorité des pays, l’Inde ne va pas atteindre ses objectifs de réduction de CO2. Il y a deux ans le ministre de l’environnement avait introduit des niveaux de pollutions limites pour les centrales à charbon qui génèrent presque 80% de l’électricité du pays.

Ce mois, le ministre de l’énergie, Piyush Goyal, a annoncé que les 132 centrales à charbon, à 75% la propriété du gouvernement, n’atteindront pas ces limites et que pour l’instant rien n’a été fait. Motif: ce n’est pas à nous à faire des efforts, mais aux pays riches! On perçoit toute l’énergie positive dégagée par ce point de vue.

Par personne, l’Inde émet 1,59 tonne de CO2, 7,55 tonnes pour les chinois et 16,39 tonnes pour les fans de Trump.

 

Malaisie

Pour se conformer aux coupes de l’OPEP, la Malaisie stocke son pétrole dans une douzaine de tankers pétroliers au large de ses côtes.

Avec le prolongement de la diminution des quotas, l’équation semble détenir plusieurs inconnues.

 

Kazakhstan

Le pays pourrait produire 250’000 b/j de plus en développant de nouveaux forages d’ici à 2022. Le gisement de Kashagan, qui aura coûté la bagatelle de 50 milliards $, propulse actuellement la production du pays à 370’000 b/j.

 

Nouvelle publicité de Donald Trump: 100 jours

Moyen Orient

Iran

Les élections ont confirmé le président Hassan Rohani avec une majorité de 58% contre 37% pour son opposant un peu plus extrême.

Depuis la levée des sanctions, l’Iran a augmenté de 34% ses ventes de pétrole. Cependant une part de cette hausse provient de la vente de barils stockés sur des tankers durant les années de vaches maigres. Aujourd’hui, l’Iran n’a plus que sa production quotidienne à vendre et il semble que ses vieux forages trainent les pieds. Pour des raisons techniques, l’Iran ne devrait pas avoir de peine à limiter la production comme le demande l’OPEP.

Le ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, annonce la mise aux enchères des gisements d’Azadegan, à la frontière avec l’Irak. Il pourrait être les plus juteux du pays. L’Iran espère attirer des investisseurs étrangers ainsi que des majors pour tenter de faire remonter la production et faire entrer des devises. Cependant, l’utilisation du dollar et la peur des banques européennes de faire du business avec l’Iran bloquent les ardeurs de chacun même si Dubaï permet de contourner les restrictions américaines.

 

Irak

Les norvégiens de DNO désirent doubler leurs activités pétrolières dans le nord du pays dans le territoire Kurde.

De nouvelles explosions ont fait de nombreux morts à Bagdad alors que la ville de Mossoul est toujours dans les mains de l’Etat Islamique.

La Dette, une explication de la Barbe

Afrique

Nigeria

Le gouvernement vient de fêter 3 mois sans exposition et sabotage des installations pétrolières par les milices. Il semble que la taille et le contenu des petites enveloppes soient suffisants pour maintenir la trêve. Le Nigeria pourrait augmenter ses exportations si la situation perdure.

Pour la deuxième fois, le pays a réussi à échapper aux quotas de l’OPEP afin de limiter la production du pays.

 

Phrases du mois

Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. Mayer Amschel Rotchschild, Le fondateur de la Banque Rotchschild

In the Energy sector, optimism is more important than facts. And, it’s essential for attracting investors. Alice Friedmann

The US will shoot itself in the foot if it quits the Paris climate accord because China, India and Europe will snap up the best power sector jobs in future, U.N. Environment chief Erik Solheim

On vous retrouve à la même place, même heure le mois prochain!

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !

Le démantèlement: Le futur du Nucléaire

Rattrapé par la chute vertigineuse des prix de productions des énergies renouvelables ainsi que la pénurie annoncée d’uranium, la construction d’une nouvelle centrale nucléaire est devenue une entreprise financièrement périlleuse.

Pour rester en vie, l’industrie se réoriente dans les technologies du futur: la gestion des déchets et le démantèlement des vieilles centrales nucléaires. Dans ce dernier domaine, la France prévoit 50 milliards €, l’Angleterre 135 milliards €, l’Allemagne 38, la Suisse 20 et les USA 400 milliards $.


 

Tant aux USA qu’en Europe, la chute des coûts marginaux de production électrique force les propriétaires de centrales à revisiter leurs business modèles. Obligé d’amortir à coup de milliards leurs actifs nucléaires, ils sont les premiers à être confronté à cette dure réalité.

Avec l’essor du gaz de schiste bon marché, les USA ont inauguré cette tendance. Cinq réacteurs sont déjà à l’arrêt et six autres vont suivre.

En Europe, une génération entière de réacteurs construits dans les années 60-80 vont devoir être déconnectés du réseau et démontés en toute sécurité. C’est l’Allemagne qui ouvre le bal.

 

Paradoxalement, c’est la fermeture des centrales qui va permettre à l’industrie de survivre !

Pendant des décennies, toute l’industrie s’est essentiellement focalisée sur la construction de nouveaux réacteurs sans se préoccuper de leur mise à la retraite.

Ainsi aujourd’hui, peu d’acteurs possèdent ce savoir-faire embryonnaire. La chaîne entière est à inventer, les acteurs à identifier et pour rendre les coûts supportables, le système devra être industrialisé d’autant que l’Europe compte 134 réacteurs.

Graphique D’après données de l’AIEA au 3 août 2015 (©Connaissance des Énergies)

L’Allemagne prend l’avantage

Dès 2020, l’Allemagne ouvrira le bal et commencera à démanteler ses 17 réacteurs. Le gouvernement et les 4 propriétaires ont prévu un budget minimaliste de 38 milliards € qui sera certainement revu à la hausse. Qu’importe, au nom de la sécurité, les budgets n’auront aucune limite pour le plus grand bonheur des entreprises impliquées.

Berlin a le désavantage de service de cobaye à l’industrie et de payer le plein tarif par manque d’industrialisation des processus. Par contre, si Berlin manœuvre bien, ses entreprises, comme Siemens, pourront acquérir l’expérience pour ensuite l’exporter.

La France

Le gouvernement français s’est vu forcé de reprendre la vision d’Areva et la construction d’une méga centrale de 2’300 MW capable de remplacer 2 unités.

Si l’idée était excellente dans le contexte du début des années 2000 avec une Chine assoiffée d’électricité, l’intrusion des énergies renouvelables exige de plus petites unités capables d’interagir avec le mix de production.  L’EPR français peine également à convaincre les financiers qui ont pris l’habitude de montants plus petits, sans risque et avec un retour sur investissement plus court.

L’Europe de l’Est compte sur l’Europe de l’Ouest

Les gouvernements des pays de l’Est n’ont pas prévu de budget pour fermer leurs centrales.

Sans le dire publiquement, ils comptent sur les riches pays Européens pour payer la facture et trouver des solutions pour leurs déchets. Par contre, la main d’oeuvre bon marché des pays de l’Est devrait en profiter largement. En effet, l’industrie du nucléaire privilégie et recherche les salaires les plus bas.

Une concurrence entre pays et entreprises

Si Tokyo puise dans son porte-monnaie pour maintenir artificiellement en vie la branche nucléaire de Toshiba, il en va de même pour Paris et Areva.

Pour ces deux pays, qui ont chacun plus de 50 centrales nucléaires à fermer, il est primordial que leur champion national reste sur pied pour effectuer cette tâche et garder l’essentiel des investissements dans le pays.

De leur côté, le Coréen Tepco, le Russe Rosatom ou le Chinois CNNC pourraient proposer leurs services à prix bradés grâce à l’appui financier de leur gouvernement respectif.

Cependant, en Suisse, en France ou en Suède, les citoyens, appelés à payer les énormes factures, risquent de voir d’un mauvais œil le départ de leurs impôts vers la Chine, les USA ou la Russie.

L’Europe

C’est dans ce contexte que les entreprises européennes ont intérêt à s’unir pour offrir une solution locale qui permettra de créer des emplois, de garder l’argent dans les communautés locales et de se profiler dans les marchés internationaux.

Pour l’instant ce processus vient de s’engager. Il faudra attendre les premières fermetures pour identifier les acteurs et leurs muscles.

Espérons que l’Allemagne, l’Angleterre et la France puissent garder un rôle pour orchestrer une solution européenne et établir les normes de sécurité.
Le nucléaire tourne une page plutôt cocasse. Pour survivre, il doit fermer ses centrales et s’orienter vers le démantèlement des 440 réacteurs encore en activité dans le monde.

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
– Suisse: Greenpeace s’invite au Crédit Suisse.
– Russie: Le pays en route sur l’indépendance agricole
– Inde: 1,3 milliard d’habitants dont 50% en dessous de 25 ans
– Iran: Les stocks de pétrole à zéro. Passons aux choses sérieuses
– Trump: 100 jours et déjà le cafard
– Nigeria: Eni et Shell: les mains dans le sac de la corruption
– Angleterre: 1er jour sans électricité au charbon en 130 ans!


Le pétrole va n’importe où, mais pas là où les producteurs veuillent qu’il aille. Il est repassé sous les 50$ et termine le mois à 51,73$ à Londres (52,96$ mars) et 49.33$ à New York (50.35$ mars).

L’uranium se la joue blasé après la hausse de janvier-février-mars. Il redescend à 22.75$ (24,5$ mars).

Photo du mois: le Crédit Suisse investi dans le schiste américain.
Greenpeace intervient durant l’assemblée générale.

OPEP

Le cartel avait l’ambition de diminuer de 1,8 million barils/jour la production mondiale. Mais les chiffres de l’OPEP dévoilent une tendance inverse: + 1,2 million b/j depuis le mois de janvier et un retour au niveau de 2016. Il passe directement sous les 50$, sans passer par le Start et ne touche point de prime.

 

Boule de cristal et Marc de café

Où va le pétrole dans les mois à venir? Voici un très bref inventaire des liseurs d’avenir mais qui n’en savent pas plus que vous et moi.

Citi Bank prédit un baril à 65$ d’ici à Noël.

Goldman Sachs soutient Trump (et vis versa). La pieuvre pense que l’industrie pétrolière va à merveille et que les prix vont gentiment remonter dans les semaines à venir pour le plus grand bonheur du monde de la finance.

Le CEO de Total lit que le pétrole de schiste américain va faire à nouveau couler le prix du baril d’ici à Noël.

Cependant, on peut compter sur certains pays pour apporter un peu de piment aux prévisionnistes.
A) Le Venezuela est sur le point de s’écrouler emportant sa production pétrolière.
B) La Libye fluctue aux envies des milices entre 500 et 700’000 b/j. Elle a les capacités de viser le million de b/j.
C) Le Nigeria devrait extraire 2,2 millions b/j mais se cantonne à un misérable 1,3 million à cause d’explosions, de manque d’électricité et des vols.

Russie

Vladimir Poutine remet en question la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique.  «Le réchauffement a commencé dans les années 1930», selon le maître du Kremelin, lors du Forum sur l’Arctique à Arkhangelsk, dans le Grand nord russe.  De son côté Donald Trump promet de prendre position «d’ici fin mai» au sujet de l’accord de Paris sur le climat. Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

Moscou se félicite d’avoir diminué sa production pétrolière de 250’000 b/j avec l’objectif de 300. A vrai dire, la Russie n’a pas eu à faire un gros effort puisque qu’elle partait d’un niveau de production record atteint en octobre 2016 à 11 millions b/j.

L’Américain ExxonMobile, dont l’ancien chef est devenu chef du clan Trump, demande une levée des sanctions américaines à l’encontre de la Russie. Objectif: aider les russes à forer en Arctique. Pour ExxonMobile, l’accès à l’Arctique Russe, qui grâce au réchauffement climatique devient plus facilement accessible, est l’une des rares opportunités de croissance à travers le monde.

De plus, cette partie de l’Arctique est garantie “100% sans écologiste”. La dernière fois que Greenpeace s’était approché d’une barge, l’équipage avait été inculpé de piratage et détenu dans les geôles russes le temps que la leçon soit apprise. Pour l’instant Trump a refusé cette autorisation.

Les sanctions Européennes et Américaines ont permis de démultiplier la production agricole de la Russie. L’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de ses 146 millions d’habitants d’ici à 2020 est déjà en vue. Grands perdants, les agriculteurs européens.

Moscou a misé sur l’augmentation des subventions aux agriculteurs, des incitations fiscales, des aides de l’Etat et l’autorisation aux étrangers de louer les terres. Ainsi, Poutine se proclame autosuffisant en production céréalière, mais aussi en légumes, volailles, porcs et pour la première fois, les exportations agricoles ont rapporté davantage… que les ventes d’armes, soit environ 15 milliards $.

Infographie: Les Echos

USA

Le jour de son intronisation, une interrogation flottait sur les capacités du personnage Trump à diriger la plus grande puissance nucléaire au monde. L’homme est-il un génial visionnaire au service de la classe moyenne ou un impulsif égocentrique qui favorise sa caste, Wall Street et ses amis? Les 100 premiers jours ont apporté une esquisse de réponse.

Après 100 jours et 14 parties de golf, le président Trump estime avoir sous-estimé l’ampleur de la tâche et qu’il préfère sa vie d’avant. Nous aussi, on préfère sa vie d’avant.

Depuis la première fois depuis 2014, les investissements pétroliers sont à la hausse sur l’île. La production US devrait augmenter de 5% durant 2017.

Le lobby du charbon US demande à Trump que les USA restent à la table des négociations de l’accord sur le Climat de Paris.
Cloud, Peak Energy et Peabody Energy pensent que les USA peuvent mieux défendre les intérêts du charbon en restant dans l’arène. Aussitôt dit, aussitôt-tôt fait: lors du G7 les charbonniers américains ont débuté leur lobby pour dire tout le bien que le charbon procure à la planète.

Le président Trump a signé un décret ordonnant un réexamen des restrictions dans l’exploration et l’exploitation offshore de pétrole et de gaz. «Notre pays a la chance d’avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole offshore“. Le gouvernement Obama avait interdit l’exploration et la production dans 94% de ces zones notamment en Arctique ou au large des côtes californiennes. «Cela prive potentiellement notre pays de milliers d’emplois et de milliards de dollars de richesse» a ajouté Trump.

L’Etat pétrolier du Texas a consommé 25% d’électricité à base d’éoliennes texanes durant le mois de mars.

Le prix moyen de l’essence est de 2,39$ le gallon (3,8 lt). Le seuil de douleur pour l’automobiliste américain est estimé à 3$ le gallon.

Le gaz produit 34% de l’électricité US contre 32% avec le charbon.

La gouverneure Républicaine de l’Oklahoma Mary Fallin a aboli, 3 ans à l’avance, toutes les aides à l’énergie éolienne. L’éolien représente 25% de l’électricité produite dans l’Etat entièrement tourné sur le gaz de schiste. Comme punition, l’Oklahoma Thunder et Westbrook ont été virés des play-off de la NBA.

Dessin Chappatte

Arabie Saoudite

Le Roi Salman bin Abdulaziz a nommé l’un de ses fils le Prince Khaled bin Salman ambassadeur pour les USA. Le roi a également réintroduit les avantages financiers pour les membres du royaume et les militaires. Ces bonus avaient été suspendus suite à la baisse des revenus pétroliers.

Les réserves financières du pays ont fondu de 737 milliards $ en 2014 à 500 milliards aujourd’hui. Forcement, les Ferrari, les Yachts, un gratte-ciel de 1’000m ou la guerre avec le Yémen, c’est dispendieux.

Ryad espère que la vente, de 5% des actions de son champion pétrolier Saudi Aramco, rapporte 100 milliards $.

L’Arabie, le Koweit et Oman ont pu obtenir 24,2 milliards $ sur les marchés financiers internationaux. Le seul espoir de ces pays est que le baril repasse sur la barre des 100$ sinon l’avenir risque d’être compliqué. Dans une première étape, l’Arabie Saoudite, le Koweit et l’Irak aimeraient voir le baril remonter assez rapidement à 60$. Dans cet optique, l’Arabie Saoudite porte presque entièrement les coupes de production pétrolières de l’OPEP.

Le Royaume aimerait développer 30 projets solaires et éoliens pour un montant de 50 milliards $ durant les 10 prochaines années. Le ministre de l’Energie Khalid Al-Falih espère produire 10% de l’électricité d’ici à 2023. Les premières offres proposent la construction de 700 Mégawatts de solaires et éoliens. Le prix du solaire devrait descendre sous les 2 centimes le kWh.

Une piscine un peu particulière à Houston, USA

Europe

Alors que les coûts des installations solaires et éoliennes plongent, Drax Group Plc, Steag GmbH et Uniper SE accélèrent la fermeture de leurs centrales à charbon en Autriche et en Angleterre. Une page se tourne plus rapidement que prévu.

 

France

La Banque Française, BNP Paribas, participe au financement d’un terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz de schiste aux Etats-Unis, d’un coût d’environ 2 milliards de dollars

L’énergéticien français Engie a cédé la totalité de ses actifs dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne. Engie a récolté 15 milliards $ d’actifs dans toute la branche exploration et production et n’investira plus sur les opérations de recherche et d’exploitation de gisements de gaz naturel onshore ou offshore.

Les banques sont-elles les faiseurs de Présidents ? Si aux USA, Goldman Sachs est incontournable, en France c’est la Banque Rothschild qui tire son Macron du feu.

 

Angleterre

Le français ENGIE (ex : GDF Suez) a activé une clause qui lui permet de vendre ses parts dans le consortium NuGen à son ancien partenaire Toshiba. Ce consortium devait construire 3 centrales nucléaires Westinghouse AP1000 à Moorside, Angleterre.

Toshiba, propriétaire de Westinghouse, a mis sa succursale américaine en protection de faillite. On comprend immédiatement pourquoi Engie a préféré se débarrasser de cet encombrant projet. Cerise sur le gâteau, Engie recevra un chèque de 138.7 millions $ par Toshiba.

C’est la première fois en 130 ans que l’Angleterre a pu vivre une journée entière (21 avril) sans électricité au charbon. Il y a 2 ans, le charbon représentait encore le 23% de la production électrique contre 9% aujourd’hui.

 

Suisse

Les Suisses devront voter sur une loi sur l’énergie édulcorée par les producteurs d’électricité. Dans les grandes lignes, cela permettra aux suisses de se hâter très lentement en direction des énergies renouvelables. L’autre alternative est de ne rien faire et d’espérer que nos enfants trouveront une solution dans quelques années. Dans les deux cas, les solutions arriveront trop tard et en quantité insuffisantes.

Il débordait d’Energie pour gravir en un temps record les montagnes les plus difficiles. Ueli Steck est décédé dans l’Himalaya.

L’actu suisse est très branchée « Banque » durant ce mois d’avril. Historiquement, le banquier Suisse était réputé pour son éthique et la confiance. Les nouveaux mercenaires arrivés à la tête de ces institutions ont remplacé ces valeurs par celles identifiées dans ce fameux film. A vous de les trouver.

Bande annonce Seven

Le Crédit Suisse a tenu son assemblée générale. Au milieu des bonus décalés et démesurés ainsi que des purges d’employés, Greenpeace a apporté un peu de bonne humeur. L’ONG a souligné la passion du Directeur Tidjane Thiam, pour les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole, le gaz et le schiste. En pleine session, une banderole a été déployée pour confirmer l’implication de la banque dans le financement de la construction du pipeline du Dakota du Nord pour plus d’un milliard $.

Greenpeace aurait également pu intervenir à l’Assemblée Générale de la Banque Nationale Suisse. La BNS soutient à bout de bras toutes les formes d’énergies les plus polluantes comme le pétrole et gaz de schiste, les sables bitumineux ou le charbon.

 

Les Amériques

Schiste Américain

Wall Street recommence à déverser de l’argent dans le schiste américain. En fait, les institutions financières comme Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, Bank of America, JP Morgan, Wells Fargo ou BlackRock incorporent à nouveaux ce genre d’actifs pourris dans des produits structurés.

Grâce à l’augmentation des prix du baril, JPMorgan Chase & Co., Wells Fargo & Co. et Citigroup Inc. ont pu sortir de leurs livres pour 370 millions $ d’actifs de schiste douteux.

La production du Dakota du Nord a repassé sur la barre du million de barils/jour. La production est transportée par camions-citernes.

L’industrie pétrolière, notamment de schiste, clame à tout va que les innovations technologiques permettent de se satisfaire d’un baril à 50$. En fait, la raison principale de la baisse des coûts est que les entreprises de services travaillent à la limite ou en-dessous de leurs marges. Elles espèrent rester en vie jusqu’à ce que le baril remonte.

Le pipeline Keystone XXL, qui a reçu l’aval du Président Trump, fait face à une fronde plutôt coriace notamment au Nebraska. Une marche de protestation aura lieu la veille de la présentation publique le 3 mai.

 

Dessin Chappatte

Venezuela

La situation semble sur le point de basculer. Après de longs mois de quasi famine, la population n’a plus que la violence pour survivre et sortir de la crise. Plus de 30 personnes sont décédées lors des manifestations contre le régime du président Maduro.

En plus des problèmes civils et de nourriture, le gouvernement fait face à une montagne de dettes et de prêts qui arrivent à terme. Dans ses poches, Caracas n’aurait plus que 10 milliards $ dont 7 milliards en or. Dans les 8 prochains mois, le pays doit rembourser 6 milliards $ et plusieurs milliards de dettes privées.

Le constructeur automobile General Motors a décidé de fermer son usine et de se séparer de ses 2’700 employés. Ironiquement, le Venezuela avait contribué à hauteur de 500’000$ à la cérémonie d’intronisation du Président Trump dans l’espoir de recevoir un traitement de faveur.

Membre de l’OPEP, le Venezuela est un grand producteur pétrolier. Son effondrement pourrait retirer plusieurs millions de barils sur les marchés. Combien de temps faudra-t-il aux créanciers russes et chinois pour remettre la production sur les rails et quelle sera l’influence sur les cours mondiaux ?

Il n’y a plus d’information sur les quantités de pétrole exportées. Le brut est stocké dans des tankers de plus en plus nombreux. Les eaux des ports sont tellement souillées de pétrole que bateaux doivent être nettoyés avant de partir en haute-mer en direction de la Chine qui importe la quasi totalité des exportations. Même ce service est en panne et compte plusieurs mois de retard.

 

Argentine

ExxonMobil va débuter ses explorations de pétrole de schiste dans la formation de Vaca Muerta dans la province de Neuquen. Le premier forage devrait atteindre 2’500 à 3’000 m. de profondeur.

Exxon a déjà dépensé 750 millions $ pour ce projet.

 

Canada

Les compagnies pétrolières canadiennes adorent le sable bitumineux de l’Alberta. Si en 2006, elles étaient 6, elles sont aujourd’hui 20 à se partager la production alors que de nombreuses entreprises étrangères ont quitté les lieux.

Le président Trump propose de taxer le bois canadiens de 3 à 24% sous prétexte que le gouvernement canadien subventionne les exploitants forestiers. Le marché est évalué à 4,6 milliards $ et compte 145’000 emplois canadiens. Le Canada a annoncé qu’il allait combattre cette taxe douanière.

 

Brésil

Après le scandale de corruption par l’entreprise pétrolière Petrobras, c’est au tour de l’entreprise de construction Odebrecht de démontrer les avantages de la solution.

Notamment active dans la construction de barrages hydroélectriques, Odebrecht a copieusement arrosé tous ceux qui pouvaient potentiellement se mettre au travers de sa route. La liste de petites enveloppes est impressionnante. Elle remonte jusqu’au Président Michel Temer, passe par les élus locaux, les membres des syndicats et des opposants.

 

Asie

Chine

La stratégie gouvernementale « Made in China 2025 » est en train d’être déployée à large échelle dans des domaines stratégiques comme l’énergie, les batteries ou les énergies renouvelables. Par ce biais, Pékin se saisit délibérément des technologies qu’elles ne possèdent pas encore soit par des achats d’entreprises ou des brevets soit par la copie ou le vol de données avec le soutien de l’Etat. De nombreuses PME Suisses et Européennes en font les frais. Est-ce si compliqué de ne pas y aller?

Suite à la visite du Roi Salmon d’Arabie Saoudite, la Chine serait intéressée d’acquérir une partie des actions de l’entreprise pétrolière Saudi Aramco. L’Arabie évalue sa pépite à 2’000 milliards $ ce qui semble pousser le bouchon un peu loin. On peut faire confiance aux chinois pour négocier tout ça.

La Chine a lancé son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays. Pékin a annoncé en début d’année une hausse de 7% de son budget militaire à 143 milliards d’euros. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis, qui atteint 575 milliards d’euros.

Le PIB chinois serait remonté à 6,9% durant les 3 premiers mois (6,7% en 2016) bien que les statistiques procurées par Pékin ne brillent pas toujours par leur véracité

La production pétrolière chinoise aurait baissé de 6,8% durant les 12 derniers mois. L’augmentation des importations de pétrole bon marché a remplacé une partie de la production locale un plus onéreuse.

Ford Motor Co annonce un énorme plan pour lancer sa Mondeo plug-in hybrid avec un nouveau SUV électrique de 400 km. La firme de Détroit espère que la Chine va ingurgiter 70% de ses voitures électriques. L’objectif est ambitieux surtout avec la stratégie Made in China 2025 dont l’objectif est de s’emparer du marché de la voiture électrique.

 

Inde

La population indienne a augmenté de 1,2% en 2016 (+0,54% Chine).

La population indienne devrait dépasser le nombre de chinois d’ici à 2022. Lors de l’indépendance indienne en 1947, le pays comptait 330 millions d’habitants contre 1,3 milliards aujourd’hui dont le 50% à moins de 25 ans !

 

Corée du Nord

La Corée du Nord dépend à 90% de la Chine pour ses importations de carburants. L’arrêt de ces importations pourrait facilement paralyser le pays.

La Chine a cessé ses importations de charbon de la Corée du Nord ce qui prive le pays de revenus importants.

Moyen Orient

Irak/Syrie

L’indépendance du Kurdistan est une priorité depuis la fin de l’Empire Ottoman il y a plus de 100 ans. Aujourd’hui les Kurdes aimeraient planifier un référendum auprès des Kurdes de Turquie, Syrie, Irak et d’Iran. Inutile de dire que tous ces pays n’ont pas l’intention de laisser ces territoires et le pétrole qui s’y trouve, partir dans un nouveau pays.

Bagdad espère atteindre 5 millions b/j d’ici à la fin de l’année (+600’000) même si le pays tente de respecter la demande de l’OPEP qui limite sa production à 4,5 millions b/j. On devrait y voir plus clair une fois que Mossul tombera et que les Kurdes, qui contrôlent le pétrole du Nord du pays, feront part de l’envie de créer un pays.

Le pétrole et le réchauffement climatique impliqués dans la guerre en Syrie. A lire.

 

Iran

Les russes vont réaliser 2 centrales nucléaires de 1000 MW. La construction va débuter prochainement.

Le gouvernement iranien réalise que leur viabilité à long terme ne peut reposer sur le pétrole et le gaz. Depuis la levée des sanctions, les exportations hors pétrole-gaz ont augmenté de 30%, mais les chiffres de départ sont relativement bas.

Les exportations pétrolières iraniennes ont diminué à 2,35 millions b/j (2,41 en février) alors que le pays continue de puiser dans les réserves de 30 millions de barils accumulées sur ses tankers pétroliers durant les sanctions. Téhéran pourrait avoir terminé ce processus et ne va pouvoir compter que sur sa production actuelle pour générer du cash. Les prochains mois donneront une indication sur la capacité iranienne à extraire son pétrole.

Pas de nouvelle sur de nouveaux accords avec des majors pétrolières étrangères pour développer la production locale.

L’élection du nouveau président aura lieu durant le mois de mai.

Le constructeur américain Boeing va vendre 60 avions 737s dès 2022. C’est la première fois depuis l’arrivée de Donald qu’un accord entre américain et iranien est annoncé.

L’astuce du mois. Si vous désirez visiter l’Iran (tourisme ou business), vous pouvez obtenir une copie de votre passeport. Ce passeport bis pourra être utilisé pour visiter l’Iran et les autres pays de la région. Ainsi vous ne serez pas bloqué si vous devez aller aux USA après votre voyage en Iran. Vous connaissez les types de l’immigration américaine aux aéroports : difficile de faire plus sympa et aimable.

Afrique

Nigeria

Shell et l’italien ENI ont toujours écarté toute idée de corruption envers le gouvernement afin d’extraire l’or noir du pays. A l’image de Fillon, ce comportement fait beaucoup rire. Cependant les dirigeants des deux entreprises ont un peu moins le sourire depuis que leurs e-mails ont été publiés et ont révélé l’ampleur des malversations. C’est la cours de Milan, Italie qui va devoir dire s’il y a eu des combinaziones ou pas.

De son côté, le directeur général et son directeur juridique d’Addax Petroleum basé à Genève, propriété du Chinois Sinopec depuis 2009, ont été interpellés par la justice Suisse. Plus de 20 millions de dollars de frais juridiques seraient allés à des conseillers au Nigeria et aux Etats-Unis et 80 millions ont été payés à une société d’ingénierie pour des travaux de construction au Nigeria.

Pour Deloitte, le volume de cette transaction est louche. Selon des lanceurs d’alerte internes et externes qui ont contacté Deloitte, les versements ont pu profiter à des responsables gouvernementaux et des membres de la direction d’Addax Petroleum.

 

Libye

La production joue au yo-yo au grès des attaques des milices et de la fermeture des pipelines. 490’000 barils/jour ont été extraits en mars.

Le Général Haftar a évoqué avec la Russie la possibilité d’établir une base militaire russe en Libye. Mais cette probabilité est écartée pour l’instant. La présence de conseillers militaires semble être une option plus légère et acceptable dans la géopolitique mondiale actuelle. Mais la Russie garde l’espoir que le Général puisse augmenter son influence sur le pays.

 

Afrique du Sud

Le gouvernement donne son feu vert au développement du gaz de schiste dans la région de Karoo. Selon les études préliminaires, il y aurait jusqu’à 16 trillions m3 de gaz de schiste récupérables dans en particulier dans les provinces de l’Est, du Nord et de l’Ouest du Cap.

L’Afrique du Sud disposerait, selon l’administration américaine de l’Energie, de 11’000 milliards m3 techniquement récupérables de gaz de schiste. Mais l’agence ne précise pas la quantité de gaz financièrement récupérable.

 

Phrases du mois

« Suivez la piste de l’argent, certes. Mais suivez aussi celle des mensonges. Quand le mensonge se combine au secret, nous avons une bonne feuille de route devant nous »  Carl Bernstein,  ancien journaliste qui a révélé le Watergate.

The future is foreign markets, so the last thing you want to do if you are a coal company is to give up a U.S. seat in the international climate discussions and let the Europeans control the agenda. The USA can’t afford for the most powerful advocate for fossil fuels to be away from the table.” Coal Lobby USA

Per Magnus Nysveen, head of analysis, Rystad Energy: Last year, 10 billion barrels of oil were discovered, around one third of global consumption, including well-appraisal activity. The supply could fall short by up to 2 million barrels per day within seven to eight years.

It’s clear that wind energy’s time has come. My message is a very simple one: our government is committed to addressing climate change, and we know that wind power will play a critical role in those efforts.
Canadian Natural Resources Minister Jim Carr.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Pétrole: il manque 1’000 milliards de dollars

Alimenté par une offre excédentaire, la production mondiale du pétrole semble surfer sur une vague.

Cependant, cette vague pourrait augurer les prémices d’un tsunami.

En effet, l’énorme pénurie d’investissements d’explorations inquiète de plus en plus. Après l’Agence Internationale de l’Energie et les grandes majors comme Shell et BP, c’est au tour d’Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale de l’Arabie Saoudite, de tirer la sonnette d’alarme.


Il manque 1’000 milliards $

Depuis juin 2014, 1’000 milliards $ ont été retirés des projets d’explorations. Ces budgets sont essentiels pour compenser la baisse annuelle de 4,5% des gisements conventionnels.

D’ici au début des années 20, il faudra trouver plus de 20 millions de nouveaux barils/jour.

Depuis la crise pétrolière, aucun grand projet d’envergure capable d’extraire plusieurs millions de barils/jour n’a été activé ou déniché d’autant que les coûts d’extractions dépassent les 100$ le baril. Les grandes majors pétrolières ne semblent plus avoir les reins assez solides pour s’y aventurer dans les conditions actuelles.

Corolaire de cette situation, durant les 3 dernières années, les découvertes importantes de pétrole conventionnel ont diminué de moitié.

Ainsi, les opportunités situées en Arctique ou dans des exploitations off-shore, en grande profondeur, du Brésil, dans le Golfe du Mexique ou sur les côtes africaines attendent patiemment la hausse des prix du baril. Dès ce feu vert, il faudra encore compter 5 à 10 années pour extraire commercialement ce pétrole.

Combien d’années durera le pétrole de schiste

Dans ce paysage, une seule exception: le pétrole de schiste américain. Une nouvelle ruée vers l’or noir a débuté depuis le début de l’année. Contrairement au pétrole conventionnel, le cycle de vie d’un gisement de schiste de l’exploration à sa commercialisation et son épuisement se compte en mois. Dans la balance, 4-8 millions de barils/jour pourraient être apportés sur les marchés.

Mais pour combien d’années ?

Prendre des mesures pendant qu’il est temps

Comme ses collègues pétroliers, Armin Nasser «repousse l’idée de peak oil dans un avenir prévisible et confirme que le pétrole va jouer un rôle majeur pour les décennies à venir», histoire de ne pas laisser la porte grande ouverte aux énergies renouvelables.

Ces petites années qui nous séparent d’une nouvelle hausse des prix, doivent permettre aux PME et aux particuliers de prendre les mesures nécessaires afin de diminuer leur dépendance au pétrole.

Comme le soulignait Darwin, les espèces qui ont le plus de chances de survie ne sont pas les plus grandes mais celles qui savent s’adapter.

Syrie : Y a-t-il une vie après Assad ?

Autrefois prospère et riche, la Syrie n’est plus qu’un champ de ruines où les victimes rythment les journées et les habitants trouvent le salut dans l’exile.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment cette guerre a-t-elle éclaté? Dans la complexité géopolitique, focalisons-nous sur deux éléments délaissés dans les médias: l’Energie et le Réchauffement Climatique. Pour imaginer une issue future à la Syrie, nul doute que l’équation devra les incorporer.
Bien sûr, l’écroulement de la Syrie dans une guerre civile multi-ethnique, peut être observé à travers les prismes de la folie du Président Bashar al-Assad, du Printemps Arabe, des luttes géopolitiques entre les grandes puissances ou une guerre de religion. Mais allons au-delà des évidences.

 

Agriculture : Sécheresses et disparition de l’eau

A la genèse de cette guerre civile, l’on trouve de terribles sécheresses qui ont totalement bouleversé l’Economie du pays alors que l’agriculture et le pétrole comptabilisaient à eux deux plus de 50% du PIB.

En l’espace de quelques années, ces deux piliers se sont effondrés.

Déjà dans une situation délicate, les ressources en eau diminuèrent de moitié entre 2002 et 2008. De plus, des sécheresses d’ampleurs inconnues de mémoire d’homme ont décimé le secteur agricole de 2007 à 2010.

Les productions de blé, de betterave, d’orge ou de coton tout comme les élevages de poulets, de moutons et de chèvres rendirent l’âme.

Ces sécheresses ont forcé à l’exode de milliers des paysans Sunnites partis se réfugier dans les grandes villes Alawites. Cet exode Sunnite, ajouté aux migrants irakiens qui fuyaient leur pays, a ravivé les tensions avec la minorité Alawite, favorisée par le gouvernement Assad.

 

Le Pétrole

La Syrie a atteint son peak oil en 1996 à 610’000 barils/jour. Depuis, la production n’est qu’une lente agonie pour atteindre 385’000 barils/jour en 2010 et 210’000 en 2012.

Comme tout bon pays producteur de pétrole, l’essence était fortement subventionnée et vendue bien au-dessous des prix du marché pour représenter 15% des dépenses du Gouvernement.

En mai 2008, alors que les prix du baril atteignaient des sommets à 147$, le Gouvernement a dû renoncer à ces subsides. En une nuit, les prix des carburants triplèrent et le peuple fut contraint de partager son argent entre nourriture et essence.

Après la crise mondiale de 2008, le baril retomba sous la barre des 40$, asséchant du coup les finances du régime de Damas.

 

Le mix explosif: Agriculture & Pétrole

Autosuffisante en céréales et en quelques années seulement, la Syrie devint importatrice à hauteur de 1 million de tonnes en 2011-2012 et 4 millions de tonnes en 2012-2013. Pour les habitants, les prix de la nourriture de base doublèrent.

En effet, avec des revenus pétrolier en baisse, le Gouvernement Assad s’est retrouvé dans l’incapacité d’amortir la hausse des prix de la nourriture pour la totalité de sa population notamment des Sunnites plus pauvres que les Alawites.

Pour corser le tout, durant les 2 premiers mois de 2011, sur les 20 millions d’habitants, 80’000 enfants naquirent notamment dans les parties les plus pauvres du pays déjà affectées par les sécheresses.

L’incapacité de pouvoir acheter sa nourriture déclencha des protestations et une répression qui força les habitants à prendre les armes. La suite, on la connait.

 

Assad, l’Eau, le Pétrole et nous

Quel que soit le futur du régime Assad, lui ou son remplaçant ne pourra pas faire rejaillir le pétrole et l’eau, les piliers économiques du pays.

Comme le Yémen, la Syrie donne un probable indice de l’avenir des riches nations pétrolifères du Moyen-Orient.

Dans cette région, les records de température s’empilent et l’on commence à compter le nombre de barils de pétrole qui restent pour dessaler l’eau de mer, couvrir les budgets des Gouvernements ou simplement maintenir la vie et les habitants sur des terres bientôt invivables.

Il est fort probable qu’une grande partie de la population devra immigrer vers des terres plus accueillantes.

 

Du côté de l’Europe ou de la Suisse, l’exemple syrien pourrait peut-être souligner l’importance de tendre vers l’indépendance énergétique et d’assurer l’approvisionnement alimentaire en comptant sur ses paysans. Il montre également la réalité de la migration des populations du Sud vers le Nord.

A voir la vitesse de l’écroulement de la Syrie et du Yémen, mieux vaut commencer à se préparer dès aujourd’hui.

Energies, Economie et Pétrole: Revue Mondiale Mars 2017

Comme chaque 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
Même pour le 1er avril, il n’y a pas de poisson!
– Chine: Tencent Holdings achète 5% des actions de l’américain Tesla Motors.
– Russie: Se fâche contre le schiste américain
– Japon: Toshiba – Westinghouse sur la voie de la faillite
– Arabie Saoudite: Le pays se diversifie dans le pétrole, pétrole et le pétrole
– Trump: Champion du Monde dans tous les domaines
– Mer du Nord: Les Majors Pétrolières s’attaquent aux renouvelables
– Allemagne: E-On a perdu 16 milliards $ en 2016.


Badaboum! Le pétrole s’est pris les pieds dans le tapis et dégringole les escaliers. Il est même descendu à 48$ à New York durant le mois pour remonter durant les derniers jours de mars:  52,96$ à Londres (55,93$ février) et à New York 50.35$  (54.05$ février). Du côté des stations d’essence, la baisse n’a pas été répercutée. L’essence reste 4-6 ct plus cher par rapport à un baril à 50$.

Après une forte hausse, l’uranium s’assied et reprend son souffle. Il ne bouge pas d’un centimètre 24,5$ en cette fin de mois (24,5$ février).

OPEP

Grâce aux campagnes de publiques relations, depuis 6 mois l’OPEP a réussi à faire monter artificiellement les prix en brandissant des coupes de production. Mais sur le terrain, la baisse de l’OPEP est compensée par la hausse américaine du pétrole de schiste, la Lybie et l’Irak.

Durant le mois, le baril est repassé sous les 50$ alors que l’OPEP espérait franchir la barre des 60$. Sans attendre, les membres de l’OPEP se sont rencontrés au Koweit pour envisager une coupe de production supplémentaire.

La baisse des prix du baril est une excellente nouvelle pour les Economies occidentales car le pétrole est l’essence pour le moteur de la croissance. Mais si le pétrole descend trop, il va tuer l’inflation…

 

Peak Oil

Rare dans les médias mais en progression, la thématique du peak oil est déjà bien présente dans l’industrie notamment avec la coupe drastique des investissements d’exploration.

Dans les médias financiers, les thèmes de prédilection parlent du plafonnement de la demande, de l’impact des voitures électriques sur le pétrole, des changements climatiques ou du comportement des générations XYZ qui préfèrent l’autopartage à la frime «dans-une-voiture-en-leasing-avec-un-moteur-traficoté-pour-passer-les-tests ». Est-ce que la génération «Mobility as a service» va détrôner nos habitudes de bourgeois?

L’EIA se fait du souci pour les années à venir. L’agence internationale de l’Energie pense que si les coupes dans les investissements pétroliers ne sont pas rapidement compensées, il sera difficile de répondre à l’augmentation de la demande de 7,3 millions b/j d’ici à 2022. Pour se faire, il faut que les prix du baril remontent à 80$ pour ajouter au moins 3 millions b/j et que l’OPEP puisse ajouter 2 millions de plus.

Chaque année, 40 millions de nouvelles voitures sont mises en circulation et nécessitent 600’000 b/j de pétrole.

 

Charbon

Plus de 250 centrales à charbon ont été mises hors services aux USA. Au niveau mondial, la construction de nouvelles centrales à charbon a diminué de 62% et 85% dans la livraison de permis en Chine selon CoalSwarm, Sierra Club et Greenpeace.

De son côté, la Chine a cessé d’importer du charbon de la Corée du Nord.

Russie

L’augmentation de la production de pétrole de schiste américain agasse les Russes. Alors que les pays producteurs font des efforts pour réduire l’offre, les américains arrivent avec leurs grands pieds et en profitent pour remonter leur production et dévorer des parts de marché.

Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, prévoit que Mouscou va respecter la réduction de production de 300’000 barils/jour d’ici à la fin avril. Il aura fallu 6 mois aux russes pour respecter leur engagement. Cette manière de trainer les pieds irrite l’Arabie Saoudite.

Il y a fort longtemps, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVS, avait acheté l’américain Citgo. En échange d’un prêt de 1,5 milliard $ au Russe Rosneft, PDVS avait mis en caution ses actions dans Citgo. Aujourd’hui comme le prêt n’a pas été remboursé, Rosneft demande que les actions lui soient livrées.

Le réchauffement du permafrost dans la région de l’Ile de Bely, Sibérie, a créé plus de 7’000 poches de méthane dans les sols. Le risque d’explosion est réel alors que dans le meilleur des cas, ce méthane se dissipera dans l’atmosphère et alimentera l’effet de serre.

Le forage le plus profond au monde se trouve à Sakhalin dans l’Est de la Russie. Le puits Z-44 Chayvo puise à 13’500 m sous le sol.

 

Le Centre du Monde

ExxonMobil va devoir donner à l’avocat général de New York, la correspondance de ses dirigeants au sujet du réchauffement climatique. Depuis 1980, Exxon connaissait l’impact du pétrole et du gaz sur ce sujet. Pour continuer à vendre son or noir sans entrave, la major pétrolière a monté une stratégie de dénigrement du réchauffement climatique en empruntant les méthodes de l’industrie du tabac. Sans l’intervention de Donald Trump, on voit mal comment Exxon va pouvoir s’en sortir.

D’ici à 10 ans, il sera peut-être possible d’effectuer un vol commercial entre Paris et Londres à bord d’un avion complètement électrique. C’est du moins ce que Wright Electric souhaite.
Le Wright One, en développement, pourrait être le premier avion électrique à transporter 150 passagers sur des vols de courte distance, 480 km au maximum. A première vue, l’entreprise ne va pas utiliser les batteries du Samsung S7 et 10 ans semble ambitieux!

L’Etat de Californie désire instaurer de nouvelles normes anti-pollution pour les voitures et les camions. La mesure pourrait être anodine si elle n’entrait pas en frontal avec la stratégie de Trump. Au contraire, Donald envisage de libérer le secteur automobile de ces basses contingences climatiques.

Le Président Trump a donné son accord pour la construction du pipeline Keystone XL afin de transférer le pétrole des sables bitumineux canadiens aux USA. TransCanada, le constructeur canadien du pipeline, a retiré sa plainte en dédommagement de 16 milliards $ demandé aux tribunaux américains contre Washington.

La Maison Blanche a signé le «Décret sur l’indépendance énergétique» qui contribuera à s’assurer que l’énergie soit «abordable et propre» afin de «favoriser la croissance économique et les créations d’emplois». En plus du gaz et pétrole de schiste, Donald Trump désire relancer l’exploitation du «magnifique charbon propre». «De nombreux mineurs vont retrouver du travail». Comme les USA n’importent pas de charbon, la création d’emplois risque de se limiter à un Tweet sans lendemain. Il reste 65’971 mineurs de charbon en 2015, contre 87’755 en 2008. La chute d’utilisation du charbon n’est pas due aux restrictions environnementales, mais à la concurrence du gaz et des énergies renouvelables meilleur marché.

De son côté ExxonMobil demande au Président Trump de ne pas sortir les USA de l’accord de Paris. Exxon voit la possibilité de vendre du gaz pour remplacer le charbon et comme ExxonMobil est implantée dans une grande partie du monde, elle craint de subir les foudres de certains pays si les USA sortent de la COP22.

Les USA possèdent un réseau électrique presque aussi vieux que son Président. Il faudrait 4’800 milliards $ pour le convertir à la nouvelle génération de production électrique (le réseau, pas Trump).

Les eaux du Golf du Mexique sont anormalement chaudes avec une moyenne de 23 degrés durant cet hiver. La saison des tornades pourrait être sulfureuse et rappeler à Donald que le réchauffement climatique est d’une actualité brulante.

La production américaine était de 8,9 millions b/j en 2016 (9,4 en 2015). Le 40% de la consommation américaine est utilisée pour les voitures et camions.

Entre 1990 et 2007, l’utilisation de robots dans l’industrie a fait perdre 670’000 emplois aux USA selon le MIT et l’Université de Boston.

Intelligence artificielle. Fondation Artanim

 

Arabie Saoudite

La production du pays est repassée sur la barre des 10 millions b/j en février alors que Ryad prône une réduction au niveau mondial. C’est ce détail que les traders n’ont pas aimé. Ils ont expédié le baril sous les 50$ à New York durant le mois.

Le regain de production de l’Arabie est-il un message à l’attention des investisseurs dans le schiste américains ou pour les autres membres de l’OPEP qui ne respectent pas les diminutions imposées.

Le Roi Salman s’est accordé une virée en Asie, notamment en Malaisie, Japon, Indonésie pour tenter de diversifier l’industrie de son pays qui se résume aux trois mots: pétrole, pétrole, pétrole. C’est ballot, mais lors de sa visite en Chine, il n’a pas trouvé mieux que signer un accord avec Pékin pour l’extraction de… pétrole et une usine pétrochimique! Sortir du pétrole en investissant dans le pétrole, ça ne va pas le faire.

L’Arabie Saoudite devrait atteindre son peak oil en 2028. Comme de plus en plus d’or noir est consommé à l’intérieur du pays cela réduit d’autant les capacités financières de Ryad.

Comme le Yemen, la Syrie et l’Iran, l’Arabie Saoudite subit de plein fouet le réchauffement climatique. Les températures, supérieures de 4 degrés, aggravent la sécheresse qui détruit les points d’eau et limite la production agricole. La Syrie et le Yemen ont déjà implosé avec les conséquences que l’on connait.

De son côté son bras droit, le Prince bin Salman en a profité pour rencontrer Donald Trump histoire de voir si la relation entre les deux pays pourrait être meilleure que sous l’ère Obama. Ils ont parlé Yemen, Iran et pétrole. Ca va vraiment pas le faire !

Il se murmure que si l’OPEP devait allonger les coupes de production de 6 mois, l’Arabie Saoudite voudrait contraindre l’Iran à participer à l’effort. Ryad est frustré de voir certains marchés partir dans les mains de Téhéran. La prochaine rencontre aura lieu le 25 mai.

Ryad diminue petit à petit ses livraisons pétrolières au marché américain et se recentre sur les marchés asiatiques.

 

Chine

Les petites raffineries chinoises connues sous le nom de « teapots », importent du crude bon marché et exportent l’essence et produits raffinés sur les marchés asiatiques. Les japonais se plaignent que ces teapots noient le marché de produits de basse qualité alors que les raffineurs locaux doivent respecter des normes environnementales plus strictes.

Il n’y aurait pas uniquement les centrales à charbon qui participent à la pollution récurrente des grandes villes chinoises. Le réchauffement climatique influence les conditions atmosphériques en Sibérie et limite les vents qui poussent au large la pollution. Le premier ministre Li Keqiang a créé un fond spécial pour découvrir les raisons du smog qui envahit le nord de la Chine. Pékin dépensera le montant qu’il faudra pour gagner la guerre contre le smog.

Pour 1 milliard $, Sinopec a acheté 75% des actions de Chevron Afrique du Sud. Dans les bagages de la mariée, 820 stations d’essence et une raffinerie à Cape Town.

Les ventes de voitures Tesla ont atteint 1 milliards $ en 2016 soit 3 fois le chiffre de 2015. Un peu plus de 10’000 voitures ont trouvé un acquéreur. BYD reste toujours le leader sur le marché chinois de la voiture électrique. Lire également Après Trump, Pékin mise sur le Made in China.

Le groupe d’investissement Tencent Holdings a acheté 5% des actions de l’américain Tesla Motors. Avec 2 milliards $, le groupe devient le 5ème plus grand investisseur de Tesla et montre l’appétit des chinois pour les technologies de mobilité électrique.

Dessin Chappatte

Europe

Effectivement, nous abordons le dossier européen en soufflant sur les 60 bougies de l’accord.

 

Angleterre

Le pays a lancé la procédure de séparation de l’Europe. En lisant certains articles sur le Brexit, le pays devrait subir une période de famine, de peste et de choléra dans les années à venir. Pour d’autres, c’est un nouvel eldorado qui s’ouvre.

 

Allemagne

Le producteur électrique E-On a perdu 16 milliards $ en 2016. Le CEO veut réduire la dette de 7 milliards $ en licenciant 1’300 employés et en vendant quelques unités de production. Malin, E-On a déjà viré dans sa nouvelle « entreprise poubelle » Uniper tous ses actifs fossiles notamment les centrales à charbon, nucléaire et à gaz. Ainsi en amortissant fortement tous ses actifs pourris, Uniper n’aura plus qu’à faire faillite et à abandonner ses obligations notamment dans le démantèlement des centrales nucléaires. Pas éthique, mais légal.

De son côté, le bilan épuré d’E-On ne comporte plus que des actifs sains avec la solution aux clients, la production d’énergies renouvelables et les réseaux électriques. On retrouve cette stratégie en Suisse auprès d’Alpiq et d’Axpo, étrangement propriétaires de centrales nucléaires et à charbon !

 

Mer du Nord

Avec des chèques de plusieurs milliards $, Shell, le norvégien Statoil et l’italien Eni SpA ont remporté le droit de construire des fermes d’éolienne off-shore. Les dirigeants des majors pétrolières tentent de s’opposer aux géants éoliens Dong Energy et Vattenfall qui prennent de plus en plus de place dans le marché de l’énergie et représentent une menace grandissante pour leur business.

 

Suisse

Le Salon de l’Auto de Genève s’est terminé avec plus de 690’000 fans qui ont pu admirer la jeunesse des hôtesses. Comme quoi dans cette industrie, c’est toujours la minijupe qui parle au cerveau reptilien et qui déclenche l’acte d’achat.

Contrairement à l’année dernière, (où les constructeurs avaient inondé leurs stands de voitures électriques durant la journée de la presse pour les retirer le soir même) on est retourné aux bons vieux V6. Les constructeurs se plaignent que les gouvernements sont trop stricts et que s’il n’est plus possible de truquer les moteurs, il va être difficile de passer les standards d’émissions de CO2 et de pollution.

Les Suisses vont voter sur leur politique énergétique 2050. Rien de révolutionnaire et toujours pas de solution pour répondre aux changements climatiques ou à la déclaration de Paris. Naturellement on trouve certains politiciens pour reprendre le discours de Trump sur le changement climatique et prédisent peste, choléra et chômage.

Les confédérés jettent en moyenne 300 kg de nourriture par année. Le magasin Migros détruit 800 tonnes de nourriture par année et donne seulement 70 tonnes à des organisations. Le reste est détruit alors que cette chaîne de supermarchés exige une marge de 60% sur ses produits.

 

France

Selon la Répression des fraudes, le constructeur automobile Renault a faussé des tests d’homologation de ses véhicules diesel et essence. “Des stratégies frauduleuses” ont été mises en place depuis plus de 25 ans pour détourner les tests d’homologation de certains moteurs diesel et essence.

54% des français estiment que le changement d’heure a un impact négatif sur leur humeur. Manque de chance, cette année il y a la confluence entre le changement d’horaire et les élections ce qui devrait impacter la bonne ambiance dans le pays. 59% ignorent que l’heure d’été permet de réduire la consommation d’électricité (-440 GWh).

Trump tente de défaire l’Obamacare – dessin Chappatte

Les Amériques

USA – Schiste

Si le baril ne dépasse pas les 50$, la production de schiste va-t-elle pouvoir augmenter dans les années à venir sur le sol Yankee? La grande partie de la diminution des coûts de production a été reportée sur la baisse des salaires, la pression sur les fournisseurs, la location de matériel, le non-respect des normes environnementales. Les améliorations techniques ne représentent qu’une infinie partie de la réduction des coûts.

Les grandes majors entrent dans le jeu du schiste américain. Exxon, Shell et Chevron ont signé pour 10 milliards $ de chèques pour acheter des terrains potentiellement juteux. Attirées par l’immédiateté des gisements contrairement aux 10 années pour les forages en haute mer, elles poussent à la hausse les prix des terrains. On parle déjà d’une bulle dans le Bassin Permien.

La production de schiste dans le Bassin Permien est montée à 2,1 millions b/j en janvier (+200’000 depuis décembre).

Les réserves stratégiques de brut américains s’élèvent à 484 millions de barils de quoi assurer 24 jours de consommation. Du côté du schiste, la production US atteint 4,96 millions b/j.

Le marché du sable est à nouveau en plein boom grâce à la reprise des forages de schiste. En effet, en plus des 50’000 litres de produits chimiques il faut plusieurs tonnes de sable pour tenir les failles ouvertes. Les prix du sable sont en forte hausse ce qui n’arrangent pas les comptables des pétroliers.

 

Canada

Pas de bol pour le premier ministre canadien Justin Trudeau qui joue sur les 2 tableaux : extraction pétrolière et climat. La décision de Trump de réactiver le pipeline Keystone XL entre les sables bitumineux de l’Alberta, Canada, et les USA ravive les contradictions entre les lobby du pétrole et ceux du climat.

En janvier, Justin Trudeau affirmait vouloir «mettre un terme progressivement» à l’exploitation des sables bitumineux et faire cesser la «dépendance» du Canada aux hydrocarbures. Une position qualifiée de schizophrénique.

 

Brésil

Le Brésil est secoué depuis 2014 par une affaire de corruption mis en place autour du groupe pétrolier Petrobras.

Dans l’épisode de ce mois, la liste «La liste de Janot» (nom du procureur) donne les noms de 170 politiciens de tous les bords qui ont bénéficié des largesses financières. Dans cette liste, Rodrigo Janot y adresse à la Cour suprême, compétente pour juger ministres et parlementaires, pas moins de 83 demandes d’ouverture d’enquête pour corruption, blanchiment d’argent et financement occulte de campagnes électorales. Les politiciens brésiliens seraient encore plus turbulents que leurs collègues français ?

 

Venezuela

A force de tout vendre pour payer les dettes, le gouvernement n’a bientôt plus de bijoux de famille à échanger. L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a dû donner 10% de ses actions au Russe Rosneft dans Orinoco actif dans le brut extra lourd du pays. Ce brut est tellement lourd qu’il doit être mélangé avec du brut plus léger afin de pouvoir le raffiner.

Le gouvernement a pris le contrôle des boulangeries qui ne vendent pas le pain à un prix dérisoire, soit en dessous du prix de production. Le Venezuela importe la totalité de sa farine.

Le gouvernement entretient 30’000 comités locaux qui distribuent la nourriture à 4,5 millions de familles qui soutiennent le Gouvernement (sur les 6 millions du pays). Ces 4,5 millions de familles reçoivent 9 kg de nourriture par mois sur un total de 300 kg que nécessite une famille de 5 personnes. Cette situation ne va pas pouvoir continuer encore longtemps. Si le pays devrait s’écrouler, la production pétrolière devrait fortement être impactée.

Children interrupt BBC News interview – BBC News

Moyen Orient

Syrie

Les américains ont bombardé la salle des commandes du barrage de Tabqa à un jet de pierre de la ville de Raqqa et dans les mains de l’Etat Islamique. Haut de 60m et de 4 km de long le barrage de l’Euphrate permet d’irriguer les cultures et de produire de l’électricité pour toute la région.

Sans dispositif de contrôle, impossible d’ouvrir les vannes. Le compte à rebours a débuté. En montant, l’eau risque de submerger le barrage voire de le briser sous l’effet de la pression. Les américains pourraient désamorcer cette bombe en apportant des génératrices pour effectuer les opérations de délestage. Un détail : plus d’un million de personnes vivent en contrebas du barrage.

Pour mieux comprendre la guerre de Syrie. Deux événements conjoints ont allumé une partie de l’étincelle: le peak oil et le réchauffement climatique. Le peak oil atteint en 1996 (610’000 b/j) pour 385’000 b/j en 2010, n’a pas permis au gouvernement d’Assad de générer assez de devises pour subventionner les importations de céréales nécessaires après 3 années d’une sécheresse terrible (2007-2010). Et comme entre 2002 et 2008, les ressources en eau avaient diminué de moitié, la faim a lancé le processus actuel. La suite, ce mois-ci dans un prochain article.

 

Iran

Le pays plafonne sa production à 3,8 millions b/j. Difficile de dire s’il s’agit d’un signe envers la diminution de production voulue par l’OPEP ou des raisons techniques

Un nouvel arrangement pourrait avoir lieu entre la Russie et l’Iran dans le but d’échanger du pétrole contre des marchandises, de la nourriture et de l’armement.

 

Irak

Selon le décompte de Air Wars, les attaques aériennes des américains et des occidentaux sur Mossul font plus de victimes que les attaques russes sur Alep. Durant la première semaine de mars entre 250 et 370 civils ont été tués. Officiellement, la coalition quant à elle dénombre 21 civils tués depuis novembre 2016 !

Bagdad a produit 4,57 millions b/j en février et vise les 5 millions d’ici à la fin de l’année. Ce concept n’arrange pas l’OPEP.

 

Egypte

Le pays va ajouter 14’000 MW d’électricité d’ici à 2018. En 2013, le pays produisait 24’000 MW. Les fortes chaleurs durant l’été stressent fortement le système qui n’arrive pas toujours à répondre.

L’Arabie Saoudite a décidé de reprendre ses livraisons de pétrole à l’Egypte. Une brouille entre les deux pays avait interrompu le processus.

Asie

Corée du Sud

Le géant nucléaire coréen TEPKO n’est pas intéressé à acheter à Toshiba, leur succursale nucléaire américaine: Westinghouse. On les comprend car Toshiba a dû amortir une perte de 6,2 milliards $ de Westinghouse et bien malin celui qui connait la profondeur du gouffre.

Le français Areva étant noyé sous les dettes, il ne reste plus que les chinois ou les russes pour racheter à Toshiba leur succursale américaine. Cependant, on peine à imaginer Donald Trump tweeter: «Le nucléaire américain passe dans les mains chinoises. America First».

TEPKO pourrait jouer la montre et racheter le tout pour 1$ symbolique. Mais cela n’arrangera pas les comptes de Toshiba. A suivre d’autant que le nucléaire fait de moins en moins le poids face aux renouvelables.

 

Japon

Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a finalement réussi à introduire le robot PMORPH dans l’enceinte du réacteur 1 de Fukushima pour y mesurer les taux de radiation et la température. Lors des précédentes tentatives, tous les autres robots ont été détruits par le niveau des radiations.

L’objectif pour l’entreprise japonaise et d’évaluer la faisabilité de retirer le combustible nucléaire fondu afin de neutraliser le réacteur dans les décennies à venir.

Afrique

Libye

Les milices des différentes fractions (l’armée nationale du gouvernement de Tobruk et les diverses milices islamiques) se battent pour les terminaux pétroliers de Es Sider et Ras Lanuf.
L’Armée nationale du Général Haftar est aidée et soutenue par la Russie. Pour l’instant l’aide russe ne comporte pas un volet intervention militaire alors que le pays produit 700’000 b/j de pétrole.

 

Algérie

Sonatrach va investir 9 milliards $ entre 2017 et 2021 pour l’exploration de gaz. L’entreprise nationale va forer une centaine de puits par an et libérer 50 milliards supplémentaires pour la mise en service.

 

Phrases du mois

Il est temps pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, de débrancher définitivement la technologie défaillante des semences transgénique OGM et de se concentrer sur la façon dont nous rendons l’agriculture résistante au changement climatique, dont nous sauvons les fermes familiales et dont nous arrêtons la destruction de la nature. Il est temps de passer à autre chose.” Mute Schimpf, chargée de campagne alimentation aux Amis de la Terre Europe

Sur la nouvelle directive de Trump sur le climat et les énergies fossiles
This is not just dangerous; it’s embarrassing to us and our businesses on a global scale to be dismissing opportunities for new technologies, economic growth, and US leadership.” Former EPA Administrator Gina McCarthy.

As an industry, we’re not investing enough for supply growth to keep up with demand growth. Decreased spending, particularly in the resource-rich (but expensive) offshore, may cause supply to plateau or decline as global demand is rising A supply deficit is possible as soon as three years, and within five, when the reductions in capital investments should begin to show up in falling offshore supply. We’re not investing enough to keep the offshore investment pipeline full.
John Hess, CEO Hess oil

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde