Energie/Climat : Puissance ou Finance, qui tient qui par la barbichette ?

Un article interactif où vos idées sont les bienvenues.

En juin, la nouvelle fuita via l’AFP. Sans surprise le GIEC vient d’annoncer que du côté du climat, ça va chauffer. Dans cette grisaille, une bonne nouvelle. Toutes les catastrophes climatiques de cet été ne sont pas pires que celles qui viendront l’année prochaine et les années suivantes! Ode à l’instant présent.

 

Voulant faire passer la Suisse comme bonne élève, sa ministre de l’énergie et de l’environnement, Simonetta Sommaruga a immédiatement tweeté, que “lors de la #COP26, la Suisse s’engagera pour une protection #climatique efficace à l’échelle mondiale.”

C’est bizarre. Il y a 2 mois le peuple suisse refusa de limiter ses émissions de CO2. De son côté, le Conseil Fédéral a donné carte blanche à la Banque Nationale Suisse pour investir $ 10 milliards dans les énergies fossiles les plus polluantes (et perdre plus de 3 milliards dans l’opération) et il s’est battu corps et armes afin d’acheter pour 6 milliards d’avions de combats.

Par un heureux hasard, ces exemples permettent d’effectuer la transition sur le coeur de cet article et des questions qui sont posées à votre sagacité.

 

La puissance d’un pays est proportionnelle à sa consommation d’énergies

Ainsi, afin de diminuer les émissions de CO2 et de Méthane, il est nécessaire de diminuer la consommation du pétrole, du gaz et du charbon. L’équation est posée. La résoudre est plus osé.

La quantité d’énergies utilisée par un pays est proportionnelle à sa puissance. Le pays le plus puissant du monde est celui qui en consomme le plus.

La doctrine Obama s’appuya sur le pétrole et gaz de schiste, comme outil « de puissance énergétique» alors que Trump préféra la «dominance énergétique». Tout est dit.

L’Armée américaine est l’entité mondiale qui consomme le plus d’énergies fossiles, suivie par l’armée chinoise.

Du côté des pays, qui maitrisent, l’arme énergétique ultime, la bombe atomique (Chine, États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Inde, Pakistan, Israël), aucun ne montre l’envie de céder son rang dans le classement des superpuissances.

Ainsi, tant qu’il n’y a pas un outil ou une ressource capable de remplacer le pétrole/gaz/charbon à l’échelle 1/1, aucun pays ne peut réduire sa consommation de fossiles sous peine d’être rétrogradé.  Le rejet des actions climatiques par le président Macron est en parfaite osmose avec cette réalité.

A sa petite mesure, les nouveaux avions de chasse de la Suisse, entrent dans cette philosophie. La possibilité de brûler 20’000 litres de pétrole en moins d’une heure est un signe de puissance.

 

Le monde magique des GAFAM et de la finance

Au-delà des nations, les GAFAM (géants du numériques) rivalisent financièrement et intrusivement avec les Etats bien qu’avec le Pass-Covid certains pays rattrapent leur retard.

A leur côté, les financiers BlackRock, Vanguard, les banques privées, les Banques Centrales et les fonds d’investissements des caisses de retraites sont les véritables faiseurs de Rois énergétiques.

Les énergies fossiles reposent sur des subventions pharamineuses (6x celles des énergies renouvelables). Cette manne est en partie siphonnée à la source par les financiers grâce à des mécanismes qu’ils ont eux-mêmes mis au point.

Le gouvernement Allemand a débloqué € 38 milliards afin de compenser les actionnaires pour la fermeture des centrales à charbon d’ici à 2040. Il n’en fallait pas plus pour les fonds se précipitent sur ces actifs afin de bénéficier de cette prime à la casse.

Calqué sur les prix du pétrole, les gaziers bénéficient de marges prodigieuses (entre 8-9 $ de bénéfices pour 10$ vendus).

La raréfaction du combustible nucléaire sur les marchés est une opportunité d’achat. On remarquera que le financement de centrales nucléaires est strictement réservé aux Etats, car trop risqué et dispendieux.

 

Puissance et Finance : la barbichette

Quelle sera la grande puissance qui fera le premier pas vers une transition énergétique hors fossiles et pourquoi prendra-t-elle cette posture?

Au niveau financier, à part engager Léo Messi, quel déclics pourraient émerger afin de faire basculer les investissements hors énergies fossiles ?

Qu’en pensez-vous ?

Pic Pétrolier ou Pic Climatique : quel sera le seuil de douleur ?

Alors que l’on peut ressentir une certaine impression que cet été climatique part en vrille entre les chaleurs de 49 degrés en Californie et Canada ensuite suivi par des incendies de forêts. L’Allemagne, le Benelux et la Suisse noyés sous l’eau. La Russie enregistre des températures records ainsi que des incendies en Sibérie. Pour compléter le tableau, des inondations monstrueuses en Chine.

Bref dans cette ambiance, où le manque d’eau et aussi dévastateur que le trop d’eau, BP et l’agence pétrolière norvégienne Rystad Energy ont publié leurs prévisions énergétiques et pétrolières.


BP : d’une perception de pénurie à l’abondance pétrolière

BP souligne la baisse de 2020 de la consommation énergétique mondiale due à la pandémie. Cependant, il faut compter avec un rattrapage du temps perdu dans les mois à venir. Dans une nouvelle étude de 20 pages, les deux partenaires pensent que nous allons passer d’une “perception de pénurie” actuelle à une situation “d’abondance pétrolière“. L’étude balaye de la main le peak oil de la demande et pense que les pays, qui extraient un pétrole bon marché, vont privilégier le concept de  “diminution des volumes pour vendre à un prix élevé” au lieu du “volume important et vendre à un prix bas“.

On apportera un bémol causé par le penchant des deux acteurs à apprécier l’odeur du pétrole.

 

Rystad : Les réserves pétrolières diminuent

De son côté Rystad Energy a fortement réduit ses estimations des réserves pétrolières mondiales à 1’725 milliards de barils contre 1’903 milliards l’année dernière.

Pour un pétrole, financièrement accessible à 50$, il y en aurait pour 1’300 milliards de barils sous nos pieds. Au rythme actuel, cela représente 35 années d’extraction. Avec la diminution de la demande, il y aurait assez de pétrole jusqu’en 2100.

 

Pic énergétique et Pic climatique

Pour le climat, cela veut dire que le potentiel d’augmenter les quantités de CO2, de méthane et de gaz à effet de serre est encore très important d’autant que le trio: pétrole, gaz naturel et charbon règnent en maître.

A la vue des événements climatiques de ces derniers mois, la question est de savoir quel sera le seuil de douleur climatique nécessaire afin d’engager le pic d’émissions de CO2 / Méthane.

Les conditions climatiques exécrables aux USA, le déversement d’eau sur l’Allemagne, les incendies en Sibérie et les inondations en Chine touchent justement les acteurs clés. Est-ce qu’une porte s’ouvrira ?

Les Entreprises pétrolières publient des pertes abyssales

L’année 2020 aura été une année particulière dans la fabuleuse histoire du pétrole et du gaz. Est-ce un tournant?

Si le pétrole avait débuté l’année à plus de 60$ le baril, il est ensuite passé dans un cycle de montagnes russes entre moins 37$ (oui -37!) pour ensuite remonter à 40.

Les plus grandes majors pétrolières sont souvent perçues comme riche à millions. Dans la réalité, les entreprises privées, cumulent plus de $ 250 milliards de dettes. Leurs pertes se chiffrent en milliards.


Dans les mois/années à venir, il est fort possible que nous assistions à des fusions, pour autant que les gouvernements acceptent que leur fleuron énergétique passe dans des mains étrangères.

Alors que les chiffres 2020 viennent d’être publiés, faisons le tour des amércains ExxonMobil, Chevron, ConoccoPhillips, de l’anglais BP, du hollandais Shell et du français Total.

Leurs espoirs reposent sur une augmentation des prix du baril et du gaz. Ca tombe bien, le pétrole est passé sur les 60$ à Londres.

 

ExxonMobil

Le plus grand pétrolier américain, ExxonMobil, poste une perte de $ 22,4 milliards pour l’année 2020. En comparaison, le bénéfice de 2019 culminait à $ 14 milliards.

Sans rire, Darren Woods, son PDG, pense que «l’année dernière fut le marché le plus difficile que son entreprise a eu à faire face.» Les ventes ont diminué à 182 milliards $ au plus bas depuis 2002 (260 milliards en 2019).

Même si la major c’est pris un bouillon, le dividende de $ 0,87 par action est maintenu tout en licenciant 1’900 employés. Dans les bruits de couloir, il se dit qu’Exxon pourrait racheter le No 2 américain: Chevron.

La dette d’ExxonMobil culmine à $ 67.6 milliards.

 

Chevron

Le No2 américain, Chevron, a perdu 5,5 milliards en 2020 contre un bénéfice de 2,9 milliards en 2019.

Son chiffre d’affaires est passé sous les 100 à $ 94,7 milliards.

Comme ses confrères, après avoir licencié plus de 10’000 collaborateurs, les dividendes sont maintenus à $ 1,29 par action.

L’américain va réduire ses investissements et ses explorations à 14 milliards soit 7 de moins qu’en 2019.

Bien que l’année fut difficile, Chevron a acheté le pétrolier et gazier de schiste Noble Energy pour la modique somme de 13 milliards $. Ce mouvement annonce une possible consolidation du marché pétrolier et gazier.  Chevron pourrait également se faire avaler par ExxonMobil à moins qu’elle ne rachète Exxon.

La dette de Chevron pointe à $ 34,8 milliards.

 

ConoccoPhillips

ConocoPhillips, le No3 américain, a annoncé une perte de $2,7 milliards pour 2020 contre un bénéfice de 7,2 (tiens un palindrome chiffré avec son bénéfice) en 2019.

La dette de l’entreprise est minuscule, en comparaison avec les autres, seulement 13,4 milliards $.

Elle pourrait être une proie pour les autres pétroliers, à moins qu’une fusion lui permette de mutualiser ses coûts et augmenter sa rentabilité. En tout cas, c’est ce qui ce dit quand on fusionne!

 

Royal Dutch Shell

Shell tient la palme de la plus belle gamelle avec $ 19,9 milliards de pertes sur 2020. Alors que la culbute est énorme, l’entreprise en a profité pour augmenter ses dividendes de 4% avec 17,35 centimes par action, afin de pouvoir compter sur les investisseurs. Qui dit dividende et pas d’argent, dit licenciement. Dans ce cas, c’est 9’000 employés qui ont quitté Shell.

L’entreprise a également effacé pour $ 20 milliards d’actifs de son bilan et dévalué la valeur de ses gisements.

En 2019, Shell avait réalisé un bénéfice de $ 15,3 milliards. Son PDG, Ben Van Beurden annonce “avoir pris des décisions difficiles mais décisives dans une année extraordinaire.”

La dette de l’entreprise s’élève à $ 75,4 milliards.

 

BP

Pour la première fois en 10 ans et après la marée noire de DeepWater Horizon, l’anglais BP présente une perte de 5,7 milliards $ contre un bénéfice de 10 milliards en 2019.

Bernard Looney, son boss, pense “que le 4ème trimestre a été aussi difficile que toute l’année 2020.”

L’entreprise a supprimé plus de 10’000 emplois afin de maintenir des dividendes de $ 5,25 centimes par action.

Dans sa liste au Père-Noël, BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs et de champs pétroliers et gaziers durant les 4 prochaines années. L’objectif est de trouver des fonds pour payer ses investissements dans les énergies vertes et continuer ses dividendes.

La dette de l’entreprise s’élève à 39 milliards $.

 

Total

En 2020, Total accuse une perte nette record de $ 7,2 milliards contre un bénéfice de $ 11,2 milliards en 2019 et continue de payer un dividende de € 0,66 par action.

Le groupe, qui veut changer de nom en TotalEnergies pour mieux refléter la transition énergétique.

“L’année 2020 a connu deux crises majeures: celle de la pandémie de la Covid 19 qui a fortement affecté la demande mondiale, et celle du pétrole qui a conduit les prix du Brent à un niveau inférieur à 20 dollars par baril au cours du deuxième trimestre”, selon le PDG Patrick Pouyanné.

Les résultats nets sont également plombés par les dépréciations d’actifs de $ 8,1 milliards, dont 7 milliards sur les sables bitumineux au Canada.

Du côté de l’emploi, l’entreprise s’est séparé de 700 employés, ce qui est bien moindre que ses concurrents.

La production d’hydrocarbures se monte à 2,8 millions de barils par jour -9% sur un an.

La dette nette de Total s’établit à 37,13 milliards.

 

 

 

 

Energies : Tendances et Surprises à observer en 2021

Alors que nous sommes englués dans la pandémie de Corona, il est bien difficile d’imaginer ce qui va se passer durant 2021.

Au lieu de prédictions dérisoires, quelles sont les tendances à observer et les surprises qui pourraient émerger au niveau des énergies : pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables et le climat?


Pétrole

Tendances

Au fur et à mesure que le coronavirus diminuera, la demande augmentera et pourrait passer de 90 à 96 millions de barils par jour. Les producteurs sont prêts à bondir sur leurs derricks pour ouvrir les vannes.

Les différents stimuli économiques aux USA, Asie et en Europe devraient faire remonter les cours du baril pour autant que la pandémie régresse.

Alors que la date du peak oil s’approche (soit de la demande ou de l’offre, c’est selon), l’avis général est qu’il n’est pas d’actualité pour cette année. Il devrait pointer le bout de son nez d’ici à la fin de la décennie et dès 2027 pour certains pétroliers.

La lame de fonds de la voiture électrique, dont la profondeur exclue un retour aux moteurs thermiques, devrait commencer à peser sur la demande pétrolière.

Les voyages de loisirs en avion devraient grimper alors que cette tendance pourrait encore attendre 2022 pour les voyages d’affaires.

L’OPEP n’aura plus à se soucier des tweets menaçants de Trump pour faire baisser les cours du baril.

 

Surprises

Du côté de l’OPEP, les quotas devraient perdurer durant 2021, même si de plus en plus de pays producteurs désirent extraire le maximum de pétrole, qui se trouve sous leurs pieds, sous peine de devoir le laisser là, et manquer des rentrées financières. En Arabie Saoudite, certains se demandent pourquoi le royaume devrait continuer à se sacrifier afin que les autres pays puissent encaisser des pétrodollars à leur place.

L’objectif des producteurs est de faire grimper les cours le plus haut possible pour équilibrer leurs budgets. Juste assez haut, mais pas assez pour détruire la reprise économique, telle est l’équation.

Dans quel état réel se trouve le schiste américain? Pourra-t-il rebondir? C’est la grande question de l’année.

 

 

Gaz naturel

Tendances

La Russie avance dans son tissage d’autoroutes du gaz en direction de l’Europe et de la Chine.

La construction du gazoduc Nord Stream 2, qui double les livraisons de gaz Russe à l’Allemagne, devrait se terminer. Les premiers m3 de gaz devraient couler durant l’année et ajouter 125 milliards kg CO2 dans la balance de l’Allemagne.

Au Sud de l’Europe, un nouveau gazoduc de 10 milliards m3 transite depuis l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie.

La Turquie, Israël, Chypre et la Grèce devraient continuer à s’écharper sur le partage du gisement gazier du Léviathan en Méditerranée. On peut faire confiance au président Turc pour venir chatouiller les protagonistes et l’Europe.

 

Surprises

Promue par l’industrie gazière en tant “qu’énergie de transition“, le gaz naturel pourrait faire face à une remise en question au niveau mondial.

De nouveaux satellites ont été mis en service pour mesurer les émanations de méthane dans les gisements de gaz. Les résultats ne sont vraiment pas bons d’autant que le méthane, gaz à effet de serre, est 28 fois plus virulent que le CO2. De plus en plus de villes et de régions bannissent l’utilisation du gaz dans les bâtiments pour le chauffage et la cuisine.

Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide, au niveau mondial, ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

 

Nucléaire

Tendances

Les yeux vont se tourner vers Joe Biden. Il détient une clé pour la Corée du Nord ainsi que pour la remise en route de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Si cet accord devait être remis sur la table, l’Iran pourrait arrêter l’enrichissement de son uranium à but militaire et revenir dans les limites prévues. En échange, Téhéran pourrait à nouveau exporter librement son gaz et son pétrole pour alimenter son budget. Dans le cas contraire, l’ambiance sera chaude. Dans l’autre cas, c’est l’Arabie Saoudite et Israël qui grinceront des dents car si le budget iranien augmente, le niveau de testostérone, dans la région, devrait monter de manière proportionnelle.

Comme à son habitude, la Corée du Nord et Kim Jong-un devrait nous surprendre.

Les eaux radioactives de la centrale de Fukushima sont déversées dans le Pacifique faute de place et de budgets. Quel sera l’impact sur les populations dans les mois à venir?

 

Surprises

Le “soleil artificiel” mit en service par la Chine va attirer les regards et les attentes. Un premier réacteur de fusion nucléaire a été mis en service en décembre. Les résultats sont attendus avec impatience.

 

 

Charbon

Tendances

L’Inde et la Chine dévorent le charbon. Corolaire à cette boulimie, le prix du charbon thermique a pris plus de 60% pour atteindre les 80 à 100$ selon la qualité.

La demande sera donc soutenue en 2021.

 

Surprise

Comment va répondre l’industrie du charbon face aux différentes régulations et taxations du CO2 ?

 

 

Renouvelables

Tendances

Au niveau mondial, l’énergie solaire est devenue la source d’électricité la meilleure marché. L’éolien a le vent dans le dos et de nombreux pays s’équipent. Le charbon et le gaz ne sont financièrement plus dans le coup, même s’ils restent essentiels dans la stabilisation du réseau.

Au niveau des citoyens, le partage de la production solaire entre voisins génère de l’électricité hyper locale. Cette tendance devrait progresser.

Les solutions de stockages sont financièrement de plus en plus rentables et certains pays exportent leurs électricités vertes sur des centaines / milliers de kilomètres comme Australie-Indonésie ou Allemagne-Norvège-Angleterre.  La Chine planifie l’exportation de son électricité en Europe.

Et si vous pourriez acheter votre électricité sur le modèle d’un abonnement de smartphone? Vous payez un forfait fixe par mois, qu’importe la quantité. Les plus gourmands auront droit à une option “illimitée” plus dispendieuse.

 

Surprise

Si vous pensez que l’idée précédente était incongrue, Tesla pourrait jouer le rôle de grain de poivre dans votre assiette.

Ainsi le constructeur automobile américain s’est implanté en Allemagne et en Angleterre afin de tester la communauté de partage d’électricité entre propriétaires de Tesla. Si vous avez des panneaux solaires et une Tesla, vous allez pouvoir recharger votre compte en banque électrique Tesla et l’utiliser soit pour recharger votre voiture soit pour vendre votre électricité partout en Europe. A travers le continent, les producteurs d’électricité tentent de réagir à ce changement de business modèle.

 

 

Financement des Energies

Tendances

Christine Lagarde, Directrice de la Banque Centrale Européenne, pourrait décider d’arrêter les investissements dans les obligations des grands pollueurs et les énergies fossiles. La Banque Centrale Européenne détient pour €248 milliards d’obligations d’entreprises gazières, pétrolières et charbonnières.

Si 2019 et 2020 ont lancé les prémices d’une mobilité électrique avec un Tesla en fer de lance, l’année 2021 devrait continuer sur cette tendance et voir arriver de nouveaux acteurs comme Nio. Tous deux ont crevé l’écran à la bourse.

Si les actions des entreprises actives dans l’hydrogène ont commencé à prendre l’ascenseur durant ces derniers mois, avec l’arrivée de Joe Biden et le soutient financier de la Chine pour ses champions, l’industrie pourrait être la surprise de l’année ou de la décennie.

 

Surprise

Après avoir perdu plus de 1 milliard $ dans les actions des deux fleurons américains du pétrole/gaz ExxonMobil et Chevron, la position de la Banque Nationale Suisse devient de plus en plus intenable.

Dans le cas où la Banque Centrale Européenne active son plan de désinvestissement dans les énergies fossiles, la doctrine du financement des grands pollueurs du Conseil Fédéral, des Cantons et de la BNS pourrait s’effriter.

 

 

Climat

Tendances

Après une accalmie en 2020, les émissions de CO2 et de méthane devraient remonter à des niveaux d’avant la pandémie.

L’année 2020 est l’une des 3 années les plus chaudes, qu’en sera-t-il en 2021 ?

Alors que de nombreux pays ont communiqué leurs ambitions de diminution d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, pour l’instant il s’agit essentiellement d’effets d’annonces. 2021 pourrait apporter des pistes et des propositions.

 

Surprises

Un retour des USA dans l’accord de Paris?  Même si actuellement ce document ressemble à un outil de communication, un dialogue entre la Chine, l’Europe et les USA pourrait émerger.

En novembre, la nouvelle COP26 à Glasgow pourrait accoucher sur d’autre chose que le traditionnel bide.

 

Finalement

A la sortie de la pandémie, au niveau des énergies, l’année 2021 sera-t-elle une année de transition ou de continuation?

Il est trop tôt pour le dire, mais il est fascinant de voir l’accélération des changements dans une industrie qui n’a été qu’un long fleuve tranquille durant plus de 100 ans.

 

 

Le pétrole à 37$ le baril, les majors empilent les dettes

Aujourd’hui, journée spéciale aux USA. Pour l’information et surtout pour l’Histoire: le pétrole se traite à 37$ à New York et 39$ à Londres. Qu’en sera-t-il demain?

En regardant 2020, c’est une parfaite annus horribilis pour les compagnies pétrolières. Les chiffres du 3ème trimestre le démontrent.

En Europe, depuis le coronavirus, les pétroliers et gaziers ont vu leurs capitalisations boursières chuter de 364 milliards $. On comprend la grise-mine des investisseurs. Aux USA, c’est pire. Les 84 faillites ont effacé $ 89 milliards et le montant pourrait grimper à $ 100 milliards avec la deuxième vague de coronavirus. A ce tarif, l’industrie pétrolière n’est pas hyper rentable.


 

Rassurez-vous. Comme les chiffres sont souvent indigestes, une pointe d’humour et du bicarbonate ont été rajoutés pour la digestion.

Avant d’entrer dans les détails, une explication s’impose sur nos majors pétrolières préférées: ExxonMobil, Chevron, Shell et BP.

 

Des dettes, toujours plus de dettes

Les majors accumulent des dettes abyssales. En temps normal, ces dettes sont cautionnées par les réserves pétrolières. Cependant, la probabilité de ne plus pouvoir extraire le pétrole jusqu’à la dernière goutte, inquiète l’industrie, d’autant qu’il faut aller chercher du pétrole de plus en plus cher et de moins en moins bonne qualité.

Paradoxalement, les prix du baril restent proche des 40$, seuil de non rentabilité. Il reste l’espoir de voir grimper les cours à 100$, mais là, c’est l’Economie mondiale qui ne supportera pas le choc.

Afin de continuer à alimenter en cash leurs caisses, tradition oblige, les majors doivent offrir des dividendes quitte à s’endetter encore plus.

L’équation est simple: pas de dividendes, pas d’investisseurs donc pas de forages et surtout plus de chocolat!

 

ExxonMobil

L’américaine, proche de Trump, a annoncé son troisième trimestre négatif consécutif. La perte se monte à 680 millions $ alors que sa production pointe à 3,7 millions de barils de pétrole par jour (-6%). L’année dernière, à même époque, elle annonçait un bénéfice de 3,2 milliards $.

Le No 1 américain surfe sur une dette  $ 69.5 milliards pour un chiffre d’affaires de 260 milliards.

Darren Woods, son PDG, reste droit dans ses bottes. Il va continuer à offrir de larges dividendes et éviter méticuleusement les énergies renouvelables. Ainsi pour maintenir ses dividendes, 14’000 employés, soit le 15 % de son staff, vont prendre la porte. C’est vraiment cool de bosser pour une entreprise pareille, non?

Exxon va également réduire ses investissements de 23 milliards $ à 16 milliards en 2021. Le boss (Darren Woods pas Bruce Springsteen) aimerait réduire de 30 milliards $ les actifs dont la compagnie de gaz de schiste XTO Energy, qui avait été payée 42 milliards en 2009. A l’époque, l’opération avait été qualifiée de deal du siècle. Aujourd’hui, fiasco a remplacé deal.

 

Chevron

Le No 2 américain annonce une perte de $ 207 millions contre 2,6 milliards de bénéfice sur la même période en 2019.

Son PDG, Mike Wirth, concède que le coronavirus n’est pas tendre avec ses objectifs. Comme ExxonMobil, il va licencier 15% de ses employés afin de maintenir les dividendes pour ses actionnaires.

L’entreprise pourrait également vendre des actifs, mais dans cette période de disettes, qui voudrait en acheter ?

Chevron cumule une dette de $ 34 milliards pour un chiffre d’affaires de $ 120 milliards. De ce côté, c’est assez bien.

 

Shell

Ben van Beurden, le PDG, annonce une “nouvelle ère de croissance des dividendes”. Du coup, il a augmenté ses dividendes de 4 % à 16,65 ct.

Là aussi, afin de garder des dividendes, les emplois sont sabrés et les coûts minimisés. Plus de 16’000 postes ont été supprimés ce mois.

A contrario des deux américaines, au 3ème trimestre, Shell a réalisé un bénéfice de $ 955 millions contre 4,8 milliards en 2019. Bel exploit.

Les dettes de Shell se montent actuellement à $ 73,5 milliards. Pour vous imaginez 70 milliards $: cela représente les dettes cumulées d’EDF et Areva avant que l’Etat français n’intervienne. C’est aussi la moitié de la fortune de Jeff Bezos, d’Amazon. Bon là, avec cet exemple, ça paraît tout petit. Mais quand même, ça représente quelques mois de salaire pour un ouvrier moyen.

 

BP

L’entreprise anglaise termine son 3ème trimestre sur un bénéfice de $ 86 millions contre un bénéfice de 2,3 milliards sur la même période l’année passée.

Son PDG, Bernard Looney, a promis d’effectuer un changement stratégique et de devenir zéro carbone d’ici à 2050, mais n’a pas apporté le mode d’emploi pour y arriver.

Contrairement à Exxon, Chevron, Shell ou Saudi Aramco, BP a décidé de couper dans les dividendes. Un crime de lèse majesté dans l’industrie. Mais le changement de paradigme est à saluer.

BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs d’ici à 2025, pour autant qu’elle trouve des acheteurs. Comme pour Shell, BP cumule $ 68 milliards de dettes dont une grande partie à cause de la catastrophe DeepWater Horizon du 23 avril 2010. (lire l’article de 2010)

 

On donnera l’avant dernier mot, au géant pétrolier Russe. Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

Le mot de la fin, on le donnera au nouveau président des Etats-Unis et au coronavirus.

 

 

Chaos sur le pétrole américain. Il termine à moins 37$. Oui, -37$ !

Journée chaotique, historique et vice versa. Le prix du baril de pétrole américain, WTI, est passé sous la barre des zéros, à -37.36$ le baril pour être précis.

Pour bien comprendre, ce lundi, les heureux propriétaires de pétrole américain ont payé 37,63$ à celui qui voudra bien leur débarrasser de leur pétrole! L’industrie pétrolière a réinventé les soldes ou un moyen de piquer la une au coronavirus sur facebook.

La journée se termine alors que le baril valait encore +18,27 à l’ouverture, soit une chute de 55$! Après cette dégringolade, le WTI va remonter rapidement. Comment en est-on arrivé là?


 

Courage, fuyons

La semaine dernière, les t-shirts et casquettes “le pétrole à 19$, j’y étais” avaient été imprimés. Cet événement ne s’était plus reproduit le début du millénaire. Il fallait bien marquer le coup.

Mais hier, l’or noir a fait encore plus fort même si techniquement cette chute s’explique. Les traders ont dû liquider leurs positions sur les livraisons en mai. Dans les grandes lignes, certains traders avaient misé sur un contrat “future“: acheter hier pour se faire livrer en mai.

Ainsi, les heureux détenteurs de “ces futures” avaient le choix: soit de prendre physiquement possession de ce pétrole d’ici à la fin mai, soit de les vendre aux plus offrants ou moins offrants, c’est selon.

Aux USA, les capacités maximales de stockage seront atteintes d’ici à 2 semaines. Donc, à part stocker ce pétrole sur leurs balcons ou dans les salles de conférences, les traders ont dû s’en débarrasser selon le principe de la patate chaude. Le dernier, qui l’a en main, aura le privilège de recevoir les barils devant sa porte. Les prix ont dégringolé durant toute la journée pour atteindre les -37$.

Les gagnants pourraient être les petits malins qui ont sécurisé des places de stockage ou des tankers. Ils pourront attendre que les prix remontent pour extraire de juteux profits.

 

 

Où stocker le pétrole américain ?

Avec la pandémie de coronavirus, la demande mondiale de pétrole a chuté. Comme un forage n’a pas de fonction on/off, l’or noir continue de couler à flot. Il faudra encore quelques jours afin de diminuer sensiblement la production.

La semaine dernière, l’Agence Américaine de l’Energie avait annoncé un surplus de 19.2 millions de barils en une semaine. Selon Baker Hughes, aux USA 66 forages ont été éteints la semaine dernière et il en reste 438 en activité soit 387 de moins qu’il y a une année.

 

Producteurs sous pression

Cette situation pourrait encourager les producteurs américains à faire faillites au lieu de payer des millions pour se débarrasser de leur production. Le mouvement a déjà commencé. Il est nécessaire d’attendre la fin de la tempête pour répertorier les survivants.

Selon Bloomberg, cette hécatombe pourrait donner une opportunité à des activistes du climat afin de racheter, pour une bouchée de pain, ces compagnies afin de garder le pétrole dans le sol. Même si l’on reste dans la théorie, l’idée est séduisante!

 

Make the pétrole great again

Cette situation est une épine dans le pied du président Trump. Il y a 2 semaines, il tweetait en fanfare l’accord de l’OPEP et du G20 et le maintien de centaine de milliers d’emplois dans le secteur.

Si le pétrole de schiste a offert à la Maison Blanche “une dominance énergétique“, l’arme se retourne. Malgré l’injection artificielle de milliards $ dans l’industrie, le schiste est sous respiration artificielle. Il n’est pas certain qu’il redeviendra great again.

 

Dans le reste du monde

Plus au nord, au Canada, le baril se vend à 1 centime $ pour les 159 litres d’un baril. Ce qui confirme l’adage : je pers sur chaque baril que je vends, mais je me rattrape sur la quantité !

A Londres, le baril est resté, plus ou moins stable à 25,95$ le baril. Aujourd’hui, le Brent est moins impacté sur les places de stockage car il concerne un grand nombre de pays. Si la pandémie continue, les choses pourraient rapidement changer. Attendons pour voir.

La seule pincée de certitude: le pétrole américain, WTI, va remonter. Les achats futurs pour le mois de juin se situent à 20$. Ce matin, il est repassé sur la barre des 1$.

 

Le pétrole est la denrée la plus importante et la plus précieuse pour l’Economie mondiale. Analyser ses dysfonctionnements, la désorganisation des pays producteurs et l’impact sur le climat montre la folie d’avoir basé toute notre confiance sur un pareil cheval.

Cette stratégie a bien fonctionné jusqu’à aujourd’hui. La roue tourne et elle pourrait le faire sans pétrole!

 

 

Pétrole : 19$ hier soir et 26$ ce matin

(mise à jour: le 20 avril: le baril chute à 11,51$).
Le baril de pétrole est entré dans la zone des 19$ pour ses 159 litres, soit 12 centimes l’unité, 10 fois moins cher qu’un litre de Coca-Cola!  A 19,57$, je voulais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Ca, c’était le début de l’article écrit hier soir. Ce matin, après avoir rafraichi 20 fois la page des cours, oui, c’est bien ça ! Le baril américain a pris 6$ en moins de temps qu’il n’aura fallu à Donald Trump pour annoncer son plan de réouverture du pays.


Pétrole à 19$, “J’y étais”

Il n’en fallait pas plus aux algorithmes des super-ordinateurs boursiers pour en déduire que la pandémie aux USA est terminée. D’ici à ce weekend, Joe America va bondir dans son pick-up truck pour aller prendre un avion en direction de Cancun afin d’acheter l’IPhone 11 et de siroter une Corona dans un bar bondé.

Il est réconfortant d’imaginer que notre monde est géré par ce genre d’ordinateurs et que les Banques Centrales déversent des milliards pour sauver les bourses.

Bref, même pas eu le temps d’imprimer les casquettes : “Pétrole à 19$, j’y étais”.

 

Mise à jour le 20 avril: le cours du baril chute aux USA

 

Volatilité extrême

Dans la réalité, l’Agence Internationale de l’Energie annonce une chute de 30% de la demande de pétrole mondiale.

La Russie traine des pieds et trouve des excuses pour ne pas trop réduire sa production comme annoncé lors de la réunion de l’OPEP. Ils ne sont pas les seuls. Chacun passe son temps sur Google pour chercher une excuse autant inédite que crédible.

Le stock sont bientôt pleins avec la question : on fait quoi quand c’est plein?

 

Attendre pour voir

Le pétrole ressemble à une boule magique sur un trampoline qui rebondit dans tous les sens. On ose à peine imaginer ce qui va se passer aujourd’hui.

Une solution : fermer les yeux et les rouvrir dans une semaine.

 

Pétrole : Le coronavirus plus fort que l’OPEP et le G20 ?

Contaminé par le coronavirus, le prix du baril de pétrole tousse. Il est toujours en vie, mais il tousse.

La semaine dernière, grâce à un tweet dont il a le secret, Donald Trump avait réussi à le réanimer et à faire bondir les cours de +25% en quelques heures!

Rééditer cet exploit était l’objectif de la fusée à deux étages concoctées par l’OPEP, le cartel du pétrole, et les 20 pays les plus musclés du monde, le G20.

Il y a urgence. Le carburant de l’Economie mondiale, le pétrole, est au soin intensif. Investissements sabrés et une volatilité qui ressemble à un coq à qui l’on vient de couper la tête, ont ponctué une semaine du meilleur épisode de Dallas.


 

Le coup de communication de l’OPEP reposait sur la conjonction d’un accord des producteurs de pétrole du côté de l’offre, ainsi que des intentions d’achats des pays du G20 du côté de la demande. Si avec ça, les algorithmes des super ordinateurs de la bourse ne mordent pas à l’hameçon, c’est à ni rien comprendre.

 

Mardi 7 avril 2020

Avec un baril à 25$, le pétrole de schiste américain et le pétrole bitumineux canadien sont sous respirateurs. Au vue de l’état de santé du système de santé américain, l’inquiétude règne.

Aux USA, les coupes ont déjà enlevé 600’000 barils/jours (b/j) et la baisse pourrait atteindre les 2 millions b/j. Il y a une année, le nombre de forages sur le sol Yankee dépassait les 1’000. Il en reste 664 selon Baker Hughes et 30 ont fermés durant la dernière semaine.

Plus au nord, les producteurs canadiens consentent des rabais de plus de 10$ pour écouler leur pétrole aux USA. Les places de stockage commencent à manquer. Il ne reste que les soldes sur Amazon et Ebay pour vendre les invendus.

 

Fluctuations des prix du pétrole et leurs explications durant la dernière semaine

Source: Cryptonitewatch. Cliquez pour agrandir.

 

Mercredi 8 avril 2020

Comme pour chauffer la salle, le président américain annonce qu’il a contacté Vladimir Poutine et Mohammed bin Salman (MBS) prince héritier d’Arabie Saoudite.

 

Vidéo conférence de l’OPEP

 

Jeudi, 9 avril 2020

Le cartel du pétrole, l’OPEP, ainsi que les plus grands producteurs mondiaux ont organisé une réunion virtuelle afin de répondre à la destruction de la demande évaluée à 25 millions barils/jour sur les 100 millions extraits.  Objectif, faire remonter les cours malgré le coronavirus.

Rejoint par la Russie et d’autres pays producteurs, cet OPEP+ se présentait avec deux options:
Plan A : annoncer qu’aucun accord n’est trouvé, que nous allions tous mourir dans d’atroces souffrances et que le baril va toucher les fonds.

Sans surprise, c’est le plan B qui a été choisi.

On prépare la fumée blanche, et comme il y a 1987 années, on annonce une résurrection. Cette fois, c’est celle du pétrole avec -10 millions b/j. produit par l’OPEP+, et cela dès le joli mois de mai qui ressemble à un “mois de mais…”.

Le communiqué de presse a été salué par les cloches du monde entier, sauf celles du Mexique. Le pays refuse de réduire sa production de 400’000 b/j.  Caramba ! L’Arabie ne peut pas laisser un pays membre de l’OPEP se dérober. Il va falloir négocier et Trump met son nez à la fenêtre.

 


Nouveaux quotas d’extraction pour les pays,
sauf le Mexique qui se limitera à 100’000 b/j

En vert: la production actuelle. En turquoise: l’objectif

 

Vendredi, 10 avril 2020

Les membres du G20, dont la Suisse invitée, participent à une conf call de 13h à 19h30 avec les ministres de l’Energie de chaque pays.

L’Arabie Saoudite suggèrent fortement aux pays du G20 de remplir leurs réserves de sécurité pétrolière. L’objectif est double : 1) trouver un endroit pour stocker le surplus de pétrole 2) soutenir les cours du baril.

En temps de pandémie, il n’est pas banal de demander aux pays de dépenser leur argent pour acheter du pétrole.

La Chine, le Japon et l’Inde se frottent les mains et voient une aubaine d’acheter un pétrole bon marché pour relancer leurs économies en temps voulu.

Pour les USA, c’est un moyen de subventionner (sans le dire) leurs champions avec un chèque de 2 milliards $ afin de faire déborder la réserve nationale.

En Europe, à part la Norvège, les pays sont dubitatifs. Ne serait-ce pas le moment de commencer à sortir du pétrole ? L’Arabie Saoudite débarrasse de la table cette idée farfelue. L’Economie mondiale c’est du pétrole. Un point c’est tout!

 

Comme à son habitude, une réunion du G20 se termine toujours par un communiqué de presse dont la bonne humeur n’a d’égale que celle d’un labrador devant sa gamelle. Le cocorico ne mentionne aucun chiffre contraignant, aucune coordination. Un grand vide organisé en quelque sorte.

En réalité, on retrouve le même comportement qu’avec les masques et les ventilateurs du coronavirus. Chacun pour soi et dieu pour tous. Ceci résonne comme une alarme en cas de pénurie de pétrole dans les années à venir.

 

L’ouverture de la cession de l’OPEP comme si vous y étiez

 

Samedi 11 avril 2020

L’Arabie insiste pour que le Mexique se plie aux quotas imposés. Il ne s’agit pas d’une question de quantité, mais de ne pas créer une brèche parmi les membres du cartel de l’OPEP.

Les USA annoncent qu’ils ne vont pas demander à leurs pétroliers de diminuer leur production. On ressort l’argument de la main invisible du business qui règlera le tout. Trump est en train d’avaliser que son pays ne fera rien et que les efforts doivent être fournis par les autres. La main invisible, c’est peut-être lui!

ExxonMobil et Chevron s’opposent catégoriquement une baisse de leurs productions. On soupçonne les grands pétroliers de glisser des peaux de bananes sous les concurrents les plus petits. L’idée est de les racheter pour une bouchée de pain lors des faillites à venir. Ça, c’est l’autre main du business.

 

Dimanche 12 avril 2020

L’Arabie Saoudite n’aura pas réussi à tordre le bras du Mexique.

Au milieu de la pandémie, le Mexique a besoin d’entrée financière. De plus, son champion pétrolier Pemex, croule sous les dettes et le rating du pétrolier national est déjà catastrophique. Impossible de trouver de l’argent sur les marchés, seule la vente de pétrole peut faire l’affaire.

Le fantasque président Andrés Manuel López Obrador voit d’un très mauvais œil une baisse de 20% de sa production. In fine, il obtient un passe-droit.

Au total, l’OPEP+ annonce une baisse théorique de 9,7 millions b/j. de ses extractions. En pratique, il n’est pas nécessaire de faire un dessin.

 

Lundi 13 avril 2020

Au total l’OPEP+ annonce 9,7 millions b/j en moins et les autres pays producteurs -5 millions. Au total : -15 millions de barils par jour alors que le surplus pourrait atteindre les 25 millions.

Les marchés pétroliers ouvrent. Si les algorithmes sont bien synchrones, les cours devraient grimper, ou pas. Mais qu’importe. Les semaines à venir apporteront la température du pétrole et renseigneront sur l’efficacité du placébo proposé par l’OPEP.

Le coronavirus va bien au-delà de l’OPEP et du G20, mais l’envie de «revenir rapidement à avant» engendre ces gesticulations.

On dirait que le monde commence à s’apercevoir que le pétrole ne fonctionne pas selon les lois du marché mais qu’il est régi par des cartels financiers et pétroliers, par des subventions gigantesques et par de la manipulation. Rien de neuf. Ce concept avait été mis en place par John Davison Rockefeller, il y a 100 ans.

Bref, la semaine écoulée a produit l’un des meilleurs épisodes de Dallas. On se réjouit de voir le prochain, mais il va falloir être créatif pour faire aussi fort.

Dans la nuit, un teaser a même été dévoilé par Donald Trump, qui est devenu l’espace d’une semaine, le roi de l’OPEP.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Le plus gros krach pétrolier de l’histoire
– Russie: Moscou arrivera-t-il à faire plier le pétrole de schiste américain?
– Japon: Le report des Jeux Olympiques influence Fukushima
– Europe: La Commission se lance dans l’hydrogène
– Electricité: Une baisse mondiale de 10 à 20%
– Venezuela: Le pays plie, plie, plie. Jusqu’à quand?
– Automobile: La production mondiale à l’arrêt.


Avertissement
Le mot «coronavirus» n’apparaît qu’une seule fois dans toute cette revue. Si vous le trouvez, vous avez gagné! Cela rappellera de bons souvenirs à ceux qui jouaient à «Où est Charlie».
Même si cette revue est publiée le 1er avril, il n’y a pas de poisson!

Vous êtes prêt? Allons-y!

 

La demande s’est pris les pieds dans le tapis d’une manière inédite en plus de 100 ans d’histoire pétrolière. Alors que les USA et l’Inde sont en train d’entrer dans le confinement, la chute devrait atteindre entre 20 et 25% sur une consommation de 100 millions de barils/jour (b/j). En comparaison, le crash pétrolier de 1980, la baisse représentait 2,65 millions b/j.

Pour ne pas rester en reste, les prix ont dévalé les escaliers quatre par quatre pour arriver à l’étage -65%.  A Londre, le Brent s’affiche à 26,20$ (49,76$ fin février) et à New York, le WTI touche 20,20$ avec une visite à 19,27$ (44,77$ fin février).

 

 Graphique du mois

Evolution des prix du baril depuis 2000
Source: Refinitiv. Graphique CNN

 

Investissements Pétroliers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’industrie du pétrole sabre 31 milliards $ d’investissements. Les producteurs de schiste américains et de bitume au Canada ont été les premiers à réduire la voilure.  Dans cet exercice de team building, les grandes majors comme Total, Shell, Saudi Aramco, Exxon, Chevron et BP ont immédiatement suivi le mouvement. Par contre, les grandes majors ont annoncé maintenir la distribution de dividendes, quitte à s’endetter.

Avec plus de 100’000 lecteurs en 3 jours, l’article «Pétrole, cette bombe à retardement», souligne l’intérêt et le moment historique que nous vivons.

 

Stockage du pétrole

Les capacités de stockage mondiales atteignent 7,2 milliards de barils de pétrole dont 1,3 milliards dans des tankers. Selon Rystad Energy, les stocks sont pleins à 76%.

Au rythme actuel de surproductions et de sous consommation, il ne faudra que quelques semaines pour les remplir. Le Canada pourrait être le premier pays à déborder. Il sera intéressant d’analyser les réponses des producteurs de pétrole à la question : qu’est-ce que l’on fait quand c’est plein ?

Si l’offre n’arrive pas à être jugulée, il n’est pas impossible d’observer des prix négatifs. Les producteurs pourraient payer pour se débarrasser du pétrole ce qui ne serait pas une première.

 

 

Renouvelables

L’IEA, International Energy Agency, suggère que les paquets de stimulations économiques comprennent un focus sur les énergies renouvelables. Son directeur Fatih Birol souligne qu’il est important de se focaliser sur la pandémie mais que la menace du dérèglement climatique continue.

Cette demande, qui émane d’une Agence qui a toujours supporté le pétrole et le gaz, est autant remarquée que remarquable.

L’éolien a augmenté sa capacité de 19% en 2019 notamment avec des projets aux USA et en Chine (+60,4 GW). Le 10% de ses éoliennes se trouvent en mer. Pour 2020, il faudra attendre que le vent tourne.

 

Charbon

En 2019, la capacité de production d’électricité à base de charbon a augmenté de 34,2 GW grâce à la Chine. 64% des nouvelles centrales sont chinoises, 12% d’Inde et le 24% restant en Asie dont le Pakistan, l’Indonésie et la Malaisie.

Le think tank, Carbon Tracker Initiative, annonce que 60% des centrales à charbon dans le monde produisent une électricité plus chère que les renouvelables.

 

Electricité

A travers l’Europe, la demande d’électricité a diminué de 10 à 20% notamment suite à l’arrêt de l’industrie mais avec une augmentation de consommation des ménages. Les prix sont également partis à la baisse.

En janvier, la Chine avait diminué sa consommation de 8% par rapport à janvier 2019 et de -16% en février.

Aux USA, la baisse de la consommation est de 10%, mais les prix sont partis à la hausse. Il faudra attendre l’étendue de la pandémie pour voir son impact sur la production d’électricité.

En Suisse, la demande en électricité a chuté de 10 à 30%, selon les régions.

 

Aviation

En temps normal, la consommation de kérosène représente 7 millions de barils/jour. Avec la suppression des vols, la chute de la demande a dépassé les 50%.

Comme pour le pétrole brut, les places pour stocker ce carburant pose problème surtout que sa durée de vie est limitée à quelques mois et que son entreposage est explosif.

 

Coucher de soleil, le 31 mars.
Vous remarquerez qu’il n’y a aucune trace d’avion dans le ciel

 

Automobile

Janvier 2020 fut un très mauvais mois. Seules 6,2 millions de voitures ont été vendues dans le monde au plus bas depuis les 5,9 millions de janvier 2012 .

Pratiquement tous les constructeurs automobiles ont arrêté leurs productions et certains se sont reconvertis en producteur de ventilateurs pour l’aide à la respiration.

La seule bonne nouvelle, qui pointe à l’horizon, est que les chiffres de février, mars et avril devraient être publiés respectivement en mars, avril et mai.

 

Climat

L’Organisation Mondiale de la Météo montre que tous les indicateurs du changement climatique sont dans le rouge : la température dans les terres et des océans, les quantités de gaz à effet de serre, le niveau des mers, etc.

Les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent à une vitesse 6 fois supérieures à 1990.

 

Blah, Blah, Blah. Vidéo Greenpeace

 

Les pays qui ont fait l’actualité durant ce mois

USA: pétrole de Schiste

La Russie a décidé de s’attaquer au pétrole de schiste américain et a refusé d’accepter les nouveaux quotas de l’OPEP. De leur côté, les producteurs de schiste US n’ont jamais levé le petit doigt pour participer au maintien des cours. A force de jouer, les passagers clandestins, il faut bien s’attendre à se faire débarque un jour où l’autre. Et bien, ce jour semble être arrivé. Quels seront les dégâts?

Durant les 10 dernières années, les 34 plus grandes entreprises de pétrole de schiste américain ont perdu 189 milliards $. En 2019, les pertes se sont montées à 2,1 milliards $ selon le rapport de l’Energy Economics and Financial Analysis. Pour la bonne bouche, la Banque Nationale Suisse a investi dans la totalité de ces 34 entreprises.

L’entreprise de service Halliburton a mis en congé 3’500 employés à Houston. Elle est obligée de diminuer ses coûts suite à la chute des cours du baril et pense que les deux tiers des forages vont fermer d’ici à la fin de l’année. Les employés licenciés vont bénéficier du double effet kiss-kool. Ils perdent leur emploi et l’assurance maladie qui va avec. Vivre sans assurance maladie en ce moment aux USA, c’est compliqué.

Les banques, J.P. Morgan (65 milliards $), Citi (52 milliards), Bank of America (48 milliards) Wells Fargo (45 milliards) avaient revêtu leurs uniformes de pom-pom girls du schiste américain avec des implications financières énormes. Avec la chute des cours, l’ambiance doit être festive dans leurs conf calls.

Chesapeake Energy Corp, qui était un pionnier dans le schiste américain, pourrait faire faillite avec une ardoise de 9 milliards $. L’entreprise est également connue des basketteurs, puisque le Thunder d’Oklahoma joue dans la Chesapeake Arena. Son action a dévissé de 50% en 3 semaines (celle de Chesapeake par du Thunder).

Le 8 avril 2019, Occidental Petroleum annonçait l’acquisition de son concurrent Anadarko pour la modique somme de 55 milliards $. A l’étonnement général, Occidental venait de battre l’offre de la major Chevron en personne. Selon Vicki Hollub, Anadarko était un coup sûr et “représentait l’avenir du pétrole de schiste aux USA“. Cette acquisition permettait à Occidental de devenir l’un des plus grands pétroliers aux USA.
Aujourd’hui cet achat est nominé dans la catégorie : «pire achat du siècle dans l’industrie pétrolière.» Occidental a perdu plus de 84% de sa valeur (68$ en avril 2019 et 11$ fin mars 2020). La promesse de sa directrice, Vicki Hollub, d’offrir de généreux dividendes s’est transformée en “so sorry“. La dette d’Occidental se monte à 37 milliards $.

Le milliardaire pétrolier, Harold Hamm via sa compagnie Hamm, veut porter plainte via le Département du Commerce Américain contre l’Arabie Saoudite pour avoir «illégalement» déversé du pétrole brut sur les marchés.

Le Financial Times estime que 110 milliards $ de dettes de schiste sont entrés dans une zone de danger sur les 936 milliards $ d’actions émis par les compagnies gazières et pétrolières.

 

 

Russie

Moscou a refusé de s’aligner sur la volonté de l’OPEP afin de diminuer les extractions pétrolières. Le Kremlin pense que le moment est idéal pour terrasser le pétrole de schiste américain (lire : Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$). Visiblement, la réalité a dû dépasser les attentes.

Vladimir Poutine a annoncé « une semaine de congé » afin de garder les personnes à la maison. Est-ce que la pandémie fera plier Moscou dans son combat pétrolier ?

Le budget du pays nécessite 12,7 milliards $ par mois. Le ratio PIB/dette de la Russie est l’un des plus faible au monde. La marge de manœuvre est donc encore grande, mais tout peut changer rapidement.

Moscou annonce avoir eu des discussions avec Washington sur la production pétrolière.

 

Arabie Saoudite

Afin de riposter contre la Russie, Riyad affiche une volonté de livrer sur les marchés 12,3 millions de barils de pétrole par jour et plus de 13 millions dès avril. On notera le mot “livrer” et non pas “extraire”. Il est hautement improbable que l’Arabie soit capable d’extraire autant de pétrole. Ainsi, le pays va devoir plonger dans ses réserves pour vivre son engagement.

Dans ses communiqués de presse, Riyad annonce des rabais de 6-8$ le baril afin de prendre des parts de marchés à la Russie notamment en Europe. En pratique, l’Europe regorge de pétrole à l’instant.

Le gouvernement a abattu un missile au-dessus de Riyad. L’attaque proviendrait des Houthis du Yémen.

Pour l’exercice 2019, le bénéfice de Saudi Aramco a chuté de 21% pour se solder à 88,2 milliards $. En comparaison, le bénéfice de 2018 se montait à 111,1 milliards $ après avoir versé plus de 100 milliards $ au budget de l’Etat.

En décembre dernier, l’achat d’actions de Saudi Aramco avait été annoncé comme le coup financier du siècle. Avec un peu de recul, le cours du géant pétrolier est passé sous le prix de vente de 35$ à 29$.

Le budget de l’Etat a été revisité avec une coupe de -5% soit 13,3 milliards $ avec un déficit évalué à 61 milliards $.

Saudi Aramco a reçu le feu vert pour exploiter le gisement de gaz de schiste de Jafurah. Ce gaz pourrait fournir une alternative au pétrole afin de produire l’électricité pour les climatisations durant les mois chauds de l’année. En fait avec le réchauffement climatique, presque tous les mois deviennent chauds au Moyen-Orient.

 

 

 

Europe

La Commission Européenne a développé une nouvelle stratégie industrielle afin d’effectuer une transition vers la neutralité carbone : Clean Hydrogen Alliance.  L’hydrogène va devenir vital pour les secteurs lourds comme l’aviation, les transports et l’industrie.

Alors que les grands constructeurs automobiles regardaient avec un sourire la capacité de Tesla à brûler du cash, la Model 3 est devenue l’une des voitures les plus vendues en Europe devant la Golf de WV et la Clio de Renault avec plus de 77’000 ventes par mois en décembre 2019. L’Américain a augmenté sa part de marché de 13% à 64% du marché dans les voitures électriques.

 

Angleterre

L’aéroport de Heathrow n’aura pas sa troisième piste suite à une décision de justice de la Cour d’Appel. Le gouvernement n’a pas pris en compte ses engagements climatiques qui sont légalement contraignant à souligné la Cour.

Le gouvernement veut introduire son propre marché carbone sur son territoire d’ici à janvier 2021, même si le pays restera dans la EU Emissions Trading System jusqu’à la fin de l’année.

 

Suisse

Les stations d’essence ont répercuté la première baisse des cours mais ont totalement “oublié” de refléter les cours d’un baril sous les 30$. Le litre d’essence est environ 10 centimes trop cher par rapport aux cours du marché. Il devrait se trouver dans une fourchette de 1,30 à 1,38 ct lt pour l’essence au lieu des 1,44 actuels.

La compagnie aérienne allemande «Swiss» subit son deuxième grounding. Son directeur implore une aide financière à la Confédération Suisse pour survivre.

Cette demande pose le thème de la dissertation de ce mois: Est-il essentiel pour un pays d’avoir sa propre compagnie aérienne nationale ?
Vous devez également couvrir la question: Si des fonds publics sont déversés dans Lufthansa afin de soutenir Swiss, serviront ils à subventionner les billets afin que les tarifs soient moins chers qu’une pizza?  Si oui, la Confédération devra-t-elle donc également racheter toutes les pizzerias pour que leurs prix soient moins cher que les billets d’avions ?  Vous avez droit à une page max !

Au 1 janvier 2020, la Banque Nationale Suisse détenait pour 6,7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines dans le domaine des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon et nucléaire. La BNS détient également des actions dans des banques américaines fortement impliquées dans le schiste et qui sont actuellement en difficultés financières.

 

France

La construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville va encore prendre du retard. Cette fois, c’est la pandémie qui en est la cause.

Tous les réacteurs nucléaires français sont en fonction sauf les deux unités en maintenance de Flamanville.

La consommation d’électricité a baissé en moyenne de 15%.

 

Hollande

Au milieu de la pandémie, Royal Dutch Shell a réussi à sécuriser un nouveau crédit de 12 milliards $ ce qui pousse ses liquidités à plus de 40 milliards $.

Shell a également annoncé une baisse de ses investissements à 20 milliards $ pour 2020 (-5 milliards) et va mettre sur pause son programme de rachat d’actions afin de garder des liquidités et surtout de garantir la distribution de ses dividendes à ses actionnaires.

Pour rappel, le business des entreprises pétrolières n’est pas d’extraire du pétrole. Leur rôle est de distribuer des dividendes afin de continuer à percevoir de l’argent d’actionnaires qui permet de faire tourner les pompes.

 

Cee Roo: Le top des chansons No 1. Quelle énergie!

 

Asie

La chaîne de l’Himalaya procure de l’eau pour 1,3 milliards de personnes dans 8 pays. Alors que ces pays devraient collaborer pour diminuer l’impact du réchauffement climatique, c’est le contraire. Des tensions grimpent entre le Pakistan, l’Inde et la Chine.

 

Chine

Pékin est en train de retourner la crise sanitaire mondiale en une opportunité géopolitique et une diplomatie de la santé. Elle permet également de consolider l’amitié entre les différents pays qui ont rejoint la route de la soie.

La croissance du PIB chinois pourrait atteindre 8% dès la reprise selon Exford Economics contre 6% l’année dernière.

Avec 31’000 ventes de voitures neuves durant le mois de février, elles ont chuté de 79,1% par rapport à février 2019.

En 2019, la Chine a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 2,6% malgré une diminution de l’utilisation du charbon. L’augmentation du pétrole et du gaz ont compensé cette baisse. La Chine a émis 13,92 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

 

Inde

Avec un avertissement de 4 heures, le premier ministre Nerendra Modi a ordonné à ses 1,3 milliards de concitoyens de rester à la maison pour une période de 3 semaines.

Cette décision va également peser sur la demande de pétrole ainsi que d’électricité.

 

Japon

Après avoir investi 30 milliards dans les Jeux Olympiques de Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe s’est résigné à les reporter d’une année. A la sauce Trump, il a d’abord tout fait pour minimiser l’impact de la pandémie, mais le pays a été rattrapé par la réalité.

Ce report va impacter TEPCO, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. Par manque de place mais surtout pour freiner les coûts exorbitants de la gestion de cette catastrophe, TEPCO et le gouvernement avaient prévu de déverser des millions de litres d’eau contaminée dans le Pacifique dès la fin des Jeux Olympiques.

La question est de savoir s’il sera possible de reporter d’une année cette dilution dans les eaux territoriales. Dans le cas contraire, se pose une question : est-ce que des athlètes rayonnants sont plus à même à battre des records ?

Le Japon planche sur l’utilisation de l’éolien en mer et de l’hydraulique pour produire 24% de son électricité d’ici à 2030 (contre 16% actuellement). L’hydro représente actuellement 9,2% d’électricité. Le projet d’une ferme de 33 éoliennes pour 894 millions $ dans les ports d’Akita et Noshiro pourrait être opérationnel d’ici à 2022.

 

 

Les Amériques

USA

Le secteur pétrolier américain a été secoué par la chute des cours. Au lieu d’atteindre une production de 13 millions b/j, les Etats-Unis pourraient retourner sous les 10 millions d’ici à la fin de cette année.

Avant la réunion du G20, Mike Pompeo a demandé au prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie Saoudite de limiter sa production pétrolière. L’administration Trump a également fait du pied à Vladimir Poutine. Cependant, même sans la décision des deux pays de libérer leurs productions, la chute du baril aurait été inévitable.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. La position du Président Trump face à la pandémie est en parfaite adéquation avec le bonhomme : ne pas écouter les scientifiques et se fier à ses intuitions. Cela rappelle furieusement sa position sur le réchauffement climatique. Comme l’a souligné Hillary Clinton dans un Tweet : “Trump avait promis : l’Amérique en premier.”

L’industrie solaire a ajouté 5’600 emplois en 2019 +2,3% alors qu’elle avait perdu 8’000 emplois en 2018. Entre 2010 et 2018, le solaire avait créé 150’000 emplois.

Plus de 80 tankers pétroliers entre 1 et 2 millions de barils sont parqués proche des côtes du Texas afin de stocker le surplus de pétrole. Alors que les capacités de stockage diminuent, certains producteurs ont été contraints à brader leur pétrole à 8$ le baril.

Le département de l’environnement (EPA) va suspendre ses contrôles aux motifs que les entreprises et les compagnies pétrolières et gazières auraient de la peine à se conformer aux règles durant la pandémie, selon son directeur Andrew Wheeler.

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans.

Le chercheur Michael Zarnstorff du Max Planck-Princeton Research Center aurait réalisé une percée dans l’utilisation de la fusion nucléaire grâce à l’utilisation d’aimants permanents. Cette étude doit être validée par d’autres chercheurs mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

L’entreprise NuScale Power a investi plus de 900 millions $ dans le développement de petits réacteurs nucléaires “Small Modular Reactor” (SMR). L’entreprise travaille sur un prototype de 700 MW qui pourrait voir le jour dans deux ans en Idaho, USA.
Le design devrait être approuvé d’ici à la fin de l’année. L’objectif de l’entreprise est de commercialiser ses unités pour 3 milliards $ avec une durée de construction de 3,5 ans. NuScale ne garantit pas l’accès à l’uranium. Pour le même prix, la Russie, la Corée du Sud et la Chine proposent des centrales de 1’000 MW avec un accès au combustible nucléaire.

Une première dans l’agenda du président américain. Durant le mois de mars, Donald Trump ne semble pas avoir participé à une partie de golf.

 

Canada

Le gouvernement étudie une aide financière de 10,4 milliards $ afin de supporter l’industrie pétrolière et gazière.

Le prix du pétrole canadien est descendu sous les 10$ le baril à 9,38 ! Afin d’écouler leur pétrole, les producteurs canadiens offrent un rabais de 13$ le baril par rapport aux cours américain du West Texas Intermediate (WTI) qui est le pendant du Brent de la Mer du Nord.

La mine de Cigar Lake, Saskatchewan, qui produit le 13% de l’uranium mondial pour les centrales nucléaires, est à l’arrêt suite à la pandémie. Alors que 442 réacteurs nucléaires sont activités dans le monde, il n’existe que 6 mines dans le monde. Les mines de Namibie sont également à l’arrêt et l’Arabie Saoudite de l’uranium, le Kazakhstan, pense également à fermer les siennes. Le prix de l’uranium est monté de 24$ à 27$ la livre. A travers le monde, l’énergie nucléaire ne produit que le 10% d’électricité.

 

Venezuela

Le gouvernement plie, plie, plie mais rompra-t-il ?

Avec la surproduction pétrolière actuelle, les acheteurs n’ont aucun intérêt prendre des risques en achetant ce pétrole d’autant que les USA appliquent des mesures d’embargo très fortes.

La production a diminué à 464’000 b/j.

Une pénurie touche les importations d’essences. Le gouvernement est en train de fermer les stations, et laisse le précieux liquide pour les soins médicaux, l’armée, les transports de nourriture et utilitaires.

L’administration Trump porte des charges de narco trafiquants contre le président Maduro avec une récompense de 15 millions $ pour celui qui conduira à son arrestation.

 

Guyana – Guyane Britanique

ExxonMobil a débuté l’extraction pétrolière dans le pays. Cependant, le géant américain se trouve au milieu d’une crise politique enclenchée lors des élections du 2 mars.

Les citoyens remettent en question l’accord de la multinationale et pensent que les revenus ne sont pas équitablement répartis. Le contraire eut été étonnant.

 

Mexique

Les responsables de la compagnie pétrolière nationale Pemex pensent que le crash pétrolier n’aura pas d’influence sur le budget de l’Etat, malgré la chute record des obligations de la société.

Le ministre du budget, Arturo Herrera, a déclaré qu’une garantie de 1,37 milliards $ couvrait complètement le revenu pétrolier national de 2020.

Un pays qui se prend un krach pétrolier avec une pandémie et qui n’a même pas mal ! Très fort même si les mois à venir devrait pouvoir confirmer cet enthousiasme.

 

Moyen-Orient

Iran – Irak

Alors que les USA et l’Iran sont ravagés par la pandémie, ils trouvent encore le moyen de faire les zozos du côté militaire avec des missiles et roquettes expédiées de part des d’autres sur le territoire irakien. Le score est à 3 soldats américains tués contre 6 irakiens/iraniens. Le président irakien, Salih, a condamné les attaques américaines sur son territoire.

A cause de la pandémie, Petronas, la compagnie pétrolière malaisienne, a évacué ses 80 employés dans le champ pétrolier de Gharraff.

Le gouvernement paie les compagnies pétrolières internationales qui exploitent le pétrole irakien. Elles sont défrayées de leurs frais fixes et reçoivent un montant par baril. Avec un baril à 25$, le gouvernement n’arrive pas à couvrir les coûts. A la signature des contrats, personne n’avait imaginé que nous allions revenir à des niveaux pareils. Osons imaginer que sans les revenus du pétrole, la corruption diminuera dans le pays.

Une nouvelle fois, les USA ont accordé un passe-droit de 30 jours à l’Irak afin de commander du gaz et de l’électricité à l’Iran. Dans le sud pétrolier du pays, il est impossible de se passer d’électricité et les capacités de production irakiennes sont insuffisantes.

 

Emirats Arabes Unis

La plus importante compagnie aérienne de long-courriers, Emirates, a cloué au sol 155 Airbus et demande une ligne de crédit afin d’assurer son existence.

 

 

Afrique

Libye

La National Oil Corporation s’inquiète de ne plus avoir assez d’argent pour importer de l’essence et du diesel pour les besoins de ses citoyens.

Sous la pression du général Khalifa Haftar, qui bloque les ports du pays, la production pétrolière a chuté à 97’000 b/j alors qu’elle dépassait les 1,2 millions il y a quelques mois encore.

 

Nigeria

Le pétrole représente 96% des exportations du pays et 75% des revenus du budget. La situation actuelle est délicate alors que le pays n’est pas atteint par la pandémie. Le président a exigé le confinement de la population.

Le plus grand producteur de pétrole africain voit un parc de 50 tankers pétroliers encré sur les côtes car ils n’ont pas trouvé d’acheteur.

 

 

 

Phrases du mois

Phrases du mois
Le monde a connu un burn-out collectif. Il était impossible d’accélérer encore le rythme que nous avions atteint. Les incendies en Australie ou Ebola en Afrique ne nous ont touchés que marginalement. Mais maintenant nous avons quelque chose qui concerne toute l’humanité, et c’est là que nous remarquons ce qui compte vraiment : les amis, la famille et le respect les uns pour les autres.” Joachim Löw, coach équipe Allemagne football.

Nous pensons que les États-Unis ne devraient plus jamais être à la merci de fournisseurs énergétiques étrangers. Nous nous engageons non seulement à l’indépendance énergétique, mais à la domination énergétique américaine. Et le chemin vers cet avenir commence ici, dans le pays du pétrole de schiste, avec vous tous.”  President Donald Trump, Pittsburgh

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.” Mark Twain

Les gouvernements élaborent des plans de relance dans le but de contrer les dommages économiques causés par le coronavirus. Ces plans offrent une excellente occasion de garantir que la tâche essentielle de la construction d’un avenir énergétique sûr et durable ne se perde pas dans le tourbillon des priorités immédiates.” Fatih Birol. Agence Internationale Energie

“[The Democrats said] ‘We want green energy, let’s stop drilling oil’ — they had things in there that were terrible. Windmills all over the place and all sorts of credits for windmills — they kill the birds and ruin the real estate. A lot of problems.” Donald Trump

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour voir la Revue complète: 2000Watts.org

 

 

 

Le Pétrole : cette bombe à retardement

Il y a trois semaines, sous l’impulsion du corona, de l’Arabie Saoudite et de la Russie, le pétrole a perdu 50% de sa valeur. Bien préparés et histoire de tenir le choc, ces deux pays avaient largement alimenté en pétrodollars leurs fonds souverains.

A contrario, les Etats-Unis n’ont rien vu venir et leur préparation à cette éventualité n’a d’égale qu’un discours de Donald Trump sans prompteur.


 

Le Dilemme Américain

Sans surprise, les pétroliers de schiste américains ont été touchés de plein fouet. En moins de deux semaines, une grande partie a déjà annoncé des coupures de budgets, des licenciements et lancé des procédures de faillites. Pour extraire un baril de schiste, un baril à 52$ est nécessaire. Les 25$ actuels n’offrent que les yeux pour pleurer.

Désireux de protéger sa doctrine «de dominance énergétique», le président Trump fait face à un dilemme. Comment maintenir les prix de l’énergie le plus bas possible afin de faire repartir son Economie, tout en gardant en vie les producteurs pétroliers qui ont besoin de cours élevés?

Durant l’année 2019, incapable de générer des revenus suffisants, 42 entreprises pétrolières américaines s’étaient mises sous la protection des faillites. L’année 2020 s’annonçait sous des auspices compliqués. Les pronostics ont largement dépassé les attentes.

Depuis deux semaines, tous les voyants du schiste ont tourné au rouge vif !

Cependant, grâce au coronavirus, Washington pourrait avoir trouvé une parade. Via les injections de la Banque Fédérale Américaine dans l’économie, les dettes des pétroliers pourraient être, en partie, effacées. Il n’aura fallu que quelques heures à Exxon et Chevron pour annoncer des mesures parfaitement calées sur le règlement proposé par la FED.

Il reste encore aux deux chambres à donner l’autorisation de livrer les valises de dollars gratuits.

 

Capacité de stockage en milliards de barils
Source: Rystad Energy

 

Le stockage : Un autre nuage plane sur le pétrole

A cause de la spectaculaire baisse de la demande, il est urgent de trouver des places de stockage. A contrario d’une ampoule, un forage pétrolier ne peut pas s’éteindre et s’allumer d’un clic, sous peine de ne pas repartir ou d’influencer tout le gisement. Seul le pétrole de schiste offre un délai “on/off” raisonnable.

Pour les prochaines semaines, la surproduction devrait être comprise dans une fourchette de 8 à 25 millions de barils par jour !

La problématique n’est pas triviale et fait le bonheur des propriétaires de tankers pétroliers qui ont rapidement revu leurs tarifs à la hausse.

Selon Rystad Energy, les capacités de stockage mondiales sont utilisées à 76% et elles pourraient être remplies assez rapidement. Là aussi, le président Trump joue avec finesse. Il a proposé de racheter, à un prix d’amis, 77 millions de barils de schiste américains afin de remplir la réserve nationale. Ce coup de pouce aura une durée de vie limitée.

Les pétroliers canadiens vendent déjà leur baril avec un rabais de 13$, soit en-dessous de 10$ l’unité. Lors de la crise de 2014, certains producteurs de schiste avaient payé 50 centimes le baril pour s’en débarrasser ! Vous avez bien lu : payer, pas vendre !

Dans le même état d’esprit, les producteurs ont financièrement intérêt à brûler le gaz sur le lieux d’extraction au lieu de le transporter et de le vendre.

En toute logique, si l’Arabie Saoudite et la Russie continuent sur leurs lancées et si le coronavirus déjoue les intuitions du président Trump, les cours vont tendre vers le bas le temps de la pandémie. Ensuite si l’Economie repart, sans une partie des 9,3 millions de barils de schiste US, les cours devraient remonter comme un bouchon de liège.

 

3….2…..1….

Le pétrole devient de plus en plus une bombe à retardement.

Les variations extrêmes de son prix, son impact sur les économies, les enjeux de pouvoir et de domination entre pays ainsi que le dérèglement climatique n’ont jamais été aussi dangereux, visibles et palpables. Tous ces comportements compulsifs doivent nous pousser à nous en éloigner le plus rapidement possible.

Alors que les pays producteurs vont déverser des centaines de milliards $ afin de garder en vie leur pétrole et maintenir une dépendance addictive, les pays importateurs doivent utiliser leurs plans de stimulations économiques afin de s’en éloigner et d’accroître leur indépendance énergétique en produisant localement les énergies dont ils ont besoin.

Cette stratégie permettra également de relancer les emplois, d’accompagner les entreprises locales et de faire bénéficier et circuler cet argent dans l’Economie du pays au lieu de l’exporter.

Gare aux pays atteints du syndrome de Stockholm, la tentation de retourner dans les bras du pétrole est rassurante, mais explosive.

 

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