Des drones paralysent le Pétrole d’Arabie Saoudite

Les Houthis du Yémen ont revendiqué l’attaque de 2 sites pétroliers stratégiques en Arabie Saoudite. Il semble qu’une dizaine de drones auraient touché la plus grande station de pétrole brut capable de gérer plus de 7 millions barils par jour (b/j) à Abqaiq ainsi que le champ pétrolier de Khurais à 750 km de la capitale Riyad. Ces petits engins ont réussi à paralyser la moitié de la production pétrolière du pays.

Au-delà d’imaginer qui est le responsable et quelle sera l’influence sur les cours du baril, il est intéressant de s’attarder sur l’impact de cette attaque au sein du Royaume.


 

Etrangement, cet incident est intervenu une semaine après l’annonce du Prince hériter, Mohamed bin Salman de nommer son demi-frère, le Prince Abdulaziz bin Salman, Ministre de l’Energie, afin de remplacer l’ancien ministre, le puissant Khalid al-Falih. L’objectif est la mise en vente les 10% des actions de la major pétrolière nationale Saudi Aramco d’ici à 2020 et de garder dans les mains familiales le processus.

L’opération devrait rapporter plus de 10 milliards $ au pays et aider au financement de la transition d’après-pétrole de l’Arabie.

Il va sans dire que cette poignée de drones va refroidir l’enthousiasme des investisseurs. Même si la major a engrangé plus de 110 milliards $ de bénéfices en 2018, l’opération n’est pas anodine et la prime de risque devra être payée par Riyad.

 

Les attaquent deviennent chirurgicales

Au-delà de toute spéculation sur les auteurs Houthis, l’Iran, ou une autre organisation, (l’histoire montre que l’évident n’est souvent pas la bonne piste), on constate que les attaques de drones augmentent en précision, que les cibles choisies sont de plus en plus stratégiques et les dégâts financiers augmentent. D’une forteresse, l’Arabie Saoudite s’est transformée en château de sable, menacé par des engins qui ne coutent qu’une dizaine de milliers de $.

Ainsi le 14 mai, une attaque de drones, dans la région de Riyad, avait touché deux stations de pompage d’un oléoduc. Le 17 août, dix drones avaient provoqué un incendie dans le champ de Shaybah.

Les drones utilisés, de type UAV-X iranien, ont l’avantage de passer entre les mailles des boucliers anti-missiles américains Patriot. Leur portée, de plusieurs centaines de km à 1’500 km, devient une menace sérieuse sur tout le territoire. Sans capacité GPS, les drones utilisent probablement une latitude et une longitude spécifiques pour toucher leurs cibles et ne peuvent pas être contrôlés une fois hors de portée radio.

Là où un missile serait intercepté, le drone passe allègement entre les mailles. Actuellement, seul le système de défense antiaérienne russe Pantsir S-1 se préoccuperait de ce genre d’engins.

 

Saudi Aramco est le moteur de l’Economie de l’Arabie Saoudite

L’attaque de ce weekend dévoile la faiblesse du système pétrolier saoudien. En centralisant les processus et en mettant la moitié de ses oeufs dans le même panier, la centrale d’Abqaid se relève comme le tendon d’Achile de Riyad.

Si la quantité permet de réduire les coûts, sa taille a le potentiel de paralyser le pays. Ainsi avec quelques drones, la moitié de la capacité de production du pays est à terre. Les réparations pourraient durer de quelques jours à plusieurs semaines et les réserves devraient suffire à combler ce vide. Cependant, il n’est pas illusoire de penser, que d’autres drones pourraient infliger des dégâts encore plus sérieux.

A n’en pas douter, ces drones vont être une monnaie d’échange utilisée par les Houthis, l’Iran ou une autre organisation. Dans les mois qui viennent, une inflexion devrait se produire dans la guerre au Yémen ou dans la position des américains face à Téhéran. Reste à connaître l’avis de Donald Trump, lui qui vient justement de se séparer de son va-t-en-guerre John Bolton.

Ces attaques montrent également la fragilité de l’équilibre géopolitique au Moyen-Orien. Avec l’embargo américain, l’Iran devait ressortir affaibli et le grand perdant des pays producteurs de pétrole au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, Riyad et Téhéran se retrouvent à nouveau sur la même ligne de départ, alors qu’en Occident, nous faisons le plein de nos voitures avec la même insouciance.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Angleterre: Gros tremblement de terre causé par les forages de schiste
– Groenland: Donald Trump propose de racheter l’île
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Russie: Un nouveau moteur nucléaire de missile explose: 5 morts
– Australie: Une campagne de 4 millions $ pour vanter les mérites du charbon
– Russie: Akademik Lomonosov: la première centrale nucléaire flottante
– Allemagne: La croissance de l’éolien est en chute libre. 40 milliards pour quitter le charbon.
– Floride: L’ouragan Dorian fonce sur la résidence du président Trump.


 

Quel mois! Entre les facéties du président Trump, l’écran de fumée du G7, un président brésilien sans filtre, l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire, comment voulez-vous que le Pétrole trouve une place dans ce monde. Du coup, il boude et passe sous la barre des 60$, pour être précis à 59,09$ à Londres (fin juin 66,60$). A New York, il s’est caché à l’étage 55,09$ (59,36$ fin juin).

 

Graphique du Mois
L’extraction de pétrole conventionnel n’a pas augmenté depuis 2005.
Toute la croissance est due aux forages en eau profonde, les sables bitumineux et le schiste
Source: EIA
Finalement, il y a moins de pétrole et nous n’avons pas plus d’idées.

 

Charbon

Les 20 pays les plus riches du monde du G20, allouent 64 milliards $ de subsides pour l’extraction ou l’utilisation du charbon.

 

 

Les pays phares du Mois

Russie

Une explosion dans une base de lancement de missiles a fait 5 morts. Un test d’un nouveau moteur à propulsion nucléaire serait à l’origine de cet accident, qui a fait augmenter les niveaux radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane. Si la Russie avait d’abord annoncé la panne mystérieuse des stations de mesures radioactives, l’agence nationale Rosguidromet a finalement confirmé que les niveaux ont été multipliés par 16 dans les environs de Nyonoksa.

 

 5 morts dans l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire

 

Pour la première fois en 10 mois, les exportations de charbon russe vers l’Europe sont en diminution (-4,3% alors que le prix a chuté de 41,7% durant les 12 derniers mois.

Igor Sechin, CEO de Rosneft, le plus grand producteur pétrolier russe, ainsi que le propriétaire de pipelines Transneft, Nikolai Tokarev, se chamaillent publiquement sur l’épisode de pétrole contaminé transporté depuis le Druzhba. Plusieurs dizaines de millions de barils de pétrole ne peuvent être traités par les raffineries européennes.  Le suspect pourrait être l’entreprise PKN Orlen, de Roman Ruzhechko, qui s’occupe également de transporter de pétrole par pipeline. Ce dernier aurait demandé l’asile politique à la Lituanie.

Après 10 années de construction, Rosatom annonce la réalisation de sa première centrale nucléaire flottante : l’Akademik Lomonosov. Des remorqueurs vont tracter cette barge pour un voyage de 5’000 km dans la région reculée de Chukotka, Sibérie ou les mineurs d’or et de cuivre vont bénéficier de cette énergie. L’Akademik produira également de l’électricité pour les barges pétrolières. Rosatom assure que la sécurité est totale et la centrale insubmersible. Il n’y a que les mauvaises langues qui peuvent se demander ce qui pourrait mal se passer avec une centrale nucléaires sur l’eau.

La centrale flottante est équipée de deux petits réacteurs nucléaires de 35 mégawatt KTL-40 S et compte 340 employés dont 80 permanents. Après la série Chernobyl, HBO pourrait avoir trouvé une suite.

 

 La Centrale nucléaire Akademik Lomonosov

 

Iran

Gibraltar a libéré le tanker pétrolier iranien malgré les demandes des USA. Le navire était suspecté de contenir du pétrole à destination de la Syrie. En représailles, l’Iran a également saisi deux tankers anglais.

L’Iran a annoncé avoir dépassé les limites d’enrichissement nucléaire imposées par l’accord dénoncé par les USA. Une rencontre extraordinaire s’est déroulée à Vienne avec les autres signataires: la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Chine, la Russie. Aucune fumée blanche n’est actuellement sortie de la cheminée.

Durant le G7 et avec une mise en scène soignée, le président Macron a proposé de mettre les USA et l’Iran autours de la même table. L’idée est de permettre à l’Iran de pouvoir augmenter ses exportations pétrolières et d’entrer des devises pour ensuite débuter les nouvelles négociations avec Trump.

Washington a essayé de monter une coalition afin d’assurer le passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, à part pour l’Angleterre et Israël, la demande est restée lettre morte.

Après la sécheresse de 2018, les inondations du printemps ont démultiplié la production de céréales dans les régions touchées. L’Irak, qui a subi le même sort, a également vu des niveaux de productions supérieurs.

 

Groenland

Dans un remake du film “Proposition Indécente“, Donald Trump a proposé d’acheter le Groenland au Danemark. Stratégiquement placée et grâce à la fonte des glaciers qui la recouvrent, l’île contiendrait de grandes quantités de terres rares, de pétrole, de gaz et d’uranium. Accessoirement, elle compte également des humains.

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a évidemment balayé cette option même si elle bouscule la relation du Danemark avec les habitants de l’île.

Dans la foulée, Donald Trump a annulé sa visite prévue au Danemark début septembre.

La nécessité d’obtenir des matières premières cruciales à l’Economie et à l’industrie Militaire vont de plus en plus attiser les convoitises de certains états (Chine, Russie, Inde) et les grandes multinationales.

Une semaine après cette demande, le pays a chargé un bateau en direction du Canada avec 42’000 tonnes d’ilménite pour la production de titane.

La réaction du Président Américain, d’annuler sa visite, soulève la question: “2019 : est-ce la bonne année pour que les adultes se comportent comme des enfants et les enfants comme des adultes ?”

 

Dessin Chappatte

 

Dans le reste du Monde

Les Amériques

Schiste Américain

Les pétroliers de schiste sont en train de réduire les coûts financiers avec l’ambition de générer des profits de plus en plus demandés par les investisseurs. Schlumberger et Halliburton procèdent à des licenciements et se délestent des outils d’extractions inutilisés.

Le nombre de derricks en fonction a diminué de 11% cette année selon Baker Hughes.

Selon Kayrros, l’utilisation d’eau et de sable dans le Bassin Permien est 23% plus élevée que selon les estimations soit 47,5 milliards de litres d’eau et 4,14 milliards de kg de sable supplémentaires. L’agence prétend que 1’100 forages n’ont pas été annoncés par les pétroliers et dénombre 6’394 forages au lieu de 5’272. Si cette information est confirmée, cela signifie que la production moyenne par forage, dans le plus grand bassin de schiste américain, est plus basse qu’annoncée.

Pour connaître l’état du schiste américain, il est intéressant de se pencher sur des acteurs en amont comme Caterpillar. Au deuxième trimestre 2019, le constructeur de machines de chantier a vu une baisse de 11% de ses revenus dans le pétrole et le gaz et une baisse de la demande d’équipement dans le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste aux USA. L’américain parle d’une décélération de la croissance dans ce gisement.

 

USA

La production pétrolière américaine a reculé à 11,3 millions b/j soit une baisse de 1 million de b/j et au plus bas depuis octobre 2018. Les prix bas du baril et la pression des investisseurs qui rechignent à continuer à couvrir les pertes financières influencent ce mouvement.

L’administration Trump propose d’abolir la réglementation Obama sur les émissions de méthane lors de l’extraction de gaz et de pétrole de schiste. Au niveau mondial, entre 30 et 60% de la hausse des émissions de méthane provient du gaz de schiste des USA. Les économies réalisées par les producteurs sont estimées à 19 millions $/an pour des fuites de 370’000 tonnes de méthane/an.

BP, Shell et ExxonMobil se sont opposés à ce changement car il crée un dégât d’image important sur le gaz et il pourrait attirer l’attention des gouvernements étrangers pour limiter les importations de gaz américain. Le méthane, 27 fois plus virulent que le CO2, relègue le gaz naturel comme la pire énergie fossile pour le climat et cela même en comparaison avec le charbon.

Puisque l’on parle de charbon, Washington propose d’éliminer les seuils de pollution des centrales à charbon afin de garantir des prix bas de l’électricité.

L’armée américaine étudie l’utilisation d’hydrogène pour la propulsion de ses chars d’assauts ainsi que la création de mini génératrices afin de recharger les batteries des soldats. La création d’hydrogène se ferait à base de nouveaux matériaux. Cette impulsion pourrait ouvrir des portes notamment dans la production d’électricité pour les maisons individuelles.

Le géant américain General Electric, qui avait racheté le français énergétique Alstom grâce au président Macron, serait en très grande difficulté financière. Selon Harry Markopolos, GE est devenu une plus grande fraude que le géant énergétique Enron. Il affirme que le secteur des assurances et du pétrole ont creusé une dette de plus de 38 milliards $. Selon-lui, l’entreprise est en faillite et aurait besoin dans l’immédiat de 18,5 milliards de dollars de cash. Est-ce une opportunité afin de racheter Alstom? Il faudra certainement attendre quelques mois pour vérifier les dire de ce gérant de fonds.

Washington a mis sur sa liste noire, la China General Nuclear Power Group (CGN) et trois de ses sociétés filles. L’objectif est de ne pas livrer des technologies américaines qui pourraient être utilisées à des fins militaires. CGN fait partie du consortium AREVA-EDF qui construit les deux centrales nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Greta Thunberg a traversé l’Atlantique en bateau et a débuté sa tournée aux USA. A l’image de Donald Trump, elle a le mérite de faire ce qu’elle dit et nous remet devant nos propres incohérences.

L’ouragan Dorian a atteint la catégorie 4 sur 5 et se dirige sur la Floride et Mar-a-Lago où se trouve la demeure et le terrain de golf de Donald Trump. Il est cocasse qu’un ouragan se dirige sur la propriété d’un président qui nie le réchauffement climatique.

Le 2 août, les USA ont mis un terme au traité avec la Russie sur les missiles nucléaires de moyenne portée. Si un nouvel accord devait se négocier, il n’est pas impossible que les USA demandent l’inclusion de la Chine. En effet, Pékin, n’étant pas soumis au traité USA-Russie, a développé un arsenal impressionnant de ces missiles nucléaires à courtes et moyennes portées.

 

La Nouvelle campagne de pub du candidat Joe Biden

 

Venezuela

Chevron, la dernière major pétrolière américaine active sur le sol vénézuélien, a reçu la permission par l’administration Trump de rester 3 mois de plus dans le pays.

Washington a intérêt à garder un acteur pétrolier américain sur l’échiquier surtout que si le président Maduro venait à laisser sa place, son successeur devra pouvoir compter sur le pétrole pour alimenter financièrement le pays. En cas d’écroulement total de la manne pétrolière, le pays pourra difficilement s’en remettre car la quasi-totalité du budget provient de l’or noir.

De plus, ce passe-droit permet à Chevron de garder la main mise sur ses milliards $ d’investissements réalisés dans le pays.

 

Brésil

Les incendies de forêt de l’Amazonie obscurcissent la ville de Sao Paulo située des milliers de km de là. Malgré cet effet de bord, ces incendies vont nous permettre d’importer des minerais pour la réalisation de nos prochains smartphones ainsi que de plus grandes quantités de soja afin de satisfaire tant les régimes végans que l’élevage d’animaux.

La liste complète des matières premières se trouvent dans les accords avec le Mercosur que l’Europe et la Suisse sont sur le point d’avaliser. Il est intéressant de noter que certains se battent pour sauvegarder l’environnement et d’autres pour 0,1% d’augmentation du PIB.

 

 La ville de Sao Paulo engluée dans les nuages des incendies de l’Amazonie

 

Europe

France

D’ici à 2020, Total va vendre pour 5 milliards $ d’actifs afin de générer des dividendes pour ses actionnaires. Les actifs se trouvent dans l’exploration et la production. Les bas prix du baril et du gaz  (-36% en Europe et 26% en Asie) complètent le tableau.

Total a également acheté les activités africaines du pétrolier américain Anadarko pour 8 milliards $. La majors va investir 14 milliards $ et les dividendes grimperont de 10% durant la période 2018-2020. L’objectif est de fidéliser les investisseurs car il va falloir de plus en plus de cash pour extraire le pétrole et le gaz.

La SNCF a commandé 15 trains à hydrogène à Alstom. La firme française a déjà livré ce type de train à l’Allemagne. En quelques années Tarbes est devenue la capitale mondiale du train à hydrogène.

Les tarifs du gaz vont baisser de 1% alors que les prix sur les marchés ont diminué de 36%. Pour enfoncer le clou, on relèvera que les marges financières des vendeurs de gaz comme Engie ou EDF sont de 700 à 1’00%. (le particulier achète son gaz entre 7 et 10 fois le prix sur les marchés).

La construction du premier Plasma de fusion nucléaire pourrait se réaliser dans 6 ans dans le sud de la France, selon l’International Thermonuclear Experimental Reactor. Cette expérience est financée par une coalition de pays.

L’arrêté anti-pesticides prit par le maire de Langouët, au nord de Rennes a été suspendu. Le Maire voulait interdire l’utilisation des pesticides à 150 m. des habitations. Le gouvernement Macron l’a conduit devant un tribunal pour le faire plier. Le succès est total, le Maire a plié.

Paradoxalement sur les produits bio, les super et hyper marchés imposent une marge 75% plus importante sur leur marge brut que sur les produits traités aux pesticides selon Que Choisir. Cela signifie que sans cette marge, les produits bio sont financièrement concurrentiels.

Voiture électrique ou thermique : on sait enfin qui pollue le plus.  L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie française publie une étude sur cette thématique.

 

Suisse

La Suisse pourrait éventuellement entériner une taxe de 25 à 110 Euros pour les vols en avion. Immédiatement, la compagnie aérienne Swiss, filiale de Lufthansa, a brandi la traditionnelle arme de l’emploi. «Avec cette taxe, l’industrie de l’aviation perdra plus de 3’000 postes,» sur les 67’000 occupés en Suisse.

Parallèlement, Swiss a été attrapée la main dans le sac pour proposer des billets jusqu’à deux fois plus cher que sur le site Lufthansa.com pour les mêmes vols avec les mêmes avions de Swiss! Dans ces cas, la compagnie n’a pas commenté «les milliers d’emplois perdus» et pourquoi elle surtaxe ses prix pour les citoyens suisses.

Des mesures d’économie ont entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire argovienne de Leibstadt. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a ouvert une enquête après des erreurs commises par le personnel. La réduction des effectifs depuis 2015 est «la cause principale des problèmes rencontrés à la centrale». Des facteurs humains et organisationnels ont joué «un rôle majeur» dans les incidents selon l’IFSN. L’opérateur va encore diminuer son personnel jusqu’en 2022 et passer de 500 à 470 unités.

Le producteur d’électricité Alpiq a généré un bénéfice de 118 millions € avant amortissements et impôts. Son endettement a diminué à 190 millions €.

 

Portugal

Les chauffeurs de camions citernes portugais ont opéré une grève du transport de carburants durant les vacances d’août. Elle aura duré une semaine.

Le gouvernement a réussi à gérer cette action en informant à l’avance les automobilistes et en réquisitionnant certains véhicules. Une prochaine grève est prévue une semaine avant les élections de septembre.

 

Allemagne

La croissance de l’éolien Allemand est en chute libre. Depuis janvier, 290 MW de nouvelles capacités ont été installées contre 2’800 durant 2018 et 5’000 en 2017. Le pays a de la peine à étendre sa production éolienne sur les terres alors que le Gouvernement propose le retrait du charbon en 2038. D’ici à 2030, les renouvelables devraient représenter 65% de la production électrique contre 47% aujourd’hui.

Berlin va allouer 40 milliards € sur 20 ans pour les régions qui vont fermer leurs centrales à charbon.

L’Economie allemande pourrait entrer en récession dès le mois de septembre selon la banque centrale nationale. Après un recul de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, le troisième risque d’être également sous le zéro.

L’Allemagne mise plus de 400 millions € annuellement pour développer son réseau de livraison d’hydrogène pour les véhicules. Avec le mix énergétique Allemand, la production d’hydrogène pour la mobilité est actuellement plus polluante que les voitures thermiques. Cependant, avec la fermeture annoncée des centrales à charbon, tant les voitures électriques qu’à hydrogène inverseront cette tendance.

 

Angleterre

L’Angleterre a subi son plus grand black-out électrique depuis plus de 10 ans. Plus d’un million de foyers ont été touchés. Deux générateurs ont créé la panne dont un touché par la foudre.

Le gouvernement pourrait «considérer» la révision des limites admissibles pour les tremblements de terre résultant des forages de schiste. Bien que ces limites reflètent un accord conclus entre les entreprises et le gouvernement, le gazier Cuadrilla exige de passer de 0,5 à 1 sur l’échelle de Richter.

Cette demande intervient suite à l’arrivée d’Andrea Leadsom comme ministre de l’industrie et de l’énergie. Le personnage est un fervent promoteur du fracking. Cette technique creuse de profonds forages et injecte de l’eau, du sable et des produits chimiques afin de fracturer les roches et d’extraire gaz ou pétrole.

Quelques jours après l’annonce, une secousse de 2,9 sur l’échelle de Richter a secoué un forage de Cuadrilla suivie quelques jours plus tard par des répliques de 2,1 et 1,55 dans la région de Blackpool dans le Lancashire.

 

Implosion des tours de la centrale à charbon de Dictot, Angleterre.
Suite à l’explosion, un pylône électrique disjoncte et prive 40’000 foyers d’électricité

 

Asie

Chine

Donald Trump a augmenté les taxes douanières sur certains produits et Pékin a répondu en dévaluant sa monnaie. A ce stade de cette partie de ping-pong, le premier qui fléchit perd un point.

Il ne fait aucun doute que cette bataille, entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, va déterminer le leadership Economique mondial. Pour l’instant les USA tiennent la première position, mais Pékin se sent de taille à lui ravir ce siège.

Avec légitimité, Trump demande toujours à Xi Jinping de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde notamment sur la propriété intellectuelle, l’accès au marché chinois et l’influence de la monnaie nationale.

La Chine a fortement diminué ses importations de pétrole américain. De 510’000 b/j en juin 2018, le niveau a atteint 62’000 b/j en avril 2019.

En août, la monnaie chinoise a perdu 3,7% contre le dollar américain soit la plus grande baisse en 25 ans. Cette opération permet à Pékin de diminuer l’impact des taxes américaines.

Washington a sanctionné l’entreprise chinoise Zhuhai Zhenrong Co, pour avoir violé les restrictions américaines sur les exportations de pétrole iranien. Comme Zhuhai n’utilise pas le dollar comme monnaie n’influence pas son business.

 

Inde

Le gouvernement penche sur le projet de réaliser une giga-factory, de 4 milliards $, dans la fabrication de batteries pour les voitures électriques. Il faudra que New Delhi obtienne le feu vert de la Chine qui monopolise les composants et les matières premières pour les batteries.

L’Inde a importé un niveau record de 425’000 b/j au Venezuela durant le mois de juin, soit le double des mois précédents.

 

Australie

L’industrie du charbon menée par Coal21 va mener une campagne de 4 millions $ pour que les australiens se sentent fier de leur charbon. La campagne TV, réseaux sociaux ciblera les hommes et femmes de 18 à 39 ans afin de leur présenter un charbon propre pour l’environnement notamment avec la séquestration du CO2. «C’est une campagne de public relation très sophistiquée. L’industrie se bat pour son existence et ils font tout ce qu’ils peuvent pour survivre.» selon Brynn O’Brien de l’Australian Centre for Corporate Responsibility.

De l’autre côté, Peter Coates, du charbonnier Grencore rajoute que par rapport au changement climatique «notre industrie s’est autorisée elle-même à apparaître trop souvent comme le méchant. Nous avons laissé la place à des célébrités scientifiques et des activistes radicaux dont le projet n’est pas de trouver des solutions mais de diviser et de détruire. »

Shell va investir dans le gaz pour produire de l’électricité. La major espère un retour de 8 à 12%.

 

La production pétrolière américaine entre en déclin. A confirmer dans les mois à venir

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le mois d’août a été plutôt calme. Pas de tanker endommagé dans le détroit d’Ormuz ou de raffinerie attaquée par un drone.

Plus de 1,5 million de barils de pétrole/jour a été consommée pour la production d’air climatisé. Sans pétrole, le pays devient invivable.

Malgré le maintient des quotas de l’OPEP, les prix du baril continuent à baisser. Alors que le budget de l’Arabie Saoudite repose à plus de 90% sur le pétrole, la situation actuelle complique les ambitions du Prince Mahammed bin Salman.

L’IPO de Saudi Aramco avance et c’est Goldman Sachs qui pourrait s’en charger. Le Prince Bin Salman espère lever plus de 10 milliards $. La démarche pourrait se faire en deux temps. Tout d’abord une partie pourrait être réalisée sur le marché Saoudien et la deuxième partie à Tokyo. Donald Trump n’a pas encore envoyé de Tweet pour exiger l’utilisation d’une bourse américaine. Ca devrait venir.

 

 

Afrique

Nigeria

Selon le ministre des transports, le pays perd 25 milliards $ annuellement à cause des vols sur les installations pétrolières et de l’insécurité.

Phrases du mois

«Je pense que l’Economie Américaine est assez forte pour éviter une récession. Mais les probabilités ont augmenté and elles sont au-delà de ma zone de confort.» Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis, FED.

«Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction. Ce ne sont pas de simples eux, c’est l’œuvre du capitalisme. » Le Grand Conseil coutumier.

«Nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360’000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyanne, en Amazonie française.» Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindiens.

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Retrouvez la Revue complète sur PicEnergie.org ou 2000Watts.org.

 

Pour connaître le prix du baril : lisez Trump

Si par le passé, pour connaître l’évolution des prix du baril de pétrole il fallait analyser une multitude de facteurs, aujourd’hui, il suffit de se connecter à Twitter et de se brancher sur le compte de Donald Trump.

La semaine dernière, après des échanges de courtoisie entre Pékin et Washington sur les tarifs douaniers, le baril a trouvé refuge sous la barre des 60$. On l’a repéré à 58,80 Londres et à 54,17$ New York, et cela malgré les problèmes pétroliers en Iran, en Libye, au Nigeria, au Venezuela et l’enrayement possible de la production de schiste aux USA.


 

En avril dernier, le baril se traitait à 75$. Avec les sanctions américaines contre l’Iran et le Venezuela et le maintien des quotas de l’OPEP, il n’était pas vain de penser de le retrouver au-dessus des 80$ voir 90$.

Plusieurs indicateurs poussaient les réflexions dans cette direction. L’OPEP et la Russie avaient prolongé leur réduction de production jusqu’en mars 2020. Cette décision fut prise alors que les budgets de tous membres du cartel dépendent des rentrées en pétrodollars. Une poussée à la hausse était espérée alors que l’Iran et le Venezuela se débattaient avec les sanctions américaines.

 

Une logique «logique» semble avoir déserté le pétrole.

Malgré un niveau de production mondial suffisant, les USA continuent d’augmenter l’extraction de leur pétrole de schiste alors que l’opération n’est financièrement pas rentable.

Dans ce domaine, le génie américain réside dans cette capacité à internationaliser et financer les pertes par les fonds financiers et d’investissements étrangers. Avec plus de 100 milliards $ de dettes à long terme et un inventaire de 192 entreprises qui ont déjà fait faillites depuis 2014, une certaine dose de témérité est exigée pour y confier son épargne. Durant le deuxième trimestre, sur les 29 plus grandes entreprises de schiste, 11 seulement ont réussi à couvrir leurs charges.

De manière mystérieuse, la main invisible de l’Economie continue de déverser des flots d’argent dans ce trou sans fond.

On peut se demander quels sont les processus et les forces qui détournent les flux financiers vers un pétrole non rentable alors que parallèlement les énergies renouvelables génèrent des retours intéressants. En 2018, pour la première fois durant les 10 dernières années, les investissements dans les énergies renouvelables mondiales ont diminué.

 

Un oeil sur Twitter

Il n’y a encore que quelques années, les métriques pétrolières se basaient sur des fondamentaux réels comme la production pétrolière, l’arrivée de nouveaux gisements ou les tensions géopolitiques.

Aujourd’hui, tant les traders de la génération Twitter que les algorithmes des robots informatiques montrent une certaine incapacité à prendre du recul face aux pulsions du maître de la Maison Blanche. Dès l’arrivée d’un signal du compte @RealDonaldTump, le pétrole grimpe ou recul dans les minutes qui suivent.

On peut également pointer du doigt la haute finance internationale, dont le shadow banking, qui n’a aucun intérêt à voir évoluer la situation de rente dans laquelle elle prospère, et qui alimente inlassablement les énergies fossiles.

De son côté, le message de Trump est clair. Pour prétendre à un nouveau mandat, il compte sur le coup de pouce de prix bas de l’énergie dont le pétrole est une composant crucial. Il n’hésite pas à attaquer l’OPEP quand les prix grimpent et menace les pays producteurs de taxes.

Il sera très intéressant de voir l’évolution de ces comportements et des mécanismes de décisions quand Donald Trump ne sera plus à son poste. D’ici là, Twitter reste notre meilleur ami.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Monde: Les investissements dans les énergies renouvelables à la baisse
– Iran: L’Angleterre s’invite dans le bac à sable. 1-1 au niveau des tankers pétroliers
– France: Entre de Rugy, les centrales nucléaires et la sécheresse. Sacré mois!
– Suisse: A la traine dans le développement durable
– Chine: 11 nouvelles centrales à charbon en service dans les mois à venir
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Inde: Le pays va continuer à importer les diesels aux moteurs truqués
– Russie: Le pétrole frelaté russe plombe les exportations.


Un baril à 70$ pourrait être le juste prix tant pour l’Economie mondiale que pour les producteurs. Avec la décision de l’OPEP de maintenir  ses quotas et les tensions avec l’Iran et la pagaille dans le détroit d’Ormuz, on aurait pu imaginer une fluctuation à la hausse.

Que nenni! Certainement à cause de la chaleur, le baril a fait une sieste durant tout le mois.

 

Graphique du Mois
Evolution de la Production de pétrole de schiste: Bassin Permien, Texas


Augmentation et évolution de la production journalière 2013-2019 en milliers de barils
Le Bassin Permien est le plus grand gisement de schiste aux USA

 

Pétrole

La consommation pétrolière mondiale atteint le niveau record de 101 millions b/j. (+1,1 million b/j par rapport à 2018).

Pour les 9 mois à venir, l’IEA pense que les extractions pétrolières vont largement couvrir la demande. Les USA devraient extraire 2 millions de barils de plus pendant que la demande augmentera sous l’impulsion de la Chine, des USA et de l’Inde.

L’optimisme de l’Agence International de l’Energie est-elle justifiée ? Elle sera vérifiée d’ici à l’été prochain.

 

OPEP

Le cartel ainsi que la Russie (OPEP+) ont décidé de maintenir les quotas réduits actuels au moins jusqu’en mars 2020.

Un baril à 70$ pourrait contenter tant les producteurs que les consommateurs, mais la situation explosive entre les USA et l’Iran est à surveiller de très près.

L’OPEP pourrait encore diminuer ses extractions à 28 millions b/j (29,83 en juin) pour s’adapter au 2 millions b/j supplémentaires mis sur les marchés par le schiste US.

 

Planète

Juin 2019 aura été le mois le plus chaud depuis le relevé des mesures notamment avec des poussées de fièvre en Europe, Inde, Amérique du Nord ont fait exploser les records.

Nonobstant, le réchauffement climatique n’est pas encore assez virulent pour que des décisions solides soient prises par les gouvernements. Quand atteindrons-nous le seuil de douleur “de chaleur” qui enclenchera une réaction? Les hausses brutales nous approchent de plus en plus de cette réponse.

Entre janvier et juin 2019, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 117,6 milliards $ dans le monde selon Bloomberg NEF. Par rapport à 2018, la baisse est de -14%, au plus bas depuis 2013.

Le mercure a dépassé les 32 degrés en Alaska alors que la température moyenne est normalement de 18,3 degrés. Du côté du pôle nord, dans la bien nommée ville d’Alert à 900 km du pôle, le mercure a atteint 21 degrés Celsius établissant un record absolu. En temps normal, la température moyenne est de 3,4 degrés avec des pointes à 6,1 degrés.

Les majors pétrolières européennes parlent de plus en plus publiquement de la relation entre les émissions de carbones du pétrole/gaz et le réchauffement climatique. Cependant, les indicateurs de la consommation d’énergie fossile restent à la forte hausse.

 

Economie

Les débats sur le réchauffement climatique et la croissance économique s’intensifient. Pour l’instant l’Economie et les grandes multinationales gardent le contrôle. Bruxelles propose de signer les traités du Mercosur avec l’Amérique Latine et le CETA avec le Canada. Il y a un certain paradoxe à promouvoir des échanges intercontinentaux tout en voulant maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et en promouvant la consommation locale.

De son côté, Donald Trump campe sur la thématique de l’immigration pour remporter son deuxième mandat.

 

 Les forces spéciales iraniennes saisissent le tanker pétrolier Stena Impero dans le Détroit d’Ormuz

 

Les pays du mois

Iran

L’ambiance entre Washington et Téhéran est toujours aussi guillerette. Les deux blocs s’affrontent à coups de buzz, de bluff, de tweets et de drones. L’Angleterre s’est également invité dans ce bac à sable car plus on est de fous, plus on rit.

A Gibraltar, Londres a saisi un tanker pétrolier iranien pour marquer le premier but: 1-0. L’égalisation à 1 partout est arrivée quelques jours plus tard avec la saisie un tanker anglais dans le détroit d’Ormuz. On peut soupçonner Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la course contre Boris Johnson, de s’être lancé dans cette aventure iranienne pour augmenter son temps de passage sur les chaînes de TV et marquer une stature internationale. Pas de bol, il a perdu. Le nouveau premier ministre, Boris Johnson changera-t-il la donne?

Les sanctions américaines pèsent sur l’Economie iranienne. De là à dire qu’elles pourraient reconduire les deux pays autours d’une table, il y a encore un pas. Du côté des chiffres, l’inflation a grimpé à 37,6% en juin (26,9 en mars) avec un taux de chômage de 12,1% selon la National Council of Resistance of Iran.

La prime d’assurance pour faire naviguer un tanker via le détroit d’Ormuz a été multipliée par 10.

La production pétrolière du pays est descendue à 2,22 millions b/j soit 1 million de moins qu’en 2018. Téhéran a décidé de ne plus donner ses statistiques pétrolières à l’OPEP.

Pour enfoncer le clou, Washington fait le forcing afin de réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes même si la Chine continue d’importer entre 150 et 200’000 b/j via son entreprise Zhuhai Zhenrong. Washington a donc décidé de faire pression sur Zhuhai et de lui couper l’accès au dollar américain et aux échanges de monnaies. La Chine a immédiatement annoncé qu’elle allait résister “aux attaques des USA basées sur un règlement américain.” En réalité, Zhuhai Zhenrong, n’utilisant pas le dollar, pourra continuer son commerce avec l’Iran.

Pour avancer les pions dans cette partie d’échec, l’Iran a décidé de dépasser les limites imposées dans l’accord sur le nucléaire. Dans ce contexte, le silence de l’Europe est assourdissant. Stratégiquement et géopolitiquement, le vieux continent est dépassé par la Russie, la Chine et les USA.

Au Brésil, 2 bateaux iraniens sont bloqués. Petrobras, le géant pétrolier national, refuse de livrer du carburant, eu égard aux sanctions américaines. Les deux bateaux apportaient des fertilisants et devaient repartir avec des céréales.

 

France

Le géant pétrolier Total devrait payer 30 fois plus d’impôts. En 2017, Total a déboursé seulement 31 millions $ d’impôts selon Attac.

Le gouvernement Macron a frappé très fort. Il va instaurer une taxe dissuasive de € 1,5 (un euro cinquante) sur les billets d’avion à destination de l’Europe et de € 3 sur les longues distances. Si la PDG d’AirFrance crie à l’infamie, dans les deux cas, on a de la peine à ne pas hurler de rire.

Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie, demande un rapport sur la construction du premier EPR sur le sol français. La centrale nucléaire initiée en 2007, devait être mise en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards €. Aujourd’hui, les prévisions estiment une ouverture en 2022 pour une facture de 12 milliards €. Quoi qu’il arrive, le prix du kWh produit sera très largement supérieur aux tarifs en vigueur. La question est de savoir s’il ne vaut pas mieux immédiatement tirer la prise d’autant que la filière nucléaire française commerciale est dépassée par les russes et les chinois.

Le mardi 23 juillet aura été marqué par un alignement de planètes. Alors qu’une nouvelle vague de chaleur plombe la France, Greta Thunberg fut invitée à l’Assemblée Nationale, les élus votèrent pour l’acceptation du traité de libre-échange CETA avec le Canada. Schizophrénique le grand écart.  Lire la tribune de Nicolas Hulot sur le CETA.

Suites aux enquêtes de Mediapart.fr, le ministre de l’Energie et de la Transition Ecologique François de Rugy a démissionné. Celui qui aura confondu «servir» et «se servir» tire un maigre bilan de ses 10 mois de présence. Il a été remplacé par Elysabeth Borne, qui porte le doux surnom de «Burnout», relatif à ses talents pour pousser dans la dépression ses collaborateurs. Marier «burnout» et «durabilité» semble antinomique, mais laissons-nous surprendre.

Emmanuel Macron a accordé la Légion d’honneur à Corinne de Bilbao, directrice générale de General Electric France de 2016 à 2019. Une nomination qui n’est pas anodine quand on connaît les conditions de la vente d’Alstom à General Electric, que le Président Macron a acté. Cette année, le groupe américain a supprimé 1’000 emplois sur son site de Belfort alors qu’Emmanuel Macron annonçait, à l’époque, la création de 1’000 emplois.

Près de 6,5 millions de Français boivent de l’eau contaminée au tritium. Cette substance radioactive est rejetée par les centrales nucléaires et se retrouve dans les nappes phréatiques.

 

Chine

Le Gouvernement chinois a fixé son PIB à 6,2% au deuxième trimestre. Les dernières éditions publiées par Pékin flirtaient entre 6, et 6,5%. Avec la taille actuelle, il est évident que l’Economie Chinoise ne peut plus continuer à doubler son volume tous les 10 ans.

La Chine va inaugurer 6 nouvelles centrales à charbon et 5 l’année prochaine pour un total de 11 gigawatts GW. China Energy, qui produit 175 GW d’électricité, va remplacer ses petites centrales à charbon très polluantes par des grandes centrales polluantes.

Entre 2005 et 2014, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 53,5%.

Les ventes de voitures ont diminué de 14% depuis janvier. La première baisse depuis 30 ans. La diminution des subsides et la confiance des consommateurs sont passées par là.

La Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz liquide (LNG) devant la Corée du Sud et derrière le Japon.

Pékin a lancé son Nasdaq pour rivaliser avec Wall Street. “Star Market” sera à disposition des entreprises high tech chinoises et de Pékin pour contrer la Silicon Valey. Pour son premier jour de trading les actions des 25 compagnies de l’index ont gagné 140% !

Une explosion dans une usine à gaz a été reportée à Yima dans la province du Henan. La Chine est coutumière de ces accidents. En l’occurrence, 15 morts et 15 blessés sont dénombrés.

 

Les premières images de l’explosion d’une usine de gazéification en Chine

 

Les Amériques

USA

Les Etats-Unis et la Chine continuent leur longue ballade le long de la rivière «guerre commerciale.» Trump a brandi une nouvelle vague de taxes sur 325 milliards $ de produits. A ce tarif, il va bientôt arriver à court de produits.

La ville de New York a subi deux pannes d’électricité consécutives. La première a touché 73’000 personnes pendant un peu plus de 4 heures dans le centre de Manhattan. L’incident serait passé inaperçu si il ne s’était déroulé dans le centre touristique de Times Square, Broadway et le Madison Square Garden où se produisait Jennifer Lopez. A travers tous les USA, l’infrastructure électrique vieillissante a de la peine à supporter les nouvelles charges.

La deuxième panne s’est déroulée après un weekend particulière chaud où les installations électriques, notamment la climatisation, ont poussé les capacités au-delà des limites.

Le républicain Donald Trump se positionne de manière magistrale dans la course à sa réélection et les sondages lui donnent raison. Il surfe sur une vague créée par quatre jeunes élues démocrates d’extrême gauche qui rivalisent d’idées pour pousser les électeurs à voter pour le camp adverse. Cet épisode n’est pas sans rappeler la campagne de 2012. A l’époque, le parti Républicain fut bousculé par l’extrême droite du Tea Party de l’inoubliable Sarah Palin. Cette incursion avait offert la victoire à Barak Obama. (Lire Thomas Friedman dans le New York Times, en anglais)

Le fond d’investissement Vanguard propose dans ses brochures des investissements sans pétrole, charbon, gaz qui nuisent à l’environnement. (presque un copier/coller de la brochure de la Banque Nationale Suisse). En fait, le fond s’est fait attraper la main dans le sac avec des actions pétrolières comme dans Schlumberger ou Marathon Petroleum.

Aux USA, 68’800 chargeurs électriques rapides sont à disposition dont 10’860 en recharge super rapide.

 

Schiste USA

En comparaison mois/mois, avril 2019 la production pétrolière a augmenté de 1,6 million b/j. Pour les mois d’Août 2017/2018, l’augmentation était de 2,1 millions b/j. (graphique ci-dessous)

Deux facteurs peuvent expliquer ce tassement :
A) le niveau total d’extractions tend à toucher un plateau
B) les investisseurs exigent des bénéfices. Pour l’instant, plus personne n’ose s’aventurer à prévoir un déclin du schiste américain ou mondial d’autant que la Russie ne s’est pas encore dirigée sur ce terrain.

Pour les USA, le schiste est porté par le Bassin Permien. Dans cette région, les petits producteurs pétroliers peinent à atteindre un retour sur investissement alors que les investisseurs serrent les cordons de la bourse. Les majors comme Chevron ou Exxon semblent seules à pouvoir relever le défi sans toutefois être capable d’atteindre un seuil de rentabilité.

 


Croissance de l’extraction pétrolière américaine d’une année à l’autre

 

Venezuela

L’extraction pétrolière s’est stabilisée vers les 700’000 b/j alors qu’elle atteignait le double l’année dernière selon S&P Global Platts.

Washington a bien resserré ses sanctions, mais préfère garder un socle de production au lieu de l’étouffer totalement. Ainsi certaines entreprises américaines comme Chevron, Weatherford, Schlumberger ou Baker Hughes bénéficient d’un passe-droit. Les objectifs sont de garder l’industrie à flot et de maintenir une présence américaine au cas où le nouveau gouvernement de Juan Guiado prendrait le relais.

Les nouvelles coupures d’électricité du début juillet ont paralysé les opérations des raffineries d’Amuay (635’000 b/j) et de Cardon (305’000 b/j). Les deux raffineries représentent le 70% des capacités du pays.

Le Président officiel Nicolas Maduro et le Président élu par Donald Trump, Juan Guaido tentent de trouver une solution à la crise politique actuelle. Les pénuries d’essence, d’électricité, de médicaments, d’entrées de devises ainsi que du blocus imposés par les Etats-unis pèsent sur la population. Arrivant comme la grêle après les vendanges, l’Europe propose d’augmenter ses sanctions contre le président Maduro.

 

Argentine

Les raffineries ont augmenté leur productivité à 78,3% grâce aux livraisons de pétrole de schiste de la Vaca Muerta dans la région du Neuquen (Mendoza). La production pétrolière est passée de 485 à 505’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 


Dessin Chappatte pour le Canard Enchainé

 

Europe

Russie

Les exportations pétrolières russes n’ont jamais été aussi basses depuis 3 ans. Les problèmes de la contamination du pipeline Druzhba de Transneft ne sont toujours pas réglés.

Débutée en avril, cette contamination bloque les transports pétroliers en direction de l’Europe. Le pétrole frelaté abîme les installations de raffinage.

Les deux géants Rosneft et Transneft se renvoient la balle. Transneft transporte le 83% du pétrole Russe à travers son réseau et Rosneft produit le 40% du pétrole Russe. Il n’est pas illusoire de penser que les deux directeurs ne vont pas partir en vacances ensemble.

De son côté, Lukoil le no 2 Russe, évite ce problème en expédiant son pétrole par tankers.

La centrale nucléaire de Kalinine, à 300 km de Moscou, a dû arrêter 3 réacteurs après une panne d’électricité. Un court-circuit dans l’un des transformateurs a déconnecté les réacteurs 1, 2 et 4 selon Rosenergoatom. Le réacteur 4 a été remis en service alors que les deux premiers restaient à l’arrêt jusqu’à la découverte des causes de l’incident.

 

Allemagne

Le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, aimerait interdire les billets d’avion inférieurs à 10€. Son intention ne se base pas sur des considérations climatiques, mais les compagnies à bas prix lui font trop de concurrence. Les nombres de vols de Lufthansa continuent d’augmenter. Le CEO ne perçoit pas d’effet Greta Thunberg et une diminution de la demande.

La production éolienne de la Mer du Nord, entre janvier et juin, a totalisé 9,51 térawatts/heure (TWh) soit +16% par rapport à 2018.

VW voudrait acheter pour 50 milliards € de batteries pour ses futures voitures électriques. Nothvolt, Suède, SKI, LG Chem et Samsung SDI, Corée du Sud et le chinois CATL sont pressentis.

 

Hollande

Le fond Sarrasin & Partners a vendu 20% de ses 1,3 millions d’actions dans le géant pétrolier Shell. Le 80% restant est en attente (40 millions $). Le fond pense que Shell ne respecte pas les objectifs de Paris.

Shell va investir 30 milliards $ pour l’exploitation et l’exploration pétrolière et gazière. La capitalisation boursière de Shell se monte à 300 milliards $.

Shell est déçue de la décision de Sarrasin mais souligne que sa stratégie a reçu de très forts supports d’une grande partie de ses investisseurs.

 

Suisse

Quand on pense à la Suisse, la perception imagine un pays à la pointe de l’efficience énergétique et du développement durable. Cependant la phrase de Greta Thunberg raisonne particulièrement bien pour l’Helvétie: “je crois que le plus grand danger n’est pas notre inaction. Le vrai danger est quand les entreprises et les politiciens font croire que des actions sont menées alors que rien n’est fait.

Ainsi, les rejets de CO2 liés aux carburants ne baissent pas et stagnent à 3,3% au-dessus de leur niveau de 1990. Mazout de chauffage, gaz et carburants restent en force alors que du côté du solaire et de l’éolien la Suisse pointe à la 25ème place sur 28 en Europe selon la Swiss Energy Foundation.

Au niveau mondial, la Suisse est le pays qui empêche plus que tout autre le développement durable dans le monde. Selon cette analyse de 160 pays, la Suisse est celui qui vit le plus sur le dos des autres selon la fondation allemande Bertelsmann.

Pour la 3ème année consécutive, les émissions de CO2 des voitures neuves grimpent. En Suisse, le prestige d’une 4×4 ou d’une puissante cylindrée prime sur le climat. En 2018, la moyenne des émissions des nouvelles voitures a atteint 13,78 kg de CO2 pour 100 km. L’objectif de 9,5 kg pour l’année prochaine ne sera pas respecté.

Pour se faire, la Confédération a pris des mesures drastiques face aux importateurs. En moyenne, ils ont dû payer une amende de 0,2% de leur chiffre d’affaires pour une facture totale de 30 millions. Il n’y a aucun doute à avoir: une taxe de Frs 80.—pour une voiture à 40’000, dissuade l’effet dissuasif. On peut même se demander qui a eu le courage politique de proposer un montant aussi ridicule?

Deux cents citoyens, défenseurs du climat, ont bloqué les entrées des banques Crédit Suisse à Zurich et UBS à Bâle. Ils ont demandé à ces deux grandes banques l’arrêt du financement de centrales à charbon, du pétrole et du gaz. La place financière Suisse (UBS, Crédit Suisse, Banque Nationale Suisse) sont des investisseurs de poids dans les énergies fossiles. 83 personnes ont été arrêtées et détenues jusqu’à 48h ! Cerise sur le gâteau, elles ont toutes été forcées, même les mineurs, de donner leur ADN alors que la législation l’interdit.
Twitter : @climategames_ch

Un collectif d’avocats, dont deux anciens bâtonniers vont défendre les activistes qui ont participé à l’Action Roger Federer qui pointait du doigt les investissements du Crédit Suisse.
Qui mérite réellement d’être condamné ? Des jeunes qui défendent leur planète ou une banque qui contribue à la détruire ?” demande Maitre Irène Wettstein

Les 10 pays qui empêchent le plus le développement durable dans le monde

 

 

Asie

Inde

L’américain Westinghouse continue ses discussions avec l’Inde pour l’installation de 6 centrales nucléaires.

L’électricité est à 75% générée par le charbon. La demande pourrait doubler dans la prochaine décennie et l’utilisation d’énergies renouvelables comme le solaire doivent encore faire un bout du chemin. Par contre, le charbon restera de loin la matière première la plus utilisée.

Le gouvernement ne va pas interdire les voitures à diesel car les besoins en carburants ne cessent d’augmenter dans le pays. Aucun mot n’a été mentionné sur la qualité de l’air. L’Inde est l’un des pays de destination des voitures diesels dont les moteurs ont été truqués et interdits en Europe où aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Les quotas de l’OPEP autoriseraient une extraction de 10,31 millions b/j mais Riyad reste sous les 10 millions. Durant les mois chauds d’été, le pays consomme une énorme partie de son pétrole pour se refroidir. Seuls 7 millions b/j ont été exportés.

Saudi Aramco, le géant pétrolier national, va investir 18 milliards $ pour ses gisements de Berri et Marjan avec l’objectif d’extraire quotidiennement 550’000 b/j de pétrole et 70 millions m3 de gaz soit 250 millions de kg de CO2 par jour. La capacité pétrolière maximale d’Aramco semble toucher 12 millions b/j.

Le Prince MbS Mohammed bin Salman veut débuter l’IPO de 5% d’Aramco d’ici à 2020 avec une levée de fonds de 10 milliards $.

 

Irak

En juillet, les exportations se stabilisent à 3,42 millions b/j et une production de 4,6. Bagdad espère pouvoir élever sa production à plus de 6 millions de barils par jour d’ici à une année et 9 millions à la fin 2023. Le gouvernement l’a fait savoir aux entreprises pétrolières étrangères sous peine de revisiter les accords.

La question de savoir si ces ambitions sont réalisables trouvera sa réponse dans les années à venir.

Le pays se soucie de l’ouverture du Détroit d’Hormuz ou transite la quasi-totalité de son pétrole. Comme les pétrodollars représentent 89% des revenus du pays, on peut comprendre ce pincement au cœur.

Dans le sud du pays, à Bassora, les températures flirtent avec l’invivable d’autant que les pénuries d’électricité n’arrangent rien. L’Irak ne peut plus importer de l’Iran l’électricité ou le gaz nécessaires à rendre la région vivable.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Les revenus pétroliers sont à la baisse à 10,2 milliards $ entre janvier et juin (-11,2%). Le pétrole représente le 92,8% du budget du pays.

Des missiles américains vendus à la France ont été cédés aux troupes du Général Haftar, l’homme fort du pays. Paris arme en cachette, en violation de l’embargo des Nations Unies, les troupes rebelles.

 

 

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

L’accord du Mercosur « Cet accord est complètement antinomique avec nos ambitions affichées et, surtout, avec la réalité de ce qu’il faut faire. Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques. L’amplifier ne fait qu’aggraver la situation. » Nicolas Hulot sur l’accord du Mercosur (Europe-Amérique Latine).

«Nous passons un accord avec M. Bolsonaro du Brésil. Faire parcourir des milliers de km à un morceau de bœuf pour qu’il soit consommé dans un pays qui en produit, n’est-ce pas franchement stupide?» Christian Bourdin, BFMTV question posée à Sylvette Ndiaye, porte-parole du gouvernement français.

«Le Président Trump se soucie de l’environnement. Les États-Unis livrent leurs produits partout dans le monde, qu’il s’agisse de gaz naturel liquéfié, de technologies renouvelables, d’énergie nucléaire. Ils sont utilisés dans le monde entier. Nous déplaçons littéralement des tonnes et des tonnes de gaz polluants et d’émissions de CO2 de charbon en Europe et nous les remplaçons par du gaz naturel propre.» Rick Perry, Directeur du départment de l’environnement US.

Pensée: La révolution est-elle possible? Qu’est-ce que la révolution pour les consommateurs puisque nous en sommes tous devenus? Nous ne sommes plus des citoyens, mais des consommateurs. Les consommateurs peuvent-ils se rebeller? Créer du changement social? Les consommateurs sont-ils des victimes, des prisonniers des entités qui leur fabriquent des choses ?

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

Qui se cache derrière les attaques des tankers pétroliers?

Dans le Golf d’Oman à l’entrée du Détroit d’Hormuz, un tanker pétrolier japonais et un Norvégien ont été touchés par de probables mines. L’endroit est stratégique et voit passer le tiers du transport maritime pétrolier mondial en direction de l’Europe et de l’Asie.

Le 12 mai, il y a un mois, presque jour pour jour, le même procédé, et vraisemblablement le même type de mine, avait légèrement endommagé 4 tankers pétroliers. Ces actes de sabotages semblent minutieusement calculés pour offrir des images chocs à l’attention des médias et du public, mais pas assez virulent pour faire des victimes. Ces actions sentent à plein nez une campagne de communication rondement menée.


 

A qui profite le crime?

Alors que les sanctions américaines infligent de douloureuses répercussions économiques à l’Iran, il reste à déterminer qui crée cette atmosphère d’insécurité et quels acteurs bougent les pions dans cette partie d’échec.

Il serait étonnant que les services de renseignements des grandes puissances n’aient pas des indices pour identifier les auteurs de ces opérations. En tout cas, c’est à une véritable partie de bras de fer à laquelle nous assistons, avec l’espoir qu’elle ne se termine pas par des actes malheureux.

Le grand public est relégué à des suppositions et tente de deviner à qui profite le crime.

Certainement de manière naïve, une courte liste de 4 suspects peut être élaborée. Par ordre alphabétique, elle débute avec les «3 B»:
– Mohammed bin Salman, prince d’Arabie Saoudite et Benyamin Netanyahou, premier ministre d’Israël. Les deux pays verraient d’un bon œil la diminution de l’influence iranienne au Moyen-Orient.

– John Bolton, le conseiller stratégique va-t-en-guerre de Donald Trump, est assez fou et machiavélique pour orchestrer pareille manœuvre. Comme dans un remake de la guerre d’Irak, son compère Mike Pompeo s’est empressé de pointer du doigt l’Iran et de justifier une possible intervention américaine.

– Gardien du passage du Détroit d’Hormuz, l’Iran pourrait, avec ces avertissements sans frais, indiquer détenir un Joker. Depuis le début des sanctions, Téhéran a vu ses entrées en pétrodollars diminuer de 10 milliards et pourraient signifier que la limite est atteinte.

Pour corser l’énigme, l’incident a eu lieu alors que le premier ministre japonais, Shinzo Abe, était en visite à Téhéran pour rencontrer l’Ayatollah Ali Khamenei afin d’adoucir les contours avec les USA. L’attaque d’un bateau japonais par l’Iran alors que le premier ministre japonais vient parler de paix laisse perplexe.

La genèse de cette situation chaotique est le fruit de la volonté du Président Trump de renégocier l’accord sur le nucléaire iranien. Au début, s’il s’agissait certainement d’une tactique de négociation, elle tourne aujourd’hui dans un scénario ou les muscles et l’intelligence tactique haussent le ton.

Bien malin qui pourra prévoir le prochain coup.

 

 


Trafic maritime dans le Détroit d’Hormuz, le 13 juin 2019
Source: Marintraffic.com

Le pétrole de schiste américain creuse des dettes abyssales

Le pétrole de schiste a souvent été présenté comme l’eldorado énergétique du futur capable de rassasier l’Economie mondiale. Avec 8,5 millions de barils/jours, le schiste US pourrait encore augmenter d’un million b/j d’ici à la fin de l’année.

Cependant, dans les coulisses, le tableau est moins rose. Les faillites s’accumulent et le manque de retour sur investissement exaspère Wall Street. Un sondage sur 29 compagnies pétrolières actives dans le schiste montre qu’elles ont perdu 2,5 milliards $ durant le premier trimestre de cette année.


174 faillites et le compteur tourne

Cette même dream-team avait déjà publié des pertes de 2,1 milliards durant le dernier trimestre 2018. Paradoxalement, ces performances négatives sont réalisées alors qu’elles ont diminué de 16% leurs investissements afin de réduire leurs coûts.

Globalement, les producteurs de schiste ont atteint un cash flow négatif de 184 milliards $ depuis 2010. Il est difficile de trouver une industrie qui jongle avec autant de pertes.

Depuis la crise pétrolière de 2014, 174 entreprises de pétrole et de gaz de schiste ont demandé l’ouverture de faillites afin de restructurer plus de 100 milliards $ de dettes. Pour le premier trimestre 2019, la tendance continue avec 8 faillites et une ardoise de 3 milliards $.

Au début de ce mois, Weatherford a demandé la protection d’une mise en faillite afin de restructurer sa dette de 6,7 milliards $. Avec un baril dans la zone des 55$, la contamination va se propager.

 

A touché le fonds, mais…

Le génie américain du pétrole de schiste a reposé sur deux facteurs :
A) une communication portée par les présidents Obama et Trump afin de donner l’illusion “d’abondance énergétique”, et
B) d’avoir réussi à financer son développement et ses pertes par les fonds de pensions étrangers (européens et asiatiques) ainsi que par les Banques Nationales comme la BNS Suisse.

Les entreprises de schiste ont peut être touché le fonds, mais elles creusent encore!

 

 

Sources: Morningstar.  Resilience.org: Tom Whipple, Steve Andrews

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Mai 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Des drones sabotent 2 tankers et 2 stations de pompages
– Iran: La Dream Team américaine met la pression
– Planète: Les investissements dans le renouvelable stagnent
– Chine: Subventionner ses entreprises fait partie de son ADN
– USA: La centrale nucléaire de Three Mile Island va fermer
– Russie: Un pipeline pollué mis hors service pour les livraisons en Europe
– Allemagne: Lilium réussit à faire décoller son drone-taxi
– Suisse: Largement à la traîne dans les énergies solaires et éoliennes
– Suède: Un camion de 26 tonnes entièrement autonome.


Le monde pétrolier est entré dans une spirale d’incertitude rarement égalée. La lumière qui brille au fond du tunnel semble être un nouveau train qui arrive surtout avec les tweets de @RealDonaldTrump.

Alors qu’il aurait pu exploser à 80-90$ avec toutes les péripéties, il est resté dans une fourchette de +/-10$. A Londres, il termine ce mois à 65,15$ (fin avril 72,12$). A New York, il se retrouve au bas de la marge à 56,52 (63,79$ fin avril).

 

Graphique du mois :

Investissements et variations dans les Energies en 2018 et comparaison avec 2017

Explications du graphique

L’Agence Internationale de l’Energie annonce qu’en 2018, pour la deuxième année consécutive, les investissements dans les énergies renouvelables ont diminué à 304 milliards $, alors que ceux de l’extraction pétrolière ont augmenté de 3,7% à 477 milliards $ et le charbon +2% à 80 milliards $.

Globalement dans l’industrie pétrolière, entre extraction et vente, les investissements ont augmenté de 1%.

Les nouvelles installations d’énergies renouvelables ont plafonné à 180 GW, pratiquement à l’identique de 2017. C’est la première fois depuis 2001 que les nouvelles capacités n’ont pas dépassé celles de l’année précédente.

 

Planète

Toute corrélation, avec le paragraphe précédent, n’est pas fortuite.

La concentration de CO2 a atteint le niveau record de 415 parts par million pour la première fois dans l’histoire humaine.

En 1982, le géant pétrolier américain, ExxonMobil, avait noté une augmentation de 8% du CO2 à 340 ppm. Cette tendance avait débuté dès 1850 et la Révolution Industrielle et l’utilisation des énergies fossiles.

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus virulent que le CO2, atteignent des niveaux records à plus de 1’858 ppm. Entre les périodes 2007-2012 et 2013-2018, la hausse est de 50%. Une importante part de ce méthane provient de l’extraction et de la consommation de gaz naturel et notamment du gaz de schiste américain.

 

Pétrole

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la situation pétrole actuelle est «compliquée». Entre l’écroulement attendu du Venezuela, l’embargo américain sur l’Iran, les muscles du Général Haftar en Libye, le pétrole frelaté en Russie, les attaques contre les raffineries et tankers de l’Arabie Saoudite et la production réelle de schiste aux USA, nous devrions voir les prix pratiquer le yoyo durant cet été.

Entre 2008 et 2017, la demande mondiale a augmenté de 9,6 millions b/j dont les deux tiers (6,3 millions) ont été apportés par les USA. Le thème de la réflexion du mois est: “Sommes-nous préparés à un choc pétrolier?”

 

OPEP

Après des mois de baisse, l’extraction pétrolière de l’OPEP se stabilise à 30,26 millions b/j. pour enfin atteindre les quotas.

La prochaine rencontre de l’OPEP+ (avec la Russie) se tiendra le 24-25 juin. Moscou privilégie l’abandon des quotas actuels. Le dilemme pour le cartel repose sur la situation géopolitique et les capacités d’exportations du Venezuela, de la Libye et de l’Iran ainsi que les prochains Tweet de Donald Trump. De tous ces facteurs, ce dernier est le plus imprévisible et impactant.

 

Les pays sous la loupe

Arabie Saoudite

La région est devenue une poudrière depuis que Trump a décidé de jouer au bras de fer avec l’Iran.

Deux tankers pétroliers ont été endommagés dans le détroit d’Hormuz et des drones ont paralysé deux stations de pompage de pipelines en Arabie Saoudite.

Pour les tankers, toutes les suppositions sont sur la table et certains pointent du doigt l’un des 3 B: Mohammed bin Salman, prince de l’Arabie Saoudite; John Bolton des USA; Benyamin Netanyahoud’Israël. A moins que ce soit l’Iran ou les Houtis du Yémen.

Les Etats-Unis ont délégué sur place leurs deux armes de destructions massives préférées: John Bolton et Mike Pompeo. Les deux faucons va-t-en-guerre de l’administration Trump ont ajouté dans la région autant d’huile sur le feu que d’étincelles. Les Européens n’ont pas encore pipé mot pour désamorcer la situation. Les héros de Marvel et James Bond pourraient dénouer la situation.

Les exportations de l’Arabie Saoudite sont au centre de beaucoup de spéculations. L’extraction pétrolière est bien en-dessous de la normal. Riyad explique cette situation par le maintien des prix sur les marchés. Pour ne rien arranger les choses, le Royaume va fortement augmenter sa propre consommation afin de générer l’air conditionné durant les chauds mois d’été.

La compagnie nationale Aramco ne croit pas à un «peak demand» (pic de la demande) durant les décennies à venir. L’entreprise désire vendre plus d’or noir à la Chine et l’Inde dont les besoins en pétrole ne cessent d’augmenter.

Iran

Donald Trump n’hésite pas à faire monter la tension. Il est épaulé par John Bolton, créateur du concept des «armes de destructions massives» de Saddam Hussein. On le retrouve ici dans une position qu’il affectionne tout particulièrement. Pour le coup, en plus de la Navy, des bombardiers B-52, il aimerait envoyer 120’000 soldats dans la région.

Du côté Iranien, l’arme ultime repose sur les 17 millions de barils qui traversent quotidiennement le détroit d’Hormuz.

L’Iran exportait 2 millions b/j avant la remise en service des sanctions US. Il se pourrait que ce chiffre soit descendu à 500’000 en mai.

La situation du Président Rouhani pousse la ligne dure du régime à être plus assertif. Pour éviter cette évolution et son départ, Rouhani a demandé à l’Europe de le soutenir et d’autoriser l’exportation de 1,5 millions b/j de pétrole. C’est avec courage et détermination que l’Europe n’a pas encore rien décidé.

Téhéran a notifié à la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et l’Angleterre son intention d’arrêter ses obligations contenu dans l’accord nucléaire. A ce jour, l’Iran respecte les termes de ce traité.

Nous ripostons face aux agressions futures de l’Iran
Dessin: L’excellent Chappatte

 

Chine

Le bras de fer sur les tarifs douaniers continue. Les USA maintiennent que la Chine subventionne trop lourdement ses industries et que les entreprises étrangères doivent entièrement céder leurs savoir-faire et technologies pour entrer sur le marché chinois. Sur ces points, il est difficile de mettre en défaut le Président américain.

La Chine a répliqué en soulignant que “l’Economie chinoise ne peut fonctionner qu’avec des subventions.” En 2018, elles se sont élevées à 22,3 milliards $. Le plus grand bénéficiaire fut le pétrolier Sinopec suivi par les constructeurs automobiles.

La Chine a menacé de diminuer les livraisons de terres rares aux USA. Pékin possède le 90% de ces terres utilisées pour la construction de panneaux solaires et d’éoliennes, de voitures électriques, de batteries, de puces électroniques, etc…

Stratégiquement, chacun essaie d’envoyer des coups là où ça fait mal. Les chinois ont freiné leurs importations de gaz liquide (LNG) américain en y ajoutant une taxe de 25%. Ce geste perturbe les investisseurs Yankees pour la construction de nouvelles installations.

Pékin a également vendu pour 20,5 milliards d’obligations du trésor américain sur les 1’120 que la Chine détient dans ses coffres.

La Maison Blanche a bloqué les ambitions de Huawei et la 5G. Au vue de l’impact probable sur la santé que soulèvent la 5G, les américains s’en sortent finalement bien.

La Chine ne va pas atteindre ses objectifs 2020 d’extractions de gaz de schiste. Selon Platts and Wood Mackenzine, elle ne pourrait qu’atteindre la moitié de ses prévisions.

La grippe africaine qui touche les porcs s’étend dans toute l’Asie. Plus d’un million de porcs ont dû être abattus. La Chine englouti plus de 50% de la production mondiale.

 

Russie

Moscou a diminué sa production à 11,16 million b/j et atteint ses quotas pétroliers de l’OPEP+.

Ce déclin est dû à la contamination dans le pipeline Druzhba par du chlore organique hautement corrosif pour les raffineries. Les 19 millions de barils le pétrole contenu dans le pipeline, qui relie la Biélorussie et l’Allemagne, sont inutilisables.

Les entreprises et les raffineries affectées ont demandé des dommages pour les dégâts occasionnés. Moscou a annoncé que l’entreprise Transneft, responsable du problème, prendra à sa charge les 1,2 milliards $ estimés. Cette situation pourrait encore durer quelques semaines.

Rosatom présente un cahier de commandes avec 34 réacteurs nucléaires dans 12 pays pour un montant de 300 milliards $.

Vladimir Poutine a inscrit 8 buts lors du traditionnel match de hockey des légendes de la NHL et du gouvernement. Durant ce match annuel, on notera la créativité du gardien pour laisser filer dans ses filets les pucks du Président.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Dans la bataille pour acquérir le producteur de schiste Anadarko, c’est le chèque de 55 milliards $ d’Occidental Petroleum qui a devancé l’offre de Chevron et ses 50 milliards $. Du coup, Occidental devient le plus grand acteur de schiste dans les gisements du Bassin Permien. L’achat laisse perplexe et soulève la question: “Est-ce que Occidental Petroleum pourra réussir, là où les petits acteurs pétroliers ont été incapables de générer du bénéfice?” Durant ces dernières années, la stratégie des managers étaient: «take the money and run.» (prendre l’argent et déguerpir sans se soucier de la rentabilité et du futur de l’entreprise.)

Le fond de pension de New York et la puissante Church of England (10 milliards $) ne vont pas voter leur support à la réélection des directeurs d’ExxonMobil à cause de leurs réponses inadéquates face au changement climatique.

En 2018, 60 entreprises, du top «Fortune 500», ont réussi à échapper au payement de 16,4 milliards de l’impôt fédéral US. Mieux, elles ont même reçu 4,3 milliards $ de subsides de la part de la Maison Blanche. Sur ces 60 entreprises, 24 (40%) font partie de l’industrie pétrolière et gazière.

Au premier trimestre, ExxonMobil a investi 2,5 milliards $ dans l’exploitation de son pétrole pour un bénéfice de 96 millions. De son côté, Apache Corp a perdu 47 million $ dans l’exploitation de schiste. Le financement des activités devient compliqué pour les petits producteurs. Une consolidation de l’industrie par les grands acteurs est en route aux USA.

Le 30 septembre, Exelon Corp va fermer la fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island. Dans les années 70, Three Mile fut le plus sérieux accident nucléaire aux USA.

Lawrence Kudlow, le principal conseiller économique de Trump, a donné des informations sur la hausse des tarifs douaniers. Elle sera payée par les importateurs américains des produits chinois. Des importateurs, qui vont s’empresser de répercuter les tarifs sur les prix destinés aux consommateurs. Ce n’est donc pas les Chinois qui vont payer directement les taxes.

 

Nombre de forages pétroliers d’exploration aux USA
Source: Jean Laherrere

 

Explications du graphique: Les forages d’exploration sont en forte diminution aux USA. Depuis 1859, le sol des USA a été complètement exploré. Une fois que la page du pétrole de schiste se tournera, il ne semble pas y avoir un plan B pour maintenir les niveaux actuels.

En 2019, l’extraction de charbon devrait diminuer de 7,2% à 699,8 millions de tonnes et tendre vers 638 en 2020 selon l’EIA.

ExxonMobil pense que 94% des gisements offshores US ne sont financièrement pas profitables. Comme une mauvaise nouvelle arrive rarement seule, d’ici à 2040 plus de 2’000 forages nécessiteront d’être décommissionnés pour un montant de 13 milliards $.

 

Etats-Unis Schiste

L’EIA pense qu’une partie substantielle de l’augmentation mondiale de la demande mondiale sera satisfaite par les gisements de schiste du Bassin Permien aux USA. En moyenne, la croissance Economique mondiale a besoin de +1,5 million b/j par an.

Grâce aux nouvelles technologies comme les forages horizontaux, l’inclusion de plusieurs têtes dans le même forage, l’augmentation des quantités de sable et de produits chimiques, l’industrie a réussi à accélérer de 2,6 fois la vitesse d’extraction. Cependant, si la vitesse augmente, les quantités de pétrole récupérées restent pratiquement identiques.

En 2018, les investissements dans le pétrole et gaz de schiste américain se sont élevés à 70 milliards $ répartis sur 9’975 forages. Sur ce montant, les 70% remplacent les forages en déclin et 30% servent à augmenter la production. Ce dernier ratio devrait continuer à diminuer avec l’assèchement d’un nombre toujours plus grands de forages ainsi que le passage à des gisements moins prolixes de la deuxième catégorie.

Rystad Energy pense que les coûts moyens d’extraction du pétrole de schiste, dans le Bassin Permien, atteindraient 46$ le baril, contre 42$ en Arabie Saoudite. Tant qu’ils n’auront pas trouvé où se trouve l’erreur dans leur feuille Excel, il est probable qu’ils vont continuer à nous faire rire.

Dans les faillites de ce mois, on relève: Triangle Petroleum, soutenue par JP Morgan; Product & Logistics Services, une société fille de Schlumberger, avec ses 124 employés ainsi que Weatherford International. Histoire de compléter sa liste d’investissements dans des pétroliers américains qui font faillites, personne ne s’étonnera de voir le nom de la Banque Nationale Suisse dans les actionnaires de Weatherford.

 

Production pétrolière vs coûts d’explorations
ExxonMobil

 

Venezuela

Le pays continue son bonhomme de chemin vers son effondrement.

Un problème supplémentaire s’est rajouté à la liste déjà longue. Faute d’importations de diluants pour liquéfier le pétrole lourd, la deuxième plus grande raffinerie du pays a cessé son activité.

Comme Caracas ne peut pas acheter de l’essence sur les marchés internationaux, une pénurie de carburants plombe le pays.

L’extraction de pétrole lourd des gisements de la ceinture d’Orinoco s’enlise. Les systèmes, qui permettent de liquéfier les sables bitumineux sont en panne. Les quatre unités de PDVSA sont hors service depuis les coupures d’électricité.

La production pétrolière du pays pourrait passer sous les 500’000 b/j en mai, contre 768 en avril et 1’340 l’année dernière.

L’administration Trump a suspendu tous les transports avions ou bateaux entre les USA et le Venezuela.

 

Mexique

Le gouvernement va injecter 5,5 milliards $ et supprimer 2,5 milliards $ de dettes dans sa compagnie pétrolière Pemex.

L’objectif est de produire +400’000 b/j en finançant des forages anciens qui ne sont financièrement plus rentables. Le Mexique prend exemple sur la stratégie française utilisée pour sauver EDF. Il est vrai que Pemex et EDF croulent sous des dizaines de milliards € de dettes.

Le Président Andrés Manuel López Obrador s’est engagé à construire une raffinerie d’une capacité de 300’000 b/j. Le projet devisé à 8 milliards $ fait partie de sa stratégie pour diminuer les importations notamment des USA.

 

Guyane

Depuis 2015, le pays est passé de «nobody» à l’un des endroits pétroliers du future. ExxonMobil et Hess Corp ont découvert 12 champs qui pourraient contenir un total de 5 milliards de barils. Cela représente quand même 25 jours de consommation mondiale.

 

Europe

Le marché de l’automobile enregistre un 7ème mois de baisse d’affilée. L’incertitude économique, la préoccupation des consommateurs et les problèmes de diesel influence le marché.

Le président Trump a repoussé de 6 mois l’imposition de tarifs douaniers dans le secteur de l’automobile européenne.

Malgré l’explosion des niveaux de méthane dans l’atmosphère, la commission européenne va doubler ses importations de gaz liquide des hyper polluants champs de schiste des USA. D’ici à 2023, 8 milliards de m3 de gaz seront acheminés en Europe (17 milliards kg de CO2 et des wagons de méthane).

 

Allemagne

Volkswagen planifie la construction de 1 million de voitures électriques en 2025. L’entreprise désire fabriquer ses propres batteries et opérer leur recyclage. Actuellement 53% du contenu des batteries sont recyclées. L’objectif est fixé à 97%.

D’ici à 2038, Berlin va offrir 40 milliards € à l’industrie du charbon pour cesser son activité dans le pays. L’Allemagne produit 40% de son électricité avec du charbon.

L’Allemand Lilium fait décoller son drone-passager

 

France

Ce qui devait arriver, arriva. La hausse des prix du baril a fait grimper les prix à la pompe. Le diesel, (80% des ventes) est grimpé à 1,47 € et le sans-plomb 95 à 1,58€ soit 8 ct de plus que lors du début des gilets jaunes.

On reste dans l’ambiance «hausse des prix» mais cette fois avec EDF. Dès le mois de juin, l’électricien va augmenter ses tarifs de 5,9%, soit une moyenne de 85€/an par ménage. Cet ajustement aurait dû entrer en vigueur en décembre, mais la crise des gilets jaunes a reporté cette initiative.

Pendant des années, afin de promouvoir son industrie nucléaire, la France a artificiellement vendu son électricité à perte. Corolaire à cette stratégie, ses champions comme EDF et Areva ont accumulé des dizaines de milliards de dettes systématiquement épongées par le gouvernement. Sous la présidence Sarkozi, le PDG d’EFD de l’époque, Henri Proglio, avait demandé une augmentation de 30% des prix de l’électricité pour refléter les coûts de production. Cette requête avait été refusée pour des raisons politiques.

Fiat, Chrysler et Renault pourraient collaborer afin de construire des voitures électriques et pour former une nouvelle alliance qui produirait 8,7 millions de voitures par année. Fiat-Chrysler a mis sur la table 33 milliards €. De nombreux emplois devraient passer à la trappe.

En France, le meilleur moyen de paralyser toute décision sur la transition énergétique est d’inclure les mots «centrales nucléaires» dans un projet. Le ministre de l’environnement François de Rugy l’a bien compris. Il propose d’allonger de 10 ans la durée de vie des centrales. On ne le dira pas assez, mais une transition énergétique, c’est la diminution du pétrole, du gaz et du charbon. Le nucléaire ne représente qu’une petite partie (15%) du total d’énergie consommée dans le pays.

La RATP a annoncé un partenariat avec Airbus pour utiliser un Drone-Taxi électrique dans les 5 prochaines années. Reste à savoir si les citoyens donneront l’accord de voir des VIP voler sur leurs têtes.

En France, l’évasion fiscale est estimée à 100 milliards € soit largement assez pour éponger le déficit du gouvernent ou pour d’effectuer une transition énergétique. Mais quand on veut pas, on veut pas.

Le médiateur de l’énergie s’inquiète du manque (total) de transparence et des pratiques des fournisseurs d’électricité et de gaz. En 2018, plus de 16’000 personnes ont saisi le médiateur et plus de 5’000 cas font l’objet d’une médiation. Dans le collimateur, des offres vertes pas si vertes ou faussement alléchantes, des promotions qui n’en sont pas. Toute la panoplie du parfait producteur d’électricité et de gaz.

L’entreprise américaine General Electric va licencier 1’000 salariés en France. En 2014, lors du rachat d’Alstom par GE, Emanuel Macron, en charge du dossier, avait assuré la création de 1’000 emplois.

Le gouvernement français, via la DGSI, a interrogé 8 journalistes, dont la grande reporter du Monde Ariane Chemin, qui enquêtent l’affaire Benalla ou sur la vente d’armes françaises à l’Arabie Saoudite. Ces armes sont utilisées dans la guerre au Yémen notamment contre les civils. Voir le dossier du site d’investigation Disclose.

 

Suisse

La Suisse est largement à la traine dans les énergies renouvelables solaires et éoliennes avec une production par habitant de 250 kWh/an selon la Schweizerische Energie-Stiftung SES. Cette production correspond à la consommation annuelle d’un lave-vaisselle! Au niveau Européen, seuls 4 pays font moins bien. Le Danemark, premier de classe, produit 2’500 kWh d’énergie solaire et éolienne et couvre le 50% de ses besoins d’électricité.

Pour 489 millions de francs suisses (425 millions €), EDF a vendu sa participation de 25% du producteur d’électricité Alpiq. Les trois membres EDF du conseil d’administration, François Driesen, Birgit Fratzke et Xavier Lafontaine se sont immédiatement retirés. Le rachat a été opéré par Primeo Energie et EOS. Ainsi EOS Holding détient 43,96% et Primeo Energie 26,17%.

La ville de Zurich aimerait proposer d’atteindre des émissions de CO2 à zéro d’ici à 2030. Cette proposition va devoir être encore validée par les différents partis politiques dont les deux partis les plus réfractaires en matière de climat: l’UDC et le PLR.

Les présidents suisses ont ajouté un nouveau mandat à leur fonction. Celui de nous faire rire. Après, les rires du Conseiller Fédéral Schneider Aman, c’est au tour d’Ueli Maurer. Le président a choisi CNN pour partager qu’il «can nothing say» suite à la rencontre avec Donald Trump.

 

CNN: le Président Suisse, Ueli Maurer can nothing say

 

Angleterre

Le chat Grumpy Cat est décédé. Vedette des réseaux sociaux, sa propriétaire a engrangé plus de 100 millions €. Quand je pense qu’au lieu de passer des heures à réaliser cette chronique, il me suffisait de mettre en scène un chat qui tire la gueule!

La première ministre, Theresa May a démissionné. Chappatte résume en un dessin le coquasse de la situation.

 

Suède

Le chinois Volvo a conclu des accords pour s’assurer la livraison de batteries électriques. Volvo va ainsi acheter des batteries made in China.

En compagnie du champion de la logistique Schenker, l’entreprise Einride a lancé un camion électrique sans chauffeur de 26 tonnes, pour la livraison de marchandises.

 

Ukraine

Le Coluche Ukrainien, l’acteur humoristique et nouveau Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, est entré en fonction.

 

Suède: Einride T-Pod Autonomous 26-tonnes Electrique Truck

 

Moyen-Orient

Irak

Les exportations restent stables à 3,58 millions b/j en avril alors que les inondations ont touché la région du sud à Basra.

L’Irak fait face à une crise sévère d’eau. L’été passé, à Basra, plus de 100’000 personnes se sont rendues à l’hôpital pour des intoxications dues à la qualité de l’eau. Aujourd’hui, la même ville est noyée sous l’eau.

A l’approche de l’été et des 54 degrés Celsius enregistré en 2018, Bagdad se préoccupe pour son accès à l’électricité. L’année dernière, l’Iran avait dû renoncer à livrer 400 MW d’électricité à la région pétrolière de Basra sans le sud du pays. Sans électricité pour refroidir les maisons (et ses habitants) ou stocker la nourriture, la situation est proche de l’invivable. Faisant fi de ce détails, Washington a demandé à l’Irak de couper tous les liens avec l’Iran y compris pour la livraison d’électricité ou de gaz qui sert à produire l’électricité.

La Maison Blanche a demandé l’évacuation des personnes non-essentielles de son ambassade à Bagdad et ExxonMobil a retiré ses ingénieurs du gisement pétrolier de West Qurna. De son côté BP, Shell et les chinois n’ont pas opté pour ce scénario catastrophe.

 

Egypte

Le pays est en train de construire la plus grande centrale solaire de 1,6 GW pour un montant de 2 milliards $. Elle devrait entrer en fonction cette année.

La Banque Mondiale a fait une entorse à ses habitudes et a décidé d’investir dans autre chose que du charbon, du gaz ou du pétrole. Elle a mis 653 millions sur la table. D’ici à 2022, l’Egypte désire produire 20% de son électricité avec du renouvelable alors qu’aujourd’hui le compteur indique 3%.

 

Votation Européenne
Dessin Chappatte

 

Asie

Japon

Sous le nom de code, ALFA-X du Shinkansen, un nouveau train ultra rapide, capable d’atteindre 400 km/h, est en train d’être testé. Cette vitesse de pointe devrait être atteinte d’ici à 2030. Il sera 15 km/h plus rapide que le train chinois Fuxing.

 


De 2008 à 2017, les USA et le Canada ont fourni 7,9 millions b/j de plus soit le 82% de l’augmentation pétrolière mondiale
Source: BP 2018

 

Afrique

Plus de 640 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique soit les 2/3 de la population.

 

Libye

La National Oil Company a affiché des revenus de 4,4 milliards $ durant le premier trimestre. Jusqu’à présent, la compagnie pétrolière nationale répartit les revenus entre toutes les factions du gouvernement. La tentative du Général Haftar avec son «Armée Nationale Libyenne» de s’emparer de Tripoli et de créer sa propre compagnie pourrait changer la donne. On pourrait bien imaginer que le Général Kadhafi aurait trouvé son successeur.

L’Organisation Mondiale de la Santé décompte plus de 400 morts, 2’000 blessés et 60’000 personnes ont fui les combats.

Cette situation n’offre pas les meilleures garanties pour l’extraction pétrolière du pays qui annonce 1,176 millions b/j en avril. Mustafa Sanallah, PDG de la compagnie pétrolière nationale National Oil Corporation craint que l’instabilité pourrait faire chuter l’extraction de 95%.

L’Etat Islamique a également mis son grain de sable en voulant s’accaparer d’un gisement dans le sud du pays.

 

Angola

Le Président Joao Lourenço a renvoyé Carlos Saturnino, PDG, de l’entreprise pétrolière nationale Sonangol ainsi que toute la direction. Carlos Saturnino avait réussi à redresser l’entreprise suite au règne d’Isabel dos Santos, fille de l’ancien président José dos Santos.

On spécule que l’entreprise et les pétrodollars vont retourner dans les mains du président.

L’italien Eni a trouvé un nouveau gisement pétrolier offshore de 250 millions de barils avec une capacité de 10’000 b/j.

 


Le nouveau train japonnais ALFA-X Shinkansen

 

Phrases du mois

«Entre 1979 et 2019, les prévisions, “Annual Energy Overview” de l’Agence Internationale de l’Energie, montrent clairement qu’elles n’étaient pas bonnes par le passé et les prévisions actuelles sont de la même veine. Aux USA, le schiste va se terminer bientôt et ce sera un retour à la réalité d’avant 1970. La dépendance énergétique américaine est une Fake News.»  Jean Laherrère.

Declining well productivity in some [tight oil/shale] plays, despite the application of better technology, is a prelude to what will eventually happen in all plays: production will fall as costs rise.  Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of resources that can be recovered.” David Hughes

Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of the oil and gas that can be recovered.” David Hughes

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Les USA réactivent les sanctions pétrolières contre l’Iran

En novembre dernier, les USA devaient enclencher un embargo mondial sur le pétrole et le gaz iraniens. De peur de voir une hausse des prix du baril impacter les élections de mi-mandat, Donald Trump avait autorisé huit pays à continuer leurs importations pendant 6 à 8 mois.

Hasard du calendrier, ou pas, aujourd’hui le Président annule ces exemptions, alors que des inondations dévastatrices ravagent 25 des 31 provinces du pays, dont les principales régions pétrolifères comme le Khuzestan.


 

Ainsi, depuis le 2 mai, la Chine, l’Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et la Grèce ont reçu l’ordre de cesser l’importation d’hydrocarbures iraniens. La Chine a annoncé qu’elle n’observera aucune restriction américaine à moins que les négociations actuelles avec les USA changent la donne.

L’objectif de Washington est de porter à zéro les revenus en pétrodollars de Téhéran afin de forcer l’Iran à renégocier l’accord international de 2015 sur les armes nucléaires.

 

La Prudence des producteurs et enthousiasme des USA

Lors de l’annonce, le gouvernement US a précisé que les producteurs de l’OPEP, dont l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, avaient la capacité et la volonté de compenser la baisse de l’offre et de maintenir les prix dans une fourchette de 65 à 80$.

Les estimations de Donald Trump pourraient donner une fausse sensation de sécurité. Les flux pétroliers se basent sur des approximations et les marchés ont besoin de différentes qualités de pétrole. Avec les problèmes du Venezuela, du Nigeria et de la Libye, tous des producteurs de brut lourd, la perte de l’Iran pourrait crisper la production mondiale de kérosène et de diesel.

En plus de l’affaiblissement de l’Iran, les Etats-Unis voient l’opportunité d’augmenter les parts de marché de leur pétrole de schiste dont l’extraction, à moyen terme, ne cesse de croitre.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le ministre de l’Energie, Khalid Al Falith, ne prévoit pas d’ajuster rapidement sa production. Il désire d’abord analyser l’évolution des marchés.

Il semble que Riyad ait parfaitement tiré les leçons de la dernière recommandation de Donald Trump.

En novembre dernier, la Maison Blanche avait officialisé l’entrée en vigueur des sanctions contre l’Iran, et demandé à l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production pour combler le manque iranien. Le Royaume s’était exécuté mais à la dernière minute, Trump avait rétropédalé en autorisant l’Iran à écouler son pétrole dans 8 pays.

Corolaire à ce cafouillage, le marché avait été inondé et le baril chutât à 50$.

On comprend mieux l’attentisme actuel de Riyad qui espère un baril à plus de 80$ pour équilibrer son budget. Le temps joue en la faveur du Royaume.

De plus, à Riyad et à Tel Aviv, on espère que la diminution des entrées en pétrodollars va réduire l’influence de l’Etat Chiite au Yémen, en Syrie et au Moyen-Orient

Le chaos généré par l’administration Trump tant au Venezuela qu’en Iran entre en frontal avec le calme du Président Poutine. Mais en Russie, la tête est ailleurs. Depuis quelques jours, le pays est englué dans une contamination de son pétrole livré par pipelines. Le composant qui s’est glissé dans le pétrole brut devient hautement corrosif durant le raffinage et impacte 8% de la consommation Européenne. Moscou doit impérativement trouver une solution sous peine de voir ses exportations chuter.

 

L’Iran entre inondations et résilience

La décision de Trump arrive à un mauvais moment pour l’Iran qui se débat sous des torrents d’eau après des mois de sécheresses. Les dégâts matériels avoisineraient les 3 milliards €.

Plus de 500’000 personnes ont été déplacées et les sanctions américaines empêchent le Croissant-Rouge de transférer de l’argent pour effectuer des opérations humanitaires.

Peut-être que cette accumulation d’obstacles fera plier Téhéran? Cette probabilité reste minime, même si elle est espérée par Mike Pompeo et son collègue va-t-en-guerre John Bolton.

L’Iran a toujours démontré une résilience particulière et une ingéniosité sans limite pour détourner les embargos successifs des Etats-Unis.

 

A coup sûr, les prochains mois donneront une tendance précise de la justesse des propos américains et l’évolution des parts de marché des producteurs pétroliers.

Depuis l’annonce, le baril est parti dans un yoyo incompréhensible de 68 à 75 pour repasser sous les 70$. Aux USA, les prix des carburants cabrent déjà les automobilistes. Il n’est pas impossible de voir le Président Trump effectuer un nouveau looping.

Dans ce bras de fer, où tout le monde est interdépendant, une question hante les esprits: qui cèdera le premier ?

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Avril 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– USA: Trump active les sanctions pétrolières contre l’Iran et le Venezuela
– Libye: Le Général Haftar tente de prendre le pays
– USA: Une bataille à 50 milliards $ pour acheter Anadarko Petroleum
– Chine: La Chine courtise les pays européens avec sa route de la soie
– France: Le démantèlement d’EDF dans le viseur du gouvernement et de Bruxelles
– Algérie: Le CEO du géant pétrolier et gazier Sonatrach contraint de démissionner
– Suisse: l’EPFL produit de l’hydrogène vert
– Arabie Saoudite: Le gisement pétrolier de Ghawar n’est plus le plus grand au monde.


 

Donald Trump a décidé de durcir le ton avec l’Iran et de réintroduire les sanctions pétrolières. Il n’en fallait pas plus pour que le baril grimpe à 75$. Trump a immédiatement éteint l’incendie avec un tweet: “Spoke to Saudi Arabia and others about increasing oil flow. All are in agreement”.  Qui aurait pu imaginer qu’un jour un simple tweet serait capable de faire fluctuer les prix du baril de pétrole!

A Londres, il termine ce mois à 72,12$   (fin mars 68,39$). A New York, il grimpe à 63,79$  (60.14$ fin mars).

Graphique du mois :

Dépenses des 5 plus grandes compagnies pétrolières européennes
Pétrole et Gaz vs Renouvelables


En millions $
Source: Reuters, Ron Bousso

 

Pétrole

Le Venezuela est en train de s’effondrer. La Libye est son million de barils pourrait entrer dans une guerre civile. Après une sécheresse historique, l’Irak et de l’Iran sont noyés par des inondations qui paralysent certains champs pétroliers. Donald Trump réactive les sanctions contre le pétrole iranien. Même la série Dallas n’aurait pas rêvé d’un scénario aussi complexe et imprévisible.

 

OPEP+

La Russie et l’Arabie Saoudite sont dans une position d’attente afin d’analyser l’évolution du marché dans les mois à venir. Il est urgent d’attendre.

La production actuelle atteint 30,2 millions b/j. au plus bas depuis 2015.

 

Solaire

Gridserve propose des nouveaux panneaux solaires bifaciaux. Les deux faces (recto et verso) produisent de l’électricité et augmentent de 20% les rendements. L’Arabie Saoudite a choisi ces modules avec une offre à 1,79 centimes $ le kWh pour une ferme de 300 MW.

 

 

Sous les projecteurs du mois

Venezuela

Au moment où cette rubrique est écrite, Juan Guaido tente un coup d’Etat contre le président Nicolas Maduro. John Bolton, le conseiller de la Sécurité Nationale Américaine demande à l’armée vénézuélienne de rejoindre les rangs de son protégé Juan Guaido. Historiquement, un coup d’état dans un pays producteur de pétrole signifie une baisse de la production. Dans le cas du Venezuela, il sera difficile d’aller encore plus bas. Qu’importe le nom du président le mois prochain, l’avenir du Venezuela semble justement ne plus en avoir.

Les exportations pétrolières pour le mois d’avril pourraient avoir chuté à 300’000 b/j contre 1 million en mars, mais nul ne sait vraiment. En tout cas, ce brut lourd manque cruellement aux raffineries qui ont besoin de cette qualité pour produire du kérosène et du diesel.

En mars, la compagnie nationale PSVSA avait réussi à charger des tankers en direction de la Russie et de l’Asie avec du pétrole extrait durant les mois précédents. Il y a quelques années, le pays exportait 3 millions b/j.  Avec l’embargo américain, la production pétrolière est fortement touchée.

Cependant, un autre problème freine les ambitions de PDVSA. Afin de transporter le brut lourd des gisements d’Orinoco, le pays possède 4 unités de fluidification. Ces installations sont opérées par la Russie, les USA, la France et la Norvège et permettent de liquéfier 700’000 b/j.  Suite aux blackout électriques, 2 unités sont hors service depuis le 7 mars et les deux autres ont arrêté leurs productions le 25 mars. Quand ces unités s’arrêtent de manière subite, c’est un peu comme un caquelon à fondue : il faut un certain temps pour tout nettoyer et relancer le processus.

Trois unités pourraient redémarrer, mais pour la 4ème l’alignement des étoiles pourraient prendre un certain temps. Du coup, PDVSA a annulé une grande partie des exportations de pétrole durant avril.

 

Iran

Le président Trump a décidé de ne plus accorder d’exemptions pétrolières pour l’importation de pétrole iranien. Dès le 2 mai, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Turquie n’auront plus le droit d’acheter du brut iranien. L’annonce arrive alors que l’Iran subit les plus graves inondations depuis 70 ans avec plus de 1’900 villages affectés et 500’000 personnes évacuées. Les régions pétrolifères du Khuzestan sont également touchées. Washington espère mettre le pays sur les genoux alors que l’eau monte.

Mike Pompeo a souligné que le pétrole est la première source de cash du pays et que l’objectif est d’atteindre zéro sur tous les plans.

Les sanctions américaines étaient entrées en force en novembre 2018 afin de renégocier l’accord sur le nucléaire signé en 2015. Cependant, Donald Trump a voulu éviter une trop forte augmentation des prix du baril. Il avait autorisé 8 pays à importer du brut iranien.

 

Inondations en Iran

 

Libye

L’échiquier libyen a été entièrement bouleversé avec l’avancée du Général Haftar sur la capitale Tripoli. L’homme a le potentiel de remplacer le Général Kadhafi et apprécie le soutient de l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la Russie.

Dans cette situation, la capacité de résilience de la production pétrolière du pays est sur la table. Si une guerre civile devait éclater, la production d’un million b/j semble en danger. Il y a un mois, le Général Haftar avait déjà dû intervenir afin de rétablir l’extraction de 315’000 b/j dans le gisement de Sharara. Le Général en a profité pour créer sa propre entreprise pétrolière.

Le Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, s’est opposé au Général Haftar en lui demandant de «retourner à la table des négociations». Pour ajouter un peu de clarté dans cette situation déjà chaotique, Trump s’est opposé à son secrétaire d’Etat Pompeo! et a reconnu la position du général et son rôle pour combattre le terrorisme.  Bon, attendons le mois prochain le temps que tout ce beau monde puisse accorder leurs violons.

 

USA

Donald Trump fait joujou avec le pétrole. Les sanctions contre le Venezuela ont été activées et celles de l’Iran débuteront le 2 mai. Ces décisions impactent le monde entier.

En janvier, la production pétrolière US a diminué à 11,871 millions b/j (11,961 en décembre). L’Agence Américaine de l’Energie, EIA, et Morgan Stanley prévoient une extraction de 12,39 millions b/j d’ici à la fin 2019. Cet optimisme fait froncer les sourcils.

Au premier trimestre 2019, la croissance du PIB américain s’élève à 3,2% et dépasse les attentes.

Dans le jeu «qui peut amasser 1 milliard pour devenir président», les compteurs indiquent: Trump 40 millions $, Beto o’Rourke 9,4, Bernie Sanders 18, Kamala Harris 12. Joe Biden est entré dans la course. Déjà 21 démocrates se lancent dans un concours qui promet de voler aussi haut que “Les Anges de la TV ” avec Nabilla.

La production charbonnière des USA sera inférieure de 9,2% à 684 millions de tonnes en 2019 soit au même niveau qu’en 1978. En 2020, les USA devraient extraire 640 millions de tonnes de charbon contre 753 l’année dernière.

Le président Trump a annoncé que les éoliennes donnent le cancer. Il n’a pas précisé si elles faisaient tourner la tête.

 


Aux Etats-Unis, la consommation totale d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) a augmenté de 4% en 2018
et représente 80% de l’énergie dévorée dans le pays.
Le gaz affiche des taux record (+10%) tandis que le charbon a diminué de 4%.
Au niveau des gaz à effet de serre, si le gaz émet moins de CO2,
il explose les chiffres du côté du méthane.

 

Les présidents Trump et Xi Jinping pourraient devenir les meilleurs amis du monde une fois que l’accord USA-Chine sera signé. La date n’est pas fixée, mais dans le doute, on espère. Pour éviter l’ennui, Donald Trump a immédiatement ouvert un nouveau champ de bataille en Europe avec une ardoise de 11 milliards $ au sujet d’Airbus.

Le programme de recherche de centrales nucléaires de l’administration Trump coutera 40% que prévu selon le département de l’Energie.

Les constructeurs automobiles américains font face à une situation paradoxale. Le gouvernement Trump désire relâcher la régulation sur la consommation des voitures de 4,4 à 6,4 lt/100km alors qu’un tiers des Etats désirent garder les objectifs actuels.

ExxonMobil rejoint d’autres entreprises pétrolières pour se plaindre de la mauvaise qualité du pétrole de la réserve américaine. Des quantités 250 fois plus élevée de sulfure d’hydrogène ont été relevées.

La Corée du Nord ne veut plus du secrétaire d’État américain Mike Pompeo comme interlocuteur et souhaite discuter dorénavant avec un responsable qui soit «plus prudent et plus mature dans sa façon de communiquer». La remarque est savoureuse.

Le fabriquant de bus électrique Proterra et le japonais Mitsui & Co vont proposer le leasing des batteries afin d’éliminer les freins d’acquisitions des e-bus, plus chers à l’achat mais plus économique à l’entretien. Les économies de carburants compenseront mensuellement le coût des batteries.

Les USA sont à la 7ème place mondiale dans l’utilisation de voitures électriques et Tesla détient le 30% de part de marché. En 2018, 361’307 e-voitures ont été vendues sur le territoire qui compte 265 millions de voitures thermiques.

 


Evolution du nombre de véhicules à moteur aux USA 1900-2017
en millions d’unité

 

Les Amériques

USA: Pétrole et gaz de schiste

Une vague de consolidations fait rage dans le schiste américain. Les grandes majors comme ExxonMobil et Chevron mettent sur la table des milliards pour acquérir les petits acteurs dans le Bassin Permien. Cette région du Texas permet à Exxon d’extraire 226’000 b/j avec un objectif à 1 million d’ici à 2024.

Dans cette lutte entre géants, Chevron a proposé 50 milliards $ et Occidental Petroleum 55 milliards $ pour acquérir Anadarko Petroleum très actif dans le schiste américain, notamment dans le Bassin Permien. Chevron pensait pouvoir convertir les pertes d’Anadarko en bénéfices grâce à un processus d’industrialisation et des réductions des coûts. Finalement, c’est Occidental Petroleum qui a gagné dont 10 milliards $ injecté par Warren Buffett. A 88 ans, le réchauffement climatique n’est pas une préoccupation de Warren.

L’Agence Américaine de l’Energie a révisé ses chiffres de la production de schiste. L’EIA avait annoncé une augmentation de +282’000 b/j entre décembre et mars 2019. Comme prévu, un mois après la publication, l’agence apporte un correctif à leur fichier Excel. L’augmentation réelle n’est que de +42’000 b/j.   L’EIA est coutumière du fait et publie systématiquement des chiffres dithyrambiques sur le schiste pour les corriger à la baisse.

Dans le Bassin Permien, en plus du pétrole, les producteurs extraient d’énormes quantités de gaz qu’ils sont obligés de brûler faute de pouvoir les transporter. Bloomberg estime que le gaz brûlé pourrait chauffer toutes les habitations du Texas sans compter les émanations de méthane.  Des gazoducs devraient être mis en service en 2020.

Paal Kibsgaard, CEO de Schlumberger, pense que les investissements dans le schiste américain continuent de chuter, que la croissance d’extraction diminue et que les investissements se dirigent vers d’autres gisements à travers le monde.

Dans le Bassin Permien, la productivité a diminué de 6% en mars par rapport à mars 2018 selon l’EIA. Le nombre de forages productifs diminuent forçant les compagnies à se rabattre sur les fruits de plus en plus hauts dans l’arbre.

 


Dessin Chappatte

 

Canada

La province pétrolière de l’Alberta a élu Jason Kenney comme nouveau gouverneur de l’Etat. L’homme de droite est favorable à l’extraction pétrolière, à la construction de pipelines et s’oppose aux taxes sur le carbone. Toute l’artillerie du parfait pétrolier en un seul homme politique. Il se fera un plaisir de remplacer les décisions de Rachel Notley qui avait tenté d’amener un vent nouveau.

Le Premier Ministre Trudeau est de plus en plus écartelé entre le climat et l’industrie pétrolière canadienne. Alors qu’il espère sa réélection en octobre dernier, l’exercice montre que son indécision et ses contradictions entre la construction de pipelines et le réchauffement climatique peinent à générer un soutien populaire. Les résultats climatiques de Trudeau sont tout aussi misérables que son prédécesseur Stephen Harper et la comparaison n’est pas flatteuse.

La hausse des températures est en moyenne deux fois plus élevées au Canada que dans le reste du monde selon le département du gouvernement canadien Environment and Climate Change Canada.

 

Argentine

La production de pétrole de schiste, dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza, pourrait atteindre 200’000 b/j en 2021 selon Rystad Energy. La région produisait 78’000 bj en février 2019.

 

 

Asie

Chine

Pour la première fois depuis 4 mois, les chiffres de l’activité industrielle du pays sont en hausse. On ne connait pas encore la cause de ce revirement. Il pourrait provenir de l’énorme stimulation financière du Gouvernement, d’une simple manipulation des chiffres ou d’une reprise réelle. A confirmer.

Les compagnies pétrolières vont augmenter de 20%, à 74 milliards $, leurs dépenses pour tenter de stimuler la production pétrolière et gazière. Parfois le fait d’injecter des milliards dans des vieux gisements est une stratégie gagnante, parfois pas.

La Corporation Chinoise Nucléaire espère pouvoir construire entre 6 et 8 centrales nucléaires par an si le gouvernement donne son feu vert. Depuis Fukushima, Pékin n’avait pas approuvé la construction de nouvelles centrales. Pékin vient de donner l’autorisation pour 2 nouvelles unités.

Le pays subit une épidémie de peste porcine africaine. Plusieurs millions de porcs ont été abattus en Chine, pays qui est à la fois le premier producteur (50% du cheptel porcin mondial), mais aussi le premier consommateur mondial de porc. L’Europe, le Brésil, le Canada et les USA compensent les pertes. Cette situation impacte également les livraisons de soja notamment du Brésil.

La Chine a organisé une réunion avec les pays qui se trouvent sur «La route de la Soie» dont 1’000 milliards $ d’investissements sont prévus pour des infrastructures de transports. L’idée est de créer une alternative commerciale aux USA.

 

Japon

Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, a débuté le retrait des 566 barres de combustible nucléaire de la piscine du réacteur no 3. Cette opération a été reportée plusieurs fois et elle devrait durer 2 ans.

La piscine du réacteur 4 a déjà été vidée entre 2013 et 2014. Les travaux pour les piscines des Réacteurs 1 et 2 ne devraient pas débuter avant 2023. La piscine 1 contient 392 et la piscine 2 615 barres de combustible.

L’autorité de surveillance nucléaire japonaise a refusé d’étendre les délais pour mettre en place des mesures antiterroristes pour les centrales. Les propriétaires rechignent à entreprendre les travaux qui devraient se terminer durant l’été 2020. Le pays pourrait voir toutes ses centrales mises à l’arrêt.

L’Empereur Akihito a laissé son siège à son fils Naruhito.

 

Australie

L’entreprise Tritium propose des chargeurs de voitures électriques super rapides permettant d’ajouter 300 km en 10 minutes.

 

 

Europe

Les compagnies pétrolières européennes comme Shell, BP, Total sont en train d’ajuster leur business model en ajoutant la production d’électricité à base de gaz ou de renouvelables. Ces majors vont entrer en frontal avec les grands producteurs électriques traditionnels. Du côté des citoyens, la possibilité d’auto-consommer sa production d’électricité solaire et de stocker ou de revendre le surplus à ces voisins est de plus en plus une option incontournable.

 

Russie

La production Russe aurait diminué à 11,24 millions b/j en avril afin de satisfaire les quotas de l’OPEP: -230’000 b/j par rapport à la production d’octobre de 11,421 millions b/j. Moscou est passé maître dans l’art d’augmenter artificiellement sa production afin de baser les coupes sur des niveaux anormalement élevés. Pour le coup, la Russie n’a pas eu à forcer la main pour revenir à une situation normale.

Rosneft, le plus grand producteur pétrolier du pays, va se développer en Arctique grâce à la fonte des glaces. Les sanctions occidentales avaient ralenti le processus et ExxonMobil avait dû se retirer. Pour maintenir sa production pétrolière Moscou a besoin de trouver de nouveaux gisements pour remplacer ses vieux gisements.

La nature a horreur du vide et la géopolitique copie la nature. Le vide laissé par l’administration américaine est instantanément comblé par Moscou. Ce mois, Vladimir Poutine en a profité pour rencontrer, à Vladivostok, Kim Jong Un. Il s’est également rendu à Pékin pour le sommet de « la route de la soie ». Le président chinois Xi Jinping a souligné : «Le Prédisent Poutine est un bon ami et un vieux ami du peuple chinois. Il est l’un de mes meilleurs amis».

 

Hollande

La compagnie Shell a annoncé sa démission de l’un des plus grands groupe de lobby pétrolier des USA : American Fuel & Petrochemical Manufacturers qui compte 300 entreprises. Le lobby refuse les taxes sur le CO2 pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Royal Dutch Schell a lancé un programme de 3 ans de reforestation pour un montant de 300 millions $. Les arbres seront plantés en Hollande et en Espagne.

 

En Europe, les prix du gaz sont au plus bas depuis 5 ans.
N’espérez pas un rabais de la part de votre fournisseur, leur marge n’est que de 800 à 900% (8 et 9x le prix d’achat).
Source: Platts, graphique FT

 

 

Angleterre

L’américain ConocoPhillips se retire de l’exploration et de la production pétrolière anglaises. Conoco a vendu à Chrysaor e&P Ltd ses deux actifs dans la Mer du Nord pour 2,68 milliards $.

Le département du gouvernement «Business, Energy & Industrial Strategy» envisage d’augmenter la production d’énergies renouvelables de 75% d’ici à 2035 afin de réduire la production d’électricité à base de gaz. L’objectif est d’atteindre 211 TWh ce qui représentera le 58% des besoins électriques en 2035.

Londres a ouvert sa zone « Ultra low emission zone » (ULEZ) où les véhicules les plus polluants devront s’acquitter d’une obole journalière de 14,5€ pour y circuler en plus des droits pour entrer dans la ville.

Julian Assange, Fondateur de WikiLeaks a été arrêté et les USA ont demandé son extradition. WikiLeaks avait notamment publié de nombreux documents sur les entreprises pétrolières américaines et sur l’Arabie Saoudite.

 

Allemagne

Le groupe VW est responsable de 2% des émissions de CO2 dans le monde, soit la même quantité que l’Allemagne. La répartition est répartie à part égales entre les camions et les voitures.

 

Suisse

Pour la première fois, une voiture électrique a été la plus immatriculée sur un mois, devançant des modèles à essence de Skoda et VW. Le Model 3 de Tesla s’est écoulé à 1’094 exemplaires, devançant la Skoda Octavia à essence (801) et la Golf de VW (546), selon les statistiques d’Auto Suisse. Après des mois d’attente, la Tesla 3 a été livré sur le marché Suisse.

La production d’électricité solaire pourrait être multipliée par 40 en Suisse si l’on profitait de tout le potentiel en façade et sur les toits. L’Office fédéral de l’énergie vient de publier le site Façade au Soleil. Ces instruments montrent que l’électricité solaire exploitable en Suisse pourrait avoisiner les 67 térawattheure, contre 1,7 récoltés en 2017 sur toute la Suisse.

L’EPFL (Ecole polytechnique Lausanne) a mis au point un système qui produit une quantité record d’hydrogène propre. Le dispositif concentre la lumière du soleil et réduit la quantité de matériaux rares et coûteux. Il est actuellement testé sur le campus de la Haute Ecole et pourra produire 1 kg d’hydrogène par jour en cassant des molécules d’eau grâce à l’énergie solaire. A suivre.

 

France

Le gouvernement Macron travaille sur une réorganisation ou le démantèlement d’EDF demandé par Bruxelles. Le premier électricien européen pourrait voir une partie de ces activités… et la privatisation progressive des autres.

EDF fait face à une équation quasi impossible avec la perte de centaines de milliers de clients par an et doit prévoir des milliards € d’investissement pour maintenir en vie un parc nucléaire vieillissant voir de leur remplacement.

Cerise sur le gâteau, EDF cumule plus de 33 milliards € de dettes. En France, l’électricité est vendue à perte afin de donner la perception que le nucléaire est bon marché.

La mise en service de la centrale nucléaire EPR à Flammanville va être retardée de deux ans à cause d’un défaut dans des soudures dans la cuve. Les coûts de la centrale française dépasse les 11 milliards € au lieu des 3 initialement prévus.

En 48 heures, la cathédrale Notre Dame de Paris a récolté plus d’argent que les Restos du Coeur durant les 5 dernières années.

Le site d’investigation Disclose publie des documents “secret défense” qui indique que l’Arabie Saoudite utilise massivement des armes françaises dans la guerre contre le Yémen. Ces armes sont également utilisées contre des civils.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Les USA ont annulé les exemptions pour les exportations de pétrole iranien pour le 2 mai. Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de remonter son niveau d’extraction afin de combler le manque. Le Ministre de l’Energie a demandé de voir l’effet sur les marchés avant d’effectuer un changement. Actuellement, les exportations de l’Arabie Saoudite s’élèvent à 6,977 millions b/j (7,6 en décembre 2018).

La compagnie pétrolière Saudi Aramco prévoit de mettre en vente 10 milliards $ de ses actions. Pour réussir son coup, elle est forcée à apporter un peu de transparence. La muette a ainsi publié ses premiers chiffres depuis sa nationalisation dans les années 80.

La surprise vient des chiffres du plus grand gisement du monde «Ghawar». Il ne produirait plus que 3,8 millions b/j au lieu des 5,8 estimés par l’EIA. Est-ce le royaume pourrait entrer sur une phase de déclin? Ainsi le Bassin Permien américain avec ses 4,1 millions b/j devient le plus grand gisement pétrolier mondial, même si la qualité des deux gisements est fondamentalement différent.

Aramco possèderait des réserves pétrolières de 257 milliards de barils (toujours le même chiffre depuis 40 ans). Sur les 224 milliards de bénéfices, avant la ponction réservée au gouvernement et à la famille royale, Saudi Aramco publie un bénéfice net de 111 milliards $ en 2018. Record du monde battu.

Saudi Aramco est «en discussion sérieuse» afin d’acquérir 25% de l’Indien Reliance Industries actif dans la pétrochimie et le raffinage. L’accord pourrait se faire avec un chèque de 10 à 15 milliards $. Cet achat pourrait encrer l’utilisation du pétrole saoudien en Inde qui est devenu le 3ème plus grand consommateur mondial.

Pour les 5 prochaines années, le Paris-Dakar va quitter l’Amérique Latine pour rejoindre l’Arabie Saoudite.

Riyad a menacé de cesser d’utiliser le dollar américain pour la vente de son pétrole si les USA signent la plainte antitrust contre l’OPEP et ses membres. Pour l’instant, il ne s’agit qu’un bombage de torse. Mais si l’OPEP devait quitter le dollar, l’égo et le statut de la monnaie américaine en prendrait un coup. Dans cette configuration, on peine à imaginer que le NOPEC de la justice US ait une chance de succès.

 

Egypte

Sous pression du FMI, le gouvernement pourrait cesser les subsides sur les carburants d’ici au 15 juin 2019. En échange, le FMI va accorder un prêt de 12 milliards $.

Les prix de l’essence, du diesel et du kérosène vont presque doubler. On peut s’attendre à une vague de gilets jaunes.

 

Irak

Les exportations ont diminué à 3,377 millions b/j en mars (-240’000 par rapport à février). La région pétrolifère de Basra a subi de fortes inondations après des mois de sécheresses.

Le premier ministre Abdul-Mahdi s’est rendu en Arabie Saoudite pour rencontrer le roi Salman. Pendant des années, l’Arabie a supporté financièrement les groupes Sunnites alors que Bagdad est solidement relié aux Chiites d’Iran.

L’Irak voudrait construire une raffinerie au nord de la ville de Kirkuk pour utiliser son pétrole localement. Actuellement, le pays doit exporter 300’000 b/j de pétrole via la Turquie et le Kurdistan.

 

Koweït

Le petit Etat va débuter une première phase d’extraction pétrolière. Après avoir extrait 60’000 b/j en janvier, l’objectif est d’atteindre 430’000 b/j de brut lourd.

 


Dessin: Chappatte

 

Afrique

Algérie

Le PDG du géant gazier algérien Sonatrach, Abdelmoumene Ould Kaddour, a été licencié trois semaines après le retrait du Président Bouteflika. Il s’agit d’un nouveau signe que l’armée veut purger le pays des personnes associées avec l’ancien régime. En 9 ans, 7 PDG ont été licenciés de cette entreprise nationale.

Ce geste pourrait retarder ou activer les investissements étrangers dans les vétustes installations gazières et pétrolières. L’Algérie fait face à une baisse de production à cause d’installations et de gisements vieillissants ainsi que de l’augmentation de la consommation interne. En Algérie, le gaz est bradé et vendu à perte ce qui bloque tout émergence des énergies renouvelables ou toutes les initiatives d’efficience énergétique.

Le budget de l’Etat repose à 40% sur la vente d’hydrocarbures et 95% des entrées de devises étrangères. Le Général Saleh a également arrêté plusieurs « milliardaires » actifs dans la construction.

 

Nigeria

La crise de carburant, que traverse le plus grand producteur pétrolier d’Afrique, s’aggrave alors que les automobilistes font la queue pour faire le plein. Jamais à court d’idée pour apporter un peu d’ambiance, le Fond Monétaire International (FMI) suggère au gouvernement d’abandonner les subsides sur les carburants qui maintiennent les prix sous les 40 ct € le litre.

La Banque Mondiale en rajoute une couche et évalue les subsides à 2 milliards $.

 


Coûts d’extraction par baril de pétrole en $
Source: Saudi Aramco. Graphique FT.com

 

Phrases du mois

«Je ne suis pas un économiste et j’ai déjà dit que je ne comprends rien à l’Economie. Les chauffeurs de camions sont ceux qui transportent la richesse du nord au sud et d’est en ouest. Ils doivent être traités avec soin et considération. Nous voulons un prix correct pour le diesel.» Jair Bolsonaro, Président du Brésil qui explique sa décision de ne pas augmenter les prix du diesel.

«Les décennies de croissance économique auront épuisé les ressources de la planète avant d’étancher notre soif de posséder, notre modèle de production-consommation nous ayant entraînés dans une économie de l “avoir” plutôt que de l “être”», avec pour conséquence «l’insoutenable concentration de la richesse dans le monde, véritable bombe à retardement. Il faudra notamment lutter contre «la déshumanisation de l’économie». Emmanuel Faber, PDG de Danone,

La colère fait les émeutes, seul l’espoir fait la révolution“.  Pierre Kropotkine

Construire des centrales nucléaires pour résoudre le changement climatique, c’est comme mettre un glaçon dans une baignoire pour la refroidir. L’impact sur la température est négligeable et les dégâts d’un accident ou d’une catastrophe nucléaire sur l’environnement est pire que le problème original“. Pablo Servigne

De défaites, en défaites, nous volons vers la victoire.

«Les riches qui règnent sur une société en voie d’effondrement s’achètent seulement le privilège d’être les derniers à mourir de faim». Jared Diamond.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Même un 1 avril, vous n’y trouverez pas de poisson!
– Allemagne: VW se lance dans la distribution d’électricité
– Chine: Le président en Europe pour promouvoir sa route de la soie
– Norvège: Le fonds souverain sort du pétrole de schiste
– Monde: La consommation des énergies fossiles en hausse, comme le CO2
– USA: Les Majors achètent les petits producteurs pétroliers
– Algérie: Le président Bouteflika se retire. L’armée montre ses muscles
– Japon: 8 bougies sur le gâteau d’anniversaire de Fukushima.


Comme les ours, le pétrole va terminer son hibernation pour déployer toute sa force durant les mois d’été. Pour l’instant, le réveil est calme. Comme le changement d’heure en Europe, personne ne sait où il va aller dans les mois à venir. A Londres, il termine ce mois à 68,39$ (fin février 66,39$). A New York, il pointe à 60.14$ (56,94$ fin février).

 

Graphique du mois

Consommation d’Energie Primaire dans le monde en 2017
Le gaz et le pétrole: 57% et avec le charbon: 85%
Source: BP World of Energy 2018

 

Planète

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,3% à 33 milliards de tonnes, indique l’Agence Internationale de l’Energie. Une augmentation record depuis 2010.

Pour son directeur, Fatih Birol, c’est une “surprise pour beaucoup” et une hausse exceptionnelle due aux énergies fossiles. “Nous avons vu une augmentation extraordinaire de la demande d’énergie, au plus haut depuis 10 ans. Toutes les énergies fossiles sont en hausse : charbon, gaz, pétrole.

La hausse annuelle de 560 millions de tonnes équivaut aux émissions de l’industrie de l’aviation. Si l’Europe baisse, c’est en Chine, en Inde et aux USA que l’augmentation fut la plus forte.

 

Monde

La santé de l’Economie mondiale montre des signes de fatigue. Une petite toux ou un virus? Le médecin va se pencher sur le malade, même si dans certains pays l’on parle déjà de récession. Du coup, le prix du baril de pétrole ne sait pas trop où aller. Dans le doute, l’Arabie Saoudite va continuer à diminuer sa production pour espérer voir les prix grimper.

Après avoir abreuvé en carburants nos chers véhicules, les grandes majors pétrolières s’embarquent dans la production et la livraison d’électricité notamment pour les voitures. Le mouvement des pétroliers ressemble à la transition effectuée par l’industrie du tabac dans la e-cigarette.

Ainsi Total et Shell opèrent des achats stratégiques. Si le gaz devrait générer l’électricité vendue par les géants du pétrole, Shell mise sur les énergies renouvelables et espère un retour sur investissement de 8 à 12%.

La capacité des majors à trouver des fonds pourraient faire trembler les producteurs traditionnels d’électricité comme E-On, RWE, EDF, Axpo ou Alpiq.

 

Peak Oil

Dès l’arrivée du pétrole de schiste en 2008, les discussions sur le peak oil ont été reléguées aux oubliettes. Depuis quelques mois, la tendance est en train d’évoluer.

A court terme, l’avenir du pétrole offre deux visages. Certains penchent sur une hausse des prix et une baisse de la production notamment dans le schiste américain. D’autres, comme le président Trump, tablent sur une hausse modérée des prix et une production qui suit la demande.

Un indice pourrait provenir des investissements et des tendances de ce début d’année. Voir le graphique ci-dessous, avec les intentions d’investissements dans les 5 principaux gisements de schiste aux USA.

 

En noir foncé: la production pétrolière
En gris: les intentions d’investissements

 

Depuis 2008, le boom du pétrole de schiste a été financé par des prêts et des actions dans des entreprises qui n’ont jamais dégagé de bénéfice. Les producteurs avaient promis des dividendes et des bénéfices pour fin 2018. Il n’en est rien et Wall Street est en train de serrer les cordons de la bourse. Les données chiffrées montrent que les investissements sont en chute libre depuis le début de l’année et devraient impacter la production dans les mois à venir.

 

Les pays à la Une du mois de mars

Venezuela

Suite à une panne totale d’électricité d’une semaine, la production pétrolière du pays a été sérieusement impactée. Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité du pays à pouvoir faire redémarrer sa production ou si elle va totalement s’écrouler, et le pays avec. Pour ne rien arranger, une nouvelle série de pannes est venue secouer le pays à la fin du mois.

Avant ces incidents, la production pétrolière reculait de 50’000 b/j par mois et avait passé sous la barre du million de barils. De son côté, les USA, qui importaient plus de 500’000 b/j, ont réussi à réduire leurs importations à néant. Pour le coup, Caracas dévie ses livraisons vers Moscou. Il reste à déterminer les entrées financières pour le régime Maduro.

Deux avions militaires russes ont atterri à Caracas avec une centaine de militaires et 35 tonnes de matériels. Le président Maduro a précisé qu’un prochain vol apportera des médicaments et de l’aide humanitaire.

PetroChina prévoit une baisse de 33% des livraisons de pétrole du Venezuela à 186’000 barils par jour.

Du côté politique, le bras de fer entre le président Maduro et son opposant Juan Guaido, continue. Le vainqueur devra imaginer un futur qui s’évapore de plus en plus avec l’effondrement des installations pétrolières.

 

Production pétrolière du Venezuela
Source: Ron Patterson’s Peak Oil Barrel.

Algérie

Sous la pression des militaires, la situation se tend. Le chef des armées, Gaïd Salah, a demandé la destitution du président Abdelaziz Bouteflika.

En 2018, les ventes de pétrole et de gaz représentaient le 40% du budget du pays. Si l’arrivée du président Bouteflika a coïncidé avec la hausse des prix du baril au début des années 2000, une grande partie des pétrodollars ont servi à la corruption, à la construction de constructions inutiles et à de généreux versements pour maintenir la paix sociale.

La chute des prix du pétrole a fortement pesé sur les réserves du pays qui ont fondu de 178 milliards $ en 2014 à 88,6 en juin de l’année dernière.

Alors que les gisements pétroliers et gaziers vieillissent, la consommation interne augmente fortement notamment pour la production d’électricité. Basé sur le modèle français, l’Etat subventionne fortement le kWh. Il est facturé à 3 ct € alors que son prix de revient est à 8,9ct €.

Comme beaucoup de pays pétrolier/gazier, l’Algérie va devoir effectuer une transition rapide hors des énergies fossiles et tenter de diversifier les revenus du pays.

Le géant pétrolier ExxonMobil retarde ses explorations de gaz de schiste en Algérie. Les compagnies étrangères évaluent les risques d’un changement de régime au pouvoir.

En Algérie, l’humour a toujours été utilisé pour taquiner le pouvoir, en particulier dans les moments difficiles. Cette tradition s’est confirmée ce mois.


Manifestation et humour en Algérie

 

Arabie Saoudite

Malgré la hausse des prix du baril depuis le début de l’année, l’Arabie Saoudite va maintenir ses coupes de production pétrolière, au moins jusqu’en juin, à un niveau de 6,9 millions b/j.

Le ministre de l’Energie, al-Falih ne désire pas changer cette stratégie lors de la prochaine rencontre de l’OPEP. D’abord prévue en Avril, la rencontre de l’OPEP a été repoussé de 3 mois.

Pour équilibrer son budget, le pays compte sur un baril à 70$.  Même si les USA vont continuer à extraire du pétrole de schiste très léger, idéal pour produire du plastique, le royaume sait que le monde ne dépend pas du schiste, mais de pétrole lourd nécessaire aux avions, camions, bateaux et voitures.

Riyad pense que la demande de brut va rester solide cette année, notamment grâce à la Chine avec 11 millions b/j.

Toujours selon le ministre al-Fahih, d’importants gisements gaziers auraient été trouvés dans la Mer Rouge. L’Arabie semble séduite par le gaz et Aramco pourrait acheter des gisements aux USA.

Les exportations vers les USA ont chuté à 1,6 million b/j en février contre 5,75 il y a une année. Paradoxalement, les USA se tournent vers la Russie pour acheter le pétrole lourd dont ils ont cruellement besoin notamment après l’abandon des importations du Venezuela.

L’administration Trump est en train d’examiner la demande de l’Arabie Saoudite afin de s’équiper de centrales nucléaires civiles.

L’Europe a effectué un rétropédalage magistral après avoir mis l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays qui privilégient le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Riyad a menacé “de sévères et négatives conséquences” sur les flux du royaume vers l’Europe. Le Prince a également prononcé la formule magique «ulahup Barbatruc» pour immédiatement revenir dans le monde des gentils. Si l’on se rappelle la gymnastique effectuée par la Suisse pour éviter de figurer sur cette liste noire, la décision européenne laisse perplexe.

 

Chine

L’agence Xinhua annonce la découverte «massive» de réserve de pétrole de schiste dans la municipalité de Tianjin. Selon les désirs du parti, CNPC et Sinopec augmentent fortement leurs investissements d’explorations pétrolières et gazières. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore réussi à percer les mystères du pétrole de schiste américain.

Le président Xi Jinping a débuté une tournée en Europe. Aucun doute, à la table, c’est lui le patron. Quand il parle, il engage son pays. Quand Macron, Merkel et Junker parlent au nom de l’Europe, ils n’engagent que leur parole. Les Chinois savent qu’ils peuvent contourner les menaces européennes en jouant sur les intérêts nationaux divergents. Pour garantir l’ambiance, il a débuté sa visite en Italie.

Stratégiquement en Europe, Pékin s’intéresse à l’énergie dont le premier producteur d’électricité portugais ainsi qu’à l’accès aux ports afin de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises. L’utilisation de l’arme financière et la création de des dettes, aux conditions draconiennes et difficilement remboursables, fait merveille en Asie et en Afrique. C’est au tours de l’Europe de profiter de ce privilège.

Xi Jinping a souligné les défis qui attendent le pays : chômage, politique internationale, commerce et prix de l’immobilier. Il espère que son pays ne soit pas pris dans cette spirale notamment pour éviter tous mouvements sociaux.

 

USA – Pétrole de Schiste

Faute de rentabilité financière depuis plus de 10 ans, Wall Street est en train de couper les vivre aux petits producteurs de schiste. Ceux-ci se font avaler par les majors comme ExxonMobil, Chevron et Conoco. BP et Shell ont rejoint le mouvement même si les préoccupations climatiques des investisseurs pèsent sur les acteurs européens.

Gretchen Watkins, Présidente de Shell USA, a demandé à la Maison Blanche de conserver les règlementations sur la limitation des émanations de méthane dans les extractions de gaz et de pétrole de schiste. Paradoxalement, l’administration Trump désire justement les abolir. Les émanations de méthane pénalisent fortement l’attrait du gaz de schiste qui est plus dangereux que le charbon au niveau des gaz à effet de serre.

Chevron et Exxon sont en train d’industrialiser les procédures de forages de schiste dans le Bassin Permien. Après avoir injecté 10 milliards $, Exxon ambitionne de réduire ses coûts à hauteur de 15$ le baril soit au niveau des prix d’extraction du pétrole conventionnel au Moyen-Orient. Si ce vœux devait se réaliser, il restera plus qu’à ExxonMobil à d’identifier de nouveaux gisements à travers le monde. Paradoxalement, la major ne s’aventure pas dans les autres champs de schiste aux USA.

Durant le mois de décembre, les gisements de schiste du Bakken ont généré 40 millions de barils de pétrole et 55 millions de barils d’eau. L’eau extraite des forages vient soit des gisements soit de l’injection d’eau qui favorise la fracturation des roches. Avec un coût de 4$ le baril d’eau, le traitement de l’eau usée s’élève à 2 milliards $ par année.

Durant la conférence CERA WEEK à Houston, l’IEA a annoncé que le pétrole de schiste pourrait ajouter 4 millions b/j de plus d’ici à 2024. L’Agence pense que la production pétrolière (pétrole, gaz liquide et les hydrocarbures) américaine pourrait grimper à 19,6 millions b/j d’ici à 2024, contre 15,5 aujourd’hui.

Cependant, les données sur les émissions de titres de créance et d’actions par les sociétés de schiste et sur leurs positions sur les marchés à terme montrent de gros nuages dans le ciel et un frein de la production. Cette tendance est à confirmer dans les mois qui viennent.


33% des compagnies de pétrole de schiste on eu un cash flow positif au 3è trimestre 2018

 

Europe

Les prévisions de la croissance du PIB pour 2019 diminuent à 1,1% au lieu de 1,7. Du coup, la Banque Européenne pourrait recommencer un Quantitative Easing. Les banques privées vont ainsi bénéficier d’argent à taux négatif où le simple fait d’emprunter, permet de gagner de l’argent.

 

Norvège

Le Fond de Pension du Gouvernement va diminuer ses participations financières dans les entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière car “ces investissements sont volatiles, risqués et imprévisibles.” Le GPFG est le plus grand investisseur mondial avec plus de 1’000 milliards $ d’actifs.

Le gouvernement a demandé au GPFG de sortir graduellement de l’actionnariat des entreprises pétrolières actives dans l’extraction et la production pétrolière. Les investissements dans les grandes majors comme BP, Exxon, Shell qui s’occupe également de la distribution ne seront pas impactés. Le fonds possède actuellement pour 37 milliards $ d’actifs pétroliers dans son compte.

Ce revirement de situation risque de remettre en question les autres institutions financières comme la Banque Nationale Suisse qui investit dans le même index énergétique et qui fait également face à des pertes financières importantes.

 

Russie

Selon le ministre de l’Energie, la Russie va respecter les quotas pétroliers discutés avec l’OPEP+. Moscou va diminuer ses extractions dans le mois qui vient.

Suite au réchauffement climatique et la fonte des glaces de l’Arctique, Moscou a identifié de nouvelles routes de transports maritimes dans la Mer du Nord ainsi que des opportunités d’extractions pétrolières et gazières. La région pourrait contenir 90 milliards de barils et 47’000 milliards m3 de gaz.

Les taux d’approbations du président Poutine est passé de 80 à 64% durant les 6 derniers mois.

Malgré la pression de Donald Trump, la Russie continue l’installation du gazoduc Nordstream 2 afin de livrer du gaz à l’Allemagne. De son côté, Washington annonce des sanctions contre les entreprises qui participent à la réalisation de Nordstream 2 et parallèlement Gazprom étudie un moyen de contourner ces sanctions. Le monde de l’énergie est extraordinaire. L’objectif est de créer une compagnie qui gèrera les 50 km sur le sol Allemand et qui tombera sur le coup des sanctions. Cela permettra d’éviter de mettre en danger les 9,5 milliards $ d’investissements sur les 1’200 km du gazoduc.

 

Allemagne

VW se lance dans la production et la distribution d’électricité via sa société Elli.  Elli fournira des bornes de recharge de véhicules électrique et les services associés aux clients résidentiels et aux entreprises mais fournira également de l’électricité verte, que le consommateur soit déjà client de Volkswagen ou non, qu’il soit propriétaire d’un véhicule électrique ou non. Cette offre entre en concurrence avec les producteurs traditionnels d’électricité ainsi que Shell et Total qui se lancent également dans ce créneau.

Paradoxalement, jugé cancérigène, le pesticide Roundup, à base de glyphosate, continue d’empoisonner Bayer-Montsanto. Le géant allemand de la pétrochimie avait déboursé 63 milliards $ pour avoir le privilège de faire face à 11’200 actions en justice sur le sol américain. Ce mois, elle vient de perdre un nouveau procès au niveau fédéral avec une pénalité de 81 millions $. Bayer pourrait débourser jusqu’à 20 milliards $. Le chiffre d’affaires de Bayer-Montsanto atteint les 40 milliards $ par année.

Avec l’arrivée des voitures électriques, l’industrie Allemande pourrait perdre 80’000 emplois dans le secteur.

 


Dessin Chappatte

France

Soutenues par deux millions de signataires de la pétition “L’Affaire du Siècle“, quatre ONG ont déposé plainte contre le gouvernement français pour inaction climatique.

Le film Le couvercle du soleil, sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, a été censuré par EDF qui possède la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire non lieu de la salle de cinéma qui désirait le projeter. EDF a mis demandé au cinéma de renoncer à passer ce film s’il voulait continuer à recevoir des aides financières.

En toute discrétion, le gouvernement Macron a décalé de 3 ans l’interdiction de la production de certains pesticides interdits par l’Union européenne.

Pour ceux qui ont Twitter, découvrez un compte qui apporte la bonne humeur: Le Journal de l’Elysée. C’est parodique et très décalé.

 

Bande Annonce Le Couvercle du Soleil, Fukushima

 

Hollande

Maarten Wetselaar, Directeur du gaz et des nouvelles énergies à Royal Dutch Shell, annonce que d’ici à 2030, le géant pétrolier désire devenir l’un des plus grands producteurs et distributeur d’électricité.

Poussé par ses investisseurs, Shell va se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre. D’ici à 2021, l’entreprise espère réduire son emprunte carbone de 2 à 3% par rapport à 2016.

 

Suisse

Contrairement au fond souverain de la Norvège, la Banque Nationale Suisse a explosé ses investissements dans les énergies fossiles aux USA (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) passant de 1,5 milliards $ en 2013 à plus de 6,3 aujourd’hui. La BNS n’a pas hésité à acheter des actions dans 183 entreprises américaines, dont pratiquement tous les acteurs du schiste. La vénérable dame est en passe de devenir l’une des entreprises la plus polluante de la Suisse.

Les fonds prévus pour la désaffection des centrales nucléaires n’est pas suffisant car le rendement du capital des fonds pourrait être revisité à la baisse. Si la demande est validée par la Confédération, les exploitants devront puiser dans leurs poches pour trouver les milliards manquants.  Du côté de l’Allemagne, qui a déjà débuté l’exercice, les budgets prévus sont insuffisants.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

En mars, les exportations pétrolières semblent être en diminution entre 1,1 et 1,3 million b/j contre 1,3 en février.

Selon l’OPEP, la production iranienne reste stable à 2,75 millions b/j après avoir chuté de 1 million b/j depuis l’activation des sanctions américaines.

Les USA ont donné à 8 pays l’autorisation d’importer du pétrole iranien. Washington ne sait pas encore si elle va lever cette faveur. Cependant avec les problèmes d’extractions au Venezuela et dans d’autres pays dans le monde, une rupture d’exportations iraniennes pourraient faire augmenter l’arrêt à la station d’essence pour le SUV de Joe America. Quand l’essence est chère, Joe pourrait hésiter à voter pour Donald en 2020.

 

Irak

Les exportations pétrolières irakiennes ont atteint 3,996 millions b/j en février, presque un record.

Augmentation du PIB Chinois.  J’aime les contes de fées.

 

Les Amériques

USA

Le jeu “Qui va récolter des millions” a débuté. Le vainqueur aura le droit de devenir Président et de prendre demeure à la Maison Blanche. A ce jeu, Trump a déjà amassé 130 millions $ et caracole en tête d’autant que le rapport Mueller l’a blanchi dans l’affaire russe.

Les effets de la réforme fiscale sur les entreprises émergent. Les recettes ont diminué de 1,5% sur un an (-34% pour l’impôt sur les sociétés) et le déficit fédéral avoisine le 4,5% du PIB pour un total de 22’000 milliards $ soit 107% du PIB. Il devrait manquer 1’000 milliards $ dans le budget en 2019.

Pour des raisons économiques et de flexibilité, BP va produire de l’énergie solaire afin de l’injecter dans ses divers lieux de productions pétrolières. Il y a 2 ans, BP avait acheté la compagnie Lightsource avec des investissements prévus de 200 millions $ sur 3 ans.

 

Canada

ExxonMobil va retarder ses investissements de 1,9 milliards $ dans les pétroles bitumineux en Alberta. Son entreprise locale, Imperial Oil avait prévu d’extraire 75’000 b/j d’ici à 2022. Exxon va revisiter son objectif notamment à cause du manque de pipelines pour transporter le brut vers les USA.

Durant les 12 derniers mois, le nombre de forages de pétrole et de gaz a reculé de 56 unité à 105. L’industrie fait face à une pénurie de pipelines et gazoducs pour transporter ces matières premières.

 

Mexique

Le gouvernement propose d’utiliser le «Fonds de Stabilisation» pour rembourser une partie des dettes de son géant pétrolier Pemex. Actuellement, la valeur de ce fonds public est estimé à 15,4 milliards $. La dette totale de Pemex dépasse les 100 milliards $.

Dessin: Chappatte

 

Asie

Japon

Le 8ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima démontre la patience nécessaire afin de tenter de stabiliser la situation.

TEPCO, le propriétaire de la centrale, a proposé de vidanger dans l’Océan Pacifique, toute l’eau contaminée utilisée lors du refroidissement quotidien des réacteurs. L’entreprise est incapable de traiter cette eau qui s’accumule de jour en jour.

Du côté technique, cette dernière année, un robot a réussi à retirer quelques grammes du corium (combustible nucléaire fondu). C’est un bon début. Il n’en reste plus que 500 tonnes.

Du côté de la santé, les études réalisées depuis la catastrophe documentent une exposition des cas de cancers notamment chez les enfants. Normalement, tous ces détails seront réglés d’ici au 24 juillet 2020 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les coûts de la décontamination de la centrale pourraient atteindre plus de 640 milliards $ (voir vidéo ci-dessous)

À Fukushima, le coût faramineux de la décontamination nucléaire. France24

 

Afrique

Libye

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye dans des combats avec le Khalifa Haftar (Armée Nationale Libyenne, LNA) pour la possession de champs pétroliers. A Murzuq, la LNA a gagné sa première bataille pétrolière. Si cette information est vérifiée, elle pourrait expliquer le temps nécessaire afin de reprendre l’extraction de 300’000 b/j.  La fermeture aurait coûté 1,8 milliard $ au pays.

Le Général Haftar, 75 ans, semble prendre l’ascendant sur le pays notamment grâce à l’aide des Emirats Arabes Unis et l’Egypte. L’objectif est refaire régner l’ordre dans un pays divisé oar une multitude de milices et de peuplades.

 

Phrases du mois

En arrivant il y a 6 ans au conseil d’Etat vaudois au département des infrastructures, je m’attendais à gérer des réseaux routiers, ferroviaires et des navettes lacustres mais pas des questions telles que la voiture autonome ou les drones ambulance“. Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat Vaudoise.

The full impact of the shale revolution is yet to be seen. It is now coming. Because the first wave of oil and gas shale was mainly used domestically, to replace imports. The second wave of production is going to be used to export US oil and gas [to] several nations around the world. And this will have a major impact on the established oil and gas market order.”  Fatih Birol, Director IEA

While most forecasts see peak oil demand at some point in the 2030s, the oil industry still sees itself as being relevant for decades to come.” Amin Nasser, PDG Saudi Aramco.

L’assertion de la maîtrise de l’humain sur le Monde est pratiquement balayée par la montée des eaux et des tempêtes d’une puissance sans précédent.” Stephanie Wakefield.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.