Le tourisme de l’Espace : ce nouveau jouet

Photo Virgin Galactic

Jadis, les voyages en avion étaient réservés à une élite richissime et des cadres d’entreprises. Il y a quelques années, l’arrivée des compagnies à bas coûts a ouvert ce luxe à la classe moyenne et moins aisée de notre société.

Dans certains pays, comme la Suisse, les pays nordiques ou les USA, le transport aérien est devenu une commodité aussi accessible qu’une pizza.

Sous l’impulsion d’entrepreneurs milliardaires, de nouveaux vaisseaux vont permettre à la classe supérieure de retrouver un luxe exclusif. Le tourisme de l’espace est d’abord une histoire d’argent.


 

La guerre froide entre la Russie et les USA avait permis l’émergence de la conquête spatiale. Les coûts et les défis technologiques ne pouvaient être surmontés que par les Etats.

Aujourd’hui, les compagnies privées des richissimes Richard Branson, Virgin Galactic, Elon Musk, SpaceX ou le patron d’Amazon, Jeff Bezos, Blue Origin, se concurrencent pour créer ce nouveau marché réservé à des portefeuilles très garnis.

Il faudra compter plus de 250’000$ pour un voyage de 2h30 afin d’observer notre planète en état d’apesanteur.

 

250’000 lt de carburants pour 2h30 de vol

Alors que les Branson ou Musk génèrent une partie de leurs revenus dans la lutte contre le changement climatique, à l’opposé le tourisme spatial englouti des quantités gargantuesques de pétrole. Schizophrénie ou green waching ?

L’envoi d’un vaisseau dans les hautes couches nécessite entre 150’000 et 250’000 litres de carburants. Ce voyage de 2h30 minutes annonce une moyenne de 100’000 kg/CO2 par passager !  Dans le monde, aucune machinerie n’est plus prolixe pour émettre autant de polluants en un laps de temps aussi court.

Dans les années à venir, on peut se poser la question de l’utilité, de la pérennité et de la justesse de ce nouveau concept d’autant que les quantités mondiales de pétrole à disposition tendent au déclin.

La solution SolarStratos, de l’aventurier Suisse Raphaël Domjan, de joindre la stratosphère avec des moteurs électriques semble faire bien plus de sens tant sur le plan énergétique, financier et éthique.

 

Ménager son égo et ses vols

En avion, le Suisse voyage deux fois plus que la moyenne européenne avec 2’000 km par année. Selon les statistiques, ce sont les 18-24 ans qui volent le plus, suivis de près par les 25-44 ans.

Si les vols dans l’espace pourraient rendre obsolète et ridicule (si ce n’est déjà pas le cas) les photos partagées sur Facebook, Twitter ou Snapshat d’une pizza servie lors d’un weekend à Barcelone, peut-être que nous ne serions plus obligés de parcourir le monde pour nourrir notre égo.

Tiens, SpaceX vient d’annoncer une réduction de sa voilure et licencie 600 de ses 6’000 employés.

Pendant ce temps dans son hangar, Raphaël Domjan, s’approche, en silence, des étoiles.

 

Pétrole: le baril dégringole à 45$

Comme un pied de nez à la COP24 sur le climat, le baril de pétrole dégringole à 45,79$ à New York et 55,89$ à Londres, soit une baisse de plus de 30$ depuis début octobre.

A la fin de l’été, le consensus tablait sur un baril à 100$. Mais à la bourse, à chaque fois que c’est «évident», c’est le contraire qui se passe. Surproduction des 3 géants USA, Russie et Arabie Saoudite et perspectives économiques moins roses que prévues sont les ingrédients pour tenter d’expliquer cette dégringolade.


 

Début décembre, l’OPEP+ annonçait une réduction d’extraction pétrolière de 1,2 millions barils/jour (b/j) afin de faire remonter les cours. Le top départ de cette initiative était annoncée pour janvier.

Comme une marmotte au début de l’hiver et avant l’entrée en vigueur des quotas, les producteurs ont profité pour accumuler un maximum de réserves en extrayant des quantités maximales de pétrole.

L’Agence Américaine de l’Energie annonce que les USA sont devenus les plus grands producteurs du monde avec 11,7 millions b/j. Même si ces chiffres seront «corrigés» à la baisse dans quelques mois, la tendance est là. La Russie a également poussé ses machines à fonds avec 11,4 millions b/j en décembre et l’Arabie Saoudite tourne à 11.

De plus, comme les perspectives économiques de la croissance mondiale sont moins enthousiastes, les traders poussent les prix vers le bas.

 

Production de schiste aux USA en millions de barils/jour. Source IEA

 

Aux USA, les extractions de pétrole de schiste sont en forte augmentation de +134’000 b/j sur décembre ce qui compense les pertes du Venezuela.

Cependant, le prix de vente du pétrole de schiste US est passé sous les 40$ à 39$ le baril.

Déjà qu’à 60$, les pétroliers américains espéraient un timide bénéfice, à 39$, leurs pertes se chiffrent en milliards $. Le soutien inconditionnel des institutions financières internationales reste un mystère.

 

 

Champs de pétrole de schiste aux USA

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: Le baril a perdu plus de 30$ depuis octobre
– France: Les gilets jaunes bousculent le gouvernement
– OPEP: La Russie pourrait se joindre au cartel
– Techno: Un taxi sans chauffeur vient vous chercher
– Australie: Le Premier Ministre se frite avec les écoliers
– Russie: Le pays relie la Turquie et la Chine avec ses gazoducs
– Japon: Les déchets de Fukushima balancé dans le Pacifique
– USA: Le schiste américain bientôt à 7 millions de barils/jour.
– Iran: Le chinois CNPC remplace le français Total


Très grosse grosse gamelle du pétrole. Depuis le début octobre, il a presque perdu 30$. Tout le monde le voyait passer de 87 à 100$. Badaboum, on le retrouve à 59,46$ à Londres (75,91$ fin octobre) et à 50,93$ à New York (66,18$ fin octobre).

L’Uranium se stabilise après de fortes hausses suite à des problèmes d’extraction. Il passe la barre des 28 à 28,4$ (27.60$ fin octobre).

 

Graphique du mois: Impact de la hausse du prix des carburants en France

Planète

En 2017, le taux d’émission de CO2 est reparti à la hausse pour arriver au niveau record de 405 ppm.

Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz ou de charbon. Sur cette note, la Xème Conférence sur le Climat a débuté en Pologne. Voilà, tout est dit sur cette rencontre. Celle de 2019, prévue au Brésil, a été annulée par le nouveau président Bolsonaro.

Les océans ont emmagasiné 60% de chaleur de plus que les estimations précédentes.

 

OPEP+

La réunion du 6 décembre pourrait déboucher sur un tour de vis de la production. L’Arabie Saoudite et la Russie ont atteint des niveaux record d’extraction pendant que les prix se sont pris les pieds dans le tapis pour baisser de 30$ en quelques semaines.

En parallèle et dans l’ombre, l’accord entre Trump et le Prince Héritier MbS : «je ne dis pas que tu as ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et tu continues à pomper du pétrole afin de garder les prix bas» apporte de la confusion. Les deux hommes vont se rencontrer à la réunion du G20 à Buenos Aires.

L’idée, qui flotte dans l’air, est de retirer, petit à petit, 1 million barils/jour (b/j) des marchés. Cependant Riyad ne veut pas être seul à faire des efforts.

Moscou pourrait officialiser une alliance avec l’OPEP. Du coup, Moscou et Riyad pourraient prendre les décisions pour l’ensemble du groupe. L’ambiance risque d’être optimale.

Le Département de la Justice Américaine est en train de revisiter les règles anti-trust concernant l’OPEP. Nom de code de l’opération: «No Oil Producing and Exporting Cartels Act». En gros, l’idée est de démanteler l’OPEP.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

Pétrole

La baisse des prix du baril convient au pickup truck de Joe America et aux gilets jaunes. Cependant,  ce nouveau yoyo ne va pas apporter les centaines de milliards $ nécessaires à l’industrie pétrolière afin de garantir l’offre face à la demande d’ici à 2020.

Même si la situation actuelle constate une légère surproduction, la tendance générale pointe vers une pénurie dès 2020.

Les pays qui ont atteint le peak oil : Algérie 2015, Angola 2016, Australie 2000, Azerbaïdjan 2009, Chine 2015, Equateur 2014, Guinée Equatoriale 2005, Indonésie 2016, Mexique 2013, Hollande 1987, Oman 2016. Reste USA, Russie, Arabie Saoudite, Brésil, Libye, Irak, Iran, Venezuela et Canada pour faire durer le rêve.

Une grande partie des nouvelles extractions pétrolières proviennent des champs de schiste aux USA, +7 millions de barils/jour (b/j). Si les promesses du schiste ne seront pas tenues, vaudra mieux passer directement au chapitre ci-dessous.

 

Voitures Electriques

Les capacités des batteries ne cessent d’augmenter. Si les limites du Li-ion semblent approcher, NantEnergy a annoncé la commercialisation de sa air-zinc batterie.

Dès 2020, Kia Motors et Hyundai vont introduire des toits solaires afin d’accroitre l’efficacité de leurs modèles hybrides et électriques.

25 villes concentrent 1,4 millions de voitures électriques sur les 3,1 en circulation. Les villes chinoises sont largement en tête avec 11 villes dans le top 25. La tendance est d’offrir des places spécifiques et des bâtiments pour effectuer les recharges.

 

Charbon

Si l’Europe et les USA réduisent la quantité de centrales à charbon pour la production d’électricité, l’Asie surcompense largement cette baisse avec 2’000 GW en opération ou en construction.

La moyenne d’âge des centrales à charbon européennes et américaines est de 42 ans. En Asie, elle est de 11.

On vit une époque formidable. L’équipe de foot américain d’Alabama
a fait appel à 2 hélicoptères, pendant 2 heures, pour sécher la pelouse avant leur match.

 

 

Dans les pays hit du mois:

USA

La production pétrolière américaine a atteint 11,3 millions b/j en août. En une année, les USA ont ajouté 2 millions b/j.

Le département de l’intérieur américain étudie l’ouverture prochaine de l’Arctique pour l’exploitation pétrolière.

Les bénéfices d’ExxonMobil ont grimpé à 6,24 milliards $ au 3ème trimestre, cependant la production pétrolière a diminué de 3% à 3,8 millions b/j. L’extraction de gaz a diminué de 4%. Durant les 10 derniers trimestres, c’est le 9ème trimestre qui voit la production d’Exxon reculer.

Les citoyens de la Floride ont voté à 68% contre l’exploitation pétrolière et gazière dans les eaux territoriales. De leur côté, les citoyens du Colorado ont refusé à 58% de garder une distance de sécurité de 1’000 m. des écoles, parcs et sources d’eau pour les forages de schiste. Les producteurs ont mis sur la table un budget marketing de 30 millions $ pour obtenir ce résultat.

Waymo, la start-up de Google-Alphabet, a obtenu l’autorisation d’utiliser ses taxis autonomes sans chauffeur. Oui, un taxi qui vient vous chercher et vous conduit à destination sans chauffeur! Le permis est donné pour tester le système dans les villes et sur les autoroutes à une vitesse maximale de 100 km/h.

La production d’énergie par l’éolien et le solaire représente 1,5% de la demande américaine.  La Virginie a exporté 3,71 millions de tonnes de charbon en octobre, +20,2%.

General Motors va fermer 7 usines dont 4 aux USA et se séparer de 14’000 employés. Les modèles les plus vendus restent les pickups truck et les SUVs soit les deux types de véhicules les plus gourmands.

Un mois après le passage de l’ouragan Florence, l’Etat de la Caroline du Nord a décidé de respecter l’accord sur le climat de Paris et de réduire ses émissions de 2005 de 40% d’ici à 2025. 16 autres Etats américains ont déjà rejoint cette alliance. Les villes et les régions ont moins d’inertie que les pays afin de prendre des décisions sur le climat.

Les conditions climatiques comme l’ouragan Harvey, les inondations et les feux de forêts ont généré pour 306 milliards $ de dégâts en 2017. L’ancien record a été battu de 90 milliards. Avec les incendies qui viennent de ravager la Californie, le millésime 2018 devrait être un bon cru.

Le Minnesota pourrait produire 70% de son électricité grâce au soleil et au vent d’ici à 2050. Les investissements seraient identiques à une solution basée sur le gaz. Aujourd’hui l’Etat produit 20% d’éolien et 1% de solaire.

General Motors, le constructeur automobile, élargit sa gamme en proposant un vélo électrique pliable! Bon, la bête n’est pas vraiment sexy, mais c’est déjà bien pour un constructeur auto. La compagnie recherche un nom. Vous pouvez y participer  eBikeBrandChallenge.com histoire qu’ils utilisent votre adresse e-mail pour vous refiler ce vélo une fois en vente.

Arabie Saoudite

Sous pression de Donald Trump, l’Arabie a extrait une quantité record de pétrole à presque 11 millions b/j. Le concept de base voulait que Riyad compense la diminution de pétrole iranien à cause de l’embargo américain.  En cours de route, Trump a changé d’avis et autorisé l’Iran a exporter plus de pétrole que prévu. Aujourd’hui, c’est un double effet Kisscool avec une chute de 30$ du baril.

Riyad pourrait retourner à un niveau normal de production. Cependant, une baisse de production couplée à la baisse des prix du baril pourrait voir les budgets du pays virer au rouge vif.

Selon le FMI, le train de vie de la famille royale nécessite un baril à 88$.

Le Prince héritier Mohammed bin Salman (MbS) est sous les feux des projecteurs suite à sa décision d’éliminer le journaliste Khashoggi. Grâce à la situation géopolitique et à sa puissance financière, il a obtenu les faveurs du président Trump. (voir la parfaite illustration de Chappatte) . Pour redorer son aura, MbS effectue une tournée mondiale pour réaffirmer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale. On le retrouvera au G20 en Argentine.

Le ministre du pétrole, Khalid al-Falih, a suggéré de diminuer les extractions de pétrole de 1,4 million b/j. Bon, ça c’était avant que Trump envoie un Tweet et tienne les coudes MbS.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2030, le Parlement Européen a confirmé les objectifs: 32% d’énergie renouvelable et 32,5% d’efficience énergétique.

Les émissions de CO2 de l’aviation ne sont toujours pas comprises dans les calculs.

 

Espagne

Le gouvernement a supprimé la possibilité d’exploiter du pétrole ou du schiste sur son territoire.

Le pays ambitionne d’avoir 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050 et d’abandonner les énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 90%.

Madrid prévoit d’installer 3’000 MW/an d’énergie solaire ou éolienne durant les 10 prochaines années.

 

Russie

La production Russe continue à croitre à 11,5 millions b/j. Moscou pourrait rejoindre l’OPEP+ avec un partenariat qui restera à définir. Est-ce que Vladimir Poutine acceptera de diminuer sa production pour faire regrimper les prix du baril ?

La croissance Russe a atteint 2,5% en novembre. L’agriculture, le gaz et le pétrole, l’industrie et la construction soutiennent cette croissance. Avec la chute du baril, cette tendance sera remise en cause.

Gazprom a cessé ses ventes aux enchères de gaz. Toute la production 2018 est vendue. En septembre, Gazprom avait lancé ce système pour vendre au meilleur prix son gaz à l’Europe.

L’ambiance entre l’Ukraine et la Russie est montée d’un ton grâce à l’accrochage entre navires militaires dans la mer d’Azov. Difficile de dire qui a fait quoi et où mènera cet incident.

 

Turquie

La Turquie et la Russie ont célébré l’inauguration d’une partie du gazoduc Turkstream qui relie les deux pays en traversant la Mer Noire. Le gazoduc permettra de créer un hub énergétique en Turquie et de court-circuiter l’Ukraine pour les livraisons de gaz en Europe. A partir de la fin 2019, 31,1 milliards m3/an pourront y transiter.

La Turquie consomme actuellement 16 milliards m3 et à terme, il n’est pas impossible qu’Ankara aspire l’entier de ce gazoduc, laissant des miettes à l’Europe. La Bulgarie, qui importe 100% de son gaz à la Russie, s’est proposée comme porte d’entrée pour l’Europe.

Le gazoduc Nordstrean II qui contourne l’Ukraine et livre le gaz à l’Allemagne aura à terme une capacité de 55 milliards m3/an et 121 milliards kg de CO2.

L’éolienne O-Wind a gagné le James Dyson Award 2018

 

France

Les gilets jaunes ont pulvérisé toutes les prévisions. Sans aucune stratégie énergétique solide sur le chauffage au fioul, au gaz et la sortie du pétrole, le gouvernement s’est fait tirer, à juste titre, les oreilles par les citoyens.

Le gouvernement a demandé à EDF de réfléchir sur son avenir et d’éventuellement d’embrasser la production d’énergie verte au lieu de résister. Le géant va tenter d’imaginer une transition de ces vieux réacteurs nucléaires. Dans l’air, flotte l’idée de séparer l’entreprise en deux parties comme les allemands E-on et RWE. Une partie polluante et risquée (fossile et nucléaire) l’autre verte.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 2% pour la cuisine et de 6% pour le chauffage. Si on peut se féliciter de l’augmentation de cette énergie fossile destructrice pour le climat notamment pour ses émissions de méthane, il est à souligner que les marges des fournisseurs sont impressionnantes. Elles représentent entre 5 à 8 fois le prix d’achat. Quand un fournisseur achète son gaz entre 1,5 euro le kWh il le revend entre 7 et 10 € aux citoyens. Pour réconforter nos amis français, les marges des fournisseurs suisses sont encore plus confortables.

Le gouvernement a donné son feu vert à l’exploitation de 2 parcs éoliens. C’est le chouchou de la classe, Engie, qui bénéficie de cette bénédiction. Ainsi, 62 éoliennes vont émerger aux îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée) et l’autre au large du Tréport. Engie devrait produire 1’900 GWh d’électricité par an soit pour  790’000 personnes.

Pour sa part, le projet de Dieppe-le Tréport doit rassembler lui aussi 62 éoliennes. Le parc sera supervisé par…. surprise! Engie! Il produira 2’000 GWh par an, ce qui représente la consommation électrique annuelle d’environ 850 000 personnes, soit environ les deux tiers de la population de la Seine-Maritime.

Le géant du voyage de croisière, l’américain Carnival a été condamné à Marseille pour pollution de l’air. Le capitaine de l’Azura a été condamné à 80’000 € d’amende pour «utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air».

 

Allemagne

Vattenfall, propriété du gouvernement suédois, propose de transformer ses centrales à charbon allemandes en centrale à gaz. La centrale de Moorburg, ouverte il y a 3 ans pour alimenter Hambourg, est incluse dans ce plan. Cependant, le méthane du gaz naturel n’offre pas une bonne alternative pour le climat.

En décembre 2018, l’Allemagne va annoncer son plan pour sortir entièrement du charbon d’ici à 2030. Le pragmatisme allemand pourrait inspirer la France.

Les ventes de voitures sont en baisse et l’Economie s’est contractée de 0,2% depuis septembre. L’objectif de croissance annuel devrait se situer vers les 1,6% pour 2018.

Volkswagen tente d’éparpiller plus de 200’000 voitures neuves dans différents parking à travers l’Europe. Plus de 80%, sont vendues mais ne sont toujours pas capable de respecter les standards de pollution.

D’ici à 2030, VW annonce vouloir investir 50 milliards $ dans les voitures électriques autonomes. Le géant allemand va collaborer avec l’américain Ford. Est-ce que cela sera suffisant face à la progression des nouveaux constructeurs automobiles chinois ?

 

Angleterre

Des trains à hydrogène pourraient être mis en circulation dans les années à venir. Le mois dernier, l’Allemagne a initié cette tendance. Actuellement, les trains à hydrogène sont plus onéreux à l’utilisation mais nettement moins polluant que les trains diesel. Il ne faudra certainement que quelques années pour les rendre financièrement avantageux.

 

Suisse

La banque Crédit Suisse a de nouveau été pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles très sales comme les sables bitumineux ou le schiste. Des citoyens ont occupé les succursales de Genève, Lausanne et Bâle et ont mimé des matchs de tennis. «On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l’invite à s’en distancier».

Plus de 20 économistes des hautes écoles condamnent les investissements de la Banque Nationale Suisse dans les énergies fossiles. La BNS possède plus de 7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines actives dans le charbon, le pétrole ou le gaz. On pourrait argumenter que la rentabilité n’a pas de prix. Même pas! La BNS a déjà perdu plus de 1,5 milliards $ dans ce domaine.

Si on ajoute l’implication soutenue de l’UBS dans le pétrole, c’est tout le système bancaire suisse qui est gangréné par les industries fossiles.

C’est dans la ville de Bienne, que la mini-voiture/vélo en partage Enuu a débuté sa vie. Le véhicule est doté de quatre roues et d’une coque intégrale qui protège le conducteur des intempéries. Il dispose non pas d’un volant mais d’un guidon et pèse moins de 200 kg. Il peut utiliser les pistes cyclables et se garer sur les places vélos. La localisation, l’ouverture de la porte et le démarrage se font avec une connexion internet via un smartphone. Les 10 premières minutes sont gratuites.

Mi-vélo, mi-voiture

 

Moyen Orient

Iran

Le chinois CNPC a remplacé le français Total dans le plus grand champ gazier du monde South Pars 11. Total avait prévu d’investir plus de 5 milliards $ avant de se retirer suite aux menaces de Trump. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie française. Le président Macron, comme Bruxelles, n’ont pas osé soutenir les entreprises européennes face à Trump. Les chinois ont immédiatement saisi l’occasion.

Pour les 6 prochains mois de l’embargo, les USA ont offert des laisser-passer pour l’exportation de pétrole iranien à l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Turquie.

Ainsi, l’Iran pourrait exporter 1,4 million b/j au lieu des 2,9 millions durant l’été.

La diminution des exportations et la chute des prix vont certainement propulser l’Iran dans une récession économique voulue par Washington. Est-ce que cela sera suffisant pour que Téhéran accepte de renégocier avec Trump? La question reste ouverte.

 

Irak

Bagdad espère pouvoir extraire 5 millions b/j en 2019 et exporter 3,8 millions. L’enthousiaste ministre du pétrole, Thamir Ghadhban, vise une production à 8,5 millions b/j dans les années à venir.

Le ministre pousse également à la création d’une major pétrolière nationale, la Iraqi National Oil Company, afin de gérer l’entier du pétrole du pays. Cette compagnie avait déjà été créée en 1964 mais démantelée par Saddam Hussein en 1987.

Après des mois de sécheresse, le nord et le sud du pays ont été noyés sous des trombes d’eau.

L’Irak va pouvoir encore importer du gaz iranien pendant 45 jours grâce à une permission spéciale des USA. Le gaz est essentiel pour la production électrique du pays et éviter les émeutes.

 

A Dubaï, les Emirats Arabes Unis teste un drone pour la police

 

Asie

Chine

Le russe Gazprom est sur le point de terminer son gazoduc qui relie la Sibérie à la frontière chinoise. Des livraisons annuelles de 38 milliards m3 (85 milliards kg de CO2 et sans compter le méthane) de gaz naturel sont prévues sur une période de 30 ans.

La Chine travaille sur un soleil artificiel afin de récolter l’énergie de la fusion. Elle a réussi une avancée en obtenant 100 millions de degrés Celsius et une génération théorique de 10 MW.

Depuis que la Chine a installé un système d’évaluation de ces citoyens en leur donnant des points, plus de 9 millions de chinois n’ont plus droit à l’accès aux avions, aux trains rapides ou aux transports en commun.

Dans la ville de Zhengzhou, certains robots ont été équipés de caméras à reconnaissance faciale afin de traquer les personnes recherchées. Les robots de  1m60 sont également équipés de tasers pour neutraliser les citoyens. A Tianenmen, Pékin, les tasers sont remplacés par des armes. Ca donne vraiment envie d’y aller.

 

Inde

Les importations de pétrole ont grimpé à 5 millions b/j en octobre.

Les villes indiennes sont parmi les plus polluées du monde. Neuf des dix villes les plus polluées sont indiennes. On estime à 7 millions/an le nombre de décès dû à cette pollution.

Comme la Chine, l’Inde est en train de travailler sur des drones capable de transporter des personnes dans le cadre de la mobilité urbaine.

 

Japon

Le gouvernement a dévoilé des plans afin de déverser dans le Pacifique l’eau radioactive utilisée pour refroidir les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme les capacités de stockage de l’eau radioactive et les budgets sont atteints, il s’agit de l’alternative simple et bon marché.

Le gouvernement étudie la relance du nucléaire sur l’île avec une production électrique de 20% d’ici à 2030.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, 64 ans, est accusé de malversations fiscale. C’est étonnant, car l’éthique est au centre des préoccupations des managers de l’industrie automobile. Ce n’est pas le CEO de VW-Audi, Rupert Stadler, qui vient de sortir de prison suite aux scandales des moteurs truqués, qui nous contredira.

 

Corée du Sud

Le pays est leader dans la construction de bateaux transportant du gaz liquide (LNG). Plus de 50 tankers sont en construction pour les 3 années à venir pour une valeur de 9 milliards $.

La demande pétrolière du pays a diminué de 8,5% en une année soit 2,37 millions b/j.

 

Australie

Les écoliers de toute l’Australie ont organisé des grèves afin de protester contre le laisser-aller du gouvernement au sujet du réchauffement climatique. Un peu comme en France, mais à l’inverse.

Les têtes blondes demandent l’utilisation à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2030 ainsi que l’abandon de nouveaux projets gazier et charbonnier. Le climato-sceptique premier Ministre Scott Morrisson l’a mal pris et la passe d’armes intéressante. Le premier ministre a commenté : «Nous ne supportons pas l’idée que les élèves n’aillent pas à l’école pour des choses qui peuvent se résoudre en dehors de l’école.» La réponse des élèves : Vous ne résolvez rien c’est pour cela que nous sommes en grève. @StrikeClimate

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

En décembre, la production de schiste américain va atteindre un sommet à 7,94 millions b/j.

Le Bassin Permien, Texas, produit 3,7 millions b/j. Pratiquement tous les gisements ont vu leurs chiffres augmenter. Les producteurs ont profité des prix élevés pour accélérer le rythme. Avec la baisse des courts, une réaction inverse devrait se produire.

Du côté du gaz de schiste, les records sont également atteints avec 2,2 milliards m3.

L’épuisement des gisements du Bakken et Eagle Ford contraignent les producteurs de passer des forages de première qualité, à ceux de deuxième moins prolifiques et plus chers.

Le pétrole de schiste américain s’est accordé la priorité sur les marchés mondiaux. Paradoxalement, les USA demandent à l’Arabie Saoudite et à la Russie de réduire leur production, alors que le pays écoule son pétrole à perte.

L’administration Trump fait de son mieux pour stimuler un deuxième boom des extractions de pétrole de schiste en annulant les restrictions environnementales posées par Obama.

Cheniere , Dominion et Sempra Energy vont exporter leur gaz de schiste par cargo, sous forme de gaz liquide, LNG, en Asie et en Europe.

Le MIT dévoile un avion propulsé par un vent ionic, sans moteur

 

Canada

La production pétrolière devrait diminuer de 5% en 2019 selon la Petroleum Services Association of Canada. Les projets de construction de pipeline échouent les uns après les autres et l’Alberta n’arrive plus à augmenter ses exportations de pétrole des sables bitumineux.

Le prix de vente du crude canadien vers les USA atteint des bas non rentables à 35-45$ le baril.

Cenovus Energy a annoncé une diminution de ses extractions dans les sables de schiste de l’Alberta en attendant que les prix remontent.

 

Argentine

En dehors des USA, le bassin de la Vaca Muerta, Mendoza, est le seul gisement de gaz/pétrole de schiste avec un potentiel d’industrialisation.

La Vaca Muerta est trois fois plus étendu que le bassin Permien aux USA. Il pourrait devenir une source importante de gaz et de pétrole. Actuellement, la production est de 60’000 b/j et pourrait augmenter à 200’000 b/j en 2021.

D’ici à l’été 2019, l’entreprise belge, Exmar, va déployer une flotte de bateaux pour exporter le gaz liquide des gisements de la Vaca Muerta au port de Bahia Blanca. L’entreprise espère exporter 500’000 tonnes de LNG par année.

 

Brésil

Entre août 2017 et 2018, le niveau de déforestation de l’Amazonie a atteint un record de 7’900 km2 pour laisser place au soja.

Le nouveau président, Jair Bolsonaro, a annoncé son envie d’augmenter ce rythme. A ce titre, il va fusionner les départements de l’agriculture et de l’environnement.

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,197 millions b/j en septembre. La probabilité n’est pas nulle que la production soit actuellement passée sous le million.

Les exportations vers les USA ont diminué de 19% en octobre.

 

Brésil, un bulldozer pour les mines entièrement autonome. Etonnant.

 

Afrique

Libye

La situation semble s’apaiser et des élections pourraient avoir lieu l’année prochaine.

La Libye est certainement le pays qui possède la plus grande quantité de brut conventionnel exploitable à bas prix. Avant l’intervention française, pour démettre le Général Kadhafi, le pays produisait 1,8 millions b/j. Aujourd’hui la production varie entre 700’000 et 1 million b/j.

 

Sud Soudan

Le Russe Gazprom Neft va explorer 4 blocs pétroliers dans le pays. La China National Petroleum Corporation et le Malaysien Petronas sont déjà actif dans le pays.

La production nationale a atteint 135’000 barils/jour et espère atteindre 350’000 soit son niveau de production avant 2011 et la guerre civile.

 

Phrases du mois

«Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.»  Mathieu Auzanneau

Interrogé sur la note qu’il se donnerait s’il devait juger son travail en tant que président, M. Trump a opté pour la plus élevée qui soit. «Ecoutez, je n’aime pas faire cela, mais je vais le faire quand même: je me donnerais à moi-même un A». (s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer!)

« La production pétrolière du Venezuela est en chute libre. »  Fatih Birol, Executive Director de l’IEA.

 

Le Livre du Mois

Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux. Un excellent livre de Liliane Held-Khawam.

Ce livre vous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance financière globale. Cette enquête d’une précision inédite vous montre la dématérialisation, l’abolition des frontières et la démission des institutions politiques.

 

 

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Essence: Les Gilets Jaunes: Qui paralyse qui?

En France, la hausse des prix du baril de pétrole et les nouvelles taxes sur les carburants ont initié la vague de gilets jaunes. Paradoxalement, dans un pays où laisser son moteur allumé pour aller chercher sa baguette de pain est un sport national, la transition énergétique se heurte à la réalité du terrain.

La France n’est pas seule à avoir mis tous ses œufs dans le panier du pétrole et de tenter, même maladroitement, de s’en extraire. La grogne illustre la difficulté d’effectuer cette transition en embarquant tous les citoyens.


La paralyse des cartels

Paris perçoit plus de € 30 milliards de taxes sur l’utilisation du pétrole, dont à peine 10% sert à soutenir une transition de la mobilité et du chauffage.

De plus, quand cette minuscule quote-part sert à offrir des subsides au pétrolier Total pour l’aider à générer de l’essence à partir d’huile de palme, la perplexité est de rigueur.

Dans les faits, les présidents successifs, de droite comme de gauche, ont laissé la stratégie énergétique du pays dans les mains des multinationales dont les intérêts divergent totalement de l’intérêt public.

Comment expliquer les choix de relier les grandes villes par TGV en abandonnant le transport dans les régions périphériques, d’ériger 19 sites nucléaires au lieu de disséminer les centres de production, de favoriser systématiquement EDF ou Engie afin de freiner les PME innovantes et l’efficience énergétique, de favoriser le diesel pour écouler les voitures des constructeurs nationaux ou de ne pas imposer le kérosène des compagnies d’aviation ou de transports maritimes.

Dénoncer cette méthodologie ne peut être corrélée à une idéologie de droite ou de gauche d’autant que l’on découvre petit à petit que ces faveurs résultent souvent d’avantages financiers à des élus ou des partis des deux bords.

Bref, le sentiment que l’argent collecté va directement dans les poches d’élus ou des géants de l’économie n’est peut être pas étranger à ces manifestations.

 

Indépendance énergétique

La France n’est pas un cas isolé. L’Allemagne, l’Angleterre où les USA font face aux mêmes défis même si les approches diffèrent.

En Allemagne, le gouvernement Merkel a saisi l’opportunité de débuter par une transition électrique en abandonnant le nucléaire et demain le charbon. Sur cette base, elle peut maintenant électrifier son industrie automobile, bien aidée par les scandales des moteurs truqués.

Les années sont comptées pour effectuer une passation en douceur. Plus on attend, plus elle sera ardue et violente. Elle sera de toute façon imposée par la conjonction de la pénurie pétrolière et de la crise climatique.

La France va devoir fortement investir, et par ricochet, créer des emplois, afin de proposer des alternatives à la voiture thermique, aux camions et aux avions, d’isoler et de chauffer différemment les bâtiments.

Des cartels et des oligopoles, peut agile, vont disparaître et être remplacés par des acteurs inattendus. Uber, Amazon, Tesla ou Goole montrent le potentiel disruptif. (pour autant, du point de vue social, ces entreprises sont souvent exécrables.)

 

Générer et garder la valeur dans l’économie locale

Une fois n’est pas coutume, nous pourrions recopier l’exemple chinois. Solaire, éolien, construction de voitures électriques ou à hydrogène, Pékin a créé des millions d’emplois et a fortement réduit ses émissions polluantes et freiné la hausse de sa consommation pétrolière. Aujourd’hui, plus de 400 producteurs de voitures électriques chinoises se battent pour conquérir le monde.

Cette démarche peut irriter les fervents croyants de la main invisible qui équilibre les marchés. Si en pratique, cette théorie n’a fonctionné que dans les livres, le pragmatisme chinois ou américain l’a balayée.

Le gouvernement français, comme les autres pays, a intérêt à diminuer le temps passé sur la création d’articles de presse et à augmenter l’implémentation de solutions et d’alternatives pour les citoyens.

Non seulement, ces solutions sont funs et améliorent la qualité de vie, mais en plus elles créent des emplois et gardent la valeur dans les communautés et les entreprises locales. Annuellement, la France offre et exporte plus de 40 milliards € aux pays producteurs de pétrole.

Imaginez le potentiel de ce montant s’il restait dans l’économie locale.

Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.

 

Réunion de l’OPEP: Le pouvoir de stabiliser les prix du pétrole

Il y a 18 mois, les membres de l’OPEP avaient réduit leurs exportations dans le but maintenir le baril sur la barre des 40$. Ce vendredi, la réunion de l’OPEP+ (OPEP et la Russie) devra répondre à l’épineuse question : faut-il maintenir ces quotas ou augmenter la production pour éviter de passer sur les 100$?

Pendant que la demande augmente et atteint les 100 millions de barils/jour (b/j), l’offre devient insuffisante. Les stocks s’amenuisent. D’un baril qui favorisait la relance économique, la perspective d’un baril onéreux met à rude épreuve le concept de croissance mondiale.


L’espoir repose sur les épaules de l’OPEP et de la Russie

Hors de l’OPEP, seul le Canada et éventuellement les USA pourraient rapidement augmenter leur production. Le Brésil reste toujours un pays en devenir.

Cependant, l’Amérique de schiste, que l’on voyait comme panacée, accumule des pertes estimées à 1 milliards $ par jour depuis le début de l’année. Incapable de transporter leur précieux liquide jusqu’aux raffineries, certains producteurs bradent leurs barils avec un rabais de 14 à 21$ par rapport aux prix du marché.

De plus, la qualité du pétrole de schiste, parfait pour la pétrochimie et les plastiques, ne convient pas particulièrement à nos voitures. Le monde réalise que le mirage de schiste n’était qu’un mirage.

Pour parer à cette mauvaise nouvelle, les USA se tournent vers les gisements offshores plus onéreux mais plus prolixes. Cependant, les efforts actuels devraient se concrétiser dans les 4-6 ans à venir. Rien à court terme.

 

Entre Arabie Saoudite, Iran et les Budgets

Avec la dégringolade du Venezuela, les problèmes récurrents du Nigeria et de la Libye, les baisses de l’Angola et de l’Equateur et les menaces américaines sur l’Iran, il est osé d’insérer un «smiley» dans la production pétrolière mondiale ou de déborder d’optimisme.

L’Arabie Saoudite et la Russie donnent l’impression d’être les seuls producteurs à pouvoir augmenter leurs exportations dans les semaines qui viennent. Selon l’institution financière américaine Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Cela tombe bien, il faudrait ajouter 1,2 million b/j pour stabiliser les marchés.

Quant aux autres monarchies pétrolières du Moyen-Orient, elles préfèrent d’abord voir les prix augmenter de manière substantielle, avant de changer de cap.

D’autres courants contraires sont également en jeu avec l’Iran. Téhéran fait face aux nouvelles sanctions américaines dont l’objectif est de faire chuter la production pétrolière et gazière nationale. L’Europe annonçait son attachement au traité actuel, mais en quelques semaines, la volonté du vieux continent s’est dégonflée comme une baudruche. L’Europe suit, à la virgule près, les volontés de Donald Trump et a déjà commencé à diminuer ses importations iraniennes. On ne parle même pas des banques européennes et suisses totalement sous le joug de Washington.

Le conflit entre l’Iran et les producteurs arabes sera au centre de l’équation tout comme le rôle de la Chine, de l’Inde et de la Russie, seuls pays capable de résister à la tornade Trump.

Du côté du Qatar et de l’Arabie Saoudite, l’ambiance ne s’est toujours pas réchauffée et les sanctions perdurent. Pour assurer l’ambiance, Riyad vient de menacer son voisin en cas d’achat de missiles antiaériens russes S-400.

Finalement à d’Hodeida, Yémen, la poussée des forces loyalistes appuyées par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis pourrait forcer les chiites Houti à l’ultime recours et menacer les tankers pétroliers qui transitent par le Golfe d’Aden. Ce détroit stratégique voit passer 12% du pétrole mondial.

 

Offre, demande ou baisse de la croissance

Dans ce contexte géopolitique aussi disparate, les alliances pourraient être fragiles. Cependant une tendance se dégage: éviter de voir un baril rejouer le tour de 2008 et de grimper au-delà de 120$. Mais est-ce que les capacités de production existent?

Sans le vouloir, un acteur improbable pourrait aider à diminuer la demande pétrolière: le président Trump. Les tarifs douaniers entre les USA et le reste du monde, pourraient ralentir l’Economie mondiale. Comme le PIB est intimement lié à la consommation pétrolière, une baisse de la demande apportera un relâchement bienvenue de l’offre.

Baisse de la croissance ou baisse de la demande, n’est-ce pas justement là où nous nous dirigeons petit à petit?

 

Le Pétrole: entre joueurs de poker et d’échec

Depuis le début de l’année, le baril de pétrole a gagné plus de 10$ et les probabilités de le voir continuer sur cette tendance augmentent. Le manque d’investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, la chute du Venezuela, les problèmes de la Libye et le choix de Trump sur l’accord iranien pourraient à nouveau voir le baril émerger au-dessus de 100$.

Une partie mondiale entre joueurs de poker et joueurs d’échec est engagée.


Du côté des exportateurs, le premier regard se tourne vers le Moyen-Orient notamment vers l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Iran et Arabie Saoudite

Si les coûts d’extractions pétroliers des deux pays rayonnent dans une fourchette de 4 à 10$/baril, leurs dépenses sont diamétralement opposées.

L’embargo a maintenu les prétentions financières de Téhéran dans des proportions minimales tout en gérant une solide présence militaire en Syrie et au Yémen. Depuis la levée des sanctions, le pays a augmenté sa production de 1 million b/j. et ses exportations se sont presque exclusivement tournées vers l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud). Les entrées de pétrodollars ont apporté une bouffée d’air frais à l’Economie du pays.

En l’état actuel, l’Iran peut se contenter d’un baril à 40-50$. Le reste n’est que bénéfice.

 

La grandiloquence du business modèle de l’Arabie Saoudite caractérise son budget. Les glorieuses années, qui voyaient un baril à plus de 100$, ont fondamentalement modifié les habitudes. Le faste et le brillant ont un prix.

Pour garder son peuple sous tutelle et éviter toute révolution, la famille royale distribue annuellement des dizaines de milliards $ à ses 22 millions de citoyens nationaux. Cet obole pèse lourdement dans les caisses du royaume.

De plus, l’Arabie Saoudite entretient la plus dispendieuse et certainement la plus inefficace armée du monde. Pour 2018, 60 milliards $ sont prévus soit 10% du PIB. Pour comparaison, le budget militaire russe se monte à 46 milliards $ (2,8% PIB) et 14 milliards $ pour l’Iran. (2,1% PIB).

Pour la santé de son bilan comptable et pour tenir tête à l’Iran, Riyad espère un baril à 80$.

Afin de combler son budget, le prince héritier Mohammed bin Salman désire mettre en vente 5% des actions de l’entreprise nationale pétrolière: Saudi Aramco. Il espère lever entre 100 et 200 milliards $. L’IPO pourrait enfin titiller l’intérêt des investisseurs étrangers à condition que le baril passe sur la barre des 80$.

On comprend ainsi mieux la volonté de Riyad de maintenir les quotas minimaux actuels de l’OPEP. La vis devrait se desserrer à l’approche des 100$ le baril afin de ne pas mettre en péril la demande et l’Economie mondiale.

 

Production pétrolière du Venezuela


Sources: Bloomberg, OPEP, Financial Times

La Russie

En deux ans grâce aux quotas de l’OPEP, Moscou est devenu un allié improbable de Riyad. Réélu, Vladimir Poutine compte sur une hausse du baril pour couvrir les dépenses de son nouveau programme et ses ambitions internationales. Le pétrole et le gaz sont les carburants essentiels au budget russe puisque qu’ils pèsent un peu plus de 50% dans les recettes du budget fédéral.

Si au Moyen-Orient, Donald Trump a parié sur Israël et l’Arabie Saoudite, la nature ayant horreur du vide, la porte a été laissée grande ouverte à la Russie et à la Chine pour y jouer un rôle clé auprès des autres nations.

Ainsi, l’influence russe augmente à chaque poussée de fièvre du pétrole notamment en Syrie, au Qatar, en Irak ou en Iran.

L’Iran et la Russie ont même débuté un troc: pétrole contre nourriture et produits russes des plus prometteurs.

 

La Chine

Pékin a des raisons de se réjouir du pari américain de réinstaurer les sanctions contre l’Iran. Le premier importateur de pétrole au monde a ouvert sa propre bourse pétrolière à Shanghai nominée en Yuan.

Au lieu d’utiliser le dollar américain, sensible aux remontrances de Washington, l’Iran pourra ainsi faire confiance au Yuan chinois. On ne doute pas une seconde que la Chine pourra bénéficier de «tarifs avantageux et préférentiels» en signe de remerciements.

Cependant Pékin peut craindre une escalade des tensions entre l’Iran et les USA/Israël/Arabie Saoudite. Le détroit d’Hormuz peut être bloqué par les iraniens et, paralyser le quart de la production mondiale.

La Chine aura intérêt à modérer les ardeurs des différentes parties. L’arrivée d’un deuxième porte-avions dans l’armée chinoise tombe à point nommé.

 

Routes Maritimes pétrolières Sources: EIA

 

Les USA

Washington a également besoin d’un baril supérieur à 80$ pour que les producteurs de schiste deviennent rentables et puissent maintenir la production actuelle.

La décision iranienne de Donald Trump pourrait participer à cette perspective même si les automobilistes américains sont directement impactés. On peut douter que Joe America prédispose de plus de place que les pétroliers dans le cœur de Trump.

Il faut espérer que l’inflation induite par le pétrole ne fasse pas exploser les nouvelles bulles des subprimes des crédits d’achats de voitures ou des crédits aux étudiants. Le taux du rendement du 10 ans américain vient tout juste de passer au-dessus des 3%.

Finalement, en activant le spectre de l’Iran, c’est tout le secteur de l’armement qui est galvanisé. Des emplois américains pourraient être maintenus notamment par la vente d’équipements à Israël et à l’Arabie Saoudite.

 

Venezuela

L’outil de production pétrolier et l’Economie nationale semblent dans un tel état de déliquescence, que l’on peine à imaginer que même un baril à 100$ évitera l’écroulement.

Avec la pénurie mondiale annoncée, la chute du Venezuela risque de propulser rapidement les prix à la hausse.

 

Si un joueur de poker peut rapidement amasser une fortune, la vision à long terme d’un joueur d’échec peut faire merveille dans la configuration actuelle.

Quoi qu’il en soit, par leur incapacité à découpler leur Economie de l’or noir, les pays “sans pétrole” sont relégués au rôle de simples spectateurs qui paient leurs billets…  au prix qu’on leur impose.

L’Ouragan Harvey: le Fukushima Américain ?

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump n’a cessé de promouvoir sa doctrine de «Dominance Energétique» sur le reste du Monde.

Il aura fallu l’arrivée de l’ouragan Harvey, puis dans une moindre mesure, celle d’Irma, pour souligner la fragilité du secteur pétrolier et gazier américain ainsi que le manque de résilience du système énergétique. La région, balayée par les ouragans, est le cœur de l’industrie pétrolière et pétrochimique du pays. Ces événements soulignent que tous les œufs ont été mis dans le même panier et questionnent les choix du Gouvernement.


L’industrie pétrolière secouée par Harvey

Certes Harvey est un événement exceptionnel (pour combien de temps encore), mais en un seul passage, il aura réduit de 25% les capacités de raffinage américaines (2 millions de barils/jour), mis à l’arrêt les nombreuses plateformes pétrolières du Golfe du Mexique, ralenti les forages de schiste dans les terres texanes et stoppé une grande partie des pipelines qui convergent vers la Louisiane et le Texas.

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, 45% de la capacité de raffinage pétrolier du pays et 51% du gaz sont localisés dans cette région. De plus, les plus grands champs de schiste, sensés participer à la renaissance énergétique du pays, se trouvent également dans cette zone de tir.

En toute logique, c’est dans cette région que l’industrie pétrochimique s’est installée. En quelques heures, 61% de la production de plastique à base d’éthylène a été mise hors service.

A grands coups de millions de dollars, 8 des 20 raffineries endommagées ont pu reprendre du service. Motiva, la plus grande unité du pays, située à Port Arthur, devrait atteindre 40% de sa capacité dans les jours à venir.

Cependant, pour combler le manque de production et très loin de la «Dominance Energétique», 40 tankers pétroliers ont été redirigés d’Europe et d’Amérique Latine en direction des USA.

 

Irma ferme les centrales nucléaires de Floride

En Floride, entre Miami et Fort Lauderdale, 36% des stations d’essence étaient à sec, malgré plus de 40 millions de litres livrés en urgence pour permettre l’évacuation des habitants. Les moyens de transports en commun inexistants, c’est en voiture que la population a dû fuir l’Etat.

Du côté électrique, les deux centrales nucléaires, Turkey Point et St. Lucie ont été mises à l’arrêt. Son propriétaire assure que les murs de protection de 6 mètres, érigés autours des réacteurs, suffisent pour faire face aux inondations.

 

Harvey et Irma : le Fukushima Américain?

Il est encore trop tôt pour évaluer les impacts de Harvey et d’Irma sur la politique énergétique du pays. Une certaine humilité et un recul pourraient être envisagés, mais pour l’administration Trump, il semble compliqué de mettre tous ces mots dans une même phrase.

Une première tendance se dégage.

Les médias n’ont pas cessé de souligner l’importance de l’augmentation de la température de l’eau dans le Golfe du Mexique et dans l’Atlantique, la rapidité de la formation des ouragans et leurs puissances démultipliées dues au réchauffement climatique.

Ce thème est en train de s’ancrer comme une évidence au sein de la population, même si le Directeur de l’Agence de l’Energie, Scott Pruit, a sobrement annoncé «Ce n’est pas le temps de parler de changement climatique !»

De son côté, le Gouverneur du Texas, Greg Abbott, farouchement opposé à l’idée d’un réchauffement, se trouve sous les feux de la rampe pour avoir privilégié la croissance à tout prix, encouragé les constructions et de n’avoir pris aucune mesure contre les inondations durant ces dernières années.

Peut-être que nous allons atteindre le point ou les dégâts seront trop sérieux pour être ignorés et que les émissions de CO2, de méthane ou de gaz à effet de serre générés par les énergies fossiles seront prises en compte dans la facture de ces dévastations.

Il reste à voir si ce jour est arrivé ou pas!

Harvey a le potentiel d’un Fukushima américain. Sous la pression des électeurs, des entreprises et des victimes, le président américain pourrait être tenté de revoir sa copie sur les ambitions énergétiques du pays et son positionnement sur les catastrophes météorologiques.

Pendant ce temps, le puissant réseau Fox News, proche du gouvernement Trump, a apporté une réponse, à sa manière, sur sa Page d’Accueil: Irma arrive, où est Dieu ?

 

Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !