Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2023

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Japon: Fukushima, la justice déclare non coupable, les 3 ex-dirigeants de TEPCO
– Inde : L’empire du milliardaire Adani tousse et met dans l’embarra le président Modi
– Chine: La magie a opéré. Plus de Covid, plus de maladie, vive les vols en avion
– Allemagne: Grosse manifestation contre une mine de charbon
– USA: Le nouveau Hummer Electric vient de sortir. 4’100 kg et 830 chevaux
– Etats-Unis: Le géant pétrolier ExxonMobil a acheté des scientifiques
– Arabie Saoudite: Cristiano Ronaldo va recevoir $200 millions de plus pour promouvoir le pays
– Angleterre: Un paquet du Pakistan contenant de l’uranium a été trouvé. Tout se perd!


 

A défaut de passer pour un snock, cette revue est ni écrite avec l’encre de Skynet ni avec l’intelligence de ChatGPT. A la main!

Avec des hauts et des bas, le pétrole termine son mois au même niveau qu’il avait commencé l’année. Une poussée de fièvre devrait avoir lieu en février avec le retour de la Chine et l’embargo de l’Europe sur le diesel russe.

A Londres, le baril de pétrole de Brent termine son mois à $84,52 (83,21$ fin décembre) à Londres. A New York, le baril de WTI virevolte  à $78.89 ($78.02 fin décembre.)

Ceci est une édition réduite de la Revue. Pour lire en entier: 2000Watts.org

 

Le graphique du Mois
Comparaison prix pétrole de Brent entre la crise de 2008 et actuellement
Ajusté à l’inflation

Pétrole

L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale de pétrole atteindra un niveau record de 101,7 millions de barils par jour (b/j) cette année, soit +1.9 million b/j par rapport à l’année dernière. On pourra porter les casquettes et T-shirt, j’y étais.

La Chine sera à l’origine de près de la moitié de la croissance de la demande mondiale.

Pour l’année 2022, les 5 grandes majors privées pétrolières: BP, Shell, Chevron, ExxonMobil et Total annoncent des bénéfices de plus de $200 milliards.

 

Economie

Un tiers de l’économie mondiale sera touché par la récession cette année, a déclaré la directrice du FMI, qui a prévenu que le monde serait confronté en 2023 à une année “plus difficile” que les 12 mois précédents.

De son côté, la directrice de la Banque Européenne, Christine Lagarde, a annoncé que l’Europe n’allait pas entrer en récession et que ça ira mieux du côté de l’inflation. Ben pour mémoire, on dira qu’il y a 6 mois, elle n’avait pas vu venir l’inflation.

 

 

COP28 sur le Climat

En janvier pas de trace du 1er avril, pourtant nos dirigeants s’amusent comme des petits fous pour nous faire rire.

Pour la COP28 sur le climat, qui va avoir lieu aux Emirats Arabes Unis, le président n’est autre que le PDG de la compagnie pétrolière nationale, le Sultan Al Jaber. Ne pas rire, ne pas rire, ne pas rire.

Bon, la Suisse a bien élu le président du lobby du pétrole comme Ministre de l’environnement.

Maintenant, on en est réduit à mettre des pétroliers en charge du climat et voir Killian MBappé allé voir un match de basket à New York entre deux entraînements. J’espère que vous n’avez pas oublié pas de mettre le couvercle sur la casserole du lait.

 

Climat

Avec les chaleurs de décembre et de janvier, MétéoFrance parle d’une anomalie thermique massive avec des 20 degrés en-dessus de la moyenne. Le froid des Etats-Unis ont été confrontés à une vague de froid intense et l’Europe est à l’inverse. Le Japon et la Corée se sont également une claque de froid.

L’année 2022 est l’année la plus chaude dans les mesures devant 2020. Le moyen de freiner cette hausse arrêter de consommer du gaz-méthane, du charbon et du pétrole.

 

Automobile

Rolls-Royce a battu son record de nombre de voitures en 2022 avec 6’021 unités vendues à une moyenne de $500’000. Bentley, Bugatti et Ferrari, Lamborghini ont également signé une année record.

A l’opposé, les constructeurs de voitures normales annoncent des chiffres en baisse.

En Europe, le marché automobile pourrait rebondir de 5% en 2023, à 9,8 millions de véhicules vendus, mais loin des chiffres d’avant 2019. Dans le monde, 80 millions de véhicules devraient être écoulés cette année

Nucléaire

Dans le monde, 53 réacteurs en construction dont 15 en Chine, 8 en Inde, 4 en Corée du Sud et 4 en Russie, pour un parc de 439 réacteurs en activité.

La grande question, où trouver l’uranium pour alimenter ces nouvelles centrales si vous n’êtes ni chinois, ni indiens.

 

Part de marché du nucléaire et du renouvelable
dans le mix électrique
mondial
Sources BP Statistical Review

Gaz-Méthane

Une nouvelle étude du Shift Project montre que le pic de méthane pourrait arriver d’ici à 2030. Promis, plus bas dans la revue, il y a de bonnes nouvelles.

En Europe, le prix du méthane (gaz naturel) a chuté à €64 MWh  contre €342 durant l’été 2021. Les températures clémentes de l’hiver ont permis d’économiser.

En Europe au 31 décembre, les réserves de méthane affichaient un taux de remplissage à 83,37% soit 30% de plus qu’en 2021 et 10% que durant les 5 dernières années. A la fin de l’hiver, il pourrait en rester 35%. Ensuite, on verra bien.

 Fils, un jour tout cela sera à toi!  Dettes.
Hedgeye

Le Hit Parade du Mois

Chine

La grande nouvelle du mois : après 3 années de prison surveillée grâce à la magie des caméras et le remplacement du cash via les smartphone: c’est ouvert.

Le processus ressemble à l’Europe. Se précipiter dans le premier avion pour aller faire un selfie avec un truc connu dans le fond pour gagner des Likes tout et pour assouvir ses pulsions dans l’achat d’un sac Dolchegabana ou Dior à 3’000 boules. Combien le chinois moyen va claquer à l’étranger ? Pas la moindre idée, mais on compte dessus pour relancer le système économique mondial et notamment le tourisme en Europe.

Comme la Chine ouvre, les consommations de kérosène, de méthane et de pétrole repartent à la hausse. L’Europe se demande où elle va trouver du gaz GNL et du diesel, au cas où la Chine préfère garder tout ça pour elle.

La Chine a plus que triplé ses achats de GNL entre 2016 et 2021 pour devenir l’importateur No 1. En 2022, Pékin devait augmenter ses importations mais avec le blocage du covid a diminué la demande de 20 milliards de m3 qui ont été réacheminés vers l’Europe. Avec les pays exportateurs de méthane, à contrario de l’Europe, la Chine a signé des contrats sur de nombreuses années.

L’armée chinoise a fait quelques sueurs froides à Taïwan, histoire de garder la pression. De son côté, le porte-parole du Sénat, Kevin McCarthy, a annoncé vouloir faire une visite à Taïwan. Ca va certainement resserrer les liens entre Washington et Pékin et c’est le moment idéal pour mettre un peu d’huile sur le feu.

L’activité des industries a fortement baissé en décembre. Il sera intéressant de voir comment l’industrie et les chaînes de production vont repartir.

La fabrication de voitures électriques est l’un des chevaux de bataille de Pékin car elle a besoin de main d’œuvre. Au cœur de cette formidable trappe, CATL et BYD qui fournissent les batteries. Ce mois, les deux géants chinois ont atteint une part de marché mondial de 50%.  CATL a réalisé des ventes de 165,7 GWh avec 37,1% du marché mondial. BYD est à 60 GWh et 13,6%.

Allemagne

La consommation de méthane a diminué de 14% notamment à cause de l’industrie. Est-ce que l’industrie s’adapte, ferme, meurt ? Cet été apportera une réponse alors que le gouvernement est optimiste. Berlin a installé un programme de subvention de €200 milliards pour porter à bout de bras son industrie jusqu’en 2024.

Le ministre de l’économie Robert Habeck se félicite et “estime que le pays a évité le scénario du pire.” Il envisage l’hiver prochain avec optimisme. “Le risque d’un meltdown économique complet, d’une fonte complète du cœur de l’industrie européenne et allemande a été évitée.»

En 2022, la croissance du PIB a affiché 1,9%. Le ministre de l’Economie, Robert Habeck pense que le pays ne va pas entrer en récession même si le dernier trimestre 2022 fut en négatif.

Ford va supprimer 3’200 postes sur le site de Cologne notamment à cause de la construction de voitures électriques aux USA et en Chine.

CATL, le fournisseur chinois de batteries pour voitures électriques a ouvert une usine en Allemagne. Capacité 300’000 batteries par an.

Berlin a mis en service un troisième terminal de méthane liquéfié au bord de la mer Baltique afin d’importer du gaz liquide.

Grosses manifestations à Lützerath où plus de 35’000 personnes se sont réunies pour combattre la mine de charbon. Le gouvernement, et notamment les verts, appuie sur la thématique «de la sécurité énergétique.» L’énergéticien RWE devrait cesser son exploitation en 2030 alors que le gouvernement et RWE poussent pour 2038.

Russie

En décembre, les revenus pétroliers de la Russie ont diminué de $3 milliards à $12,6 milliards. La baisse des prix sur les marchés ainsi que les rabais accordés par Moscou expliquent ce résultat. Avec la hausse des prix du baril, les bénéfices devraient suivre la tendance.

Les recettes totales du gouvernement russe pour 2022 seraient d’environ $409,68 milliards et les dépenses totales de $459 milliards soit un manque de $50 milliards. Pour 2023, les dépenses militaires devraient se situer vers les 150 milliards. Si l’on ajoute les milliards dépensés du côté occidental, difficile de justifier qu’il n’y a rien pour le climat et la pauvreté sociale.

Le Kremlin vendrait son baril de pétrole entre $35 et 40 le baril à la Chine, l’Inde et les autres pays hors Europe. A ce prix, pour les pays acheteurs, c’est la différence entre la croissance et la récession.

L’Europe n’achètera plus de diesel russe dès le 5 février. A suivre, mais faites le plein avant.

Les exportations de méthane russe en direction de l’Europe ont diminué de 45% en 2022. Alexei Millier, PDG de Gazprom, annonce des exportations de 100,9 milliards m3 de méthane contre 185 milliards en 2021. Par contre au niveau des rentrées financières, 2022 a été une excellente cuvée et dépasse 2021.

 

 Bénéfices des deux majors pétrolières américaines
ExxonMobil et Chevron. En milliards $
Graphique Financial Times

 

Les Amériques

Etats-Unis

Selon les documents internes d’ExxonMobil publiés par le journal Science, les gars avaient très bien repéré le concept du réchauffement climatique dès 1970, soit bien avant la naissance de Greta, et qu’ils se sont bien gardés de garder ça pour eux, à la surprise générale bien sûr.

Toujours chez ExxonMobil, la boîte engrange un profit record de $55,7 milliards pour 2022. Avec Chevron, les deux plus grands acteurs américains ont amassé pour $90 milliards de bénéfices.

L’autre géant du pétrole et du gaz méthane, Chevron va racheter pour $75 milliards de ses actions et propose une augmentation de ses dividendes. Bénéfices pour 2022: $35,5 milliards. Tout va bien pour eux. Cependant, quand une major pétrolière dépense 5 fois plus pour racheter ses actions que pour explorer de nouveaux gisements, cela donne le ton pour la quantité de pétrole qu’il reste sous le sol.

La Banque centrale américaine a relevé de 0,25% ses taux actuels situés entre 4,25 et 4,50%.

La Californie est noyée par un déluge de pluie et des tempêtes à répétition. Une bonne nouvelle dans ce désastre, le quartier où habite Maghan et Harry a dû être évacué pour glissements de terrains. Si cela pourra les encourager à moins utiliser leur jet privé.

 

Le Nouveau Hummer électrique, 830 chevaux et 4’100 kg (donc avec un permis camion)
Le 1er véhicule a été vendu aux enchères à $500’000

 

Au Texas, Tesla a demandé une autorisation pour augmenter la taille de sa giga factory pour $717 millions. Par contre, les ventes de voitures de Mercedes commencent à menacer Tesla et le chinois BYD vend plus de voitures que Tesla.

La dette américaine a touché un nouveau plafond fixé par la loi à $31’400 milliards. Va falloir changer la loi.

La Commission de réglementation nucléaire des États-Unis a donné son feu vert pour le design du premier petit réacteur nucléaire modulaire des États-Unis. Une bonne nouvelle pour NuScale Power, basée dans l’Oregon. Va falloir qu’il trouve de l’uranium car ça commence à devenir la crise.

L’US Air Force a un nouvel avion de combat le F-15EX de McDonnell Douglas, Boieng. Nettement plus puissant, plus capable et pour un tiers des coûts d’opération que le F-35 ($29’000 de l’heure). Le F-35 pourrait être mis à la retraite d’ici à 2026 selon l’US Air Force. Pour l’Allemagne et la Suisse qui viennent d’acheter des F-35, c’est une sacrée bonne nouvelle.

Pour lire la suite de la Revue: 2000Watts.org

Plus de $300 milliards de bénéfices pour les pétroliers

Les deux géants américains du pétrole et du méthane (gaz naturel) ExxonMobil et Chevron vont certainement annoncer plus de $100 milliards de bénéfices pour l’année 2022. De son côté, le géant de l’Arabie Saoudite, Saudi Aramco va largement dépasser les $160 milliards de bénéfices. BP, Shell et Total boucleront la boucle pour dépasser les $300 milliards de profits.

Ainsi, l’arrivée de Cristiano Ronaldo à Ryad, Arabie Saoudite, et ses $200 millions de salaire pour les 2,5 années à venir, seront payés en moins de 6 heures de production pétrolière dans le Royaume. Vue sous cet angle, on pourrait se dire que Cristiano se la joue petit joueur.


 

De la pandémie à des chiffres record

ExxonMobil enregistre $56 milliards et Chevron $37 milliards de dollars. Comme les températures printanières de l’Europe, nous touchons des records pour les deux sociétés.

Durant la pandémie, la chute des prix et de la consommation pétrolière avaient remis en question le business model des pétroliers et méthaniers (gaz naturel). Certains actionnaires demandaient la prise en compte du réchauffement climatique par les énergies fossiles et un engagement dans les énergies propres.

ExxonMobil avait même perdu le contrôle de 3 sièges au conseil d’administration au profit du fonds spéculatif activiste Engine No. 1 en mai 2022.

Mais, la nouvelle hausse des prix et surtout des bénéfices permettent de conforter la stratégie du “tout pétrole”. Le PDG d’Exxon, Darren Woods, souligne que “l’année record de la société était la preuve qu’elle était “sur la bonne voie.” Du côté de Chevron, le tout pétrole n’a jamais été remis en question.

Du côté de Shell, le nouveau PDG, Wael Sawan, qui remplace Ben van Beurden, la grande question sera de savoir s’il orientera son entreprise dans les énergies alternatives où suivra-t-il le chemin tracé par les américains et les saoudiens.

On notera que la Banque Nationale Suisse n’a également pas remis en question sa stratégie d’achats d’actions des grandes majors pétrolières puisque ses investissements se chiffrent toujours en milliards $ et que le nouveau conseiller fédéral, Albert Rösti, n’est autre que l’ancien président du lobby pétrolier Swissoil.  Est-ce que comme Exxon, la Suisse restera-t-elle dans le pétrole et le gaz ?

 

Le rachat d’actions et éviter de payer des impôts

La mission première des entreprises pétrolières est de générer des bénéfices pour distribuer des dividendes très élevés afin de trouver encore plus d’investisseurs et de continuer le cercles virtueux.

Comme pratiquement tous les pétroliers qui génèrent des bénéfices énormes, un rachat massif d’actions est devenu la mode. Ce système permet d’augmenter artificiellement le cours des actions à court et moyen terme, par ricochet de faire grimper le bonus des dirigeants, de faire augmenter le prix des bénéfices par actions et permet également de diminuer la pression des actionnaires qui sont tentés de regarder du côté vert des énergies.

Ainsi ExxonMobil va se racheter pour $50 milliards de ses propres actions d’ici à 2024. Elle a également augmenté son dividende au début de 2022. Chevron indique qu’elle rachètera environ $15 milliards de ses actions.

Du côté rigolo de la force, ExxonMobil vient de porter plainte contre l’Union Européenne pour éviter de payer la taxe sur les super profits des énergéticiens. Grâce aux traités commerciaux intercontinentaux entre les USA et l’Europe, il est devenu possible pour les multinationales de porter plaintes contre les Etats. Avant seuls les Etats pouvaient poursuivre un Etat.

Il faut savoir que les géants pétroliers comme BP, Exxon, Total ou Shell ne paient pratiquement pas d’impôts et au contraire, elles reçoivent des subsides importants des gouvernements.

Le rachat d’actions au lieu de payer des impôts est un tour de passe-passe qui commence à faire grincer des dents certains politiques, mais ils n’ont pratiquement aucune arme pour changer le cours.

 

Pourquoi les entreprises rachètent leurs actions ?

 

Perspectives pour les années à venir

L’action d’Exxon termine l’année à $110 dollars +80% sur un an. Celle de Chevron a augmenté de +53 %, clôturant à $180 dollars par action. La hausse est aussi importante pour les autres pétrolières. Avec le secteur de l’armement, ce sont les deux grands acteurs de 2022 et certainement de 2023.

Du côté des prévisions, ExxonMobil annonce que la demande de pétrole continuera de croître au moins jusqu’à la fin de 2040. La consommation de méthane (gaz naturel) augmentera de près de 50%, même si Exxon n’explique pas s’il y aura du pétrole ou du gaz en suffisance. Cette annonce fait plus penser à une communication pour donner l’impression que l’entreprise possède un avenir radieux dans les énergies fossiles et de continuer à investir dans les énergies fossiles.

Du côté de BP ou de Shell ont pense que la demande de pétrole va diminuer dès 2030. Rystad Energie et l’Agence Internationale de l’Energie prévoient un pic d’extraction avant 2030.

Du côté des prix, l’année 2023 a le potentiel d’être aussi chahuté que 2022 avec en prime une récession mondiale qui pourrait faire chuter les prix. A suivre…

Comment se comporte notre cerveau face à la crise énergétique ?

Comment se comporte notre cerveau face à la crise énergétique ?

Anti Thèse soulève les questions entre géopolitique des énergies et neuroscience. Quel est le comportement humain dans ces situations ?

Yves François est psychologue, praticien de l’approche systémique et de l’hypnose thérapeutique, mais aussi spécialiste de la communication influente. Il a co-fondé la société  aXesslab à Blonay.

 

Le baril de pétrole chute tout comme les Bourses

Si ça ressemble à une récession, si ça coince comme une récession et si ça chute comme une récession, c’est probablement une récession. C’est sûrement ce que c’est dit le pétrole. Il s’est pris les pieds dans le tapis et termine la semaine à $86 à Londres et $79 à New York. Au début du mois, le baril flirtait avec les $100.

Du côté des bourses, le même tapis a mis au tapis les indices aux USA dont le Nasdaq et le Dow Jones. En Europe, toutes les bourses ont terminé en baisse. La palme revient à l’Angleterre qui a tiré le jackpot avec un nouveau plan pour faire face à la crise énergétique.


 

Le Pétrole en forte baisse

Le pétrole devait monter à $120 car la Chine sort du Covid pour la xème fois, surtout que les extractions mondiales coincent et que la Russie tousse. Quand c’est trop évident, c’est l’inverse qui se produit. Voilà le baril à $86.

Si le baril continue sa descente, Vladimir Poutine pourrait voir son siège vaciller. La situation rappelle la chute de l’URSS à cause d’un manque de revenus pétroliers. Mais nous en sommes pas là.

 

Les marchés boursiers

La semaine fut compliquée et une grande partie des indices mondiaux sont à la baisse notamment sous la pression d’une inflation incontrôlée, les hausses des taux des Banques Centrales et la récession qui arrive. Les Banques Centrales annoncent “soft landing” de l’économie. On se réjouit de voir tout ça.

A Wall Street, le  S&P 500 a terminé la semaine en baisse de 4,6 %, tandis que le Nasdaq Composite, dominé par les valeurs technologiques, a perdu 4,16 %. L’Europe glisse également, mais là, la récession est plus évidente.

 

Je vois que vous faites des prévisions largement erronées
FED: Banque Fédérale Américaine.  Dessin: HedgEye

 

L’Angleterre : Plus fort, plus haut, plus loin

L’Angleterre a passé une semaine Olympique. Tout à commencé par l’annonce de Nabilla qui quitte Dubaï pour peut-être rejoindre Londres et faire des selfies à la Fashion Week pour vendre des sacs Balenciaga à 10’000 boules à la Génération Z. Comme une catastrophe n’arrive jamais seule, la première Ministre Liz Truss a nommé Jacob Rees-Mogg comme secrétaire d’État aux affaires, à l’énergie et à la stratégie industrielle.

Le poste lui va à merveille car Jacob est un négationniste notoire de la science du climat et un (très) proche des pétroliers..

Mais le summum vient du plan de relance budgétaire de la première ministre Liz Truss. En deux mots : création de dettes monstrueuses à plus de $200 milliards, une baisse d’impôts pour les grandes fortunes et sur les dividendes. En même temps, l’organisation du «all you can eat» énergétique. Vous pouvez consommer la quantité de gaz et d’électricité que vous voulez, le tout pour le même prix. Le gouvernement paie la différence. C’est sûr qu’avec ce genre d’incitations, l’Angleterre va pouvoir gérer comme un chef son hiver à venir!

Kwasi Kwarteng, ministre de l’économie, mise sur la croissance pour rembourser cette création de dettes de plus de $200 milliards. Heu ! comment dire ? Pour augmenter la croissance, il faut augmenter la consommation de gaz, de pétrole et de charbon. L’Angleterre possède bien des gisements de gaz et de pétrole qui restent à développer dans les années à venir, mais là, le pays se dirige vers la récession, avec plus de 10% d’inflation et surtout une équipe de clowns qui dirige le pays.

Ben si avec ça, les anglais n’enfilent pas leurs gilets jaunes !

 

Les Banques Centrales augmentent les taux

Qui de mieux que Thomas Veillet pour résumé la situation ?

«Si l’on se souvient qu’il y a 12 mois, Jérôme Powell, (Directeur de la Banque Fédérale Américaine) s’est pointé à la télé pour nous dire que : L’inflation était transitoire et sous contrôle. Aujourd’hui, avec le recul et l’expérience accumulée, la FED s’est complètement vautrée dans ses prévisions.

Il serait bon de noter que les mecs étaient totalement à côté de la plaque et ont foiré leurs prévisions en mode « champion du monde », par contre aujourd’hui, personne n’est étonné de voir que la FED nous annonce déjà ce qu’elle va faire jusqu’en 2024.

Quelqu’un peut-il prendre un gros feutre noir épais et indélébile pour noter sur le mur qu’en général personne n’est foutu de faire des prévisions à peu près exactes depuis près de trois ans, mais là par contre, on trouve parfaitement normal de se faire aboyer dessus par le patron de la FED qui nous annonce son plan de marche à deux ans. Ça ne surprend personne.”

 

 

 

L’Allemagne entre en crise énergétique. Les autres pays suivent

Pendant que les politiciens et les citoyens Suisses et Français n’ont pas encore la tête à l’hiver, du côté de Berlin, c’est un autre son de cloche. Dès cette semaine, les livraisons de gaz russe vont tomber à zéro. En tant que fournisseur officiel d’énergie au niveau mondial, Moscou prend des mesures pour couper les livraisons d’hydrocarbures aux pays qui lui ont infligé des sanctions.

Tant Bruxelles que Berlin se heurtent de plein fouet face à la RealPolitik des décisions prises dans le conflit Ukrainien. Ainsi, la Russie annonce que le gazoduc Nord Stream 1 sera en «maintenance» dès cette semaine pour une durée de 10 jours.


 

Le Gazoduc Nord Stream 1 à l’arrêt

Cela devrait réduire encore plus les livraisons de gaz vers l’Europe et passer de 40% actuellement, à zéro. Durant ces derniers jours, Berlin a tout fait pour convaincre le Canada de restituer une turbine destinée à Nord Stream 1, qui était en maintenance dans le pays, mais bloquée par l’embargo des occidentaux. L’Ukraine a protesté mais les intérêts européens poussent dans l’autre sens. L’Allemagne ne voulait pas donner un argument supplémentaire à Moscou d’interrompre ses livraisons de gaz.

Cependant, il se susurre que Poutine pourrait utiliser les réparations du gazoduc Nord Stream 1 comme excuse afin de couper définitivement l’approvisionnement en gaz en représailles aux sanctions imposées par l’Europe et l’Allemagne. La situation est à suivre de très près.

En fin de semaine, les prix de l’électricité ont bondi à plus de € 40 ct le kWh pour le mois de décembre et le prix pourrait dépasser les $1 dès janvier.

Dans un tel scénario d’un arrêt de Nord Stream 1, l’Allemagne, l’Italie et la France seraient dans l’impossibilité de remplir leurs installations de stockage de gaz à hauteur des 90% visés et donc de faire face à des coupures. La pénurie affecterait également le transfert de gaz vers l’Autriche, la République tchèque et la Suisse.

 

La Realpolitik du Pétrole

Du côté du pétrole, Moscou a fait part de sa volonté de prendre des mesures susceptibles de perturber l’approvisionnement pour les pays qui sanctionnent la Russie. La semaine passée, un tribunal russe a ordonné l’arrêt pour 30 jours des exportations de pétrole via la mer Noire, qui est une voie d’accès clé pour les exportations pétrolières du Kazakhstan.

Du côté de la Libye, le général Khalifa Haftar, qui bénéficie du soutien de la Russie et de l’Égypte, a également intensifié une campagne militaire, qui perturbe les exportations de pétrole et de gaz. La Libye semble retourner vers une guerre civile. Les exportations de pétrole ont chuté.

L’Arabie Saoudite ne va pas augmenter ses extractions même avec la visite prévue de Joe Biden. Il semble que le royaume ait atteint son pic de production et ne veut pas mettre en péril l’union avec la Russie dans le consortium OPEP+ (+ signifie la présence de la Russie)

 

Uniper : le géant allemand une menace à la Lehman Brothers

Le plus grand énergéticien du pays, Uniper, a officiellement demandé un plan de sauvetage financier à Berlin.

Le plus gros acheteur européen de gaz russe perd des dizaines de millions d’euros par jour en raison de l’augmentation des prix du gaz russe. Uniper avait accepté d’acheter du gaz avec des Roubles.

Le PDG d’Uniper, Klaus-Dieter Maubach, pense “qu’il ne peut pas tolérer la situation actuelle longtemps et qu’il pourrait être obligé de commencer à puiser du gaz dans ses installations de stockage dès la semaine prochaine, ce qui réduirait encore les réserves nécessaires pour l’hiver prochain.” Pour commencer, il demande une aide de €9 milliards pour éviter la faillite.

L’entreprise de Klaus-Dieter Maubach exploite une capacité de production de 33 GW, ce qui la place parmi les plus grands producteurs d’électricité au monde. Son propriétaire majoritaire est devenu le finlandais Fortum, à 80%.

Le ministre allemand de l’économie, le vert Robert Habeck, a déclaré que son gouvernement “travaillait d’arrache-pied” pour aider Uniper. Il s’agit d’éviter la faillite du plus grand énergéticien et sa chute pourrait ressembler à Lehman-Brother.

 

Les erreurs de la Doctrine Européenne

Bruxelles prône une doctrine de démantèlement du système énergétique européen pour le mettre en main d’entreprises privées. Il est donc nécessaire de casser les monopoles comme les EDF et autres énergéticiens.

En 2016, le géant énergétique allemand E.ON avait dû se scinder en deux partie, dont Uniper, une partie fossile et nucléaire financièrement risquée ainsi qu’une partie financièrement juteuses avec les renouvelables et la distribution d’électricité.

Bruxelles pense qu’en mettant dans les mains privées, la gestion des énergies, la libre concurrence devrait permettre les prix les plus bas. Dans la réalité, il n’en est rien et cette doctrine a conduit dans l’impasse actuelle.

 

Angleterre : fief de la libéralisation du marché de l’énergie

Fleuron de la libéralisation du marché voulue par Bruxelles, l’Angleterre se trouve dans une situation critique.

Pour un ménage anglais, les prix du gaz et de l’électricité poussent la facture annuelle à €4’015 contre €1’417 en 2019 selon Cornwall Insight.

L’Angleterre importe qu’une infime partie de gaz de la Russie, mais comme les prix s’adaptent au marché, la facture grimpe.

Alors que la promesse d’une énergie meilleure marché, la main invisible du business n’a fait que de consolider les cartels d’entreprises privées et la gabegie est d’autant plus grande. Londres a offert pour €18 milliards d’aide et de subsides à 8 millions de foyers. Là aussi, la situation n’est pas durable dans le temps.

 

France

Le gouvernement Macron a activé des subsides à hauteur de €20 milliards, ce qui pousse EDF dans une situation financière impossible.

La dette d’EDF de €43 milliards devrait dépasser les 60 milliards. L’entreprise se voit dans la difficulté de trouver des fonds sur les marchés financiers. Paris annonce la nationalisation d’EDF.

De son côté, Total enregistre des bénéfices records.

 

Allemagne

Berlin a franchi le mois dernier une étape cruciale vers le rationnement du gaz lorsque le ministre de l’économie, Robert Habeck, a activé la deuxième phase du plan d’urgence gaz du pays. “La situation sur le marché du gaz est tendue et nous ne pouvons malheureusement pas garantir qu’elle ne va pas s’aggraver. Nous devons être prêts à ce que la situation devienne critique”.

Selon le GdW, la guerre en Ukraine entraînera une hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs comprise entre 71% et 200%, soit des coûts annuels supplémentaires de €1’000 à 2’700 pour un ménage d’une personne et jusqu’à €3’800 pour quatre personnes, par rapport aux niveaux de 2021.

Le gouvernement propose des mesures drastiques. Ainsi, il commence à y avoir un rationnement de l’eau chaude, le tamisage de l’éclairage public et la fermeture des piscines, alors que l’impact de la crise énergétique commence à se propager de l’industrie aux bureaux, aux centres de loisirs et aux foyers.

“La situation est plus que dramatique.” Ca c’est Axel Gedaschko, chef de la fédération des entreprises de logement allemandes qui l’annonce. “La paix sociale de l’Allemagne est en grand danger” selon lui.

Quand débutera la contagion dans les autres pays?

 

 

Le pétrole à 37$ le baril, les majors empilent les dettes

Aujourd’hui, journée spéciale aux USA. Pour l’information et surtout pour l’Histoire: le pétrole se traite à 37$ à New York et 39$ à Londres. Qu’en sera-t-il demain?

En regardant 2020, c’est une parfaite annus horribilis pour les compagnies pétrolières. Les chiffres du 3ème trimestre le démontrent.

En Europe, depuis le coronavirus, les pétroliers et gaziers ont vu leurs capitalisations boursières chuter de 364 milliards $. On comprend la grise-mine des investisseurs. Aux USA, c’est pire. Les 84 faillites ont effacé $ 89 milliards et le montant pourrait grimper à $ 100 milliards avec la deuxième vague de coronavirus. A ce tarif, l’industrie pétrolière n’est pas hyper rentable.


 

Rassurez-vous. Comme les chiffres sont souvent indigestes, une pointe d’humour et du bicarbonate ont été rajoutés pour la digestion.

Avant d’entrer dans les détails, une explication s’impose sur nos majors pétrolières préférées: ExxonMobil, Chevron, Shell et BP.

 

Des dettes, toujours plus de dettes

Les majors accumulent des dettes abyssales. En temps normal, ces dettes sont cautionnées par les réserves pétrolières. Cependant, la probabilité de ne plus pouvoir extraire le pétrole jusqu’à la dernière goutte, inquiète l’industrie, d’autant qu’il faut aller chercher du pétrole de plus en plus cher et de moins en moins bonne qualité.

Paradoxalement, les prix du baril restent proche des 40$, seuil de non rentabilité. Il reste l’espoir de voir grimper les cours à 100$, mais là, c’est l’Economie mondiale qui ne supportera pas le choc.

Afin de continuer à alimenter en cash leurs caisses, tradition oblige, les majors doivent offrir des dividendes quitte à s’endetter encore plus.

L’équation est simple: pas de dividendes, pas d’investisseurs donc pas de forages et surtout plus de chocolat!

 

ExxonMobil

L’américaine, proche de Trump, a annoncé son troisième trimestre négatif consécutif. La perte se monte à 680 millions $ alors que sa production pointe à 3,7 millions de barils de pétrole par jour (-6%). L’année dernière, à même époque, elle annonçait un bénéfice de 3,2 milliards $.

Le No 1 américain surfe sur une dette  $ 69.5 milliards pour un chiffre d’affaires de 260 milliards.

Darren Woods, son PDG, reste droit dans ses bottes. Il va continuer à offrir de larges dividendes et éviter méticuleusement les énergies renouvelables. Ainsi pour maintenir ses dividendes, 14’000 employés, soit le 15 % de son staff, vont prendre la porte. C’est vraiment cool de bosser pour une entreprise pareille, non?

Exxon va également réduire ses investissements de 23 milliards $ à 16 milliards en 2021. Le boss (Darren Woods pas Bruce Springsteen) aimerait réduire de 30 milliards $ les actifs dont la compagnie de gaz de schiste XTO Energy, qui avait été payée 42 milliards en 2009. A l’époque, l’opération avait été qualifiée de deal du siècle. Aujourd’hui, fiasco a remplacé deal.

 

Chevron

Le No 2 américain annonce une perte de $ 207 millions contre 2,6 milliards de bénéfice sur la même période en 2019.

Son PDG, Mike Wirth, concède que le coronavirus n’est pas tendre avec ses objectifs. Comme ExxonMobil, il va licencier 15% de ses employés afin de maintenir les dividendes pour ses actionnaires.

L’entreprise pourrait également vendre des actifs, mais dans cette période de disettes, qui voudrait en acheter ?

Chevron cumule une dette de $ 34 milliards pour un chiffre d’affaires de $ 120 milliards. De ce côté, c’est assez bien.

 

Shell

Ben van Beurden, le PDG, annonce une “nouvelle ère de croissance des dividendes”. Du coup, il a augmenté ses dividendes de 4 % à 16,65 ct.

Là aussi, afin de garder des dividendes, les emplois sont sabrés et les coûts minimisés. Plus de 16’000 postes ont été supprimés ce mois.

A contrario des deux américaines, au 3ème trimestre, Shell a réalisé un bénéfice de $ 955 millions contre 4,8 milliards en 2019. Bel exploit.

Les dettes de Shell se montent actuellement à $ 73,5 milliards. Pour vous imaginez 70 milliards $: cela représente les dettes cumulées d’EDF et Areva avant que l’Etat français n’intervienne. C’est aussi la moitié de la fortune de Jeff Bezos, d’Amazon. Bon là, avec cet exemple, ça paraît tout petit. Mais quand même, ça représente quelques mois de salaire pour un ouvrier moyen.

 

BP

L’entreprise anglaise termine son 3ème trimestre sur un bénéfice de $ 86 millions contre un bénéfice de 2,3 milliards sur la même période l’année passée.

Son PDG, Bernard Looney, a promis d’effectuer un changement stratégique et de devenir zéro carbone d’ici à 2050, mais n’a pas apporté le mode d’emploi pour y arriver.

Contrairement à Exxon, Chevron, Shell ou Saudi Aramco, BP a décidé de couper dans les dividendes. Un crime de lèse majesté dans l’industrie. Mais le changement de paradigme est à saluer.

BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs d’ici à 2025, pour autant qu’elle trouve des acheteurs. Comme pour Shell, BP cumule $ 68 milliards de dettes dont une grande partie à cause de la catastrophe DeepWater Horizon du 23 avril 2010. (lire l’article de 2010)

 

On donnera l’avant dernier mot, au géant pétrolier Russe. Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

Le mot de la fin, on le donnera au nouveau président des Etats-Unis et au coronavirus.

 

 

La Banque Nationale Suisse investit dans les Banques de Schiste

Pour ceux qui étudient les investissements de la Banque Nationale Suisse SA, la société anonyme est une source d’émerveillement permanent.

Alors qu’elle se doit d’éviter les investissements dans le pétrole et gaz de schiste, le charbon, l’uranium, les énergies fossiles, les armes et les institutions bancaires, la direction préfère cocher toutes les cases.

Comme personne ne semble s’en offusquer, même pas le comité d’éthique ou les ministres des finances des cantons, la BNS a tenté le grand chelem: investir dans des banques qui investissent dans le pétrole de schiste aux USA! Deux interdits dans le même acte faisant une pierre deux coups. La performance est éclatante. Dans cet achat d’actifs, la BNS n’a perdu que 37 millions $ depuis le début de l’année.


Le pot aux roses a été découvert via une publication de Bloomberg d’une liste de 11 banques américaines en difficulté à cause de leurs implications importantes dans le schiste. Sur les 11 institutions bancaires pointées du doigt, la BNS n’en a ratée aucune. Respect!

 

Depuis le début de l’année, la valeur de ces banques n’a perdu que 37,6 millions $.

 

Cependant, la BNS ne s’est pas limitée à investir que dans ces banques. Elle a déversé son argent dans tout le système bancaire local américain. Vous pouvez trouver toutes les banques dans ce fichier mis à jour le 31 mars 2020.

 

Qu’en pense la Banque Nationale Suisse?

Devant cette découverte, j’ai pris contact avec le service de communication de la Banque Nationale Suisse avec ces questions:
   A) Pourriez-vous m’indiquer les motifs des investissements de la BNS dans des banques aux USA?
   B) Si vous n’avez pas cette liste, voulez-vous que je vous la fasse parvenir?
   C) Quel est votre avis sur ces investissements qui se heurtent à deux de vos règles en même temps (banque et environnement)?

L’éclairage est tombé comme la nuit: “Dans sa stratégie de placement, la Banque nationale suisse renonce à acquérir des actions de banques et d’autres établissements à caractère bancaire à moyenne ou à grande capitalisation de pays industrialisés. Elle s’abstient par ailleurs d’acheter des actions d’entreprises qui violent massivement des droits humains fondamentaux, qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement ou qui sont impliquées dans la fabrication d’armes condamnées sur le plan international.

Bref, le message standard “copier/coller” envoyé aux curieux dont je dois avoir 20 copies.

Devant cette non-réponse, je me suis permis d’insister. Au bout de 3 échanges, une information cruciale et décisive a enfin fini par transpirer: la directrice zurichoise de la communication n’apprécie pas l’humour et l’insistance des Welsches. Punkt Schluss!

 

Est-ce que la BNS investit contre votre entreprise suisse?

Si vous aussi vous voulez vous amuser, voici la liste des investissements de la BNS dans le marché américain au 31 mars 2020. Elle est mise gratuitement à disposition par le gouvernement américain.

Si vous êtes un entrepreneur, un chef d’entreprise, un innovateur de start-up, un PDG d’une multi-nationale comme ABB, vous pourrez immédiatement prendre connaissance des millions de $ que la BNS investit dans vos concurrents directs aux USA.

Ne parlez surtout pas de concurrence déloyale contre les entreprises suisses, la directrice de la com de la BNS n’apprécierait pas !

 

 

 

Marée Noire en Sibérie Russe

Vladimir Poutine a vu rouge comme la rivière Ambarnaïa à Norilsk, dans le territoire de Krasnoïarsk en Sibérie.

Depuis vendredi dernier, plus de 20 millions de litres de diesel se sont déversés dans la rivière Ambarnaïa et son affluent le Daldykan pour provoquer une marée noire qui rappelle la catastrophe du tanker pétrolier Exxon Valdez en 1989, quand 37 millions de litres de brut avaient touché les côtes de l’Alaska.

Le chef des opérations de Norilsk Nickel, Sergei Dyachenko, évoque la fonte du permafrost comme cause de l’accident. En effet, l’un des réservoirs de diesel de la centrale thermique s’est effondré le 29 mai et le groupe aurait tardé à réagir.


En Sibérie en temps normal, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Depuis janvier, il fait chaud. Le mois de mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures jusqu’à 30°C. Ces températures anormalement élevées ont certainement dû impacter le permafrost qui a touché ce réservoir.

 

 

Le président s’en est pris aux responsables de l’entreprise Norilsk Nickel qui appartient à NTEK, le plus grand producteur de nickel et de palladium au monde.

«Pourquoi les autorités ont appris cette catastrophe seulement deux jours après ? Pourquoi est-ce que nous apprenons cette situation urgente par les réseaux sociaux ? Est-ce que vous allez bien par là haut ?» a demandé Vladimir Poutine au PDG de NTEK Sergei Lipin (voir vidéo).

 

 

Dans la foulée, le président russe a déclaré l’état d’urgence dans la ville de 180’000 habitants situé à 300 km du cercle Arctique. De nombreux minerais et matières premières se trouvent dans l’étendue perdue de la Sibérie où les possibilités de combattre ces pollutions sont difficiles à entreprendre. Les moyens de transports pour évacuer tout ce diesel n’existent pas et il est compliqué d’y acheminer des camions.

La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le pergélisol. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique. Norilsk détient le titre envié de la ville qui émet le plus de le dioxyde de soufre au monde et cette marée noire n’est qu’une pierre de plus dans ses chaussures.

 

Extractions futures de pétrole et de gaz

Cette catastrophe met en exergue la difficulté d’extraire des matières premières dans des lieux reculés et au climat extrême comme en Sibérie ou en Arctique.

Moscou ambitionne d’extraire de plus en plus de pétrole et de gaz dans ces régions et cette marée noire pourrait être un signal d’alarme pour les projets à venir. Il souligne également la fragilité et les dangers des constructions et des installations qui reposent sur le permafrost.

Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Chaos sur le pétrole américain. Il termine à moins 37$. Oui, -37$ !

Journée chaotique, historique et vice versa. Le prix du baril de pétrole américain, WTI, est passé sous la barre des zéros, à -37.36$ le baril pour être précis.

Pour bien comprendre, ce lundi, les heureux propriétaires de pétrole américain ont payé 37,63$ à celui qui voudra bien leur débarrasser de leur pétrole! L’industrie pétrolière a réinventé les soldes ou un moyen de piquer la une au coronavirus sur facebook.

La journée se termine alors que le baril valait encore +18,27 à l’ouverture, soit une chute de 55$! Après cette dégringolade, le WTI va remonter rapidement. Comment en est-on arrivé là?


 

Courage, fuyons

La semaine dernière, les t-shirts et casquettes “le pétrole à 19$, j’y étais” avaient été imprimés. Cet événement ne s’était plus reproduit le début du millénaire. Il fallait bien marquer le coup.

Mais hier, l’or noir a fait encore plus fort même si techniquement cette chute s’explique. Les traders ont dû liquider leurs positions sur les livraisons en mai. Dans les grandes lignes, certains traders avaient misé sur un contrat “future“: acheter hier pour se faire livrer en mai.

Ainsi, les heureux détenteurs de “ces futures” avaient le choix: soit de prendre physiquement possession de ce pétrole d’ici à la fin mai, soit de les vendre aux plus offrants ou moins offrants, c’est selon.

Aux USA, les capacités maximales de stockage seront atteintes d’ici à 2 semaines. Donc, à part stocker ce pétrole sur leurs balcons ou dans les salles de conférences, les traders ont dû s’en débarrasser selon le principe de la patate chaude. Le dernier, qui l’a en main, aura le privilège de recevoir les barils devant sa porte. Les prix ont dégringolé durant toute la journée pour atteindre les -37$.

Les gagnants pourraient être les petits malins qui ont sécurisé des places de stockage ou des tankers. Ils pourront attendre que les prix remontent pour extraire de juteux profits.

 

 

Où stocker le pétrole américain ?

Avec la pandémie de coronavirus, la demande mondiale de pétrole a chuté. Comme un forage n’a pas de fonction on/off, l’or noir continue de couler à flot. Il faudra encore quelques jours afin de diminuer sensiblement la production.

La semaine dernière, l’Agence Américaine de l’Energie avait annoncé un surplus de 19.2 millions de barils en une semaine. Selon Baker Hughes, aux USA 66 forages ont été éteints la semaine dernière et il en reste 438 en activité soit 387 de moins qu’il y a une année.

 

Producteurs sous pression

Cette situation pourrait encourager les producteurs américains à faire faillites au lieu de payer des millions pour se débarrasser de leur production. Le mouvement a déjà commencé. Il est nécessaire d’attendre la fin de la tempête pour répertorier les survivants.

Selon Bloomberg, cette hécatombe pourrait donner une opportunité à des activistes du climat afin de racheter, pour une bouchée de pain, ces compagnies afin de garder le pétrole dans le sol. Même si l’on reste dans la théorie, l’idée est séduisante!

 

Make the pétrole great again

Cette situation est une épine dans le pied du président Trump. Il y a 2 semaines, il tweetait en fanfare l’accord de l’OPEP et du G20 et le maintien de centaine de milliers d’emplois dans le secteur.

Si le pétrole de schiste a offert à la Maison Blanche “une dominance énergétique“, l’arme se retourne. Malgré l’injection artificielle de milliards $ dans l’industrie, le schiste est sous respiration artificielle. Il n’est pas certain qu’il redeviendra great again.

 

Dans le reste du monde

Plus au nord, au Canada, le baril se vend à 1 centime $ pour les 159 litres d’un baril. Ce qui confirme l’adage : je pers sur chaque baril que je vends, mais je me rattrape sur la quantité !

A Londres, le baril est resté, plus ou moins stable à 25,95$ le baril. Aujourd’hui, le Brent est moins impacté sur les places de stockage car il concerne un grand nombre de pays. Si la pandémie continue, les choses pourraient rapidement changer. Attendons pour voir.

La seule pincée de certitude: le pétrole américain, WTI, va remonter. Les achats futurs pour le mois de juin se situent à 20$. Ce matin, il est repassé sur la barre des 1$.

 

Le pétrole est la denrée la plus importante et la plus précieuse pour l’Economie mondiale. Analyser ses dysfonctionnements, la désorganisation des pays producteurs et l’impact sur le climat montre la folie d’avoir basé toute notre confiance sur un pareil cheval.

Cette stratégie a bien fonctionné jusqu’à aujourd’hui. La roue tourne et elle pourrait le faire sans pétrole!