Et si Nabilla faisait chuter les prix du pétrole?

Donald Trump est un génie. Jeudi dernier, avec un seul et unique tweet, il a réussi à faire grimper les prix du baril de 20 à 28$! La plus grande hausse dans l’histoire du pétrole en 24h.

Son passage sur Twitter a permis de générer une plus value de 800 millions $ par jour pour l’industrie pétrolière.

Comment est-ce possible ? Est-ce que Nabilla pourrait en faire tout autant?


 

L’homme qui…

Si l’on devait faire un film sur Donald Trump, le titre est déjà trouvé : «L’homme qui murmure aux algorithmes.» Depuis son arrivée au pouvoir, il a compris qu’il suffisait de placer des mots bien choisis afin de nourrir les ordinateurs des bourses mondiales afin de manipuler les cours. Il a déjà sévi un nombre incalculable de fois. Avec 100% de réussite, le gars est un expert.

Je m’égare, revenons au tweet de jeudi dernier.

Trump a donc écrit :
Juste parlé à mon ami MBS (le prince héritier) d’Arabie Saoudite, qui a parlé au Président Poutine de Russie. J’attends et espère qu’ils vont réduire d’environ 10 millions de barils et peut être encore plus, si cela se produit ce sera great (intraduisible) pour l’industrie gazière et pétrolière.” Votre estimé Donald J. Trump.

 

Du côté de la bourse, voici comment nos amis les super ordinateurs ont disséqué la missive:
1. Message de @realDonaldTrump : 75 millions d’abonnés  =  Avec autant d’abonnés, ce qu’il dit doit être vrai
2. Il a discuté avec MBS = Holy Moly, là, c’est du solide. On tient quelque chose
3. MBS a parlé à Vladimir = Oh my God ! Il a parlé à papa.
4. 10 millions de barils en moins =  Accchhhhhhèèèèèèèteeee !
5. goto line 1

Bon, c’est schématique, car dans la réalité cette opération se déroule en moins d’une seconde. L’objectif est de comprendre le mécanisme.

 

Le bons sens et la réalité remplacés par l’inintelligence artificielle

Dans les lieux de trading, à force d’avoir remplacé les humains par des super ordinateurs, on arrive à ce genre d’absurdité. Le plus drôle dans cette crise, c’est que les Banques Centrales déversent des centaines de milliards $ pour soutenir les bourses alors qu’il suffirait de retirer les prises de ces machines pour retrouver un peu d’intelligence et de réflexion. Visiblement, les Banques Centrales ont des potes qui travaillent dans l’informatique.

Ce qui est inexplicable par contre, c’est que vendredi, les traders auraient pu analyser la situation avec un peu de recul. En réalité, ils font preuve d’autant de réflexion qu’un labrador devant sa gamelle.

1) La Russie a confirmé que le tweet était du pipeau. Par contre, elle se réjouit de cette augmentation qui lui rapporte 60 millions $ de plus par jour. Moscou n’a pas officiellement demandé à Donald d’en remettre une couche, mais à coup de 60 millions par jour, pourquoi pas.

2) Les USA ont annoncé qu’ils n’allaient pas réduire leur production. Donc l’entier de la baisse devait être assurée par la Russie, l’Arabie Saoudite et l’OPEP.

3) Avec le CoronaVirus qui est en train de commencer à paralyser les USA et l’Inde, la surproduction mondiale est d’environ 25 millions de barils jour. L’OPEP pourrait organiser une réunion extraordinaire, mais la surproduction restera.

 

Et si Nabilla

Si les algos scrutent les influenceurs pour leurs stratégie d’achats, une idée m’est venue.

Nabilla, si vous lisez cette rubrique, pourriez-vous participer à une expérience ?  Bon, je n’ai pas un gros budget mais on pourrait faire un «product placement » pour compenser.

Pourriez-vous envoyer un tweet ou poster un truc sur instagram du style:
Hello les fans. Dès demain lundi plus personne n’utilise son avion, sa voiture, son shampoing, son vernis à ongle (sauf le Mavala Rouge Paris) <ça c’est pour le product placement>. J’ai un ami d’un ami qui parlé à Vladimir, il est ok. Ensemble, nous allons réduire la consommation de pétrole de 11 millions de barils par jour. Je vous aime.“<ou un truc comme ça>.

Si demain lundi, les cours repartent à la baisse, vous mériterez vraiment le titre d’influenceuse !

Avec l’absurdité des algorithmes et de cette réalité inventée par les financiers, il n’est pas improbable que cette expérience fonctionne. Chiche ?

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Le plus gros krach pétrolier de l’histoire
– Russie: Moscou arrivera-t-il à faire plier le pétrole de schiste américain?
– Japon: Le report des Jeux Olympiques influence Fukushima
– Europe: La Commission se lance dans l’hydrogène
– Electricité: Une baisse mondiale de 10 à 20%
– Venezuela: Le pays plie, plie, plie. Jusqu’à quand?
– Automobile: La production mondiale à l’arrêt.


Avertissement
Le mot «coronavirus» n’apparaît qu’une seule fois dans toute cette revue. Si vous le trouvez, vous avez gagné! Cela rappellera de bons souvenirs à ceux qui jouaient à «Où est Charlie».
Même si cette revue est publiée le 1er avril, il n’y a pas de poisson!

Vous êtes prêt? Allons-y!

 

La demande s’est pris les pieds dans le tapis d’une manière inédite en plus de 100 ans d’histoire pétrolière. Alors que les USA et l’Inde sont en train d’entrer dans le confinement, la chute devrait atteindre entre 20 et 25% sur une consommation de 100 millions de barils/jour (b/j). En comparaison, le crash pétrolier de 1980, la baisse représentait 2,65 millions b/j.

Pour ne pas rester en reste, les prix ont dévalé les escaliers quatre par quatre pour arriver à l’étage -65%.  A Londre, le Brent s’affiche à 26,20$ (49,76$ fin février) et à New York, le WTI touche 20,20$ avec une visite à 19,27$ (44,77$ fin février).

 

 Graphique du mois

Evolution des prix du baril depuis 2000
Source: Refinitiv. Graphique CNN

 

Investissements Pétroliers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’industrie du pétrole sabre 31 milliards $ d’investissements. Les producteurs de schiste américains et de bitume au Canada ont été les premiers à réduire la voilure.  Dans cet exercice de team building, les grandes majors comme Total, Shell, Saudi Aramco, Exxon, Chevron et BP ont immédiatement suivi le mouvement. Par contre, les grandes majors ont annoncé maintenir la distribution de dividendes, quitte à s’endetter.

Avec plus de 100’000 lecteurs en 3 jours, l’article «Pétrole, cette bombe à retardement», souligne l’intérêt et le moment historique que nous vivons.

 

Stockage du pétrole

Les capacités de stockage mondiales atteignent 7,2 milliards de barils de pétrole dont 1,3 milliards dans des tankers. Selon Rystad Energy, les stocks sont pleins à 76%.

Au rythme actuel de surproductions et de sous consommation, il ne faudra que quelques semaines pour les remplir. Le Canada pourrait être le premier pays à déborder. Il sera intéressant d’analyser les réponses des producteurs de pétrole à la question : qu’est-ce que l’on fait quand c’est plein ?

Si l’offre n’arrive pas à être jugulée, il n’est pas impossible d’observer des prix négatifs. Les producteurs pourraient payer pour se débarrasser du pétrole ce qui ne serait pas une première.

 

 

Renouvelables

L’IEA, International Energy Agency, suggère que les paquets de stimulations économiques comprennent un focus sur les énergies renouvelables. Son directeur Fatih Birol souligne qu’il est important de se focaliser sur la pandémie mais que la menace du dérèglement climatique continue.

Cette demande, qui émane d’une Agence qui a toujours supporté le pétrole et le gaz, est autant remarquée que remarquable.

L’éolien a augmenté sa capacité de 19% en 2019 notamment avec des projets aux USA et en Chine (+60,4 GW). Le 10% de ses éoliennes se trouvent en mer. Pour 2020, il faudra attendre que le vent tourne.

 

Charbon

En 2019, la capacité de production d’électricité à base de charbon a augmenté de 34,2 GW grâce à la Chine. 64% des nouvelles centrales sont chinoises, 12% d’Inde et le 24% restant en Asie dont le Pakistan, l’Indonésie et la Malaisie.

Le think tank, Carbon Tracker Initiative, annonce que 60% des centrales à charbon dans le monde produisent une électricité plus chère que les renouvelables.

 

Electricité

A travers l’Europe, la demande d’électricité a diminué de 10 à 20% notamment suite à l’arrêt de l’industrie mais avec une augmentation de consommation des ménages. Les prix sont également partis à la baisse.

En janvier, la Chine avait diminué sa consommation de 8% par rapport à janvier 2019 et de -16% en février.

Aux USA, la baisse de la consommation est de 10%, mais les prix sont partis à la hausse. Il faudra attendre l’étendue de la pandémie pour voir son impact sur la production d’électricité.

En Suisse, la demande en électricité a chuté de 10 à 30%, selon les régions.

 

Aviation

En temps normal, la consommation de kérosène représente 7 millions de barils/jour. Avec la suppression des vols, la chute de la demande a dépassé les 50%.

Comme pour le pétrole brut, les places pour stocker ce carburant pose problème surtout que sa durée de vie est limitée à quelques mois et que son entreposage est explosif.

 

Coucher de soleil, le 31 mars.
Vous remarquerez qu’il n’y a aucune trace d’avion dans le ciel

 

Automobile

Janvier 2020 fut un très mauvais mois. Seules 6,2 millions de voitures ont été vendues dans le monde au plus bas depuis les 5,9 millions de janvier 2012 .

Pratiquement tous les constructeurs automobiles ont arrêté leurs productions et certains se sont reconvertis en producteur de ventilateurs pour l’aide à la respiration.

La seule bonne nouvelle, qui pointe à l’horizon, est que les chiffres de février, mars et avril devraient être publiés respectivement en mars, avril et mai.

 

Climat

L’Organisation Mondiale de la Météo montre que tous les indicateurs du changement climatique sont dans le rouge : la température dans les terres et des océans, les quantités de gaz à effet de serre, le niveau des mers, etc.

Les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent à une vitesse 6 fois supérieures à 1990.

 

Blah, Blah, Blah. Vidéo Greenpeace

 

Les pays qui ont fait l’actualité durant ce mois

USA: pétrole de Schiste

La Russie a décidé de s’attaquer au pétrole de schiste américain et a refusé d’accepter les nouveaux quotas de l’OPEP. De leur côté, les producteurs de schiste US n’ont jamais levé le petit doigt pour participer au maintien des cours. A force de jouer, les passagers clandestins, il faut bien s’attendre à se faire débarque un jour où l’autre. Et bien, ce jour semble être arrivé. Quels seront les dégâts?

Durant les 10 dernières années, les 34 plus grandes entreprises de pétrole de schiste américain ont perdu 189 milliards $. En 2019, les pertes se sont montées à 2,1 milliards $ selon le rapport de l’Energy Economics and Financial Analysis. Pour la bonne bouche, la Banque Nationale Suisse a investi dans la totalité de ces 34 entreprises.

L’entreprise de service Halliburton a mis en congé 3’500 employés à Houston. Elle est obligée de diminuer ses coûts suite à la chute des cours du baril et pense que les deux tiers des forages vont fermer d’ici à la fin de l’année. Les employés licenciés vont bénéficier du double effet kiss-kool. Ils perdent leur emploi et l’assurance maladie qui va avec. Vivre sans assurance maladie en ce moment aux USA, c’est compliqué.

Les banques, J.P. Morgan (65 milliards $), Citi (52 milliards), Bank of America (48 milliards) Wells Fargo (45 milliards) avaient revêtu leurs uniformes de pom-pom girls du schiste américain avec des implications financières énormes. Avec la chute des cours, l’ambiance doit être festive dans leurs conf calls.

Chesapeake Energy Corp, qui était un pionnier dans le schiste américain, pourrait faire faillite avec une ardoise de 9 milliards $. L’entreprise est également connue des basketteurs, puisque le Thunder d’Oklahoma joue dans la Chesapeake Arena. Son action a dévissé de 50% en 3 semaines (celle de Chesapeake par du Thunder).

Le 8 avril 2019, Occidental Petroleum annonçait l’acquisition de son concurrent Anadarko pour la modique somme de 55 milliards $. A l’étonnement général, Occidental venait de battre l’offre de la major Chevron en personne. Selon Vicki Hollub, Anadarko était un coup sûr et “représentait l’avenir du pétrole de schiste aux USA“. Cette acquisition permettait à Occidental de devenir l’un des plus grands pétroliers aux USA.
Aujourd’hui cet achat est nominé dans la catégorie : «pire achat du siècle dans l’industrie pétrolière.» Occidental a perdu plus de 84% de sa valeur (68$ en avril 2019 et 11$ fin mars 2020). La promesse de sa directrice, Vicki Hollub, d’offrir de généreux dividendes s’est transformée en “so sorry“. La dette d’Occidental se monte à 37 milliards $.

Le milliardaire pétrolier, Harold Hamm via sa compagnie Hamm, veut porter plainte via le Département du Commerce Américain contre l’Arabie Saoudite pour avoir «illégalement» déversé du pétrole brut sur les marchés.

Le Financial Times estime que 110 milliards $ de dettes de schiste sont entrés dans une zone de danger sur les 936 milliards $ d’actions émis par les compagnies gazières et pétrolières.

 

 

Russie

Moscou a refusé de s’aligner sur la volonté de l’OPEP afin de diminuer les extractions pétrolières. Le Kremlin pense que le moment est idéal pour terrasser le pétrole de schiste américain (lire : Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$). Visiblement, la réalité a dû dépasser les attentes.

Vladimir Poutine a annoncé « une semaine de congé » afin de garder les personnes à la maison. Est-ce que la pandémie fera plier Moscou dans son combat pétrolier ?

Le budget du pays nécessite 12,7 milliards $ par mois. Le ratio PIB/dette de la Russie est l’un des plus faible au monde. La marge de manœuvre est donc encore grande, mais tout peut changer rapidement.

Moscou annonce avoir eu des discussions avec Washington sur la production pétrolière.

 

Arabie Saoudite

Afin de riposter contre la Russie, Riyad affiche une volonté de livrer sur les marchés 12,3 millions de barils de pétrole par jour et plus de 13 millions dès avril. On notera le mot “livrer” et non pas “extraire”. Il est hautement improbable que l’Arabie soit capable d’extraire autant de pétrole. Ainsi, le pays va devoir plonger dans ses réserves pour vivre son engagement.

Dans ses communiqués de presse, Riyad annonce des rabais de 6-8$ le baril afin de prendre des parts de marchés à la Russie notamment en Europe. En pratique, l’Europe regorge de pétrole à l’instant.

Le gouvernement a abattu un missile au-dessus de Riyad. L’attaque proviendrait des Houthis du Yémen.

Pour l’exercice 2019, le bénéfice de Saudi Aramco a chuté de 21% pour se solder à 88,2 milliards $. En comparaison, le bénéfice de 2018 se montait à 111,1 milliards $ après avoir versé plus de 100 milliards $ au budget de l’Etat.

En décembre dernier, l’achat d’actions de Saudi Aramco avait été annoncé comme le coup financier du siècle. Avec un peu de recul, le cours du géant pétrolier est passé sous le prix de vente de 35$ à 29$.

Le budget de l’Etat a été revisité avec une coupe de -5% soit 13,3 milliards $ avec un déficit évalué à 61 milliards $.

Saudi Aramco a reçu le feu vert pour exploiter le gisement de gaz de schiste de Jafurah. Ce gaz pourrait fournir une alternative au pétrole afin de produire l’électricité pour les climatisations durant les mois chauds de l’année. En fait avec le réchauffement climatique, presque tous les mois deviennent chauds au Moyen-Orient.

 

 

 

Europe

La Commission Européenne a développé une nouvelle stratégie industrielle afin d’effectuer une transition vers la neutralité carbone : Clean Hydrogen Alliance.  L’hydrogène va devenir vital pour les secteurs lourds comme l’aviation, les transports et l’industrie.

Alors que les grands constructeurs automobiles regardaient avec un sourire la capacité de Tesla à brûler du cash, la Model 3 est devenue l’une des voitures les plus vendues en Europe devant la Golf de WV et la Clio de Renault avec plus de 77’000 ventes par mois en décembre 2019. L’Américain a augmenté sa part de marché de 13% à 64% du marché dans les voitures électriques.

 

Angleterre

L’aéroport de Heathrow n’aura pas sa troisième piste suite à une décision de justice de la Cour d’Appel. Le gouvernement n’a pas pris en compte ses engagements climatiques qui sont légalement contraignant à souligné la Cour.

Le gouvernement veut introduire son propre marché carbone sur son territoire d’ici à janvier 2021, même si le pays restera dans la EU Emissions Trading System jusqu’à la fin de l’année.

 

Suisse

Les stations d’essence ont répercuté la première baisse des cours mais ont totalement “oublié” de refléter les cours d’un baril sous les 30$. Le litre d’essence est environ 10 centimes trop cher par rapport aux cours du marché. Il devrait se trouver dans une fourchette de 1,30 à 1,38 ct lt pour l’essence au lieu des 1,44 actuels.

La compagnie aérienne allemande «Swiss» subit son deuxième grounding. Son directeur implore une aide financière à la Confédération Suisse pour survivre.

Cette demande pose le thème de la dissertation de ce mois: Est-il essentiel pour un pays d’avoir sa propre compagnie aérienne nationale ?
Vous devez également couvrir la question: Si des fonds publics sont déversés dans Lufthansa afin de soutenir Swiss, serviront ils à subventionner les billets afin que les tarifs soient moins chers qu’une pizza?  Si oui, la Confédération devra-t-elle donc également racheter toutes les pizzerias pour que leurs prix soient moins cher que les billets d’avions ?  Vous avez droit à une page max !

Au 1 janvier 2020, la Banque Nationale Suisse détenait pour 6,7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines dans le domaine des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon et nucléaire. La BNS détient également des actions dans des banques américaines fortement impliquées dans le schiste et qui sont actuellement en difficultés financières.

 

France

La construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville va encore prendre du retard. Cette fois, c’est la pandémie qui en est la cause.

Tous les réacteurs nucléaires français sont en fonction sauf les deux unités en maintenance de Flamanville.

La consommation d’électricité a baissé en moyenne de 15%.

 

Hollande

Au milieu de la pandémie, Royal Dutch Shell a réussi à sécuriser un nouveau crédit de 12 milliards $ ce qui pousse ses liquidités à plus de 40 milliards $.

Shell a également annoncé une baisse de ses investissements à 20 milliards $ pour 2020 (-5 milliards) et va mettre sur pause son programme de rachat d’actions afin de garder des liquidités et surtout de garantir la distribution de ses dividendes à ses actionnaires.

Pour rappel, le business des entreprises pétrolières n’est pas d’extraire du pétrole. Leur rôle est de distribuer des dividendes afin de continuer à percevoir de l’argent d’actionnaires qui permet de faire tourner les pompes.

 

Cee Roo: Le top des chansons No 1. Quelle énergie!

 

Asie

La chaîne de l’Himalaya procure de l’eau pour 1,3 milliards de personnes dans 8 pays. Alors que ces pays devraient collaborer pour diminuer l’impact du réchauffement climatique, c’est le contraire. Des tensions grimpent entre le Pakistan, l’Inde et la Chine.

 

Chine

Pékin est en train de retourner la crise sanitaire mondiale en une opportunité géopolitique et une diplomatie de la santé. Elle permet également de consolider l’amitié entre les différents pays qui ont rejoint la route de la soie.

La croissance du PIB chinois pourrait atteindre 8% dès la reprise selon Exford Economics contre 6% l’année dernière.

Avec 31’000 ventes de voitures neuves durant le mois de février, elles ont chuté de 79,1% par rapport à février 2019.

En 2019, la Chine a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 2,6% malgré une diminution de l’utilisation du charbon. L’augmentation du pétrole et du gaz ont compensé cette baisse. La Chine a émis 13,92 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

 

Inde

Avec un avertissement de 4 heures, le premier ministre Nerendra Modi a ordonné à ses 1,3 milliards de concitoyens de rester à la maison pour une période de 3 semaines.

Cette décision va également peser sur la demande de pétrole ainsi que d’électricité.

 

Japon

Après avoir investi 30 milliards dans les Jeux Olympiques de Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe s’est résigné à les reporter d’une année. A la sauce Trump, il a d’abord tout fait pour minimiser l’impact de la pandémie, mais le pays a été rattrapé par la réalité.

Ce report va impacter TEPCO, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. Par manque de place mais surtout pour freiner les coûts exorbitants de la gestion de cette catastrophe, TEPCO et le gouvernement avaient prévu de déverser des millions de litres d’eau contaminée dans le Pacifique dès la fin des Jeux Olympiques.

La question est de savoir s’il sera possible de reporter d’une année cette dilution dans les eaux territoriales. Dans le cas contraire, se pose une question : est-ce que des athlètes rayonnants sont plus à même à battre des records ?

Le Japon planche sur l’utilisation de l’éolien en mer et de l’hydraulique pour produire 24% de son électricité d’ici à 2030 (contre 16% actuellement). L’hydro représente actuellement 9,2% d’électricité. Le projet d’une ferme de 33 éoliennes pour 894 millions $ dans les ports d’Akita et Noshiro pourrait être opérationnel d’ici à 2022.

 

 

Les Amériques

USA

Le secteur pétrolier américain a été secoué par la chute des cours. Au lieu d’atteindre une production de 13 millions b/j, les Etats-Unis pourraient retourner sous les 10 millions d’ici à la fin de cette année.

Avant la réunion du G20, Mike Pompeo a demandé au prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie Saoudite de limiter sa production pétrolière. L’administration Trump a également fait du pied à Vladimir Poutine. Cependant, même sans la décision des deux pays de libérer leurs productions, la chute du baril aurait été inévitable.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. La position du Président Trump face à la pandémie est en parfaite adéquation avec le bonhomme : ne pas écouter les scientifiques et se fier à ses intuitions. Cela rappelle furieusement sa position sur le réchauffement climatique. Comme l’a souligné Hillary Clinton dans un Tweet : “Trump avait promis : l’Amérique en premier.”

L’industrie solaire a ajouté 5’600 emplois en 2019 +2,3% alors qu’elle avait perdu 8’000 emplois en 2018. Entre 2010 et 2018, le solaire avait créé 150’000 emplois.

Plus de 80 tankers pétroliers entre 1 et 2 millions de barils sont parqués proche des côtes du Texas afin de stocker le surplus de pétrole. Alors que les capacités de stockage diminuent, certains producteurs ont été contraints à brader leur pétrole à 8$ le baril.

Le département de l’environnement (EPA) va suspendre ses contrôles aux motifs que les entreprises et les compagnies pétrolières et gazières auraient de la peine à se conformer aux règles durant la pandémie, selon son directeur Andrew Wheeler.

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans.

Le chercheur Michael Zarnstorff du Max Planck-Princeton Research Center aurait réalisé une percée dans l’utilisation de la fusion nucléaire grâce à l’utilisation d’aimants permanents. Cette étude doit être validée par d’autres chercheurs mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

L’entreprise NuScale Power a investi plus de 900 millions $ dans le développement de petits réacteurs nucléaires “Small Modular Reactor” (SMR). L’entreprise travaille sur un prototype de 700 MW qui pourrait voir le jour dans deux ans en Idaho, USA.
Le design devrait être approuvé d’ici à la fin de l’année. L’objectif de l’entreprise est de commercialiser ses unités pour 3 milliards $ avec une durée de construction de 3,5 ans. NuScale ne garantit pas l’accès à l’uranium. Pour le même prix, la Russie, la Corée du Sud et la Chine proposent des centrales de 1’000 MW avec un accès au combustible nucléaire.

Une première dans l’agenda du président américain. Durant le mois de mars, Donald Trump ne semble pas avoir participé à une partie de golf.

 

Canada

Le gouvernement étudie une aide financière de 10,4 milliards $ afin de supporter l’industrie pétrolière et gazière.

Le prix du pétrole canadien est descendu sous les 10$ le baril à 9,38 ! Afin d’écouler leur pétrole, les producteurs canadiens offrent un rabais de 13$ le baril par rapport aux cours américain du West Texas Intermediate (WTI) qui est le pendant du Brent de la Mer du Nord.

La mine de Cigar Lake, Saskatchewan, qui produit le 13% de l’uranium mondial pour les centrales nucléaires, est à l’arrêt suite à la pandémie. Alors que 442 réacteurs nucléaires sont activités dans le monde, il n’existe que 6 mines dans le monde. Les mines de Namibie sont également à l’arrêt et l’Arabie Saoudite de l’uranium, le Kazakhstan, pense également à fermer les siennes. Le prix de l’uranium est monté de 24$ à 27$ la livre. A travers le monde, l’énergie nucléaire ne produit que le 10% d’électricité.

 

Venezuela

Le gouvernement plie, plie, plie mais rompra-t-il ?

Avec la surproduction pétrolière actuelle, les acheteurs n’ont aucun intérêt prendre des risques en achetant ce pétrole d’autant que les USA appliquent des mesures d’embargo très fortes.

La production a diminué à 464’000 b/j.

Une pénurie touche les importations d’essences. Le gouvernement est en train de fermer les stations, et laisse le précieux liquide pour les soins médicaux, l’armée, les transports de nourriture et utilitaires.

L’administration Trump porte des charges de narco trafiquants contre le président Maduro avec une récompense de 15 millions $ pour celui qui conduira à son arrestation.

 

Guyana – Guyane Britanique

ExxonMobil a débuté l’extraction pétrolière dans le pays. Cependant, le géant américain se trouve au milieu d’une crise politique enclenchée lors des élections du 2 mars.

Les citoyens remettent en question l’accord de la multinationale et pensent que les revenus ne sont pas équitablement répartis. Le contraire eut été étonnant.

 

Mexique

Les responsables de la compagnie pétrolière nationale Pemex pensent que le crash pétrolier n’aura pas d’influence sur le budget de l’Etat, malgré la chute record des obligations de la société.

Le ministre du budget, Arturo Herrera, a déclaré qu’une garantie de 1,37 milliards $ couvrait complètement le revenu pétrolier national de 2020.

Un pays qui se prend un krach pétrolier avec une pandémie et qui n’a même pas mal ! Très fort même si les mois à venir devrait pouvoir confirmer cet enthousiasme.

 

Moyen-Orient

Iran – Irak

Alors que les USA et l’Iran sont ravagés par la pandémie, ils trouvent encore le moyen de faire les zozos du côté militaire avec des missiles et roquettes expédiées de part des d’autres sur le territoire irakien. Le score est à 3 soldats américains tués contre 6 irakiens/iraniens. Le président irakien, Salih, a condamné les attaques américaines sur son territoire.

A cause de la pandémie, Petronas, la compagnie pétrolière malaisienne, a évacué ses 80 employés dans le champ pétrolier de Gharraff.

Le gouvernement paie les compagnies pétrolières internationales qui exploitent le pétrole irakien. Elles sont défrayées de leurs frais fixes et reçoivent un montant par baril. Avec un baril à 25$, le gouvernement n’arrive pas à couvrir les coûts. A la signature des contrats, personne n’avait imaginé que nous allions revenir à des niveaux pareils. Osons imaginer que sans les revenus du pétrole, la corruption diminuera dans le pays.

Une nouvelle fois, les USA ont accordé un passe-droit de 30 jours à l’Irak afin de commander du gaz et de l’électricité à l’Iran. Dans le sud pétrolier du pays, il est impossible de se passer d’électricité et les capacités de production irakiennes sont insuffisantes.

 

Emirats Arabes Unis

La plus importante compagnie aérienne de long-courriers, Emirates, a cloué au sol 155 Airbus et demande une ligne de crédit afin d’assurer son existence.

 

 

Afrique

Libye

La National Oil Corporation s’inquiète de ne plus avoir assez d’argent pour importer de l’essence et du diesel pour les besoins de ses citoyens.

Sous la pression du général Khalifa Haftar, qui bloque les ports du pays, la production pétrolière a chuté à 97’000 b/j alors qu’elle dépassait les 1,2 millions il y a quelques mois encore.

 

Nigeria

Le pétrole représente 96% des exportations du pays et 75% des revenus du budget. La situation actuelle est délicate alors que le pays n’est pas atteint par la pandémie. Le président a exigé le confinement de la population.

Le plus grand producteur de pétrole africain voit un parc de 50 tankers pétroliers encré sur les côtes car ils n’ont pas trouvé d’acheteur.

 

 

 

Phrases du mois

Phrases du mois
Le monde a connu un burn-out collectif. Il était impossible d’accélérer encore le rythme que nous avions atteint. Les incendies en Australie ou Ebola en Afrique ne nous ont touchés que marginalement. Mais maintenant nous avons quelque chose qui concerne toute l’humanité, et c’est là que nous remarquons ce qui compte vraiment : les amis, la famille et le respect les uns pour les autres.” Joachim Löw, coach équipe Allemagne football.

Nous pensons que les États-Unis ne devraient plus jamais être à la merci de fournisseurs énergétiques étrangers. Nous nous engageons non seulement à l’indépendance énergétique, mais à la domination énergétique américaine. Et le chemin vers cet avenir commence ici, dans le pays du pétrole de schiste, avec vous tous.”  President Donald Trump, Pittsburgh

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.” Mark Twain

Les gouvernements élaborent des plans de relance dans le but de contrer les dommages économiques causés par le coronavirus. Ces plans offrent une excellente occasion de garantir que la tâche essentielle de la construction d’un avenir énergétique sûr et durable ne se perde pas dans le tourbillon des priorités immédiates.” Fatih Birol. Agence Internationale Energie

“[The Democrats said] ‘We want green energy, let’s stop drilling oil’ — they had things in there that were terrible. Windmills all over the place and all sorts of credits for windmills — they kill the birds and ruin the real estate. A lot of problems.” Donald Trump

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour voir la Revue complète: 2000Watts.org

 

 

 

Le Pétrole : cette bombe à retardement

Il y a trois semaines, sous l’impulsion du corona, de l’Arabie Saoudite et de la Russie, le pétrole a perdu 50% de sa valeur. Bien préparés et histoire de tenir le choc, ces deux pays avaient largement alimenté en pétrodollars leurs fonds souverains.

A contrario, les Etats-Unis n’ont rien vu venir et leur préparation à cette éventualité n’a d’égale qu’un discours de Donald Trump sans prompteur.


 

Le Dilemme Américain

Sans surprise, les pétroliers de schiste américains ont été touchés de plein fouet. En moins de deux semaines, une grande partie a déjà annoncé des coupures de budgets, des licenciements et lancé des procédures de faillites. Pour extraire un baril de schiste, un baril à 52$ est nécessaire. Les 25$ actuels n’offrent que les yeux pour pleurer.

Désireux de protéger sa doctrine «de dominance énergétique», le président Trump fait face à un dilemme. Comment maintenir les prix de l’énergie le plus bas possible afin de faire repartir son Economie, tout en gardant en vie les producteurs pétroliers qui ont besoin de cours élevés?

Durant l’année 2019, incapable de générer des revenus suffisants, 42 entreprises pétrolières américaines s’étaient mises sous la protection des faillites. L’année 2020 s’annonçait sous des auspices compliqués. Les pronostics ont largement dépassé les attentes.

Depuis deux semaines, tous les voyants du schiste ont tourné au rouge vif !

Cependant, grâce au coronavirus, Washington pourrait avoir trouvé une parade. Via les injections de la Banque Fédérale Américaine dans l’économie, les dettes des pétroliers pourraient être, en partie, effacées. Il n’aura fallu que quelques heures à Exxon et Chevron pour annoncer des mesures parfaitement calées sur le règlement proposé par la FED.

Il reste encore aux deux chambres à donner l’autorisation de livrer les valises de dollars gratuits.

 

Capacité de stockage en milliards de barils
Source: Rystad Energy

 

Le stockage : Un autre nuage plane sur le pétrole

A cause de la spectaculaire baisse de la demande, il est urgent de trouver des places de stockage. A contrario d’une ampoule, un forage pétrolier ne peut pas s’éteindre et s’allumer d’un clic, sous peine de ne pas repartir ou d’influencer tout le gisement. Seul le pétrole de schiste offre un délai “on/off” raisonnable.

Pour les prochaines semaines, la surproduction devrait être comprise dans une fourchette de 8 à 25 millions de barils par jour !

La problématique n’est pas triviale et fait le bonheur des propriétaires de tankers pétroliers qui ont rapidement revu leurs tarifs à la hausse.

Selon Rystad Energy, les capacités de stockage mondiales sont utilisées à 76% et elles pourraient être remplies assez rapidement. Là aussi, le président Trump joue avec finesse. Il a proposé de racheter, à un prix d’amis, 77 millions de barils de schiste américains afin de remplir la réserve nationale. Ce coup de pouce aura une durée de vie limitée.

Les pétroliers canadiens vendent déjà leur baril avec un rabais de 13$, soit en-dessous de 10$ l’unité. Lors de la crise de 2014, certains producteurs de schiste avaient payé 50 centimes le baril pour s’en débarrasser ! Vous avez bien lu : payer, pas vendre !

Dans le même état d’esprit, les producteurs ont financièrement intérêt à brûler le gaz sur le lieux d’extraction au lieu de le transporter et de le vendre.

En toute logique, si l’Arabie Saoudite et la Russie continuent sur leurs lancées et si le coronavirus déjoue les intuitions du président Trump, les cours vont tendre vers le bas le temps de la pandémie. Ensuite si l’Economie repart, sans une partie des 9,3 millions de barils de schiste US, les cours devraient remonter comme un bouchon de liège.

 

3….2…..1….

Le pétrole devient de plus en plus une bombe à retardement.

Les variations extrêmes de son prix, son impact sur les économies, les enjeux de pouvoir et de domination entre pays ainsi que le dérèglement climatique n’ont jamais été aussi dangereux, visibles et palpables. Tous ces comportements compulsifs doivent nous pousser à nous en éloigner le plus rapidement possible.

Alors que les pays producteurs vont déverser des centaines de milliards $ afin de garder en vie leur pétrole et maintenir une dépendance addictive, les pays importateurs doivent utiliser leurs plans de stimulations économiques afin de s’en éloigner et d’accroître leur indépendance énergétique en produisant localement les énergies dont ils ont besoin.

Cette stratégie permettra également de relancer les emplois, d’accompagner les entreprises locales et de faire bénéficier et circuler cet argent dans l’Economie du pays au lieu de l’exporter.

Gare aux pays atteints du syndrome de Stockholm, la tentation de retourner dans les bras du pétrole est rassurante, mais explosive.

 

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Le coronavirus est en train de ravager l’industrie pétrolière et la destruction de la demande pourrait atteindre le chiffre astronomique de 10 millions sur les 100 millions de barils consommés par jour (b/j). Les cours ont chuté à 23,38$ à New York et à 27,94$ à Londres.

En parallèle, l’une des passe-d’armes les plus virulentes du protectionnisme se révèle dans la guerre pétrolière déclarée entre la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA. La “Dominance Energétique” américaine est remise en cause mais chaque mètre sera défendu avec ardeur.

Ce chaos pourrait fondamentalement remodeler notre utilisation d’énergie ainsi que la géopolitique mondiale. Comment en sommes-nous arrivés là ?


Vendredi 6 mars 2020

Lors de la réunion de l’OPEP, l’Arabie Saoudite défend une diminution de la production de 1,5 million b/j pour répondre à la baisse de la consommation chinoise générée par le coronavirus. Le Prince Abdulaziz, le frère du prince héritier Mohammed bin Salman, pose cet ultimatum avec l’espoir de faire grimper les prix au-dessus de 60$.

Il ne manque que la signature de Moscou pour avaliser cette nouvelle proposition.

 

Samedi: Niet

La réunion de l’OPEP avec la Russie ne dure que 30 minutes avant de voir Igor Sechin retourner à Moscou avec un Niet définitif.

Rien ne laissait transpirer le refus russe. L’ouverture des hostilités contre les 9,5 millions de barils/jour du pétrole de schiste américain est lancée. En fait, cette décision intervient en réaction aux sanctions de l’administration Trump contre Rosneft Trading SA, fiscalement basée à Zoug, Suisse.

Cette société n’est autre que le bras de trading du géant russe Rosneft. Son PDG, Igor Sechin, fidèle de Vladimir Poutine, s’oppose de longue date aux coupures exercées par l’OPEP+.

Couplée au coronavirus, l’attaque Russe n’a pas l’intention de faire de prisonniers. Elle doit être rapide et fatale afin de pouvoir activer rapidement les prix à la hausse.

 

Dimanche: L’Arabie Saoudite contre-attaque

Peu habitué à être remis en question, Mohammed bin Salman n’apprécie pas la décision de Moscou. Les représailles sont immédiates.

Afin d’asseoir son autorité dans le pays, le prince héritier fait arrêter ses concurrents les plus menaçants dont son oncle Ahmed bin Abdulaziz et son cousin Mohammed bin Nayef. L’objectif est de prévenir toute rébellion face à sa décision : ouvrir les vannes du pétrole à 13 millions b/j quitte à vendre une partie des stocks.

Ryad propose également aux clients européens de la Russie des rabais jusqu’à 8 dollars le baril. Le bras de fer et l’honneur de la famille royale sont engagés.

 

Lundi : 9 mars: Chute des cours : -34%

Le cocktail est prêt : le baril s’effondre à 27$ le baril à New York et 30$ à Londres.

Pour participer à la fête, l’Agence Internationale de l’Energie prévoit que la demande de pétrole pourrait se contracter en 2020 sous la pression du coronavirus.

 

Mardi: Le schiste américain en alerte

La Russie montre ses muscles et annonce que son budget peut se contenter d’un baril entre 25 et 30$ grâce à son fonds souverain de 150 milliards $.

Jouant dans le même bac à sable, Riyad bombe le torse et ajoute que le royaume peut se contenter d’un baril à 30$ même si son budget nécessite des cours à 80$.

Du côté américain, la chute des marchés sème la consternation et une vague de terreur parmi les producteurs. Tous annoncent une réduction des coûts, des licenciements, l’arrêt de forages et surtout une réduction des dividendes appelés par Wall Street.

Championne des dividendes, la directrice d’Occidental Petroleum, Vicki Hollub réduit les versements aux actionnaires de 90%. Le même jour, l’activiste Carl Icahn quadruple ses actions dans Occidental Petroleum afin de renverser sa PDG.

 

Jeudi : Les dividendes disparaissent

Les dividendes prévus par ExxonMobil nécessitent un baril à 87$ selon JP Morgan. En 2014, la valeur de l’entreprise plafonnait à 446 milliards $. Depuis, elle a perdu 184 milliards $ et elle continue de creuser.

La liste des entreprises de schiste en difficulté s’allonge. En 2019, 42 entreprises avaient fait faillites. Le millésime 2020 s’annonce particulièrement fructueux.

De son côté, Chevron revient sur sa volonté de distribuer 70 milliards $ de dividendes durant les 5 prochaines années. Pour atteindre son objectif, la major a besoin d’un baril $ 55$.

 

Vendredi  13 mars: Trump intervient

Afin de soutenir les entreprises de schiste américaines et de maintenir la dominance énergétique du pays, Donald Trump ordonne d’acheter «de grandes quantités de pétrole afin de remplir, jusqu’au bord, la réserve stratégique».

Les stocks pourraient grimper de 100 millions de barils mais la mesure semble insuffisante à moyen terme. La Maison Blanche étudie la possibilité d’acheter pour plus de 200 milliards $ de dettes pourries dont une grande partie pourrait provenir des producteurs de schiste. Rien que cette année, plus de 40 milliards de dettes de schiste arrivent à échéance.

La Banque Fédérale Américaine pourrait privatiser les pertes des producteurs et les maintenir artificiellement en vie. Donald Trump serait-il plus socialiste que Bernie Sanders ?

 

Dimanche 15: 495 milliards $ évaporés

Une semaine après le début du krach, la valeur des 14 plus grandes entreprises pétrolières dans le monde a chuté de 495 milliards $ dont 97 milliards $ pour les 6 entités américaines.

 

Mardi 17 mars 2020 : L’Arabie Saoudite remet une couche

L’Arabie Saoudite informe les marchés qu’elle injecte plus de 10 millions b/j afin de faire baisser les prix. Effectivement les cours chutent et perdent 5 dollars.

Cependant avec les mois chauds qui arrivent, le pays va devoir utiliser 2 millions b/j afin de générer l’air conditionné.

Le gallon d’essence (3,8 lt) passe sous le 1 dollar aux USA. Bonne nouvelle pour Joe America qui votera pour Trump en novembre. Cependant, les USA voient le nombre de personnes contaminées s’envoler. Mauvaise nouvelle pour Joe America qui ira voter en novembre.

 

Mercredi 18 mars: A New York, le baril passe sous les 24$

Le baril débute la journée à 26,49$ le baril à New York et 30,26$ à Londres. A l’ouverture des marchés à New York, il chute encore à 23,38$ et à 27,91$ à Londres au plus bas depuis 17 ans.

La pieuvre, Goldman Sachs, prévoit un baril à 20$. L’Arabie Saoudite annonce qu’elle n’est pas prête à retourner à la table des négociations. Pour combien de temps encore ?

Au lieu de déverser des milliards dans le système bancaire, système qui a prouvé qu’il ne fonctionne pas, Trump annonce la possibilité d’utiliser le stimulus économique dit de l’hélicoptère. Chaque américain recevra 1’000$.

Les constructeurs automobiles européens ont pratiquement tous arrêté leur production par manque de pièces. Depuis février, la valeur des actions d’Airbus a été divisée en deux. La Banque Nationale Suisse détient pour plus de 6 milliards $ d’actifs pétroliers aux USA.

Sommes-nous en train de vivre un tournant?  L’avenir nous le dira.

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: La moitié de la production pétrolière bloquée par des drones
– USA: Des villes vont interdire l’utilisation du gaz naturel
– Japon: Toyota travaille sur une voiture rechargeable avec le solaire
– Russie: La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov est arrivée
– Suisse: L’Union Pétrolière change de nom pour être plus sexy
– Canada: 500’000 personnes marchent à Montréal pour le climat
– Algérie: Le pays augmente fortement sa consommation de pétrole.
– Hollande: Le gouvernement exonère d’impôts Shell malgré des milliards de bénéfices.


 

Encore un mois de folie pétrolière. L’Arabie Saoudite a été attaquée par des drones, des millions de personnes descendent dans les rues à travers le monde pour le climat et l’Economie tousse. Il y a une année, le baril se vendait à 86,74 $ à Londres.

Finalement après un pic après l’attaque contre l’Arabie, le baril est retombé pour terminer à 60,27$ à Londres (fin août 59,09$). Du côté de la grande pomme à New York on le retrouve au même endroit à 55,20$ (55,09$$ fin août).


Prix du baril de Brent à Londres (août-sept 2019).
Le pic correspond à l’attaque contre les installations de l’Arabie Saoudite

 

OPEP

Pour 2020, le cartel révise ses prévisions de la demande pétrolière à 1,08 million barils/jour (b/j) notamment à cause de la baisse de la croissance économique mondiale de 3,2 à 3,1%.

De son côté, l’EIA, l’agence fédérale de l’énergie américaine, estime que la demande augmentera de 1,4 million b/j et que les USA vont extraire 13,23 millions b/j en 2020 soit 1 million b/j de plus que cette année.

 

ONU & Finance

Pendant que Greta Thunberg posait la question «comment osez-vous» dans les contreforts de la cession du Climat à l’ONU à New York, une session parallèle se tenait avec les grandes entreprises gazières et pétrolières sous la houlette de la Oil and Gas Climate Initiative.

Ainsi les ExxonMobil, Saudi Aramco, Total, etc. ont souligné qu’elles travaillent afin de réduire les émissions de CO2 et de méthane, mais qu’elles doivent également extraire plus de pétrole pour soutenir la croissance économique. Ne trouvez-vous pas cela mignon?  La question est de savoir qui est l’auteur originel de cet oxymore: les pétroliers ou les dirigeants des pays?

Selon la Rainforest Action Network, 33 banques internationales (dont l’UBS, Crédit Suisse, BNP, Société Générale, Crédit Agricole) ont injecté 654 milliards $ dans 1’800 entreprises pétrolières en 2018 soit le 70% des besoins financiers des pétroliers. Dans ce palmarès, JPMorgan Chase détient le record avec 195 milliards $ devant Wells Fargo, Citi et Bank of America. Confrontées à ces chiffres, les grandes banques indiquent leurs efforts dans les énergies renouvelables. JPMorgan a ainsi conclu 90 accords avec les pétroliers et 5 avec les énergies renouvelables. Effectivement 5 sur 95, c’est vraiment un bel effort!

Selon le Guardian, 100 entreprises sont responsable de 71% des gaz à effet de serre. Voir la liste ici.

 

Energies renouvelables

En 2018, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement (147,1 milliards $) ont dépassé ceux des pays riches (125,8 milliards $) selon l’ONU.

 

Graphique du Mois
La capacité d’extraction pétrolière supplémentaire par pays


En noir: Capacité minimale. Bleu: capacité maximale
(en million de barils/jour)

 

Les pays phares du Mois

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite fait l’unanimité pour figurer au sommet du hit parade de ce mois. Pour rappel, 17 drones ont divisé par deux la production pétrolière du pays. Badaboum ! Une poignée de drones à 15’000$ a démystifié le mythe de la forteresse pétrolière saoudienne et de son champion Saudi Aramco.

Les centres de traitement du brut lourd à Abqaid et Khurais, qui permettent de transporter et d’exporter l’or noir, ont été mis hors service.

Sans perdre son éternel sens de l’optimisme, il n’aura fallu que 3 jours au nouveau ministre de l’Energie pour clamer que tout était déjà rentré dans l’ordre. En réalité, l’usine pourrait être à 100% opérationnelle d’ici à la mi-octobre. Une grande partie de la production a pu être redémarrée à la fin septembre selon le gouvernement. A voir les premières images de l’attaque, c’est une prouesse.

Cet incident tombe mal car la famille royale planifiait justement la vente de 10% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale. L’objectif est de ramener entre 130 et 200 milliards $ dans les coffres du pays. Il semble que l’IPO, prévue en 2020, va devoir être retardée de quelques mois.

La production pétrolière de l’Arabie Saoudite était de 9,83 millions b/j en août. Le pays compte 12% de chômage et il faudrait un baril à 85$ pour équilibrer les comptes.

 

Visionner l’interview,  Télévision Suisse Romande: Téléjournal du 16 septembre 2019

 

Le demi-frère du Prince régnant Mohammed bin Salman (MbS), Abdulaziz bin Salman a été nommé à la tête du ministère de l’Energie. Il remplace l’ancien PDG de Saudi Aramco Khalid al-Falih. Ce changement raisonne comme un choc dans l’industrie pétrolière mondiale. De plus, cette nomination casse l’imperméabilité entre le pétrole et la famille royale.

Avant la mise sur le marché de 10% des actions de Saudi Aramco, le Prince Mohammed bin Salman, a également nommé Yasir al-Rumayyan actuel responsable du fonds souverain comme nouveau PDG. Ce proche du Prince sera responsable du bon déroulement de l’opération.

 

USA

La ville de Berkley, Californie, est la première ville à interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage et la cuisine dans les nouveaux bâtiments. Les émanations de méthane, 28 fois plus dangereuses pour le climat que le CO2, sont la cause de cette décision. Los Angeles, Seattle et une cinquentaine d’autres villes pourraient prendre le même chemin. Cette décision est d’autant plus forte que la grande majorité des maisons américaines sont chauffées au gaz naturel et que grâce au gaz de schiste les tarifs sont particulièrement bas.

Jeremy Grantham, 80 ans, milliardaire de Wall Street, a décidé d’allouer 98 % de sa fortune, soit un milliard $, pour le climat. Selon lui, l’économie basée sur le pétrole va tôt ou tard imploser et il faut désormais miser sur les énergies vertes.

Donald Trump et Joe Biden se trouvent dans une affaire rocambolesque alors qu’une procédure de destitution est lancée contre le président. L’histoire débuta alors que le fils du candidat démocrate Joe Biden, Hunter Biden intégra le commité de direction de la compagnie gazière ukrainienne Burisma Holdings avec un modique salaire de 50’000$ par mois. Cette nomination entrait en conflit d’intérêt alors que Joe Biden était vice-président des USA. Le procureur ukrainien Viktor Shokin décida d’enquêter sur des soupçons de corruption. C’est alors que Joe Biden intervint pour demander (et obtenir) au président Petro Porochenko la destitution de son procureur. La suite de cette aventure se prolongera dans les semaines à suivre.

Enfin une excellente nouvelle! Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a été licencié. Ce sombre personnage va-t-en-guerre a plombé les relations avec la Corée du Nord, la Russie, l’Iran et l’Afghanistan. Son départ va détendre l’atmosphère sur certains dossiers.

Uber a généré 3,16 milliards $ de chiffre d’affaires et perdu 5,2 milliards. De 41$, à son lancement, l’action touche les 31$.

Dans la course à la présidence de 2020, les démocrates Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders proposent d’exclure le gaz naturel dans leur plan «net-zero carbon economy 2030-2050». Si le gaz naturel émet moins de CO2 que le charbon où le pétrole, il est nettement plus prolixe en méthane (lire article). Le lobby gazier a riposté avec une campagne de publicité afin de vanter la flexibilité du gaz dans la cuisine ainsi que des coûts abordables.

 

Publicité Donald Trump vs Joe Biden.
Le président Trump n’aura pas tardé à utiliser des spots publicitaires pour se défendre.

 

Europe

Russie

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, estime que la Russie possèderait pour 1’200 milliards $ de réserves pétrolières soit le double des chiffres de l’année dernière. Les réserves de gaz sont estimées à 221 milliards $ à 15’000 milliards m3.

La première centrale nucléaire flottante russe, l’Akademik Lomonosov, est arrivée à Pevek, son port de destination sur la presqu’île de Tchoukotka en Arctique. Ses deux réacteurs nucléaires permettront d’approvisionner en électricité, en chaleur et en eau désalinisée les régions russes reculées ainsi que les installations pétrolières et gazières. Le réacteur sera mis en service d’ici à la fin de l’année.

 

Allemagne

Angela Merkel annonce des dépenses de 54 milliards € pour aider les entreprises et les citoyens à réduire leurs consommations énergétiques notamment dans les transports. L’objectif est de diminuer, d’ici à 2030 les émissions de CO2 de 55% par rapport à 1990.

Dans la proposition actuelle, les entreprises qui vendent du pétrole, du charbon et du gaz devront acheter des certificats afin d’effacer les émissions de CO2. Le prix de la tonne de CO2 sera basse, ou ridicule c’est selon, à 10€ en 2021 pour progresser à 35€ en 2025. Martin Kaiser résume assez bien la situation: «Si vous faites confiance à ces mesures, vous pourriez également sauter d’un parachute avec un cornet en plastique en guise de parachute.»

Le premier grand procès de consommateurs du “Dieselgate” a débuté contre Volkswagen. Des centaines de milliers de clients demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées. Les dirigeants de VW, Hans Dieter Pötsch, Martin Winterkorn et Herbert Driess pourraient être condamnés dans le scandale des moteurs truqués et pour avoir caché ces informations aux actionnaires. Les 3 dirigeants connaissaient le système mis en place pour truquer les moteurs diesels.

 

Un peu de douceur dans un monde de brutes. Photo Dick van Duijn

 

France

«On est en confiance ! » L’optimisme de Régis Clément d’EDF, sur les problèmes de soudures sur 6 réacteurs nucléaires, fait plaisir à voir. Même si la filiale, Framatome n’a pas respecté certaines procédures sur certaines soudures des générateurs de vapeur, tout va pour le mieux du monde dans les centrales du Blayais, Gironde ; Bugey, Ain ; Fessenheim, Haut-Rhin ; de Paluel, Seine-Maritime et Dampierre, Loire ainsi que de l’EPR en construction de Flamanville.

EDF penche sur la séparation de ses activités en deux (Bleu et Vert) dans un plan nommé «Hercule». L’entreprise est en quasi état de faillite avec 37 milliards € et plus du double en ajoutant les emprunts obligataires.

Le Bleu permettra de basculer l’entier de la dette sur l’Etat et d’y transférer tous les risques avec des actifs dangereux.
Le Vert deviendra une tirelire afin de rapatrier les profits et de générer des dividendes importants.

Dans le détail, EDF Bleu deviendrait une structure 100% publique, qui comprendrait les actifs à risque comme le nucléaire, les barrages hydroélectriques, peut-être les centrales à gaz et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE).
De l’autre, EDF Vert regrouperait la branche commerce avec la possibilité de fixer les tarifs à sa guise. Elle fournira l’électricité aux clients, s’occupera des énergies renouvelables, des services et Enedis (ex-ERDF) ainsi que du très lucratif réseau de distribution d’électricité.

 

Suisse

Le suisse n’est pas un grand manifestant. Il est difficile de le tirer hors du lit pour battre le pavé afin de défendre une cause. Alors de croiser de 100’000 personnes à Berne pour une marche pour le climat, l’événement est historique. Les élections du mois d’octobre pourraient entrainer un vote de ras-le-bol sur la passivité climatique et énergétique de la Suisse.

Le prédateur et géant électrique BKW (Forces Motrices Bernoises) explose son bénéfice et espère générer 370 millions frs de bénéfices avant impôts et amortissements en 2019.

Corolaire à ce succès, le conseil d’administration a décidé de se partager une partie de ce bénéfice. La Directrice, Suzanne Thoma s’est accordé une modeste augmentation de 700’000 frs (630’000 €) pour arrondir son salaire à 2 millions (1,8 millions €). Les autres membres de la direction ont eu le succès plus modeste avec une augmentation de 750’000.

Ces bons chiffres confortent la stratégie prédatrice de Suzanne Thoma qui rachète les entreprises qui lui font de l’ombre pour ensuite les fermer. Cette stratégie et les salaires sont approuvés par le canton de Berne, actionnaire principal.

Pour être plus sexy, le lobby pétrolier «Union Pétrolière Suisse» a changé son nom en Avenergy Suisse. Le terme «Avenergy Suisse» désigne l’«avenir» de l’énergie en Suisse selon son directeur Daniel Hofer. <insérez un gros éclat de rire ici>
A titre personnel, je me réjouis de découvrir leur nouveau papier à entête. Si vous avez le toupet de présenter des informations qui ne vont pas dans le sens de leur communication, vous avez une grande chance de recevoir une lettre de la part de leur avocat maison.

En Suisse, sur le 1,8 millions d’habitations, 50% se chauffent au diesel (mazout, fioul) et 25% au gaz.

Le prix des aliments bio sont 1,6 fois plus chers que les produits traditionnels. Cette différence vient en grande partie des marges des supermarchés Coop et Migros. Au lieu de prendre une marge standard de 25 à 30%,  elle grimpe entre 50 et 70% pour le bio.

Les fonds destinés à la désaffection des centrales nucléaires et la gestion des déchets radioactifs se montent à 7,5 milliards de francs (6,7 milliards €) à la fin 2018 contre 7,7 à la fin 2017.

 

La Suisse ne va pas interdir l’utilisation du Glyphosate
Dessin: Chappatte

 

Angleterre

EDF augmente à nouveau son budget et son retard pour la construction de deux centrales nucléaires EPR de Hinkley Point C. L’ardoise grimpe de +2,6 milliards € à 20,5 milliards €. Comme EDF prend tous les coûts à sa charge, les impôts des français essuieront les dépassements. La date d’ouverture est repoussée de 15 mois à 2026. Les actions d’EDF sont en baisse de 28% depuis janvier.

Après un tremblement de terre de 2,9 sur l’échelle de Richter, le pétrolier Cuadrilla a dû cesser ses opérations de forage schiste à Blackpool. Cette secousse fut la plus forte jamais enregistrée en Angleterre pour un forage de schiste. Officiellement, le gouvernement autorise des tremblements de 0,5 sur l’échelle de Richter. Une semaine avant cette secousse, Cuadrilla avait demandé d’élever cette limite. Aucune date n’a été donnée pour la reprise des travaux. Au total, la British Geological Survey a enregistré 132 secousses sur le forage.

Le 11 août, les émanations de méthane (un gaz à effet de serre 28 fois plus virulent que le CO2) ont dépassé de 40 fois la moyenne sur le site de forage de schiste de Third Energy dans le North Yorkshire selon l’Agence de l’Environnement. Des pointes de 60 milligrammes par m3 ont été mesurées au lieu de 1,41 mg/m3.

 

Hollande

Le pétrolier Shell est exonéré d’impôts dans le paradis fiscal hollandais habituellement très favorable aux multinationales.

Ainsi avec des bénéfices fluctuants entre 2 et 55 milliards $, Shell ne paie pas d’impôts. Devant le tollé, le gouvernement du libéral Mark Rutte est en train d’étudier la possibilité de changer de cap.

 

Asie

Japon

Toyota Motor, Sharp et le NEDO sont en phase de développement d’une voiture à énergie solaire qui pourrait, théoriquement, se passer de toute recharge.

Toyota a lancé les premiers tests de ce nouveau prototype en juillet. Les panneaux solaires Sharp offrent un rendement de près de 34%, contre une moyenne de 20% pour les panneaux traditionnels. Les cellules solaires ont une épaisseur de 0.03 mm et peuvent donc se placer sur davantage de surface du véhicule, comme les parties incurvées, le capot ou le hayon. La voiture pourrait effectuer 50 km par jour. Ce système permettra également de contourner la mainmise de la Chine sur les terres rares pour la production de batteries.

Le ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada, considère qu’il est inévitable de rejeter en mer l’eau pleine de tritium stockée dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima. «D’ici à deux ans, il n’y aura plus assez de réservoirs pour stocker cette eau que personne ne sait traiter.» Une solution qui inquiète mais qui est envisagée depuis longtemps. Suite à cette déclaration, le brave ministre a été limogé.

 

Chine

Le plus grand importateur de pétrole au monde, dépend à 18% du brut livré par l’Arabie Saoudite. En 2019, la Chine va importer 72% de son pétrole. Les attaques sur les installations de Saudi Aramco ont dû créer un certain froid dans le dos des dirigeants chinois.

La ligne de chemin de fer Haoji Railway va être inaugurée ce mois. D’un coût de 27 milliards $, elle va pouvoir transférer 200 millions de tonnes de charbon produit dans le nord du pays dans les centrales du sud du pays. La Chine consomme le 50% du charbon mondial.

Suite à la forte diminution des subventions sur les voitures électriques, les ventes de voitures électriques sont en forte baisse en juillet et en août. Corolaire à cette baisse, les prix du lithium ont chuté de 30% en une année et certains producteurs ne sont plus rentables.

Le bras de fer entre Pékin et Washington continue. De nouvelles rencontres sont prévues en octobre.

 

Inde

Durant la conférence sur le climat à l’ONU, le premier ministre Narendra Modi a annoncé l’ambition d’ajouter 450 GigaWatts d’énergies renouvelables et que l’objectif de 175 GW pour 2022 est sur les rails.

Sur le terrain, l’Inde n’a ajouté que 6,5GW d’énergie solaire entre 2018 contre 9,4 en 2017. Pour cette année, seuls 1,4 GW ont été installé durant le premier trimestre.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

L’EIA, (Energy Information Administration Américaine) prévoit un niveau record d’extraction de schiste pour le mois d’octobre à 8,843 millions b/j. Le Bassin Permien augmentera sa production de 71’000 b/j à 4,485 millions b/j ce qui en fait le gisement pétrolier le plus important au monde.

Cependant, si l’Agence américaine est toujours très enthousiaste sur ses chiffres, elle peine à confirmer la croissance dans les autres champs de schiste à travers les USA.

Si le prix du baril devait remonter, il n’est pas improbable que les producteurs exploitent des forages creusés mais non encore exploités. Pressé par les investisseurs, qui demandent un retour sur investissement, certains pétroliers attendent que les prix de vente augmentent avant d’extraire l’or noir.

 

Canada

Plus de 500’000 personnes ont participé la marche du climat à Montréal en présence de Greta Thunberg et du premier ministre Justin Trudeau. Si la présence de la première s’explique, la présence du deuxième peine à trouver une explication.

Alors que le schizophrénique Premier Ministre Trudeau se pavane à Montréal, il vient d’approuver la construction du controversé pipeline Trans Mountain afin de faire transiter le pétrole canadien vers les USA. Ottawa espère que les 590’000 b/j transiteront dès 2022.

Pour le fameux pipeline Keystone XL, l’horizon semble également se dégager. Une cour du Nebraska accepté une route alternative. Une cour du Montana doit maintenant examiner le cas.

Deux phrases lues dans les médias lors de la marche à Montréal :
« Nous ne sommes pas à l’école aujourd’hui, vous n’êtes pas au travail aujourd’hui, parce qu’il y a urgence et nous ne resterons pas les bras croisés ».
«Cette semaine, les leaders du monde entier se sont réunis à New York. Ils nous ont déçus une fois de plus avec leurs paroles creuses et leurs plans insuffisants

 

Venezuela

La production pétrolière continue sa lente glissade à 712’000 b/j en août contre 755 en juillet. Les nouvelles sanctions américaines ont bloqué les livraisons au chinois CNPC (China National Petroleum Company). Les importations de la Chine ont diminué de 62% depuis juillet. Pékin s’éloigne de Caracas, mais comme la nature a horreur du vide, Moscou a pris le relai.

Le Président Maduro est parti en Russie pour rencontrer son allier Vladimir Poutine. Lors de la dernière rencontre, en fin d’année 2018, Moscou avait apporté dans ses bagages la rondelette somme de 5 milliards $. Actuellement le Russe Rosneft s’occupe de 66% des exportations du pays.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

L’Angleterre, la France et l’Allemagne se sont joints aux USA afin de condamner l’Iran pour l’attaque contre les installations pétrolières de l’Arabie Sadoudite.

Téhéran a mis à l’œuvre de nouvelles centrifugeuses pour accélérer l’enrichissement de son uranium, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran augmente son stock d’uranium enrichi. Depuis juillet, il dépasse la limite (300 kg) fixée par l’accord de Vienne mais dénoncé par Donald Trump.

Les USA ont renforcé les sanctions contre l’Iran notamment envers la Banque Centrale Iranienne. Il semble peu probable que ces nouvelles sanctions soient impactantes car toutes les banques ont coupé leurs relations avec les banques iraniennes.

Les exportations pétrolières de l’Iran seraient estimées entre 600 et 800’000 b/j. Douze mois auparavant, l’Iran exportait plus de 2 millions b/j. Malgré les sanctions américaines, Téhéran est passé maître dans la dissimulation des routes de ses tankers.

Téhéran a annoncé la libération du pétrolier anglais Stena Impero. Le bateau avait été saisi le 19 juillet en représaille du pétrolier iranien saisi par les Anglais à Gibraltar. Comme les anglais avaient relâché leur proie en août, les iraniens ont fait de même.

 

Climat Change : what do you want me to say. Financial Times

Afrique

Ouganda

Le Russe Rosatom a battu le Chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) afin de de développer un programme nucléaire dans le pays avec la production d’électricité. L’uranium proviendra des mines du pays selon le président Yoweri Museveni.

L’Ouganda possède du pétrole découvert en 2006. Il pourrait y avoir de l’uranium en quantité suffisante pour générer son électricité.

Rosatom est actuellement en discussion avec le Kenya, la Tanzanie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie.

 

Algérie

Durant les 6 premiers mois de l’année, la consommation d’essence a augmenté de 1,3% pour atteindre 1,91 million tonnes. Idem pour le diesel, 5,16 millions de tonnes + 4,9%  soit + 3,9% par rapport à la même période de l’année 2018. Au total, les algériens ont consommé 3,9% de pétrole en plus.

 


Le renvoi de John Bolton de la Maison Blanche. Dessin Chappette

 

Phrases du mois

« Si nous n’avons pas de planète, nous n’allons pas avoir un très bon système financier.» James Morgan, PDG Morgan Stanley. (à la question, est-ce que le changement climatique va poser un risque sérieux au secteur financier).

«Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique… Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses…. Qu’ils aillent manifester en Pologne ! » Emmanuel Macron.

A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitable les révolutions violentes.” JFK

« Vous pouvez mettre autant d’ordinateurs que vous voulez dans les écoles. La réalité, c’est qu’un ordinateur ou une tablette ne transformera jamais un cancre en bon élève. » Charles Sannat auteur du livre : La fabrique du crétin digital.

Pour voir les revues mensuelles précédentes.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Angleterre: Gros tremblement de terre causé par les forages de schiste
– Groenland: Donald Trump propose de racheter l’île
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Russie: Un nouveau moteur nucléaire de missile explose: 5 morts
– Australie: Une campagne de 4 millions $ pour vanter les mérites du charbon
– Russie: Akademik Lomonosov: la première centrale nucléaire flottante
– Allemagne: La croissance de l’éolien est en chute libre. 40 milliards pour quitter le charbon.
– Floride: L’ouragan Dorian fonce sur la résidence du président Trump.


 

Quel mois! Entre les facéties du président Trump, l’écran de fumée du G7, un président brésilien sans filtre, l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire, comment voulez-vous que le Pétrole trouve une place dans ce monde. Du coup, il boude et passe sous la barre des 60$, pour être précis à 59,09$ à Londres (fin juin 66,60$). A New York, il s’est caché à l’étage 55,09$ (59,36$ fin juin).

 

Graphique du Mois
L’extraction de pétrole conventionnel n’a pas augmenté depuis 2005.
Toute la croissance est due aux forages en eau profonde, les sables bitumineux et le schiste
Source: EIA
Finalement, il y a moins de pétrole et nous n’avons pas plus d’idées.

 

Charbon

Les 20 pays les plus riches du monde du G20, allouent 64 milliards $ de subsides pour l’extraction ou l’utilisation du charbon.

 

 

Les pays phares du Mois

Russie

Une explosion dans une base de lancement de missiles a fait 5 morts. Un test d’un nouveau moteur à propulsion nucléaire serait à l’origine de cet accident, qui a fait augmenter les niveaux radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane. Si la Russie avait d’abord annoncé la panne mystérieuse des stations de mesures radioactives, l’agence nationale Rosguidromet a finalement confirmé que les niveaux ont été multipliés par 16 dans les environs de Nyonoksa.

 

 5 morts dans l’explosion d’un missile à propulsion nucléaire

 

Pour la première fois en 10 mois, les exportations de charbon russe vers l’Europe sont en diminution (-4,3% alors que le prix a chuté de 41,7% durant les 12 derniers mois.

Igor Sechin, CEO de Rosneft, le plus grand producteur pétrolier russe, ainsi que le propriétaire de pipelines Transneft, Nikolai Tokarev, se chamaillent publiquement sur l’épisode de pétrole contaminé transporté depuis le Druzhba. Plusieurs dizaines de millions de barils de pétrole ne peuvent être traités par les raffineries européennes.  Le suspect pourrait être l’entreprise PKN Orlen, de Roman Ruzhechko, qui s’occupe également de transporter de pétrole par pipeline. Ce dernier aurait demandé l’asile politique à la Lituanie.

Après 10 années de construction, Rosatom annonce la réalisation de sa première centrale nucléaire flottante : l’Akademik Lomonosov. Des remorqueurs vont tracter cette barge pour un voyage de 5’000 km dans la région reculée de Chukotka, Sibérie ou les mineurs d’or et de cuivre vont bénéficier de cette énergie. L’Akademik produira également de l’électricité pour les barges pétrolières. Rosatom assure que la sécurité est totale et la centrale insubmersible. Il n’y a que les mauvaises langues qui peuvent se demander ce qui pourrait mal se passer avec une centrale nucléaires sur l’eau.

La centrale flottante est équipée de deux petits réacteurs nucléaires de 35 mégawatt KTL-40 S et compte 340 employés dont 80 permanents. Après la série Chernobyl, HBO pourrait avoir trouvé une suite.

 

 La Centrale nucléaire Akademik Lomonosov

 

Iran

Gibraltar a libéré le tanker pétrolier iranien malgré les demandes des USA. Le navire était suspecté de contenir du pétrole à destination de la Syrie. En représailles, l’Iran a également saisi deux tankers anglais.

L’Iran a annoncé avoir dépassé les limites d’enrichissement nucléaire imposées par l’accord dénoncé par les USA. Une rencontre extraordinaire s’est déroulée à Vienne avec les autres signataires: la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la Chine, la Russie. Aucune fumée blanche n’est actuellement sortie de la cheminée.

Durant le G7 et avec une mise en scène soignée, le président Macron a proposé de mettre les USA et l’Iran autours de la même table. L’idée est de permettre à l’Iran de pouvoir augmenter ses exportations pétrolières et d’entrer des devises pour ensuite débuter les nouvelles négociations avec Trump.

Washington a essayé de monter une coalition afin d’assurer le passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, à part pour l’Angleterre et Israël, la demande est restée lettre morte.

Après la sécheresse de 2018, les inondations du printemps ont démultiplié la production de céréales dans les régions touchées. L’Irak, qui a subi le même sort, a également vu des niveaux de productions supérieurs.

 

Groenland

Dans un remake du film “Proposition Indécente“, Donald Trump a proposé d’acheter le Groenland au Danemark. Stratégiquement placée et grâce à la fonte des glaciers qui la recouvrent, l’île contiendrait de grandes quantités de terres rares, de pétrole, de gaz et d’uranium. Accessoirement, elle compte également des humains.

La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a évidemment balayé cette option même si elle bouscule la relation du Danemark avec les habitants de l’île.

Dans la foulée, Donald Trump a annulé sa visite prévue au Danemark début septembre.

La nécessité d’obtenir des matières premières cruciales à l’Economie et à l’industrie Militaire vont de plus en plus attiser les convoitises de certains états (Chine, Russie, Inde) et les grandes multinationales.

Une semaine après cette demande, le pays a chargé un bateau en direction du Canada avec 42’000 tonnes d’ilménite pour la production de titane.

La réaction du Président Américain, d’annuler sa visite, soulève la question: “2019 : est-ce la bonne année pour que les adultes se comportent comme des enfants et les enfants comme des adultes ?”

 

Dessin Chappatte

 

Dans le reste du Monde

Les Amériques

Schiste Américain

Les pétroliers de schiste sont en train de réduire les coûts financiers avec l’ambition de générer des profits de plus en plus demandés par les investisseurs. Schlumberger et Halliburton procèdent à des licenciements et se délestent des outils d’extractions inutilisés.

Le nombre de derricks en fonction a diminué de 11% cette année selon Baker Hughes.

Selon Kayrros, l’utilisation d’eau et de sable dans le Bassin Permien est 23% plus élevée que selon les estimations soit 47,5 milliards de litres d’eau et 4,14 milliards de kg de sable supplémentaires. L’agence prétend que 1’100 forages n’ont pas été annoncés par les pétroliers et dénombre 6’394 forages au lieu de 5’272. Si cette information est confirmée, cela signifie que la production moyenne par forage, dans le plus grand bassin de schiste américain, est plus basse qu’annoncée.

Pour connaître l’état du schiste américain, il est intéressant de se pencher sur des acteurs en amont comme Caterpillar. Au deuxième trimestre 2019, le constructeur de machines de chantier a vu une baisse de 11% de ses revenus dans le pétrole et le gaz et une baisse de la demande d’équipement dans le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste aux USA. L’américain parle d’une décélération de la croissance dans ce gisement.

 

USA

La production pétrolière américaine a reculé à 11,3 millions b/j soit une baisse de 1 million de b/j et au plus bas depuis octobre 2018. Les prix bas du baril et la pression des investisseurs qui rechignent à continuer à couvrir les pertes financières influencent ce mouvement.

L’administration Trump propose d’abolir la réglementation Obama sur les émissions de méthane lors de l’extraction de gaz et de pétrole de schiste. Au niveau mondial, entre 30 et 60% de la hausse des émissions de méthane provient du gaz de schiste des USA. Les économies réalisées par les producteurs sont estimées à 19 millions $/an pour des fuites de 370’000 tonnes de méthane/an.

BP, Shell et ExxonMobil se sont opposés à ce changement car il crée un dégât d’image important sur le gaz et il pourrait attirer l’attention des gouvernements étrangers pour limiter les importations de gaz américain. Le méthane, 27 fois plus virulent que le CO2, relègue le gaz naturel comme la pire énergie fossile pour le climat et cela même en comparaison avec le charbon.

Puisque l’on parle de charbon, Washington propose d’éliminer les seuils de pollution des centrales à charbon afin de garantir des prix bas de l’électricité.

L’armée américaine étudie l’utilisation d’hydrogène pour la propulsion de ses chars d’assauts ainsi que la création de mini génératrices afin de recharger les batteries des soldats. La création d’hydrogène se ferait à base de nouveaux matériaux. Cette impulsion pourrait ouvrir des portes notamment dans la production d’électricité pour les maisons individuelles.

Le géant américain General Electric, qui avait racheté le français énergétique Alstom grâce au président Macron, serait en très grande difficulté financière. Selon Harry Markopolos, GE est devenu une plus grande fraude que le géant énergétique Enron. Il affirme que le secteur des assurances et du pétrole ont creusé une dette de plus de 38 milliards $. Selon-lui, l’entreprise est en faillite et aurait besoin dans l’immédiat de 18,5 milliards de dollars de cash. Est-ce une opportunité afin de racheter Alstom? Il faudra certainement attendre quelques mois pour vérifier les dire de ce gérant de fonds.

Washington a mis sur sa liste noire, la China General Nuclear Power Group (CGN) et trois de ses sociétés filles. L’objectif est de ne pas livrer des technologies américaines qui pourraient être utilisées à des fins militaires. CGN fait partie du consortium AREVA-EDF qui construit les deux centrales nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Greta Thunberg a traversé l’Atlantique en bateau et a débuté sa tournée aux USA. A l’image de Donald Trump, elle a le mérite de faire ce qu’elle dit et nous remet devant nos propres incohérences.

L’ouragan Dorian a atteint la catégorie 4 sur 5 et se dirige sur la Floride et Mar-a-Lago où se trouve la demeure et le terrain de golf de Donald Trump. Il est cocasse qu’un ouragan se dirige sur la propriété d’un président qui nie le réchauffement climatique.

Le 2 août, les USA ont mis un terme au traité avec la Russie sur les missiles nucléaires de moyenne portée. Si un nouvel accord devait se négocier, il n’est pas impossible que les USA demandent l’inclusion de la Chine. En effet, Pékin, n’étant pas soumis au traité USA-Russie, a développé un arsenal impressionnant de ces missiles nucléaires à courtes et moyennes portées.

 

La Nouvelle campagne de pub du candidat Joe Biden

 

Venezuela

Chevron, la dernière major pétrolière américaine active sur le sol vénézuélien, a reçu la permission par l’administration Trump de rester 3 mois de plus dans le pays.

Washington a intérêt à garder un acteur pétrolier américain sur l’échiquier surtout que si le président Maduro venait à laisser sa place, son successeur devra pouvoir compter sur le pétrole pour alimenter financièrement le pays. En cas d’écroulement total de la manne pétrolière, le pays pourra difficilement s’en remettre car la quasi-totalité du budget provient de l’or noir.

De plus, ce passe-droit permet à Chevron de garder la main mise sur ses milliards $ d’investissements réalisés dans le pays.

 

Brésil

Les incendies de forêt de l’Amazonie obscurcissent la ville de Sao Paulo située des milliers de km de là. Malgré cet effet de bord, ces incendies vont nous permettre d’importer des minerais pour la réalisation de nos prochains smartphones ainsi que de plus grandes quantités de soja afin de satisfaire tant les régimes végans que l’élevage d’animaux.

La liste complète des matières premières se trouvent dans les accords avec le Mercosur que l’Europe et la Suisse sont sur le point d’avaliser. Il est intéressant de noter que certains se battent pour sauvegarder l’environnement et d’autres pour 0,1% d’augmentation du PIB.

 

 La ville de Sao Paulo engluée dans les nuages des incendies de l’Amazonie

 

Europe

France

D’ici à 2020, Total va vendre pour 5 milliards $ d’actifs afin de générer des dividendes pour ses actionnaires. Les actifs se trouvent dans l’exploration et la production. Les bas prix du baril et du gaz  (-36% en Europe et 26% en Asie) complètent le tableau.

Total a également acheté les activités africaines du pétrolier américain Anadarko pour 8 milliards $. La majors va investir 14 milliards $ et les dividendes grimperont de 10% durant la période 2018-2020. L’objectif est de fidéliser les investisseurs car il va falloir de plus en plus de cash pour extraire le pétrole et le gaz.

La SNCF a commandé 15 trains à hydrogène à Alstom. La firme française a déjà livré ce type de train à l’Allemagne. En quelques années Tarbes est devenue la capitale mondiale du train à hydrogène.

Les tarifs du gaz vont baisser de 1% alors que les prix sur les marchés ont diminué de 36%. Pour enfoncer le clou, on relèvera que les marges financières des vendeurs de gaz comme Engie ou EDF sont de 700 à 1’00%. (le particulier achète son gaz entre 7 et 10 fois le prix sur les marchés).

La construction du premier Plasma de fusion nucléaire pourrait se réaliser dans 6 ans dans le sud de la France, selon l’International Thermonuclear Experimental Reactor. Cette expérience est financée par une coalition de pays.

L’arrêté anti-pesticides prit par le maire de Langouët, au nord de Rennes a été suspendu. Le Maire voulait interdire l’utilisation des pesticides à 150 m. des habitations. Le gouvernement Macron l’a conduit devant un tribunal pour le faire plier. Le succès est total, le Maire a plié.

Paradoxalement sur les produits bio, les super et hyper marchés imposent une marge 75% plus importante sur leur marge brut que sur les produits traités aux pesticides selon Que Choisir. Cela signifie que sans cette marge, les produits bio sont financièrement concurrentiels.

Voiture électrique ou thermique : on sait enfin qui pollue le plus.  L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie française publie une étude sur cette thématique.

 

Suisse

La Suisse pourrait éventuellement entériner une taxe de 25 à 110 Euros pour les vols en avion. Immédiatement, la compagnie aérienne Swiss, filiale de Lufthansa, a brandi la traditionnelle arme de l’emploi. «Avec cette taxe, l’industrie de l’aviation perdra plus de 3’000 postes,» sur les 67’000 occupés en Suisse.

Parallèlement, Swiss a été attrapée la main dans le sac pour proposer des billets jusqu’à deux fois plus cher que sur le site Lufthansa.com pour les mêmes vols avec les mêmes avions de Swiss! Dans ces cas, la compagnie n’a pas commenté «les milliers d’emplois perdus» et pourquoi elle surtaxe ses prix pour les citoyens suisses.

Des mesures d’économie ont entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire argovienne de Leibstadt. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a ouvert une enquête après des erreurs commises par le personnel. La réduction des effectifs depuis 2015 est «la cause principale des problèmes rencontrés à la centrale». Des facteurs humains et organisationnels ont joué «un rôle majeur» dans les incidents selon l’IFSN. L’opérateur va encore diminuer son personnel jusqu’en 2022 et passer de 500 à 470 unités.

Le producteur d’électricité Alpiq a généré un bénéfice de 118 millions € avant amortissements et impôts. Son endettement a diminué à 190 millions €.

 

Portugal

Les chauffeurs de camions citernes portugais ont opéré une grève du transport de carburants durant les vacances d’août. Elle aura duré une semaine.

Le gouvernement a réussi à gérer cette action en informant à l’avance les automobilistes et en réquisitionnant certains véhicules. Une prochaine grève est prévue une semaine avant les élections de septembre.

 

Allemagne

La croissance de l’éolien Allemand est en chute libre. Depuis janvier, 290 MW de nouvelles capacités ont été installées contre 2’800 durant 2018 et 5’000 en 2017. Le pays a de la peine à étendre sa production éolienne sur les terres alors que le Gouvernement propose le retrait du charbon en 2038. D’ici à 2030, les renouvelables devraient représenter 65% de la production électrique contre 47% aujourd’hui.

Berlin va allouer 40 milliards € sur 20 ans pour les régions qui vont fermer leurs centrales à charbon.

L’Economie allemande pourrait entrer en récession dès le mois de septembre selon la banque centrale nationale. Après un recul de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, le troisième risque d’être également sous le zéro.

L’Allemagne mise plus de 400 millions € annuellement pour développer son réseau de livraison d’hydrogène pour les véhicules. Avec le mix énergétique Allemand, la production d’hydrogène pour la mobilité est actuellement plus polluante que les voitures thermiques. Cependant, avec la fermeture annoncée des centrales à charbon, tant les voitures électriques qu’à hydrogène inverseront cette tendance.

 

Angleterre

L’Angleterre a subi son plus grand black-out électrique depuis plus de 10 ans. Plus d’un million de foyers ont été touchés. Deux générateurs ont créé la panne dont un touché par la foudre.

Le gouvernement pourrait «considérer» la révision des limites admissibles pour les tremblements de terre résultant des forages de schiste. Bien que ces limites reflètent un accord conclus entre les entreprises et le gouvernement, le gazier Cuadrilla exige de passer de 0,5 à 1 sur l’échelle de Richter.

Cette demande intervient suite à l’arrivée d’Andrea Leadsom comme ministre de l’industrie et de l’énergie. Le personnage est un fervent promoteur du fracking. Cette technique creuse de profonds forages et injecte de l’eau, du sable et des produits chimiques afin de fracturer les roches et d’extraire gaz ou pétrole.

Quelques jours après l’annonce, une secousse de 2,9 sur l’échelle de Richter a secoué un forage de Cuadrilla suivie quelques jours plus tard par des répliques de 2,1 et 1,55 dans la région de Blackpool dans le Lancashire.

 

Implosion des tours de la centrale à charbon de Dictot, Angleterre.
Suite à l’explosion, un pylône électrique disjoncte et prive 40’000 foyers d’électricité

 

Asie

Chine

Donald Trump a augmenté les taxes douanières sur certains produits et Pékin a répondu en dévaluant sa monnaie. A ce stade de cette partie de ping-pong, le premier qui fléchit perd un point.

Il ne fait aucun doute que cette bataille, entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, va déterminer le leadership Economique mondial. Pour l’instant les USA tiennent la première position, mais Pékin se sent de taille à lui ravir ce siège.

Avec légitimité, Trump demande toujours à Xi Jinping de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde notamment sur la propriété intellectuelle, l’accès au marché chinois et l’influence de la monnaie nationale.

La Chine a fortement diminué ses importations de pétrole américain. De 510’000 b/j en juin 2018, le niveau a atteint 62’000 b/j en avril 2019.

En août, la monnaie chinoise a perdu 3,7% contre le dollar américain soit la plus grande baisse en 25 ans. Cette opération permet à Pékin de diminuer l’impact des taxes américaines.

Washington a sanctionné l’entreprise chinoise Zhuhai Zhenrong Co, pour avoir violé les restrictions américaines sur les exportations de pétrole iranien. Comme Zhuhai n’utilise pas le dollar comme monnaie n’influence pas son business.

 

Inde

Le gouvernement penche sur le projet de réaliser une giga-factory, de 4 milliards $, dans la fabrication de batteries pour les voitures électriques. Il faudra que New Delhi obtienne le feu vert de la Chine qui monopolise les composants et les matières premières pour les batteries.

L’Inde a importé un niveau record de 425’000 b/j au Venezuela durant le mois de juin, soit le double des mois précédents.

 

Australie

L’industrie du charbon menée par Coal21 va mener une campagne de 4 millions $ pour que les australiens se sentent fier de leur charbon. La campagne TV, réseaux sociaux ciblera les hommes et femmes de 18 à 39 ans afin de leur présenter un charbon propre pour l’environnement notamment avec la séquestration du CO2. «C’est une campagne de public relation très sophistiquée. L’industrie se bat pour son existence et ils font tout ce qu’ils peuvent pour survivre.» selon Brynn O’Brien de l’Australian Centre for Corporate Responsibility.

De l’autre côté, Peter Coates, du charbonnier Grencore rajoute que par rapport au changement climatique «notre industrie s’est autorisée elle-même à apparaître trop souvent comme le méchant. Nous avons laissé la place à des célébrités scientifiques et des activistes radicaux dont le projet n’est pas de trouver des solutions mais de diviser et de détruire. »

Shell va investir dans le gaz pour produire de l’électricité. La major espère un retour de 8 à 12%.

 

La production pétrolière américaine entre en déclin. A confirmer dans les mois à venir

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le mois d’août a été plutôt calme. Pas de tanker endommagé dans le détroit d’Ormuz ou de raffinerie attaquée par un drone.

Plus de 1,5 million de barils de pétrole/jour a été consommée pour la production d’air climatisé. Sans pétrole, le pays devient invivable.

Malgré le maintient des quotas de l’OPEP, les prix du baril continuent à baisser. Alors que le budget de l’Arabie Saoudite repose à plus de 90% sur le pétrole, la situation actuelle complique les ambitions du Prince Mahammed bin Salman.

L’IPO de Saudi Aramco avance et c’est Goldman Sachs qui pourrait s’en charger. Le Prince Bin Salman espère lever plus de 10 milliards $. La démarche pourrait se faire en deux temps. Tout d’abord une partie pourrait être réalisée sur le marché Saoudien et la deuxième partie à Tokyo. Donald Trump n’a pas encore envoyé de Tweet pour exiger l’utilisation d’une bourse américaine. Ca devrait venir.

 

 

Afrique

Nigeria

Selon le ministre des transports, le pays perd 25 milliards $ annuellement à cause des vols sur les installations pétrolières et de l’insécurité.

Phrases du mois

«Je pense que l’Economie Américaine est assez forte pour éviter une récession. Mais les probabilités ont augmenté and elles sont au-delà de ma zone de confort.» Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis, FED.

«Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction. Ce ne sont pas de simples eux, c’est l’œuvre du capitalisme. » Le Grand Conseil coutumier.

«Nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360’000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyanne, en Amazonie française.» Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindiens.

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Retrouvez la Revue complète sur PicEnergie.org ou 2000Watts.org.

 

Pour connaître le prix du baril : lisez Trump

Si par le passé, pour connaître l’évolution des prix du baril de pétrole il fallait analyser une multitude de facteurs, aujourd’hui, il suffit de se connecter à Twitter et de se brancher sur le compte de Donald Trump.

La semaine dernière, après des échanges de courtoisie entre Pékin et Washington sur les tarifs douaniers, le baril a trouvé refuge sous la barre des 60$. On l’a repéré à 58,80 Londres et à 54,17$ New York, et cela malgré les problèmes pétroliers en Iran, en Libye, au Nigeria, au Venezuela et l’enrayement possible de la production de schiste aux USA.


 

En avril dernier, le baril se traitait à 75$. Avec les sanctions américaines contre l’Iran et le Venezuela et le maintien des quotas de l’OPEP, il n’était pas vain de penser de le retrouver au-dessus des 80$ voir 90$.

Plusieurs indicateurs poussaient les réflexions dans cette direction. L’OPEP et la Russie avaient prolongé leur réduction de production jusqu’en mars 2020. Cette décision fut prise alors que les budgets de tous membres du cartel dépendent des rentrées en pétrodollars. Une poussée à la hausse était espérée alors que l’Iran et le Venezuela se débattaient avec les sanctions américaines.

 

Une logique «logique» semble avoir déserté le pétrole.

Malgré un niveau de production mondial suffisant, les USA continuent d’augmenter l’extraction de leur pétrole de schiste alors que l’opération n’est financièrement pas rentable.

Dans ce domaine, le génie américain réside dans cette capacité à internationaliser et financer les pertes par les fonds financiers et d’investissements étrangers. Avec plus de 100 milliards $ de dettes à long terme et un inventaire de 192 entreprises qui ont déjà fait faillites depuis 2014, une certaine dose de témérité est exigée pour y confier son épargne. Durant le deuxième trimestre, sur les 29 plus grandes entreprises de schiste, 11 seulement ont réussi à couvrir leurs charges.

De manière mystérieuse, la main invisible de l’Economie continue de déverser des flots d’argent dans ce trou sans fond.

On peut se demander quels sont les processus et les forces qui détournent les flux financiers vers un pétrole non rentable alors que parallèlement les énergies renouvelables génèrent des retours intéressants. En 2018, pour la première fois durant les 10 dernières années, les investissements dans les énergies renouvelables mondiales ont diminué.

 

Un oeil sur Twitter

Il n’y a encore que quelques années, les métriques pétrolières se basaient sur des fondamentaux réels comme la production pétrolière, l’arrivée de nouveaux gisements ou les tensions géopolitiques.

Aujourd’hui, tant les traders de la génération Twitter que les algorithmes des robots informatiques montrent une certaine incapacité à prendre du recul face aux pulsions du maître de la Maison Blanche. Dès l’arrivée d’un signal du compte @RealDonaldTump, le pétrole grimpe ou recul dans les minutes qui suivent.

On peut également pointer du doigt la haute finance internationale, dont le shadow banking, qui n’a aucun intérêt à voir évoluer la situation de rente dans laquelle elle prospère, et qui alimente inlassablement les énergies fossiles.

De son côté, le message de Trump est clair. Pour prétendre à un nouveau mandat, il compte sur le coup de pouce de prix bas de l’énergie dont le pétrole est une composant crucial. Il n’hésite pas à attaquer l’OPEP quand les prix grimpent et menace les pays producteurs de taxes.

Il sera très intéressant de voir l’évolution de ces comportements et des mécanismes de décisions quand Donald Trump ne sera plus à son poste. D’ici là, Twitter reste notre meilleur ami.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Monde: Les investissements dans les énergies renouvelables à la baisse
– Iran: L’Angleterre s’invite dans le bac à sable. 1-1 au niveau des tankers pétroliers
– France: Entre de Rugy, les centrales nucléaires et la sécheresse. Sacré mois!
– Suisse: A la traine dans le développement durable
– Chine: 11 nouvelles centrales à charbon en service dans les mois à venir
– USA: Le pétrole schiste serait-il en train de plafonner?
– Inde: Le pays va continuer à importer les diesels aux moteurs truqués
– Russie: Le pétrole frelaté russe plombe les exportations.


Un baril à 70$ pourrait être le juste prix tant pour l’Economie mondiale que pour les producteurs. Avec la décision de l’OPEP de maintenir  ses quotas et les tensions avec l’Iran et la pagaille dans le détroit d’Ormuz, on aurait pu imaginer une fluctuation à la hausse.

Que nenni! Certainement à cause de la chaleur, le baril a fait une sieste durant tout le mois.

 

Graphique du Mois
Evolution de la Production de pétrole de schiste: Bassin Permien, Texas


Augmentation et évolution de la production journalière 2013-2019 en milliers de barils
Le Bassin Permien est le plus grand gisement de schiste aux USA

 

Pétrole

La consommation pétrolière mondiale atteint le niveau record de 101 millions b/j. (+1,1 million b/j par rapport à 2018).

Pour les 9 mois à venir, l’IEA pense que les extractions pétrolières vont largement couvrir la demande. Les USA devraient extraire 2 millions de barils de plus pendant que la demande augmentera sous l’impulsion de la Chine, des USA et de l’Inde.

L’optimisme de l’Agence International de l’Energie est-elle justifiée ? Elle sera vérifiée d’ici à l’été prochain.

 

OPEP

Le cartel ainsi que la Russie (OPEP+) ont décidé de maintenir les quotas réduits actuels au moins jusqu’en mars 2020.

Un baril à 70$ pourrait contenter tant les producteurs que les consommateurs, mais la situation explosive entre les USA et l’Iran est à surveiller de très près.

L’OPEP pourrait encore diminuer ses extractions à 28 millions b/j (29,83 en juin) pour s’adapter au 2 millions b/j supplémentaires mis sur les marchés par le schiste US.

 

Planète

Juin 2019 aura été le mois le plus chaud depuis le relevé des mesures notamment avec des poussées de fièvre en Europe, Inde, Amérique du Nord ont fait exploser les records.

Nonobstant, le réchauffement climatique n’est pas encore assez virulent pour que des décisions solides soient prises par les gouvernements. Quand atteindrons-nous le seuil de douleur “de chaleur” qui enclenchera une réaction? Les hausses brutales nous approchent de plus en plus de cette réponse.

Entre janvier et juin 2019, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 117,6 milliards $ dans le monde selon Bloomberg NEF. Par rapport à 2018, la baisse est de -14%, au plus bas depuis 2013.

Le mercure a dépassé les 32 degrés en Alaska alors que la température moyenne est normalement de 18,3 degrés. Du côté du pôle nord, dans la bien nommée ville d’Alert à 900 km du pôle, le mercure a atteint 21 degrés Celsius établissant un record absolu. En temps normal, la température moyenne est de 3,4 degrés avec des pointes à 6,1 degrés.

Les majors pétrolières européennes parlent de plus en plus publiquement de la relation entre les émissions de carbones du pétrole/gaz et le réchauffement climatique. Cependant, les indicateurs de la consommation d’énergie fossile restent à la forte hausse.

 

Economie

Les débats sur le réchauffement climatique et la croissance économique s’intensifient. Pour l’instant l’Economie et les grandes multinationales gardent le contrôle. Bruxelles propose de signer les traités du Mercosur avec l’Amérique Latine et le CETA avec le Canada. Il y a un certain paradoxe à promouvoir des échanges intercontinentaux tout en voulant maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et en promouvant la consommation locale.

De son côté, Donald Trump campe sur la thématique de l’immigration pour remporter son deuxième mandat.

 

 Les forces spéciales iraniennes saisissent le tanker pétrolier Stena Impero dans le Détroit d’Ormuz

 

Les pays du mois

Iran

L’ambiance entre Washington et Téhéran est toujours aussi guillerette. Les deux blocs s’affrontent à coups de buzz, de bluff, de tweets et de drones. L’Angleterre s’est également invité dans ce bac à sable car plus on est de fous, plus on rit.

A Gibraltar, Londres a saisi un tanker pétrolier iranien pour marquer le premier but: 1-0. L’égalisation à 1 partout est arrivée quelques jours plus tard avec la saisie un tanker anglais dans le détroit d’Ormuz. On peut soupçonner Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la course contre Boris Johnson, de s’être lancé dans cette aventure iranienne pour augmenter son temps de passage sur les chaînes de TV et marquer une stature internationale. Pas de bol, il a perdu. Le nouveau premier ministre, Boris Johnson changera-t-il la donne?

Les sanctions américaines pèsent sur l’Economie iranienne. De là à dire qu’elles pourraient reconduire les deux pays autours d’une table, il y a encore un pas. Du côté des chiffres, l’inflation a grimpé à 37,6% en juin (26,9 en mars) avec un taux de chômage de 12,1% selon la National Council of Resistance of Iran.

La prime d’assurance pour faire naviguer un tanker via le détroit d’Ormuz a été multipliée par 10.

La production pétrolière du pays est descendue à 2,22 millions b/j soit 1 million de moins qu’en 2018. Téhéran a décidé de ne plus donner ses statistiques pétrolières à l’OPEP.

Pour enfoncer le clou, Washington fait le forcing afin de réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes même si la Chine continue d’importer entre 150 et 200’000 b/j via son entreprise Zhuhai Zhenrong. Washington a donc décidé de faire pression sur Zhuhai et de lui couper l’accès au dollar américain et aux échanges de monnaies. La Chine a immédiatement annoncé qu’elle allait résister “aux attaques des USA basées sur un règlement américain.” En réalité, Zhuhai Zhenrong, n’utilisant pas le dollar, pourra continuer son commerce avec l’Iran.

Pour avancer les pions dans cette partie d’échec, l’Iran a décidé de dépasser les limites imposées dans l’accord sur le nucléaire. Dans ce contexte, le silence de l’Europe est assourdissant. Stratégiquement et géopolitiquement, le vieux continent est dépassé par la Russie, la Chine et les USA.

Au Brésil, 2 bateaux iraniens sont bloqués. Petrobras, le géant pétrolier national, refuse de livrer du carburant, eu égard aux sanctions américaines. Les deux bateaux apportaient des fertilisants et devaient repartir avec des céréales.

 

France

Le géant pétrolier Total devrait payer 30 fois plus d’impôts. En 2017, Total a déboursé seulement 31 millions $ d’impôts selon Attac.

Le gouvernement Macron a frappé très fort. Il va instaurer une taxe dissuasive de € 1,5 (un euro cinquante) sur les billets d’avion à destination de l’Europe et de € 3 sur les longues distances. Si la PDG d’AirFrance crie à l’infamie, dans les deux cas, on a de la peine à ne pas hurler de rire.

Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie, demande un rapport sur la construction du premier EPR sur le sol français. La centrale nucléaire initiée en 2007, devait être mise en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards €. Aujourd’hui, les prévisions estiment une ouverture en 2022 pour une facture de 12 milliards €. Quoi qu’il arrive, le prix du kWh produit sera très largement supérieur aux tarifs en vigueur. La question est de savoir s’il ne vaut pas mieux immédiatement tirer la prise d’autant que la filière nucléaire française commerciale est dépassée par les russes et les chinois.

Le mardi 23 juillet aura été marqué par un alignement de planètes. Alors qu’une nouvelle vague de chaleur plombe la France, Greta Thunberg fut invitée à l’Assemblée Nationale, les élus votèrent pour l’acceptation du traité de libre-échange CETA avec le Canada. Schizophrénique le grand écart.  Lire la tribune de Nicolas Hulot sur le CETA.

Suites aux enquêtes de Mediapart.fr, le ministre de l’Energie et de la Transition Ecologique François de Rugy a démissionné. Celui qui aura confondu «servir» et «se servir» tire un maigre bilan de ses 10 mois de présence. Il a été remplacé par Elysabeth Borne, qui porte le doux surnom de «Burnout», relatif à ses talents pour pousser dans la dépression ses collaborateurs. Marier «burnout» et «durabilité» semble antinomique, mais laissons-nous surprendre.

Emmanuel Macron a accordé la Légion d’honneur à Corinne de Bilbao, directrice générale de General Electric France de 2016 à 2019. Une nomination qui n’est pas anodine quand on connaît les conditions de la vente d’Alstom à General Electric, que le Président Macron a acté. Cette année, le groupe américain a supprimé 1’000 emplois sur son site de Belfort alors qu’Emmanuel Macron annonçait, à l’époque, la création de 1’000 emplois.

Près de 6,5 millions de Français boivent de l’eau contaminée au tritium. Cette substance radioactive est rejetée par les centrales nucléaires et se retrouve dans les nappes phréatiques.

 

Chine

Le Gouvernement chinois a fixé son PIB à 6,2% au deuxième trimestre. Les dernières éditions publiées par Pékin flirtaient entre 6, et 6,5%. Avec la taille actuelle, il est évident que l’Economie Chinoise ne peut plus continuer à doubler son volume tous les 10 ans.

La Chine va inaugurer 6 nouvelles centrales à charbon et 5 l’année prochaine pour un total de 11 gigawatts GW. China Energy, qui produit 175 GW d’électricité, va remplacer ses petites centrales à charbon très polluantes par des grandes centrales polluantes.

Entre 2005 et 2014, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 53,5%.

Les ventes de voitures ont diminué de 14% depuis janvier. La première baisse depuis 30 ans. La diminution des subsides et la confiance des consommateurs sont passées par là.

La Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz liquide (LNG) devant la Corée du Sud et derrière le Japon.

Pékin a lancé son Nasdaq pour rivaliser avec Wall Street. “Star Market” sera à disposition des entreprises high tech chinoises et de Pékin pour contrer la Silicon Valey. Pour son premier jour de trading les actions des 25 compagnies de l’index ont gagné 140% !

Une explosion dans une usine à gaz a été reportée à Yima dans la province du Henan. La Chine est coutumière de ces accidents. En l’occurrence, 15 morts et 15 blessés sont dénombrés.

 

Les premières images de l’explosion d’une usine de gazéification en Chine

 

Les Amériques

USA

Les Etats-Unis et la Chine continuent leur longue ballade le long de la rivière «guerre commerciale.» Trump a brandi une nouvelle vague de taxes sur 325 milliards $ de produits. A ce tarif, il va bientôt arriver à court de produits.

La ville de New York a subi deux pannes d’électricité consécutives. La première a touché 73’000 personnes pendant un peu plus de 4 heures dans le centre de Manhattan. L’incident serait passé inaperçu si il ne s’était déroulé dans le centre touristique de Times Square, Broadway et le Madison Square Garden où se produisait Jennifer Lopez. A travers tous les USA, l’infrastructure électrique vieillissante a de la peine à supporter les nouvelles charges.

La deuxième panne s’est déroulée après un weekend particulière chaud où les installations électriques, notamment la climatisation, ont poussé les capacités au-delà des limites.

Le républicain Donald Trump se positionne de manière magistrale dans la course à sa réélection et les sondages lui donnent raison. Il surfe sur une vague créée par quatre jeunes élues démocrates d’extrême gauche qui rivalisent d’idées pour pousser les électeurs à voter pour le camp adverse. Cet épisode n’est pas sans rappeler la campagne de 2012. A l’époque, le parti Républicain fut bousculé par l’extrême droite du Tea Party de l’inoubliable Sarah Palin. Cette incursion avait offert la victoire à Barak Obama. (Lire Thomas Friedman dans le New York Times, en anglais)

Le fond d’investissement Vanguard propose dans ses brochures des investissements sans pétrole, charbon, gaz qui nuisent à l’environnement. (presque un copier/coller de la brochure de la Banque Nationale Suisse). En fait, le fond s’est fait attraper la main dans le sac avec des actions pétrolières comme dans Schlumberger ou Marathon Petroleum.

Aux USA, 68’800 chargeurs électriques rapides sont à disposition dont 10’860 en recharge super rapide.

 

Schiste USA

En comparaison mois/mois, avril 2019 la production pétrolière a augmenté de 1,6 million b/j. Pour les mois d’Août 2017/2018, l’augmentation était de 2,1 millions b/j. (graphique ci-dessous)

Deux facteurs peuvent expliquer ce tassement :
A) le niveau total d’extractions tend à toucher un plateau
B) les investisseurs exigent des bénéfices. Pour l’instant, plus personne n’ose s’aventurer à prévoir un déclin du schiste américain ou mondial d’autant que la Russie ne s’est pas encore dirigée sur ce terrain.

Pour les USA, le schiste est porté par le Bassin Permien. Dans cette région, les petits producteurs pétroliers peinent à atteindre un retour sur investissement alors que les investisseurs serrent les cordons de la bourse. Les majors comme Chevron ou Exxon semblent seules à pouvoir relever le défi sans toutefois être capable d’atteindre un seuil de rentabilité.

 


Croissance de l’extraction pétrolière américaine d’une année à l’autre

 

Venezuela

L’extraction pétrolière s’est stabilisée vers les 700’000 b/j alors qu’elle atteignait le double l’année dernière selon S&P Global Platts.

Washington a bien resserré ses sanctions, mais préfère garder un socle de production au lieu de l’étouffer totalement. Ainsi certaines entreprises américaines comme Chevron, Weatherford, Schlumberger ou Baker Hughes bénéficient d’un passe-droit. Les objectifs sont de garder l’industrie à flot et de maintenir une présence américaine au cas où le nouveau gouvernement de Juan Guiado prendrait le relais.

Les nouvelles coupures d’électricité du début juillet ont paralysé les opérations des raffineries d’Amuay (635’000 b/j) et de Cardon (305’000 b/j). Les deux raffineries représentent le 70% des capacités du pays.

Le Président officiel Nicolas Maduro et le Président élu par Donald Trump, Juan Guaido tentent de trouver une solution à la crise politique actuelle. Les pénuries d’essence, d’électricité, de médicaments, d’entrées de devises ainsi que du blocus imposés par les Etats-unis pèsent sur la population. Arrivant comme la grêle après les vendanges, l’Europe propose d’augmenter ses sanctions contre le président Maduro.

 

Argentine

Les raffineries ont augmenté leur productivité à 78,3% grâce aux livraisons de pétrole de schiste de la Vaca Muerta dans la région du Neuquen (Mendoza). La production pétrolière est passée de 485 à 505’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 


Dessin Chappatte pour le Canard Enchainé

 

Europe

Russie

Les exportations pétrolières russes n’ont jamais été aussi basses depuis 3 ans. Les problèmes de la contamination du pipeline Druzhba de Transneft ne sont toujours pas réglés.

Débutée en avril, cette contamination bloque les transports pétroliers en direction de l’Europe. Le pétrole frelaté abîme les installations de raffinage.

Les deux géants Rosneft et Transneft se renvoient la balle. Transneft transporte le 83% du pétrole Russe à travers son réseau et Rosneft produit le 40% du pétrole Russe. Il n’est pas illusoire de penser que les deux directeurs ne vont pas partir en vacances ensemble.

De son côté, Lukoil le no 2 Russe, évite ce problème en expédiant son pétrole par tankers.

La centrale nucléaire de Kalinine, à 300 km de Moscou, a dû arrêter 3 réacteurs après une panne d’électricité. Un court-circuit dans l’un des transformateurs a déconnecté les réacteurs 1, 2 et 4 selon Rosenergoatom. Le réacteur 4 a été remis en service alors que les deux premiers restaient à l’arrêt jusqu’à la découverte des causes de l’incident.

 

Allemagne

Le PDG de Lufthansa, Carsten Spohr, aimerait interdire les billets d’avion inférieurs à 10€. Son intention ne se base pas sur des considérations climatiques, mais les compagnies à bas prix lui font trop de concurrence. Les nombres de vols de Lufthansa continuent d’augmenter. Le CEO ne perçoit pas d’effet Greta Thunberg et une diminution de la demande.

La production éolienne de la Mer du Nord, entre janvier et juin, a totalisé 9,51 térawatts/heure (TWh) soit +16% par rapport à 2018.

VW voudrait acheter pour 50 milliards € de batteries pour ses futures voitures électriques. Nothvolt, Suède, SKI, LG Chem et Samsung SDI, Corée du Sud et le chinois CATL sont pressentis.

 

Hollande

Le fond Sarrasin & Partners a vendu 20% de ses 1,3 millions d’actions dans le géant pétrolier Shell. Le 80% restant est en attente (40 millions $). Le fond pense que Shell ne respecte pas les objectifs de Paris.

Shell va investir 30 milliards $ pour l’exploitation et l’exploration pétrolière et gazière. La capitalisation boursière de Shell se monte à 300 milliards $.

Shell est déçue de la décision de Sarrasin mais souligne que sa stratégie a reçu de très forts supports d’une grande partie de ses investisseurs.

 

Suisse

Quand on pense à la Suisse, la perception imagine un pays à la pointe de l’efficience énergétique et du développement durable. Cependant la phrase de Greta Thunberg raisonne particulièrement bien pour l’Helvétie: “je crois que le plus grand danger n’est pas notre inaction. Le vrai danger est quand les entreprises et les politiciens font croire que des actions sont menées alors que rien n’est fait.

Ainsi, les rejets de CO2 liés aux carburants ne baissent pas et stagnent à 3,3% au-dessus de leur niveau de 1990. Mazout de chauffage, gaz et carburants restent en force alors que du côté du solaire et de l’éolien la Suisse pointe à la 25ème place sur 28 en Europe selon la Swiss Energy Foundation.

Au niveau mondial, la Suisse est le pays qui empêche plus que tout autre le développement durable dans le monde. Selon cette analyse de 160 pays, la Suisse est celui qui vit le plus sur le dos des autres selon la fondation allemande Bertelsmann.

Pour la 3ème année consécutive, les émissions de CO2 des voitures neuves grimpent. En Suisse, le prestige d’une 4×4 ou d’une puissante cylindrée prime sur le climat. En 2018, la moyenne des émissions des nouvelles voitures a atteint 13,78 kg de CO2 pour 100 km. L’objectif de 9,5 kg pour l’année prochaine ne sera pas respecté.

Pour se faire, la Confédération a pris des mesures drastiques face aux importateurs. En moyenne, ils ont dû payer une amende de 0,2% de leur chiffre d’affaires pour une facture totale de 30 millions. Il n’y a aucun doute à avoir: une taxe de Frs 80.—pour une voiture à 40’000, dissuade l’effet dissuasif. On peut même se demander qui a eu le courage politique de proposer un montant aussi ridicule?

Deux cents citoyens, défenseurs du climat, ont bloqué les entrées des banques Crédit Suisse à Zurich et UBS à Bâle. Ils ont demandé à ces deux grandes banques l’arrêt du financement de centrales à charbon, du pétrole et du gaz. La place financière Suisse (UBS, Crédit Suisse, Banque Nationale Suisse) sont des investisseurs de poids dans les énergies fossiles. 83 personnes ont été arrêtées et détenues jusqu’à 48h ! Cerise sur le gâteau, elles ont toutes été forcées, même les mineurs, de donner leur ADN alors que la législation l’interdit.
Twitter : @climategames_ch

Un collectif d’avocats, dont deux anciens bâtonniers vont défendre les activistes qui ont participé à l’Action Roger Federer qui pointait du doigt les investissements du Crédit Suisse.
Qui mérite réellement d’être condamné ? Des jeunes qui défendent leur planète ou une banque qui contribue à la détruire ?” demande Maitre Irène Wettstein

Les 10 pays qui empêchent le plus le développement durable dans le monde

 

 

Asie

Inde

L’américain Westinghouse continue ses discussions avec l’Inde pour l’installation de 6 centrales nucléaires.

L’électricité est à 75% générée par le charbon. La demande pourrait doubler dans la prochaine décennie et l’utilisation d’énergies renouvelables comme le solaire doivent encore faire un bout du chemin. Par contre, le charbon restera de loin la matière première la plus utilisée.

Le gouvernement ne va pas interdire les voitures à diesel car les besoins en carburants ne cessent d’augmenter dans le pays. Aucun mot n’a été mentionné sur la qualité de l’air. L’Inde est l’un des pays de destination des voitures diesels dont les moteurs ont été truqués et interdits en Europe où aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Les quotas de l’OPEP autoriseraient une extraction de 10,31 millions b/j mais Riyad reste sous les 10 millions. Durant les mois chauds d’été, le pays consomme une énorme partie de son pétrole pour se refroidir. Seuls 7 millions b/j ont été exportés.

Saudi Aramco, le géant pétrolier national, va investir 18 milliards $ pour ses gisements de Berri et Marjan avec l’objectif d’extraire quotidiennement 550’000 b/j de pétrole et 70 millions m3 de gaz soit 250 millions de kg de CO2 par jour. La capacité pétrolière maximale d’Aramco semble toucher 12 millions b/j.

Le Prince MbS Mohammed bin Salman veut débuter l’IPO de 5% d’Aramco d’ici à 2020 avec une levée de fonds de 10 milliards $.

 

Irak

En juillet, les exportations se stabilisent à 3,42 millions b/j et une production de 4,6. Bagdad espère pouvoir élever sa production à plus de 6 millions de barils par jour d’ici à une année et 9 millions à la fin 2023. Le gouvernement l’a fait savoir aux entreprises pétrolières étrangères sous peine de revisiter les accords.

La question de savoir si ces ambitions sont réalisables trouvera sa réponse dans les années à venir.

Le pays se soucie de l’ouverture du Détroit d’Hormuz ou transite la quasi-totalité de son pétrole. Comme les pétrodollars représentent 89% des revenus du pays, on peut comprendre ce pincement au cœur.

Dans le sud du pays, à Bassora, les températures flirtent avec l’invivable d’autant que les pénuries d’électricité n’arrangent rien. L’Irak ne peut plus importer de l’Iran l’électricité ou le gaz nécessaires à rendre la région vivable.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Les revenus pétroliers sont à la baisse à 10,2 milliards $ entre janvier et juin (-11,2%). Le pétrole représente le 92,8% du budget du pays.

Des missiles américains vendus à la France ont été cédés aux troupes du Général Haftar, l’homme fort du pays. Paris arme en cachette, en violation de l’embargo des Nations Unies, les troupes rebelles.

 

 

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

L’accord du Mercosur « Cet accord est complètement antinomique avec nos ambitions affichées et, surtout, avec la réalité de ce qu’il faut faire. Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques. L’amplifier ne fait qu’aggraver la situation. » Nicolas Hulot sur l’accord du Mercosur (Europe-Amérique Latine).

«Nous passons un accord avec M. Bolsonaro du Brésil. Faire parcourir des milliers de km à un morceau de bœuf pour qu’il soit consommé dans un pays qui en produit, n’est-ce pas franchement stupide?» Christian Bourdin, BFMTV question posée à Sylvette Ndiaye, porte-parole du gouvernement français.

«Le Président Trump se soucie de l’environnement. Les États-Unis livrent leurs produits partout dans le monde, qu’il s’agisse de gaz naturel liquéfié, de technologies renouvelables, d’énergie nucléaire. Ils sont utilisés dans le monde entier. Nous déplaçons littéralement des tonnes et des tonnes de gaz polluants et d’émissions de CO2 de charbon en Europe et nous les remplaçons par du gaz naturel propre.» Rick Perry, Directeur du départment de l’environnement US.

Pensée: La révolution est-elle possible? Qu’est-ce que la révolution pour les consommateurs puisque nous en sommes tous devenus? Nous ne sommes plus des citoyens, mais des consommateurs. Les consommateurs peuvent-ils se rebeller? Créer du changement social? Les consommateurs sont-ils des victimes, des prisonniers des entités qui leur fabriquent des choses ?

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

Le pétrole de schiste américain creuse des dettes abyssales

Le pétrole de schiste a souvent été présenté comme l’eldorado énergétique du futur capable de rassasier l’Economie mondiale. Avec 8,5 millions de barils/jours, le schiste US pourrait encore augmenter d’un million b/j d’ici à la fin de l’année.

Cependant, dans les coulisses, le tableau est moins rose. Les faillites s’accumulent et le manque de retour sur investissement exaspère Wall Street. Un sondage sur 29 compagnies pétrolières actives dans le schiste montre qu’elles ont perdu 2,5 milliards $ durant le premier trimestre de cette année.


174 faillites et le compteur tourne

Cette même dream-team avait déjà publié des pertes de 2,1 milliards durant le dernier trimestre 2018. Paradoxalement, ces performances négatives sont réalisées alors qu’elles ont diminué de 16% leurs investissements afin de réduire leurs coûts.

Globalement, les producteurs de schiste ont atteint un cash flow négatif de 184 milliards $ depuis 2010. Il est difficile de trouver une industrie qui jongle avec autant de pertes.

Depuis la crise pétrolière de 2014, 174 entreprises de pétrole et de gaz de schiste ont demandé l’ouverture de faillites afin de restructurer plus de 100 milliards $ de dettes. Pour le premier trimestre 2019, la tendance continue avec 8 faillites et une ardoise de 3 milliards $.

Au début de ce mois, Weatherford a demandé la protection d’une mise en faillite afin de restructurer sa dette de 6,7 milliards $. Avec un baril dans la zone des 55$, la contamination va se propager.

 

A touché le fonds, mais…

Le génie américain du pétrole de schiste a reposé sur deux facteurs :
A) une communication portée par les présidents Obama et Trump afin de donner l’illusion “d’abondance énergétique”, et
B) d’avoir réussi à financer son développement et ses pertes par les fonds de pensions étrangers (européens et asiatiques) ainsi que par les Banques Nationales comme la BNS Suisse.

Les entreprises de schiste ont peut être touché le fonds, mais elles creusent encore!

 

 

Sources: Morningstar.  Resilience.org: Tom Whipple, Steve Andrews

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Mai 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Des drones sabotent 2 tankers et 2 stations de pompages
– Iran: La Dream Team américaine met la pression
– Planète: Les investissements dans le renouvelable stagnent
– Chine: Subventionner ses entreprises fait partie de son ADN
– USA: La centrale nucléaire de Three Mile Island va fermer
– Russie: Un pipeline pollué mis hors service pour les livraisons en Europe
– Allemagne: Lilium réussit à faire décoller son drone-taxi
– Suisse: Largement à la traîne dans les énergies solaires et éoliennes
– Suède: Un camion de 26 tonnes entièrement autonome.


Le monde pétrolier est entré dans une spirale d’incertitude rarement égalée. La lumière qui brille au fond du tunnel semble être un nouveau train qui arrive surtout avec les tweets de @RealDonaldTrump.

Alors qu’il aurait pu exploser à 80-90$ avec toutes les péripéties, il est resté dans une fourchette de +/-10$. A Londres, il termine ce mois à 65,15$ (fin avril 72,12$). A New York, il se retrouve au bas de la marge à 56,52 (63,79$ fin avril).

 

Graphique du mois :

Investissements et variations dans les Energies en 2018 et comparaison avec 2017

Explications du graphique

L’Agence Internationale de l’Energie annonce qu’en 2018, pour la deuxième année consécutive, les investissements dans les énergies renouvelables ont diminué à 304 milliards $, alors que ceux de l’extraction pétrolière ont augmenté de 3,7% à 477 milliards $ et le charbon +2% à 80 milliards $.

Globalement dans l’industrie pétrolière, entre extraction et vente, les investissements ont augmenté de 1%.

Les nouvelles installations d’énergies renouvelables ont plafonné à 180 GW, pratiquement à l’identique de 2017. C’est la première fois depuis 2001 que les nouvelles capacités n’ont pas dépassé celles de l’année précédente.

 

Planète

Toute corrélation, avec le paragraphe précédent, n’est pas fortuite.

La concentration de CO2 a atteint le niveau record de 415 parts par million pour la première fois dans l’histoire humaine.

En 1982, le géant pétrolier américain, ExxonMobil, avait noté une augmentation de 8% du CO2 à 340 ppm. Cette tendance avait débuté dès 1850 et la Révolution Industrielle et l’utilisation des énergies fossiles.

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus virulent que le CO2, atteignent des niveaux records à plus de 1’858 ppm. Entre les périodes 2007-2012 et 2013-2018, la hausse est de 50%. Une importante part de ce méthane provient de l’extraction et de la consommation de gaz naturel et notamment du gaz de schiste américain.

 

Pétrole

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la situation pétrole actuelle est «compliquée». Entre l’écroulement attendu du Venezuela, l’embargo américain sur l’Iran, les muscles du Général Haftar en Libye, le pétrole frelaté en Russie, les attaques contre les raffineries et tankers de l’Arabie Saoudite et la production réelle de schiste aux USA, nous devrions voir les prix pratiquer le yoyo durant cet été.

Entre 2008 et 2017, la demande mondiale a augmenté de 9,6 millions b/j dont les deux tiers (6,3 millions) ont été apportés par les USA. Le thème de la réflexion du mois est: “Sommes-nous préparés à un choc pétrolier?”

 

OPEP

Après des mois de baisse, l’extraction pétrolière de l’OPEP se stabilise à 30,26 millions b/j. pour enfin atteindre les quotas.

La prochaine rencontre de l’OPEP+ (avec la Russie) se tiendra le 24-25 juin. Moscou privilégie l’abandon des quotas actuels. Le dilemme pour le cartel repose sur la situation géopolitique et les capacités d’exportations du Venezuela, de la Libye et de l’Iran ainsi que les prochains Tweet de Donald Trump. De tous ces facteurs, ce dernier est le plus imprévisible et impactant.

 

Les pays sous la loupe

Arabie Saoudite

La région est devenue une poudrière depuis que Trump a décidé de jouer au bras de fer avec l’Iran.

Deux tankers pétroliers ont été endommagés dans le détroit d’Hormuz et des drones ont paralysé deux stations de pompage de pipelines en Arabie Saoudite.

Pour les tankers, toutes les suppositions sont sur la table et certains pointent du doigt l’un des 3 B: Mohammed bin Salman, prince de l’Arabie Saoudite; John Bolton des USA; Benyamin Netanyahoud’Israël. A moins que ce soit l’Iran ou les Houtis du Yémen.

Les Etats-Unis ont délégué sur place leurs deux armes de destructions massives préférées: John Bolton et Mike Pompeo. Les deux faucons va-t-en-guerre de l’administration Trump ont ajouté dans la région autant d’huile sur le feu que d’étincelles. Les Européens n’ont pas encore pipé mot pour désamorcer la situation. Les héros de Marvel et James Bond pourraient dénouer la situation.

Les exportations de l’Arabie Saoudite sont au centre de beaucoup de spéculations. L’extraction pétrolière est bien en-dessous de la normal. Riyad explique cette situation par le maintien des prix sur les marchés. Pour ne rien arranger les choses, le Royaume va fortement augmenter sa propre consommation afin de générer l’air conditionné durant les chauds mois d’été.

La compagnie nationale Aramco ne croit pas à un «peak demand» (pic de la demande) durant les décennies à venir. L’entreprise désire vendre plus d’or noir à la Chine et l’Inde dont les besoins en pétrole ne cessent d’augmenter.

Iran

Donald Trump n’hésite pas à faire monter la tension. Il est épaulé par John Bolton, créateur du concept des «armes de destructions massives» de Saddam Hussein. On le retrouve ici dans une position qu’il affectionne tout particulièrement. Pour le coup, en plus de la Navy, des bombardiers B-52, il aimerait envoyer 120’000 soldats dans la région.

Du côté Iranien, l’arme ultime repose sur les 17 millions de barils qui traversent quotidiennement le détroit d’Hormuz.

L’Iran exportait 2 millions b/j avant la remise en service des sanctions US. Il se pourrait que ce chiffre soit descendu à 500’000 en mai.

La situation du Président Rouhani pousse la ligne dure du régime à être plus assertif. Pour éviter cette évolution et son départ, Rouhani a demandé à l’Europe de le soutenir et d’autoriser l’exportation de 1,5 millions b/j de pétrole. C’est avec courage et détermination que l’Europe n’a pas encore rien décidé.

Téhéran a notifié à la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et l’Angleterre son intention d’arrêter ses obligations contenu dans l’accord nucléaire. A ce jour, l’Iran respecte les termes de ce traité.

Nous ripostons face aux agressions futures de l’Iran
Dessin: L’excellent Chappatte

 

Chine

Le bras de fer sur les tarifs douaniers continue. Les USA maintiennent que la Chine subventionne trop lourdement ses industries et que les entreprises étrangères doivent entièrement céder leurs savoir-faire et technologies pour entrer sur le marché chinois. Sur ces points, il est difficile de mettre en défaut le Président américain.

La Chine a répliqué en soulignant que “l’Economie chinoise ne peut fonctionner qu’avec des subventions.” En 2018, elles se sont élevées à 22,3 milliards $. Le plus grand bénéficiaire fut le pétrolier Sinopec suivi par les constructeurs automobiles.

La Chine a menacé de diminuer les livraisons de terres rares aux USA. Pékin possède le 90% de ces terres utilisées pour la construction de panneaux solaires et d’éoliennes, de voitures électriques, de batteries, de puces électroniques, etc…

Stratégiquement, chacun essaie d’envoyer des coups là où ça fait mal. Les chinois ont freiné leurs importations de gaz liquide (LNG) américain en y ajoutant une taxe de 25%. Ce geste perturbe les investisseurs Yankees pour la construction de nouvelles installations.

Pékin a également vendu pour 20,5 milliards d’obligations du trésor américain sur les 1’120 que la Chine détient dans ses coffres.

La Maison Blanche a bloqué les ambitions de Huawei et la 5G. Au vue de l’impact probable sur la santé que soulèvent la 5G, les américains s’en sortent finalement bien.

La Chine ne va pas atteindre ses objectifs 2020 d’extractions de gaz de schiste. Selon Platts and Wood Mackenzine, elle ne pourrait qu’atteindre la moitié de ses prévisions.

La grippe africaine qui touche les porcs s’étend dans toute l’Asie. Plus d’un million de porcs ont dû être abattus. La Chine englouti plus de 50% de la production mondiale.

 

Russie

Moscou a diminué sa production à 11,16 million b/j et atteint ses quotas pétroliers de l’OPEP+.

Ce déclin est dû à la contamination dans le pipeline Druzhba par du chlore organique hautement corrosif pour les raffineries. Les 19 millions de barils le pétrole contenu dans le pipeline, qui relie la Biélorussie et l’Allemagne, sont inutilisables.

Les entreprises et les raffineries affectées ont demandé des dommages pour les dégâts occasionnés. Moscou a annoncé que l’entreprise Transneft, responsable du problème, prendra à sa charge les 1,2 milliards $ estimés. Cette situation pourrait encore durer quelques semaines.

Rosatom présente un cahier de commandes avec 34 réacteurs nucléaires dans 12 pays pour un montant de 300 milliards $.

Vladimir Poutine a inscrit 8 buts lors du traditionnel match de hockey des légendes de la NHL et du gouvernement. Durant ce match annuel, on notera la créativité du gardien pour laisser filer dans ses filets les pucks du Président.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Dans la bataille pour acquérir le producteur de schiste Anadarko, c’est le chèque de 55 milliards $ d’Occidental Petroleum qui a devancé l’offre de Chevron et ses 50 milliards $. Du coup, Occidental devient le plus grand acteur de schiste dans les gisements du Bassin Permien. L’achat laisse perplexe et soulève la question: “Est-ce que Occidental Petroleum pourra réussir, là où les petits acteurs pétroliers ont été incapables de générer du bénéfice?” Durant ces dernières années, la stratégie des managers étaient: «take the money and run.» (prendre l’argent et déguerpir sans se soucier de la rentabilité et du futur de l’entreprise.)

Le fond de pension de New York et la puissante Church of England (10 milliards $) ne vont pas voter leur support à la réélection des directeurs d’ExxonMobil à cause de leurs réponses inadéquates face au changement climatique.

En 2018, 60 entreprises, du top «Fortune 500», ont réussi à échapper au payement de 16,4 milliards de l’impôt fédéral US. Mieux, elles ont même reçu 4,3 milliards $ de subsides de la part de la Maison Blanche. Sur ces 60 entreprises, 24 (40%) font partie de l’industrie pétrolière et gazière.

Au premier trimestre, ExxonMobil a investi 2,5 milliards $ dans l’exploitation de son pétrole pour un bénéfice de 96 millions. De son côté, Apache Corp a perdu 47 million $ dans l’exploitation de schiste. Le financement des activités devient compliqué pour les petits producteurs. Une consolidation de l’industrie par les grands acteurs est en route aux USA.

Le 30 septembre, Exelon Corp va fermer la fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island. Dans les années 70, Three Mile fut le plus sérieux accident nucléaire aux USA.

Lawrence Kudlow, le principal conseiller économique de Trump, a donné des informations sur la hausse des tarifs douaniers. Elle sera payée par les importateurs américains des produits chinois. Des importateurs, qui vont s’empresser de répercuter les tarifs sur les prix destinés aux consommateurs. Ce n’est donc pas les Chinois qui vont payer directement les taxes.

 

Nombre de forages pétroliers d’exploration aux USA
Source: Jean Laherrere

 

Explications du graphique: Les forages d’exploration sont en forte diminution aux USA. Depuis 1859, le sol des USA a été complètement exploré. Une fois que la page du pétrole de schiste se tournera, il ne semble pas y avoir un plan B pour maintenir les niveaux actuels.

En 2019, l’extraction de charbon devrait diminuer de 7,2% à 699,8 millions de tonnes et tendre vers 638 en 2020 selon l’EIA.

ExxonMobil pense que 94% des gisements offshores US ne sont financièrement pas profitables. Comme une mauvaise nouvelle arrive rarement seule, d’ici à 2040 plus de 2’000 forages nécessiteront d’être décommissionnés pour un montant de 13 milliards $.

 

Etats-Unis Schiste

L’EIA pense qu’une partie substantielle de l’augmentation mondiale de la demande mondiale sera satisfaite par les gisements de schiste du Bassin Permien aux USA. En moyenne, la croissance Economique mondiale a besoin de +1,5 million b/j par an.

Grâce aux nouvelles technologies comme les forages horizontaux, l’inclusion de plusieurs têtes dans le même forage, l’augmentation des quantités de sable et de produits chimiques, l’industrie a réussi à accélérer de 2,6 fois la vitesse d’extraction. Cependant, si la vitesse augmente, les quantités de pétrole récupérées restent pratiquement identiques.

En 2018, les investissements dans le pétrole et gaz de schiste américain se sont élevés à 70 milliards $ répartis sur 9’975 forages. Sur ce montant, les 70% remplacent les forages en déclin et 30% servent à augmenter la production. Ce dernier ratio devrait continuer à diminuer avec l’assèchement d’un nombre toujours plus grands de forages ainsi que le passage à des gisements moins prolixes de la deuxième catégorie.

Rystad Energy pense que les coûts moyens d’extraction du pétrole de schiste, dans le Bassin Permien, atteindraient 46$ le baril, contre 42$ en Arabie Saoudite. Tant qu’ils n’auront pas trouvé où se trouve l’erreur dans leur feuille Excel, il est probable qu’ils vont continuer à nous faire rire.

Dans les faillites de ce mois, on relève: Triangle Petroleum, soutenue par JP Morgan; Product & Logistics Services, une société fille de Schlumberger, avec ses 124 employés ainsi que Weatherford International. Histoire de compléter sa liste d’investissements dans des pétroliers américains qui font faillites, personne ne s’étonnera de voir le nom de la Banque Nationale Suisse dans les actionnaires de Weatherford.

 

Production pétrolière vs coûts d’explorations
ExxonMobil

 

Venezuela

Le pays continue son bonhomme de chemin vers son effondrement.

Un problème supplémentaire s’est rajouté à la liste déjà longue. Faute d’importations de diluants pour liquéfier le pétrole lourd, la deuxième plus grande raffinerie du pays a cessé son activité.

Comme Caracas ne peut pas acheter de l’essence sur les marchés internationaux, une pénurie de carburants plombe le pays.

L’extraction de pétrole lourd des gisements de la ceinture d’Orinoco s’enlise. Les systèmes, qui permettent de liquéfier les sables bitumineux sont en panne. Les quatre unités de PDVSA sont hors service depuis les coupures d’électricité.

La production pétrolière du pays pourrait passer sous les 500’000 b/j en mai, contre 768 en avril et 1’340 l’année dernière.

L’administration Trump a suspendu tous les transports avions ou bateaux entre les USA et le Venezuela.

 

Mexique

Le gouvernement va injecter 5,5 milliards $ et supprimer 2,5 milliards $ de dettes dans sa compagnie pétrolière Pemex.

L’objectif est de produire +400’000 b/j en finançant des forages anciens qui ne sont financièrement plus rentables. Le Mexique prend exemple sur la stratégie française utilisée pour sauver EDF. Il est vrai que Pemex et EDF croulent sous des dizaines de milliards € de dettes.

Le Président Andrés Manuel López Obrador s’est engagé à construire une raffinerie d’une capacité de 300’000 b/j. Le projet devisé à 8 milliards $ fait partie de sa stratégie pour diminuer les importations notamment des USA.

 

Guyane

Depuis 2015, le pays est passé de «nobody» à l’un des endroits pétroliers du future. ExxonMobil et Hess Corp ont découvert 12 champs qui pourraient contenir un total de 5 milliards de barils. Cela représente quand même 25 jours de consommation mondiale.

 

Europe

Le marché de l’automobile enregistre un 7ème mois de baisse d’affilée. L’incertitude économique, la préoccupation des consommateurs et les problèmes de diesel influence le marché.

Le président Trump a repoussé de 6 mois l’imposition de tarifs douaniers dans le secteur de l’automobile européenne.

Malgré l’explosion des niveaux de méthane dans l’atmosphère, la commission européenne va doubler ses importations de gaz liquide des hyper polluants champs de schiste des USA. D’ici à 2023, 8 milliards de m3 de gaz seront acheminés en Europe (17 milliards kg de CO2 et des wagons de méthane).

 

Allemagne

Volkswagen planifie la construction de 1 million de voitures électriques en 2025. L’entreprise désire fabriquer ses propres batteries et opérer leur recyclage. Actuellement 53% du contenu des batteries sont recyclées. L’objectif est fixé à 97%.

D’ici à 2038, Berlin va offrir 40 milliards € à l’industrie du charbon pour cesser son activité dans le pays. L’Allemagne produit 40% de son électricité avec du charbon.

L’Allemand Lilium fait décoller son drone-passager

 

France

Ce qui devait arriver, arriva. La hausse des prix du baril a fait grimper les prix à la pompe. Le diesel, (80% des ventes) est grimpé à 1,47 € et le sans-plomb 95 à 1,58€ soit 8 ct de plus que lors du début des gilets jaunes.

On reste dans l’ambiance «hausse des prix» mais cette fois avec EDF. Dès le mois de juin, l’électricien va augmenter ses tarifs de 5,9%, soit une moyenne de 85€/an par ménage. Cet ajustement aurait dû entrer en vigueur en décembre, mais la crise des gilets jaunes a reporté cette initiative.

Pendant des années, afin de promouvoir son industrie nucléaire, la France a artificiellement vendu son électricité à perte. Corolaire à cette stratégie, ses champions comme EDF et Areva ont accumulé des dizaines de milliards de dettes systématiquement épongées par le gouvernement. Sous la présidence Sarkozi, le PDG d’EFD de l’époque, Henri Proglio, avait demandé une augmentation de 30% des prix de l’électricité pour refléter les coûts de production. Cette requête avait été refusée pour des raisons politiques.

Fiat, Chrysler et Renault pourraient collaborer afin de construire des voitures électriques et pour former une nouvelle alliance qui produirait 8,7 millions de voitures par année. Fiat-Chrysler a mis sur la table 33 milliards €. De nombreux emplois devraient passer à la trappe.

En France, le meilleur moyen de paralyser toute décision sur la transition énergétique est d’inclure les mots «centrales nucléaires» dans un projet. Le ministre de l’environnement François de Rugy l’a bien compris. Il propose d’allonger de 10 ans la durée de vie des centrales. On ne le dira pas assez, mais une transition énergétique, c’est la diminution du pétrole, du gaz et du charbon. Le nucléaire ne représente qu’une petite partie (15%) du total d’énergie consommée dans le pays.

La RATP a annoncé un partenariat avec Airbus pour utiliser un Drone-Taxi électrique dans les 5 prochaines années. Reste à savoir si les citoyens donneront l’accord de voir des VIP voler sur leurs têtes.

En France, l’évasion fiscale est estimée à 100 milliards € soit largement assez pour éponger le déficit du gouvernent ou pour d’effectuer une transition énergétique. Mais quand on veut pas, on veut pas.

Le médiateur de l’énergie s’inquiète du manque (total) de transparence et des pratiques des fournisseurs d’électricité et de gaz. En 2018, plus de 16’000 personnes ont saisi le médiateur et plus de 5’000 cas font l’objet d’une médiation. Dans le collimateur, des offres vertes pas si vertes ou faussement alléchantes, des promotions qui n’en sont pas. Toute la panoplie du parfait producteur d’électricité et de gaz.

L’entreprise américaine General Electric va licencier 1’000 salariés en France. En 2014, lors du rachat d’Alstom par GE, Emanuel Macron, en charge du dossier, avait assuré la création de 1’000 emplois.

Le gouvernement français, via la DGSI, a interrogé 8 journalistes, dont la grande reporter du Monde Ariane Chemin, qui enquêtent l’affaire Benalla ou sur la vente d’armes françaises à l’Arabie Saoudite. Ces armes sont utilisées dans la guerre au Yémen notamment contre les civils. Voir le dossier du site d’investigation Disclose.

 

Suisse

La Suisse est largement à la traine dans les énergies renouvelables solaires et éoliennes avec une production par habitant de 250 kWh/an selon la Schweizerische Energie-Stiftung SES. Cette production correspond à la consommation annuelle d’un lave-vaisselle! Au niveau Européen, seuls 4 pays font moins bien. Le Danemark, premier de classe, produit 2’500 kWh d’énergie solaire et éolienne et couvre le 50% de ses besoins d’électricité.

Pour 489 millions de francs suisses (425 millions €), EDF a vendu sa participation de 25% du producteur d’électricité Alpiq. Les trois membres EDF du conseil d’administration, François Driesen, Birgit Fratzke et Xavier Lafontaine se sont immédiatement retirés. Le rachat a été opéré par Primeo Energie et EOS. Ainsi EOS Holding détient 43,96% et Primeo Energie 26,17%.

La ville de Zurich aimerait proposer d’atteindre des émissions de CO2 à zéro d’ici à 2030. Cette proposition va devoir être encore validée par les différents partis politiques dont les deux partis les plus réfractaires en matière de climat: l’UDC et le PLR.

Les présidents suisses ont ajouté un nouveau mandat à leur fonction. Celui de nous faire rire. Après, les rires du Conseiller Fédéral Schneider Aman, c’est au tour d’Ueli Maurer. Le président a choisi CNN pour partager qu’il «can nothing say» suite à la rencontre avec Donald Trump.

 

CNN: le Président Suisse, Ueli Maurer can nothing say

 

Angleterre

Le chat Grumpy Cat est décédé. Vedette des réseaux sociaux, sa propriétaire a engrangé plus de 100 millions €. Quand je pense qu’au lieu de passer des heures à réaliser cette chronique, il me suffisait de mettre en scène un chat qui tire la gueule!

La première ministre, Theresa May a démissionné. Chappatte résume en un dessin le coquasse de la situation.

 

Suède

Le chinois Volvo a conclu des accords pour s’assurer la livraison de batteries électriques. Volvo va ainsi acheter des batteries made in China.

En compagnie du champion de la logistique Schenker, l’entreprise Einride a lancé un camion électrique sans chauffeur de 26 tonnes, pour la livraison de marchandises.

 

Ukraine

Le Coluche Ukrainien, l’acteur humoristique et nouveau Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, est entré en fonction.

 

Suède: Einride T-Pod Autonomous 26-tonnes Electrique Truck

 

Moyen-Orient

Irak

Les exportations restent stables à 3,58 millions b/j en avril alors que les inondations ont touché la région du sud à Basra.

L’Irak fait face à une crise sévère d’eau. L’été passé, à Basra, plus de 100’000 personnes se sont rendues à l’hôpital pour des intoxications dues à la qualité de l’eau. Aujourd’hui, la même ville est noyée sous l’eau.

A l’approche de l’été et des 54 degrés Celsius enregistré en 2018, Bagdad se préoccupe pour son accès à l’électricité. L’année dernière, l’Iran avait dû renoncer à livrer 400 MW d’électricité à la région pétrolière de Basra sans le sud du pays. Sans électricité pour refroidir les maisons (et ses habitants) ou stocker la nourriture, la situation est proche de l’invivable. Faisant fi de ce détails, Washington a demandé à l’Irak de couper tous les liens avec l’Iran y compris pour la livraison d’électricité ou de gaz qui sert à produire l’électricité.

La Maison Blanche a demandé l’évacuation des personnes non-essentielles de son ambassade à Bagdad et ExxonMobil a retiré ses ingénieurs du gisement pétrolier de West Qurna. De son côté BP, Shell et les chinois n’ont pas opté pour ce scénario catastrophe.

 

Egypte

Le pays est en train de construire la plus grande centrale solaire de 1,6 GW pour un montant de 2 milliards $. Elle devrait entrer en fonction cette année.

La Banque Mondiale a fait une entorse à ses habitudes et a décidé d’investir dans autre chose que du charbon, du gaz ou du pétrole. Elle a mis 653 millions sur la table. D’ici à 2022, l’Egypte désire produire 20% de son électricité avec du renouvelable alors qu’aujourd’hui le compteur indique 3%.

 

Votation Européenne
Dessin Chappatte

 

Asie

Japon

Sous le nom de code, ALFA-X du Shinkansen, un nouveau train ultra rapide, capable d’atteindre 400 km/h, est en train d’être testé. Cette vitesse de pointe devrait être atteinte d’ici à 2030. Il sera 15 km/h plus rapide que le train chinois Fuxing.

 


De 2008 à 2017, les USA et le Canada ont fourni 7,9 millions b/j de plus soit le 82% de l’augmentation pétrolière mondiale
Source: BP 2018

 

Afrique

Plus de 640 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique soit les 2/3 de la population.

 

Libye

La National Oil Company a affiché des revenus de 4,4 milliards $ durant le premier trimestre. Jusqu’à présent, la compagnie pétrolière nationale répartit les revenus entre toutes les factions du gouvernement. La tentative du Général Haftar avec son «Armée Nationale Libyenne» de s’emparer de Tripoli et de créer sa propre compagnie pourrait changer la donne. On pourrait bien imaginer que le Général Kadhafi aurait trouvé son successeur.

L’Organisation Mondiale de la Santé décompte plus de 400 morts, 2’000 blessés et 60’000 personnes ont fui les combats.

Cette situation n’offre pas les meilleures garanties pour l’extraction pétrolière du pays qui annonce 1,176 millions b/j en avril. Mustafa Sanallah, PDG de la compagnie pétrolière nationale National Oil Corporation craint que l’instabilité pourrait faire chuter l’extraction de 95%.

L’Etat Islamique a également mis son grain de sable en voulant s’accaparer d’un gisement dans le sud du pays.

 

Angola

Le Président Joao Lourenço a renvoyé Carlos Saturnino, PDG, de l’entreprise pétrolière nationale Sonangol ainsi que toute la direction. Carlos Saturnino avait réussi à redresser l’entreprise suite au règne d’Isabel dos Santos, fille de l’ancien président José dos Santos.

On spécule que l’entreprise et les pétrodollars vont retourner dans les mains du président.

L’italien Eni a trouvé un nouveau gisement pétrolier offshore de 250 millions de barils avec une capacité de 10’000 b/j.

 


Le nouveau train japonnais ALFA-X Shinkansen

 

Phrases du mois

«Entre 1979 et 2019, les prévisions, “Annual Energy Overview” de l’Agence Internationale de l’Energie, montrent clairement qu’elles n’étaient pas bonnes par le passé et les prévisions actuelles sont de la même veine. Aux USA, le schiste va se terminer bientôt et ce sera un retour à la réalité d’avant 1970. La dépendance énergétique américaine est une Fake News.»  Jean Laherrère.

Declining well productivity in some [tight oil/shale] plays, despite the application of better technology, is a prelude to what will eventually happen in all plays: production will fall as costs rise.  Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of resources that can be recovered.” David Hughes

Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of the oil and gas that can be recovered.” David Hughes

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.